La derniére partie du Docteur Quartz, ou, La fin d'un scélérat.

Citation
La derniére partie du Docteur Quartz, ou, La fin d'un scélérat.

Material Information

Title:
La derniére partie du Docteur Quartz, ou, La fin d'un scélérat.
Series Title:
Nick Carter weekly
Creator:
Carter, Nick
Place of Publication:
New York
Publisher:
Street & Smith
Publication Date:
Language:
English
French
Physical Description:
1 online resource (32 p.) ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Detective and mystery stories. ( lcsh )
Dime novels. ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )

Record Information

Source Institution:
University of South Florida
Holding Location:
University of South Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
020237552 ( ALEPH )
405629882 ( OCLC )
C36-00027 ( USFLDC DOI )
c36.27 ( USFLDC Handle )

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Format:
serial

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'\ lE GRAND DTECIIVE AMRl[AIN La dern ir e Partie du Docteur Quartz ou La Fin d'un Sclrat. .. -Nick Carter dans l'embarras. =-Et ainsi, mon cher, mon trs cher Mr. Carter, v'o'US voyez qu'avec moi il n'y a pas moyen de lutter, que tte fois je gagne enfin la partie, et que vuus voil dans nne situation inextricabJe et dsespre. Nul moyen de vous chapper, aimab:le et grand dtective, malgr toute votre habilet Vous tes ma merci. On le dirait, en juger par les apparenceS', rpondit Nick d'un ton somhre et farouche Une .fois dans sa vie, le fameux dtective Nick Carter, en dpit de sa prudence et de sa mfiance fessionnelle, ne s'wit pas tenu suffisamment sur ses gardes et avait t littralement surpris. Il tait ridicule et presque absurde c'tait, du moins, la rflexion humiliante qu'il se faisait en ce moment qu'un homme oomme lui, Cnnaissant, par de rudes expriences et au prix de mille dangers, le gnie diabolique du Dr. Quartz, et un seul ins tant nglig de prendre une seule des prcautions habi tuelles pour lesquelles il tait clbre parmi ses oollgues. De mme que la belette du ctmte, qui, la; seule fois qu'elle s'endormit pour de bon fut prise, il avait stupidement ferm les yeux sur les ressources inpui sahles du Dr. Qrutrtz e:t de ses lves, et il tait bel et bien pris au N. C. 29. Tous droits rservs pour tons les paya, y compris la Sude et la Norvge. Le door et les accessoires de ce funeste incident tai.ent vraiment tranges et sans prcdent dans l'his toire de la vie du dtective, plus furte raisn dans celle de tout autre individu. Figurez-vous, si vous le pouvez, une vieille grange situe un peu l'cart, mais dans le V'Oisinage d'une popula.tiicm nmbreuse et prospre. Ima,ginez qu'au temps jadis, tte grange avait t une construction magnifique dans son genre, mais qu'elle tait alors tombe presque entirement en rui nes. De btiment, autrefois important, la moiti tait daltlS un tat de dlabrement tel qu'il dfiait rparation; l'autre moiti, ou peut-tre un quart seule ment, mieux oonse:rv, avait t, tant bien que mal, rendu habitable. Un pauvre vieillard solitaire en avait fait sa de meure. Il y avait vcu la vie d'un ermite, mais d'un ermite pU difiant, car il gagnait sa vie fabriquer des imitations, fort bien russies, d'ailleurs, des pices d'un demi-dollar et d'un quart de dollar que l'Oncle Sam s'est rserv le droit exclus de frapper ses tablissemoots officiels, au nom des tats-Unis, qu' i l personnifie si heureusement aux yeux des Amricains; on sait que pour eux Uncle Sam (Oncle Sam) est l'explication plaisante .es initiales U. S., qui dsignent les tats-Unis, en anglais United: States. /

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2 La dernire Partie du Dteur Quartz. Ce vieux sofaire etait donc un faux monnayeur. Un jour, fatal pour lui, il s'tait trouv en rela tio!IlS avec le Dr. Crystal ieit, par suite, avec le Dr. Quartz lui-mme. Co:mme tant d;autres, il avait pay de sa vie cette oonnaissao.ce dangereuse .. Mais revenons la scne q'Ui se droulait dans le milieu que n0ius. venons de rappeler succinctement. Au ntre de laJ encore habitable une des enrmits de cette grainge en ruines, un homme tait assis sur unei ch,aisei qui, elle-mme, tait pose sur une tabJe. Pendant d'une po111tre du toit, une ciorde se ha.lanait, termine par un nud coulant, et ce nud cou lant s'enrouWt autour du cou de l'homme assjs. Il avait aux poignets. deux paires de menottes ; 1 mais sans avoir l'air de se proccuper outre mesure de cette position encore plus critique qu'orig inale, il regardait d'un air soruriant tout ce qui se: passait aru tour de lui. Ge.t homme tait le Dr. Crystal. Nick carter l'a vait lui-mme assis sur cette chaise et lui avait pass la cnrde au oou. Mais un brusque ooup de ilitre: venait de tout clili;nger et expliquait le sourire du Dr. Crystal. .Mainte nant fck Carter tait tendu tout de son long sur le plancher de i vant la table. Il avait le co'l'ps. entour de deux 001 rdes qui lui garrottaient les deux hras et les tenaient secrs contre ses flancs, aussi troitement que s'ils jamais t spars depuis leur nais sance. Ces liens qui l'empchaient ainsi de faire le plus lger mouvement, taient des lassos, dont les anneaux souples et enveloppants, s'taient silencieusement d rouls par la po rte ouverte, autour du corps de Nick Carter comme les replis d'un serpent python, avant qu'il en souponnt mme la prsence. En mme temps des mains vigoureuses et brutrules tiraient vioJemment en arrire les. bouts des lassos. Inca pahle de rsister cette secousse, le oourageux dtective a;vait t terrass et tran sur le plancP.,er, les bras rduits l'impuissance. Les lanceurs de lassos, en tirant dans des direc tions contraires, le retenaient pTisonnier dans une im mobilit oomplte, aussi srement que le buffle, tomb dans la prairie, est maintenu impuissant sur le sol paJ' des mo1 yens semblables, dans les plaines immen ses du Fa.rWest. L'unique compagnon de Nick Carter dans cette tragique aventure, tait un nomm' Price, gardien la prison des rous de Da.nnemora. 1 Il avait t teTa.Ss au mme moment que son chef, et mis galement hom de dfense, les hras attacllts aitI corps; m,ais l'instrument qu'on avait employ pour. le rduire l'impuissance tait d'un genre tout fait diffrent, bien qu'il ne ft pas moins efficace ilims ses effets ... Voius avez Bm1B doute lU dans le5 rcits des voya geurs ra: description d'une arme trange dont les In diens de la; Patagonie se 1 servaient autrefois, qui consistait en deux pierres fixes chltque extrmit d'une longue ciorde. A l'aide de cet instrument primitif, ils savaient attrape r le cheival le plus rapide, OIU le plus vigio:ureux des animaux sauvages. Brandissant la corde plie au dessus de leur tte ils 134 lanaient de faon que le mi lieu frappt le but qu'ils se proposaient; alors les deux pierres, dans leur mouvement naturel de rotation, enroiuWent pJusieurs fois la lanire laquelle elles taient autour des jambes ou du crou de la victime. Ge fut un instrument de genre qu'on empJoya cootre Price., sauf qu'on avait attach', au lieu de pier res, une boiU.le de pJomb extrmit de la; oorde ... Grce au po ids de c es b l oules, la corde s'tait en roule soudainement et cromme instantanment autour du corps de Pri .. Une des boules l'a.vait mme frapp )!fi, tempe et jet sans connaissance sur le plancher. Au second pJan du tabfoa.u que nous venons d'es quisser, se rema:rqua.ient d'autres personnages qui, pour tre muets, n'taie:nt pas des figurants inactifs. A chaque bout de la chambre, deux hommes ten daient avec force dans leurs poings crisps les extr mits des lassos qui mettaient Nick Carter dans l'im possibilit de rien tenter pour se dfendre. Quatre autres individus, au teint basan, se te naiient dans le fond de la pice; et, malgr la demi obsourit qui rgnait l, il tait facile de reconnatre qu'ils taient originaires des Indes Orientales. L'un d'eux tenait dans ses mains une longue co 1 rde mince qu'il cassait amoureusement de ses do igts souples et nerveux. Frmissant d'impatience, le regard tincelant, il a ttendait qu'on lui donnt le signal de faire usage de cette corde la corde de l'trangleur professionnel. Un ne pouvait rester en pJace; il ne se tenait pas un moment tranquille sur ses jambes; de temps en ten;ips, ses mains se portaient dans les plis du mante.au jet sur ses paules, afin d'y faire rentrer et disparaitre un serpent qui, sans y tre inyit, allon' geait indiscrtement la tte et le oou, pour voir ce qui se passait deho'l'S. C'ta.it videmment un Hindou, charmeur de ser pents. Un troisime, le crne recouvert du turban tra ditionnel, se tenait debout, aussi immobile qu'une sta tue, les bras croiss, la. tte rejete en arrire, dans l'attitude indigne d'un homme contraint se trouver en pareille CIOmpagnie, mais qui est irrsistiblement attir par l'espoir de satisfaire sa soif de sang huIM in. C'tait !Un HindoJU :fa,natique, un Quv'eur de sang.

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Le quatrime, de petite taille, trapu, la peau hrune, au dos vot, et dont les paules taient pres que aussi larg:es que son oorps tait long, fixait ses petit.s yeux luisants et fro1ces sur le pauvre Price. C'tait, on ne pouvait s'y mprendre, le Patagion qui :avait lanc sur lei malheureux gardien l'instrument bizaJ.Te dcrit plus haut. Dans un coin dei la: pice, on apercevait une kmgue caisse, qui pouvait servir de cercueil l'occasion. Dans tte caisse tait allong le corps du vieillard qui avait t pendant de longues annes l'habitant soli taire de cette chambre. Prs de ootte caisse tait /\ln petit coffre-fort en fer, dont la pode '()Uverte se balanait sur ses gonds, le co.ffre-furt qui servait oontelllir la: fausse monnaie que le vieillard fabriquait uniquement pour payer ses dpenses et subvenir ses besoins. De l'autre ct de la cb.amhre, un meuble en forme de grand buffet, dont les portes entr'ouvertes laissaient voir une ooHedion curieuse de pierres de tout.es sortes, ramasses sur les routes et dans les montagnes V10i sines. Nous n'oublierons pas d .eux personnages, et non des moindres, qui oompltajent ce tableau original et sinistre. Sur le deW;nf, non loin de la porte, le Dr. Quartz, l'il S01\lria;nt, le visage radieux, contemplait, tendu ses pieds, le oorps de son ennemi jur, Nick Carter. Son triomphe tait oomplet et sa joie dbordante. Jouant d'une main distraite avec: la chane d'or Lle sa montre, il ne pouvait rassasier ses regards du spec tacle de son adversaire vaincu. A ict de lui, se te.nait Za.noni, aussi belle et s duisante que jamais. Gomme Quartz, elle se rjouissait de Ja dfaite et de l'h'llmiliation du grand dtective, qui avait si souvent djou leurs projets criminels, le seul homme qu'ils redouW;sent rellement. On se rappelle les paro.Ies sarcastiques que le Dr. Quartz, au dbut mme de : oette histoire, adressait au d.tective. La rponse de celui-ci prouvait qu'il ne dsesprait pas enwre. Quartz, expert retourner le poignard dans les plai qu'il avait faites, reprit du mme ton suprieure ment gouailleur: N'aimerie z-vous pas savoir, Carler, oommcnt les vnement.s se sont produits de fa on si oppor tune pour moi, pas pour vous, videmment? Je sais que vous tes curie 1 ux et je serai b'cureux de mie prter la satisfaction de ce petit dfaut mignon en vous mc1 ontant la chose. Tout ce qui vous conce ,rne m'a toujours intress, Docteur. J'y ai pris souvent, oomme vous ne pouvez l'ignorer, Unet part des plus vives, rpondit Nick, lui rendant ironie pour ironie avec le mpris en plus. Cet intrt immodr n'a pas ciontribu votre bloribeur, oomme vo:us, vious en doute une fois de plus dans la ciroonst:ance prsente. Elle en est une beJle preuve, et vous ne rCiUSerez pas. Dites plutt qu'elle pa;rat en tre la preuve, fit fck en souriant. Ab l bien, nous n'allons pas discuter ce pDint en ce moment l Trve de plaisanteries et d'arguments! Un fait existe, indisoot.a.ble; c'est que vous tes l, ooucb sur le plancher, mes pieds, que je V'OUS tiens, et que vous ne savez pas comment cela s'est fait. On! si, je le sais. Cela s'est fait parce que oubli un moment de me tenir sur mes gardes. Je vous assure, Docteur, que si je m'tais tourn temps pour doouvrir votre prsence, je n'aurais pas prouv la; momdre hsitation faire faoo, victorieusement mme, OOIUte votre squelle de bandits, oowboys, charmeur de serpent.s, trangleur, lanoour de oouteaux, sans compter V'Otre gentleman patagon. O avez-vous pris toute tte clique? Chez Bar num, pimba.blement? demanda le dtective. Mais, mon cher Ca.rter, vous oubliez de me mentionner, dans ootte :r;mmration. Pourquoi donc'? Si je vous oublie, c'est apparemment parce que vous n'auriez pas compt dans la mle, car c'est vous que j'aurais vis et tu le premier, sans plus d e crmonie. -Et moi? dit la belle Zanoni ce dialogue amusait, mais qui n'avait pas encore parl. Vous! rpondit Nick, aprs un moment d'hsi tation. Eh bien! malgr votre sexe, je crois que je vous aurais p.laoe en se oonde ligne sur le programme. J'aurais oubli que vous tes une femme, pour me sou venir seulement que vous tes une criminelle endurcie. Laissons cela, dit Quartz. a ne signifie rien pour l'instant. Mais j'aimerais essayer de me remles incidents de tte helle journe devant vous, pour V'Oir si nous sommes d'.acoord sur les points pr.incipa111x et pour V'OUS rgaler de dtails indits pour vous. J'imagine le plaisir que: vous y prendrez et je m'en amuse d'avance. Au lever du soleil, vous arrivez devant cette vieille oonstruction en ruines, en compagnie du gardien de prison, Price, que je connais bien pour l'avoir fr quent, malgr moi, dans le pnitencier de Danne mma.. Vous aviez pris le oostume tra.ditionne l de go logues en excursion et vous en faisiez les gestes habi tuels. Assis au bord de la route, vous vous mettez a frapper pe.tit.s coups de mp.rteau un vieux rocher qui n'en peut mais. Sur s entrefaites, entre en scne un individu que vous prenez pour le vieux Malgar, celui qui habitait autrefois ici mme, et qui, en ce moment, y habite enoore, mais mort et tendu dans la grande caisse l bas.

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4 La dernire Partie du Docteur Quartz. Ce n't.a.it cfone pas le vieillard que vous supposiez qui VQUS abordait, mais mon excellent disciple et ami, le Dr. Crystal, habilement grim et dguis. Il faut dire, pour excuser cette grossire mprise, que vous n'aviez jamais vu le vieux Malgar et que n'a viez eu que de rares occasions de voir Crystal. C'est gal, pour un homme qu'on appelle le grand dtective, c'est une de ces gaffes dont il n'y a pas lieu d'tre fier. D'autant plus que le pseudo vieux bonhlomme qui, pourtant n'est pas de la police, ne s'tait pas tromp sur votre compte, lui. Il ne vous reconnut pas, il est vrai, non plus que vofre oompagnon; mais il vous souponna d'tre des dtectives; il flaira la supercherie, et il vint me faire part de ses inquitudes. Je lui suggrai l'ide de mnager une trs agr ahle surprise pour deux gologues amateurs ... le char. mant petit pige connu sous le nom du nud cou lant du bourreau ... L'appareil fut inst.all; il fonctionnait de faon sa tisfaisante, comme vous avez pu vous en assurer; et vous auriez t saisis et attraps srement tous les deux, aussi vrai que vous tes enoore vivants en ce moment, si vous n'avie z pas russi pntrer dans cette chambre par des voies dtournes, et si vous n'avie z pas drang le mcanisme. Pi0ur ne rien ngliger, car avec vous il faut tout de mme prendre ses prcautions et considrer une ques tion sous toutes ses faces, je prparai une lettre que, suivant mes instructions, Crystal devait vous remettre, au cas o nos plans choueraient par suite de quelque dtail oubli, et o il serait retenu prisonnier par vous. Je lui donnai en mme temps l'assurance que je vien drais son secours, en dpit de tous les obstacles. C'est alors que je rassemblai en toute hte cette petite troupe, un peu thtrale peut-tre; mais je vou lais que la chose ft monte oonvenablement, pour vous faire honneur, mon cher et illustre ami Quelques-uns de mes gens furent un peu lents venir. C'est oo fait qu'est due ma tardive apipa ritioo sur la; scne, en un instant vraiment critique pour mon vaillant et savant disciple. Vous tiez en train de ou vous menaciez de pendre, le Dr. Crystal, lorsq_ue je suis arriv. Il faisait face au danger, l'orage et souriait devant la mort, pour sauver la face, oomme on dit; mais il n'aurait pu sauver son oou, j'en ai peur ; mme avec la le.ttre qu'il tenait en rserve, si je n'tait survenu. Cependa,nt, mes ;unis et moi, nous nous tions :appro chs tout doucement, et aussi prs que possihle de la po rte, suivant avec le plus grand intrt ce qui se l'inMrieur Nous fm e s sur le point d'inter venir au moment o vous avez serr la corde et sus pendu pour un instant le Dr. Crystal. Ce qui m'en a empcb. alors c'est que vous n'tiez pas dans une position aussi favor ahle que je l e dsirais pour recevoir les lass"Os; j'ai donc retenu mes hommes. Il y avait encore une autre rais on: j'ai t pendu moi-mme une fois, Kansas City, oomme vous ne l'ignorez pas, et je n'tais pas fch que Crystal se rendt oompte par lui-mme des sensations qu'on prouve dans de pareilles circonstances et qu'il se ft une id e de ce que j'avais d sio.u fir. Quand Crystal fut redescendu et assis sur sa chaise, il joua la comdie, comme c'tait convenu entre nous; il fit celui qui veut sauver sa vie, mm e au prix d'une trahison. Il V'Ous offrit de me livrer Vous n'ave z naturellement pas aj"Out foi ses p a roJes. Je n'avais tamais pens que vous le feriez; ma.is vous avez agi exactement comme je le d sirais ; vous tes tomb dans le panneau tendu, en vous met tant lire attentivement la lettre que j'avais com pose vQltre intention. Que dites-vous de cette ptre, l'ami Carter? N'a vait-eUe pas tous les ca.ractres de la vrit? de manda Quartz, avec son air la fois triomphant et moqueur. -Je do is la vrit de vous dire, avec t o utes mes flicitations, que cette lettre tait admirahlement mpose pour m'induire en erreur, rpondit Nick Car ter. Vous c.ru la vracit de son contenu? Non; j'ai pens cependant qu'il ne fallait pas l'carter ddaigneusement sans examen, et qu'elle va lait la peine d'tre oontrle. V.ous tes all ci.ussi loin que v'ous avez os le faire dans la pendaison de Crystal, hein ? fit brusque ment Quartz, toujours ironique. Je suis all aussi loin que j'ai cru devo ir le faire, oui, certainement. --...... Eh bien! mon rcit touche sa. fin et, d'ail leurs, vous save z le reste. P e nda.nt que vous tiez en train de lire lai lettre, que vous aviez prise dans la poche de Crystal suivant ses indications, vous vous teni e z fda.Rs la posfon et l'attitude que j'attendais pour que mes hommes pussent lancer avec avantage leurs Ce fut la lecture de cette lettre qui dtourna votre a ttention de ce qui se passait autour de vous et sur tout derrire V'OUS; c'est donc cette lettre, ma lettre! qui a et la cause d e v otre perte, aprs tout, et je me rjouis de m.a ruse qui a russi p leinement selon mon e s poir! Oui, vous a.vez raison, c'est vtre lettre qui m'a perdu, rpondit Nick -Et maintenant, Carter, savez-vous ce que j'ai rsolu de faire de vous? Avez-vous l'ide du destin que je vous rserve? demanda Quartz. Je n'en ai pas la m()ind.re ide, tout en tant curieux de le savo ir. Ehl bien! je vai.S vous le dire. Vous n'avez peut-tre pa.$ oubli que, Ka.p.sas City il y a

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-La dernire Partie du Do. cteur Quartz. 5 dj pas mal de temps de ccla:, -je vous ai parl d'une le dserte, situe bien loin dans l'Ocan Pacifique. C'est dains ootte le, par moi oomme un immense laboratoire pour des expriences diverses, que f ai klcid, lOII'Sque je me serais procur un uomhre suffisant de spcimens et de sujets de chloiix, de me retirer afin de me livrer enfin aux joies de la: viviseir: tion et d'en retirer les profits que j'ai le droit d'en at tendre et pour moi-mme, et pour l'av;mcement des sciences physiques et na.turelles. Je suis maintenant prt me rendre dans mon domaine insulaire, perdu au milieu de l'immensit des eaux du Pacifique, l'abri de toute loi humaine et de tout indiscret. Mes dernires dispositions so,nt prises et mon dpart imminent. Vous a.vez dj compris, a.vec votre puissante intefgen, que c'est l qiie je vais vo:us emmener po'Ur a.V10ir le plaisir norme de V'OUS y dissquer tout vif. Voos roil renseign, mon cher. trange disparition. Cfillngement de s'Cne et de dcors. Une semaine entire s'est coule depuis les incidents raioonts dans le prcdent chapitre, et nous nous trouvons transports New-York, 'u auparavant lui-mme oon tonner ment et son anxit. Na, turcllement le mme travail s'tait fait dans l'es prit de ses oomp;:t:gnons, qui avai ent t retenus par une rsenre analogue, et pJus grande enoore, faite de confiance et de roopect. Mais fin du quatrime jour, n'y tenant pJus, Chick avait oonV'Oq_u les autres, et leur avait dit que le moment tait venu pour eux de reoonnatre qu'il avait d arriver quelque accident leur chef et qu'il fallait ds maintenant suspendre toutes les affaires en train pour consacrer leur nergie et leurs forces le retroo.ver, le 1fue. r d'embarras, et, s'il tait troip tard pour le sauver, le venger. Nick tait parti sans laisser le moindre avis sur la nature de la mission qu'il allait entreprendre. Il avait emmen a.vec lui un homme du nom de Prioe, autre fois employ oomme 1J.a prison de Dannemora:. Cet homme am..t g;llement disparu. On pouV'ai.t donci conclure presque avec certitude que, si Nick caater n'tait pas mort, il tait retenu prisonnier quelque part et dans l'impsihilit de c10mmuniquer a;vec l monde extrieur. Dams une entrevue ,avec le chef de la Sret de New-York, l'inspecteur M.cClusky, l'ami d'enfance de Nick Carter, ils avaient appris que leur chef tait pia;rti la recherche de Zanoni et du Dr. Crystal. Une a.utre entrevue avec le directeur de la; prison de Daillilemora avait rvl crue Nick se proposait en mme temps de trouver et de suivre la piste du Dr. Quartz, qui venait de s'chapper de cette prison. Il tait ds lors trop vident que le dtective av/Pt bien retrouv ces dangereux criminels, mais qu'au, lieu de les faire prisonniers, il tait tomb entre leurs mains, ainsi que son oompag;non Pri. La question restait de savoir si s odieux maliaiteurs avaient tu leurs ennemis, ou s'ils en avaient dispos d'une autre manire. jours s'taient encore p,a:;;ss faire cett.e enqute pira.1.a,ble. La runion promq:ue au fout de la; semaine pa Chick poill objet de discuter une dernire fois les meilleurs moyens employer pour airriv'er retrou ver leur ohef et ami, et s'entendre pom travailler de 00111oort, au lieu d'agir chacun sous sa responsabilit et d'
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La dernire Partie du Docteur Quartz. '---Qu'a ,vez-vo.'us de c:et homme ? Vous a t-il dit quelque chose d'intressant pour nos recherches? Il m'a dit simplement qu'un gentleman qui videmment t.a.it Crystal avait retenu ses services pour cette nuit-l. Il lui a.vait dit :franchement qu'il dsirait faire sortir subrepticement de l'hpital wie pauvre malade que l'on y retenait de force. Il l'intressa cet en lvement romanesque et lui offrit une r-Oompense ma gnifique s'il vo : ulait l'y aider. Ce cocher me dit encore que la. personne qui lui fit tte proposition lui reprsenta dans un lan gage si loquent et pla.u,sibfo l'injustice dont 3 ouffrait la belle jeune femme ainsi squestre, qu'il finit par consentir ce qu'on lui demandait, croyant faire une bonne action plutt qu'un acte reprhensible. Ce ne fut que plus tard qu'il apprit par les jour naux q'ui:l la. malade dont il avait favoris la fuite, tait Zrunoni, la fameuse criminelle. A oette nouvelle1 il a.vait prouv 'une telle frayeur des responsahits que cette vasion pouyait lui faire encourir, si on savait le : rle important qu'il y avait jou, qu'il n'avait os en parler personne. Vous a-t-il dit oomment les ch:Oses se sont passes sa connaissance, l nuit de l'enlvement? Le gentleman qu'il avait conduit jusqu' la porte, y fra.ppa lgrement. C'tait un peu pass mi nuit. Le lui ouvrit et il entra; puis, au biout de dix ou de quinze minutes, il repa,rut en oompag nie d'une femme en vtement de nuit. L'individu, qui tait Grystal, enveloppa sa oompa:gne dans un grand manteau dont il s'tait muni et qu'il avait laiss exprs dans le coin de la porte sur le seuil. Il la souleva dans ses bras et la porta dans la vtiiture. Une fois mont, il ordonna au oocher de presse'!.' l'allure de son cheval. -Et o allrent-ils, aprs avoir quitt l'lpital-prIBOll? . Trs lorn sur la. floute de Boston, dans le Bronx, jusqu' une ma,ison o demeure une famille appele Burgoyne. Les deux v i oyageurs entrrent dans cette maison, et vio il tout ce le cocher m'a; racont de cette affaire, et c'est tout oo qu'il eri sait, trs certainement. VQIUS :a.vez naturellement suivi cette piste. Que disent les Burgoyne de cette histoire, que savent ils? Leur rcit ne diffre ws beaucoup de r,elui du cocher. Crystal les avait gagns sa cause en leur faisant un tableau dchirant des malheurs et des injustices dont tait victime une beJle et jeune femme, de force sous des p rtextes aussi absurdes qu'ioceux dans cet tabJissement, q:ui n'tait pour elle qu'une abominable prison. Il :ne leur cacha pas qu'il avait tout prpar pour l'arracher sa captivit et l'enlever de l'hpital o elle. !Ile tarderait pas succomber aux mauvais traite ments et au chagrin, si elle y restait plus longtemps. Il acheta leur oomplicit pour un jour seulement, afin, leur dit-il, d'avoir le temps d'acheter des malles et de pmcurer jeune femme les vtements et objets de toilette dont elle aurait besoin. Que disent-ils de Zanoni, elle-mme, ces bra ves gens, dont la sympathie n'tait pas exempte de cupidit? Ils ne l'ont mme pas vue. C'tait une des clauses du contrat qu'ils avaient conclu. Crystal la oonduffiit immdiatement la chambre qui lui avait t rserve La; malle contenant les objets dont elle avait besoin fut apporte dans l'aprs-midi du mme jour. Zanoni passa la nuit dans cette maison, et Crystal revint la chercher le lendemain matin en voiture. Ils partirent sans tarder. Voil tout oo que les Burgoyne ont voulu ou pu me dire. Avez-vous autre chose rapporter, mon cher Ten Itchi? lui demanda Chick. Pas d'autre chose. C'est tout ce que 'j'ai pu dcouvrir d'une faon peu prs certaine. La piste se perd pour moi la porte de la maison des Brgoyne. Maintenant vous, Patsy l Qu'avez-vous trouv, qu'aveQ:-VO:US nous raconter? Bien peu de choses, Chick. J'ai pass tout mon temps, depuis que je me suis mis en campagne, dans la prison et autur de la. prison; mais je dois dire que les nouvelles ne sont pas abondantes. Cependant, un dtail peut avoir sa valeur; dites moi tout ce que \"OUS avez dcouvert. 1 -Eh bien, voil l Depuis quelque temps Quartz tait devenu un prisonnie r mod le. Il n'tait jamais en faute et faisait tout ce qui tait de nature lui gagner l'estime des gardien s Vous savez comme m oi, que ces braves gens fo.nnent leur opinio n d'un pri sonni e r d'apl's la manire dont il s e conduit quand il est sous leur surveillance, et non d'aprs les c rimes qui sont la cause de sa rclusion. C'est trs vrai. Quartz tait un peu difficile et capricieux sur le choix des jours o, grce sa bonne conduite, il pouvait faire des prnmenades en dehors de !a pri son, Sus la. surveillance des gardiens, et en compagnie d'autres prisonniers privilgis oomme lui. Mais on ne faisait pas grand e attention ces caprices, qu'on prenait pour des manies d'un cerveau drang, et on s'y confurmait le plus qu'on pouvait Revait-il des visites? Une seule personne est venue le voir. '--Qui tait-ce? D'aprs la description qu'on m'en a faite, c't.a.it un homme qui avait l'aspect d'un tranger, trs basan de teint, avoo des yeux noi19 trs expressifs. Il etait grand et lanc, et ce qu'on m'en a dit me fait croire qu'il ta,it origin,aire
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ta dernite Partie d o.c.te.t Quartz. C'est :p1us '.q'lle probable. Oombien de fois est-il venu la prison, voir son ;mii Quartz? Deux fois. -Et on lui dK>nnzjt permission de s'entretenir a.voo le docteur? Ce.lai me sem.bJe bien Les deux visites se sont Wtes en prsenc.e du directeur de la prison. A-t-il entendu toute leur ctmversa,tion? ._ Il n'en a! pas perdu un mot. -Sur quoi roulait-elle? Sur des lieux oommuns, uniquement. Ils par laient d e la sant de Quartz, plutt que de toute autre chose. En fait, il semblait que oes visites n'eussent aucun oibdet, si oo n'est c'.lui de se donner mutuelle ment le p:laisir dei se viofr et de s'couter. Ils n'ont pas, dans ces oonversat1ons, fait d'une langue trangre? Pas du tout. Lai permission en avait t solli cite; rna,is eJle fut refuse, comme oontraire aux rgle ments. Eb; bien 1 malgr ce ,la', vious pouvez tre oon vainc,u que ces deux ruses compres avaient a.utre moye.n dei se. f.aiire. confidences, remarqWll Chick. Je n'en ai pas le moindre dolU.te' rp ondit Patsy, dont un bon sourire illumina l'honnte figure. Il y ai un i;tJpJ:i.ahe, t des mouvements du corps, par fois empl 1 oy par les grands criminels; mais il pa rat que c'est IUlle science extrmement difficile acqurir et pratiq'uet; quant moi l'ignore ab' soJurruent. -Ahll dires-moi, Patsy, le directe'Ur de la: prison a-t -il remarqu q'Uelques bizarreries dans la ce visiteur? Voills en a-t-il parl? -Il m'a simplement dit qu'il n'avait pu s'em pclr de remarquer, qtue c'tait l'individu le plus nerveux et le pliUIS inquiet qu'il et vu de sa vie. Il ne po1U.vait se tenir tranquille i un seul instant. Ah 1 noills, y voil 1 Il ne oossait d'agiter les bras de ct et d'autre; puis, je s1Uppose, il se frappait dia petits oolU.piS s'u.r la poitrine, remuait la: tte, tra nait lieis pieds, se levait, se rasseyait et faisait une quantit dei mouvements de cette nature. -VOIUJs veine z de faire de lui, sans l'avoir vtu., une de$oriptiio:n a J ussi dtaille et caractristique que cclle que m'e1n a faite le directel\l.r de la prison, mon Chick. Parbletu., jel m'en dotutai.s bien Patsy 1 Le visi toor de Quartz lui parlait au mo:yen de s1es mains, d;e s ;es bras, de ses pieds; de ses jambes, de tout s o!n ooirp'S. La ora.l:e tait pour du dirooteur de lai pnso;n, l'a,u,tre pour son complice. C'e!St bien certain. Je V>ois cela maintenant. Quartz manifestait-il aussi les mmes signes d nerrosit et d'inquitude dans les jambes et les bras? ....-Le directeur ne m':en a pas p;a.rl. --. C'e1st qu'ils n'auront pas Vl()'UlU courir trop de risques et ve.iJler SO!Il attention par des gestes qui n'taient pais habituels Q uartz. La oo: nversaf.m par signes sel borna 'Un monologue, et oonsis ta, sans auCIUn doiu, en 'l.lile srie de reoommandations et d':instruotions de Qua.rtz. Je le vois bien pr:sleint. Qu'avie.z-vdu.Si dcouvert l-bas, mon bon Paflsy? Rien d'autre olus oo 'Une conversation srieuse: avec J.ieiSi trotis gardiens qui taieint Price ce jOlur-l ?. Oui. Quei disieltl.t-ils, etux, de cet vnement? --; Lei'llr rcit eist 001ncordant et pelut se rs'umer ainsi: A pielu de distan devant e!ux, se tenaient Quartz et l'tranger qui ressemblait ru.n ministre du oolte; les deux hommes taient en train de causer ensemble, sOl\ls la surveillanoo de Price lo 1 ign de deux ol\l 1troiis pas et demi-tourn, quand soudain, un voile de b:l"ll1lle pai 1ssei s'abattit sur e ux et les envcl.oppa les soustrayant 11erus regards. Alotrs, les gardiens firei!1t oo qu'ils devaient faire; ils runirent les priso:nniers dotnt ils avaient la surveillance en :un grolU.pe compact, et les empch.rient de profiter de tte occasion pou:r prendre la fuite en les de le/Ur$ revoJvers. Ils attendirent ainsi que la: brume se ft dissipe, et ils aperurent al0irs Prioo, tendu sans oonnaissance sur soL Quant atu.x de111x ils av.aient dis parut Qoo disent-ils de Pri?.

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_, La. dernite Partie du Doiciteur Quartz. Us soot m:aintma:nt c<>lnvainc'us qu'il a pris la fuite et qu'il devait tre du complot; car il n'a pas reparu chez lui depuis quelque temps. Le directeur de la prison pen.se-t-il de' mme? Oui; il l'a cru jusqu'au moment o je l'ai inform que Price tait avec notre chef, lequel l'avait emmen en mission avec lui. En apprenant cela, il a chang d'avis bien vOi-lOllltiers, car il avait pour Prioo une ceirtaine estime. Etes-vOl\lS all la maison de Price? Je n'y ai pas manqu. -Y avez-Vl()rus trouv quelque intres-1!8.!n.t pour nos reche rches ? Pas [e moindre. Je v.oius ai raciont tout ce que j'ai appris et tout que je sais. TO!ut, -et cela re vient bien peiu de choses. Oh 1 je n'en suis pas si sftr. Vo!us avez, en tout cas, bien rempli votre tchie, chacun de Ma.in.terumt, c'est mon tour de parler. Si VlOUs VOl\llez bien m'ooruter, je vais voiu:> raoon,ter ce q+ue fa,i fait da;n,s envirom;. Empreintes de pas sur le plancher. ..._ Qua.nd je; stu.is entr dans ce cabinet o notus siolnme!S runis, le jorur que Nick est parti, j'ai trnuv ici mme, sur cette table, derux olu tro i is croquis gros siers, tracs au crayon, dit Chick. ,L'homme qui les avait dessins, ne les avait vi demment pas trouvs assez bien faits et les avait jets de ct porur les recommencer. Je me suis figur q+ue l'a'Jltelur de ces croquis mis au rebut tait Prioo, et qu'il les avait faits la de mande de Nick. Partant de ootte ide, je me suis mis les examiner attentirement. Ils n'offraient pas de grande8 diffic'ults d'exa men, et je lets dchiffrai facilement. Tous commen aient la prison de Dannemma; ils indiquaient sim plement des rorutes qui en partaient, et toutes routes suivaient la mme dirootion. Le point ntral de oos croquis semblait tre lune vieille grange, dsigne sous ce nom sur les plans m mes, et situe presque l'intersec.tioin des routes par une desquelles le Dr. Qua,rtz ;;i.vait dft forcment s' chapper. C'est pour cette raison q+ue j'avais choisi cette piste et que. je l'ai suivie jusqu'aJU bout. -Et v>ous avez dcouvert la fameuse grange? interrompit Ten ltchi trs intress. J'ai lu_ dans les j ournruux la description de ce que l'on avait trouv de.dans. Oui, j'ai retrouv la grange marqtue sur le plan; et si vous avez vu les journaux depuis ce j ourl, v'olus save z quelque chlose de ce que j'y ai dcou vert; mais vous ne savez pas totut. Il y avait l le cadavre de l'ancien h abitant de ciette grange, tendu dans une caisse qui servait de cercueil; il y avait encore la corde nud OO!U lant, la tabfo et la chaise vide plaooes au-dessoiUS de nud. Ce ne fut pas IUil spectacle rjouissant qui s'o.ffrit :mes yetux, je votu.s assure, quand je pntrai dans oo lieu sinistre. J'en avais presque la ch!air de pOOle; car ma pre mire pense fut q+ue totut cet appareil, cette corde et son nud cpula;nt avaient t adapts l'usage de Nick. Mais aprs. rfleXio!n, je me dis que c'tait lune idoo a.b!Surde, et que, si Nick ava,it t la victime de leurs machinations, ils auraient laiss l son ca-davre, que j'aurais naturellement troov. '"' Bref, quand j'e'US embrass tte scne d'un coup d'il rapide, je. me rassurai et repris coiurage. Ce sootiment a en00tre t renforc par mes investigations et mes recherches ultrie!Ures; t je puis vo'us dire que lorsque je quittai ce ooupe-go rge, j'emportai l'in time oonvictioo. que notre cher ami, notre vaillant clief tait enooire de ce moode. Ehl bien 1 continuez : alle z dooc 1 dit Patsy bouillant d'impatience. -Le plancher de cette vieille chambre tait reciOluvert d'une OOIUcoo de poussire paisse, en quel ques endroits, d'un poruoo au moins. Je ne crois p:as qu'on l'ait jamais balay OiU nettoy. Aux endroits o le vieillard qui ha.bitait ce taudis sordide avait l'habitude de passer en allant et ven _runt, la polUssire ne s'tait naturellement accumule; il n"y en avait qu'une couche min'.=:'"'----ce, ou mme pas du tout; mais sur les cts de la ohiambre, o il n'avait pas affaire,, ainsi que dans les coti.ns, la poussire atteignait l'paisse'Ur q+ue je viens de vo:us. dire. Dans cette poussire taient empreintes tun grand nombre de traoos diverses. unes taient effaces par d'autres plus rcentes, et il tait assez difficile d'y doouvrir quoi que ce s>0it d'intressant. Je russis cependant y trouve 1 r quelque chose, oomme vous allez l'a:pp\reindre tout l'heure. Je ne pouvais pas pre:ndre la contre-impression de s empreintes; mais je pouvais en faire un cro quis, ett je peux dire sans me vanter qu' l'occasion, je sais me servir d'un crayon, vous m'en tes t moins. Je voudrai s bien avoir seulement la moiti de mtre talent de dessinateur, remarqua Patsy. -Je fis do:nc un cro quis spar de chacune des trais laisses sur le plancher, de celles, du moins, qui taient suffisamment nett
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La dernire Partie du Docteur Quartz. Q ... ...__ Biein, mais, oo attendant, parlez-nous donc. d'aboird des empintes de pas que vous avez releves. Nous sommes impatients de savoir ce que vous avez vu de cette nature. Eh! hiem. I Nick a une paire de so'uliers dont les semelles sont en caoutchouc, et qu'il porte de prfrence depiuis quelque temps. Je me souviens lui avQr entendu dire, un j-our ou seulement avant son dpart mystrieux, qu'il y avait une lgre dchirure l'une des semelles de ses souliers, et que le bord de cette dcJrirure formait une espce de pe tite bosse ou saillie sous son pied quand il marchait. Ge n'tait pas pnible, mais c'tait un peiu gnant. Il devait la faire rparer son ref:our. Or, il y avait, dans la poussire de cette :vieille grange, une trace qiui pouvait tre faite par un sou lier prsentant cette particularit. Je pensai que si la paire de soiuliers dont je vous ai parl n'tait plus parmi les autres chaussu res de Nick restes la mais, c'est qu'il l'avait aux pieds et que c'tait lui qui avait laiss ootte en passant piar l. -Et ces c.ba.ussures semeUes de caoutchouc, les avez-v0ius retro:uves ki? -Nolil, elles n'y soot pas. Nick est donc all dans cette grange, n'en pas d-0:uter. Evidemment je n'avais jamais suppos qu'il n'y et pas t; mais mainbeinant, je sais positivement qu'il y est all. C'est un fait ac.quis. C'est dj quelque ch : ose. Une certitude est tou}o:urs mcilleiuro qu'une supposition, quelque plau sible qu'elle soit, appi1101Uva Patsy. C'est une grande :vrit que vous nous dites l, fit Ten Itchi en so111riant de sm air fin. Mais je n'ai pas fini, observa Chick. Il y avait aussi une empreinte, en fait, plusieurs empreintes d'une c.b:a.ussure de femme, dans cette pr ci-euse poussire. Zanoni 1 s'cria Too. Itch. ZaniOlni, sans auc'U.n do1Ute1 Maintenant, v-0us souvenez-vOIU.S oombioo Quartz avait le pied petit et lgant pour 'Un hommei de sa puissante stature? Il en tirait mme vanit, comme d'un signe d'aristocra tie. C'e!st vrai, rp0111dirent les deux dtectives. Nous nous en souvenons bien. Vous soiuvenez-vous aussi qu'il portait des souliers point!us, la dernire mode? -Je m'en souviens parfaitement, dit Patsy. J'ai dcouvert l'empreinte laisse par un sOIU-lier de cette espce. Je, suis convaincu qu'il appartenait au Dr. Quartz, et q'Ue celui-ci est :venu, lui aussi, dans la grange. Qu'avez-vous vu encore? demandrent les de111x a.gents avec anxit. Eh! bien 1 autant qu'il m'a t donn de d t&rnniaer le nombre de ceux qui avaient laiss sur N. C. 29. la poussire la trace de leurs pas, je crois pouvoir vous dire que j'ai recueilli des preuves suffisanbes pour affirmer qu'il n'y avait pa;s moins de neuf per sonnes prsentes, un certain moment, dans cet affreux repaire, et pmbablement Alors voius comprendrez que, s'il a succomb, notre chef bien aim a d lutter contre des rorces crasantes. La par tie n'tait pas gale, mme pour un homme de s on nergie, de valeur et de son sang-froid. Il est tomb dans un vatable guet-apens. --::-Ce n'tait pas la peine de dcouvrir t()lutes ces traces de pas pour m'affirmer une chose pareille, dit Patsy d'un air indign. J'aurais pu vo:us dire tout de suite, sans tre oblig de me rendre tte damne :vieille baraque de grange.. q'U'ils taient au moins une d-0uzain0 po:ur arriver s'emparer de lui s'ils l'ont pris, ce qui n'est pas encore proiu.v. Patsy avait pour son c.hef une admiration sans bornes. -Av.ez-v<>rus dcouvert encore quelque chose? dmanda son tour le Ja.ponais Ten Itchi. Oui, c.i, rpondit Chiok, satisfait plutt qu'of rens de la sortie de i son collgue, Patsy; et il tira de la poche de son gilet un petit mdaillon en or que Nick portait torujours. sa chane de montre. Regardez cet objet, dit-il; et il le passa ses coimpagnons. Patsy l'examina. pendant un instant et le tendit Tein ltchi, en. disant: -Je ne voi;$> rien de particulier ce mdaillon, sinon qu'il aippa,rtenait au chef. -Moi, j'y vois encore autre chose dit Ten Itchi, a.prs l'avoir tourn eit retourn avec la plus grande attention. Quoi donc:, demanda Chic)r? Ceci : le mdaillon a t dtach vlontairement M l'anneau qui le retenait la chane; il n'en a pas t arrach violemment. C'eist exact, approuva Chick. Maintenant quelcooclusion tirez-vous de fait? Cetlle-ci: le chef, qui ne pe ,rd jamais sa pr s ,e1n.oo d'esprit dans les cirOOt11Stances. les plus criti
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1C La dernire Partie du Docteur Quartz -Par Jupiter Ghick, c'est l'vidence mme; mais il fallait y penser! s'cria Patsy dans un lan d'en thousiasme!. -J'ai dcouvert enoore l-bas une chos e que je ne oomprends pas bien, et qu'ils nous faudra essayer de dchiffrer ensemble. Plusieurs ttes valent mieux qu'tune soole, n'est-pas? poursuivit Ghick. Qu'est-00 que c'est? s'crirent ensemble les deux autres dtectives qui ne oontenaient plus leur curiosit Il y avait delS traces montrant clairement qu'un oorps avait t tran sur le plancher. C'tait pro babl ement celui de Nick; mais il avait t tran de telle faon que je !mis presque certain que c'tait au moy e n d'une oorde, et non par les mains d'un des assaillants. J'ai pu ga1'ement c001Stater, aprs 'un examen minutieux, qu'il avait les pieds libres, et je soup .onn:e que ses mains l'tai ent galement, bien qu'il m'ait sembl certain qu-e ses bras taient maintenus oontre ses flancs, de manire empcher toute rsistance de sa part. Comment diable tes-vous arriv cette re Cdrustitution? Il n'y avait pas d'empreintes de pas ct da l'endroit o s'tait arrt-le oorps, indiqua.fit qu'un individu l'et tran en le tirant lui avea s e s mains; d'ailleurs, si la; s'tait pass de la sorte, et que Nick n'et pas les pieds attachs, comme je l'ai C()instat par les traces qu'ils ont laisses, le chef se serait relev d'un bond, vilus n'en doutez pas, pOIUI" se dfendre oo attaquant ses adversaires. D'un a'lltre ct, ces tra.oes suffisent pour montrer un il exerc que le oorps a t tir par seOOIUsses smldaines et violentes et non pas tran lenteme:nt et pnibl e ment. Bref, qu'tun homme, 'ayant autour du corps une oorde oo kln lasso lui garrottant les bras oontre les flancs, laisserait does traces semblables lles que j'ai remarqtues si O!Il le tirait l'aide de tte oorde ou laisso. Alors, .voos pensez qu'on l'a attrap au lasso? Oui, je wO!is qu'il a t pris de cette manire; mais oo n'est pas tout. J'avais oommenc par voius dire qu'il y avait une chooe que je ne comprenais: pas eit P,OiUI' laquelle je rclamais le sec
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La dernire Partie du Docteur Quartz. 11 Non; et cependant f ai cherch partout J'ai mme suivi, en rampant sur les genoox, la; galerie que Nick et Price avaient creuse sous la. vieille ma sure ruines. Je suis entr dans la: chamhre de la mme ma nire qu'ils l'avaient :fait ex-mmes. J'ai fooill par tout, mais je n'ai pas retrouv le corps de Price. Que pe:n.sez-voos de tout cela? -Je erois simplement que Price avait perdu conlllassance; qu'il tait vanoui, voil tout. S'il t mort, Hs ne l'auraient pas emport; ils l'a:'tlra.fflt la.s l, oo'rrrme ils ont laiss le cadavre du viffllX faux monnayeur; ma.is, comme il tait vivant, ils l'ont rserv pour d'a.utres usages et ils l'ont emport en mme temps que notre chef. La question maintenant se pe, qu'il nous faut irsoodre au plus vite: o s oorps ont-ils t transll'Vlo...f. ? lt'"'"''es. V oil ce qu'il n o u s faudra trouver tout prix. Nous poiuvons oomp te r que Nick nous y aidera lui mme, chaque fois qu il aiura l'occasion de naus ren s eigner par un signe queloonque que noos saurons bien comprendre et in te rprter. A l'uvre, donc 1 A la recherche d'une solution. Le lecteur n'aura pas manqu d e remarquer ave c qucl le finesse de p ntration Chick avait r ussi i n terprter les traces et vestiges qu'il avait d oouv e rts a u too r de la vieille grange, e t oombien. les dductions qu'il en avait tires taient c o nformes la ralit Mais l s'arrtaient les renscignements utiles; e t D.'0!11 .a.vOIUera que les tro is fidl e s lieiutenants de Nick Carter n'av a i ent qu '1Une l ue.ur bien faible et bien in rtaine pour l e s guid e r dans la recherche qu'ils en. :treprenaioot avec to u te l'ardeur de l'amiti et dti dVOO()>ment. Chick avait en vain multipli le,s rech e r ches au.x .alentourn de la vi e ill e grang e, il n'avait pu rec'Ue illir auCIUn indi qui lui d onnt une ide du chemin pri s par les brigands qui emmenai ent le grand dtective. 1Captif. Cependant les. trois camarades retirrent du .tmoin :s, une consolation du rcit et des commentaires .de Chfok: il paraissait tabli, que Nick avait quitt ootte grange m.aiudi te encore vivant, et probalbliement sans blessures. Mais o l'avait-on trans port ? Dans quel endroit l'avait-on cachB et s ques? Et comment oomprendre
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12 La dernire Partie du Docteur Qu a rtz. : Mais ce mot a-t-il pour vo111s une significaon? thi m anda-t-il aussitt. Pas en ce moment. -Je crois qu'il en a 111ne moi. Tous souvenez-vous des hoirribles projets dont Quartz s'tait v ant, dans une cnversatiolll qu'il e'Ut un j our avec notre chef? Ceci se pas sait Kansas City l' poque o Nick y avait t appel pOiUr faire des vecherches propos d'un wagon mystrieux qui oontenait des cadavres emb a ums. Il avait russi faire remonte 1 r la r e s p o nsabilit de ces m eurtres jusqu'au Dr. Quartz qu'il fit condamne r, et dont il se fit ainsi un ennemi mor t e l. C'est alo.rs que le bandit e1Ut avec mon cousin l a co;nveraation laqueHe je viens de faire allusion. -Je ne croills pas que le chef m'en ait jamais pal'l, dit Ten Itchi. Eh bien t voki ce que Quartz lui dit alorn: il se vanta d'avofr achet en tou te propri t une le, situ e qu e lque part aJll milieu de l'Oc an Pacifique. C'eist dans ootte le, qu'il avait l'intenti<0111 de se retirer quelqu e j<01Ur quand il se serait procur un S'Uffisant de sujets bien choisis po'Ur servir ses tudes exprimentales. C'est l qu'il comptait sat i s fair e sans o bstacle sa passion la plus la vivisiectiolll pratique s'Ur les ts humains, comme Q,n la pratique sur les animaux. V<0:il les jolis projets qu'il exposait Nick Carter, et il se flattait de voir, un jour ou !'.autre, le c orp:s palpitant dei son enn e mi sous la lam e de s<0n scaJpeL En effot, je me rappielle trs bien ces dtails maintenant, d.it Patsy, d'une voix tremhlante d'mo tion. Eli bien voil l'oodroit o il a certainem ent transpoirt notre chlef, mes chers amis, pour se repatre foisir de vengeance, conclut trist e ment Chick. Il a sur nolU.S urue avance de sept jours, et il est sans doute sm la cte du Pacifique, s'il n'a pas dj mis la voile. Il nous reste penda.nt une chance, dont il faut profiter sans retard. Pa.tsy, vous all e z courir a:u bu-. reau du tlgraphe et envoyer de r s tlgrammes to : us le'S c hefs de poli des villes de la cte du Pacifique d 'o peut partir IUn vaisseau. Ne regardez pas au nombre de mots Nous ne devons pas penser la dp e nse quand il s'agit de la libert et peut-tre de la vie d'un cheif qui est notre ami et la gloire de laJ professiQill. D
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La dernire Partie du Docteur 13 Soit l mais il sera tout de mme et dans tous ies cas 0 1 blig de lclarer un poTt queloonque de des tinao n, pour se oonformer aux rglements du cod e maritime. C'est vrai, mais il ne s'y rendra pas. Parbleu! -Il mettra droit le cap sur son le mystrieuse, en se rnoquant des rglements. Oui; c'est justement ce qui motivait la question que j'allajs vous adresser. Suppos ons d onc que nous appreni{)ns qu'il a lev l'ancre et le pied en mme temps supposons enoore que nous connajssions d'une manire absoJument certaine le navire qui porte l'audacieux criminel et ses compagnons, et que nous sa;chions qe notre chef, notre cher Nick, est hord, retenu prisonnier par eux; que devrons-nous fairQ a:lo.? insista le hrave Japonais. V-0il la question! Dieu seul le sait! rpondit Chick d'un ton m !a:noolique cette question trop ,prcise. Pourrons-nous acheter un yacht et cumer les flots de fout le Pacifique? Nous pourrons a i cheter leyacht, a c'est facile; mafa quant explorer tout l'Ocan, c'est une autre .a.ffaiire. Ne pourrions-nous pas occuper notre temps, pendant que Pa.tsy est remplir la mission que vous lui avez donne, examiner les :cartes de !'Ocan Paci fique? Il y en a une collection complte dans la bibliothque; je me suis amus les regarder, l'autre jour. L'ide n'est pas mauvaise. Vous tes un homme pratique, Ten Itc hi. Mais nous pouvons mieux faire. Nous allons les emporter avec nous, pour les tudier pendant n otre voyage. Nous en aurons bien le temps. __ ___,.-.. Faites--en un rouleau, je v ous prie; Pierre nous les portera jusqu'au train. Avez-vous votre disposition assez d'arg ent pour toutes ces ventualits, Chick? Parce que pa;rce que -v-ous savez, dit le brave Japonais, qu,-e je ... Oui, je sa.is ; j e ous remercie, Ten Itchi J'aurai reic;0urs votre aide si j'en ai besoin; mais j'ai un mpte pers onncl la banque et je pourrais tirer vue sur c e lui de Nick, si c'tait noessaire. Les fonds ne nous manque I"ont pas pour aller jus qu'au bout de notre mission, dt-elle nous coter u n millicn de dllars -ou mme deux millions. J'ignorais compltement, Chick, que vous eus siez en dpt des sommes importantes, et aussi l'autl>ri sation de Nick de puiser sa caisse-. Sans cela, je ne me serais pas permis ... Je le sais, Tn Itchi, et je vous remercie en.co-re de votre offre gnreuse. Mais j'ai le droit fie puiser dans la caisse de mon cousin Nick jusqu'ruu rement; mais vous sayhant plein de pah"iotisme et de vaillance, c'est une question quo je ne peux m"empcher de me poser souvent, oomme je iVEHl.S de vous le dire. Je puis vous rpondre en un mot Je ne suis pas all me battre l-bas, parce que mon pre m'a or donn de rester ici. Quand il a parl, je ne sais qu'une chose, c'est que je dois lui obir; e t je fais taire tout autre ment que celui du respect filial. -Je suis content que. Vl()US me disiez cela, fit Chick. Vous ne doutiez pas de moi, Chick, j'espre? demanda le Japonais d'un ton d'anxit. Jamais, mon garon, jamais, je vous l'assure. Vous ne sauriez VlQUS imaginer quel point je sooffre d'tre ohliig, malgr mon grand dsir, de resber New-York, quand j'ai la conviction que j-e pouvais rendre tant de bons services mon pay:; l-bas. -J'en suis sr. Mais la volont de mon pre est une loi p our moi. Dans le cas prsent, sa vol-ont a t inspire par Slt tendresse; car il m'aime beaucoup. Cette affection ne l'entra ne-t elle pas trop loin, et un pre a-t-il lG d'.l'Oit de priver la patrie d'un dfenseur 'J C'es( une question que je ne me permets pas d'envisager. On obit s r on pre, on ne le juge pas. Je suis donc ici pa.r ses ordres, tout co.inme je serais l-bas en face de l'ennemi, s'il me l'avait oommand. -Ah; voici Pa.tsy, dit Chick en se levant prcipi tamment au moment o la porte s'ouvrait. I! consulta sa montre, et dit:

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14. La dernire Partie du. Docteur Quartz. Nous avons encoreftrente,cinq minutes ... C'est un temps plus que suffisant pour attraper notre train. Alfons mes amis, en route! -Eh bien 1 Patsy, dites-nous ce que vous avez fait, r e prit Chick, les trois amis furent dans la rue. Les fils tlgra.phiques doivent encore en vibrer, rpondit Patsy; car, en plus des m es sag e s que j'ai expdis, l'inspecteur en a; envoy d'autres trs urgents. Il m'a promis de nous tenir au courant tout le long de la ligne -Il connat donc la route que nous allons prendre? demanda Chick. Oui; je lui ai dit par quel train nous partirions quelle ta.it notre destination. Il est plus que pro bable que nous trouverons un message de lui un point quelconque de notre route. Bon 1 Et que pensert-il de toute cette histoire? -Il est avec nous et pense que nous sommes sur la. bonne piste. Il croit qu'il faudra parcourir en tout sens l'im mensit de l'Ocan Pacifique. Il n'a, d'ailleurs, pro> bea,uooup d'espoir dans le succs final. Autant cher cher une aiguille dans une meule de foin, m'at il dit. 1 Vous suggr une ide, un projet queloon que? Oui; il est d'avis que nous nous rendions directement U:ms les trois San Francisco. Il est per s uad que cette ville sera, ou plutt est l' ohjectif de Quartz P endant que nous se.rons en route, il a transmis des ordres l-bas pour qu e tous les agents de la poli c e seer te, s'occupent de cette affaire le plus activ e ment possible; de sorte qu'au cas o nous n'appr e ndrions rien et ne recevrions aucun n'lessage sur la lign e nous trouverons srement des rens e ignem e nts et d e s nouvelles en rse rve pour nous, ds notr e a.rri v e dans cclte grande cit, reine du Pacifique, qui a d attirer Quartz plus que toute autre, car il e s l enoor e plus fa.cile de s'y cacher qu' New-York. Une le perdue dans l'Ocan Pacifique. Il est inutile d e re later tous les incidents de long voya g e travers le oontinent am ricain, qui mit fortement l'preuve la patience des trois d tectives. Les quelques jours passs acoornplir cet nmme p a rcours de New York San Franc isoo, leur paru r e nt in te rminables, en dpit du luxe et du coinfo-rtable des ma .gnifiques voitures cibres sous le nom de Pull m a n s cars Mais tout a une fin, et les lieut e nants dvous de Nick Carter arrivrent destination dans l'opu lente et gracieuse cit de la Porte d'Or. Comme ils descendaient de leur wagon sur l e quai de la station terminus, ils furent abord s pair un individu de petite taille, mais d'apparente qui ressemblait plutt un prdicateur en plein airr qu' un agent de la. police secrte ce qu'il tait en ralit. S'adressant Chi-ck, l'tranger lui dit poli'moot : Je ne pas m e tromper, Monsi e ur. V o u s tes, je crois, Mr. Chi c k e ring Carter? Vous 11e vous tro m pe z pas rpondit Chi ck. J'.es.pr que VDUS nous app o rtez des nouvell e s -Je crains bien que ce ne soit pas de trs bon nes nouvelles, Mr. Carter. Quelles qu'elles soient, je V\Ous serai reoon. naissant de m'en faire part immdiatement. Les individus que vous recherchez ont quitt notre port le cinq d e ce m o is, cest -dire la v e ill e du jour o vos tl g rammes sont tombs sur nous drus oomm e gr le. Par l vous voyez que les gredins avaient sur vo s messages une avance de vingt-quatre h eure s. Oui, nia.lh eureus e m e nt. A-t-on fait quelqu es te n tatives pour les rattrap er? videmment. On n'y a pas manqu ; \'OS t } granunes et ooux de l'inspe cteur McClucky taien t trop pressants On a fait t o us les e fforts possilYles Voyon s, qu a-t-on fait? Nous aV10ns une patache de police remarquable C est un croiseur trs rapid e qui tient admirablemen t l a mer m me par gros te mps. On a donn des ordre s in1mdiats pour qu'elle s o rte la poursuite des fugi tifu. . -Eh bien quel a t le rsultat? L a patac h e n 'es t pas encore rentre au por t -Comment 1 Elle n'est pas encore r e ntr e, e t vi l p rs d'une semain e qu'e lle est parti e ? Non elle n'est pas encore a quai; et m m e on n'a pas eu de &es nouvell e s, quoiqu'il soit entr bien d e s na.vires de tous l e s p a ys depuis son dpart. Ell e n'a t rencontr e nulle part, et on oommence av oir de l'inqui tude son sujet. Voil qui est trange 1 dit Chick. Suppo sez-v-ous qu e lle ait rencontr le yacht de Quartz e t qu e ... M ajs non, cette suppositi o n est trop absurd e, j e n e veux pas l envisager. Nous suppos ons s implement qu'il est iarrir un acddent sa machin e. Dans cette conjecture o n a envoy a sa r ec h e rche d eux b a teaux pilotes, d e c eux. qui vont au loilil au-devant des navires pour le s g uid e r en pleine mer et l e s remorquer. A-t-on pris d'autres mesures pour tcher d'at te indre ceux que nous recherchons ? Oui. Un tlgramme de New-York nous enjoi i gnail de n'pa.rgnf}r aucune quelque qu'elle part, pour mettre la main s_ur ces malfa it enrs: ..

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La dernire Partie du. Docteur Quartz. 19" -N c n, mais nous n'avons pas nous proccuper de cela. Il n'y a pas d' ouragans craindre dans ces parages cette p-0que de l'anne. Ce serait fameux, hein? patron, si nous pou vions arriver l-bas avant les autres l Nous allons du moins l'essayer. Le oa,pitaine dit ses de l'avenir. De nos jours, nous appelons cela des pressenti ments, de l'instinct, que sais-je? Quoi qu'il en soit, Vous avez, pour VQus aider et travailler pour vous, deux genres d'amis, mon char Monsieur: amis.. die c'Ur iet amis de 'V'Otre argent, si les la.nscale'Ulent, il\. n'y. a que les autres qui corn.pt.eut, et, dans la plu part des cas, un seul des premiers vaut presque lui. seul tous ceux de la; secondQ espce mis ensem ble ; : c'est du moins le peu que m'a: appris ma: courte ex prience de la; vie Votre courte e xprience? C'est ainsi que vous. appelez une expri(lnce de prs de quatre-vingts ans? Elle me semble trop courte. Je vou.drais vivre. qu.aitre cents a.ns. donc, Capitaine? Eh bien 1 pour une rcson, entre autres : o'est' que, dans cet 1 espace de temps, je pourrais esprer trouver enoore une fois un gentleman aussi gnreux que 'Vous, et qui m'inspwa.it autant d'amiti que voos m'en inspirez aprs une si brve connaissance. N'ouhliez pas que je vous ai dclar, il n'y .a:. qu'un instant, que je dis 1roujours la vrit. Cela) revient dire, si j'a.i bien compris, que vous a.imez mes dollars et que vous aimez aussi ma. personne. Est-ce bien la? cest bien l'ide. Mais maintenant que je vous oonna.is, quand mme v<>US ne possderiez ni dollars, ni ordi.t, j'irais enoore avec vous dans la Mer Sud. Voil! Sans chane, et captif. j'ai d hriter d'elle un pen de sa: seconde vue, car il Et Nick Carter, qu'tait-il de:renu pendant y a .cles fois o, moi je vois les choses. Et quand ce temps? je les vois comme je vois ce qui nous occupe, je sais POIU!r rpondnei c:ethe question, il noos faut reveque )e ne me trompe pas. Jamais ces clairvoyances ne nir un moment la; vieille grange et la scne mou m'ont de la vraie r oute ni f.ait perdre la bousvante de la capture du clbre dtective. sQ)l-e; non, pas une. seule fois dans ma longue vie de Il se rendait compte qu'il tait vraiment, et marin. sans recours, cette fois, entre les mains de s'On Dieu veuille qu'il en soit ainsi en cette ciroomstan Matre Ta.rbell Il n'en pas douter, que toutes les prcauAmen Monsieur, dit le vieux loup de mer. tions possfles et imaginables taient prises et oontiEt l'quipage, l'avez-vous pass en revue? nueraient l'tre, pour l'empcher de s'chapper. Avec le pJus grand soin. Cependant, il ne perdait pas oourage, ayant oons>Ce sont de bons matelots? cience de sa. foi'ce et confiance dans le hasard qu1 Les meilleurs qu'on puisse hxmver. tait venu si souvent son aide dans les ciroonstan. Sont-ils rsolus se battre si les circoQnstances ces les plus Il enoore l'espoir qu'une. l'exigent? occasion se p rsenterait, qui lui permettrait de faire.: un des articles qu'ils ont signs dans leur un reffort suprme et de reoouvrer sa li.OOrt. engagement. Mr. Crawford et le capitaine s'taient Ce qui l'inquitait le plus, c'tait de savoir quels chargs de le rdiger, et chacun d'eux tait capable moyens emploieraient ses vainqueurs pour s'assureD de s'en .,quitter wnvenablement tout seul. contre toute tentative d'vasion de sa part. Voil qui va bien. Il me semble, Capitaine Ta.rIl n'en avait, d'ailleurs, pas la moindre ide. bell, que J''Ai trouv des amis l o je m'a.ttendais Les bandits ne paraissaient nullement presss d& entrepren re seul ces recherches difficiles. quitter la vieille grange, et Nick en prnuvait quelque

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La dernire Partie du Docteur Quartz. 21 Un peu lente et Docteur. Vous pou vez 'rpondre cela hardiment, si quelqu'un mont dans un automobile VlOUS fait tte question. Ah! e n'est pas mal. Quelqu"un va voy4 a.ge.i-toiut l'herure et porurra me faire cette que:s tion, s'il leln. a l'oovie; ne sera pas cependn.t dans U11 aiutomobiifo. Mais n'anticipons pas. Comprenez-vous bien, Carte r, qu' prsent que je 'Vous tiens, je prends mes mesures pour ne pas vous laisser la moindre oc.casion de vous chapper de mes mains? Vo:us pouvez vous mettre oola dans la tte, mon bon. Oh'.! je compnds parfaitement, et je suis cpn vaincu que tene, est hien vo.tre intention. Nous allons faire un long voyage, mon ami, et je me rjouis de vous avoir pour compagnon. Vous m'en a.vez dj info.rm, aimable dis-.-ciple d'Esculape. Bieis voitures vo1IJ.t bientt arriver. Je. les attends t"Out moment. Elles nous transporteront la sta: tion du chmin de fer, le Dr. Crystal, Zanoni, moi et vous-mme, gentil dtective. Les a,utres se disperse:r:ont w-r des J.'loutes diffrentes, mais notre destination tous est la mme .. Notre rendez-vous gnral est la: belle ville de San Fra.nciJsc1Q1 la reine du Pacifique. PourqUIQi me dire tout cela, Quartz? Vraiment, je n'en sais rien moi mme. C'est pt'<>bablement .use du plaisir que je prends m'en tretenir avec vo:us de mes projets. -Trs bien, continuez. Si je 1 n'ai pas beauooup de quailitsJ j'ai du moins oolle de saV'Oir c outer. -Je m'en a perois et je vous en flicite. ..-./ Avez-vous l'ide de la; manire dont va s'acoomrif ) notrn long V-Oyag?? -En de fer, je suppose. -Il vous plat d'tre factie'Ux. Riez donc, alors Noos allons V10yager en nous distribuant c es rles : deux mqins, une garde-malade., et un malade de distinc tion. Je sup. pos e que c'est moi qui serai le malade de distinction, flanqu de s es deux mdecins et de sa ga:rde-malade. Vous avez bien devin. L'ironie est run peu forte. Nanmoins, c'est moi qui vais joiU1er le rle impodant, oolui du monsieur richissime et intressant. Sans aucun d oute. De quelle maladie serai-je atteint? La folie? C'est vieux jeu, cependant a vous; a servi et a pourrait ioe'l'Vir encore; ma.is ... Ne vous emballez pa.s, moo dOIUx a;ni; ce n'est pas pour rien. que j'ai tudi la mdecine, les remdes et :les poisons. Je puis donner des rruadies, comme je puis les gurir, et vous ne l'ignorez pas. __:_ Vous pouvez les gurir; c'est peu prs lBI seule chose :utile et honorab.Je que VQUS sachiez faire, _Qua.rtz, suppt du ne le fais jamais par humanit ou piti. seulement un sentiment d'orgueil quand je triomphe de la maladie, tout en ne me souciant pru; du malade. C'est le motif qui m'a poruss me rserver cette perdue au millelU dei l'immens du Pacifique,. afin d'y po:urs : uivrel sans entrave mes tudes de vi vIB!e<:tion. Quand j'aurai pass l-bas 'une o:u. deux annes en recherches fructueuses, j'e_ n saurai plus, grce mm expriens de vivisection, que tous les mdecins du monde entier en fait de physioiogie et de pathologie. C'e!St pour moi 'Une vraie passion. Vous voyez. que je me plais vOIU.S fai mes confidenoes, maintenant que V'OIUS ne poiUvez plus me nuire. C'est dnmage, vraiment, que vorus ne fassiez. pas un meilletur usage de votre sa.voir et des grandes faIU}ts de votre intelligeinoe, Quartz. Je suis votre ennemi declar et irrductible ; mais. je pvoclame vofontiers votre indiscutable valeur, d olara le gnreux dtective. Que ne l'employez-vous au bien? Vous peru.t-tre rais on, Carter, je le c1'ois mme, en vrit; dit le dooteur d'un air rveur., Il reprit: Savez-vous, Nick' Csrter, qu'a.prs tout ce qui s'est pass entre nolUs, je voius app rcie fort. J'ai de l'estime pour votre caractre et V-Otre intelligence. Je vous parle srieru.sement elil. ce moment, et je dis ce je ce ffui n'est pas mon habitude. -Je de vrais peut-tre vo:u.s remercier; mais je ne vois pas l es chlQses de la mme faon. Quand norus nOlris se'J.'lons rendus l-bas, dans mon le, nou:s a'UJ10ns, j'en persuad, bien des conpiquantes et agrables, p,endant que je vous. doo:uperai en moroeaux. Vl()i\l S fere z un s'l,ljet magnifique: Il y a long temps que j'ai l'il sur vous et sur votre superbe anabomiei. Vous avez de l'nergie et vous subirez admirablement les opra,tions que je mdite sur vlQtre pel'SIOnne. Et le dO:Cterur :se fJ.'lorttait les mains en souriant! d'un air satisfait. Nick ne rpoodit p 1 as ces macabres vocatilQnS des tortures dont il serait la victime. Au boot d'un instant, le docteur reprit: -Il va fall r que j 1 e voius rduise l'iffii>Uissance la plus absoJoo avant de po111voir vous transporter, sans danger pour moi, jusqu' San Francisco, o m'attend un ya-ch.t qu.e j'ai achet dans oo pod. Cependant, je voru:s donne l'assurance que llQrsque poiso.n. que je vais administrer aura puis MIT vous toiut S 'On effet, V 10US ne V'()US en porterez pas pl'us mal. Nick avait oompris. On allait paralysea: sa focce et sa rolont au moyoo. d'une rogue quefoonque, et il voyagerait sans.

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'.22 La dernire du Docteur Quartz. protester et comme de son plein gre, en oompagnie .de oos trois persoomes maudites, qu'il avait arrtes et fait oonda:rnoor, mais qu'il n'avait pas ptu empcher de s'chapper de prison! Il fut alors plus persuad que jamais qu'il y avait pdllr hri d'espoir de trouver jamais l'occasion de se dlivrer des dmons entre les mains des .qools il tait bientt il faudrait pO!Ur cela tra irser le Pacifique la nage 1 Il dut as.sistN, immobile et imp'Uissant o qui "fi(; prparait contre lui devant ses yeux. Il vit lei docteur tirer 'Une troo.sse de sa poche; iil en sortit une petite seringue hYPIO:OIUV'Or de cet homme, moins il oonsentait donner son ennemi "'rle triomphe de surpnmdre l'ombre d'une inquitude. sur .son visage. Ah 1 dit Quartz, l'air aimable, wil une phrase t'Ourne et d'tune application tonnante la si : tuation, car c't cei qui va vous arriver: cinq mi-111ubes aprs que je VQIUs aurai administr mon revous nagerez positivement dans la joie. C'est l'effe.t qu'il votus produira, et voius oontinuerez mme y nager, ju.squ( ce que VQUS soyez arriv des, .;tiriatii en notre oom: pagnie. Vous jugerez alors que je vous ai trait aveo bi:einveillanoo et mme avec bont; car, pendant tout .oo temps, v oiU.S a!Urez vcu d''lllle existence enchante da les chlunps lysens, dans les pays d utopie, dans la rgion des rves dlicieux que seule peut donner tte mixture unique. Ah 1 Carter, cher ami, eomme j'env1e votre sp.rtl Alors, pour l'amo1ur du ciel, prenez ma pla e c, Quartz 1 Prenez-la, je ne saulverai aucune objection -Toujoors spirituel et badin! Il faut vraiment que V10'Us aimiez la plaisanterie Ma foi l oo n'est pas que la situation soit bien plaisante pour moi, je dois le reconnatre; mais, telle qu'elle est, il falu.t bien que je m'y rsigne et que j'en tire le meilleur parti possible, en attendant que. j'aie de meilloores cartes en main la prochaioo par-OO. Il n'y aurn pas de prochaine partie, Carter. C elleci est la dernire de votre vi6> et vous l'avez perdue. -Eh !'>il il y en aura une autre! Il y en a tou jours 111ne a,utre. Ta.nt qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, dit le proverbe. Quartz leva ddaignetu.semoot les paules, puis il se rapp.roclia et se pencha. sur le dtective.. -Je vous prie de vous tenir tranquil1e, Car tier, et de ne pas bouger; sinon, je me verrai oblig d'appeilerr q'liel"cru-'ns de ces hommes pour vous main tenir. AV'ez-vous compris? Oh, oui 1 Je vais prendre gentiment ma mde cine, comme un bon garon bien sage.. -J.e vois qu'il le faut, -poiur Voil un disooo.rs sens. Quartz retrolussa la manche de l'habit du dtec tive, mit le bras nu, insra la pointe de l'aiguille SO>Us la prou et le oonten'U de la petite serin gue charge du poison inconnu. Un instant aprs, Nick eut la sensation que mille ..... fuu.x brlants se rpandaient dans ses veines. Mais tte horrible brlure ne dura qu \m mo ment. Comme il poo.sait que cette ooffrance tait inbolrable et que c'en tait fa.it de l1ui, la douleur parut s'Ubitement et fit place une douce chaleur qui pntra peu son oorps, dlicieusement en gc;urdi Il leva l es yeux et SOIU.rit: Quartz, qui l'ex.a.minait c:uriieiuoomeint. Il s'aperut que les choses qui l'entouraient chan geaient d'aspect et de signification pour lui; mais qu'il gardait la 00I11Science de son existence et de ses acres, au point qu'il s'tonnait des oprations de son intelligence qui chappaient entirement au oontrfe OO sa raison et de sa volont endormies. Alors il vit Zanoni qui D 'une main lgre, elle 1e dlivra de ses hens, e.t il lui fut pas Te-oQru:W.ss.ant de cet acte et de ce geste

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-. La derni re Partie du Docteur Quartz_ 23 M tamorphose de Zanoni. Un des effets merveille'llx p roduits par le poisn injiect dans les veines du malhooreux sistait, rptons-le, en qu e sans anruhller e n lm la c ons c i e n c e de ses actes, il lui enlevait la de raisonne r, faussait soo jugement et effaait le SO'Uvenir pr<:is du pass. Il V'Oyait bien circ'Uler et agir autour de lui (lnarlz', <.:rystal et Zanoni; il se souvenait mme qu'il les avait d j VU'S quelque part et qu'il les connaissait; mais c'est en vain qu'il essayait de se rappeler lems noms, oo qu'ils taient, qu'ils faisaient, les relations qu'il avait eues nagure avec s persOilllloo. Il neJ trouvait dans 'sa mmoire qu'images oonfuses et flottantes, qu'il ne parvenait pas saisir et fixer. Il ne savait mme p lus que c'taient des ennemis pel'SIOOllels. Mieux encore: le sentiment qu'il prou vait leur gard tait celui de la recoo.naissa.nce pOIUr tOlubes les prvenances qu'on lui montrait. Par exe mple, lorsque la belle Zanoni dfit les la-<' nires d e s lassoo enroules autour de son oorps, il l'oo remercia avec effusion, bien qu'il s'exprimt d'une v'Oi.x lasse efvoile. On leJ remit 'SUr ses pieds; mais ses jambes se drobaient sous lui et $e5 gooorux vacillaient. Le Dr. Crystal s'avany,a d 'un ct, et Zanoni de l'autre, poo.r le soiutenir; ils p assrent lems bras autour de sa tail1e, et soulevrent ses bras impotents poiur les poser sur leurs paules et autour de leur oou. Alors il les remercia encore, oonsidrant cet acte comme un grand service inspir p.ar leiur cur oompatissant, puisqu'il se sentait bea'llCUP.: trop faible pour se tenir d:ebQIUt sans aide. Ain-si il tait de ses actes sans en: avioir l a consc ience, s'il est permis d'employer langage paradoxal. C'est trange, loor dit-il, que je ne ure sou vienne pas qui V'Ollls tes; oopendant je sais qu e vOIUs tes des amis... J.e ne me rappelle mme pas qui je suis. C'est bien trange, n'est-ce pas? Non, moo cher, lui rpondit la sd'Uisante Za nQlni de sa voix la plus. mlodieiuse. Ce n'est pa:s trange. Vous avez t tellement malade, si voos sa viez 1 Mais mainteina.nt VOIUS allez beaucoup mieux. Oh! ooi, c'est cela, j'ai t bien, bien malade; et a va mietux maintenant, beauoorup mieux, :rp ta Nick d'une voix mal assure. Mais qui suis-je, hein? Dites-le-me. Voinlez-VOIO.s redire votre nom aprs moi, et essayer de vous en souvenir, si je vous l e dis? de manda Zanoni d'un ton ca.re.ssant. Oui, oorta.inement. Ce brouillard dont mon esprit est envelopp n'est pas agrable du tout. J'ai t bien malade, bien malade, mais je vais mieux maintenant. Vli non pl'llS, ce bon docteur? Venez ici D r. Morton; approchez, pour voir si Sir Algernon, qui est beauCOIUp mieux aujOIUid'h!ui, va enfin V'OUs reoonn.atro. Quartz, d''U:ll pas rapide, s'avana et se plaa devant Nick Carter, le visage illumin d'Un radieux s:urioo et la main tood'Ute. Nick l e regardai un instant et rpond it aussitt: Mais oui, :rtaineme.nt, je me S(j{!VieM du D r. Mion. Oomment vous portez-vous, cher Do.cWur? Ma. femme vient de m'assurer que je vais mieux maintenant. Est-ce bien vrai, dites? Et il lui tendit l a main son tOIU.r. C'est l a pure vrit, Sir Algy; la pi.re. vrit 1 affirma Quartz d "un toto. enOdill'agean t. MOIIl Dioo, mon Dioo. I murmura Nick'. Comme tout cela me semble trange! Je n'a.vais pas de lie moindre souvenir il y a 1\1.Il instant, q'Ualld j'ai OO: vert les yeux, bi'6'Il. qu'il me semblt bien voius oon natre; mai'S maintenant tout est olair et limpide. brouillard s'est dissip. -Et Lady Mary, votre chre femme? VO'Us VOU$ en SOllvens d Ies envoyer chez le carroosier les faire rp,arer. Elles vont revenir tOIUt i hoore. Ces hommes, que vous voyez de vaus, sont vos gens, vos serviteurs. Vous ne V'O!Us souvenez donc pas quia, Lorsque nous a.VlOIIl.S quitt votr:e rside.n familiale en Anglete:rre, Vo(jUS avez insist pr les emmen.e.r to'Us avec nous 1 Vdu:> ne pas. voius. en spiarer. Vraiment? Ehl bien, n0, je ne pas du bolut de cela.

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24 La dernire Partie du Docteur Quartz. Mais nous :n'avons plus besoin d'eux main fana nt. J'ai d0111I1 des instructions pour qu'ils retournent la maisoo, pendant que nous oontinue 1 rvns notre voyage vers la cte du Pacifique. Votre yacht le Dunjar es.t prt partir et attend notre arrive San Francisco., pour faire une croisire, oomme vous savez. Il ne faut plus que cela poiur vous gurir toot fait. Vraiment? J'avais aussi otu.bli oela. Oh 1 je vOii:s., j'ai t bien malade, pour avoir ainsi perdu la mmoire. Oui; votre beau yacht, si oonfortable que vous avez fait oonstruire sur vos pla.ns, a pass par l'isthme de Suez et trave rs le Pacique., il y a un an, pouT s e rendre San Francisoo, o il nous attend depuis lors, ajouta Quartz oo. riant de bon cur en lui-mme. Ai-je d onc t malade si longtemps? demanda Nick qui allait d e siurprise en surprise. Mais oui, Sir Algernon. Voil deux ans que ;v-ous tes malade, de!UX. longues annes, hlas! C'est trange, dit Nick en hochant la tte; je n'en ai pas gard le moindre s ouvenir. Evidemment, vous ne devez mme pas essayeT de vous rappeJer le pass. Ce, n'est pas hon pom V'OUS. N'en parlons pllUS. Je vais faire tous mes efforts pour vous gurir le tt possil>le et fair e plaisir Lady Mary, vo ,tre chre femme, que cette kmgue ma ladie met au disespoor. Je fonde d e grands espoirs pour votre gurison sur notre croisire dans les Mers du Sud comme je VO!US le disais tout l'heure. Il n'y a rieln d e tel pOlll.r refaire la. sant et d onner des forces nouvelles 'Un oonvalescent. Ah! tant millx, Do.ctetu.r 1 Et nous irons l-bas, dans les Mers du Sud, Oui, nous partirons ds que nous serons arrivs San Franciscoi, o votre yacht nous attend, je viens de vous le i dire. Ce sera un voyage bien agrable Oui; et v:ou:s ein retirerez un grand bien. Mais tte excur:son d'agrment et t impo1ssible, si vrnpru' timeint de chemin de fer, rpondit la belle sorcire en affectant de porter le plus grand intrt son rtablissement. Nous avons reproduit cette scne un peu longue ment, afin de montrer avec quelle habilet ces russ co.quiIJJs lui soufflaient le rle qu'il aurait jouer le loog de la route, et oomment ils le prparaient le soutenir avec oonviction. D'abord, ils lui avaient racvi la mmoire; puis ils l'acvaient remplace par une autre, artifici e lle celle l, suggre par adroites insinuations. Mais ce qu'il y eut de plus trange en cette af faire, c 'est que, pJus tard, lorsque Nick eut re c ouvr sa personnalit et la plnitude d e son jugement et de son intelligenoo, il se souvint, m o t pour mot de tout ce qui s'tait pass pendant ce.tt.e priode d' e fface ment de son individualit. L impressiollls ainsi fournies son esprit fauss, l'taient de faon si discrte et si subtile, qu'il les a 1 0ceptait tout naturilllement, sans rsistance, ce point que ses pires ennemis s'taient transforms et taient decvenus, ses yeux abuss, s e s meilleurs amis. Les voitures arrivrent e nfin. Dans l'une d'elles, une voiture ferme, naturelle ment, s'assirent les d eu...'<: doct e urs, Zanon'et Ni ck, que l'on eut de la, peine y faire car il tait encore si faible que ses jambes refusaient d e le porter Les autres vhicules reurent les de cette tragdie si suprieurement monte par le gnie diabolique de Quartz. Pa,rvoous la; station, Nick et Zanoni restrent cn fenns dans la voiture, pendant que les deux mde cins, bras dessus bras dessous oomme de bons < tmis, attendaient le train en faisant les cent pas sur le quai Ils avaioot dcid de risqu e r le tout pour le tout, concvaincus que payer d'audace tait encore le meil leur moyen de russir. Ils couraient le risque d'tre dcouverts par quelque agent de police, comme il y en a frquemment aux aguets au dpart et l'arrive d es trains; mais pour faire la part du hasard plus petite, ils prirent soin de t e nir tout le temps leur cvisage dans l'ombre. Ils a vaient envo y d'avance un tlgramme la p>.:-emire station sur le parcours, pour retenir un oom pa.rtiment particulier jusqu' San Francisco, cote que cote; ca.r l'argent tait le moindre dfs s<0ucis du Dr. Qua;rtz, comme le lecteur le s'.it dj. D'o provenait sa fortune? quelle en tait l'im portan.? Pernonne ne le sut jamais; mais, en plus d'une occasion, il avait proucv qu'elle devait tre trs ronsidra.bfo. L'a.rchi-dm0111, Matre Sa.tan lui-mme semblait de oonnivence avec ces criminels; il favorisa leur fuite. Ils n'prouvrent aucune diificult retenir le salon de luxe de la Compagnie Pullman dans le train qui, peu d'instants aprs s'arrta devant le quai.

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La dernire Partie du Dooteur Quartz. 25 A la i:?tatioo. suivante, leurs ordres tlgraphiques, un wagon spcial fut attach au train, pour l'usage personnel de. Lord Algernon Travers et de ses compagnons. C'est ainsi qu'ils traversrent lei continent amri.in, dans [Une scurit et une solitude relativ-es. Pend.a.nt tout loogi paroours, de sept jours et de sept nuits, ils furent tra,its avoo tous les gards et. toute la aonsi:dilrp.tion qu'on accorde d'ordinaire la fortune. On se disait que Lord Algernon Travers tait im moosment rieib.e, et les gnreux pourboires que prodi guait le Dr. Quartz taient bien faits oonfirmer cette opinion flatteiuse. TO!Ut avait t oonoort dans les moindres dtails. Pair tlgramme toujours, Quartz avait retenu des voi tures qui attendaient l'arriv-00 .de leur train San Fra.ncisoo. Ces mitures transportrent les fu.gHi:fs et leur prisoo.nier au quai d'emha.rquiemeint, o 'l1ne chalotupe vape'Ur sorus pression les attendait galieme:nt, pO/UI les oonduire au ya.chit, l'ancre sur La. rade.. Le roquet na.vire avait dj bord toutes les proVisioru; en vivres et en ncessaires une longue tra.verse. On ne perdit pas un instant, et ds que les voya geurs furent embarqus, on leva l'ancre aprs avoir a 1 acom.pli les forrnaJ.ita habitueHes auprs des autorit$ ma;ritimes. Quand on eut travers la Porte d'Or, et que le ya i cht fut au large, la comdie continua pour deux motifs. D'a.bord, le Dr. Quartz tenait essentiellement oo que Nick Carter ignort tout fait qui il tait r-< ellement, jusqu'au jour o, dbarqu en sret dans son le lointaine, il pou.rrajt son aise, sans courir a.ucun dangel.", assouvir sa vengeance sur un ennemi isol et dsa.nn. D'un iautre ct, -toujours trange, insista pour que les choses sei aussi longtemps que possible. Elle trouvait un vritable plaisir, raffin et pervers, a jouer c.e rle , tout tiouveau pour elle, de femme marie, d'pouse dvbue lle Nick Carter. Cet h:omme aimable, pJein de :oo;urboisie, qui lui souriait avec tant de confiance et d'abandon, qui avait en elle une foi si touchante, si implicite et si aveugle, qui tait le vritab.Je Nick s;:uis l'tre, lui donnait des sensations inconnues. Elle n'ignorait pW3 que tout la n'tait qu'une simple comdie, une tragi-oomdie si l'on veut. Elle savait, n'en pas dooter, que si l'honnte dtective reprenait possSsion de lui-mme, il se laisserait plutt cia.resser par un serpent sonnettes que par elle, toute sduisa,nte qu'elle ft. Malgr tout, il lui tait doux que quelqu'un crt en elle, et en elle ne oonfia.nce a bsolue, la choyt et l'aimt, cette pers onne perdiu justement sa pers onnalit. \ Elle n'a.'Vait jamais auparavant got les charm .es de l'a,ffection et de tendresse. Pour la premire fois de sa vie, Zanoni se demanda .srieusement s'il n'aumit pas. mieux valu pour elle mener une vie hlonorahle de femme noble de dmue, et faire servir ses dons d'intelligence et de beaut un bon usage. Elle restait a$Sise prs de Nick pendant des heures entires, lui tenant les mains affectueusement; elle passait e tetnps en temps, ses doigts caressants sur le front de son compagnon, eit repoussait d'une main douce lgre les cheveux de ses tempes, moites de chleur. Il lui arriva mme quelquefois, quand les m decins n pouvaient la voir, d'effleurer le front du dtective reconnaissant d'un doux baiser respectueux. C'tait si nouve,a.u, si exquis, Qette roi tendre et profunde qu'il a.vait en elle. elle n'a'v'ait eprou.v de telles motions. Elle n'amt mme jamais cru qu'on pt les prouvcer. Elle en 1jou.issait de toutes ses forces; elle s'y al:Jandonnait avec. bonheur. Que lui 'importait que tout la repost sur :une superc.Mrie et ne fftt pas la raf? Donnez des bijoux une pauvresse en' bil lons, et mus verrez si elle les qu'ils sont en toc 1 Feinte ou relle, tte situation de hion nte et ma:ri.e rveillait les bonnes qualits el'ldormies d.a.n.s aes profondeurs de son me pervertie; elle lui r vlait qu'ap!rs tout, il y avait en eUe une fmmet, qllle le: dmo!n, qui avait pris pissession de son me, croyait avoir ch.russe gamais. N'allez supposer d'aprs cela, qu-e Zanoni s'entra,nait aimer Nick Carter. Non, ce n'tait pas oola.. Ce qu'elle aimait, c'tait la puissance d'aimer, qu'elle dooluvra.it en. son cur, lorsqu'elle s'en croyait irrmdiaJ>[emeint prive;. Un jour, Quartz lui dit: Za.noni, je c:rois que rous devenez amoureuse pour de bon, de Sir Algy. N'est-ce pas vrai? Noo., rpondit-elle avec ne rgie; mais f ai appris que j'ai un cur, et qu'il aurait pu atteindre son dJ-relo;ppemen.t no:rmall., jei ne vous avais pas ren oontr sur mon c.hemin: Laissez-moi tranq:uille, Jack 1 Ne :viqus occupez pas de moi pour l'instant. Laissez-moi jouir de mon petit Eden, en mme temps que lui. J'prouve un grand plaisir l'tranget dei ce que je ressens, moi qui me croya.is insensibJe tout. VOIUS :fierez bien de ne pas mettre obstacle ma fan taisie. Seulemoo.t, tra:n..cruillisez-VOIUs, ce n'est pa,s de l'am
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.. La derrre P;utie du Dooteur Quattz. '-Eh bien, moment-l, Lord Algernon sera. mort, il'est-'Ce pas? Or, c'est devant lui que je m'agenoiU.ille avec en le r emerciant de ce qu'il m'a appris. Nick Carter mei dtestera alors comme il m'a tou j;gurs dteste, et je ne doute pas que j'aurai pour lui les sentiments de haine que j'ai to111joru.rs pr.ouvs son gal'd.. Mais en ce moment ... Eh bien, en oo moment? ... -En ce moment, V10US forez bien de me laisser tranquille, je vous le rpte, si vous ne voulez pas riveiller oo mo i ce qui iLoiit y dormir tant que vivra: Za noni. Ne me poussez pas bout. Nick Carte r est berct'.l par son rve laissez-moi rver aussi mon aise. Et l'trnng fille revint vers son malade et se baissa pour dposer un chaste bais e r sur le fr.ont du dtective, qui rpondit tte caresse innocente pii,r un sOIUrire de gratitudei La tragdie dans La; traverse des Mers du Sud fut un vritable vbyage d'agrment, bien pJ.us <{ll'une fuite; elle fut loingue et sans incident no tabile Le Dunjar s'avanait loisir, mais sans b e au ooup dvier de sa route, suivant les instrucons donnes pair Quartz. Il ne relcha aucune des nom breuses les rencontres en cours de navigation. NiJCk touj ours aussi faible. S'il voulait se PI.1? mener sur le pont, il lui fallait le seoours de Zanom: il lui Rassait un bras autour du cou et s'appuyait sur l'paule de cette compagne dv10ue. Cet exercice sem blait lui plaire; il ne s'en lassait jamais; mais il l'inte rrompait ds qu'il V10yait un signe de fatigue sur Je 'Visage de saJ femme bien-aime. Qu eJquefois, le couple paasait des heures entires, assis entre les gaillards d'avant et d'arrire du yaciht, l cart des deux mdecins, qui se tenaient de prfrence l'arrirei. Nick demandait souvent Zanioni de lui faire la des cription de rsidence familiale en Angleterre, dont il a,vait perou le souvenir, et la pseudo Lady Mary lui en traait un tableau qui aurait fait honneur au talent descriptif de Bulweir Ma.is l'trange faiblesse, l'inconcevable lssitud gui s'tait _empare de Jui, l'inj ection hypoder mique pmtique par Quartz, ne cessait pas; sans cela, il se serait senti parfaitement heureux. Et amsi, b.es deux vivaient chacun son beau rve; lui, d;tns. unel exl:.a$e factice qui lui avait sugg re mais qui n'en tait pas mo.ns dlicieuse; elle dans un ra.viss ement d'auto,suggestion qui avait la va leur de la ralit tant qu'eUe tait loin des yeux des deux perfides mdecins, pour lesqueJs elle concevait cliiaque. jotur une rpulsion plus forte. Sans maudit Quartz, se disait-elle en elle. mme, j'aurais connu la vrit de la vie, qu'hier en core je ne oouponnais pas. Sans lui, j'aurais pu tre honnte et bonne, et je v10is maintenant la sup riorit de la bont et de la vertu. Il est malheureusement trop tard; ma nature vi cie ne pourra jamais. monter le courant o ce monstre l'a jete Enfin l'le surgit, un matin, devant eux, des p.ro fondeurs de !'Ocan. Elle avait l'aspect d'une montagne, dont le sommet pic a/Urait t fendu en deux au moyen d'un couperet coJ.ossal. On ne voyait pas de traces de vgtation, rien qu'une n rme montagne d nude, pJongeant ses as sises a.hruptes dans la mer, et n'offrant aucun en droit piour y aborder. Ma.is le yach;t vapeur en fit le tour et, quand il fut arriv sa; partie mridionale, les passagers rassembls sur le pont virent distinctement un ouvert entr e les riocs arid. es et battus des flots. Cette ouverture a.vait la forme d'un A, priv de la barre ou, si l'on aime mieux d'un V, dont la pointe tait tourne 'Vers la pleine mer. Sa larg eur tait deux fois celle de ooque de leur mince naiVire. La. mer tait aussi unie et aussi calme qu'un lac au milieu de l't. Le Dunja.r s'engagea tout droit dans tte troite crevasse, et se trouva bientt dans un La:rge prt, aux eaux p : mfondes, si profondes qu'on ne put y jeter l'ancre. et qu'on dut mettre la cha loupe la meir pour remorquer le yacht jusqu' la c.te et l'amarrer solidement des pointes de rocher. Devant s'levant en pente douce une grande hauteur, ils virent unei magnifique pelouse de gazon ver le P!lil'adis, mon ami, c'est l'enfer! Il se en lui souriant. Poiurquoi dites-vous lui del:$.nda-t-il, sur-pris. Elle lui repoJndit aussitt: -J.ei faisais allusion la chaleur de l-bas, sur la mer.

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ta dernire d.u bodeur Quartz. 27 Au premie r plan, s'levait une maison basse et carre, construite avec les rochers qui avaient dgrin gol des sommets de la. montagne. C'est l qu'ils all rent tous les deux, ds qu'ils furent dbarqus. Une heure pJus tard, Quartz, qu'ils n'avaient pas entendu venir avec sa soupJe allure de bte f;;i,uve, se dressa soudain devant Nick et Zanoni, assis en sembJe au milieu des fleurs. D'une main, il tenait une hypodermique, et de l'autre une serviette. Allons 1 dit-il d'un ton bourru qui ne lui avait pas t habitucl jusqu'ici, car il avait pour oo:utume invariable de parler de cette voix douce et persuasive qu'il sa:vait si bien prendre., quand il le voulait. Allons 1 il est temps d e faire quelque chose pour notre malade. Zainoni d'un bond, se trouva debout, menaante, devant le docteur tonn. Pas maintenant, dit elle d'une voix haletante. -Et pourquoi pas maintenant? Paroe que je ne le veux pas, dit elle vo ix basse, et ses yeux noirs lanaient d e s clairs inqui tants. Il sera assez tt demain. Non, il vaut mieux que oo soit maintenant, dit le docteur qui avait Ilepris s on sang-froid. De quoi s'agit-il? demanda Nick, qui ne comprenait pas un mot ce.tte discussion imprvue. -Il s'agit de vous et de votre maladie, mon cher, dit Za.noni en se tournant vers lui. Attendez-moi ici, je va.is re venir dans un instant. Alors, d'un geste dcid, elle saisit Quartz par le bras et l'entrana assez loin pour n'tre pas entendue de leur malade. Attendez jusqu' d emain, dit-elle d'un ton pliant. Accor-dez-moi seulement oette jO'Urne encme; et tlemain, je vous le 1 promets, j e redeviendrai Zanoni la cruelle, l'implacable sorcire. Le docteur haussa ddaigneusement les paules. -. Vous ne redeviendrez jamais plus la Zanoni d'autrefois, lui dit-il. Cette farce a dur trop l !ong temps. On dirait vraiment que je vo:us ai administr le mme po!son qu' lui. Non, en voil a.issez; et je vais immdiatement rendre Nick Carter sa personnalit abolie par ma science, et que ma. science peut lui rendre. Elle s'loigna d'un pas et le regarda fixement de ses beaux yeux tincelants, d'o toute d>0uw tait m,aintenant bannie. Ils se tinrent ainsi en face l'un de l'autre en silence, les yeux dans les yeux, comme deux prts s'lanoor l'un sur l'autre. voix sifflante et si s-ourde qu'elle pa,rvmt perne aux oreilles de Quartz, Zanoni lui dit: Si vous touchez Nick a.uj-ourd'hui, Jack Quartz dit-elle, ce sera vos risqtues et prils. Il est moi aujourd'hui; il s-era VIOUS demain. Aujourd'hui mme 1 fit le docte .ur d'un ton far rouohe et r.solu. Quartz, dit-elle: enoo .re oomme dans un souffle promettez-moi sincrement, ici mme et tout de suite; que rous. le tel qu'il est jusqu' demain ma tin i ou, Je V"aJ.s, mm, le retrouver, et je le tue de ma marn, l'endroit o il est assis, l-bas, sur ce banc. En disant ces mots, elle tira un poignard de son sem et le h:randit aux yeux du mdecin bahi. Aloirs Quartz, prudemment, eut re.oo!U.rS aux argu ments. Pourquoi dlai? demanda-t-il. N'en avez. vous pas assez, de cette farce ridicule? No1I1, je veux qu'elle se continue jusqu' demain, rpondit-elle. Mais est-ce que votus agirez diffremment alors? -Je vous en ai donn ma parole. Crystal est, COlllme1 moi, d'avis qu'il faut mettre mi terme tte comdie, et faire enfin oomprondre Nick Carter que nous l'aV'Ons va.incu ce maudit dtective. Il nous tarde de savolUrer vengeance. CrystaJ 1 dit-elle voix bo'Ulse; et elle eut un rire mprisa.nt. Quartz fit un pas vers Zanoni, mais elle: ne bougea; pas d'une semelle, le tenant en re::;pect avec son poigna.rd lev. Prenez garde! dit-elle. Je suis peut-tre la seule P,eJ'Sonne au monde qui pas peur de V101;1S, si J en excepte cet homme assis l-bas, quand il est matre de ses facults. Arrire, Jack Quartz 1 Retour nez o vous tiez tout l'heure, ou bien, ce. serai la fin du pacte qui nous lie. Vous savez que cela V'eut dire. Vous aimez t idiot de Sir Algy, grnmmclar til. Non,je ne l'a.ime pas, mais j'aime la loyale oon fiance qu'il repose en moi ... Tant qu'il sera Sir Algy il m'aimera. Je dsire possder cette confiance et cet amour jusqu' demain matin, et vous fere z bien de ne pa;; me oontrarier. Il ga::rda le silence et lui la:na un oo:upi d'il mena a.nt; elle soutint hlu'dimoot son regard, atten dant sa rpo.nse. Alors une main s'allongea derrire la jelune femme, et saisit le poignet dlicat d e la ma.in qui tenait l'arme meurtire. C'tait le Dr. Crystal qui s'tait gliss sour noisement jusqu' eux. Mais il cpmpWt sans la fo,roo redoutable de cette femme. D'une vfolente secousse, elle dgagea son bras de l'treinte; puis, se reto:urrumt, prompte oomme l'cla.ir, elle plongea son jusqu' ,la. garde dans le flanc de Crystal. Vous ave z os me toucher, mprisable vipre? dit-elle de la mme iroix SOIU.rde, en oontemplant vic time qui se tordait ses pieds. AlOirS oomme Quartz s'lanait au seoours de son complice, elle se rsolument devant lui, le poignard

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28 La dernire Partie du Docteur Quartz. Arrire 1 arrire donei 1 oomman.da-t-elle. Lais sez-le mourir 1 Qu'il meure, V'O!US dis-je 1 Supposezvous que je pourrais demeurer sur cette le en oompagnie de t homme, oo qiu'il m'ai fait. Arrire, vous dis-je, ou aiussi vrai que je m'appclle Zanoni, je vous ferai le mme sort l Elle ne qiuittait pas Quartz des yeux, bien qu'elle ft moiti tourne vers l'homme qu'elle venait de poignarder qui expirait dans d'atroces souffrances. Elle entendait ses gmissements, mais elle n'y prtait a,ucune attention, surveillant tous les mouve ments de Quartz. Elle entendait bien qu'il faisait des efforts pour prononcer quelques paroles; elle voyait qu'il essayait de se tra. l& jusqu' elle; mais elle ne bougea pas. Elle sa'Vait, en effet, que son poignard avait frapp au bon endroit; elle savait aussi ce qu'il y avait la pointe de tte 11,l"Ill,e si petite, J>QU! en rendre lai sure mortelle. Le Dr. Quartz n':igporait pas non plus les suites funestes que une simple piqre de joli joujou. Une fois dans saJ vie, 'il eut peur. Il redoutait la fureur de cette fem,me, si dlicate en apparence, mais doue d'une vigueur et d'une nergie peu communes; et il n'osa point faire un pas vers elle. AlOil'S, soudain, du bosquet qu'ils avaient quitt pour venir parJ.er plus l'aise dans cette petite clarire, quelqu'un kmdit silencieusement, et si rapidement qu'ils ne l'entendirent que lorsqu'il fut sur eux. C'tait Sir Alge rno n Travers autrement l'intrpide Nick Carter. Passant vivement devant Zanoni, il sauta la gorge du Dr. Quartz, le saisit, le souleva de terre et le rejeta sur le sol, avec la inme force irrsistible q'Ui l'Ui :avait valu sa rputation de. lutteur incomparable, qui le fa.is3;it des malandrins. Le docteur se d'un effort dsespr, en mme temps que soin vainqueur s'a.ffa.issait sur le sol. Cette v i.gueur, qui lui tait revenue pour dfendre !al femme qu'il se figurait aimer, n'tait qu'phmre. Elle 1dispamt inundiii.tement a.prs cet effort surhumain. perdu mal fo.roo, Mary, murmura-t-il, tendu sur le dos. Hlas 1 chrie, je suis trop faible maintenant pour VIOus dfendre QOntrei de lches agresseurs. honte de moi-mme 1 Zanoni se prdpitai vers lui, s'a' genouilla ses cts, et lui tte avec une tendre soJli citude. Perula.nt temps, Quartz, se tenant l'cart, en lev'a.it dlicatement la poussire de ses vtements, un peu souills dans sa; chute. D'une voix pa,r l'motion, car elle ne se serait jamais attendue une telle preuve de dvoue ment, la jeune femme dit a.u dtective : -Il ne voulait pas me faire. de mal, mon cllri;. ce n'tait nullement son intention, n'est-ce pas, Doc teur? Ce n'tait pas lui que j'avais craindre; c'tait l'atutre, et il est mort maintenant. C'tait le Dr. SincJair, pas le Dr. Morton. Veinez le lui dire vorusmme, Dr. Morton 1 Qua.rtz se rapprocha. Oui, Sir Algy, ce qu'elle dit est v rit, fit-il. AlQrs, je vous dois toutes mes excuses, Docteur; veuillez me pardonner m,a brutalit, mais je me figurais que vous attaquiez morn pouse adore. Cela m'a rendu ma vigueur pour un instant. Qwirtz h,a.ussa les w.ules, se. prpara partir. _.:.. Fa i tes comme vous l'entendrez, Lady Mary, dit-il. Que votrei volont soit faite! Je suis fch: de ce qui est a;rriv Sinclair, mais il n'y a rien y faire. Emmenez votre cher mari loin d'ici pendant que j o va.W m'oc: cupe;r des de notre ami dftmt. Ayant ainsi parl, il liliussa de nouveau lei:; paules et se mit rire! d'un rire moiq'.u'0ur. Il tait vident qu'il.U fond de lui-mm e il n' tait ipas l'a\>'entu!OOI q;ui avait supprim son lve fa,vori, oomplice gnant de ses nombreux crim e s. Venez 1 dit Za,noni Niok, en l'aidant se relever, Elle le reconduisit, en lui murmurant de douces pl:lroles, l'endroit o ils taient assi,!3 quand Quartz tait venu interrompre leur conversation. Lorsqu'ils furent de nouveaiu seuls ensemble, la femme entoUl"11 de ses bteaux bras le ciou oobiuste de Nick pour laJ premire fuis, ba.istal sur les lvres. Elle l'embrassa; maintes ieprises, en rpand,a:nt en mme temps des larmes abondantes, les seules qu'elle et verses depuis son enfance. Le lendemain ma.tin, dix heures, le Dr. Quartz a'dininistra le second lixir, qui rendre au d te :Qtive sia; p;ersmi,n.aJit. Gnreux mensonge du Dr. Quartz. La n'uit sur lei Pacifiq'Ue siud 1 Le Va:mpiire avait signal l'le de trs bloinne heure; m,as il ia.vait-oo:uru Ides bordes pendant toute la jO'U.rne, en layant SOiin de se tenir torujO'llrs dans les parag nord dei l'le, ppur tre des regardt>. du Dr. Quartz et de ses, compagnons. Lorsquia le. fut abm dans les flots o s'Wignirent foox, le yacht toiurna; sa. pro'Ue' vers le ibut de sOIIl voyage, e.t ds que la n'llit fut a$Sez avan<:le, il s'app11ocha dioucem ent de l'entre du goulet.

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/ La dernire du Do:cieur Quartz. 29 ChJicl{, Capitaine du navire, le vie'ux loup i de m& Tarball, Ten Itchli et Patsy i'Lvaient, a'U. ooturs de l'a.pl's-midi, tenu conseiil et discut longuement sur la meilleure mthiode siUivre polUr rondre sur leur pmie, car c'est ainsi qu'ils oonsidra.ient Quartz et ms oomplices. Cette nuit-l tait oolle q'ui suivit le jour o le dbe'ctive avait bt remis en possessi-0n de lui-mme. Il faut di.ire lun moi t de tte mtamoll"phose, et aband>O(nne'r quelqtueis i : nstaints le pont du Vamp:i;rieJ Oi l'oin sei prpare aborder l'le mystrie'USe. Llrlsque Nick revint lui, il tait dans une cbla'mhre, en oompagnie du Dr. Quartz et de trois de ses serviteurs, roibtustes gaillards qu'il avait amens pour 1ui prter main-forte li;U cas o le patient de viendrait dangereux. Il savait, en effet, qu'aprs l'li minatioln du qui avait si longtemps suspendu en lui fac!Ults physiq'Ues et mentales, Nick Carter s e retrorqverait aussitt matre de toute sa vigueur de ootrpiS et d'esprit. Za.nom n'tait p$1 p)rslelnte cette scne de quasi rs'urrec.tiolll. Nick elut lolllg'Uerroont tir ses membres OOigQlu.rison qu' moi? Croyait-elle tre Lady Mary aussi fermement que je croyais tre Sii: Algy? L'Ui avez-vous, ce matin, fait ooptrendre ooo.scien d'elle-mme comme vous l'avroupatioo, j'y rpondrai par un seul mot. -Eh! bie1n eis.tolui otu non? C't-otui Dieu soit lou t s'cria le dtectiv!e. Une tre question, si vous voule z avoir en moi un malade Olbi1 ssa;nt. Qui a tu Crystal? Elle _ou vduS? C'e!st moii. Q1re1 metu s :o:it lou enc!ore pour cela 1 Maintenant, Dooteiur, jel sads que nous avons fait un long! voyage sur mer, et que nous avons paroouru bien des mifers de milles marins. Je sais en.oore que VOIUIS tiei:; ei:ntolU.r de gem; qtui sont toujours prts exooter vois: ocdres. Toot la jei ne l'ignore pa:s, nor pllli? que votre intootion de mie faire Slllbir des tortures pouvantables. Eb! bien permettez-moi de vous donner un oonseil. Tenez-voiu.s constamment sur vos gardes, car si la moindre oocasion favo rable se prsente, -et je la gtuette, -je VOIU:s t:l rai sans piti. Ne m'avez-VOIUiS pa:s dit tout l'he'ur e que VIOltlJs seriez 'un malade 0.Miss.aAt, oon.dition q'Ue je ne ... Je l'ai dit, je l'ai dit. tiendrai parole. -------Lie oonciliabiu.Ie tenu entre les hlom:mes runis dans le fumoir, bord du V MiP:irei fut des plus a:n.iml. Le tait d'avi s q'Ue le meilleur p : lan tait de franc.hiir le go!Ulet toiute vapeur. Son avis tait partag par Ten Itch et Patsy i mais Lei vietux Tarblell et Chfok so / utenaient qu'il tait d'aoCIOIS:ter silencieusement dans les canots et 'attaq11e!r l'impmviiste, la faveur des ombres de la nuit. La; mer est unie ciomme un miroir, fit remarquer Chick. dans l'He ne : songe une attaque pisible; on igllJOre n1otre prsence. Tl()IU.t le moode

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30 sera endo :rmi', si no'us attendons jusqu' deux heures du matin. Je smais mme toon qu'il y et des hommes de quart SIUr lei pont de leur yacht. Il nous sera fa cile de n01Us f\en.dre matres des mabeJ ots et des pas sagers, s'ils ao:uchlent encore bord, ce qtui n'est pas proUY. Lie .capitai du vam pire haussa les paules. Vou:s tes le matre ici, dit-il. Donnez des ordteis, on les suivra. C'est bon! J'oirdonnei de faire co:m:me je l'ai indiqu. C'e:st ainsi qu' deux heures dlU matin, quatre petites embarcatioins sei dtachrent sans bruit des flancs du V am.pire pour se glisser sournoisement dans la brche, qui formait l'entre du port merveilleux de cette le mystrie use. Pas un mot nie fut pvononc. Les avirons avaient :envelopps d'toffes, pour en assourdir le ch.oc dans l'eau. Les assaillants, semblablieis des fantmes, s'avanaient avec pruden. Un chioo. sur le rivage OO se serait pas ap,eirU de leur approche. Au milieu du golUlet, l'obs curit tait c-0mplte. Ils tai ent littralement otbligs de se guider tt o ns le long de!s parois rugueuses. C'est aloil's que l e vie i ux Tarbell fit preuve d'une agilit et d'u.ne 1 vig 111e1Ur merveilleu:ses pour un homme d SOIIl ge. Souvenez-vious que; j'ai du sang d'Indien du sud dans les veines, dit-il voix basse. Attendez-moi ici. Avant qtu'oin et te temp l s de sou.le v er une objec tion, il se laissa glisser par-dessus le plat-bord du canot, et se mit nag & au milie:u des tnbres, pen dant que les quatre embarcations, poiu.r ne pas s'loi gner et se perdre, taient maintenues ct les unes die1 s autre s par les c10ligts enlacs des mateilots, qw attendirent en silen le retolUr de l'ancien. Le temps leur sembla bien long; mais enfin Tarbell revint de la mi s.sion av@tu.r-euse qu'il s'tait donne. Il n'y a p e rnonne dehorut; tout le monde do.rt, dit-il Chick vo ix ba;sse. Nous sommes juste en face du D'll11jar. En. allant tolUt nous arri veron:s sous les chanes d e ses bossoirs. De l, il nous sera facile de nolUs glisser b'Ord; le r est(:ll ira tout sOOl. -Ain:si le yacht de Quartz est l? dit Chick en un m'Urnl'lloo touff. Oui; il es. t molUill jusbei l "endroit o je pen s ais qu'il die'Vrait tl'e. J'ai donc gagn mes dix mill e follars et votre amit i par dessus le march, hein? V o:us ame z vingt mille doHa.rs si nous re foourons mon cousin, Nick Cru:ter, enoore vivant. L'ins.talllt d'aprs ils tolUchaient la co. que du Dun jar de lwrs mains too.dru dans I'oibscurit. Un o['dre murmltlr voix basse passa de bouche en bouche le long des embarcations et alors, l'un aprs l'atutr'e, vingt fantmes: silencioox grimprent le loog deis flancs du yacht et arriv:rent siur 1e point sans avoir fait 1e moindre bruit. Ten Itchi prit la tte; d'un grolupie et marcha vers le gaillard d':want. Patsy, accompagn de deux hom. mes, se rendit la ouisine dans la partie centrale du navirre, tandi:s que Chick suivi du capitaine du Vampire, du vieiu.x lolUpi de mer Tarbell, eit de deux mate lo 1 ts, s'avanait vers la cabine des officiers, l'arrire. A1'0irs, avec une prcision remarquable et oomme si c.hao'U.n des chefs des trois gro i upes avajt consult s a montre pour de oonoort, le gaillard d'avant, la cuisine eit cabine furent soudain inonds de lumire. Lels matel0rts bahis, rveills brusquement de leur pvofond iSOmmeil, virent devant eux des canons d e motuis. quets dirigs contre loors ttes et leurs poitrines. Les deiux cuisiniers 01Uvrirent leurs yeux pou vants po:ur ap:ercevoir, penchs sur eiux, trois ga.illards rsoJus, revoiver a'U poing. Quant au capitam et ses trois lie1Utenants, ru nis dans la ca.binei, ils s e trouvrent, couchs et sans armes, en prsence de Chick e t de ses oomp:agno1J1S. Ils oomprirent que 1 to1Ute rsistance tait inutile et qu'il ne leru.r restait qu' se rendre sans rien dire. Ainsi, dans l'espace de dix minubes le ya.cht fut au pouvoir deis, assaillants, sans coup frir,. sans bruit. Mais, prsient, de quel ct fallait-il se tolUrner? On folu.illa le Dunjar d e la po 1 up e la prou e ; mais on ne dooruvrit, nature ll e m e nt, aucune trac e de. Nick Carter, du Dr. Crystal, du Dr. Qu a rtz et d e Zanoru. Ils ignmai ent qu'il y et une ma.ison dans l'l e ; il n'y en avait pas l't po q u e lointaine o Tarbe ll l'avait visite. Que faire? O all e r ma, intena.nt? L'quipage du Dunja.r affirmait que personne d'entre eux n'ta i t descendu terre et qu'ils ne savaient rien; et il tait priobable que ce1 s hommes disai ent la vrit. -Je suis d'avis de reste r ici ju s qu'au point d u j 1o:Ur, suggra l e capitaine., et p:Uis d e tomber sur e u x c'Omme la foudre. C ela me parait aoosi le seul plan adopter, convint Chick, moins qui nous ne n'Ous dcidion s parcolUrir l'le 1 ave c des torches ou des lanternes ; et je n'aime p a s b eauwup cela. Il est vident que Qua rtz assassinera Mr. Cart e r s'il s ap e r o.t que la parti e est p e rd ue. -Eh bi en dit le vieux TarheU d'une voix tra nante, il m e s e mbl e qu'en ce mom ent nous avons l e s mains pleines d'at outs; il faut d onc prendre garde d e laisser tomb e r une d e nos cartes sur le plancher. Quel eist vo.tre avis? c1emanda Chick. Qu e noi u : s ttonnions dans les tnbres et que nolus reiVenion.s au rapP'ort ici au bout d'un certain bcmps, rpondit l e vieux marin; e t il allait expliqu e r s on projet p;lus longuement, quand Chick le saisit par le bra;s.

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ta dernire Partie du Dooteur Quartz. 31 Silence! dit-il. Regardez l-oasl Tt0itlt l-haut stur le rivage, une lumire brilla pendant un instant, puis elle s'teignit. Un moment plus tard, put de no:Uvea;u, puis elle :s'teignit enooce. . Au J:ioot d''llll. moment, elle reparut une tro1s1me fois. C'tal.t videmment un signal. C'e!St quelqu'l\ln qui veut nous montrer le clre min suivre, mturmura Patsy. C"eist Nick probablemoot, dit Chick. Il aJur.a. vu 1$ lumires par ici, e.t il soop;iorote que les se cours ne sont pas loin. Allons 1 mes amis, suiV'eiz moi I 1rs s'lancrent sur les rocliers de la cte et les fran chirent e:n coturant de to1Utes leurs f.orces; ils traversrent de mme l'espace dcoluvert de .vant la maison, qu'ils ne potuvaient dans la nuit. Comme ils taie!llt moiti chemin de l'endroit qu'ils cl:"chaient, la lumire s e mointra. 'Une quatrime roi:s. Un inJStant aprs, Chlick soius la vaste vranda de la maison, et sortait la lanterrie lectrique dont il tait torujo'Ur:S, m'Uili dans les expditions nturnelS. A cette vive luetur, Chick vit une porte grande ouverte, donnant sur 'Un vestibule spacieux. D'un bond, il fut l'intrielUr. Ds qu'il etut franchl le seuil, il vit, tout au fond d'un oorrido.r, 'lUle cinquime rois la lumire. On la tint, pendant un instant, leve devant 'Une porte, de manire en cJairer les p.a.nneaux. Il aperut vague ment la personne qui portait ootte lumire vacillant.ci. Elle s'loigna comme un fantme lger, se glissa dans le!S tnbre:S, et disparut ses yetux. C'est une femme, murmurai Ten Itchi, qui le touchait du 001Ude. Elle a fait cela pour nou,s d signer cette porte. Oui rpondit Chick. En. avant 1 Ils atteignirent la porte indique. Elle tait fer me cle f et re ,tenue a'U moyen d'une barre solide qui la trave rsait. Mais ne fut qu'un jeu d'enfant poar Chick e:t son camarade. La barre fut enleve, la serrure croch e t e et la porte ouveirte en un instant. Les trois d tectiv e s entrrent ensemh1e dans la chambre, suivis par les a.tutres membres de l'expdi tion. En entrant il s aperurent Nick Carter assis sur un f. Il les regardait avec 'Une extrme surprise, dont, malgr son hahitueJ sapg-froid, il ne pouvait se ren dre matre. Le lit tapt l'intrieur d''ll:Ile cage, dont les solides barreaux de fer taient de nature r.sisterr tolUS les effo.rts. Bonjt0tur, Chick 1 Bonj our, Pat 1 Bonjour, Ten Itchi? s'c:ri.a.-t-il. Gommet V'OUS portez-vous, Gentle men? Jrei S'UJS bien oo:ntent dei Vfo!u s v'oir. Voil qtui elst gie.ntil de rotre part, d'tre velnuis me rendre visite! Vl()ius arrivez fort propos. Je me porte merveille et me sens trs b100.. Quartz est dans la. chfambrei voisine. Et il leur montrait dru doigt la direction a pren dre. Q queilqiue:S-runs de v'OfUS dmoilisse'nt cette cagie, o l'O!n m'a enferm, comme un phnomne mointrer la foire, et dont j'ai htJei de sortir. Pteindant oe les autres du doctie!ur. C'eist ainsi qu'il reprit le cnm:run.deme:nt, tolut naturellement, ds que parurent ses fidles lieutenants, l'e!Sprit aussi alerte que jamais. Quartz tait da,n;s la ch.ambre voisine, mais il tait mort, bien mort; oon oorps tait froid. De sa pofine, au-dess'Us du cur, mergeait le manchie d''lln poJgnard mintuscule, et il tait vidoo.t qu'il tait, depuis dj, plong dans la plaie qu'il avait faite. C'tait le mme poignard q'Ui a.vait tu lei Dr. Crystal. Leis se rviterurs de la maison. furent aisment cap turis. On fotuilla tJoiute.s les pices de l'habitati'O!ll!, d e fond en oombile, pour tcher de dcouvrir ?,,an, ainsi que les misrahles craburers que le doctem s'tait vant d'a;voir squestres pour les faire se .rvir rsies e x p riens de vi visechon. On oo doouvrit nulle part, aucune traoo de s vic.timoo supposes, pas pliUs que de Zani elle-mme. Quand cba.CJu.n fut un peu remis de ses fatigues et de ses motions et que vint l'heure des explications, Chick tira p;art son chef bien-aim, iet lui raconta tout au long oomment ils a.vaient trouv et suivi sa piste, depuis la. vieille grange jusque dans cette le lointaine; il insista sur la manire dont ils avaient russi le rej o indre si rapidement et presque ooup sr, groo aux indications prcises du IVieiux Tarb e ll. Nick Carter manifesta un vif intrt a'U rcit de ces dtails qu'il oouta sans dire un mot. Mais lwsque son oousin Ch!ick lui parla. de la lumire qui leur avait d:sign la route suivre pour arriver la maison et qu'il termina e1J.1 disant: -Je p ense que ce devait tre Za.noni. Oui, dit Nick Carter, c'tait Zan oni 1 -Il faudra; noJu.s m:e:ttre sa rechierche e t la trotuvier ds qu'il fera jolUr, dit Chick. Non, mon. garon, ;rpondit-il. Jei vais seul me mettre sa reclili:l'Che, car moi seul, je pourrai la trouver. Reten e z les a!U.tres, ici prs de vous; et si V'Otu..'> m'enWn.de z prononcer des noms tranges, en deih10trs de la maison, n'y faites pas attention et ne me demandez jamai s d'explication ce sujet. Aux premires lueurs de l'aube, Nick Outer quittai l'blabitation, et ds qu'il e:n fut quelcrue distance, il appiela, douoement d'abord, puis d'une voix de plus en plus

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32 La aemire Partie. du Dooteur Quart.fi. Lady Ma:ry 1 La.dy Mary 1 Sir Algy relus rcilamie; il a besofo de vol\ls 1 En multipliant cie1S apipeis 0t ces cris, il pa.roo lurut lentemoot, l'aventure, cette merveillel\lse valle dans torute sa longueur. Il arriva enfin un endroit o, to111t en haut, contre le flanc de la falaise, il aperyut mie trodte verlmre entre les rochers, du ct de la pleine meT. C'est l qu'il vit Zan'()ni, dont l'lgante silhooette se dtacllait da.1$ la clart sante du soleil levant. De tte position leve, bien au-desstus de l'en droit d'o Niok la contemplait, elle fixait s'ur hri des regards tranges. Nick et Zanoru poruvaie1nt facilement se V10ir et s'entendre, torus dieiux, isolS, bien loin des autres. Que V'OUlez-vOIUs de moi, Algy? demanda-t-elle de sa V'OIx doiUce et mlodieuse, du haut de son baJcoo arien. Iffi oontin.uaie:nt jolu.er la oomdie
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