Citation
Lucrările Institutului de Speologie din Cluj

Material Information

Title:
Lucrările Institutului de Speologie din Cluj
Alternate Title:
Travaux de L'Institut de Spélogie de Cluj
Creator:
Lucrările Institutului de Speologie din Cluj
Publisher:
L'Institut de Spélogie de Cluj
Publication Date:
Language:
French
German
Romanian
Italian

Subjects

Subjects / Keywords:
Regional Speleology ( local )
Genre:
Monograph
serial ( sobekcm )

Notes

Restriction:
Open Access
Original Location:
Emil Racovita Institute of Speleology Collection
Original Version:
Vol. II, no. 26-48 (1924-1926)
General Note:
See Extended description for more information.

Record Information

Source Institution:
University of South Florida Library
Holding Location:
University of South Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
K26-02178 ( USFLDC DOI )
k26.2178 ( USFLDC Handle )
11720 ( karstportal - original NodeID )

USFLDC Membership

Aggregations:
Karst Information Portal

Postcard Information

Format:
Serial

Downloads

This item has the following downloads:

Table des·Matières du tome Il. (615 pages, 523 figures, 2 planches) ( .pdf )

Diagnoses des genres Asellus et Stenasellus et description de deux Stenasellus nouveaux. (Note préliminaire) (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. 2, 26 partie, p. 81-92, 14 fig. - Paru le 15 Juiliet 1924). / Numéro 29. E. G. RACOVITĂ ( .pdf )

Sur quelques Harpacticides de la Nouvelle-Guinée et de Patagonie. (Bull: Soc. Sciences, Cluj, .t. 2, 2 partie, P· 96-103, 5.fig. - Paru le 10 Août 1924). / Numéro 30. P. A. CHAPPUIS ( .pdf )

Notes sur les Isopodes.- 12. Morphologie et morphogénie des pléopodes I et II des femelles des Asellides. (Arch. Zool. exper. et génér., Paris, t. 62, Notes et Revue, No. 2, p. 35-48, fig. 152-158. - Paru le 1 Octobre 1924). / Numéro 31. E. G. RACOVITĂ ( .pdf )

Coléoptères nouveaux de Catalogne. (Trabah. Mus. Cienc. Natur. Barcelona, t. 4, No. 8, 18 p., 8 .fig. - Paru le 25 Avril 1924). / Numéro 32. R. JEANNEL ( .pdf )

Risultati scientifici della spedizione Ravasini-Lona in Albania. - VIII. Carabidae, Trechinae. (Boll. Soc. Entomologica Italiana, Anno 57, No. 2, p. 23-25. - Paru le 25 Février 1925). / Numéro 33. R. JEANNEL ( .pdf )

Sur les Copépodes et les Syncarides des eaux souterraines de Cluj et des Monts Bihar. (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. 2, 2 partie, p. 157-182, 47 fig. - Paru le 18 Mars 1925). / Numéro 34. P. A. CHAPPUIS ( .pdf )

Notes sur les Isopodes. - 13. Morphologie et phylogénie des Antennes II. - A. Le Fouet. (Arch. de Zool. exper. et génér. Paris, t. 63, p. 533-622, fig. 159-210. - Paru le 15 Mars 1925). / Numéro 35 E. G. RACOVITĂ ( .pdf )

Sur les homologies des articles de la patte des Insectes (Arch. de Zool. exper. et génér. Paris, t. 64, Notes et Revue, No. 2, p. 37-55, 14 fig. - Paru le 22 Avril 1925). / Numéro 36. R. JEANNEL ( .pdf )

Premier supplément à la monographie des Bathysciinae (Arch. de Zool. exper. et génér. Paris, t. 64, Notes et Revue, No. 3, p. 71-77, 5 fig. - Paru le 30 Octobre 1925). / Numéro 38. R. JEANNEL ( .pdf )

Sur un Niphargus des eaux souterraines de Bulgarie (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2° partie, p. 1-6, 18 fig. - Paru le 25 Février 1926). / Numéro 39. L. FAGE ( .pdf )

Parabathynella stygia n. g., n. sp., nouveau Crustacé cavernicole de la Serbie orientale (Description préliminaire) (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2° partie, p. 7-7-10, 7 fig. - Paru le 25 Février 1926). / Numéro 40. P. A. CHAPPUIS ( .pdf )

Les Duvalius oculés des Carpathes et des massifs de refuge des Alpes méridionales. (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2° partie, p. 11-22. - Paru le 25 Mars 1926). / Numéro 41. R. JEANNEL ( .pdf )

Nouveaux Duvalius de Transylvanie (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2° partie, p. 25-28. - Paru le 30 Avril 1926). / Numéro 43. R. JEANNEL ( .pdf )

Le genre Anophtalmus Sturm (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2° partie, p. 29-64, 19 fig. - Paru le 31 Mai 1926). / Numéro 44. R. JEANNEL ( .pdf )

La distribution géographique des "Aepus" Coléoptères. submarins. (Compte Rendu somm. Soc. de Biogéographie, Paris, IIIe Année, No. 21, p. 39-41, 1 fig. -Présenté le 21 Mai 1926). / Numéro 46. R. JEANNEL ( .pdf )

La distribution des Trechodes, une lignée de Coléoptères Gondwaniens (Compte Rendu somm. Soc. de Biogéographie, Paris, III Année, No. 22, p. 51-54, 1 fig.-Présenté le 18 Juin 1926). / Numéro 47. R. JEANNEL ( .pdf )

Harpacticiden aus der Kierrienhôhle des Flusskrebses (Arch. für Hydrobiologie, Stuttgart, Bd. 17, Heft 3, p. 515-520, 4 fig. - Paru en Octobre 1926). / Numéro 48. P. A. CHAPPUIS ( .pdf )

Index des espèces décrites (6 pages). / Index. P. A. CHAPPUIS et R. JEANNEL ( .pdf )

K26-02178-description-fixed.htm

K26-02178-S62-00017.pdf


Full Text

PAGE 1

29 29 E. G. RACOVITZA D IAGNOSES DES GENRES ASELLUS ET STENASELLUS ET DESCRIPTION DE DEUX STENASELLUS NOUVEAUX. (NOTE PRƒLIMINAIRE).

PAGE 2

; j :. DE J,A SOCJ1c:'l'E UES ctUJ 'l'mue Tl, 2'' pal'tie, Jl:tA'l\S S 1--92 . 1 ii juillet 1924. HF.S OF.NR.ES ASELUJS F.1' Bulletin de la SociŽtŽ des Sciences de Cluj, II. fasc. 2, 2e partie. OORRIGENDA Page 83, ligne 14: AU LIEU DE compltement supprimŽe, dans laquelle, LIRE: compltement supprimŽe par une vaste excavation, dans laquelle. Page 84, librne 4: AU LIEU DE PlŽopodes 1 m‰les, LIRE: PlŽopodes II m‰les. Page 85 ligne 3 : AU LIEU DE PlŽopodes 1 m‰les, LIRI!:: PlŽopodes II m‰les. Page 92, ligne 12: AU LIEU DE PlŽopudes V en forme dtcroissant, LIRE: PlŽopodes V avec exopodite en forme de croissant. ., .. ,, ,..,. u, "vuuuo au:s:s1 ue 1a structure ue ces organes chez S. Virei et j'ai dŽcrit et figurŽ (1920), ˆ cette occasion, ses plŽopodes I et II, fixant ainsi dŽfinitivement son identitŽ, car ce sont ces organes qui fournissent les meilleurs carˆctres spŽcifiques. Les explorations de Bolivar, Breuil et Jeannel en 1919, dans la rŽgion Cantabrique, m'ont procurŽ une no'uvelle espce de Stenascllus

PAGE 3

11, 2'' Sl-92 . 1 i"i juillet 1924. C:F-NR.ES ASELI .. US E1, ET nE nEUX NOUVEAUX. (Note prŽliminaire). par Emile G. Racovltza PI'Ofesseur ˆ l'UniveisitŽ de Cluj Dilepteur de l'Institut de SpŽologie. DŽposŽe 1<' 15 mai 1924, En 1896, VIRƒ captura dans la rivire souterraine de Padirac (dŽp: du Lot, France) un Isopode que DoLLFUS (1897) dŽcrivit sous le nom de Stenasellus Virei n. g., n. sp. Cette description, aussi insuffisante qu'erronŽe, ne s'amŽliora point dans une seconde publication de DoLLFus (1898), mais s'augmenta de deux dessins Žgalement peu conformes ˆ la rŽalitŽ. Les mŽmoires ultŽrieurs de VIRƒ (1899 et 1902) aggravrent plut™t ce f‰cheux de choses par l'adjonction de quelques imprŽcisions nouvelles. Les caractres rŽels et les affinitŽs lŽgitimes de Stenasellus ne furent fixŽs, de faon trs sommaire d'ailleurs, que trois annŽes plus tard, par HANSEN (1905, p. 307). An cours des exp],orations spŽologiques effectuŽes avec Jeannel dans les PyrŽnŽes, nous dŽcouvr”mes le Stenasellus Virei, en France, dans les dŽpartements de l'Arige (5 grottes', de la Hante-Garonne (4 grottes) et des Hautes-Py!'P-nŽes (4 grottes), et en Espagne dans la province de Huesca (1 grotte), faits que nous avons consignŽs ˆ mesure dans nos ,ƒnumŽrations des grottes visitŽes (4me, 5me, et 6me SŽries)" publiŽes dans les Archives de Zoologie expŽrimentale . Pour Žtablir la morphologie des plŽopodes des Asellides, je me suis servi, comme argument, aussi de la structure de ces organes chez S. Virei et j'ai dŽcrit et figurŽ (1920), ˆ cette occasion, ses plŽopodes I et II, fixant ainsi dŽfinitivement son identitŽ, car ce sont ces organes qui fournissent les meilleurs caractres spŽcifiques. Les explorations de Bolivar, Breuil et Jeannel en 1919, dans la rŽgion Cantabrique, m'ont procurŽ une no.uvelle espce de : Stenasellus

PAGE 4

84 7<;, a. lU 00 V 1'/'ZA crochet nuptial; coxopodites 1 semblablP-s dans les deux sexes, dactylos ˆ tous les pŽrŽiopodes avec un seul ongle. PlŽon avec plŽonites 1 et II rŽduits, beaucoup plus Žtroits tjue le pŽrŽionite VI[, presque compl. teillent recouverts par le bord caudal de ce somite. PlŽotJodes I m‰les adultes avec endopodite {organe copulateur) formŽ par la fusion des deux articles en une seule pice plus on moins cylindrique, pourvue d'une vŽsicule interne. PlŽopodes II femelles circulaires on polygonaux, toujours grands. PlŽopodes IV et V ˆ exopodites semblables comm forme ˆ l'exopod•te III mais charnus et respiratoires. Uropodes longs, en gŽnŽral plus longs que le plŽotelson. B. Genre StenaseUus Dollfus 1897 (car. emend. Racovitza). TYPE ou GENRE: Stenasellus Virei Dollfus 1897 (car. emend. Racovitza). Tte avec rŽgion gŽnale normalement dŽveloppŽe; pas de lobe / 1 / \'; o. Fig. 2. Stenasel/us Vire/ Dollfus ovigre (9 mm.) (Biosp. No. u56). Corps du maxillipdo gaucho, face stemale. X 110. c = coxa; 0 = ooslŽgite; 1 = premier article du palpe. mandibulaire. Somitc du maxillipde compltement fusionnŽ avec: la tte. Clypeus beaucoup plus large que long. Antennes I avec dernier article du fouet compltement fusionnŽ avec l'avantdernier Antennes II avec un rudiment de seconde rame ˆ l'art. III de la hampe. Mandibules non redressŽes, l'axe longitudinal du corps .mandibulaire formant un angle presque droit 4 avec l'axe longitudinal de l'apophyse dentaire apicale ; palpe mandibulaire normal ˆ 3 art. Maxille II avec lobe interne aussi large que les autres; garni d'une seule rangŽe de tiges tergales toutes semblables. Maxillipde 'dŽpourvu d'Žpipodite, chez les femelles ov1gŽres pourvu d'un oostŽgite nonnalcment constituŽ. PŽrŽion avec articulation cŽphalo-pŽrŽionale plus on moins ankylosŽe dans la rŽgion mŽdio-tergale. PŽrŽiopodes semblables dans les deux sexes ; pŽrŽiopodes lV m‰les semblables ˆ ceux de la femelle ; coxopodite 1 ankylosŽ petit les mjiles et femelles jeunes 1 souvept articulŽ cher.

PAGE 5

ASELLCS et S1E.Y.4SELLC5 8.5 les femelles ovigres ; dactylos ˆ tous les pŽrŽiopodes avec un ou deux ongles. PlŽon avec plŽonites 1 et II normaux, presqu'aussi larges que le VII. PlŽopodes I m‰les adultes avec endopodite (crgane copulateur) formŽ par un article proximal subcylindrique articulŽ avec un article distal lamellaire, repliŽ en forme de gouttire. PlŽopodes Il femelles triangulaires et petits. PlŽopodes IV et V ˆ exopodite souvent en forme de croissant mais toujours chitinisŽ. Uropodes longs, en gŽnŽral plus longs que le plŽotelson . II. DE TROIS DE STENASELLUS. 1. Stenasellos Virei Dollfus 1897 (car. emend. Racovitza). (fig. 1 ˆ 5). TYPE DE L'ESPCE: Gouffre de Padirac, Padirac, canton de Gramat d(partement du Lot, France. Longueu1: m‰le T-9, femelle 8-11 mm. Tte ˆ angles rostraux droits, un pau saillants et retroussŽs. Antennes I ˆ lames olfactives ::l fois plus longues que l'art. prŽcŽdent, au nombre de 7 ˆ 12.Anten''es Il rabattues atteignant le pŽrŽionite IV, ˆ env. 35 art.PŽrŽionite I embo”tant rŽgion caudale de la Ide sur les 2,5mes de sa longueur. Pleurons de tous les pŽrŽionites normaux, Žtroits, dŽbordŽs par les coxa. Coxa de tous les pŽrŽiopodes assez longs, avec bord distal ptoŽminent et plus ou moins lobŽ. PŽrŽiopode I avec propodos ayant la rangŽe sternale de phanres dissociŽe en nne rangŽe submarginale caudale d'env. 7 soies et une rangŽe marginale unique de 14 tiges semibarbelŽes, dont 3 plus (phanres ensiformes). Dactylos des pŽrŽiopodes Il ˆ VII avec une seule Žpine Fig. 3. Stenasel/us Virei Dollfus d' (7 mm. (Biosp. No. 55G). PŽrŽioniles Il et Ill vus par la dactylienne. PlŽopode I m‰le avec race stemate, montrant tes pleurons ‘rro•ts dŽborexopodite ˆ bords droits (non redŽs par les coxa. x :;r,. pli<1s), 2 fois plus long que large, garni de 28 ˆ 30 tiges lisses. PlŽopode II m‰le avec sympodite aussi long que large, pourvu de quelques r' pines stcrnales; avec exopodite ˆ article proximal pourvu de 2 tiges;

PAGE 6

' 86 E. G. RA.COYITZA_ -avec endopodite ˆ sommet terminŽ en pointe et dŽpourvu de phanres. PlŽopodes IV avc exopodite en forme de croissant, 5 fois plus long que large, avec 6-7 tiges ciliŽes au bord distal.. .......... PlŽopodes V -avec exopodite en forme de croissant, 6 fois plus long que large. Uropodes aussi longs que le plŽoteison, ˆ endopodite aussi large que l'exopodite. Fig. 4. Stenasellus Virei Dollfus s;:> (11' mm.) (Biosp, No. 152). PlŽopode IV gauche, face stemnle X 55. Fig. 5. Stenasel/us Virei Dollfus s;:> (11 mm.) (Biosp. No. lt2). PlŽopode V gauche, face stemale .K 55. 2. Breuili, n. sp. (fig. 6 ˆ 8). TYPE DE L'ESPCE: Cueva Akelar, territorio municipal de Larraun, partido de Pamplona, provincia de Navarra, Espagne. Biospeologicn no 953 (22. VIII-19), 1 m‰le adulte. Cueva de Aitzquirri territorio municipal de Onate; partido de Vel'gara, provincia de Guipuzcoa, Espagne. Biospeologica no 959 (31 VIII-Hl), 1 femelle adulte ˆ oostŽgites au stade I. Longueur: m‰le et femelle 8 mm. Tte ˆ arigles rostraux un peu saillants et retroussŽs. Antennes I ˆ lames olfactives 1112 plus longues "que l'article prŽcŽdent, au nombre de 6 (femelle) et 8

PAGE 7

ASELLDS et STEKASELLUS 87 (m‰le). Antennes Il rabattues atteignant le pŽrŽionite IV, ˆ env. 3G art. PŽrŽionite I embo”tant la rŽgion caudale de la tte sur les 2j;)tncs de sa longueur. -Pleurons de tous les pŽrŽionites normaux, Žtl'oits, dŽbordŽs par les coxa. Coxa de tous les pŽrŽiopodes assez longs, Fig. Ÿ. Stenasellus Breui/i, n. sp. cf (' mm.) (Bio'!' 1\"u. 9.>3). PlŽopode r fare X uo. mcc hol'd distal proŽminent et plus ou moins lobŽ. PŽrŽiopodes I nc propodos ayant la rangŽe sternale de phanres dissociŽe en une rangŽe submarginale caudale de 14 Ÿ 13 soies lisses et une rangŽe mal'ginale unique de 11 ˆ 14 tiges semibarhelŽes, dont 3 plus fortes ros ensiformes). Dactylos des pŽrŽiopodes II il VII avec Žpines

PAGE 8

88 E. G. RACOYITZA dactyliennes. PlŽDpodes I m‰les avec exopodite ˆ bords droits (nOJ:ll repliŽs), 2 fois plus long que large, garni de 17 tiges ciliŽes et 13 lisses. PlŽopodes II m‰les aves sympodite un peu plus large que long, ˆ 2. Žpines sternales ; avec exopodite ˆ article proximal pourvu d'une soie ; avec endopodite ˆ article distal pourvu au sommet d'un lobule pilifre arrondi et garni de 8 Žpines externes et tergales. PlŽopodes IV avec exopodite ovalaire, 2 fois plus long que large, avec 10 ˆ 11 tiges ciliŽes au bord distal. PlŽopodes V avec exopodite en forme de gousse, 3 fois plus long que large. Uropodes d'un tiers plus longs que le plŽotelson, ˆ endopodite plus large que l'exopodite. \ Fig. 7. Stenasellus Breuili, n. sp. d' (8 mm.) PlŽopode II gauche, face sternale. X 110. OBsERVATION. Pour rŽdiger cette diagnose, je n'ai eu ˆ ma disposition qu'un m‰le et une femelle, .provenant de grottes distantes de 40 km., mais appartenant ˆ une mme entitŽ gŽographique. Ces deux exemplaires sont cependant si semblables par leurs caractres non sexuels que leur attribution ˆ une mme espce me semble certaine mais il ne faut pas exclure ˆ priori la pqssibilitŽ de diffŽrences subspŽcifiques entre les deux

PAGE 9

At:JEJLLUS; et STENASELLFS R. Stenasel/us Breuiii, n. sp. (8 mm.l, Exopoditcs des plŽopode; IV el V. X 110. '' :. l :;-. : : .: Fi$ 11. Gjcrgjevii, n. d (9 pun.) (Biosp No . 1147) . F'orŽionite m vu la face stcmali!, iriontraril le pleurori (p.) r ... talŽ dŽbordant trs lar&cmcnl le coxa {c). X 60. !,., 89

PAGE 10

E. G."RAGOVITZA 3. Stenasellns GjorgjeviCi, n. sp. (fig. U ˆ 14). TvPE DE L'EsPf:cE: Ravanicka peŽina, Senje, canton de ParaŽin district de Morava, Serbie orientale. Biospeologica no 1147 (2 VI-2 i3), 1 m‰le adulte. Longueur: mˆle 9 mm. 1'te ˆ angles rostraux largement attundis, effacŽs, non retroussŽs. A n.tennes 1 ˆ lames olfactives 11/ 2 fuis I
PAGE 11

9i Pleurons de tous les pŽrŽionites ŽtalŽs en grandes lames qui dŽbordent trs largement les coxa. Coxa de tous les pŽrŽiopodes ),'Žduits .. ˆ pn lo'ig l2. OjorgjeviŽl, n. sp. 0, (9 mm ) PlŽopoolu n, race stemale. X 110 13.Stenasellus Ojofl(jcvlfl, n. sp. d, (O mm.j l'loiopodo lV gaucbc, fnco stomale, X!)!), 1 :;1 : Fir. 14. Sten astl/us O}orgjevifi, n. sr. o 10 mm ) Y l!aucl!o, faco stomnle. : 55.

PAGE 12

. . G. .RACOVlTZ! mince n ‘ourt annah. PŽrŽ'npndr! J uvee piopodos ayant ln rangi!P stŽrna:le de phantcs dissociŽe en une rangŽe submˆrginnle caudnle d'env. 11 soies lisses et une rangŽe marginale do 8 tiges harbel™cs doublŽe par une rangŽe submarginale rostrale de 6 tiges barbelŽes dont 2 plus fortes (phanres ensiformes)". Datylos des pŽrŽiopodes II  VII avec 1 Žpine daclylienne. -'PlŽopode I m‰le avec exopodilc it bords repliŽs, 4 fois plus long que large, garni de 10 ˆ 11 tiges lisses au bord distal. Il mille ayec sympodite 1tj 2 fois plus long que large, nu ; avec exopodite ˆ article proximal nu et endopoditc  sommet ŽvasŽ et dŽp9urvu phanres. PlŽopode IV avec exopodilc en forme de croissant, 4 fois plus long que large, avec 2 tiges ciliŽrs au bord distal. PlŽopode V en forme de croissant, 5tj 2 fqis plus long que large. Uropodes un peu plus longs que le plŽotelson, ˆ endopodite aussi large que l'exopodite. Auteurs citŽs DoLLFUS (A.) Sur deux types nouveaux de Crustac-Žs Isopodes nppal' tenant ˆ la faune : souterraine es CŽvennes (0. R. Ac. Sc. Paris, t. 125, p. 130.:._131): 1898. DoLLFUS (A). Sur deux types nouveaux de CrustacŽs Isopodes a ppartenant ˆ la faune souterraine des CŽvennes (Bnll. Mus d'Hist. Nat. Patis, t. IV, p. 35-38, 2 fig.). 1905-HANSEN'(H. J.). On the morphology and classification of the Asellotagroup of Crustaceans, with descriptions of the genus Stenet1-ium Hasw. and ils species. (Proc. zool. Soc. London, 1904, vol. 2, p 302-331, pl. 19-21). 1 \)24. M (L. von). Protelsonia lmn.garir.a; nov. gen., n. sp. Ein blinde!' Isopocle ans Ungarn (Zool. Anzeiger, Leipzig, Bd. 58, p. 353-357). 1919. RAeOVITZA .(E.-G.). Notes sur les Isopodes. 1. Asellus aquat-icus est une errem taxonomique. 2. Asellus aqztaticus L. P.t A. : .. n. sp. (Arch. de Zool. exp., Paris, t. 58, Notes et Revue, n¡ 2, p. 31-43, fig. 1 12). 1920. RACOVITZA (E.G). Notes sur les 6. Asellus conmwni8 8ay : 7. Les plŽopodes 1 et II des Asel†des; morpht;!logie et (Arch. de Zool. exp., Paris, t. 58, Notes et Revue, n¡ 4, ri. '79-115, fig. 52-84. 1899. Vm (A). Essai sut la faune obscuricole ƒtude patticulire de qqelques fonnes zoologiqeus. (Paris, Baillire, 157 p., fig.). HI02. Vtaƒ (A). La fa_un la flore s?uterraines du de Paditac (Lot). .. . (Bull. M1l.s. d'Hist. nat.,. P?'ris, t. YHI. p. 601-607, 3 fig.}.



PAGE 1

30 30 P. A. CHAPPUIS SUR QUELQUES HARPACTICIDES DELA NOUVELLE-GUINƒE ET DE PATAGONIE.

PAGE 2

BULLETIN DE LA SOCIƒTƒ DES SCIEN C ES DE CLUJ Tome 11, 2¡ partie, pages 96-103. 1 0 .aot 1924. SU i t QUELQUES HARPAC1 ICIDES DE LA NOUVELLEGUINƒE ET DE PATA G ONIE par P. A. Chappui s Adjoint ˆ la direction de l 'Institut de SpŽologie de Cluj. DŽposŽe Je 1 mai ::.924. En 19 0 1 DADAY publiait sous le titre "Microskopische SŸsswassert:ere aus Deutsch Neu-Guinea ' (1) la description de diffŽrents microorgan:s mes d'eau douce provenant d'une collection faite par M. Louis Bir6 la c™te septentrionale de la Nouvelle-GuinŽP.. PtJ.rmi les CopŽpodes dŽcrits dans cette publicalion se trouvent les I-T a rpacticides suivants: Canthocamptus papuanus Daday, C. signatus Daday C. decoratus Da day C. longirostris Dada y, Nitocra brevisetosa Dada y. Dans un travail ultŽrieur (2) DADA Y a re visŽ les descriptions de trois de c e s nouvelles espces, et reconnu que Canthocamptus signatus est id e ntique au C Grandidieri Rich Canthocamptus lon¤ rostris ˆ Dactylopus jugurtha et que Canthocamptus decoratus, dŽcrit d'aprs un exemplaire jeune et non ent i rement dŽveloppŽ, a ŽtŽ redŽcrit par SARs (3) sous le nom de A ttheyella coronata (4). ( 1 ) Term. Fiiz., Vol. XXIV (1901). (2) DADAY (E. von). Copepoden von Hinterindien, Sumatra und Java. (Zool .Ta/wb., Abt. Syst., Bd. XXlV ; 1907). (3) SARs tG. O.). Pacifische Planktoncrustaceen. (Zool. Jahrb Abt. Syst., XIX, 1903). (4 ) BREHM (Ar c h. f. Hydrob., Vol. VIIJ, 1912-13), dŽc'are le Canthocamptus /,id ens Schmeil identique ˆ Cantho c amptus coronatus (Attheyellacoronata Sars). En effet ces eux espces ont beaucoup de ressemblances; elles diffrent seulement par la branche access oire de la seconde antenne, le nombre d'articles de I'endopodite de la premire paire de pattes natatoires et la longueur des soies du second article de I'endopodite de la quatrime paire de pattes. Sans doute le Canthocamptus bidens es t un parent de C. c oronatus (Sars), mais ces espces sont bien distinctes et ne peuvent aucunemen t  tre rŽunies. La parentŽ entre C. coronatus ( Sars) et C. Grandidieri Richard est beaucoup plus grande.

PAGE 3

SUR QUELQUES HARP..!CTICIDE.S En 1902 DADAY publiait un autre trav'ail concernant les microorganismes douce de la Patagonie ( 1 ); il mentionne ou dŽcrit cinq CopŽpodes Harpacticides : Canthocamptus crassus Sars, C. Brady, C. northumb1icus Brady, C. longisetosus Daday et Mesochra Deitersi Richard. De toutes ces espces, DADAY avait fait des prŽparations microscopiques qu'il dŽposa nu MusŽe National Hongeois. Ce MusŽe a bien voulu me confier celles contenant les espce,; sni vantes: Canthocamptus papuanus Daday, Canthocamptus crassu,s O . trispinosus Brady, C. no1tlrumbricus Brady, C. longisctosus Daday et Mesochra Deitcrsi Rich. Qu'il me soit tout d'abord permis de remercier chaudement ici M. 'le Dt'. G. Horvath, directem de la section de Zoologie du MusŽe Nation: l Hongrois, de la confiance qu'il a bien voulu me tŽmoigner en me con :munjquant ces prŽparations. L'examen de ces diffŽrentes prŽparations m'a permis de faire k > observations qui sont l'objet de cette note. 1. Canthocamptus papuanus Daday = Epactophanes Richat'Ii Mrazek var muscicola Richters. -2 s;? et 1 ˆ' provenant de l'”le Sele J Nouvelle-GuinŽe. La description de cette espce par DADAY et les figures qui l'accon : pagnent ne sont' pas trs dŽtaillŽes, et il serait impŸssible, sans la co Esultation type, de reconna”tre cette varie tŽ d' Epactophanes Richa)'f!i dans le Canthocamptus 1Japuanus. La description des pattes natatoire ;, trs sommaire du reste, semblerait mme exclure une identification (l,; ces deux DADA Y dit: ,Die ersten vier Fusspˆre sind an beick n Arten dreigliedrig". Chez Epartophanes les endopodites des trois pnmires paires sont b iarticulŽs et celui de la rruatrime est uniarticul: . Tous ces endopodites sont trs petits et il est _certain que DADAY a ptis l'exopodite de la patte voisine pour l'endopodite de celle qu'il examina i t. En tous cas, j'ai sous les yeux les trois premiers segments du tborax d'un exemplaire femelle ŽtiquetŽ "Canthoccimptus papuanus" o ks endopodites ?es pattes natatoires, bien que trs petits, sont nettement visibles. Une seconde prŽparation ŽtiquetŽe Canthocamptus papuanus, m‰le" contient aussi un exemplaire d'Epactophf),nes Richardi var mtwicola. M.e basant sur ces faits, je crois pouvoir assurer que les deux fmmes sus-mentionnŽes sont identiques. () DADAY {E. von). Microskopische SŸsswassertiere aus Patagonien (Tenu. FŸz., XXV, 1902).

PAGE 4

P. A. CHAPPUI::> 98 2. Nitoera hrevisetosa Daday = Viguierella eoeea var breviset osa. 1 provenant de l'”le Seleo, Nouvelle-GuinŽe. La description de DADAY indique dŽjˆ clairement qu'il s'agit ici d'une espce du genre Viguie1ella. Le cŽphalothorax est d'aprs la fig. i (i a composŽ de six segments, c'est-ˆ-dire que le segment portant la l'emire paire de pattes natatoires n'est pas rŽuni au segment cŽpha1 !rJue. Viguierella est le seul genre d'Harpacticide d'eau connu J lli possde six segments thoraciques libres. En outre les dessins de la quatrime paire de pattes (fig. 16 d) et celui de la cinquime (fig. 16 e) nontrent bi"n ces appendices si caractŽristiques pour ce genre . Il est difficile. d'identifier l'espce dŽcrite par DADAY ˆ l'une ou :a ntre des Viguierella dŽjˆ dŽcrites, dont deux, V. Maupas et 1 paludosa Mrazek, seules sont su!Tisamment connues. Toutefois l'espce dont il s'agit ici se rapprocHe beaucoup de 1 iquierella coeca; mais une identification certaine il nous faudrait n mna”tre le m‰le, que DADAY n'a pas trouvŽ parmi les exemplaires ccueillis par M. Bir6. Les autres espces que nous connaissons du genre Viguierella mt les V. fodinata Ziegelmayer ( 1 ) V. Delacliaux ( 2 ) et trois indŽterminŽes citŽes par Menzel (3). Vi.quierella foclinata fut trouvŽe par Ziegelmayer dans les marais .uterrains de la mine de Reden du bassin houŸlier de la Sarre. 1 !" aprs la description et les dessins, trs insuffisants du reste, de cet ;lt ll.eur, V. fodinata est une forme intermŽdiaire entte V. coeca et V. l'uluclosa. Trois autres espce:=; intermŽdiaires entre ces deux espces 1'.: tent trouvŽes par Menzel; l'une dans les aquariums des BromeliacŽes 1: an jardin prs de Buitenzorg (Java), une autre dans les aquariums de r. ttrtanclra glabra, dans la fort vierge du volcan Salak (Java) ˆ 1200 d'altitude, et la troisime dans la mousse humide qui recouvre les ;; ,bres des forts de l'”le d'Aru (groupe des ”les Aru et ,Kei). MENZEL ne donne pas de description de ces trois espces, de qu'une comparaison avec l'e::.pce de DADA\: n'est pas possible. Quant ˆ Viguierella Chappuisi Delachaux, elle n'a malheureusement (:l™ trouvŽe qu'en un seul exemplaire (o") et DELACHAUX n'a pas pu en fi
PAGE 5

99 SUR QUELQUES HARPAC11CJDES celui de la quatrime paire de pattes natatoires de cette Viguierella que j'avais trouvŽe dans de la mousse provenant du Surinam. J'avais oubliŽ, par mŽgarde, de communiquer ce dessin ˆ Delachaux, avec ceux des autres Harpacticides dont je lui avais confiŽ la description et je tiens ˆ lui exprimer ici toutes mes d cet oubli. La quatrime paire de pattes natatoires du m‰le de V. prŽsente des caractres qui permettent facilement de distinguer cette .espce des autres dŽjˆ connues. L'exopodite au lieu d'tre biarticuk comme chez toutes les Viguierella, est triartwulŽ. Les diffŽrences entre V. coeca et V. paludosa concer,pent surtout la forme de la cinquime paire de pattes dŸ m‰le, les soies furcales dt la femelle et de l'opercule anal. Une autre diffŽrence, _ˆvais ŽtŽ indiquŽe dans l'existence de l'organe vibratoire de la glande dtc test; mais elle n'est plus ˆ retenir depuis que MNK!EVICZ (') a trouvt: ce curieux organe chez V. paludosa, comm e chez coeca. Je doute beaucoup que V. fodinata ne possde pas cet organe. ZIEGELMAYER ne l'aura probablement pas vu, car il est difficile ˆ dŽcouvrir et visible seulement quand l'animal est dans une certaine positioo. Le travaŸ de ZIEGELMAYER est d'ailleurs si superficiel et dŽmontr: une telle ignorance de la morphologie et de l'anatomie d'un CopŽpode que son assertion que Y. fodinata ne possde pas d'appareil vibratoiri ˆ la glande du test demande ˆ tre vŽrifiŽe (2). L'existence decinq diffŽrentes espces du genre Viguierella, intermŽdiaires entre les espces V. coeca et V. paludosa, semble bien ind iquer que la diffŽrentiation de ce genre n'est pas assez prononcŽe pou que toutes ses espces puissent tre maintenues comme espces autonomes. Il est prŽfŽrable de considŽrer les V. palu,dosa et V. fodinatu ainsi que celles de Java et de la Nouvelle-GuinŽe, comme des races d V, coeca, type du genre. Seule l'espce V. Chappuisi du Surinam presente des caraGtres spŽcifiques suffisants pour tre maintenue comm '' espce indŽpendante. Viguierella coeca .. Maupas var. brevisetosa (Daday) se distingue c h V. coeca forma typica par l'opercule anal, qui porte 6 petites protubtrances ˆ son bord libre et par la grande soie furcale qui est plm ŽlancŽe. ( 1 ) MIENKIEWICZ (G.). Weitere U!:tersucbungen Ÿber Harpacticiden der Wigryseen (G; R. d. l. Station hydrobiologique de Wigry. T. I. 1923). (2) Je profite de l'occasion pour protester cuntre la na•ve qu ZIEGELMAYER se fait des rgles de la nomenclature. Il est incomprŽhens•'ble que Jr rŽdacteur du Zoologischer Anzeiger ait pu lai:sser passer une absurditŽ comme celi<' que renferme le dernier alinea de la note de Z!EGELMAYER!

PAGE 6

P. A. CRAPPUIS 100 ,_., 3. Canthoca.mptus crassus Dad‰y [nec Sars] = Canthocamptus crŽnulatus 1\irazek. Trois femelles et un m‰le trouvŽs dans une lagune prs de Basaltic-Gleen, Patagonie (500 15' 2" latitude sud, 700 8' 1 :longitude est), 28 I 1900. DADA Y est trs affirmatif en ce qui concerne cette. espce. Il dit: ,la dem Material vom Fundort No 6 fand ich einige Exemplare welche in jeder Hinsicht mit den von ScHMEIL beschriebenen europaischen einstimmen". Plus tard, Sven l!:KMAN () signalait aussi la prŽsence de Canthocamptu,s crassus dans les eaux douces de l'AmŽrique du Sud, mais DELAcHAux (2) doute fort que l'espce trouvŽ_e par EKMAN soit vraiment C. crassus et la considre COmme synonyme OU tout 1:!-U moins COmme trs voisine de C. Godeti. Les Harpacticides conservŽs dans la prŽparation N0 1203 du MusŽe National Hongrois et ŽtiquetŽs Oanthocamptus crassus Sars" corres.pondent dans tous les dŽtails ˆ la description que MRAZEK (3) donne du IJanthocamptus cranulatus, qui fut rŽc_oltŽ le 20 V 1893 ˆ Sl:llto, prs Valparaiso (Chili). 4. Canthocamptus trispinosus Daday [nec Brady] = Cantho eamptus Horvathi, n. sp. -1 m‰le et 1 femelle prov.enant d'une hgune prs de Basaltic-Gleen, Patagonie (500 15' 2" latitude sud, 700 8' 1" :ongitude), 29 I 1900. Femelle : Longueur 0,7 mm. avec les soies furcales, et 0,4 mm. ces soies. Le bord postŽrieur de tous le& segments du coq)s, exceptŽ le dernier, dentelŽ du c™tŽ dorsal. Au premter segment abdominal la dentelure esi. circulaire. Ce segment porte aussi en avant de son bord distal un groupe de quatre Žpines latŽrales. Le segment suivant porte au mme endroit une rangŽe d'Žpines s'Žtendant du c™tŽ ventral; au segme nt ces rangŽes se rŽunissent du c™tŽ ventral. Au dernier segment se trouve, prs de la base de la furca, une courte rangŽe ventrale d'Žpines. Tous les segments abdominaux sont en outre garnis de petites sŽries parallles de soies, parsemŽes sur la surface dorsale. L'opercule anal est triangulaire et ressemble ˆ celui du Canthocamptus lanatus Mrazek. Les branches de la furca sont environ aussi ( 1 ) EKMAN (Sven). Cladoceren und Copt:poden aus antarktischen und sub. antarktischen Binnengewii.ssern. (Wiss. Erg. d. Schwedischen SŸdpolar-E:qJedition l!JOI-1903, Bd V, Lief. 4). ( 1 ) DELACHAUX (Th.). Hatpacticides d'eau douce nouveaux _de l'Ambrique du (Rev. Suisse d. Zool. Vol. 26. 1918). ( 8 ) MRAZEK (AL). SŸsswassercopepoden der Hamburger Magalhaensischen Sam 'rnelreise (Erg. d. Ham b. Magalh. Sammelreise, Lief. 6. 1902).

PAGE 7

101 SUR QUELQUES HARPACTlCIDES longues que le dernier segment abdominal. Des soies furcales, l'interne seulement est bien dŽveloppŽe; l'externe est trois fois plus courte. L'antenne antŽrieure a huit articles, le b‰tonnet sensitif du quatrime article dŽpasse de trs peu l'extrŽmitŽ de l'antenne. Seconde antenne triarticulŽe, avec branche accessoire uniarticulŽe portant deux soies marginales et deux autres apicales. -r- 1 1 If. 'i Fig. 1. Yiguierella coeca var. brevisetosa (Dada y) branche de la furca. Fig. Canthocamptus Horvathi second article de la patte de la cinquime paire. __ Fig. 3. Canthocamptus Dadayi patte de la cinquime paire. Fig. 4. Canthorrenulatus Mrazek rJ, Žpine apicale de l'exopodite de la quatrime paire d,: pattes natatoires. :<'ig. 5. Godet ella Deitersi (Richard) rJ, patte de la cinquime paire. Les deux rames de la premire paire de pattes natatoires triarti culŽes. Le premier article de l'endoporlite aussi long que l'exopoditc : les deux articles suivants sont courts. Les exopodites des trois triarticulŽs, les endopodites ˆ deux articles. Le lobe interne de l'article basal de la patte de la cinquime paire est, dans la seule pt'Žparation qui est ˆ ma disposition, recouver:

PAGE 8

P. A. CHAPPUIS 102 en partie par les appendices prŽcŽdents. Il est peu ŽtirŽ et porte probablement six soies, dont trois seulement sont visibles sur cette prŽparation. L'at-ticle ter1pinal porte quatre soies marginales et trois groupes d'Žpines sut la face ventrale. M‰le: Le m‰le se distingue de la f.emelle par les caractres suivants: Les rangŽes d'Žpines latŽrales qi se trouvent un peu en avant du bord Jnarginal du second, troisime et quatrime segments, se rejoignent du ventral. Les antennes de la premire paire sont prŽhensiles ct J' cndopodite de la paire est triarticulŽ. La structure de la patte de la cinquime paire n'est pas visible dans la prŽparation. Cette espce a beaucoup de ressemblanees avec les espces que 1 lELACHAUX rŽunit dans un groupe qu'il nomme le groupe lanatus. Le parent le plus proche que nous connaissions est le C. lanatus Mrazek dont notre espce se distingue surtout par la forme de la patte de la inquime paire. D'autres diffŽrences n'ont pas pu tre Žtablies, la destli ption du C. lanatus par Mrazek se bornant ˆ cette paire de pattes nt il. l'abdomen. 5. Canthocamptus iol'thumbl'icus Dada:y [nec Brady] = CanthoDadayi, n. sp. Deux femelles trouvŽes dans une mare prs d Ll Lago Argen ti no (Patagonie). Cette espce rappelle dans presque tous les dŽtails le Cantho,a mptus trigonurus Ekman. "Les seules diffŽrences qui existent sont les -uivantes: prr.mier, second troisime segments abdominaux se lroment )atŽralement, au bord postŽrieur, deux sŽries de fortes Žpines marginales, l andis que C. trigonurus n'en porte qu'une seulement. Le dernier segille nt abdominal porte du cotŽ ventral, ˆ la base de chacune des l !l'anches furcales, deux Žpines courtes mais robustes. Le lobe interne de l'article basal de la cinquime paire de pattes ne porte que cinq oies. Le second article de cette paire de pattes porte quatre soies JI Jarginales et, dispersŽes sur la surface ventrale, ne vingtaine de ] elites Žpines. DADA Y donne de cette espce une description dŽtaillŽe qui est en gŽnŽral exacte, mais qui en un point ne concorde pas avec les exemJ Iaires du MusŽe National Hongrois. DADA Y prŽtend que die ganze Oberfliiche der Schale aller Segmente erscheint mit Reihen von sehr feinen Dornchen geschmŸckt ( fig 3)". Or ni la fig: 3 de Dada y ni les exemplaires que j'ai vus ne portent une ornementation semblable.

PAGE 9

103 SUR QUELQUES HARPAGTlGlDES 6. Canthoeamptus longisetosus Daday.Les deux seules femelles de cette espce que DAnAY a examinŽes provenaient du Chubut, prs. de Puerto Madryn. La prŽparation No 1204 du MusŽe National Hongrois ies contient toutes les deux, mais dans un tel Žtat de conservation et si dissŽquŽes, qu'il est impossible de dŽterminer mme le genre auquel appartient cette espce. D'aprs la description de DADAY et les dessins qui l'accompagnent, on s'aperoit tout de suite qu'il ne s'agit pas d'une espce du genre Canthocamptus, ni d'aucun autre genre connu d'Harpacticide d'eau douce. est' trs probable que ces deux exemplaires appartiennent ˆ une espce marine ou d'eau saum‰tre. La localitŽ o ces animaux furent recueillis n'exclut pas une telle supposition. 7. Mesochra Deitersi Godetella Deitersi Richard, (Synonyme : Godetella Dadayi Delachaux). Quelques femelles et un m‰l e recueillis dans une mare sous 500 7' 36" latitude sud et 690 14' 51" longitude e3t. Le genre Godetella fut crŽŽ par Delachattx (1), qui y incorpora la Mesochra Deitcrsi Rich. et une nouvelle espce qu'il avait trouvŽe parmi les Harpacticides rŽcoltŽs par M. Godet dans les Andes. En comparant la dscrlption de Mesochra Deitersi par Richarcl avec celle de cette espce par Daday, DELACHAUX trouva quelques dill'Žrences entre ces deux diagnoses et nomma la M. Deitersi de Daday Godetella Dadayi. L'examen de Mesochra Deitersi Daday me montre que.les difl'Žrences relevŽes par DELACHAux n'existent pas en rŽalitŽ et proviennent seulement des dessins par trop schŽmatiques de DADAY. Je n'hŽsite doue pas ˆ dŽclarer que Godetella Dadayi Delachaux est synonyme de Godetella Deitersi (Richard). (1) DELA CHAux lTh.). Neue SŸsswasserharpacticiden a us SŸdamerica (Zoo/. Anz. Bd 49, 1917)



PAGE 1

31 E. G. RACOVITZA NOTES SUR LES ISOPODES. 12. MORPHOLOGIE ET MORPHOGƒNIE DES PLƒOPODES 1 ET Il DES FEMELLES DES ASELUDES.

PAGE 2

ARCHIVES DE ZOOLOGIE EXPƒRIMENTALE ET GƒNƒRALE 1924. Tome 62. NOTES ET REVUE, N¡ 2, pages 35 ˆ 48. (Extrait) IV NOTES SUR LES ISOPODES 1 12. Morphologie et morphogŽnie des plŽopodes 1 et II des femelles des Asellides PAR ƒMILE G. RACOVITZA Directeur de l'Institut de SpŽologie de Cluj (Roumanie) (Reue le 15 juillet 1924). 12. Morphologie et morphogŽnie des plŽopodes 1 et II des femelles des Asellides. (Fig. 152 ˆ 158). SomiAIRIII: ¤ 1. PrŽliminaires (p. 35). -¤ 2. Description des piŽopodcs (p. 37). ¤ 3. Morphologie, Žvolution et involution des plŽopodcs 1 et II des Q (p. 42). 1. PrŽliminaires. Les femelles de tous les Asellotes ont quatre paires de plŽopodes, au lieu de cinq comme leurs m‰les et comme les autres Isopodes. Les carcinologistes, cette fois par hasard unanimes, prŽtendaient que c'est la seconde paire qui avait disparu. J'ai pu montrer dans une note antŽrieure (1920) de faon irrŽfutable, quoique sans la moindre difficultŽ, que cette opinion Žtait, hŽlas! une simple erreur due ˆ une mŽprise qui serait inexplicable s'il ne fallait compter en morphologie, comme en toutes choses humaines, avec l'esprit moutonnier qui accepte, sans vŽrification, les idŽes consacrŽes par la tradition. !. Pour les c NOTES > antŽrieures, voir ces< ARCHIVES, NOTES ET REVUE t. Notes 1-2 in t. 58, n¡ 2, p. 31-43, fig. 112; Notes 35 in t. 58, n 3, p. 49-77, Hg. 1351; Notes 6-7 in t. 58, n 4, p. 79-115, fig. 52-84; Notes 8-9 in t. 59, n 2, p. 28-66, fig. 85-134; Notes 10-11 in t. 61, n 4, p. 75 ˆ 122, fig. 135-15

PAGE 3

36 NOTES ET REVUE Or, ayant consultŽ divers Asellotes, de prŽfŽrence ˆ leurs historigraphes, je suis arrivŽ aux conclusions suivantes qui rŽsument la note prŽcitŽe : 1. Ce sont les plŽopodes I qui manquent chez les Asellotes femelles. 2. Chez tous les Asellides femelles, les plŽopodes II sont reprŽsentŽs par une lame indivise de chaque c™tŽ de la ligne mŽdiane sternale du plŽonite II; cette paire de lames est articulŽe avec le sternite. 3. Chaque lame plŽopodale TŽsulte de l'involution, avec arrt de dŽveloppement consŽcutif, de l'appendice .segmentaire ancestral formŽ comme toujours par un sympodite triarticulŽ et deux rames ˆ deux articles. 4. Au cours de ce processus involutif orthogŽnŽtique, l'endopodite dispara”t compltement ; le sympodite et les deux articles de l'exopodite, fusionnŽs comme pendant le dŽveloppement embryonnaire, sans traces de sillons articulaires, subissent in toto une rŽduction notable et forment tous ensemble la lame unique du plŽopode IL 5. L'involution a commencŽ ˆ droite, l'appendice de ce c™tŽ (ltant toujours ˆ un stade involutif plus avancŽ que celui de gauche. 6. Le processus involutif du plŽopode Ise manifeste dans'les deux sexes de la mme faon et orthogŽnŽtiquement dans le mme sens, mais l'involution est beaucoup plus avancŽe chez la ; l'Žtat prŽsent de ce plŽopode chez le cr reprŽsente un stade d'involution par lequel a d passer aussi le plŽopode I de la Ces conclusions, plut™t copieuses, furent dŽduites de l'Žtude de deux femelles de Stenasellus Virei DoLLF. prŽsentant encore des rudiments de plŽopodes I (1920, fig. 82 et 83), matŽriel pauvre s'il en fut et en apparence insuffisant pour Žtablir d'aussi catŽgoriques aphorismes ; bien ,des confrres ont d les prendre pour des prophŽties hasardeuses. Ce furent des prophŽties en effet, au moins en partie, mais aussi lŽgitimes que d'autres prŽvisions basŽes sur les bonnes mŽthodes de la Science. Il est nombre d'exemples d'anticipations scientifiques qui reurent plus ou moins tard leur vŽrification complte. Il m'est accordŽ par le hasard d'apporter moi-mme cette vŽrification dans la prŽsente Note, mais si c'est avec satisfaction que je dŽcouvris les nouveaux faits dŽcrits plus bas, c'est sans surprise. Dans le dŽdale des faits morphologiques se trouve aussi le fil d'Ariane ; il faut seulement le reconna”tre et le suivre. ConsidŽrer les tres comme des entitŽs historiques, s'attacher ˆ reconna”tre les lignŽes homognes, trouver le sens orthogŽnŽtique des Žvolutions et involutions, interroger directement les

PAGE 4

ƒMILE G. RACOVITZA 37 biotes eux-mmes au lieu de faire des gloses sur la littŽrature >>, sont procŽdu:res pŽnibles mais combien sres pour faire des prophŽties de tout repos. En prŽparant les monographies des genres Asellus et Stenasellus, j'ai d on c rencontrŽ des matŽriaux nouveaux, et trs dŽmonstratifs, pour Ž t a blir l'histoire des plŽopodes I et II Je vais, en un premier paragraphe, Ž numŽrer et dŽcrire les faits constatŽs et ensuite discuter leur signification morphologique et phylogŽnŽtique. 2. Description des plŽopodes. Les plŽopodes dŽcrits ici appartiennent tous ˆ l'espce Stenasellus V irei DoLLFUS 1897 provenant de diverses grottes du versant franais des PyrŽnŽes. A. Femelle (8 mm ) de la Grotte de Gargas (Hautes-PyrŽnŽes) ( Bi ospeologica n¡ 944).normale, ˆ oostŽgites au stade I, porte F m 152ct153.Sienasellus Vi r ei D O L 9 (Smm.) de lagrot tcdcGnrgM ( B IOSPEOLOO IC A., n 0 44) Hautcs-PyrŽ nŽes P l Ž o p o dcs 1 ( 1 52) ct II ( 153 ) droits, face stcmalc. x 1 10 au s ternite du plŽopode I, et seulement du c™tŽ droit, un plŽopode (fig. 152) de m  me forme gŽnŽrale que les plŽopodes II (fig. 153) qui sont normale m e n t constituŽs. Le plŽopode I est un peu plus petit que le II, un peu plus

PAGE 5

38 NOTES ET REVUE Žtroit ˆ l'extrŽmitŽ distale et ses phanres, quoique distribuŽs de la mme faon, sont un peu mo.ins nombreux que sur le plŽopode suivant. La colonie de la grotte de Gargas m'a fourni 17 adultes dont 15 normales, une que je viens de mentionner et une seconde ˆ plŽopodes anormaux que je signale plus loin (cas E). B. Femelle adulte de la grotte du Mont-de-Chac (Haute-Garonne) (Biospeologica n¡ 556}. Cette a des plŽopodes II normaux, porte une paire de plŽopodes I, de forme curieuse, dont j'ai dŽjˆ publiŽ un dessin (1920, fig. 82) auquel je renvoie. Ces plŽopodes n'ont pas la forme des plŽopodes II ; ils rappellent plut™t le galbe, il est vrai rŽduit et dŽformŽ, des plŽopodes I c!. Le plŽopode de gauche montre, en effet, une rŽgion proximale (S) vaguement quadrangulaire, semblable au sympodite des plŽopodes I c! et pourvue, comme ce dernier, d'un crochet ˆ l'angle proximale-interne et d'une Žpine dans la rŽgion proximale-externe. La rŽgion distale (E) de ce plŽopode gauche st plus allongŽe et plus Žtroite; ses bords externe et distal sont garnis de soies raides comme le cas pour l'exopodite du plŽopode I c!, mais les longues tiges de ce dernier manquent. Aucune trace d'articulation ne sŽpare les deux rŽgions dŽcrites qui doivent .nŽanmoins tre dŽterminŽes comme le sympodite (S) et l'exopodite (E) du plŽopode I gauche, au dŽbut de l'involution. Le plŽopode de droite est beaucoup plus petit ; il reprŽsente un stade plus avancŽ d'involution. Sa rŽgion proximale, le sympodite, est encore aussi dŽveloppŽe que celle du c™tŽ gauche, mais elle n'a plus de phanres; le crochet et l'Žpine ont disparu. La rŽgion distale, l'exopodite, a subi par contre une rŽduction trs considŽrable et ses phanres ont tous ŽtŽ supprimŽs sauf une soie insŽrŽe ˆ l'extrŽmitŽ distale. La colonie de la Grotte du Mont-de-Chac m'a fourni 42 et 2 jeunes qui, exception faite pour celle mentionnŽe plus sont toutes normalement constituŽes au point de vue des plŽopodes. C. Femelle adulte de la grotte de Lestelas (Arige) (Biospeologica no 554). qui a des plŽopodes II normaux, porte des plŽopodes I mal conformŽs dont j'ai dŽjˆ publiŽ un dessin (1920, fig. 83) auquel je renvoie. Le plŽopode de gauche est semblable ˆ celui de la B, mais un peu moins involuŽ, donc encore plus voisin de la forme et de la structure du plŽopode I c! Sa rŽgion proximale (S) est un sympodite presque normal pourvu d'un crochet ˆ l'angle proximal interne et limitŽ, du c™tŽ distal et interne, par une reste de l'articulation sympodio-exopodiale ; l'Žpine proximale-externe manque cependant. La rŽgion distale (E) est

PAGE 6

ƒMILE G. RAOOVITZA 39 tout ˆ fait semblable ˆ l'exopodite du plŽopode I gŽnŽrale, mmes soies courtes au nombre de 11 sur les bords distal et externe, mmes tiges longues et lisses au bord interne. Ces tiges sont au nombre de 4, mais chez elles varient en nombre, suivant les colonies, de 2 ˆ 9 et chez la D elles sont au nombre de 5. Les deux rŽgions dŽcrites ne prŽsentent pas d'autre sŽparation entre elles que l'encoche interne dŽjˆ FIG. 154 et 155. Slenasellus Virei DOL. de la grotte de l'Espugne (BIOSPEOLOGICA n' 808), HauteGaronne. 1 gauche, fncc sternale Q {10 mm. 154) et d' {8 mm. 155). x 110. mentiopnŽe, mais' sont certainement le sympodite et l'exopodite de ce plŽopode. Le plŽopode de droite est reprŽsentŽ par une lame quadrangulaire, un peu plus petite que la rŽgion sympodiale du plŽopode de gauche et dŽpourvue de crochet comme d'autre phanre. Le secteur distal du bord externe et sa continuation, le secteur externe du bord distal, paraissent dentŽs ˆ cause des Žcailles qui font saillie ; la mme disposition s'observe

PAGE 7

40 NOTES ET REVUE au sympodite gauche ce qui permet d'homologuer les bords et de constater que le rudiment de plŽopode droit est, sinon entirement, du moins dans sa plus grande partie un sympodite. Il se peut cependant que son angle distal-interne contienne aussi des restes d'exopodite ; on a vu; en effet, que le mme angle chez B porte encore un rudiment reconnaissable d'exopodite pourvu mme d'une soie apicale. La colonie de la grotte de Lestelas m'a fourni 131 et jeunes, qui, toutes, sauf celle que j'ai FIO. 156 Stenaselltls Virei DOL 9 (10 mm.) de la grotte de I Espugne (BIOSPEOLOGICA n 808), Haute-Garonne. PlŽopodc II gauche, face stcrnale. x no Les plŽopodcs 1 (154) ct :1c plŽopodc II (156) proviennent de la mme 9. mentionnŽ plus haut, avaient leur formule plŽopodale normale. D. Femelle (10 mm.) de la grotte de l'Espugne (Haute-Garonne) (Biospeologica n¡ 808). avec oostegites au stade I, possde des plŽopodes II (fig. 156) normaux et bien dŽveloppŽs et en outre une paire de plŽopodes I (fig. 154) semblables jusque dans les dŽtails aux plŽopodes correspondants des (!. Voici, en effet, le plŽopode I d'un (! de 8 mm. (fig. 155) provenant de la mme grotte. La structure gŽnŽrale des deux plŽopodes (fig. 154 et 155) est manifestement la mme : forme et grandeur pres que identiques ; mme musculature, mme apodme conique du c™tŽ proximal de la face tergale de l'exopodite pour l'insertion du muscle exopodial interarticulaire, trs rŽduit aux deux plŽopodes; mme crte sur la face sternale le long de la rŽgion proximale du bord interne de l'exopodite; mme nombre (11) de soies aux bords diStal et de l' exopodite ; mme Žpine unique dans la rŽgion proximale-externe du sympodite. Je ne puis trouver comme diffŽrences que l'absence du crochet au sympodite de et la prŽsence de 4 tiges lisses au bord interne de l'exopodite tandis que le.(! n'en a que deux ; le nombre de ces tiges est d'ailleurs trs variable, mme chez les (! d'une mme colonie.

PAGE 8

ƒMILE G. RACOVITZA 41 La colonie de la grotte de l'Espugne m'a fourni o6 adultes dont 4 ˆ formule plŽopodale normale et 2, celle mentionnŽe plus haut comprise, pourvues de plŽopodes I semblables ˆ ceux des d' et Žgalement bien dŽveloppŽs chez les deux exemplaires. E. FŽmelle (8 mm.) de la grotte de Gargas (Hautes-PyrŽnŽes) -,---------,-----Fm. 157. Stenasellus Virei DoLL. 9 (8 mm.) de la grotte de Gnrgas (BIOSPEOLOGICA n 944), Hnutes-PyrŽnŽcs. Plopode II, face stcrnalc. X 125. Le plŽopodc droit est involuŽ. (Biospeologica n¡ 944). Cette a une formule plŽopodale normale mais, si le plŽopode gauche a la structure habituelle, le droit (fig. 157) est plus petit, de forme arrondie, garni de 3 phanres au lieu de 15-16. Son bord est normal sur toute sa pŽriphŽrie et deux tiges sont insŽrŽes sur la rŽgion distale de ce bord. La rŽduction n'est donc pas due ˆ un traumatisme, c'est bien le rŽsultat d'une involution congŽnitale. F. Feme†e (9 mm.) de la grotte de Moulis (Arige) (Biospeologica no 294). Cette ˆ poche incubatrice vidŽe par l'Žclosion des jeunes;

PAGE 9

42 NOTES ET REVUE a une paire de plŽopodes I du type A (fig. 152), c'est-ˆ-dire semblables aux plŽopodes II, seulement d'un tiers plus petits ; celui de droite est plus petit que celui de gauche. La colonie de la grotte de Moulis m'a fourni 5 celle ˆ formule plŽopodale anormale mentionnŽe plus haut. G. Femelle adulte de la grotte de Castel-Mouly (Hautes-PyrŽnŽes) (Biospeologica n¡ 981). ˆ formule plŽopodale normale, a le plŽopode II de droite plus petit que le gauche, mais de forme habituelle. De cette colonie, je n'ai vu que 2 adultes, une normale et l'autre citŽe plus haut. 3. Morphologie, Žvolution et involution des plŽopodes 1 et Il des ™. Les matŽriaux dŽcrits dans le paragraphe prŽcŽdent me semblent pleinement justifier les conclusions de ma Note n¡ 7 (1920} que j'ai rŽsumŽes en commenant; la dŽcouverte de femelles ayant des plŽopodes I exactement semblables ˆ ceux des m‰les est une preuve, il ne se peut plus Žclatante, du bon choix des prŽmisses et de la rigueur des dŽductions. Mais les faits exposŽs mŽritent encore d'autres commentaires. 1. Des centaines d'exemplaires de beaucoup d'espces d' Asellides me sont passŽs sous les yeux et cependant je n'ai pu trouver de plŽopodes I que chez Stenasellus V irei DoL. On peut se demander pourquoi 1 Et qu'est-ce qui nous garantit que la prŽsence de ces appendices supplŽmentaires n'est pas une simple monstruositŽ sans valeur phylogŽnŽtique par consŽquent 1 Le Stenasellus ne serait-il pas plut™t un biote en voie de dŽgŽnŽrescence, dans un milieu qui lui serait contraire, qu'un relictc trs ancien ayant conservŽ beaucoup de caractres ancestraux mais vivant normalement dans un milieu auquel il est parfaitement adaptŽ 1 Pour avoir confiance dans les qui nous prŽoccupent, il faut que ces questions reoivent une rŽponse satisfaisante. 2. Stenasellus est un Isopode parfaitement normal, ne prŽsentant aucun caractre de dŽgŽnŽrescence comme on pourra s'en convaincre aprs examen de la monographie que je vais publier bient™t. Aucun autre signe de dŽgŽnŽrescence ne se manifeste dans son organisation, que les involutions orthogŽnŽtiques qui caractŽrisent le groupe des Asellides, involutions qui ont d se dessiner dans la souche et qui continuent ˆ se parachever dans les lignŽes actuelles les plus exubŽrantes.

PAGE 10

ƒMILE G. RAOOVITZA 43 3. Stenasellus est un relicte trs ancien car, d'une part, il est strictement cavernicole et son habitat est discontmu, et, d'autre part, il prŽsente nombre de caractres palŽogŽnŽtiques, stades certains qu'ont d parcourir les organes des autres lignŽes d'Asellides. Je n'en cite comme preuve que les suivants : Les plŽonites 1 et II sont bien dŽveloppŽs et presque aussi longs et larges que les pŽrŽionites. Le maxillipde ovigres porte un oostŽgite ayant la structure et la forme des oostŽgites des pŽrŽiopodes, seulement de dimension plus rŽdite. L'organe copulateur (endopodite du plŽopode II <]) est biarticulŽ et l'article distal conserve encore sa structure lamellaire. L'antenne II est encore biramŽe, puisque son basis prŽsente une squama tr‘s nette. Les caractres sexuels secondaires manquent compltement, les deux sexes Žtant exactement semblables. Tous ces caractres, ainsi que d'autres encore, qui seront dŽcrits dans ma monographie, ne se trouvent rŽunis dans aucune autre lignŽe d' Asellides ; ils assignent ˆ l'origine des Stenasellus une Žpoque trs reculŽe de l'histoire de la Terre, mais qui ne peut tre prŽcisŽe encore faute de renseignements palŽontologiques et de donnŽes biogŽographiques suffisantes. 4. Stenasellus Virei a ŽtŽ dŽcrit sur un seul exemplaire (DoLLFUS, 1898), et Vmƒ (1899, p. 60), qui le dŽcouvrit dans le gouffre de Paridac, dŽclare qu'il excessivement rare malgrŽ les longues et laborieuses recherches effectuŽes. En rŽalitŽ, il n'en est rien, et la soi-disant raretŽ de cette espce n'est due qu'ˆ l'inexpŽrience des pcheurs qui le cherchaient dans les torrents, qu'il Žvite, au lieu de le prendre ˆ la main dans les biefs tranquilles qu'il affectionne. Non seulement cette espce est abondante ˆ Padirac, mais nous l'avons capturŽe souvent en de nombreux exemplaires dans 14 grottes des PyrŽnŽes franaises et espagnoles (v. RACOVITZA, 1924). En outre, on conna”t un St. Breuili R.AcovrTZA 1924 des grottes des Monts Cantabriques (Espagne), un St. Gjorgjevici RAcoVITZA 1924, de Serbie, une forme voisine de St. Virei non dŽcrite, trouvŽe par RAZAUTI dans une grotte toscane (Italie), et le Protelsonia hungarica MƒHELY 1924, de Hongrie mŽridionale, qui n'est pas un genre nouveau, mais un Stenasellus mal dŽcrit ˆ affinitŽs incertaines et Žgalement cavernicole.

PAGE 11

44 NOTES ET REVUE Par consŽquent les Stenasellus sont des Asellides strictement troglobies ; au moins une espce, le St. Virei, est trs abondante dans les eaux souterraines des PyrŽnŽes, ce qui montre qu'il s'agit de formes parfaitement adaptŽes ˆ leur habitat actuel. La dispersion de cette lignŽe homogne e8t grande, mais trs discontinue, ce qui est l'indice d'une grande anciennetŽ historique, et d'un vaste peuplement en nombre et Žtendue gŽographique dans les pŽriodes gŽologiques anciennes. 5. Que le plŽonite I des d' Asellotes ait ŽtŽ primitivement pourvu d'une paire de plŽopodes, comme c'est le cas chez les autres Isopodes, il n'est pas permis d'en douter. Sur 279 St. Virei examinŽes, 6 portaient encore ces plŽopodes, plus ou moins bien dŽveloppŽs. La prŽsence assez frŽquente de plŽopodes I chez les de St. V irei, relicte trs ancien, mais biote normal,' ne peut tre interprŽtŽ que comme un caractre palŽogŽnŽtique du mme ordre que ceux citŽs dans le ¤ 3. 6. St. Virei est une espce remarquablement fixe ; c'est ˆ peine si j'ai pu dŽcouvrir quelques variations assez fortes pour tre facilement observables dans la pratique. Ces variations sont individuelles, comme le nombre des articles des fouets antennaires et le nombre des lames olfa ctives, t't je ne fais que les mentionner ici, ou bien elles intŽressent tout les individus, toute la colonie, d'une grotte ou d'un ensemble de grottes Ces variations collectives, qui se manifestent dans la longueur des uropodes, dans celle des tiges distales des mŽros, dans le nombre des Žpines f!:ternales du sympodite des plŽopodes II {!, etc. seront ŽtudiŽes ailleurs ; je me contente pour l'instant d'en constater l'existence et de leur attlibuer comme cause l'isolement des diverses colonies. Si le matŽriel Žtait suffisant, et il ne l'est pas, et si l'analyse des variations des divers es colonies Žtait poussŽe suffisamment loin, on pourrait par ce moyen morphologique, plus sfuement qu'avec la fluoresceine, dŽterminer l'Žtendue des bassins souterrains appartenant au mme systme et communiquant par des canaux ouverts, c'est-ˆ-dire non filtrants. Quoi qu'il en soit, et c'est lˆ que je voulais en venir, il ne semble pas que la pr0sence du plŽopode I chez les soit un caractre du genre de variations collectives; c'est un retour atavique et non une variation due aux causP.s actuelles. L'examen des faits exposŽs au Cha p. 2 confirme cette manire de voir. Sur 15 grottes qui m'ont fourni 5 hŽbergeaient ˆ plŽopodes I, mais de 8 grottes, je n'ai eu que quelques exemplaires (1, 2, 3, 3, 4, 5, 6, 8)

PAGE 12

ƒMILE G. RACOVITZA 45 et pourtant de ces 8 grottes, 2 m'ont fourni anormales. Des 5 grottes ˆ plŽopodes I, 4 m'ont fourni qu'un seul exemplaire et seule la grotte de l'Espugne, sur un total de 6 en a fourni 2. Jusqu'ˆ preuve contraire, fournie par un matŽriel plus complet, il semble bien qu'il n'existe pas actuellement dans les PyrŽnŽes de colonie plus apte que les autres ˆ produire des avec plŽopodes I. 7. Les matŽriaux ŽtudiŽs permettent de reconstituer le processus historique de l'involution du plŽopode I Le plŽopode I d' (fig. 155) n'est pas un organe trs actif. Son appareil d'accrochage n'est formŽ que d'un seul crochet de chaque c™tŽ et son muscle sterno-sympodial est peu dŽveloppŽ. Ce n'est certes pas une palette capable de battre l'eau avec vigueur ; c'est plut™t un bouclier protecteur pour le plŽopode II, une sorte de valve, dont les deux parties ne joignent plus, car elles sont maintenues obliquement ŽcartŽes de la ligne mŽdiane, et dont l'appareil d'accrochage ne peut plus fonc tionner. Chez (fig. 154) il en est primitivement de mme, mais de plus ces organes ne sont d'aucun usage n'ayant rien ˆ protŽger. L'involution se manifeste dans l'appareil d'accrochage, qui n'accroche plus rien, et dans la musculature, qui ne se contracte plus. Puis disparaissent les articulations sympodio-exopodiales (RA.coYITZA, 1920, fig. 83 et 82, plŽop. de gauche), le nombre des phanres diminue, les Žpines sympodiales et les tiges du bord interne disparaissant les premires. Ensuite, les dimensions continuent ˆ se rŽduire surtout par involution de l'exopodite (RACOVITZA 1920, fig. 82, plŽop. droit) qui arrive ˆ ne former que l'angle distal-interne d'une lame irrŽgulire et nue. L'involution complte s'achve aprs des stades o le plŽopode n'est plus reprŽsentŽ que par des rudiments informes (RACOVITZA, 1920, fig. 83, plŽop. droit). 8. Ces diverses formations rudimentaires sont trs semblables aux stades de dŽveloppement des plŽopodes (RACOVITZA 1920, fig. 76 et 77) ; on y observe la mme absence de sillons articulaires, la mme pŽnurie de phanres, le mme faible dŽveloppement musculaire, la mme prŽdominance relative des rŽgions proximales sur les distales. Cette concordance n'est pas une simple co•ncidence. Historiquement, l'involution active a d se combiner avec l'arrt de dŽveloppement ˆ des stades de plus en

PAGE 13

46 NOTES ET REVUE plus jeunes dans le processus qui a amenŽ la disparition de ces organes. La rŽapparition sporadique sous des formes si diverses du plŽopode disparu rŽsulte Žgalement d'un processus complexe dans lequel l'arrt de dŽveloppement joue le r™le principal. 9. Les plŽopodes des Asellides sont reprŽsentŽs par une paire de lames indivises (fig. 153) qui sont certainement les restes de l'involution d'un appendice biramŽ. J'ai montrŽ (1920, p. 99) que chez le plŽopode I (! unirme, c'est l'endopodite qui dispara”t ; il en est de mme chez le plŽopode I de St. Virei quand il rŽappara”t sous sa forme primitive (fig. 154). Nous n'avons pas de preuves directes que le plŽopode II a passŽ par ce stade comprenant un sympodite et un exopodite, mais nous n'avons Žgalement aucune preuve que l'involution de ce plŽopode ait commencŽ par un autre stade et soit passŽe par des phases autres que celles prŽsentŽes par le plŽopode I. Il est probable que les deux involutions ont d suivre une voie parallle jusqu'au stade reprŽsentŽ par le plŽopode droit du type B (1920, fig. 82) qui est formŽ par une lame triangulaire ˆ corps formŽ par le sympodite et ˆ pointe distale formŽe par l'exopodite. A partir de ce stade, ou d'un autre sembiable, le sort des deux plŽopodes a ŽtŽ diffŽrent. Le plŽopode I a subi l'involution complte, tandis que le plŽopode II, ayant ˆ protŽger la solution de continuitŽ proximale du bouclier formŽ par les exopodites des plŽopodes III et son muscle sternosympodial Žtant restŽ s'est fixŽ ˆ ce stade et s'est adaptŽ progressivement ˆ ses nouvelles fonctions. La dŽcouverte de matŽriaux appropriŽs pourra seule nous montrer si cet exposŽ est de l'histoire ou n'est qu'une lŽgende. 10. Les plŽopodes II (fig. 153, 156, 157) portent une garniture de phanres formŽe par : a) Une rangŽe submarginale de 3-4 tiges, le long du bord interne. b) Une rangŽe marginale de 5-8 tiges et soies, sur le secteur distal du bord externe. c) Quelques (3-4) soies insŽrŽes sur la face sternale. Les soies marginales externes ( b) pourraient tre homologues aux soies marginales externes et distales de l'exopodite primitif (fig. 154), du moins en partie, mais les sŽries a et c n'ont pas de reprŽsentant chez le plŽopode ancestral. Ces soies sont certainement des acquisitions nouvelles, qui se sont dŽveloppŽes aprs que le plŽopode a acquis sa forme actuelle et qu'il s'est trouvŽ en rapport direct avec le monde extŽrieur, par suite de la disparition du plŽopode I.

PAGE 14

ƒMILE G. RAOOVITZA 47 11. Chez la larve hexapode, prte ˆ Žclore, et mesurant 1,5 mm., de St. Virei, on ne trouve pas de plŽopode I, mais le plŽopode II {fig. 158) prŽsente dŽjˆ la conformation gŽnŽrale de l'adulte. La forme est la mme, mais une encoche arrondie creuse le bord externe au premier tiers distal et reprŽsente peut-tre la dŽmarcation entre la rŽgion exopodiale et la rŽgion sympodiale. La sŽrie de phanres marginales externes est seule reprŽsentŽe par 3 soies. L'embryogŽnie ne peut donc nous fournir aucun renseignement sur le processus involutif; le stade final a ŽtŽ seul fixŽ Fra 158. Stenasellus Virei DOLL. Larve hexapode (1,5 mm.) do la grotte du Mont-de-Chao (BroSPEOLO GICA n 556) Hautes-PyrŽnŽes. PlŽopodo II gauche, face stcrnalc. x 450. hŽrŽditairement, ce qui prouve que l'involution est historiquement trs ancienne et que la souche des Asellotes avait dŽjˆ subi la transformation complte des deux premires paires de plŽopodes 12. L'involution des plŽopodes I ne se fait pas symŽtriquement ; celle du plŽopode droit est toujours notablement plus avancŽe, comme le montrent les cas B et 0 dŽcrits au Chap. 2. Cette inŽgalitŽ dans l'involution, se manifeste aussi dans les mˆlformations du plŽopode II l'indiquent les casE et G, et toujours au dŽpens du plŽopode droit; trs souvent d'ailleurs le plŽopode gauche est Visiblement plus grand que le droit. n n'existe pas vivant rigoureusement symŽtrique ; seuls les mathŽmaticiens connaissent la symŽtrie parfaite et cela parce qu'ils l'ont fabriquŽe eux-mmes. L'assymŽtrie est une loi de la nature ; toujours un des c™tŽs est plus faible)) que l'autre. Cette assymŽtrie fondamentale est le rŽsultat d'une autre disposition universelle : l'inŽgalitŽ de tous les ŽlŽments constitutifs des tres. Cette assymŽtrie, souvent si faible qu'elle est difficilement discernable avec nos moyens ordinaires, nous est dŽcelŽe comme par un verre grossissant par certains phŽnomnes, dont l'involution des organes pairs. Nous constatons ainsi l'assymŽtrie des Stenasellus et la prŽdominance chez eux du c™tŽ gauche sur le droit. Ce sont donc des gauchers )), conclusion qui ne repose pas seulement sur les observations citŽes plus haut, mais aussi sur d'autres remarques faites au sujet d'autres organes, remarques qui seront publiŽes ailleurs.

PAGE 15

48 NOTES ET REVUE 13. On a vu que les plŽopodes I sont exactement semblables ˆ ceux desc)'. Ne serait-ce point parce que la souche des Isopodes a ŽtŽ hermaphrodite et que la sŽparation des sexes ne s'est effectuŽe que secondairement dans le cours de leur histoire 1 Cette question est trop vaste et trop intŽressante pour tre traitŽe dans cette Note ; je la rŽserve pour un mŽmoire ultŽrieur. AUTEURS CITƒS 1898. DoLLFus (A.). Sur deux types nouveax de CrustacŽs Isopodes appartenant ˆ la faune souterraine des CŽvennes [Bull. Mus. Hist. nat. Paris, 1898, p. 3538, 2 fig.]. 1924. MƒHELY (L .. H). Protelsonia hungarica nov. gen., n. sp. Ein blinder Isopode aus Ungarn . [Zool. Anz. Leipzig, Bd. 58, p. 353-357.] 1920. RAcoviTZA (E.-G.). Notes sur les Isopodes. 6. Asellus communis Say. 7. Les plŽopodes I et II des Asellid 3S; morphologie et dŽveloppement (Arch. Zool. exp. Paris, t. 58, Notes et Revue, n¡ 4, p. 79-115, fig. 52-84). 1924. RACOVITZA (E. G.). Diagnoses des genres Asellus et Stenasellus et descriptions de trois espces d e Stenasellus (Note prŽliminaire) [Bull. Soc. des Sciences de Cluj, t. II, 2e partie, p. 81-92, 14 fig.). 1899. VIRƒ (A.). Essai sur la faune obscuricole de France. Etude particulire de quelques formes zoologiques. [Thse, Paris, Baillire, 157 p. dont 4 pl., 2 fig.]



PAGE 1

32 32 R. JEANNEL COLEOPTRES NOUVEAUX DE CATALOGNE.

PAGE 2

COLEOPTRES NOUVEAUX DE CATALOGNE

PAGE 3

COLEOPTRES NOUVEAUX DE CATALOGNE PAR LE DR. RENƒ JEANNEL Sous-Directeur de l'Institut de SpŽologie de Cluj Molops, subgen. Zariquieya, nov.-Type: Molops troglo dytes, n. sp. Ce sous-genre est fondŽ pour une remarquable espce cavernicole dŽcouverte par M. le Dr. R. Zariquiey dans une grotte des environs de Figueras; je suis heureux de pouvoir le lui dŽdier, en souvenir des belles dŽcouvertes que son inlassable activitŽ lui a donnŽ de faire dŽjˆ, en explorant la faune souterraine de la Catalogne. Cette nouvelle espce cavernicole prŽsente assez l'aspect gŽnŽral des Troglorites, mais en rŽalitŽ elle possde tous les caractres essentiels du genre Molops. Sa tte a la forme spŽciale de celle des Molops, avec les joues trs renflŽes, de doubles sillons frontaux, des mandibules trs grandes et inŽgales, la dent du menton bifide. De plus, comme chez les Molops, ses antennes sont pubescentes ˆ partir de la base du troisime article, son apophyse prosternale est large et obtuse, non anguleuse en arrire, les stries de ses Žlytres sont lisses et la troisime strie ne porte aucun pore sŽtigre, ses tarses enfin sont pubescents sur leur face dorsale.

PAGE 4

4 ]unta de Cincies Naturals de Barcelona Mais si cette nouvelle espce entre donc bien dans le genre Molops, elle prŽsente d'autre part un certain nombre de caractres qui empchent de la placer dans les sous-genres actuellement connus et nŽcessitent -la crŽation d'une coupe nouvelle. Ces caractres portent principalement sur la forme de l'apophyse prostemale et sur celle de l'apex des Žlytres. L'apophyse prosternale du Zariquieya est large, un peu attŽnuŽe en arrire, non rebordŽe; sa surface est largement dŽprimŽe en arrire et ses bords for Fig. 1. Saillie prosteroale du M. (Zariquieya) troglodytes, o. sp. X 40. : .. .. .. ............ ....... ..... ........... .... ........... ................. :. ment deux petites carnes saillantes, donnant au bord postŽrieur de l'apophyse une forme lŽgrement bilobŽe (fig. 1). Chez tous les autres Molops l'apophyse prostemale au lieu d'tre attŽnuŽe en arrire, est au contraire largement arrondie et son bord pos tŽrieur est convexe. D'autre part la partie postŽrieure de l'apophyse est rebordŽe chez Stenochoromus Mill. et le milieu de sa surface est profondŽment sillonnŽ chez Typhlocho ramus Mocz. Les Žlytres du Zariquieya ont une forme trs particulire (fig. 2). Ils sont dŽprimŽs sur le disque, brusquement dŽclives en dehors, ˆ partir du cinquime intervalle; l'espace entre la s.e strie et le bord marginal est trs large, surtout en arrire et la gouttire marginale est largement explanŽe. Les premiers intervalles forment ˆ l'angle stural deux petites saillies mucronŽes dont il n'existe aucune trace chez les autres espces du genre. Pas de pores sŽtigres sur la cinquime strie.

PAGE 5

nouveaux de Catalogne 5 Le pronotum prŽsente les mmes caractres chŽtotaxiques que chez les Molops s. str.; il n'existe qu'une seule soie antŽrieure et non un rang de plusieurs soies comme chez les Stenochoromus et Typhlochoromus. Enfin il n'existe pas d'yeux; les tŽ g ument s sont dŽpigmentŽs, rouge‰tres trs brillants et les antennes et les pattes sont aussi grles et allongŽes que chez les Troglorit e s. En s om m e le nouveau s ou s -genre Zariquieya se de tous les autres distingue Molops par la forme attŽnuŽe en arrire et bilobŽe de s on apophyse prosternale par ses Žlytres expi anŽs et munis de pe tites saillies mucronŽes ˆ l'angle sutu r aL Il diffre de p lu s d es M ol o ps s. str. pa r sa forme g rle, ses ŽlyFfv.. 2. Sommet des Žlytres du M. (Ztlriquieya) trog/!1dytes, n sp X 20 tres dŽprimŽs, l'ab: .................................................................................... sence d yeux et l'allongement considŽrable des appendices, des Tanythrix Schaum des Alpes mŽrid io nales par l' absence d'yeux, l'absence de pores sŽtigres sur la S. c strie et sa forme gŽnŽrale, des Stenochoromu s par la chŽtotaxie de son pronotum, par l'absence d ye u x et l'allongement des appendices, des Typhlochoromus enfin par la chŽtotaxie du pronotum et la prŽsence de profonds sillons sur sa base La dŽcouverte d un Molops cavernicole en Catalogne est partkulirement intŽressante, car elle contribue ˆ Žclairer l'histoire gŽologique du genre. Les M olops forment un groupe ancien des faunes tertiaires, certainement originaire des massifs de l'EgŽide.

PAGE 6

6 }unta de Cincies Naturals de Barcelona On sait en effet quelle quantitŽ d'espces de Molops s. str. se trouvent actuellement localisŽes sur chaque massif montagneux de la pŽninsule balcanique. Une seule espce se trouve largement rŽpandue dans l'Europe moyenne M. pic eus Panz, et a d se disperser ˆ une poque rŽcente, car elle fait dŽfaut dans le no;rd de l'Afrique. Les Stenochoromus sont une autre lignŽe balcanique, seulement de Bosnie et d'HerzŽgovine et les Typhlochoromus (Stolzi Mocz. du monte Cavallo, Winkleri Br. des monts VŽlebit) sont des formes endogŽes aveugles, issues de la mme souche que les Stenochoromus. Tanythrix, spŽcial aux massifs de refuge des Alpes mŽridionales, forme une troisime lignŽe qui a du se dŽtacher des Molop's s. str. lorsque les Alpes ont reu leur premire faune. Ils sont dans la faune des Alpes un ŽlŽment ŽgŽen, s'opposant aux ŽlŽments bohŽmiens, venus des massifs hercyniens vers la mme Žpoque. Zariquieya enfin nous appara”t comme un relicte d'une quatrime lignŽe dans la cha”ne catalane. Il est bien vraisemblable qu'elle a du, comme les autres, se dŽtacher des anciens Molops ŽgŽens et qu'elle a d peupler la TyrrhŽnis avant son effondrement, c'est-ˆ-dire ds le dŽbut du NŽogne. D!ailleurs, nombreux sont de semb'lables ŽlŽments balcaniques dans les grottes de la cha”ne catalane. Ce sont par exemple le Speluncarius (Hypogeobium) ]ordai Reitt., de Majorque, le Paraphaenops Breuilianus Jeann., de la Mola de Cati, prs de Tortosa, les Duvalites Berthae Jeann., D. Bolivari Zar., D. Vilasecai Zar. de la province de Tarragona. Leur prŽsence dans la cha”ne catalane ne peut s'expliquer qu'en admettant qu'ils sont des relictes d'une faune miocne, venue des massifs de l'EgŽide avant l'effondrement de la TyrrhŽnis.

PAGE 7

ColŽoptres nouveaux de Catalogne 7 Molops (Zariquieya) troglodytes, n. sp.Type: un m‰le recueilli par M. le Dr. R. Zariquiey, dans la balme de BruguŽ, situŽe prs de Terrades, dans la montagne de Santa Magdalena, ˆ une quinzaine de km. au nord-ouest de Figueras (prov. de Gerona), le 12 septembre 1923. Long. 10 mm. Rouge‰tre trs brillant, avec les joues, les palpes, les antennes et les pattes plus claires; dŽpigmentŽ. TŽguments absolument lisses, sans rŽseau alutacŽ. Forme gŽnŽrall:e Žtroite et parallle, trs dŽprimŽe, la tte trs robuste, les appendices trs longs. ChŽtotaxie.-Deux soies susorbitaires, l'antŽrieure dans le sillon frontal externe, au niveau de la partie antŽrieure des joues, la postŽrieure sur le front au niveau du quart postŽrieur des joues; lignes orbitaires divergentes en avant. Deux soies marginales sur le pronotum, l'antŽrieure au quart antŽrieur de la gouttire, la postŽrieure sur l'angle postŽrieur. Pas de soies discales sur les Žlytres. SŽrie ombiliquŽe de la s.e strie bien dŽveloppŽe: 5 soies humŽrales, 1 moyenne, 7 soies postŽrieures. Toutes les soies sont excessivement longues (1 ˆ 1.5 mm.). Tte robuste, environ aussi longue que large, le cou brusquement rŽtrŽci, les joues trs convexes, formant latŽralement de grosses bosses saillantes, dont la paroi chitineuse est amincie et par consŽquent de coloration plus p‰le. Pas trace d'yeux. Front lisse et uni sur le disque, avec de chaque c™tŽ deux profonds sillons longitudinaux, dont l'interne est profondŽment fovŽolŽ, l'externe juxtaposŽ ˆ la carne susantennaire. Antennes Žpaisses et longues, dŽpassant le milieu des Žlytres, le deuxime article court, gure plus long que le tiers du premier, les articles III-XI entirement pubescents, dŽcro”ssant peu a peu de longueur. Labre transverse, peu ŽchancrŽ. Mandibules trs grandes et robustes, inŽgales, la droite plus longue que la gauche. Maxilles

PAGE 8

8 funta de Cinciet; Naturals de Barcelona . . sans caractres spŽciaux, le palpe maxillaire allongŽ, son fig. 3. Molops (Zarlquleya) n sp., m‰le, X l2. \ dernier article plus long que l'avant-dernier, renflŽ, plus lar. ge que lui et tronquŽ au sommet. Labium de mme structure que chez M piceus; la dent du menton bifide, mais plus Žtroite, avec ses pointes plus aigŸes. Pronotum nettement plus long que large, trs plan, aussi large que la tte. Bord antŽrieur ŽchancrŽ ; angles antŽrieurs trs saillants en a v a nt. C™tŽs peu en avant, rŽ gulirement arrondis dans la moitiŽ antŽrieure, longuement si. nuŽs en arrire ; an gles postŽrieurs vifs. un peu aigus et sai llants en dehors. Ba. : .. ..... ..... . .... . .. ...... .. . .. . .. ... . . .. ..... .. . .. .. ... .. .............. ..... . .. se profondŽment ŽchancrŽe dans sa partie mŽdiane. Disque plan, uni, la ligne mŽ

PAGE 9

ColŽoptres nouveaux de Catalogne 9 diane trs superficielle. Gouttire marginale large, surtout en arrire, o elle est fortement relevŽe. Base avec une profonde impres sion transversale linŽaire, lisse, se terminant de chaque c™tŽ dans de profondes impressions longitudinales galement linŽaires et lisses. Saillie prostemale epaisse, attŽnuŽe en arrire, non rebordŽe, son bord postŽrieur lŽgrement bilobŽ sur les c™tes, concave et dŽprimŽ au milieu. Elytres allongŽs, un peu plus larges que le pronotum, plus larges en arrire qu'aux Žpaules, les c™tŽs presque pas arrondis. Angles humŽraux arrondis, sonunet largment obtus. Disque trs plan, presque concave, brusquement dŽclive latŽralement ˆ partir de la 4.e strie, au sonunet dans le quart apical; les c™tŽs sont largement explanŽs; la gouttire marginale est large, Žlargie dans la rŽgion humŽrale, bien visible jusqu'ˆ sa terminaison apicale. L'apex des Žlytres forme une saillie postŽrieure dŽclive triangulaire et l'extrŽmitŽ apicale des deux intervalles juxtasuturaux forme deux petites saillies mucronŽes juxtaposŽes au niveau de l'angle suturai. Pas de striole juxtascutellaire. Stries entires, Žgales, nettes et lisses, sans pores sŽtigres; les interstries plans. Pattes longues; les fŽmurs antŽrieurs atteignent presque le milieu des joues. FŽmurs sans dents ni rangŽes de soies. Tibias Žpais, les antŽrieurs glabres, les intermŽdiaires et postŽrieurs hŽrissŽs de:! poils assez longs. Tarses intermŽdiaires et postŽrieurs ˆ peine plus courts que les tibias correspondants, leur face dorsale pubescente. Chez le m‰le le bord anal du dernier segn1ent de l'abdomen porte deux longues soies. Les quatre premiers articles du tarse antŽrieur sont ˆ peine dentŽs en dedans. Organe copulateur du mme type que chez M. piceus Panz., mais bien diffrent de forme. Le lobe mŽdian (fig. 4 a) est allongŽ, grle, fortement arquŽ dans toute sa longueur; son bec est attŽnuŽ, mousse, un peu coudŽ du c™tŽ ventral et lŽgrement dŽ

PAGE 10

10 /unta de Cincies Naturals de Barcelona jetŽ du c™tŽ gauche. La face ventrale du lobe mŽdian est fortement chitinisŽe, la face dorsale est hyaline. Toute la partie ba sale est dissymŽtrique, tordue de faon que l'insertion des para c. fig. 4 Organe copulateur m‰le du M. (Zariquieya)•roglodytes, n. sp., X 30. -a, face latŽrale gauche;b, face dorsale ce la partie basale; - c, face ventrale de la partie basale. : ....... ... ................. ..... .... .... .... ........... . . .............. ..................... ..... . mres et l'orifice basal sont reportŽs du c™tŽ gauche; le bulbe basal est peu renflŽ. Lobes du paramre trs dissemblables; le droit est trs petit (fig. 4 b et c); le gauche a la forme d'une grande lame quadrilatre ˆ angles arrondis, avec une sorte d'oncus recourbŽ en haut ˆ sa partie basale. Les deux lobes ne portent aucune soie. Cette disposition du paramre est la mme que

PAGE 11

ColŽoptres nouveaux de Catalogne 1 I chez M. piceus; il est probable qu'elle doit tre spŽciale au genre Molops. Le sac interne ne porte aucune pice chitineuse chez Zari quieya troglodytes; par contre chez Molops piceus il existe quelques grosses dents courtes et crochues, trs chitinisŽes, disposŽes sur deux paires de rangŽes obliques, dans la partie apicale du sac. Bathysciola penicillata, n. sp.Type: un m‰le recueilli par M. R. Za.riquiey, en tamisant, dans les environs de Llinˆs, vallŽe du rio Aiguadora, prov. de LŽrida. Long 1.8 mm Ovalaire, assez convexe peu attŽnuŽ en arrire Brun testacŽ. Ponctuation assez forte et serrŽe, superficielle sur le pronotum, plus forte et r‰peuse, nullement alignŽe en travers sur les Žlytres. Pubescence dorŽe, courte, assez dense, avec quelques petits poils dressŽs sur les c™tŽs et le sommet des Žlytres. Pas trace d'yeux. Antennes courtes, (fig. 5 b), atteignant ˆ peine la base du pronotum, assez Žpaisses, avec la massue rŽgulire, peu aplatie. Les deux premiers articles sont de mme longueur; l'article III, plus Žtroit que le II, est une fois et demie aussi long que large, un peu plus long que le IV ; les articles IV ˆ VI ˆ peine plus longs que larges, le VII subconique, assez renflŽ, environ une fois et demie aussi long que large; la VIII petit, lŽgrement transverse; le IX et le X plus larges que le VIII et Žgalement transverses; le XI enfin ovalaire, ˆ peine plus long que large, un peu plus large que le X et prs de deux fois aussi long que lui, sa surface dorsale fortement dŽprimŽe et concave. Pronotum pas plus large que les Žlytres, trs convexe, ses c™tŽs rŽgulirement arrondis, sa plus grande largeur a la base; angles postŽrieurs arrondis, non saillants en arrire. Elytres mesurant leur plus grande largeur ˆ la base, les c™tŽs parallles en avant, obtusŽment arrondis au sommet. Strie suturale profonde,

PAGE 12

. 12 junta de Cincies Naturals de Barcetona effacŽe dans la rŽgion scutellaire, assez ŽcartŽe de la suture vers h' milieu et s'en rapprochant fortement vers le tiers postŽrieur. Appareil mŽtatergal rŽduit. Carne mŽsosternale peu ŽlevŽe, formant un angle vif, mais obtus; son bord antŽrieur plus long que fig. 5. Bathysciola penicillata, n. sp. a, silhouette du m‰le, X 20; b, antenne droite, X 90; c, tarse antŽrieur droit du m‰le, X 65;d, sommet du style gauche de l'organe copulateur, face dorsale, X 280, le bord postŽrieur, celui-ci tombant brusquement sur le mŽsosternum avant le milieu des hanches intermŽdiaires (fig. 7a). Pas de prolongement postŽrieur de la carne sur le mŽtasternum. MŽtasternum plan, nullement carŽnŽ en avant. Pattes courtes, rŽtractiles. Tibias antŽrieurs avec l'armature caractŽristique des Bathysciola, c'est-ˆ-dire avec un Žperon interne pectinŽ, deux Žperons externes, sans rangŽe d'Žpines nombreuses au bord apical. Tibias intermediaires Žpais, un peu arquŽs, Žpineux; tibias postŽrieurs droits, un peu comprimŽs, armŽs d'Žpi

PAGE 13

CoiŽoptres nouveaux de Catalogne nes plus petites que celles du tibia intermŽdiaire. Tarses antŽl'ieurs m‰les dilatŽs (fig. 5 c), ˆ peine plus Žtroits que le sommet du tibia, leur premier article relativement court, l'onychium trs long. Tarses postŽrieurs trs grles, aussi longs que les quatre cinquimes du tibia, :_l eur premier article court, pas plus long que le deuxime. . .... .... ...... ... . \ Organe copulateur court et Žpais, peu arquŽ, la base ŽvasŽe, le sommet attŽnuŽ en un bec mousse. Sac interne avec l'armature normale des Bathysciola. Styles grles, amincis au sommet et termi nŽs par un renflement en massue elliptique, dont la partie apicale obtuse donne insertion ˆ 9 grandes soies divergentes (fig. 5 d). B. penicillata forme avec les B. Z a riquieyi C. Bol. et B. Madoni Jeann., un petit 1 l'. .b f'i g 6 Sommet du style 11: a u c be de l'organe copulateur CX 280 1 : a, chez Bathyselo/4 Za r i quieyl C Bol.b, chez BathysciiJ/4 Ma groupe d' e spces toutes trois dJJn i Jeann . : spŽciales au nord de la Ca' : talogne et qui constituent un ŽlŽment tyrrhŽnien dans la faune des PyrŽnŽes. Leurs plus proches parents sont en effet les B. opaca Reitt. et les spces provenales du groupe du B Aube i Comme ces derniers Hs ont les Žlytres ponctuŽs et munis d'une strie suturale non parallle ˆ la suture, ce qui les d i ffŽr e ncie au pr e mier coup d'oeil de toutes les autres espces pyrŽnŽennes dont ancune ne possde une strie suturale Mais ces trois espces alliŽes au B. Zariquieyi sont de plus tr  s remarquables par leur carne mŽsosternale trŽs basse et sur

PAGE 14

}unta de Cincies Naturals de Barcelona tout par l'armature des styles de leur organe copulateur. Chez elles les trois soies normales des styles sont multipliŽes, chacune Žtant dŽdoublŽe chez B. Zariquieyi, dŽtriplŽe chez B. peni cillata, quadruplŽe chez B. Madoni, ce qui porte le nombre des soies respectivement ˆ 6, 9 et 12 chez ces spces. (fig. 5 d et 6 a et b). Ces soies multipliŽes n'ont rien de commun avec le pŽnicille surajoutŽ aux 3 soies normales chez les Speonomus et qui constitue un organe spŽcial, indŽpendant des soies. Elles se prŽsentent toujours en nombre multiple de 3, ce qui indique bien leur homologie avec les 3 soies normales. Si on dŽcouvre en Catalogne d'autres espces de Bathysciola du mme groupe, le nombre des soies de leurs styles pourra tre encore plus grand, mais on le trouvera alors de 15, 18 ou 24, c'es-ˆ-dire toujours d'un nombre multiple de 3. Les trois espces connues se distinguent de la faon suivante: 1.-Peu convexe. Pronotum ˆ c™tŽs plus arrondis, les Žlytres un peu attŽnuŽs en arrire. Carne mŽsosternale non dentŽe, trs basse, avec le bord antŽrieur trs long (fig. 7 b). Organe copulateur arquŽ, les styles non renflŽs en massue, armŽs de 6 soies de longueur inŽgale. Tarses antŽrieurs m‰les aussi larges que le sommet du tibia. Long. 1,7 ˆ 2 mm. (sierra de Montseny et chaine catalane). Zariquieyi C. Bol. Plus convexe. Pronotulm ˆ c™tŽs moms arrondis en avant, les Žlytres non attŽnuŽs en arrire. Carne mŽsostemale basse, mais dentŽe, le bord antŽrieur plus court. Styles renflŽs en massue, armŽs de plus de 6 soies, toutes de mme longueur.................. 2 mŽsostemale en angle trs obtus, la partie postŽrieure s'Žtendant entre les hanches jusqu'au bord postŽrieur du mŽsostemum. (fig. 7c.). Tarses antŽ

PAGE 15

Coltoptre3 nouveaux de Catalogne rieurs m‰les bien plus Žtroits que le tibia. Organe copulateur trs arquŽ, les styles avec 12 soies. Long. 2 ˆ 2.2 mm. (Prats de Mollo)...... .. ....... Madoni Jeann. Carne mŽsostemale formant un angle obtus plus fermŽ, le bord postŽrieur court, tombant sur le mŽsostemum avant le milieu de l'espace intercoxal (fig. 7 a). Tarses antŽrieurs m‰ les presque aussi larges que le sommet du tibia. Organe copulateur trs peu arquŽ, les styles avec 9 soies. Long. 1.8 mm. (PyrŽnŽes catalanes, LlinˆsBerga) .... : .. .. penicillata Jeann. Speonomus (s. str.) ellipti eus, n. sp. Type: une femelle recueillie le 16 juin 1911, dans le forat La Bou, ˆ Serradell, partido de Tremp, prov. de Lerida (Biospeologica num. 446). Cet unique r . .. ...... .. .... .... ... ... .. . ; l ; i i : cv. : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . : : : : b c. Fie 7. Carne msosternale vue de profil (X 90): a, chez Bathysciola penlcillata, n. sp b, chez B. ZarlquŸyi C. Bol. c, chez B Madon / Jeana . - exemplaire ˆ ŽtŽ pris au milieu d'un grand nombre de Speonomus crypticola Jeann. Long. 3 mm. Forme elliptique, allongŽe, peu convexe, le pronotum court, les Žlytres plus de deux fois et demie aussi longs que larges. Coloration testacŽ peu brillante; pubescence courte et

PAGE 16

J6 )unta de Cincies Nat11-rals de Barcelona couchŽe sur le pronotum et la base des Žlytres, un peu redressŽe sur la moitiŽ apicale de ces derniers. Antennes atteignant le milieu des Žlytres, avec la massue assez Žpaisse. L'article VII est une fois et demie aussi long que large, \ \ ' i 1 1 1 1 1 I l 1 : 1 fie: 8 Silhouette du Speonomus elliptlcus, n. sp. femelle X 20. ovo•de, renflŽ ds sa base; le VIII est ovalaire, une fois et demie aussi long que large, plus large que le sommet du VI; le IX est aussi Žpais et aussi long que le VII, de mme forme que lui, le XI un peu plus long que le X. Pronotum court, transverse, ˆ peu prs de mme largeur que les Žlytres; ses c™tŽs bien arrondis, un peu rŽtrŽcis aux angles posterieurs. Elytres ˆ c™tŽs peu arquŽs, trs longs, subparallles ˆ la base, bien attŽnuŽs au sommet, avec une strie suturale effacŽe en arrire; les strioles transversales nettes, mais assez grossires et un peu irrŽgulires. trs serrŽes comme chez S. latebricola Jeann. Carne mŽsosternale peu ŽlevŽe, formant un angle obtus, ˆ peine dentŽ, le bord antŽrieur presque droit, non convexe. Pattes sans caractres spŽciaux. Cette espce est voisine du S. latebricola Jeann., dont elle prŽsente la forme, la pubescence et la coloration. Mais elle s'en distingue nettement par sa taille bien plus grande (3 mm. au lieu de 2.5 mm.) par ses strioles plus fortes, plus r‰peuses, irrŽgulires,

PAGE 17

ColŽuptres nouveaux de Catalogne 17 par sa carne mŽsostemale plus en angle obtus et ˆ bord antŽrieur non convexe, enfin par la forme de l'article VIII des antennes qui est ovale et plus court que le IX, tandis que cet article est cylindrique et aussi long que le IX chez S. latebricola. Il est bien probable que le m‰le du S. ellipticus doit avoir 3 soies aux styles de sori organe copulateur, comme le S. latebricola; d'ailleurs le fait qu'il vit mlŽ au S. crypticola, espce n'ayant que 2 soies ˆ la terminaison des styles, laisse supposer qu'il doit exister entre les deux espces des diffŽrences dans la conformation des styles, Žtablissant l'isolement gŽnital nŽcessaire pour que deux espces du mme genre puissent cohabiter. Tout ce que nous savons sur les Speocharis, Speonomus, Aphaotus, etc., montre en effet que c'est une rgle gŽnŽrale que l'isolement gŽnital d'espces cohabitant soit produit par des diffŽrences dans l'armature des styles. C'est pourquoi je tiens pour trs probaQ.le que le S. ellipticus doive possŽder 3 soies ˆ la terminaison de ses styles. Troglocharimis Ferreri, subsp. Zariquieyi, nov.-Types: 3 femelles de l'avench de la Funiosa, dans le massif du PanadŽs (Dr. R. Zariquiey.) Cette race nouvelle du T. Ferreri prŽsente la mme forme de la carne mŽsostemale que chez les races Codinai Zar. et Ponti Zar, mais elle se distingue de toutes les races connues par la forma plus transverse de son pronotum. Ce dernier est en effet prs d'une fois et un tiers aussi large que long; ses c™tŽs sont peu arrondis en avant, peu profondŽment sinuŽs en arrire, avec les an. gles postŽrieurs peu saillants en dehors, ne dŽpassant pas latŽrale ment le niveau des c™tŽs ˆ leur plus grande largeur. Chez T. Codinai le pronotum est plus Žtroit, plus profondŽment sinuŽ et plus rŽtrŽci en arrire; chez T. Ponti les angles postŽrieurs sont bien plus saillants en dehors et dŽpassent latŽralement le niveau des c™tŽs ˆ leur plus grande largeur.

PAGE 18

}unta de Cincies Naturals de Barcelona Les races du T. Ferreri actuellement connues se distinguent donc de la faon suivante: 1 2. Carne mŽsosternale formant une dent crochue ........ Carne mŽsosternale en angle obtus, ˆ peine dentŽe et non crochue .............. Plus petit, les Žlytres plus arrondis, le pronotum proportionnellement plus petit, avec ses c™tŽs profondŽment sinuŽs, ses angles postŽrieurs aigus, saillants en dehors. Long. 3.8 ˆ 4 mm. (avench 2 3 d'en Roca)........................ Subsp. Ferreri Reitt. Plus grand, les Žlytres plus parallles, le pronotum prol?ortionnellement plus grand et plus large, ses c™tŽs profondŽment sinuŽs, ses angles postŽrieurs trs saillants en dehors, aigus. Long. 4.2 ˆ 4.5 mm. (cova de la Fou de Montaner... Subsp. Jeanneli Zar. 3 Pronotum nettement plus Žtroit ˆ la base qu'au niveau du tiers antŽrieur, ses c™tŽs trs en avant, profondŽment sinuŽs en arrire, les angles postŽrieurs presque droits, peu saillants ,en dehors. Long. 4,2 ˆ 4,5 mm. (cova fosca de Gavˆ). Subsp. Codinai Zar. Pronotum aussi large ou plus large ˆ la base qu'au niveau du tiers antŽrieur, ses c™tŽs peu arrondis en avant. ...................... 4. Pronotum plus transverse, ses c™tŽs trs peu sinuŽs en arrire, les angles postŽrieurs presque droits, ŽmoussŽs, peu saillants en dehors. Long. 4 ˆ 4.2 4 mm. (avench de la Funiosa). Subsp. Zariquieyi Jeann. Pronotum peu transverse, ses c™tŽs plus sinuŽs en arrire, ses angles postŽrieurs aigus, vifs, trs saillants en dehors. Long 4 ˆ 4.5 mm. (avench del Vermell)............ ................... Subsp. Fon ti Zar.



PAGE 1

33 33 R. JEANNEL VIII. CARABIDAE, TRECHINAE. RISUL,ATI SCIENTIFICI DELLA SPEDIZIONE RAVASINI-LONA IN ALBANIA.

PAGE 2

Estratto dai Bollattino drlla Sociatˆ Entomologica ltaliana Anno L vu, N. 2, 2o Febbraio 192b RISULTATI SCIENTIFICI DELLA SPEDIZIONE RA VASINILONA IN ALBANIA VIII. Carabidae, Trecltinae Dr. R. JEANNEL SousDirecteur de l'Institut de SpŽologle de Ctuj 23 Trechus subnotatus Dejean (Jeanne!, 1921, Bull. Soc. Sc. Cluj, I, p. 154). Albanie centrale: Mont Kulmak, dˆns le massif du Tomorica. Cette espce est ailŽe ou aptre, de coloration variable, tarit™t :wnc des taches p‰les sur le.s Žlytres, tant™t uniformŽment brun dP. J! 1ix ou rouge‰tre. Eile est bien caractŽrisŽe par la ferme de ill JO:ce copulatrice de son sac interne, dont l'arte dorsale est p;
PAGE 3

24 le nom de var. distinctissitrtus ( Ent. Mitteil., IX, 1920, p. 78) sont d'ailleurs absolument identiques ˆ ceux de Bosnie. Trechus Ravasinii, n. sp.; type: Abbas Ali. Une sŽrie d'exemplaires des monts Tomorica, en Albanie centrale: Kulmak, mont Toik, Abbas Ali. Long. 3.5 ˆ 4 mm. Apt1e. Voisin du T. majusculus Dan. de Bosnie, de aspect gŽnŽral, mais avec la tte plus petite et les Žlytres plus amples. B1un de pqix brillant uniforme, lPs antennes rouge‰tres, les pices buccales et les pattes testacŽPs rou ge‰tres. DŽprime. Yeux peu saillants, deux fois aussi longs que les tempes; antennes assez courtes, n'atteignant pas le quart basal des leurs articles moyens ovalaires, deux fois aussi longs que larges. Pronotu rn transverse, ˆ base aussi large que le som Je, c™tŽs peu arquŽs, ˆ peine sinuŽs eu arrire, la gouttire marginal; assez large, les angles postŽrieurs obtus, mais vifs, la base sai lIante, non rectiligne. Disque peu convexe, sa sUIface basale cl(. primŽe par un sillon transve!'se arquŽ net et continu; pas de fos settes basales. ƒlytres longs et amples, bien plus larges que IP pronotum, leur plus grande largeul' aprs le milieu. ƒpaules sa illantes, mais arrondies; sommet obtus; le disque largement .. primŽ. Gouttire marginale assez large, arquŽe ˆ l'Žpaule, nw i" sans former de crosse. Stries internes fortes et profondes, lisses, 1 " quatre ou cinq premires stries sont bien tracŽes, les striesextern-; sont superficielles, mais discernables, comme chez le T. majuscull'' Strie rŽcurrente apicale brusquement interrompue en avant. p,, r tes courtes, les fŽmurs assez renflŽs, les tibias antŽrieY.rs sans trac de sillon longitudinal externe. Lignes orbitaires parallles. Le premier pore sŽtigre disca l des Žlytres est situŽ vers le quart ou le tiers basal de la :3 stril', le 2 pora un peu aprs le milieu. Organe copulateur trs grand, trs allongŽ, avec sa partie b;: sale coudŽe il angle obtus, courte mais 1enflŽe en un gros bulh sphŽrique. La partie apicale de l'organe est Žpaisse et allongt>c, effilŽe en une longue pointe fortement inflŽchie vers la gauche d vers le c™tŽ ventral; son sommet est aigu et un peu retroussŽ d u c™tŽ dorsaL Sac interne avec unr. grosse pice copulatrice trs chi tinisŽe, enroulŽe en forme de demi-cylindre placŽ de champ, la face concave tourneŽ vers la gauche. Son extrŽmitŽ apicale tronguŽe. Par son aspect gŽnŽral, ses Žlytres fortement striŽs et par l a

PAGE 4

25 forme de sa pic_e copulatrice, cette espce vient -se placer ˆ c™tŽ du T. majusculus Dan. Comme lui elle appartient ˆ un groupe trs homogne, d'espces toutes aptres, avec un sillon ansverse net sur la base du pronotum, les tibias antŽrieurs non sillonnŽs, la. base de l'organe copulateur coudŽe et 1enflŽe en bulbe sphŽrique .. Ces espces sont assez nombreuses et peuplent la balcanique, les Alpes de Transylvanie, le versant mŽridional des Alpes et les Abruzzes. II est remarquable q1.1e l'espce des Abruzz es, T. Ifummlmi, ait des affinitŽs bien plus Žtroites avec les espces balcaniques comme le T; Ravasinii qu'avee celles des Alpes. Ce fait n'est d'ailleurs pas isolŽ, car on conna”t encore les Žtroites de T1eckus italicus Dan: et T. samnis Jeann. avec le T. subnotatus Dej. de l'ƒgŽide et celles non moins Žtroites du Cltoleva Solarii Jeann. de l'Italie l)Žninsulaire avec le Ch. Reittmi Petri d' HerzŽgovi;1e. On a lˆ les indictls certains que des massifs montagneux ˆ faune au muins subalpine ont d permettre, pendant la deuxime moitiŽ du Tertiaire, ln migration transadriatique de certaines espces, dr:>.l' ƒgŽide verg l' Italie centrale.



PAGE 1

34 34 P. A. CHAPPUIS SUR LES COPƒPODES ET LES SYNCARIDES DES EAUX SOUTERRAINES DE CLUJ ET DES MONTS BIHAR.

PAGE 2

BUU.ETIN nE LA. SOCif;'rƒ DES SCIENCES DE CJ.U,J 'l'orne II, 2me partie, pages 157 182. 18 mars 1925. SUR LES COPƒPODES ET LES SYNCARil)ES DES EAUX SOU'l'ERRAINES DE CLUJ E'r DES MONTS BJJLlR par P. A. Chappuis Adjoint il la direC'tion de l'Institut de Sp1\ologie de C!uj. Reue le 1 fŽvrier 1925. Les espces dŽcrites dans les pages suivantes furent recueillies soit dans les grottes du massif montagneux du Bihar, soit dans l'eau d'alimentation de la ville de Cluj. Les grottes seront toutes dŽcrites dans la 7e sŽrie des ,EnumŽrations des grottes visitŽes." de BIOSPEOLOmcA; jŽ me bornerai donc ˆ donner ici une courte description du second habitat L'eau d'alimentation de la ville de Cluj est captŽe dans diffŽrentes de puits situŽs dans la vallŽe du Somefii, ˆ environ 5 1\ilomtres en amont de lu ville. Ces puits sont reliŽs entre eux par des siphons qui amnent l'eau dans un puits central, d'o elle est pompŽe dans les rŽse rvoirs. De ces rŽservoirs l'eau s'Žcoule, sans tre filtrŽe, dans les condui-tes de distribution. Il est connu que ies couches d'alluvions recouvrant le fond des 1 vallŽes, et dans lesquelles circule l'Žau de la nappe phrŽatique, perdent avec le temps la facultŽ de filtrer, et qu'il se forme peu ˆ peu, par dissolution du calcaire ou toutes autres raisons, de petits canaux d'un diamtre suffisant pour que de petits organismes puissent y vivre. Ces canaux sont gŽnŽralement horizontau..x, et se trouvent surtout ˆ la limite entre la couche impermŽable et les alluvions. Le pouvoir de filtration des alluvions persiste en ce qui concerne les prŽcipitations atmosphŽriques ; mais les puits rencontrant par un de ces canaux seront susceptibles de contenir des animaux. Les puits qui livrent l'eau dont a besoin la ville de Cluj pour alimenter ses conduites, doivent probablement traverser quelques uns de ces cours d'eau souterrains, car en filtrant Peau du robinet de mon laboratoire, ˆ rlnstitut de SpŽologit:, j'ai pu recueillir une grande quantitŽ de CrustacŽs appartenant aux Ordres des Syncarides et des CopŽpodes.

PAGE 3

158 P. A. CHAPPUl& Qu'il soit dit en p;:tssant, pou,r ras.sv.rer les du Service-des Eaux, que ces animaux qui sorteJ;It dq qe leur conduite: sont compltement inoffensifs et ne en aucun cas provoquer -des maladies ou i.re porteurs de parasites dangereux. Au contrair.e, C:r;ustacŽs ne peuvent vivre que dans de l'eau trs propre. LISTE DES SYNCARID,ES ET DES COPƒPO.DES, Tl\QUVƒS DANS L'&\U n'ALIMENTATION DE LA DE SYNCARIDA: Bathynella Chappuisi Delachaux COPEPODA:
PAGE 4

COPƒPODES ET SYNCARIDES DE CLUJ IL COPƒPOUES. 1. CYCLOPIDES. 159 Les Cyclopides recueillis sont tous, exceptŽ C. sty,qius Chappuis, sa variŽtŽ, C. nanus Sars et peut-tre C. Kieferi, n. sp. et C. reductus, n. sp., desespces vivant exclusivement dans les eaux de la surface terrestre; et si par hasard on les trouve dans les puits, c'est qu'ils y sont parvenus de l'extŽrieur et non par les canaux souterrains. Le C. nanus Sars est une espce qui se rencontre souvent dans les eaux souterraines. Lors de mes recherches sur la faune de la nappe phrŽatique de B‰le et (1), ce CopŽpode fut rencontrŽ dans la moitiŽ environ des puits visitŽs. Dans la suite j'avˆis essayŽ de rŽunir au C. nantts toutes les espces qui ne se distinguent de lui qu par de petites diffŽrences. Les recherches de KIEFER (2) dŽmontrent que mon essai de simplification du groupe des espces dŽrivŽes du C. languidus .allait trop loin, et que quelques espces considŽrŽes par moi comme synonymes de C. nanus sont rŽellement de bonnes espces. Cyclops Kieferi, n. sp. Quatre femelles recueillies dans l'eau de l'aqueduc de la ville de Cluj. FEMELLE: Le corps a une longueur totale de 0,9 mm.; sans les soies furf!ales il mesure 0,6 mm. Le cŽphalothorax est lŽgrement aplati dans le sens dorso-ventral, les axes du corps sc comportent f : omme 1: 3. Opercule anal un peu plus dŽveloppŽ que 'la normale, furca courte, enyiron aussi longue que le dernier segment a bdominal et la moitiŽ de l'avant-dernier rŽunis. La soie marginale externe la furca s'insre au drnier tiers ; les soies apicales sont au nombre de 'QUatre. L'externe et l'interne sont de mme longueur; des deux mŽdianes l'interne est environ deux fois plus longue que l'externe. Le bord interne de la furca est inerme. Les antennes antŽrieures sont composŽes de onze articles dont les troisime, sixime, septime et huitirme sont plus longs que les autres. Les qeux branches des quatre paires de pattes natatoires sont ll'articulŽes. La patte de la cinquime paire biarticulŽe; l'article basal large, av ec une longue soie ˆ l'angle externe; l'article terminal ressemble il celui du C. vernalis et porte une longue soie apicale et une Žpine minuscule qui se trouve du c™tŽ interne, trs prs de l'extrŽmitŽ distale. ( 1 ) CHAPPUIS (P. A.). Die Fauna der untel'irdischen Gewiisser der Umgebun:
PAGE 5

160 P. A. CHAPPUIS Receptaculus seminis de forme ovale, occupant presque toute la largeui" du segment gŽnital (fig. 3). L'il est trs grand en comparaison avec celui de C. nanus. Fig 1-3. Cyclops Kie(eri n. sp. Fig. 1. Patte de la cinquime paire. Fig. 2. Troisime article de l'endopodite de la quatrime paire. Fii. 3, RŽceptacle sŽminnl. Fig. 4-6. Cyclops reductus, n sp. Fig 4. Patte de la cinquime pair e Fig. 5. Furca, c™tŽ dorsal. -Fi g. 6. Troisime ar ticle de l'endopodite de l a qu:trimc p aire. Fig. 7 Canthocamptus typhlops i\Irazek. Furc.a femelle, c™tŽ ventral Il n'exi s te qu une seule espc e connue, a yant les m  mes caract™resparticuliers que O. Kieferi, c'esi-ˆ-dire une antenne antŽrieure ˆ onz e

PAGE 6

VOPƒPODES ET SYNOART:JE,9 DE VLUJ 161 articles, les endopoilites et exopodites des pattes natatoires triarticulŽs une cinquime paire de pattes biliFticulŽe. .. Cette espce est le O. Miehaelseni Mrazek (1) qui fuf trouvŽ prs de Port-Stanley, dans les Iles 'Les diffŽrences qui existent dans la confo!ffiation de la furca, de la cinquime paire de pattes et du rŽceptacle sŽminal suffisent ˆ distii1guer ces deux espces l'une de l'autre. Cyclops redoctns, n .. sp: Deux femelles recueillies dans la eonduit d'eau de la ville Cluj. Cette espce est trŽe:; proche parente de la prŽcŽdente, et s'en distingue par les caractres suivants : Les antennes de la : premire paire ont le mme d'articles, mais sont un peu moins lQpgues, ., et. atteignent ˆ peine l'extrŽmitŽ distale ' du 1 premier segment du cŽphalothorax. La furca est plus courte; la soie maTginale externe est insŽrŽe un peu aprs le milieu; l'opercule anal' est plus prononcŽ et iiŽpasse le segmet anal; son bord lisse. Les endopodites des trois paires de pattes sont biartieulŽs ; le' second article <:le la cinquime plre est un peu plus large du c™tŽ distal et les soies des deux articles sont plus courtes. Les organes internes des deux seuls individus trouvŽs Žtaient eil trs mauvais Žtat de conserration, par consŽquent la formŽ du rŽceptacle sŽminal n'a pas pu tre reonnue. la P.oncordance q.i existe .entre )a ; forme de l‰ premire antenne, de la turca, de la quatrime et {}e la cinquime pRi.res de pattes de O. Kieferi et de C. reduet!'-8 blent tre suffisantes pour dŽmontrer que ces deux espces sont alliŽes ; d'autre part les les trois premires paires de paites t l'operculŽ anal suffisent pour distinguer ces deux' espces run de l'autre. Cyclpps. stygius Chappuis. De ce Oylops, trouvŽ en .i923 en Serl:iie 1 je n'ai pu recueillir dans d'alimentation de Chi{ que deux m‰les .. qui prŽsentent toutes les particularitŽs propres ˆ cette espce. une femelle. vivant en compagnie de. ces deux mˆfes '' niontrait par -contre. une rŽduciion. de la troisiirie paire de paltes natatoires semblahle .ˆ celle qu'on observe chez un m‰le capturŽ en 1922 dans une grotte .du Bihar. Les .autres concordant avec ceqx de (). l stygius, je crois pouvoir .. femelle des eaux de Clnj et le m‰le cavernicole variŽtŽ, nouvelle. du o. ' 1 Snsswasser Copepoden. Erg. d. Hamburger Magelhaensischen 11102, Vef. Il).

PAGE 7

. 162 P. A. C. stygius, var. deminutus, nov. Un m‰le recueilli dans uB petit lac au fend de la grotte dite Poarta lui. Juaneli, comm. Scl1ril;loara,. arr. C‰mpeni, judetul [Biospeologica no l95], 29-V 1922; une femelle trouvŽe dans une conduite d'eau de la ville de Cluj. :. La seule diffŽrence entre la variŽtŽ et l'espce typique se trouve ˆ la. troisime paire de pattes natatoires des deux sexes. L'endopodite au lieu d'tre trjarticulŽ est composŽ de deux articles seulement, de -sorte que les endopodites des trois premires paires de pattes sont biarticulŽs et seul celui de la quatrime paire triarticulŽ. Les exopodites sont toustriarticulŽs. 2. HARPACTICIDES. Genre Canthocamptus W estwood 1836. Les Canthocamptus trouvŽs dˆns les eaux de la ville de Cluj sont au nombre de sept, dont trois Žspces nouvelles. Tandis que les Cyclopides possŽdaient tous un il plus ou moins. atrophiŽ, les Harpacticides recueillis sont tous hyalins et aveugles Bien qu'aveugles, quatre espces seulement furent trouvŽes exclusivement dans les eaux souter-raines. Ce sont: Canthoeamptus dacicus, Chappuis, C. putealis, n. sp., C. phreatie,us, n. sp. et C. spelaeus n: sp. Les quatre autres, C. Schmei li var. harnatus et biserialis, C. cuspidatus var. Ekmani et C. typhlops, sont des troglophiles muscicoles. Il ne serait du reste nullement Žtonqant de trouver aussi dansles mousses l'une ou l'autre des espces nommŽes ici comme Les diflŽrences entres ces deux habitats ne sont pas grandes et lˆ o les eaux souterraines reviennent ˆ la surface cpmme sources plus ou moins fortes, il se forme des endroits humides, propices aux mousses qui peuvent y abonder. JI existe donc une communication entrŽ cesdeux habitats et un Žchange de faune est trs possible. Canthocamptus typhlO})S Mrazek. M‰les et femelles recueillis. dans les grottes suivantes : de la Blinlaca, comm. Banlaca, arr. judetul Bihar, Je 13-VI. 24 [Biospe&logica no 1181]; de la Cioclovina, comm. Luncani, arr. Hateg, judetul Hunedoara, le 19-VI. 24 [Siospeologica no 1184] ; comm . arr. Pui, judetul Hunedoara, le 21VI. 24 [Biospeologica no 1186] ; mare in Corlata, conim. Zlatna, arr. Zlatna, judetul Alba de Jos, le 27-VI. 24 [Biospeologica no 1196] ; .Lucia, comm. 'Sobodol, arr. judetul Alba de Jos, le 14IV. 24 [Biospeologica no 1'200]. Quelques m‰les et femelles dans la conduite .d'eau de la ville de Cluj.

PAGE 8

COPEPODES T SYNC:ARIDES DE CLVJ 163 Les m‰les correspondent dans tous les dŽtails aux descriptions de :MRAzEt (') et de Tib.LLWITZ (2). Les exemplaires femeiles provenants des grottes montrent pal" contre tous une diffŽrence av.ec la form type, telle qu'elle a ŽtŽ dŽfinie par TitALLWITZ. Des trois soies furcaies une seule, la mŽdiane, est biEm dŽveloppŽe ; l'interne est rudimentaire et l'externe, qui dŽpasse chez les exemplaires de THALLWlTZ le commencement de la partie pennŽe de la soie mŽdiane, est restŽe trs courte et Žgale en longueur ˆ la moitiŽ de la partie inerme de la grande soie. A la base de la soie se: trouve rŽgulirement une nodositŽ plus ou moin prononcŽe. Les femelles de l'eau d'alimentation de Cluj prŽsentent parfois 7 outre cette rŽduction de la soie externe de la furca, des rŽductions ˆ la cinquime paire de paHes. Tandis que le lobe interne de cet appendice. porte normalement cinq soies, nous trouvons chez les exemplaires de luj quelquefois une soie supplŽmentaire du ctŽ exferne, d'autres fois le nombre normal, ou bien encore une rŽduction dans le nombre des soies qui peut aller tr3 loin. Un individu par exemple portait ˆ. la patte gauche cinq courtes soies, tandis que la patte droite n'en avaii qe deux et ressemblait en cela plut™t ˆ celle d'tm mfile qu'ˆ celle d'une femelle. Canthocainphts dˆcic!lS Chappuis. :..._ Deux mfiles et trois femelles recueillis dans une conduite d'eau de la ville de Cluj. TrouvŽe pour la fois dahs la d‘ ia {Biospeologica no 1145] (3), cette espce semble tre rŽpandue dans les eaux so-:1t‘rraines. Les exempiairs de Clllj difl'reht, par un dŽtail seulement, de ceux de la grotte: le lobe interne du premier article de la cinquime paire de pattes, muni de six soies, est trs ŽtirŽ et sensiblement l'eitrŽinitŽ distale du sebond article. A part ce caratre les inaividus des deux localitŽs sont identiques. Comme il a dŽjˆ ŽtŽ dit, le d. dacicus est apparentŽ au O. natus Mrazek. Catie dim1ire espce est trs variable, et a fourni ne variŽtŽ et plusieurs alliŽes. Ce petit groupe se compose de O. (1) (A.). Beitrag zur Kenntniss der Harpaciicidrlfauna des SŸsswassers Jahrb. Abt. f. Sysf. Bd 7. 1893-94). (2) THALLWITZ (J). †ber Canthocamptus typhlops )fratk und einige verwandte Arten. (Zool. nz. :Bˆ 48). (3) CH APPUIS (P.,A.). Descr!ption de deux Harpacticides oouYeaux de TransylYanie. (Bull. Soc. Sc: Cluj; T. 2).

PAGE 9

164 P. A. CHAPPUIS echinatus Mrazek ('), C. echinatus, var. luenensis Schmeil (2), C. Hoferi van Douwe (3\ C. Praegeri .Scourfield (4), et C. dacicus Chappuis. Il n'est pas douteux que l'espce la plus ancienne de ce groupe -co•ncide ici avec l'espce dŽcrite en premier lieu. La variŽtŽ luenensis est trs de l'espce type, tandis que les .autres s'en distinguent nettement, le C. Hoferi essentiellement par le manque de rangŽes d'Žpines sur .le c™tŽ dorsal des segments du corps, le C. Praegeri et le C. dacicus par la premire antenne qui n'a que sept articles. Ces dtux dernires espces se distinguent entre elles par les caractres suivants : Le C. Pmegeri possde sur le cinquime segment thoracique et le premier segment abdominal encore quelques rangŽes d'Žpines, qui chez C. dacicus sont rŽduites ˆ une seule. D'autre part la rangŽe d'Žpines du troisime segment abdominal est interrompue chez la premire de ces espces du c™tŽ, ventral, chez la seconde elle est continue. Le bord libre de l'opercule anal de C. Praegeri est ciliŽ, celui de C. dacicus porte une vingtiŸne de dents assez fortes. Enfin le second article de l'endopodite, qui dŽpasse chez C. Praegeri ˆ peine le premier tiers du troisime article de l'exopodite, atteint chez C. dacicus presque l'extrŽmitŽ de cet article. Canthocamptus Scluneili, var ltamatus Schmeil. --'-Quelques m‰les et femelles recueillis dans le ruisseau qui traverse,la grotte dite de la Banlaca, comm. de Banlaca, arr. Alesd,judetul Bihar [Biospeologica no 1181], 13-VI. 24. Cantlwcamptus Schmei1i, var. biserialis Micoletzky. Quelques m‰les et femelles recueillis dans la conduite d'eau de la, ville de Cluj, et dans lin puits de la rive gauche du [Str. Thebae]. La seule diffŽrence existant rŽellement entre ces deux variŽtŽs rŽside dans la contormalion de la furca qui est chez la femelle de la var. hamatus 1,5 fois plus longue que chez la femelle dŽ ia var. biserialis. BaEHM (5) considre ces deux variŽtŽs comme et croit (1) MRAZEI\ (A.) loc. cit. p. 163. (2) SCI-JMEIL (0.). Einige nene Harpacticidenrormn deJ SŸsswa:;sers. (Zeitschr. f. Naturw. Halle, Bd 67, 1894).
PAGE 10

COPƒPODES E1 SYNOARIDl!JS DE CLUJ 165 elaeus, n. sp. Une vingtaine de m‰les et femelles recueillis dans de petites mares qui se trouvent dans la grotte dite de la Igrita. comm. arr. judetul Bihar, le 24. [Biospeologica no 1198], et dans l'eau de la ville de Cluj. l<"'EMELLE: La longueur est de 0,4 n:m. sans les soies furcales et r0,5 mm ae ces soies . Le corps est composŽ de neuf segments dont la ( 1 ) KEILHACK (L.). Arch. f. Hydrob. Vol. 9.

PAGE 11

l™6 P. A. CHAI-PUIS diminue progressivement vers la furca. Le premier segment dl.l'. cŽphalothorax Žgale en longueur les trois segments suivants rŽunis, et. se termine eR avant par un rostre trs peu prononcŽ, ˆ peine percep- tible, et muni de deux fines soies. Les quatre segments sont. semblables entre eux. Le premier segment abdominal est deux fois pluSlong que les segments suivants, qui entre eux sont de mme longueur Le bord libre de l'opercule anal est trs arquŽ et porte une dizaine depetite saillies. Un peu en dessous et pa!'alllement ˆ ce bord s'insre une sŽrie de cils extrmement fins. La fmca est de forme conique, d.eux fois plus large ˆ sa base qu'ˆ son extrŽmitŽ distale, Žgale en longueur au dernier segment abdominal. Des deux soies apicales, l'interne seule est bien dŽveloppŽe. Le bord postŽrieur des quatre premiers segments du corps est lisse,. celui du cinquime segment du thorax et des trois premiers de l'abdomen sont trs faiblement dentelŽs du c™tŽ dorsal. Des rangŽes de dEmts. se trouvent au bord postŽrieur ventral des quatre segments de l'abdomen. D'autres rangŽes d'Žpines courtes, trs } hyalines et difficiles ˆ voir, se trouvent sur la face dorsale des quatre derniers segments du cŽpha- lothorax. Les segments de l'abdomen en portent sur toutes les faces. Ces rangŽes ne se trouvent d'ailleurs pas sur tous les individus .. Le!:> antennes de la paire sont composŽes de sept articles; : elles n'atteignent pas le bord postŽrieur du premier segment du cŽphalothorax. Le b‰tonnet sensitif du quatrime article dŽpasse l'extrŽmitŽ de l'antenne, celui du dernier artiele est un peu plus couit que les soies apicales de cet article. Les antennes de la seconde paire ont trois articles, la branche accessoire est uniarticulŽe et porte, chez les individus de Cluj,. deux soies. apicales et une autre subapicale du c™tŽ interne. Chez les individus pro. venant des grottes, une des soies apicale fait dŽfaut. Le palpe de la mandibule est trs court, biarticulŽ et porte quatre soies apicales. Les autres pices buccales ne prŽsentent aGcune particularitŽ. Les quatre paires de pattes 'natatoires sont Les exopodites se ressemblent beaucoup et sont tous triarticulŽs. Il n'y a pas de diffŽrence entre ceux de la seconde et de la troisime paires. Le premier et le second articla portent une forte Žpine ˆ leur angle externe distal; et quelques dards au bord externe; le second a en outre une soie in terne. Le troisime article P?rte deux Žpines subˆpicales au bord externe et deux soies apicales, dont l'interne est la plus longue. La soie mar ginale interne est rŽduite ˆ un cil trs court qui s'!nsre au secon‰ tiers. de l'article. L'endopodite de premire paire est triarticulŽ et un pe.

PAGE 12

COPƒPODES E1 SYliO.A.RIDES DE CLUJ 167 plus long que l'exopodite. deux prem•ers articles portent ˆ l'angle interne distal une courte Žpine, la porte deux soies apicales dont l'interne est la plus longue. Les endopodites de la seconde et troisime paires sont composŽs de deux articles ; le premier ne porte aucune soie, le second porte deux soies apicales. L'endopodite de la qua.trimeo 17 .Fig. 11-18 . Canthocˆmptus spelaeus, n. sp: Fig. 11. ( hamp sexuel femelle et cinquime paire de pattes. Fig. 12. Branche accessoire de la seconde Fig. 13. Opercule anal. Fig. 14. Patte de la prell)ire paire du mAle. Fig. 15. Endopodite de la seconde paire de la femelle. Fig. 16. Patte de la. troisime paire du m‰le. l<'ig. 17. En iopodite de la seconde paire du m‰le. Fig. 18. lindopodite de la quatrime paire du m‰le. paire est uniarticulŽ et ne porte qu'une soie ap icale. La patte de la cinquime paire est trs rudimentaire; l'article basal, rŽduit ˆ une petite lamelle chitineuse, n'a pas de lobe interne et ne porte que la soie de l'angle distal externe. Le second article, trs petit, est rectangulaire, un peu plus long. que large et porte ˆ chaque ˆngle une courte soie

PAGE 13

168 P. A. CHAPPUIS Le champ sexuel est d'une structure assez compliquŽe, mais rentre bien dans le type Canthocamptu,s. L'ovisac est inconnu. MLE. Un peu plus petit que la femelle, le mftle se distingue de -celle-ci par les caractres suivants : L'antenne de la premire paire est prŽhensile, relativement renflŽe dans sa partie mŽdiane. L'endopodite de la seconde paire de pattes natatoires ne porte qu'une soie apicale. L'endopodite de la troisime paire a trois articles. A l'angle interne distal du premier article, s'insre une courte Žpine; l'apophyse Žpineuse du second article dŽpasse l'extrŽmitŽ du troisime article et se termine en pointe de harpon. Le troisime article est conique;., la soie apica:te qu'il porte n'est pennŽe que du c™tŽ externe. Les articles basaux des deux pattes de la cinquime paire sont soudŽs ensembles. Les rudiments de la sixime paire sont reprŽsentŽs par deux _petites protubŽrances au bord _postŽrieur ventral du premier segment abdominal. Canthocampttts spelaetts se distingue des autres espces de ce genre principalement par la forme de la cinquime paire de pattes qui ressemble beaucoup plus ˆ celle d'un Cyclopide qu'ˆ celle d'un Harpacticide, et par l'endopodite uniarticulŽ de lˆ quatrime paire de pattes natatoires. DiffŽrents caractres distinctifs de cette espce varier d'un individu ou d'une colonie d'individus ˆ l'aulre. Ainsi, les petites rangŽes d'Žpines qui recouvrent la partie dorsale du corps et la partie ventrale -de l'abdomen peuvent dispara”tre; la branche accessoire de la seconde .antenne (appendice ne variant que trs peu chez les autres espces) a -quelquefois trois soies et d'autres fois seulement deux; l'endopodite de la quatrime paire de pattes, et surtout son Žpine apicale est chez -quelques individus plus dŽveloppŽe que la normale et le bord libre de l'opercule anal peut tre lisse ou avoir de petites sailliP.s en guise de dents. C. spelaeus est une espce modifiŽe, mais qui n'a pas encore fini son Žvolution rŽgressive, comme le montrent les diffŽrences pouvant -Bxister d'un individu ˆ l'autre. MalgrŽ sa rŽduction trs avancŽe des ex. t-rŽmitŽs du corps, il est possible de retrouver la filiation probable de -cette espce. En effet, O. spelaetts montre quelques analogies avec les -espces . phreatictts et C. putealts dŽcrites dans les pages suivantes. La pilositŽ de la surface du corps, la conformation de la fu rea, la rŽ duction du lobe interne le l'article basal de la cinquime paire de pattes
PAGE 14

COPƒPODES E1 SY1VCARIDES DE fJLUJ 169 Yerrons plus tard, la rŽduction du lobe interne de la cinquime paire du mˆle est un caractre spŽcifique appartenant ˆ un groupe d'espces alliŽes. et je ne crois pas faire erreur en rangeant aussi le O. spelaeus dans ce groupe. Ca_nthocamptus phreaticus, n. sp. Quelques m‰les et femelles. recueillis dans la conduite d'eau de la ville de Cluj. FEMELLE : La femelle adulte mesure environ 0,6 mm. sans les soies furcales et 0.8 mm, avec ces soies. Le cŽphalothorax se termine en avant par uh rostre peu prononcŽ. Premier segment du corps aussi long que les deux suivants rŽunis; abdomen composŽ de quatre segments, qui, exception faite du premier qui est plus long, sont tous environ de mme longueur. Le bord libre de l'opercule anal porte une sŽrie de .cils trs fins. Aux bord postŽrieur des trois premiers segments abdominaux se trouve, du c™tŽ ventral, une rangŽe d'Žpines trs fines, interrompue ˆ. son milieu sur les deux premiers segments, continue an troisime. A mi-hauteur du derniersegment se trouve une courte rangŽe latŽrale d'Žpines; une sŽrie de trois Žpines plus fortes est insŽrŽe du c™tŽ ventral de ce segment ˆ la base des branches furcales. En outre tous les segments du corps sont recouverts de multiples sŽries de cils trs fins et difficiles ˆ distinguer. Les branches furcales, un peu plus !ongues que le dernier segment abdominal, sont de forme conique. Des trois soies furcales, la mŽdiane seulŽ est bien dŽveloppŽe; des deux autres l'externe est deux fois plus longue que l'interne. A la seconde moitiŽ du bord interne de la turca se trouve une sŽrie de cils, au bord externe trois soies de diftŽrentes. longueurs. Le c™tŽ dorsal porte une crte chitineuse se terminant parune soie avec deux petites nodositŽs basales. . Les antennes de la premire paire sont de huit articles. Le b‰tonnet sensitif du quatrime article dŽpasse l'extrŽmitŽ de l'antenne de la lo{lgueur .des deux derniers articles de celle-ci. La branche accessoire de la seconde antenne est uniarticulŽe, ŽlancŽe et porte deux soies marginales et deux autres apicales. Les quatre paires de pattes natatoires sont biramŽes. Les deux branches de la premire paire sont tiiarticulŽes. Cette paire diffre de celle de C. gracilis ou de O. elaphoides, seulf:lment par l'endopodite. Celui-ci est beaucoup plus long que l'exopodite; le premiere article, qui atteint le milieu et quelquefois mme l'extrŽmitŽ du troisime article de l'exopodite, est particulirement robuste et muni d'une soie insŽrŽe prs de l'angle distal interne. Les deux autres articles sont plut™t grles. et portent chacun, au bord interne, une soie pennŽe. Le troisime article. porte en outre ˆ son distale deux soies apicales.

PAGE 15

170 P. A. CHAPPUlS Au.x trois pattes suivantes la branche interne est beaucoup plus -courte que l'externe. Le premier article de tous les endopodites ne porte pas d'Žpine ˆ son extrŽmitŽ interne. Le second article des endopodites -des seconde et troisime paires se ressemblent. Ils portent deux (se-conde paire) ou trois (troisime paire} soies internes, deux longues soies .apicales et une Žpine externe. Toutes ces soies sont pennŽes. L'endopodite de la quatrime paire Žgale en grandeur celui de la seconde paire. Il porte au bord interne, prs de son extrŽmitŽ distale, deux Žpines :Fig. 19-26. Canthocampt1's phreaticus, n. sp. Fig. 19. Endopodite de la seconde paire de pattes de la femelle. Fig. 20. Endopodite de la paire drla femelle. Fig. 21. Endopodite de quatrime paire de la femelle.Fig, 2l Endopodite de la seconde paire du m‰le. Fig. 23. Endopodite de la troisime paire du m‰le. -Fig. 24. Endopodite de la quatrime paire du m‰le. Fig . 25. Dernier article de l'exopodite de la quatrime paire du m‰le. Fig. 26. Cinquime et rudiments de la sixime paires de pattes du m‰le. dentŽes en scie du c™tŽ interne ; une longue soie et une ŽpinŽ plus courte, toutes deux pennŽes, terminent l'article. Les exopodite11 des deuxime troisime et quatrime paires n diffrent que par des dŽtails. Le pre. {llier et le second article portent une Žpine ˆ leur extrŽmitŽ externe ; le second en outre une soie interne. Le troisime article, plus long que prŽcŽdents, porte deux externes, une Žpine et une soie api:crues et, ˆ la seconde paire une, ˆ la troisime et la quatrime deux soies intrnes. La patte de la cinquime paire ‰. deux articles. Le lobe interne de l'article basru, trs peu prononcŽ, porte gŽnŽralement quatre .-soies dont l'une, la plus externe, est trs petite . Chez quelques indivi

PAGE 16

COPƒPOJJE5 ET S"'!ZNCARlDES DE CLUJ 171 -dus il a ŽtŽ observŽ que ces soies peuvent tre quelquefois seulement au nombre de deux ou trois. Le second article, de formŽ arrondie, est muni de quatre soies dont la troisime, comptŽe de l'extŽrieur, est. la plus dŽveloppŽe. Le champ gŽnital est celui d'un Canthocamptus. Ovisacs inconnus. MLE : Les diffŽrences entre le m‰le et la femelle sont les suivantes : Le m‰le est un peu plus petit que la femelle. Les sŽries d'Žpines ventrales des segments abdominaux sont La furca est plus rŽtrŽcie ˆ son extrŽmitŽ distale, ce qui lui donne un aspect plus ŽlancŽ. Les antennes de la premire paire sont prŽhensiles, fortement renflŽes au quatrime article. Le second article de l'endopodite de la seconde paire de pattes ne porte pas d'Žpine du c™tŽ externe. L' andopodite de la troisime paire est triarticulŽ : son premier article est court, sans aucune soie ni Žpine; le second article se prolonge du c™tŽ interne en un.e apophyse Žpineuse qui dŽpasse beaucoup l'extrŽmitŽ du troisime article et se termine en double harpon; le troisime article, de forme ovale, porte deux soies pennŽes de diffŽrentes longueurs. L'Žpine externe distale et les deux soies apicales de l'article terminal de l'exopodite de la quatrime paire portent du c™tŽ externe quelques aiguillons. Le second article de l'endopodite de cette patte ne porte aucune Žpine du c™tŽ interne. L'article basal de la cinquime paire de pattes n'a ni soie ni lobe interne. Les rudimnts de la sixime paire de pattes sont reprŽsentŽs par une lamelle chitineuse surmontŽe par une minuscule Žpine barbelŽe. . Canthoeamptus putealis, n. sp. Quelques m‰les et quelques femelles recueillis dans la conduite d'eau de la ville de Cluj. Cette espce est trs voisine de C. phreaticus et lui ressemble en beaucoup de points; elle s'en distingue cependant par les caractres suivants: FEMELLE : Le premier segment abdominal ne porte aucune rangŽ d'Žpines ventrales; au second ¤egment cette rangŽe est ininterrompue comme celle du troisime segment. La furca est plus ŽlancŽe, son bord interne est inerme. La grande soie apicale est renflŽe ˆ sa base. Le premier article de l'endopodite de la premire paire de pattes natatoires moins long. Il ne ˆŽpasse pas le second article de 1'exopodite. L'article basal de l'endopodite de la seconde et de la troisiroe paires de pattes porte ˆ son ‰hgle interne distal une petite Žpine Le second article de Fendopodite de ces deux paires et. de la quatrime por.te, pr.s de l'extrŽmitŽ distale, une Žpine marginale interne, une autre externe et une soie apicale. Au bord interne du second article de l'enr

PAGE 17

172 P. A. CHAPPUlS dopodite de la. seconde paire de pattes, ˆ mi-hauteur de l'article, lˆ Oll chez O. phreˆticus s'insre la premire des soies inrernes, se trouve un petit redan o dŽbouche le canal d'une glande situŽe dans cet article_ Au bord interne du troisime article de l'exopodite des tr9isime et quatrime paires de pattes se trouve une seule soie. Le lobe interne deo lrs/ sor" ,'f!J. Fig. 27. Canthocamptus phreaticus ; n. sp. Patte de la cinquime paire de la femelle . Fig. 28-37. Canthocamptus putealis, n. sp. Fig. 28. Endopodite de la seconde paire de la femelle. !fig. 29. Endopodite de la troisime paire de la femelle. Fig. 30. Endopodile de la quatrime paire de la femelle. Fig. 31. Branche accessoire de la seconde antenne. Fig. 32. Patte de la cinquime femelle . -Fig. 38. Endopodile de la seconde pair du mˆ.le.Fig. 34. Palpe de la man dibule Fig. 35. Patte de la cinquime paire du male. Fig. R6. Endopodite de la quatrime paire du m‰le.Fig. 37. Endopodite de la troisime paire du m‰.'e. l'article basal de la cinquime paire de pattes est plus prononcŽ; il porte aussi quatre soies, mais la soie externe est plus longue. La tendance ˆ la diminution du nombre de soies de ct article n'est pas aussi prononcŽe chez cette espce que chez O. phteaticus . Seule la soie externe 'du lobe interne peut quelquefois disparattre. Le second article est plus ovo•de; la soies du bord interne est minuscule. /

PAGE 18

COPƒPODES ET SYlvCARiDES DE CLU. 173' MALE: Les exopodites des pattes natatoires ne diffrent pas de ceux de la femelle, sauf celui de la troisime paire, dont les Žpines externes distales sont plus fortes et un peu crochues. Le premier article de l'endopodite de la seconde paire de pattes porte une Žpine ˆ l'angle distal interne. Le second article de cette extrŽmitŽ prŽsente une longue soie apicale et une plus courte au bord interne. Chez un seul exemplaire l'un des endopodites portait ˆ cet article une seconde soie interne, trs petite, insŽrŽe lˆ o chez la femelle dŽbouche le canal glanduh:ire qui manque chez le m‰le. L'endopodite de la troisime paire ne diffre de celui de O. phreaticus que par de petits dŽtails de dimensions. L'endopodite de la quatrime paire ressemble beaucoup ˆ celui de la femelle. L'article terminal a un bord interne un peu plus convexe. Le second article de la cinquime paire de pattes avec deux soies et une petite Žpine. Oanthocamptus phreaticus et Oanthocamptus putealis ont beaucoup de caractres communs; ils ont tous deux les segments du corps recouverts de fines rangŽes d'Žpines, une furca allongŽe portant sur le c™tŽ dorsal une crista chitineuse et n'ayant qu'une seule des trois soies apicales dŽveloppŽe. L'opercule anal, la branche accessoire de la seconde antenne, les endopodites de la premire paire de p:tttes et la cinquime paire de pattes sont ˆ peu prs identiques et ne montrent que des diffŽrences de dŽtails Si nous cherchons ˆ retrouver parmi les espces europŽennes connues la filiation de ces deux espces, nous trouvons que les deux espces les plus rapprochŽes de ces deux Oanthocamptus sont les O. gracilis Sars et O. elaphoides Cbappuis. Ce sont en effet les deux seules espces dont le lobe interne du premier article de la cinquime paire de pattes porte chez la femelle normalement quatre et est inerme chez le m‰le. A part ce caractre principal, constant dans les quatre espces, il y en a d'autres qui manquent une fois chez l'une des espce, mais se trouvent alors chez les trois autres, et d'autres fois se trouvent chElz cette espce et deux des autres et manquent ˆ la quatrime. C'est ainsi que par exemple O. elaphoides, O. phreaticu.s et O. gracilis ont tous les trois au moins une des Žpines marginales externes ou apicales du troisime article de l'exopodite de la quatrime paire du m‰le transformŽes: ou bien elles se prŽsentent comme Žpines divisŽes en plusieurs pointes (O. elaphoides et 0: phreaticus ), ou bien l'une est transformŽe en petit appendice triangulaire (O .. 1racilis). Chez O. gracilis et O. phreatictts les endopodites de la quatrime paire de ltt femelle se ressemblent beaucoup, tandis que la mme extrŽmitŽ est presque identique chez O. elaphoides et O. putealis. La furca est plus large que longue chez O. elaphoides, tandis que chez les trois autres espces elle est plus longue que large.

PAGE 19

114 P. A. C1IAPPfJiS Ces exemples pourraient encore tre augmentŽs, mais je crois que ceux que je viens de citer pour dŽmontrer qu'un lien do parentŽ doit exister ent:-e ces quatre espces. Il a dŽjˆ ŽtŽ dit que O. spelaeus porrait bien aussi tre apparentŽ ˆ ce groupe, mais cette espce a subi une Žvolution si spŽciale qu'il faut encore attendre la dŽcouverte possible d'autres espces du groupe prŽcisant les modalitŽs de l'Žvolution des diffŽrents appendices, pour pouvoir le ranger ave c certitude parmi le groupe phylŽtique du C. ,qracilis. Les relations entre ce groupe et les Harpacticides sudamŽricains que DELACHAUX (1) rŽunit dans le groupe du O. crenulatus, seront ŽtudiŽes dans un mŽmoire ultŽrieur. Genre M01aria Scott 1893. Morarin brevipes Sars. Je n'ai pas recueilli cette espce dans l'eau qui sort du robinet de mon laboratoire, rriais dans les dŽtritus qui recouvrent le fond des rŽservoirs. Les exemplaires trouvŽs cor'respondent dans toŸs les dŽtails ˆ .la de SARS (2). Genre Nitoerella Chappuis 1924. Nitoerella hirta Chappuis. -Une vingtaine de m‰les el de femelles furent recueillis dans la conduite d'eau de la ville de Cluj. L'examen de ces individus m'a mol)trŽ que les Nitocrella de Cluj sont identiques ˆ celles trouvŽs dans les grottes de Serbie, bien que la distance qui sŽpare les deux localitŽs soit d'environ 400 lŸlomtres. Genre Parastenocaris Kessler 1913. La position systŽmatique de ce genre n'est pas encore bien Žclaircie. KEssLER (3) qui crŽa le genre, croyait qu ;il existait une parentŽ entre Parastenocaris Stenocaris Sars, et rangeait son nouveau genre dans la famille des Cylindropsyllidae Sars, fam'ille dans laquelle SARS a groupŽ les genres marins Cylindropsyllus, Rtenocaris ct D'Arcytompsonia(4). (') DELACHAUX (Th.). Harpacticide!\ d'eau douce nouveaux de l'AmŽrique cln Sud. suisse de Zoologie. Vol. 26, 1918). (a) SARS (G. 0.). Ovcrsigt ar de indenlanske Ferkvandscopepoder. (Chr. l'id. Selsk. Forh. 1862). (B) KESSLER (E.). Parastenocaris brevipes nov. gen. et nov. spec., ein neurr SUsswasserharpacticide. (Zool. Anz. Bd 42, 1913). . (4) Les genres groupŽs en cette famille ne m semblent pas avoir beaucoup d'afTinitŽs. La sys'Žmalique de SARS, que lui mme nomme "quite provisional se base sur des caractres adaptat fs qui ne permettent pas de grouper les diffŽrente,; espces dans des genres Cette systŽmatique est purement artificielle et ne peut tre maintenue.

PAGE 20

('OPƒP.OD/U{ RT SYNCARIDES DE GLuJ 1711 Sans doute il y a quelques ressemblances entre Parastenocris ct 8lmwcaris, mais il me semule que ces analogies proviennent plut™t de
PAGE 21

176 P. A. Le second article serait do.nc le basipodite sur lequel s'embranchent l'endoet l'exopodite. 'Le bli.tonnet hyalin dont nous avons parlŽ, doit trc l'endopodite, qui est aussi chez Ja femelle ˆ un Žtat trs rudimentaire, et la soie du bord externe, doit tre celle qui se trouve chez toutes le s pattes natatoires des CopŽpodes ˆ l'angle externe distal du basipodite. Les deux articles restants reprŽsentent l'exopodite. La patte de la troisime paire du m‰le de Parastenocaris se composerait donc d'un protopodite de deux article, d'un endopodite uniarticulŽ, trs rŽduit et manquant quelquefois, et d'un exopodite biarticulŽ, transformŽ en patte copulatrice. Le premier article de cet exopodite est long, ˆ bords plus ou moins parallles, et se termine en une apophyse bordŽe quelquefois de membranes hyalines et sans doute sensitives. Du c™tŽ externe de cet article, en dessous de son extrŽmitŽ distale, s'insre le second article qui forme une pince avec la partie terminale du premier article. Le second art.icle est quelquefois long, d'autres fois court selon les espces. Le fait que l'exopodite de la troisime paire de pattes et non l'en. dopodite est patte copulatrice, distingue les Parastenocaris de tous les autres genres des Harpacticoidea ; cette diffŽrence est si considŽrable, qu'il sera nŽcessaire, lors de la rŽvision dos CopŽpodes Harpacticides, de crŽer une famille pour cc genre. La distribution gŽographique des Parastenocaris est trs curieuse. Nous trouvons en Europe tlois espces dŽja Parastenocaris brevipes Kessler('), P. fontinalis Schnitter et Chappuis(2) et P. Jeannel-i Chappuis (S). Le premier fut trouvŽ en Saxe, dans des mousses provenant du pied d'une moraine, la seconde dans un puits des environs de B‰le ct la troisime dans une petite grotte situŽe dans la .Murtenica planina (Serbie occidentale). A ces espces viennent s'ajouter les quatre espces trouvŽes ˆ Cluj et dŽcrites ici. De l'AmŽrique du Sud nous connaissons aussi trois espces trouvŽes dans des mousses provenant du Surinam. Ce sont : P. Staheli Menzel ('), P. surinamensis Menzel et P. chelifer Dela chaux. (1) KESSLI:R. (E.) loc. cit. pag. 174 et: Zur Kenntnis der Harpacticidengattung Purastcnocaris mihi. (Zool. Am:. Bd. 43, 1914). (2) SCHI'IITTER (H.), u CHAPPUIS (P A.). Parastcnocaris fontinalis, nov, spec., ein neuer SUsswasser-Harpacticide (Zool. Anz : Bd 45, 1 915). (3) CH APPUIS (P. A.). Descriptions prŽliminaires de Co_pŽpodes nouveaux de Serbie. (/:ull. Soc, Sc. Clu}, T. ll, p. 27). () ME.NZEL (R.). †ber das Auftreten der Harpacticidengattung Epactophancs und Parastenocaris Kessler in Surinam (Zool, Anz, Ed 47, 1916,). (S) DEJ.ACHAUX (Th), loc. cit. p. 174,

PAGE 22

COPƒPODES E1 SYKCA.HIDES DE CLUJ 177 Enfin des Indes nŽerlandaise:; nous conmd:;sons deux espces. L'une, P. Dammermani Menzel (') t.rouvŽe dans la mousse des environs de Buitenzorg (Java), l'autre, P. Leeuweni Menzel(2), trouvŽe dans des mous ses provenant du Gunung Sibajak (c™tŽ est de Sumatra) d'une altitude de 1500 ˆ 1800 mtres. CLEF DES ESPCES EUROPƒENNES. Femelles: 1. Branches de la fwca aussi longues ou pfus longues IJUe le demier segment abdominal . Branches de la fmca plus courtes que ce segment u. 2. Palles de la cinquime paire aussi que le cinquime segment lhoraciq'ue 3. Pattes de la cinquime paire plus courtes que ce segment 4. il. 131-anches de la furca avec une soie ˆ mi hauteur du bord externe P. f'ontlnalls. Branrhe de la fmca sans celle soie P. Jennnell. -1. Patte de la cinquime paire tls courte. avec trois soies apicales . . P. Clu.Jensls. Patte de la cinquime paŸe triangulaire avec une pointe du e™tŽ distal; les soies sur le bord externe . . . l'. nnna. '' Patte de la cinquime paire aussi longue que le cinquime segment thoracique; endopodite de la quatrime paire I.e dŽpassant pas le premier quart du second arl_icle de l'exopodite . 6. Palle de la cinquime paire plus courte que le cinquime segment llwrac
PAGE 23

178 P. A, CHAPPUIS 2. de la quatrime paire dŽveloppŽ . .. iJ, Cel endopoile manque, ou est reprŽsentŽ pat tfuelques suies 5. 3. Endopodite de la quatrime paire n 'atteignant pas l'extrŽmitŽ u premier article de l'exopodite; il est simple el n'a pas d'Žpines ˆ sa base . P. fontiunlis. Endopodile atteignant ou dŽpassant le premier article de l' exopodile; quelques Žpines s'insrent  sa base . 4. 4. Apophyse. du premier at'liele de l'P.xopodite de la troisime paire [). aussi longue que le second m'licle Apophyse trois fois plus longue (lUe le second article L'endopodite de la quatrime paire man(1ue compltement. P. brevipes. P. minuta. Palles ' de la cinquime paire trs comtes . P. L'endopodile est reprŽsentŽ par quelques soies. de la cinquime paŸ:e moyennes, avec quelques soies 1. nana. Le m‰le de Parastenocaris Jeanneli est inconnu. Parastenocaris aquaeductus, n. sp. Trois m‰les et quatre femelles recueillis dans la conduite d'eau de la ville de Cluj. FEMELLE: La femelle adulte mesure 0,5 mm. sans les soies furcales, 0,62 mm. avec ces soies. Le corps est trs allongŽ, cylindrique, dix fois plus long que large. et ne porte aucune ornemenLalion. Le premier segment du corps est le plus long; il se termine en avant par un rostre bien distinct. Les autres segments du corps sont environ de mme longueur, sauf le premier et le dernier de l'abdomen qui sont un peu plus grands. L'opercule anal ressemble ˆ celui de P. brevipes. Les branches de la furca sont Žgales en longueur ˆ la moitiŽ du dernier segment abdominal et portent du c™tŽ ventral, ˆ mi-hauteur, deux soies rŽes l'une prs de l'autre, ˆ son extrŽmitŽ distale deux soies dorsales, deux soies apicales dont l'une seulement est bien dŽveloppŽe, et ˆ la base du c™tŽ dorsal une petite sŽrie d'Žpines. Les antennes de la premire paire ont sept articles ; Je b‰tonnet sensitif du quatrime article atteint l'extrŽmitŽ du dernier article. Les antennes de la seconde paire et sa branche accessoire sont conformes au type de ce genre. Les exopodites des quatre pattes n11;tatoires ne diffrent gure de ceux des autres espces. L'endopodite de la premire paire est un peu plus long que son exopodite ; les endopodites des trois autres paires sont trs rŽduits. Celui de la seconde p aire est une petite lamelle qui atteint la moitiŽ du premier article de so11 exopodite et qui porte une petite soie au bord interne et trois soies apicales. Celui de la troisime paire est analogue, mais plus court, et ne porte que trois soies apicales. L'endopodite de la quatrime paire enfin a la forme

PAGE 24

OOPƒPODES ET SYl'tOARiD.ES DE OLUJ 119 d'une Žpine, et porte quelques cils. La patte de la cinquime paire ressemble beaucoup ˆ celle de P. fontinalis. Les seules diffŽrences consistent. en ce que, chez notre espce, cette extrŽmitŽ est moins large ˆ sa base et que la grande soie marginale est plus rapprochŽe de l'extrŽde la patte. Fig. 38. Parastenocaris aq"aed"ct"s, n. sp. patte de la troisime paire du male. Fig. 39. P. nana, n sp patte de la troisime paire du male Fig. 40. P. Ol"jensis, 11. sp. patte de la troisime paire du m‰le. Fig. 41. P mim,ta, n. sp. patte de la lroisime paire du male. Fig. 42. P. n. sp. patte de la cinquime paire de la femelle. Fig 43. P. aq"aeductm, n. sp. patte de la cinquime paire du m‰le. Fig. 44. P. minuta, n. sp. 1-atte de la cinquime paire de la femelle. Fig. 45. P. nana, n. sp. patte de la cir.quime paire du male. Fig. 46. P. Ol1tjensis, n. sp. patte de la cinquime paire de la femelle. Fig 47. P minuta, n. sp. patte de la cinquime paire du male. MALE: Le m‰le est un peu plus petit que la femelle. Ls segments u corps et la furca sont semblables ˆ ceux de la femelle. Les antennl:'s de la premire paire sont prŽhensiles, sans rennure au quatr'me ai'ticle et portent de gros b‰tonnets sensitifs. Le deux premires paires de pattes ct l'exopodile de la quatrime paire sont identiques ˆ ceux de la femelle. Le basipodite de la troi

PAGE 25

180 P. A. GiiAPPtrtS sime paire ne porte pas d'endopodite. Le premier article de l'exopodite est court et large ; il est ŽtirŽ ˆ son premier tiers, du c™tŽ interne, en une saillie anguleuse, et sc termine par une courte apophyse crochu e. Le second article dŽpasse l'extrŽmitŽ distale du premier article de l n moitiŽ de sa longueur. Les bords sont garnis d'une membrane hyalin e. L'endopodite de la quatrime paire est uniarticulŽ, un peu plus large q ue celui de la femelle et porte ˆ son extrŽmitŽ distale quelques cils. La cinquime paire de patttls a en g Ž n Ž ral la m  me forme que celle de l a femelle, mais son extrŽmitŽ distale, au lieu d tre ŽtirŽe en point e, est obtuse. Parastenocaris nana, n. sp. Deux m‰les et une femelle recueill is dans les conduites d'eau de la ville de Cluj. Espce ressemblant tant par sa grandeur que par son organisatio n ˆ l espce pr Ž cŽdente. FEMELLE : La femelle adulte mesure 0,17 mm. sans les soies fm cales, et 0,56 mm avec ces soies. Le s s egments du corps sont inerme s et tous de mme longueur exceptŽ le premier et le sixime qui sont plus longs. Le rostre est court et obtus. Opercule anal comme celui d e l'espce prŽcŽdente. Les branches de la furca, aussi longues que le dernier segment abdominal, portent, tr  s prs de leur extrŽmitŽ distal e une longue soie dorsale, une plus courte du c™tŽ externe, et se terminent par trois soies apicales, dont la mŽdiane seule est bien dŽvelopp re Les deux autres ont environ la mme longueur. Les antennes de la premire et de la seonde paires sont semblables ˆ celles de l'espce prŽcŽdente. Les pattes natatoires sont biramŽes les exopodites ne pr Ž sentent aucune p&.rticularitŽ. L'endopodite de la premire paire de pattes est aussi long que l'exopodite. Les endopodites de la seconde paire sont reprŽsentŽs pˆr deux Žtroites lamelles chitineuses dont l'extrŽmitŽ n attein t pas la moitiŽ du premier article de l'exopoditŽ et qui portent de petit s cils apicaux. Ceux de la troisime et quatrime paires ont la form e d'une Žpine. La patte de la cinquime paire est rŽduite ˆ une petit e lamelle ŽtirŽe en pointe ˆ son extrŽmitŽ distale ; le bord externe port e quatre soies de diffŽrentes longueurs. MLE: Un peu plris petit que la femelle; les antennes de la pr e mire paire sont prŽhensiles. La troisime paire de pattes est tran s formŽe en un appareil copulateur. Le basipodite porte du c™tŽ interne un b‰tonnet' hyalin qui reprŽsente l'endopodite rudimentaire. Le premi e r article de l'exopodite est moins large que chez l'espce prŽcŽdente; la saillie situŽe au premier tiers n'est pas aussi prononcŽ e.

PAGE 26

eOPƒPODES ET SYNCARIDES DE 181 L'apophyse digitiforme qui termine cet article dŽpasse de beaucoup le second article, qui a la forme d'une grosse Žpine . L'endopodite de la qUatrime paire est reprŽsentŽ par cinq p‘iites soies. La patte de la cinquime paire est lamelle triangulaire, petite, portant cinq soies ˆ son bord distal. Parastenoearis sp. Plusieur m‰les et femelles, recueillis dans la conduite d'eau de la ville de Cluj. FEMELLE :. La femelle mesure 0,4 7 mm. sans les soies furcales, et 0,63 mm. avec ces soies. Le corps est cylindrique, dix fois plus long que large et se termine en avant par un rostre distinct, muni de deux petits poils. Les segments du corps sont tous de mme longueur, exceptŽ le premier thot'acique et le premier abdominal qui sont plv s longs. L'opercule anal ressemble ˆ celui de P. fontinalis, mais la partie mŽdiane est moins prononcŽe. La seule ornementation se trouve du c™tŽ ventral du ,dernier segment abdominal, o s'insrent, ˆ la base de chacune : des branches furcales, un.e courte sŽrie d'Žpines minuscules. Les branches de la furca sont Žgales en longueur au dernier segment abdominal. Elle portent,outre les deux soies apicales, dont l'externe seulement est bien dŽveloppŽe, deux petites Žpines et la soie dorsale, insŽrŽes trs prs de l'extrŽmitŽ distale. L'antenne de la prem_ire a sept articles; le b‰tonnet sensitif du quatrime article dŽpasse un peu l'extrŽmitŽ de l'antenne. Les exopQdites des pattes natatoires ne prŽsentent rien de particulier, si ce n'est que l'Žpine externe du premier article atteint ou dŽpasse mme quelquefois l'extrŽmitŽ distale de .l'article suivant. L'endopodite de la premire paire e st un peu ..plus long que son exopodite. L'endopodite de la 1 seconde paire est lamelliforme et atteint le Jllilieu du premier article de l'exopodite; il porte ˆ son extrŽmitŽ distale ti ois petites soies. Les endopodites de la troisime et quatrime paires sont cylindriques ; ils se terminent par une Žpine. A la troisime paire l'endopodite dŽpasse en longueur la moitiŽ du premier article de son exopodite, ˆ la quatrime il en dŽpasse l'extrŽmitŽ. La patte de la cinquime paire est trs petite, lamelliforme et munie de trois soies apicales. MLE: LŽs antennes du m‰le sont prŽhensiles et pourvues d'un gros b‰tonnet sensitif; le bord libre de l'opercule anal n'est pas bombŽ. Les exopodites de la premire, seconde et quatri_me paires et l'endopodite de la premire paire sont identiques ˆ ceux de la femelle. Endopodite de la seconde paire long; . il porte une Žpine plus longue que celle de la femelle, de sorte qu'il atteint parfois du premier article de l'exopodite. La troisime paire est copulatrice. L'endopddite

PAGE 27

182 P. A. CHAPPUlS est encore visible, bien qu'il soit trs petit; le premier article de l'exopodite est long et grle, sans saillie du c™tŽ interne. L'apophyse distale est digitiforme, ainsi que le second article. Cette apophyse dŽpasse le second article de la longueur de ce dernier. L'endopodite de la quatrime paire manque compltement. La patte de la cinquime paire est reprŽsentŽe par une petite lamelle chitineuse triangulaire 'dont le bord externe est parfois inerme. Parastenocaris minuta, n. sp. Un m‰le et deux femelles recueillis dans la conduite d'eau de la ville de Cluj. FEMELLE: La femelle adulte mesure s-ans ses soies furcales 0,36 mm., et 0,45 avec ces soies. L'aspect gŽnŽral ressemble beaucoup ˆ celui de P. aquaeductus. Le corps ne porte aucune ornementation; le rostre est distinct, mais trs court. Les branches de la furca, plus courtes que le dernier segment abdominal, portent urie soie marginale au dernier quart et une autre, un peu plus longue, prs de. l'extrŽmitŽ distale du bord externe, deux apicales dont l'externe seulement est bien dŽveloppŽe et renflŽe ˆ sa base, et une courte soie dorsale. L'antenne de la premire paire a sept articles ; le b‰tonnet sensitif du quattime article dŽpasse de trs peu l'extrŽmitŽ de l'antenne. L'endopodite et l'exopodite de la premire paire sont ˆ peu prs de mme longueur. L'endopodite de la seconde paire est court et porte trois soies apicales, la soie marginale manque. Les endopodites de la troisime et quatrime paires ont la forme de petits b‰tonnets uniarticulŽs, trs courts ˆ la troisime paire, atteignant l'extrŽmitŽ du premier article de l'exopodite ˆ la quatrime .paire. Les pattes de la cinquime paire ressemblent ˆ celles de P. aquaeductus, mais sont un peu plus etroites, aussi longues que leur segment; elles portent trois soies externes et ne sont pas ciliŽes du c™tŽ interne. MLE : Longueur, aspect gŽneral, furca, premire et seconde paires de pattes comme chez la femelle. Les antennes de la premire paire sont prŽhensiles, avec de gros et longs b‰tonnets sensitifs comme chez les autres m‰les de ce genre. La patte de la troisime paire est courte; l'endopodite existe comme b‰ tonnet hyalin du c™tŽ interne du basipodite. Le premier article de l'exopodite se termine en une apophyse trs longue, dŽpassant le second :article du double de sa longueur. Le second article ressemble ˆ celui de P. Clujensis . L'endopodite de la quatrime paire est aussi long que le premier article de son exopodite, il est digitiforme, barbelŽ ˆ son extrŽmitŽ du c™tŽ externe; ˆ sa base s'insrent deux Žpines de diffŽrentes longueurs. La patte de la cinquime paire est courte et large, presque trapŽzo•de, garnie de soies du c™lŽ dislal externe.



PAGE 1

35 35 E. G. RACOVITZA NOTES SUR LES ISOPODES. 12. MORPHOLOGIE ET MORPHOGƒNIE DES ANTENNES Il. A. LE FOUET.

PAGE 2

ARCQIVES DE ZOOLOGIE ET GƒNƒRALE Tome 63 p. 533 ˆ 622. J!j .Mars 192 'i ------------,----------------------NOTES SUR LES ISOPODES 1 13. lVlorphologie et phylogŽnie des Antennes II A. LE FOUET PAR ƒ MIL E G. RACO V ITZA Directeur de 1 'Institut de SpŽologle de Cluj (Roumauk). SOMMAIRE I. Avant-propos historique ...... .... ....... .............. . . 534 II. Orientation actu e lle de l'antenne II ........ .... .... . .. .... .. 640 III. Etude du fouet de SnauUua ..... . .. . . . . . . . . . . . 544 IV. Explications sur l es diagrammes ct la nomenclature:.:.. ... .......... .. ......... .... .. 555 V. GŽnŽralitŽs sur le genre .Asellua ........ .. . .... ..... .. ...... ..... ..... 561 VI Etude do quelques .AseUua primitifs ... ..... .. .............. ............... 562 VII. Etude de quelques .Aaellua du groupo de .A. mnidianus ........................ ....... 566 VIII. Etude des .Asellus du Jlroupe do .A. aquatius .. .. .... .. ....... ... .. .. . 570 IX Etude do I'As eUua communiB . ....... ... ....... .. . ............... ...... .. 576 X. Etude de Caecidothea stygia .... ... ...... .. . . . . . . . .. .. .. .. .. .. . 580 XI. Ehde du genre ManctUtllus . . . . . . . . 682 XII. MorphoqŽnlo du fouet dos antennes II des Ascllldes. ..... . . ....... . .. ...... .. .... .. 591 XIII. Morphologie du fouet des antennes II des Asr.llldcs ... .. . .. . . . . . .. . . . . . . . 590 XIY. Morphologie dn fouet des antennes II des 11/an asc/liiB ...... . . . . . . . . . . . 610 XV. Etude d'un ens tŽratologique .............. ....... .... .......... ... ..... .... .... 613 XVI. Postface .................... ... . .. .............. ..... .......................... . 616 XVII Bordereau des formu l es fiagellnlrcs......................... .. .... .... .... ............ 618 Indez bibliographique....... .... ... . .. ... ..... ................. ............ .. ....... ... 6 2 1 1. -P our l es NotES antŽrieures, voir ces ARCHIVES NotES ET ll.EVlfE No t e s 12in t. 58, n 2, p. 31-43, ng 1-12; No te s 8-5 ln t. 68, n 3, p. 49-77, fig. 13-51 ; Notes 6 7 ln t. 58, n 4, p. 79-115, fig Notes 8-9 ln t. 59, n 2, p. 2866, fig 85-134; Notes 10 11 ln t. 61, n 4, p. 76122, fig. 136-151; Note t21n t. 62, n 2, p. 35-48, tlg. 152-158 . AllCH, DE ZOOL EXI'. ET Of:N. T. 63. F. 4. ao

PAGE 3

ƒMILE RAGOVITZA l. Avant-propos historique. Ayant ŽtudiŽ (1923, Note n¡ 11) la morphologie des pŽrŽiopodes et reconstituŽ les vicissitudes historiques de leur Žvolution, je voudrais appliquer aux antennes II les mmes d'investigation et contr™ler par leur structure et morphogŽnie les gŽnŽralisations ŽnoncŽes dans mes travaux antŽrieurs. Je me suis plu ˆ ciseler pas mal d'aphorismes et j'avoue ne pas craindre qu'on me le reproche, car il est certes pers, et mme recommandŽ, de concentrer eii phrases lapidaires .. les fruits d'une longue pratique de recherches et observations. Formules sentencieuses, mme prophŽties et oracles scientifiques, sont lŽgitimes et nŽcessaires au progrs des connaissances, ˆ condition qu'ils ne se muent en dogmes, comme les autres, et que toujours le doute sauveur les accompagne. jusqu'ˆ preuv e du con.traire, mais non au delˆ, comme dans les thŽologies clŽricales ou la•ques, voilˆ la bonne formule Voyons donc ce que nous enseignent les grandes antennes des Isopodes. La t‰che n'est pas facile. Ces appendices sont beaucoup plus spŽcialisŽs que les pŽrŽiopodes; leur transformation, depuis l'organe ancestral est, en apparence du moins, plus profonde et l'histoire de leur Žvolution est certainement plus compliquŽe. Les homologies des diffŽrents constituants des antennes II ne sont pas encˆre Žtablies dŽclare BoRNER (1920), polirtant le plus adacieux . des morphologistes 1 Il faut donc, pour rŽsoudre cette Žquation ˆ tant d'inconnues, procŽder avec ordre, mŽthode et ; il est donc de bien se rendre compte de la structure actuelle exacte des diverses rŽgions de l'antenne. Dans une Note je m'occuperai de la hampe, me bornant pour l'instant ˆ Žtudier le fouet; on verra que cette Žtude n'est pas pUisque l'organisation et le dŽveloppement de cette rŽgion Žtait fort mal connue. 1. C'est lui qui dŽcrŽta, avoc la plus dictorlalc assurance, les homologies des articles de tous les appcndlcrs des ArtieulŽJ! et les rŽsuma dans de troublants tableaux; c'est. lui qui compa!a froidement les pattes des Limules ct des Pantopodcs aux pŽrŽlopodes des CrustacŽs ct qui par ses altolantes homologies, ses soudures et ncmr.nts ;..bltrail;es d'altlclcs, par ses absconses nomclielattti'cti, a .tellement embrouillŽ l'Žcho'Venu. dŽji\ asorz iliffir.ile i\ dŽbrouiller de Dame Nature, qt'II faudrai't renoncer i\jamals i\ Y comprendre quelque chose si ion n'avait la rc3sourcc d'Ignorer compltement cette littŽrature.

PAGE 4

LE FOUET A.NTENNAIRE 535 Mais rŽsumons, d'abord, ce que l'on sait de la morphologie de l'antenne entire. 1.L'atenne II est un appendice segmentaire homologue des pices buccales, des pŽrŽiopodes et des plŽopodes. L'unanimitŽ des carcinologistes sur cette proposition date de loin, ds les dŽbuts des Žtudes de morphologie comparŽe. 2.L'antenne II a d tre primitivement formŽe par un sympodite triarticulŽ portant deux rames. Depuis le mŽmoire de HANSEN (1893) cette conception, si souvent vŽrifiŽe depuis, semble Žgalement admise par tous les carcinologistes. Elle s'applique, d'ailleurs, sans difficultŽ ˆ l'antenne II, comme on le verra plus loin. 3. L'antenne II est formŽe par une hampe ˆ nombre d'articles constants dans le mme groupe et par un fouet composŽ souvent de beaucoup d'articles dont le nombre varie gŽnŽralement mme chez les individus de la mme espce. 4. La hampe typique, chez les Isopodes, comporte six articles, mais cette structure ancestrale ne s'observe plus que chez quelques formes trs primitives, comme les Asellotes 1 quelques Cirolanides et les Ligies. Chez ces formes l'art. I est trs court, presque toujours incomplet, en voie d'involution certaine, aussi dispara”t-il compltement chez la plupart des Isopodes ; la hampe antennaire de ces derniers ne possde plus que cinq articles. 5.Les art. I ˆ III de la hampe antennaire primitive des Isopodes constituent bien un sympodite formŽ par un praecoxa, un coxa et un basis, puisque c'est l'art. III qui porte la squama, c'est-ˆ-dire le rudiment de la seconde rame, comme c'est le cas pour les basis typiques. Ces squama ou Žcailles ont ŽtŽ signalŽes chez certains Asellota (Stenetrium) par HANSEN (1893 a, p. 4), chez les Ligia par HANSEN (1916, p. 3) ; je l'ai Žgalement observŽ chez Stenasellus. 6. -La squama constitue donc une premire rame de l'appendice segmentaire typique biramŽ, et notamment, l'exopodite ; les art. IV ˆ VI de la hampe antennaire avec le fouet, constituent une seconde rame, l'endopodite. Cette doctrine est soutenue par tous les auteurs qui se sont occupŽs de la question et se trouve exposŽe dans tous les traitŽs modernes, 1. C'est bien  tort qun WEGE (1911, p. 220), s'attribue la dŽcouverte du v6ritable art. 1 d e ln hampe antcn nnirc chez Asllus a7Ualic11s et qu'Il pense qu'Il faille dŽbiter l'animal en coupes pour le dŽcouvrir, puisque d'autres ont YU la mmo chose par les moyens directs et bien avant lui, notamment DoAS (1883, p. 402493 ,fig. 73-U) Je rcl'icndrni sur cotte question dnns la note consacrŽe t\ la hampe.

PAGE 5

536 ƒMILE RAOOVITZA mais lˆ s'arrte le consensus gŽnŽral. Quand il s'agit ensuite, dans ledit endopodite, de retrouver.les cinq articles qu'on retrouve toujours dans l'endopodite des pŽrŽiopodes, ce ne sont qu'hŽsitations, divergences, disputes et en somme aveux d'impuissance comme celui de BoRNER citŽ au dŽbut. Ne serait-ce point parce que la fondamentale doctrine pche par la base 1 ll m'a semblŽ depuis longtemps que si; hic jacet lepus mais je m'occuperai de cette question dans la Note consacrŽe ˆ la hampe. 7. II du Nauplius est un appendice netteml:)nt biramŽ comme la mandibule, et souvent son sympodite prŽsente des lacinies masticatoires disposŽes comme chez les autres pices buccales larvaires. On cite ces faits comme preuve que cette antenne est l'homologue d'un appendice segmentaire. J'accepte cette argumentation mais seulement avec le correctŸ qui suit. A mon avis la loi biogŽnŽtique fondamentale ne peut s'appliquer que sous bŽnŽfice d'inventaire au Nauplius, que je considre comme l'adaptation secondaire d'un stade du dŽveloppement primitŸ qui est le dŽveloppement direct. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je professe que tout dŽveloppement indirect, c'est-ˆ-dire pourvu de stades larvaires fixes, est nŽogŽnŽtique et qu'il est absurde de considŽrer des formes larvaires telles que la Trochophore, le Nauplius, etc., comme des portraits (1896, p. 153, 175, etc.). ll faut donc, pour que les indications tirŽes de l'organisation du Nauplius puissent tre tenues pour valables, qu'elles soient corroborŽes par ce que nous enseigne le dŽveloppement direct. Or, c'est le cas pour ce qui concerne l'antenne II, dont le blastme est nettement bifide chez Ligia et autres Isopodes, ainsi que chez les stades trs jeunes des Nauplius trs primitŸs des EuphausiacŽs. Je reviendrai d'ailleurs autre part sur cette importante question. 8. Le blastme de l'antenne II appara”t, chez les formes ˆ dŽve loppement direct, en arrire de la bouche, au niveau de l'Žbauche du gan glion sous-sophagien. Cette antenne est situŽe, en gŽnŽral, au niveau de la bouche du Nauplius et son sympodite peut mme acquŽrir des fonctions masticatoires. Le nerf antennaire prend son origine dans la rŽgion sous-sophagienne de la cha”ne nerveuse et, s'il semble en tre autrement chez l'adulte, c'est que par suite de la situation finale trs rostrale, acquise de l'antenne II, le nerf a subi la mme dŽviation, s'est accolŽ au connectŸ et au cerveau d'o il semble partir.

PAGE 6

LE FOUET ANTENNAIRE 537 Ce fait est une preuve de plus que l'antenne est un appendice du soma homologue des pices buccales. Le nerf antennaire est unique, central et libre dans les art. I ˆ IV, il se bifurque et reste central dans les art. V et VI, et dans le fouet une branche s'accole ˆ la paroi << dorsale et l'autre ˆ la ventrale ; dans le dernier tiers de l'art. VI il se produit souvent une soudure des deux branches avec multiplication des noyaux, donc une sorte de formation ganglionnaire. Du moins, c'est ainsi que les choses se passent chez Asellus aquaticus d'aprs WEGE (1911). 9. -La rŽgion centrale de l'antenne, jusqu'au sommet du fouet, est occupŽe par une cavitŽ, diverticule de la cavitŽ gŽnŽrale. Chaque article de la hampe possde sa musculature propre ; l'art. I du fouet possde Žgalement ses muscles, mais le reste du fouet en est compltement dŽpourvu. Les muscles des art. I-IV n'ont pas de tendons chitineux, ceux des art. VVI en ont un. La paroi de l'antenne est formŽe par une couche de cellules hypodermiques qui sŽcrtent deux couches chitineuses, dont l'externe trs mince et l'interne plus Žpaisse. L'articulation qui rŽunit les art. IV et V est formŽe seulement par la couche mince; c'est l'endroit de moindre rŽsistance o se fait l'autotomie volontaire ou rŽflexe de l'appendice. Ces renseignements, ainsi que ceux des ¤¤ 10 ˆ 13, sont pris chez WEGE (1911) et se rapportent ˆ Asellus aquaticus 1 J'ajoute, aprs observations sur le vivant, que le sang circule jusqu'au sommet du fouet en un courant ascendant, de plus en plus ralenti distalement, se dŽversant, ˆ plusieurs niveaux, transversalement dans un co:urant descendant de plus en plus accŽlŽrŽ proximalement. 10. Les articulations antennaires entre les articles sont de simples replis circulaires, mais l'articulation qui rŽunit l'art. VI au fouet se distingue de toutes les autres par la saillie en forme de peigne que projette bord du premier article du fouet dans la lumire de l'art. VI, pour ensuite se fondre progressivement du c™tŽ proximal dans le repli articulaire. ll. La rŽgŽnŽration de l'antenne II commence par le dernier article du fouet, se continue par d'autant plus d'articles flagellaires qu'il s'est passŽ plus de temps entre le moment de l'amputation et la premire mue qui suit l'opŽration, se complte par les articles de la 1. J'ni montrŽ (1919) tout co que cc nom soidisant spŽcifique a de fallncicux; il est probable, d'aprs Jour prol'cnance, quo les exemplaires ŽtudiŽs appartiennent ˆ A. agttaticus L. car. c)llend. 1019,

PAGE 7

538 ƒMILE RAOOVITZA hampe qui suivent l'article sectionnŽ, et s'achve par la rŽfection de cet article mutilŽ. 12. La rŽgŽnŽration du fouet commence par la transformation de l'article flagellaire sectionnŽ en article terminal, la surface de la plaie se recouvrant d'ŽpithŽlium, et se poursuit, jusqu'ˆ achvement, par prolifŽration de l'art. I (le proximal du fouet) dont la surface se subdivise par des plissements circulaires de l'Žpiderme, puis un article aprs l'autre s'individualise, comme cela se passe pendant l'allongement du fouet normal. 13. La diffŽrenciation des articles est centripte, allant du sommet vers la base, lorsque la section est faite par le point autotomique (articulation IV-V) ou distalement par rapport ˆ ce point ; elle est centrifuge, allant de la base du fouet vers le sommet, lorsque la section intŽresse un quelconque des articles du fouet. 14. La diffŽrenciation des six articles de la hampe et des premiers articles du fouet pendant le dŽveloppement embryonnaire a ŽtŽ trs nŽgligŽe par les embryologistes, aussi les renseignements que fournit la littŽrature >> sont aussi incertains qu'insuffisants ; je vais d'ailleurs traiter le sujet dans la Note consacrŽe ˆ la hampe. La larve hexapode des Isopodes Žclot avec une antenne II en tout semblable ˆ l'adulte, ayant suivant le groupe hampe ˆ 5 ou 6 articles et fouet pluriarticulŽ. Au cours de la croissance, les articles de la hampe augmentent simplement de taille et leur phanŽrotaxie se complte, mais le fouet s'allonge de plus en plus par augmentation continue du nombre des articles. On dŽcrit cette multiplication de la faon suivante: l'article proximal du fouet, qui est plus long que les suivants, montre successivement ˆ sa surface des sillons circulaires qui sont les blastmes des articulations des nouveaux articles ; les nouveaux articles s'individualisent, en commenant par le plus distal, l'un aprs l'autre, en augmentant de longueur et en complŽtant la structure de leur articulation. Cet article proximal est donc un article prolifre qui produit, par sa rŽgion distale, dans le sens centrifuge, successivement, les nouveaux articles. De ce qui prŽcde, il rŽsulte que nos informations sur cette question sont lamentablement sommaires; elles sont de plus inexactes, comme on le verra plus loin. 15. Tous les articles de l'antenne II portent des phanres ; nŽgligeons dap.s cette Note ceux des articles de la hampe. La phanŽrotaxie

PAGE 8

LE FOUET ANTENNAIRE 539 du fouet a ŽtŽ ŽtudiŽe, plus en dŽtail, chez Asellus aquaticus auct. par deux auteurs qui sont arrivŽs aux rŽsultats suivants. TscHETWERmOFT (1911, p. 491) nomme les phanres du fouet Harchen et les dŽcrit comme formŽes par une rŽgion proximale plus longue, ˆ paroi chitineuse Žpaisse et par une. rŽgion distale plus courte qui semble dŽpourvue de paroi. Ces soies sont groupŽes par 4-5 en une rangŽe trans .. versale au bord distal de chaque article. Un nerf qui aboutit ˆ la base de chaque rangŽe, envoie une fibre dans chaque soie, ce qui leur assigne un r™le tactile. Les rangŽes de soies sont dŽviŽes d'un quart de cercle sur chaque article de sorte que tous les quatre articles se reproduit la mme disposition, en d'autres termes : c'est une disposition en spirale rŽgulire. Infolgedessen ist die ganze Oberflache der Geissel gleichmassig mit Harchen versehen. WEGE (1911, p. 220) constate que les phanres sont distribuŽes sur l'antenne << mit ziemlicher Gesetzmassikeit . Sur le fouet ces phanres sont des dŸne spitze Borsten , courtes, et disposŽes sous forme de brosses plates et larges au bord externe du pli articulaire de chaque article. Ces brosses sont disposŽes de faon ˆ former une bande longitudinale sur chacun des quatre c™tŽs du fouet, mais la 5e brosse surplombe la !fe, la 6e la 2e, la 7e la 3e, etc., donc entre deux brosses surplom hantes d'une mme bande longitudinale, se trouvent toujours 4 (sic) articles sans soies sur le trajet de cette bande. L'article terminal porte un faisceau de 3-5 soies. Ces descriptions, quoique trs courtes, contiennent, comme on le verra, un nombre Žtonnant d'erreurs. * J'ai rŽsumŽ dans les pages prŽcŽdentes tout ce qui a ŽtŽ dit d'essentiel sur l'antenne II, spŽcialement en ce qui concerne cet appendice chez les Isopodes. Ce n'est gure cohŽrent, ni propre ˆ apaiser le prurit explicatif qui tourmente tout vrai naturaliste. Si toutes les notions qui ont cours actuellement sur l'antenne II correspondaient .ˆ la vŽritŽ, si cet appendice Žtait organisŽ comme on se l'imagine, il faudrait renoncer ˆ tout jamais ˆ le comprendre et encore moins ˆ reconstituer les vicissitudes de sa longue histoire; mais heureusement il n'en est rien! Beaucoup de ces notions sont fausses, d'autres mal interprŽtŽes et beaucoup de donnŽes manquent.

PAGE 9

540 ƒMILE RACOVITZA Etudier le fouet sans idŽe prŽconue, redresser quelques erreurs, diriger les recherches du bon c™tŽ, tel va tre le but que je me propose dans les lignes qui vont suivre, et non la solution complte du problme, encore impossible faute de travaux prŽliminarres. Mais auparavant, il faut rŽsoudre une question prŽjudicielle, celle de l'orientation actuelle de l'antenne II, autrement il me serait difficile de me faire comprendre dans mes descriptions. II. Orientation actuelle de l'Antenne II. Pour un Žvolutionniste, et rares sont les naturalistes qui actuellement prŽtendent ne pas admettre cette doctrine, dŽclarer que n'importe quelle lignŽe a ŽtŽ diffŽrente de ce qu'elle est actuellement, c'est Žmettre un truisme. Oui! mais combien oublient que cette vŽritŽ banale doit tre toujours prŽsente ˆ l'esprit du morphologiste pour guider et contr™ler toutes ses recherches Il s'agit donc, ici, de l'orientation actuelle de l'antenne Il, car l'orientation primitive nous occupera dans une Note ultŽrieure. Ces deux orientations ont ŽtŽ certainement diffŽrentes ; par son insertion terminale, par sa direction dans l'axe du corps, par son simple aspect mme, cet appendice montre qu'il n'est plus orientŽ comme ses homologues et qu'il a subi une torsion axiale, peut-tre considŽrable. L'Žtude de sa structure confirme, comme on le verra, cette impression et nous permet d'Žtablir les conclusions suivantes : a) L'antenne II, est de tous les appendices segmentaires rostraux, celui qui a ŽtŽ le plus dŽviŽ de la position primitive transverse. b) Ce changement d'orientation doit tre historiquement trs ancien; il a d la spŽcialisation progressive de l'antenne dans la fonction tactile. c) Pour pouvoir prendre sa situation actuelle, pour rŽpondre aux transformations subies par son somite, pour s'adapter aux modifications de la rŽgion cŽphalique ˆ laquelle elle appartient maintenant, l'antenne II a subi une torsion qui ne permet plus d'homologuer ses bords et ses faces avec les bords et les faces des autres appendices segmentaires, sur la simple analogie d'orientation actuelle de ces parties. J'ai tenu ˆ faire ces constatations prŽjudicielles pour qu'il n'y ait pas d'Žquivoque au sujet des conventions que je vais Žtablir pour lu,

PAGE 10

LE FOUET ANTENNAIRE 541 orientŽe de l'anteDile ; ces conventions s'appliquent uniquequement ˆ l'orientation actuelle et ne fixent d'aucune manire les homologies des diverses rŽgions antennaires. Dans une cc Note antŽrieure (1923, p. 79), j'ai proposŽ une nomencla. FIG. 150. Stenasellus Vire> DoLLF. Croquis de J'antenne II dans la position naturelle de c flexion , face t e rgale, x 110. F, bord cŽphalique; sg, &quama; 1 -VI, articles de la hampe. lA ligne mŽdlotergale est IndiquŽe par le trait T polntlllŽ; Y_Z, direction de ta coupe reprŽsentŽe sur la figure 160. ture pratique des bords et faces du corps et des appendices de l'Isopode 1 o il est spŽcifiŽ que : cc 6. Les antennes et les pŽrŽiopodes seront supposŽs a:oir une 1. Cette nomencla.ture a ŽtŽ adoptŽe sans rŽserves par d e s carclno lo glstes trs experts comme A.roang c lll et V andel C'est de bon augure pour l'unification el nŽcessaire des termes employŽs djlnslesde81'riptlonsfatalement de plus en plus . par parler la mme languo scien tifique, et suttout un Idiome prŽcis rt c omprŽhensible 1t l' .

PAGE 11

542 ƒMILE RAOOVITZA section rhombo•dale et tre orientŽs avec leur grand axe perpendiculaire au grand axe du corps (transversaux). On distinguera pour les appendices entiers, comme pour les articles : les bords distal et proximal, tergal (supŽrieur) et sternal (infŽrieur) et les crtes et faces rostrale (antŽrieure) et caudale (postŽrieure). Voyons comment, en suivant ces conventions, peuvent s'identifier les faces et les bords de l'antenne II des Asellides, Isopodes qui nous serviront. exclusivement pour l'Žtude prŽsente du fouet, l. Les antennes II des Asellides sont trl3s longues et trs flexibles ; elles peuvent, dans presque toutes les directions, battre l'espace sur plus d'un demi-cercle (180¡). Toutes les articulations des articles de la hampe sont trs mobiles, mais l'articulation III-IV a plus de jeu que les autres, ce qui divise, au point de vue fonctionnel, l'antenne en une rŽgion proximale moins mobile, formŽe par le sympodite (art. l-Ill) et une rŽgion distale ˆ mouvements beaucoup plus amples. Les mouvements exŽcutŽs par l'antenne sont aussi bien des mouvements de flexion et d'extension dans divers plans, que des mouvements, limitŽs il est vrai, autour de son grand axe (de supination). 2. L' Asellide, au repos, donne ˆ ses antennes de prŽfŽrence deux attitudes ; il les Žtend en ligne parfaitement droite, dirigŽes vers l'avant et parallles au grand axe du corps, en extension, ou bien, il laisse le sympodite (art. I-III) en extension et recourbe le reste de l'antenne, la rame, vers l'arrire au moyen de l'articulation III-IV ; je dŽsignerai cette attitude par les mots: en flexion. Pour identifier les faces et les bords, je choisis naturellement l'attitude d'extension, mais nous examinerons ce que ces rŽgions deviennent eil flexion. 3. L'antenne II des Asellides est sur presque toute sa longueur cylindrique ou, plus correctement, cylindroconique ; seuls les articles l-Ill prŽsentent une certaine asymŽtrie qui permettrait, ¤1 la rigueur, de reconna”tre certaines faces par leur forme spŽciale. Il nous faut donc trouver des jalons ou des marques pratiques ˆ l'aide desquels les bords et faces puissent tre identifiŽs, quelles que soient les vicissitudes historiques subies par l'antenne dans les diverses lignŽes et quelle que soit leur orientation dans l'espace. Comme on le verra, ces marques d'identitŽ sont fournies par la squama et surtout par les phanres. 4. Prenons donc l'antenne du Stenasellus en extension. Les faces ou bords tergal et sternal sont la suite des faces du corps ; les bords se

PAGE 12

LE FOUET ANTENNAIRE 543 regardant des deux antennes sont les rostraux et les bords opposŽs les caudaux, car, suivant notre convention, l'antenne est supposŽe placŽe comme les pŽrŽiopodes mŽdians, perpendiculaire sur le grand axe du corps. La squama est donc insŽrŽe au bord caudal de l'art. III de la hampe, orientation qui ne peut tre primitive ; nous aurons ˆ revenir sur l'importance de cette constatation. 5. Prenons maintenant la mme antenne en flexion ; l'orientation du sympodite ne s'est pas sensiblement modifiŽ, mais la rame en se s. FIG. 160. Stenasellus Virei DOLLF. Coupe schŽmatique de l'antenne IT dans la position naturelle de c flexion ct suivant la ligne YZ de la ligure 150. sq, squame ou seconde rame lnvoiuŽe; III et V, coupe des art. III et V de la hampe; a, dlrec tion caudale; R, rostrale ; S, stcrnalc ; T, tcrl!'alc. rabattant vers l'arrire a effectuŽ un mouvement de supination d'environ 450 qui a ramenŽ le bord rostral du c™tŽ tergal. D'aucuns pourraient me reprocher la minutie pŽdantesque de ce qui prŽcde. A ceux-lˆ je rŽpondrai que, pour homologuer des entitŽs, je ne connais pas d'autre moyen que de les identifier d'abord et, pour faire conna”tre ensuite les homologies trouvŽes, que de les dŽsigner clairement. Et puis, si je n'avais pas procŽdŽ ainsi, je n'aurais pas pu constater que les phanres sont surtout concentrŽes au bord rostral actuel, ce qui contredit les observations de mes devanciers, ni expliquer pourquoi il

PAGE 13

544 ƒMILE RACOVITZA en est ainsi, ni arriver ˆ voir les autres dispositions si curieuses relatŽes plus bas, ni dŽcouvrir le comment et le pourquoi de la structure de l'antenne. Et cette simple constatation me fournit tout apaisement. III. ƒtude du fouet de l'Antenne II de Stenasellus. Le choix de Stenasellus, pour nous introduire dans l'Žtude de la structure du fouet, rŽsulte des considŽrations que j'ai exposŽes ˆ une autre occasion (1924, p. 87-88). Si les Asellides ont ŽtŽ choisis, parmi les Isopodes, parce que je les considre comme trs primitifs, c'est pour la mme raison que je prends Stenasellus comme point de dŽpart de mes descriptions. Cette lignŽe homogne de cavernicoles possde, en effet, de nombreux organes moins spŽcialisŽs que ceux des autres lignŽes du groupe, plus voisins par consŽquent de ceux de la forme souche. D'autre part, le dŽveloppement mme que prend l'antenne chez les troglobies Žlimine la cause d'erreur pouvant rŽsulter d'une rŽduction ou involution adaptative nŽogŽnique. l. Le fouet d'un St. Gjorgjevici ()' de 9 mm. est formŽ par 40 articles presque rŽgulirement cylindriques, mais de dimensions diverses (fig. 161). En largeur, les articles diminuent progressivement jusqu'au dernier qui est cinq fois plus Žtroit que le l. En longueur les proportions sont plus variŽes. L'art. 1 est presque deux fois plus long que le 2 et c'est ce qu'on constate gŽnŽralement, mais il peut aussi tre beaucoup plus court, sans atteindre cependant la rŽduction de l'art. 2. Les art. 2 ˆ 7 sont d'Žgale longueur ou montrent une faible augmentation progressive ; quelquefois ils montrent des diffŽrences non progressives de longueur. L'art. 8 est nettement plus long que le 7, et ˆ partir de cet article l'augmentation de longueur progresse rŽgulirement jusqu'au 33 ; le 15 est aussi long que le 1, et le 33 de moitiŽ plus long. A partir du 34 la longueur diminue progressivement jusqu'au dernier qui Žgale en longueur le 1 ou les 2/3 de la longueur du 33. En rŽsumant cette description et en lui donnant une forme plus gŽnŽrale, on obtient la formule suivante qui s'applique non seulement ˆ tous les Stenasellus, mais ˆ tous les Asellides : A. La largeur diminue progressivement et rŽgulirement depuis l'article proximal jusqu'au plus distal.

PAGE 14

;1!_ -...: e 1 ?/" r::V ; 1 0 FIG, 161. Stencuellu GjorgjeviŽi RACO d (0 mm ) de RAvnnlka pelnn (BIOSP: n¡ 1147), Ser!Jin. Fouet de l'ontenne II go.uch c face strr nnle x 110 C, bord caudal; R, bord rostral; VI, dnol<'r nrtlcl c d Jo. ho.mpc; 1 ˆ 40, artlch du fom t Scuh ruent qu e lqu es sol< ont Žt Ž flgur s e n eutltr, lt s stcrnnles nu trait p lri n, les tergal e s en pointillŽ; le rest e d es soles est indiquŽ pnr leur Jnscrtion,lcs stcrno.l es, cell
PAGE 15

546 ƒMILE RACOVITZA B. La longueur des articles varie d'aprs des lois spŽciales pour chacune des quatre rŽgions suivantes : a) Art. 1, en gŽnŽral, beaucoup plus long que les articles immŽdiatement suivants, mais aussi quelquefois assez court ; sa longueur est essentiellement variable. b) RŽgion des articles subŽgaux, formŽe par moins de 12 articles gŽnŽralement plus larges que longs et souvent sensiblement de mme longueur, mais souvent aussi variant irrŽgulirement. Cette rŽgion proximale sera dŽsignŽe par les mots : RƒGION P. c) RŽgion des articles progressivement allongŽs, formŽe par plus des trois quarts du nombre total des articles chez l'adulte. Cette rŽgion mŽdiane portera la dŽsignation de RƒGION M. d) RŽgion des articles progressivement raccourcis, formŽe par les quelques articles distaux qui terminent le fouet, la RƒGION D. Ces quatre rŽgions se retrouvent donc, se succŽdant dans le mme ordre, chez tous les Asellides ; ce qui varie, mme individuellement , c'est la limite des trois dernires, c'est-ˆ-dire le nombre des articles qui les forme. Rappelons que l'art. 1 est .l'article prolifre des auteurs, qui produit les autres articles par segmentation continue et successive de sa rŽgion distale ; le sens de la diffŽrentiation des articles est centrifuge. C'est, du moins, ainsi que les carcinologistes conoivent actuellement la formation et l'accroissement du fouet. 2. Je manque de renseignements prŽcis sur le dŽveloppement embryonnaire du fouet et de ses articles, mais j'ai examinŽ, chez St. Virei, des larves hexapodes, extraites de la poche incubatrice et mesurant 1,5 et 2 mm. Toutes ces larves avaient 9 articles au fouet des antennes II. La largeur de ces articles diminue progressivement et rŽgulirement jusqu'au dernier qui est 2 fois plus Žtroit que l'art. 1 (fig. 168). L'art. est ˆ peine plus long que les art. 2 et 3 Žgaux en longueur mais ˆ partir de l'art. 3 la longueur augmente progressivement et rŽgulirement jusqu'au dernier qui est presque de moitiŽ plus long que l'art. l. Dans cette antenne larvaire on ne peut donc distinguer que trois rŽgions au point de vue de la longueur des articles ; les deux premires sont les homologues des deux premires rŽgions (art. 1 et P) de l'adulte, et la troisime devrait donc tre l'homologue des rŽgions M et D rŽunies, mais en rŽalitŽ, comme on le verra, la rŽgion M manque. 3. Les phanres qui garnissent le fouet sont des soies d'une seule

PAGE 16

' ..... 1 ,., )5 .. '- j, _, ,.. .,.. ';;:) l-v Gl e 0 0 .. 0 0 0 0 8 0 0 0 0 0 0 () 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 .. 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 " 1::-1 l:.;j c c:::: l;: -+ c; FIO. 102 ˆ 164. t.lo fou
PAGE 17

548 ƒMILE RAOOVITZA sorte, ou du moins, elles paraissent telles, car je n'en ai pas ŽtudiŽ la structure histologique fine. Ces soies sont cylindroconiques, trs minces et effilŽes, sensiblement de mme longueur sur tous les articles ou augmentant lŽgrement de longueur du c™tŽ distal. Sur le dernier article, sont cependant plus longues, et l'apicale est gŽnŽralement beaucoup plus longue ; nous ne nous occuperons pas ici de ce faisceau apical hors sŽrie, dont la signification morphologique est autre que celle des pha:nres distaux des articles. Ce dernier article doit constituer une cinquime rŽgion du fouet, la rŽgion U, ultime ou terminale. 4. La distribution de ces phanres sur le fouet est d'un haut intŽrt morphologique, que les carcinologistes ont ignorŽ jusqu'ˆ prŽsent, parce qu'ils n'avaient pas poussŽ l'analyse assez loin et parce qu'ils se sont contentŽs d'ˆ peu prs, parfaitement erronŽs d'ailleurs. Ne faisons pas comme eux, mais Žtudions attentivement l'emplacement de chaque soie sur toute la longueur du fouet. Pour nous faciliter cette t‰che, que j'avoue fastidieuse, j'ai confectionnŽ des diagrammes, suivant une mŽthode qui sera expliquŽe plus loin, qui nous permettent sans fatigue et sans longues descriptions de nous rendre compte des lois de rŽpartition des phanres, car il des lois suivant lesquelles les soies se distribuent avec une Žtonnante rigueur. Prenons le fouet ˆ 46 de l'antenne II droite d'une 11 mm. de St. Virei; un simple coup d'il sur son diagramme (fig. 165) nous permet de vŽrifier un certain nombre de rgles ci-dessous ŽnumŽrŽes. A. Les soies sont insŽrŽes au bord distal de chaque article en une rangŽe transversale, toujours unique dans les rŽgions ˆ articles progressivement allongŽs (M) et raccourcis (D), le plus souvent unique ˆ l'article 1 et dans la rŽgion des articles subŽgaux (P). Ainsi dans les rŽgions Met D du fouet, le corps de 'article est toujours nu et la rangŽe des soies est toujours unique. Je n'ai pu constater que de trs rares exceptions ˆ cette rgle : une ou deux soies fixŽes sur le corps de l'article, mais il s'agissait manifestement de ce qu'on est convenu d'appeler<< monstruositŽs , con,sŽcutives de lŽsions ou bien, en d'autres cas, produite par la soudure congŽnitale suiVie de fusion de deux articles ; la structure de l'article indiquait avec Žvidence, le plus souvent, que les soies insŽrŽes sur le corps de l'article faisaient partie de la rangŽe distale de l'article qui s'Žtait soudŽ ˆ l'article qui le prŽcŽdait. A l'art. 1 et dans la rŽgion P s'insre souvent une seconde rangŽe de soies sur le corps de l'article et ˆ des niveaux variables, mais il s'agit

PAGE 18

.. ., "' !" "' 0 0 !"' "' ;.;, :0 "' ... c::: .,. 1 !" "' !" 1 :"' "' ... ... :: 0 ¤ ¤ ¤ .... s:o\ ¤ ¤ ;., ¤ 0 ¤ '- ;,. ... 0 ¤ FIG. 166 il. 170. Diagrammes de fouets du genre Stenasellus, Žtablis suhnnt les comcntlons de ln page r,55; pour l'explication des lettres voir ligure 160. 165 = St. Vire\ Dot.LF. 9 (11 mm ) de ln grotte du Montdc-Chno (BIOSP., n 152), Haute-Garonne (France), fouet droit; 166= St. J•rei DOLLF. pullus (2 mm.) idem {BIOSP., n 556), fouet gauche; 167 Idem, rouet droit; 168=, Idem, antenne II droite, fncc tergale ( x 180) ; 169 = SI. Virei Dot.t.F. pull us (1,6 mm.), idem (BtoSP. n 162), fouet droit; 170=, Idem, fouet gauche. .... !'1

PAGE 19

550 ƒMILE RAOOVITZA ici d'une disposition normale dont la signification sera expliquŽe plus loin. La rangŽe distale est insŽrŽe toujours un p!'lu au-dessous du niveau du fond du repli constituant l'articulation, donc trs prs du bord distal. B. Le nombre des soies par rangŽe, toujours faible, est sensiblement constant dans une mme lignŽe et surtout dans les diverses sortes de rangŽes de soies. Ce nombre varie, chez les espces ŽtudiŽes, de 3 ˆ 6, rarement il monte ˆ 7. Chez de St. Virei (fig. 16S), prise comme guide, le nombre de 4 est si constant que seuls font exeption les articles 1, 3, 7, 40, 44 et 45, c'est-ˆ-dire des articles appartenant aux rŽgions art. 1, P et D o les irrŽgularitŽs sont normales , et l'art. 26 de la rŽgion M << rŽgulire n, encore n'ai-je pas vŽrifiŽ si la soie portŽe manquante n'Žtait pas en rŽalitŽ une soie acidentellement arrachŽe. Ce chiffre de 4 est typique pour toutes les rangŽes chez St. Virei; chez St. Gjorgjevici (fig. 161 et 162), il reste typique pour certains modes de rangŽes, mais est remplacŽ par le chiffre 3 pour certains autres modes. On verra dans les autres hapitres comment ces chiffres varient chez les divers Asellies, mais il bien que le chiffre 4 est la formule originelle, fondamentale et typique de laquelle sont parties les variations plus comme en moins. C. Les soies sont rassemblŽes presque toutes sur la moitiŽ rostrale du fouet, disposition nettement asymŽtrique. Un simple coup d'il sur les diagrammes (fig. 162, 165, 171) suffit pour dŽmontrer cette rgle; sur la moitiŽ caudale-les soies manquent sauf sur le bord caudal mme o on les rencontre isolŽes et trs espacŽes. Cette disposition, trs nette et constante chez St. V irei, tend ˆ se modifier lŽgrement chez St. Gjorgjevici dans la rŽgion du fouet ; deux des sortes de rangŽes dŽfinies plus loin quittent progressivement le bord rostral pour devenir de plus en plus mŽdiosternales. Nous aurons l'occasion de constater semblables << migrations pour d'autres lignŽes d' Asellides ; la tendance ˆ la migration sternale ou tergale de certaines sortes de rangŽes est nette, mais la torsion de la rŽgion distale du fouet est Žgalement un fait qui risque de masquer la rŽpartition rŽelle des soies. Quoi qu'il en soit, c'est l'asymŽtrie qui est la loi gŽnŽrale de la distribution des soies le long des bords du fouet et non la symŽtrie., comme le prŽtendent mes devanciers. Cette asymŽtrie est surtout bien marquŽe dans la rŽgion M, ˆ dispo

PAGE 20

LE FOUET ANTENNAIRE 551 sition rŽgulire des soies ; dans les rŽgions art. 1, P et D, elle est souvent moins frappante, et dans ces cas, c'est le secteur sternal qui se couvre de soies au dŽpens du secteur rostral. D. L'arrangement des soies dans les rangŽes transversales distales des articles se fait suivant quatre modes qui se succdent dans la rŽgion M dans T. /! R._ _c. H. o. s. FIG. !il. d'une section complte de ln rŽgion M du fomt du genre Slenasellus (Sl. Viret), projection verticnlc de la disposition typique des modes A, Ca, D ct Cb. MoitiŽs tcrp;alc OTR, rostrale TRS, stt>rnnlc RSO, caudale SOT, Secteurs tt>rp;nl PTM, rostrnl III RN, stt>rnal NSO, rnudal OOP, secteurs tcrgo-rostral TMR, rostro-st<>rnnl RNS, stt>rnocnudnl SOC, caudo-tcrgal CPT. Demi-secteurs tcrgalrostrnl TM rostrnl-tt>rgal RM, rostral stcrnal RN, etc. 1m ordre ngoureux et qui se reproduisent identiques tous les quatrimes articles. Cette disposition, si remarquable, peut tre vŽrifiŽe facilement sur le dessin du fouet (fig. 161} fait ˆ la chambre claire ; elle saute aux yeux sur les divers diagrammes. Pour l'Žtudier chez Stenasellus, nous nous servirons des diagrammes qui reprŽsentent l'antenne droite du St. Virei,

PAGE 21

552 ƒMILE RACOVITZA vue par la face tergale (fig. 165) et cinq articles de la rŽgion M, vus en projection horizontale par leur bord distal (fig. 171 ). Faisons d'!!-bord une premire constatation. Dans les rŽgions :art. 1, Pet D, ni les modes des soies, ni la succession des modes ne se font de faon rŽgulire; nous avons dŽjˆ fait constatation analogue ˆ propos du nombre des soies par rangŽes. Par contre, dans la rŽgion M, aussi bien l'arrangement des soies, que la succession des modes suivent avec une Žtonnante rigueur la loi formulŽe plus haut ; cette structure rigoureusement (( ordonnŽe se manifeste Žgalement, comme on l'a vu, dans le nombre toujours constant des soies de chaque rangŽe. Je vais maintenant dŽcrire et dŽnommer les quatre modes d'arrangement des soies dans rangŽes de la rŽgion M. 1. MoDE A. Toutes les soies sont rŽparties dans la moitiŽ tergale de l'article (fig. 171, RTO), en ordre dispersŽ, en trois endroits diffŽrents. Une soie est insŽrŽe au bord caudal mme, et ce n'est que dans les articles les plus distaux qu'elle semble se dŽplacer lŽgrement du c™tŽ sternal (fig. 161, art. 31 et 35), par suite de la torsion dŽjˆ signalŽe du sommet de l'antenne. Une seconde soie s'insre sur la moitiŽ rostrale du secteur tergal (fig. 171, TM) ; elle tend Žgalement ˆ se rapprocher du bord tergal mme, dans les articles distaux. Un groupe formŽ par les troisime et quatrime soies, la dernire insŽrŽe au bord rostral mme, l'autre un peu plus tergalement. Ce groupe rostral est le seul ˆ montrer quelques rares variations ; ainsi la troisime soie peut manquer (fig. 162, art. 11, 31 et 35, fig. 163, art. 11 et 15, fig. 164, art. 24) ou avoir une compagne (fig. 163, art. 24). Si l'ordre dispersŽ caractŽrise l'arrangement du mode A, c'est l'ordre concentrŽ qui caractŽrise celui des modes suivants ; cela leur donne un aspect si semblable que leur distinction peqt para”tre arbitraire et inutile. Ils diffrent cependant par leur origine, par leur situation (( topographique ainsi que par les variati9ns propres ˆ chacun et indŽpendantes des variations des autres. Tout ceci sera dŽmontrŽ dans la suite ; pour l'instant, il nous suffit de savoir que ce sont rŽellement des entitŽs qu'il est nŽcessaire de distinguer. 2. MoDE B. Les quatre soies sont concentrŽes dans la moitiŽ sternale du secteur rostral (fig. 171, RN), une des soies est insŽrŽe au bord rostral mme, le plus souvent ˆ. une courte distance du groupe serrŽ des

PAGE 22

LE FOUET ANTENNAIRE 553 trois autres soies ˆ insertion plus sternale. C'est la structure (fig. 171, B) du mode B, mais l'on observe des variations ; une trs rare, la disparition d'une des soies (fig. 162, art. 9, 21, 25 ; fig. 164, art. 21) du groupe sternal. L'autre variation est trs frŽquente :c'est la tendance de la rangŽe entire ˆ Žmigrer dans la moitiŽ tergale du secteur rostral. Cette tendance se rŽalise progressivement ˆ partir d'un niveau variable (fig. 164, art. 17 ; fig. 165, a:r;t. 27), mais presque toujours dans la rŽgion distale du fouet, ce qui est en rapport avec la torsion dŽjˆ mentionnŽe du sommet du fouet. Chez St. GjorgjeviŽi (fig. 162), la soie isolŽe est dŽplacŽe du c™tŽ tergal ds l'art. 13, mais le groupe ne la rejoint dans ce secteur qu'ˆ partir de l'art. 32. 3 et 4. MoDES C. Les quatre soies de chacun de ces deux modes sont concentrŽes dans le quart de cercle rostral de la moitiŽ sternale du fouet (fig. 171, SNR) et insŽrŽes en un groupe compact vers le milieu de l'arc de cercle ainsi dŽlimitŽ. Mais des variations interviennent ici Žgalement : rare disparition d'une soie (fig. 165, art. 26, 40; fig. 164, art. 8, 10) ; tendance ˆ l'isolement de la soie la plus rostrale par la production d'un faible intervalle la sŽparant du reste de la ra.ngŽe, variation trs frŽquente dans toutes les lignŽes; migration simultanŽe ou indŽpendante des deux modes tant™t du c™tŽ sternal, tant™t du c™tŽ tergal, sans jamais arriver ˆ passer entirement dans la moitiŽ tergale du fouet. Si ces deux modes Žtaient homologues, la formule de leur succession serait : A 0 B 0 A 0 B 0 A, etc., et il en rŽsulterait que l'intervalle de sŽparation entre les modes A et B serait de 3 articles et celui des modes 0 serait de 1 article. Or, comme je l'ai dŽjˆ affirmŽ, les modes 0 ne sont pas homologues ; je les distingue et les dŽfinis ainsi: MoDE Ca:. La rangŽe 0 prŽcŽdant immŽdiatement la rangŽe A, c'est-ˆ-dire celle qui est situŽe du c™tŽ proximal de A. MoDE Ob. La rangŽe 0 prŽcŽdant immŽdiatement la rangŽe B, c'est-ˆ-dire celle qui est situŽe c™tŽ proximal de B. La formule exacte de la succession des modes doit donc s'Žcrire ainsi: A Ga B Ob A Ca B Ob A, etc.; l'intervalle de sŽparation entre tous les modes est de 3 articles. C<;mnaissant maintenant la distribution des soies dans la rŽgion M du fouet, dans la rŽgion de l'ordre parlait, nous pouvons aborder avec fruit l'Žtude des autres rŽgions ˆ structure moins rŽgulire.

PAGE 23

554 ƒMILE RAOOVITZA 5. ARTICLE 1. Au fouet que nous Žtudions (fig. 165) cet article ne porte que deux soies, ˆ un autre exemplaire (fig. 163) une seule. La disposition de ces soies montre qu'il s'agit d'une rangŽe incomplte de mode A, qui possde toujours sa soie caudale, qui possde le plus souvent sa soie tergale, mais qui ne possde pas de groupe rostral. 6. RƒGION PROXIMALE (P). Chez notre type (fig. 165) cette rŽgion est constituŽe par l'art. 2 ˆ rangŽe de mode A typique, l'art. 3 ˆ mode B, l'art. 4 ˆ mode Ca et l'art. 5 ˆ mode A, tous Žgalement typiques. Les autres fouets de Stenasellus (fig. 162, 163 et 1 64) ont une rŽgion}' formŽe par l 'art. 2 de mode B et l'art. 3 de mode A. Ce qui caractŽrise donc cette rŽgion, c'est que les modes A et B, le plus souvent complets, sont en contact direct ; les rangŽes de modes Ca peuvent exister, mais les rangŽes de mode Cb manquent. 7. RƒGION DISTALE (D). Chez le type choisi (fig. 165) on constate la disposition suivante ˆ partir de la pointe : art. 46 terminal ; art. 45 : 3 soies ˆ disposition amodale ; art. 44 : 3 soies tergales ˆ disposition amodale rappelant vaguement le mode A; art. 43 : mode B ; art. 42 : mode Cb. Mais art. 41 : mode A ; art. 40 :mode Ca incomplet; art. 3() et suivants ˆ sŽrie rŽgulire. Deux autres fouets (fig. 163 et 164) nous montrent des dispositions analogues : art. 31 : 4 soies ˆ disposition amodale ; art. 30 : disposition << amodale >> A ; art. 29 : mode B ; art. 28 : mode Cb ; art. 27 et suivants ˆ sŽrie rŽgulire. La rŽgion distale est donc caractŽrisŽe par quelques articles terminaux ˆ disposition << amodale >>, ce nŽologisme Žtant destinŽ ˆ Žviter la rŽpŽtition de la phrase : qui n'est pas conforme aux quatre modes typiques. Elle prŽsente aussi des successions anormales des modes reconnaissables. 8. LE FOUET LARVAIRE. Examinons les diagrammes de deux paires de fouets (fig. 166 ˆ 170) qui proviennent de larves hexapodes. L'art. 1 se prŽsente exactement comme chez l'adulte; ˆ l'un des fouets (fig. 169) les soies manquent, mais nous verrons que le cas se prŽsente aussi chez l'adulte. Chez un exemplaire (fig. 166 et 167) l'art. 4 prŽsente une rangŽe suivant le mode A typique, mais l'art. 3 ne porte qu'une soie (rangŽe Ca incomplte 1) et l'art. 2 peut tre une rangŽe B, mais atypique. Ces trois articles sont proba-blement les reprŽsentants de la rŽgion proximale P,

PAGE 24

LE FOUET ANTENNAIRE 555 L'art. 8 porte une rangŽe rostro-sternale amodale ; l'art. 7 une rangŽe amodale >> rappelant vaguement le mode A; l'art. 6 une rangŽe B atypique et l'art. 5 une rangŽe Ob normale, puis suit une rangŽe A. Cette disposition des art. 4 ˆ 8 rappelle compltement la structure de la rŽgion distale de l'adulte. L'autre larve (fig. 169 et 170) montre des dispositions trs semblables, de sorte que nous pouvons conclure que : Chez la larve ˆ 9 articles, ˆ un art. 1 conformŽ comme chez l'adulte, succde une rŽgion proximale (P) ˆ chŽtotaxie appauvrie, puis une rŽgion distale (D) prŽsentant dŽjˆ les caractres des adultes. La rŽgion rŽgulire M manque encore compltement. Il nous faut maintenant voir ce que deviennent nos rŽgions, modes, rgles, lois, chez les autres lignŽes d' Asellides, mais je tiens auparavant ˆ prŽciser la mŽthode employŽe la confection des diagrammes, expliquer les conventions nŽcessaires ˆ leur construction, ainsi que dŽfinir quelques termes. Pour se comprendre et s'entendre, rien ne vaut un langage clair et net. IV. Explications sur les et la nomenclature. Pour faire tenir tous les dŽtails dont j'ai besoin sur des dessins de fouet ˆ la chambre claire, il faut employer une trop grande Žchelle; la figure 161 exŽcutŽe de cette faon le dŽmontre. Cela reprŽsente, en outre, beaucoup de temps perdu et de frais de reproduction gaspillŽs, puisque des diagrammes bien Žtablis rendent de meilleurs services Žtant plus parlants et plus aisŽment comparables. J'ai donc remplacŽ les dessins par les diagrammes que j'Žtablis d'aprs les rgles ci-dessous ŽnumŽrŽes. A. DIAGRAMMES DE FOUETS VUS PAR LA FACE TERGALE. L'antenne qui figure dans le diagramme est toujours orientŽe comme je l'ai indiquŽ au dŽbut de cette Note (p. 540), c'est-ˆ-dire en extension; le fouet qui est seul reprŽsentŽ est mis en place dans le texte avec sa rŽgion proximale au bas de la page. a)Le fouet est toujours reprŽsentŽ par la face tergale; le diagramme

PAGE 25

556 ƒMILE RAOOVITZA est donc la projection horizontale du fouet cylindroconique sur le plan passant par le diamtre qui unit le bord rostral au bord caudal (fig. 171, RO); il en rŽsulte qu'au fouet de l'antenp.e droite, le bord caudal est ˆ droite et le rostral ˆ gauche et qu'au fouet de l'antenne gauche, le bord caudal est ˆ gauche et le rostral ˆ droite. 1 b) L'art. 1 du fouet est environ 5 fois plus large que l'apical, mais cette proportion n'a pu tre conservŽe dans les diagrammes car, pour donner une largeur utilisable au sommet, il aurait fallu accorder ˆ la base des proportions incompatibles avec une utilisation Žconomique de la place rŽservŽe aux figures. J'ai choisi donc arbitrairement pour l'art. 1la proportion qui m'a semblŽ la i;!lus convenable pour l'exŽcution du diagramme, celle de 3 fois la largeur de l'article pour l'adulte et de 2 fois cette largeur pour la larve. De cette dŽformation du diagramme il rŽsulte que, si dans la moitiŽ proximale les intervalles entre les soies d'une mme rangŽe sont rendues avec leurs proportions normales, dans la moitiŽ distale ces intervalles sont progressivement exagŽrŽs. c) On a vu que la longueur des articles varie dans les diverses rŽgions du fouet (p. 546) ; il m'a semblŽ que reproduire cette diversitŽ Žtait complication inuti).e ˆ notre. but et j'ai figurŽ Žquidistantes, dans les diagrammes, toutes les rangŽes de soies. J'ai supprimŽ les sŽparations entre les articles comme superflues, puisque ce qui nous importe ce sont les rangŽes de soies, et qu'il n'y en a qu'une par article; j'ai, par contre, figurŽ les limites articulaires pour les fouets ˆ double rangŽe de soies par article pour d'es raisons de clartŽ. d) Les soies qui s'insrent sur la moitiŽ tergale du fouet et sur les bords mmes caudal et rostral, donc celles qui se prŽsentent ˆ l'observateur, sont figurŽes par des ronds noirs ; les soies insŽrŽes sur la moitiŽ sternale, celles cachŽes ˆ l'observateur, sont figurŽes par des blancs. Pour les rangŽes de mode B, j'ai adoptŽ une notation spŽciale pour mieux faire ressortir l'alternance des modes. Ces rangŽes sont formŽes par une soie, insŽrŽe au bord rostral mme, que je figure par un rond noir, et par un groupe serrŽ de trois soies sternales, gŽnŽralement insŽrŽes dans son voisinage immŽdiat, que je figure par trois petits traits. Quand le groupe est tout entier sternal et voisin, je rassemble les traits en un petit faisceau (fig. 165, art. 19) ; quand il passe en tout ou en partie sur la moitiŽ tergale, je figure chaque soie par un trait isolŽ (fig. 165, art. 31). Il va sans dire que la juxtaposition de deux soies sur des faces oppo

PAGE 26

LE FOUET ANTENNAIRE 557 sŽes nŽ peut pas tre reproduite sm les diagrammes; ce cas, je figure un rond noir et un blanc accolŽs. e) Les divers diagrammes sont dŽsignŽs par leur numŽro de figures, et les divers articles par leur numŽro B. DIAGRAMME D'UNE PORTION DE FOUET vUE PAR LA SECTION DISTALE: Pour mie:ux faire comprendre les modes de groupement des soies dans les rangŽe!'!, et la disposition de ces rangŽes ˆ la surface du fouet, je reprŽsente. dans ces sortes de diagrammes la projection horizontale des bords distaux de cinq consŽcutifs (fig. 171). Le cercle le grand bien entendu le bord distal de l'art. le' plus proximal et le le plus petit, celui de l'article le plus distal ; la sŽrie d'articles est .donc vue par la pointe . La distance entre les cercles, donc la diffŽrence de diamtre des articles est trs exagŽrŽe, cela va sans dire. Le c™tŽ tergal est tournŽ vers le haut, le sternal vers le bas de la page ; le c™tŽ caudal est ˆ droite,' le :rostral ˆ gauche. L'orientation de ces diagrammes correspond donc ˆ celle des autres sortes de diagrammes reprŽsentant les fouets des antennes droites. Les rangŽes du mode . sont reprŽsentŽes par des ronds noirs, celles du mode B par des ronds grisaillŽs et celles des modes 0 par des ronds blancs. 0. LA NOMENCLATURE ADOPTƒE j RAPPEL DES TERMES DƒJA DƒFINIS DƒFINITIONS NOUVELLES. Une nomenclature dŽtaillŽe et prŽcise me permettra des descriptions courtes et une mention abrŽgŽe des variations. Dans le fouet on distingue cinq rŽgions (p. 546). I. ART. 1, prolifre, de longueur variable, ˆ chŽtotaxie incomplte, mais de mode A. II. RƒGION P, proximale pro1ilre, de 2 ˆ 11 articles subŽgaux en longueur, ˆ chŽtotaxie souvent incomplte, ˆ succession de modes atypique. III. RƒGION M, mŽdiane_, ˆ articles progressivement allongŽs et amincis, ˆ chŽtotaxie complte, ˆ succession de modes typique, ˆ structure trs ordonnŽe. IV. RƒGION D, distale, ˆ articles progressivement raccourcis et amincis, ˆ amodale ,_ ˆ. succession de modes atypique et ˆ carac tres larvaires. V. RƒGION U, formŽe par l'arti:le apical dont nous nous occuperons une autre fois.

PAGE 27

558 ƒMILE RACOVITZA Dans chaque article, il faut distinguer les bords, les moitiŽs et les secteurs en rapport av:ec les quatre points cardinaux de l'orientation adoptŽe : tergal (T), sternal (S), rostral (R) et caudal (0). L'article Žtant cylindrique, ces rŽgions ne peuvent pas avoir de limites rŽelles comme aux pŽrŽiopodes; leurs limites ne peuvent tre que virtuelles et Žtablies par des subterfuges mathŽmatiques ; la figure 171 nous servira pour les dŽfinir. I. BoRDS : distal et proximal ; tergal, sternal, rostral et caudal aux points d'intersections des diamtres TS et RC avec le bord distar et, pour Žviter les mŽprises, !nous dirons pour dŽsigner ces points : le bord tergal mme, sternal mme, etc. II. MoiTIƒS : [tergale (RTC), sternale (RSC), rostrale (TRS) et caudale (TCS). III. SECTEURS : tergal (MTP), sternal (NSO), rostral (MRN) et caudal (POO), tergo-rostral (TM R), (RN S), sternocaudal (800), caudo-tergal (CPT). Les demi-secteurs tergal-rostral (TM), rostral-tergal (RM), rostral-sternal (RN), etc. Les secteurs : tergal, sternal, rostral et caudal, correspondent aux faces de mme nom oRs articles prismatiques. Les soies forment normalement une seule rangŽe distale par article et elles se disposent dans la rangŽe suivant quatre modes. I. MoDE A. Toujours avec une soie au bord caudal mme (la caudale) ; chez Stenasellus, une autre soie dans la moitiŽ rostrale du secteur tergal (la tergale) suivie de deux soies rostrales (les rostrales) dont une au bord mme et l'autre immŽdiatement voisine tergalement ; chez les autres genres une soie isolŽe (la tergale) suivie d'une sŽrie compacte de trois autres (les rostrales), gŽnŽralement insŽrŽes au milieu ou dans la moitiŽ rostrale du secteur tergal. L'article porteur de ce mode, ou article initial, sera dŽsignŽ Žgalement par la lettre A. II. MoDE B. Une soie au bord rostral mme, sŽparŽe par un faible intervalle d'un groupe sternal qe trois soies trs rapprochŽes. L'article porteur de ce mode ou article second, sera dŽsignŽ Žgalement par la lettre B. III. MoDE Ca. Un seul groupe rostro-sternal de quatre soies trs rapprochŽes. L'article porteur de ce mode, ou article tiers issu de A, sera Žgalement dŽsignŽ par les lettres Ca. IV. MoDE Ob. Un seul groupe rostro-sternal de quatre soies trs

PAGE 28

LE FOUET ANTENNAIRE 559 rapprochŽes. L'article porteur de ce mode ou article tiers issu de B, sera Žgalement dŽsignŽ par les lettres Ob. On rencontre aussi des modes autres que les quatre dŽcrits plus haut, notamment chez la larve et dans la rŽgion D de l'adulte. ll faut donc distinguer les deux cas suiva;nts : I. ARRANGEMENT MODAL quand un des quatre modes est rŽalisŽ. II. ARRANGEMENT AMODAL dans tous les autres cas. La succession des quatre modes ou sortes d'articles se fait de deux faons : I. SuccESSION TYPIQUE. Dans !a rŽgion M du fouet elle se fait rigoureusement d'aprs la formule suivante : Distal -+A CaB Ob A CaB Ob A, etc., -+Proximal. II. SuccESSION ATYPIQUE. Les articles ne se suivent pas rigoureusement d'aprs la formule, ˆ cause de lp. disparition de Ob, ou des deux 0, ou bien par suite de la prŽsence d'articles ˆ arrangement amodal des soies. Le cas se prŽsente dans les rŽgions P et D du fouet. -Chaque article A constitue, avec les articles B et 0 qui le prŽcdent, une entitŽ dont il faut nŽcessairement tenir compte dans l'Žtude du fouet et que je nol?me: section. Nous distinguerons donc, dans le fouet, quatre rŽgions, formŽes chacune par un certain nombre de sections qui peuvent tre de trois sortes : I. SECTION COMPLTE, formŽe par quatre articles ˆ succession typique : A CaB Ob et arrangement modal. II. SECTION INCOMPLTE trivalente, si elle est formŽe par les trois articles A CaB, et si elle est formŽe par les deux articles AB, que l'arrangement soit franchement modal avec le nombre rŽglementaire de soies, ou reconnaissable comme modal avec un nombre moindre ou plus ŽlevŽ de soies. III. SECTION ATYPIQUE pourvue d'un article A reconnaissable, mais dont les soies d'une partie ou de tous les autres articles sont insŽrŽes en arrangement amodal. Les soies des divers modes conservent quelquefois le mme rapport avec les bords, c'est-ˆ-dire qu'elles s'insrent ˆ la mme distance relative du bord sur toute la longueur du fouet (fig. 165, 186, 190, etc.) Le plus souvent elles montrent, dans toutes les lignŽes, une tendance au dŽplacement qui se fait progressivement ˆ partir du proximal vers le

PAGE 29

560 ƒMILE RACOVITZA distal, mais qui se rŽalise nettement seulement dˆns la partie distal'3 du fouet, ˆ partir de niveaux trs variables, mme chez les deux fouets d'un mme exemplaire. Ces changements de position relative sont de deux sortes, chaque modalitŽ Žtant propre ˆ une catŽgorie spŽciale de modes. I. MIGRATIONS DES MODES A et B. C'est un dŽplacement progressif des qui se fait dans le sens des aiguilles de montre au fouet droit et dans le sens opposŽ au fouet gauche, c'est-ˆ-dire un dŽplacement dans le sens : sternal __,.rostral __,.tergal __,.caudal. Dans le cas du mode A, les rostrales se rapprochent de plus en plus de la soie tergale et les deux groupements arrivent progressivement ˆ former, avec la soie caudale, qui ne se dŽplace presque jamais, une rangŽe serrŽe dans la moitiŽ tergale du secteur caudal (fig. 179, 181, etc.). Chez Asellus, la sŽrie rostrale ne dŽbute mme jamais au bord rostral mme; comme chez Stenasellus, mais se tient toujours trs ŽloignŽe de ce bord. Dans le cas du mode B, la rangŽe contourne progressivement le bord rostral mme et arrive, quelquefois mme dŽpasse, le bord tergal (fig. 165, 179, 181, etc.). Les migrations de ces deux modes paraissent rarement indŽpendantes l'une de l'autre (fig. 165), mais le plus souvent elles sont simultanŽes et montrent, par l'amplitude relativement Žquivalente de leurs mouvements, une dŽpendance rŽciproque. Pour se rendre un compte exact de l'amplitude de ces migrations, il importe de ne pas nŽgliger deux causes d'erreurs : a) Une torsion certaine, quoique trs faible, de la portion distale du fouet qui se fait dans le mme sens que la migration . b) La diminution progressive de la largeur des articles qui, Žtant donnŽ que le diamtre des soies reste invariable, produit le raccourcissement des distances les bords et les soies. Je signalerai la suite ces dŽplacements par les mots : migrations tergale, caudale, etc. , sans autres commentaires. II. LEs ALTERNANCES DES MODES C. Ces deux modes se tiennent en gŽnŽral exactement superposŽs, ˆ la mme distance du bord rostral (fig. 165, 179, 185, etc.), mais ifleur arrive, dans la portion distale du fouet, et quelquefois ˆ un niveau trs proximal (fig. 175), d'occuper sur la largeur de l'article des niveaux diffŽrents (fig. 175, 180, 190, 197, etc.). Ainsi, sur le diagramme 175 on voit que Ca 'est presque mŽdio-sternal, tandis que Cb touche au bord rostral ; les diagrammes montrent l'alternance parfaite de ces situations, trs rarement masquŽe lorsque l'am'

PAGE 30

LE rOUET ANTENNAIRE 561 pli tude du ˆ partir du bord est faible ou lorsque nous avons affaire ˆ un fouet trs irrŽgulier. Notons que c'est toujours Ga qui se dŽplace vers la ligne mŽdiane sternale, tandis que Cb reste fidle aubord rostral. Je signalerai dans la suite cette disposition spŽciale avec les mots (( modes 0 alternants )) pour la distinguer de celle que prŽsentent les ((modes 0 superposŽs>>, termes que j'avoue impropres puisque les rangŽes de soies ne sont pas superposŽes et que l'alternance des dŽplacements en largeur est la suite et non la cause de l'alternance des modes Ca et Ob, mais je n'en ai pas trouvŽ de meilleurs. Etant pourvus d'une nomenclature dŽtaillŽe et prŽcise, nous pouvons maintenant aborder l'Žtude d'un certain nombre de lignŽes d' Asellides. Je ne vais, bien entendu, pas reproduire et commenter tous les dessins et diagrammes que j'ai dans mes dossiers ; un choix de types montrant les variations extrmes suffira pour Žtayer les conclusions finales. Gr‰ce aux nombreuses figures et aux termes dŽfinis avec prŽcision, je pourrai employer le style tŽlŽgraphique pour les explications utiles et rŽduire ˆ des proportions modestes ces chapitres purement descriptifs qui autrement auraient demandŽ un nombre trs considŽrable de pages. NŽanmoins, ces diagrammes et descriptions sont assez complets pour servir ˆ l'Žtude ultŽrieure de nombre de questions de dŽtails, et mme de caractre plus gŽnŽral, que je n'ai pu aborder dans cette Note. V. -:GŽnŽralitŽs sur le genre Asellus Le fouet des antennes II chez Asellus est trs semblable ˆ celui de Stenasellus. On retrouve les mmes rŽgions et les mmes modes d'arrangement des soies se succŽdant dans le mme ordre et suivant les mmes lois. Cependant le mode A prŽsente quelques diffŽrences ; il est, en effet, constituŽ de la faon suivante (fig. 179, 209, 210). a) La soie caudale est isolŽe et insŽrŽe au bord caudal mme, chez Stenasellus. Cette soie, caractŽrisant ce mode chez tous les Asellides, ne manque presque jamais et il est excessivement rare qu'elle quitte le bord caudal mme.

PAGE 31

562 ƒMILE RACOVITZA b) La soie tergale, qui est isolŽe chez Stenasellus et in sŽrŽe sur la moitiŽ rostrale du secteur tergal, se trouve souvent Žgalement isolŽe chez Asellus, mais plus prs du bord tergal ; cependant souvent aussi elle. tend ˆ se rapprocher au groupe suivant et finit par s'y accoler (fig. 172, 178, 181, etc.), surtout dans les cas de migration. c) La sŽrie rostrale, formŽe chez Stenasellus de deux soies dont l'une toujours au bord rostral mme, a compltement quittŽ le bord rostral, chez Asellus, et s'insre plus loin du c™tŽ tergal, souvent entirement dans le secteur tergal. De plus, si chez le primitif A. spelaeus (fig. 178) elle est Žgalement formŽe par dŽux soies, chez les autres espces elle est formŽe par trois phanres ; le mode A est donc formŽ dans le genre Asellus, sauf l'exception citŽe plus haut, par cinq soies et chez Stenasellus par quatre. Les autres modes restent fidles au chiffre quatre, sauf chez les formes les plus ŽvoluŽes chez lesquelles le chiffre cinq appara”t d'abord comme variation sporadique (fig. 172, art. 8, 12, 14) pour devenir trs frŽquente chez certains types trs spŽcialisŽs (fig. 190). La soie la plus rostrale des modes C montre aussi la tendance dŽjˆ signalŽe chez Stenasellus, de s'isoler (fig. 179) et le mme processus s'observe, mais plus rarement, chez le mode B. Je n'insiste pas plus longuement sur les variations des modes, non parce qu'elles ne peuvent donner lieu ˆ des constatations intŽressantes, mais parce qu'il faut me rŽserver la place pour Žtablir les lois gŽnŽrales de la structure du fouet. VI. ƒtude de quelques Asellus primitifs. Les trois espces ŽtudiŽes dans ce chapitre sont cavernicoles ; elles prŽsentent un dimorphisme sexuel mohis prononcŽ que chez les lucicoles, une structure plus simple du propodos des pŽrŽiopodes I et de l'organe copulateur des J', une spŽcialisation trs faible du crochet nuptial, etc., tous ces caractres indiquant une organisation peu ŽvoluŽe. Ces formes appartiennent ˆ la grande souche d'A.' meridianus RAco. 1919, mais sont des aboutissants de lignŽes secondaires dont l'histoire n'a pu encore tre FI
PAGE 32

lt(J. )(} )r 4' :!f} S. JO. 5. t. cu> 0 0 .xoo CO' 0 000 (%):)0 LE FOVET ANTENNAIRE 563 0000 ooo .... = -oo .. ... ..... .. -... . . ... .. .. -----.. ... .. ... ---.- .-.... ... 173. ... -. --.. J7!;. 175.

PAGE 33

564 ƒMILE RAOOVITZA Žtablie, car ils n'ont pas de parents proches connus; A. cavaticus ScH. semble plus isolŽ encore que les deux autres qui montrent au moins certaines affinitŽs avec A. coxalis DoLLF. Il nous suffit, nŽanmoins, pour la prŽsente Žtude, de savoir que les trois Aselles sont des formes primitives et que, par consŽquent, il importe de commencer par eux l'Žtude du genre Asellus. l.A. spelaeus RACO. 1922 (4 mm.}, BIOsP. n¡ 236 (fig. 178}. Fouet de 2 9 articles de l'antenn:e gauche. -RŽgions: Art. I avec la soie caudale et la mŽdiotergale du mode A ; P avec art. 2 ayant les mmes soies que l'art. I, et art. 3 = B, 4 =A; M de 24 articles formant 6 sections compltes ; D manque. Modes : tous ˆ quatre soies, les 0 aussi ˆ trois ; migration de A (art. 16, 20, 24, 28} et de B (art. 18, 22, 26) ; soie tergale de A non isolŽe ; 0 compactes et superposŽs. Structure rŽgulire, primitive, dans laquelle il n'y a ˆ relever que l'absence de la rŽgion D. 2.A. hypogeus RACO. 1922, (6 mm.), Bwsr. no 898 (fig. 175). Fouet de 43 articles de l'antenne gauche.RŽgions: Art. I avec la soie caudale du mode A et une autre soie trs rostrale ; P avec art. 3 = A complet et comme les suivants et art. 2 = B rŽduit ˆ la soie rostrale ; M de 36 articles formant 9 sections compltes ; D formŽ par art. 40 = Ob, 41 = B, 42 = Wa. -Modes : A ˆ 5 soies, les autres ˆ 4, le B de l'art. 5 en a 5 ; A avec soie tergale isolŽe et toutes ses rangŽes superposŽes; migration de B (art. 37, 41}; les 0 avec soie rostrale isolŽe et fortement alternante ds l'art. 6, le Ca Žtant mi-sternal et le Ob contre le bord rostral. Structure trs rŽgulire, mais dŽjˆ typique du genre Asellus, dans laquelle il faut relever le cas trs rare de l'absence de la soie caudale aux modes A ˆ deux articles (35 et 39) et l'indŽpendance, au point de vue migration des modes A (non migrant) et B (migrant). 3. -A. cavaticus ScH. 1868,(9 mm.}, grotte de la Balme (Isre) (fig. 172 et 176). Fouet de 47 articles de l'antenne gauche.RŽgions: Art. I avec la soie caudale! une autre soie trs rostrale et une soie tergale au milieu du bord rostral de l'article ; P formŽe par les art. 2-5, art. 2 avec une rangŽe distale A et une rangŽe mŽdiane d'une soie rostrale et une

PAGE 34

LE FOUET ANTENNAIRE 565 sterno-rostrale (B), art. 5, 4 et 3 formant une section incomplte A Ga B; M de 40 articles formant 10 sections compltes ; D reprŽsentŽ par l'art. 46 ˆ mode 0 ( 1). Modes : A surtout ˆ 5 soies, mais aussi ˆ 4 (art. 2, 17, FIG. 176 ct 177. AseUus cavaticus SOH. de la grotte do la Balme, Isre (France). RŽglons proximales do fouets d'nnt. II x 150 176art.lll. 6 du fouet gauche, face tergale, rcprhentŽ sur le diagr. 172; 177 art.! ˆ 8 du fouet gaucho, faco tergale, reprŽsentŽ sur le dlagr.l73. Pour le mode do figuration des soies voir flg. 161. 33, 45) et ˆ 6 (art. 13), B ˆ 4 soies mais aussi ˆ 3 (art. 35, 39, 43), les 0 ˆ 4 soies mais aussi ˆ 3 (art. 36) et 5 (art. 8, 10, 12, 14) ; A avec soie tergale s'isolant seulement ˆ partir d 9 l'art. 33 et toutes les rangŽes superAnCII DE ZOOL. EXP. ET O t N -T 63. F. 4

PAGE 35

566 ƒMILE RAGOVITZA posŽes ; B superposŽ ; les 0 avec soie rostrale s'isolant ˆ partir de l'art. 18, avec rangŽes superposŽes mais irrŽgulirement. Structure rŽgulire dŽjˆ .typique du genre Asellus, avec apparition de soies en surnombre. Art. l et. 2 ˆ double rangŽe de soies, disposition qui ne rentre ni dans la catŽgorie des variations, ni dans celle des monstruositŽs, mais qui est parfaitement normale comme on le verra plus tard. VII. ƒtude de quelques Asellus du groupe de A. meridianus. 4. Asellus coxalis DoLLFUS 1892, (7 mm.), Khmoine (Syrie, {fig. 179). Fouet de 52 articles de l'antennes droite.RŽgions: Art. I avec la soie caudale du mode A et une autre soie trs rostrale ; P formŽ par les art. 2-7, art. 2 avec la soie caudale du mode A, art. 4-3 formant une section incomplte = A B, art. 7-5 formant une section mcomplte A Ga B dont A n'est reprŽsentŽ que par la soie caudale; M de 44 articles formant ll sections compltes et trs rŽgulires ; D reprŽsentŽ par quatre articles, le 48 = Ob, le 49 --: B, mail;! les 50 et 51 amodaux.Modes : A ˆ cinq soies sauf le 7 qui n'est reprŽsentŽ que par sa soie caudale, B et les 0 de quatre soies mais les articles de la rŽgion P ont leur B ˆ trois soies; A avec soie tergale isolŽe, B compact, les 0 avec soie rostrale isolŽe; A avec rangŽes d'abord Žmigrant progressivement du c™tŽ caudal jus qu'ˆ l'article 31 puis superposŽs et ˆ l'art. 47 passant avec la soie caudale du c™tŽ sternal, B superposŽs jusqu'au 21, puis Žmigrant tergalement de plus en plus de sorte que le 49 est mi-tergal, les 0 superposŽs et rostraux. Structure typique du genre Asellus, trs rŽgulire, chez ce type peu spŽcialisŽ, relativement primitif et certainement plus voisin de la souche des mŽditerranŽens que les autres formes connues. A signaler le passage tout ˆ fait exceptionnel de la soie caudale de A 47 dans la moitiŽ stern ale Fm. 178 ˆ 184. Diagrammes de fouets du genre AseUUB Žtablis suhant les de la page 555. 178 =A. spelaeus RAco. 9 (4 mm.) de la grotte d'Oxlbar (BrosP., n 236) B.-Pyr. (France), gauche; 179 A coxalis DOLLF. d (7 mm.) do Khmolne, Alep (Syrie), fouet droit; 180 J., coxalis Pel!erimhof/1. RAco. d (8 mm.) do Tamesgulda, Constantino (AlgŽrie), portion proximale du fouet droit; 181 A. meridianus RAco. 9 (6mm.) de Bourogne, Haut-Rhin (F rance), l!nuoho; U2 ..... Idem, rouet droit; 183 =Idem d (6 mm.), portion proximaio du fouet gaucho; 184 = A. sp. aff. ban111ensi.s RAco. 9 (2,7 mm.) do Cucva dei Agua (BIOBP., n 116), Dculn (Espagne), fouotgauchc.

PAGE 36

ffi. 7. .... ------3. ___ -_ -.. -......... 1. 183. 12 8 9. 1 184 1 18(}. """' ... ""' = Wc> cee -. ---.,.. ------! 17.9. /78. 181 182.

PAGE 37

568 ƒMILE RACOVITZA 5. A. coxalis Peyerimhoffi RACO. 1919, (8 mm.), Tamesguida (AlgŽrie) (fig. 180). Fouet (portion proximale) de 22 articles de l'antenne droite. RŽgions : Art. I avec. une seule soie probablement la soie tergale du mode A ; P formŽ par les art. 2 ˆ 7, art. 2 avec soie caudale, soie tergale et une soie rostrale du mode A, art. 4-3 formant une section [incomplte = AB, art. 7-5 formant une section incomplte A CaB; M formŽ de sections compltes et rŽgulires. Modes : A ˆ cinq soies, B et les 0 ˆ quatre soies, Ob 20 ˆ trois soies, Ca 6 ˆ quatre soies sternales normales et ˆ deux soies mŽdio-tergales, fait unique ; A avec soie tergale isolŽe, B et les 0 compacts ; A avec rangŽes Žmigrant cauclalement, B superposŽes, les 0 alternes par migration caudale des Ca. Structure typique du genre Asellus, trs rŽgulire, comme chez l'espce type. A signaler le fait unique de la prŽsence de deux soies tergales dans le mode Ca 6, ce qui ne peut tre rationnellement expliquŽ ; je vais donc procŽder comme les confrres et qualifier cette disposition de monstruositŽ , ce qui ne constitue certes pas une explication, mais peut servir de fiche de consolation aux esprits imbus de pragmatisme. 6. A. meridianus RAco. 1919, Bourogne (Haut-Rhin). I. (6 mm.). Fouet ˆ 39 articles de l'antenne gauche (fig. 181).RŽgions : Art. I nu; P formŽ par les art. 2.ˆ 10, art. 2 avec une soie mŽdio-tergale, art: 4-3 formant une section incomplte avec un art. A et un article nu, art. 7-5 formant une section incomplte = A CaB ˆ Ca reprŽsentŽ par une soie sternale unique, art. 10-8 formant une section incomplte = A Ca B ; M de 24 articles formant 6 sections compltes ; D reprŽsentŽ par quatre articles, le 35 = Ob, le 36 = B, le 37 = A incomplet, le 38 = 0 indŽterminŽ. Modes : A d'abord typiques ˆ cinq soies, puis ˆ quatre (art. 4, 14, 18, 26, 30, 34) ou trois (art. 22, 37), B ˆ quatre soies et au 24 ˆ cinq, les 0 ˆ quatre soies, mais aussi ˆ trois (art. 9, 11, 15, 17, 23, 25, 27) et mme ˆ une (art. 6) ; A d'abord typique, puis compact et rŽduit ˆ trois qu quatre soies, 0 compacts ; A typique superposŽ, puis Žmigrant caudalement pour se superposer en se serrant contre le bord caudal, B d'abord superposŽ, puis Žmigrant tergalement jusqu'ˆ devenir compltement tergale, les 0 superposŽs et rostraux. Fouet ˆ 30 articles de l'antenne droite (fig. 182). -RŽgions: Art. I nu ; P formŽ par les art. 2 ˆ 7, art. 2 avec la soie caudale et une des rostrales du mode A, art. 4-3 formant une section incomplte = AB,

PAGE 38

LE FOUET ANTENNAIRE 569 ce dernier reprŽsentŽ par la soie rostrale, art. 7-5 formant une section incomplte= A + art. nu + B, l'article nu reprŽsentant Žvidemment un Ca ; M de 20 articles formant 5 sections compltes, mais avec quelques modes involuŽs ; D reprŽsentŽ par deux arti<;les, le 28 = Ob et le 29 =B. -Modes : A ˆ cinq soies; sauf au 4 qui en a quatre, B de quatre et trois soies, les 0 de quatre soies, mais au 16 de une soie et au 6 et 8 les soies manquent ; A typique avec soie tergale nettement isolŽe, B compact, les 0 compact avec distalement tendance ˆ isoler la plus rostrale ; A et B avec rangŽes superposŽes, les 0 avec rangŽes irrŽgulirement super. posŽes. Structure typique cu genre Asellus, mais rŽgulire ˆ droite, moins rŽgulire au fouet gauche. Les deux fouets du mme exemplaire diffrent, dans la composition et la disparition des modes, notablement en apparence ; en rŽalitŽ, la plupart des divergences rŽsultent du fait de migrations qui se manifestent ˆ gauche et non ˆ droite. Ce mouvement d'ensemble de la portion distale semble avoir produit ˆ gauche la forme compacte de A et son involution partielle. Il faut noter aussi la prŽsence cle plusieurs articles nus ou pourvus d'une seule soie, fait qui semble tre sinon chez l'espce que nous Žtudions, du moins dans la colonie de Bourogne ; j'en cite plus bas un nouvel exemple et j'en ai plusieurs autres de marquŽs sur mes tablettes. II. c! (6 mm.). Fouet (portion proximale) de 12 articles de l'antenne gauche (fig. 183). -RŽgions : Art. I avec une soie trs rostrale indŽterminŽe; P formŽ par les art. 2 ˆ 6, art. 3-2 formant une section incomplte ( 1) = A reprŽsentŽ par la soie caudale et une des rostrales + article nu remplaant un B, art. 6-4 formant une section incomplte = A+ article nu (Ca 1) + B ; M ˆ sections rŽgulires et compltes. Je dŽcris cette base de fouet 3 pour montrer qu'elle prŽsente d'Žtroites [Lnalogies avec celle des fouets notamment la prŽsence d'articles nus. 7. -A. sp. aff. banyulensis RAco. 1919, 9 (2,7 mm.}, BIOSP. n¡ 116 (fig. 184). Fouet ˆ 17 articles de l'antenne gauche. RŽgions: Art. I [LVec la soie caudale et une des rostrales ( du mode A ; P formŽ par les [Lrt. 2 ˆ 4, art. 2 comme le 1 avec la soie caudale et une des rostrales ( du mode A, art. 4-3 formant une section incomplte= AB; M de 8 articles formant 2 sections compltes ; D reprŽsentŽ par quatre articles,

PAGE 39

570 ƒMILE RACOVITZA le 13 = Ob, le 14 .:_ B rŽduit ˆ la soie rostrale, le 15 amodal de trois soies tergales, le 16 = A de quatre soies. L'article terminal porte une soie supplŽmentaire tergale vers le milieu de sa longueur. Modes : A ˆ cinq soies, B et 0 ˆ trois et quatre soies ; A typique avec soie tergale nettement isolŽe, B compact, 0 ˆ rostrale isolŽe ; A et B superposŽs, 0 alternants par migration mŽdiosternale des Ga. Je n'ai eu de cette forme que deux trouvŽes dans la province d'Alicante (Espagne). La structure de leur fouet montre une grande similitude avec celle caractŽrisant A. et A. banyulensis RAco. 1919 espces les plus ŽvoluŽes de la lignŽe. Signalons la soie en surnombre au milieu du bord tergal de l'article terminal, qui existe aussi au fouet de droite, pour la placer, faute d'autre explication, dans le capharnaŸm des monstruositŽs . VIII. ƒtude des Asellus du groupe de l'As. aquaticus. J'ai insistŽ ˆ plusieurs reprises (1919, 1922) sur la situation isolŽe que doit occuper A. aquaticus L. car. emend. RAco. 1919 parmi les Asellus. Il constitue ˆ lui tout seul une lignŽe ˆ origine inconnue, sans parentŽ proche parmi les formes dŽcrites, ayant envahi l'Europe par le Nord. J'ai pu examiner des exemplaires d'Angleterre, de France et de Roumanie et les comparer aux meilleures descriptions d'autres provenances europŽennes, sans dŽcouvrir de diffŽrences notables entre ces diverses colonies ; l'espce est donc des plus stables, des plus rŽsistantes et des plus adaptables aux climats si divers de l'Europe. Elle s'adapte aussi au sŽjour dans les cavernes, car j'ai ŽtudiŽ une sŽrie ˆ spŽcialisation progressive provenant de la Orna jama de Carniole, dont l'aboutissant prŽsente un aspect tellement diffŽrent de la qu'il semble appartenir ˆ un autre groupe d'Isopodes. En rŽalitŽ la forme extrme, que je dŽsigne sous le nom de A. aquaticus cavernicolus subsp. n. ne diffre de sa souche lucicole que par des caractres adaptatifs ˆ la vie souterraine, caractres soit nŽgatifs, soit quantitatifs et non qualitatifs, dont voici les principaux : absence d'appareil optique et de coloration, allongement considŽrable de tous les appendices, surtout du fouet des antennes II, du lobe sŽtifre des maxillipdes des pŽrŽiopodes et en particulier du pŽrŽiopode VII Ž)', du propodos du pŽrŽiopode I du plŽopode 1 0' et II des uropodes. Les seules modifica

PAGE 40

':"-. ;;; c..,, .,. .._ ,.. ):.., S.'> 1 0 c 0 0 c c ‚;, t 0 c 0 0 "' 0 e 0 0 0 8 c 0 0 0 0 0 0 0 R 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 n 0 .. 8 0 c 0 0 c 0 n 8 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 1 0 v .. f' /"je l' Il l" t J' f f -1! o o : o 0 o e x $1 0 9 o o no f oo : oo o .. '' 0 0 o 0 '8' o 0 o o c e o 0 :--. -v 0 / 0 0 : f v 0 0 0 0 0 8 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 8 0 0 0 0 0 8 0 0 0 i i } f 0 0 0 0 0 0 0 8 1 1 . .... FIG. 185 ˆ 188 Diagrammes de fouets d'Asellus aqualŸ:us L car. cm c nd R.tco. des cm. de Dijon (France) Žtnblis suivnut les conventions d e ln page 555. 185 d (8 mm.), fouot gauche; 186 Idem, fouot droit; 187 = ‚i (O mm.), portion proximale du fouet gauche; 188 =Idem, portion proximale du foult droit ;:_-, ::::;

PAGE 41

572 ƒMILE RACOVITZA tions en apparence qualitatives : rangŽe submarginale caudale de phanres au propodos I d' rŽduite ˆ deux rangŽes secondaires, tendance ˆ l'effacement de l'encoche du bord externe de l'exopodite du plŽopode I. (j', ovalisation du plŽopode II sont en rŽalitŽ, des consŽquences mŽcaniques de l'allongement des appendices. Je compte figurer et dŽcrire en dŽtail cette forme intŽressante. dans un prochain mŽmoire qui prouvera Žgalement que c'est ˆ tort qu'on l'a dŽterminŽe :A. cavaticus ScH., erreur grossire que j'ai dŽjˆ signalŽe (1922). Ces explications suffisent pour donner leurs significations vŽritables aux descriptions de fouet ci-dessous. 8.A. aquaticus L. car. emend. RAco. 1919, Dijon (France). I. d' (8 mm.).-Fouet ˆ 52 articles de 1 'antenne gauche (fig. 185). RŽgions : Art. I avec l'unique soie caudale du mode A ; P formŽ par les art. 2 ˆ 7, art. 2 = A ˆ double soie caudale et selement deux soies rostrales, art. 4-3 formant une section incomplte = A (avec deux soies rostrales) B, art. 7-5 formant une section incomplte = ACaB ; M de 44 articles formant 11 sections compltes, trs rŽgulires; D manque. -Modes :A ˆ cinq soies, sauf au 2, 4 et 7 qui en ont quatre, B ˆ trois soies ou ˆ quatre (art. 3, 6, 29, 41), les C ˆ quatre soies ou trois (art. 7 9) ; A avec soie isolŽe qui manque ˆ l'art. 51 et doubles soies caudales ˆ l'art. 2, B compact, les C compacts ; A avec rangŽes superposŽes, puis lŽgrement Žmigrantes, B superposŽ jusqu'au 24 puis migrant du c™tŽ tergal, les C superposŽs jusqu'au 36, puis alternants par migration misternale des Ca. Fouet ˆ 50 articles de 1 'antenne droite (fig. 186). ---;RŽgions: Art. I nu; P formŽ par les art. 2-6, art. 2 avec la soie caudale et une des rostrales du mode A, art. 4-3 formant une section incomplte = AB, art. 6-5 formant une section incomplte = AB ; M de 40 articles formant 10 sections compltes et rŽgulires ; D reprŽsentŽ par trois articles : 47 = Ob, 48 = B, 49 =Ca.Modes: A de cinq soies, B de quatre soies ou de trois (art. 24, 36, 40, 48), C de quatre soies ou de trois (art. 7, 9, 11) ; A avec soie tergale isolŽe, B compact, les C compacts sauf ˆ partir du 39 quand la soie rostrale s'isole ; A, B et les C superposŽs. Structure typique du genre Asellus, trs rŽgulire, et semblable aux deux antennes, sauf sur un point : migration et alternance des modes seulement ˆ gauche. L'absence de la rŽgion D ˆ gauche et sa composition de trois modes normaux ˆ droite, s'explique par le rŽarrangement que

PAGE 42

LE FOUET ANTENNAIRE 573 subissent les articles larvaires au cours des mues de l'adulte. Notons le cas rare du de la soie tergale du mode A 2. II. (6 mm.). Fouet (portion proximale) de 10 articles de l'ant : enne gauche (fig. 187). -RŽgions : Art. I avec la soie caudale et une rostrale du mode A ; P formŽ par les art. 2-7, art. 2 avec la soie caudale et la tergale du mode A, art. 4-3 formant une section incomplte= AB, art. 7-5 formant une section incomplte = AGa (d'une soie) B.; M formŽ par des sections compltes et trs rŽgulires.Modes typiques. Fouet (portion proximale) de 39 articles de l'antenne droite (fig. 188). RŽgions : Art. I avec la soie caudale et une rostrale du mode A ; P formŽ par les art. 2-7, art. 2 avec la soie caudale et la tergale du mode A, art. 4-3 formant une section incomplte AB, art. 7-5 formant une section incomplte = A Ca (une soie) B ; M avec 32 articles formant 8 sections compltes et rŽgulires. Modes : A ˆ cinq soies, B ˆ quatre soies et une fois (art. 5) ˆ trois, les Cˆ quatre soies, une fois (art. 8) ˆ trois et une fois (art." 6) ˆ une ; A avec soie tergale isolŽe, B compact, les C avec soie rostrale isolŽe; A et B progressivement migrants, les C progressivement alternes par Žmigration mi-sternale de Ca. Structure typique du genre Asellus aussi rŽgulire que chez le et tout ˆ fait semblable. Notons qu'aux deux fouets Ca 6 n'a qu'une soie. 9.A. aquaticus cavernicolus n. subsp. Orna jama (Carniole), BrosP. no 774. I. mm.). -Fouet(portion proximale) de 18 articles de l'antenne gauche (fig. 189). -RŽgions: Art. I trs long, avec la soie caudale et une rostrale du mode A ; P formŽ par les art. 2-12, art. 2 trs long avec une soie caudale ( 1) ŽloignŽe tergalement du bord et une rostrale du mode A, art. 4-3 et 6-5 formant deux sections incompltes = AB, art. 9-7 formant une section incomplte= AGa (1) (avec soies en formation) B ( 1) (avec soies en formation), art. 12-10 formant une section incomplte = ACaB (avec soies en formation); M formŽ de sections compltes.Modes: A de quatre soies disposŽes comme chez Stenasellus, B compact de quatre soies, les C de quatre soies, ˆ rostrale isolŽe et alternes. Fouet de 71 artic.les de l'antenne droite (fig. 190 et 193). RŽgions : Art. I p.u ; P formŽ par les art. 2-11, art. 2 avec la soie cau

PAGE 43

574 ƒMILE RACOVITZA dale et la tergale du mode A, art. 3 avec la soie tergale et une rostrale du mode A, plus une soie rostrale au milieu de l'article (Bn, art. 5-4 formant une section incomplte AB, art. 8_ 6 formant section incomplte ACaB, art. ll-9 formant une section ˆ modes complets mais ˆ trois articles = AGa (B + Ob) ; M de 56 articles formant 14 sections compltes et trs rŽgulires ; D reprŽsentŽ par trois articles, le 68 = Ob, le 69 = B, le 70 = Ca; l'article terminal porte une soie en surnombre au milieu du bord caudal. Modes : A de quatre soies disposŽes comme chez Stenasellus (art. 3, 5, 8), puis de quatre ou de cinq ˆ disposition Asellienne, puis uniquement de cinq, puis de quatre (art. 63, 67) ; B d'abord (art. 4, 6, 9) de cinq soies, puis de quatre ; les C d'abord de six soies (art. 7, 9) puis de cinq (art. 10, 12, 14, 16, 18), puis de quatre. A avec soie tergale isolŽe, B compact, Ca ˆ soie rostrale isolŽe, Ob Žgalement mais souvent aussi compact ; migration caudale de A et tergale de B, progressive jusqu'au sommet; alternance ample des C par Žmigration mi-sternale de Ca, les Ob restant contre le bord rostral. Structure typique du genre Asellus, trs rŽgulire et normale ˆ partir de la rŽgion M, mais la rŽgion P montre, d'une part, le retour ˆ une disposition primitive des modes A. et, d'autre part, une disposition nŽogŽnŽtique, l'augmentation de nombre des soies des modes B et C. Notons trois nouveaux exemples de l'absence trs rare de la soie caudale de A un cas d'art. I nu, un article (190-9) ˆ deux rangŽes modales BOb parfaitement constituŽe, et enfin la soie en surnombre de l'article terminal, toutes monstruositŽs dont on trouvera pour quelques-unes l'expli cation rationnelle plus loin. II.
PAGE 44

' 1 :-... s.c f 4t 1 ' 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 '-.;) "" .... ?l f 1 0 0 1 f 1 0 0 1 0 0 , \o a< "0 \. FIG. 189 il. 102. Diagrammes de fouets d'Ase/lus quaticus cavernicolus n. suhsp. de ÂŽrna jnma (BJOSP., n 774), Carniole (ltnlio), ÂŽinblis suimnt les eOu\eutions de ln page 555. 189 = 9 (8 mm.) portion proxlmnle du fouet gaurhe; 190 =Idem, fouet droit; 191 = o' (llmm.', portion proximale du rouet gauche; 192 =Idem, portion proximale du fouet droit. "-3 t:t:. I:::J e.n "-'1 e.n

PAGE 45

576 ƒMILE RACOVITZA pites AB ; M formŽ de nombreuses sections compltes et rŽgulires. Modes: A d'abord ˆ quatre'(art. 5,9) ou cinq (art. 7) soies disposŽes comme chez Stenasellus, puis ˆ quatre (art. 13) et enfin ˆ cinq soies disposŽes comme chez Asellus ; B ˆ trois (art. 4) puis ˆ quatre soies, les 0 ˆ quatre soies. Comme chez la nous constatons dans la rŽgion M une structure normale suivant le type Asellus et dans la rŽgion P une structure suivant le type Stenasellus. Notons que Ob est reprŽsentŽ une fois par un article nu (fig. 191-7) et que l'art. 192-l est Žgalement nu mais trs court. R. 33. 3.q.. c. 35. \ B. Ca/. \ A. ) ( FIG. 193. A se/lus aquaticltS cavernico/us n. suhsp. 9 (8 mm.) (BIOSP., 774), fouPt droit, art. 33 rt 35 far.e t cr :a!e. art.. :J4 face krnale, montrant l'aspect d (10,5 mm.), fouet droit; 196= C. stygw PACK cf (6,7 mm.) de Manunoth cave, Kentucky (Etats-Unis), portion proximale du fouet droit; 197= Idem <;> (5,7 mm.), fouet gauche.

PAGE 46

()0:) . .... r:x::P:> 40. ... .... occo .. t .. . .. .... 0000 ,),). /.94. 1..95. .)(! (XXP . . ... 1 1.94. . .. .. . . .. 1.96. .... --. 1.95. 1.9 7.

PAGE 47

578 ƒMILE RACOVITZA sexuels secondaires des pŽrŽiopodes 1 et IV et de la forme du corps, aplatissement des uropodes) une forme trs spŽcialisŽe ... D'autre part, certaines structures ( chaetotaxie des pŽrŽiopodes, faible dimorphisme sexuel des pŽrŽiopodes postŽrieurs, organe copuiateur d') sont trs primitives >> (RACOVITZA 1920, p. 95). En tous cas, on ne peut lui trouver de proches parents parmi les formes europŽennes ou mŽditerranŽennes connues. Il importe donc de voir si la structure du fouet antennaire se conforme aux rgles Žtablies dans cette Note. 10. Asellus communis SAY 1818. Potomac river (Virginia) Etats-Unis d'AmŽrique. 1. d' (15 mm.). Foue.t ˆ 58 articles de l'antenne gauche (fig. 194).RŽgions : Art. 1 avec soie caudale et une des rostrales du mode A; P formŽ J?ar les art. 2-12, art. 2 de mode A ˆ quatre soies, art. 4-3 formant une section incomplte = AB, art. 6-5 formant une section incomplte= (A+ Ca) B, art. 9-7 formant une section incomplte = ACaB, art. 12-10 formant une section incomplte = AGa (B + Ob) ; M de 44 articles formant 11 sections compltes et rŽgulires ; D reprŽsentŽ par un seul article = Ob ( 1). Modes : A ˆ cinq soies ou ˆ quatre (art. 2R, 32, 36), B ˆ quatre soies ou ˆ trois (art. 3, 5, 7) et une fois ˆ cinq (art. 38), 0 ˆ quatre soies, rarement (art. 8, 10, 57) ˆ trois ; A, B et C compacts; A Žmigrant caudalement jusqu'au 28, puis superposŽ, B Žmigrant tergalement ˆ partir du 34, les 0 alternes ˆ partir du 19 par migration tergale de Ca. . Structure typique du genre Asellus, trs rŽgulire. Deux articles de la rŽgion Pont une double rangŽe de soi‘s, mais il estmanifeste que l'art. 6 = A + Ca et que l'art. 10 = B +Ob, c'est-ˆ-dire que ces deux articles sont en voie de division, qu'ils possdent dŽjˆ la chaetotaxie normale de lem rang, mais que les sillons intersegmentaires ne sont pas encore formŽs. Fouet (portion proximale) ˆ 13 articles de l'antenne droite (fig. 199).RŽgions: Art. 1 avec la soie tergale ( 1) du mode A ; P formŽ par les art. 2-9, art. 2 = A formŽ par la caudale, la tergale et une rostrale, art. 4-3 et 6-5 formant deux sections incompltes = AB, art. 9-7 formant une section !incomplte = AGa (B + Ob) ; M commenant par la section complte art. 13-10 et se continuant, trs rŽgulirement, par des sections semblables. Modes comme le fouet prŽcŽdent. J'ai figurŽ cette portion proximale de fouet parce qu'elle montre shŽmatiquement l'ordre dans lequel se succdent les diffŽrentes

PAGE 48

LE FOllET ANTENNAIRE 579 sections incompltes pour aboutir aux compltes ; cet ordre est exprimŽ par la formule : A +Ca) B _,. AOa B __,.A Ca (B + Ob) __,. A Ca BOb qui 1)_; --.---' 1 1 i 1 !. Ccv. FIG. 108 .Asel/us rcmmunis SAY ;? (10,5 mm.). Art. 1 :.. 6 ct 25 du fouet droit, face tergale, reprŽsentŽ sur le diagramme 105 Pour le mode do figuration des soieo, voir fig. 161 x 225. ments, quelques stades Žtant trs fugaces. II. (10,5 mm.).Fouet ˆ 57 articles de l'antenne droite (fig. 19? et 198). RŽgions : Art. 1 avec la soie caudale et la tergale du mode A ; P formŽ par les articles 2 ˆ 11, art. 3-2 et 5-4 formant deux sections incompltes AB, art. 8-5 formant une section incomplte= AOa B, art. 11-9 formant une montre bien les stades <
PAGE 49

580 ƒMILE RACOV ITZA section incomplte =A Ca (B +Ob); M de 42 articles formant 9 sections compltes et 2 incompltes (26-24 et 53-51) mais ˆ formules modales compltes: A (Ca + B) Ob et AGa (B +Ob) ; D reprŽsentŽ par trois articles, le 54 = Ob, le 55 = B 56 = Ca ( n ; article terminal avec deux soies sternales supplŽmentaires au milieu de sa longueur. Modes : A ˆ cinq soies, B ˆ quatre soies partout sauf ˆ l'art. 4 o il y en a trois, les C ˆ quatre soies, mais aux art. 7 et 8 il y en a cinq (dont une tergale) et trois ˆ l'art. 56 ; A avec soie tergale isolŽe ˆ l'art. 3 mais partout ailleurs comyact ; B et les C compacts; A Žmigrant caudalement, B Žmigrant tergalement ˆ partir du 36, .les C alternes par migration mi-sternale de Ca. Structure typique du genre Asellus, comme chez le ,J ; malgrŽ sa spŽcialisation sous bien des rapports, A. communis a conservŽ la structure originelle du fouet, Notons quelques particularitŽs. L'art. l (A) est trs long, les 3 et 5 (A) longs, mais les 2 et 4 (B) trs courts, et le 6 long quoique Žgalement un B (fig. 19 8), diffŽrences qui seront expliquŽes plus loin; l'art 9 qui possde les deux rangŽes B et Ca, est trs long ; l'art. 25 est Žgalement trs long, mais lui aussi a une double rangŽe CaB (fig. 198) ; enfin les deux articles 55 (B) et 54 (Ob) sont de dimensions normales mais ne sont sŽparŽs par un sillon articulaire. L'article 51 est de longueur normale, mais outre sa rangŽe typique B il possde au milieu de sa longueur une soie sternale qui reprŽsente un Ob avortŽ. C es faits nous serviront plus tard. X. ƒtude de Caecidothea stygla. J'ai ŽtudiŽ cette espce en vue d'une monographie des Asellides cavernicoles qui doit para”tre prochainement. La conclusion ˆ laquelle je suis arrivŽ est que Caecidothea est un mauvais geme, que les formes dŽcrites sous ce nom se rattachent ˆ diverses lignŽes du genre Asellus et que O. stygia (recte: Asellus stygius) est un type trs peu spŽcialis Ž ayant conservŽ nombre de caractres palŽogŽnŽtiques. Ces donnŽ e s nous suffisent pour l'instant. ll.Caecidothea stygia PACKARD 1871. Mammoth cave (Kentucky) Etats-Unis. I ,J (6,7 mm.). -Fouet (portion proximale) ˆ 27 articles de l'antenne droite (fig. 196). RŽgions: Art. l avec la soie caudale et une

PAGE 50

LE FOUET ANTENNAJRE 581 des rostrales ( du mode A ; P formŽ par les art. 2 ˆ 7, art. 2 avec la soie caudale et une des rostrales ( 1) du n;tode A plus une soie rostrale (B) au milieu de sa longueur, ce qui lui donne la formule d'une section incomplte= (A +B), art. 4-3 formant une section incomplte= AB, art. 7-5 formant une section incomplte = ACaB ; M formŽ par des sections 1 \ 200. \ \ 200 et 201. Caecidothea stygia PACK. de Mnmmoth Oavc, Kentucky (Etats-Unis), portions proximales de fou ets gaucho, faro ter gale; pour l e mOde do figuration des soies, voir fig. 161 X 225. 2 00 cf (6,7 mm.) art. 1 al. 5; 201c;.> (5,7 mm ) art. 16 r e prŽsentŽs sur le diagramme 197. compltes et rŽgulires. -M odes : A ˆ 3 soies ˆ l'art. 4 disposŽes suivant le type Stenasellus, mais ˆ cinq disposŽes comme chez Asellus aux autres articles, B ˆ quatre soies, les C ˆ trois ou quatre soies; A ˆ soie tergale isolŽe, B compact, les C d'abord compacts, puis ˆ soie rostrale isolŽe. Structure typique de genre Asellus sans tendances ˆ la spŽcialisation. Notons, sans nous 1' expliquer, la prŽsence d'une soie tergale mŽdiane en sur nombre ˆ l'article Ca 10. Fou et (portion proximale) ˆ 5 articles de l'antenne gauche (fig. 200).Cette rŽgion proximale est intŽressante, car elle nous montre que la soie insŽrŽe au milieu du bord rostral de l'article 2 du fouet droit, a ŽtŽ bien interprŽtŽ comme reprŽsentant B, puisque ˆ gauche nous la retrouvons sur uri article 2 sŽparŽ de A art. 3 ; il est, en effet, manifeste que l'art. A 2 de droite = art. 3 A + art. 2 B de gauche. L'article 1 est trs long, les A3 et B2 courts mais les A5 et B4 sont longs, faits qui seront expliquŽs ultŽrieurement. AllCH. DE ZOOL. EX!'. ET Of:X. T 63. F. -l. au

PAGE 51

582 ƒMILE RAOOVITZA (5,7 mm.). -Fouet de 45 articles.de l'antenne gauche (fig. 197 et 201).RŽgions : Art. 1 avec la soie caudale et une des rostrales mode A; PformŽ par les art. 2-6, art. 2 avec la soie caudale et une des rostrales du mode A, art. 4-3 et 6-5 formant deux sections incom pltes = AB ; M de 32 articles formant 7 sections compltes et rŽgulires et 1 section (27-23) ˆ 5 articles dont 2 Ca ; D reprŽsentŽ par cinq articles, le 40 = Ob, le 41 amodal ˆ trois soies mŽdio-sternales, le 42 amodal ˆ trois soies mŽdio-sternales, le 43 = B, le 44 amodal ˆ trois soies mŽdio-sternales. Modes : A ˆ cinq soies mais ˆ l'art. 2 ˆ deux soies (la caudale et une rostrale ( ˆ l'art. 4 ˆ deux soies (la caudale et la tergale ( n, et ˆ l'art. 18 ˆ trois soies (les caudale, tergale et une rostrale) ; B ˆ quatre soies ; les 0 ˆ quatre et trois (art. 34, 41, 42, 44) soies et dans la section irrŽgulire ˆ cinq (art. 25, 26). A avec soie tergale isolŽe, B compact, les 0 compacts sauf rares exceptions (art. 25, 26, 30, 32, 36, 40) ; A et B avec rangŽes superposŽes, les 0 alternants par Žmigration mŽdiorostrale de Ca. Structure typique du genre Asellus comme chez le Notons la prŽsence, non encore constatŽe, d'une section de M ˆ cinq articles dont AB Ob sont normaux, mais Ca semble tre reprŽsentŽ par deux article-; (25 et 26) pourvus chacun d'une rangŽe de cinq soies sternales, la 25 avec deux soies caudales, et la 26 avec deux rostrales isolŽes, donc les deux amodales ; la Ca suivante (30) ˆ quatre soies prŽsente Žgalement nn groupe de deux soies isolŽes. La rŽgion D prŽsente aussi, sur cinq articles, trois amodaux. Cette espce cavernicole et peu ŽvoluŽe possde de longues antennes ; de 6,7 mm. a des antennes de 5,5 mm. et la Sf' de 5,7 mm. des antennes de 4 mm. NŽanmoins le fouet ne prŽsente rien de jparticulier dans stt structure et ressemble tout ˆ fait aux fouets des Asellus europŽens. XI. ƒtude du genre Mancasellus. Ce genre est un bon genre ; les deux espces que j'ai pu Žtudier (1920 a) sont des Asellides francs, mais nettement diffŽrents des autres genres de ce groupe. De l'Žtude susdite, il rŽsulte que les Mancasellus sont des formes trs spŽcialisŽes, dont l'Žvolution s'est faite non seulement dans les directions suivies par les lignŽes des autres genres, mais aussi dans des sens spŽciaux qui caractŽrisent parfaitement ce genre habitant l'AmŽrique du Nord.

PAGE 52

LE FOUET ANTENNAIRE 583 Le fouet montre Žgalement un aspect si particulier, qu'ˆ premire vue il semble tout ˆ fait diffŽrent des fouets des autres Asellides, et sa chaetotaxie semble arrangŽe suivant des lois autres que celles constatŽes jusqu'ˆ prŽsent. Les portions de fouets figurŽes (fig. 204 ˆ 208) montrent, en effet, que les articles ont presque toujours deux rangŽes de soies et mme quelquefois trois, que les mmes arrangements se rŽptent tous les deuximes articles (par ex. : 10 = 12 = 14 = 16, etc.) et non tous les quatrimes (par ex. : 10 = 14 = 18 = 22, etc.), que les rangŽes ont souvent 8 ˆ 9 soies et qu'elles peuvent tre sŽparŽes en deux ou trois groupes. Si l'on analyse cependant cette structure, il est facile de constater que l'impression premire est fausse; la structure du fouet des M ancasellus se fait suivant les normes Aselliennes et les diffŽrences gŽnŽriques que l'on constate, sont d'importance minime et d'ordre secondaire. Les diagrammes (fig. 202 et 203) construits en appliquant rigoureusement les rgles Žtablies p. 555) vont le dŽmontrer d'irrŽfutable faon. En effet, nous y retrouvons un mode A ˆ cinq soies disposŽes comme chez Asellus, aussi typique que chez A. coxalis par exemple; un modeB ˆ quatre soies (chez M. tenax) organisŽ et insŽrŽ comme ceux dŽjˆ dŽcrits, qui peut cependant avoir jusqu'ˆ huit soies chez M. macrurus ; de modes C identiques 'ˆ ceux dŽjˆ dŽcrits, ayant Žgalement quatre soies, mais aussi 5,6 et mme 8 ˆ 9 lorsqu'ils sont sŽparŽs en deux groupes. Nous constatons Žgalement les mmes migrations, alternances ou superpositions des modes que chez les autres genres et la mme division en rŽgions formŽes de sections compltes ou incompltes. L'aspect si particulier du fouet de Mancasellus rŽsulte de quelques modifications d'ordre quantitatif, et non qualitatif, qui lui sont spŽciales et que nous allons examiner maintenant. a) Les modes C ne sont pas insŽrŽs sur des articles isolŽs, Ca s'insre ˆ son rang habituel sur l'article A et Cb sur l'article B. Un article du fouet de Mancasellus est donc l'homologue de deux articles des autres Asellides. La formule de la section complte de quatre articles: AGa BG_b devient dans la section mancasellienne complte ˆ deux articles : (A +Ca) (B+ Cb) mais la succession des modes est identique. Nous avons constatŽ dŽjˆ souvent, dans la rŽgion P, la prŽsence des articles doubles (A + Ca) et (B + C b) ; dans le fouet de M ancasellus cette disposition devient la rgle aussi pour la rŽgion M, modification purement quanti tative par consŽquent.

PAGE 53

584 ƒMILE RACOVJ'l'ZA b) Le nombre des soies des modes B et 0 tend ˆ s'accro”tre. Semblable tendance est trs souvent rŽalisŽe, comme on l'a vue, cliez diverses espces d'Asellus ; Mancasellus est un peu plus ŽvoluŽ dans cette direction. c) Les rangŽes ˆ soies en surnombre des modes 0 tendent ˆ se subdiviser en groupes isolŽs sur une mme ligne ou, plus rarement, ˆ former deux rangŽes superposŽes. Ces tendances ont ŽtŽ Žgalement constatŽes chez certaines espces d'Asellus (fig. 190, 195, 197) qui montrent des vellŽitŽs d'augmenter le nombre des soies de leur mode O. Les constatations gŽnŽrales de plus haut nous permettent maintenant de procŽder aux descriptions spŽcifiques suivant la mŽthode habituelle. 12. Mancasellus tenax (SMITH) 1871, cr (8 mm.), Lake superior, (ƒtats-Unis d'AmŽrique). Fouet de 35 articles de l'antenne droite (fig. 203, 207 et 208). -RŽgions : Art. 1 avec deux rangŽes de soies, la mŽdiane avec la caudale et la tergale (1) du mode A, la distale avec la caudale, deux tergales et trois rostrales du mode A ; P par l'article 2 qui porte trois rangŽes de soies : une distale formŽe par deux caudales, une ter g ale accolŽe ˆ trois rostrales du mode A, une submŽdiane de quatre soies = Ga, une mŽdiane de quatre soies= B, ce qui donne comme formule pour cet article : AGaB ; M de 22 articles formant 8 sections compltes de 2 articles ˆ formule : (A + Ga) (B + Ob) suivies de 2 sections compltes de 3 articles ˆ formule : AGa (B +Ob) et peut-tre encore d'une section AGa (B + Ob) suivie d'une section ˆ quatre articles: AG a BOb ; D formŽ par 10 articles presque tous pourvus de rangŽes amodales : art. 25 = AB ( 1) avec A sans soie caudale, art. 27-26 = section incomplte A B ( 1) avec A ayant les tergales et rostrales passŽes sur la face sternale et avec B qui est passŽ en entier sur cette face, art. 2928 = section incomplte AB ( 1) avec A reprŽsentŽ seulement par les rostrales et B normal, art. 31-30 = section incomplte AB ( 1) avec A ayant seulement la caudale et deux soies indŽterminŽes sternales, et B normal, art. 33-32 = section incomplte A B ( 1) identique ˆ la section 28-29, art. 34 = B. A ˆ cinq soies disposŽes suivant le type Asellus mais avec les variations suivantes : ˆ six soies ˆ cause de la duplication de la caudale (art. 2) oli de la tergale (art. \ 4), ˆ quatre soies ˆ cause de la disparition d'une rostrale (art. 8, 21), de la tergale (art. 10) ou caudale (art. 21, 24, 25), et peut tre ˆ trois soies (art. 29, 33) par suite de la disparition des caudale et tergale ; B neuf fois de quatre soies, six fois de trois et une fois de deux ; les 0 de quatre ou cinq soies,

PAGE 54

.. .. .. .... OOOo 0 .. .. .. OOcxX>o .. . OQ;)O OOOo = = . .. .. Q;o LE FOUET ANTEN N AIRE WJ j5 . )0. ... oo:m = ... oca:o OQXO - o= = Ooa:> 0 o:x:>O 202. ... = o ™cO ... ..... ... .... .... .. .... = .?OS. J8il .

PAGE 55

586 ƒMILE RACOVITZA une fois de six et de trois. A avec soie tergale isolŽe, B et les C compacts sauf trois exceptions (art ." 10, 12, 23) toutes intŽressant des Ca; A Žmigrant caudalement dans la M, B superposŽ, les C lŽgrement alternes. En somme, la chaetotaxie est tout ˆ fait semblable ˆ celle des Asell?ts et, pour cette espce du moins, l'unique diffŽrence est que les C ne sont pas isolŽs mais sur le mme article que les A et les B auxquels ils correspondent. Notons quelques dispositions exceptionnelles : la duplicature des caudales et tergales, la prŽsence d'une soie tergale au milieu du bord rostral de l'article 11 et l'absence de soies sur l'article 20. J'ai attribuŽ ˆ la rŽgion D les douze avant-derniers articles, mais j'avoue que je n 'ai d'autres raisons pour procŽder ainsi que le fait que tous ces articles ont leurs rangŽes A et C trs amodales. On pourrait aussi, avec autant de probabilitŽ, sinon plus, Žcrire lˆ formule des articles 25-31 : (Ob + B) CaACbB CaA, ce qui serait parfaitement normal. Fouet (portion proximale) de 8 articles de l'antenne gauche (fig. 206).Ce fouet est constituŽ comme celui de droite, mais prŽsente quelques particularitŽs dans sa partie proximale, qui sont figurŽes ici. L'art. 1 porte, comme celui de droite, une rangŽe distale A ˆ double tergale, mais sa caudale est Žgalement double et situŽe trs loin du bord distal, presque au niveau de la seconde rangŽe reprŽsentŽe par l'unique caudale d'un mode A ; la caudale de l'art. A3 est Žgalement double. Les sections 3-2 et 7-6 sont incompltes, car leur formule est, fait non encore constatŽ : A (B + Ob) ; les autres sections sont normales et compltes. 13. Mancasellus macrurus GARMAN 1890, cr (10 mm.) Nashvillr (Tennessee) Etats-Unis d'AmŽrique. Fouet de 42 articles de l'antenne droite (fig. 202 et 204). RŽgions : Art. 1, trs long, avec une rangŽe distale et une mŽdiane, les deux formŽes par la soie caudale et une des rostrales ( 1) du mode A ; P formŽ par les articles 2-5, art. 3-2 formant une sec.tion incomplte = AB, art. 5-4 formant une section incomplte = A (B +Ob) ; M de 36 articles formant 15 sections-compltes de 2 articles, ˆ formule (A +Ca) (B + Ob) suivies de 2 sections compltes de 3 articles, ˆ formule A Ca (B + Ob) ; D manque. Modes.: A ˆ cinq soies, une fois ˆ six (art. 25) et ˆ quatre (art. 41), B d'abord ˆ cinq soies (art. 2, 4, 6), puis ˆ six (art. 10, 24), sept (art. 8, 16, 18, 20, 22) et huit (art. 12, 14), et ensuite ˆ quatre (art. 26, 28, 30, 32, 34, 36, 39) ; les C d'abord ˆ cinq

PAGE 56

LE FOUET ANTENNAIRE 587 soies jusqu'ˆ l'article 10, puis ˆ huit. (art. ll ˆ 13), ensuite (art. 14 ˆ 23) les Ca ont six, huit ou neuf soies et les Ob cinq mi six, finalement les Ca .17. 204. 20.5. FIG. 204 ct 205. Mancasellus macrurus GARM. d (10 mm.), portions de fouet i\ duplication de modes Ca ct C b, face stcrnalc x 150. 204 =art. 9 i\ 13 du fouet droit reprŽsentŽ surie diagramme 202; 205 = nrt.16 i\ 22 du fouet gauche ont cinq (une fois cependant neuf et quatre) soies et les Ob quatre (une fois cependant six). A avec soie tergale isolŽe ; B jusqu'ˆ l'art. 22 avec

PAGE 57

588 ƒMILE RACOVITZA soie rostrale isolŽe ; les 0 d'abord compacts, puis Ca se sŽpare en paux groupes de 2 + 3 (art. 9) et 4 + 4 (art. 11, 13, 15) ou en trois groupes de 4 + l + 3 (art. 17) et 4 +. l + 4 (art. 21, 23), mais dans la rŽgion o il compte cinq soies le Ca a sa soie rostrale isolŽe ; les 0 b restent compacts sur toute la longueur du fouet. A d'abord superposŽ, puis Žmigrant caudalement de sorte qu'ˆ l'art. 38 la soie tergale est au bord caudal mme, la caudale est passŽe sur la face sternale et ˆ l'art. 39, il en est de mme, mais la caudale a disparu; B empite .ds le dŽbut sur la face tergale avec deux soies et, ˆ partir de l'art. 30, avec une seule soie, en restant superposŽ ; les 0 alternant par suite de l'Žmigration mŽdiosternale de Ca entier ou seulement de son groupe le plus caudal. Nous retrouvons, chez cette espce, la structure typique du genre Asellus en ce qui concerne les modes et leur succession, mais agrŽmentŽe de quelques complications nouvelles qu'il importe de discuter. Le nombre de soies des modes B et 0 a beaucoup augmentŽ puisqu'il atteint quelquefois les chiffres de 8 ou 9, c'est-ˆ-dire le double du chiffre habituel. Les rangŽes riches en soies se subdivisent en groupes isolŽs disposŽs ainsi: 4 + 4 ou 4 + (l + 4). Le groupe le plus caudal (l + 4) correspond comme structum et emplacement sur l'article, aux Ca habituels ˆ cinq soies et rostrale isolŽe (art. 35 par ex.) ; il se pourrait donc que le groupe rostral soit le surajoutŽ. Ce groupe secondaire, ˆ l'art. 31, au lieu de se mettre ˆ l'alignement de l'autre, se place au-dessus; on obtient ainsi un Ca ˆ double rangŽe, reproduit ˆ l'art. 12 par un Ob (fig. 204). L'augmentation du nombre des soies de B jusqu'ˆ 8 ne provoque pas de divisions par groupes; il en est de mme pour Ob qui ne se dŽdouble pas lorsque le nombre de ses soies atteint 6, mais qui s'est dŽdoublŽ lorsque ce nombre est arrivŽ ˆ 8: Le fouet gauche (fig. 205) prŽsente Žgalement des cas de dŽdoublement de Ca et Ob. La section 22-20 est formŽe par trois articles : art. 22 avec un mode A normal ˆ cinq soies et une rangŽe sternale Ca de quatre soies; art. 21 avec une rangŽe sternale de quatre soies trs probablement homologue ˆ un second groupe de Ca que je distinguerai par l'indice l, rŽservant l'indice 2 pour le prŽcŽdent ; art. 20 avec une rangŽe B typique et une double rangŽe de Ob que je noterai Obl et Cb2 ; la formule de cette section serait donc: (A+ Ca2) Cal (B + Cb2 + Ob1). La section 19-18 est normale : (A+ Ca) (B +Ob). La section 17-16 possde par contre la formule suivante : (A + Ca2 + Cal) (B + Ob 2 + Obl) seulement les groupes Ob ne sont pas superposŽs, mais placŽs

PAGE 58

LE FOUET ANTENNAIRE 589 sur le mme alignement. Je reviendrai plus loin sur ce cas intŽressant (voir p. 608). Relevons aussi une particularitŽ de la migration de A (fig. 202) FIG. 200 i\. 208. Mancasellus lenax (SYITH) d' (8 mm.), portions proximales de fouets x 150. 206 = nrt. 1 i\. 8 du fouet gnuclu, face tergale; 207 = nrt. 1 il 5 du fouet droit reprŽsentŽ sur le dlngmmme 203, face tergale ; 208 = art. 2 i\. 0 idem, !nec stcrnalc, on voit A38 faire passer sa soie caudale sur la face sternale et la remplacer, n.u bord caudal mme, par sa tergale; puis chez A39 la caudale vraie

PAGE 59

590 ƒMILE RAOOVITZA dispara”t et la tergale joue seule le r™le de caudale. Ce cas nous permet d'interprŽter exactement les modes A21 et A24 ˆ quatre soies de l'es pce prŽcŽdente (fig. 203), modes qui sont par consŽquent formŽs par les trois rostrales et la tergale qui a remplacŽ la caudale disparue. Enfin il faut noter Žgalement la composition de la section 5-4 (fig. 202) identique aux sections 3-2 et 7-6 de Mancasellus tenax (fig. 206) et dont la formule est : A (B + Ob). Cette formule n'est plus celle des sections incompltes de la rŽgion P chez les autres Asellides, formule qui e s t toujours : AGaB et qui se retrouve seulement ˆ l'art. 2 du fouet droit de M. tenax (fig. 203, 207 et 208). Je me borne ˆ signaler ces divergences qui seront commentŽes plus loin (p. 610). * Avec le chapitre consacrŽ au fouet des Mancasellus, je termine la partie purement descriptive, estimant que nous possŽdons maintenant suffisamment de donnŽes sur tous les types principaux d' Asellides. J'ai employŽ dans cette Žtude du fouet ma mŽthode coutumire,-que je crois conforme ˆ la logique, ct dont une longue expŽrience a toujoms dŽmontrŽ l'excellence. Pour aborder le sujet, je me suis adressŽ ˆ un e lignŽe primitive et j'ai constatŽ les faits >> sans aucune idŽe prŽconue; ces faits >> m'ont naturellement montrŽ que l'organisation du fouet est soumise aussi ˆ un ordre > >, car toute chose dans la nature Žtant dŽrivŽe d'une chose antŽrieure, est nŽcessairement < < ordonnŽe > > Cet << ordre >> une fois dŽcouvert, m'a servi ˆ Žtablir une << nomenclature >> provisoire et aussi, pour les descriptions ultŽrieures, un << cadre >> pra tique, extensible et modifiable au grŽ des faits nouveaux, mais non un lit de procuste >> pour y torturer les constatations objectives faites sur les autres lignŽes. A l'aide du cadre>> et de la nomenclature, les deux inŽdits puisqu'il s'agissait d'une Žtude toute nouvelle, j'ai inventoriŽ les faits >> prŽsentŽs par les reprŽsentants des lignŽes homognes >> ˆ ma disposition. De l'ensemble de ces faits >> encadrŽs dans des descriptions << superposables >> et classŽs par catŽgories d'unitŽs << homologues ˆ l'aide d'une nomenclature rationnelle, je vais essayer de dŽduire les lois >> qui rŽgissent l'organisation de tous les fouets Asellidiens, et je vais tenter ensuite de trouver la << cause >> immŽdiate de l' ordre >> qui rgne dans leur structure. Et je pourrai le faire avec un minimum de risque de me tromper.

PAGE 60

LE FOUET ANTENNAIRE 591 Le bruissement harmonieux de la nature est dŽcomposŽ en sons et les notes, les portŽes, les clefs, les gammes, sont Žtablies; je ne m'essayerai pas, humble musicien, ˆ rŽaliser l'impossible t‰che de reproduire exactement, par une composition humaine, les voix si mystŽrieuses encore de la nature ; mon ambition se borne ˆ composer une symphonie zoologique plus agrŽable ˆ entendre que la collection de cantates cacophoniques qui meuble le rayon consacrŽ aux antennes dans la bibliothque carcinologique actuelle. Car je dŽfie bien ceux qui sont munis des notions actuellement admises, et que j'ai rŽsumŽes en dŽbutant (p. 535), de << comprendre quoi que ce soit ˆ l'organisation du fouet, telle que je viens de la dŽcrire ; impossible de concilier la division en rŽgions, l'arrangement par modes, la succession des articles, etc., avec des notions comme celles de la rŽpartition spiralŽe et uniforme des soies, avec la diffŽrenciation centrifuge des articles, etc. J'aimerai bien que de cette courte digression il rŽsult‰t pour le lecteur la conviction que, si dans le prŽsent travailla vŽritŽ a ŽtŽ serrŽe de plus prs, le mŽrite en revient, non ˆ l'auteur, mais ˆ sa mŽthode; et ma satisfaction serait encore plus grande si cette conviction pouvait empcher mm; jeunes confrres d'adopter sans contr™le mes conclusions et si elle les incitait ˆ appliquer ma mŽthode ˆ l'Žtude des autres <> de CrustacŽs. XII. MorphogŽnie du fouet des antennes II des Asellides. L'explication de la structure si curieuse, et en mme temps si strictement<< ordonnŽe>> du fouet, doit tre cherchŽe dans le processus d'accroissement de cet appendice, c'est-ˆ-dire dans la manire dont se forment les articles. l. Les carcinologistes admettent que ces articles se forment par segmentation de l'art. 1, l'article prolifre ; de sorte que l'art. 2 est le plus jeune, le 3 plus jeune que le 4, le 5 que le 6, etc., et que par consŽquent, la << diffŽrentiation des articles du fouet est centrifuge comme pendant la rŽgŽnŽration du fouet sectionnŽ. Il est incontestable que l'article 1 du fouet est un article prolifre ; l'examen des dessins publiŽs (fig. 176, 177, 198, 199, 200, 201, 206, 207) suffit pour s'en convaincre et pour se rendre compte comment s'opre la prolifŽration. Cet article immŽdiatement aprs sa segmentation est

PAGE 61

592 ƒMILE RACOVITZA un peu plus long que l'article nouveau et que les suivants (fig. 201), mais on le voit rarement avec ces dimensions presque toujours il se montre deux ou trois fois plus long que les suivants (fig. 200). La raison de ce comportement est claire ; la segmentation proprement dite doit s'exŽcuter trs rapidement, ainsi que la rŽgŽnŽration consŽcutive, mais la prŽparation de la segmentation suivante doit prendre un temps trs long. Sur ces articles prolifres trs longs apparaissent, vers la limite elu dernier tiers distal de leur longueur, des soies (fig. 176, 206, 207) toujours peu nombreuses, une ou deux, qui indiquent le niveau au-dessus immŽdiat duquel va se creuser le nouveau sillon intersegmentaire et se former la duplicature circulaire qui refera un bord distal ˆ l'article prolifre ; l'article nouveau-nŽ, ainsi dŽlimitŽ, acquiert son individualitŽ, et le processus recommence. Il arrive aussi que le sillon intersegmentaire appara”t avant les soies nouvelles et dans ces cas, qui sont rares, on trouve des articles prolifres nus (fig. 181, 186) .. Cette formelle confirmation de l'opinion courante au sujet de la formation de nouveaux articles par segmentation de l'art. 1 prolifre, n'Žclaircit par le mystre de compliquŽe du fouet. Nous avons constatŽ que la rŽgion M est formŽe d'articles de quatre sortes qui se succdent dans l'ordre rigoureux A CaB Cb et que cette rŽgion est prŽcŽdŽe d'une rŽgion plus jeune dans laquelle on trouve, du proximal vers le distal, les sections incompltes ˆ formules: A, AB, A CaB et se succŽdant toujours dans cet ordre. D'autre part, l'on constate que l'article prolifre porte une ou deux rangŽes de soies, mais toujours disposŽes suivant le mode A. Quelquefois la rangŽe est complte (fig. 206, 207), mais le plus souvent elle n'est reprŽsentŽe que par la soie caudale et la tergale ou l'une des rostrales de ce mode A (fig. 165, 178, 179), d'autres fois par la seule caudale (fig. 163, 181); quand la rangŽe mŽdiane est prŽsente, elle adopte pour l'arrangement de ses soies exactement le mme mode (fig. 176, 202, 207). Aucune exception n'a ŽtŽ constatŽe, au cours de ces recherches, ˆ la loi que je formule ainsi: L'article 1, prolifre, du fouet produit en se segmentant seulement des articles de mode A. Ces deux ordres de .faits suffisent ˆ montrer que la conception courante est incapable de nous expliquer la structure complexe du fouet ; il doit y avoir autre chose )) qui intervient, un autre processus succŽdant ˆ celui qui a donnŽ naissance aux articles A, et ce processus existe en. effet.

PAGE 62

LE FOUET ANTENNAJRE 2.Les articles A, nouvellement formŽs, sont Žgalement des articles prolifres, qui se segmentent une premire fois pour produire des B et une seconde fois pour produire des Ca; les B des sections incompltes sont Žgalement des articles prolifres produisant des ‚b. Le fouet n'est donc pas le produit de la segmentation d'un article prolifre unique, mais la rŽsultante de l'activitŽ procrŽatrice de sa rŽgion. proximale, en partie prolifre. Voilˆ la cause efficiente de l'organisation du fouet ; il suffit de l'Žnoncer pour que l'Žnigme de la succession des modes soit rŽsolue. Examinons maintenant le dŽtail de ce processus, 3. -Le nouvel article A produit par l'article 1, augmente de longueur (fig. 201) ; vers le premier tiers de son bord rostral appara”t une rangŽe de soies du mode B (fig. 176, 177) ; il se forme distalement par rapport ˆ la rangŽe de soies B, un repli cuticulaire circulaire, c'est-ˆ-dire un sillon et un bord distal pour le nouvel article. L'article A a donc produit une section incomplte AB, mais contrairement ˆ ce qui se passe pour la segmentation de l'article 1 qui prolifre par sa rŽgion distale, c'est la rŽgion proximale des articles A qui forme les B. 4. Les deux articles de la section incomplte AB sont courts au moment de la segmentation (fig. 199, 4-3, et 200, 3-2); ils s'allongent ensuite jusqu'ˆ ce que chaque article nouveau ait atteint la longueur de l'article A qui leur a donnŽ naissance (fig. 199, 6-5 et 200, 5-4) ; la longueur q.e fouet reprŽsentŽe par l'A initial a donc doublŽ par suite de cette division. L'article B, une fois la longueur normale atteinte, ne donne plus signe d'activitŽ. L'article A continue ˆ s'allonger (fig. 200, 5) jusqu'ˆ doubler sa longueur ; vers le milieu de son bord rostral, mais sur la face sternale, appara”t une rangŽe de soies de mode Ca (fig. 177, 5) puis, distalement mais immŽdiatement au-dessus de cette rangŽe, un sillon articulaire; pour la seconde fois la rŽgion proximale de l'article A se sŽpare pour former un nouvel article, mais cette fois-ci c'est un article Ca (fig. 1767). L'article A a donc donnŽ naissance ˆ la section incomplte AGa B. 5. -Les deux articles A et Ca s'allongent encore aprs leur sŽparation, ce qui triple au moins la longueur de fouet reprŽsentŽe par l'article A initial. En mme temps B sort de son inertie ; son activitŽ rŽveillŽe se manifeste d'abord par le doublement de sa longueur (fig. 176, 3) puis par l'apparition, dans le secteur rostral et sur la face sternale, d'une rangŽe de soies du mode Ob (fig. 199, 7) et finalement par la formation d'un sillon

PAGE 63

594 ƒMILE RACOVITZA articulaire qui sŽpare sa reg1on proximale former un nouvel article, le Cb (fig. 199, 10). De A initial est issue maintenant une section complte de quatre articles :A CaB Cb, articles dont B et Ca sont directement produits de la division de A, et Cb indirectement, puisqu'il procde de B. La portion de fouet occupŽe par A initial a plus que quadruplŽ de longueur, car il va sans dire que les articles B et Cb, aprs leur sŽparation, s'allongent jusqu'ˆ atteindre la longueur de leurs a”nŽs A qui continuent Žgalement ˆ s'allonger un peu. La section normale, arrivŽe ˆ son dŽveloppement complet est, par exemple dans le fouet de 'Stenaslus Virei figurŽ (fig. 161, 15-12), presque six fois plus longue que l'article A leplus jeune (fig. 161, 3). 6. -L'origine des quatre sortes d'articles A, B, Ca et Cb, est donc rigoureusement dŽterminŽe et se fait la loi suivante : 1' ar ti ole 1 produit les A, les articles A produisent les B puis les Ca, les articles B produisent les Cb; je n'ai pas trouvŽ une seule exception ˆ cette rgle, au cours de ces recherches. Donc la formule de la multiplication des articles, qui indique en mme temps tous les stades des diverses divisions dans l'ordre de leur succession, doit s'Žcrire ainsi : Proximal +Art. 1 puis (art. 1 +A)A(B +A) -BAB (Ca + A) B Ca A (Cb + B) Ca A Cb B Ca A .... Distal. Cette formule devrait tre aussi celle de la rŽgion du fouet que j'ai nommŽe pou proximale ; entre l'article 1 et la premire section complte il devrait y avoir toujours deux articles A et quatre sections incompltes issues de A ; P devrait compter toujours six modes A, cinq modes B, trois modes Ca et un mode Cb, donc quinze modes portŽs par douze articles isolŽs. En rŽalitŽ, les choses ne se passent pas ainsi ; je n'ai pas trouvŽ de rŽgion prolifre aussi complte que l'indique ma formule. Les rŽgions P ŽtudiŽes sont formŽes par un nombre variable d'articles, car un ou plusieurs termes de la formule peuvent manquer et, d'autre part; une ou plusieurs catŽgories de termes peuvent tre reprŽsentŽes par deux ou trois exemplaires. Il est indispensable d'Žtudier soigneusement ces divergences entre la formule thŽorique et la rŽalitŽ, d'abord pour se rendre compte de l'aspect rŽel de la rŽgion P, pour conna”tre ensuite tout le mŽcanisme de la production des articles. Pour cette Žtude, nous serviront les figures et diagrammes, et surtout le << Bordereau des formules flagellaires >> de la page 619.

PAGE 64

LE l!'OUET ANTENNAIRE 595 Le rŽsultat de l'examen de ces documents peut se rŽsumer dans un certain nombre de conclusions que je vais maintenant formuler. 7.Les deux aspects de l'article 1 les six termes de la formule thŽorique se retrouvent dans les formules rŽelles. Cela prouve que mes six ne sont pas seulement les phases nŽcessaires de la formation des sections compltes, mais de vŽritables stades de la segmentation des articles A ; j'ai constatŽ en effet leur existence sur du matŽriel conservŽ, sur des fouets fixŽs par les rŽactifs. Dans la dŽfinition des <> des proportions dŽduites de ces chiffres car, d'une part, le

PAGE 65

5!.16 ƒJIIIILE RACOVITZA nombre des fouets ŽtudiŽs est insuffisant et, d'autre part, il vaudrait mieux pour ces sortes de calculs ne s'adresser qu'ˆ une seule espce d'Isopode, mais on peut nŽanmoiris s'en servir pour dŽmontrer la non isochronie des durŽes des divers stades et aussi l'aphorisme que je vais formuler maintenant. 10. -Les stades comprenant des articles ˆ double rangŽe de soies sont trs fugaces, ceux comprenant seulement des rurticles ˆ rangŽe unique ont une durŽe trs longue.En effet, les quatre premiers stades si rares sont caractŽrisŽs par l'apparition de soies sur le corps des articles 1, A et B, apparition qui prŽcde celle du sillon articulaire sŽparant les nouveaux articles. Les quatre derniers stades, dix ˆ trente fois plus nombreux, sont ceux ˆ segmentation dŽjit achevŽe et leur durŽe est certainement fort longue. Cette grande diffŽrence dans la durŽe entre le groupe des stades fugaces et le groupe des stades durables est facile ˆ expliquer. Aprs segmentation achevŽe, les articles nouveaux sont courts ; comme ils devront se segmenter ˆ leur tour, ils doivent plus que doubler de longueur et secrŽter une nouvelle rangŽe de soies. C'est cette prŽparation qui nŽcessite un temps matŽriel certainement plus considŽrable que la formation d'un sillon articulaire. Toute la pŽriode de prŽparation >> tombe donc dans les stades art. l, A,BA et BCaA; la pŽriode d'<< exŽcution n est confiŽe aux stades (art. 1+A), (B+A),B (Ca+ A) et (Cb+B) CaA. Il n'est donc pas possible que nos stades soient isochroniques et ni par consŽquent, mme partiellement synchroniques ; avons constatŽ, en effet, que parmi les stades durables, il existe aussi de grandes diffŽrences de frŽquence et donc de durŽe; Art. l et BA sont d'un tiers plus nombreux dans mes formules que les A et BCaA. On s'Žxplique donc que dans les rŽgions P les stades fugaces se mlent aux durables et comment il se fait qu'un ou plusieurs stades peuvent manquer ˆ un moment donnŽ dans une rŽgion prolifre. Mais tout cela ne nous explique pas encore toutes les particularitŽs que prŽsente la formation des nouveaux articles ; nous sommes mme arrivŽs pour la premire fois devant une difficultŽ vŽritable. 11.Les divers stades peuvent tre plusieurs fois reprŽsentŽs dans la mme rŽgion P. -Ainsi la formule 192est: Proximal..A A B A B A B A ___: sections compltes -+ Distal et la formule 189 est : Proximal.-A-B A-B A-B Ga A-B Ga Asections compltes -.. Distal. Dans ces deux cas, les cinq dernires seg

PAGE 66

LE FOUET ANTENNAIRE 597 mentations de l'article 1 qui ont donnŽ A 1 ˆ A5 montrent trois doublements et un triplement de stades. Or, il faut nŽcessairement admettre que dans le cas 192, A4 et A3 <> au stade BA et A 1 au stade A que dans le second cas, A4 <> non comme expression imagŽe, comme mŽtaphore, mais dans son sens habituel. Lesdits stades attendent certainement que leurs prŽdŽcesseurs de mme catŽgorie aient terminŽ leur transformation en stade subsŽquent pour effectuer une mŽtamorphose identique. Ce qui le prouve, c'est la constatation qui suit. 12.Quel que soit le nombre des sections incompltes de la rŽgion P elle:s se succdent toujours dans un ordre rigoureux qui est celui des s tades. -Je n'ai pas dŽcouvert une seule exception ˆ cette rgle, comme on peut s'en convaincre en consultant le Bordereau. de la rŽgion M corrobore Žgalement ces conclus i ons, puisque je n'ai jamais rencontrŽ de section incomplte succŽdant ˆ la premire section complte. Dang le cas de rŽgions P composŽes de sections incompltes, toutes ˆ des stades diffŽrents, on n'est pas << ŽtonnŽ >> cle leur ordre rigoureux de fmccession ; c'est, d'ailleurs, ˆ tort, parce que dans la formule n¡ 185 pa.r exemple A-B A-B Ca A il est << Žtonnant >> que le premier A ne donne pas un B Ca A avant que le second A n'ait subi cette transformation, ou que le premier B fasse le mort jusqu'ˆ ce que son A soit devenu CaA et que le seoond B soit devenu CbB. Mais mme l'esprit le moins curieux doit se heurter ˆ l'Žnigme dans le cas des rŽgions P formŽes par les sections incompltes ˆ stades doublŽs ou triplŽs. La formule n¡ 189 est: A B A B A B Ca A B Ca A ; si les A et les B proximaux pouvaient se livrer ˆ des segmentations que les A et les B distaux pas encore effectuŽes, la formule 189 pourrait devenir par exemple : A-B CaA-BA -Ob B Ca A B Ca A, or mon Bordereau ne contient pas de formules semblables. Les formules ˆ stades doublŽs ou triplŽs sont celles des espces ˆ trs longues antennes comme A. aqua{icus cavernicolus et A. communia ; l'article 1 doit se segmenter trs activement et les articles A qui en rŽsultent, plus ŽloignŽs de l'afflux nourricier se multiplient plus lentement, d'o doublement et triplement de stades. On s'explique donc << grossirement >> ce phŽnomne. Faut-il expliquer de la mme faon la << dŽpendance >> des stades ARCH. DE ZOOL. EXP. ET GlliN. T. 63. Il, 4. 40

PAGE 67

598 ƒMILE RAOOVITZA proximaux deR stades distaux Faut-il dire que cette dŽpendance n' est qu'apparente, que les stades proximaux ({ n'attendent pas la segmentation des stades distaux pour se segmenter ˆ leur tour ; ils ne se segmentent pas, parce que, Žtant les derniers-nŽs, ils ne sont pas encore arrivŽs ˆ {{ maturitŽ , ils n'ont pas encore acquis les dimensions nŽcessaires ni l'Žtat {{ intŽrieur convenable, ni les soies nouvelles 13. -L'ordre rigoureux de succession des stades dans la rŽgion P n'est que l'expression visible de l'ordre dans lequel arrivent ˆ maturitŽ les articles successivement dŽtachŽs par 1' article l. Aprs une suite de truismes, ah que voilˆ une belle tautologie Oui et non. D'abord, il est toujours bon de traduire les constatations morphologiques en langage physiologique, car cela place ces questions d'emblŽe sur la voie qui mne ˆ la dŽcouverte du {{ comment et du {{ pourquoi . Ensuite en prŽsentant ainsi les choses on est forcŽment amenŽ ˆ se demander si l'explication tirŽe de la maturation progressive et de la diffŽrence de nutrition est suffisante. N'y a-t-il que cela ou y a-t-il encore autre chose 1 Si ce n'est que {{ cela , nous devrions forcŽment compter avec des cas accidentels d'arrt de dŽveloppement et de retards de nutrition, donc constater justement ces inversions de stades qui ne figurent pas sur le Bordereau, ni parmi mes relevŽs inŽdits. Mais environ 50 fouets ŽtudiŽs sont matŽriel insuffisant pour trancher la question. Je va:is, d'ailleurs, dŽcrire plus loin (p. 613) une paire de fouets, B. rŽgion proximale trs l< dŽsordonnŽe , qui prŽsente justement plusieurs cas d'inversions de stades. Quoi qu'il en soit, ces exceptions sont d'une excessive raretŽ quoique le retard ou l'arrt de dŽveloppement se rencontre frŽquemment, et joue mme un r™le important dans le fouet des Asellides. Il ne faut donc pas exclure, a priori, l'existence de facteurs compliquant l'explication donnŽe, que je souponne fortement d'tre trop simpliste\ d'autant plus, qu'il en est certainement un qui doit influer au moins indirectement, la structure et l'accroissement du fouet. C'est ce que je nommerai {( l'autonomie relative des sections . J'ai introduit, ds le dŽbut (p. 559), la notion de la {( section pour 1. Ce n'en est d'ailleurs pns une, au fond, car comme en toute explication scientifique nous n'avon fait q111 t!Žcrocher la question u cran statique pour l'accrocher uu cran ŽnergŽtique Qu'est-ce qui ctttc succession si rlgoureuseml'nt ordonnŽe des maturations ? C'est es caus mŽcunlques. Voir<' mals losqullr? et comment s'exercent-elles ? Ignoramus, ainsi que pour toutes les autres segmentations, mŽtamŽrisŸions stroblllsatlons, etc., 'aUleurs 1

PAGE 68

LE FOUET ANTENNAIRE 599 dŽsigner l'ensemble des articles issus de chaque article A. On a vu que ce n'est pas seulement un cadre descriptif commode pour grouper les articles ; c'est bien une << entitŽ morphologique et physiologique. Je suis mme convaincu que c'est Žgalement une entitŽ phylogŽnŽtique et je m'expliquerai plus tard sur cette question. La section est l'aboutissant actuel de l'Žvolution orthogŽnŽtique d'une entitŽ monovalente primitive, l'article A simple, et cela explique son mode de formation et les relations Žtroites que les articles qui la composent ont entre eux, ct aussi son autonomie relative. 14. L'unitŽ constitutive du fouet n'est pas l'article mais la section, qu'elle soit complte, incomplte ou constituŽe seulement par son article initial A. Il me semble inutile de rŽpŽter les dŽmontrant la lŽgitimitŽ de cette conclusion, car elles rŽsultent de l'ensemble des notions dŽjˆ acquises sur la structure et le dŽveloppement du fouet. Il n'y a de rŽserves ˆ faire qu'en ce qui concerne les rŽgions D et U, comme on le verra plus loin (p. 603). Le problme de l'accroissement du fouet se complique donc par l'existence du facteur<< section et nous incite ˆ croire que l'explication rŽsumŽe au ¤ 13 est rŽellement trop simpliste. Quoiqu'il en soit, n'ayant pas encore les ŽlŽments nŽcessaires pour aborder la question du point de vue histologique et physiologique, je horne ici mes observations, en faisant cependant remarquer que pour la premire fois nous sommes dans le droit chemin de la vŽritŽ et que l'on possde enfin les premires notions exactes sur la morphogŽnie du fouet. Il est donc possible maintenant, d'Žlucider quelques points obscurs de sa morphologie. XIII. Morphologie du fouet des antennes II des Asellides. J'ai exposŽ dans un chapitre prŽliminaire (p. 535) les opinions des carcinologistes, puis dans un autre chapitre (p. 544) j'ai donnŽ une description gŽnŽrale du fouet de Stenasellus, qui peut s'appliquer ˆ tous les Asellides et j'ai consacrŽ un chapitre (p. 555) ˆ la dŽfinition et ˆ la nomenclature des diverses composantes de l'appendice. Il me semble inutile de reproduire toutes ces notions et je passe ˆ la discussion d'un certain nombre de questions morphologiques qui peuvent maintenant tre ŽlucidŽes ˆ la lumire des faits morphogŽniques Žtablis dans le chapitre prŽcŽdent.

PAGE 69

600 ƒMILE RACOVITZA l. La forme cylindroconiq ue du fouet est une consŽ . quence nŽcessaire du mode d'accroissement.Les articles distaux datent de l'Žpoque larvaire et de la jeunesse de leur propriŽtaire, quand l'article prolifre Žtait mince; cet article augmente de largeur avec !l'‰ge et naturellement les articles qu'il produit bŽnŽficient Žgalement de cet Žlargissement. Mais de la forme du fouet on peut tirer une autre consŽquence intŽressante qui est la suivante : 2. L'accroissement du fouet se fait de faon continue. Constatons, en effet, que la forme gŽnŽrale du fouet est rŽgulirement cylindroconique. Les articles sont cylindriques ou lŽgrement plus larges distalement, mais ils diminuent progressivement de largeur ; on ne voit aucune diffŽrence brusque de largeur sur toute la lc;mgueur du fouet, que ce soit chez les animaux venant de muer ou chez ceux munis de vieilles carapaces. On doit donc admettre que l'article prolifre augmente progressivement de largeur pendant toute la vie de l'animal; l'observation directe prouve qu'en effet les choses se passent bien ainsi. J'ai trouvŽ des rŽgions prolifres chez tous les adultes examinŽs, ce qui montre bien que, d'une part, la prolifŽration des articles ne cesse qu'ˆ la mort et que, d'autre part, elle est continue. J'insiste sur le fait, car chez les CrustacŽs, les appendices, comme le corps, s'accroissent de faon .discontinue, ou du moins entre deux la carapace extŽrieure du corps conserve ses dimensions. Le fouet mue aussi, mais il continue ˆ s'accro”tre dans la pŽriode qui sŽpare deux ecdses et il semble mme qu'aprs comme avant les mues le rythme de la formation des nouveaux articles n'est pas modifiŽ ; mais cela demande vŽrification. Ce privilge dont jouit le fouet est-il d ˆ la dŽlicatesse exceptionnelle de sa chitine 1 Je ne saurais rŽpondre pour le moment ˆ cette question. Cependant, il est probable que pendant la crise d'activitŽ cellulaire qui prŽcde la mue, il se prŽpare certains rŽarrangements dans les rŽgions M et D qui apparaissent aprs l'ecdse. 3. Il faut distinguer dans le fouet cinq rŽgions distin etes par leur origine, leur r™le et leur situation : l'ˆrticle prolifre (1), la rŽgion prolifre (P}, la rŽgion mŽdiane (M}, la rŽgion distale (D), l'article terminal (U).Je pense qu'il rŽsulte de la lecture des chapitres prŽcŽdents, que ces rŽgions ne sont pas de

PAGE 70

LE FOUET ANTENNAIRE 601 simples catŽgories descriptives et qu'il est nŽcessaire de les dŽfinir et de les avoir constamment en vue, si l'on veut avoir une comprŽhension juste de la structure et du fonctionnement du fouet. Sans insister sur leurs caractres gŽnŽraux dŽjˆ dŽcrits, je vais m'occuper de certains c™tŽs de leur organisation qui n'ont pas ŽtŽ suffisamment commentŽs. 4.L'article prolifre (art. l) porte gŽnŽralement deux soies la distale et la tergale, l'une insŽrŽe au bord caudal mme et l'autre ˆ une distance plus ou moins grande du bord rostral. La rangŽe mŽdiane, quand elle existe (stade 1 + A) est disposŽe de la mme manire. Cet arrangement des soies est celui d'un mode A avec sa caudale et dans certains cas sa tergale, dans d'autres une de ses rostrales, ˆ en juger d'aprs la disposition des soies chez les articles A prŽcŽdents Il arrive que la caudale manque (fig. 183), d'autres fois la caudale est seule prŽsente (fig. 185), il arrive enfin que l'article i est nu (fig. 190) J'ignore encore l'importance de ces variations et mme si elles en ont une; ce qui est certain c'est que l'article A na”t de l'article 1 avec un maigre bagage de soies qu'il complte plus ou moins vite, car souvent le plus jeune A porte Žgalement la mme armature incomplte (fig. 190) et il arrive mme l'A prŽcŽdent soit encore pourvu de deux soies (fig. 192). Quoiqu'il en soit, la chose qu'il importe de bien Žtablir, c'est que l'article prolifre ne produit que des articles de mode A, qu'il est seul ,1, en produire de semblable, qu'il prolifre par segmentation de sa rŽgion distale, donc centrifuge, que sa prolifŽration est continue et dure toute la, vie de l'animal. Il se distingue par ces caractres de tous les autres a.rticles et ne peut tre comptŽ par consŽquent parmi les unitŽs de la rŽgion prolifre. 5. _._ La rŽgion prolifre (P) est formŽe par un nombre variable d'articles (2 ˆ 12 1), en gŽnŽral plus larges que longs, subŽgaux ou variant irrŽgulirement de longueur, les uns encore prolifres (A et B), les antres non (Ca et Cb), groupŽs en sections incompltes se succŽdant dn ns l'ordre des stades de formation des sections. L'article A produit par segmentation de sa rŽgion proximale, donc 'centripte, d'abord un B, puis un Ca et perd dŽfinitivement son pouvoir de prolifŽrer ; l'article B s'(( active aprs que l'A de sa section a produit son Ca, et par segmenttttion de sa rŽgion proximale, donc Žgalement centripte, produit un Cb, ct perd ensuite compltement sa facultŽ procrŽatrice. Tous les articles possdent le pouvoir de s'accro”tre rapidement en longueur et de former les du mode qui leur revient.

PAGE 71

602 JiMJLE RAOOVITZA Voilˆ un nombre de caractres prŽcis qui distinguent la rŽgion P de toutes les autres, ce qui me justifie amplement de l'avoir introduite dans la nomenclature. Dans la pratique, tous les articles compris entre l'article 1 et la premire section complte seront considŽrŽs comme en faisant partie, malgrŽ qu'on puisse objecter que, lorsque la section incomplte (Ob + B) CaA devient section complte CbB CaA elle possde encore des articles courts qui doivent s'allonger, et que pendant cette pŽriode d'activitŽ, elle devrait compter dans la rŽgio:r;1 P; ce n'est lˆ ˆ mon avis que discussion sans intŽrt. Le nombre des sections incompltes entrant dans la composition d'une rŽgion P donnŽe dŽpend du de la segmentation de l'article prolifre ; est-il rapide, le nombre des sections est grand et l'on constate souvent des doublements et triplements de stades ; est-il trs lent pour cause de famine, maladie, vieillesse, etc., le nombre des sections peut se rŽduire ˆ une (fig. 162). ThŽoriquement, on peut concevoir que la rŽgion P puisse manquer compltement ˆ la suite d'un arrt trs prolongŽ de l'activitŽ procrŽatrice de l'article 1, mais je n'en ai pas pu trouver d'exemple. 6.La rŽgion mŽdiane (M) manque chez les pulli; elle est formŽe chez l'adulte par un grand nombre d'articles s'allongeant progressivement du proximal au distal, articles dŽpourvus de toute facultŽ procrŽatrice et incapables de produire des soies, mais toujours groupŽs par sections compltes ; il est mme plus Slxact de dire que la rŽgion M est formŽe par des sections compltes, ayant acquis leur complet dŽveloppement, dont les articles sont progressivement allongŽs et amincis. La section nouvellement constituŽe, une fois annexŽe ˆ la rŽgion M, reste-t-elle invariable pendant toute la vie de l'Isopode ou subit-elle ˆ chaque mue un certain accroissement en longueur et largeur 1 Je n'ai pas d'observations qui me permettent de rŽpondre ˆ la question, mais j'ai l' impression que la rŽgion M participe in toto ˆ la croissance gŽnŽrale du corps et qu'aprs la mue le mme article est plus long et plus gros qu'avant. De l'ordre immuable>> dans lequel se succdent, dans la rŽgion P, segmentations, stades et modes, rŽsulte aussi l'Žtonnante rŽgularitŽ des sections de la rŽgion M ; toutes les sections sont formŽes de quatre articles ˆ formule AGa BOb chez Stenasellus, Asellus et Caecidothea. Une seule exception (fig. 197)! une section de 5 articles ˆ formule CbB Ca Ca A, car je ne compte pas un autre cas o, entre deux articles

PAGE 72

LE FOUET ANTENNAIRE 603 ˆ longueur et modes normaux, il manquait simplement le sillon articulaire. 7. -La rŽgion distale (D) est formŽe par un petit nombre d'articles progressivement rŽtrŽcis et raccourcis, dŽpourvus de toute activitŽ procrŽatrice et incapables de former des soies, dont les modes reconnaissables se suivent daris l'ordre normal, mais le plus souvent l'arrangement des soies est amodal et le groupement par section probablement une simple co•ncidence ; mme le nombre des soies par article est trs souvent plus faible que le normal. J'ai nŽgligŽ, jusqu'ˆ prŽsent, dans mes commentaires, cette rŽgion D; il faut ici l'Žtudier de plus prs. J'assigne donc comme limites ˆ cette rŽgion, du c™tŽ proximal, la dernire section complte que j'attribue ˆ la rŽgion Met, du c™tŽ distal, l'article terminal. Tout ce qui se trouve entre ces deux limites appartient ˆ la rŽgion D ; or dans deux cas (fig. 178 et 202) il n'y a rien et je dirais, provisoirement, que D manque. Dans tous les autres cas, il y avait quelque chose, mais qui venant aprs l'ordre impeccable de M para”t tre le chaos. Pour essayer d'y voir clair, consultons des pulli (fig. 166, 167, 170, 171). Sur les neuf articles que comptent ces fouets larvaires, Žliminons l'article 1 et 9, restent sept ; de ceux-ci Žliminons encore la section incomplte, parfaitement cc normale>> BOaA qui appartient ˆ P, restent quatre. Ces quatre articles ne forment pas une section complte, donc M, manque et ils appartiennent ˆD. Que sont-ils 1 L'article 7 des numŽros 169-170 porte certainement un A, qu'on peut reconna”tre aussi aux numŽros 166-167 ˆ cause de leur soie caudale et d'une rostrale au bord mme ; l'article 6 porte une rangŽe amodale qui rappelle plut™t un B qu'un Ga si on la compare avec celle de l'article 2, qui est un B; l'art. 5 porte un 0 qui, d'aprs sa situation devrait tre un Cb; l'art. 8 porte Žgalement une sorte de 0 plus ou moins amodal. On obtient donc la formule : Proximal..-. Ob B -A amodal _,.Distal. Faisons immŽdiatement remarquer que tout ce raisonnement part du fouet ˆ neuf articles de la larve ˆ l'Žclosion et que nous ignorons compltement l'hsitoire de la formation de ces articles, car les embryologistes ont compltement nŽgligŽ la question. On sait que l'antenne II, chez l'embryon d'Isopode, pourvu de tous ses appendices, est deux fois plus longue que les autres membres, qu'elle a la forme de virgule et qu'elle n'est pas segmentŽe, mais que plus tard, fait que j'ai vŽrifiŽ, la rŽgion

PAGE 73

604 ƒMILE RACOVITZA proximale de la<< virgule, plus renflŽe, se sŽpare ˆ l'endroit de la courbure, de la rŽgion conique plus mince. Le premier sillon intersegmentaire sŽpare donc la hampe du fouet, car un stade ultŽrieur m'a montrŽ que c'est bien ainsi qu'il faut interprŽter les deux rŽgions de la virgule n sŽparŽes par la courbure. Sur le stade mentionnŽ, il m'a semblŽ voir les Žbauches de cinq sillons interarticulaires sur la hampe comme sur le fouet, ces deux rŽgions ayant maintenant une forme bien reconnaissable et Žtant sŽparŽes par un sillon articulaire trs net. Cette observation demande ˆ tre vŽrifiŽe, car mes embryons ont ŽtŽ extraits de la poche incubatrice d'une conservŽe depuis longtemps dans l'alcool ; c'est peut-tre la raison pour laquelle je n'ai pas vu de soies sur l'appendice. C'est avec ces expresses rŽserves, que je me reprŽsente le dŽveloppement de l'antenne II de la faon suivante: une premire segmentation sŽpare le fouet de la hampe puis par segmentation simultanŽe ces deux rŽgions sont chacune subdivisŽes en six articles qui seraient pour le fouet : l'article prolifre, quatre articles mŽdians et l'article terminal. Ces six articles sont contemporains et homodynames au point de vue de leur origine, mais hŽtŽrol?gues au point de vue de leur fonction et de leur signification phylogŽnŽtique. Ensuite l'article 1 donne un A qui produit la section A Ga B complŽtant le fouet ˆ neuf articles de la larve prte ˆ Žclore, La rŽgion D serait donc formŽe par les quatre articles mŽdian.S et l'on conoit que la structure de ces articles tre diffŽrente de celle des rŽgions art 1 et U, leurs homodynames et des rŽgions P et M d'origine compltement autre et probablement plus rŽcente historiquement Quoiqu'il en soit de cette hypothse de travail que je compte vŽrifier moi-mme, si quelque confrre ne se laisse tenter avant, comparons maintenant la rŽgion D adulte ˆ la rŽgion D larvaire. Le fouet de la larve aprs Žclosion s'allonge par l'unique activitŽ de l'article 1 et de la rŽgion prolifre. Il se forme ainsi une rŽgion M qui s'intercale entre la rŽgion D et ]la rŽgion P 'larvaire, o'est-ˆ-dire entre les articles 4 et 5. Si notre interprŽtation du fouet larvaire est exacte nous devrons retrouver chez l'adulte, au delˆ de la rŽgion M les quatre articles Ob-B-Aam. 0 1 et l'article terminal de la larve. Con sultez les diagrammes, ou le Bordereau, et vous verrez que c'est bien ainsi que les choses se prŽsentent souvent Sur 17 fouets de StenaseUu .s, Asellus et Gaecidothea, six possdent une rŽgion D identique ˆ celle trouvŽe chez la larve, un dont la formule devrait plut™t s'interprŽter ainsi : ObB amA et dix dont les formules diffrent plus ou

PAGE 74

LE FOUET ANTENNAIRE 605 moins. Ainsi dans un cas D ˆ cinq articles ˆ formules: ObamamBam, dans quatre cas trois articles avec la formule: ObBam, dans un cas deux articles : 0 b B, dans deux cas un article : 0 b et Jans deux cas la rŽgion D manque compltement, la dernire section de M prŽcdent immŽdiatement l'article terminal. J'accorde plus d'importance aux sept cas positifs qu'aux dix nŽgatifs, et voici pourquoi. Les rŽgions D et U sont les plus anciennes comme ‰ge et les plus exposŽes comme situation ˆ toutes les misres du contact avec le monde extŽrieur ; il est Žtonnant qu'aprs un grand nombre de mues, malgrŽ les risques nombreux d'ablations, de traumatismes et des rŽgŽnŽrations consŽcutives et modificatrices, l'on puisse encore trouver un si grand nombre de rŽgions D qui n'ont subi aucune modification depuis la pŽriode larvaire. Je mets donc les disparitions compltes des quatre articles, l'augmentation comme la diminution de leur nombre, au compte des traumatismes, des rŽgŽnŽrations, mme des rŽarrangements possibles des modes pendant la croissance par ecdse. J'avoue que tout cela n'est qu'hypothse que je t‰cherai de vŽrifier moi-mme, car on ne peut la contr™ler en consultant la littŽrature qui est, hŽlas! muette. Mme ceux qui, si nombreux, se sont occupŽs de la rŽgŽnŽration chez les Isopodes n'ont rien ˆ nous dire sur le sujet, car ils sont livrŽs ˆ leurs expŽriences >> sur des antennes dont ils ignoraient la structure, l'accroissement, la composition et la dynamie des composantes. 8. La rŽgion ultime (U) est formŽe uniquement par l'article terminal muni de son faisceau distal de quatre ˆ cinq soies. Je reviendrai dans une Note ultŽrieure SUl' son organisation et sur sa signification morphologique ; pour l'instant cette Žtude ne serait pas utilisable pour le but que je me propose ici. Je mc borne ˆ constater que cet article est contemporain et homodyname de l'article l et probablement aussi des
PAGE 75

606 ƒMILE RACOVITZA Je suis donc forcŽ, en ce qui concerne les modes, de glaner dans les champs plus stŽriles de la morphologie pure. J'ai constatŽ cependant que les soies du fouet deviennent apparentes, se mettent en contact avec l'extŽrieur si vous aimez mieux, au fur et mesure de l'individualisation des articles qui les portent, c'est-ˆdire pendant toute la vie de l'animal, et cela d'une faon disons: continue, pour l'opposer ˆ l'apparition des autres phanres qui sont fabriquŽs dans la pŽriode d'activitŽ qui prŽcde l'ecdse et sont mis-ˆ-jour par l'opŽration de la mue. Deux fois seulement, j'ai pu observer ces soies naissantes (fig. 189}, molles, formŽes dans des bulbes 1, ce qui montre que cette fabrication >> doit se faire trs rapidement. Le mode A semble tre essentiellement tergal et dissociŽ, les trois autres essentiellement sternaux et compacts ; je veux dire que les soies de A paraissent appartenir ˆ la cc moitiŽ tergale>> et que ds le dŽbut elles ont ŽtŽ disposŽes en trois groupes : une soie caudale, une tergale et deux ou trois rostrales, laissant le secteur >> >> sternal nu. Les trois autres modes sont essentiellement compacts et ils appartiennent au cc secteur >> rostrosternal (fig. 171, R S). Voilˆ comment se prŽsente la cc topographie actuelle >> des modes. Mais cette topographie est-elle primitive ou secondairement acquise, est-elle historiquement : contemporaine, rŽcente, ancienne ou trs ancienne 1 Le sujet est tout nouveau, dans la cc littŽrature >> c'est le vide complet, et mes matŽriaux sont encore trop incomplets pour que je puisse de cette histoire, certainement intŽressante, reconstituer avec suffisante certitude, mme quelques Žpisodes. Je m'autorise cependant de ma longue pratique des Isopodes pour Žmettre quelques cc hypothses de travail >> ; c'est sous ce titre qu'on devra lire les considŽrations qui vont suivre. Les carcinologistes ont dŽcrit la distribution des soies de diverses faons, mais toujours comme symŽtrique (v. p. 538} ; on a vu que c'est une erreur car toutes les soies sont ci normalement >> groupŽes. dans la moitiŽ rostrale (fig. 171, 209 et 210, T R S}, et mme que de cette moitiŽ c'est le secteur rostro-sternal (R S) qui monopolise chez Stenasellus 13 soies t:iur 15. Sur la moitiŽ caudale ne s'insre cc normalement>> que la caudale du mode A. Chez un CrustacŽ marcheur comme l'Asellide, cette asymŽtrie est, d'ailleurs, cc fatale >>. Le fouet doit explorer ˆ l'aide de ses soies, surtout le support sur lesquell'animal marche et se tient, et nous avons vu (p. 542} que lorsque l'antenne II est en cc extension>>, c'est juste

PAGE 76

LE FOUET ANTENNAIRE 607 ment ]a rŽgion rostro-sternale qui balaye le sol. D'autre part, ce fouet, ˆ l'aide des organites tactiles, doit signaler ce qui se passe, non sur la surface du corps suffisamment pourvue de signaux tactiles, mais dans le monde extŽrieur ; or l'on a vu que du fait de la torsion que subit l'antenne II en<< flexion, c'est justement le mme secteur rostro-sternal qui est orientŽ de faon ˆ recevoir ]es excitations les plus nombreuses et les plus directes de l'ambiance (fig. 159 et 160). T .1/. P. + ---. o. FJU. 200. llingrnmm n d'unt srctiou complte de ln. rŽgion )( rln fonrt du gtnrc Ascllus ; projl'et.iou vertiralc lit la disposition
PAGE 77

608 ƒMILE RAOOVITZA Žtat symŽtrique et paralllement ˆ l'adaptation ambulatoire des lignŽes. Mais quel a pu tre cet arrangement symŽtrique Pour essayer de rŽpondre ˆ cette question, il faut avoir satisfait ˆ une autre qui lui est_ prŽliminaire. Le fouet primitif Žtait-il formŽ par les sections actuelles Je ne le crois pas ; subdivision en rŽgion, cornde structure, morphogŽnie compliquŽe, hiŽrarchie certaine dans lˆ dynamie des modes, tout cela montre que nous avons affaire ˆ des adaptations secondaires provoquŽes par l'allongement excessif du fouet. Il se peut qu'ˆ un moment de son histoire l'organe ait ŽtŽ constituŽ uniquement par l'article rprolifre, par une file plus ou moins longue d'articles A et par l'article terminal ; la formule flagellaire ˆ ce stade Žvolutif serait donc: Art. l-An---: ... -AlU, ou bien: art. ... -Al D U. Il est certain, en effet, que le mode A occupe la premire place dans la hiŽrarchie des modes et qu'il est phylogŽnŽtiquement le plus ancien. Ensuite, serait venu le stade Žvolutif ˆ formule : Art. l A +n 1BAn... B Al __:_ D U. Puis auraient paru les modes 0, soit simultanŽment, soit le Ga avant le Ob. Quoiqu'il en soit, c'est la disposition du mode A qui devrait tre la plus primitive, si mon raisonnement est juste. Or chez Stenasellus ce mode est formŽ par quatre soies et ce chiffre est aussi celui autour duquel oscillent les autres modes. Si nous plaons ces quatre soies symŽtriquement, nous avons : une caudale, une tergale, une rostrale et une sternale, et si nous faisons Žmigrer la sternale au bord rostral on obtient la formule actuelle du Stenasellus marcheur. Mais le fouet s'allonge et l' atraction >> rostrale s'amplifie; le groupe rostral de A se multiplie, puis double sa rangŽe. La rangŽe proximale s'Žloigne de la distale car l'article s'allonge de plus en plus. Arrive un moment, o dŽpassant la mesure , il se sŽpare en deux et ainsi na”t la section incomplte BA. Le mme phŽnomne se poursuit : allongement du fouet, attraction rostrale, multiplication des soies (fig. 202, art. 10-ll), duplication des rangŽes (fig. 202, art. 12), Žcartement de la rangŽe proximale et sŽparation des articles 0. On peut concevoir l'Žyolution du fouet aussi d'une faon diffŽrente, mais qui me satisfait moins. Le fouet primitif serait pourvu ˆ chaque article de quatre groupes distaux de quatre soies chacun ; les groupes caudal, tergal, rostral et sternal, disposition Žgalement symŽtrique. Puis les choses se passeraient ainsi : migration rostrale et disposition consŽcutive des quatre rangŽes sur quatre rangs. Le groupe caudal se disso

PAGE 78

LE FOUET ANTENNAIRE 609 cierait en formant le mode A, avec la caudale restŽe en place comme tŽmoin >> ; le groupe tergal se placerait et donnerait Ca ; le groupe rostral donnerait B au troisime rang et le groupe sternal fermerait la marche comme Cb. Mais, en mme temps l'allongement des articles provoquerait leur division et l'on aurait un fouet formŽ par des sections ˆ formule : (Cb + B) (Ca + A) qui est celle de Mancasellus. Puis une nouvelle division donnerait la section actuelle de quatre articles. QuoiR._ T. 1 1 1 -+.-_c. o. Fm. 210. Diagramme d'une eompltc de la rt'gion M du fouet du .A.se/lus ; w rt ie al ,. de ln disp o sition d e A Ca, B quand les mOd e s so nt franc he m e nt altt m cs, d isp < rs t' s ; pour l'explication
PAGE 79

610 ƒMILE RACOVITZA Mais tout cela c'est du verbiage cc logique et je n'ignore pas les mŽfaits de la logique pure en zoologie ; entre bien d'autres, les avatars de Giard avec la Sacculine et les Choniostomatides, qui ne firent qu'ˆ leur tte et refusrent de se conformer ˆ ses prescriptions logiques, sont pour moi choses vŽcues. Zoologie c'est science et non Žchafaudage logique comme les mathŽmatiques; on la b‰tit seulement ˆ coup d'observations et d'expŽriences, aussi le moindre grain de mil, je veux dire la moindre observation prŽcise, ferait bien mieux l'affaire. L'excuse de ces ratiocinations est d'attirer l'attention justement sur cette absence d'observations, de montrer dans quel sens il faut les diriger, de signaler la grande importance qu'a la solution du problme pour la phylogŽnie des CrustacŽs ; elles servent aussi d'introduction pour ce qui va suivre : la discussion du cas Mancasellus et celle d'une paire de fouets cc tŽratologiques>>. XIV. Morphologie du fouet des Antennes II des Mancasellus. On a vu (p. 582) que chez les deux espces de Mancasellus ŽtudiŽes, le fouet n'est pas constituŽ comme chez les autres Asellides, en ce qui concerne le nombre des articles par section et souvent le nombre des soies des modes B etC. Pour M. tenax (fig. 203) la formule flagellaire est: (Art. 1 +A)P = (B +Ca+ A)M = (Cb + B) (Ca+ A) 12 ... (Cb + B) (Ca+ A) 5(Cb + B) Ca A 4(Cb + B) A 3 (am Cb1 + amB1) Ca am A2-amCb1 am B1 am Ca1 am A 11D = am Cb 1 amB1amCa1U. Pour M. macrurus (fig. 202) la formule est un peu diffŽrente : (Art. 1 +A) -P =BA(Cb + B) A-M= (Cb + B) (Ca+ A) 17... (Cb + B) (Ca+ A) 3(Cb + B) Ca A2(Cb + B) CaA1U. La section complte chez Mancasellus est formŽe, au point de vue modes, exactement comme chez les autres Asellides, c'est-ˆ-dire : Proximal+Cb B Ca A --..Distal, seulement chez ceux-ci, aprs la transformation de A en (Ca+ A) et de Ben (Cb + B), les deux articles se segmentent de sorte que chacun de51 quatre modes est portŽ par un article isolŽ ; au contraire, chez Mancasellus les articles (Ca+ A) et (Cb + B) ne se segmentent plus et la section complte est formŽe par deux articles, chacun pourvu d'une double rangŽe de soies parfaitement modale et se succŽdant dans l'ordre normal. Le voilˆ the missing link Voilˆ au moins un des cha”nons qui

PAGE 80

LE FOUET ANTENNAIRE 611 relient la section monovalente du fouet primitif ˆ la section actuelle _quadrivalente Eh bien non ; interprŽter ainsi ces faits, c'est commettre une grave erreur. La section bivalente des Mancasellus n'est pas maintenue par arrt d'Žvolution ˆ un stade par lequel a passŽ la section quadrivalente, c'est un stade de l'involution de cette dernire; la section de Mancasellus n'est pas sur la grande voie orthogŽnŽtique dŽfinie par la formule: Proximal-fA(B+A)-BA-B(Oa+A)-BOaA-(Ob+B) OaA ...... Distale, en dea du stade actuellement atteint : Ob B Ga A ; elle se situe au delˆ de ce stade,_ sur n sentier latŽral, car elle en dŽrive. ll n'est pas difficile de le dŽmontrer. La lignŽe des M ancasellus est la plus spŽcialisŽe de toutes les lignŽes d' Asellides connues ; les preuves de cette assertion ont ŽtŽ fournies antŽrieurement (1920 a). Je crois que la cause, sinon unique du moins principale, de cette spŽcialisation est le procŽdŽ de dŽfense peltastique 1 adoptŽe par leur lignŽe 2 n est possible de trouver chez des animaux trs spŽcialisŽs, un ou plusieurs caractres trs primitifs, et j'ai dŽcouvert moi-mme des cas semblables ; la prŽsence d'un fouet palŽogŽnŽtique parmi les organes si nŽogŽnŽtiques de cette lignŽe n'est pas ˆ exclure a priori, mais il y a lˆ une cause de lŽgitime . La structure du fouet doit nŽanmoins dŽcider, or elle dŽcide. Les sections les plus distales, donc les premires formŽes aprs le stade larvaire, sont quadrivalentes, puis trivalentes, et ce n'est qu'ensuite qu'apparaissent les bivalentes; la rŽgion prolifre fonctionne donc d'abord comme chez les autres, puis son activitŽ se. rŽduit ˆ trois articles par section et finalement ˆ deux. L'ontogŽnie est, cette fois encore, la rŽcapitulation de la phylogŽnie; la lignŽe mancasellienne portŽe sur le chemin de la destinŽe avec quatre articles aux sections, comme ses consurs, les a rŽduits d'abord ˆ trois, puis ˆ deux pour les raisons personnelles, refaisant en sens contraire, au point de vue de la valence des sections, le chemin parcouru par la souche. 1. Terme dŽrivŽ de 7t'I'ac.-r-.j.; = Guerrier qui combat avec le bouclier court, Je propose ce nom nou\"eau pour dŽsigner un mode de dŽfense trŽs rŽpandu dans le monde animal, parce que trŽs efficace, et qui consiste i\ faire le bouclier sur un support, comme les Patelles, les Chitons, les Coccldos, etc. Or ˆ cette Žpoque d'inutile baptme de choses dŽjˆ trŽs b.ien nommŽes, Il faut encore une longue pŽriphrase pour dŽsigner ce procŽdŽ si souvent dŽcrit. w Et puisque j'en suis aux procŽdŽs de dŽfense, pourquoi ne dŽsignerait-on pas, celui adoptŽ. par le GlommŽride, l'Armadllllum, ete., Žgalement trŽs rŽpandu, par les termes: dŽ/eme siBphaeroomique de au-6'f'ac
PAGE 81

612 ƒMILE RAGOVITZA Mais qu'on ne s'y mŽprenne point. Ces comparaisons itinŽraires >> sont simples jeux de mots ou mieux : de chiffres, car il ne s'agit nullement ici d'un cas de rŽversibilitŽ de l'Žvolution. C'est mme exactement le contraire, un bel exemple d'irrŽversibilitŽ. 1 La section mancasellienne a comme formule : (Ob+ B) (Ca+ A) formule qui n'est pas reprŽsentŽe parmi stades ontogŽniques des autres Asellides et qui ne peut mme pas tre rŽalisŽe par leur processus de segmentation. En effet, BA devient B (Ca+ A), puis B OaA ; cc n'est qu'aprs, que cette section trivalente se transforme d'abord en (Ob+ B) Ca A et devient finalement la quadrivalente : ObB Ca A. Cette considŽration suffirait, ˆ elle seule, pour dŽmontrer que la section bivalente mancasellienne n'est pas palŽogŽnŽtique, mais une transformation nŽogŽnŽtique de la quadrivalente. Mais si la section de type mancasellien ne peut tre produite par le processus asellidien normal de prolifŽration, il doit y avoir un autre processus qui lui permet de na”tre ; l'Žtude des rŽgions P nous .montre qu'il en existe mme deux. Le premier processus; qui para”t le plus gŽnŽral 1 s'observe aussi bien chez M. macrurus (fig. 202) que chez M. tenax (fig. 206). L'article l fournit comme d'habitude seulement des A, et ceux-ci des BA. Mais le stade suivant n'est plus B (Ca+ A); c'est B qui forme d'abord sa rangŽe 0 de sorte que la section devient: (Ob+ B) A. La formule thŽorique de la formation les premires sections, les quadri et trivalentes, est l'asellidienne, puis cette formule devient: Proximal+Art. l puis (Art. l +A)A(B +A)BA(Ob+ B) A(Ob+ B) (Ca+ A)__. Distal. Cette rŽvolution ne va pas sans dŽranger l'impeccable ordre de succession que nous avons appris ˆ conna”tre chez les autres Asellides. Ainsi au fouet gauche d'un M. tenax (fig. 206) pour la premire fois on observe une section incomplte (Ob + B) A (art. 7-6) succŽdant ˆ une section complte (Ob+ B) (Ca+ A) (art. 5-4). Mais ces inversions de processus et de stades sont l'apa;nage habituel des involutions. Le second processus n'est indiquŽ que sur un seul fouet (fig. 203) de M. tenax. L'article lest au sta de (Art. l + A) ; l'article 2 porte, normalement dŽveloppŽ, les trois modes B + Ca + A ; les articles 3 et 4 forment la section complte : (Ob A) suivies par le reste des sections compltes de M. Ce n'est peut-tre qu'un cas tŽratologique, mais je ne 1. Cod avec ln rŽserve que je n'ni pu Žtudier que six exemplaires.

PAGE 82

LE FOUET ANTENNAIRE 613 puis l'affirmer faute de matŽriel suffisant. Il se peut aussi que ce soit un processus de dŽveloppement et dans ce cas la formule thŽorique de la rŽgion P devient : Pro x. +Art ; 1 puis (Art. 1 + A) -A (B + A) (B +Ca+ A)B (Ca+ A)(Ob+ B) (Ca + A) -+Dist.ou bien: Prox. +Art. 1 puis (Art. 1 +A) -A(B + A)(B + Ca+ A) -(Ob+ B +Ca+ A)(Ob +B) (Ca+ A) _,. Distal. Ces formules sont identiques ˆ celle des autres Asellides pour ce qui concerne la production des modes ; la seule diffŽrence rŽsulte de la non sŽparation des articles C chez Mancasellus. Des ces prŽmisses on peut dŽduire quelques considŽrations intŽressantes. M. tenax possde sous beaucoup de rap:rorts une organisation plus primitive que M. macrurus ; il semble que c'est le cas aussi pour le fouet qui porte encore des sections quadrivalentes et qui utilise encore un processus d'accroissement asellien. On a vu que ce dernier processus est provoquŽ par la tendance orthogŽnŽtique ˆ l'allongement des antennes dans toutes les lignŽes aselliennes. Mais supposez que chez une de ces lignŽes, ˆ partir d'un certain moment de leur histoire, la tendance contraire se manifeste, c'est-ˆ-dire la tendance au raccourcissement ; que va-t-il sc passer 1 Les modes vont continuer ˆ se former, mais comme les articles nouveaux s'accro”tront de moins en moins en longueur, ils se diviseront aussi de moins en moins. Le processus asellien se modifiera et forcŽment prendra la forme d'une des formules mancaselliennes de plus haut d'abord, et ensuite celle de la formule plus gŽnŽrale ˆ inversion de stade (Ob + B) prŽcŽdent (Ca + A), car dans les deux cas, allongement ou raccourcissement, l'influence de la tendance augmente avec l'‰ge des articles ou rŽgions d'article. Or il est certain que Mancasellus montre cette tendance au raccourcissement des antennes, tendance probablement par l'adoption du systme peltastique de dŽfense. XV. ƒtude d'un cas tŽratologique. Ce travail est basŽ sur l'Žtude de plus de cinquante paires de fouets ; or sur ce nombre je n'ai trouvŽ qu'un seul exemple de structure dŽsordonnŽe >>. Il s'agit en l'espce d'un (8 mm.) d'Asellus cavaticus SCH. dont le fouet gauche (fig. 173) aussi bien que le droit (fig. 174) prŽsenAROH. DE ZOOL. EXP. ET T. 63. F. 4. 41

PAGE 83

614: ƒMILE RAOOVITZA taient dans leur rŽgion proximale toutes sortes d'anomalies dans la composition des sections et des modes. On comia”t l'aide prŽcieuse que la tŽratologie a prtŽ ˆ l'anatomie normale ; il convient donc d'Žtudier de prs cet exemplaire en le comparant ˆ l'exemplaire normal (fig. 172). Cette Žtude montrera aussi de quel ordre de grandeur est l'cc inertie >> qu'oppose aux influences dŽrŽglantes le systme ŽnergŽtique qui prŽside ˆ l'organisation normale, donc cet examen sera une bonne vŽrification des lois que j'ai Žtablies et fournira peut-tre des indications sur le sens des variations possibles. Constatons d'abord qu'aux deux fouets, la rŽgion M comprise entre. les articles 20 et 35 est formŽe par quatre sections normales, mais que le reste du fouet est anormal. Notons ensuite les considŽrables migrations effectuŽes par de nombreux modes ; ainsi les Ca no 174, 26, 30, 34 arrivent au bord caudal ; B no 173, 29, 33 est devenu tergal, et mme les C montrent la tendance ˆ envahir la moitiŽ tergale. Etablissons maintenant la formule de ces fouets, en nous servant des conventions complŽmentairAA suivantes : les sections du fouet gauche seront cc formulŽes >> sur la nioitiŽ gauche de la page en face des sections correspondantes du droit qui seront imprimŽes sur la moitiŽ droite. Si la dŽtermination d'un mode irrŽgulier est nŽanmoins certaine, nous ajouterons ˆ son symbole les lettres am ; si elle est douteuse nous l'accompagnerons d'un signe d'interrogation, et si la dŽtermination n'est pas possible, nous le qualifierons d'amodal par les lettres am. N¡ DES ARTICLES FOUET GAUCHE (fig. 173) FOUET DROIT (fig. 17-!) 1 art. l art. l 2 (Bam +A) A 3 (Bam +A) (B +A) 4 B (B +A) 5 (Caam +A) Cbam + B) 6 Bam (Caam + Aam) 7 ca (Cbam + B) 8 A (Caam +A) OBSERVATION.remarquer que les 4-8 forment des sections incompltes ˆ succession normale de modes ; ˆ gauche: art. 4-5 = B (Ca+ A) et art. 6-8 = B Ca A; ˆ droite: art. 4 = (B +A),

PAGE 84

LE FOUET ANTENNAIRE 615 art. 5-6 = (Ob + B) (Ca+ A) et art. 7-8 =(Ob+ B) (Ca+ A), mais ces deux dernires sections de type mancasellien. 9-10 Bam A (Ob+ B) A †BS. Le Bam ˆ six soies est probablement un (Ob + B) mal venu; le A ( 1) de droite est certainement un A, mais les trois soies sternales sont-elles des rostrales du ;mode A ŽmigrŽes ou 1 bien doit-on Žcrire cette phanŽrotaxie ainsi: (Ca + A am). Je penche pour la premire interprŽtation. 11-13 Obam B (Oaam + A) (Ob + B) Ca Aam †BS.A gauche, l'article 13 est certainement pourvu d'un mode A et d'un autre mode qui ressemble ˆ un B, mais comme il y a dŽjˆ un B dans cette section ce doit tre un Ca ŽmigrŽ. A droite, je crois que la phanŽrotaxie de l'article 13 doit tre interprŽtŽe comme celle de l'article 10. Si on l'interprte comme un .(Ca+ A), nous devons attribuer ˆ la section la formule : (Ob + B) am (Ca + A) donc lui accorder cinq rangŽes de soies. 14-16 Obam B (Oaam +A) (Ob + B) Ca A †BS. -A gauche, la section est identique ˆ sa prŽcŽdente ; ˆ droite, c'est incontestablement une section (Ob + B) Ca A ayant la mme n allure que la prŽcŽdente, ce qui me justifie d'avoir attribuŽ ˆ cette dernire la mme formule. 17-20 BamOaA BamOaA †BS. Les B ˆ six soies sont probablement des (Ob + B) avortŽs. 21-35 M normal de quatre sections. Les fouets se terminent de faons diverses; celui de gauche par l'article 42 amodal, la section incomplte art. = Bam Ca Aam et la section incomplte art. 36-38 = Obam Bam (Ca 1 + A), car l'A 38 ˆ six soies reprŽsente probablement l'avortement du groupe (Ca + A). Celui de droite se termine par les articles 36 ˆ 40 ˆ rangŽes indŽterminables soit parce qu'elles sont amodales, soit parce qu'elles sont irrŽgulirement distribuŽes ; l'article terminal ne porte que deux soies, preuve que cette pointe de fouet a d subir quelque traumatisme avec rŽgŽnŽration consŽcutive. Nous avons donc retrouvŽ chez ces monstres la mme organisation fondamentale que chez les fouets normaux, mais modifiŽe par la prŽsence simultanŽe de dŽrogations aux lois >> et de malformations, pour

PAGE 85

616 ƒMILE RACOVTIZA la plupart dŽjˆ rencontrŽes, mais isolŽes et de faon tout ˆ fait sporadique et exceptionnelle, du moins chez les Aselliens. Nous constatons la tendance ˆ l'avortement des stades (Ob+ B) et (Ga+ A) avec fusion et rŽduction consŽcutive de leurs deux rangŽes, ce qui produit l'inversion apparente des stades, qui s'ajoute ˆ l'inversion rŽelle qu'on constate Žgalement et qui est probablement produite par l'avortement dŽfinitif ou l'inhibition provisoire de la naissance des O. On voit appara”tre des stades nouveaux: le (Ob+ B) A qui montre une inversion dans le rythme de la segmentation des art. A et B, et le (Ob + B) (Ga+ A) qui dŽrive du premier. I( faut signaler aussi les migrations considŽrables, mais dŽsordonnŽes des modes et la longueur inusitŽe de la rŽgion P qui s'attribue 18 articles formant 8 ˆ 9 sections incompltes. A cause de quelques-uns de ces caractres, et notamment des stades (Ob + B) A et (Ob+ B) (Ga+ A), l'aspect de ces fouets est mancasellien ; cette similitude n'est pas urie simple co•ncidence. Si la tendance>> au raccourcissement des antennes est la cause des dŽrogations aux lois aselliennes que constate dans la structure du fouet des Mancasellus, c'est une cause analogue qui a produit les deux fouets monstrueux de l'A. cavaticus. On ne peut interprŽter autrement que par un piŽtinement sur place >> le nombre excessif des articles de la rŽgion P combinŽ avec l'augmentation des stades ˆ deux rangŽes de soies. Bien entendu, la tendance >> au raccourcissement antennaire chez M ancasellus est un facteur hŽrŽditahe provoquŽ par un changement dans le comportement de la lignŽe, tandis que chez A. cavaticus, il s'agit d'un accident individuel qui met obstacle ˆ l'allongement normal des fouets. L'augmentation du nombre des articles de la rŽgion P peut tre provoquŽe aussi par l'allongement' rapide du fouet (v. p. 573), mais dans ce cas, la succession des sections incompltes, doublŽes ou triplŽes, se fait dans l'ordre normal, les rangŽes de soies sont inodales et. l'on ne constate aucun des signes d'involution, fusion ou avortement, qui sont si frŽquents dans le cas de raccourcissement antennaire. XVI. Postface. Par la publication de cette Note, limitŽe aux seuls Asellides, je ne puis avoir la prŽtention de fournir une histoire complte, et encore moins dŽfinitive, du fouet. N'aya'nt pu disposer de loisirs suffisants pour accu

PAGE 86

LE FOUET ANTENNAIRE 617 rouler des matŽriaux plus nombreux et plus variŽs, je me suis proposŽ des buts beaucoup plus modestes. D'abord de dŽmontrer un certain nombre de faits qui me serviront prochainement dans la discussion de la morphologie des antennes Il. ƒtablir ensuite les bases d'une morphologie vraie et d'une morphogŽnie rŽelle du fouet, car depuis longtemps j'Žtais convaincu de l'inexactitude des idŽes courantes sur le sujet. Montrer enfin le grand intŽrt que l'Žtude du fouet peut prŽsenter pour l'histoire naturelle des CrustacŽs, et mme en biologie gŽnŽrale, et inciter les confrres ˆ s'engager sur la voie actuellement ouverte. Il me semble que ces buts sont maintenant atteints. Il reste cependant ˆ accomplir une t‰che immense : la morphologie, la morphogŽnie, l'embryologie et la physiologie comparŽe du fouet. N'ai-je pas raison de protester derechef contre la fallacieuse formule de certains biomŽcanistes hyperesthŽsiŽs : << la Zoologie est faite , et peuton me reprocher la vŽhŽmence des termes employŽs dans mes vitupŽrations antŽrieures contre cette fausse maxime, si dangereuse pour le dŽveloppement de la zoologie et pour la formation intellectuelle des jeunes biologistes 1 Des anatomistes, des histologistes, des embryologistes nombreux, mme beaucoup de biomŽcanistes, se sont occupŽs de l'antenne des Asellides et ils sont tous passŽs ˆ c™tŽ de la VƒRITƒ ; pour l'aider ˆ sortir du puits, il a fallu qu'un taxonomiste y descende. Ce n'est certes ni la science, ni l'habiletŽ technique qui manquait ˆ ces distinguŽs savants; ˆ mon avis, il leur manquait la mŽthode, celle qu'utilisrent avec de si heureux rŽsultats les anciens naturalistes et qui, perfectionnŽe et mise ˆ jour, sert aux ta:xonomistes scientifiques actuels, mŽthode sur laquelle j'ai souvent insistŽ, et mme dans ce mŽmoire (p. 590). Que cette taxonomie soit autre que la traditionnelle qui est sur de la philathŽlie et des autres manies ayant pour objet de ramasser des choses plus ou moins semblables pour les disposer en ordre arbitraire, je l'ai dŽjˆ maintes fois indiquŽ ; que la taxonomie ne puisse tre autre chose que de la phylogŽnie appliquŽe, qu'elle soit par consŽquent l'une des sciences les plus synthŽtiques de la biologie, je le soutiens depuis longtemps ; qu'il y ait grave danger d'erreur ˆ ne pas suivre ses prŽceptes, mŽthodes et enseignements, je l'ai dŽjˆ montrŽ ailleurs (1920, p. 61), mais cela rŽsulte encore, clair comme le jour de ce mŽmoire. Car veut-on rŽflŽchir un peu ˆ ce que peuvent valoir maintenant

PAGE 87

618 ƒMILE RACOVITZA les conclusions tirŽes des Žtudes biomŽcaniques (rŽgŽnŽration, direction de la diffŽrentiation dans le etc.) si nombreuses effectuŽes sur des antennes dont on ignorait la structure exacte et la double direction de sens opposŽs, de son dŽveloppement 1 Je me suis permis ces quelques rŽflexions finales dans l'assurance qu'on les prendra pour ce qu'elles sont: de modestes critiques et d'humbles conseils dŽpourvus de toute malice, car chez les vieux naturalistes on ne trouve pas, comme chez le scorpion, in cauda venenum. XVII. Bordereau des formules flagellaires. Conventions pour l'Žtablissement des formules et explication des signes Les numŽros de la premire colonne de gauche renvoient aux figures et diagrammes correspondants. Les exposants indiquent seulement les nombres atypiques de soies, car les symboles des modes typiques n'en portent pas ; l'exposant 0 dŽsigne les articles nus; l'astŽrisque indique les soies en formation dans des bulbes sŽtigres. -Les sections incompltes compoi::!ant la rŽgion P sŽparŽes par des tirets,et les articles composant la rŽgion D, par des virgules. -Les articles pourvus d'une seule rangŽe de soies sont dŽsignŽs par les symboles de leurs modes ; les articles ˆ plusieurs rangŽes par les symboles de ces rangŽes rŽunis par le signe plus : + et isolŽs par des parenthses : (). Les rangŽes amodales, ˆ mode pourtant dŽterminable sont indiquŽes par la lettre z ajoutŽe aux symboles : Az, Gaz, Bz, Obz; les dŽterminations hypothŽtiques par la lettre x : Ax, Oax, Bx, Obx ; les indŽterminables par les lettres am. -:Le chiffre : 0 dans les colonnes M et D indique que ces rŽgions ne sont pas reprŽsentŽes dans le fouet correspondant. Si un foet n'a ŽtŽ que partiellement figurŽ et ŽtudiŽ, si sa rŽgion M est incomplte et siD manque, on inscrit dans la colonne M les lettres : inc. et dans la colonne D le point d'interrogation: 1.Le nombre des sections compltes composant la rŽgion M est indiquŽ par le chiffre pliwŽ ˆ gauche de la formule des se.ctions.En lisant les formules de gauche ˆ droite on a la succession des articles du proximal au distal ; l'article terminal (rŽgion U) est omis.

PAGE 88

0 :c 1 ESPECES "' 0 !>< ---162 Stenasellus GjorgjeviÂŽi. d g. 163 Virei d g. 164 dr. 165 Q dr. 166 p. g 167 dr 169 g 170 dr 172 Asellus cavaticus. Q g 173 d g 174 dr 175 hypogeu s d g 178 spelaeu s Q g. 179 coxalis d dr 180 C. Pey erimholfi. d dr. 181 meridianus Q g. 182 dr. 183 o g 184 aiT banyulensis. Q g 185 a qua lieus. d g. 186 -dr 187 Q g. 188 dr. 1 Art. 1 \ 1 RJ!GIOSS: p 1 40 12 BA '. 32 f1 B 3 A. 32 f2 Ba Aa. 46 1' AB 3 CaA 9 1' BCa' A. 9 p BC a 1 A. 9 10 BzCax 1 A 8 9 1' BCax 0 A 1 47 (1'+A') (B"+ A ) B 3 Ca A. 43 1 2 (B z 2 + A ) {B 3 + A') B 3 {Ca+ A 4 ) BzCaA Bz 8 A 4 CbB 3 (Caz + A) Cb 3 B z { Caz + A) Bz 8 Caz 3 A 3 ' 1 1' A (B + A){B + A'){Cb 1 + B) {Ca + A 1 ) (Cb + B 3 ) {Ca + A') {Cb 1 +B 3 ) Az(Cb 3 +B) Ca 3 Az 8 {C b 3 + B) Caz 6 Az 3 B 6 CaA. 43 12 Bz'A 29 p A 2 B A 4 52 F AB AB Ca Az 1 22 1' A 3 BA B Caz A 39 10 Az' Bx 0 A 4 B Ca' A B Ca 3 A 30 t A Bz 1 A 4 BCa 0 A. 12 1' Bx 0 Az 2 B Cax 0 A 17 1' A 2 B 3 A 52 1' AB A B Ca 3 A. 50 1" A-BzA-BA. 10 f2 A B A B Ca 1 A. 39 p A BABCa'A. 1 M 8ECTIOR8 8 CbBCaA. 6 6 9 0 0 0 0 10 CbBCaA 4Cb BCaA+ 1 Cb 8 B 2 A 8 = (Ca+A) ? 4 CbBCaA 'J 6 CbBCaA. 11 inc. 6 CbBCaA. 5 inc. 3 Cb BCaA H 10 mc inc D Cb, B 8 A, am 3 Cb, B, Az 1 am Cb B, A 8 ,am. Cb B, A, am Cb, Bz, A 1 am Cb B:r. Az, am. Cb, B, A, am. Cb, B 1 A, am 3 am Bx Cax Ax 2 am 1 Cax, Ax, am 3 ,am,am Cb, B, am' 0 Cb, B, Ai', am ? Cb, B, A 8 am Cb,B 1 ? 0 0 Cb, B 1 Cax ? ? lo:zj c ;;; t_!l;j en .... cc

PAGE 89

1 'i 1 ...:: 1 1 1 1 111 E S t C E S Art 1 RƒGIONS : P SECTIONS 1 D 189 I Asellus aqu. cavernicolus 1 Q 1 g. 18 12 Az 2 Bz 1 A' BA' Bz* l inc. ? 190 191 192 19l. 195 196 197 1Y9 200 202 203 205 communis. Caecidothea stygia. Asellus communis. Caecidothea stygia Mancasell us macrurus. tenax d d Q d Q dr. 1 71 g. 1 11 dr. 1 18 g. 1 58 dr. 1 57 dr g. 27 lo5 d 1 dr 1 13 10 f2 10 12 12 p I2 p Caz A B* Ca A'. A 1 (Bz 1 + Az 2 )B 5 A' l tlo CbBCaA. B 5 Ca 8 A 4 -(Cb 8 + B 6 )Ca A Cb, B, Cax A 2 -B 3 A 1 -B 3 A 4 inc ? A 1 -B 1 A 2 -B 8 A 4 BA-B M. inc. ? A'BAB 3 (Ca +A ). 11 CbBCaA. am. B 3 CaA(Cb 3 + B)CaA. BAB ABeas A J3CbBCaA,1Cb(B+Ca)A,j Cb Bz,am. (Cbs + B)CaA. 6CbBCaA,1 (Cb 1 +B) CaA. (Bz 1 + A 2 )BA 3 B Ca A., inc. 1? A 2. B A. BA lo Cb B Ca A, 1_CbB Ca 6 1 Gb, a,uil, am 3 B, am. Ca2 5 A,' 3Cb B Ca A A 2 -B 3 A-B 3 A-(Cb 3 +B) I inc. ? Ca A. d 1 g. d dr. 5 1 f3 I B 1 ALB 3 A 3 (12+A 2 )BsA-(Cb 5 +B 5 )A. inc. ? 15 (Cb + B) (Ca+ A), IO 2 (Cb+B)CaA. d 1 dr. 35 1(12 +A) (B+Ca+A 8 ). 1 / 1 d 1 g. 1 8 1 0'+Az 7 ) \ (Cbt + B 2 ) Az(Cb +B) 1 1 (Ca A 4 )( Ch + B 3 ) M. 8 (Cb + B)(Ca+A), 2 ( Cb + B) Ca A, ou: 8( Cb B)(Ca + A) 3 (Ch + B) Ca A, 1 CbB Ca A. inc. (B 3 + Ax') Bx Ax 5 B AxB 3 Ax 8 B 3 Ax 3 B. ou: M (suite) = (Cbx 3 + Bx) Ca Ax Cbx Bx 3 Cax Ax 3 ; D=Cb, B 3 x, am 3 ? 0 Q 0 -.::: ......

PAGE 90

LE FOUET ANTENNAIRE 621 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1883. BoAs (J.-E.-V.). Sludien Ÿber die Verwandtschaftsbeziehungen der Malakostraken. (Morpho/. Jahrb., t. 8, p. 485-579, pl. 21-24.) 1920. BoRNER (C.). Die Gliedmassen der Arthropoden. (Handbuch der Morphologie der wirbellosen Thiere, lena, Bd. 4, Lief. 5, p. 648-694, fig. 1-57.) 1893. HANSEN (H.-J.). Zur Morphologie der Gliedmassen und Mundtheile bei Crustaceen und Insecten. (Zoo/. Anz., Leipzig, Bd. 16, p. 193-198, 201212.) 1895. HANSEN (H.-J.). Isopoden, Cumaceen und Stomatopoden der PlanktonExpedition. (Ergebn. Plankton. Exp. Humboldt Stift. Bd. Il, G, c. 105 p. 8 pl.) 1916. HANSEN (H.-J.). Isopoda. Crustacea malacostraca III. (The Danish Ingolfexpedition, Copenhague, Vol. III, 5, 262 p., 16 pl., 1 c.) 1896. RAcoviTZA (E.-G.). Le lobe cŽphalique et l'encŽphale des AnnŽlides polychtes (Anatomie, Morphologie, Histologie). (Arch. de Zool. exp. Paris [3], t. 4. p. 133-343, 9 fig.' pl. I-v.) 1919. RAcoviTZA (E.-G.). Notes sur les Isopodes. 1. Asellus aquaticus auct. est une erreur taxonomique. 2. Asellus aquaticus L. et A. meridianus n. sp. (Arch. Zool. exp. Paris, t. 58, Notes et Revue, p. 31-43, fig. 1-12.) 1919 a. RAcoviTZA (E.-G.). Notes sur les Isopodes. 3. Asellus banyulensis n. sp. 4. A. coxalis Dollfus. 5. A. coxalis peyerimhoffi n. subsp. (Arch. Zool. exp. Paris, t. 58, Notes et Revue, p. 49-77, fig. 13-51.) 1920. RAcoviTZA (E.-G.). Notes sur les Isopodes. 6. Asellus communis Say. 7. Les plŽopodes I et Il des Asellides ; morphologie et dŽveloppement. (Arch. de Zool, exp., Pariu, t. 58, Notes et Revue n¡ 4, p. 79-115, fig. 52-84.) 1920 a. RACOVITZA (E.-G.). Notes sur les Isopodes. 8. Mancascllus tenax (Smith).9. Manc‰sellus macrurus Garman. (Arch. de Zool. exp., Paris, t. 59, Notes et Revue n¡ 2, p. 28-66, fig. 85-133.) 1922. RAcoVITZA (E.-G.). Description de trois Asellus (Isopodes) cavernicoles nouveaux (Note prŽliminaire). (Bull. Soc. des Sciences de Cluj, t. 1, n¡ 3, p. 401410, 9 fig.) 1923. RAcoviTZA (E.-G.). Notes sur les Isopode8. 10. Orientation de l'Isopode et essais de nomenclature pratique des bords et faces de son corps et de ses appendices. 11. Morphologie et phylogŽnie des pŽrŽiopodes et de leurs phanres. (Arch. de Zool. exp. Paris, t. 61, Notes et Revue n¡ 4, p. 75-122, fig. 135-145.)

PAGE 91

622 ƒMILE RACOVITZA 1924. RACOVITZA (E.-G.). Diagnoses des genres Asellus et Stenasellus ct description de deux Stenasellus nouveaux. (Bull. Soc. des Sciences, Cluj, t. Il, part. 2, p. 81-92, fig. 1-H.) 1911. TscHETWERIKOFF (S.) Beitr‰ge sur Anatomie der Wasserassel. (Asellus aquaticus L.). (Bull. Soc. natural. Moscou, N. S., t. 24, p. 377-509, 3 fig. pl. 7-8. 1911. WEGE (W.) Morpllologische und experimentelle Studien an Ascllus aquaticus (Zool Jahrb., Abth allg. Zool Physiol. lena, Bd. 30, p. 217-320, 33 fig pl.



PAGE 1

36 36 R. JEANNEL SUR LES HOMOLOGIES DES ARTICLES DE LA PATTE DES INSECTES.

PAGE 2

ARCHIVES DE ZOOLOGIE EXPƒRIMENTALE ET GENERALE 1925. Tome 64, NOTES ET REVUE N¡ 2, oages 37 ˆ 55. (Extrait) IV SUR LES HOMOLOGIES DES ARTICLES DE LA PATTE DES INSECTES PAR RENƒ JEANNEL Professeur ˆ la FacultŽ des Sciences, Sous-Directeur de l'Institut de SpŽologie de Cluj. Reue le 20 fŽvrier 1925 SOMMAIRE Observations gŽnŽrales (p. 37). I. La patte larvaire des OolŽopMres (p. 39). Le dactylos des larves (p. 40). Le genou des pattes Jar vaires (p. 42). II. La patte des OolŽopUres adultes (p. 40. -Le dactylos et l'origine des ongles 46). Evolution du earpos et du propodos (p. 48). Conclusions gŽnŽrales (p. 53). IndeT bibliographiqu6 (p. 54). Observations gŽnŽrales Pour identifier les articles des pattes des Arthropodes, C. BoRNER (1921) prend comme repre les articulations et cherche ˆ reconna”tre une articulation principale. Il croit pouvo'r donner ce titre ˆ celle du << genou , la fŽmoro-tibiale des Insectes, et partant de cette articulation qu'il suppose homologue chez tous les Arthropodes, il compte chez les diffŽrents types, le nombre des articles en direction proximale et distale. Il arrive ainsi ˆ donner un tableau des homologies des divers articles des pattes de tous les Arthropodes (1921, p. 687). E.-G. RACOVITZA (1923, p. 95) a dŽjˆ montrŽ ce que cette mŽthode a de scabreux, car, dit-il, les articulations se montrent soumises sans rŽsistance aux vicissitudes des adaptations variŽes et peuvent dispara”tre souvent sans laisser de traces . II n'en est pas de mme pour les articles. Si modifiables qu'ils soient, ils ont une plus solide mŽmoire de leur structure ancestrale et

PAGE 3

38 NOTES ET REVUE ne disparaissent pas sans laisser de traces : des rudiments de leur bord << distal ou de leurs phanres. >> Nous allons voir que ces principes ont leur pleine application en ce qui concerne la patte des Insectes. C'est un fait qui n'est plus mis en doute par personne, que la patte des Insectes doit dŽriver du mme type primitif que celle des CrustacŽs. Elle a donc d tre constituŽe primitivement par une hampe (sympodite) ˆ trois articles : praecoxa, coxa et basis, et par deux rames de cinq articles : ischium, mŽras, carpos, propodos et dont seule la rame interne, ou endopodite, forme la rŽgion distale de la patte. Ce sont donc huit articles (trois du sympodite, cinq de l'endopodite) qu'a d pri:rrlltivement avoir la patte d'un Insecte. La question se pose donc de savoir comment les huit articles ancestraux peuvent se retrouver dans la patte des Insectes actuels. Si on compare la patte d'un Insecte ˆ celle d'un CrustacŽ marcheur, comme par exemple celle d'un Asellus, dont on peut tenir les articles comme identifiŽs avec exactitude (RACOVITZA, 1923, p. 90), on constate au premier abord qu'il existe entre les deux types de grandes analogies, tout au moins dans le bout basal. Le basis, support immŽdiat des rames, doit se retrouver chez l'Insecte pour les mmes raisons que chez le CrustacŽ, et il semble bien qu'on puisse affirmer qu'il est reprŽsentŽ par la hanche. Coxa et praecoxa, trs involuŽs chez l'Isopode, doivent l'tre aussi chez l'Insecte, et le petit sclŽrite appelŽ trochantin, qui se trouve cachŽ dan" la cavitŽ coxale des ColŽoptres, est vraisemblablement un vesLige du coxa. Le trochanter eat, par suite, un iachium et le fŽmur un mŽras. Tout cela est, d'ailleurs, admis sans conteste par les morphologistes et rien dans la disposition des articulations, toutes trs simples, ni dans celle de la musculature, ne fournit le moindre argument en opposition avec cette manire de voir. Hanche, trochanter et fŽmur portent, surtout chez les larves, des soies en position dŽfinies et ces .;oies paraissent bien n'tre que les restes des rangŽes longitudinales de phanres primitives. Mais les choses ne sont plus si simples dans le bout diatal de la patte de l'Insecte, au delˆ du genou >J, c'est-ˆ-dire de la fameuse articulation principale de BoRNER. Pour se faire une opinion, il sera nŽcessaire d'examiner la patte tout d'abord chez les larves, ensuite chez les adultes.

PAGE 4

RENƒ JEANNEL 39 I. La patte larvaire des ColŽoptres. Il existe diffŽrents type3 de pattes larvaire'3 chez les ColŽoptres et il ne semble gure qu'aucun auteur ait jamais eu le souci de bien les homologuer. Si on excepte les pattes atrophiŽm, de certaines larves ou celles ayant subi des adaptation'3 spŽciales, on constate tout d'abord qu'il y a des pattes marcheuses de six articles et d'autres qui n'en ont que cinq. FIG. 1. Patte postŽrieure droite,' face postŽrieure, d'une larve du Trec/ms Breuili Jennn. ( x 150). h, hanche; !r, trochanter ; je, fŽmur ; me, mŽdius ; ti, tibia ; !a, tarse ; B., tarse du m™me, ˆ un plus fort grossissement. Les larves des Trechinae, comme celles de tous les autres Adephaga, ont six articles (fig. 1). Tous le3 auteurs s'accordent pour y voir une hanche, un trochanter, un fŽmur, un tibia, un tarse de deux articles, dont le deuxime ou terminal est en forme d'ongle. Chez tous les autres ColŽoptres dont les pattes larvaires ont cinq articles, par contre (fig. 2), on dit que le tarse n'est formŽ que d'un seul article en forme d'ongle. La dŽduction s'impose naturellement que la patte larvaire de l'AdŽphage, av ec son tarse de deux articles, est plus ŽvoluŽe que celle ˆ tarse uniart1culŽ des autres ColŽoptres. Tous ceux qui ont Žcrit sur la morphologie des larves de ColŽoptres, J.-C. Scru6DTE, E. PERRIS, A. B6VING, Fr van EMDEN, ont ŽtŽ de cet avis et personne n'a jamais pensŽ que le

PAGE 5

40 S01'ES ET REVUE prŽtendu tibia de la la.rve de Trechus pourrait ne pas tre du tout homologue de celui d'une patte larvaire de cinq articles. Moi -mme, sa.ns y avoir rŽflŽchi, j'avais jusqu'ˆ prŽsent identifiŽ le.3 articles de cette manire chez les Bathysciinae (1911, p. 92) et chez les T1echinae (1920, p. 518). Or on va voir que c'est lˆ une erreur. Il n'est d'ailleurs pas absolument certain que toutes les pattes ˆ cinq articles. de larvea de ColŽoptres soient superposables. J'ai mme quelque soupon que celle des HŽtŽromres a d subir llllŸ Žvolution spŽciale. Je me garderai donc, dans les pages qui suivent de prendr'e des exemples dans des groupes trop divers et je vais surtout examiner ce qu'il est possible de tirer de la comparaison do deux groupes homognes que je connais bien, les TTechinae ct les Bathysciinae. Le dactylos des larves. On doit se demander tout d'abord ce qu' cl't l'ongle qui termine la patte des larves. Est-ce un article on une simple phanre spŽcialisŽe ? Chez les CrustacŽs, l'ongle terminal est une phanre ; mais chez les larves de ColŽoptres il n'en est pas de mme ct l'ongle est certainement un article, c'est-ˆ-dire le dactylos lui-mme. L'articulation de l'ongle unique des Bathysciinae (fig. 2 et 8) ou do s 'l'rechinae (fig. 1 et 7) est semblable ˆ celle d'un article ordinaire ; scR mouvements sont produits par un long muscle flŽchisseur faisant Žvidemment partie de l'appareil normal de la patte. D 'a utre part, l'ongle est creux, comme un article et surtout il porte lui-mm e des phanres aussi dŽveloppŽes que celles des autres articles. Quand il y a deux ongles, ils sont souvent Žgaux (Harpalinae), mais aussi parfoi:; inŽgaux, comtne chez les NebTia (fig. 3). On constate alors aisŽment que le grand ongle, placŽ du c™tŽ antŽrieur, est seul en connexion avec le muscle long flŽchisseur et correspond par suite, comme l'ongle unique des Trechus, ˆ l'article terminal de l'appendice ou dactylos. Le deuxinw ongle, plus petit, placŽ du c™tŽ postŽrieur, n'a pas de muscle propre et doit certainement n'tre qu'une phanre distale de l'article prŽcŽdent ou propodos, qui se diffŽrencie pour jouer le r™le d'ongle. C'est en somme un Žperon, et il n 'est peut-tre pas inutile de rappeler que le pŽrŽiopode d 'un Asellus prŽsente, exactement ˆ la mme place, une large phanre modifiŽe qui a reu le nom de talon du propodos (E.-G. RAcovrTzA, 1923, p. 104, fig. 142). L'ongle, ou l'un des deux ongles terminaux de la patte larvaire drs ColŽoptres, correspondent donc ˆ l'article terminal, au dactylos. Il s'cu

PAGE 6

RENƒ JEANNEL 41 suit que l'article prŽcŽdent, c'est-ˆ-dire l'avant-dernier article de la patte larvaire, doit tre le propodos. Il n'a pas manquŽ de me sembler Žtrange, a priori, que le propodos devienne un tibia chez les Bathysciinae par ex::lmple (fig. 2) et par contre un tarse chez les Adephaga (fig. 1). Ce mme avant-dernier article est en effet semblable dans l'un et l'autre cas; • a la mme forme, les mines h. 2. Fm. 2. Patte intennŽdiairc droite, fnce postŽrieure, d'une larve du Brcnilia trianuulum Sh. ( x lGO).Tt, hnnrhc; tr, trochanter ; {e, fŽmur ; ti, tibin ; ta., tnrse Fm. 3. Tibia et to.rse postŽrieurs droits, face postŽrielll"e, d'une larve du Nebria andalusiaca Rnmb, (x 80). -ta, taree ; O., deuxime ongle, dŽrivŽ d'une Žpine du propodos. phanres et en particulier toujours les mmes deux petites Žpines distales ct tergales. Son articulation avec l'ongle se prŽsente toujours de la mme manire. Je conclus donc que cet avant-dernier article doit tre homologuŽ au propodos chez toutes les larve3 de ColŽoptres et que s'il devient tibia chez les uns (Bathysciinae), c'est aussi tibia qu'il doit tre chez les Adephaga. Cette interprŽtation conduit donc ˆ reconna”tre qu'il existe chez l'AdŽphage (fig. 1) un article de plus ˆ la patte, entre le tibia et le fŽmur, c'est-ˆ-dire au niveau du genou . Cet artic]a serait le carpos. S'il en

PAGE 7

42 NOTES ET REVUE est bien ainsi, la patte larvaire de l' AdŽphage est donc non pas plus ŽvoluŽe que celle des autres ColŽoptres, mais au contraire bien plus puisqu'elle a encore son carpos, et c'est la patte ˆ cinq articles des Bathysciinae qui est plus ŽvoluŽe, le carpos ayant d et dispara”tre dans l'articulation fŽmoro-tibia1a. Cette manire de voir m'a donc conduit ˆ examiner de plus prs la fameuse articulation principale de BoRNER, le genou des pattes de larves ˆ six articles et celui de celles ˆ cinq articles. S'il est exact qu'un article', le carpos, ait disparu dans le genou de ces dernires, que cette articulation soit donc secondaire, on doit retrouver dans sa structure dea traces de cette involution. La comparaison de la patte des larves de Bathysciinae avec celle des Trechinae m'a montrŽ effectivement qu'il en est bien ainsi. Le genou des pattes larvaires. Les articulations de la patte des larves Trechinae sont toutes semblables et extrmement simples. A toutes les jointures, il existe du c™tŽ de l'extension deux petits plis longitudinaux chitinisŽs, accolŽs l'un ˆ l'autre et unissant l'article proximal au bord basal de l'article distal (fig. 5). Ces plis jouent le r™le de charrure. Pendant la :flexion, la partie basale de l'article distal, opp o sŽe ˆ la charnire, s'invagine dans le bout de l'article proximal (fig. 4). Cc type d'articulation en charnire est Žvidemment trs primitif; il est facile de constater qu'il est constant chez les Adephaga et qu'il n y a jamais aucune diffŽrence entre toutes les articulations de leurs articles, depuis la coxo-trochantŽrienne jusqu'ˆ l'articulation tarsale. D'aprs les articulations, il ne semble donc y avoir aucun article involuŽ dans la patte des larves des Adephaga. D'ailleurs il est facile de voir qu'il ne peut pas y en avoir. Sachant que la hanche est un basis et l'ongle un dactylos, on trouve entre eux toute la succession : ischium, mŽros, carpos et propodos. La patte larvaire d'un AdŽphage est donc tout ˆ fait homologue de celle d'un Asellus (RACOVITZA, 1923, p. 90). Autant qu'on peut en juger ˆ un premier examen, cette structure se retrouve chez les Gampodea et aussi chez les larves de Trichoptres, ce qui n 'est pas Žtonnant puisque les Trichoptres sont un groupe trs primitif. Comment faut-il nommer articles d'une patte larvaire d' AdŽ phage 1 On a vu que leur propodos est un tibia et qu'il y a donc, entre le fŽmur et le tibia, un article (carpos) qu'il faut pouvoir dŽsigner. Je propose de le nommer mŽdius)); on dira donc que la patte des larves des Adephaga est formŽe par six articles, ˆ savoir: hanche, trochanter, fŽmur mŽdius 1 tibia et correBpondant respectivement aux basis, ischium,

PAGE 8

RENƒ JEANNEL 43 mŽros, carpos, propodos et da.ctyloEi de l'appendice segmentaire primitif. Chez les larves de ColŽoptres autres Ej_Ue celles des Adephaga, la patte n'a que cinq articles. Il faut donc que le sixime ait disparu quelque part. Il est facile de s'assurer que cela n'a pu se faire que dans une articulation, car jamais aucun article ne montre trace de soudure dans sa continuitŽ. Plusieurs d'ailleurs donnent ˆ croire que c'est bien o. FIG. 4. Genou de le. patte IntermŽdiaire droite, face postŽrieure, d'une larve de l'Ibero!rechU& Boivari Jeann. (x 280). -te, fŽmur ; me, mŽdius ; ti, tibia ; c, ch:unillres articulaires ; tl, muscle long flŽchisseur du tarse ; e., extenseur du mŽdius ; a., flŽchisseur du mŽdius. FIG. 5. Charnit're articulaire du mme, vue du el\tŽ tergal. FIG. 6. Genou de le. patte postŽrieure droite, face postŽrieure, d'une larve du Breuilia !riangulum Sh. (x 280).fe., fŽmur ; ti., tibia ; o,. olŽcrllne recevant l'insertion de l'extenseur ; .fi., long flŽchis, seur du tarse ; a, flŽchisseur 'du tibia ; c, extenseur du tibia. le carpos qui a disparu au niveau de l'articulation du genou. On peut le voir d'abord ˆ la disposition des muacles, ensuite ˆ la forme mme de l'articulation. La musculature de la patte montre que le bord basal chitinisŽ du tibia de la larve des Bathysciinae (fig. 6et 8) doit correspondre au mŽdius de la patte des larves de Trechinae (fig. 4 et 7). Le long flŽchisseur du

PAGE 9

44 NOTES ET REVUE traverse l'articulation unique des Bathysciinae, comme il traversait les deux articulationa proximale et distale du mŽdius. Les muscles extenseur et flŽchisseur du mŽdius, contenus dans Je fŽmur des Trechinae, 8. FIG. 7. SchŽma de ln musculature d'une patte de arve de Trecl.us. FIG. 8. SchŽma de la musculature d'une patte de larve de Bathyaciinae. FIG. 9. SchŽma de ln musculature d'une patte de Trechus adulte. se retrouvent comme extenseur et flŽchisseur du tibia chez les Bathysciinae. Le faisceau accessoire du long flŽchisseur du tarse a son insertion proximale dans le mŽdius (fig. 7); l'involution de ce mŽdius dans le bout basal du tibia a naturellement reportŽ cette insertion dans le tibia des Bathysciinae (fig. 8). Quant aux muscles mŽdio-tibiaux, ils ont forcŽment disparu chez ces derniers. Tout dans la disposition des rn uscles chez les Bathysciinae indique donc que le mŽdius ou carpos a d dispara”tre dans l'articulation du genou. La forme de l'articU:lation parle encore dans le mme sens. Il faut reconna”tre d'abord que l'articulation du genou est souvent simple, du typ3 charnire comme les autres, chez beaucoup de pattes larvaires ˆ cinq articles. Elle ne montre rien de particulier chez les Staphylinides, au moins chez ceux que j'ai

PAGE 10

RENƒ JEANNEL 45 examinŽs. Mais par contre, le genou des larves de Bathysciinae prŽsente une certaine complication qui semble bien en rapport avec le fait que l'articulation est complexe. D'autre part, cette complication est une Žbauche Žvidente de l'articulation de la patte adulte, ce qui prouve nettement que le genou adult0 est absolument de celui de la larve des Bathysciinae. Au genou des larves de Bathysciinae (fig. 6), da charnire du c™tŽ de l'extension. Mais on trouve deux articulations condyliennes dont l'une est antŽrieure et l'autre postŽrieure. deux sont FIG. 10. Patte postŽrieure gauche, face nntŽrieure, d'un Trechus Bordei Peyer, adulte ( x 45). semblables, formŽes par la juxtaposition de deux petits nodules en forme condyles. Elles dŽterminent un axe mŽdian antŽro-postŽrieur, sur lequel le tibia exŽcute ses mouvements d'extension et de flexion. Tout le bout basal du tibia est fortement chitinisŽ ; du c™tŽ tergal ce bout forme une apophyse arrondie, sorte d'olŽcr‰ne sur lequel s'insre le muscle extenseur. Au c™tŽ sternal le muscle flŽchisseur traverse la jointure pour s'insŽrer sur le bord proximal du tibia. Cette articulation bicondylienne est Žvidemment secondaire, car elle remplace les articulations en charnires tergales primitives, qui ont disparu probablement dans l'olŽcr‰ne tibial. On conna”t bien d'autres exemples d'articulations secondaires sur les appendices des Insectes et un des plus typiques est celui des articulations mandibulaires. On voit toujours les articulations secondaires doubles remplacer les articulations primitives simples, aprs involution d'un article intermŽdiaire, amenant

PAGE 11

46 NOTES ET REVUE au contact deux autres articles autrefois sŽparŽs. L'articulation bicondylienne du genou larvaire des Bathysciinae laisse donc encore supposer qu'elle doive renfermer des vestiges du carpos. On dira donc que la patte des larves de Bathysciinae est formŽe de cinq articles, ˆ savoir : hanche, trochanter, fŽmur, tibia et tarse, correspondant respectivement aux basis, ischium, mŽros, propodos et dactylos, et que par consŽquent le mŽdius ou carpos a disparu dans l'articulation du genou. La comparaison des larves de Trechinae avec celle des Bathysciinae nous montre donc comment le carpos a disparu de leur patte au cours de l'Žvolution phylogŽnique. Cette involution du carpos se rŽpte au cours du dŽveloppement ontogŽnique des Adephaga. Il reste ˆ voir maintenant comment se constitue le tarse pluriarticulŽ de l'adulte, dont on ne trouve aucune Žbauche pendant les stades larvaires. II. La patte des ColŽoptres adultes Le dactylos et l'origine des ongles. Il est Žtrange qu'aucun morphologiste n'ait jamais essayŽ d'identifier l'article terminal de la :eatte des Insectes. C'Žtait pourtant la premire chose ˆ faire afin de dŽterminer les homologies des articles. Il faut Žvidemment s'attendre ˆ trouver chez l'Insecte le dactylos, dont l'importance est si grande chez les CrustacŽs ; mais aucun auteur n'a jamais supposŽ que ce dactylos puisse tre autre chose que le dernier article du tarse ou << onychium , c'est-ˆ-dire l'article portant les deux ongles. Or il est facile de voir que l'onychium ne peut pas tre le dactylos. L'onychium n'a pas plus les caractres d'un article indŽpendant qu! les autres articles du tarse ; il n'a pas de muscles propres. D'autre part, le caractre essentiel du dactylos, article terminal, est de n'avoir pas de rangŽe de phanres distale transverse. Il se termine par une phanre unique ou plusieurs phanres disposŽes en rangŽe longitudinale ; on ne comprend pas que de telles phanres aient pu devenir les deux ongles parfaitement symŽtriques du tarse des Insectes. Si on examine le sommet de l'onychium de n'importe quel Insecte PtŽrygote, on constate par contre qu'il y existe un petit sclŽrite qui, lui, prŽsente bien tous les caractres d'un dactylos. On a souvent notŽ sa prŽsence, mais sans s'apercevoir de son importance morphologique. C'est, en particulier, lui qui fournit le pulville de'3 HymŽnoptres et

PAGE 12

RENƒ JEANNEL 47 probablement aussi les organes adhŽsifs d'autres groupes d'Insectes. Pour bien reconna”tre sa nature, il faut l'examiner lor>qu'il n'a pas subi d'adaptations spŽciales et qu'il est rŽduit simplement ˆ son Žtat d'organe rudimentaire. C'est le cas chez les Trechus que j'ai pris comme types pour ma description. Ce sclŽrite, que j'appellerai <, a l'aspect d'une masse FIG. 11. Sommet de l'onychium, avec le nodule unguŽal et la base des ongles, chez Borcki Peyer. (x 280 -.A. face stemalc. -B. face latŽrale.C. nodule unguŽal isolŽ, vu par la face sternalc. chitineuse pyriforme, libre et ench‰ssŽe par son gros bout proximal dans une cupule apicale du sommet de l'onychium (fig. 11, A, B et 0). Sa partie distale libre porte une phanre unique, en forme de languette hyaline, courte chez les Trechus, mais trs longue chez les Bathysciinae (JEANNEL, 1911, p. 36, fig. xxx, lanire tactile) ou mme parfois bifide, quoique unique, chez les Staphylinides (Apteraphaenops). La face tergale du nodule est unie aux ongles par une lame fibreuse. Sa face bord dif.ltal et !ltern.al de l'onychium

PAGE 13

48 NOTES ET FEVUE par une lame Žlastique. La base du nodule enfin donne insertion au tendon du muscle long flŽchisseur du tarse, dont l'insertion proximale se fait dans le fŽmur, qui reoit des faisceaux musculaires dans le tibia, mais traverse les articles du tarse sans y prendre la moindre insertion, soit musculaire, soit tendineuse (fig. 9). La flexion des ongles est obtenue par un mouvement de coulisse du nodule unguŽal, tirŽ par son muscle long flŽchisseur et entra”nant avec lui les ongles par l'intermŽdiaire de la membrane fibreuse. Le mouvement antagoniste d'extension est produit par le jeu de la membrane Žlastique qui ramne le nodule unguŽal ˆ sa position primitive. II n'y a aucun doute, ˆ mon avis, que ce nodule unguŽal reprŽsente bien le dactylos. Quant aux ongles, ce sont deux Žpines du bord distal et tergal du propodos qui se sont dŽveloppŽes et se sont substituŽes au dactylos pour former l'extrŽmitŽ de l'appendice. On les trouve toujours, ces deux Žpines, sur le bout distal du propodos chez l{ls larves de Carabiques (fig. l et 3) et celles des Bathysciinae (fig. 2). On comprend trs bien que le dactylos, avec sa phanre terminale unique, n'ait pas suffi ˆ l'Insecte, pour s'agripper dans sa locomotion terrestre ." Les deux Žpines tergales de la rangŽe distale transverse du propodos sont venues servir ˆ fixer la patte au sol en se tendˆnt par-dessus le dactylos. Il a d y avoir un moment o la patte venait au contact du sol par trois phanres (les deux Žpines du propodos et celle du dactylos). Mais incapable d'accomplir sa fonction de griffe terrestre, le dactylos est entrŽ en rŽgression, tandis que les Žpines du propodos prenaient un dŽveloppement prŽpondŽrant. En somme, chez l'Insecte, le dactylos incapable d'adapter son ongle unique ˆ la locomotion terrestre, a comme renoncŽ ˆ l'exercice de cette fonction, au bŽnŽfice des ongles du propodos. Mais il semble cependant avoir gardŽ sa fonction sensitive. On ne peut pas dire Žvidemment que le dactylos de l'Insecte porte 'l'homologue de l'organe dactylien des CrustacŽs ; mais il est remarquable que sa lanire tactile ou ses autres organes spŽcialisŽs sont toujours des organes sensitifs. ƒvolution du carpos et du propodos. Nous avons donc maintenant deux repres solides pour Žtablir les homologies des articles de la patte adulte du ColŽoptre. D'une part, nous croyons pouvoir affirmer que hanche, trochanter et fŽmur sont les basis, ischium et mŽros. D'autre part, nous connaissons le dactylos et savons que le bord distal de l'ony

PAGE 14

RENJl JEANNEL chium (article apical du tarse) est le bord distal du propodos. Le probl.e est donc restreint ˆ savoir comment carpos et propodos peuvent avoir 1 10 12 .A sommet du tibia antŽrieur droit, face postŽrieure, du Trechu& Bordei Peycr adulte ( x150). B, tarse antŽrieur femelle droit., face postŽrieure, du mme ( x 150). ŽvoluŽ pour former le tibia et les cinq articles tarsiens d'un Trechus. Les articles du tarse ne prŽsentent aucun caractre qui permette de supposer qu'ils correspondent ˆ des articles primitifs. Leurs articulations sont des plus simples, la base de chaque article Žtant seulement embo”tŽe dans la part ie distale de 1' article prŽcŽdent. Aucun article n'a jamais de muscles propres ; leur mobilitŽ n'entre en jeu que par l'action du long flŽchisseur qui les traverse en chapelet. Les articles du tarse portent deux rangŽes de pha nres disposŽes sur deux rangŽes sternales symŽtriques (fig. 12 B) ; mais leur bord distal ne porte pas de rangŽe transverse. II existe bien parfois une apparence de rangŽe transv erse (fi g 10), mais il est facile de vŽrifier que ces Žpines distales (fig. 12, B article basal), ne

PAGE 15

50 NOTES ET REVUE sont pas autre chose que le> dernires Žpines de la rangŽe sternale, dŽviŽes sur les faces latŽrales de l'article. Les seules phanres reprŽ sentant vraiment d s restes d'une rangŽe transverse sont les deux ongles, qui marquent l'extrŽmitŽ distale du propodos. Tout indique donc que les articles du tarse sont des parties d'un seul article fragmentŽ. On sait, d'ailleurs, que le tarse est souvent uniarticulŽ chez les HŽmiptres, o il a la mme signification et reprŽsente aussi la partie distale du propodos, avec un petit dactylos sous la forme d'un nodule unguŽal. On sait de mme que le n
PAGE 16

RENƒ JEANNEL 51 pansions membraneuses multifides. S'agit-il bien de phanres rudimentaires On ne peut pas l'affirmer ; mais on ne peut pas aus'3i s'empcher de croire que ce sclŽrite pourrait bien tre en rŽalUŽ un vestige du carpos involuŽ. Pour le savoir, il faudra attendre que le hasard des. recherches ait fait conna”tre, si elle existe, une lignŽe d'Insectes chez lesquels le carpos aurait conservŽ des restes plus nets e ses phanres Qu'il existe ou non des restes du carpos dans le genou des ColŽoptres, il n'est pas moins certain que le carpos y est involuŽ chez la pluFIG. 13. ExtrŽmitŽ apicale du tibia intermŽdiaire du 7'reclws Bordei Peyer. (x 280). A, tibia gauche, face stcrnalc.B. tibia droit, face tergale. part des larves et qu'il doit y tre aussi chez l'adulte. Il n'est pas rare d'observ
PAGE 17

NOTES ET REVUE et 3e retrouver cependant complet chez l'imago. II est bien plus rationnel d'admettre que le dŽveloppement ontogŽnique de la patte du Trechus, avec son carpos larvaire involuant dansle genou de l'imago, rŽsume l'Žvolution phylogŽnique gŽnŽrale, que la comparaison de types larvaires diffŽrents nous a fait reconna”tre. Aussi faut-il admettre qu'il n'y a pas de carpos indŽpendant dans la patte du Trechus adulte et par consŽquent que le propodos ˆ lui seul a donnŽ par fragmentations successives la sŽrie d'articles constituŽe par le tibia et les articles du tarse. Il s'en suit que les Žperons apicaux du t.ibia e . :) B. ..... .. ...... C. FIG. 14. Articulation du genou de In patte intennŽdinire adulte de Treclms Bordei Peyer. (x 160). A, face postŽrieure ; Je sclŽrite du tendon flŽchisseur se voit par transpnrence dnns Je fŽmur.B, ln mme dŽsnrticulŽe ; e, muscle extenseur insŽrŽ sur l'olŽcr‰ne ; tl, long flŽchisseur du tnrse ; s, sclŽrite du tendon du flŽchisseur tibinl, nvec l'insertion tendineuse dans la gorge sous-coronoldienne du tibia. 0, sclŽrite du flŽchisseur vu par sa fnce sternnle ( x 280). ne doivent pas tre une rangŽa distale transverse. Ce sont des Žpines des rangŽes longitudinales (et probablement aussi des poils de la pubescence gŽnŽrale) qui se sont groupŽes et spŽcialisŽes ˆ la partie apicale d'un premier segment de fragmentation du propodos. La premire fragmentation du propodos, en tipia et tarse uniarticulŽ, a certainement ŽtŽ trs prŽcoce, car bien des groupes d'Insectes sont encore ˆ ce stade (larves d'HŽmiptres). Aussi est-il naturel que la diffŽrenciation des Žperons du tibia soit dŽjˆ si complte qu'elle produit une apparence de rangŽe transverse. Puis la fragmentation a continuŽ par la sŽparation du tarse en deux articles; l'article basal du t arse prŽsent.e en effet des

PAGE 18

RENƒ JEANNEL 53 spŽcialisations de ses phanres distales plus avancŽes que les articles suivants (fig. 12). Le tarse biarticulŽ est d'ailleurs encore frŽquent chez les Insectes primitifs. Enfin l'Žvolution s'est terminŽe par un troisime stade de fragmentation de l'article apical du tarse. Il semble en effet que ce soit toujours le dernier, le plus apical, des articles dŽrivŽs du propodos qui ait continuŽ ˆ se fragmenter. Le tarse ˆ 4 articles del'Apteraphaenopslongiceps montre un dŽbut de fragmentation de son onychium, et il semble bien que si le tarse de 5 articles d'un Trechus (fig. 12) doit un jour en donner un sixime, ce sera par fragmentation de l'onychium. Ajoutons enfin qu'une Žvolution secondaire a produit dans certaines lignŽes une rŽduction rŽgressive du nombre des articles du tarse. On voit nettement chez les Bathysciola du sous-genre Boldoria (JEANNEL, 1924, p. 26, fig. 35) comment le tarse de 5 articles des m‰les a tendance ˆ devenir tŽtramre par involution de son article basal. C'est trs vraisemblablement une telle involution qui a produit le tarse antŽrieur femelle tŽtramre de tous les Bathysciinae et aussi le tarse antŽrieur tŽtramre des m‰les des Theleomorphi. Conclusions gŽnŽrales. De l'Žtude qui prŽcde se dŽgagent deux catŽgories de faits qui peuvent tre rŽsumŽs comme il suit. 1¡ li est hors de doute que le dactylos existe sur la patte des Insectes, reprŽsentŽ par le nodule unguŽal, et que les ongles sont deux Žpines distales du propodos, qui sont venues, par leur Žvolution, remplacer le dactylos ˆ la terminale de l'appendice. li est non moins certain que hanche, trochantE-r et fŽmur correPpondent aux basis, ischium et mŽros. 2¡ La morphologie comparŽe de la patte des larves et imagos des Trechinae ne peut pas tre interprŽtŽe autrement qu'en suppoEant que le carpos dispara”t dans l'articulation du genou. On a de nombreux indices de la rŽalitŽ de cette involution. li est possible d'ailleurs qu'il y ait un vestige du carpoa involuŽ, dans le genou des ColŽoptres adultes. L'involution du carpos implique donc que c'est le propodo3 qui a donnŽ par fragmentations successives le tibia et le tarse. Au point de vue de la nomenclature: quand le carpos existe, chez les types primitifs, il y a un article de plus dans la patte, le mŽdius qui se trouve placŽ entre le fŽmur et le tibia. NOTES ET REVUE, T. 64. X 2. E.

PAGE 19

54 NOTES ET REVUE TA BLEAU DES HOMOLOGIES A.PPENDICE LA.RVI!II DES LA.EVES DES COLI!OPT&RBS PRIHITIF Tredlina BaO.vsciina A.DULTEB Praecoxa ..... .... 0 0 0 . Coxa ........ ..... 0 0 Trochantin . Basis ............. Hanche Hanche Hanche .. -lschium ........... Trochant er Trochanter Trochanter -- .. --. .. MŽros ......... .. FŽmur FŽmur FŽmur Car_ros ... ..... ... : MŽdius 0 0 - .. - -- -- - -Tibio-tarse Propodos .......... Tibia Tibia et ongles Dactylos .......... Tarse Tarse Nodule unguŽal INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 192 1. BoRNER (C.). Die Gliedmassen der Arthropoden. (Handbuch der Morpholog ie der wirbellosen Tiere. IV, Arthropoda. p. [lena G. Fischer 1921. \ 19 10. B™viNG (A ) Nye Bidrag til Carabernes Udviklingshi3torie : 1. Larver til Calathus, Olisthopus, og Blelhisa. (Entom.ol. Meddel., Kj™benhavn, 1, p. pl. VI.) 19 11. B™VING (A.) Nye Bidrag til Carabernes Udvikling.shistories II Larver ar Slaegterne Tachypus, CŸlenus, Trechus, Clivina, Zabrus, Anisodactylus. (Entom.ol Meddel., Kj™benhavn, Il. p. 129 -1 80, pl. V-IX.) 1 9 19. EMDEN (Fr. van). Versuch ein er Aufstellung von Gattungsbestimmungs tabellen der Carabidenlarven. (Supplem.. entom.., Berlin, N¡ 8, p 1-33.)

PAGE 20

RENƒ JEANNEL 55 1911. JEANNEL (R:). Biopeologica XIX. Revision des Bathysciinae. Morphologie, Distribution gŽographique, SystŽmatique. (Arch. Zool. exp., Paris, [5] VII, p. 1-6H, pl. l-XXIV.) 1920. JEANNEL (R.). Biospeologica XLII. Les larves des Trechini. (Arch. Zool. xp., Paris, 59, p. 1924. JEANNEL (R.). Biospeologica L. Monographie des Bathysciinae. (Arch. Zool. exp., Paris, 63, p. 1877. PERRIS (E.). Larves de ColŽoptres. (Ann. Soc. Linn. Lyon, XXII, p. 1-590, pl. l-XIV.) 1923. RACOVITZA (E.-G.). Notes sur les Isopodes. 10. Orientation de l'Isopode et essais de nomenclature pratique des bords et faces de son corps et de ses appendices. 11. Morphologie et phylogŽnie des pŽrŽiopodes et de leurs phanres. (Arch. Zool. exp., Paris, 61, Notes et Revue, N¡ p. 75-122.) 1862-64. ScHi™DTE (J.-C.). De metamorphosi eleutheratorum observationes. Kroyer naturh. Tidsskrift, Kjobenhavn, III, p. pl. l-XII.)



PAGE 1

38 38 R. JEANNEL PREMIER SUPPLƒMENT A LA MONOGRAPHIE DES BATHYSCIINAE.

PAGE 2

ARCHIVES DE ZOOLOGIE EXPƒRIMENTALE ET 1 925. Tom e 64, NOTES ET REVUE, N¡ 3, pages 71 ˆ 77. (E x trait) VII PREMIER SUPPLƒMENT A LA MONOGRAPHIE DES BATHYSCIINAE 1 PAR R. JEANNEL Sousdirecteur de l'Iustitut de SpŽologle de Cluj. Rerue l 30 iuin 1925. Convaincu que l'apparition de la Monographie des Bathysciinae 1 va provoquer une recrudescence d'activitŽ dans le monde des Entomologistes explorateurs des cavernes, je commence la publication d'une sŽrie de SupplŽments, o seront consignŽes toutes les observations qui pourront me parvenir, tant sur des espces nouvelles que sur celles dŽjˆ dŽcrites. Ces supplŽments >> seront donc une mise au point pŽriodique de nos connaissances sur les Bathysciinae. Ils me permettront de tenir ˆ jour l'Žnorme masse de matŽriaux accumulŽs dans ma Monographie et de garder ainsi cette dernire toujours prte ˆ servir de base ˆ l'Žtude chorologique plus gŽnŽrale que je compte entreprendre, sur le peuplement des cavernes, lorsqu'une Monographie similaire des Trechinae aura pu tre publiŽe. Gen. SPELAEOCHLAMYS DmcK (Mon., p. 49). Spelaeochlamys Ehlersi DmcK.Cette espce vient d'tre retrouvŽe en nombre, par M. le D t R. Zariquiey, au moyen de piges, dans deux grottes, cueva de las Maravillas et cueva de Rabosero, situŽes dans la 1. R. JJIANNEr . Monographie des Bathysciinne. Biospeo/ogica L (ces Archi1es ,tome 63, p. 1  436, '1" dŽcembre }g2().

PAGE 3

72 NOTES ET REVUE sierra de Mariola, term. mun. de Concentaina, part. de Alcoy, prov. Alicante, Espagne. Un premier individu femelle de la cueva de las Maravillas, qui m'avait ŽtŽ tout d'abord communiquŽ (Mon., p. 51), m'avait laissŽ croire que peut-tre ces Spelaeochlamys nouvellement dŽcouverts pourraient diffŽrer du S. Ehlersi Dieck. En rŽalitŽ une sŽrie d'exemplaires m'a fait constater qu'aucune diffŽrence constante ne les sŽpare. L'organe copulateur des m‰les de la cueva de las Maravillas est identique ˆ celui du cotype de DIECK que je possde. Gen. APHAOBIUS AB. (Mon., p. 227). Aphaobius Milleri, subsp. fortesculptus J. M†LLER 1925 (Wiener ent. Ztg. XLII, p. 46) ; type : grotte du Grosskahlenberg. Cette race nouvelle de l'A. Milleri prŽsente la mme sculpture des Žlytres ˆ strioles dissociŽes sur la moitiŽ apicale, que chez la subsp. Grabowskii (Mon., p. 229), mais son pronotum est plus large ˆ la base que chez cette dernire et d'autre part la massue des antennes a la mme forme Žpaisse que cbez la subsp. Pretneri, des mines de Stou, dans les Karawanken. L'A. Milleri fortesculptus est typique dans la grotte du Grosskahlenbergl, situŽe prs de Medvode [Gorstchach ], dans les environs de Zwischenwii.ssern, en Carniole (H . Springer, teste J. MŸller). MalgrŽ de petites diffŽrences, J. M†LLER rapporte encore ˆ la mme race, caractŽrisŽe surtout par les strioles dissociŽes de ses Žlytres, les Aphaobius vivant dans la Castitljiva jama, prs de Radovljica [Radmannsdorf], un exemplaire de la Dezmanka jama [grotte de Brezi:w], dans la fort de Jelouvca, prs de Radovljica et enfin deux exemplaires de la Snezena jama na Obranci, ˆ Mezaklja, prs de Veldes, tous recueillis parE. Pretner. On voit donc que les grottes qui se trouvent en Carniole au nordouest et ˆ l'ouest de Ljubljana, sont habitŽes par des Aphaobius prŽsentant souvent des strioles dissociŽes sur la moitiŽ apicale des Žlytres (A. Grabowskii dans la grotte d'Horjul, A. fortesculptus tout le long du cours supŽrieur de la Save, depuis Veldes, jusqu'ˆ Zwischenwii.ssern). Ce caractre n'est d'ailleurs pas constant chez toutes les colonies de ce territoire gŽographique, puisque l'A. Alphonsi, ˆ strioles non dissociŽes, 1. Grossgallcnbcrg d'aprs JoSEPH (JEANNEL, 1911, Rcv. Bathysc., p. 676.)

PAGE 4

RENƒ JEANNEL 73 se trouve dans les environs de Medvode, tout prs de grottes habitŽes par la subsp. fortesculptus typique. J. MŸLLER attire l'attention, avec raison, sur le fait qu'en rŽalitŽ chaque grotte de Carniole est habitŽe par une colonie d'Aphaobius toujours plus ou moins diffŽrente de celles des autres grottes. Chaque colonie d'Aphaobius est une race locale isolŽe, plus ou moins caractŽrisŽe. Ces petites races locales ne mŽriteront certainement pas de recevoir chacune un nom spŽcial ; mais lorsqu'elles seront mieux connues, et surtout lorsqu'il aura ŽtŽ possible de mieux interpreter la valeur phylogŽnique de leurs diffŽrences, il sera possible de les grouper sous quelques races principales ayant chacune une distribution homogne. Une telle revision des races des Aphaobius reste ˆ faire entirement. Gen. ANISOSCAPHA J. MŸLL. (Mon., p. 246). Anisoscapha Klimeschi J. MŸLL. (Mon., p. 247) a ŽtŽ retrouvŽ par M. F. Svircev dans la Trogrla jama, prs de BioiŽ, sur le versant nord du Svila.ja planina (.J. MŸLLER, 1925, Wiener ent. 7.tg, XLII, p. 45). L'espce n'Žtait connue que des pierres enfoncŽes du mont Troglav, massif sŽparŽ du Svilaja planina par la vallŽe de la Cetina. L'A. Klimeschi serait donc une espce d'‰ge plus ancien que celui du creusement de la vallŽe de la Cetina (Pleistocne ). La femelle de l'A. Klimeschi n'Žtait pas encore connue. Les Žlytres sont terminŽs en pointes divariquŽes, comme chez A. Winkleri, mais moins aigu‘s et moins saillantes. Gen. DRIMEOTUS MILL. (Mon., p. 300}. D. (Trichopharis) blidarius KNIRSCH, 1925 (Cas. Cesk. Spol. ent., XXII, p. 43}; type: grotte du D. Blidariu, monts Bihar (coll. Dr Knirsch). Cette espce nouvelle a ŽtŽ dŽcouverte dans une grotte situŽe non loin de celle habitŽe par le D. (Fericeus) Kraatzi (Mon., p. 310). M. E. KNmscH en a fait le type d'un nouveau sous-genre, parce qu'elle possde des caractres intermŽdiaires ˆ ceux des Drimeotus et du Fericeus. Je reviendrai ˆ son sujet, lorsqu'il m'aura ŽtŽ possible de l'Žtudier en nature.

PAGE 5

74 NOTES ET REVUE Gen. ROUBALIELLA, nov. TYPE : Roubaliella biokovensis, n. sp. M. J. Roubal a recueilli en juillet 1924, sous une pierre enfoncŽe du Biokovo planina, en Dalmatie, un unique exemplaire d'une trs remarquable espce nouvelle qui ne peut entrer dans aucun des genres de Bathysciinae actuellement connus, et qu'il a bien voulu me donner en me chargeant de la dŽcrire. Je ne saurais trop le remercier de sa gŽnŽrositŽ. Cet exemplaire est malheureusement une femelle; mais, comme on va le voir, il est parfaitement possible de se convaincre qu'elle doit prendre place dans la sŽrie phylŽtique d'Apholeuonus (Mon., p. 345), o elle vient constituer un genre nouveau, ˆ la base de cette sŽrie, puisqu'il s'agit d'une forme bathyscio•de, certainement trs voisine des Adelopidius. Roubaliella, est le premier genre de forme franchement bathyscio•de connu dans la sŽrie phylŽtique d'Apholeuonus, qui comptait dŽjˆ un grand nombre de genres ˆ des stades Žvolutifs trs divers. ReprŽsentet-il dans la faune actuelle la souche primitive de cette sŽrie phylŽtique 1 Cela est vraisemblable, mais ne pourra gure tre dŽfinitivement reconnu que lorsqu'on en possdera le m‰le. Les caractres de la femelle indiquent toutefois d'Žtroites affinitŽs avec les Adelopidius et on est en droit de prŽvoir que l'armature du sac interne sera du mme type que dans ce dernier genre. Dan8 ce cas on aura la preuve que Roubaliella est bien, comme je crois pouvoir le supposer d'ores et dŽjˆ, un type trs primitif, formant la base du rameau phylŽtique constituŽ par les Adelopidius et les Apholeuonus (Mon., p. 352). DIAGNOSE DU GENRE. Premier article des antennes nettement plus court que le deuxime (fig. 4). Tibias antŽrieurs avec un peigne aussi dŽveloppŽ que chez les Adelopidius (fig. 2). Carne mŽsosternale haute, lamelleuse, arrondie (fig. 5), sans prolongement postŽrieur sur le mŽtasternum. Elytres trs convexes, ˆ grosse ponctuation profonde et Žparse ; la pubescence normale, assez fournie, courte et couchŽe, comme chez les Adelopidius. Pronotum large, transverse, ˆ c™tŽs arrondis, non sinuŽs en arrire, la plus grande largeur au niveau des angles postŽrieurs, la base aussi large que celle des Žlytres. Antmmes grles et courtes, ne dŽpassant

PAGE 6

RENƒ JEANNEL 75 pas le milieu du corps. Pattes grles, les fŽmurs non renflŽs au sommet ; les tibias non Žpineux. Taille de 3 mm. M‰le inconnu. Un peigne aux tibias antŽrieurs ne s'observe que chez les ThŽlŽomorphes de la Division III (Mon., p. 264) et chez les Brachyscapes de la Division V (Mon., p. 323), dont les m‰les des premiers ont des tarses Roubaliella bwkovensis, n. g., n. sp. Fm.I. Femelle, x 18. -Fm. 2. Tibia ct tarse antŽrieurs droits de la femelle x 55. Fm. 3. Sommet de l'antenne gauche de la femelle, face antŽrieure, x 55. Fig. 4. Base de la mme antenne, x 55. FIG. 5. Profil de la carne mŽsostemnle, x 55. antŽrieurs tŽtramres, ceux des seconds pentamres. L'absence de prolongement postŽrieur de la carne mŽsosternale, la brivetŽ relative du premieJ. article des antennes et la forte ponctuation Žparse des Žlytres indiquent qu'il ne peut pas s'agir d'un ThŽlŽomorphe de la Division III, dont tous les genres connus ˆ Žlytres ponctuŽs habitent d'ailleurs la Carniole (Bathysciotes) ou la VŽnŽtie (Neobathyscia) et sont de plus remarquables par la grande finesse de leur sculpture. C'est donc dans la Division V que Roubaliella vient se placer, ce qui indique que les tarses antŽrieurs du m‰le doivent tre pentamres.

PAGE 7

76 NOTES ET REVUE D'ailleurs tous les caractres de la femelle ci-dessus ŽnumŽrŽs, sauf la forme du pronotum et la brivetŽ des antennes, sont exactement ceux des Adelopidius. Comme chez tous les genres de la sŽrie phylŽtique d' Apholeuonus (Mon., p. 325, tableau phylogŽnique 1 ), la carne mŽsosternale n'a pas de prolongement postŽrieur et d'autre part la forme, la sculpture et la pubescence des Žlytres, la conformation des pattes et des antennes sont tout ˆ fait les mmes que chez Adelopidius. Roubaliella ne se distingue en somme de ce dernier que par la brivetŽ de ses antennes et surtout par la forme de son pronotum, dont les c™tŽs ne sont nullement sinuŽs en arrire et dont la base est aussi large que celle des Žlytres. Comme Adelopidius, Roubaliella s'Žcarte d'Icharonia, autre genre presque bathyscio•de, par ses Žlytres non orbiculaires, pubescents, et ses fŽmurs non renflŽs en massue. C'est donc immŽdiatement avant le genr e Adelopidius, en tte de la sŽrie phylŽtique d'Apholeuonus, que Roubaliella doit placŽ. L'armature du sac interne sera nŽcessaire ˆ conna”tre pour savoir s'il s'agit bien d'un genre distinct ou encore d'un sous-genre d' Adelopidius, ˆ caractres externes archa•ques. Roubaliella biokovensis, n. sp. Une seule femelle recueillie en juillet 1924, par M. J. Roubal, sous une pierre enfoncŽe du Biokovo planina, massif calcaire continuant au sud le Mosor planina, en Dalmatie (coll. Jeannel). Long. 3 mm. Forme convexe, rappelant celle du Bathysciotes KhevenhŸlleri ; coloration brun rouge‰tre brillant ; pubescence courte et couchŽe, assez fournie. Ponctuation fine sur le pronotum, forte et peu serrŽe sur les Žlytres, o elle est presque aussi forte que chez les Oharonites. Antennes courtes, atteignant presque le milieu du corps, les articles de la massue trs dŽliŽs, aplatis et asymŽtriques (fig. 3). Article 1 aussi long que les denx tiers du II (fig. 4), le funicule grle, l'article III bien plus long qne le IV, environ six fois aussi long que large, le VIII court, ˆ peine 1. J,c tableau de dŽtermination que j'ai donnŽ des genres de la Division V (Mon., p. 326) comluimitˆ rapprocher Roubaliella d es genres de Carniole Bathyscimorphus ct Ceuthmonocharis, ˆ r a use de s n forme bathyscioide. Mais ce rapprorlll'mcnt est sans valeur; j'ai dit d'ailleurs (Mon., p. 30) que mes tnblcnnx de dŽtermination n'expriment aucuncmmt les rapports phylogŽniques des genres. Bathyscimorphus ct Ceut1!1nGnocharis ont leur prolongŽe en nrrl
PAGE 8

RENE JEANNEL 77 plus long que large, les IX et x larges, comprimŽs, ˆ peine plus longs que larges, le XI ˆ peine plus long que le x. Pronotum transverse, aussi large ˆ la base que les Žlytres, les c™tŽs arrondis, non sinuŽs en arrire, simplement moins arquŽs dans la moitiŽ basale qu'en avant (fig. 1}, les angles postŽrieurs peu saillants, la base ˆ peine bisinuŽe. Elytres trs convexes, renflŽs vers le milieu, attŽnuŽs et trs dŽclives dans la partie apicale. Gouttire marginale trs fine, comme chez Adelopidius, l'apex arrondi, laissant la pointe du pygidium ˆ dŽcouvert. Carne mŽsosternale haute, arrondie, non anguleuse, sans prolongement postŽrieur ; mŽtasternum saillant sur la ligne mŽdiane, un peu carŽnŽ en avant. Pattes grles, absolument semblables ˆ celles des femelles des Adelopidius. Sa grande taille, son aspect subglobuleux et sa forte ponctuation font reconna”tre cette espce ˆ premire vue, de toutes les autres. Gen. ICHARONIA REITT. (Mon., p. 355). Icharonia Leonhardiana, subsp. trescavicensis J. MŸLLER, 1925, (Wiener ent. Ztg., XLII, p. 47) ; type : Treskavica planina. La forme typique habite les grottes du Vysocica planina. M. J. MŸLLER a vu un exemplaire provenant du Treskavica planina, dans le sud de la Bosnie (coll. Emm. Reitter}, de plus petite taille, moins orbiculaire, ˆ ponctuation des Žlytres plus forte et ˆ angles postŽrieurs du pronotum plus saillants en dehors. Il semble bien s'agir en rŽalitŽ d'une race diffŽrenciŽe, qui doit vraisemblablement habiter une grotte. On n'a malheureusement qu'une indication bien vague sur la position de cette dernire. AUTEURS CITƒS 1924-. JEAN N EL (R. ). Monographie des Bathysciinae. Biospeologica L. (Arch. Zool. exp. et gŽn., Paris, t. 63, p. 1-ft36, fig.). 1925. KNIRSCH (E.). Ein neuer Drimeotus Mill. aus dem Bihar Gebirge. (Casopis CeskosloP. Spol. ent., Prague, XXII, p, 1925. MŸLLER (J.). Ueber einige H™hlenk11fer aus Jugoslavien. (Wiener ent. Ztg., XLII, p.



PAGE 1

39 39 L. FAGE SUR UN NIPHARGUS DES EAUX SOUTERRAINES DE BULGARIE.

PAGE 2

BULLETIN DE LA SOCIƒTƒ DES SCIENCES DE CLUJ Tome IIJ, 2e partie, pages 1-6. 25 fŽvrier 1926 . SUR UN NIPHARGUS DES EAUX SOUTERRAINES DE BULGARIE par Louis Fage MusŽum National d'Histoire Naturelle, Paris. Reue le 1 novembre 1925. Le Dr. BuRESCH, conservateur du MusŽe de Sofia, a recueilli, dans les eaux souterraines de Bulgarie, un certain nombre d'Amphipodes du genre Niphargus, qui rŽpondent imx caractŽristiques suivantes: Nlphargus Plateani, subsp. Bnreschi, nov. d'. Longueur, sans les antennes ni les uropodes, 20 ˆ 23 mm. Corps robuste ; tte aussi longue que le premier segment du mŽsos™me ; plaques coxales 1 ˆ rv se recouvrant, plus hautes que leur segment, v et VI ŽchancrŽes au bord infŽrieur, VII arrondie au bord infŽrieur, IV ˆ peine plus haute que v; angle postŽrieur des plaques ŽpimŽrales aigu et prolongŽ par une courte soie spiniforme. Yeux absents. Antenne 1 aussi longue que la moitiŽ du corps: premier article du pŽdoncule plus grand que le deuxime qui fait un peu plus du double du troisime; flagellum de 24 ˆ 25 articles (jusqu'ˆ 29 articles) ; flagellum accessoire, ˆ deux articles, un peu plus long que le premier article du flagellum principal. Antenne II, ˆ peine plus longue que la moitiŽ de l'antenne r, avec les quatrime et cinquime articles du pŽdoncule subŽgaux; flagellum de 14 articles, un peu plus long que le cinquime article du pŽdoncule. Article terminal du palpe de la mandibule ˆ peine plus grand que l'article II. Ma.:rille 1 avec six soies terminales au lobe interne et neuf ˆ dix soies distales au palpe. Gnathopodes trs robustes, surtout le gnathopode II ; carpe pourvu d'un petit lobe saillant, arrondi et densŽment <:1liŽ ˆ la partie proximale du bord supŽrieur ; propode trapŽzo•dal, plus large que long, bord palplaire.,. le plus presque et portant une forte dent an

PAGE 3

2 L. FAGE gulaire; dactyle aussi long que le bord palmaire, pourvu d'une petite dent au bord interne. PŽrŽiopodes III et IV subŽgaux, nettement plus courts que le pŽrŽiopode v. PŽrŽiopodes VI et vu subŽgaux, nettement plus longs que le pŽrŽiopode v; tous les trois ayant leur article basal dilatŽ et crŽnelŽ FIG. 1 ˆ 7.Niphargus Plateaui Bureschi, n. subsp.Fig. 1. rJ. Partie antŽrieure du corps, X 11. Fig. 2. Antennes, X 11. Fig. 3, 4 et 5. rJ. Plaques ŽpimŽrales l, ll et Ill, X 11. -Fig. 6; d'. Maxille l, X 40. Fig. 7. d'. Maxille Il, X 40, au bord postŽrieur. Tous les dactyles pourvus d'une seule Žpine au bord interne. Angle postŽrieur du premier segment de l'urosome armŽ d'une Žpine. Uropodes 1 et u ˆ branches subŽgales de 1 / 3 plus courtes que le pŽdoncule; uropode m plus long que 1&. moitiŽ du corps, branche interne aussi longue que le pŽdoncule qui fait 1 / 6 du premier article de la branche externe, ce dernier un peu plus court que l'article distaL Telson un peu .plus large que. long, fel;_ldu \lu:lC a; 4 de lon8'ueur 1

PAGE 4

Ufi NlPHARGLS DE BULGARIE 3 ses lobes trs rapprochŽs, pour vus chacun de deux epmes et de deux ou trois soies marginales et de quatre ˆ six Žpines distales. FIG. 8 et 9.Niphargus Plateaui Bureschi, n. subsp.Fig. 8. d". Gnathopode 1, droit, X 16. Fig. 9. d". Gnathopode Il, X 16. FIG. 10 et 11.Niphargus Plateaui 13ureschi, n. subsp.Fig. 10. d". Ill, droit, X IG. Fig. 11. c/. PŽrŽlopode IV, droit, X 16 .

PAGE 5

4 L. FAGE Longueur 14 ˆ 17 mm. Plaques coxales 1 ˆ tv nettement plus hautes que longues. Uropode m faisant ˆ peine 1 / 4 de la longueur du corps, article distal de la branche externe ˆ peine plus long que le pŽdoncule et faisant 1/ 3 du premier article; branche interne dix fois plus courte que la branche externe. FIG. 12 ˆ 14, -NiphargUB Plateaui Bureschi, n. subsp.Fig. 12. d'. PŽrŽiopode V, droit, X 16. Fig. 13. d'. PŽrŽiopode VI, droit, X 16. Fig. 14. d'. PŽrŽiopode Vll, droit, X 16, Habitat : GrottŽ de Dupka, prs de Zakatnik, Kodja Balkan. 15 VI-24, 4 cl, 2 et 21 IX-24, 5 cf, 2 Grotte de Golema, prs de Micre, .district de Lowetsch, Nouvelle Bulgarie, 3 .o; Divikaska Pestera, district de Lowetsch 1 No\lveUe Bulsˆriet 17 UC24, 1 juv, ,

PAGE 6

l!N NlPHA!UJUEi DE BULGARIE 5 Ce Ntphargus est extrmement voisin du N. Plateaui et principalement de sa variŽtŽ robustus Chevr. dont il se distingue surtout par le plus grand nombre des soies qui terminent le palpe et le lobe interne des maxilles 1, par l'angle postŽrieur aigu des plaques ŽpimŽrales, parles branches des uropodes I et n subŽgales dans les deux sexes, par FIG. 15 ˆ 18.Niphargus Plateaui Bureschi, n. subsp.Fig. 15. cf. Urosome et uro podes, X 11. Fig. 16. cf. Telson, X 40 Fig. 17. Gnathopode Il, droit, X 16, Fig. 18. Uropode Ill, X 11. l'uropode m plus allongŽ et par le telson plus largement fendu et ˆ lobes plus rapprochŽs. Il est impossible de se prononcer sur la valeur taxonomique de ces caractres diffŽrentiels. Encore tout rŽcemment,

PAGE 7

6 L . FAGE H. SPANDL (1) a justement insistŽ sur la variabilitŽ considŽrable non seulement des Gammarus d'eau douce, mais aussi des Niphargus, dont on a multipliŽ les espces d'une faon abusive. Une rŽvision de ces espces, basŽe sur un matŽriel nombreux et de provenances diverses, est absolument indispensable. C'est dans le dessein de contribuer ˆ cette uvre que j'ai cru utile de faire conna”tre cette forme particulire du N. PlatŽaui, que je nomme provisoirement variŽtŽ .Bureschi, Žvoquant d'une part la personnalitŽ sympathique du collecteur et signalant d'autre part les rapports Žtroits de cette forme avec celle de l'Europe occidentale. La variŽtŽ robustus du N. Plateaui n'est en effet signalŽe jusqu'ici que de France (Yonne, C™te d'Or, Isre, Lot, Haute-Garonne, Tarn, Landes, Basses-PyrŽnŽes) et de Bologne. L'abondante illustration qui accompagne cette note permettra, je l'espre, ˆ ceux qui pourraient entreprendre la revision, nŽcessaire, du genre Niphargus, de reconna”tre l'exacte valeur de la variŽtŽ Bureschi. Je rappellerai que K. ScHAFERNA (2) a rŽcemment dŽcrit, sous le nom de Niphargus illidzensis n. sp. un Niphargus des environs de Sarajevo qui existe aussi dans le nord de l'Italie, ˆ Sesto, et dont une variŽtŽ dalmatina a ŽtŽ prise par lui dans des sources temporaires sur les bords du lac Vrana, prs Zaravecchia, en Dalmatie. Cette espce serait voisine du N. Ladmiraulti Chevr. de France (Loire-InfŽrieure, Maine-et-Loir, Lot, dans les Ce rapprochement entre une forme balkanique et urie lorme de l'Europe occidentale est d'aulant plus intŽressant ˆ signaler ici que le N. Ladmiraulti appartient certainement au mme groupe que le N. Plateaui. J'ajouterai d'ailleurs, que j'ai trouvŽ, dans les rŽcoltes faites par le Dr. Buresch dans le sud de la Bulgarie {grotte de Progled, district de Cepelare, dans les monts Rhodope, 1000 m. d'altitude) quatre Niphargus que je n'ai pas pu distinguer du N. puteanus (Koch) de l'Europe occidentale. (1) Studien Ÿber SŸsswasseramphipoden. (Sitzungsber. Akad. der Wissensch. Wien, 133 Bd., 9 Heft, 1924, p. 431). (2) Amphipoda Balcanica (Zvlcistni otisk. z. Veitniku KrcŸ. (Ses. spolelSnosti nank. 1fida 11. na rok 1921-1!122, p. 51).



PAGE 1

40 40 P A. CHAPPU IS PARABATHYNELLA STYGIA, N G ., N. SP ., NOUVEAU CRUSTACƒ CAVERNICOLE DE LA SERBIE ORIENTALE. (DESCRIPTION PRƒLIMINAIRE).

PAGE 2

DE LA SOCIƒTƒ DES SCIENCES DE CJ,UJ 1'ome ur, 2e partie, pages 7-10. 25 fŽvrier 1926. PARABATHYNELLA STYGIA, N. G. N. SP., NOUVEAU CRUSTACƒ CAVERNICOLE DE LA SERBIE ORIENTAJ,E (Description prŽliminaire) par P. A. Cha(Jpuis Adjoint ˆ la Direction de i'Institut de. SpŽologie de Cluj Reue le 30 janvier 1926. Au cours de l'ŽxpŽdition en Serbie orientale organisŽe en 1913 par l'Institut de SpŽologie, trois exemplaires d'un CrustacŽ appartenant ˆ la famille des Bathynellidae furent capturŽs dans un petit ruisseau souterrain des environs de Cacak. A premire vue ces animaux ressemblaient beaucoup ˆ des Bathynella immatures, et c'est seulement en examinant de prs les pices buccales et les extrŽmitŽs du corps, que j'acquis la certitude que les CrustacŽs en question Žtaient adultes et appartenaient ˆ un ;nouveau genre. Ordre &naspidacea Calman 1904 Famille B&TIIYNELLID&E GrobŽn 1904 P ARABATHYNELLA, n. gen. DIAGNOSE: Aspect gŽnŽral des Bathynella; mandibules portant un lobe et un palpe uniarticulŽ ; maxille I triarticulŽe : maxille II biarticulŽe, n'ayant qu'un seul eridite. Pas de plŽopodes. Parabathyuella stygia n. sp. TYPE DE L'ESPCE: Ruisseau souterrain dit Sveta Voda", prs de Guca, dŽpartement de Cacak, Serbie orientale. [Biospeologica No 1160, 16 juin 1923j. MATƒRIEL ƒTUDIƒ.Trois individus immatures mais adultes. 0, 7 ˆ 0,8 mm,

PAGE 3

8 P. A. OHAPPUJS Le corps e&t cylindrique, vermiforme et compltement segment,Ž c'est-ˆ-dire divisŽ. en huit segments thoraciques, six segments abdominaux, la tte et le telson: La cuticule est mince, rie prŽsente nulle part un Žpaississement, est incolore et transparente. 6: 2. 3. FJG. 1 -6. Parabathynella stygia. fig. 1. Antenne gauche. Fig. 2. Mandibule gauche. Fig. 3. Premire maxille gauche.Fig 4. Seconde maxille droite. Fig, 5, Endopodite du premier pŽrŽiopode droit. Fig. 6. Partie du segment anal avec une des plaques du telson, c™tŽ tergal. La t,te est plus longue que large, elle ne porte aucun rostre. Les yeux manquent compltement. Le telson (fig. 6) est, conime chez Bathynella, divisŽ en deux parties; il se prŽsente comme deux plaques armŽes de quatre grosses Žpines de mme longueur et de deux soies plus fines. Le sixime segment abdominal qui, chez Bathynella, est profondŽment fendu sur la ligne mŽdiane, porte au contraire chez Parabathvnella qoe d'opercqle anal.

PAGE 4

PARABATBYNELLA STYGl.A 9 Les antennules sont composŽes d'un pŽdoncule triarticulŽ, qui porte un vestige de la branche intrrne, et d'une branche externe composŽe de trois articles. Les deux derniers articles portŽnt quelques b‰tonnets sensitifs. Les antennes (fig. 1) sont petites; l'exopodite manque, l'endopodite est biarticulŽ seulement. Les mandibules (fig. 2) sont peu dŽveloppŽes. Le bord masticateur porte trois dents de longueurs diffŽrentes; au bord sternal se trouve un lobe portant quatre Žpines barbelŽes ; le palpe a un artice ment et porte une longue soie apicale. Maxilles (fig. 3 et 4). ...;_ La premire paire est triarticulŽe. Le praecoxa est prolongŽ en un endite qui se termine par une grosse Žpine et quelques poils, le coxa ne porte ni endite ni poils, le basis est armŽ de quelques Žpines barbelŽes et d'une grosse Žpine apicale. Un mamelon distal portant trois soies est peut-tre le vestige d'un palpe disparu. FJG4 7. Parabathynella stygia. Uropode droit. (end = endopodite). La seconde paire est biarticulŽe. Le praecoxa ne porte qu'une soie ˆ son angle distal interne, le coxa porte ˆ sa base un endite. Une petite apophyse distale, surmontŽe d'une Žpine et de deux soies, reprŽsente peut-tre le reste du basis fusionnŽ avec le coxa. Les pŽrŽiopodes (fig. 5) sont au nombre de cinq et se ressemblent beaucoup e_!ltre eux, sauf le premier qui est un maxillipde et par co'nsŽquent est un peu plus court et porte quelques soies de plus. Ils ont un sympodite biarticulŽ, dont le premier article est composŽ du praecoxa et du coxa fusionnŽs ; cet article porte un Žpipodite. Le second article est le basis. Il est muni ˆ son angle sternal distal d'une Žpine et porte les deux branches: l'endopodite composŽ de quatre articles, qui ressemblent beaucoup aux articles correspondants des derniers pŽrŽiopodes de Bathynella, et l'exopodite biarticulŽ. Les plŽopodes manquent C().!llpltel!lent. Les uropodes (fig. 7) sont trs allongŽs. Le sympodite est d'un article !?eulement ; il au borq quatre irosses Žpines. Les

PAGE 5

10 P. A. CRAPPUlS 1 deux branches sont Žgnlement uniarliculŽes. L'exopodite porte une soie distale, deux autres appartenant au bord tergal et une dernire insŽrŽe du c™tŽ sternal. L'endopodite se termine par une trs grosse Žpine et un groupe de trois soies. * ll est bien difficile de discerner les caractres gŽnŽriques de<; caractres spŽcifiques, quand le genre ne comprend qu'une seule espce Je crois pourtant que la diagnose gŽnŽrique basŽe sur la conformation des pices buccales Parabathynella suffisamment bien de Bathynella, tout en laissant une grande marge pour l'introduction de nouvelles espces encore ˆ dŽcouvrir. Comme il a dŽjˆ ŽtŽ les trois exemplaires trouvŽs Žtaient cnorc immatures, c'est-ˆ-dire qu'aucun d'entre eux ne prŽsentait des organes sexuels dŽveloppŽs. Une comparaison avec Bathy11ella par contre, montra que les exemplaires dŽcrits ici ont atteint leur forme dŽfinitive. En effet, on remarque chez les larves de Bathynella, malgrŽ les diffŽrences entre les mmes stades des deux esrces, qu'un pŽrŽiopode aUeint sa forme adulte aprs trois mues: D'abord il appara”t comme un simple mamelon (B. natans) on bien comme un mamelon trilobŽ (B. Chappuisi) sous la cuticule du segment dn corps. Aprs la mue suivante il se ti'Ouvc hors de la carapace, mais composŽ seulement d'un sympodite portant deux branches non segmentŽes. C'est seulement aprs une nouvelle mue que le pŽrŽiopode appara”t compltement segmentŽ. Chez Parabathynella on ne trouve que cinq paires de pattes; toutes sont bien dŽveloppŽes et les segments suivants ne portent aucune trace d'Žbauche des pattes manquantes. En outre le plŽopode. qui est chez Bathynella entirement dŽveloppŽ ˆ un stade trs jeune, manque chez Parabathynella, cc qui permet d'admettre que les trois derniers pŽrŽiopodes de P. stygia ont ŽtŽ perdus au cours de l'Žvolution de cette espce, et que par consŽquent les exemplaires de Sveta Voda ont atteint leur forme adulte. Parabathynella est, ˆ beaucoup de points de vue, plus ŽvoluŽ que les Bathynella, mais il montre par contre quelques caractres ancestraux qui manquent ˆ ces derniers. Une comparaison dŽtaillŽe de ces deux genres aura Ea place dans un mŽmoire ultŽrieur.



PAGE 1

41 41 42 R. JEANNEL 41. LES DUVALIUS OCULƒS DES CARPATHES ET DES MASSIFS DE REFUGE DES ALPES MƒRIDIONALES. 42. NOUVEAUX DUVALIUS DE ROUMANIE (COLEOPTERA TRECHINAE) (NOTE PRƒLIMINAIRE).

PAGE 2

BULLETIN DE LA SOCIƒTƒ DES SCIENCES DE CLUJ Tome III, 2e partie, pages 11-24. 25 mars 1926. LES DUVALIUS OCULƒS DES CARPATHES ET DES MASSIFS DE REFUGE DES ALPES MƒRIDIONALES par le Dr. RenŽ Jeannel Professeur ˆ l'UniversitŽ de Cluj Sous-Directeur de l'Institut de SpŽologie Reue le 15 fŽvrier 1926. La faon dont j'ai eu connaissance des espces et races nouvelles_ dŽcrites dans cette Žtude, mŽrite d'Žtre signalŽe. Les et la borure mŽridionale des Alpes sont peuplŽes par deux types de Trechinae. On y trouve de nombreux Trechus, lucicoles et oculŽs, mais aussi des espces plus grandes, Žgalement lucicoles et oculŽes, considŽrŽes jadis comme des Trechus (T. procerus, T. baldensis, T. Longhii), mais que la pubescence de leurs tibias antŽrieurs fait aujoud'hui ranger dans le groupe des Duvalius ( 1 ), ˆ c™tŽ des espces aveugles et souterraines. Une minutieuse Žtude du genre Trechus, actuellement en cours d'impression (2), m'a conduit ˆ dŽfinir Žtroitement les espces des Carpathes et des Alpes, gr‰ce aux prŽcieux caractres fournis par leurs organes copulateurs. L'analyse de la variation de ces organes m'a permis de dŽgager facilement des lignŽes d'espces, de retrouver leurs centres de dispersion et de reconstituer la vŽridique histoire de leurs m igrations et du peuplement des cha”nes de montagnes pendant le Tertiaire .. Il ne m'est pas possible d'entrer ici dans le dŽtail de cette histoire qui sera dŽveloppŽe comme il convient pour chaque lignŽe, dans ma Monographie ; mais je puis affirmer d'ores et dŽjˆ qu'elle aboutit ˆ. Žtablir un certain nombre de faits biogŽographiques, ayant la portŽe de vŽritables lois, et qui se vŽrifieront immanquablement pour beaucoup d'autres groupes contemporains d1:1s Trechinae. D'ailleurs, en possession de ces lois, je les ai immŽdiatement con(1) Je dis nDuvalius et non ,Dva ites", car la revision en cours de ce groupe de Trechinae me conduit ˆ restreindre le groupe"'Duvalites aux seules espces italiennes du groupe de D. Doriai. (') R. JEANNEL. Monographie des 1 rechinae (L'Abeille,Paris, vol. XXXll et XXXlll).

PAGE 3

12 R. JEANNEL tr™lŽes avec les Duvalius. Les Duvalius oculŽs des Carpathes et des Alpes mŽridionales sont presque tous assez rares et je ne disposais que d'un trs petit nombre d'individus de peu de localitŽs. Fort de ma t!onnaissa.nce des lois de la variations des Trechus au cours de leurs migrations tertiaires, il m'a ŽtŽ facile de prŽvoir dans quels massifs des Carpathes et des Alpes devaient g”ter des Duvalius lucicoles prŽsentant
PAGE 4

DUVALIUS OCULƒS ig des Carpathes orientales ( Choleva oresitropha., Trec hus fontinalis, T. insolitus, T. plicatulus). Puisque le Duvalius procerus du Nego•, dans les Alpes de Transylvanie, est aussi un ŽlŽment ancien de la fauna carpathique, sans doute -originaire des massifs hercyniens, il Žtait ˆ prŽvoir que les colonies vivant sur le C:t;orna Hora, le Rareul et la Rodna devaient constituer une ou plusieurs espces bien diffŽrentes de celle des Alpes de Transyl c.vanie. C'est ce que leur Žtude a bien confirmŽ . Dnvalius proeerus Putzeys. Espce oculŽe, pigmentŽe, aptre, -de grande taille (5,5 ˆ 6 mm.). Les yeux sont bien dŽveloppŽs, quoique ,petits, ˆ peine plus longs que les tempes. Les Žlytres du D. procerus sont amples, dŽprimŽs, un peu Žlargis =aprs le milieu, environ une fois et deux tiers aussi longs que larges, .avec les Žpaules a!'rondies mais assez saillantes. La ge strie des Žlytres porte les 2 soies discales habituL>lles. Organe copulateur assez petit, peu Žpais, ˆ bulbe basal coudŽ ˆ .angle droit et peu volumineux; la partie apicale dn pŽnis b1usquement inflŽchie du c™tŽ ventral ˆ la base du bec apical, qui est long, droit, -trŽs effilŽ. Sac interne ave c une longue pice triangulaire ventrale et ne deuxime pice dorsale au milieu d'Žpais paquets d'Žpines; l'apex des deux pices fait en gŽnŽral saillie ˆ l'orifice apical. On le trouve dans les Alpes de Transylvanie, en fort et dans la rŽgion alpine, sur les massifs aux alentours de Bra:;;ov, ˆ l'est de la vallŽe de l'Olt: muhtii Fogara:;;, piatra craiului, muntii Bucegi, muntii :Buzaului et Vrf. Ciuca:;;. Duvalius proeeroides, n. sp. Muntii Rodnei, dans le Mara. mure:;;, au dessus de Rodna Veche (E. Bokor). Tte et pronotum semblables ˆ ceux du D. procerus. ƒlytres bien 'plus allongŽs, Žgalement amples et dŽprimŽs, mais deux fois aussi longs que Jarges, les Žpaules plus effacŽes, le contour gŽnŽral plus rŽgulire:: ment ovale, les c™tŽs non Žlargis aprs le milieu. Le ge strie des Žlytres porte une sŽrie discale de 4 soies, au lieu de deux. Organe copulateur trŽs grand, trŽs allongŽ, le bulbe basal' coudŽ ˆ angle droit, mais trŽs gros, la partie apicale du pŽnis relativement peu Žpaisse et trŽs longue, rectiligne, inflŽchie seulement a l'extrŽmitŽ, :ˆ la base du bec apical qui est trŽs court. Pice copulatrice beaucoup plus longue que chez D. procerus et surtout bien plus Žtroite, en for!De ;de longue lame ˆ peine ŽvidŽe en gouttire. La pice dorsale moins -dŽveloppŽe, le paquet d'Žpines dorsales peu dense.

PAGE 5

14 R.JEANNFJL Trs distinct du D. procerus par ses Žlytres allongŽs, le nombr& des soies discales et l'allongement du pŽnis. Dnvalins Roubali, n. sp. Mus. Vienne); mont Hoverla, au Mus. Vienne). Czorna Hora (J. Roubal; Diener, ill> sud du Czorna Hora (Stobiecki, in Aspect extŽrieur du D. procerus, mais de taille un peu moins: grande (5,5 mm.), les Žlytres de mme forme, relativement courts, mais. avec les Žpaules plus effacŽes, comme chez D. proeroides. La 3¡ strie des Žlytres porte ne sŽrie discale de 3 soies. Organe copulateur aussi long que celui du D. procerus, mais. beaucoup plus Žpais, ce qui lui donne des proportions trs courtes. Le bulbe basal est gros, mais non coudŽ, tout le pŽnis est rŽgulirement arquŽ ; la pointe apicale longe et effilŽe. La pice copulatrice est peu allongŽe, triangulaire, trs chitinisŽe, obliquement repliŽe dans sa partiebasale, ŽvidŽe en gouttire sur toute sa longueur ; son apex est Žtroit et mousse. Pas de piŽce dorsale; les paquets d'Žpines trs dŽveloppŽs,. ŽtalŽs et trs chitinisŽs, masquant entirement la copulatrice. Espce encore trs diffŽrenciŽe des prŽcŽdentes par nombre de ses soies discales et la forme de l'organe copulateur. Duvalius corpulentus Weise.Czorna Hora (J. Weise, J. Roubal), Espce voisine des prŽcŽdentes, prŽsentant les mmes caractres. gŽnŽraux, mais bien plus large. Le pronotum est plus transverse, le& Žlytres courts, ovales, trs larges, ˆ peine une fois et demie aussi longs. que larges, les Žpaules trs effacŽes. La sŽrie est de 3 soies. Organe copulateur trs petit, trs court et trs large, trs Žpaissi transversalement, le bulbe basal petit et peu coudŽ, la partie apicaledu pŽnis large et droite, brusquement attŽnuŽe ˆ l'apex en un petit bec assez grle. Pice copulatrice de mme forme que chez D. procerus,. mais excessivement rŽduite, les paquets d'Žpines dorsaux peu dŽveloppŽs. La pice est quatre fois plus longue chez D. procerus que chez D. cor pulentus, six fois chez D. proceroides. D. corpulentvs habite les stations que le D. Roubali, mai& y est infiniment plus rare. On peut remarquer que les diffŽrences sŽparant ces deux espces sont moins grandes qu'entre D. Roubali et D. proceroides par exemple. Ce fait indique bien que les quatre formes ci-dessus dŽcrites sont bien des espces distinctes mais de souche commune. Un mode d'isolement autre que l'isolemsnt gŽographique, oa une concentration sur l Czorna Hora d'espces ayant prisnaissance dans des habitats distincts, peuvent seules expliquer la cohabitation actuelle des D. Roubali et D.

PAGE 6

DUVALlUS OGULƒS 15 Il faut remarquer encore que le grand nombre des soies discales doit tre interprŽtŽ comme un Žtat archa•que, le nombre de deux soies, 1ixŽ chez la plupart des espces, Žtant le rŽsultat de la spŽcialisation de certaines soies de la sŽrie discale primitivement nombreuse. Beaucoup de Trechinae cavernicoles trs archa•ques ont encore des soies discales en grand nombre, ou mme deux sŽries discales sur chaque Žlytre. Il est curieux que cette Žvolution de la sŽrie disale soit ainsi en retard chez toutes les espces des Carpathes orientales, tandis qu'elle est terminŽe partout ailleurs pour les formes lucicoles ou cavernicoles rŽcentes. A c™tŽ des trois Duvalius citŽs ci-dessus, vivent encore les D. ruthenus et D. subterraneus, sur le Czorna Hora, le Rareul et la Rodna, et ces espces ont encore trois soies discales ; par coritre les nombreuses -espces qui peuplent les Alpes de Transylvanie ont toutes 2 soies comme le D. procerus. Espces des Alpes mŽridionales. Comme dans Carpathes, il existe sur le versant mŽridional des Alpes toute une sŽrie d'espces de Duvalius oculŽs et pigmentŽs; elles se groupent autour du D. Longhii Comolli. Ces espces sont =apparentŽes ˆ d'autres, aveugles et dŽpigmentŽes, aujourd'hui confinŽas .(Jans les grottes des Alpes maritimes et de la Provence. Dans les Alpes mŽridionales, ces Duvalius oculŽs se trouvent sur les massifs de refuge, depuis le lac de Lugano jusqu'aux Alpes Juliennes. C'est certainement 'le Glaciaire qui les y a rŽlŽguŽs et ils s'y trouvent aujourd'hui avec un :groupe d'espces du genre Trechus, celles du groupe de T. Pertyi; mais il semble bien que Trechus et Duvalius aient eu des histoires diffŽrentes. Les Trechus du groupe de T. Pertyi, dont l'Žtude est en cours d'impression dans ma Monographie des Trechinae (L'Abeille, XXXIII) vivaient ati Pliocne sur toute la cha”ne des Alpes, dont l'altitude Žtait :ˆ cette Žpoque, comme on le sait aujourd'hui, d'au moins 1000 m. moindre que dans la pŽriode actuelle. ChassŽs pendant le Glaciaire des massifs centraux, ils ont survŽcu sur les massifs de refuge de la bordure mŽridionale, o les espces se sŸnt pour ainsi dire pulvŽrisŽes par -suite de l'isolement de colonies sur les montagnes sŽparŽes les unes iles autres. Cette pulvŽrisation s'est faite par variations dans tous les sens, des orte que les caractres actuels particuliers ˆ une espce donnŽe 11e peuvent aucunement faire prŽvoir ceux qui diffŽrencient les espces des montagnes voisines. Les Dwvalius se prŽsentent d'une toute autre faon. Aussi ,pulwŽrisŽs" que les Trechus, ils se groupent cependant par races distinctes

PAGE 7

R. dans un petit nombre d'espces distribution continue. Il est mme remarquable que chacune des espces actuellement connues occupe les sommets environnant un lac; de part t d'autre de ce lac, comme si le peuplemenf des Il_lassifs de refuge s'Žtait fait ici de bas en haut, par des venant de la plaine, tandis que le peuplement par les TrechUS: s'est fait de haut en bas, par des lignŽes chassŽes des massifs centraux des Alpes. Le fait est qu'il existe actuellement des Trec.hus du groupe de T. Pertyi aUssi bien sur la bordure nord des Alpes et en Suisse que sur la bordure sud, alors qu'il n'existe des Duvalius que sur la bordure sud. Les espces des Trechus de la bordure mŽridionale sont. trs nombreu!!les, trs localisŽes et rŽparties sans ordre apparent;: chaque Espce de Duvalius est au contraire localisŽe autour d'un bassin lacustre: D. Longhii est l'espce du lac de C™me, D. Winklerianus celle du lac d'Iseo, D. WingelmŸlleri entoure le lac dŽ Garde. Le D. Longhii de plus a laissŽ dans une grotte du pied des Alpes, prs de Brescia, une colonie cavernicole (D. Boldorii), indiquant bien encore que la distribution primitive de la lignŽe s'Žtendait dans les basses forts. Il faut donc admettre que Trechus et Duvalius, venant d'habitats diffŽrents, se sont rencontrŽs sur les massifs de refuge. Les Trechus, vivant sans doute haute dans toute la chaine centrale au Pliocne, cnt ŽtŽ chassŽs par le Glaciaire sur les massifs de non recouverts de glaces. D'autre part les Duvalius, arrivŽs par les basses forts mŽridionales, ont dŸ peupler chaque bassin lacustre pendant les pŽriodes interglaciaires et y former autant d'espces P.articulires. L'extension des glaciers sur chaque bassin lacustre a dŸ)es chasser aux pŽriodes glaciaires suivantes et les forcer ˆ s'ŽlŽver les massifs de refuge environnants, o ils ont rejoint les Trechus et ont formŽ des . Il s'est fait ainsi, sur ces massifs de refuge, o la faune est aujourd'hui si riche et si variŽe, une vŽritable concentration d'espces de et d'origines diverses. Une fois ainsi toutes ces espces ont subi les mmes influences d'isolemeut et de conditions de milieu, et ont ŽvoluŽ alors suivant des lois comrimnes. Les nombreuses espces et sous-espces des genres et Duvalius, peuplant les massifs de refuge mŽridionaux des Alpes, seront dŽ crites en dŽtai l et figurŽes da ns ,Monographie", en cours d'impression . Je donnerai seulement ici de brves diagnoses prŽliminaires des Duvalius.

PAGE 8

DUVALW8 OGULƒS 17 Duvalius Longbii Comolli. Cette espce a ŽtŽ dŽcrite en 1837 du monte Legnone, massif des Alpes Bergamasques dominant la rive orientale du lac de C™me, et n'a jamais ŽtŽ retrouvŽe depuis dans cette localitŽ. J'ai eu ˆ ma disposition un cotype appartenant au MusŽum de Paris. D'autre part l'espce se trouve, identique, sur le monte Generosoy entre le lac de Lugano et le lac de C™me, c'est-ˆ-dire ˆ l'ouest de ce dernier (M. Bernhauer, in Vienne). Sans doute la retrouvera-t-on encore sur le monte Grigna, massif au sud du monte sur la rive orientale du lac, et peut-tre encore sur le monte Spluga, au nord du Valtellina. Long. 5,5 mm. Robuste, ˆ Žlytres amples. PigmentŽ. Tte transverse, avec les yeux trs saillants, aussi longs que les tempes, celles-ci trs obliques et aplanies. Pronotum grand, transverse, ses c™tŽs profondŽment sinuŽs avant la base, formant petit lobe avant la sinuositŽ; angles postŽrieurs trs saillants en dehors. ƒlytres larges, ˆ Žpaules trs saillantes, le bord prŽhumŽral tombant ˆ pic sur le pŽdoncule ; stries fortes, profondes, ˆ ponctuation nette. Organe copulateur grand, le bulbe basal trs gros, fortement coudŽ, mais pas brusquement, la coudure arrondie. Partie apicale du pŽnis droite, Žpaisse et renflŽe, fusiforme et large, le sommet effilŽ en pointe assez longue. Pice copulatrice formŽe de deux tiges parallles, indŽpendantes, rŽunies seulement ˆ leur base par un petit sclŽrite trans Verse; ces tiges so nt de mme longueur ," subcylindriques mais irrŽgulires, comme fripŽes ; leur sommet est comprimŽ, un peu tordu et tronquŽ obliquement. La forme transverse de la tte ne se retrouve que chez l'espce suivante. Quant aux caractres sexue!s, ils sont trs particuliers: Duvalius BoldorH, n. sp. Cinq exemplaires recueillis par M. L. Boldori dans une grotte dite Buco di Budrio, ˆ Serie, prov. di Brescia (11 octobre 1925). Cette grotte se trouve ˆ basse altitde, ˆ une quinzaine de km. ˆ l'est de Brescia. Long. 4,5 ˆ 5 mm. PigmentŽ, mais moins fortement que les autres espces voisines. Large et peu convexe. Tte transverse, comme celle du D. Longhii, avec les yeux trs saillants et aussi gros, les tempes Žgalement obliques et aplanies. Pronotum de mme forme, avec les angles postŽrieurs aussi saillants. ƒlytres larges, ˆ Žpaules moins saillantes, plus arrondies, le bord prŽhumŽral tombant un peu obliquement sur le pŽdoncule. Stries des Žlytres fines, superficielles, ˆ peine distinctement

PAGE 9

R.JEANNEL ponctuŽes; ce qui distingue facilement le D. Boldorii de toutes les autres eRpces du groupe. Organe copulateur bien plus court que celui du D. Longhii, la eoudure du bulbe basal forte et arrondie, mais la partie apicale du pŽnis, Žpaisse et fusiforme, est comme ŽcrasŽe sur sa face dorsale, tordue en U dans la partie renferm‰nt le sac interne; pointe apicale -courte. Pice copulatrice formŽe de deux branches parallles, conformŽes -comme celles du D. Longhii; mais bien plus courtes; au lieu d'tre -droites, elles sont fortement incurvŽes, ˆ cotlcavitŽ dorsale, comme la partie apicale du pŽnis qui les renferme. Cette espce est Žvidemment formŽe par la survivance dans une grotte de basse altitude, d'une lignŽe de mme souche que le D. Longhii. ll est remarquable qu'ˆ part un certain degrŽ de dŽpigmentation, elle ne prŽsente pas les aractres habituels des Cavernicoles. Elle est -cependant Žtroitement isolŽe dans sa grotte, car aucun Duvalius ne peut exister sur les montagnes environnantes d'altitude trop faible: Duvalius Wiuklerianus, n. sp. Espce localisŽe sur le pourtour -du bassin du lac d'Iseo. On la trouve, ˆ l'ouest de ce lac, dans les Alpes Bergamasques (monte Arera, monte Alben) et ˆ l'est du lac, sur le monte Guglielmo o elle est reprŽsentŽe par une race distincte. Forme typique : monte Alben, entre le val Brembnna et le val Seriana, versant sud des Alpes Bergamasques (A. Winkler); Oltre il Colle, au pi‘d du monte Alben (A. Winkler); monte Arera, massif un peu au nord du monte Alben (A. Winkler). Certainement la mme forme se retrouvera sur le monte Corte, au nord du monte Arera, ainsi que sur le pico della Presolana et le pico Formico qui se trouvent entre les prŽcŽdents et le lac d'Iseo. Long. 4,5 ˆ 5 mm. Fortement pigmentŽ. Tte non transverse, les yeux plus courts que les tempes, peu saillants, les tempes convexes. Pronotum un peu transverse, ˆ c™tŽs plus arrondis et basales plus grandes que chez D. Longhii, les angles postŽrieurs non saillants en dehors. ƒlytres ovales, amples, mais allongŽs, les Žpaules bien arrondies, le bord prŽhumŽral oblique. Stries fortes et distinctement ponctuŽes. Organe copulateur de mme forme gŽnŽrale que chez D. Boldorii, mais cependant plus allongŽ, avec une pointe apicale plus longue; la partie apicale du pŽnis Žpaisse, fusiforme, est ŽcrasŽe dorsalement et tordue en U largemt:nt ouvert. Pice copulatrice d'un type trs particulier; c'est une large lame mince et rŽgulire, sans Žpaississements, mais ses bord sont enroulŽs vers le c™tŽ dorsal et forment, aux angles apicaux, deux cornets saillants et d'inŽgale longueur, le droit un peu

PAGE 10

DuliALlUS OCULƒ9 19 plus long que le gauche. De plus toute la pice est fortement incurvŽe, .ˆ concavitŽ dorsale, Žpousant la courbure en U de la partie apicale -du pŽnis. Une telle pice copulatrice n'a rien de similaire dans le genre. 'ExtŽrieurement, D. Winklerianus se distingue aisŽment du D. Longhii par la forme de sa tte et du D. Boldorii par la striation des Žlytres. Duvalius Winklerianus, subsp. brescianus, n. sp. Nombreux -exemplaires recueillis sur le monteGuglielmo, ˆ l'est du lac d'Iseo, dans la province de BrŽscia (J. Breit). Les exemplaires de ce massif sont plus petits et surtout moins larges que ceux des AlpesBergamasques, mals il se distinguent surtout :par la form e de leur pice copulatrice. Tandis que chez la forme typique, les deux cornets apicaux sont :ˆ peine inŽgaux, le gauche ˆ peine plus court que le droit, chez D. brescianus au c0ntraire, le cornet droit est deux fois plus long et deux fois plus large que le gauche. Cette diffŽrence appara”t nettement lorsqu'on examine la pice copulatrice par sa face dorsale, mme lorsqu'elle est en place dans le pŽnis. Duvalius WingelmŸlleri Ganglbauer. DŽcrit comme race du IJ. Longhii, mais en rŽalitŽ spŽcifiquement diffŽre:1t, en raison des caractres trs tranchŽs de son organe copulateur. C'est une espce localisŽe au pourtour du lac de Garde. La forme typique est celle du monte Baldo, ˆ l'est du lac. D'autre part deux races diffŽrenciŽes par variation de la pice copulatrice se trouvent ˆ l'ouest du lac de Garde, J'une dans le Judicaria, l'autre un peu plus loin, sur l'Adamello. 5 mm. Mme forme de la tte que chez D. Winklerianus, -les yeux peu saillants, aussi longs ou plus courts que les tempes. Pronotum ˆ c™tŽs moins arrondi.s, les angles postŽrieurs plus ou moins saillants en dehors. ƒlytres semblables, mais avec les Žpaules plus saillantes, les stries profondes, le disque plus aplani. En somme cette espce est trs difficile ˆ distinguer du D. WinJclerianus par ses caractres extŽrieurs ; mais son organe copulateur est tout ˆ fait diffŽrent. Il est grand, brusquement coudŽ ˆ angle droit 'Jlrs du milieu, de sorte que le bulbe basal est trs long et trs gros. ,La partie apicale du pŽnis est droite, nullement renflŽe, mais mince et rŽgulire, sans Žcrasement dorsal ; son bec apical est trs court et -mousse. La coudure mŽdiane du pŽnis est arrondie chez la forme typique du monte Baldo. Pice copulatrice trs longue et trs effilŽe. :Sa base est un peu ŽvasŽe et forme une courte gouttire ˆ concavitŽ .(iorsale, mais elle s'effile en une longue tige aplatie, trs mince, abso

PAGE 11

20 R . JEANNEL lument hyaline chez la forme typique, rigoureusement droite et terminŽeˆ l'apex par deux petits lobes dŽhiscents. Dans l'ensemble la pice a la forme d'un long stylet hyalin biMe, aussi long que toute la partieapicale rectiligne du pŽnis. Comme on le voit cette pice est trs diffŽrente de celles des D. Longhii et D. Winklerianus. Duvalius WingebnŸlleri, subsp. judicariae, nov.Val di Vestino et Val di Lƒmo, dans le {L. Ganglbauer, in Mus. Vienne). AssurŽment la mme forme doit exister sur les massifs bordant le V al Judicaria: monte Bruffione, monte Cadria, monte Caplone, Cima TombŽa. Les exemplaires du Judicaria ont le mme aspect extŽrieur que ceux du monte Baldo, mais leur pice copulatrice est plus chitinisŽe, plus Žpaisse, quoique aussi longue. Chez la forme . typique du monte :t:Jaldo, la pice apparˆ.it formŽe par la fusion de deux longues tiges longitudinales dont les sommets seuls sont dŽhiscents et forment de petits lobes apicaux; chez le D. judicariae les deux tiges ŽlŽmentaires apparaissent plus nettement et sont libres dans tout le quart apical; l'extrŽmitŽ de ces tiges est amincie et creusŽe en gouttire. Du va lins WingelmŸlleri, subsp. adamellensis, nov. -. Osteria di Campolaro, dans le massif de l'Adamello, au nord-ouest du lac de Garde {WingelmŸller). Sur l'Adamello, le D . WingelmŸlleri est plus allongŽ, .avec les Žlytres plus ovales que sur le monte Baldo, les angles postŽrieurs du pronotum sont moins saillants. L'organe copulateur est plus court, ˆ. pointe encore plus courte et obtuse. Sa coudure moyenne est trs brusque. La pice copulatrice est encore plus effilŽe, plus amincie que chez les individus du monte Baldo; il n'y a pas trace, dans sa partie moyenne, des deux tiges accolŽes distinctes chez les autres races; les lobes apicaux sont trs petits, absolument hyalins et arrondis. ,. Duvalius baldensis Putzeys. -:Cette espce a une trs large distribution sur la bordure mŽridionale des Alpes et est reprŽsentŽe par plusieurs races gŽographiques. Deux se trouvent da:r;1s l'aire du D. WingelmŸlleri: D. tombeanus sur la Cima Tombea, ˆ l'ouest du lac de Garde, D. baldensis sur le monte -Baldo, ˆ l'est du lac. Ensuite on retrouve de l'ouest ˆ l'est, d'autres races de la mme espce sur le monte Pasubio (D. pasubianus), sur le monte Pavione (D. pationis, n. subsp.), au Rolle-Pass, dans les Dolomites (D. Breiti), au monte Cavallo enfin (D. Spaethi). Toutes ces races diffrent ŽnormŽment d'aspect extŽrieur les unes ‰es autres, au point qu'on serait tentŽ de les con-:-

PAGE 12

DUVALIDS OGULƒS 2L sidŽrer comme des espces distinctes. Mais leur organe copulateur est. irs constant, leurs pies copulatrices ne diffrent que par d'infimes dŽtails, ce qui indique bien leur Žtroite parentŽ. On voit do,nc que de grandes diffŽrences existent dans l'allure la variation chez l.es Duvalius oculŽs des Alpes mŽridionales, dans la partie occidentale .. o se trouvent les bassins lacustres et dans la partie orientale qui en est dŽpourvue. Dans la partie occidentale, autour pa chaque lac, il s'est formŽ des espces distinctes par leurs caractres : gŽnitaux, mais qui ne se sont qu'ˆ peine diffŽrenciŽes dans leur phologie externe. Aucune de ces espces occidentales n'a l'Žvolution orthogŽnŽtique habituelle, comportant dŽpigmentation, atrophie des yeux, allongement du corps et des appendices. Par contre, dans la partie orientale, des Alpes aux Alpes de VŽnŽtie, o n'existe pas de bassins lacustres, le peuplement des massifs de refuge s'est fait sur une vaste aire continue, en bordure de la cha”ne, de sorte qu'on n'y trouve qu'une s"eule espce, ˆ caractres gŽnitaux constants. Il est curieux que cette espce montre autour du lac de Garde (subsp. tornbeanus et subsp. baldensis) la mme absence d'Žvolution orthogŽnŽtique que les D. Longhii, D. Winklerianus et D. WingelmŸlleri des bassins lacustres. Ce sont seulement les races plus orientales du D. baldensis, celles des Dolomites, et des Alpes de VŽnŽtie, .dont les yeux sont trs rŽduits, les tŽguments tf'stacŽs et les membres trs longs et qui ont ainsi ŽvoluŽ vers le type anophtalme. Chez toutes les races du D. baldensis, l'organe copulateur est assez court, Žpais, coudŽ en angle trs obtus; sa partie apicale est peu Žpaissie et se termine par une pointe courte et obtuse, inflŽchie ˆu c™tŽ ventral. La pice copulatrice est petite, courte, lamelleuse, ŽvidŽe en gouttire ˆ concavitŽ dorsale ˆ la base, large et arrondie, amincie et plus ou moins bilobŽe ˆ l'apex. De plus il existe dans le sac une petite phanre dorsale lamelleuse et deux phanres latŽrales en forme de crtes allongŽes trs chitinisŽes, reposant sur les bords de a pice copulatrice ventrale. Duvalius baldensis, subsp. pavionis, nov. Trois individus recueillis sur le monte Pavione, massif du Vette di Fetre, dans les Dolomites (K. Holdhaus, in Mus. Vienne). Race voisine de D. baldensis Breiti Ganglbauer (1899, Verh. zool. bot. Ges. Wien, XLIX, p. 526) du Rolle-Pass. La forme gŽnŽrale est plus robuste, la tte plus grosse, les Žlytres plus amples. Tte trs grosse, arrondie, les yeux petits et plans, les tempes deux fois aussi longues que les yeux (au lieu de trois fois chez D. Breiti). Antennes.

PAGE 13

:22 R. JEANNEL atteignant ˆ peu prs le milieu des Žlytres. Pronotum petit, un peu transverse, sa plus grande largeur vers le tiers antŽrieur (au lieu du quart chez D. Breiti), les c™tŽs bien arrondis, trs rŽtrŽcis et sinuŽs ˆ la base, les angles postŽrieurs grands, vifs et saillants . ƒlytres amples, trs peu convexes, dŽprimŽs sm le disque, les Žpaules -plus saillantes que chez D. Breiti, les stries plus fortes, moins effacŽes : sur les c™tŽs et sur la rŽgion humŽrale o elles sont encore nettes, -tandis qu'on n'en trouve que de vagues traces chez D. Breiti. Pattes longues et grles. Organe copulateur un peu plus court que chez les autres races, mais de mme forme. La pice copulatrice est plus grande que chez D. -Spaethi, plus allongŽe, non bilobŽe ˆ l'apex comme chez ce der.Qier, -mais le bord apical, transverse et largement arrondi, est plus chitinisŽ et plus Žpais. Le m‰le du D. Breiti est inconnu; il est probable que .-sa pice copulatrice doit ressembler beaucoup ˆ celle du D. pavionis Duvalins Ghidinii Gestro. Cette espce est cavernicole et -localisŽe dans la grotte dei Tre Crocette, sur le mont Campo di Fiori, prs de Varese, c'est-ˆ-dire sur un petit massif avancŽ dans la plaine au sud du lac de C™me. Elle est assez ŽvoluŽe, de petite taille, avec des yeux trs rŽduits, mais elle rappelle le D. baldcnsis par certains caractres. Son organe copulateur est du mme type et renferme une pice copulatrice tout ˆ fait analogue. Sans aucun doute, ce petit Duvalius cavernicole appartient ˆ la mme lignŽe que le D. Il reprŽsente la survivance d'une colonie ancienne de cette lignŽe, dont la position gŽographique indique que la distribution primitive de la souche du D: baldensis s'est Žtendue autrefois ˆ basse altitude, dans les plaines, beaucoup plus loin vers l'ouest qu'actuellement.

PAGE 14

NOUVEAUX DUVALIUS DE ROUMANIE [Coleoptera Trechinae] (Note prŽliminaire) par le Dr. R. Jeannel Professeur ˆ l'UniversitŽ de Cluj Sous-Directeur de l'UniversitŽ de SpŽologie Reue le 1er mars 1926. Les descriptions dŽtaillŽes et figures des espces suivantes para”tront dans ma "Monographie Trechinae" (L'Abeille, Paris, vol. XXXIII). Duvalius ruthenus, subsp. trisetifer, nov. muntii Rodnei, pierres enfoncŽes en fort, au dessus de Rodna Veche (E. Bokor !). Le JJ: ruthenus Reitt. typique se trouve sur le Czorna Hora, dans les. Carpathes orientales. D. ruthenus appartient au mme groupe d'espces oculŽes que le D. procerus, il a ŽtŽ question dans la note prŽcŽdente. On a vu que ce dernier est reprŽsentŽ sur la Rodna et le Czorna Hora par des espces diffŽrenciŽes, ˆ caractres sexuels trs divers. Les espces dŽpigmentŽes et microphtalmes du mme groupe, comme les D. ruthenus et D. subterraneus, ont prŽsentŽ de semblables variations gŽographiques rŽsultant de leur isolement sur les mmes massifs. Mais chez ceux-ci la variation est beaucoup moins Žtendue ; elle n'a pas portŽ sur les caractres de l'organe copulateur, mais s'est produite seulement dans les caractres extŽrieurs et la chŽtotaxie des Žlytres. Elle a iJroduit seulement de simples sous-espces ou races gŽographiques. Il est curieux que ce soient les espces endogŽes, dŽpigmentŽes et ˆ yeux rŽduits, qui aient le moins variŽ sous l'influence de l'isolement, tandis que la lignŽe du D. procerus, oculŽe et pigmentŽe, lucicole, s'est fragmentŽe en espces bien tranchŽes. Le D. ruthenus de la Rodna est plus petit que celui du Czorna Horna (4 ˆ 4,5 mm. au lieu de 5 mm.). La tte est plus Žtroite, avec les tempes moins convexes, les yeux plus petits, mais un peu plus.

PAGE 15

R. JEANNEL saillants; les antennes sont plus courtes et plus Žpaisses. Le pronotum a la mme forme, mais est plus rŽtrŽci ˆ la base. Les Žlytres sont moins larges, avec les Žpaules moins saillantes, plus arrondies. Enfin on le reconnait au premier coup d'il ˆ ce que la 3¡ strie des Žlytres porte trois soies discales seulement, au lfeu des quatre qui E'xistent chez la forme typique du Czorna Hora. L'organe copulateur, qui sera dŽcrit ultŽrieurement, est peu diffŽrent -chez les deux races et possde exactement la mme armature copulatrice. Toutefois le pŽnis est un peu plus long et surtout moins arquŽ dans sa partie apicale chez le D. trisetifer que chez la forme typique. D. ruthenus existe encore .sur le mont Rareul, en Bucovine. Je n'ai pas vu d'exemplaires de cette provenance; peut tre s'agira-t-il encore d'une forme distincte. Dumlius snbterranens, subsp. sobrinns, nov. La forme typique vit sur le Czorna Hora ; la race sobrinus se trouve en Bucovine, sur le Rareul, sos les pierres enfoncŽes dans la zone supŽrieure des forts (K. Holdhaus, in Mus. Vienne). La race sobrinus est de taille moindre, avec les Žlytres moins larges, les Žpaules plus saillantes et les c™tŽs moins arrondis. Le prono tum est -large et transverse, mais avec les c™tŽs trs arrondis dans leur moitiŽ postŽrieure. Les c™tŽs sont au contraire rŽtrŽcis en ligne presque droite dans leur moitiŽ postŽrieure chez le D. subterraneus typique. Pas de diffŽrences chŽtotaxiques, ni de diffŽrences dans la structure de l'organe copulateur. Les diffŽrences de forme extŽrieure qui distinguent ces deux races sont trs comparables ˆ celles qui existent entre les D. proceroides et D. corpulentus.



PAGE 1

43 43 R. JEANNEL NOUVEAUX DUVALIUS DE TRANSYLVANIE.

PAGE 2

BULLETIN DE LA SOCIƒTƒ S SCIENCES DE CLUJ Tome III, 2e partie, pages 25-28. 30 avril 1926. NOUVEAUX DUVALIUS DE TRANSYLVANIE par le Dr. RenŽ Jeanne] Professeur ˆ l'UniversitŽ de Cluj Sous-Directeur de l'Institut de SpŽologie Reue Je 1er mars 1926 . Duvalius Rothi, n. sp. Types: Monts Bihar, jud. Turda-Arielil: environs immŽdiats de la ville de C‰mpeni, dans le petit de conifres avoisinant la rive droite de l'Arielil, plusieurs individus dŽcouverts sous un tronc d'arbre mort par J. RoLh, chef d'Žquipe ˆ l'Institut de SpŽologie. Cette station est exceptionnelle en raison sa basse altitude (env. 600 m.). Le Duvalius ne s'y trouve d'ailleurs ql)'au tout premier printemps. J. Roth l'y a trouvŽ deux ans de suite, en avril, et nous l'avons toujours vainement recherchŽ pendant l'ŽtŽ. Long. 4,5 ˆ 5 mm. Espce voisine du D. Malldszi Csiki du Detunata, mais bien plus grle et plus Žtroite, avec les Žlytres plus parallles. Tte robuste, ˆ tempes convexes, les yeux ˆ l'Žtat de taches ovalaires blanch‰tres cernŽes de pigment, les .antennes robustes, 'atteignant presque le milieu des Žlytres. Sillons fronta.ux profonds en avant, mais interrompus et tout ˆ fait effacŽs en arrire, c;ur la partie postŽdu vertex, au de la soie sus-orbitaire postŽrieure: il rŽapparaissent cependant bien tracŽs sur les c™tŽs de la tte. Pronotum plus long que large, Žtroit, plus allongŽ que chez D. Malldszi. Les c™tŽs peu arquŽs en avant, trs faiblement sinuŽs en arrire, la gouttire marginale large, les angles postŽrieurs vifs, un peu obtus. presque droits. ƒlytres Žtroits et parallles, peu convexes, les Žpaules anguleuses et saillantes. Toutes les stries profondes et fortement ponctuŽes, le deuxime interstrie trs large. Pattes rob1,1stes mais longues. Mmes caractres chŽtotaxiques que chez le D. Malldszi. Organe copulateur de mme forme, mais bien plus g:r;le. Le pŽnis est trs arquŽ, avec un trs gros bulbe basal vŽsiculeux. Sa partie apicale se

PAGE 3

26 R.JEANNEL prolonge par un petit bec plus long que chez D. Mallasei et surtout un peu retroussŽ. La pice copulatrice est du mme type, Žtroite et allongŽe, mais toute sa partie apicale est atrophiŽe, effilŽe en pointe, tandis qu'elle se termine par un cuilleron con'!ave et largement arrondis
PAGE 4

DUV.-LL/US DE 1RANSYLVANIE 27 nombre avec l'imago, prŽsentent un trs curieux phŽnomne .de dŽgŽnŽrescence de l'il, qui sera ŽtudiŽ ailleurs, dans la Monographie des Trechinae (L'A beille, vol. XXXII). Ces larves ont encore leurs ocelles, de dimensions et de structure ˆ peu prs normales ; mais le pigment de ces ocelles Žmigre sur les c™tŽs de la tte, vers la rŽgion -collaire. Aussi trouve-t-on mlŽs des individus dont les yeux sont ˆ leur place normale, d'autres chez lesquels ils se trouvent vers le milieu de la longueur des c™tŽs de la tte, d'autres enfin tout ˆ tait ˆ la base de la ttt.. On verra autre part ce qu'il faut penser de ce curieux phŽnomne, qui rŽsulte de ce que la partie interne, rŽtinienne, de l'† :se sŽpare de la partie cutanŽe, cornŽo-cristallinienne. puvalins laevigatus Bokor. C'est certainement la mme espce -qui a ŽtŽ redŽcrite par E. KNJRSCH sous le nom de D. Petrii. Elle ne diffre du D. Mallaszi Chappuisi que par la forme de sa tte, dont les tempes sont bien plus convexes, mais elle prŽsente un organe copulateur trs diffŽrent, avec une pice copulatrice d'un autre type, ressemblant ˆ celle du D. cognatus. Cette espce remplace le D. Malldszi dans le sud-est des muntii .Metalici et le sud des muntii Trascˆului, o elle est largement rŽpandue -depuis le mont Corabia, prs de. Zlatna, jusque sur le Vrf Lacustii, prs de Nous l'avons recueillie dans un grand nombre de grottes qui seront ŽnumŽrŽes ailleurs et aussi, parfois en trs grand nombre, sous les pierres enfoncŽes, en fort. L'Žtroite et profonde valea au nord de Zlatna, sŽpare le mont D”mbul du Corabia, ˆ peine distants d'un km. ˆ vol d'oiseau, et isole ainsi le D. laevigatus du D. Mallaszi Chappuisi. Duvalius saetosus, subsp. amblygonus, nov. Type: Bihar, muJJ.tii Trascaului: cu apˆ, dans la gorge de R1i.meti [Remete), _jud. Alba-de-Jos, un seul exemplaire. Le D. saetosus Žtait connu du Detunata. C'est une remarquable .petite espce pubescente, appartenant au groupe du D. Budai. Elle est remarquable par la saillie des angles antŽrieurs de son pronotum, l'Žtat .archa•que de sa sŽrie ombiliquŽe dont les fouets moyens sont ŽcartŽs de la gouttire marginale, et par l'oblitŽration complte de ses yeux. Le bord humŽral des Žlytres est ciliŽ, comme chez les Geotrechus pyrŽnŽens. La race amblygonus se distingue de la forme typique par la forme de son pronotum. Les angles antŽrieurs sont bien moins saillants, les postŽrieurs sont obtus au lieu d'tre droits; les c™tŽs du pronotum, nettement sinuŽs en arrire chez la forme typique, sont au contraire rectilignes dans leur partie postŽrieure chez la race amblygonus.

PAGE 5

28 R. JEANlVEL L'unique exemplaire connu du D. amblygonus est une femelle. D. saetosus est trs diffŽrent des autres espces des monts Bihar. Il se rattache nettement, tant par ses caractres chŽtotaxiques que sexuels, au groupe du D. Budai rŽpandu dans les Alpes de Transylvanie et le Banat. Ses caractres archa•ques et d'autre part l'atrophie totale de ses yeux indiquent qu'il ne doit pas tre tenu pour un immigrŽ rŽcent dans le massif du Bihar, mais qu'il est un endŽmique ancien. Sans doute sa prŽsence implique-t-elle que le massif du Banat a ŽtŽ reliŽ au Bihar ˆ une Žpoque indŽterminŽe pendant le NŽogne.



PAGE 1

44 44 R. JEANNEL LE GENRE ANOPHTHALMUS STURM.

PAGE 2

BULLETIN DE LA SOCIƒTƒ DES SCIENCES HE CLU.J Tome III, 2e partie, pages 29-62. 30 avril 1926. LE GENUE ANOPHTHALMUS STURM (Note prŽliminaire) par le Dr. RenŽ J rannel Professeur ˆ l'UniversitŽ de Cluj Sous-Directeur de J'Institut de SpŽologie Reue le 15 mars 1926. Le genre Anophtlwlmus, dŽcrit par STURM en 1844, a ŽtŽ limitŽ avec raison par J .MŸLLER (HH3, Denksclw. Ak. Wiss. Wien, XC, p. 47) aux seules espces de VŽnŽtie Julienne, de Carniole et du nord de la Croatie, qui seront ŽnumŽrŽes ci-aprs. Le but de cette note n'est pas d'exposer les affinitŽs du genre et ses rapports phylogŽniques avec les autres groupes de T1-echinae aveugles. Cette question sera traitŽe en dŽtail dans ma Monographie des Trechinae ", en cours de publication dans L'Abeille. Je veux seulement, dans cette Note prŽlimin"aire, essayer de dŽfinir de faon prŽcise les espces et leurs races. Les Ano.JJdhalmus sont d'aspect trs variable, les uns endogŽs, les autres cavernicoles; beaucoup sont de facis ,anophtalme", d'autres du type ,aphŽnopsien". C'est-ˆ-dire qu'on en trouve ˆ des degrŽs Žvolutifs trs divers. D'autres part beaucoup de leurs espces sont reprŽsentŽes dans chaque grotte ou groupe isolŽ de grottes par des races gŽographiques distinctes. On en conna”t dŽjˆ un grand nombre, mais il est certain que les recherches futures des SpŽologistes en fm;ont conna”tre encore bien d'autres. Or toutes ces formes diverses ont ŽtŽ jusqu'ˆ prŽsent dŽcrites sans aucun critŽrium spŽcifique valable. Telles que les Žnumrent les derniers Catalogues, les espces d'Anophthalmus sont un chaos de formes disparates et sŽparent des races trs proche parentes. Que l'on compare la liste des espces donnŽe par le catalogue ,A. WrNKLER, liste qui est l'exposŽ fidle des connaissances actuelles, et l'ŽnumŽration des Anophthalmus de cette Note: et on ne constatera gure de similitudes!

PAGE 3

30 R.JEANNEL Afin de faciliter leur travail aux descripteurs futurs et de leur donner le moyen de savoir, en prŽsence d'un Anophthalmtts nouveau, s'il s'agit bien d'une espce nouvelle ou seulement d'une race appartenant ˆ une espce dŽcrite, il m'a semblŽ nŽcessaire de i1e pas attendre pour faire para”tre un synopsis des espces . connues. Comme on le verra, les caractres de l'organe copulateur permettent de dŽfinir les espces de faon trs prŽcise. J. MŸLLR a bien, il est vrai, donnŽ quelques indications sur les formes extŽrieures du pŽnis chez quelques espces du groupe de l' A. hirtus. Mais c'est en rŽalitŽ par l'examen de la pice copulatrice, qu'il faut extraire du pŽnis par dissection et examiner en prŽparation microscopique, qu'il est possible de se faire une idŽe trs exacte des groupements spŽcifiques. Bien dŽfinies de cette manire, les espces ŽnumŽrŽes dans ce travail sont des linitŽs phylŽtiques homognes. Elles seules sont susceptibles de fournir une hase aux Žtudes sur l'Žvolution et la distribution gŽographique. DIAGNOSE GƒNƒRIQUE. Tous les Anophthalmus sont des espces dŽpigmentŽes, ˆ yeux presque toujours totalement oblitŽrŽs, ˆ sillons frontaux variables, complets ou effacŽs en arrire, ˆ tempes plus ou moins pubescentes et tibias antŽrieurs toujours pubescents, sans sillon longitudinal externe. Deux articles dilatŽs aux tarses antŽrieurs du m‰le. Mais les principaux caractres qui les dŽfinissent rŽsident dans la chŽtotaxie et l'organe copulateur. ChŽtotaxie. Deux soies sus-orbitaires. Soies prothoraciques normales (sauf chez A. pubens dont la gouttire marginale du pronotum s'efface). Soies discales de l'Žlytre au nombre de deux ˆ quatre sur la 3e strie. Triangle apical normal, la soie apicale antŽrieure toujours assez loin de l'apex. SŽrie ombiliquŽe non agrŽgŽe: Le premier fouet est toujours en dedans et en arrire, sur la 7e strie, ˆ une distance .plus ou moins grande de la gouttire prŽhumŽrale ; les 3¡ et 4¡ fouets ŽcaitŽs de la gouttire marginale. Groupe moyen (5e et 6e fouets) prs du milieu de l'Žlytre; la distance sŽparant le 5¡ fouet du Je est plus courte ou aussi longue que la longueur du groupe humŽral. Organe copulateur de grande taille (sauf chez l'A. Winklerianus). Le pŽnis est fermŽ, sa paroi dorsale bien chitinisŽe, le bulbe basal plus ou moins renflŽ, sans aileron sagittal, l'orifice apical ouvert en biseau, la pointe apicale simple. Chez un rtain nombre d'espces, l'orifice apical est fermŽ par une ,ligula", formŽe par un .repli externe de l'insertion dorsale du sac interne sur la ga”ne pŽnienne, et qui est plus ou moins chitinisŽ. Cet organe, externe, obturant l'orifice apical ˆ la faon d'un clapet, ne doit pas tre confondu avec la pice copulatrice, phanre

PAGE 4

GENRE ANOPH1HALMUS STURM 31 interne du sac, Žvaginable, ˆ laquelle certaines auteurs (K. HoLDHAUS, E. KNm.scH) donnent ˆ tort le nom de "ligula". Styles grles et effilŽs, armŽs de 3 ou 4 soies. Sac interne vŽsiculeux, tapissŽ d'Žcailles nombreuses, presque toujours en d'Žpines trs chitinisŽes et groupŽes en paquets qui masquent la pice copulatrice et empchent de l'apercevoir par transparence. Aussi faut-il extraire cette pice pour bien en voir la structure. Pice copulatrice en forme de gouttire, placŽe ˆ plat sur la face ventrale du sac, son c™tŽ convexe tourriŽ du c™tŽ ventral, le c™tŽ concave du c™tŽ dorsal. Cette pice est formŽe par la fusion de deux groupes de phanres symŽtriques. Sa base est Žpaisse et large, sa partie apicale fortement bilobŽe ou bifide, sa surface en gŽnŽral hŽrissŽe de petits denticules r‰peux .. L'Žtat bilobŽ de la pice copulatrice est absolument ca_ ractŽi-istique du genre Anophthalmus. Les Orotrechus, Typhlotrechus, Neotrechus, ont une pice copulatrice simple, unifide. Ce n'ept que chez certaines lignŽes de Duvalius (D. Longhii) et chez les Neoduvalius qu'on trouve une pice copulatrice bifide analogue ˆ celle des Anoph thalmus. D'aprs mes recherches, ce caractre prŽsente une importance phylogŽnique considŽrable. TABLEAU DES ESPCES. 1. Pronotum glabre rarement avec de trs petits poils Žpars. . . 2. Pronotum hŽrissŽ de longs poils dressŽs. PŽnis ˆ partie apicale effilŽe en pointe recourbŽe du c™tŽ dorsal, l'orifice apical avec une ligula chitinisŽe ou membraneuse. . . . . . . . . 14. 2. Elytres avec deux soies discales. L'orifice apical du pŽnis en gŽnŽral sans ligula (sauf A. Kaufmanni). . . . . . . . . 3. Elytres avec trois soies discales. L'orifice apical du pŽnis en gŽnŽral avec une ligula chitinisŽe. . . . . . ; : ; . . . . 12. 3 .' Partie apicale du pŽnis trs asymŽtrique, tordue autour de son axe, large et trs aplatie, en forme de semelle. Grande espce (5 ˆ 7,5 mm.), ˆ Žlytres larges et parallles, les Žpaules larges et saillantes, le pronotum cordiforme, plus oil moins transverse, ˆ base peu rŽtrŽcie. (Carniole, VŽnŽtie Julienne, Istrie et Croatie). . . . . . . ; . Schmldti St. Partie apicale du pŽnis symŽtrique, e!IilŽe en pointe, non tordue autour de son axe. Petites espces ˆ 5 mm.}, ˆ Žlytres variables, mais Žtroits aux Žpaules, le pronotum trs rŽtrŽci ˆ la base, en gŽnŽral plus long que large. . . . . 4. 4. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe nettement avant le niveau du 2e fouet (premier fouet externe). . . . . . 5. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe au niveau ou aprs le niveau du 2e fouet. : : ; ; ; . . . . 9. -5. Le 4e fouet de la sŽrie ombiliquŽe pas plus ŽcartŽ du 3e que le 3e du 2e Antennes courtes et Žpaisses, les articles apicaux ovales, moins de deux fois aussi longs que larges. . . . . . . . 6.

PAGE 5

32 R. JEANNEL Le 4e fouet plus ŽcartŽ du 3e que le 3e du 2o Antennes ˆ articles api caux au moins deux fois aussi longs que. larges. . . . . 8. 6. Tte transverse, aussi large que le pronotum, les tempes trs renflŽes en arrire. TŽguments brillants dans les deux sexes. PŽnis trs allongŽ. Long. 3,6 ˆ 4 mm. (Karawanken, endogŽ). . . Gobnnzi Gglb. Tte arrondie, plus Žtroite que le pronotum, les tempes convexes, mais non renflŽes en arrire. PŽnis court et Žpais. . 7. 7. Forme courte et Žpaisse, les yeux ˆ l'Žtat de taches ovalaires blanch‰tres. TŽguments brillants dans les deux sexes. Long. 8,5 mm. (Crna Prst). . . . . bohiniensis Gglb. Forme grle et allongŽe, les yeux tout ˆ fait oblitŽrŽs. TŽguments mats chez la femelle. Long. 4,2 ˆ 4,8 mm. (Carniole mŽridionale et Croatie). . . . . . Kaufmannii Gglb. 8. Tte allongŽe, ˆ tempes peu convexes, les antennes Žpaisses. Base du pronotum peu rŽtrŽcie. Elytres larges et ovales, ˆ stries profondes, entires, ponctuŽes; la soie discale postŽrieure au milieu de l'Žlytre. Long. 4,5 mm. (Croatie, Sljemen planina) ....... Winklerianus, n. sp. Tte arrondie, ˆ tempes trs les antennes grles. Base du pronotum trs rŽtrŽcie. Elytres trs allongŽs, ˆ stries lisses et trs effacŽes; la soie discale postŽrieure ap1s le milieu de l'Žlytre. Long. 4,5 ˆ 5 mm. (Karawanken, endogŽ) .......... ..... Bernllaueri Gglb. 9. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe exactement au niveau du 2e fouet. Antennes Žpaisses, ˆ articles apicaux ovalaires, environ une fois et demie aussi longs que larges. Convexe, les c™tŽs du pronotum rŽtrŽciR et sinuŽs en arrire, les Žpaules effacŽes, non anguleuses. PŽnis fortement coudŽ, ˆ partie apicale Žpaisse. Long. 8,8 ˆ 4,3 mm. (Carniole, VŽnŽtie Julienne, Croatie, endogŽ). . . . . Scopolii St. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe bien aprs le niveau du 2e fouet. Antennes grles, ˆ articles !LPicaux au moins deux fois aussi longs que larges. . . . . . . . . 10. 10. Epaules anguleuses et saillantes. Organe copulateur ˆ gros bulbe basal vŽsiculeux, la pice flagelliforme. Long. 4 ˆ 5 mm. (Carniole et Croatie). . . . . . . . Sclmomi Schaum. Epaules arrondies et trs effacŽes. . . 11. 11. Antennes trs longues, atteignant le tiers postŽrieur des Žlytres. C™tŽs du pronotum sinuŽs en arrire, les angles postŽrieurs un peu saillants en dehors. Long. 3,1 ˆ 3,5 mm. (le Veglia, cavernicole). . Maderi Winkl. Antennes plus courtes, atteignant le milieu des Žlytres. Angles postŽrieurs du pronotum dŽjetŽs en dehors, formant un petit crochet saillant et prŽcŽdŽ par une Žchancrure. Long .. 4 mm. (le Cherso, cavernicole) .. . . . . . . . sucainus J. MŸll. 12. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe avant le niveau du 2e fouet. Tte allongŽe, ˆ tempes parallles les antnnes trs Žpaisses, la base du pronotum large, les Žlytres paralllles, trs mats chez les femelles, les Žpaules effacŽes. PŽnis avec urie forte ligula en forme de clapet. Long. 5,5 ˆ 6 mm. (Carinthie). . . . . lllarine Schatzm. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe au niveau ou aprs Je niveau du 2c fouet. Tte arrondie, ˆ tempes co.nvexes, les antennes moins Žpaisses. Epaules saillantes. . . . . . . . . . 13.

PAGE 6

GENRE ANOP1I1RALMUS STURJJ. 33 13. Pron@tnm ˆ base large, les Žlytres longs et parallles, brillants dans les deux sexes. PŽnis ˆ pointe apicale eJiilŽe et recourbŽe du c™tŽ dorsal, l'orifice .apical .avec un ligule chitinisŽ et largement bilobŽ, la pice copulatrice courte, bilobŽe, les lobes courts et simples. Long. 5 ˆ 5,4 mm. (Carniole septentrionale) . . . . . . . Egonis J. MŸll. Pronotum cordiforme, ˆ 'base Žtroite, les Žlytres amples, Žlargis aprs le milieu, mats chez les femelles. PŽnis ˆ sommet Žpais, sans ligule, la pice copulatrice longue, ses lobes godronnŽs. Long. 6 ˆ 7,2 mm. (Carniole orientale). . . . . . . Erebus Krauss. 14. Sillons frontaux complets. . . . . . . . 15. Sillons frontaux cessant en arrire ˆ partir de l'aire cŽrŽbrale. 17. 15. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe nettement avant le niveau du 2e fouet. Tte robuste, ˆ tempes trs convexes. Elytres plus fortement striŽs. PŽnis ˆ lorigue pointe apicale, la partie basale coudŽe longue. Pice copulatrice Žpaisse, longue, les lobes grands, Žpais, dŽhiscents, repliŽs ˆ angle droit du c™tŽ ventral (fig. 15). Long. 5,5 ˆ 6 mm. (VŽnŽtie Julienne, Croatie) . . . . . . . Kertecsi Cs. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe au niveau ou aprs le niveau du 2e fouet. Elytres ˆ stries plus fines. PŽnis ˆ partie basale coudŽe plus courle. Pice copulatrice ˆ lobes non repliŽs du c™tŽ ventral. . J1.6. Pice copulatrice ˆ lobes longs, droits, effilŽs et attŽnuŽs au sommet (fig. 14). Aspect extŽrieur variable. Long. 5 ˆ 6,5 mm. (Carniole, autour 16. de Ljubljana et dans la haute vallŽe de la Save). . . hirtus St. Pice copulatrice courte et tronquŽe, plus large que longue, sa partie apicale large et mamelonnŽe; pas de lobes apicaux sa liants (fig. 14). :Mmes aspects extŽrieurs variŽs que chez le prŽcŽdent (). Long. 6 ˆ 6,5 mm. (Alpes Juliennes et Carniole orientale). . . . njtlovsk:ums 17. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe avant le niveau du 2e fouet. Fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe au niveau ou aprs le niveau du 2e fouet. . . . . . . . . . . . Gglb. 18. 19. (1) Le tableau suivant permettra de dŽterminer ces deux espces sans avoir recours ˆ l'examen de la pice copulatrice: 16. Bord prŽlnnnŽra\ des Žlytres court et oblique, les Žpaules anguleuses et saillantes. Tempes convexes. a. Bord prŽlmmŽra\ des Žlytres plus long ct plus oblique, les Žpaules trs effacŽes. Tempes peu convexes, la tte allongŽe. d. a. Plus petit (5 ˆ 6 mm.), les c™tŽs du pronotum moins arrondis. Races du hirtus hirtus Plus grand (6 ˆ 6,5 mm.) et plus robuste, les c™tŽs du pronotum trs arrondis en avant. b. b. Pronotum plus long que large, les Žlytres longs et parallles. ajdovskanus Pretneri J. MŸll. Pronotum transverse, les Žlytres Žlargis en arrire. c. c. Base du pronotum large, plus large que les trois quarts du bord antŽrieur. ajdovskanus MŸlleri, nov. Base du pronotmn Žtroite, aussi large que les deux tiers du bord antŽrieur. hirtus Micklitzi Gglb. d. Pronotum plus long que large, ˆ base trs Žtroite, les c™tŽs longuement sinuŽs, non arquŽs en arrire. Sillons frontaux trs superficiels en anire. ajdovskanus ajdovskanus Gglb. Pronotum pus plus long que large, les riltŽs trs arrondis, non sinuŽs en unire. Sillons frontaux profonds. e. e. La plus grande largeur du pronotum au tiers antŽrieur du c™tŽ, la base moins rŽtrŽcie. ajdovskanus Ravasinil J. 1\llill. La plus grande largeur du pronotum au quart antŽrieur du c™tŽ, la base plus rŽtrŽcie. hirtus ljubnlc ensis J. MUII.

PAGE 7

R. JEANNEL 18. Trs petite espce (4 mm.) ˆ longue pubescence, trs grosse tte, pronotum Žtroit et long, Žlytres Žtroits aux Žpaules, Žlargis en arrire. Le premier fouet est deux fois plus ŽcartŽ du 2e gue le 2e du 3e (Carniole mŽridionale, Lukova jama.) . . . . . . . . caplllntus Jos. Grande taille (5,5 ˆ 6 mm.). Pubescence courte, pronotum pas pluslong que large. Le premier fouet ˆ peine avant le niveau du 2e (Planina, Kreuzberg). . . . . . . . . . tempornlh1 J. MŸll. 19. Pronotum large et transyerse, cordiforme, ses c™tŽs trs arrondis en avant. Striation des Žlytres fine et superficielle., Pubescence rare, les tŽguments brillants. Long. 6 ˆ 7 mm. (VŽnŽtie Julienne) . Mayeri J. MŸll. Pronotum plus long que large, non cordiforme, ss c™tŽs trs peu arrondis en avant. Striation des Žlytres grossire, inŽgale, quoique superficielle, la surface de l'Žlytre bosselŽe. Pubescence longue et fournie, les tŽguments peu brillants ou mats. . . . . . 20. 20. Soies prothoraciques bien dŽveloppŽes. Tte ˆ tempes convexes. Long. 6 ˆ 7 mm. (Carniole). . ; . . spectabilis Jos. Soies prothoraciques absentes. Avant-corps plus rŽtrŽci, la tte plus allongŽe, avec les tempes peu convexes. Long. 5,5 ˆ 6,5 mm. (Carniole). . . . . . . . . . . . ; pubens Bed. L'A. nivalis, espce endogŽe des Alpes Juliennes, manque dans ce tableau. GROUPE 1. 1. Anophthalmus Schmidti Sturm. a) Subsp. Sehmidti Sturm, 1844, Deutsch!. Ins., XV, p. 131 ; type : grotte de Luegg. b) Subsp. insignis J. M†ller, 1912, Wiener ent. Ztg., XXXI, p. 299; type : jama na lesom. c) Subsp. trebicianus J. MŸller, 1915, Sitzb. Ak. Wiss. Wien, CXXIII, p. 1015 ; type : Lindner Grotte. d) Subsp. Gspani Reitter, 1918, Wiener ent. Ztg., XXXVII, p. 24; type: Kevderca jama. --:ljubnicensis J. MŸller, 1918, Sitzb. Ak. Wiss. Wien, CXXVI, p. 613; type: Kevderca jama. e) Subsp. Motsehoulskyi Schmidt, 1860, Verh. zool. bot. Ges. Wien; X, p. 671; type: Pasica jama. opacipennis J. MŸller, 1913, Denkschr. Ak. Wiss. Wien, XC, p. 56; type: Pasica jama. f) Subsp. istriensis J. MŸller, 1909, Wiener ent. Ztg. XXVIII, p. 273 ; type : grottes de Castelnuovo. g) Subsp. Flachi Winkler, 191_2, Ent. Bl., VIII, p. 248; type: monte Maggiore. So6si Csiki, 1912, Ann. Mus. nat. Hung., X, p. 511 ; type: Risnjak. Cette espce est bien connue. Elle prŽsente un facies robuste trs caractŽrisque qui la distingue de toutes les autres espces du genre.

PAGE 8

GENRE A]jQPH1HALMUS S1'URM 35 L'organe copulateur est grand et Žpais (fig. 1) et prŽsente une dŽformation trs particulire, tenant ˆ ce que toute la partie apicale du pŽnis est aplatie et tordue autour de .son axe, de droite ˆ gauche. L'orifice apical, normalement dorsal et tournŽ vers la droite lorsque l'organe copulateur est au repos couchŽ sur la face droite, se trouve rejetŽ sur la face gauche et par consŽquent tournŽ du c™tŽ dorsal au repos. Il en rŽsulte que l'organe copulateur, qui est trs aplati, n'a plus besoin d'opŽrer une version de 900 comme chez les autres espces, pendant la copulation. Fra. 1. Anophthalmus Schmidti St., de Vellach. Base de l'Žlytre. Organe copulateur, face gauche, X 45. Pice copulatrice, face dorsafe, X 80. Cette forme de l'organe copulateur est constante chez toutes les races de l'A. Schmidti, mais avec de petites variations dans la dilatation de la partie aplatie, dans son asymŽtrie et dans la saillie des lobes de la pice copulatrice. 1. Elytres brillants dans les deux sexes. . . . . 2. Elytres brillants chez le m‰le, mats et alutacŽs chez la femelle. . 4. 2. Long. 5 ˆ 6,5 mm. Elytres allongŽs, relativement Žtroits, ˆ c™tŽs peu arquŽs, le disque trs peu convexe, aplani le long de la suture. subsp. Schmidti s. str. Long. 6,5 ˆ 7,5 mm. Elytres plus amples, ˆ c™tŽs plus arquŽs. 3. 3. Disque des Žlytres peu convexe, aplani le long de la suture. Tempes moins renflŽes que chez la forme typique. subsp. trebicianus J. MŸll. Disque des Žlytres convexe, non aplani. Elytres plus amples, forme plus robuste. . . . . subsp. insignis J. MŸll. 4. Long. 6,5 ˆ 7 mm. Robuste, les Žlytres amples et convexes. subsp. Gspani Reitt.

PAGE 9

36 R.JEANNEL Long. 5 ˆ 6 mm. Plus grle, les Žlytres peu convexes. . . . 5 5. Pronotum court et transverse, ses c™tŽs peu arrondis en avant, ˆ peine sinuŽs en arrire. Elytres non aplanis ˆ la suture. . subsp. istriensis J. N!Ÿll. Pronotum plus long que large, ses c™tŽs plus arrondis en avant, nette ment sinuŽs en arrire. Stries des Žlytres plus profondes. . . . 6. 6. Elytres non Žlargis aprs Je milieu, la ponctuation des stries particulirement nette. . . . . subsp. Jl'lotschoulskyi Schm. Elytres Žlargis aprs Je milieu. . . : . subsp. Flachi WinkL .A. Schmidti est largement rŽpandu en SlovŽnie, en VŽnŽtie Julienne, en Istrie et jusque dans le nord de la Croatie. Sa distribution est comparable ˆ celle du Leptodirus Hohenwarti. C'est une espce ordinairement cavernicole, mais qui se trouve aussi parfois sous les pierres enfoncŽes, en fort, surtout dans le sud de son aire de rŽpartition. a) Subsp. Schmiclti s. str.VŽnŽtie Julienne: grottes des environs d'Adelsberg, grotte de Luegg, pierres enfoncŽes sur le mont Nanos. b) Subsp. insignis J. MŸll. VŽnŽtie Julienne: aven jama na lesom, prs de Karnizza, dans la fort de Tarnova. c) Subsp. trebicianus -J. MŸll. VŽnŽtie Julienne: grotte Lindner, ˆ TrebiŽ et Kacna jama, ˆ Divaca, deux avens trs profonds, communiquant avec la Reka souterraine. cl) Subsp. Gspani Reitt. SlovŽnie: Kevderca jama, dans le mont Ljubnik, prs de Bischoflack. e) Subsp . il1otschoulskyi Schm. SlovŽnie: grotte Velka pasica, prs sur le mont Krim; grotte Ledenica, prs d'Alben, versant ouest du Krim. f) Subsp. istriensis J. MŸll. Istrie: plusieurs grottes aux environs de Castelnuovo. g) Subsp. Flach• Winkl. Istrie: monte Maggiore, pierres enfoncŽes en fort. Croatie: mont Risnjak, ˆ 20 km. au N. de Fuzine; mont Bitoraj, prs de Fuzine. Cette race est endogŽe. GROUPE II. 2. Anophthalmus Gobanzi Ganglbauer. a) Subsp. Gobanzi Ganglbauer, 1911, Wiener ent. Ztg., XXX, p. 237 ; type : PauliŽ Hohle. b) Subsp. obirensis, nov.; type: Jovanberg. c) Subsp. Weberi Ganglbauer, 1911, Wiener ent. Ztg. XXX, p. 239 ; type : Grintouz. Cette espce est endogŽe et remarquable par le renflement consi- dŽrable de ses tempes, ses yeux encore rudimentaires, ses antennes courtes et moniliformes.

PAGE 10

GElVRE ANOPBTHALMUS STURM 37 L'organe copulateur est trs long et trs grle, aussi long que les deux tiers de l'abdomen. La pointe du pŽnis s'effe en un long bec ˆ pointe recourbŽe. La pice copulatrice est fortement bilobŽe, ˆ lobes arrondis et non spatulŽs. L'organe copulateur de la race obirensis est semblable ˆ celui de l'A. Gobanzi typique. Chez la race Weberi, le pŽnis est plus arquŽ et la pice copulatrice un peu plus grande. / ': ;: '. 1 1 '"' i f .. ,j : : {' e ; 1 1 i . :. ; ; ..... ..... ,4 Fw. 2. Anophthalmus Gobanzi Ganglb., de Vellach. M‰le, X 12. Base de l'Žlytre. Organe copulateur, face gauche, X 55. Pice copulatrice, face dorsale et profil, X 110. 1. Tempes moins convexes, moins dilatŽes en arrire. Antennes moins Žpaisses. Pronotum peu transverse moins Žlargi en avant, moins rŽtrŽci ˆ la base. . . . . . . . subsp. Weberi Gglb. Tempes trs convexes, trs dilatŽes en arrire. Antennes plus Žpaisses. 2. 2. C™tŽs du pronotum arrondis dans le tiers antŽrieur, rŽtrŽci en arrire en ligne droite ou un peu convexe ......... subsp. Gobanzi s. str. C™tŽs du pronotum plus arrondis et plus Žlargis dans le tiers antŽrieur, .rŽtrŽci en arrire en ligne conc!J.ve. . . subsp. obirensis, nov. L'espce est rŽpandue en fort, dans la partie orientale de la cha”ne des Karawanken. a) Subsp. Gobanzi s. str. Carinthie: PauliŽ Hohle, prs de Vellach, dans le Vellachthal. SlovŽnie: monts Lucian et Plesnik, dans les Alpes de Stein, ˆ l'est de Vellach et au nord du Grintouz (A. Winkler). b) Subsp. obirensis Jeann. Carinthie: versant nord du Jovanberg, dans l'Obir (A. Winkler).

PAGE 11

as R. JEANNEL c) Subsp. Weberi Gglb. Carinthie : mont Greben, dans les Alpes de Stein (A. Winkler) ; Alois HŸtte, au sommet du Grintouz (E. Weber). 3. Anophthalmus Bernbaueri Ganglbauer. A. !Jernhaueri GanglbauŽr, 1895, Wiener ent. Ztg., XIV, p. 26;.3 ; type: Hochobir. On le considre ˆ tort comme une race de l'A. Schaum i En rŽalitŽ c'est une espce bien distincte, qui n'a aucun rapport avec l'A. Schaumi et doit tre placŽe prs de l'A. Gobanzi. ... 1 // : J IL . : : J f.. : .; '/ e 1 1 : : 1 1 1 e .: . i 1 . ( .. ... :.J..;.. Fm. 3 Anophthalmus Bernhaueri Ganglb., du Hochobir. M‰le, X 12. Base de l'Žlytre gauche. Organe copulateur, face gauche, X 55, Pie copulatrice, face dorsale, X 110. L'organe copulateur est du m  me type que celui de l'A. Goban zi, mais moins allongŽ ; il prŽsente l es m  mes coudures et la mme form e crochue du be c apical. La p ;ce copulatrice est analogue, mais son lobe droit est toujours atrophiŽ. A. Bernhauer i habite les Karawanken, comme l'A. Gobanzi; il se trouve avec ce dernier dans les forts de l'Obir, mais s'Žlve aussi ˆ haute altitude dans la zone alpine. Carinthie: forts du versant nord du Jovanberg, dans le massif de l'Obir (A. Winkler); rŽgion alpine du Hochobir, au dessus de la Rainer .Sch utzhaus et prs de la station mŽtŽorologique.

PAGE 12

GENRE ANOPR1HALMuS S1URM 39 4. Anophthalmus Scopolii Sturm. a) Scopolii Sturm, 1851, Deutschl. Ins., XXI, p. 111 ; type : grotte de Luegg. b) Subsp. Paveli Csiki, 1899, TermŽsz. FŸz., XXII, p. 479; grotte Bukovakusa. Bartkoi Csiki, 1912, Ann. Mus. nat.' Hung., X, p. 510; type: Risnjak. Szilagyii Csiki, 1912, l. c., p. 510; type: Bitoraj. On rattache en gŽnŽral ˆ cette espce un certain nombre de races qui en rŽalitŽ sont des espces distinctes et seront ŽnumŽrŽes ci-aprs. Comme toutes les espces endogŽes, "l'A. Scopolii est assez variable. Il n'est possible de retenir dans cette espce que deux races gŽographiques: l'une, Scopolii s. str., habitant les Alpes Juliennes, l'autre, Fw. 4. Anophlhalmus Scopolii St., du mont Nanos. M‰le, X 12. -Base de l'Žlytre gauche.Organe copulateur, face gauche, X 55. Pice copulatr-ice, face dorsale, X 110. Paveli; dans le nord de la Croatie. Cette dernire a ŽtŽ dŽcrite trois fois de suite de trois localitŽs diffŽrentes, sous trois noms diffŽrents, par E. CsiKI, mais il ne s'agit certainment que d'une seule forme. L'organe copulateur de l'A. Scopolii est assez court, coudŽ ˆ angle obtus, avec un bulbe basal allongŽ, la partie apicale du pŽnis droite, Žpaissie, puis effilŽe en pointe courte et non crochue. La pic copulatrice est courte et large, un peu cordiforme ; sa partie apicale est attŽnuŽe et bifide. Les mmes caractres se retrouvent identiques chez les deux races.

PAGE 13

40 JJ. JEANl{EL 1. Tempes moins convexes. Pronotum peu rŽtrŽci en arrire, ses c™tŽs sinuŽs en arrire avant les angles postŽrieurs qui sont saillants en dehors. . . . . . : . . . . . subsp. Scopolii s. str. Tempes plus convexes. Pronotum plus rŽtrŽci ˆ la base, ses c™tŽs ˆ peu prs rectilignes en arrire, les angles postŽrieurs non ou ˆ peine saillants. . . . . . . . . . . . subsp Paveli Cs. Espce endogŽe, pŽnŽtrant volontiers dans les grottes. On la trouve en VŽnŽtie Julienne et dans le nord de la Croatie, mais elle ,parait manquer dans le sud de la Carniole. a) Subsp. Scopolii s. str. VŽnŽtie Julienne : aven de S. Gendra, dans le Haut-Isonzo; grotte de Cvetrez et pierres enfoncŽes dans la fort de Tarnova; mont Nanos, en fort et dans les grottes, Osonjca jama et Zavinka jama; fort du mont Velika Javornik, au sud-est de e t 1 ,. ,1 : : . . 1 1 1 ..... .. .. : 1 1 : ..... . ... ... Fm. 5 Anophthalmus bohiniensis Ganglb., du Crna Prst. Base de l'Žlytre. Profil de la tte. Organe copulateur, face gauch e, X 55. Piece copulatrice, face dorsale, X 110. Postumia; grotte de Luegg. SlovŽnie: grotte Babja luknja, ˆ Vase, prs de Ljubljana. b) Subsp. Pav e li Cs. Croatie septentrionale : mont Risnjak, en fort et dans la grotte Bukovakusa; mont Kupjak, prs de Skrad, en fort; mont Plasa et mont Bitoraj, prs de Fuzine, en fort. 5. Anophthalmu s bohiniensi s Ganglbauer A. bohiniensis Ganglbauer, 1903, Wiener Ent. Ztg., XXII, p. 118; type : Crna Prst. ConsidŽrŽ ˆ tort par J MŸLLER comme une race de l'A. Scopolii ; -
PAGE 14

GENRE ANOPH1HAL.lluS S1URM 41 Comme l'A. cette espce prŽsente des yeux encore rudimentaires, ˆ l'Žtat de taches ovalaires blanch‰tres; ses antennes sont courtes et moniliformes. Le fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe est bien plus en avant que chez A. Scopolii, tout prs de la gouttire prŽhumŽrale. Organe copulateur plus Žpais que chez A. Scopolii, son bulbe basal moins allongŽ, la partie apicale Žpaisse et Žlargie avec un bec apical plus longuement effilŽ, l'orifice apical plus oblique et bien plus vaste. Pice copulatrice plus large, ˆ lobes apicaux plus courts ct plus larges, non attŽnuŽs. A. bohin ie n sis est une espce e ndogŽe, localisŽe dans la partie orientale des Alpes Juliennes. SlovŽni e : Crna Prst, au dessus de la : Malin er Schutzhaus ; forts du W ochcin ; Kcvdcrca jama, dans le mont Ljubnik, prs de Bischoflack. Fm. 6. Allophtltalmus s w: ainu s .1 :.\IŸll., d e l'”le Chcrso. Mftle, X B ase; d e l' Ž lylre gau c h e Organe copulateur, face gauch e, X 5 ii P i cc copulalrice, fa ce dor s al e X 110. 6. Anophthalmus sucainus J. MŸller. A. Schwni sucainus J. MŸller, 192-!, Boil. Soc. ent. Ital., LVI, p. 69 ; type : Kns jama .T. MŸLLER a dŽctit c et Anophtalme de l'ile Cherso connue race de l'A Schawni ˆ cause de la gracilitŽ de s e s antennes. Pour la mme raison sans doute, il cntcndtc que l'A de V cglia, dŽcrit par A. WINKLER comme race de l'A. Scopolii, doit tre Žgalement une forme de l'A. Schumi. En rŽalitŽ c est lˆ nne erreur. L'allongement des antenneS' est une caractre sans valeur. L'organe copulateur de l'A. sucainu.s et en particulier sa pice copulatrice, sont absolument du

PAGE 15

42 R.JEANNEL mme type que chez l'A. Scopoli i et par consŽquent bien diffŽrents de ceux de l'A. Schaumi. A. sucainus, et certainement aussi A. Maderi, sont des descendants de la mme souche que l'A. Scopolii. Mais leur isolement dans les ”les du Quarnero a produit des diffŽrences qui en ont fait des espces tranchŽes. L'organe copulateur de l'A. sucainus est trs grle, trs long et peu arquŽ. Le bulbe basal est vŽsiculeux et un peu ovo•de, la partie apicale du pŽnis longue, cylindrique, symŽtrique, attŽnuŽe en un long bec apical largement recourbŽ du c™tŽ dorsal. La pice copulatrice, trs analogue ˆ celle dŽ l'A. Scopolii, a ses lobes apicaux plus longs, plus grles et plus parallles. Iles du Quarnero: cavernicole dans l'”le de Cherso, o on le conna”t de plusieurs grottes (G. Ravasini). 7. Anophthalmus Maderi Winkler. A. Scopolii Maderi Winkler, 1914, Col. Rundsch., III, p. 172; type: Vitezicova jama. Trs petite espce (3,1 ˆ 3,5 mm.), de forme grle, ˆ antennes trs longues. Le fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe est plus en arl'ire que chez A. Scopolii. Sans doute l'organe copulateur prŽsentera-t-il des caractres distinctifs importants. Iles du Quarnero : cavernicole dans l'”le de Veglia. 8. Anophthalmus Schaumi Schaum. a) Subsp. Scbaumi Schaum, 1860, Naturg. Ins. Deutsch!., I, p. 661 ; type: Dolga circua, prs de Domzale. planipennis Joseph, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, p. 264 ; avec la forme typique. b) Subsp. leptonotus, nov.; type: grotte de Zavrh. c) Subsp. Knirschi Winkler, 1912, Ent. Bl., VIII, p. 247; type: Skadaunica jama. d) Subsp. macromelus, nov.; type: Rabosca lulmja, prs Liboje. e) Subsp. orientalis, nov. ; type: Bucerca jama, prs de Reichenbcrg. f) Subsp. Hochetlingeri Winkler 1912, Ent. Bl., VIII, p. 248 ; type: grotte d'Ozalj. Petite espce bien connue, facile ˆ reconna”tre ˆ ses antennes longues et grles, ses angles humŽraux trs saillants, ainsi qu'ˆ la position du fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe. D'autre part l'organe copulateur est trs diffŽrent de celui de toutes les autres espces du genre.

PAGE 16

GENRE ANOPHTHALMUS STURM 43 Le pŽnis est trs grand, trs long, trs arquŽ, sans coudure brusque. Le bulbe basal est volumineux, subsphŽrique ; la partie apicale, grle, -est d'abord dŽjetŽe vers la droite, puis inflŽchie vers la gauŽhe, le bec ;apical plus ou moins retroussŽ . Le sac interne est trs long, atteignant le bulbe basal chez certaines races (macrornelus). Les parois sont tapissŽes d'Žcailles hyalines et transparentes, imbriquŽes en peau de serpent. La pice copulatrice a la forme d'un long flagellum rubannŽ et Žlastique, absolument hyalin, de sorte qu'il Žst impossible de l'apercŽvoir par transparence. Aprs dissection du sac, il est facile de l'extraire et de constater qu'elle est formŽe par l'accolement longitudinal de deux parties symŽtriques et est bilobŽe ˆ l'apex. Fw. 7. Anophthalmus Sclwumi lept(motus Jeann., de la grotte de Zavrh. Male, X 12. Base de l'Žlytre gauche. Profil de la tte. Organe copulateur, face gauche, de la forme tnJique, X 55. Pice copulatrice, face dorsale, de la forme typique, X 55, et son extrŽmitŽ plus grossie (X 110). Des di1TŽtences dans la structure de cette pice copulatrice s'observent entre les diverses races. Elle est de longueur moyenne chez les races Schaumi et o1'ientalis, trs courte chez Kni1'schi: trs longue au contraire chez macromelus. Le pŽnis lui-mme varie dans sa forme suivant les races ct ses caractres sont constants dans chacune d'elles. L'Žtude dŽtaillŽe de ces variations aura sa place dans la Monographie des T1'echina.e. 1. Elytres trs convexes. Grande taille. Elytres mats, trs alutacŽs. Long. 5 mm. 2. Elytres peu convexes, aplanis. Taille plus petite. ; ..... 1.1. 2. Tte ˆ tempes peu renflŽes; gouttire marginale des Žlytres trs Žtroite aux Žpaules. Elytres plus comexes. . . spbsp. Hochetlingeri Winld.

PAGE 17

44 'R. JEASNEL Tte ˆ tempes renflŽes. Gouttire marginale des Žlytres trs larg aux Žpaules .. Elytres convexes. . subsp. Knirschi Winkl. 3. Tte allongŽe, ˆ tempes peu convexes. TŽguments des Žlytres moins alu tacŽs, brillants. C™tŽs du pronotum nettement sinuŽs dans la moitiŽ basale. . . . . Tte arrondie, ˆ tempes convexes. TŽguments des Žlytres fortement alutacŽs, d'aspect mat. C™tŽs du pronotum ˆ peine sinuŽs en arrire. . 5. 4. Angles humŽraux des Žlytres arrondis, les c™tŽs des Žlytres arquŽs, un peu Žlargis en arrire. . . subsp. Schaumi s. str. Angles humŽraux des Žlytres saillants, les c™tŽs des Žlytres peu arquŽs. Elytres allongŽs, trs trs brillants. . subsp. leptonotus, noov. 5. Pronotum ˆ peine plus long que large, les Žlytres allongŽs, oblongs, non Žlargis aprs le milieu, peu convexes. . . subsp. macromelus, nov. Pronotum bien plus long que large, les Žlytres larges, amples, Žlargis aprs le milieu, peu convexes. . . . . . subsp. orientalis, nov. Je n'ai pas vu le m‰le de l'A. Hochetlingeri. Je pense toutefois qu'il doit bien s'ˆgir d'une race de l'A. Schaumi. Espce smtout cavernicole, mais se trouvant parfois aussi en fort, sous les pierres. Son aire de distribution couvre presque toute la SlovŽnie. a) Subsp. Schaumi s. str. SlovŽnie: grottes de Basse-Carniole, au nord-est de Ljubljana ; forts du Menin a planina ot till V elka planina, massifs sŽparant la Basse-Carniole de la rŽgion de Vranslw (A. Winkler). b) Subsp. leptonotus Jeann. SlovŽnie mŽridionale: grotte de Zavrh, prs de Borovnica (J. Sever); Konjica jama, prs de Laschitz, au nord de Koevlje [Gottschee] ; fort de Friedrichstein, prs de Gottschee 1Fr Tax). c) Subsp. Knirschi Winkl. SlovŽnie orientale: Stadaunica jama, prs de Vransko [Franz). cl) Subsp. rnacromelus Jeann. SlovŽnie orientale: Rabosca lulmja, prs de Liboje, rive droite de la Sann, au sud de Cilli (H. Kraus); Vraka luknja et Soteska lulmja, prs de Prassberg (H. Krauss); grotte de Pongraz, prs de Heilenstein (J. von Krekich). e) Subsp. orientalis Jeann. SlovŽnie orientale: Bucerca jama, pts de Reichenberg, rive gauche de la Save, prs de Krsko [Gurkfeld) (0. Scheibel). f) Sub5p. Hochetlingeri Winkl. ..:___ Croatie: grotte d'Ozalj, vallŽe do la Kulpa. D'aprs J. MŸLLR, l'A. SchaU1Jti existe en VenŽtie Julienne, dans la grotte de Cvetrez, dans la fort de Tarnova. Peut-tre s'agit-il encore d'tlne race distincte.

PAGE 18

GENRE ANOPH1RALMCS STURM 45 9. Anophtha}mus Winklerianus, n. sp. Type: grotte de Bizek (coll. Jeannel). Long. 4,5 mm. TestacŽ brillant, les tŽguments ˆ peine alutacŽs. Glabre, les tempes avec quelques trs petits poils. Tte allongŽe, ˆ ;tempes peu convexes, les yeux oblitŽrŽs, les antennes longues, atteignant e milieu des Žlytres. Pron
PAGE 19

46 R. JEANKEt 10. Anophthalmus Kaufmanni Ganglbauer. a) Subsp. Kaufmanni Ganglbauer; 1899, verh. zool. bot. Ges. Wien, XLIX, p. 530 ; type : fort de Friedrichstein. b) Subsp. Weingartneri Winkler, 1912; Ent. Bl., VIII, p. 246; type : Podsused. Cette espce est reprŽsentŽe par deux races qui ont toujours ŽtŽ considŽrŽes, bien ˆ tort, comme appartenant ˆ l'espce Scopolii. Elles. s'Žcartnt cependant de ce dernier, non seulement par des caractres sexuels trs .Paiticuliers, mais aussi par d'importantes diffŽrences dans. la morphologie externe. Fm. 9. Anophthalmus Kaufinanni Ganglb., de Gottschee. M‰le, X 12. Base de l'Žlytre gauche.Organe copulateur, face gauche, X 55. Pice copulatrice, face dorsale, X 110. L'organe copulateur est trs gros et grand, coudŽ ˆ angle obtus et Žpaissi dans la partie coudŽe. Bulbe basal trs allongŽ ; partie apicale du pŽnis Žpaisse, haute et comprimŽe latŽralement, la pointe courte et crochue. L'orifice apical est fermŽ par une ligula membraneuse, arrondie,. analogue ˆ celle des espces du grope de l'A. hirtus. Pice copulatrice longue, large, ŽvidŽe en gouttire, ses lobes dŽhiscents, aigus et repliŽs, de faon ˆ prŽsenter une haute crte ventrale perpendiculaire ˆ c1l.aque lobe. Cette disposition des lobes de la pice copulatrice rappelle encore la structure particulire ˆ beaucoup d'espces du groupe de l'A. hirtus. L'organe copulateur est identique chez les deux races suivantes:

PAGE 20

GENRE ANOPH'IHALMUS STURM 47 1. Pronotum plus long que large, trs rŽtrŽci ˆ la base. Elytres trs Žtroits aux Žpaules, les cinq premires stries profondes, les autres TŽguments alutacŽs dans les deux sexes. . subsp. Kaufmanni s. str. Pronotum aussi long que large, peu rŽtrŽci ˆ la base. Elytres moins Žtroits aux Žpaules, les deux premires stries seules profondes. TŽguments fortement alutacŽs chez les femelles, presque lisses et brillants chez les males. . . subsp. W eingiirtneri Winkl. Des deux races, l'une habite la Carniole aux environ de Gottschee, l'autre le Sljemen, pr!s de Zagreb. La cha”ne du Jumberacke planina [Uskoken Gebirge]s'Žtend entre ces deux stations tr$ ,ŽloignŽes l'une de l'autre et fournira peut-tre une troisime race de la mme espce. a) Subsp. Kaufmanni s. str. SlovŽnie mŽridionale : fort de Friedrichstein, prs de Kocevlje [Gottschee]. Croatie septentrionale : massif du Javorova kosa, au sud-est de Skrad (A. Winkler). b) Subsp. Weingiirtneri Winkl. Croatie: grotte de Bizek, dans le Sljemen planina, au nord de Zagreb ; forts du Sljemen, dans un ravin, ˆ Podsused, prs de la Save. GROUPE III. 11. Anophthalmus Erebus Krauss. a) Subsp. Erebus 1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 257 ; type: Vracka luknja. b) Subsp. Kraussi Winkler, 1923, Kol. Rundsch., X, p. 162; type: grotte de Zelenjak. Cette e'Spce prŽsente une serie discale de 4 soies sur la 3e strie des Žlytres, comme les espces suivantes; mais son pŽnis n'a pas de ligula et sa pice copulatrice montre une conformation trs particulire ne ressemblant aucunement ˆ celle des autres espces du genre. L'organe copulateur de. l'A. Erebus typique est grand et Žpais, rappelant un peu par sa forme celui de l'A. Kaufmanni. Mais l'orifice apical ne montre pas trace de ligula. La pice copulatrice est longue, ŽvidŽe en gouttire ˆ sa base. Sa partie apicale est. divisŽe en deux lobes lamelleux, juxtaposŽs, arrondis au sommet. Les bords internes de ces lobes sont repliŽs du c™tŽ dorsal et forment deux crtes godronnŽes saillantes, dont les replis apparaissent dans l'orifice apical du pŽnis et ne doivent pas tre confond1.,1s avec une ligula. Le m‰le de la race Kraussi est inconnu. 1. Plus grle, les tempes modŽrŽment arrondies, le pronotum un peu plus long que large, modŽrŽment convexe. . . . subsp. Erebus s. str. Plus robuste, les tempes trs convexes, le pronotum plus large que long, trs convexe, ses c™tŽs plus arrondis en avant, plus rŽtrŽcis en arrire. Elytres plus amples. Coloration bruna.tre plus foncŽe. subsp. Kraussi Winkl.

PAGE 21

. 48 R.JE.:!NNEL L'espce occupe l'ensemble des massifs montagneux entourant la haute vallŽe de la Sann, en amC1Ilt de Cilli, dans les contreforts orientaux des Alpes de Stein et des Karawanken. Cavernicole dans diyerses grottes assez les unes des .autres au nord de la Sann, l'A. Erebus typique est au contraire endogŽ au sud de cette rivire, sur le Vlika planina. Quant ˆ l'A. Kraussi,il oecŸpe une dU: mont Cret, oil se trouve en compagnie de l'Aphaenopidius Treulandi. . a) Subsp. F;rebus s. str. SlovŽnie orientale : grotte Vracka lulrnja, prs de Prassberg; grotte Trbiska zijalka, prs de Loutsch; Fm. 10, Anophthalmus Erebus Krauss, du Velika planina. Organe copulateur, face gauche, X 45. Sommet du pŽnis, face dorsale, X 45 . Pice copulatrice, face dorsale, X 55, et son sommet plus grossi (X 110). grotte d'Eriauc, prs de Leutsch ; grotte du mont Dobrolje, prs de Frasslau ; pierres enfoncŽes en fort sur' le V elika planina, dans les Alpes de Stein (A .. Winkler). b) Subsp. Kraussi Winkl. :.___ SlovŽnie orientale: grotte Zelenjak,. sur le mont Cret, au nord de Franz (A. Winkler). GROUPE IV . Anophthalmus Mariae Schatzmayr. A; Mariae Schatzniayr ; 1904, Munch. Kol. Zs., II, p. 210; type: Eggerioch.

PAGE 22

GKvRE ANOPB.THALMCS STUHM 49 Grande espce remarquable par sa forme allongŽe, trs Žtroite et parallle, ainsi que par l'aspect trs mat des femelles, dont le rŽseau alutacŽ des tŽ.guments est trs dŽveloppŽ. La 3e strie des Žlytres porte trois soies discales. L'organe copulateur est allongŽ; le bulbe basal est petit et peu -coudŽ, la partie apicale du pŽnis est asymŽtrique, tordue du c™tŽ gauche en mme temps que du c™tŽ dorsal, l'apex forme un bec obtus et arrondi. L'orifice apical est largement ŽvasŽ et fermŽ par une forte ligula trs chitinisŽe, en forme de cur de carte ˆ jouer, qui s'adapte sur l'orifice comme un clapet. Fm. 11. Anophthalmus Mariae Schatzm., de l'Eggerloch. Drgane copulateur, face gauche, X 45. Sommet du mme, face dorsale, X 45. Pice copulatrice, face et profil, X 110. Pice copulatrice courte et Žpaisse, ses lobes courts, multimamelonnŽs et pourvus d'une haute crte ventrale perpendiculaire. Ce type de pice se retrouvera avec des variations chez un certain nombre des espces suivantes. A. Mariae est la plus septentrionale des espces du genre; on la cannait de deux grottes : Carinthie : grotte Eggerloch, prs des bains de Villach, au pied du mont Dobratch, extrŽmitŽ orientale des Gailthaler Alpe. SlovŽnie : mines abandonnŽes de Valvasor Hiittc, versant sud du Stol [Hochstuhl], dans les Karawanken. 13. Anophthalmus Egonis J. MŸller. A. Egonis J. MŸller, 1923, Wiener ent. Ztg., XL, p. 101; type: Psjakov Buden.

PAGE 23

50 R.JEANNEL Espce trs caractŽrisŽe, n'ayant que peu de rapports avec l'A .. ..i.liariae, auquel J. MŸLLER la compare. Elle reprŽsente une petite lignŽe 1 indŽpendante, ˆ c™tŽ de celle de l'A. hirtus. La 3e strie des Žlytres porte trois soies discales. Organe copulateur de mme forme gŽnŽrale que chez l'A. hirtus; mais avec la partie apicale du pŽnis plus Žpaisse et le bec apical assez. long. La ligula st double, formŽe par deux larges lobes arrondis et chitinisŽs. La pice copulatrice Žgalement est double, formŽe par deux phanres indŽpendantes, juxtaposŽes, mais non soudŽes. Elles sont. larges, inŽgales, leur apex est dŽhiscent, anguleux et un peu tordu. Fm. 12. Egonis J. MŸll., de la grotte Psjakov Buden. M‰le, X 12. Sommet du pŽnis, face dorsale, X 45. Pice copulatrice, face dorsale, X 80. Cavernicole dans le nord de la Carniole. SlovŽnie septentrionale: grotte Psjakov Buden, prs de Veldes;_ aux environs de Radovljica. 14. Anophthalmus hirtus Sturm. a) Subsp. hirtus, var. hirtus Sturm, 1853, Deutsch!. lns., XXII, p. 93; type: Pasica jama. convexus Joseph, 1870, Berl. ent. Zs.,. XIV, p. 261; type: Pasica jafua. b) Subsp. hirtus, var. fallaciosus J. MŸller, 1915, Sitzb. Ak. Wiss .. Wien, CXXIII, P 1019; type: grotte de S. Ca,nzian, prs de Vir. c) Subsp. hirtus, var. Staudacheri J. MŸller, 1923, Wiener ent .. Ztg., XL, p. 104; type: Tularska jama.

PAGE 24

GENRE ANOPHTHALMUS, STURM 51 d) Subsp. hirtus, var. Alphonsi J. MŸller, 1915, S1tzb. Ak. Wiss .. Wien, CXXIII, p. 1019 ; type : grotte de Brzno. e) Subsp. ljubnicensis J. MŸller, . 1915, Sitzb. Ak. Wiss. CXXIII, p. 1021; type: Kevderca jama. f) Subsp. Micklitzi Ganglbauer, 1913, Denkschr. Ak. Wiss. Wien,. XC, p. 21 ; type : Castitljiva jama. Je retiens seulement dans l'espce hirtus les races de taille petite et moyenne, ˆ sillons frontaux complets et ligula du pŽnis fortement chitinisŽe, dont la pice copulatrice est allongŽe, ˆ sommet Fw. 13. Anophthalnms hi?tus St. 1 1 1;, . ,, . ' '. 1 j ; 'i' . 1 .' .. ) 1 ,l 1 ;1 1 1 4 : r .. 1 1 \ , ' ; ,_ ..... .. ....:.._,.-..,/ A. hirtus fallaciosus J. MUll., rnˆle, X 12. Organe copulateur, de A. hirtus typique de la grotte Pasica jama, face gauche, X 45. -Base de l'Žlytre gauche, de l'A. hirtus typique. Ligula, face dorsale : en dessus chez A. hirtus typique, en dessous chez A. hirtus ljubnicenBB (X 110). effilŽ en pointe, ni tronquŽ, ni repliŽ. Ces formes ont d'ailleurs une distribution gŽographique bien homogne et continue. Ainsi comprise, l'espce A. hirtus groupe un certain nombre de races cavernicoles isolŽes, qui prŽsentent toutes quelques caractres communs, comme leurs sillons frontaux complets et la position du fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe un peu aprs le niveau du 2e fouet. Mais ces races ont subi des variations dans leur forme gŽnŽrale qui se rŽptent chez les races des espces voisines et particulirement chez la suivante qui portera le nom d'A. ajdovskanus. Certaines races de l'A.

PAGE 25

R. JEANli'EL hirtus arrivent ainsi ˆ ressembler par convergence ˆ d'autres de l'A. a}dovskanus. Il en rŽsulte qu'il est impossible de dŽfinir ces .deux espces par des caractres constants tirŽs de la morphologie externe. Leurs races respectives se distinguent d'une faon ou d'une autre, mais les caractres spŽcifiques ne peuvent tre fournis que par la stt'ucture de la pice copulatrice. L'organe copulateur de l'A. hirtus est peu arquŽ, allongŽ, avec un bulbe basal peu voliunineux, la partie apicale pl1,1s ou moins Žpaisse, trs peu asymŽtrique et terminŽe par un bec elfilŽ et recourbŽ du c™tŽ dorsal, de longueur variable suivant les races. L'orifice apical ,porte une ligula chitinisŽe et colorŽe, tant™t simple (hirtus), tant™t plus Fm. 14. Pice copulatrice, face dorsale. De gauche ˆ droite chez: A. hirtus fallaciosus J. Milll. (X 10), A. hirtus ljubnicensis J. Milii. (X 80), A. hirtus Micklitzi Gglb. (X 80), A : ajdovskanus Miilleri Jeann. (X 80). ou moins incisŽe et bilobŽe. Le sac interne est couvert de paquets d'Žpines qui cachent la pice copulatrice et rendent son isolement nŽcessaire pour en examiner la forme. Cette pice copulatrice est allongŽe, avec deux lobes apicaux droits et parallles, longs et hyalins ˆ l'apex chez les A. hirtus, fallaciosus et Jl,ficklitzi, longs et aigus, sans extrŽmitŽ hyaline chez les A. Staudacheri et ljubnicensis. Toute la pice est couverte de petits tubercules r‰peux. La taille de la pice copulatrice varie ; elle est plus grande chez les sous-espces Micklitzi et ljubnicensis que chez les diverses formes de la sous-espce hirtus. 1. Pronotum avec sa plus grande largeur ˆvant le tiers antŽrieur. Elytres ˆ Žpaules trs effacŽes, le bord prŽhumŽral trs long et trs oblique. Long. 6,3 ˆ 6,5 mm. . . . . : subsp. ljubnicensis J. MŸll.

PAGE 26

GENRE AJ..'OPB'IHALJldCS STURM 53: Prorrolum avec sa plus grande largeur au tiers antŽrieur. Elytres ˆ Žpaules moins effacŽes, le bord prŽhumŽral plus court. . . . . 2. 2. Plus grand et plus robuste (6 ˆ 6,5 mm.). C™tŽs du pronotum plus arrondis en avant. Tempes trs convexes. Base du pronotum Žtroite; les c™tŽs rŽtrŽcis en ligne ˆ peu prs droite dans la moitiŽ-basale. subsp. Micklitzi Gglb. Plus grle et plus petit (5 ˆ 6 mm.). C™tŽs du pronotum moins arrondis. 3. a. C™tŽs du pronotum un peu anguleux au niveau de la soie antŽrieure, o se mesure la plus grande largeur, faiblement arquŽs dans la moitiŽ basale. . . . . . . . 4. C™tŽs du pronotum rŽgulirement arrondis en avant, rŽtrŽcis en ligne presque droite en arrire. Tte allongŽe. . . . . . . 5. 4. Tte plus robuste, pronotum plus long, . subsp. htus, var. hirtus s. str. Tte plus allongŽe, pronotum plus court. . subsp. hirtus, var. fallaciosus J. )lŸll. 5. Un peu plus grand (5,5 ˆ 6 mm.). . . subsp. hirtus, mr. Alphon.si J. )lŸll. Un peu. plus pelit (Ÿ ˆ 5,5 mm.). . subsp. hirtus, var. Staudacheri J. )lŸll. CARACTRES SEXUELS. 1. PŽnis de petite taille. La ligula ˆ bord apical entier, arrondi ou tronquŽ, non ŽchancrŽ. Lobes apicaux de la pice copulatrice longs et Žtroits, t:•oudŽs. ...... . . . . . . . . . . . 2. PŽnis plus grand (d'un tiers plus long) et plus Žpais. La ligula nettement bilobŽe. Pice copulatrice plus grande. 5. 2. Pointe apicale du pŽnis longue et Žtroite. . . 3. Pointe apicale du pŽnis large et courte. . . 4. a. Ligula arrondie. Sommet de la pice copulatrice hyalin . . . . . . . . . . . subsp. hirtus, var. hirtus s. str. Ligula tronquŽe. Sommet de la pice copulatrice chitinisŽ, formŽ par deux pointes aigu‘s. . . ; . . subsp. hirtm, var. Staudacheri J. MŸll. 4. Ligula Žtroite et arrondie. Sommet de la pice copulatrice comme chez la forme typique. . . . . . subsp. hirtus, var. f'allaciosus J. MŸll. Ligula tronquŽe ............. subsp. hirtus, var. Alphonsi J. )lŸll. 5. PŽnis trs Žpais, ˆ pointe courte et petite. Ligula trs large, profondŽment bilobŽe. Pice copulatrice trs grande, les lobes plans et indŽpendants, leur sommet hyalin. . . . . . subsp. Jllicklitzi Gglb. PŽnis Žpais, mais ˆ pointe apicale longue et robuste. Ligula plus allongŽe, bilobŽe. Pice cop1,1latrice trs grande, ses lobes soudŽs, leur pointe chi tinisŽe, bifide et trs aigu‘. . subsp. ljubnicensis J. }lŸll. L'aire gŽographique de l'A. hirtus couvre les massifs bordant la haute vallŽe de la Save autour de Ljubljana et en amont de cette ville. a) Subsp. hirtus, vat'. hirtus s. str. SlovŽnie, massif du Krim: Pasica jama prs d'Oberigg; grotte Ledenica, prs d'Alben. b) Subsp. hirtus, var fallaciosns J. MŸll. SlovŽnie, rŽgion au nord-est de Ljubljana: grotte de S. Canzian, ˆ Vir; Podresca jama, prs de Domzale; !hanska jama, prs de Ihan; grottes prs d'Aich. c) Subsp. hirtus, var. Staudacheri J. MŸll. SlovŽnie, environs de Kranje, an nord-ouest de Ljubljana: Tularska jama (Dr. Kuscer).

PAGE 27

54 R.JEANNEL d) Subsp. htus, var. Alphonsi J. MŸll. SlovŽnie, au nord-ouest de Ljubljana: Gipsova jama, prs de Skofia Loka; grbtte de Brezno. e) Subsp. ljubnicensis J. MŸll. SlorŽnie: Kevderca jama, dans le mont Ljubnik, prs de Skofia Loka. f) Subsp. Micklitzi Gglb. SlovŽnie: Castitljiva jama, prs de Radovljica; grotte de Babjizob, prs de Veldes. 15. Anophthalmus ajdovskanus Ganglbauer. a) Subsp. ajdovskanus Ganglbauer, 1913, Denkschr. Ak. Wiss. Wien, XC, p. 21; type: Ajdovska jama. b) Subsp. Pretneri J. MŸller, 1913, Denkschr. Ak. Wiss. Wien, xc, p. 62; type: mines abandonnŽes de Valvasor HŸttc. c) Subsp. l'tlŸlleri, nov.; type: Snezena jama. cl) Subsp. Ravasinii J. MŸller. 1922, Atti Ace. scient. Ven.-Trent.Istr., (3) XII, p. 7 ; type : grotte de Anska Lazna. Mmes caractres extŽrieurs que chez l'A. hirtus; mmes variations selon les races. L'organe copulateur a la mme forme gŽnŽrale que chez l'A. hirtus ljubnicensis, c'est-ˆ-dire de grande taille, Žpais, avec la pointe apicale grande et allongŽe, largement recourbŽe, la ligula trs chitinisŽe, large, bilobŽe ou ŽchancrŽe. La pice copulatrice est toute diffŽrente (fig. 14). Elle est trs courte, Žpaisse, aussi large ou plus large que longue ; sa partie apicale est tronquŽe, obtuse et tuberculŽe. ComparŽe ˆ celle de l'A. hirtus, la pice copulatrice de cette espce se prŽsente comme si ies longs lobes apicaux avaient ŽtŽ brisŽs ˆ la base. Elle est identique chez les quatre races. 1. Bord prŽhumŽral des Žlytres trs long et trs oblique, les Žpaules trs effacŽes. . . . 2. Bord prŽhumŽral des Žlytres plus court, les Žpaules anguleuses. . 3. 2. Pronotum plus long que large, trs rŽtrŽci ˆ la base, ses c™tŽs longuement sinuŽs en arrire. Sillons frontaux superficiels dans la partie postŽrieure. Pointe apicale du pŽnis robuste, la pice copulatrice aussi longue que large. Long. 6 mm. . . . subsp. ajdovskanus s. str. Pronotum pas plus long que large, ses c™tŽs rŽgulirement arrondis dans toute leur longueur, la base peu rŽtrŽcie. Sillons frontaux profonds. Pointe apicale du pŽnis plus longue, la pice copulatrice plus large que longue. Long. 6,5 mm. . : . subsp. Ravasinii J. :VIUll. 3. Grande taille (6,5. mm.). AllongŽ, le pronoturn, un peu plus long que large, les Žlytres plus parallles. Pointe apicale du pŽnis d'un tiers plus longue que chez la race suivante. subsp. Pretneri J. MŸll. Taille plus petite (6 ˆ 6,3 mm.). Plus court, le pronotum un peu plus large que long, les Žlytres Žlargis en arrire. Pointe apicale du pŽnis courte. subsp. MŸlleri, nov.

PAGE 28

GENRE ANOPRTRALMUf::i STURM 55 A. ajdovskanus occupe la plus grande partie des Alpes Juliennes et les massifs de Basse-Carniole prolongeant cette cha”ne vers l'est. a) Subsp. ajdovslcanus s. str. SlovŽnie orientale: Ajdovska peŽ, _prs de BrŸndl, sur la rive droite de la Save, en face de Gurkfeld. b) Subsp. Pretneri J. MŸll. SlovŽnie septentrionale: mines .abandonnŽes de V alvasor HŸtte, dans le Stol [Hochstuhl], cha”ne des Karawanken. c) Subsp. llfŸlle1i Jeann. SlovŽnie septentrionale: Snezena jama na Obranci, au nord-ouest de Veldes, sur le Muzakla planina. La vallŽe de la Save sŽpare cette race de la prŽcŽdente. J r;. .. 1 ,t; Fm. 15. Anophtha.l!nus Kertecsi istrianus Ganglb., de la grotte Dimnice. Male, X 12. Base de l'Žlytre gauche. Piece copulatrice, face dorsale et profil, X 80. d) Subsp. Ravasinii J. MŸll. VŽnŽtie Julienne: grotte de Anska Lazna, au pied du mont Mersovez, dans la fort de Tarnova. Sans doute l'A.. indiquŽ par J. MŸLLER d'une grotte prs de Sadlog, entre Zoll et Idria, dans l'est de la fort de Tarnova, appartient-il encore ˆ l'espce ajdovskanus. 16. A..nophthalmus Kertecsi Csiki. a) Subsp. Kertecsi Csiki, 1912, Ann. Mus. nat. Hung., X, p. 511 ; type : grotte de Lokve. b) Subsp. istrianus Ganglbauer, 1913, Denkschr. Ak. Wiss. Wien, XC, p. 22 ; type : grotte Dimnice.

PAGE 29

5{) R .JEANNEL Plus robuste que les deux prŽcŽdents, les tempes plus convexes, les c™tŽs du pronotum plus brusquement sinuŽs en arrire. Les sillons frontaux sont complets et profonds. Le fouet interne de la sŽrie ombiliquŽe est nn peu plus en avant, nettement avant le niveau de 2e fouet. Trois soies discales sur la 3e strie. L'organe copulateur ressemble beaucoup plus ˆ celui de l'A. spectabilis qu'ˆ celui de l'A. hirtus. Il a la mme forme que celui de l'A. spectabilis (fig. 17), mais sa partie basale coudŽe est encore plus allongŽe. La ligula est membraneuse, allongŽe et arrondie ˆ l'apex. Pice copulatrice robuste et Žpaisse, allongŽe et couverte de petits tubercules r‰peux. Les lobes apicaux sont Žpais, massifs, parallles, Žtroitement accolŽs jusqu'au sommet. Celui-ci est obtus et repliŽ du c™tŽ ventral, avec une haute crte ventrale perpendiculaire. Cette pice est du mme type que A. ]}fariae et surtout chez A. spectabilis; mais ses lobes sont particulirement Žpais et massifs. L'organe copulateur est identique chez les deux races, sauf que la ligula de l'A. Kertecsi est plus large que celle de l'A. istrianus. 1. Antennes dŽpassant le milieu des Žlytres. _Tempes moins convexes, pronotnm et Žlytre moins larges. . . subsp. Kertecsi, s. str. Antennes atteignant le milieu des Žlytres. Tempes trs convexes, pronotum cl Žlytres plm; larges. . . . . . subs. istrianus ,J. :.\lŸll. Cette espce est localisŽe sur le littoral adtiatique. a) Subsp. Kertecsi s. str. Croatie septentrionale: grotte de Lokve, prs de Fuzinc. b) Subsp. istrianus J. MŸll. ____,. VŽnŽtie Julienne: grotte Dimnice, ˆ 17. Anophthahnus Mayeri J. MŸller. a) Subsp. lla.yel'i J. lVlŸller, 1909, Wiener ent. Ztg. XXVIII, p. :.!7.1; type: grotte NoŽ. b) Snbsp. J. MŸller, 1922, Atti'Acc. scient. Ven.-Trent.Istr. (3) XII, p. -! ; type : grotte Dante. ConsidŽrŽ ˆ tort comme race de l'A. hirtus. C'est une espce bien tranchŽe, autant par sa morphologie externe que par ses caractres sexuels. La pubescence est particulirement courte et rare, la coloration rougeˆtre brillant. Les sillons frontaux s'effacent en arrire. Trois soies discales sur la 3c strie ; le fouet interne aprs le niveau du 2e L'organe copulateur de l'A. Mayeri typique est trs long et trs

PAGE 30

GENRE ANOP1ITI1AtMUS stURM 57 Žtroit, comprimŽ latŽralement, symŽtrique, peu arquŽ. Le bulbe basal est renfiŽ, la partie apicale du pŽnis haute, rŽgulire et terminŽe par un bec long et large, recourbŽ du c™tŽ dorsal. L'orifice apical est petit, ovulaire, et est fermŽ par une ligula membraneuse trs Žtroite, dont les c™tŽs sont rŽtrŽcis ct retroussŽs. Le sac interne diffre de celui de toutes les autres espces du groupe en ce qu'il ne renferme pas d'Žpais paquets d'Žpines cachant la pice copulatrice. Celle-ci est analogue ˆ celle de l'A. Mariae, mais plus longue, avec les lobes plus grands et diffŽremment modelŽs (fig. lG). ,l' \t' ,, l' '1 :1' 1\ 1 Ir. '- r '' ' ' '1 Fra. 16. Anophtha!mus M.aycri J. MŸll, de la grotte NoŽ. Organe copulateur, face gauche. X 45. Sommet du pŽnis, face dorsale, X 45. Pice copulatrice, face dorsale cl prof, X 80. D'aprs la description qu'en donne J. MŸLLER, l'organe copulateur de l'A. tolminensis doit tre trs analogue ˆ celui de l'A. Mayeri de la grotte NoŽ. Cet auteur signale mme la prŽsence, ˆ la base de la ligula, de deux "pezzi simetrici, chitinosi, di forma triangulare allungata, divisi tra di loro da un'incisione angulosa acuta". Il est facile de reconna”tre, d'aprs ces termes, les lobes d'une pice copulatrice semblable ˆ celle de l'A. Mayeri, bien visible en raison de l'absence d'Žpines chitinisŽes sm les parois du sac . 1. Tte plus arrondie, ˆ tempes plus convexes. Angles postŽrieurs du prono tum saillants en arrire. Elytres plus larges. . subsp. Mayeri s. str.

PAGE 31

Tte plus allongŽe, ˆ tempes moins convexes. Angles postŽrieurs dtl pronotum non saillants en arrire. Elytres plus Žtroits. . . . . . . subsp. tolminensis .T. Espce cavernicole, localisŽe en VŽnŽtie Julienne, au nord de Trieste. a) Subsp. Mayeri s. str. Julienne: grotte NoŽ, ˆ Na bresina. b) tolminensis J. MŸll. VŽnŽtie Julienne: grotte Dante, prs de Tolmino, vallŽe de l'Isonzo. A la mme espce sans doute, doit appartenir l'unique exempla\re femelle recueilli dans la province d'Udine, dans la grotte di S. Giovanni d'Antro, ˆ Pulfero, prs de Cividale (J MŸLLER, 1922, 1. c., p. 5). 18. Anophthalmus nivalis J. MŸller. A. hirtus nivalis J. MŸller, 1922, Atti Ace. scient. Ven.-Trent.-Istr., (3) XII, p. 8; type : mont Tricorno. Sans avoir vu cet Anophthalmtts, il rie m'est pas possible de prŽciser ses affinitŽs. Il semble cependant qu'il se rapproche plus des. A. Mayeri et A. spectabilis que de toutes les autres espcys. Il est en tous cas trs remarquable en ce qu'il est la seule espce du groupe de l'A. hirtus qui soit endogŽe et non cavernicole. Chez A. nivalis les sillons frontaux sont incomplets, les antennes courtes et rob.†stes ; la gouttire marginale du pronoturn est trs rŽduite, slll'tout chez le m‰le, o elle n'est pas plus dŽveloppŽe qnc chez l'A. pttbens. J. MŸLLER a donnŽ ui:J.e description de l'organe copulatelll'. On peut en dŽduire que la ligula est membraneuse, que le sac interne n'est pas tapissŽ d'Žpines, comme chez A. j}fayeri, enrin que la pice copulatrice doit avoir une forme spŽciale et ne ressemble pas ˆ celle des autres espces e<;>nnues. Espce endogŽe. SlovŽnie : mont Tricorno [Triglav], ˆ haute altitude, auprs d'un champ de neige, prs du refuge Kredal'ica, non loin de la frontire italienne, plusieurs exemplaires. Anophthalmus spectabilis Joseph. a) Subsp. spectabilis Joseph, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, p. 267 ; type : grotte de Koschana". b) Subsp. Severi Ganglbauer, 1897, Verh. zool. bot. Ges. Wien XLVII, p. 565; type: Volcja jama.

PAGE 32

GENRE A:NOPRTHALMUS STURM c)" Subsp. inhumeralis J. MŸller, 1923, Wiener ent. Ztg., XL, p. 103; type: Lukova jama. Espce distincte de l'A. hirtus,_ quoique de mme souche ancienne. Plus ŽvoluŽes que les A. hirtus et A. Kertecsi, les races de l'A. spectabŸis, avec leurs sillons frontaux effacŽs et leur avant-corps rŽtrŽci, r:Žtilisent dŽjˆ le type aphŽnopsien, qui sc trouvera pleinement exprimŽ chez l'A. pubens. J. MŸLLER (1913) a identifiŽ ˆ l'A. spectabilis de JosEPH la forme vivant dans la Cerna jama . Je possde l'un des types de JosEPH. Des diffŽrences existent entre ce type et les Anophthalmus de la Cerna Fm. 17. AnophthalmtUI spectabilis Jos., de la Cerna jama. Organe copulateur, face gauche, X 45. Pice copulatrice, face dorsale et profil, X 80. jama; il. me parait certain que ce type provient d'une autre grotte, mais il n'en reste pas moins exact que les exemplaires de la Cerna jama doivent tre dŽterminŽs spectabilis Jos. Chez l'A. spectabilis les sillons frontaux sont incomplets, les soies prothoraciques normales. L'avant-corps est particulirement rŽtrŽci et allongŽ chez la race Severi. L'organe copulateur des deux races spectabilis et Severi est trs grand et bien diffŽrent de celui de l'A. hirtus. Le bulbe basal est renflŽ et allongŽ, coudŽ ˆ angle obtus ; la partie apicale du pŽnis est Žpaisse, presque symŽtrique et terminŽe en pointe longue et droite, ˆ peine incurvŽe. La ligula est membraneuse, transparente, allongŽe. Pice copulatrice robuste, semblable ˆ celle de l'A. Kertecsi, sauf que les lobes apicaux sont moins massifs, amincis, comprimŽs et dŽhiscents au sommet. 4.*

PAGE 33

60 R. JEANNEL L'attribution de l'A. inhumeralis ˆ la mme espce que l'A. spectabilis est hypothŽtique. Elle semble cependant justifiŽe par la. description de J. MŸLLER. Les caractres assignŽs ˆ son organe copulateur sont analogues ˆ ceux de l'A. spectabilis ; seule la pointe apicale du pŽnis aurait une forme spatulŽe particulire. 1. C™tŽs du ptonotum trs arquŽs, le pronotum plut™t arrondi, un peu plus long que large. Elytres amples, ˆ Žpaules accusŽes, le bord prŽhumŽral de longueur Long. 5,8 ˆ 7 mm. . subsp. spectab_ilis s. str. C™tŽs du pronotum trs peu arquŽs, le pronotum trs allongŽ. Elytres longs ct Žtroits, les Žpaules trs effacŽes, le bord prŽhumŽral trs long. 2. 2. Sommet du pŽnis effilŽ. Tempes peu convexes, hŽrissŽes de poils trs longs, le cou peu ˆ peu rŽtrŽci. Long. 6,5 ˆ 7 mm. subsp. Severi Gglb. Sommet du pŽnis spatulŽ. Tempes plus convexes. Long. 6 mm. . . . subsp. inhumeralis J. l\IŸll. cavernicole, dont l'aire de distribution s'Žtend paralllement ˆ l'Adriatique depuis la fort de Tarnova jusque dans le sud de la Carniole. a) Subsp. spectabilis s. str. VŽnŽtie Julienne: Cerna jama, ˆ Postumia; Magdalena Schacht, ˆ Postumia; Zegnana jama, prs de Orehek [Nussdorf]; grotte de Luegg; grotte Schneider Schacht, prs de Karnizza, dans la fort de Tarnova. b) Subsp. Severi Gglb. VŽnŽtie Julienne: Volcja jama, sur le mont Nanas. c) Subsp. inhumeralis J. MŸll. SlovŽnie: Lulwva jama, prs de Sdihovo [Ober-Slill], dans les falaises de la rive gauche de la Kulpa, au sud de Kocevlje. 20. Anophtbalmus pubens Bedel. A. pubescens Joseph, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, p. 268; type: Mrzla jama. A. pubens Bedel, 1876, Ann. Soc. ent. Fr., Bull., p. 125 (nom. nov.). A. pubens var. amplus Joseph, 1870, l. c., p. 269. J. MŸLLER a sŽparŽ cette espce dans un sous-genre spŽcial, HaploJ. MŸll., ˆ cause de l'absence des soies prothoraciques. C'est lˆ donner de l'importance ˆ une caractre nŽgatif en rŽalitŽ sans grande valeur. D'autres genres trs homognes, comme Aphaenops par exemple, renferment des espces soies prothoraciques. On voit ces soies dispara”tre lorsque la gouttire marginale du pronotum s'efface chez les espces de type aphŽnopsien, et cette rŽgression nŽogŽnŽtique ne peut certainement pas tre tenue pour nn caractre gŽnŽrique. J3ien :plus 1 dans le cas :prŽsent? l'A. :puben[J sans soies proth01:a

PAGE 34

GENRE ANOPH1HALMuS STURM 61 ciques se montre si vmsm de l'A. spectabilis qu'il faudra peut-tre rŽunir .les deux espces en une seule. L'organe copulateur est absolumel}.t identique chez A. spectabilis et A. pubens, jusque dans ses plus petits dŽtails. Sans aucun doute A. pubens n'est qu'une forme reprŽsentative de i' A. spectabilis, ˆ un degrŽ d'Žvolution plus avancŽ encore que _la race Severi, et on serait strictement en droit de le considŽrer comme une simple sous-espce. Par contee on verra que l'A. temporalis, cohabitant' avec l'A. pubens, reprŽsente une toute autre lignŽe et n'a pas de-parentŽ Žtroite avec l'A. spetabilis. A. pubens habite plusieurs grottes de Carniole, appartenant au systme hydrographique Piuka-Unz-Laibach. SlovŽnie: Mrzla jama, ˆ Blaska Poliza, dans le Kreuzberg; grotte Falkenhayn, prs de Planina; Mackoska jama, ˆ Lase, prs de Planina; grotte de Zavrh, ˆ Borovnica [Franzdorf]. 21. Anophthalmus temporalis J. MŸller. a) Subsp. temporalis J. MŸller, 1913, Ent. BI., IX, p. 302; type: grotte Falkenhayn. b) Suhsp. heteromorphus J. MŸller, 1923, Wiener ent. Ztg., XL, p. 102 ; type : grotte de Kreuzberg. L'A. temporalis, de Planina, est remarquable par ses caractres chŽtotaxiques: absence de poils sur les tempes, dŽdoublement des soies prothoraciques antŽrieures. MalgrŽ cela il ressemble beaucoup ˆ l'A. spectabilis typ!que et en a toujours ŽtŽ considŽrŽ comme une forme \rŽs voisine. Or l'A. temporalis cohabite avec l'A. pubens, dans les mmes grottes que ce dernier. Comme j'avais la preuve, en raison de l'identitŽ de leurs organes copult.teurs, que l'A. pubens n'est qu'une forme reprŽsentative de l ; A. spectabilis, il s'en suivait que l'A. temporalis devf1it tre une espce bien distincte et possŽder des caractres sexuels trs diffŽrents; car il n'y a pas d'exemple que deux espces cav.ernicoles de mme lignŽe puissent cohabiter dans les mmes grottes sans prŽsenter de grandes diffŽrenciations de leurs organes copulateurs. Pendant longtemps, je n'ai malheureusement connu l'A. temporalis que d'aprs des femelles. Gr‰ce ˆ l'extrme obligeance de M. le Dr. G. Ravasini, j'ai pu tout rŽcemment recevoir des m‰les et constater aussit™t que mes prŽvisions Žtaient rŽalisŽes. L'organe copulateur de l'A. temporalis, des grottes de Planina, est en effet tout diffŽrent de celui des A. spectabilis et A. Il est

PAGE 35

62 R. JEANNEt exceptionnellement long et mince, avec un bulbe basal arquŽ et non coudŽ ; la partie apicale est grle, longuement arquŽe du c™tŽ dorsal, terminŽe par une pointe courtPet large, un peu dŽviŽe ˆ droite et crochue. La ligula est hyaline et longue. La pice copulatrice, cachŽe par d'Žpais paquets d'Žpines, est du mme type que chez A. spectabilis, mais ses lobes sont attŽnuŽs en pointes repliŽes en crochet, de forme trs particulire (fig. 18). Les indications donnŽes par J. MŸLLER sur l'organe copulateur de l'A. heteromorphus sont trop vagues pour qu'il soit possible d'affirmer qu'il soit bien du mme type que celui de l'A. temporalis de Planina. - Fm. 18. Anophthalmus temporalis J. MŸll., de la Makoska jama. Organe copulateur, face gauche, X 45. Sommet du pŽnis, face dorsale, X 45. Pice copulatrice, face dorsale, X 110. Ce n'est donc qu'avec les plus grandes rŽserves que je rŽunis ICI ces deux formes dans une mme espce. C'est surtout le fait que l'A. heteromorphus cohabite aussi avec l'A. pubens, qui mc dŽcide pour cette hypothse. 1. Tempes glabres. Pronotum subcordiforme, trs rŽtrŽci ˆ la base, ses c™tŽs rŽtrŽcis en ligne presque droite en arrire. Deux soies prothoraciques antŽrieures. Elytres de largeur normale, avec deux soies discales. Long. 5,5 ˆ' 6 mm. . . subsp. temporalis s. str. Tempes pubescentes. Pronotum subcarrŽ, peu rŽtrŽci ˆ la base, les c™tŽs arquŽs. Soies prothoraciques simples. Elytres trs Žtroits, contrastant avec l'avant-corps robuste: trois soies discales. Long. 5,5 mm. . . ,. . . . subsp. heteromorphus .J. MŸll.

PAGE 36

Mme aire gŽographique que celle de l'A. pubens. a) Subsp. temporalis s. str. SlovŽnie: grotte Falkenhayn, ˆ Planina; Mackoska jama, ˆ Lase, prs de Planina. b ) Subsp. heteromorphtts J MŸll.SlovŽnie: grotte d u Kreuzberg, ˆ Loz (sans doute la Mrzla jama, ˆ Blaska Poliza). GROUPE V. 22. Anophthalmus capillatu s Joseph. A. capillatus Joseph, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, p. 269; type: Lukova jama. Cette espce a longtemps ŽtŽ tenue pour le fruit de l'imagination de JosEPH, car elle n'a jamais ŽtŽ retrouvŽe. Cependant le type existe, Fw. 19. Anophthalmus capillattts Jos., de la Lukova jama . Femelle, type, X 13. Base et sommet de l'Žlytte gauche, X 30. Labium, X 65. au "Zoologisches Museum von Berlin" et a ŽtŽ de nouveau dŽcrit par L. GANGLBAUER, cette fois de faon trs minutieuse. J. MŸLLER (1913, Denksclir. Ak. Wiss. Wien, XC, p. 87), publiant la description de GANGLBAUER qui Žtait jusque lˆ in litteris, a conu des doutes la position systŽmatique de l'espce. Le type est une femelle, de sorte qu'on ne sait pas de faon certaine combien d'articles sont dilatŽs aux tarses antŽrieurs du m‰le. Sans doute J MŸLLER a-t-il pensŽ qu'il pourrait s'agir d'un Orotrechus, sinon d'un nouveau genre. J'ai eu moi-mme connaissance du type, gr‰ce ˆ la complaisance de M. le Dr H. Kuntzen. A mon avis l'A. capillatus est bien un Anophthalrmts. Il en prŽsente tous les caractres des pices buccales,

PAGE 37

mais est ˆ coup sr trs remarquable par sa trs petite taille, sa formŽ gŽnŽrale, sa longue pubescence et ses caractres chŽtotaxiques. La sŽrie ombiliquŽe n'est pas agrŽgŽe, mais le premier fouet est trŽs en avant, tout prs de la gouttire prŽhumŽrale, deux fois plus loin du 2e fouet que celui-ci du 3¡ Si l'A. capillatns est bien un Anophthalmns, il doit cependant tre isolŽ des autres espces dans un groupe ˆ part. L'extrme raretŽ de cette espce, ainsi que certains caractres, comme l'allongement des mandibules, la longue pubescence, la brivetŽ relative des membres, semblent indiquer qu'elle doit avoir un genre de vie spŽcial. Sans doute vit-elle, comme certains Aphaenops pyrŽnŽens, dans la zone pŽriodiquement inondŽe des cavitŽs souterraines, et n'appara”t-elle que par accident dans les galeries accessibles. SlovŽnie mŽridionale: Lukova jama [God jama], ˆ Sdihovo [OberSkrill], dans les falaises de la Kulpa, au sud de Kocevlje, un seul individu connu. ERRATA Page 35, Fig. 1, lire Anophthalmus Schmidti St., de Luegg. Page 38, ligne 1, au de ,Carinthie", lire :slovŽnie". Page 52, Fig. 14, ligne 2, mt lieu de (X 10), 'tire (X llO):



PAGE 1

46 46 R. JEANNEL LA DISTRIBUTION GƒOGRAPHIQUE DES ,AEPUS" COLƒOPTRES SUBMARINS.

PAGE 2

COMPTE RENDU SOMMAIRE DES DE LA 'soCIƒTƒ DE BIOGƒOGRAPHIE. N¡ 22. Troisime AnnŽe (Extrait : f926, p. 39 ˆ 41) R. JEANNEL : LA DISTRIBUTION GŽOGRAPHJQU& o Es AKPUS , CoLƒOPTRKsSUBMAmNs (1). Tous les Naturalistes qui ont frŽquentŽ les grves de la Bretagne connaissent les Arpus, trs petits Carabiques dŽcolorŽs qui vivent sous les pierres dans la zone intercotyoale et se laissent submerger ˆ marŽe haute. Leurs organes montrent des spŽciaHsations cur!euses en rap-port auec ce genre de vie, mais aussi des caractres trs archa•ques, comme par le fait d'avoir encore aux mandibules une dent prŽmolaire, qui a disparu chez toutes les lignŽes de Trechinae ha bitant la rŽgion holarctique. Les Aeptts appartiennent ˆ une tribu spŽciale, A !!pi ni, dans le groupe des T1echinae. Cette tribu comprend cinq genres: A eptts et Aepopsis, submarins sur les c™tes atlantiques de l'Europe, Thalassohius, prŽsentant les mmes murs sur les c™tes du Chili, Aepomorphus l2), ˆ la Terre de Feu et aux tl es Falkland, Temnostega, aux t!es Crozet. On sait s eulement que ces deux derniers vivent sur les plages maritimes, mais leur orgˆnisation indique qu'ils doivent tre aussi submarins. Les affinitŽs deux groupes dmŽricain et europŽen sont si Žtroites qu'on peut nettement rattacher I'Aepopsis d'Europ e ˆ l'Aep_omorphus antarctique et les Aeptt$ au Thalassohius chilien. Cette faon dont._ genres sont apparentŽs empche donc absolument de croire queAepini europŽens et Aepini sud amŽricains soient deux lignŽes distinctes se ressemblant par convergence du fait du mme habitat submarin. Il est clair ne s'agit que d'une seule lignŽe homogne dont le centre de dispersion s'esi trouvŽ au sud du continent amŽricain. Ce sont, en effet, les genres de cette contrŽe qui sc;mt les plus archai'ques, et d'autre part c'est dans ceLte contrŽe que se trouvent. d'auts gro_upes de Trechinae apparentŽs aux Aepini. En Europe, les Aepus sont isolŽs et n'ont aucune affinitŽ avec les autres T1echinae de J'hŽmisphre nord. (1) SŽance du 16 avril1926. (2) Genre nouveau, pour le A unonini GuŽrin.

PAGE 3

-2Comment la souche des Aepus, originaire des rŽgions antarctiques 'de l'AmŽrique du sud, a-t-elle les c™tes atlantiques ct‘ l'Europe? l ne semble pas possible qua ce soit par les rivages de l'ocŽan Atlantique. Il aurait fallu pour cela qu'ils contournassen-t tout l'Atlan li que nord par les c™tes orientales de l'AmŽrique du Nord et les ponts Nord,atlantiques. Il serail bien Žtrange qu'au cours de ee long pŽriple, ils n'aient lˆissŽ. nulle part des tŽmoins de leur passage et n'aient pas persistŽ tout a moins sur les c™tes tempŽrŽes-de l'AmŽrique du Ncrd. Or la faune submarine de l'Atlantique est assez bien connue pour qu'on sache qu'il.n'y existe pas d' Aepus .ailleurs qu'en ( 1 ). Il fa ut donc ad mettre que les soucbes an tarcliques des A epus et Aepopsis sfl sont rŽpandues par les c™tes du Pacifique, le long du.conlinent sud-amŽticain; alors que ce dernier Žtait sŽparŽ de l'AmŽrique du Nord et encore uni ˆ l'Afrique. De semblables conditions palŽogŽo raphiques se sont prŽsentŽes au Jurassique ou ˆ la fin du CtŽtacŽ, lorsque le continent africano-brŽsilien (ArcbŽlŽnis de JnERING}, sŽparŽ de l'AmŽrique du Nord pat les mers couvrant la Bolivie, l'Equateur et le VŽnŽzuela, dŽveloppait une ligne de rivages continus depuis le sud du Chili jusqu'en Mauritanie. .. Distribution gŽographique des Aepini. Hus lard, pendant le Tertiaire, et surtout au Miocne avec les li ) L' cc Aeptts aenescens des l'ivages des Etats-Uuis appartient il ,uoe autre sous famille des C'est un Philodes (llarpalinae).

PAGE 4

-3espces lusitaniennes, les Aepu. et Aepops”s, isolŽs de souche pri. mitive par la dŽ l'ArchŽlŽnis, ont pu se vers le nord, le long l'A tian tique, jusque dans les ”les Brita'imiques et en Norvge. L'A epopsis n'a pas dŽpassŽ les Iles Britanniques et se trouve aujourd'hui du Maroc jusqu'en Ecosse. Par contre les Aepus ont atteint la Norvge et la localisation des colonies a produit l'isolement de deux .espces primitives, l'une septentrionale (Norvge, ”les Britanniques, massif armoricain), l'autre I?Žridionale sur la partie de l;Atlant!de unissant Madre ˆ la G11lice. L'effondremnt rŽce.nt de l'Atlantide a sŽparŽ du continent la colonie des ”les Madre. A_ussi existe-t-il aujomd'hui l'ne septentrionale. A. et deux nales Žtro!tement apparentŽes, A. gracilicornis ˆ Madre et A. gu.llaecus (n. sp.) suries c™tes de Galice. Une migration analogue a d™. amener le antmctica aux tles Crozet, dans le sud de l'OcŽan Indien, par les rivages mŽridionaux


PAGE 1

47 47 R. JEANNEL LA DISTRIBUTION DES TRECHODES, UNE LIGNƒE DE COLƒOPTRES GONDWANIENS

PAGE 2

COMPTF RENDU SOMMAIRE DS SƒANCES DE LA DE BIOGƒOGRAPHIE. No 22. SŽance du 18 juin i926 (Extrait). M. R. JEANNEL : LA DISTRIBUTION DEs TRECHODEs, UNE LIGNƒE DE CoLƒOPTRES GONDWANIENS. Les Trechodini forment une tribu dans la sousfamille des Trechinae. Cette tribu est localisŽe sur les restes du continent de Gondwana et comprend deux lignŽes principales, celle des Trecltoies et celle des Plocamotrechus. Je ne parlerai ici que de la premire, la seconde pour une note ultŽrieure. Les divers genres de la lignŽe des Treclwdes se font remarquer par un curieux contraste de caractres trs ŽvoluŽs et de conextrmement primitives dans leurs pices buccales et co pula tri ces. Ils habitent les restes du continent gondwanief:! 1\.fricano-malgache, sauf une espce qui s'est rŽpandue dans la rŽgion palŽarctique.

PAGE 3

-2. Le genre Treclwdes est connu par un-assez grand nombr d'espces -c•riq habitent I'Afl'ique orientale, de l'Abyssinie jusqu'au Cap ; une espce se trouve ˆ Madagascar, une en Birmanie, dans I'tle de Luzon, quatre dans l'Est de l'Australie et la Tasmanie. Toutes habitent les rŽgions montagneuses ˆ basse altitude, sauf le T. lefiio: dents d'Abyssinie, qui vit ˆ 2:300 mtres. Le Trechodes Ba/ceri des Philipp•nes est plus nettement alliŽ aux espces australiennes qu'ˆ celle de llirmanie, c-e qui indique qu'il n'est pas un immigrant tertiaire venu d'Asie, mais qu'il est un relicte du Gondwana jurassique. Il est plus surprenant de constatŽr que le T. Atluaudi de Madagas car n'a aucune parentŽ avec le 1'. cauliops de Bitmanie, pas plus d'a†ienrs qu'avec les espces africaines, mais qu'il est au contraire trs proche parent des espces avec lesquelles il u de nombreux caractres communs. Le Treclwdes de Madagascar n'esf donc pas une espce IŽmurienne ; c'es't ui1relicte bien plus ancien. On pense gŽnŽralement que h\.l!stralie a d_se dŽtacher de Madagascar a va nt le dŽbut du Jurassique. Faut-il donc, atttibuer une telle anciennetŽ aux Trechodes? . --------.. ---.. -... Distribulion gŽographique des espces de la lignŽe des Trechodes. Celle anciennetŽ ne suffit pas ˆ expliquer la rŽpartition des espces. La so?che des Trechodes australo

PAGE 4

-3aurait ŽtŽ largement dispersŽe sur un immense continent allant de l'Est de l'Australie jusqu'ˆ M&dagascar, c'est-ˆ-dire sur une distance aussi grande que celle qui sŽpare l'Espagne de l'Indo Chine. Comment . comprendre qu'une espce ait pu avoir une telle extension, mme da ns des conditions de climat homogne et comment se fjguret: la tanse des diffŽrences importantes existant entre notre espce malgache et celles de I'Mrique qui n'Žtaient pas encore isolŽes? Les renees entre le 1'. Alluaudi et espcPs africaines sont si tranchres et ses affinitŽs avec les espces austr-1liennes sont si Žtroites qu'il semble que l'isolement de l'Afrique nit d tre prŽcoce et que Ica connexions de Madagascai' avec l'Australie aient d. se prQionger bien aprs et rester immŽdiate!'. On peut supposer il est que de la souche des espces africnines ait pu ti'e le fait de condilions autres qn'une barrire nwrinc. Mais la thŽorie des ponts continntaux ne rend que bien dillicilement compte des liens dŽ pnrentŽ P.troits entre le Trechodes malgache t ceux d'Australie. Par contl'e, la des translations contint'ntales, de WI',9PI!er, ft'rait tomber la difficultŽ rŽsidant dans la rlistance Žnorme sŽparant les deux tles, puisque, d'aprs celle thŽorie, l\lad11gascar reliŽ ˆ l'Australie par un continent Antarctique, n'aurait gure ŽtŽ plus ŽloignŽ rlu Sud Est rtustralien. au Jurassique, que ne l'est l'Espagne de l'Asie-Mineure. En somme le genre Trechodes, dont l'homogŽnŽitŽ est incontestable et les affinitŽs relatives des espces trsnettPs, prŽsente des particularitrs dans sa distribution, qui s'expliquent mal avec nos connaissances pa lŽogŽographiques actuelles. c'est de l'Australie que sont pa1'lies les souches des Trecltodes. En el en Tasmanie se trouvent cn core d'anti'es types assez divers de l a mme lignŽe. Seul elu groupe le genre T1echodes s'est rŽpandu au loin. Les espce s africaines se sont isolŽes de trs bonne heure. malgache, venue directement du sud de l'Australie, n'a aueun rapport celle de Birmanie, qui a cl. venir aussiJ directemen!, de l 'Australie ˆ la mme rpoque, c'est-ˆ-dire vers Je dŽbut du L'espce des Philippines a d venir aussi da l'Australie, mais plus tar, loi'sque Ill morcell_ement du Gondwana sŽparait dŽjˆ l'l1de un continent auslralo-malais (Jurassique). Les affinitŽs ŽtroHesdu T. Bakeri, de Luzon, aveclesespcesaustraliennes semblen t le JJI'OU vei' et faire croire que la grande transgreE-sion crŽtacŽe n'a pa s .tolalement submergŽ les Philippines. La lignŽe des Trrclwdes a aussi passŽ en Nouvelle-CalŽdonie ˆ

PAGE 5

-4l'hocne (Sporades). C'est d'elle encore que s'est dŽtachŽ .Je genre Thalassophilus palŽarc!ique. 11 est probable que le Thalassophilus longicornis n'a pu se rŽpandre en Europe qu'au NŽogne, aprs la conslilutiqn du continent eurasiatique.' Il a dft peupler le nord de l'Afrique et la rŽgion mŽditerranŽenne se rŽpandre de lˆ jusqu 'ax Canaries et ˆ Madre, o il exisle encore. Sans doute a-t-il envahi le nord de l'Europe au Tertiaire ; mais sa distribution actuelle, dont la limite nord borde trs exactement l'extension des terrains erratiques, indique qu'il a ŽtŽ refoulŽ par le Glaciaire dans le sud de l'Europe. Actuellement c'est une espce en voie de disparition, Elle est presque inconnue du nord de l'Afrique et des pŽninsules de l'l':urope, mais existe encore en Cor-se. Elle montre nettement des marques de sŽnilitŽ spŽcifique : ses yeux sont trs rŽduits et ses tŽguments dŽpigmentŽs. Mais, chose curieuse, ses ailes sont intactes. C'est une espce lucifuge, qui ne se trouve pas au bord de la mer, comme son nom de Thalassophilus pourrait le faire croire, mais qui vit enfoncŽe profondŽment dans les terrains d'alluvions. MalgrŽ ses murs fucifuges, on ne la trouve que trs exelltionnellement dans )es ca vernes, sans doute parce q_u'elle est une espce de plaine. N'ayant pas pu trouver la voie menant dans cet asile, qu'est le domaine cavernicole pour les espces sŽniles, elle est fatalement vouŽe ˆ une disparition prochaine. Monographie des Trechinae (L'Abeille, XXXII) .. BEAUGENCY, IMP. RENƒ DUGUET 2495-7-26



PAGE 1

48 48 P. A. CHAPPUIS HARPACTICIDEN AUS DER KIEMEN H0HLE DES FL USSKREBSES.

PAGE 3

Separat-Abdr†ck aus dem Arcbiv fŸr Hydrobiologie. Bd XVII/3. s. 515-520. Harpacticiden aus der Kiemenh™hle des Von P. A. CHAPPUIS. (Mit.t.pi]ung aliR dpm Institut fŸr H™hlenforschung, Cluj, Rumiinien.) (Mit 4 TextabbildungPn.) lm Ja!tre 1923 fancl ich in einer Glastube, in welcher ein Flnl3kreb:-; kmmerviert worden war, zwei Exemplare einer Harpacticidenart, die Rich bei niiherer Untersuchung aL'l neu envies. Bei der Beschreibung dieser Art, Nitocm diva1icata 1 ), glaubte ich zuerst, da13 diese zwei T ndiviclnen sich nur zuHiJligerweise auf dem Krebse vorgef1mden hatten und daJ.l bei weitereni Snchen
PAGE 4

516 l\'Ieine eigenen Untersuchunge:l beschranken sich anf folgende Lokalitaten: SiebenbŸrgen, FluBgebiet des und Sommer 1924 und 1925. lm gal1Zen wnrden sie ben Harpacticidenarten gefuntlen, die zwei verschiedenen Genera: Oantlwcamptus und Nitocra; angehfiren. Von diesen sieben Arten sind sechs in offenen Gewassern selu hiiufige Arten, sie sind Bewohner des Littorals und leben dort anf Steinen, Pflanzen und im Schlamme. Ihr Vorkommen anf dem Panzer und in den Kiemenhohlen von Astacus ist also nicht als ParaRitismus oder Konunensali'lmus zn betrachten, sondern eh er znfiilliger Art. Diese sechs Arten sind: 1. Oantlwcamptus sla]Jhylinus J URINE fand si ch in mehreren Exemplaren anf Krebsen ans der Schwentine bei Fegetasche und dem Schohsee. Oanthocamptus northumbricus BRADY, in zwei Exemplaren, Scl1ohsee. Oanthocam.ptus tris]Jinosus BRADY, ein einziges Exemplar, Schohsee. Oanthocam]Jtus crassus SARS, ein lHannchen ans dem Schohsee, mehrere Exemplare aus dem See bei Pudagla, Usedom. Oantlwcam.ptus minutus CLAUS. Einige meistens sehr kleine Individuen fanden sich im l\Iaterial ans dem Dieksee, dem Schohsee und
PAGE 5

517 die sich bei N. Treforti (DADA Y) 1 ) finden. Das fŸnfte Thorakal-Segment sowie auch die zwei ersten tragen eine kleine Reihe Lateraldornen. Beim dritten Segment beriUtren sich diese zwei Reihen anf der Ventralseite. Das Analopercnlum tragt vier bis fŸnf Dornen. Die Furka (Fig. 1), die ungefahr gleich lang ist wie das letzte Abdominalsegment, ist langer ais breit. Ihre sind divergent und tragen anf cler Dorsalseite eine kleine Erhebung und apikal zwei Borsten, von
PAGE 6

Fig. 2. Nilocra divwicata orstes Beinpaar. 518 glieclrig. Beim ersten Beinpaar (Fig. 2) ist das erste Gliecl des Enclopoditen kŸrzer ais der ganze Exopoclit. Die drei folgenclen SchwimmfŸl3e sind den entsprechenclen von N hibernica sehr almlich, sogar fast gleich. Das fŸnfte Beinpaar (Fig. 3) hingegen ist fŸr cliese Art charakteristisch gebaut: Das Basalglied ist verhaltnismal3ig stark vorgezogen und tragt auf cler Innenseite fŸnf Borsten und einige kleinere Harchen in variahler Anzahl. Das langgestreck-te, schmale Endgliecl ist ungefahr dreimal so lang wie breit und tragt auf der Aul3enund a pibl sechs Borsten. Die Inncnseite ist, mit kurzen Di:irnchen bewehrt. D a R l\1 a n n c h e n ist schlanker und kleiner wie daR \Yeibchen, clic Gri:il3enverhaltnisse cler Segmente nntereinander sind jecloch gleich. Am fŸnften Thorakalund ersten Abclominalsegment finden sich beiclerseits eine Reihe Lateraldornell, die ein wenig anf die Dorsalseite ii bergreifen. Beim zweiten, dritten und vierten AbdominalRegment vcreinigen sich cliese Domen...,._------r"" reihen auf der Ventralseite. Das letzte Abdominalsegment und die Furka sind wie beim Weibchen gebaut. Die ersten Antennen sind kopula torisch umge bildet; die zweite Antenne und die Mundgliedma13en weisen keine Besonderheiten auf. Dm; erste Beinpaar weicht VOll clemjenigen des W eibchens insofern ab, ais d::t.s erste Glied des Enclopocliten langer ist und das Endc des clritten Gliecles des Exopoditen erreicht, aber nie Ÿberragt. Der Dorn an cler Fig. 3. Nitocra divwica;tn fŸnftos Beinpaar. inneren distalen Ecke des Basopocliten ist umgewandelt. Er gleicht clemjenigen von N. hibernica. Das folgenclc, zweite Beinpaar ist demjenigen des Weibchens gleich gebaut; ein ldeiner Unterschied zeigt sich hingegen in der

PAGE 7

5HJ Ausbildung des dritten Beinpaares (Fig. '1). Die auf der AuLlenseite des ˆ'eiten und dritten Gliedes des Endopoditen sich finclenden Wimpern des Weibchens 'Sind beim Miinnchen zn kleinen Chitinzahnen umgebildet worden, so daLl an der clieser Glieder eine Art Serra entsteht; dann ist der a pikale Do rn beim l\:Iiinnchen stark er ausgebildet und ein bischen gege11 Jie Innenseite gekrŸmmt und die apikale BorHte viel Heiner ltli; elie 8uhapikale, die ihrerHeitl' Hehr groLl geworden ist. Das fŸnfte Beinpaar ist im allgemeinen demjenigen des w eibchens almlich, nur iHt der in nere Teil des Basalgliedes weniger vorgezogen; die dort inHerierenden fŸnf Borsten zeigelt keine gro13en LiingemmterHchiede und das Enllglied triigt r-;tatt vier Aid3eurandund zwei Apikalborsten mtr drei Anl3enrand-, zwei Apikalund eine Innenrandbor:;te. JJaH :-;ogenannte Kechste FuLlpaar besteht aus einem mit drei grol3en Borr-;ten versehenen Rocker mld einer anf der Vent.rah;eit.e clc3 Regmentes sich findendcn Chit.inlamelle. Nocra dt:varicata mul3 in SiebenbŸrgen selu verbreitet :-;eiu; bi:; jet.zt wurde :;ie auf Astacus flu.viatilis a us eincm klcincn Bache, der die Hohlc von Paru:;; pe:;;ter im Judetz Hunedoara durchfliel3t, gefnnden, und auch anf solchen, die au:; dem Somei;lflusHc hei Cluj (Klausenbmg) ;;tammen. In beiden Fiillen lehten diese Harpaetieiden in grol3er Anzal1l auf den Flnl.lkrebr-;eu, wiihrenddem :-::ie in dem offenen Gewiisser nicht zn fimlen waren. Das Vorkommen der .Art. alHo an das Vorkonunen der-; Flul3krehses gPbmtden zu sein. Es stellt sich llllll die Fra ge: ist N. cl iwricata ein Pmasit oder ein Kommensale des Da:-; letztere ;;cheint das 'Vahrscheinlichcre zu sein, Llenn Parasiti;;mns wiinle doch inunerhin gewisse UmŸndenmgen der Antem1en / Fig. 4. Nitocra diwricala. Ž), Endopodit des dritten Beinpaares. oder Mundglicdmailen herYorrnfen. Die;;e Glieclmailen ;;iml aber bei unserem Harpacticiden su atmgebil
PAGE 8

520 wenn man beenkt, daf3 viele W eibchen Eisackchen trugen und elie sich auf eine Hingere Zeitspam1e crstreckten. Analog wie bei vielen parasitisch lebenclen Copepoden winl clic Vcrbreittmg der Art in den ersten Jngendstaclien vot sich gehen. Der nachste Verwandte von N. divaricata ist N. hibernica. Beide Arten haben so viel gemeinsame Merkmale m Bau der Beinpaarc, da13 es sehr wol1l moglich ist, daJ3 dia erstere Art aus der zweiten hervoregangen ist. N. hibernica kommt in den Gewasseru des Donaubeckens vor; sc fand sie PESTA in der alten Donan bei Wien, RICHAim 1891 im Balatonsee 1 ), ancl1 ist sie, wie ich mich ofters Ÿberzeugen komite, iw Donaudelta bei Sulina sehr haufig zn finde11. Ein morphologisch kleiner, aber phylogenetisch ;;elll' wichtiger Unterschied zwischen N. divaricata und N. llibernica ist der sexuelle Dimorphismus, der sich beim dritten Beinpaar des Mannchem; der ersteren Art zeigt, der aber bei der letzteren nicht zu finden ist. Es ist dies ein Hinweis darauf, dall N. divmica.ta die jŸngere Art isli und daf3 die Tendenz, den Endopoditen des dritten Beinpaares des Mannchens kopulatorisch umzubilden, auch beim Gemts Nitocm vorhanden ist. Hoffentlich wird diese kleine Notitz andere Sammler dazu anspornen, auch ihrerseits Astacus-A.rten auf ihre Parasiten und Konuuensalen hin zu untersuchen, mn so mein nicht nur Harpacticiden, ;;ondern auch noch andere Tiere zn dieser interessanten J,ebensgemeinschaft gehŸren. 1) Der von DADAY erwahnte O. ltibernicus BuADY au:; dem Balat;on (Resul tate der wisscnsehaftliehen Erforselmng des Balatonsees. \Vien 1877. Bd. 2. Teil I. S. 168) ist., wie ich mich an Hand der Originalpriiparate Ÿberzcugen konnte, nicht zu dieser Art geliiirig, er ist Ÿberhaupt keine Nitocm-Art. O. lentaculatus DAD. hingegen, der in der gleichen Arbeit beschrieben wŸd, kiinnte wohl eher N. hibemica sein; auf alle Falle ist O. tentaculatus, olnvohl nicht identifizierbar, weil zu schlccht beschrieben, doch immerhin cine Nitocra-Art.


Description
Download individual sections:
Table desMatires du tome Il.(615 pages, 523 figures, 2
planches) --
Numro 26. E. G. RACOVIT Speologia. Rostul i
nsemntatea acestei tiinti sintetice. Diseurs rostit in
sedinta solemn din 13 Iunie 1926, cu rspuns de Dr. Gr.
Antipa (Academia Romn, Bucureti, Discursuri de receptiune
No. LXI, 62 p. Paru le 15 Octobre 1926). Note: file
LISC/26-48/26.pdf is not available.
Numro 27. R. JEANNEL Revision des "Choleva" Latreille
pour servir l'histoire du peuplement de l'Europe.
(L'Abeille, Paris, t. 32, p. 1-160, 237 fig. Paru le 15
Dcembre 1923). Note: file LISC/26-48/27.pdf is not
available. --
Bathysciine nouveaux de l'Italie.(Societ Entomologica
ltaliana, Genova, Anno 56, No. 4, p. 49-62, 19 fig. Paru le
10 Avril 1924. / Numro 28. R. JEANNEL
Diagnoses des genres Asellus et Stenasellus et description de
deux Stenasellus nouveaux.(Note prliminaire) (Bull. Soc.
Sciences, Cluj, t. 2, 26 partie, p. 81-92, 14 fig. Paru le
15 Juiliet 1924). / Numro 29. E. G. RACOVIT
Sur quelques Harpacticides de la Nouvelle-Guine et de
Patagonie.(Bull: Soc. Sciences, Cluj, .t. 2, 2 partie, P
96-103, 5.fig. Paru le 10 Aot 1924). / Numro 30. P. A.
CHAPPUIS.
Notes sur les Isopodes.- 12. Morphologie et morphognie des
plopodes I et II des femelles des Asellides.(Arch. Zool.
exper. et gnr., Paris, t. 62, Notes et Revue, No. 2, p.
35-48, fig. 152-158. Paru le 1 Octobre 1924). / Numro 31.
E. G. RACOVIT.
Coloptres nouveaux de Catalogne.(Trabah. Mus. Cienc.
Natur. Barcelona, t. 4, No. 8, 18 p., 8 .fig. Paru le 25
Avril 1924). / Numro 32. R. JEANNEL
Risultati scientifici della spedizione Ravasini-Lona in
Albania. VIII. Carabidae, Trechinae.(Boll. Soc.
Entomologica Italiana, Anno 57, No. 2, p. 23-25. Paru le 25
Fvrier 1925). / Numro 33. R. JEANNEL
Sur les Coppodes et les Syncarides des eaux souterraines de
Cluj et des Monts Bihar.(Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. 2,
2 partie, p. 157-182, 47 fig. Paru le 18 Mars 1925). /
Numro 34. P. A. CHAPPUIS
Notes sur les Isopodes. 13. Morphologie et phylognie des
Antennes II. A. Le Fouet.(Arch. de Zool. exper. et
gnr. Paris, t. 63, p. 533-622, fig. 159-210. Paru le 15
Mars 1925). / Numro 35 E. G. RACOVIT
Sur les homologies des articles de la patte des
Insectes(Arch. de Zool. exper. et gnr. Paris, t. 64,
Notes et Revue, No. 2, p. 37-55, 14 fig. Paru le 22 Avril
1925). / Numro 36. R. JEANNEL
Morphologie de l'lytre des Coloptres adphages.(Arch.
de Zool. exper. et gnr. Paris, t. 64. p. 1-84, 65 fig., pl.
1-2. Paru le 30 Mai 1925). / Numro 37. R. JEANNEL
Premier supplment la monographie des
Bathysciinae(Arch. de Zool. exper. et gnr. Paris, t.
64, Notes et Revue, No. 3, p. 71-77, 5 fig. Paru le 30
Octobre 1925). / Numro 38. R. JEANNEL
Sur un Niphargus des eaux souterraines de Bulgarie(Bull.
Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2 partie, p. 1-6, 18 fig. -
Paru le 25 Fvrier 1926). / Numro 39. L. FAGE.
Parabathynella stygia n. g., n. sp., nouveau Crustac
cavernicole de la Serbie orientale(Description
prliminaire) (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2 partie,
p. 7-7-10, 7 fig. Paru le 25 Fvrier 1926). / Numro 40. P.
A. CHAPPUIS
Les Duvalius oculs des Carpathes et des massifs de refuge
des Alpes mridionales.(Bull. Soc. Sciences, Cluj, t.
III, 2 partie, p. 11-22. Paru le 25 Mars 1926). / Numro
41. R. JEANNEL
Nouveaux Duvalius de Roumanie (Coleoptera Trechinae), (Note
prliminaire)(Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2e
partie, p. 23-24. Paru le 25 Mars 1926). / Numro 42. R.
JEANNEL
Nouveaux Duvalius de Transylvanie(Bull. Soc. Sciences,
Cluj, t. III, 2 partie, p. 25-28. Paru le 30 Avril 1926).
/ Numro 43. R. JEANNEL
Le genre Anophtalmus Sturm(Bull. Soc. Sciences, Cluj, t.
III, 2 partie, p. 29-64, 19 fig. Paru le 31 Mai 1926). /
Numro 44. R. JEANNEL
Quelques donnes sur le peuplement de la Corse et de la
Sardaigne.(Compte Rendu de l'Ass. Franaise pour l'Av.
des' Sciences. Session de Grenoble 1925. Section de
Biogographie,. p. 750-753, Paru en Juin 1926). / Numro
45. R. JEANNEL
La distribution gographique des "Aepus" Coloptres.
submarins.(Compte Rendu somm. Soc. de Biogographie,
Paris, IIIe Anne, No. 21, p. 39-41, 1 fig. -Prsent le 21
Mai 1926). / Numro 46. R. JEANNEL
La distribution des Trechodes, une ligne de Coloptres
Gondwaniens(Compte Rendu somm. Soc. de Biogographie,
Paris, III Anne, No. 22, p. 51-54, 1 fig.-Prsent le 18
Juin 1926). / Numro 47. R. JEANNEL
Harpacticiden aus der Kierrienhhle des
Flusskrebses(Arch. fr Hydrobiologie, Stuttgart, Bd. 17,
Heft 3, p. 515-520, 4 fig. Paru en Octobre 1926). / Numro
48. P. A. CHAPPUIS
Index des espces dcrites(6 pages). / Index. P. A.
CHAPPUIS et R. JEANNEL



PAGE 1

\' L:UCR,RILE INSTITU TUtUi DE SPEOLOGIE DIN CLUJ ..:..__ - __..; l 1 "TPM'U U II. / > :t, .V'\ 1 (N PI: 2 : rix) 80 leur aur or) (! 1927. \ \ '\ :

PAGE 2

LUCRARILE 1NSTITUTULUI DE SPEOLOGIE DIN CLUJ TRAVAUX DE L'INSTITUT DE SPƒOLOGIE DE CLUJ

PAGE 3

.., LUCRARILE INS'riTUTULUI DE SPEOLOGIE DIN OLUJ 'T R A V AU X D E L I N S'L' I 'rU '1 1 D E S P ƒ 0 L 0 G I E D E GLUJ TOMUL II. (NRE 2648 ) 1924:-192{) CLU.J ƒDITION DE L'INSTITUT DE SPƒOLOGIE STRADA MIKO, No 5, CL U J, (R 0 U M AN I E) Pretul (Prix) 30 lei am (francs or) 1827.

PAGE 4

T a b 1 e d e s M a t 1  r e s d u t o rn e Il. (615 pages, 523 figures, 2 planches). NumŽro 26. G RACOVITl. Speologia. Rostul ”nsemniitatea acestei sintetice . Diseurs rostit ”n sedinta solemna din 13 Iunie 1926, cu riispuns de Dr. Gr. Antipa (Academia Rom‰na, Bucurefti, Dis1 cursuri de receptiune No. LXI, 62 p. -Paru le 15 Octobre 1926). NumŽro 27. 'R. JEANNEL. Revision des Choleva" La treille pour servir ˆ l'histoire du peuplement de l'Europe. (L'Abeille, Paris, t. 32, p. --160, 237 fig . Paru le 15 DŽcembre 1923). NumŽro 23. ;fu JEANNEL . Bathysciinˆe nouveaux de l'Italie. (Societˆ Entomologica ltaliana, Geno v a, Anno 56, Nq. 4, p. 49--62, 19 fig. Paru le 10 Avril 1924. NumŽro 29. :
PAGE 5

VI TABLE DES MATIRES NumŽro :u. E. G. RAcoviTZA.Notes sur les Isopodes.12. Morphologie et morphogŽnie des plŽopodes I et II des femelles des Asellides. (Arch. Zool. exper. et gŽnŽr., Paris, t. 62, Notes et Revue, No. 2;_ p. 35-48, fig. 152-158. Paru le 1 Octobre 1924). NumŽro 32. R. JEANNEL. ColŽoptres nouveaux de Catalogne. (Trabah. Mus. Vienc . Natur. Barcelona, t. 4, No. 8, 18 p., 8 fig. Paru le 25 Avril 1924). NumŽro 33. R. JEANNEL. Risultati scientifici dena: spedizione Ravasini-Lona in Albania. VIII. Carabidae, Trechinae. (Boll. Soc. Entomologica Italiana, Anno 57, No. 2, p. 23-25. Paru le 25 FŽvrier 1925). NumŽro 3!. P. A. CHAPPUIS. Sur 1eR CopŽpodes et les Syncarides des eaux sou-terraines de Cluj et des Monts Bihar. (Bull. Soc. Sciences, Cluj,_ t. 2, 2e partie, p. 157-182, 47 fig. Paru le 18 Mars 1925). NumŽro 8;), E. G. RACOVITZA. Notes sur les Isopodes. 13. Morphologie et phylogŽnie des Antennes II. A. Le Fouet. (Arch. de Zool. exper .. et gŽnŽr. Paris, t. 63, p. 533-622, fig. 159-210. Paru le 15 Mars 1925). NumŽto 31l. R. JEANNEL. Sur les homologies des articles de la patte des Insec-tes (Arch. de Zool. exper. et gŽnŽr. Paris, t. 64, Notes et Revue, No. 2, p. 37-55, 14 fig. Paru le 22 Avril 1925). :li'. R. JEANNEL. Morphologie de l'Žlytre des ColŽoptres adŽphages. (Arch. de Zool. exper. et gŽnŽr. Paris, t. 64. p. 1-84, 65 fig.,. pl. 1-2. Paru le 30 Mai 1925). NumŽro 38. R. JEANNEL. Premier supplŽment ˆ la monographie des Bathysciinae (Arch. de Zool. exper. et gŽnŽr. Paris, t. 64, Notes et Revue, No. 3,. p. 71-77, 5 fig. Paru le 30 Octobre 1925).

PAGE 6

TABLE DES MATIRES VII NumŽro 39. L. FAGE. Sur un Niphargus des eaux souterraines de Bulgarie (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2¡ partie, p. 1-6, 18 fig. Paru le 25 FŽvrier 1926.). NumŽro 40. P. A. CMAPPUIS. Parabathynella stygia n. g., n. sp., nouveau CrustacŽ cavernicole de la Serbie orientale (Description prŽliminaire) (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2 ¡ parti, p. 7 _:__ 10, 7 fig. Paru le 25 FŽvrier 1926). NumŽro 41. R. JEANNEL. Les Duvalius oculŽs des Carpathes et des massifs de refuge des Alpes mŽridionales. (Bull. Soc. Scimces, Cluj, t. III, 2¡ partie, p. 11-22. Paru le 25 Murs 1926). NumŽro 42. R. JEANNEL. Nouveaux Duvalius de Roumanie (Coleoptera Trechinae), (Note prŽliminaire) (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2 e partie, p. 23-24. Paru le 25 Mars 1926). NumŽro 43. R. JEANNEL. Nouveaux Duvalius de Transylvanie (Bull. Soc. Sciences Cluj, t. III, 2¡ partie, p. 25-28. Paru le 30 Avril 1926). NumŽro 44. R. JEAN:"EL. Le genre Anophtalmus Sturm (Bull. Soc. Sciences, Cluj,. t. III, 2¡ partie, p. 29-64, 19 fig. Paru le 31 Mai 1926). NumŽro 45. R. JEANNEL. Quelques donnŽes sur le peuplement de la Corse et de la Sardaigne. (Compte Rendu de l'Ass. Franaise pour l'Av. des' Sciences. Session de Grenoble 1925. Section de BiogŽographie,. p. 750-753, Paru en Juin 1926!. Numl>ro 41t R. JEANNEL. La distribution gŽographique des ,Aepus" ColŽoptres. submarins. (Compte Rendu somm. Soc. de BiogŽographie, Paris, III e AnnŽe, No. 21, p. 39-41, 1 fig. PrŽsentŽ le 21 Mai 1926).

PAGE 7

VIII TABLE DES MATIRES NumŽro 4:7. R. JEANNEL. La distribution des Trechodes, une lignŽe de ColŽoptres Gondwaniens (Compte Rendu somm. Soc. de BiogŽographie, Paris, IIP AnnŽe, No. 22, p. 51-54, 1 fig.PrŽsentŽ le 18 Juin 1926). NumŽro 48. P. A. CHAPPUIS. Harpacticiden aus der Kierrienh™hle des Flusskrebses (Arch. fŸr Hydrobiologie, Stuttgart, Bd. 17, Heft 3, p. 515520, 4 fig. Paru en Octobre 1926). Index. P. A. CHAPPUIS et R. JEANNEL. Index des espces dŽcrites (6 pages).

PAGE 8

A V A N 'l' P R 0 P 0 S . Les raisons d'tre, et la signification, des ,Travaux de l'Institut de SpŽ -ologie" sont exposŽes dans la prŽface du premier volume de cette publication; le lecteur curieux pourra y trouver aussi une allusion indiscrte sur la crise provoquŽe par le pullulement des pŽriodiques scientifiques et une classification de ces pŽriodiques en : lŽgitimes, illŽgitimes et utiles, '!es derniers Žtant reprŽsentŽs par des collections de tirages-ˆ-part de travaux dŽjˆ publiŽs ailleurs et qui rendent des services semblables ˆ ceux que procurent les ainsi nommŽes Collections de travail", les Handapparate" des Allemands. C'est dans cette demire catŽgorie qu'il faut classer la prŽsente publication. Ce seeond volume est formŽ par vingt trois travaux qui portent !es numŽros 26 ˆ 48. Il dŽbute par une dissertation sur ,La SpŽologie, la signification et l'importance de cette science synthŽtique". Cette disserta ti on est un discours acadŽmique, ce qui n 'est pas par consŽquent une bonne recommandation auprs de la dientle habituelle des recueils scientifiques, qui professe que ces ma nifestations protocolaires sacrifient par trop le fond ˆ la forme et l'originalitŽ ˆ la tradition. Le verdict peut paraitre on doit cependant convenir qu'en gŽnŽral il est mŽritŽ. Il n'est d'ailleurs pas exclu qu'il ne puisse y avoir des exeptiuns et c'est justement ce qui pourrait, semble-t-il, se soutenir dans le cas prŽsent; je plaide donc ici, en sa faveur, des circonstances attŽnuantes et cela d'autant plus qu'il est Žcrit en une langue peu rŽpandue. On m'excuse1;a si je m'Žtend plus longuement sur son contenu et si je me permet de p1Žveilir les curieux des choses de la nature qu'ils y trouveront, outre de nobles ct rituelles paroles, aussi quelques gŽnŽralisations scientifiqut>s, sinon tout-ˆ-fait neuves du moins prŽsentŽes sous un aspect jusqu'ˆ un certain point inŽdit et dŽveloppŽes dans des directions non habituelles, qu'ils trouveront par consŽquent des manires de voir qui sont le fruit des expŽl'ences et des mŽditations de deux vieux et fervents sectateurs de l'histoire naturelle. Les grands traits de l'histoire de la SpŽologie ont prŽoccupŽ ANTIPA, qui insiste aussi sur les caractres et l'imporlance des disciplines ,synthŽtiques" ainsi que sur le r™le considŽrable que l'avenir leur rŽserve. RACOVITZA aborde, au cours de son exposŽ, plusieurs questions gŽnŽrales de biologie el de l'histoire des sciences; quelcrues unes seulement seront signalŽes ici.

PAGE 9

x A V AN').'PROPOS L'auteur s'Žlve contre la faon dont la notion ,Adaptation" est en gŽnŽral conue et dŽfinie, c'est-ˆ-dire sous la forme ,statique" que produirait un Žquilibre supposŽ ,parfait". Au contraire, ce concept doit se concevoir sous la forme ,dynamique", sous celle d'une ,tendance" jamais compltement le mot ,.tendance" bien entendu, Žtant pris dans son sens mathŽmatique et. non dans l'acception tŽlŽologique. L'adaptation, d'autre part, ne reprŽsente pas une relation simple entre deux phŽnomnes: action du milieu externe et rŽaction de l'tre vivant, mais des cha”nes de causes et d'effets, des rŽsultantes d'interfŽrences multiples, productrices de nouveaux facteurs ,adjuvents" ou ,contrariants" qui compliquent. considŽrablement le phŽnomne. Le facteur ,.contrariant" le plus important est la constitution d'un ,milieu interne" de mieux en mieux dŽfendu contre l'influence des facteurs primaires du milieu externe. Il n'existe d'ailleurs plus actuellement d'tre vivimt ˆ milieu interne con':t.-. pitement. permŽable ˆ ces influences et l'on peut poser en principe que la. perfection de l'organisaon d'une biote se mesre pa r1 e d e g r Ž d s o n i n d Ž p e n d a n c e v i s -a -v _i s d u m i l i e u e x .. te r n e. Si l'on absolument a dŽfinir le concept suivant les us mathŽmatiques, donc ˆ le shŽmatiser en paroles de faon simpliste, qu'on fasse 1 'tenir dans la dŽfinition au moins les notions suivantes: L'adaptation st la tendance, jamais compltement rŽalisŽe, des tres vivˆnts. d'aboutir ˆ l'Žquilibre compensateur parfait entre l'action du milieu externe et, la rŽaction consŽcutive de leur organisme, cr,mbinŽe ˆ celle dP. se soustraire complteme.r;lt ˆ l'influence du milieu externe par l'isolement du milieu interne. MalgrŽ sa complexitŽ, l'adaptation doit tre considŽrŽe comme Je plus. ,simple" des phŽnomnes Žvolutifs. C'est par consŽquent par les phŽnomnes adaptatifs que devrait tre actuellement abordŽe l'Žtuqe expŽrimentale de l'Žvolution. Reste ˆ choisir les facteurs ˆ expŽrimenter et la victime destinŽe ax. expŽriences: il est de multiples raisons pour rŽserver cette (si j'ose dire) fa; veur aux troglobies et au milieu souterrain. Sans compter que, dans ce milieu, DamA Nature a instituŽ des expŽriences simplistes relativement faciles ˆ dŽchiffrer, ˆ suivre ou ˆ modifiE-r, et cela depuis des millŽnaires, immense avantage puisque dans ce cas il est compte du facteur temps", que nos biomŽcanistes traitent, hŽlas (pour eux), de quantitŽ parfaitement nŽgligeable. Plus loin sont sommairement rectifiŽes un certain nombre d'idŽes tra.. ditionneUes sur le milieu souterrain, comme par exemple celle si erronŽe de la ,,constance" dJs facteurs primaires -agissant dans ce milieu, et l'autre non. moins fautive de la pauvretŽ des populations cavernicoles en individus et en espces. Le problme des ,relictes" est par contre traitŽ avec certaine II est protestŽ d'abord contre la portion. congrue que l'opinion scientifi
PAGE 10

.A V ANT.;PROPOS XI  tres actuellement vivants sont ŽtudiŽs par les botanistes et les espces de naturalistes spŽcialement crŽŽes pour cet usage tandis que l'Žtud& d-es fossiles est confiŽe aux: palŽontologistes, espces qui dŽrivent des gŽolo- gues. D'o cette prophŽtie, peut tre irrespectueuse: lorsque la taxonomie sera ce qu'elle doit tt:e, c'est-ˆ-dire de la phylogŽnie appliquŽe, et lorsque les zMlogistes et botanistes auront la permission, et la curiositŽ, d' Žtudier les fossiles, ou bien encore lorsque les palŽontologistes descendront des zoologistes et botanistes, le nombre des relictes reconnus comme tels s'accro”tra trs sensiblement. Quoiqu'il en soit, on peut dŽjˆ affirmer que les relictes constituent une portion importante de la population actuelle du globe et - tes plus infŽrieurs en organisation. Par contre la proportion des relictes diminue ˆ mesure que l'on inventorie une Žpoque gŽologique plus ancienne. Le nombre de relictes produits par une lignŽe est proportionnel (approximativement). ˆ l'Žtendue des aires gŽographiques successives occupŽ es dans les diverses pŽriodes de son histoire et inversement proportionnel (approximativement) ˆ la sp Ž ci.alisation de ses organes, ou autrement dit: ˆ l'intensitŽ de son adaptation ˆ un milieu spŽcialisŽ D'autres lois" concernant les relictes pourraient d Žjˆ s' Žn once! mais leur exposŽ est rŽservŽ pour une autre occasion; il est : utile cependant de spŽcifier pou1 la gouverne des c onfrres imbus d'esprit et de mŽthodes mathŽ. maliques, que les dites lois sont simplement la schŽmatisation par le verbe de la sŽriation de phŽnomnes en Žternel devenir, comme du reste toutes les autres lois de la Biologie qui n'est pas MathŽmatique, tr s heureusement pour la bonne exploitation du bon sens, si prŽcieuse mais relativement si rare qualitŽ de l'espce humaine. Il est dŽmontrŽ ensuite, par des exemples, quels prŽcieux mat Ž riaux d'Žtudes ces relictes, vŽritables ,fossiles vivants '', fournissent ˆ toutes les disciplines biologiques et notamment ˆ la phylogŽnie; quels points de re. pres d'inapprŽciable valeur ils constituent lorsqu'on essaye de dŽbrouiller le rŽseau intriquŽ des filiations et comment ils fournissent en mme temps les plus sO.rs jalons pour dresser les cartes palŽogŽographiques. Pour expliquer c e qu'est la spŽologie, il faut au moins eflleure1 la ques. tion de ses rapports avec les autres science s et par consŽquent c elle de leur groupement par affi nit Ž s. On est ainsi amenŽ ˆ insister sur l'importance de distinction qu'il faut Žtablir, parmi l es sci ences naturelles, entre les disciplines ,analytiques", nommŽes gŽnŽralement "fondamentales" et qui ne sont que la systŽmatisation de cat Ž gories populaires primitives, et les ,synthŽtique s n Že s depuis peu suivant un plan tout diffŽrent. Le programme des sciences synthŽtiques comporte, en effet, l'Žtude d'une portion complte du globe, avec tout. son contenu d'entitŽs matŽrielles et de facteurs ŽnergŽtiques. Plus une science synthŽtique se dŽveloppe, et plus ses mŽthodes et ses rŽsultats tendent ˆ de. venir encyclopŽdiques, circonstances Žmine mment favorables ˆ l' Žclosion de gŽnŽrali s ations scientifiques fructueuses.

PAGE 11

XII A V ANT-PROPOS Les disciplines synthŽtiques, 'dont fait partie la SpŽologie, s'optJosent dorrc aux analytiques qui sont fatalement destinŽes ˆ se spŽcialiser de plus en plus Žtroitement, ˆ s'isoler de plus en plus compltement, en transformant leurs sectateurs exclusifs en abstracteurs de quintessence. Il est prophŽtisŽ, avec un optimisme que le passionnant intŽrt du sujet tlxcusera, que du pratiquant des sciences synthŽtiques rena”tra l'encyclopŽdiste que J'on considŽrait comme dŽfinitivement disparu depuis l'Žpoque de la renaissance. Ce sera bien entendu un nŽo-encyclopŽdiste, ˆ programme bien moins vaste que son ˆ tout jamais dŽfunt prŽdŽcesseur, mais nŽanmoins pourvu de la mme soif de synthses, de vues d ensemhle, de doctrines plus compltes et plus unitaires, qui tourmentait l'ancien. C'est donc au ,synthŽtiste qu est rŽservŽe la gloire de faire revivre dans les auditoires en ciment arm Ž des Universits futures, l'enseignement que les philosophes antiques donnaient sous les portiques en pierres divinement sculptŽes, enseignement par lequel se formrent les personnalitŽs qui furent les plus marquantes parmi les Žlites des civilisations mŽditerranŽennes et mme de toutes les autres civilisations, c'est-ˆ-dire cet enseignement rŽalisant l'Žducation complte et "humaine" du corps, de l'‰me et de l'esprit qui fut Ill but de l'universitŽ antique et qui ne fut plus rŽalisŽ depuis. La plupart des autres numŽros inclus dans ce volume sont consacrŽs ˆ la taxonomie des CopŽpodes, des Amphipodes, des Isopodes et surtout 'des ColŽoptres, en majeure pattie cavernicoles, ou ayant des affinitŽs avec la faune souterraine. IntŽressante ˆ signaler est la dŽcouverte par CHAPPUIS (No 40) d'une forme gŽnŽrique nouvelle de Bathynellide, ce trs ancien groupe de relictes. La revision des Choleva (No. 27) par JEANNEL est un essai de taxonomie ,scientifique" rŽpondant ˆ la conception moderne de cette science, conception hŽlas! non encore admise par la trs grande majoritŽ des descripte'urs d espces mais pour laquelle luttent depuis vingt ans les Žollaborateurs de Biospeologica. Les Choleva sont donc considŽrŽs comme des ,phŽnomnes historiques" et non pas uniquement actuels, par consŽquent leur revision est tent Ž e non seulement du point de vue morphologique, mais aussi phylogŽnique, et leur distribution gŽographique est reliŽe ˆ leur histoire. Enfin, sont ˆ signaler quatre mŽmoires de morphologie, basŽs sur les principes depuis longtemps prŽconisŽs dans Biospeologica, c'est-ˆ-dire sur l'Žtude comparŽe des organes dont on dŽsire expliquer la formation et dŽcouvrir l'origine, mais ˆ 1' i n t Ž r i e u r d e 1 i g n Ž e s h o m o g  n e s. Cette conception rŽpudie la pratique courante qui prŽtend lŽgitimement comparer des phŽnomnes n'ayant aucune relation gŽnŽtique entre eux en s'imaginant ainsi raccourcir la durŽe fatale des 1echerches, espŽrant ainsi supprimer des stades fatidiques du dŽveloppement scientifique, au grand dam de la valeur des rŽsultats, et mme du temps inutilement perdu, puisqu'une erreur introduite dans la science demande souvent un temps trs long pour tre ŽliminŽe; l'eneur d'ailleurs aiguillonne nombre de recherches sur de fausses pistes. La lŽgitimitŽ de ces observations para”tra, je l'espre, dŽmontrŽe par les quatre travaux dont il est question (No. 31-35-36-37). Le premier m{moire fixe de facon dŽfinitive la morphologie des plŽo

PAGE 12

A V ANT-PROPOS XIII podes 1 et II des Asellides et par consŽquent Žclaircit l'histoire de ces organes chez les autres Isopodes. Le second apporte pour la premire fois des notions prŽcises sur la structure et le mode de dŽveloppement du fouet de l'antenne II des mmes Asellides ; il indique aussi le point de vue nouveau sous lequel doivent tre ŽtudiŽs les fouets des antennes des autres CrustacŽs. L'homologie de la patte dŽs Insectes est envisagŽe dans le mŽmoire 36 par JEANNEL d'un point de vue certainement plus voisin de la rŽalitŽ, et la dŽcouverte de la persistance du dactylos chez ces animaux est un fait trs. ifuportant pour l'anatomie comparŽe et la ph ylogŽnie de cos apendices. La mme chose peut se dire du mŽmoire 37 dans lequel JEANNEL Žtudie la morphologie des Žlytres des ColŽoptres adephagŽs. L'auteur traite cette .question suivant les mmes mŽthodes et les mmes principes ; les rŽsultats obtenus dŽmontrent que la voie suivie est la bonne. Le troisime volume des Travaux de l'Institut de Spologie est en cours de publication mais son apparition n'aura lieu qu'en 1928. E. G. RACOVITZA.



PAGE 1

INDEX INDEX DES ESPCES DƒCRITES 'l'ra v. Inst. SpŽol. 1'. Il. Ind ex,

PAGE 2

TRAVAUX DE L'INSTITUT DE SPƒOLOGIE DE CLUJ TOME Il. INDEX DES DEURI'rES par P. A. Chappuis et R. Jeannel Le volume est composŽ de vingt-cinq tmvaux (NumŽros 26 n 48) parus dans d-ive1ses 1evues et ayant gardŽ leur payinalion o1iginelle. Deux indications sont donc nŽcessaires pom chaque renvoi de l'Index. 1. -Un chiffre arabe, en caracii-res gras, ind1uant le numŽro du mŽmoi1e. 2. Un chiffre ambe. en caractres courants, indiquant les pages. L'index mentionne toutes les espces nourel!es, et les espces 'ˆ l'exlusion des espces simplement citŽes sans commentaires. Les desc1iptions accompagnŽes de (igu1es sont signalŽes par l'ab?Žviation: Jig. COPEPODA aquaeductus, n. sp. (Parastenocaris), 34. 178 (fig.) hiseriulis (Canthocamptus), 34. 164 (fig.). hrevipes (Moraria), 34. 174. ]Jrevisetosa (Viguierella), 30. 98. 101 (fig.). Cantbocamptus (genre), 30. 100.-34. 162. Clujensis, n. sp. (Parastenocaris), 34. 181. !'I'l'l1Ulatus (Canthocamptus), 30. 100 ( fig .) Cyelops (geme), 34. 159. ˆacicus (Canthocamptus), 34. 163. Dadayi, n. sp. (Canthoeamptus), 30. 102 (fig.). Deitersi (Godetella), 30. 103 (fig.). eminutus, n. subsp. (Cyclops), 34. 162. ˆivaricata (Nitocra), 48. 516 (fig.). Epactophanes (genre), 30. 97. Godetella (genre), 30. 103. hamatus (Canthocamptus), 34. 164 (fig.). hirta (Nitocrella), 34. 174. Horvathi, n. sp. (Canthocamptus), 30. 100 (fig.). l(ieferi, n. sp. (Cyclops), 34. 159 (fig.). longisetosus (Canthocamptus), 30. 103. minuta, n. sp. (Pal'astenocaris), 34. 182 (fig.). Moraria (genre), 34. 174. muscicola (Epactophanes), 30. 97. nana, n. sp. (Parastenocaris), 34. 180 (fig.). Nitocra (genre), 48. 516. Nitocrella (genre), 34. 174. Parastenocaris (genre), 34. 174. phreaticus, n. sp. (Canthocamptus), 34. 169 (fig.). putealis, n. sp. (Canthocamptus), 34. 171 (fig.).

PAGE 3

4 INDEX rcdu<"tus, 11. sp. (Cyclops), 34 161 (fig.). spelaeus, n. sp. (Canthocamptus), 34. 165 (fig.). stygi u s (Cyclops), 34. 161. lyphlops (Canthoramptus), 34. Hi:? (fig.). Vig u ierena (genre), 30. 98. SYNC ARIDA l'aml.Jathynl'llu, n. gen. 39 7. stygia, n. sp (1-'atalmthynclla), 39 7 (fig.). AMPHIPODA Burcs<"hi 11. sul.Jsp (Niphargus Plal eaui), 39. 1 (fig.). ISOPODA aquat.icus (Asellus), 35. 572 (fig.). Ascllus (genre), 29. 83 ilanyulensis (Asellus sp. aff.), 35. 569 (fig.). Breuili, n. sp. (Stenasellus), 29. 86 (fig ). <"avaticus (Asellus), 35 564. 613 cavcrnicolus, n. subsp. (Asellus aquaticus) 35. 570. 573 (fig-.). rommunis (Asellus), 35. rm; (fig.). roxR.lis (Ase llu s), 35. !">66. (fig.). Deh r ugei (Spelaeoniscus), 26. ::'9. c ijorgjev i ci, n. sp (Stenasellus), 29. 90 ( f ig.) 35. 544 (fig.). Ilclcnac (Eleonisrus), 26. :w. hypogeus (Asellus), 35. 564 marrurus (Manrasellus), 35. ;,:..:c; (fig.) meridianus (Asellus), 35. 5ti8 Peyerimhoffi (Asellus coxalis), 35. 568 (fig.) spelaeus (Asellus), 35. 564 St enasellm: (geme), 2 9. R4. stygia (Caeridot.hea), 35 !'1RO ( fi g. ;. tNiax (Mancasellus), 3 5 584 (fii!'.)Vitei (Stenasellus), 29. 85 (fig.). 31. 37 (fig.). 35. :J-46 ( fi g-.). COLEOP TE RA adamellensis, n subsp (Duvalius), 41 20. aemiliana, n. subsp. (Bathysciola) 28. 54. Aepini (tribu), 46. 39. agilis (Choleva), 2 7 12 32. 39. (fig.). 143. ajdovskanus (Anophthalmus), 44 3!t 54 (fig-.). Alphonsi (Anophthalmus), 44. 51. amhlygonus, n. subsp. (Duvalius), 43. 27. Angt>li, n. sp (Bathysriola), 28. 52 angistrina (Choleva) 27. 41. 136 (fig.). 14:? ang u stata (Choleva), 27 37. 42. 108 (fig.). 147. Anisoscapha (geme), 38 73. Anophthalmus (geme), 44. 29 .\phaobius ( g-c mc), 38. 72. ap11ana. n sp. (Parabathyscia), 28. 55 (fig.) i\ugustalisi (Choleva), 27. 137 :wetonensis, n. subsp. (Parabathysria), 28. 57. haldensis (Duvalius), 41 20. Bamevillei (Choleva), 27 1!,). 32 3!J. 73 (fig.). 144. Bathysciola (genre), 28. 49. 32 11. Bedeli, n. sp. (Choleva), 27 32. !li (fig.). Bernhaueri (i\nophthalmus) 44. 3:2. 38 (fig.). hicolor, n. sp. (Choleva):,. 27 37. 43. 103 (fig.). 150. Biglianii, n. suhsp. (Bathysciola), 28. 49. hiharica (Choleva), 2 7 34 40 SG. !Jiokovensis, n. s p. (RoulJaliella), 38 76 (fig ). ]Jlidal'us (Dtimeotus), 38 73 hohiniensis (Anophthalmus) 44. 3? 40 (fig.). Boldorii, n. sp. (Duvalius), 41 17. bosnira (Choleva), 2 7 38. 72. 141.

PAGE 4

IND E X 5 Breiti (Choleva), 27. 34. 42. 87 (fig.). 139. 150. l11"esdanus, n subsp. (Duvalius) 41. 1 9 brevistylis, n. subsp. (Choleva), 27. 119 (fig.). capillatus (Anophthalmus), 44. 34. 63 (fig.). Carabomorphus (genre), 37. 'i3 (fig. ) catenatus (Carabomorphus), 37. 73 (fig.). Ccuthmonocharis (genre), 28. 59. Chappuisi, n subsp. (Duvalius), 43 26. Choleva (genre), 27 1. 22. 25. 138 (hiogŽo!Zr .). Cholevopsis, n. subg., 27. 2(). cist.eloides (Choleva), 27. 15. 37 42 !J7 ('fig.). 149. Codinai (Tmglorharinus). 32 18. corpulcntus (Duvalius), 41. 14. c:l"ibrata (Choleva), 27. 3 2. 61. 142 Doderoi. n sp. (Ccuthmono c haris), 28. 61 (fig.). T>oclroi (Choleva), 27. 14. 35. 42 88 (fi!Z ) 139 dorsigera (Choleva), 27. 18 30 38. !l4 (fig.). 142. Dl'imeotus (!nre), 38. 73. Duvalius (genre), 41 11. 42. 23 .-43 25. Egonis (Anophthalmus) 44. 33. Ml (fig .). Ehlersi (Spelaeochlamys), 38. 71. e llipticus, n. sp. (Speonomu s), 32. 15 (fig.). clongata (Choleva), 27 17. 36. 40. 1:29 (fig.). 150 Emgei (Choleva), 27 31. 38. 59 (fig-.). 142. Erehus (Anophthalmus), 44. 33. 47 (fig.) Fa!Zniezi (Choleva), 27. 17 3G. 40 117 ( fi g.), 146. f a. llariosus (Anopht.halmus), 44. !iO. Ferdinandi. n. sp. (Bathysriola), 28. 50 (fig.). Ferreri (Troglocharinus) 32. 1K Flarhi (Anophthnlmus), 44. 34. florentina, n. sp. ( Para hathysria ). 28. m (fi1Z .l. Fonti (TroglodHII"inus), 32. fortesculptus (A phaohius). 38. 7"2. g-allica, n suhsp (Choleva), ?.7 garganona (Choleva) 27. 30 48 (fi!Z.). 140 (Duvalius), 41 22 !Zlauca (Choleva), 27. 37. 42. 10'\ (fig.). 146. (iobanzi (Anophthalmus ), 44. 32. 36 (fig.). gracilicornis, n sul.Jsp. (Choleva), 27. 11 9 (fig.). l.s]mni (A nophthalmus ), 44. 34 heteromorphus (A nophthalmus ), 44 61. heieromorphus (C euthmonocharis ), 28. 59. (fig.). hirtus ( Anophthalmus), 44. 33. GO (fig ). 1 !orhetliniZeri (Anophthalmus) 44. 42 Ir haronia (!Zenre ), 38. 77. inhum c ralis (Anophthalmus), 44 ;,g, im.dgnis (Anophthalmus), 44 34. ist rianus (Anophthalmus), 44. 55. ist.ricn sis (Anophthalmus), 44. 34. jailensis, n sp. (Choleva), 27 :m. 68 (fig.). 145. Jeannet! (Choleva), 27. 36. 40. 12G (fig.). 146 .Teann e li (Trof!lOrharinus), 32 18. judimriae. n suhsp. (Duvalius). 41. 20. 1\aufm an ni ( Anophthalmus), 44. 3:2. 46 (fig ) 1\ert ecsi (Anophth almus ), 44. 33. 5fl ( fig.) 1\Iimesrhi (Anisoscapha ). 38. 73. 1 \ nirsrhi (Anophthalmus), 44. 42. 1\ohinger i (Tr ec hus), 33. 23. Krm1ssi (A n ophtha lm us). 44. 47. la e vigatus (D u valius). 4 3. 27. lat er itia (Choleva). 27 69. lcptonotus. n. su bsp. (A nophth al mus ). 44 ..j : ) Jihanotira. (Choleva), 27. 36. 40 13 ? r iphui ,.lls is (, \llopllth a lmus ), 4 4. 33. !}1. T. ongh ii I Duyalius). 41 1 7. marromPlus n suhsp ( Anophthal mu s\. 44. 4?. "n r!Pri (. \'H 'nh1ha lmu :: 1 4 4. :P .. { '). \! rlnni 1Bat.hvgrio1a). 32. 1 !i (fig-.). rna 'll' (”. hnlt>vn \. 27. !'1? ( fig-. ) !\fallils7.i (Duvalius), 43 ZG 1\f n n ri nii. n. s uhsp (N e ohathyscin ), 211 ;,R ;\fn i:rc (A nophtha1mus ), 44. 32 4R (fil! ) . 1\farseuli. n sp (C llol eva), 27. 1R. 31. !il” lfi!! ), H ? J\fntthiPsseni (Co1ev a) 27 3:?. 70 lfi!! \. 1\fayPri 4 4 34 rtG (fil!.\. Mcnozzii (Choleva), 27. 79 (fig.),

PAGE 5

6 IN D'EX Micklitzi (Anophthalmus), 44 33. 51. Motschoulskyi (Anophthalmus), 44. 34. MŸllel'i, n. subsp. (Anophthalmu,;), 44. 33 54. muscomm (Bathysciola), 28. 54. Neobathyscia (genre), 28. 58. nivalis (Anophthalmus), 44. 58. nivalis (Choleva), 27. 14. 34. 41. 82 (fig.). 150 norvegica (Choleva), 27. 137. ohilcnsis, n. suhsp. (Anophthalmus), 44. 36 ohlonga (Choleva), 27. 33. 41. 75 (fig.). 153. ohscuripes (Choleva), 27. 37 110 (fig.). 145. otesitropha (Choleva), 27. 14 34. 42. 90 (fig.). 151. oi'entalis, n. sullsp. (Anophthalmus), 44. 42. Paganettii, n. subsp. (Bathysciola), 28. 50 Parabathyscia (genre), 28 54. paskoviensis (Choleva), 27 11. 29. 50 (fig.). 150. Paveli (Anophthalmus), 44. 39. pavionis. n. suhsp. (Duvalius), 41 21. periicillata, n. sp. (Bathysciola), 32. 11 (fig.). nilifera (Choleva), 27 41. 80 Pretneri (Anophthalmus). 44. 33. fJ4. proceroides, n. sp. (Duvalius), 41 13. prorerus !Duvalius), 41. 13. puhens (Anop h tha l mus), 44. 34 GO nunctata ( C.hohw11 ), 2 7 29. 51. navasinii (Anophl lt a l mus). 44. 33 54. nava.sinii. n. sp. ( Tt cehus). 33 Z4. HeitiPt'i (C.holcYa), 27. 16. 35. 41. !l3 (fif:!'.). H3. Rothi, n. sp (Dm alius), 43. Z5. Houllali n. sp. (Duvalius). 41. 14 nouhaliclla. n geri., 38. 71 (fig.). rul.henus (Duvalius), 42 23. saetosus (nuvalius), 43 Z7. Srhaumi (Anophthalmus), 44. 3'?. 42 (fig.). (Anophthalmus}, 44. 31. 31 (fig.). (Anophtllalmus), 44. 3:?. :m (fig.). i!':l 11. sp. (Choleva) 27 6R (fig .). 145 (Anophthalmus), 44. 5R. !-.ihirica nom. nov. (Choleva) 27 32. 39. 71. 145. sobrinus, n subsp. (Duvalius), 4 2. 24. Solarii (Choleva), 27 34. 41. 95 (fig.). 14 0 spadicea (Choleva), 27. 11. 30. 13 (fig.). 150. sparsicollis (Choleva), 27. 37. 134 (fig.). 143. spectabilis (Anophthalmus), 44. 34. 58 (fig.). Spelaeochlamys (genre), 38. 71. Speonomus (genre), 32. 15. spinipennis (Choleva), 2 7. 35. 39 1:?4 (fig.). . Staudacheri (Anophthalmus), 4 4 !'10. Sturmi (Choleva), 27. 35. 40. 113 (fig.). 150. suhnotatus (Ttechus). 33 23. subterraneus (Duvalius) 42. 24. surainus (Anophthalmus), 44. 32. 41 (fif!.). temporalis (Anophthalmus), 44. 34. 61 (fig.). tolminensis (Anophthalmus), 44. fl™ ttellirianus (Anophthalmus), 44 34. Tterhodes (f!enre\. 47. 51 Ttcrhus (genre), 33. 23 45 750. tresravif'ensis (Icharonia), 38. 77. Trirhonharis (sous-genre) 38. 73. tl'isetifer n. subsp. (Duvalius) 42. 23. Trogloc-harinus (genre), 32. 17. 1mgloclytes, n. sp. (Zaricyuieya), 32 7 (fif!. ). hagoni ( Choleva ), 27. 40. 122 (fig.). UR villosa n. sp. (Choieva), 27. 41. 81 (fig ). 14?. Weheri (Anophthalmus), 44. 36. Weingaertneri (Anophthalmus), 44. 4G. Wing-elmŸlleri (Duvalius), 41 19. Winkle!', n sp (Choieva), 27 30. 46 {fig-.). Winklcrianus. n sp (Anophthalmus), 44. 3?. 45 ( fig.). Winklctianus, n sp. (Duvalius), 41. 1R. Wollast.oni (Pa nt hat.hvsr.ia ) 28. 54. n. suhg., 32. 3 (fig.). Zariquieyi (Balhysciola), 32. 14 (fig.). Zariquieyi. n. subsp. (Troglocharinus), 32 n . ZolotarP.vi (Cholcva), 27. 16 37 4::'. 112 (fig.). 145

PAGE 6

. \ ' ,' ARCHIUfS Of fXPfRIMfHIALf & GfH(BALf llistoite naturelle .Uorpl10logie -Histologie -ƒvolution des animaux FondŽes par J:l E:Niq/ i iDk par '1> auv:q!f er K-G . Pu LiiŽes sous dir ec tion de 9 : _Dua'osQ, '.f.. Jp.'"'G. ,''<;''!. . ; 'bes ''Archives de Zoologie expŽrimentale et gŽnŽrale, fondŽes en 1872 HENRI n LACAZE-DUTH I ERs, comptent fJ8 volumes publiŽs qui sont e n ven le ˆ la Libr1Lirie H. LŽ 17 4; boulevard Saint-Germain, Pari s (6¡ ). ;A" ,.. i-. Ces volumes sont numŽrotŽs d e la fa: on sb.iv‰nteo : .,. Tomes I ˆ lO : 1re tomes I ˆ x. i. 11 ˆ: 2 0 ; 2ffl 0 ( ;-;-"' l :ˆ(X 'et et V b i 12 4 21 : , B:n 6 l ˆ '-:":rr B t ˆ 40 J ; h I ˆ X. "'v; 4 1 ˆ 50 : 5mo I ˆ X. -:5 1 ˆ 66 1 : 'fomes 51 '( ˆ 66, san;> sŽri: yft -" r de pour. un volum e 200 francs po{J', l a Fr ance et de 225 frp,n,os p or l'etranger 1 J -- ; Chˆqu e volume cofnpre n(f e nviron 40 feuilles . de ,_ t_exte d e nombreu ses figures et accompagnŽes d e plancl;les poir ct e n o ul eurs .' Il se compose q\m riomllre variable de fasciculŽs, ne co nt enant qn'un seŸl mŽmo ire, plus quelque s feuilles de Notes Les fa scic ule s des Archives, comme ceux de Notes et ReVJie; S'o nt_ v:endus ˆ partir du tome 33. ,BI()SPEOLOGlCA 1 l\;tm (s 'N' naturelle du doin.aine 1' c , / ,; .. \ , r f.J Tome ';[ t ()ile d e 710 pages, avec 33 le et pla,nches hors\ tex t e . . ., . . .' Prix: : lOO fr. Il (No s XI ˆ XIX)i 1909-:-1911 -,Un vo lu me toil e d e 107 4 pages, avec 104 figures d ‰ins l Ž et 4 7 p la pches hors-texte : ,. / J iix: ;; lO ‚ p. UL( Nos XX ˆ XXIX). 1911 Uf.l volume ,qt-8() car. tonn Ž t™ile d e 805 ; pageS', ave Ž 46 n J w\ : Js dans -el!: 56 p l anches h,or ;;text e , , . . : > &l'x: 100 fr. T o)De IV (No s XXX ˆ XL) volume i' n-80broch Ž -' -' de 812 avec 197 dans 'ltyxte et.,l8 planch es ),_ hor st exte ,... u . . . \ . . Prix 1 : 100 fr. 'l'omo v (No s xLI a 14) } Un vo l tnŽ m 7 so bro c hŽ j d e 1138 pag es, avec 120 6 1 13 et 2 2 hors te,xte ; f . \ , ,1, ; PriX :dOO fr 1 Ždite?frS s lk droitd e b'Ui'vq,nt du chrt't}ge. \ LE S,..UDIER, Pp.rl s VIe ' t l ''. .0) 1 {



PAGE 1

\' L:UCR,RILE INSTITUTUtUi DE SPEOLOGIE DIN CLUJ ..:..__-__..;, l 1 "TPM'UU II. / > :t, .V'\1 (NPI: 2 :rix) 80 leur aur or) (! 1927. \ \ '\ :

PAGE 2

LUCRARILE 1NSTITUTULUI DE SPEOLOGIE DIN CLUJ TRAVAUX DE L'INSTITUT DE SPOLOGIE DE CLUJ

PAGE 3

.., LUCRARILE INS'riTUTULUI DE SPEOLOGIE DIN OLUJ 'T R A V AU X D E L I N S'L' I 'rU '11 D E S P 0 L 0 G I E D E GLUJ TOMUL II. (NRE 26-48) 1924:-192{) CLU.J DITION DE L'INSTITUT DE SPOLOGIE STRADA MIKO, No 5, CL U J, (R 0 U MAN I E) Pretul (Prix) 30 lei am (francs or) 1827.

PAGE 4

T a b 1 e d e s M a t 1 r e s d u t o rn e Il. (615 pages, 523 figures, 2 planches). Numro 26. G RACOVITl. Speologia. Rostul nsemniitatea acestei sintetice . Diseurs rostit n sedinta solemna din 13 Iunie 1926, cu riispuns de Dr. Gr. Antipa (Academia Romna, Bucurefti, Dis-1 cursuri de receptiune No. LXI, 62 p. -Paru le 15 Octobre 1926). Numro 27. 'R. JEANNEL. Revision des Choleva" La treille pour servir l'histoire du peuplement de l'Europe. (L'Abeille, Paris, t. 32, p. --160, 237 fig . -Paru le 15 Dcembre 1923). Numro 23. ;fu JEANNEL . Bathysciine nouveaux de l'Italie. (Societ Entomologica ltaliana, Genova, Anno 56, Nq. 4, p. 49--62, 19 fig. Paru le 10 Avril 1924. Numro 29. :
PAGE 5

VI TABLE DES MATIRES Numro :u. E. G. RAcoviTZA.Notes sur les Isopodes.-12. Morphologie et morphognie des plopodes I et II des femelles des Asellides. (Arch. Zool. exper. et gnr., Paris, t. 62, Notes et Revue, No. 2;_ p. 35-48, fig. 152-158. -Paru le 1 Octobre 1924). Numro 32. R. JEANNEL. Coloptres nouveaux de Catalogne. (Trabah. Mus. Vienc . Natur. Barcelona, t. 4, No. 8, 18 p., 8 .fig. -Paru le 25 Avril 1924). Numro 33. R. JEANNEL. Risultati scientifici dena: spedizione Ravasini-Lona in Albania. -VIII. Carabidae, Trechinae. (Boll. Soc. Entomologica Italiana, Anno 57, No. 2, p. 23-25. -Paru le 25 Fvrier 1925). Numro 3!. P. A. CHAPPUIS. Sur 1eR Coppodes et les Syncarides des eaux sou-terraines de Cluj et des Monts Bihar. (Bull. Soc. Sciences, Cluj,_ t. 2, 2e partie, p. 157-182, 47 fig. -Paru le 18 Mars 1925). Numro 8;), E. G. RACOVITZA. Notes sur les Isopodes. -13. Morphologie et phylognie des Antennes II. -A. Le Fouet. (Arch. de Zool. exper .. et gnr. Paris, t. 63, p. 533-622, fig. 159-210. -Paru le 15 Mars 1925). Numto 31l. R. JEANNEL. -Sur les homologies des articles de la patte des Insectes (Arch. de Zool. exper. et gnr. Paris, t. 64, Notes et Revue, No. 2, p. 37-55, 14 fig. Paru le 22 Avril 1925). :li'. R. JEANNEL. Morphologie de l'lytre des Coloptres adphages. (Arch. de Zool. exper. et gnr. Paris, t. 64. p. 1-84, 65 fig.,. pl. 1-2. -Paru le 30 Mai 1925). Numro 38. R. JEANNEL. Premier supplment la monographie des Bathysciinae (Arch. de Zool. exper. et gnr. Paris, t. 64, Notes et Revue, No. 3,. p. 71-77, 5 fig. -Paru le 30 Octobre 1925).

PAGE 6

TABLE DES MATIRES VII Numro 39. L. FAGE. -Sur un Niphargus des eaux souterraines de Bulgarie (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2 partie, p. 1-6, 18 fig. -Paru le 25 Fvrier 1926.). Numro 40. P. A. CMAPPUIS. Parabathynella stygia n. g., n. sp., nouveau Crustac cavernicole de la Serbie orientale (Description prliminaire) (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2 parti, p. 7 _:__ 10, 7 fig. -Paru le 25 Fvrier 1926). Numro 41. R. JEANNEL. Les Duvalius oculs des Carpathes et des massifs de re fuge des Alpes mridionales. (Bull. Soc. Scimces, Cluj, t. III, 2 partie, p. 11-22. -Paru le 25 Murs 1926). Numro 42. R. JEANNEL. Nouveaux Duvalius de Roumanie (Coleoptera Trechinae), (Note prliminaire) (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. III, 2 e partie, p. 23-24. -Paru le 25 Mars 1926). Numro 43. R. JEANNEL. Nouveaux Duvalius de Transylvanie (Bull. Soc. Sciences Cluj, t. III, 2 partie, p. 25-28. -Paru le 30 Avril 1926). Numro 44. R. JEAN:"EL. Le genre Anophtalmus Sturm (Bull. Soc. Sciences, Cluj,. t. III, 2 partie, p. 29-64, 19 fig. Paru le 31 Mai 1926). Numro 45. R. JEANNEL. Quelques donnes sur le peuplement de la Corse et de la Sardaigne. (Compte Rendu de l'Ass. Franaise pour l'Av. des' Sciences. Session de Grenoble 1925. Section de Biogographie,. p. 750-753, -Paru en Juin 1926!. Numl>ro 41t R. JEANNEL. La distribution gographique des ,Aepus" Coloptres. submarins. (Compte Rendu somm. Soc. de Biogographie, Paris, III e Anne, No. 21, p. 39-41, 1 fig. Prsent le 21 Mai 1926).

PAGE 7

VIII TABLE DES MATIRES Numro 4:7. R. JEANNEL. -La distribution des Trechodes, une ligne de Coloptres Gondwaniens (Compte Rendu somm. Soc. de Biogographie, Paris, IIP Anne, No. 22, p. 51-54, 1 fig.-Prsent le 18 Juin 1926). Numro 48. P. A. CHAPPUIS. -Harpacticiden aus der Kierrienhhle des Flusskreb ses (Arch. fr Hydrobiologie, Stuttgart, Bd. 17, Heft 3, p. 515-520, 4 fig. Paru en Octobre 1926). Index. P. A. CHAPPUIS et R. JEANNEL. Index des espces dcrites (6 pages).

PAGE 8

A V A N 'l' P R 0 P 0 S . Les raisons d'tre, et la signification, des ,Travaux de l'Institut de Sp-ologie" sont exposes dans la prface du premier volume de cette publication; le lecteur curieux pourra y trouver aussi une allusion indiscrte sur la crise provoque par le pullulement des priodiques scientifiques et une classification de ces priodiques en : lgitimes, illgitimes et utiles, '!es derniers tant re prsents par des collections de tirages--part de travaux dj publis ailleurs et qui rendent des services semblables ceux que procurent les ainsi nommes Collections de travail", les Handapparate" des Allemands. C'est dans cette demire catgorie qu'il faut classer la prsente publication. Ce seeond volume est form par vingt trois travaux qui portent !es nu mros 26 48. Il dbute par une dissertation sur ,La Spologie, la signification et l'importance de cette science synthtique". Cette disserta ti on est un discours acadmique, ce qui n 'est pas par consquent une bonne recommandation auprs de la dientle habituelle des recueils scientifiques, qui professe que ces manifestations protocolaires sacrifient par trop le fond la forme et l'originalit la tradition. Le verdict peut paraitre on doit cependant convenir qu'en gnral il est mrit. Il n'est d'ailleurs pas exclu qu'il ne puisse y avoir des exeptiuns et c'est justement ce qui pourrait, semble-t-il, se soutenir dans le cas prsent; je plaide donc ici, en sa faveur, des circonstances attnuantes et cela d'autant plus qu'il est crit en une langue peu rpandue. On m'excuse1;a si je m'tend plus longuement sur son contenu et si je me permet de p1veilir les curieux des choses de la nature qu'ils y trouveront, outre de nobles ct rituelles paroles, aussi quelques gnralisations scientifiqut>s, sinon tout--fait neuves du moins prsentes sous un aspect jusqu' un certain point indit et dveloppes dans des directions non habituelles, qu'ils trouveront par cons quent des manires de voir qui sont le fruit des expl'ences et des mdita tions de deux vieux et fervents sectateurs de l'histoire naturelle. Les grands traits de l'histoire de la Spologie ont proccup ANTIPA, qui insiste aussi sur les caractres et l'imporlance des disciplines ,synthtiques" ainsi que sur le rle considrable que l'avenir leur rserve. RACOVITZA aborde, au cours de son expos, plusieurs questions gnrales de biologie el de l'histoire des sciences; quelcrues unes seulement seront signales ici.

PAGE 9

x A V AN').'PROPOS L'auteur s'lve contre la faon dont la notion ,Adaptation" est en gn ral conue et dfinie, c'est--dire sous la forme ,statique" que produirait un quilibre suppos ,parfait". Au contraire, ce concept doit se concevoir sous la forme ,dynamique", sous celle d'une ,tendance" jamais compltement le mot ,.tendance" bien entendu, tant pris dans son sens mathmatique et. non dans l'acception tlologique. L'adaptation, d'autre part, ne reprsente pas une relation simple entre deux phnomnes: action du milieu externe et raction de l'tre vivant, mais des chanes de causes et d'effets, des rsultantes d'interfrences multiples, produc trices de nouveaux facteurs ,adjuvents" ou ,contrariants" qui compliquent. considrablement le phnomne. Le facteur ,.contrariant" le plus important est la constitution d'un ,milieu interne" de mieux en mieux dfendu contre l'influence des facteurs primaires du milieu externe. Il n'existe d'ailleurs plus actuellement d'tre vivimt milieu interne con':t.-. pitement. permable ces influences et l'on peut poser en principe que la. perfection de l'organisaon d'une biote se mesre pa'r-1 e d e g r d s o n i n d p e n d a n c e v i s -a -v _i s d u m i l i e u e x .. te r n e. Si l'on absolument a dfinir le concept suivant les us math matiques, donc le shmatiser en paroles de faon simpliste, qu'on fasse1 'tenir dans la dfinition au moins les notions suivantes: L'adaptation st la tendance, jamais compltement ralise, des tres vivnts. d'aboutir l'quilibre compensateur parfait entre l'action du milieu externe et, la raction conscutive de leur organisme, cr,mbine celle dP. se soustraire complteme.r;lt l'influence du milieu externe par l'isolement du milieu interne. Malgr sa complexit, l'adaptation doit tre considre comme Je plus. ,simple" des phnomnes volutifs. C'est par consquent par les phnomnes adaptatifs que devrait tre actuellement aborde l'tuqe exprimentale de l'volution. Reste choisir les facteurs exprimenter et la victime destine ax. expriences: il est de multiples raisons pour rserver cette (si j'ose dire) fa-; veur aux troglobies et au milieu souterrain. Sans compter que, dans ce milieu, DamA Nature a institu des expriences simplistes relativement faciles dchiffrer, suivre ou modifiE-r, et cela depuis des millnaires, immense avan tage puisque dans ce cas il est compte du facteur temps", que nos biomcanistes traitent, hlas (pour eux), de quantit parfaitement ngligeable. Plus loin sont sommairement rectifies un certain nombre d'ides tra-.. ditionneUes sur le milieu souterrain, comme par exemple celle si errone de la ,,constance" dJs facteurs primaires -agissant dans ce milieu, et l'autre non. moins fautive de la pauvret des populations cavernicoles en individus et en espces. Le problme des ,relictes" est par contre trait avec certaine II. est protest d'abord contre la portion. congrue que l'opinion scientifi
PAGE 10

.A V ANT.;PROPOS XI. tres actuellement vivants sont tudis par les botanistes et les espces de naturalistes spcialement cres pour cet usage tandis que l'tud& d-es fossiles est confie aux: palontologistes, espces qui drivent des gologues. D'o cette prophtie, peut tre irrespectueuse: lorsque la taxonomie sera ce qu'elle doit tt:e, c'est--dire de la phylognie applique, et lors que les zMlogistes et botanistes auront la permission, et la curiosit, d' tu dier les fossiles, ou bien encore lorsque les palontologistes descendront des zoologistes et botanistes, le nombre des relictes reconnus comme tels s'accrotra trs sensiblement. Quoiqu'il en soit, on peut dj affirmer que les relictes constituent une portion importante de la population actuelle du globe et tes plus infrieurs en organisation. Par contre la proportion des relictes dimi nue mesure que l'on inventorie une poque gologique plus ancienne. Le nombre de relictes produits par une ligne est proportionnel (approximativement). l'tendue des aires gographiques successives occup es dans les diverses priodes de son histoire et inversement proportionnel (approximativement) la sp ci.alisation de ses organes, ou autrement dit: l'intensit de son adaptation un milieu spcialis D'autres lois" concernant les relictes pourraient d j s' n once! mais leur expos est rserv pour une autre occasion; il est : utile cependant de spcifier pou1 la gouverne des c onfrres imbus d'esprit et de mthodes math. maliques, que les dites lois sont simplement la schmatisation par le verbe de la sriation de phnomnes en ternel devenir, comme du reste toutes les autres lois de la Biologie qui n'est pas Mathmatique, trs heureusement pour la bonne exploitation du bon sens, si prcieuse mais relativement si rare qualit de l'espce humaine. Il est dmontr ensuite, par des exemples, quels prcieux mat riaux d'tudes ces relictes, vritables ,fossiles vivants '', fournissent toutes les disciplines biologiques et notamment la phylognie; quels points de re. pres d'inapprciable valeur ils constituent lorsqu'on essaye de dbrouiller le rseau intriqu des filiations et comment ils fournissent en mme temps les plus sO.rs jalons pour dresser les cartes palogographiques. Pour expliquer c e qu'est la spologie, il faut au moins eflleure1 la ques. tion de ses rapports avec les autres science s et par consquent c elle de leur groupement par affinit s. On est ainsi amen insister sur l'importance de distinction qu'il faut tablir, parmi l es sci ences naturelles, entre les disciplines ,analytiques", nommes gnralement "fondamentales" et qui ne sont que la systmatisation de cat gories populaires primitives, et les ,synthtique s nes depuis peu suivant un plan tout diffrent. Le programme des sciences synth tiques comporte, en effet, l'tude d'une portion complte du globe, avec tout. son contenu d'entits matrielles et de facteurs nergtiques. Plus une science synthtique se dveloppe, et plus ses mthodes et ses rsultats tendent de. venir encyclopdiques, circonstances mine mment favorables l'closion de gnrali s ations scientifiques fructueuses.

PAGE 11

XII A V ANT-PROPOS Les disciplines synthtiques, 'dont fait partie la Spologie, s'optJosent dorrc aux analytiques qui sont fatalement destines se spcialiser de plus en plus troitement, s'isoler de plus en plus compltement, en transformant leurs sectateurs exclusifs en abstracteurs de quintessence. Il est prophtis, avec un optimisme que le passionnant intrt du sujet tlxcusera, que du pratiquant des sciences synthtiques renatra l'encyclopdiste que J'on considrait comme dfinitivement disparu depuis l'poque de la re naissance. Ce sera bien entendu un no-encyclopdiste, programme bien moins vaste que son tout jamais dfunt prdcesseur, mais nanmoins pourvu de la mme soif de synthses, de vues d ensemhle, de doctrines plus compltes et plus unitaires, qui tourmentait l'ancien. C'est donc au ,synthtiste qu est rserve la gloire de faire revivre dans les auditoires en ciment arm des Universits futures, l'enseignement que les philosophes antiques donnaient sous les portiques en pierres divinement sculptes, enseignement par lequel se formrent les personnalits qui furent les plus marquantes parmi les lites des civilisa tions mditerranennes et mme de toutes les autres civilisations, c'est--dire cet enseignement ralisant l'ducation complte et "humaine" du corps, de l'me et de l'esprit qui fut Ill but de l'universit antique et qui ne fut plus ralis depuis. La plupart des autres numros inclus dans ce volume sont consacrs la taxonomie des Coppodes, des Amphipodes, des Isopodes et surtout 'des Coloptres, en majeure pattie cavernicoles, ou ayant des affinits avec la faune souterraine. Intressante signaler est la dcouverte par CHAPPUIS (No 40) d'une forme gnrique nouvelle de Bathynellide, ce trs ancien groupe de relictes. La revision des Choleva (No. 27) par JEANNEL est un essai de taxo nomie ,scientifique" rpondant la conception moderne de cette science, con ception hlas! non encore admise par la trs grande majorit des descripte'urs d espces mais pour laquelle luttent depuis vingt ans les ollaborateurs de Bio speologica. Les Choleva sont donc considrs comme des ,phnomnes histo riques" et non pas uniquement actuels, par consquent leur revision est tent e non seulement du point de vue morphologique, mais aussi phylognique, et leur distribution gographique est relie leur histoire. Enfin, sont signaler quatre mmoires de morphologie, bass sur les principes depuis longtemps prconiss dans Biospeologica, c'est--dire sur l'tude compare des organes dont on dsire expliquer la formation et dcouvrir l'ori gine, mais 1' i n t r i e u r d e 1 i g n e s h o m o g n e s. Cette conception rpudie la pratique courante qui prtend lgitimement comparer des phno mnes n'ayant aucune relation gntique entre eux en s'imaginant ainsi raccourcir la dure fatale des 1echerches, esprant ainsi supprimer des stades fatidiques du dveloppement scientifique, au grand dam de la valeur des rsultats, et mme du temps inutilement perdu, puisqu'une erreur introduite dans la science de mande souvent un temps trs long pour tre limine; l'eneur d'ailleurs aiguil lonne nombre de recherches sur de fausses pistes. La lgitimit de ces observations paratra, je l'espre, dmontre par les quatre travaux dont il est question (No. 31-35-36-37). Le premier m{moire fixe de facon dfinitive la morphologie des plo

PAGE 12

A V ANT-PROPOS XIII podes 1 et II des Asellides et par consquent claircit l'histoire de ces organes chez les autres Isopodes. Le second apporte pour la premire fois des notions prcises sur la struc ture et le mode de dveloppement du fouet de l'antenne II des mmes Asel lides ; il indique aussi le point de vue nouveau sous lequel doivent tre tu dis les fouets des antennes des autres Crustacs. L'homologie de la patte ds Insectes est envisage dans le mmoire 36 par JEANNEL d'un point de vue certainement plus voisin de la ralit, et la dcouverte de la persistance du dactylos chez ces animaux est un fait trs. ifuportant pour l'anatomie compare et la ph ylognie de cos apendices. La mme chose peut se dire du mmoire 37 dans lequel JEANNEL tudie la morphologie des lytres des Coloptres adephags. L'auteur traite cette .question suivant les mmes mthodes et les mmes principes ; les rsultats obtenus dmontrent que la voie suivie est la bonne. Le troisime volume des Travaux de l'Institut de Spologie est en cours de publication mais son apparition n'aura lieu qu'en 1928. E. G. RACOVITZA.

PAGE 13

26 26 GR. ANTIPA !i)i E. G. RACOVITZA E. G. RACOVITZA. SPEOLOGIA. ROSTUL NSEMNTATEA ACESTEI SINTETICE. DISCURS ROSTIT N SOLEMNA DIN 13 IUNIE 1926 CU RASPUNS DE DR. GR. ANTIPA.

PAGE 14

ACADEMIA ROMANA DISCURSURI DE RECEPTIUNE LXI SPEOLOGIA DlSCURS ROSTIT N SOLEMN DIN 13 IUNIE 1926 DE EMIL RACOVIT CU RSPUNS D E DR. G R. A N T I P A CVLTVRA NATIONALA BU C U R E $ T 1 1 9 2 6

PAGE 15

Sire, Domnilor Colegi, Dela data cnd s'a pus temelia acestei Academii sub aus piciile Regelui Carol pna n ziua de azi, care o n plina desvoltare sub obla9-uirea Regelui. Ferdinand, au trecut mai bine de 59 ani, ani de munca culturala srguitoare rodnica. Zi cu zi, an cu an, Membrii acestei Academii, ca harnice albine, au strns de pe florile tuturor tinuturilor lo cuite de Romni, mierea artei, literaturii Ca pa rinti prevazatori, ei au pus la adapost, pentru generatiile ur. comorile graiului sufletului romnesc; ca oameni liberi, liber uniti ntr'o libera au clat poate unica pilda la noi de trainica pacinica colaborare, de buna cin stita gospodarie a averii ncredintate lor de to lerap.ta fata de credinte de opinii politice. Drumetul ndreptat pe drum lung greu, da peste soare peste ploaie, da peste flori peste Academia a avut ea sorti mai hune mai rele; a dat cnd peste mi reasma laudelor, cnd peste bzitul criticelor; ba s'a nimerit chiar cte un vestit batrn, ce nu mai poate ntinde coarda arcului, sa ncerce s'o loveasca cu sageti nem panate! Nu importa aceste contingente; numai realizarile intra la socoteala de aceea Academia poate cat ndarat cu multumire. cine poate tagadui ca biblioteca, tipariturile colectiile astazi n fiinta n aceasta cladire nu constitue comoara cea mai a culturii ? Care Romn poate sa uite ca n snul Academiei s'a nfaptuit dela nceput pentru ntia oara, o Romnie care abi acum s'a nchegat mare deplina ?

PAGE 16

Sire, Domnilor Colegi, Va rog sa vedeti n expunerea acestor fapte prea bine cu noscute, dovada pretului ce are pentru mine cinstea ce mi-ati harazit facndu-mi loc printre Domniile-voastre totodata prinosul mele ca m'ati facut unei munci att de natiomle n timp att de folositoare culturii omenesti.

PAGE 17

Sire, Domnilor Colegi, In meritoasa d-voastdi Doctorul Istrati a ocupat un loc de seama. CalitiHile sale si activitatea sa au fost ct se poate de bine potrivit'e Academiei. A fost un nvatat harnic, un zelos culegator al creatiu nilor artei nationale, un deosebit de eficace propagator al culturii, un realizator de mna ntia. A fost, cum zice poporul nostru, un om de isprava; a fost un om de treaba, caci, informndu-ma despre el, n'am gasit pe nimeni sa mi-l vorbeasca de diu, cu toate ca a fost om politic mi litant, cu toate ca a fost ministru n mai multe rnduri. Unanime sunt parerile hune n care se pastreaza de contimporanii sai amintirea acestui mare muncitor. Dr. Istrati se trage dintr'o familie de boieri moldoveni de loc din Roman. Tatal sau, Ionica Istrati, gospodare la dar ave casa primitoare n Marna sa, fiica banului Vasile a fost o femeie foarte priceputa cuita, care de sigur i-a inspirat ace dragoste de care a fost calauza vietii lui si care s'a manifestat chiar din copilarie n mo dul cel La 14 ani tnarul Istrati fuge din unde urm la Aca demia Mihaileana, n caruta unui negustor, ca sa se nscrie la de Medicina militara pe care tocmai o deschisese Da vila. Ca student eminent trece toate examenele si .concursurile medicale, dar urmeaza la Facultatea de Chimia l atrage n deosebi; ca satisfaca pasiunea, el intra prin concurs ca asistent la laboratorul de Chimie anexat cursului lui Davila.

PAGE 18

6 Iata-1 Doctor n medicina, primii sai clienti sunt soldatii rasboiului din r877. Ca de sectie al Crucii face datoria cu prisosinta; n permanent contact cu bolnavii sai de tifos, se de aceasta grozava boala cu greu scapa cu vieata. E decorat nu riumai de Regele romn, dar de Sultanul turcesc, care dupa campaniei i astfel pentru umana ngrijire a sai, prizonieri. Cariera medicala sta acum deschisa Doctorului Istrati sub cele mai favorabile auspicii; fara ndoeala, fiind date cali tatile lui aceasta cariera ar fi fost din cele niai stralu cite profitabile, cum dealtmintrelea o dovedesc cei doi-trei ani n care a exercitat-o. Dar pasiunea pentru n special pentru chimie se arata cu o complecta dezinteresare, cu toate ca dej ntemeiase o familie, Doctorul Istrati se leapada de me dicina ca sa renceapa la. Paris vieata studioasa a nvatacelului. Trece licenta n stiinte si-si face doctoratul n chimie n la boratorul lui Wurtz 'pe n acel al lui Schutzenberger: Pe lnga sfaturile acestor reputati a profitat de n vataturile lui Friedel, lucrnd n celebrul laborator dela de mine al acestui renumit savant mprietenindu-se apoi cu el. In r885 trece doctoratul n chimie n an pe Davila la catedra de chimie medicala din iar n r887 obtine prin concurs catedra de chimie organica la Facul tatea de $tiinte a universitati. $i-a ajuns deci visul cu ochii, se poate acum consacr stiintei n toata linistea si cu ' toata puterea. P rtia noua ce desvaluise la Paris prin lucrarea sa de teza asupra ethylbenzinelor clorate l duse, dupa o ncordata munca, la o importanta descoperire, ace a unei serii ntregi de substante noui, de frumoasa culoare pe care, numindu-le Franceine, le-a tarii n care facuse studiile speciale, unde a legat prietenii strnse cu savanti pe care a iubit-o ca pe a doua patrie. Aceste Franceine nase prin ac tiunea acidului sulfuric concentrat cald, asupra derivatilor halogenati ai hidrocarburilor ciclice' nesaturate, mai ales asu pra acelora din seria benzenului. Prin. combinatii ce natura

PAGE 19

7 nu nfaptuise nca, Doctorul Istrati a creat astfel o serie de materii colorante, foarte nsemnate prin rezistenta lor la ac tiunea luminii, care constitue apreciate substante tinctoriale. Multe alte lucrari de valoare au iesit din laboratorul, mo dest nzestrat, n care muncitorul Dr: Istrati petrece zi. leie; tot n acest laborator, sub prieteneasca sa directiune, s'au format savanti de mare valoare s'au studiat bogatiile naturale ale tarii: sarea, petrolul, chihlimbarul, ozokerita altele. Ca profesor, Doctorul Istrati Bisa o amintire recunos ditoare, adnc brazdata n memoria elevilor sai. Convin gerea cu care vorbe er ndi. marita prin glasul sau puternic, dar nuantat ; cnd ave de vorbit de chestii grele sau prea tehnice, cu arta sa le mpleteasca cu anecdote din istoria sau din vieata marilor astfel totdeauna pre legerile sale erau ascultate cu placere. Dealtmintrelea, ca a fost profesor buri, ce dovada mai convingatoare dect suc cesul manualului sau de chimie care a servit la generatii de Iiceieni nu numai romni dar si francezi Doctorul Istrati a fost n fapturile lui psihice un utilitarist un realizator ; activitatea sa n toate fazele vietii n toate ramurile poarta pecetea acestor doua Cu toate ca a dat probe att de vadite de dragoste pentru pura, el nu este sectatorul pentru ci a pentru Om. Imedi.at ce face' o descoperire de pura, o chestie teoretica, le cauta aplicatia, se sa scoata din ele un folos pentru omenire. de ndata ce a ntrezarit acest folos, se pune pe lucru ca sa-1 realizeze. In scurta lui cariera medicala, Dr. Istrati se intereseaza de Balneologie Hidroterapie; convingndu-se de eficacitatea aestor mijloace curative, nfiinteaza stabilimente hidrotera pice la Sinaia la Despre aplicatia tinctoriala Franceinelor am vorbit dej, studiul materiilor prime naturale ce se gasesc n tara in dica deasemenea directia utilitarista a cercetarilor sale. Ca realizator el la activul sau nfiintarea ri 1890, conducerea pna la moarte, a Societatii romne de A nfiint e mai initiatori nu lipsesc ntr'o tara de spirite agere ca a noastra; a mentine n vieata

PAGE 20

8 nflorire o ntreprindere pur culturala dezinteresata e cu totul altceva. Numai acei ce au avut aceasta sarcina stiu cta munca ndaratnidi trebuie sa cheltueasdi. La 1902 nfiinteaza <
PAGE 21

9 Toate laturile desvolHirii culturale a poporului nostru l atrageau si deaceea a facut si ctev incursiuni n istoria bi sericilor iar toata a adunat cu drag iscusinta moastele trecutului romnesc. Meritele Doctorului Istrati au fost recunoscute si n tara n strainatate; Academii Societati straine n snul lor, iar Academia noastra i-a ncredintat prezidentia. Influenta sa n cercurile universitare a fost foarte mare binefacatoare; amintirea sa este pastrata cu tinta de contimporani va fi de sigur slavita de e just sa fie Caci e incontestabil ca Dr. Istrati a fost un pioner al desvoltarii culturale un factor influent al adaptrii tarii noastre la timpurile noui, un vrednic Romn, un om de treaba un om de isprava

PAGE 22

SPEOLOGIA Rostul si nsemndtatea acestei stiinti sintetice ' Cuvntul: Speologie 1 ) a fost alcatuit, acum vre-o patruzeci de ani, din doua radacini astfel ca din mpreunarea lor sa rezulte sensul de despre de : golurilor subpamntene. Acest nume nou e menit sa desemneze si sa defineasca, dealtmintrelea vag ca orice alt nume aplicat unei o disciplina tnara, abi din ultima jumatate a secolului tre cut constituita, de tnara chiar nct nici cuprinsul ei nu e cu desavrsire hotart, nici ornduirea ei interna nu se poate cu stabili, nici material ul de observatii, strns n prea mica masura nca, nu se poate leg n generalizari roditoare. Sistematizarea cercetarilor speologice ntr'o disciplina izo lata este deci un eveniment contimporan, dar folosirea sunt vechi ca omenirea; ce zic mai vechi dect omenirea din care ne tragem noi direct. Speciile fosile au folosit de sigur ca locuinta prin grea lupta cu celelalte fiare salbatice. Mai ales n ca a gospodarit, timp de mii de secole, soiul de om din care ne coborm si noi. Rassele ce locuiau n Europa pleistocenul superior, n epoca Renului, erau de preferinta troglodite; datorim chiar acestei mprejurari faptul ca suntem de bine informati des pre ei.. N enumaratele produse ale industriei activitatii 1 ) Am adopta! accst nume, ce vine de la ano, considcrndu-J mai cufonic mai alt>s n compusele sale, Biospcologie, Spcofizic, etc., dcct: <.Speleologie>>, dc rivnt clin an?}atov.

PAGE 23

1 2 lor, ne-au fost pastrate n aceste hude ca n cel mai bine in stalat muzeu. Cuvntul de <, aplicat la e dealtmintrelea mai potrivit dect s'ar crede; sapate n piatra, sau zugravite n colori, pe pereti ce marginesc intunerecul subpamntean, se opere de arta ale acestor contimporani ai Mamutului si ai Renului. Cu ncepu tui epocii actuale, nostru mai apro piat, om ul pietrei nu mai att de des sub pamnt ; devenit pastor, nzestrat cu unelte mai spornice la munca, el colibe bordeie, dar pe mortii lui tot n vechiul i Aceasta da tina l att de adnc nct, daca n'are na turale, sapa sau artificiale. Adapostul ales al vietii paleoliticilor a devenit eter nei odihne pentr:u mortii rasselor iar muzeul artei magice clin epoca pietrei cioplite se transforma n con sacrat ideii religioase pna n zilele de azi. Altare, temple, biserici, nenumarate cladiri nchinate celor sfinte, se adapo stesc n scobiturile stncilor. Impreuna nsa cu cele sfinti te intra n pesteri si cele spurcate: balauri si pricolici, s tafii si strigoi, 'vrajitori se cu grmada sub pamnt, cel putin credeau oamenii bronzului ai fierului, credeau nca oamenii ce au facut istoria scrisa, tot cred chiar prea multi clin acei ce se plimba cu aeroplanul cornunid ntre ei prin telefonul fara. fir. Mai amintesc numai ca bogata imaginatie a vitelor relativ recente, atribuie rolul unor <>, ce ar ave n pastrare n subteranele lor, nemasurabile movili de aur alte comori scumpe ; pe baza acestui <> se provoaca de milenii inflatiunea ignorantei prin emisiuni necontenite de hrtie moneta a credulitatii. Dar ca n sunt ascunse nepretuite tezaure de ait soiu, e perfect adevarat tocmai cercetarile speologice sunt destinate sa ni le desvaluie prietenoase rasselor primitive timp de mii de secole au devenit, n relativ scurta existenta a rasselor civilizate, de tot soiul de nspaimntari. De sigur ca

PAGE 24

13 aceasta fridi fara temeiu a fost principala cauza ca mai nimic pozitiv n'am ca speologice, dela popoa rele antice, att de geniale iscusite n alte cmpuri de cer cetare. Ca clin saracia intelectuala a evului-mediti sa nu fi ramas mare lucru n aceasta privinta, nu e de mirat, dar mai curios este constatarea saraciei inventariului clin epoca pna la mijlocul secolului trecut. medievale le-au urmat de sigur relatii de explo rari speologice descrieri serioase, dar putine la numar fara rasunet. Cei cari au atras mai ntiu atentia lumii nvatate asupra interesului general ce prezinta domeniul subteran, au fost preistoricianii paleontologii, cercetatori ai depozitelor pline de comori stiintifice ce alcatuesc solul cavernelor. S'a simtit imperioasa determinarii originii vrstei accstor pozite, astfel ajutati de geologi, au fost ademeniti sa studieze grotele mai deaproape clin punct de vedere al constitutiei lor fizice al istoriei lor geologice. Interesul biologilor asupra Speologiei a fost provoq1t de ento mologi; n al al deceniu al secolului trecut, ctiva de seama n Coleoptere au explorat foarte activ clin Pyrenei Alpi descoperind un numar n semnat de vietati curioase, adaptate vietii subpamntene. Acestei perioade de zel biologie i-a urmat nsa o lunga perioada de inactivitate, care n'a ncetat dect cu nceputul se colului actual. ce avem astazi de imensa ntindere a golurilor subterane, de complexitatea varietatea nemarginita a topografiei daca. se ctorva savanti, e n mare parte opera In oamenii cultiva ti de astazi s'au desvoltat rele hune; dar printre cele mai folositoare progresului general sunt atractia necunoscu tului, satisfactia pericolului nvins greutatii nlaturate, rvna de a bate recorduri. Cte pustietati ntinse, cte nalte reliefuri adnci depresiuni ce ncretesc scoarta pamntului, am amanuntit astazi, dadi pomenite nu ne-ar fi clat exploratori, speologi amatori? ... Cu

PAGE 25

trebuie sa nregistram actlvltatea desinteresata a barbati cu puternici, cu ochiul ager, atleti ai sportului de isprava, cari dela mijlocul secolului trecut pna astazi s'au consacrat periculoasei explorari a prapastioaselor cavitatii S'au adunat deci n cteva decenii date numeroase, geo grafice, topografice, geologice, fizice, meteorologice, chimice, biologice altele. Speologia ncepe a ave zestre, dar o zestre cam ncurcata. Cunostintele de care suntem siliti sa ne folo sim, n mare parte n''au 'fost culese n vederea pro blemelor speologice, ci pentru lamuriri de chestii ce privesc alte Multe < speologice n'au fost luate nca n cercetare chiar date importante pentru ncer cari sintetice ne lipsesc. Cu toate aceste lipsuri simtitoare; materialul adunat uti lizabil ncepe sa fie important, dar trebui sa fie coOldonat; cercetarile trebuiau sistematizate problemele puse, stu diate, din punct de vedere speologic. Sa simti nevoia de ordine sinteza prin specializare, ca sa ia fiinta o lstorie naturala a Domeniului subteram>, n acest scop am nfiintat n 1907 ntreprinderea cu colaboratie internatio nala, publica deatunci cercetarile sub numele de <>. Cele cincizeci patru de memorii aparute pna acum, formnd cinci volume de cam 8oo pagini fiecare, cu 16oo figuri zoo nu sunt dect rezultatul studiului unei mici parti a materialului adunat din mai bine de o mie de Institutul de Speologie din Cluj, primul institut de cercetari de istorie naturala cu aceasta specialitate, adaacum aceasta ntreprindere cu tot mate rialul ei biologie, fotografic, bibliografic documentar, precum redactia publicatiunii <>. Alte institute cu aceasta menire sunt proiectate, domeniul subteran e acum cercetat cu activitate pe toate continentele, specialitati din ce n ce mai numeroase cauta probleme de rezolvit sub pamnt; speologia va fi n curnd la <, caci n cercul cercetatorilor se mani festa irezistibilele capricii ale acestei teribile despote. Daca mentionez nca favoarea de care se bucura n

PAGE 26

armata din ce n ce mai crescnda a precum apli catiile tot mai numeroase si folositoare ce din aceasta stiinta tras pentru economia' igiena sociala, pot fi p;ofet{ll Hidi risc al marelui avnt viitor al Speologiei. Dupa aceasta prea sumara schitare a trecutului prezen tului Speologiei, voiu ncerc sa va expun rostul nsemna tatea ei pe terenul dar nici prin gnd nu-mi poate trece ca aceasta expunere ar pute fi complecta. Numai formularea problemelor mi-ar cere tot timpul ce binevoiti a-mi acord, o asemene de titluri de paragrafe nu ar fi la locul ei n aceasta adunare. Ma voiu margini deci la cteva puncte de interes mai general anume la acele cari au facut din mine, adorator al soarelui al luminii, un fervent sectator al mparatiei n tunerecului. S'ar pute crede di vorba romnului <>, s'ar pute aplic vietii mele dar ar fi o nedreptate. Ce e drept, nceputul carierei mele l-am facut sub sagetile aprinse ale soarelui meridional, pe termurile arse de caldura pe talazurile pururea albastre ale Mediteranei; pe urma m'am trezit n gheturile vecinice ale tarilor antar ctice ntroenite; iar dupa o noua perioada de cercetari sub soa rele fierbinte n apele calde ale celei mai frumoase mari din lume, iata-ma pribegind sub pamnt, prin hude stapnite de spaima umed rece. Aceste ndeletniciri par disparate, fara ndoiala ca sunt din punctul de vedere geografic, dar firul cugetarii care m'a conclus e ntins n linie dreapta nentrerupt. N'am urmarit nici odata simpla culegere a faptelor, ci le garea lor n generalizari; am cautat sa <>, adica sa re duc lucrurile complicate la forma mai simpla din care de riva. Deaceea nu m'au multamit primele mele lucrari de anais.to.logie, ntreprinse asupra unei singure familii de v1erm1 manm. M'am convins ca numai comparatia a ct mai multe grupe nrudite poate conduce la <>, m'am pus sa-mi strng material, deci sa-I determin, sa-i aflu numele ce i se

PAGE 27

da n sistematicei, sa hotarasc caror specii anume apar tine. Aceasta incursiune n domeniul taxonomiei, n acel al de scriitorilor fabricantilor de specii, mi-a pricinuit o mare deziluzie speciile descrise nu le puteam leg>> ntre ele n mad firesc nici <>. M'am convins mai apoi ca specia nu este, cum se crede, o entitate locala ac tuala, ci un concept geografic istoric, ca prin urmare siste matica, ori, cum se zice astazi: taxonomia, nu poate sa se rezume n definirea caracterelor morfologice actuale, ci trebuie sa tie seama de modificarile ce au suferit aceste caractere n spatiu, adica n domeniul ntreg locuit de specie, precum de transformarile suferite de aceste caractere n timp. Numai prin combinarea acestor date se poate mplini menirea taxo nomiei, care este: situarea exacta a speciilor n genealogia vie tuitoarelor si deci alcatuirea unei clasificatii naturale. Mor fologia, geo'grafia filogenia unei specii 'hotarasc sigura ei identitate priceperea rolului ei n istoria lumii. Taxonomia nu este dectfilogenia aplicatd, s'ar pute zice sententios. Aceste conceptii m'au adus n fata marei probleme a cau zelor evolutiei vituitoarelor n special a adaptari.i lor la mediul n care vietuesc. Potrivirea fiintei cu mijlocul n care a aparut multor observatori perfecta, dar aceasta idee nu e dect o iluzie; n realitate, fiecare neam prezinta defecte de adaptare, disarmonii adaptative, care pot fi mari, mici, sau foarte mici, dar n nici un caz nu se poate constat un echi libru desavrsit ntre variatiunele mediului si toate mediile prezinta reaqiunile 'compensatoare ale fiintei. Prin urmare formei <> a formulei < trebuie substituita forma <> mai aproape de adevar: Vietuitoarele tind sa se adapteze mediului lor, formula care, dealtmintrelea, cantine nca o mare parte de neadevar. Adaptarea nu reprezinta o relatie sim pla ntre doua fenomene : aqiune reaqiune; sub acest nume se ascund activitati energe tice mult mai complicate, din care nu voiu mention dect pe cel mai important: <>. Chiar vie tuitoarele cele mai simple posed n structura lor dispozitii

PAGE 28

17 care nu lasa toate variatiile mediului sa patrunda n ele nestn jenite. In cursul evolutiei s'a constituit un mediu intern din ce n ce mai ferit de influenta mediului extern, acest fnomen a jcat un roi att de important n edificarea organismelor, nct putem spune ca perfectiunea alcatuirii unei fiinte se poate ma sur prin gradul independentii sale fata de mediul extern. Trebuie cel putin sa tinem searna de acest punct capital, ca sa ajungem la o conceptie mai apropiata a adaptiunii, sa zicem: <> nu-l iau n sensul teleolo gie, ci n sensul n care se ia n matematica: dupa cum corpu rile tind sa cada spre centru pamntului, tot vietuitoarele <> sa se adapteze, pentruca nu pot face altfel, dar fara ca aceasta tendinta sa reprezinte vre-o vointa interna, sau o soarte externa dinainte hotarta. felului cum se face adaptarea, macar n cazuri restrnse, ne-ar da deslegarea celor mai importante probleme de morfologie, de filogenie, de biogeografie, de biologie; ne-ar inform pretios asupra modalitatilor sub care s'a facut evo lutia spitelor de vietuitoare. Mi-am propus deci sa fac cer ctari n aceasta directie, care mi s'a parut niinerita prin faptul ca adaptarea pare a fi unul din cele mai putin complexe .clin noianul de fenomene complicate caror rezultanta e evo lutia, deci mai de studiat, la prima vedere cel putin. Mi s'a parut deasemenea ca observatia este insuficienta pentru rezolvirea acestor probleme ca metoda experimen tala se impune Experienta ar fi consistat n a alege o forma vietuitoare bine studiata, cu filogenie dej mai ales cu mediu in tern permeabil, a o supune influentii noui a unui factor fizic, ct se poate de simplu de mnuit. Prin cautarea linei <> pentru experienta, a unui mijloc corespunzator cererii a unui factor convenabil, am fost, ca sa zic adus n fata domeniului subteran ademenit sa intru n devenind astfel speologist de profesiune.

PAGE 29

Daca vietatea este produsul adaptatiunii la mediul cu ct mediul -ya fi mili complex, cu att reaqiile apararile vie tatii v or fi ele mai. complexe. Amintesc ca nu e vorba numai de factorii fizici ai mediului, de factorii primari: con stitutia fizica chimica, elima, etc., ci de factorii biologici, de interdependenta ce exista ntre vietate asociatia de vie tati n care menita sa traiasca careia tinde sa se adapteze. Ori, factori biologici sunt foarte importanti; adaptarile ce s'au desvoltat sub infuenta lor sunt din cele mai stranii mai complicate care se ; chiar vietatile n aparenp: foarte <> sunt n realitate subjugate unei strnsc interdependente cu lor de asociatie ecologica. Ca sa ilustrez acest fapt, ma pot servi de un exemplu glu met citat n cercurile Darwiniene. Orict de paradoxal s'ar pare la prima vedere, se poate spune ca: daca Englezii sunt oameni zdraveni mbujorati, faptul se mai putiu mamelor lor, dect fetelor batrne, adica rudeniilor lor nernaritate. In adevar, aceasta stare fizica e rezultanta consumatiei n abundenta a unei cami excelente; daca au vite ce dau astfel de carne e ca le hranesc cu un trifoiu exceptional de bun; calitatea trifoiului este mentinuta si ameliorata de bondari as de nct pot sa' pentru aproape toate plantele fecundatia Dar de ce sunt att de multi bondari n Anglia ? Pentruca cuiburile lor nu sunt distruse de rozatpri fiind putini la numar, caci mte sunt nenumarate. Ori se ca fetele batrne, mai ales cele din Anglia, mngie singuratatea n compania natoare a pisicilor Mediile epigee, adica acele ce se gasesc la suprafata pamntului, sunt enorm de complexe. Factorii lor; att primari ct secundari, sunt foarte sa nu uitam ca sunt foarte variabili: ziua se schimba cu noaptea, frigul cu caldura, seceta cu umezeala, etc., ceeace colosal complicatia. Sute mii de soiuri de animale plante ncruciputerile, nevoile naravurile pe palma de loc. Firele care leaga faptura vie de locul sau de de sai n .crncena lupta a vietii, sunt nenumarate

PAGE 30

de nclcite, nct te prinde desnadejdea nainte de a te ho tari sa tragi de ele ca sa poti ajunge sa le depeni ordonate macar pe o mica lungime. Dar oare n'ar exist si medii naturale unde factorii activi sa fie putini la numar, ii mai constanti, unde populatia de vietati sa fie mai rara mai pu tin amestecata ? Raspunsul este afirmativ. Aceste medii exista ace! care raspunde mai bine conditiilor, dupa parerile din acele vremi, er domeniul subteran, lumea ntunecata, sleita n tacere a golurilor de sub pamnt; de altmintrelea acest domeniu er pentru mine cel mai accesibil. In mparatia lumina nu-i, soarele deci lipsesc multiplii variatii factori iau fiinta din crea toarea lui energie. Puterile ce domnesc n aceasta mparatie dainuesc statornice n it;lfluenta lor; e aerul, neschim bata caldura ori frigul, o umezeala fara picura din ciu curi de piatra se pe pereti. De mirat e, oare, daca n aceste goluri subpamntene, dealtmintrelea cu totul nensemnate de le pui alaturi de celelalte domenii locuite, s''a cea mai saraca populatie de vietati de pe pamnt ? Rari indivizi ai ctorv neamuri raslete de pacatoase fiinte acolo duc o vieata de mizerie n acest azil al caliciei biologice. Cu aceasta impresie asupra domeniului subteran te alegeai dupa cetirea celor tiparite pna la nceputul veacului, aceste nvataturi m'au umplut de bucurie nadejde; er tocmai ce cautam: mediu simplu constant, locuit de creaturi putine, bine cunoscute, cu adaptatii simpliste cu mediu intern rau izolat! Nu umblam dupa mai ales dupa cei poleiti de soare; dupa smeriti sihastri de soiul celor mai sus mi arde doar sufletul <>, zice vorba romnului s'a ntmplat cu mine. Asupra acestei noui patanii nu voesc sa insist, nici sa explic le ce nici pna azi cercetarile noastre n'au intrat nca n ace faza experimentala ce er scopul nouii mele specialitati. Daca am

PAGE 31

20 urmat n o parte a expunerii mele o cale, ca sa zic subiec tiva, e ca mi s'a parut mai scurta pentru a ajunge unde am ajuns acum. Ma marginesc deci sa rezum pe scurt rezultatele cercetarilor noastre de 20 de ani asupra acestei chestiuni. Domeniul subteran ocupa n pamnt o suprafata conside rabila; nu numai numarul e mai mare dect se cre de, dar toata imensa ntindere a crapaturilor nguste trebuie sa-i fie anexata. Mediul subteran nu e as de constant cum se crede; fac torii ce hotarasc 'acestui mediu, deci conditiu nile de existenta, prezinta ele variatiuni mai mult sau mai putin nsemnate. Populatia subterana este mult mai numeroasa, att n exem plare ct n specii, de cum merge vorba. Chiar una din cauzele principale care a facut ca ntreprinderea noastra < sa urmeze pna acum tot calea descriptiva, a fost tocmai descoperirea a unui numar foarte mare de vietati ne cunoscute de foarte mare interes general filogenetic bio geografic. Inventariul cavernicolelor, ad ica a fiintelor ce locuesc n teri, e departe de a fi complet chiar pentru regiunile cele mai explorate, ce vaste regiuni sunt nca complet necercetate! Rectificarea ideilor din trecutul apropiat asupra domeniu lui subteran nu e de natura a ma face sa schimb pro gramul. De sigur, avantagiile ce ma faceau sa cred ca mediul subpamntesc este cel mai nimerit pentru studierea experi mentala a modalitatilor evolutiei n special ale adaptatiei, par acum mai mici, dar n'au disparut. Ramn convins di tactica propusa e buna pentru a lamuri misterul, nca n cele mai multe parti al modului cum, decide ce, s'a facut si continua sa se faca nca evolutia vietii pe pamnt. Sunt cape tema adaptatiei, proces elementar, trebuie sa atacam problema cu experiente instituite n mediu:l natu ral mai putin complicat al servindu-ne de vie tati cavernicole ce sunt de mai pura al caror medit: intern e mai permeabil. Sa nu uitam, n adevar, ca ele, cavernicolele, tri'iesc n izo lare aproape absoluta, pe cnd locuitorii celorlalte medii

PAGE 32

21 avnd multiple ocazii de sunt mai totdeauna cordturi mai mult sau mai putin complexe, nct nu poti dadi de fapt caracterul riou ce constati e cu adevarat nou nu reaparitia unui caracter latent. Iar faptul ca, n e sa instalezi experienta n niediul natural al vietatii puse la ncercare n conditiuni de existenta neschimbate, consti tue un foarte mare avantaj; mediile artificiale, mediile obici nuite de laborator, introduc n rezultatele experientii cauze de erori grave greu de descoperit. Sa trecem acum la ait aspect al studiilor speologice, care arata lor importanta n deslegarea problemelor mari de resortul biologiei, la chestia ziselor <>, spe cii de vietati ivite n perioade geologice de mult disparute, care ne-au ramas ca martori ai unui trecut ce se pierde n nema suratele departari ale timpurilor asfintite. Nu sunt nca doua secole de cnd se ca plantele ani malele, ce astazi ocupa pamntul, sunt fapturi relativ recente si' ca ele au fost precedate de al te .specii ce au pierit, lasnd fn paturile scoartei lor mpietrite. Studiul acestor petrificatii, acestor <>, ne permite reconsti tuirea istoriei pamntului a spitelor nenumaratelor neamui:i de vietati azi disparute. Aceasta istorie straveche se rflparte n perioad.e, n care au trait s'au perindat plante animale ce nu se mai gasesc n perioadele unnatoare. Vechii nvatati; cari au meditat asupra acestor constatari sub influenta traditii popu lare religioase, nchipuiau ca aceste perioade se t enninau prin catastrofe care distrugeau toate vietatile, ncepeau prin. tr' o crea ti une noua a faunei florei. Se vorbi pe atunci de <> n launtrul acestei de savanti cari nchipuiau mersul istoriei o reprezentatie teatrala. Cu ropot revolutionar cade cortina; cnd se ridica, alta scena se prezinta spectatorilor cu nou decor noui personagii, cari la rndul lor dispar la urmatoare a perdelei, dupa cum a fost dinainte prescris d autor n scopul artistic propusese zamislnd opera sa teatrala!

PAGE 33

22 $tim acum ct de este acest mod de a concepe rarea marii drame Timp de multe sute de mi lioane de ani, ncet-ncet pas cu pas, s'au cladit, schimbat, naruit recladit, printr'o evolutie lenta nentrerupta, mari tari, munti plaiuri, astfel cum le gasim astazi. $i tot din timpuri pentru a caror nepriceputa departare n'am putut nca gasi masuratoare, s'au ivit puterile nebiruite ale vietii n forme scunde elementare care, ncet-ncet pas cu pas, au schimbat, pierdut printr'o evolutie lenta nentrerupta, variate, adaptarile perfectio nate, puterile nenvinse, cu care florele faunele ali cucerit toata fata pamntului. Zestrea vitala de care se bucura astazi fiecare vietate a fost din tata n fiu, din neam n neam, din spita n spita, fara ca sa se fi rupt vreodata firul care leaga faptura de azi cu cele dintiu alcatuiri de elemente, ce n groaza timpurilor nemasurate au pricinuit gazduit cele d'inti puteri ale vietii. S'au ntmplat <> n istoria pamntului, s'au gasit urme de ntinse catastrofe printre pa turile cladite n diferite perioade geologice, dar toate cu ca racter local de soiuicelor ce se ntmpla azi: eruptii vul canice, inundatii, cutremure de pamnt, de dealuri altele, ce curma nenumarate vieti i nspaimnta omenirea, dar care pe pielea ncretita catranita de vremi a gului pamnt, n'au alta pomehire dect palida cicatrice ce lasa o nensemnata julitura. In cronica straveche a planetei noastre nu e vorba nicairi de succesiuni de nfaptuiri complect diferite razlete, pornind dela nimic n ne mai pomenite cataclisme; de cte ori s'a talmacit vre-o fila necitita nca, s'a dat tot de singura poveste, fara nceput fara a nen ceputei, dar necontenitei, pururea deosebitei, transformari ale zestri de catre energii. Daca faunele florele diferitelor perioade geologice au o alcatuire diferita, e ca multe neamuri s'au modificat s'au despicat n specii noui, iar alte spite s'au stins, dar firul care leaga perioada de perioada n'a fast rupt nicairi. Se poate dealt mintrelea dovada mai evidenta dect faptul ca exista martori ca sa zic oculari, din diverse perioade de mult trecute,

PAGE 34

23 soiuri de vietati ce au strabatut nemodificate pana azi prin noianuri de vremi de o ndepartare ce greu se poate concepe. martori sunt <> de care va vorbeam la nceput, biologice cu att mai pretioas.e cu ct ele singure ne permit sa avem o idee clara precisa despre structura spitelor disparute, azi reprezentate numai prin fosile, adica prin rafragmentare -partiale ale numeroaselor lor organe. Aceste <> sunt, clin punctul de vedere cronologic filo genetic, adevarate fosile printre lor actuali de vieata, dar <:fosile vii>>, nu recluse la cimilituri de multe ori imposibile de ghicit chiar pentru imaginatia bogata agera a colegilor mei paleontologi. Doua exemple numai. In mlul marii archipelagului in dian astazi Lingula, o spita de Brachiopod, adica de vermoid cu trupul aparat de o scoica. Ei bine! Forme ale acestei spite, de afine celor de azi di e greu sa le distingi prin ca ractere specifiee, se plodeau dej n mlurile marilor cambriane, adica, zic geologii, cam acum 30 milioane de ani, cnd alte oceane mparteau suprafata pamntului cu alte pamnturi acum desfiintate ale caror fragmente n'au luat dect o mica parte la cladirea continentelor actuale. Pe atunci nu exist nca nici un vertebrat, deci nici nici amfibii, nici rep tile, necum pasari mamifere. Va sa zica contemporanul noastre de astazi ave dej sa organizatie actuala, milioane de ani nainte ca sa apar pe pamnt spita nzestrata cu elementele coloanei vertrebrale, cari i-a permis, singura dintre fapturile animale, printr'o nenchipuit de nceata transformare, sa atinga, dupa poate douazeci cinci de milioane de ani, naltul grad de perfeqiune ce se constata la Domniile voastre! Acum vre-o cincisprezece milioane de ani, pe la mijlocul epocei mesozoice, pasarile aveau dinti abi ncepuse a se diferenti de lor reptila, iar mamiferele, dominatorii .epocei actuale, se ascundeau nemernice pipernicite sub formele scunde sadicacioase ale ctorva spite primitive. Imparatia marilor tarilor o stapneau, fara competitori temeinici, vre-o optsprezece ordine de reptile, clin care numai cinci sunt reprezentate astazi. Rolul pe care l joad acum

PAGE 35

blenele elefantii, strutii i condorii, jucal.i aturtci pe talazuri acum mutate pe alte oceane, Ichtyosaurii i Plesiosaurii, iar pe painnturile azi disparute, Dinosaurii i Pterosaurii. Unele din spitele acestor reptjle s'au desvoltat n formele cele mai gigantice cunoscute; ce cumplit trebuie sa fi fost spectacolul luptei ntre fiare ca Tyrannosaurus, cu falci gigantice nar mate cu sute de colti ascutiti, i matahaloase ierbivore ca Bra chisaurus ce ntrec.e 30 de metri n lungime. Ori un martor aproape nemodificat al acestor vremi de exista i azi : Hatteria punctata, singurul "reprezentant actual al Rhyncho cephalienilor, ordin de reptile ce-i pierde obria n ndepar tata epoca triasica care, dupa ce a. colonizat continente n tinse, e redus 1a aceasta specie australiana. Hattei-ia punctata, cu toate ca face parte dintr'o fauna de vertrebrate terestre de spi ta straveche, este decanul tuturora; a asistat la neamurilor de mamifere, cari n'au uitat nca vechiul obiceiu reptilian de a se ou, a Monotremelor, precum la ivirea cel or dinti cari i azi cresc copiii n buzunare. Faunele florele nu se primenesc deci complect n fiecare din zisele perioade ale istoriei pamntului; mpreuna cu o covritoare majoritate de foi:me noui, salaluesc i oarecare fapturi mai mult sau mai putin neschimbate ale diverselor perioade precedente. Cu aceasta formula, astazi ndeobte admisa, eu nsa nu ma mpac, caci ea micoreaza mult prea mult rolul ce n reali tate joaca, la un moment dat, relictele n compunerea: asocia tiilor de vietati ce locuesc diversele domenii pamnteti. Relicte sunt foarte multe; daca nu s'a recunoscut pna acurn acest adevar, e ca sistematica nu este nca filogenia aplicata ce cred ca trebuie sa devie; dupa cum m'am explicat mai sus. Pe de alta parte, firul nentrerupt n timp cu care natura a tesut pnza vietuitoarelor, a fost forfecat de oameni, i astfel n mod arbitrar s'au separat fosilele vietatile tuale. Tot ce traete 3;Z pe pamnt se studiaza de zoologi spete de anume n acest scop, iar cercetarea fosilelor s'a ncredintat paleontologilor cari se trag din geologi. Dead a rezultat faptul ca, n foarte multe

PAGE 36

25 faptura ntreaga poarta n un fragmentul ei gasit n pamnt e botezat cu totul diferit. Eu sunt convins ca, atunci cnd zoologii se vor ocup mai des de paleontologie cnd paleontologii se vor trage clin zoo logi numarul relictelor se va nmulti simtitor; ipoteza s'a verificat dej n mai multe rnduri chiar cu mine nsumi. Dupa a mea parere, proportia relictelor unei epoce este cu att mai mare cu ct ne adresam la vietati mai inferioare, iar numarul lor se cu ct cercetam o epoca mai veche. Binenteles aceste doua <>, sau mai bine <>, trebuie luate cu faimosul corectiv al tuturor < <>, toate celelalte fiind considerate ca asemanatoare. Numarul relictelor produse de o vita este cam proportional cu ntinderea ariei sale geografice cam invers proportional cu specializarea organelor sale deci cu intensitatea adap tarii sale la un mediu specializat. acestor doua legi>> se aplica corectivul de mai sus. lmportanta chestie a relictelor nu poate fi expusa n ama nuntimile ei cu aceasta ocazie deaceea nu insist asupra altor <>, cm:e complica de sigur conceptia n general admisa, -nsa, dupa parerea mea, o apropie cu att mai mult de adevar. Am ajuns nsa unde voiam sa ajung: dupa schitarea marei importante a relictelor, sa va pot arat ca corectarea ideilor noastre asupra relictelor se n mare parte cercetarilor speologice, ca rolul acestei discipline, n aceasta privinta, se anunta ca de cea mai mare nsemnatate. Numai n hudele, avenele, prapastiile verticale, p. numar de peste o mie, explorate de colaboratorii <> de mine, s'a descoperit un numar considerabil de relicte tertiare chiar mesozoice. Fapturile scoase la iveala, s tudiate n spiritul <> de care v'am vorbit, s'au aratat foarte acles <> printre contemporanii lor ce traesc la suprafata, dar nrudite, unele cu spite ce acum sunt locuitori ai altor zone biogeografice, departate de mii de cu elime diferite, altele cu neamuri de mai mult sau mai putin timp stinse.

PAGE 37

i6 Am turburat milenarl,i mormntala a ipogeelor sapate de apele vremurilor n creerul muntilor am dat peste <> <> timpurilor trecute; consider ca e o con statare de pret deosebit. Dscoperirea unei paturi geologice ticsita de fosile variate si bine conservate, este un eveniment fericit important. Cu att mai fericit important eveniment e desvaluirea domeniului subteran ca un <>!. Populatia ce se n caverne este foarte variata, de ori gini deosebite cum am vazut, de vrsta geologica foarte diferita, dar luata deavalma, o putem mparti n trei categorii etologice, adica definite prin mod de traiu conditiun de existenta. 1. T;ogloxenii, adic vietatile care numai se adapostesc n n general nu departe de intrari, dar care nu locuesc n mod constant nu se reproduc n ele. Printre se gasesc fluturi, vespi, etc., animale care la prima vedere n'au ce caut n ceeace a pe speologi sa .. dee acestei ca tegorii porecla de <>, introducnd, prin aceasta nomenclatura notiunea ca oricare specie de vietate ar pute, dupa nevoie ntmplare, sa intre n compunerea populatiei trogloxene. Ori aceasta conceptie este o profunda eroare, caci n realitate trogloxenii se recruteaza numai din un mie numar de specii, pentru marele regiuni bio geografice. Noua proba ca. norocul ntmplarea sunt zbur dalnice zamisliri ale noastre, dar nu legitimi prunci iesiti clin matca Naturii. : Troglofii, adica specii care vietuesc se reproduc acles n dar care traesc la suprafata. Ei se recruteaza prin tre <>, amatori fortati ai umezelii caci mediul lor intern nu e destul de aparat contra uscaciunii, printre lucifugi>>, iubitorii tainicului ntunerec. Din aceasta categorie recrutat, n toate epocele, categoria a treia tot clin ea se desprind coloniile care navalesc n regiunile noui ce se des chid domeniului pamntesc.

PAGE 38

3 Troglobii, adica neamuri ce traesc numa1 m ce nu sunt reprezentate n alte domenii biogeografice, ai caror indivizi sunt att de strict adaptati mediului lor, nct pier sunt la suprafata de vreo inundatie sau prin alta ntmplare. adevarati exclusivi fii ai ntunecimii nu sunt cum s'a crezut, cum se crede nca acles, nemernice traind zile chinuite de jale amar n bezna negrelor pustiuri scurmate de vremi n temelia straturilor stncoase. Stranie conceptie ce de sigur n'ar fi putut-o ave nostru troglodit din pleistocen, firesc produs nsa al antro pocentrismului care, dupa ce a fost substrat de bazme legende la omul nenvatat, a devenit fauritor de crunte nselaciuni la savantii specialisti moderni. Caci adaptare nu noare nefericire: disarmonie adaptativa? $i nu e oare de crezut ca troglobii, perfect adaptati mediului lor, culeg mai multa fericire, aleg cu :mai putine necazuri, patria lor neluminata, dect n sferele ]uminate ale dat fiind ca aduc astfel de dovezi de im perfecta adaptare ? Dovada hotartoare ca stau lucrurile e ca troglobii for meaza grosul populatiei n regiunile domeniului subteran unde conditiunile de existenta cavernicola sunt normale. Acles dai peste unde cu miile indivizii unor specii; exista chiar destui troglobii cari sunt mai mari, mai sdraveni, mai dect rudeniile lor cele mai apropiate, adoratoare ale soarelui. Ei bine, convingerea mea este ca, daca nu toata, dar cel putin mai toata aceasta populatie numeroasa de specii troglobii este constituita din relicte de toate vrstele, natural mai ales tertiare quaternare, dar n parte mai vechi. Nu pot sa dovedesc aceasta a mea convingere n mod absolut, caci stuacestor troglobii e departe de a fi terminat, dar, de cte ori s'a stabilit temeinic starea civila genealogia acestor fiinte, s;a vazut ca sunt de vita veche si ca stau astazi izolate ori n ' spatiu ori n timp. Domeniul subteran se desvaluie astfel ca un adevarat muzeu d:e relicte ntrebarea se pune de ce acest domeniu e mai (vorizat n aceasta privinta dect mult.e din celelalte ?

PAGE 39

Raspunsul ar cere lungi desvoltari deaceea ma marginesc sa indic factorii ce-i cred precumpanitori : relativa constanta a mediului lipsa de concurenta n lupta yietii rezultnd din simplicitatea compunerii specifiee a faunei. In orice caz cade n sarcina Speologiei, n special a Biospeologiei, folosirea acestui bogat material < ce con stitue fauna subterana; ct de importante Iumini ne pot aduce aceste cercetari, se ntelege dela sine. Relictele, martorii timpurilor trecute, trebuie silite ca sa ne nlesneasca citirea venerabilelor cronici ale evenimentelor padealtmintrelea, convenabil cercetati, ei nu se dau n laturi de a ne informa cu exactitate, proba mica, dar tipica, explicatie ce-ai? avut cu doi troglobii asupra unei con troverse din istoria <. Sub pietre n alte se numeroase la noi, speciile genului de Crustacei isopozi terestri numit Por cellio. Aceste mici fiinte dezarmate se apara contra inamicului alipindu-se exact de substrat; capul celelalte inele ale carapacei, formeaza un scut perfect neted sub care stau ascunse coarnele (antenele) picioarele. de de naravuri este ait gen de Crustacei isopozi terestri numit Armadillidium, tot de lipsit de arme ofensive, mai n aparare. In loc sa adopte sistemul scutului, a adoptat sistemul hapului; de bine potrivite indele carapacei nct, odata strns ghem ca ariciul, n'are ha bar, tocindu cangile coltii de-o sfera perfect neteda. Aceste doua genuri au o de deosebita nct nu poti sa-ti nchipui ca ar pute fi nrudite, cu toate acestea studiul structurii lor arata ca fac parte din Armadillidium nu-i dect un Porcellio specializat n de a se strnge ghem. Frumoasa ipoteza a anatomiei comparate, nu zic, dar fara alte dovezi, caci intermediari ntre aceste doua genuri nu s'au gasit, iar fosile mai putin. Apoi nu ni se poate spune nici cum, nici cnd, nici unde, s'a facut aceasta transformare din n bobitica, prin urmare nu putem ave umbra de de a : de ce ? S'a brodit insa ca ntr'o din sudul Spaniei m'am intlnit cu un Isopod, pe care aflndu-1 nebotezat numit

PAGE 40

Eleoniscus Helene. Ori acest Eleoniscus, troglobiu vechiu relict, e unul din interrnediarii doriti, e fosilul ce s'a oprit c3m la jurnatate de drurn ntre forma Porcellio forma ArNu insist asupra Hirnuririlor ce am aflat dela el acest infirn episod al rnaretii istorii voiarn mb:rnai sa arat curn troglobiile ne permit sa reconstituirn Jan ptrile ce leaga cornponentii spite, curn izbutim cu ajutorul lor sa rnpreunarn iar verigele azi izo late att n tirnp ct n spatiu. Deoarece am rnentionat istoria lui Porcellio si Arrnadilli-. diurn, sa mai citez nca un episod plin de nvatarninte mai generale. urn s'au facut transforrnarile de genul celor rnen tionate? Conforrn vederilor sau acelor opuse, ale neolarnarkienilor Nu pot sa expun aci aceste mari controverse, pentru rezolvirea carora speologia e menita sa procure un rnaterial pretios. Intruct rna sunt convins ca transformarea se face ortogenetic ; pornind dela o anurne spita de Porcellionid s'a ajuns prin transforrnari continue, ndreptate toate ri. sens, din vita n vita pas cu pas, la perfeqia globulara a Armadillidiului de azi. Bine! Dar n aceasta irnens de lunga procedura nu s'a co mis oare nici o nici o dela linia dreapta? Oare pretinzi, exprirnndu-ne n terrneni antropornorfici, ca toti acestei drame au fast iscusiti dibaci, ori adrniti ca pnntre ei au mai fost nedibaci ori ... gogornani ? Gratie speologiei, pot raspunde la aceasta ntrebare. Da, printre spitele care au cautat dobndeasca acel rnijloc perfectionat de aparare, au mai fast si de acele ce au, ca sa zicern ai, scrintit-o; ca n toate colectfvitatile, chiar cele mai alese, au mai fost gogo mani! Pe un nedibaciu de acest soiu, mare gogornan, l-arn ga sit dosit ntr'o din Algeria l-arn botezat Spelaeonis cus Debrugei. E reprezentantul unei vite care ajunsese de rnult l stadiul arrnadillidian cel mai perfect; poate sa se strng ntr'o habita neteda perfect sferidi, nchisa din toate par tile. dar las afara cogernite de coarne, de antene, de care poate sa-I traga n vizunia sa, sau sa nceapa for fecarea cu sucees. De ce i s'a ntrnplat o Evolutia

PAGE 41

a pornit dela una clin spitele porcellioniene africane nzestrata cu coarne foarte mari, coarne care n'au putut ndipe sub carapace. initiala a o acum odrasla! Spita lui Spelaeoniscus, care stapne n vremile trecute mari domenii pe pamnt, a fost strpita cu dela supra fa\a redusa azi la cteva maruntele colonii fiindca sistemul sau defensiv imperfect nu 's'a putut opune victorias armelor clin ce n ce mai perfectionate ale lor. Dar n scundele de sub pamnt, cu arme moderne n'au patruns nca lupta se da tot cu tactica straveche; Spelaeoniscus prin urmare poate dainui n aceasta societate restrnsa de vietati si ele neevolate. Conservatorii ca Eleoniscus ca Spelaeoniscus, su nt mereu elimina ti dintre asociatiile de vietati progresiste; clin ce n ce mai la numar, ei mai pot sa se mentina n medii napoiate pna ce calcaiul nemilos al devenirii striultima lor colonie. Troglobiii nu sunt numai un nepretuit material de studii filogenetice; tot att de importante date ne clau pentru Paleo geografie, adic pentru stabilirea hartilor geografice ale diver selor epoce geologice. martori ai timpurilor trecute sunt jaloane cronologice pentru transformarile n timp ale diverselor neamuri de vietati totodata jaloane topografice pentru ntinderea n spatiu a tarilor marilor unei anumite perioade. Unde geologia nu poate da dect informatii vagi, sau prezumptii prea ipotetice, metoadele biogeografice inter vin foarte acles cu date mult mai precise. Biogeografia este nc foarte napoiata, cci i materialul filogenetic pe care trebuie sa se bazeze care, dupa cum v'am expus dej, abi acum ncepe a se culege. Dar dupa rezultatele dej obtinute se poate prevede clar, ce lumini ce preciziuni vor rezult clin aceste studii prin urmare, ce mare rol vor juc cercetarile speologice n aceasta privinta. Din cele expuse dori sa rezulte pentru d-voastra impresia generala, c lumea noastra contemporana nu este de noua cum se pare, sau cum s'a crezut la nceput mai crede ndi

PAGE 42

si az1 m cele mai multe cercuri stiintifice. dorl sa aveti pentruca este mea convmgere ca e mult mai aproape de adevar dect impresia contrara. Cladirea ce astazi locuim nu e noua clin temelie; pe ziduri puternice de pietre adunate clin toate timpurile, se ntinde nu. mai o subtire tencuiala noua. Locuim n peisage de mult inche gate, cu vietati ce au trait multe nceputuri; repetm gesturi fra nintam idei clin vremi de mult ncaruntite, asta far sa ne dam seama, orbiti de prejudecata radicalelor primeniri. Sositi cu trenul, sau aeroplanul, n marele ne infor mam prin telefon de oarele de vizita a muzeului preistoric, dupa cteva minute de clatorie n autobus, iata-ne n fata vitrinei de contine produsele industriei clin epoca bronzului. Fata de elementara simplicitate a acestei gospo darii, ce misterioase ne apar faptura, vieata gndirea ome nirii clin acele timpuri! Dar, ascunse de doctrinele azi nca predominante, nu vedem n muntii ardeleni sate n tregi de astfel de oameni Gestul telegrafistului fara fir sa executa numai de ctiva ani, dar gestul pios al vecinei, care depune sfioasa pe mormnt hrbul de ulcica de lut cu merinde, repeta o datina nen trerupta de milenii, datina nascuta poate clin idei ce dej se framntau n capul oamenilor mprejurul unui foc pe care chiar contemporanii lor nvatase cei dinti sa-I aprinda! Lasnd la o parte alte multe chestii biologice mari, pentru a caror materialul speologic este de nepretuit folos, neglijnd complect toate problemele importante legate de fichimia, meteorologia speologica; fortat sa nu vorbesc nici macar de aplicatiile practice ale speologice n igiena sociala, n alimentarea cu apa, multe altele, mi iau voia sa va atrag atentia, terminnd, asupra unei fete a speolo giei n strnse raporturi cu misiunea principala a nvatamn fului superior; totodata voiu lamuri ce voesc sa nteleg cnd calific de sintetica. naturale au luat fiinta progresiv prin precizarea observatiilor populare; denumirile categoriile traditio naic ale poporului, ncetul cu ncetul s'au transformat n not iuni

PAGE 43

32 cu stricta definitie. Din prima faza a desvoltarij na turale, care n'a putut sa fie dect o faza descriptiva, dateaza disciplinele zise <> de azi, cum e botanica, zoologia, geologia, fizica, etc. Zestrea pamnteasca a fost deci inventariata elementele ei grupate n categorii Aceasta operatie se poate consider ca o <> de aceea calific disciplinele ce s'au constituit n urma acestei pro ceduri, drept discipline <>. Cu trecerea timpului cu desvoltarea materialul adunat a crescut enorm, provocnd o progresiva scindare a disciplinelor o progresiva specializare a savantilor. Cu ct disciplinele s'au nbogatit n speciale, cu att mai inuit s'au diferentiat unele de altele prin conceptii, metode, etc., clin cauza caracterului lor analitic, cu ct s'au submpartit mai tare, cu att mai mult s'au ndepartat de disciplinele afine. Vechiului enciclopedist care ti vorbi te nvat de <>, s'a substituit spcialistul de azi care nu clin disciplina sa fundamentala dect o mica parte a unei subdi viziuni. Exista specialistul unei singure familii de Coleoptere la ba numara n rnqurile lor chiar speciaai unui singur gen: Hieracium sau Rosa. Sub porticele superioare antice, studentul primi o nvatatura complecta; att corpul, ct mintea, ct inima, erau perfectionate prin gimnastica de esenta superioara, fizi ca, mora]a intelectuala, ce procura trecerea prin cicluri complecte unitare. In universitatile moderne, nvatatura nu se mai ocupa cu perfectionarea trupului sufletului, nu mai e deloc educativa, ci pur instructiya. Studentul iese clin universitate numai cu de specialitati clin ce n ce mai izolate. Profesorul universitar al antichitatii, adica filosoful, pute ceti n cartea naturii ; cite nu e vorba, dar cu un nceput, un mijloc un ce nzestrau pe student cu vederi generale echilibrate ordonate, cu o doctrina unitara, ce suma ntreaga de ce existau pe atunci asupra universului. Specialistul de azi, clin cartea naturii nu dect anume litere sau poate numai una; el nu poate nvat pe altul a o ceti, ci numai a buchisi n ea, ori a silabisi,

PAGE 44

33 de aceea nvatamntul superior s'a marginit clin c tn ce mai exclusiv n sarcina sa instructiva, n detrimntul misiunii sale educative. Dar nu de mult s'au constituit ait soiu de discipline, ce lesemnez sub numele de sintetice>>, nu sunt de loc ramuri ale celor analitice, ci planuite n cadre diferite. Daca disciplinele analitice se ocupa de categoriile naturale in care se pot grup entitatile vii sau moarte ce constituie lumea pamnteasca, nouile discipline sintetice iau ca obiect cerce tarea integrala a unei anumite pof!iuni a acestei lumi, cu toata zestrea ei de factori energetici de fapturi materiale. Aceste discipline se silesc deci sa lege ntr'un tot ordonat armonios toate razlete de disciplinele analitice n domeniul cercetarii lor. Astfel de discipline sin tetice sunt: Oceanografia, marilor, Limnologia apelor dulci, Pedologia sau Agrogeologia, mediilor te restre cultivabile, altele printre care binenteles Speologia, domeniului subpamntesc. Omului care se dedica la o astfel de stiinta sintetica nu-i convine 'numele de <> n sensul disci-: plinei analitice. Pe cnd cel clin urma este menit sa se izoleze :clin ce n ce niai tare n sfera notiunilor ce formeaza obiectul disciplinei sale, cel dinti este. fortat, pe masura ce se <>, ntinda la un numar clin ce n ce mai mare de disipline analitice. De sigur ca aceasta progre sine are 0 limita foarte ngusta date fiind multimea telor slabiciunea mintii dar ceeace e cert e ca ;disciplina sintetica, prin modul cum e croita, e mai favorabila generalizarilor formarii unei mentalitati generalizatoare, deci valoarea ei educativa e mult mai mare; ea se chiar Re masura ce suszisa disciplina se desvolta se perfeqioneaza. Oare aceste discipline sintetice nu sunt ele menite sa ren vi, sub o forma adaptata timpurilor mo derne, vechile celebrele antice unde s'au format cele mai de elita p"ersonalitati ale civilizatiilor moderne dealt l!Pntrelea, ale culturilor clin toate timpurile ? Oare clin predarea acestor noui rasari-va nvatamntul ce combina .iitr'un tot armonios instructie si educatie? Oare renvie-va ace J

PAGE 45

34 educare integrala a trupuli, a inimii a minti, cea dis parut din universitatile noastre ? Eu ca da, caci mijesc indiciile unei evolutii n spirite n scrieri, n aceasta directie. Enciclopedistul vechiu s'a stins pe la nceputul epo cei e posibil sa renvi sub numele Oceanografului, Limnologului sau Speologului Binenteles ca vor fi mai nu vor ave pretentia dascaleasca nvataceii despre <> sau, ca sa nu ntrebuintez acest cuvnt devenit astazi cam compromitator pentru un naturalist, vor constitui o <>. Nu se va buchisi ori silabisi numai n vechea cronica a Pamntului, se vor talmaci din ea bucati ntregi care, chiar de-ar fi scurte, tot vor fi mai pe nteles. Odata cu adevaruri se vor talmaci de sigur ... Ei, Cine poate garant a multe din adevarurile de azi nu vor deveni de mine! Doar cu a fost leganata omenirea n frageda-i pruncie chiar multimii de azi e plamadit tot de .. Deaceea tot sa asculta mai cu drag, tot ele se ntiparesc mai adnc n sufletele., de veacuri pregatite ca sa le pri measca. Cine din noi n'a ncercat-o cu copiii <>; vezi din ochii copilandrului, ndata atintiti, ca deschis mintea inima ca sa-ti. soarba vorbele. <>; pe frunte neteda de copil a par cret i neplacerii alearga pe pareti, dupa Oare ntre aceste graunte omeabi ncoltite continuarea lor universitara, sa fie de mare prapastie cum pretind cei din urma ? Se poate ca aceste ale mele profetii sa nu fie dect iluzii pre zente mutate n viitor. In orice caz debutul stiintelor sintetice e foarte modest. Cetatenia universitara li disputa aprig; ct despre elevi, se ntmpla sa nu aiba nici unul, caci, da! nca nu dau diplome, nu asigura nici posturi

PAGE 46

35 nici :Ql.ijloace sigure de Dar optimismul meu pentru viitor. ramne ntreg. Pe lnga dorul de a ce aceste astmpara poate mai bine dect celelalte, multe din ele, speologia n deosebi, fac sa sbrnie o straveche struna a sufletului omenesc. Oare ce-i dupa deal ? dupa ce te-ai dus sa vezi : ce-i mai departe ? tot pna n rasputeri. Atractia necunoscutului. <>, dorinta de a calc pe locuri necalcate nca, au mpins fara preget omenirea pe carari nebatute, din vremile cele mai ca runte a pe toata suprafata pamntului. acest mbold, ce a facut acum trei mii de ani pe semetii marinari fenicieni sa ndrazneasca pe lor navi, sa periplul Africei e departe de a se strpl. din sufletul omului modern. El n orice caz firea speo logului poarta cu putere, prin prapastii da rmaturi, prin mluri ape, peste pareti vagauni, prin hude strmte, pe frnghii pe plute, tot mai departe spr fund, pna unde nu mai poate trupul sa rasbeasca. In temelie de stnca se deschide o boita nverzita de ferici lustruite, de alge spoite felurit. Cum ai in ttt, te ia n primire racoroasa umezeala ce se scurge din adn cimea Pe masura ce naintezi, lumina de afara apune dar licarirea lumnarii se aprinde tot mai tare. Inconjuri o stnca cazuta din boita, te acateri peste un de na ruituri, dai de 0 ce-ti pare fa.ra fund; iluzie! caci fun du! nu-i departe numai sta ascuns n ntuneric tot nainte, pe hu de nt()rtochiate, prin. galerii cu nalte de unde pe brnci, prin vizunii pline de mluri. Dar iata ca prin neturburata strabate. un Inaintezi cu urechia colsttnd cu ngrijire ca freamatul tot ropot tunator ce sguduie vazduhul cercuit al strmteior vagauni. <> ti zici, dari dupa ce ai trecut un cot de galerie, dai de un pce numai salta harnic printre pietre. Te iei dupa el, cnd prin apa, cnd prin mluri, lunecnd printre stnci poleite sau nglodndu-te n lut cleios. Acum se arata o stfmtoare; ntre doi pareti drepti, ce se pierd sus n negreata, fuge praul

PAGE 47

lin, dar sub oglinda suprafetii nu se mai arata fundul. Descaicul de pnza n el te strecori prin cernita crapa tura. Cu gesturi de echilibrist, pofta neastmparata a bicisnicei luntre de a se ntoarce cu fundul n sus, o mpiedici sa nu fuga prea repede nainte, unde nu ce te Flacara lumnarii nfipta n prora, scon pustiul negru o marunta boare de lumina ce aluneca tacuta pe fata prului acum el amutit. Nu auzi dect ba taia inimei si freamatul vremelnic al mucului ce sfrie. Intunecim'ea ce totul ti pare sleita n neclintita odihna n a celor de apururea moarte, singur ntr'o nedeprinsa lume de nchegata nete sbati ca sa nu te fiorul singuratati Dorul de cele nevazute te atrage tot nainte, iata ca naltii pareti tot mai tare se despart; te plutind pe un laculet, n fata unei impunatoare perdele de puternice stalactite. Din bagdadia boltita neagra spnzura, minunat strujite din piatra cristalina, albe tartamuri ale caror vrfuri se pierd su b apele cernite. La lumina acum ntarita albeata .ncrusta tiilor, cauti trecatoare, caci din experienta ce se ascunde acles dupa cortinele calcare. lata o borticica ce ntr'un colt, chiar deasupra apei! Te cu lumnarea stinsa, cu fata n sus, pe clatinoasa luntre te tragi cu degetele de plafonul vizunii. Capul umede de stnca, prora oarba cnd la dreapta, cnd la stnga. Oare voiu trece? Da rau se strmteaza! 0 opinteaHi; iata ca am trecut! In bezna ntu necimii simti vntul iutdii cu care fuge luntrea pe unei ape Cu bagare de seama restaechilibrul vertical cu friguri de curiozitate aprinzi lumina. 0! minune! Ca n se ntinde n depar'tare, n al beata nepatata, perspectiva radioasa a palatului de zna. Sus, se alba bagdadia pe pareti d,e lapte nchegat, jos, zace un lac adnc pe fund de lespezi de marmur alba, iar apa e de ca nu o poti vede luntrea n vazduh. Tot ce se vede e mbraca:t cu

PAGE 48

37 crisfale ce sclipesc" n miriade de lidiriri colorate; chiar n departarea ce n plapnde tonuri, fulgera mii de scntei cristaline. Luntrea luneca lin, pe prtii de vazduh nevazut, ca n vis, spre fund, unde dintr'o boare argintie rasare o padure naz dravana de stlpi de tU.rle coloane, de turturi flori de piatra, ce se coboara de sus sau cresc din fund, albe sclipitoare, sau cernite n umbre stravezii. C ct te apropii, cu att rasar mai multe, cu att le vezi mai crestate mpo dobite, cu att mai cuprins de mirarea frumusetii. Treci sub o boita mareata, de de transparente piroane ascutite, ca pare mbrac.ta ri blana de peri de ghiata, te afli ntr'o piata marginita de palate. Pe o fatada se ncovoaie fe restruici frumos sculptate ntre zdravene coloane, iar pe alta, clin cerdac de filigrana, te privesc curioase cariatide ce sustin foisoare mndre felurit crestte. De sus coboara un maret pilastru care se subtie apoi ca o funie, ca sa tina pe fata apei un soiu de scut gigantic, ntreg brazdat n creturi. In fata unei boite, spnzura mladioase stravezii, draperii lucii si covoare mpletite, iar dintr'un zimt de bagdadie atrna, fire tartamuri, 0 pnza de returi toarsa maestru cu ciucuri n vrf; ai zice ca o zna ba natancli pus fota la usct. Fundul laclui e o de nenumarat flori de piatra printre cari se nalta pna n pod, marete turnuri sapate n ntregime. Pe mal, o balta cristalina cuprinsa n albie de ala bastru; dela marginele ei, de jur mprejur, se ntinde pe fata apei o dantela de sticla desfirata pe fund stau gramada margele argintii. Dar cine poate povesti n vorbe minunile de forma ce mii de ani le-au tors cu lor rabdare clin caerul de piatra Ca n basmele' stravechi, Fat-Frumos, dar un Fat-Frumos ud mnjit cu lut cleios din cap pna n picioare, a rasbatut prin urgia vrajita pna la palatul fermecat; acum prin salile cu pareti de argint batu ti n pietre scumpe, cau ta pe Ileana Cosnzeana, dar pe o Ileana Cosnzeana cu cel putin trei perechi de labe, cu doua coarne, care se ascunde maruntica n borticele sub pietre!

PAGE 49

In domeniul subteran nu se intra nuniai oblu sau cu lun trea, se mai intraca sa zic as, si prin aer, cu funia, scobors prin avene, prapastii adnci uluce c au sapat pna n creerul muntilor. Pogorrea a purees; abi ai gura larga a avenului, a carui fund se ascunde n ntuneric. Cobori domol scara de frnghie, ostret dupa ostret, legat de mijloc cu o funie ce tode sus slobod brat dupa brat, cu cati lena straveche: <>. Treci clin domeniul plantelor cu flori, mplntate n crapaturi n acel al muschilor, apoi n acel al algelor. Acum stnca goala. Lumina de sus se tot subti bezna ntunecimii de jos se tot cufundat dej n boarea subpamnteasca rece umeda, ce ti-e bine cunoscuta. Un ropot! Te ct poti de parete, caci trece un stol de pietre ca glontii strabatnd ca plumbul tidve >. Tot ncet, caci e mult pna departe! Ai n spate sac plin cu tot soiul de seule instrumente mai barometre, fotograficale, ceva merinde cte altele; trebuie sa te tii de scara de funie, mai ales sa nu scapi clin mna lampa sau lumnarea. $i apoi, bat'o pustia de scara se tot ncu funia; ba chiar cnd spnzura n vazduh, nerza mata de pareti, ti mai trage-o nvrteala de ti fura mintile. Gura avenului apare acum n departare ca o lentila rotunda luminoasa; spnzurat cum dealungul paretelui ver tical ti faci efectul unei ce se plimba n interiorul unei lunete astronomice. Pleci lumina n jos dar tot negreata fara fund. >. Tot mai la adnc; om vede ce-om vede! Stai, c-i bucluc! Prin funie dai semnalul opririi; prapastia n cotituri:i s'a oprit scara ghemuita clae peste gra mada. Trebuie s'o s'o depeni frumos rotund numai apoi s'o arunci prin gura neagra ce ti se casca sub picioare. Cu ropot de tunet se scara strnind pie. trele bolovanii ce se sfarma sgomotoase n profunzime. Cauti sa le talmacesti vaetul caci le cunosti limba. Hei Mai este pna la fund. Te iei dupa ei cotitura ce-ti strnge singura raza ce mai vene dela soare. Acum e bezna n toate parti le.

PAGE 50

39 Mai cobori o vreme. Ct, nu-ti dai seama, par' ca la scur gerea timpului ti-i gndul! lata ca cu genunchii nu mai simti paretele. 0 fi vreun prag! Ba nu, e mai rau; spnzuri n vaz duh. Sus mai n negreata horta rotunda pe unde ai trcut, jos vezi scara cum se pierde n ntunerec, iar prin prejur numai pustiul negru. Oare-i apa ori uscat acolo unde mergem? Oare ajunge scara pna la fund? <. lntr'un noroc. S'a sucit scara, ca nu-i reze mata, acum _coh te coboara de sus; ajungi la fund, paianjen pe un fir, ca si aceste iscusite dobitoace. Te ntinzi jos, lihnit, sa te dar nu te lasa inima. Boarea luminoasa a lumnarii se cu .o boita sapata numai n ntunerec; funia se pierde n negreata pare ca urca drept n sus, de voia ei, ca vrajita. Ait sunet nu turbur vazduhul cernit dect ploscaitul lin ritmat al picaturilor ca znd de undev, de sus, n a pa; minutar neadormit al negrei vecinicii! As numai cu lumnarea nu poti sti, si vrei sa stii. Din sac scotf lampa cu magneziu nvinga toarea flacara ti umple sufletul de multumire. Te-ai cobort clin mijlocul unei boite ce cuprinde ntre paretii ei cebatuti n cristale scntietoare, o arie rotunda de sute de Prin mijloc, albia unui pru mort galbene nisipuri pe albicios. De o parte, mormane de stnci ct casa, cladite ca de smei; de alta, un maret templu egip tean cu de masive coloane, luc ate n dungi albe vinete, de sus pna jos crestate, de puternice de ?ine opintite n plafon, nct ele par ca sustin co

PAGE 51

Dar ina departe ce.:i? prin vizunii ltose, prin cd!paturi, pe brnci prin darniaturi, prin apa prin ml, prin tarna, prin acatndu-te printre stalactite, lunecnd pe de lut, sui scobori, scurmi sa ct mai mult din cele moarte din cele vii. De fU:ga timpului nu'-ti dai seama; ai intrat sub pamnt cnd soarele rasare si iesi cnd apune. Ai pe drum, sa-i zicem aerian, caci ahul nu-i. <> iat o iei dealung_ul frnghiei, ostrt dupa ostret, n ritmate de sus de cei c cnta cantilena. Numai mult mai greu merge la deal dect la vale! 0 ultima opinteala si ai iesit din lumea straina; te ntinzi n lumea pe ia;ba n boarea calda a supra fetii n lumina soarelui prieten. mort de truda, scaldat de apa rece de de sudoare fierbinte, uns cu lut de sus pna jos, ba pe dinauntru de mlul intrat pe mneci pe guler; cu mnile scrijelite de stnci ti pipai genurichii vnataele spetelor. Ti-i lehamite de domeniul sub teran, de misterele de frumusetile lui... pna cel mult a doua zi, cci din buzunarul cel mai ferit ai scos un tub de sticla cu lupa cercetezi acum interesat, plutind n spirt cu ml n doua, micute gzulite strnse sub pamnt, singurele cornod ascunse n dar mai nepretuite dect cele du rate de fudulia omeneasca. Pentru a mai strnge alte gzulite noua, pentru a vede cele nca nevazute, ursit sa din n tera pna ce pterile ti s vor slel n neputinta batrnetii! <>. Pe scara fara a vremurilor, ncet-ncet, omenirea, cnd trasa n jos spre ntunerec de super stitiile ignorantei, cnd trasa n sus spre lumina de adevarurile stiintei. ngrijorare te ntrebi astazi, unde 0 sa ajunga mine? Se suie oare ? Oare se coboara ? In cimitirul din Helsingor, n umbra bisericii batrne, s'a desgropit mormntul; lnga el, Hamlet, printul Danemarcei, n mna povara a unei tivde !lgalbenite,
PAGE 52

a nu fi, aceasta e ntrebarea 1>> Tragica nedumerire ce a n ceput de sigur .sa framnte sufletul omului de ndata ce n creer s'a i:mtut leg ceeace a fost cu ceeace este. Dar, oare aceasta sa fie ntrebarea ntrebarilor, problerna pro blemelor, dilema dilemelor, dela deslegl!rea careia depinde viitorul omenirii si soarta noastra de fiinta omeneasca ? Eu m'as ncurn:et sa cred ca nu. neamuri omenesti nenumarate, fara a ave raspunsul, au strabatut noianul leniarielor a ajuns acolo unde le gasim astazi. Eu crede mai nimerit sa se lasa aceasta problema pe seama competentii teologilor a f!losofilor, ori n sarcina inspiratiei poetilor a printilor fara ca cel faimos print al Danemarcei. Omul care se vaznd ct de repede se ngreuiaza mijloacelor de traiu a noroadelor din ce n mai plodoase, acel care masura cu spaima adncimea nepriceperii acelora cari se opun la formelor noui de organizare productie adaptate acelor cerinti fatale, acel care masur cu durere puterea egoismului orb care plapndele mi jiri de asociatie, colaborare solidaritate ce ncoltesc firesc clin nevoile perioadei actuale, acel om, zic, e convins ca di lema dilemelor e alta si anume: >. sau a nu aceasta e ntrebarea! Caci a nu nseamna: superstitii, egoism orb, concurenta salbateca, nentelegere, rasboiu, foamete, prapad. A nseamna pen tru omenire: Organizare temeinica, ac tivitate rationala, cooperatism, solidaritate, evolutie pacinica. A nseamna pentru om: a-titrai timpul de <
> cu seninatate.

PAGE 53

Sire, Doamnelor si Domnilor, Cu o deosebita bucurie am primit nsarcinarea pe care co legii mei au binevoit a mi-o da, de a raspunde n numele Aca demiei Romne, discursului de intrare n aceasta institutiune al noului nostru coleg, Dr. Emil Racovita a-i spune tradi tionalul <>. Sunt cu att mai recunospentru aceasta cinste ce mi s'a facut, cu ct mi s'a dat prilejul de a exprim sentimentele mele de adnca admira tiune, nu nurnai unui om de de reputatie universala unui din cei mai straluciti reprezentanti ai culturii romne, ci totodata unui coleg de specialitate, de ma leaga, din cea mai frageda copilarie, o strnsa prietenie. Scumpe coleg, In frumoasa ta cuvntare ne-ai explicat, ntr'o forma nte leasa de oricine-de o simplicitate care contrasteaza cu nal timea problemelor ce le-ai expus nti.-'o frumoasa limba mol doveneasca, de care te poate invidi orice literat -rostul nsemndtatea Speologiei; a care are de obiect studiul cavernelor al domeniului subteran, cu toate fenomenele fizice biologice cari-1 caracterizeaza cu toate problemele ce se leaga de el. Ne-ai explicat n special ce este ce Biospeologia, aceasta noua, careia i-ai consacrt ntreaga ta activitate din ultimii '20 ani. Am regratat ca, din aceasta expunere att de lumi noasa, o modestie prea mare te-a facut sa lao parte tocmai acel capital care ar fi putut sa nlesneasca mai bine priceperea nsemnatatii complexelor chestiuni de care e vorba. Ai evitat

PAGE 54

44 a insist asupra istoricului bzologiei caverne/or si a ne arat cum din cercetarile fara un plan definit numai din do rinta satisfacerii unei curiozitati s'a nascut ne voia crearii acelei speciale despre care ne-ai vorbit, n definirea, organizarea desvoltarea careia, rolul tau a fost Ca ci orice biolog ca tu adevaratul parinte al acestei noua ale carei tel uri le-ai precizat, formulat pe ..baze pentru data; ale carei me tode de cercetare tehnice intelectuaie le-ai imaginat, desvoltat aplicat; ale elire! legaturi cu marele probleme generale ale celorlalte le-ai stabilit ndrumat. Mi-ai impus dar mie sarcina de a ndeplini aceasta lacuna a expunerii tale, pentruca, numai cunoscnd istoria acestei se poate frumosul tablou pe care ni l-ai schitat astazi n cadrul mai larg n care apartine, spre a-i pune astfel n evidenta toata nsemnatatea sa. dar sa ncep raspunsul meu, nainte de toate, printr'o ct de scurta schitare a istoricului studiului cavernelor si a Biospeologiei; a astazi recurioscuta de toti 'naca una din ramurile principale ale natu rele, alaturi de Oceanografie, Limnologie de toate acele similare, care au de scop studiul totalitatii conditiunilor fizice biologice din anumite categorii de unitati geografice de pe ntreaga suprafata a globului explicarea lor. I ti cer iertare daca, n aceasta scurta expunere, voiu fi silit a-ti jigni modestia, caci la un botez-fie chiar n Academieorice haina se cere a fi desbracata si mai cu seama acea a modestiei. * Cavernele subterane, pe care ni le-ai descris acum att de frumos care au dat din timpurile cele mai vechi prilejul la toate popoarele aprinda fantazia sa nascoceasca tot felul de basme cum sunt cele din o mie una de nopti, nu puteau, de sigur, sa nu excite curiozitatea omului de sa-I mpinga la cercetari pentru a le explic. Incepnd cu simple descriptiuni topografice, din care ne-a ramas 0 bogata bibliografie din toate timpurile, dorul de a

PAGE 55

explic formarea acestor goluri subpamntene cu toate po doabele lor bogate de stalactite stalacmite, cu domuri gi gantice majestoase galerii, cu ruri lacuri misterioasese desvolta tot mai mult. Marile depozite de oase ale unor an.imale disparute astazi, mpreuna cu urmele unei vechi vieti activitati gasite n aceste locuri, le deschide de asemenea un nou cmp de cercetare, pentru descoperirea fau nelor care au populat rn trecut pamntul pentru cunoavietii omului preistoric, ale carui locuinte au fost. Pa storul protestant Johan Friedrich Esper clin Nrnberg a publicat nca clin 1774 o interesanta lucrare <>. Dorul biologilor de a descoperi specii noua de vietuitoare, ntr'un mediu natural cu conditiuni de vieata cu totul dife rite de a celorlalte medii i cu timpul pe .-ncepnd cu entomologii-de a cercet caver. nele clin punctul lor de vedere, spre a complet asupra faunei florei care populeaza astazi pamntul. Cu modul acesta, nca dela nceputul secolului al XIX-lea, o ntreaga serie de eografi, Geologi, Paloentologi, Antropo logi, Osteologi, Preistorici, Zoologi Botanici ntind cmpul de cercetare al lor n aceste goluri subpamntene. Chiar marii filozofi Leibnitz si Kant au fost ademeniti a se ocup de grote, cautnd a explic formarea lor a stalacti telor clin ele. 0 ntreaga bibliografie, mai cu seama prin publicatiunile periodice ale acestor diferite n care ntlnim numele celor mai mari dintre corifeii diferitelor clin secolul al XIX-lea-ne da descrieri importante despre grote sau despre obiectele gasite n ele. Toate aceste descrieri privesc nsa numai chestiuni speciale, dar nu considera grotele, cu totalitatea fenomenelor fizice biologice ce le caracterizeaza, ca o problema care trebuie deslegata n mod n toata ntregimea ei. Pe la sfqitul secolului trecut, materialul descriptiv-adu nat, n acest fel, de diferitelor ramure ale tuturor acestor ajunge att de bogat, nct se impune nevoia unei coordondri # sintetizdri a rezultatelor, care sa elimineze

PAGE 56

multele ipoteze fantastice ce s'au facut sa le nlocueasca cu generalizari fecunde bazate pe fapte pozitive. Din aceasta coordinare se noua ftiin!d a cavernelor, pentru care s'a adoptat, dupa propunerea neobositului explorator al grotelor Frantei E. A. Martel, numele-creat de E. Rivire-de Speleologie. In aceasta lucrare de coordinare a rezultatelor cercetarilor speciale disparate clin cursul unui secol jumatate ct n nchegarea clin ele a unei noua sintetica, cu teluri bine definite cu probleme de cercetare precis formulate, merite mari mai cu seama trei nsemnati oa meni de francezul E. A. Martel n 1894, austriacul Fr. Kraus n 1894 germanul Walter v. Knebel n 1906 . Ei considera aceasta ca un capital al Geogra fiei, despre care Knebel zice : <>. Din aceasta scurta schita a evolutiunii si a formarii stiintei cavernelor precum clin revizuirea' ntregii literaturi, vede nsa ca pna ad a predominat mai punctul de vedere geofizic, iar cel biologie a continuat a ramne pe un plan se cundar. Noua dar, cu telurile ei astfel formulate, tra teaza de fapt numai Speologia fizicd, care, n adevar, dupa me todele de cercetare de care se dupa felul proble melor pe care propune a le rezolvi, formeaza dupa cum arata v. Knebel-numai un capital clin Morphologia supra fetei globului. * De caverne se leaga nsa n afara de problemele geofizice o serie de probleme biologice speciale -cel putin tot att de importante a caror rezolvire se impune nevoii spiritului omenesc de a de explic totul. Cavernele constituesc n adevar un mediu de traiu cu totul diferit de celelalte. Modul cum vieata a putut sa patrunda, sa se raspndeasca sa se adapteze ad la aceste conditiuni de existenta att de grele ve9nicul ntuneric, temperatura

PAGE 57

47 constanta, aer'i.ll' saturat de umiditate a. m. d.-pentru a pute cuceri domin constitui un < n aceste parti ale pamntului, constitue una din cele mai in teresante fenomene ale biologiei. Studiarea lor a multiplelor probleme ce le nsotesc nu este nsa interesanta numai din punctul de vedere al variatelor forme noua de or ganisme ce le descoperim a distributiei geografice a vie tatilor pe pamnt, ci ele sunt de natura-dupa cum ne-ai aratat n cuvntarea de astazi a ne pune totodata n stare sa patrundem mai adnc n tainele vietii sa urmarim me canismul evolutiei ei. Studiul vietatilor din grote-n ge neral din tot ce constitue mediul subteran-deschide dar un larg cmp de activitate biologilor, fie din punctul de vedere sistematic biogeografic, fie din acela al biologiei pure sau oecologiei al transformismului evolutiei vietii pe pamnt. Cu toate marile perspective ce studiul grotelor deschide cer cetarilor biologiei, aceste s'au restrns la nceput numai la colectarea descoperirea de specii noua de animale mai cu seama la colectarea si determinarea oaselor si uneltelor preistorice care se gasesc' de obiceiu la gurile din gro tele care au fost locuite. Abi mai trziu, o serie de cerce tatori au nceput a simti nevoia de grup rezultatele macar n forma de Faune a Caverne/or ( d. Otto Hamann) de a analiz efectele acestui mediu de traiu asupra organis melor ce traesc n el; majoritatea s'a limitat nsa la tot felul de ipoteze, neadeverite prin fapte pozitive. In voluminoasa literatura ce se nascuse n juru! acestor chestiuni domne nca un adevarat chaos. Un plan sistematic de explorare, o analiza a me diului de traiu cu toti agentii sai a efectelor ce le exercita fiecare asupra vietii organismelor, o precizare a telurilor problemelor de rezolvit, o stabilire a metodelor de cercetare a. m. d., toate aceste nu s'au facut nca. Se deci, ad-ca n speologia fizica-sa vina mai ntiu o coor donare sistematizare a rezultatelor cercetarilor disparate din trecut o precizare a nouilor teluri *

PAGE 58

In aceasta stare se afl aceasta cnd n 1907 apar, n vechea cunoscuta revista franceza <, fundamentala ta lucrare intitulata <. In aceasta lucrare de sinteza, care va ramne ntotdeauna ca un act de nastere al acestei ai gasit mijlocul ca, numai n 120 pagini, cu o pricepere o agerime rara, sa faci o revizie a ntregei literaturi de pna atunci a ideilor emise asupra biologiei cavernicolelor apoi sa le coordinezi rezultatele, grupndu-le n jurul unor anume probleme bine precizate, Eliminnd ntreaga povara de teorii ipoteze fantastice, ai aratat care anume sunt chestiunile care trebuie sa fie studiate problemele care trebuie sa fie rezolvite, pentru a se pute biospeologia pe o baza curat 'In 13 capi tole, ai expus n mod magistral seria de probleme fundamen tale, care compun bazele teoretice ale acestei care trebuie sa formeze de acum nainte telurile nalte, n vederea carora urmeaza sa se ndrepte cercetarile. Tinnd seama de rezultatele pozitive ce le-ai putut alege din multimea lucrarilor din trecut, ai stabilit apoi un _pro gram practic, foarte metodic, de directia care trebuie data deocamdata cercetrilor, spre a se pute adun mai repede materialul necesar de fapte observatiuni a se face astfel posibila pe aceste baze rezolvirea marilor probleme catre care tinde. Citez cteva din aceste ndrumari practice ce le-ai clat:
PAGE 59

49 en partie les lacunes considrables que prsente la connais sance de la faune et de la flore cavernicole ... <> sont plus ncessaires que les recherches <>. Nous visiterons donc le plus de pays possible>>. * Croita ndrumata astfel, Biospeologia ia acum loculca o independenta, cu teluri metode precise-ala turi de sora ei speologia jizicd compun, amndoud la un loc, ace sintetica numita Speologia, care are de obiect stu diul istoriei naturale a domeniului subteran si a tuturor fe nomenelor fizice biologice care se leaga el. Amndoua la un loc, caci-urmaresc probleme diferite-una fara alta nu poate fi conceputa, iar cercetarile dintr'o directie com pleteaza fructific,a deopotriva rezultatele amnduror. Ca n Oceanografie -n toate acele sintetice legate de anumite categorii de unitati geografice cercetarile fizice biologice trebuie dar sa mearga mna n mna. Pornita clin studiul unui numar relativ restrns de grote, acele accesibile omului, Biospeologia gratie bazelor pe care i le-ai pus -acum considerabil domeniul, nglo bnd mai ntiu toate prapastiile crapaturile clin scoarta pamntului inaccesibile omului, despre care ne spui n amin tita lucrare: <>. Apoi vin napele de apa subterana ntregul nivel al apelor freatice, care sunt ele populate cu vietuitoare cavernicole; nfine, vine ntregul zis domeniu hipogeu, adica tot acel vast domeniu care compune habitatul animalelor care traesc n

PAGE 60

so pamnt, fie n humus fie n argiHt La aceste se mai adauga microcavernele precum cavernele artificiale. Astfel campus, domeniul subteran, care formeaza acum cmpul de activitate al Biospeologiei, devine att de vast nct ai putut spune cu drept cuvnt, n urma anchetei ce ai facut-o, ca: printre toate <. numai din Arealul de raspndire pe suprafata glo bului a domeniului care formeaza baza acestei stiinte, se vede dej marea ei importanta. Adevarata ei nsa, i-o dau problemele mari ce are a le desleg care au fost att de magistral expuse precis formulate n ace lucrare fun damentala a ta aparuta n 1907. Cele cteva exemple ce le-ai citat n frumoasa cuvntare de astazi sunt suficiente de a da o idee de naltimea telurilor urmarite de complexitatea diilor pe care se poate ajunge la rezolvirea lor. * Scumpe Coleg, $tiinta care ai creat-o are un adnc fundament n nevoia organica de a a spiritului omenesc, a carui curiozitate ai fost n stare s'o pentru a-1 face dornic sa cunoasca conditiunile de traiu, formele manifestarile vietii modul ei de adaptare n domeniul subteran. Ai putut sa-1 adememai mult, aratndu-i ca ad este una din caile care-l pot conduce, att spre reconstituirea mai a istoriei vietii de pe pamnt a formelor prin care a trecut ea ct spre o constatare pe cale experimentala mai lesnicioasa a modurilor de adaptare ale vietii n general, adica spre o ex plicare a mecanismului evolutiei a transformismului. l-ai clcschis dar perspective spre rezolvirea unor probleme mari, care de mult chinuesc mintile cercetatorilor naturalisti si a filosofilor care au fost care te-au a'demenit pe tine

PAGE 61

sa parasesti cercetarile clin domeniul anatomiei si embriolo giei comparate spre a le ndrept catre studiul vfetii clin go lurile subpamntene. Scnteia, pe care amnarul tau fermecat a aruncat-o pe iasca att de usor inflamabila a curiozitatii mintii omenesti; a prins. Astazi sa fii fericit, vaznd pe ntreaga a globului, o armata de cercetatori, nflacarati clin ace scnteie, exploreaza grotele dupa metodele ndrumarile tale n ve derea rezolvirii telurilor nalte ce le-ai stabilit. In toata lumea mereu se creaza se pomesc noua ntreprinderi n ac est scop, si chiar acum n urma, am vazut chiar n saracita Austrie pomindu-se inifiativainfiintarii unui nou Institut de speologie. Dar orice ntreprindere, orict de bine chibzuita, are numai valoarea omului care sta n capul ei. Intelepciunea poporului romn adica acele simple maxime zicatori, n care con denseaza el toata nvatatura ce a tras-o clin meditarile linistite clin experientele ale unei vieti bimilenare -' de care te tu, astazi, ad n conferinta ta, ca atunci cnd conduceai n strainatate mari ntreprinderi in ternationale, ne spune, ca: <. Reufita bio speologiei progresele gigantice realizate ntr'un timp mai scurt de 20 ani se nu numai modului cum ai pus bazele ei teoretice, ci n prima linie faptului ca nu numai un om de conceptie ci de actiune ca astfel te-ai pus tu singur n capul ntregei ntreprinderi ai organizat studiile: dnd directivele, adunnd coordonnd rezultatele tot ma terialul colectat tragnd concluziile. In aceasta privinta a fost ad de un mare folos darul tau natural de bun organizator; pentru care expeditia <> te-a ales ca organizatorul conducatorul cerceta rilor ei biologice n gheturile polare antartice; pentru care, tie strain, ti s'a ncredintat conducerea statiunii biologice franceze dela Banyuls s/m, tot pentru care dupa moartea 111arelui zoolog Lacaze Duthiers-ti s'a n credintat si redactiunea celei mai vechi si mai renumite reviste de Zoologie' clin Franta. Tragnd nvataminte clin istoria acestei ca dealtfel din istoria tuturor ai vazut ca, fara 0 organizare

PAGE 62

temeinica a cercetrilor n virtutea unui plan determinat de actiune, se zadarnic o munc entuziast bani, far a se obtine rezultatele corespunztoare. Ai creat dar, sub a ta directie pe a ta socoteal mai ntiu la SorbonaCentra/a. cercetdrilor biospeologice mondiale, care luat n srcinarea punerii n aplicare a ntregului plan de actiune. Aici : ai facut inventarul tuturor cavernelor de pe fata glo bului, care compun obiectul de cercetare al acestei ai fcut planul general de studiarea lor, stabilind problemele ge nerale speciale modul de mpartirea muncii n vederea rezolvirii lor; ai studiat perfectionat metodele tehnice de cercetare; ai pregatit instructiuni pentru echiparea materiala intelectuala a expeditiilor ce se fac n acest scop n diferite regiuni ale lumii; n fine, ti-ai adunat colaboratori att pentru munca n Centrala ct pentru explorarile de pe toata fata globului. Organizarea ta nu s'a mrginit nsa numai la aceste lucrari pregatitoare a cercetarilor, ci, n timp, ai organizat un Muzeu speologic, n care concentrezi tot materialul adunat de colaboratorii tai exploratori de unde repartizezi apoi studiarea sa de catre diferitelor grupe de organisme. formeaza ei o noua serie de colaboratori, din toata lumea, pe care ai sa-i atragi sa-i faci sa con tribue cu munca si stiii.ta lor la aceasta mare lucrare. Infine, pentru toate lucrarile din aceasta munc organizata ce se de ctre speinternationali, care conlucreaz la htudiul pro bierne n grotele laboratoarele raspndite p toata fata glo bului -mentina legatura lor organica sa formeze un tot armonic, ai nfiintat o revista special: <>, n care se centralizeaza se publica rezultatele muncii tuturor acestor cercetatori. Rezultatul muncii tale, att de priceputa, este ca, numaintr'un timp de 19 ani, s'au explorat peste 1000 de caverne din toate tarile lumii s'au publicat deja, n 54 de memorii, rezultatele cte au putut fi gata studiate pna acum a acestor explorari. Att conceptiunea teoretica pe care ai pus-o la baza acestei noua -care a nflacrat pe atti exploratori

PAGE 63

53 nvatati din toata lumea, facndu-i colaboratorii tai devotati ct organizarea practica ce ai dat-o ntregei ntreprinderi de cercetari studii este o opera de maestru. Ca om de obiectiv, nu puteam dar His ca ntr'o conferinta despre Speologie sa nu figureze aceasta parte im portanta din istoria acestei in te sa nu se ara te rolul coce 1-a avut acel care a creat-o, organizat-o dezvol tat-o caruia pentru fapta sa, o att de mare recunostinta. Dar nici nu puteam las ca, tocmai ad n Aca demia Romna, aceste merite extraordinare ale unui compa triot sa nu fie jwmenite cu cuvenita expresie de si admiratiune. Noi, numai ti suntem recunoscatori pentru ceeace ai facut, dar suntem mndri, pentruca opera ta de maestro poarta pecetea geniului creator al mintii poporului romnesc; ea este 0 dovada de ce poate produce inteligenta acestui popor cnd este pt.Jsa n conditiuni favorabile de munca de des* * Scumpe Coleg, Datoria de ce mi-am ndeplinit-o, completnd ex punerea ta cu istoria ce ai creat-o pe care de a ne-o spune, mi-a redus o buna parte din timpul ce-mi er ngaduit pentru a face ad dupa cum se expunerea ntregei tale activitati ai aduce elogiile ce i se cuvin. In raportul ce l-am cetit n plenara a Academiei dela 2 Iunie 1920, cu ocazia alegerii tale ca membru, am schitat rodnica activitate ce o pna la ace data. De atunci au trecut nsa 6 ani, cari, pentru un om de o capacitate o energie ca cea de care ai clat dovada pentru o fire de luptator neobosit realizator nentrecut ce nu pot nsemn dect 0 noua perioada de munca, cu 0 noua serie de cuceriri n domeniul adevarului, binelui frumo sului, carora i-ai nchinat vieata. Ma voiu sili dar sa completez ace schita, cu cteva trasaturi, sa clau portretului tau

PAGE 64

54 sufletesc ace expresie adevarata pe care i-a dat-o noua lumina n care ai fost pus. Daca, pna la Iunie 1920, te-am putut vede ca un om de atacnd cele mai grele variate pro bierne clin toate domeniile biologiei teoretice practice producnd lucrari a caror valoare -prin conceptiile la care te nalti, prin adevarurile ce le constati prin metodcle exacte de cercetare ce le ti asigura un loc de onoare ntre cei mai nsemnati biologi ai timpului. Dadi n acel timp am putut sa te urmarim: cnd ca om de laborator redactor al unei reviste cu reputatie mondiala, la Sorbona; cnd .ca cercetator al biologiei marine clin Mediterana clin Oceanui Atlantic; cnd ca explorator n gheturile antarctice; cnd ca neobosit cercetator al go lurilor subterane, unde, scoborndu-te pe lunga scara de frn ghie trndu-te pe brnci n noroi, caufi n ntunerecul vernie al pamntului sa gdseili lumina problemei viefii, ace care-ti continuu gndirea ta. Daca, pna atunci, te-am putut urmarl lucrnd n multe variate domenii de cercetare, spre a constat pretutindeni dunga luminoasa pe care a lasat-o ac tivitatea ta, apoi, dela ace data nainte, gndul fapta ta mai iau o noua directie, potrivita noului mediu de traiu si de munca n care te-ai stramutat. Marele rasboiu, care pen tru neamul romnesc a reparat o nedreptate istorica, ntrunind ntr'un singur Stat toate ramu rile sale despartite de veacuri, a produs o zguduitura puternica si n sufletele multor dintre oamenii de stiinta si artistii ro inni cari traiau n strainatate, facndu-i' sa n patrie spre consacr ad munca lor pentru consolidarea ei. Tu, scumpe coleg, ramas cu sufletul curat romnesc, nsa nchinat idealurilor pure, traiai-ras fatat de prietenia colegilor care te apreciau de ospitalitatea traditionala a unei tari gencroase, care er gata oricnd sa te adopte ca fiu al ei n atmosfera curata a Frantei, unde nu ntlneai nici ura nici patima puteai urm n calea ta catre idealurile ce ti le-ai ales. Rasboiul ti-a zgu duit tie sufletul te-a facut sa cu entuziasm che marea ta ca profesor de zoologie la noua universitate rom-

PAGE 65

. 55 neasca din Cluj. Ai parasit dar mediul ideal n care puteai sa continui a-ti n cu spor activi tatea celor mai productivi ani ai vietii tale, pentru a te pune n ser viciul consolidarii prin cultura a patriei renascute. Ai trebuit acum sa te adaptezi la un nou mediu sa nveti a lupt pentru noua te luri cu noua metode, pe care nu erai nca deprins a le mnui. Pentru unii dintre noi, care cu ce greutati avem de luptat ca sa putem ajunge sa producem aci o lucrare serioasa de se pare a fi 0 minune ca ntreaga ta ntreprindere biospeologica a facut progrese att de mari dupa stdimu tarea ta n tara. Lucrul e explicabil, caci ai avut prudenta de a-ti aduce o parte din mediul care te ncon jur, transportnd cu tine: institutul, biblioteca, cartoteca, co lectiile, revista chiar pe unii din colaboratori, ai creat din ele acel institut de cercetari speologice din Cluj care astazi e o fala a tarii. In adevar, pna asHizi, numarul cavernelor ex plorate aproape s'a dublat, numarul memoriilor publicate de asemenea a. m. d. In aceasta privinta, deocamdata, poti fi ; ba chiar poti fi multumit ca ai stramutat centrala Biospeologiei in mijlocul n apropierea unor regiuni clasice a cavernelor golurilor care vor nlesni mult lu crarile prosperarea acestei Dar tu, ntorcndu-te n tara, nu te-ai gndit numai la progresele Speologiei, ci ai venit hotart sa lucrezi cu toata rvna pentru naltarea nivelului general cultural al tarii. Metodic cum ti-ai alcatuit chiar un program n acest scop. Ct de convins de nevoia unei astfel de actiuni, am vazut-o din multe pasagii ale interesantei tale cuvntari de astazi, J?. care ne spui dl ai gasit ;:tci chiar n satele din regiunea cavernelor transilvanene pe care le-ai cercetat-stari culturale preistorice . Ai vazut deci repede raul te-ai gndit la cauze pentru a gasi remediile. Dupa ct mi-ai spus-o, cre dinta ta este ca primul pas trebuie sa-1 facem perfectionnd nvatamntul superior cu toate institutele sale, spre a-1 pune n stare sa produca ct mai repede un stat major cultural capabil de a duce aceasta lupta. Om de actiune cum te-am vazut pornindu-te imediat la lucru urmaresc cu ncordare tenacitatea ta. Ti-a fost

PAGE 66

s6 de sigur sa ajungi la primele rezultate n Universitatea clin Cluj, acolo unde un avnt de tinereta nflacar inimele unui corp profesoral plin de entuziasm, pe care amnarul tau fermecat ca la nceputul organizarii cercetarilor speologice-sa-I ntretie prin scnteile ce le arunca cu mae strie. Numai cine ti-a urmarit munca de ansamblu si de de taliu ce o depui, zi cu zi, pentru organizarea acelei universitati a institutelor ei, poate dea seama cta ti tara pentru s e rviciile ce i le aduci, tocmai n aceasta chestiune, a carei importanta nu e numai culturala ci de prestigiu national. * Dar gndul tau, odata pus n n aceasta directie, nu se numai la mici chestiuni de organizare super ficiala de regulata functionare a institutiunilor universitare; el cauta a patrunde mai adnc n firea lucrurilor a vede daca organizarile actuale corespund adevaratului rost ce tre buie sa-I aiba. Chiar n cuvntarea ta de astazi, explicndu-ne rostul Speologiei, ne-ai aratat valo'area ei educativa n ra port cu vechile discipline ale naturale. Ne-ai aratat ca, pe cnd vechile discipline, zise <>, duc n mod fatal la ace extrema specializare unilateralitate dau natoare educatiei, stiintele carora tu le zici <> sunt . clin contra menite <
>; ca: <>. Prin aceasta ai a tins, de sigur, o mare problema. Caci ne voia de a progres ct mai repede, prin speciali zarea dusa la extrem, a mpins n adevar nvatamntul su perier de desvolt tot mai mult partea sa instructiva n dauna misiunii sale educative. 0 reforma radicala, care sa puna nvatamntul superior n stare de a mpac de a co respunde deopotriva acestor nevm a evolutiei culturale

PAGE 67

57 moderne, se impune dar fara ndoeala. Idea pe care o em1t1, ca sintetice ar pute ndeplini mai bine acest roi edu cativ dect vechile discipline zise fundamentale, este, de sigur, buna fecunda. Ca unul care, ca tine, pornind dela Zoo logie, am ajuns, prin cercetarile mele asupra Dunarii, la o sintetica, sora cu Speologia, pot sa confirm n totul sa-mi clau seama de marea importanta a chestiunii pe care .o pui, .. te rog sa-mi ngadui de a adaug cteva observatiuni propm. Impartirea naturale n discipline, care, n loc de a urmari numai inventariarea, clasificarea descrierea regnu rilor naturii, sa caute a desleg dupa anume categorii de unitati geografice -tot complexul de probleme fizice bio logice legate de aceste ct de a explic fenomenele ce le nsotesc, corespunde de sigur unei nevoi reale a starii n care a ajuns astazi desvoltarea felului cum se pun acum problemele ei. Cea mai buna dovada despre aceasta este, ca, clin mijlocul secolului trecut pna acum, s'a creat o ntreaga serie easemenea ca: Oceanografia, Podo logia cu Agrobiologia, Limnologia cu Hidrobiologia, Gla ciologia; etc., de sigur se vor cre mereu altele, pna ce toate categoriile de unitati geografice care compun fata glo bului vor form mpreuna cu toate complexele de probleme fizice biologice ce se leaga de ele cte o noua independenta. Chiar acum de curnd a aparut o lucrare a cunoscutului geograf Penck, intitulata <>, n care arata nevoia crearii acestei fundamentale independente. Aceasta nevoie a evolutiunii de a reform regrup vechile ei disciplini n vederea nouilor teluri ale cercetarilor, convine nsa foarte bine si nevoilor educative ale nvatamn tului superior. Caci, n adevar, rolul educativ al acestor' sintetice, cu multilateralitatea problemelor metodelor lor de cercetare cu varietatea de de fapte de pro cedee ce se cer caci de fapt fiecare are de obiect un ntreg colt de lume poate fi fara ndoeala foarte mare. Chiar clin propria mea experienta pot sa citez un exemplu concludent pentru adeverirea acestei pareri: Vechile celebrele Muzee

PAGE 68

de Istoria naturala din marile Capitale ale Statelor din apus, ale caror colectiuni foarte bogate sunt expuse clasificate pe bazele vechii sistematice, au ajuns astazi aproape fara vi zitatori; din contra, nouale Muzee, ale caror colectiuni sunt expuse pe baze biologice dupa unitatile geografice care for meaza mediile naturale de traiu ale organismelor, au un numar de vizitatori foarte mare. Tnarul Muzeu de Istorie Na-. turala din Bucuresti-care a fost unul dintre cele dinti Muzee organizate aceste principii -are asHizi un numar de vizitatori de 2 5 ori mai mare ca cel din Berlin; aceasta se dupa cum o constata profesorul Kckenthal, directorul Muzeului din Berlin, ntr'un interesant articol ce 1-a publicat-nu faptului ca publicul berlinez ar ave mai putin interes pentru Istoria Naturala dect cel i modului de expunere al colectiilor Muzeului din Bucureti, care e fcut pe baze biologice, dupa mediile de traiu diri di feritele unitati geografice. Astazi, multe din marile MuzeeBerlin, Dresda, Londra, New-York, Washington, Chicago, etc.,-ncep, dupa initiativa cunoscutului Zoolog Mu zeolog Prof. Mobius, a pune n magazii vechile lor colec tiuni sistematice, spre a servi astfel numai cercetarilor spe ciale, pe cnd colectiunile publiee le organizeaza din nou dupa metoda biologica cu mediile de traiu. Statisticele publicului vizitator al Muzeelor constituesc dar un. adevarat plebiscit n favoarea importantei educative a sintetice. Importanta cea mare educativa a sintetice o for meaza nsa, n prima linie, telurile lor atragatoare, variatele probleme interesante ce au a le desleg metodele lor de cercetare tehnice i intelectuale. Speologul, Oceanograful, Lim nilogul a. m. d. avnd a o mare parte din activi tatea lor ca exploratori, pregatirea speciala ce li se cer n acest scop trebuie sa aiba n vedere, nu numai de a le da cunotinte stiintifice ci si de ai-i face ndemnateci si a le desvolt caadidl, cum ai zis foarte nemerit, <;sa se adreseze deo potriva trupului, mintii inimii1>. Daca astazi n universitati cu laboratoarele lor se caut a se form mai mult Mrudifil> i <-cu memoria suprancarcata de tot felul de cu notinte mpovartoare, menite a fi uitate mai curnd sau mai

PAGE 69

59 trziu, nsa nendemnateci pe teren-sintetice au nevoie de <>, a se orient repede din bi bliografie asupra oricarei chestiuni ce li se prezinta a sa aplice imediat metodele indicate pentru cercetarea ei pc teren. Tocmai n aceasta pregatire speciala a studentului, ca cercetdtor independent f explorator, sta marea valoare edu cativa a acestcr stiinte sintetice. Deaceea cred si eu, ca, n nvatamntuf ; stiintelor sintetice li se cuvine n adevar o cu mult 'mai' mare, iar cursurile lor trebuie sa fie facute ct mai accesibile ca cele de geografie-stu dentilor tuttiror Fii sigur dar ca scnteia pe care ai aruncat-o n aceasta directie va prinde ca-ti vei un nou drept la recunotuturor, daca cu experienta ta bogata mintea ta limpede-ai studi modalitatile practice pentru introdu cerea unei asemenea reforme att de necesare n nvatamntul supenor. Scumpe Coleg, Munca ce o depui pentru organizarea consolidarea Universitatii din Cluj, -ca sa zic adevarul, a universitatilor nvatamntului superior n general-nu se limiteaza nu mai la studiarea linistita a proiectelor de reforme si la consfa tuirile cu profesori'-de al caror concurs sigur. Ea se ntinde cu mult mai departe o buna parte din timpul pe care ai fi dorit sa-I consacri n n tregime cercetarilor stiintifice. Pornit din lumea a conceptiilor nalte a cercetarilor pe teren, te ntlnesc acum urcnd mereu trep tele tuturor Ministerelor, pentru a apar drepturile laboratoa relor sau a fondurile necesare activitatii lor; te-am gasit cu toata aversiunea ce ca o ai pentru zisa politicastnd n parlament, ca reprezentant al Universitatii din Cluj, pentru a veghe legislatia culturala a te opune masurilor anticulturale; te gasesc n toate comisiile, unde e vorba de cultura sau de nvatamnt, cu chestiunile gata studiate so lutiunile pregatite; te gasesc oriunde e vorba de o participare

PAGE 70

6o la o ntreprindere internationaHi, sau culturala, n care se angajeaza prestigiul tarii unde tu ai ntotdeauna memoriul gata, aratnd ce trebuie sa se faca s. a. m. d. Ghioz danul tau care nu te niciodad -e plin de tot felul de cereri catre autoritati dela toate laboratoarele si institutele tuturor uriiversitatilor din tara. Tu ai devenit fata de lumea politica, qficial ne oficial staruitorul neobosit pentru drepturile putinta de a lucr a tuturor institutiilor de nvatamnt superior de cultura din tara. Cunosc deceptiile ce adeseori le ai, luptele ce le duci putinul interes ce de multe ori pentru propunerile importante ce le faci. Cu toate acestea nu te-am vazut nca descurajat; dici cercetarile tale asupra problemelor biologice vieata ta de explorator n mediile cele mai aspre te-au de prins sa fii rabdator, sa mi-ti pierzi tlul din vedere sa sa lupti cu agentii protivnici ai oricarui mediu. Vieata cu care te-ai n ntunerecul din golurile pentru ca, trndu-te prin noroi sa ajungi la < spre a gasi o < care sa-ti arate istoria vietii de pe pamnt sau sa-ti descopere mecanismul evolutiei ei-aceasta a fost nvatatoarea ta cea mare., care te-a deprins sa a su port cu ngaduire ntunerecul sau noroaele altor medii, spre a ajunge la realizarea naltelor teluri ce le Scumpe Coleg, care formcaza organismul tau sufletesc de elita, cu mediul intern att de pronuntat caracterizat printr'o puternica vointa independenta de judecata -nu sunt numai un caracter individual, n cursul vietii prin influenta mediilor grele n care au trebuit sa. ti se oteleasca. puterile: ele sunt consolidate prin ereditate stau pc un puternic fun dament filogenetic. Te tragi dintr'o veche familie boiereasca din Moldova. Din acei vechi boieri care au trebuit sa munceasca din greu 11i

PAGE 71

sa cultive n familiile lor toate virtutile spre a nu cade n raprin rapacitatea nouilor boieri ce veniau clin Fanar. Stra bunii tai dupa tata se odihnesc de 300 ani n cimitirul voastre astazi expropriata, dela clin judetul Vaslui. Dela ei ai mintea sanatoasa, ntelep ciunea vietii, modestia, dragostea de nvatatura darul de organizare. Tatal tau a fost un om nvatat, :u dragoste pentru literatura, care 1-a facut sa fie unul clin membrii sta tornici ai J unimii literare clin Dela marna care er o distinsa artista-ai mostenit simtul frumosului si al binelui. Cu astfel de ;i venit pe n astfel de traditii ai crescut. Educatia ce ai primit-o a fost clin cele mai alese, sub ochii ai parintilor precum a edu catorului tau, neuitatul poet om de gust Anton Naum, care a fost si una clin ilustratiile Academiei noastre. N euitatul Grigore Cobalcesct; -la picioarele caruia am stat amndoi pe banca timp de 5 ani la Institutele unite clin Iasi-a fost acela care clin tinerete ti-a desvoltat dra- gostea de natura dorul de a-i patrunde tainele ei. Cu o astfel de pregatire ai plecat la Paris pentru a-ti face studiile superioare, urmnd, mai ntiu, dupa dorinta tatalui tau, dreptul, iar apoi, dupa dorinta ta, naturale. In toate lucrarile tale se vede influenta acestei armonii de pe care le-ai dela parinti pe care le-ai capatat prin educatia aleasa ce ai primit-o. 9i chiar, n frumoasa ta expunere de astazi, alterneaza pagini tratnd pro funde chestiuni cu descriptiuni de 0 rara frumu seta literara. este, de ex. descriere ce o dai despre peregrinatiunile tale prin caverne despre frumusetile clin golurile subpamntene cu palatele de marmora ale znelor. Chiar adnca filozofie a vietii cu care nchei cuvntarea ta, aratnd ce nseamna pentru om omenire <

PAGE 72

Scumpe Coleg, Cnd activitatea ta stiintifica a fost si este att de vasta de rodnica, cnd pentru afla;ea adevarului rea lizarea binelui si frumosului este att de mare si cnd attea nobile virtuti mpodobesc sufletul u, Academia Romna -de greaua sarcina ce-i revine astazi pentru a organiz patron ntreaga culturala a nea mului romnesc -nu poate dect sa fie fericita de colabo rarea ta sa-ti spuna acum prin glasul meu: Fii bine venit ntre noi

PAGE 73

27 27 R. JEANNEL REVISION DES ,CHOLEVA" LATREILLE POUR SERVIR A L'HISTOIRE DU PEUPLEMENT DE L'EUROPE.

PAGE 74

HEVISION DES "CHOLEVA '' LA TREILLE pour servir l'histoire du peuplement de l'Europe, PAR LE Dr R. JEANNEL Sous-Directeur de l'lnslilut de Spologie de Cluj (Roumanie). SOMMAIRE INTRODUCTION (p. 1). J.-L'APPAREIL COPULATEUR DES CHOLEVA (p. 3). Technique (p. 5). Morphologie compare de l'appareil copulateur (p. 6) : Appareil copulateur femelle (p. 6); Appareil copulateur mle (p. 9); son sac interne (p. 9), rgion apicale (p. 10) et rgion basale, armature copulatrice (p. 13). -volution de l'organe copulateur (p. 19). Phylognie (p. 22). II. SYsThiATIQUE (p. 2lo). Diagnose du genre (p. 25). -Tableau des espces (p. 29). Subgen. J eann. (p. lo3) : spadicea (p. '); Winkleri, n. sp. (p. lo6); garganona (p. loS); paskoviensis (p. 50); punctata (p. 51); major (p. 52); Subgen. s. str. (p. 5lo) : dorsigera (p. 5lo); Marseuli, n. sp. (p. 56); Emgei (p. 59); cribrata (p. 61); agilis (p. 62) ; Bedeli, n. sp. (p. 6?); jailensis, n. sp. (p. 68); septentrionis, n. sp. (p. 68); lateritia (p. 69); Matthiesseni (p. 70); sibirica, nom. nov. (p. ?1); bos ni ca (p. ?2); Barnevillei (p. ?3); oblonga (p. ?5); Minozzii (p. 79); pilifera (p. 80); villosa, n. sp. (p. 81); nivalis (p. 82); biharica (p. 86); Breiti (p. 8?); Doderoi (p. 88); oresitropha (p. 90); Reitteri (p. 93); Solarii (p. 95); cisteloides (p. 9'i); bicolor, n. sp. (p. 103); glauca (p. 105); angustata (p.108); obsc u ripes (p. 110); Zolotarevi (p.112); Sturmi (p.113); Fagniezi (p.11 ?) ; brevistylis, n. s u bsp. (p.122); gallica, n. subsp. (p. 122); gracilicornis, n. subsp. (p. 122); Uhagoni (p. 122); spini pennis (p.12lo); Jeanneli (p. 126); elongata (p. 129); lib anotica (p. 132); sparsi collis (p. 13!,.); angistrina (p. 136). Species incertae sedis : norvegica (p. 13?); Augustalisi (p. 137). III.-TUDE DIOGOGRAPHIQUE (p. 138). Peuplement des massifs anciens de l'Europe (p.139); Tyrrhnis (p.139).-Apen nins (p. HO). Egide et massif dinarique (p. HO). Atlas tellien (p. H4). Caucase et massifs cimmriens (p. 145). Scandinavie, Russie (p. H5). Massifs hercyniens extra-alpins (p. H6); espces atlantiques (p. 146), espces hercyniennes (p. 1!.9). Esquisse de la Gonmie des Choleva (p. 153). IV.-AUTEURS CITS (p. 157). INTRODUCTION Dans une Note sur la << variation des pices copulatrices chez les Coloptres>> (JEANNEL, 1922, p. 324), j'ai insist sur le rle principal que la spcialisation de l'organe copulateur avait d jouer dans la formation des espces. J'ai dvelopp encore cette ide dans une tude des Catopinae L'ABEILLE, XXXII, 15 dcembre 1923

PAGE 75

2 R. JEANNEL de Biospeologica (1922 f, p. 2) et je ne crains p "as de rpter ici, enco.-e une fois, la conclusion pessimiste dduite de ce que les descripteurs de Colop tres sembhmt avoir toujours s;ystmatiquement ignor qu'il existt des caractres sexuels, savoir : Tant qu'il n'aura pas t fait dans chaque groupe de revision complte de toutes les espces avec tude comparative des pices copulatrices, tout ce qui sera dit sur les relations phylogniques des espces doit tre tenu pour faux, toute gnralisation biogographique est d'avance fatalement condamne l'erreur; Les CholeCJa vont nous donner une premire preuve l'appui de cette affirmation. On les considrait, en effet, jusqu' prsent, comme des espces la plupart trs largement distribues dans toute la rgion palarctique et trs variables par leurs caractres secondaires, ri particulier par la forme des trochanters postrieurs des mles. C'tait dire que le genre deva,it tre rcent et que ses espces taient volution. "Or, la ralit est toute autre .. L'tude de l'organe copulateur con duit distin guer un certain nombre d'espces dont les sont parfrutement fixs; on constate de plus que ces espces dfinies par les caractres sexuels ont des aires gographiques restreintes, discontinues, toujours en rapport avec les palogog.caphiques du Tertia.lre . Loin d'tre das espces rcentes en pleine priode d'volution, les CholeCJa sont au contraire des lments anciens et trs spcialiss de la faune europenne. Le 1:1ac interne de l'organe copulateur mle nous montrera un certain nombre de types spc'ialiss d'armatures copulatrices !lt ces types, cons titus par des orthognses diverses, permettront de dfinir de petit!! groupes, des lignes dont nous pourrons suivre l'histoire travers les vicissitudes gologiques de la fin du Te1tiaire. Ayec un matrfel restreint, il sera donc possible d'aboutir d'intressantes gnralisations. En gnral, les tudas de Biogographia sont menes d'une toute autre manire. On s'adresse de nombreuses espces, dans des groupes divers1 donc sans beaucoup de souci de leurs gnalogies diffrentes; on dresse les cartes de leurs aires de rpartition et, lorsqu'on a accumul ainsi des masses de documents, on cherche les diffrences et les analogies. Entre les mains d'Entomologistes expriments, ayant non seulement une connais sance approfondie des faunes, mais aussi sens critique acr, cette mthode arrive parfois donner des rsultats, tmoin l'intressant travail de J. SAINTE CLAmE-DEVILLE (1921, .P ) sur les espces lusitaniennes n. Mais combien cette mthode est dangereuse!

PAGE 76

REJ!JSION DES CHOLEVA 3 Les espces que l'on met en action dans ces combinaisons gogra phiques ne sont pas revises. J'entends que le groupe auquel elles appar. tiennent n'a pas t l'objet d'une revision complte avec tude des carac tres sexuels. Est-on bien sr dans ces conditiom qu'elles sont des units spcifiques? Est-il vrifi par exemple que les Lestea fontinalis Kiesw. et Ancyrophorus aureus Fau v. des grottes de Moravie appartiennent bien aux mmes espces que ceux de France et d'Angleterre? C'est possible, mais ce n'est pas sr. Sans revision complte des groupes, on ne sait rien sur la phylognie, la gnalogie des espces dont en tudie la carte de distribution actuelle. On se prive de renseignements bien importants et on s'expose rapprocher des types de distribution en apparence semblables, mais produits par des histoires gologiques diffrentes. Car il est certain qu'ayant suivi dans les temps passs des routes diffrantes, deux espces peuvent avoir aujour. d'hui des aires gographiques semblables, de mme que deux espces ayant subi des volutions diffrentes peuvent arriver se ressembler par convergence. Aussi suis-je d'avis que toutes les cartes de distribution isoles, malgr le soin apport les dresser (Entomol. Bltter), sont sans aucune valeur. Lorsque ces cartes ont t patiemment groupes par centaines, toutes en vue de l'tude d'unergion faunique restreinte( J. SAINTE CLAIRE-DEVILLE, 1921, p. 390) les causes d'erreur peuvent s'attnuer et on peut arriver par approximation quelques gnralisations. Mais la vraie mthode de la Biogographie, mon sens, est celle qui consiste s'adresset un petit groupe zoologique ou botanique bien dfini, le reviser fond et en tirer, avec beaucoup moins de peine, les enseignements qu'il comporte. 1. L'APPA-REIL COPULATEUR DES CHOLEVA L'ide de trouver dans l'appareil copulateur mle des diffrences permettant de distinguer les espces ou mme les genres et les tribus n'est pas nouvelle. P. ORMANCEY (1849, p. 227) a depuis longtemps affirm que l'examen de l' tui pnial >>pouvait permettre de distinguer coup s1lr les espces douteuses et il a mme cherch tablir une mthode pour reconnatre l'espce, le ganre ou la tribu, suivant les caractres de telle ou telle partie de l' << tui pnial Plus tard, G. KRAATZ (1881, p. 113) a repris les ides d'ORMANCEY et insist sur Je parti qu'on peut tirer des

PAGE 77

R. JEANNEt caractres des organes copulatems pour dterminer le!! espces. Mais on s'tonne qu'il n'ait pas lui-mme mieux exploit cette mthode! D'ailleurs, jusqu' derniers temps, presque tous les auteurs qui ont donn quelques indications sur les caractres des organes copulateurs, l'ont fait avec une sorte de dfiance. Un certain misonisme, la ncessit de remplacer la loupe archaque par l'arsenal du microscopiste, la crainte de dissactions sacrilges des types, que sais-je encore 1 sont causes que mme de nos jours, parmi les descriptions de Coloptres il n'y en a pas deux sur cent qui fassent allusion aux organes copulateurs. Leurs auteurs ne se doutent pas que dans un avenir prochain leurs descriptions ne vaudront gure plus que ne valent aujourd'hui les diagnoses de LINN ou de GEOFFROY 1 La seule srieuse objection qui ait t contre l'emploi des carac tres !!exuels dans la Systmatique est qua l'organe copulateur serait trs variable et ne fournirait pas des caractres constants dans la mme espce. La routine aidant, cette opinion fut naturellement accueillie avec faveur et sans contrle. Mais en ralit elle est tout fait inexacte. Je ne connais pas encore un seul cas de variation impo:rtante intraspcifique de l'organe copulateur. Lorsqu'une espce possde uri type spcial d'organe copula teur,on observe bien de petites variations de ce type, en plus ou en moins, mais toujou1s les diffrences spcifiques des organes copulateurs sont bien tranches, alors qu'il est souvent bien difficile de sparer certaines espces d'aprs leur morphologie externe. On peut mme dire que les diffrences sexuelles sont d'autant plus nettes que les espces se ressemblent plus extrieurement, car ces espces caractres extrieurs continus ont presque toujoms t produites par isolement gnital. La vrit est qu'on a trouv les caractres sexuels inconstants parce qu'on les a examins non pas dans des espces homognes, mais dans des groupements htrognes faussement baptiss de noms d'espce. Celui qui aurait examin l'organe copulateur chez Cholei,Jacisteloides,il y a vingt ans, aurait pu trouver ses caractres inconstants, car il aurait confondu ceux des Ch. cisteloides, Ch. bicolor, Ch. glauca, Ch. angustata. Mais le tort aurait t prcisment de conclure, par ide prconue, l'inconstance du carac tre sexuel, au lieu de se dfier de l'unit de l'espce tudie. Et pourtant, tn possession d'une mthode nouvelle, d'un critrium de l'espce, ne devait-on pas en essayer tcutes les applications? Il fallait approfondir la morphologie de cette << clef spcifique qui doit ne pouvoir ouvrir que certaines serrures )) dont parlait dj autrefois Lon Dufour,

PAGE 78

REVISION DES CHOLEVA 5 tudier le sac interne renfermant les vritables pices copulatrices. Il st facile alors, en s'levant un peu au-dessus de la seule Systmatique, de constater combien espces ainsi dlimites par leurs caractres sexuels constituent des groupements naturals. Technique. -Pour tudier en dtailles pices copula tri cos et surtout le-. sac interne, il est vident que des prparations microscopiques sont nces saires. Mais l'examen des caractres sexuels indispensables pour la dtermination des espces peut se faire sans cela chez les Cholef'a. Il s-uffit d'attirer au dehors l 'deagus ou le segment gnitalfemelle d'un petit crochet trs fin et de prparar l'insecte sur une paillette de carton perfore, de faon que toute la rgion postrieure du corps partir du mtasternum soit visible de dessous par la perforation. Pour faire des prparations miCioscopiques d'organes copulateurs de CholefJa, j'ai adopt la mthode suivante, trs expditive. ORGANE COPULATEUR MALE. L'insecte est plac pendant un quart d'heure dans un mlange parties gales d'acide actique cristallisable et d'eau distille, que l'on chauffe 50 C environ; la ramollissement est alors complet. On dpose alors l'insecte, la face vmtrale en haut, dans une goutte d'eau, sous la loupe binoculaire et on s'arme d'une aiguille lan. cole pointe lgrement replie pour maintenir l'insecte ct d'un petit crochet trs fin et trs pointu, fabriqu tm tordant la pointe dtrempe d'une aiguille lingerie n 16 Kirby Beard. Il est trs difficile d'extraire sans dgts l'deagus par la fente anognitale, surtout sur du matriel ancien. Je prfre accrocher la base du dernier segment ventral et l'carter de l'avant-dernier; par la large fente transverse ainsi produite, on accroche facilement l'deagus que l'on extrait en le tirant par sa base. Le segment ventral est rabattu sa place et il ne reste aucune trac3 de l'op ration. L'organe, une fois extrait, est alors plac dans un verre de montre renfermant quelques gouttes d'acide actique pur que l'on porte l'bul lition sur la flamme d'une lampe alcool. L'air si gnant pour l'observa tion, contenu dans l'intrieur de l'organe, est chass instantanment de ce fait. On monte sance tenante dans la glycrim-glatine de Kaiser. Veut-on tudier l'armature du sac interne, il est ncessaire d'isolar ce sac et de l'ouvrir, car parois sont trop opaques pour laisser voir par transparence les dtails des_phanres qu'il contient. Se servant donc toujours des deux instruments indiqus on brise la gaine forme par

PAGE 79

6 R. JEANNEL le lobe mdian, on isole facilement le sac que .l'on dsinsre du bec du lobe mdian ct enlve avec las ligules, ct on dchire enfin sans trop 1 de peine sa face dorsale avec la pointf:l du crochet. Puis le sac est tal mont. RGANE CO.PULATEUR FEMELLE. -Il est facile sur l'insecte ramolli, comme il a t dit d'accrocher le segment gnital par la fente anognitale et de le tirer au dehors. Sa membrane d'insertion se distend suffisamment pour qu'il soit possible da la sectioimer d'un coup de ciseaJx trs fins. Le segment griital est alors mont dans la glycrine-glatine O il est facile de ie tourner pour i'xaminer sur toutes ses faces; Morphologie compare de l'appareil copulateur. J'ai d] indiqu ailleurs (1922/, p. 22) les principaux caractres de l'appareil mle des Chole"'. Mais est ncessaire de avec dtails ce sujet et de voir ce que devient le typ gnral d'dagus che-z les diverses espces. tu'de, faite comparativement avec celle de l'armure gnitale femelle, va nous permettre de suivre et de coin prendre l'volution de ces organes trs compliqus, de nous rendr compte de leur spcialisation et, par contre coup, de c'onstater de quelle manire se sont isoles les nombreuses espces actuelles. 1 Ai?PAREIL coP.ULATEim FE-MELLE . Le segment gnital femelle, en grande partie chitinis, est normalement cach dans l'abdomen; il est uni au dernier segment visible par. une longue membrane et peut. tre vagin en totalit pendant la ponte. J!e plus les sclrites qui Je composent sont runis par des parties mollesi mem bt aneuses, trs extensibles, de fflon qu'ils peuvent s'carter beaucoup les uns des autres pendant la copulation (fig. 1). On distingue dans le segment gnital femelle des Chole"'a. un scl_rite dorsal (tergite), deux sclrites latr-aux symtriques (pleurites) et des .sci rites ventraux. Le .tergite est variable de forme. Chez les espces les moins .spcia lises (Ch. spadicea, Ch. pasko"'iensis, Ch. major, etc., fig; 57 60), !la la fo_rme: A'un tergite norm?I.i un s?lrite large, l.l!li,A !;>or4 apical arrondi et poi(s. les forme se modifie; il se s'allonge, perd parfois pubescen -ce_

PAGE 80

REVISION DES CHOLEVA 7 en gnral se creuse en gouttire concave en dedans. L'examen des figures qui accompagnent la partie systmatique de ce travail, mieux que toute description, fera voiv comment la forme de ce tergite s'adapte, dans J'. FIG: 1. des pices du sac interne vagin avec les sclrites gnilaux femelles pendant la copu]ation, chez Ch. ciste/aides; :vue latrale droite. Recons. titution des lxemplaires conservs en alcool. L'deags se prsente sa:face dorsale tourne en !;las, ses pi.oes ventrales en rapport avec les pices dorsales de la femelle.-o., sommet du lobe mdian de l'deagus; st., styles latraux; l., ligules; d.,' dent dorsale en rapport avec la partie sternale du segment gnital femelle; v., dent ventrale venant soulever le tergite femelle; i.; tergite d'u segment gnitai femelle; p.,' pleurite; y., pygidium de la femelle. ia plupart des cas, par. :modelage .rciproque, celle de la ,dent ventrale du sac interne du m.l.e, qui vient se placer dans sa concqvit pendant la copulation (fig. 1) . point que.)orsqu'on ne connat. que la fem.elle d'un' e espce, g est possible de prvoir ave.c la forme que doit avoir la dent d:u sac inteme du mle. Il est cependant des cas o ,le tergite femelle prsente chez. des espces vois.ines une, diversit de forme qui ne semble pas correspondre des caractres adaptatifs; on est plutt en prsence de caractr.es sexuels secondaires, d'ornements sexuels. cas en particulier des tergites des Ch. cisteloides, h. bicolor et Ck. gla,uca, espces voisines .dont femelles sont pra.tiql).ement indterminables ,leurs caractres extrieurs, mals ont des tergites excessivement diffrents (fig. 164 170). Lesmles n'ont cependant pas des organes copulateurs trs dissemblables

PAGE 81

8 R. JEANNEL par leur forme gnrale. Mais en tenant compte des car-actres ornementaux du tergite, il est facile de constater qu'il existe un certain degr de coaptation entre ce tergite et la dent ventrale du sac interne; c'est ainsi que le tergite du Ch. glauca est fortement excav corrlativement avec le dveloppement de la dent du mle. Les pleurites sont de larges sclritec; vaguement triangulaires, bombs et juxtaposs aux cts du tergite. Ce sont proprement parler des pleuro tergites, car ils semblent bien faire partie de l'arceau tergal du segment. La comparaison du segment gnital des Cholea avec celui des Bathyscii nae (Rev. Bathysc., 1911, p. 52) montrt en effet que les pleurites du premier doivent tre homologues de la partie latrale replie du tergite des seconds. De plus, ils n'ont jamais aucune connexion avec les styles ventraux, qui, eux, appartiennent au pleuro-sternite. Leur forme varie suivant les espces. L'angle apical est tantt aigu, tantt largement arrondi; ils sont plus ou moins fortement bombs et ehitiniss. Parfois leur sommet se recourbe en dedans comme pour accrocher les pices vaginables du sac interne du mle (Ch. oresitropha, fig. 125 et 147). Les pices sternales du segment gnital sont en gnral trs peu chi linises chez les Cholea. Elles sont reprsentes par une large surface mem braneuse entre les bords ventraux des deux pleurites. Chez la plupart des espces, les organes dorsaux du sac interne (paquets d'pines, sclrite dorsal) viennent en contact avec le sternite membraneux pendant la copulation et le distendent, facilitant ainsi la pntration du bec de l'deagus. Mais on observe un sternite sclrifi, contours dfinis, chez les espces dont le bec del'deagus est large et pais, soit bifide (Ch. nia lis, fig. 134), soit mousse (Ch. Jeanne li, fig. 226). L'tat de sclrification du sternite gnital chez les espces dont on ne connat que la femelle permet encore de prvoir, dans une certaine mesure, quelle forme, large ou troite, doit avoir le sommet de l'deagus du mle. Mme lorsque le sternite est totalement membraneux, on voit tou jours, du ct ventral, deux styles, courts, parfois rudimentaires, termi ns par une ou deux soies en gnral insres sur un bouton apical, hrisss de deux ou trois soies sur leur bord externe. A leur base et en dehors d eux se trouve toujours un petit sclrite _portant l:lne soie et reprsentant le pleuro-sternite sur lequel les styles spnt articuls. Dans le pourtour du segment gnital l'anus (dorsal) et l appareil reproducteur (ventral). Il aucun sclrite dans la partie

PAGE 82

REVISION DES CHOLEVA 9 copulatrice de ce dernier, sauf cependant chez une espce, Ch. Jeannelz (fig. 226) dont le pourtour de l'orifice vaginal est fortement chitinis. 2o APPAREIL COPULATEUR MLE. Le segment gnital est rtractile, trs modifi, atrophi et trs diffrent d'un anneau abdominal {JEANNEL 1922 f, p. 77, fig. 98); sa partie tergale est hien dveloppe, sclrifie, pubescente, mais les pices ventrales sont atrophies et membraneuses. L'deagus est du mme type que chez les N argus et Catopomorphus. Il est toujours assez arqu, pais, symtrique; le lobe mdian est attnu au sommet, sa pice basale et le tegmen sont relativement longs; l'orifice basal est normalement vas. Les styles latraux sont toujours trs gros, trs grands, plus ou moins comprims latralement, bien diffrents par leur dveloppement de ceux des Catops; leur sommet porte deux petites soies insres sur la face interne et diriges en dedans. L'orifice apical du lobe mdian est ventral, rgulier, symtrique; il est ferm par deux ligules en gnral allongs et toujours peu chitiniss, entre lesquels apparat la pointe de la dent apicale du sac interne. Le sac interne des CholeCJa mrite de retenir l'attention cause de son haut degr de spcialisation chez la plupart des espces. Il est form par une dilatation ampullaire de la terminaison du canal jaculateur et est contenu presque en entier dans la gaine chitineuse rigide constitue par le lobe mdian. Les parois sont assez paisses, peu transparentes; aussi, pour en bien voir l'armature chitineuse, est-il ncessaire de briser le lobe mdian, d'en extraire le sac interne et d'inciser ce dernier, tout au moins sur une partie de sa longueur. Les types les moins spcialiss de sacs internes chez les CholeCJa sont tapisss d'pines nombreuses, assez semblables, toutes diriges vers le ct apical et assez rgulirement groupes en quatre ou cinq larges bandes longitudinales, une dorsale, deux latrales et deux ventrales (Ch. spadicea., fig. 2, Ch. BarneCJillei, fig. 5, Ch. agilis, fig. 4, Ch. oblonga, fig. 6). Mais chez la plupart des espces, des rgions de ces bandes se sont spcialises, les pines se sont transformes en dent.s lamelleuses et soudes ensemble pour constituer de vritables organes de forme dfinie, dents composes, lamelles, crtes chitineuses, etc. Il est presque toujours facile de constater sur ces phanres les traces de la soudure des lments chitineux qui les composent et de vrifier qu elles sont bien produites par la transformation de groupes d'pinP.f.l.

PAGE 83

10 R. JEANNEL Deux r{:,rions sont bien discerrtables dans le. sac interne des CholePa et ont un rle bien diffrentpendantl'ac!)ouplement. Ce sont : 1 Une rgion apicale, qui se retourne en doigt de gant pendant la copulation; elle porte des .. pharires spciales q{li se hrissent en tous senset ont pour rle d'ouvrir. et de distendre les organes gnitaux .. de la femelle. Les pices de fo;rme ,dfinie de cette rgion du sac se, adaptes par modelage rcipr9que aux s clrites du segment gnital 2 Une rgion basale, qui ne se retpurne. pas; mais se trouve. po1:1te prs de l'orifice externe par.le retournement .de. la r:gion . ,apic.ale. Elle con.tie:11t la.mati:re spermatique qui s'agglutine peut7tr.e dans son cul-depices =qui-occupent ses parois ont la forme de. mors ou de d 'piries,. ayant videmm.ent pour rle de pousser le sperme Pextrieur. : C'est la partie vraiment copulatrice d1,1. sac . Ajoutons que.Je rE;Jtournement. du sac interne s'opre par.la q.i!s larges muscles insrs sur de l'orifice basal du lobe mdian. appliqus .sur la partie basale .saillante du sac .interne. RGION APICAL DU' SAC INTERNE.-'-'-Le bord apical du sac s'inSre sur. les cts de la face interne du bec du lobe mdian et ,suHa ds ligules : Assez souvent (fig. 4; 6 t 17) des bandlettes de renforce ment dorsales l'tbntlue du r'etournement du sac. :L'organe le plus impottant de ; la rgion apicale du sac interne est certa:inenient 1 a grosse dent trs fo1;tement chit.inise dont la pointe ap. pa ratt toujours entre les ligules; Normalement dveloppe, comme chez Ch. 'ciSteloides, par exemple', e'lle est convexe du ct dorsal, sa pointe est un peu incurve du ct ventral et dirige vers l'orifice apical Cfig,et 11). Pendant le retournement du sac, elle se retourne elle-mme (fig v 1:2); sa pointe bute contre le tergite du segliteitt gnital de la femelle, pui:s sa face dorsale convexe viet se loger dans la concavit du tergite. qu'elle soulve et ctte dent ventrale existe presque toutes les i espces; elle est cependant trs rudimentaire parfois (Ch. Bedeli, fig. 92) et ne fait dfaut. que chez les CholePbpsis. dont le tergite gnitalrfemelle Ii' est d'ailleurs nullement spcialis (Ch. spadir.ea, Ch.' paskoPiensis):Chez Ch. spadicea:on trouve sa place un' pais buisson d'epines qi la remplace' certainement, dans sa fon'ction; il n'y en a pas trace chez-Ch'. paskoiensi's dont, par contre la aent 'dorsale s'est considr ablement diffrencie; Lorsque la :dent es.t c6urt et 'large, comm'e Ch; agilis '(fig.:) letergite gnital femelle est court et. plat (fig. 82); chez les espces o .elle strtrslongue et

PAGE 84

REVISION DES CHOLEVA 11 droite, comme Ch. Fugniezi par exemple (fig. 203) le tergite femelle est long et troit, profondment creus en gouttire (fig. 194). On' const : ate toujours une relation assez troite entre la forme de la dent et celle du tergite. FIG 2 et 3 ----'sacs internes des Cholepopsis, env. x 60. -FIG, 2. Ch. spadicea, d'Herculesbad; d., dent dorsale; l., ligl,lles. -FIG, 3. Ch. pa.kooiensis, de Galicie; a., armature copulatrice visible aprs incision de la face dorsale du sac, Cette dent ventrale est manifestement forme par la transformation et la .deux de dents et convergentes du ct apical. peu . agilis '(fig. 96) et des espces voi sines a une forme caractristique n v pointe apicale et nette ment comme forme par la juxta,position d'un certain nombre de phanres lmentaires. De plus, (Ch. Barnevitlei; fig. 109, Ch. Afatthies;eni, fig.' 104, et Ch. fig: ) la point 1 1 ' 1 f. . -1 1 multifide de la derit trahit son origme complexe. Les parties basales fusion.: n 's une ?e q 'i 1 ) 1 ... 1 \ 1 1 ,.. s'est incurve en gouttire ou en forme de dos de cuiller (Ch. oblonga, t. r ,. . . : fig : H3,Ch. oresitropha, fig. 149); se modelant dans la concavit du tergite de l a femelle; chez d'autres es2ces, ces parties basales sont par fs deux p ophyses basales tes, qui tujours et

PAGE 85

12 R. JEANNEL gnent que la dent est bien forme par la fusion de groupes symtriques de phanres. Chez un certain nombre d'espces, il existe encore dans la rgion apicale du sac interne une dent dorsale. Cette dent existe seule chez Ch. spadicea (fig. 2); elle est excessivement dveloppe chez Ch. b. 6. FIG. 4 6.-Sacs internes des Choleva, env.x60.-FIG. 4. Ch. agilis, du bassin de la Seine; b., bandeletles de renforcement apicales et dorsales. -FIG. 5. Ch. Barneilfei, des Zibans, sac vu par Je ct droit. -FIG. 6. Ch. oblonga, de Camargue, sac vu du ct dorsal; b., bandelettes de renfor cement. Les bandes longitudinales d'pines se voient par transparence. (fig. 3). On la trouve l'tat d'bauche chez beaucoup d'espces et s'est spcialise chez Ch. cisteloides de faon soulever et distendre les parties &ternales du segment gnital femelle pendant la copulation (fig. 1). A l'inverse de la dent ventrale, catte dent dorsale du Ch. cisteloides n'est forme que par une seule phar:re; mais chez les autres espces elles apparat nettement comme produite par la transformation de la bande d'pi nes La rgion apicale du sac prsente enfin de petits paquets d'pines

PAGE 86

REVISION DES CHOLEVA vaginables, plus ou moins dvelopps (Ch. elongata, fig. 17), qui se hrissent pendant le retournement. du sac et concourent distendre les parties molles du segment gnital femella (fig. 1); ces pines sont transformes en grosss dents composes chez Ch. oresitropha (fig. 9 et 147). RGION MOYENNE ET BASALE DU SAC INTERNE : ARMATURE COPULA TRICE. --La grande varit des armatures chitineuses de la rgion basale du sac interne des Choleva, armatures qu:J l'on peut appeler<< armatures copulatrices est surp1 enante. On la comprendrait si elle tait en relation avec una varit semblable de forme de spermatophores. Mais il ne semble pas qu'il existe ch9Z les Coloptras des spermatophores vritables, c'est -dire des poches spermatozodes plus ou moins rigides et de forme dfi nie. De semblables spermatophores encapsuls sont depuis long temps chez les Orthoptres et certains Lpidoptres, mais aucun auteur n'en a jamais signal chez les Coloptres f-t pour mon compte je n'en ai jamais trouv l'occasion des nombreuses dissections que j'ai pu faire. Chez les Coloptres, les spermatozodes sont tout au plus groups en faisceaux et plus ou moins agglutins par la scrtion des glandes acces soires en amas plastiques .. Il n'est donc gure possible de s'expliquer le rle spcial des pices diffrencies de l'armature copulatrice du sac interne; on ne peut que constater leur grande diversit de formes. Certains sacs internes de Choleva ont une armature copulatrice trs peu diffrencie. Chez Ch. spadicea (fig. 2) toute la rgion basale est hrisse de longues pines disposes sans ordre; chez Ch. agilis (fig. 4), Ch. oblonga (fig. 6), Ch. Barnevillei (fig. 5) la rgion basale porte des bandes longi tudinales d'pines nombreuses qui se prolongent jusque dans la rgion apicale. Le canal jaculateur se continue sans interruption valvulaire avec le fond du sac interne dont la paroi ventrale est occupe par une large et profonde gouttire, continuant la lumire du canal et tapisse de pines cailleuses. C'est sur les deux plis saillants limitant les bords de cette gouttire que se diffrencient les phanres copulatrices. Un type peu volu s'observe chez Ch. nivalis (fig. 7) et Ch. Doderoi (fig. 8). Les plis ventraux portent des faisceaux de grandes pines et en dehors des plis, sur les faces latrales de la rgion moyenne du sac, se trouvent deux autres faisceaux d'pine!'. En outre, la paroi dorsale de la rgion apicale porte aussi deux paquets d'pines qui s'avancent assez loin sur les parties latrales de la rgion m oyenne. Nous verrons qu'il est

PAGE 87

R. JEANNEL facile .d'homol.oguer ces six d'pines du .Ch . niCJalis avec phanres composes des .autres CholeCJa. .:'. 1 La curieuse armature copulatrice du Ch. oresitropha(fig. 9) en est. diractement drive. Chez cette espce, la partie mo.yenne sac porte duc.t FIG. 7 9. Sacs internes des Cho/ea, env. x 60. -FIG. 7. Ch. nia/is, des Beskirlen; la face dorsale du sac est ouverte pour montrer l'armature co lat.rice; s., sillon ventral bord par les deux plis ventraux portant des faisceaux d'6pines; p., faisceaux latraux d'pines; d., paquet dorsal form de deux faisceaux d'pines; 1., ligules et dent ventrale. -Fu;. 8. Ch. de Laconi; mmes lettres que pour le prcdent. -FIG. 9. Ch. oresitropha, de la Rodna; la partie apicale du sac est incise sur sa face latrale droite; o., dent ventrale; d. a., dents apicales au nombre de quatre, une paire dorsale ct une paire ventrale; c., phanres conchodes, disposes par paires. ventral deux paires de phanres composes, conchodes, en forme de castagnettes, accoies l'une l'autre par leur face concave, dans chaque paire. Ces phanres, qlie l'on voit nattement formes par l'accolement d'une mul titude d'pines, se sont constitues au dpens des deux paires de fasceaux ventrale et latrale, que nous avons vues encore spciaJises chez

PAGE 88

REVISION DES CHOLEVA f!i Ck. ni"alis et Ch. Doderoi. On constat(: de mme que les deux paires de gr,andes dents apicales du Ch. oresitropha correspondent des paquet-,., d'pines qui se trouvent chez Ch. niPalis, deux latraux et deux derniers ne se voient pas sur la figure). .. Ch .. cisteloides (fig. 10 12) prsente une armature copulatrice diffrente, mais qu'il est possible aussi d'homologuer celle du Ch. niflalis. Ji. Fw. 10 12. Sac interne du Clwlcla cisteloides, de La Bonde, env. X 60. -FIG. 10. Face latrale gauche; a., dent dorsale; v., dent ventraiP, -FIG. 11. Le sac compltement incis sur sa face dorsale el tal; a., armature copu Jatrice; deux crtes composes et les deux dents externes. -FIG. 12. Sac vagin, face latrale gauch; d., dent dorsale; v., dent ventrale; a., arma ture copulatrice. Ici les plis sont libres dans la rgion basale, mais se continuent dans la rgion moyenne par deux ranges ventrales de grosses dents irrgulires accoles et plus ou rrioins soudes de faon constituer deux grosses crtes saillantes; de coupe triangulaire, s'adaptant l'une l'autre sur la ligne mdiane comme les deux mors d'un tau. La dent apicale de ces crtes a bord libre arrondi (fig. 12) et en dehors de l'extrmit apicale de crt.e sc trouve de chaque ct une grosse dent triangulaire trs fortement chitinise. n est clair que les crtes du Ch. cisteloides

PAGE 89

R. JEANNEt faisceaux ventraux du Ch. niPalis, les deux grosses dents isoles du premier aux faisceaux latraux du second. La figure 12 montre comment ce curieux organe du Ch. cisteloides est port au dehors par le retournement du sac. Toutes les espces du groupe de Ch . cisteloides et aussi les Ch. obscuripes et Ch. ZolotarePi (fig. 13) possdent la mme armature copulatrice. e-. F1c. 13 et H. Sacs inte.nes des Chole.va, env. X 60. -FIG. 13. Ch. Zolotarevi, du Caucase; sac demi vagin, vu par la race latrale gauche; 1., v., dent ventrale, e pines ventrales de la base de la dent; l'armature copu latrice est visible par t ransparence. -F1c. 111. Ch. Reitteri, du Bihar, la race dorsale de la partie basale du sac est incise; s., large sillon ventral tapiss d'cailles; d., dent dorsale; w phanres copulatrices. Des crtes en forme de mors d'tau s'observent chez d'autres espces, par exemple chez Ch. paskoPiensis (fig. 3) et chez Ch. elongata (fig. 16). Mais chez ceux-ci les crtes occupent le cul-de-sac basal et sont encore plus volues; les phanres qui les composent sont entirement fusionnes et c' est peine si l'on reconnat la trace de leur soudure. Cependant on peut constater que chez Ch. paskopiensis les crtes sont formes par des chanes de dents, comme chez Ch. cisteloides, tandis que celles du Ch. elongata semblent plutt constitues par des lments disposs en long.

PAGE 90

REVISION DES CHOLEVA 17 Dans des sries d'autres espces il ne se forme pas de semblables crtes longitudinales sur les plis limitant la gouttire ventrale. Ces plis sont seulement couverts d'cailles chez Ch. Sturmi et Ch. Fagniezi (fig. 15), mais leur extrmit apicale porte deux dents composes de chaque ct, qui semblent bien toujours homologues des faisceaux d'pines du Ch. niCJalis . FIG, 15 17. Sacs internes des Cho/ea,, env. x 60. -FIG. 15. Ch. Fagnie=i, de La Bonde; sac ouvert par sa face dorsale, montrant le sillon ventral ct lt>s deux plis ventraux portant les dents cbmposes; dans l'angle apical de l'in cision apparaissent les pines vaginableR de la partie apicale. -FIG. 16. Ch. elongata, de Hessen; sac ouvert par sa face dorsale : en bas les deux crtes chitineust>s de l'armature copulatrice, en haut les 1\pines de la rgion apicale. -FIG. 17. Sae vagin du mme, face latrale gauche; s., pines de la rgion apicale, hrisRes; " dent ventrale. Chez Ch. Reitteri (fig.14) et Ch. Solarii, la place de ces dents est occupe da chaque ct par une grande phanre en forme de crochet recourb vers la base, largi son extrmit en spatule dentele. On peut s.e demander .. quel rle doit avoir cet organe bizarre. Il existe enfin deu;x: espces qui se distinguent tout fait des autres. par le type de leur armature copulatrice. Elles se font, d'ailleurs, aussi L' ABEir.LB, XXXII, 15 dcembre 1923. 2.

PAGE 91

iS R. JEANNEL remarquer par des caractres externes trs spciaux. Ce sont les Ch. dor sigera (fig. 19) et Ch. M arseuli (fig. 18). On verra que ces P,eux espces, qui se res11emblent tonnamment, possdent, des organes copulateurs mles trs diffrents d'aspect. Elles ne diffrent pas moins par leurs armatures copulatrices. Ftc. 18 et 19. Sar.s internes des Cholepa du groupe dorsigera, env.x60,F1c. 18. Ch. Marseuli, d'Adana, sac ouvert par sa face dorsale, montrant le pli unique mdian surmont d'un rang de dents ventra!P.s, latralement les chalnrs de dents recourbes vers la hase.-F1c. 19. Ch. d' Akbs, sac ouvert par sa face dorsal e lais.o;ant voir l'invagination ba.o;;ale surmonte d'un faisceau de larges P.pinE!s. imbriques en pomme de pin; latralement les paquets latraux Chez toutes deux il n'existe pas de sillon ventral, mais, au contraire, une saillie unique ventrale. On voit chez Ch. dorsigera une grosse saillie de la paroi ventrle au fond du cul-de-sac; cette saillie est surmonte d'un gros faisceau conique de larges pines lancoles, comme les cailles d'une pomme de pin; au del du faisceau la saillie mdiane se continue par un pli peu saillant et de quelques pines. De plus, les faces latrles du sac prsentent de gros paquets d'pines trs nombreuses. Chez Marseuli (fig. 18) ces paquets latraux sont remplacs de

PAGE 92

JUiJ! ISION DES 6JiOLETlA chaque ct par une chane de dents dont la puinte est tourne vers la base ; le milieu da la face ventrale est soulev par un large pli mdian arrondi et rgulier, lui aussi surmont par une srie linaire de dentr. au nombra d'une douzaine. Nous voyons donc que les armatures copulatrices des Clwlec}a se trouvent des stades volutifs divers et que la comparaison des espces permet de comprendre comment les types les plus spcialiss ont pu driver de l'armature copulatrice simple du Ch. agilis par exemple. Cette transformation s'.:!st faite dans des directions diffrentes et ce sont les diverses sries orthogntiques observes dans cette volution qui nous serviront dfinie des lignes d'espces. volution de l'appareil copulateur. L'tude morphologique qui vient d'tre faite permet de se reprsenter l 'volution de l'organe copulateur de la manire suivante. Au dbut de cette volution, le segment gnital des femelles des Cholea ne devait gure diffrer d'un urite normal. Le sac interne, vid de son contenu pendant l'accouplement, par la contraction de la gaine musculeuse entourant sa base a d de trs bonne heure se retourner par prqlapsus. La premire spcialisation qui a d se produire est l'apparition de phanres simples, d'pines, sur les zones du sac interne subissant des pressions ou des frictions, soit du fait des sclrites femelles, soit du fait de la circulation du sperme. Il semble bien en effet que les phanres tgumentaires se soient ainsi dveloppes sous l'influence d'actions mcaniques. En pnrticulie1 c'est une excitation fonctionnelle analogue qui est cause de la production des pines locomotrices sp cialises sur les pattes des Arthropodes. On comprend d'ailleurs que les pressions rptes sur un mme point d'un organe dtermine une chitinisation localise pouvant donner naissance une phanre. Sur l'piderme du sac interne, dans les zones de frictions, de petits plis se sont prodUits, leur bord libre a d se chitiniser. donnant naissance de petites cailles orientes dans la direction des efforts, puis, sous l'influence persistante de la mme cause, ces cailles sont devenues de petites dents, puis des pines. Ces pines, d'abord toutes semblables, se sont spcialises leur tour, se groupant en faisceaux et se transformant pour devenir les phanres composes, de fonctions et de formes varies, que nous observons chez: les espces les pius volues. :

PAGE 93

20 R. JEAN.NEL Donc il a d se produire tout d'abord quatre bandes pineuses dans les zones de la partie vaginable du sac interne venant en rapport avec les sclrites de forme normale du segment gnital de la femelle. D'autre part, le trajet du sperme dans la partie basale du sac ayant dtermin une gout tire ventrale, les crtes saillantes bordant eette gouttire se sont de la mme manire garnies d'pines au contact de la masse spermatique. Les sacs internes de certaines espces (Ch. agilis, Ch. oblonga) sont d'ailleurs encore en grande partie ce stade volutif. Une fois dveloppes, ces pines du sac interne se sont spcialises, les unes dans la partie basale pour porter au dehors la matire spermatique, les autres dans la partie apicale pour oprer la copulation externe, c'est -dire l'ouverture des voies gnitales de la femelle. L'volution de la partie basale de l'armature copulatrice proprement dite, semble s'tre faite la premire, ou tout au moins ne s'est faite que dans un petit nombre de directions. On ne peut pas prciser la cause relle des orthognses qui ont produit les divers types spcialiss connus, mais on peut constater seulement que le mme types 'est dvelopp dans chaque groupe homogne d'espces. Les types divers d'armature copulatrice tudis en dtail dans le chapitre prcdent fournissent de bons carac tres de filiation. L'armature de la partie apicale du sac, au contraire, a volu des degrs divers et de faon diffrente suivant les espces; elle ne donne que des caractres permettant de les bien distinguer. La dent diffre selon les espces surtout d'aprs son degr d'volution; aussi des formes de con vergence se sont-elles produites dans groupes assez diffrents. Mais il est possible de se rendre compte avec prcision de l'volution orthogn sique de cette dent ventrale. Nous avons vu que la dent apicale ventrale a df1 prendre naissance au dpens de deux ranges d'pines paisses disposes en V et convergentes vers l'apex. Ces pines diriges vers la pointe du V se sont accoles, soudes et transformes. Les tapes de cette volution nous sont clairement indi ques par la structure des dents des Ch. agilis, Emgei, Matthiesseni, niralis, cisteloides, angustata. On voit d'abord, chez Ch. agilis (fig. 96) et Ch. Emgei (fig. 88) la dent forme des deux branches en V, distinctement composes d'lments souds ensemble. Chez Ch. Matthiesseni (fig. 104) et Ch. niralis (fig. 129) les bases des pines lmentaires sont soudes en une lame convexe, spatule, mais la pointe multifide laisse voir encore les pointes des pines primitives. La dent est tout fait forme enfin chez

PAGE 94

REVISION DES CHOLEVA 2'1 Ch. cisteloides (fig. 158) et Ch. angustata (fig. 178); elle a une pointe simple, un corps et une base bifurque, cette dernire restant la trace des deux groupes primitifs de phanres qui ont donn naissance l'organe. Dans certains cas (Ch. oblonga, fig. 113) la pointe s'est vase et les extrmits des pines primitives en forment les dentelures. La dent du Ch. Sturmi (fig. 190) peut enfin tre tenue pour une des plus volues, avec ses torsions secondaires. Ces transformations de ranges d'pines en dent unique et l'volution de cette dernire se sont faites sous l'action des pressions contre la face intrieure du tergite gnital femelle. Mais pendant que ce dernier provo quait ainsi des modifications de forme de la dent, lui-mme a subi, du mme fait, des changements de forme, s'allongeant et se rtrcissap.t, se creusant en gouttire. On peut certainement affirmer que l'volution de la dent et celle du tergite ont eu lieu corrlativement, par pressions rci proques. Les autres phanres de la partie apicale du sac interne se sont diff rencies de la mme manire. Des pines nombreuses ont persist l o les parties molles de la femelle n'offraient que peu de tance (fig. 1). La dent dorsale s'est spcialise au dpens de la bande d'pines dorsale primitive du sac. bandelettes de renforcement dor sales se sont dveloppes l'endroit oi1l'insertion du sac f!Ubissait les plus fortes tractions pendant le retournement. Quant aux variations de forme du sommet de l'deagus et des styles, elles semblent tre du mme ordre que celles des trochanters. Ce sont des << ornements sexuels qui doivent relever des mmes causes internes que tous les caractres sexuels secondaires. Les caractres du sommet de l'deagus et des trochanters diffrent beaucoup d'une espce l'autre, mme lorsqu'elles sont trs voisines (Ch. Reitteri et Ch. biharica) et il n'est possible de leur reconnatre aucune valeur phylognique. On observe d'ailleurs, chez les Choleva, des diffrences de forme de l'deagus qui semblent lies des variations pcilandriques (Ch. obscuripcs etCh. Zolo tarevi) et le Ch. Fagniezi n'est probablement qu'une forme mles dymres, isole du Ch. Sturmi. Les caractres particuliers du sommet de l'deagus sont naturellement en corrlation avec des conformations de la femelle qu'ils ont produites par contre-coup. C'est ainsi que lorsque le sommet de l'deagus est large, bifide (Ch. nivalis, Ch. Doderoi) ou mousse (Ch. Jeanneli), les parties ster nales du segment gnital femelle sont plus fortement chitinises. En

PAGE 95

22 R. JEANNEL voyant le large sclrite ventral du segment gnital de Ch. angistrina femelle (fig. 230), on est en droit de supposer que le sommet de l'deagus doit tre large, peut-tre bifide comme celui du Ch. Doderoi. Phylognie. Les divers types de sac interne qui viennent d'tre dcrits caractrisent un certain nombre de lignes, de groupes d'espces qui sorit les suivants: Subgen. CHOLEVOPSIS J eann. (Pas de dent ventrale la partie apicale du sac. Tergite gnital des femelles non diffrenci.) a. Dent dorsale du sac interne petite; armature copulatrice sans phanres composes: constitue par des pines nombreuses et semblables Trochanters simples. I. Groupe de CH. S.PADICEA. b. Dent dorsale du sac trs dveloppe; armature copulatrice avec des phanres composes, crtes longitudinales en forme de mors d'tau. Trochanters postrieurs des mles couds et aplatis au sommet. II. Groupe de CH. PASKOVIENSIS. Subgen. CHOLEVA s. str. (Une dent vntrale la partie apicale du sac. Tergite gnital des femelles diffrenci.) a. Armature copulatrice impaire, porte sur un pli unique mdian de la paroi ventrale du sac. Antennes comprimes. Forme trs large. Trochanters simples. Tergite gnital des femelles en forme de raquette ovalaire. III. Groupe de CH. DORSIGERA. b. Armature copulatrice paire, dispose de part et d'autre du sillon mdian, constitue par des pin(>s nomhreuses et non diffrencies; pas de phanres composes. Antennes subcylin driques. a'. pines du sac interne courtes, gropes en bandes longitudinales; dent ventrale simple. Trochanters pos trieurs des mles pointus. Pronotum base large. Tergite gnital des femelles carr ou subtriangulaire. IV. Groupe de CH. AGILIS. b'. pines du sac interne courtes, disposes en bandes longitudinales; dent ventrale largie en crte dente. Trochanters postrieurs en forme de gouge. Tergite gnital femelle en triangle allong, sa base troite, trs peu chitinise. V. Groupe de CH. ODLONGA.

PAGE 96

REVISION DES CHOLEVA c'. pines du sac interne longues, groupes en six paquets ou faisceaux compacts. Trochanters postrieurs effils, en gnral tordus. Tergite gnital femelle long, creus 23 en gouttire. VI. Groupe de CH. NIVALIS. c. Armature copulatrice paire, porte sur les deux plis bordant le profond sillon ventral; des phanres composes. Antennes subcylindriques. a'. Sac avec deux paires de grandes phanres conchodes en forme de castagnettes; deux paires latrales de grosses dents dans la partie apicale. Trochanters du type nivalis. Tergite gnital femelle trs petit, subcarr, plan. Facis spcial. VII. Groupe de CH. ORESITROPUA. b'. Sac avec deux phanres en forme de gros crochets recourbs vers la base et termins en spatules denti cules. Trochanters du type nivalis. Tergite gnital femelle long et creus en gouttire. Pubescence longue et hrisse. VIII. Groupe de Cu. REITTERI. c'. Sac avec deux crtes longitudinales composes, en forme de mors d'tau, et deux grosses dents dans la rgion moyenne. Trochanters courts simples ou dents. Angle apical des lytres arrondi dans les deux sexes. Tergite des femelles variable. IX. Groupe de Cu. CISTELOIDES. d'. Sac avec deux petites dents composes arrondies de chaque ct. Trochanters postrieurs mles longs et effils, droits; fmurs dents. Angle apical des lytres des femelles dents. Tergite gnital trs long, arqu et creus en gouttire. X. Groupe de Cu. STURMI. e'. Sac avec de gros paquets d'pines longues dans la partie apicale, et deux crtes longitudinales trs dveloppes, en forme de mors d'tau, dans le fond du cul-de-sac. Trochanters postrieurs des mles coqrts, plus ou moins obtus. Fmurs dents ou non. Angle suturai des lytres des femelles dent. Tergite gnital allong, creus en gouttire. Pronotum trs largi en avant. XI. Groupe de Cu. ELONGATA. A ces onze groupes il faut en ajouter un douzime pour recevoir le Ch. angistrina dont la femelle est seule connue. Ses caractres trs spciaux donnent penser que le mle doit avoir un type de sac interne particulier.

PAGE 97

24 R. JEANNEL II. SYSTMATIQUE Les matriaux que j'ai pu mettre en uvre pour cette tude pro viennent de sources diverses. Tout d'abord j'ai utiliser les collections du Musum de Paris, du Muse de Vienne, du Muse de Budapest et du Muse de Prague, mises ma disposition par MM. P. Lesne, K. Holdhaus, E. Cs.iki, J. Obenberger, avec toute l'obligeance dont ils sont coutumiers . Au Musum d'histoire naturelle de Paris, j'ai surtout trouv une importante srie des espces franaises, dans les collections de S. de Mar seul, A. Chevrolat, L. Fairmaire, E. Abeille de Perrin, H. Marmottan, A. Puton, G. Poujade, L. Bede!, A. Grouvelle, et aussi quelques types d'E. Reitter, antrieurs 1885, donns au M{lsum par A. Grouvelle qui les avait acquis en 1910. J'ai pu aussi, Paris, examiner la collection H. Brisout de Barneville, appartenant l Socit entomologique de France, mais malheureusement pas celle de Ch. Brisout, non encore ins talle dans les locaux de la Socit depuis la mort de L. Bedel qui en avait la garde. Le Muse de Vienne m'a fait connatre la plupart des espces de l'Europe centrale, en un trs grand nombre d'exemplaires provenant des chasses de L. Ganglbauer et de K. Holdhaus, ainsi que des collections L. Miller, Eppelsheim, Hampe, Hauser, Kaufmann, Wingelmller, etc. Mais c'est au Muse de Budapest que j'ai cert ainement trouv la plus importante masse de matriaux. M. E. Csiki, en effet, a bien voulu me con fier la totalit des Choleva de la collection Reitter, appart-enant ce Muse quelques annes. J'ai trouv l non seulement un grand nombre de types, mais encore une telle quantit d'exemplaires que sans cette collection, jamais le travail que je prsente ici n'aurait pu atteindre le degr d'amplitude que j'ai pu lui donner. Que M. E. Csiki reoive donc l'expression de toute ma gratitude pour l'aide inestimable qu'il m'a donne. Enfin, de nombreux confrres ont bien voulu me communiquer gnreusement les Choleva de leurs collections. Ce sont MM. J. Breit, A. Chobaut, J. Clermont, A. Dodero, Ch. Fagniez, G. Hardy, A. Magde lajne, A. Mquignon, E. Moczarski, J. Obenberger, L. Pue!, A. et F. Solari, H. Venet, A. Winkler. Leurs obligeantes communications ont t une

PAGE 98

REVISION DES CHOLEVA 25 source prcieuse de documents et c 'est un agrable devoir pour moi de les remercier encore ici de la confiance qu'ils ont bien voulu me tmoigner. Gen. CHOLEVA Latreille. LATREILLE, 1796, Prcis Caract. gn. Ins., p. 14. -STEPHENS, 1828, Ill. Brit. Ent., III, p. 13.-THoMsoN, 1862, Skand. Col., IV, p. 57.-SE ID LITz, 1891, Fauna Balt., d. 2, p. 77; Fauna Trans., p. 77.-REITTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 40; 1885, Naturg. Ins. Deutsch!., III, p. 226. -GANGLBAUER, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 114. -REITTER, 1908, Fauna Germ., Kaf., II, p. 231. -JEANNEL, 1922, Arch. Zool. exp., 61, pp. 22, 43 et 67 . Espce type : Cholea cisteloides Frolich. DIAGNOSE. -Forme gnrale allonge et troite. Ponctuation de la tte et du pronotum dispose sans ordre; ponctuation des lytres rpeuse, trs vaguement aligne en travers, mais ne formant pas des strioles transversales. Tguments pubescents. Des ailes propres au vol. Y eux placs au sommet angles latraux du front, leur diamtre antro-postrieur aussi long que la distance qui spare. de l'insertion des antennes. Joues con caves. Clypus spar du front par une fine ligne de suture. Antennes grles (fig. 20) peu paissies au sommet, les articles du funicule allongs, le troisime toujours bien plus long que ses voisins; massue du type interrompu. Labre transverse, pourvu d'une large lvre suprieure membraneuse. Mandibules (fig. 22) courtes et paisses; leur pointe arque, arme de deux dents prineipales entre lesquelles se trouvent deux ou trois denticules; mola distincte; bord masticateur avec une lame membraneuse portant une houppe de soies contre la dent postrieure de la pointe; face externe convexe, large, pubescente. Maxilles (fig. 23) allonges; le stipe est plus long que large; lobe externe biarticul, le long article terminal (galea) attnu au sommet et hriss de nombreuses petites soies sommet boutonn (fig. 24); lobe interne (lacinia) plus court que le lobe externe, sa pointe termine en crochet robuste, son bord masticateur arm d'pines trs nombreuses (fig. 24). Palpes maxillaires pubescents, premier article trs petit (fig. 23), le deuxime allong et grle, le troisime trs renfl, l'article apical conique, court, un peu aplati, aigu. Labium (fig. 23) trapzode, pubescent, le mentum et le submentum souds. Languette ample, membraneuse, pubescente, avec un petit sclrite mdian en forme

PAGE 99

26 R. JEANNEL d'cusson triangulaire; palpes labiaux courts, quadriarticuls, le deuxime article avec une soie interne et une externe, le troisime avec deux soies externes. Pronotum plus troit que les lytres, rarement aussi large qu'eux, rtrci en avant et en arrire, les angles postrieurs toujours effacs et arrondis. Bord antrieur finement rebord, les cts et la base sans rebord ,. . 20. 1 1 22. .t Fu;. 20 2' -Pis cphaliques du Ch. cisteloides.-Fu;. 20. Antenne facP externe (le ct vP.ntral regarde en haut), x t,o. FIG.21. Dernis lobes de l a maxille gauche, f actl venlrale, x 150. marginal. Disque convexe ; l es cts sont toujours plus ou moins retrous ss prs des angles postrieurs, soulevs par les fmurs antrieurs dbordant l e contour du corps, lorsqu'ils sont replis au repos. Ce ret1oussement des cts dtermine nn pli longitudinal plus ou moins net sur l a surface du pronotum paral l lement la partie postrieure des bords latraux. lytres allongs, rebord marginal troit; l'apex ne recouvrant pas en totalit le pygidium. La strie suturale est toujours nette, parallle la suture en avant, se rapprochant d'elle dans le tiers postrieur; stries super-

PAGE 100

REVISION DES CHOLEVA 27 ficielles, mais en gnral bien visibles, presque toujours trs finement ponctues. pipleures larges, rtrcis en arrire. Prosternum court, cach en grande partie par les normes hanches antrieures; la ligne mdiane est finement carne, les cavits coxales totalement fusionnes. pimres prothoraciques non distincts des larges rebords pipleuraux du pronotum. Msosternum non carn, plan ou mme concave sur la ligne mdiane; son bord postrieur forme une apophyse intercoxale qui s'insinue entre les parties antrieures des hanches intermdiaires; les cavits intermdiaires sont par consquent incompltement spares. pisternes msothoraciques triangulaires, lisses; pimres troits, trs allongs, en avant jusqu' la racine des pi pleures des lytres, en arrire jusqu'au bord postrieur du mtasternum. Mtasternum assez court, bomb sur la ligne mdiane et avec une apophyse postrieure mdiane recouvrant la base des hanches postrieures, mais sans les sparer; partie latrale du segment rtrcie entre les hanches interm diaires et postrieures, puis s'largissant beaucoup en dehors, en raison de J'obliquit des cavits coxales intermdioires. pimrcs mtathoraciques cachs sous les pipleures, leur extrme pointe seule apparat. Abdomen de six segments visibles, tous peu prs de mme longueur, prsentant souvent chez les mles des sillons ou des fossettes sur la ligne mdiane. Pattes longues et grles. Hanches antrieures trs grandes, coniques, presque trois fois aussi longues que larges; hanches intermdiaires sub globuleuses; hanches postrieures transverses, lamelleuses. Les fmurs dpassent en gnral le contour du corps de prs de la moiti de leur lon gueur; les fmurs postrieurs sont deux fois aussi longs que les hanches postrieures sont larges et leur hord postrieur tranchant porte parfois une dent chez les mles. Tibias grles, peu pineux, avec deux ou trois perons internes et une corbeille apicale (JEANNEL, 1922 f, p. 22); les tibias intermdiaires plus ou moins arqus, les autres droits. Tarses de cinq articles dans les deux sexes, les postrieurs trs grles, presque aussi longs que le tibia; le premier article est trs long, aussi long que les trois suivants runis. Caractres sexuels secondaires des mles. La forme gnrale est plus grles, les antennes sont plus fines et plus longues, les pattes en gn ral bien plus robustes, les tarses antrieurs dilats, les cts du pronotum plus arrondis en avant. De plus, on observe des caractres trs variables suivant les espces, portant sur l'abdomen et les pattes. L'abdomen pr-

PAGE 101

28 R. JEANNEL sente trs souvent des impressions longitudinales et mdianes. Les tibias intermdiaires sont comprims et plis en dedans chez Ch. agilis. Les hanches postrieures sont appendicules chez Ch. Bedeli. Presque chaque espce montre un type diffrent de postrieurs mles et dans tout un groupe d'espces les fmurs postrieurs trs paissis sont arms d'une dent an tiers basal de leur bord postrieur. Le lobe mdian de l'deagus prsente aussi des conformations spciales du mme ordre que les sexuels secondaires. Caractres sexuels secondaires des femelles.-Sans parler de la forme gnrale plus paisse et plus trapue, les femelles prsentent parfois de remarquables caractres sexuels. L'angle suturai des lytres est dent chez de nombreuses espces et l'apex tout entier possde une tion trs spciale chez Ch. spinipennis. Enfin, le tergite du segment gnital de curieux caractres spcifiques dans le groupe du Ch. cisteloides. Le genre Chole"a est strictement palarctique. Beaucoup d'anciens auteurs confondaient sous le nom de Chole"a tous les genres de la sous famille des Catopinae; aussi de nombreuses espces ont-elles t dcrites sous ce nom et n'ont aucun rapport avec le genre qui nous occupe ici. Les Chole"a dcrits de l'Amrique du Nord sont des Catops, des Adelops ou des Ptomaphagus. Un certain nombre d'espces palarctiques, ayant un peu le facis des Chole"a, appartiennent au genre Chole"inus Reitt. de la srie phyltique de Catops. C'est le cas par exemple des Chole"a pallida Mn., Ch. cunellina Fairm., dont les tibias n'ont pas de corbeilles et dont les angles postrieurs du pronotum sont vifs. Quant aux nombreux Cholem dcrits de l'Amrique du Sud, des les Falkland, d'Australie et de Nouvelle Zlande, ce sont des espces lytres striols en travers qui appar tiennent certainement toutes une srie phyltique bien diffrente de celles de l'hmisphre Nord (JEANNEL, 1922 f, p. 40). Je ne reviendrai pas ici sur la-position systmatique du genre Cholem; cette question a t sufHsamment dveloppe dans un mmoire antrieur (Jeanne!, 1922 f, p. 22 et 43). Je rappellerai seulement que les Chole"a font partie de la mme srie phyltique que les N argus Thorns., Catopomorphus Aub et Attumbra Des Gozis. Cette cc srie phyltique de N argus est surtout caractrise par l'armature apicale des tibias, le msosternnm sans carne, les lytres non striols en travers, les tarses intermdiaires non dilats chez les mles et des caract-res sexuels, rduction du segment

PAGE 102

REVISION DES CHOLEVA 29 gnital mle, dveloppement des styles latraux de l'deagus, type spcial de ce dernier. Parmi les genres de cette srie phyltique, les Cho[et,Ja se reconnaissent au premier coup d'il leur forme allonge et grle, leurs pattes longues, les fmurs dpassant le contour du corps de la moiti de leur longueur. TABLEAU DES ESPCES L Subgen . CHOLEVOPSIS J eannel. lytres trs bombs en arrire, tout le tiers postrieur trs dclive. Pro notum toujours bien plus troit que les lytres, ses cts fortement soulevs en arrire. Ponctuation toujours forte, peu serre, irrgulire, surtout sur les lytres, les stries nettement ponctues. Pubescence longue et hrisse. Sac interne sans dent ventrale; tergite du segment gnital femelle non sp cialis, ample et large. 1. Antennes grles, article 8 semblable au 9 .et aussi long que lui. Pronotum subcarr, peu convexe, cts peu arrondis. lytres elliptiques rebord latral large. Testac rougetre avec la moiti apicale des lytres brune. Trochanters postrieurs du mle droits et acumins. Long. 6 8 mm ...... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . major Fairm. Antennes article 8 bien plus court que le 9. . . . . . 2. 2. Antennes paissies ds la base dans les deux sexes. Tro chanters postrieurs mles longs, troits, couds en arrire, largis et aplatis au sommet, leur bord apical tranchant. . 3. Antennes grles dans les deux sexes. Trochanters postrieurs mles courts, pais, termins en pointe droite. . . . . . 4. 3. Pronotum bien plus troit que les lytres, peine d'un cin quime plus large que long. lytres trs convexes. Brun noirtre fonc brillant avec la base des lytres rougetre; antennes' fortement rembrunies dans leur moiti apicale. Pbescence des lytres longue. Dent dorsale du sac interne trs dveloppe. Long. 4,5 5 mm. . . . . paskoviensis Reitt. -Pronotum presque aussi large que les lytres, d'un tiers plus large que long. lytres trs larges; forme gnrale plus large que chez Ch. spadicea. Brun testac uniforme. Pu bescence courte. Long. 5,5 mm. . . .. . . . punctata Ch. Bris. 4. Ponctuation trs irrgulire sur les lytres dont la surface est Antennes trs paissies au sommet, fines la .hase. Pronotum transverse, trs convexe. lytres trs

PAGE 103

30 R. JEANNEL convexes et comprims latralement. Tarses antrieurs des mles plus troits que le sommet di.I tibia, leur premier article allong. Brun fonc brillant, les antennes rembrunies au sommet. Long. 4,8 mm... . . . . . . . . . gargano na Reitt. Ponctuation rgulire, la surface des lytres non bossele. Antennes peine paissies au sommet. Pronotum troit, peu convexe. lytres non comprims latralement. Tarses antrieurs mles plus larges que le sommet du tibia, leur premier article ovalaii'e. . . . . . . . . . . . . . . . 5. 5. Taille moyenne. Pronotum un peu moins large et moins arrondi latralement. Dent dorsale du sac interne non dvie droite. Testac bruntre fonc. Long. 5 5,5 mm ..... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . spadicea Sturm. Grande taille. Pronotum plus large et plus arrondi latra lement. Dent dorsale du sac fortement dvie droite ( flg. 56). Long. 7 mm. . . . . . . . . . . . Winkleri, n. sp. Il. Subgen. CHOLEVA, s. str. lytres rgulirement convexes, non bombs en arrire, la dclivit apicale toujours trs courte. Pronotum variable. Ponctuation des lytres rpeuse presque toujours fine et serre, aligne en travers, les stries lisses ou parfois trs vaguement ponctues (Ch. oresitropha). Sac interne avec une dent apicale ventrale; tergite gnital femelle spcialis, troit, au plus aussi large que long. 1 Mles. 1. Pronotum trs transverse, prsentant sa plus grande largeur aprs le milieu, bien plus rtrci en avant qu'en arrire, la base toujours nettement plus large que le bord antrieur. 2. -Pronotum plus ou moins transverse, mais prsentant sa plus grande largeur au milieu ou en avant de lui, pas plus rtrci en avant qu'en arrire, la hase sensiblement de mme largeur que le bord antrieur ...... : . . . . . . . . . . . . . 9. 2. Antennes massue aplatie. Forme gnrale trs large et peu convexe, le pronotum des deux tiers plus large que long. Roux testac avec la tte, le disque du pronotum et la ;moiti apicale des lytres rembrunis. Ponctuation fine et serre. 3. Antennes massue subcylindrique. Forme gnrale bien moins large, au moins quatre fois aussi long que large. . 4. 3. lytres ovales, peu attnus au sommet, stries effaces et pubescence fine ct couche. Trochanters postrieurs courts et obtus. deagus large et droit, la dent du sac interne bien dveloppe. Long. 5,5 mm................ dorsigera Mars.

PAGE 104

REPISJON DES CJJOLEJ'A at lytres elliptiques, trs attnus au sommet, les stries nettes et la pubescence hrisse. Trochanters postrieurs petits, mais acumins. deagus long, troit, aigu, inflchi dorsa lament au sommet; dent du sac interne rduite. Long. 5,5 mm.'... . . . . . . . . . . . . . . . . . Marseuli, n. sp. Frc. 25 33. Contours du pronotum des x H. FIG. 25. Ch. spa dicea, mle. FIG. 26. Ch. mle. FIG. 27. Ch. garganona, mle. FIG. 211. Ch. Winkleri, mle. -FrG. 29. Ch. major, FIG. 30. Ch. Marseuli, mle. FrG. 31. Ch. agilis, mle. FIG. 32. Ch. jai/ensis, femelle. -FIG. 33. Ch. mle. 4. lytres ponctuation forte et peu serre, la pubescence longue et un peu redresse. Forme courte et convexe. Tibias S.J. intermdiaires non arqus, simples...................... 5. lytres ponctuation fine et serre, la pubescence fine, courte et couche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6. 5. Pronotum finement ponctu, mme la base. Antennes trs paisses au sommet; l'article 9 pas plus long que large. Stries des lytres nettes. deagus avec un petit bec apical carr; dent bien dveloppe. Long. 4,2 4,5 mm........... Emgei Reitt.

PAGE 105

32 R. JEANNEL Base du pronotum ponctuation aussi forte celle des lytres. Antennes fines, peu paissies au sommet, l'article 9 plus long que large. Stries des lytres effaces. Coloration ple. Long. 4,5 5 mm.. . . . . . . . . . . cribrata Saulcy. 6. Ponctuation excessivement fine, superficielle et serre, presque imperceptible. Pronotum plus troit que les lytres. Noir de poix, pattes rougetres, fmurs noirtres. Tarses antrieurs plus larges que le tibia; tibias interm diaires arqus, mais non comprims; trochanters postrieurs courts et obtus, non dents. deagus styles latraux longs et pais. Long. 5,2 mm.................... lUatthiesseni Reitt. Ponctuation normale, fine, mais bien visible. Pronotum aussi large que la base des lytres. . . . . . . . . . . 7. 7. Coloration testace. Pronotum deux fois aussi large que long. Ponctuation trs espace. Tibias intermdiaires simples. Long. 4 mm. [pallida Poppius]. (m'est inconnu) sibirica, nom. nov. Coloration noirtre plus ou moins fonce. Pronotum moiris de deux fois aussi large que long.. . . . . . . . . . . . 8. 8. Tibias intermdiaires comprims et brusquement couds eu dedans au milim1; trochanters postrieurs courts, avec une forte dent crochue en dehors sur le milieu du bord post rieur. Hanches simples. Tarses antrieurs moins larges que le tibia. deagus pointe inflchie du ct ventral, la dent bien dveloppe. Long. 4,5 5 mm.............. agilis Ill. (1). Tibias intermdiaires rgulirement arqulis, non comprims; trochanters postrieurs effils en pointe un peu dirige en arrire, le bord postrieur inerme; hanches postrieures appendicules. Tarses antrieurs plus larges que le tibia. deagus pointe droite, la dent du sac int. erne trs rduite. Long. 5,5 mm. . . . . . . . . . . . . . . . . Bedeli, n. sp. 9. Ponctuation des lytres trs forte et espace, les stries lisses, l!l pubescence hrisse. Pronotum trs large, de moiti plus large que long, plus large que les lytres, mais la base pas plus large que le bord antrieur. Antennes longues et fines. Roux testac. Trochanters postrieurs simples, acumins. deagus sommet droit, la dent ventrale du sac bien dveloppe. Long. 4,5 mm ..... : . . . . . . . . . Barnevillci Tourn. Ponctuation des lytres fine et serre. Pronotum toujo'urs bien moins large....................................... 10. (1) A ct de cette espce se placent les Ch. lateritia Mn., Ch. septentrionis, n. sp. et Ch. jailensis, n. sp., dont les mles me sont inconnus. Le Ch. bosnica Gang!!:-. remarquable par sa trs grande taille (7 mm.) appartient encore au groupe de Ch. agilis.

PAGE 106

REVISION DES CHOLEVA 33 10. Trochanters postrieurs en forme de gouge . Coloration toujours ple, pubescence longue et couche, ponctuation un peu plus forte sur les lytres. Pronotum cts bien arrondis en arrire. deagus pointe courte et obtuse, la dent du sac interne aplatie en crte transverse et denticule. Long. 5 6 mm.................................. oblonga Latr. (1). FtG. 42. -Contours du pronotum des Chole11a, x 14.-FIG. 34. Ch. oblonga, mle. -FIG. 35. Ch. 11illosa, femelle. -FIG. 36. Ch. oresitropha, mle -FIG. 37. Ch. nalis, mle. -FIG. 38. Ch. Breiti, mle. -FIG. 39. Ch. Breiti, femelle (du Reisalpe). -FIG. 40. Ch. Rcitteri, mle. -Ftc. 41. Ch. Solarii, mle. -FIG. 42. Ch. Doderoi, mle. Trochanters postrieurs prolongs en longue pointe brus quement coude en arrire. Fmurs non dents........... 11. Trochanters postrieurs prolongs en longue pointe aigu, droite, accole au bord postrieur du fmur; celui-ci dent au tiers basal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16. Trochanters postrieurs de formes diverses, mais courts.. 18. (1) Les Ch. pilifera Reitt. et Ch. Pillosa, n. sp., dont les mles sont inconnu, se placent prs de cette espce, L'ABEILLE, XXXIT, 16 dcembre 19llS. 3

PAGE 107

R. JEANNI?L 11. Pronolurn vaguement trapzode, ses cts trs peu arrondis, trs large, de prs de moiti plus large que long. Antennes paisses. lytres allongs, peu renfls, stries superficielles et ponctues, la ponctuation des intervalles superficielle, irr gulire et peu serre; pubescence fine et couche. Testac rougetre, parfois bruntre. deagus termin en pointe droite, longue et robuste, le sac interne avec des paires de grosses dents vaginables. Long. 4,5 5 mm.. oresitropha Ganglb. Cts du pronotum normalement arrondis. Antennes grles. Stries des lytres nettes, ponctuation imperceptible, la ponctuation des intervalles normale, rpeuse, non efface. 12. 12. Sommet des trochanters postrieurs mousse, tronqu et aminci en un petit bord apical tranchant. Sommet de l'dea-gus bifide, form par deux larges cornes aplaties. Pronotum bien transverse, d'un tiers plus large que long, non rtrci la base, les cts largement soulevs en arrire. Coloration fonce, antennes et pattes rougetres. . . . . . . . . . 13. -Sommet des trochanters postrieurs en pointe aigu. Sommet de l'deagus simple, formant un large bec aplati. Pronotum peine transverse, au plus d'un quart plus large que long, nettement rtrci la base, ses cts peu soulevs en arrire. lytres ples, antennes et pattes rougetres. . . . . . . 15. 13. Trs grande taille. Pubescence des lytres longue ct fournie, hrisse. Pronotum ample, mais plus ti'Oit quo lEs lytres;. ceux-ci trs larges et trs renfls. Long. 6,5 7 mm ...... . . . .... ............................... biharica Fleisch. Taille moyenne (5,5 6 ,5 mm.). Pubescence des lytres courte et couche, double de quelques poils dresss.. . . . '14. 14. Pronotum trs ample, aussi large que la base des lytres, sa plus grande largeur un peu avant le milieu. lytres trs renfls, pubescence double par des poils longs et dresss. Antennes plus longues. deagus plus long et moins arqu. Long. 5,5 6,5 mm... . . . . . . . . . . . . . . nivalis Kr. Pronotum moins ample, plus ti'Oit quo la base clos lytres, sa plus grande largeur au milieu, ses cts bien arrondis. lytres troits, allongs, pubescence fine ct couche, les poils clresss trs petits ct rares. Antennes plus courtes. deagus plus court et plus arqu. Long. 5,5 6 mm ...... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Breiti J eann. 15. Forme gnrale plus grle, les lytres moins renfls, pubes cence couche assez longue, double par des rangs trs rguliers de longs poils dresss aligns sur toute la longueur des interstries. Bec de l'rleagus plus large et plus court. Long. 5,5 6 mm ................... . . . . . Solarii Jeann.

PAGE 108

I?.EPl.SIDN DES CHDLVA 35 Forme gnrale plus paisse, les lytres plus renfls et plus convexes; leur pubescence courte .et avec parfois de grands poils dresss disposs sans ordre sur. la partie apicale des lytres. Bec de l'deagus plus allong. Long. 5,5 6 mm. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Rcitteri Petri. 16. Extrmit des lytres largement tronque, laissant le pygidium dcouvert. Dent des fmurs saillante, crochue. Bruntre peu brilhmt uniforme. Sommet de l'deagus lancol; styles latraux non couds. Long 6 6,5 mm ...... . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . spinipennis Reitt. Extrmit des lytres arrondie. Dent des fmurs anguleuse. Noir de poix; antennes et pattes rougetres. Sommet de l' deagus bifide; styles fortement couds. . . . . . . . 17. 17. Sommet de l' deagus form par une lame quadrilatre faiblement bilobe; dent du sac interne replie en S. Long. 5 6 mm... . . . . . . . . . . . . . . . . Sturmi Ch. Bris. Sommet de l'deagus prolong par deux cornes arrondies en croissant; dent du sac interne presque droite, Long. 5,5 ) 6 .. mm..................................... Fagniezi J eann. (1). 18. Tarses antrieurs peine dilats, bien plus P.troitR que le sommet du tibia. Petite taille; coloration ple, ponctuation fine, pubescence couche. Pronotum angles postrieurs accuss. Trochanters effils en Sommet de l'deagus .lacge, bifide, termin par deux larges pointes comme chez Ch. niPalis. Long. 5 mm,._........................ Dodcroi Br. Tarses antrieurs dilats, peu prs ,aussi larges que sommet du tibia. Sqmmet simple.......... 19. 19. Pronotum mesurant sa plus grande largeur en avant, vers le ou le quart' 'ies cts se rtrcissant en arrire presque en ligne droite. r:farses antrieurs trs larges. 20. Prnotm mesurant sa plus gr'ande largeUr vers le milieu, ses cts arrondis assez. rgulirement dans toute leur lon-gueur ............................... : . . . . . . . . 23. 20. Fmurs postrieurs non dents. deagus grle, pointe troite, termine par une petite lame carre replie; styles latraux fortement couds. . . . . . . . . . . . . . . 21. F ' d t' t' b1 1 2? emurs posterieurs en es au 1ers asa.................. 21. Forme trs troite et allonge, la plus grande largeur du pronotum dans le quart antrieur, le disque bomb en avant: troits, non dprims, ponctuation trs (1) Prs de cette espce doit prendre place le Ch. Uhagoni dont je n'ai pas pu exa miner de mles et dont les caractres de l'organe copulateur sont par consquent encore inconnus.

PAGE 109

36 R. JEANNEL fine et pubescence couche. Pattes trs robustes. Trochanters postrieurs acumins; Jarne apicale de l'deagus trs petite. Long. 5 5,5 mm.. . . . . . . . . . . . . . elongata Payk. FIG. 1,3 51. Conloui'S du pl'onotum des Choleva., X lit. -Fw. '. Ch. Zolo tarevi, mle. FIG. '' Ch. obscuripes, mle. -FIG. '. Ch. cisteloides, mle. -Fw. '. Ch. bicolor, mle. -FIG. 47. Ch. Fagnie:i, mle. Frr.. '. Ch. Jeamreli, mle. -FIG. '. Ch. elongata, mle. FIG. 50. Ch. libano tica, mle. Frr.. 51. Ch. sparsicollis, mle. Forme large et tlptime, la plus grande largeur rlu pronotum au tiers antrieut, son rlisque rt'gulirement cnnYexe. lytres latges, dprimt's, ponctuation forte et peu sel'l'f>e, pu hescence 1lresse. Trochanters postrieurs pointe mousse; lame apicale do l'deagus plus large. Long. 5,5 mm ...... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . libanotica nei tt. 22. Pon('Luat.ion du pronotum trs finr. et trs sert'{!e. lytres Pltoits, rleux fuis eL demie aussi longs que larges. Trochantets post{!tiems termins en pointe courte et mousse. Pattes trs robustes. Sommet de l'deagus pais, bomb, tmmin{! en ogive; styles latraux non couds. Long. 5 5,5 mm............................ . . . . . J1anneli Britt.

PAGE 110

REVISION DES CHOLEVA Ponctuation du pronotum grosse et parse. lytres tts longs, trois fois aussi longs que larges, parallles. Trochanters courts et pais, largement arrondis au sommet. Pattes robustes. Sommet de l'deagus effil en longue pointe aplatie bout largi et peine bilob; styles latraux couds. 3i Long. 7 mm. . . . . . . . . . . . . . . . sparsicollis Reitt. 23. Trochanters postrieurs avec une dent sur leur bord postrieur ........... . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24. Trochanters postrieurs inermes. . . . . . . . . . . . . 25. 24. La dent des trochanters crochue en dehors et place vers le milieu du bord postrieur. Pronotum assez convexe, petit, rtrci en arrire, ses angles postrieurs trs arrondis. Sommet de l'deagus en longue pointe droite aplatie en forme de bec de canard. Long. 4,8 5 mm. . . . . . . angus tata Fabr. La dent des trochanters droite et place vers le quart apical du bord postrieur. Pronotum peu convexe, petit, rtrci en arrire, ses angles postrieurs mieux marqus. Sommet de l'deagus en pointe assez longue, droite et grle. Long. 4,5 5 mm.. . . . . . . . . . . . . . . glauca Britt. 25. Pronotum transverse, d'un quart plus large que long, non rtrci en arrire. deagus pais, partie apicale plie en long de faon former une longue pointe droite, arte dorsale .......... ............................... :. . 26. Pronotum peine transverse, rtrci en arrire. Sommet de l'deagus non pli en long. . . . . . . . . . . . . . . 27. 26. Plus grand, plus troit, la plus grande largeur du pronotum un peu avant le milieu. Trochanters postrieurs effils en pointe un peu recourbe en arrire au sommet. Long. 5,5 mm... . . . . . . . . . . . . . . . . . obscuripes Reitt. Plus pais, moins allong, la plus grande largeur du pronotum au milieu. Trochanters postrieurs effils en pointe droite. Long. 4,8 mm.. . . . . . . . . . . . Zolotarevi Reitt. 27. Trochanters postrieurs larges, lancols, leur pointe plus ou moins aigu, le bord postrieur anguleux. Pronotum peu rtrci en arrire. deagus pais, le sommet brusquement rtrci en pointe troite, grle, droite, dont l'axe fait un angle obtus avec celui du lobe mdian. Long. 4,5 5,2 mm. . . . . . . . . . . . . . . . . . . cist('loides Frl. Trochanters postrieurs troits, effils en pointe aigu, le bord postrieur rectiligne. Pronotum plus petit, bien rtrci en arrire. Base des lytres toujours nettement rougetre, le sommet noirtre. Sommet de l'deagus en pointe droite, assez courte, large, bout arrondi, son axe dans la conti nuation de celui du lobe mdian. Long. 5 mm. . bicolor, n. sp.

PAGE 111

38 R. JEANNEL 2o Femelles. 1. Pronotum trs transverse, prsentant sa plus grande largeur aprs le milieu, la hase nettement plus large que le bord antrieur ................ : ; ... : ..................... : 2. Pronotum plus ou moins transverse, prsentant sa plus grande largeur au milieu ou en avant de lui, la hase pas sensiblement plus large que le bord antrieur. . . . . . . 10 2. Antennes massue aplatie. Forme gnrale trs large et. peu convexe. Roux testac avec la tte, le disque du pro-. notum et l'apex des lytres bruntres. Ponctuation fine et serre. Tergite gnital en forme de raquette; styles longs et trs saillants ........................ ;. . . . . . . 3. Antennes massue suhcylindrique. Forme gnrale hien moins large. Tergite gnital suhcarr ou triangulaire; styles non sail! an ts ......................... ; . . . . . . . . 4. 3. lytres ovales, stries effaces, le sommet peu attnu, l'angle suturai non dent. Raquette du tergite ovale. Long. 5,5 mm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . dorsigera l\1ars. -lyL1es elliptiques, stries nettes, attnus au sommet, l'angle : suturai dnt. Raquette du tergite elliptique, plus longue. Long. 5,5 mm ......................... ..... Marseuli, n. sp. 4. Trs grande taille (7 mm.). Pronotum deux fois aussi long que large, sa plus grande largeur prs du milieu. lytres peu renfls, allongs, pubescence hrisse, l'angle suturai dent ........ ; . . . . . . . . . . . . . . . bosnica Ganglb. -Petite taille (4,5 5 mm.). Pronotum moins transverse, sa plus grande largeur hien aprs le milieu ........ : ...... ,. 5. 5. lytres ponctuation forte et peu serre; la pubescence assez longue et un peu redresse. Court et convexe. Tergite gnital bord libre pubescent. . . . . . . . . . . . . 6. lytres ponctuation fine, la pubescence courte et couche. Tergite gnital court, son bord libre sans poils. . . . . . :7. 6. Pronotum trs finement ponctu, mme la hase. Antennes paisses au sommet. Angle suturai des lytres arrondi. Brun de poix fonc. Tergite court, transverse, peu chitinis la base. Long. 4,2 4,5 mm. . . . . . . . . . . Emgei Reitt. Pronotum aussi fortement ponctu la base que sur les lytres. Antennes grles. Angle suturai des lytres dent. Coloration ple. Tergite allong, ovale. Long. 4,5 mm. .. : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . : . ... : cribrat n Saulcy. i. Angle suturai dent. Yeux petits, plus courts que l'espace qui les spare d e s antennes. Angles postri e urs du pronoturh hien marqus. Tergite large, ovale, bord libre convexe. Long. 5 mm. . . . . . . . . . . . . . . septentrionis, n. sp.

PAGE 112

REVISION. DES CH OLE V A Angle suturai non dent. Yeux aussi longs que l'espace qui .. les spare des antennes. Angles postrieurs du pronotum arrondis. Tergite gnital triangulaire, court, A bord libre peu saillant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8. 8. _Coloration testace. Pronotum deux fois aussi large que 39 long. Long. 4 mm. [pallida Poppius]......... sibirica, nom. nov. Coloration plus ou moins fonce. Pronotum moins de deux fois aussi large que long. . . . . . . . . . . . . . . . 9. 9. Pronotum de moiti plus large que long. Antennes paisses, l'article 9 peine plus long que large. Bord apical du tergite gnital convexe. Long. 4,5 5 mm. . . . . . . agilis Ill. ( 1j -Pronotum des deux tiers plus large que long. Antennes grles, l'article 9 une fois et demie aussi long que large. Bord apical du tergite gnital presque rectiligne. Long. 4,8 5 mm.. . . . . . . . . . . . . . . . . jailensis, n. sp. 10. Ponctuation des lytres trs forte, grossire, espace, les stries lisses, la pubescence longue et hrisse. Pronotum plus large que les lytres, ses cts trs arrondis. Antennes longues et fines. Coloration testace brillante. Long. 4,5 mm. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Barnevillei Tourn. 11. 12. 13. 14. Ponctuation des lytres normale, plus ou moins fine, mais serre et rpeuse ..................................... Angle suturai des 'lytres dent ........................ Angle suturai des lytres arrondi, parfois droit, mais non dent ................................................ Bord apical des lytres concave, l'angle apical externe et l'angle suturai formant deux dents trs saillantes en arrire. Bruntre peu brillant uniforme. Tergite gnital troit et allong, peu profondment excav en gouttire, sa base largie, son bord libre trs saillant et pubescent. Long. 6,5 mm. . . . . . . . . . . . . . . . . . spinipennis Bord apical des lytres convexe, l'angle externe sans dent .. Pubescence des lytres longue et fournie, hrisse. Form9 gnrale large ........................................ Pubescence des lytres courte et couche, double par de rares petits poils dresss trs courts. Forme gnale troite et allonge, le pronotum presque aussi long que large ..... Forme gnrale dprime, le pronotum nettement plus large que long, cts bien arrondis. Ponctuation forte et parse. Long. 5,5 mm ... . . . . . . . . . . . . . libanotica 11. 12. 18. ReiU. 13. H. 15. Reitt. (1) Prs du Ch. agilis se placent les Ch. lateritia Mn., Ch. Bedeli, n. sp. et Ch. Matthiesseni Reitt. dont les femelles me sont inconnues. Le dernier doit se distinguer facilement sa ponctuation trs fine et trs serre, presque imperceptible. "'

PAGE 113

R. JEANNEL Forme gnrale paisse et trs renfle, le pronotum trans verse, mais plus troit que les lytres. fine. Tergite gnital saillant, large, cts parallles, environ deux fois aussi long que large, peu concave; le bord libre arrondi et pubescent (semblable celui de Ch. Breiti). Long. 6,5 7 mm.. . . . . . . . . . . . . bihariea Fleisch. 15. Pronotum mesurant sa plus grande largeur vers le tiers antrieur............................................. 16. Pronotum mesurant sa plus grande largeur vers le milieu, les cts rgulirement arrondis. . . . . . . . . . . . . 17. 16. Cts du pronotum rtrcis en ligne droite dans leur moiti postrieure. Article 8 des antennes presque trois fois aussi long que large. Tergite gnital assez large, deux fois aussi long que large, peu excav; son bord apical saillant et pubescent. Long. 5,5 mm................... elongata Payk. (1). Cts du pronotum arrondis en arrire. Article 8 des antennes peine deux fois aussi long que large. Tergite gnital troit, allong, quatre fois aussi long que large, trs concave, rtrci au milieu; le bord apical saillant et pubescent. Long. 5,5 mm. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .Teanneli Britt. 17. Tergite gnital largi dns sa partie apicale, environ trois fois aussi long que large, peu excav et peu arqu; le bord apical trs saillant, presque anguleux, pubescent. Long. 5 6 mm. . . . . . . . . . . . . . . . . Sturmi Ch. Bris. Tergite gnital cts parallles dans sa partie apicale, environ quatre fois aussi long que large, profondment excav et arqu; le bord apical obtus, peu saillant, pubescent. Long. 5,5 6 mm. . . . . . . . . . . . . . Fagniczi J cann. Tergite gnital cts parallles, trs long et trs arqu, cinq six fois aussi long que large, profondment creus en gouttire; le bord apical obtus et pubescent. Long. 6,5 mm . . . . . . . . . . . . . . . . . . Uhagoni J eann. 18. Pubescence couche des lytres longue, un peu releve, les poils dresss plus ou moins longs et nombreux. . . . . . 19. Pubescence couche des lytres fine, courte, nullement releve, les poils dresss toujours trs petits et trs rares, visibles seulement au sommet. . . . . . . . . . . . . 25. 19. Pronotum transverse, d'un tiers plus large que long, ses cts bien arrondis. Coloration du Ch. oblonga. Pubescence trs fournie. Tergite gnital soud aux pleurites qui sont renfls, subglobuleux; la partie apicale du tergite forme (1) Ici doit se placer Ch, sparsicollis Reitt. dont la femeJe est inconnue,

PAGE 114

REVISION DES CHOLEVA une saillie subcarre, carne sur la ligne mdiane; bord libre arrondi et pubescent. Long. 5 mm. . . . . viJiosa, n. sp. Pronotum peine transverse. Tergite gnital non soud aux pleurites .................... :..................... 20. 20. Poils dresss des lytres courts, disposs sans ordre : . . . 21. Poils dresss des lytres hrisss, trs longs. . . . . . . 24. 21. Stries des lytres trs superficielles, peine visibles. Antennes trs grles, atteignant le milieu des lytres. Ponctuation forte, mais trs peu serre. Coloration bruntre uniforme. Pronotum petit et convexe, presque aussi long que large. Tergite gnital allong, cts concaves, creus en gouttire; sternite fortement sclrifi. Long. 4,5 mm....... angistrina Reitt. Stries des lytres nettes, bien visibles, rgulires. Antennes plus courtes. Ponctuation plus serre. Sternite membraneux. 22. 22. Pronotum peine transverse, proportionnellement trs petit. ArtiCle 8 des antennes presque deux fois aussi long que large. Pour le reste semblable au Ch. oblonga. Long. 5 mm ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . pilifera Reitt. Pronotum nettement transverse. . . . . . . . . . . . . 23. 23. Article 8 des antennes peine plus long que large. Colo ration ple, les lytres rousstres. Tergite gnital trs rtrci depuis les angles apicaux jusqu'. la base, peu chitinis, demi membraneux; le bord apical large, convexe et pubescent. Long. 5 6 mm.... .. .. . . . . . . . . .. . .. oblonga Latr. Article 8 des antennes deux fois aussi long que large. Noir de poix, les pattes et les antennes rougetres. Tergite gnital allong, parallle, quatre fois aussi long que large, sa base large et bien chitinise, le bord apical saillant et pu bescent. Long. 6 6,5 mm. . . . . . . . . . . . nivalis Kr. 24. Poils hrisss des lytres disposs sans ordre sur la moiti apicale. Brun de poix uniforme; forme gnrale robuste et paisse, les lytres renfls et dprims sur la suture. Tergite gnital allong, parallle dans sa partie apicale, trois fois aussi long que large, la base rtrcie, le bord apical arrondi et pubescent. Long. 6 7 mm ................. .. Reitteri Petri, Poils hrisss des lytres trs rgulirement aligns sur toute la longueur des interstries. Coloration ple, les lytres toujours testacs. Forme gnrale bien moins renfle. Tergite gnital semblable celui du prcdent. Long. 5,5 6 mm. Solarii J eann. 25. Pronotum transverse, de plus d'un tiers plus large que long ............. ........ ............ . . . . . . . . 26. Pronotum peine plus large que long. . . . . . . . . . 28. 26. Coloration testac bruntre. Antennes trs paissies, les articles apicaux peine plus longs que larges. Cts du pro notum peu arrondis. Sculpture des lytres trs eiTace. Tergite

PAGE 115

lt.2 R. JEANNEL gnital petit, court, subcarr, tout fait plan; son bord apical pubescent. Long. 4,5 5 mm. . . . . . oresitropha Ganglb. Coloration brun de poix fonc. Antennes plus longues et plus grles, articles apicaux nettement plus longs que larges. Sculpture des lytres non efface ...................... 21. 27. Pronotum ample, cts bien arrondis. Antennes et pattes rougetres. Article 8 des antennes deux fois aussi long que large. Tergite gnital trs saillant, large, cts parallles; environ deux fois aussi long que large, peu concave; le bord libre arrondi et pubescent. Long. 6 mm . . Breiti J eann. Pronotum petit, court, ses cts peu arrondis. Antennes rougetres, fmurs rembrunis. Article 8 des antennes peine une fois et demie aussi long que large. Tergite gnital court, plus large que long, son bord libre peu saillant, convexe et pubescent. Long. 4,8 mm................ Zolotarevi Reitt. (1). 28. Coloration ple, bruntre avec les lytres testacs. Antennes trs paissies au sommet, les articles de la massue trois fois plus pais que ceux du funicule. Pronotum angles post rieurs bien marqus. Tergite gnital allong, parallle, creus en gouttire; son bord apical saillant et pubescent. Long. 5 mm ................ . . . . . . . . . . . . . Doderoi Br. Coloration fonce. Antennes normalement paissies, les articles de la massue de moiti plus pais que ceux du funicule. 29. 29. Pronotum peu rtrci en arrire, les angles postrieurs bien arrondis. Article 8 des antennes court, peine une fois et demie aussi long que large. Tergite gnital subrectangulaire, presque plan, ses cts concaves, le bord libre convexe, peu saillant, pubescent. Long. 4,5 5,2 mm. . cisteloides Frl. Pronotum plus troit, nettement rtrci en arrire, les angles postrieurs mieux marqus ......... ; . . . . . . . . . 30. 30. Antennes rembrunies au sommet; l'article 8 peine plus long que large; lytres entirement noirs. Tergite gnital allong, parallle, presque trois fois aussi long que large, un peu arqu et nettement creus en gouttire; le bord libre saillant et pubescent. Long. 4,5 5 mm.. . . angustata Fabr. Antennes rougetres; l'article 8 presque deux fois aussi long que -large. Bord libre -du tergite non pubescent. . . . 31. 31. Moiti basale des lytres rougetre, tranchant par sa colo ration avec la moiti apicale fonce. Tergite gnital trs grand, trs saillant; sa base bombe, sa moiti apicale explane en large lame semicirculaire trs chitinise; le bord libre bien arrondi. Long. 4,8 5 mm.. . . . . . . . glauca Britt. (1) La femelle du Ch. obscuripes Reitt., voisin de cette espce, est inconnue.

PAGE 116

REVIS,ION DES CHOLEVA Moiti basale des lytres tout au plus un peu moins fonce que la moiti apicale, niais ne tranchant pas nettement par s coloration. Tergite gnital mince, ne dpassant pas les pleurites; la base est troite et hyaline, plane, la partie apicale est dilate en fer de lance, avec des angles latraux bien saillants sous le bord dorsal des pleurites, la pointe .. apical(l formant un angle vif. Long . 5 mm.. . . bicolor, n. sp. GROUPE 1 Choleva (Cholevopsis) spadicea Sturm. (Fig. 2, 25, 52 55, 57 E!t 58.) Catops spadiceus STURM, 1839, Deutsch!. Fauna! Ins. XIV, p . 11, pl. CCLXXIII, fig: B; type : Autriche. -MuRRAY, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., XVIII, p. 21. -CholeCJa spadicea, REITTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, p. 41 (pars) ....:._ 1885, Naturg. Ins. Deutschl., III, p.: 226 (pars).-GANGBAUER, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 117 (pars). -REITTEJt, 1913, Wiener ent. Ztg., XXXII, p. 213 (char. emend.). ...:... a spar avec raison du Ch. spadicea une espce hien distincte Ch. paskoviensis qui a longtemps t confondue avec luL.i 1\ n'est donc pas possible de faire tat sans contrle des indications donnes par l es anciens auteurs. Les Ch. spadicea cits par Kr'aatz de diverses localits sont certainement des Ch. paskoviensis et il en est peut-tre de mme de ceux qui ont t signals de Sane-et-Loire (Viturat), d l'Ain (Guillebeau) et de Haute-Alsace (catal. Bourgeois). Mais on ne peut pas savoir quelles espces doivent tre rapports les Ch: spadicea du Dariemark(H. O. Holstebro), d'c9sse (A. Murray), de Kiew (Chaudoir), ,de Marseille (cat. Caillol), et dEl Sardaigne (J,acobson). W. HuBENTHAL (1913, Entom. BI., IX, p. 256) cite le vrai Ch. spadicea de Thuringe et de ; E. REiTTER l'indique d'Autriche et de Hon. grie. D'autre part, j'en ai vu des exemplaires provenant des localits ch dessous : . France. Seine : Paris (A. Chewolat). Seine-et-Oise : fort de Saint. Germain (H. Brisout de Barneville); fort de Marly (H. Brisout de Barne ville). Finistre : Morlaix (E. : Herv). : Remaugies (coll. Cler mont). Aisne : (L. Bedel) . Oise : dans. un 1

PAGE 117

44 R. JEANNEL terrier (A. Mquignon); fort de Coye (G. Hardy). -Autriche. env. de Vienne (coll. Reitter). Slovaquie. Rosena, dans le massif de la BasseTatra (E. Moczarski). -Roumanie. Transylvanie : Scarisoara, dans les monts I3ihar (Jeanne!). Banat: mont Sarco (J. Breit); Baile Herculane (Pavel, J. Breit, Jeanne!).-Serbie. Brezovica, sur le Kucaj planina, en Serbie orientale (Jeanne!); Murtenica planina, en Serbie occidentale, sur les confins du sandjak de Novibazar (Jeanne!). -Bulgarie. Rhilo Dagh (E. Merkl). -Croatie. montagnes prs de Skrad (A. Winkler); Zagreb (Eppelsheim); Sljemen planina, prs Zagreb (V. Apfelbeck). REITTER enfin le cite lui-mme. du nord de la : Celic, dans le Majevica planina (Zoufal), mais la trs grande taille de cet exemplaire permet de supposer qu'il s'agit peut-tre de l'espce suivante. On peut donc affirmer que le vrai Ch. spadicea se trouve dans le nord de la France, l'Allemagne centrale, les Alpes orientales (Alpes de Basse Autriche et ramifications alpines les plus mridionales du Karst), le massif de la Basse-Tatra, le Banat et les massifs Balkaniques (Rhilo Dagh). Il ne semble pas exister dans la chaine des Carpathes o se rencontre le Ch. paskoviensis. Dans le sud-ouest des monts du Bihar et peut-tre aussi en Bosnie, il est remplac une forme reprsentative de grande taille, Ch. W inkleri. DIAGNOSE. Long. 5 5,5 mm. Forme robuste, paisse, trs convexe. Ail. Bruntre brillant assez clair, avec la tte, le disque du pronotum, la partie apicale des lytres et la poitrine foncs. Ponctuation trs forte et profonde ; les points sont enfoncs, arrondis, assez serrs sur le pronotum, gros et rpeux sur les lytres. Pubescence dresse longue et fournie, surtout sur la moiti apicale des lytres. Antennes ples, grles, non paissies au sommet chez le mle, assez paissies chez la femelle; l'article 8 est nettement plus long que large, cylindrique et troit, l'article 9 deux fois aussi long que large chez le mle, le 10 plus court que le 9. Pronotum (fig. 25) transverse, d'un tiers plus large que long, prsentant sa plus grande largeur vers le milieu, les cts arrondis, largement explans en arrire, les angles postrieurs arrondis, le disque peu convexe. lytres allongs, peu attnus en arrire, dprims sur la suture, les stries bien traces, nettement ponctues, les interstries convexes, l extrmit apicale arrondie dans les deux sexes, sans trace de dent l'angle suturai chez la femelle. Pattes robustes. Caractres sexuels mles. Les lytres des mles sont bien moins

PAGE 118

REVISION DES CHOLEVA renfls que ceux des femelles; d'autre part les pattes sont bien plus robustes et les antennes plus fines. Tarses antrieurs largement dilats chez le mle, le premier article ovale, un peu plus large que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires plus fortement arqus chez le mle que chez la femelle. Fmurs postrieurs .55. 53. 56. FIG. 52 55. -Ch. spadicea, de Baile Herculane. -FIG. 52. deagus, face dorsale, x 56. -FIG. 53. L'extrmit apicale du rn me, face ventrale. -FIG. 54. Trochanter postrieur droit du mle, x 40. -FIG. 55. Dent dorsale du sac interne de l'deagus et paquet ventral d'pines, vue dorsale, X 100. FIG. 56.-Ch. Winkleri, dent dorsale du sac interne et paquat ventral d'pines, vue dorsale, x 100. inerrl}es. Trochanters postrieurs mles de mme forme que ceux des femelles, mais plus allongs et termins en pointe plus aigu (fig. 54); les bords antrieurs et postrieurs sont sensiblement rectilignes. Cinquime segment ventral de l'abdomen avec une grande fossette mdiane, profonde et arrondie, tapisse de poils plus longs et plus serrs dans la partie antrieure. Organe copulateur mle court, large, aplati rgulirement et peu arqu du ct ventral (fig. 52); le sommet est large, graduellement rtrci

PAGE 119

R. JEANNEL et se termine par uri petit bec triangulaire mousse (fig. 53). Ligules car:; ts, trs aigus. Sac interne tapiss d'cailles, le basal avec grandes pines (fig. 2); la partie apicale avec un faisceau de petites pines courtes et serres places du ct ventral; une dent dorsale (fig. 55) cou .rte; triangulaire, aplatie, peine dissymtrique, peu chit inise. Styles lat-:. raux longs, subcylindriques, leur extrmit apicale lgrement comprime latralement et un peu arque en dedans. Segment gnital femelle (fig. 57) peu diffrenci; le tergite large, bord libre saillant, hriss de quelques poils; pleurites courts et rg.uliers. Le sternite est faiblement chitinis, large et court, les styles sont .assez longs, termins par un bouton apical allong et surmont de deux; soies (fig. 58). Choleva (Cholevopsis) Winkleri, n. sp. (Fig 28 et 56 .) Roumanie : deux mles recueillis sous de grosses pierres enfoncees dans des dolines de Piatra Muncelului, au nord de Baitza [Rezbanya], dans les monts Bihar, en juin 1922 {Jeanne} et Winkler) . Cette espce est la forme reprsentative du Ch. spadicea dans le ouest. des monts Bihar et peut-tre aussi en Bosnie, si le Cholca de grande taille cit par E. Reitter de Celic; Majevica planina {Zoufal), est bien identique celui du Bihar comme je le suppose. DIAGNOSE. -Long. 7 mm. Aspect extrieur d'un trs grand Ch. spadicea, mais avec les lytres bien plus renfls chez le mle Testac uniforme assez brillant (les deux types sont immatures). Ponctuation trs forte et rpeuse sur les lytres, comme chez Ch. spadicea; sur le pronotum les points sont gros, arrondis, enfoncs sur les cts, mais fins et superficiels sur le disque. Pubescence semblable celle du Ch. spadicea. Antennes et pronotumde mme forme que chez Ch. spadicea, le pronotum cependant un peu plus transverse {fig. 28) et plus arrondi lement. lytres trs renfls, pais comme chez les femelles du Ch; spadicea, les cts bien arrondis, la rgion suturale dprime. Caractres sexuels mles identiques ceux du Ch. spadicea. Les an tennes sont fines, non paissies au somm e t, les pattes robustes, les tarses antrieurs largement dilats, les trochanters postrieurs acumins et le cinquime segment ventral porte la mme profonde fossette arrondie. Organe copulateur mle semblable celui du Ch. spadicea, mais le

PAGE 120

. REVISION DES CHOLEVA sac interne diffre un peu par son armature (fig. 56). La dent dorsale est plus grande, plus chitinise et s'est dplace vers la droite, s'inflchissant du ct ventral, pendant que le paquet d'pines ventral s'est au contraire dvi gauche et du ct dorsal. Il semble donc que la dent, quoique 68. .. ,.v.:. ... / . 1 / .... ; ( \ \ \ /' . 61. {]0 . FIG. 57 61. Organes copula leurs femellas des Choleopsis, x 56. -FIG. 57. Ch. spadicea, de Croatie, tergile et pleurites, face dorsale. -FIG. 58. Sternite et .st.yles, face ven traie. FIG. 5!1. Ch. paskoiensis, de Moravie, tergile et pleurites, face dorsale. -FIG. 60. Ch. major, de Jrusalem, tergite et pleurites, face dorsale. -FJG. 61. Sternite et styles, face ventrale. dorsale, se soit spcialise pour remplacer la dent ventrale : absente . Cette disposition est la mme chez les deux individu s que j'aiexamins; elle parat constante et est bien diffrente de ce qu'on observe chez Ch. spadicea .

PAGE 121

48 R. JEANNEL Choleva (Cholevopsis) garganona, Reitter. (Fig. 27, et 62 6t..) CholeCJa garganona REITTER, 1913, Wiener ent. Ztg., XXXII, p. 214; type: monte Pagano (1) [Mus. Budapest]. -JEANNEL, 1923, Bollet. Soc. ent. Ital., LV, p. 34. CHOROLOGIE. -Le seul exemplaire connu provient du monte Pagano, au sud de Castel di Sangro, dans les Abruzzes mridionales (Paganetti Hmniler). DIAGNOSE.Long. 4,8mm. Trs convexe; ail. Brun noirtre brillant, le bord du pronotum, la base et les pipleures des lytres un peu rou getres, pattes et antennes rougetres, ces dernires rembrunies dans la moiti apicale. Ponctuation trs forte, assez serre, irrgulire sur les lytres dont la surface est comme bossele. Pubescence comme chez Ch. spadicea. Antennes grles avec les derniers articles paissis; l'article 8 est peine plus long que large, bien plus court que le 9, les 9 et 10 une fois et demie aussi longs que larges. Pronotum (fig. 27) transverse, d'un tiers plus large que long, ses cts peu arrondis, relativement peu soulevs en arrire, le disque trs convexe; la plus grande largeur se mesure au milieu. lytres trs convexes, mais peu larges, fortement comprims latralement; les stries ponctues, moins bien traces que chez Ch. paskoviensis, l'apex arrondi. Pattes assez grles. Femelle inconnue. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs mles peu dilats, le premier article allong, plus troit que le sommet du tibia. Tibias inter-(1) Le type, que j'ai sous les yeux, ne provient pas du tout du monte Gargano comme l'a crit Reitter, mais bien du monte Pagano, montagne des Abruzzes mri dionales, situe au sud de Castel di Sangro, entre les deux provinces de Aquila et de Campobasso. Cette erreur mritait d'tre releve, car on sait quelle importance la faune du monte Gargano prsente pour la biogographie. Le monte Gargano, par sa faune, appartient aux massifs balcaniques; le monte Pagano, au contraire, fait partie du systme des massifs tyrrhniens. Si un CholePopsi'.s habitait le monte Gargano, il serait surprenant que ce soit une espce difTrente de celles dj connues de la pninsule balkanique. Il est donc bien probable que jamais le Ch. garganona Reitt. ne sera trouv sur le monte Gargano et on doit regretter que les Rgles de la Nomen clature empchent de changer ce nom de garganona qui consacre une telle erreur zoogographique,

PAGE 122

REVISION DES CHOLEVA 49 mdiaires trs peu arqus. Fmurs postrieurs inermes. Trochanters post rieurs (fig. 64) semblables ceux du Ch. spadicea, leur pointe aigu. Segments ventraux de l'abdomen sans fossettes. (}2. 63. .. 6.5. !l. F1c. 62 61,, -Ch. gargano1ta, du monte Pag1no. -FIG. 62. Sommet de l'de agus, lace dorsale, x 56. -FIG. 63. Le mme f ace ventrale. -FIG. 64. Tro chanter postrieur droit du mle, x 4.0. FIG. 65 6i. Ch. paskoviensis, de MoJ'avie. -FIG 65. deagus, vu var la face ventral
PAGE 123

50 R. JEANNEL GROUPE Il Choleva (Cholevopsis} paskoviensis, Reitter. (Fig. 3, 26, 59 eL 65 67.) Catops spadiceus KRAATz, 1856, Stett. cnt. Ztg., XIII, p. 399; Allemagne Choleva paskoviensis, REITTER, 1913, Wiener ent. Ztg., XXXII, p. 214; type : Paskau [.1\fus. Budapest]. CHOROLOGIE. -Cette espce habite l'est et le nord de la France, l'Alle magne, la Bohme, la Moravie, l'Autriche, les Carpathes de Galicie, la Transylvanie. Il me parat vraisemblable que les Cholepa cits sous le nom de Ch. spadicea par VITURAT de Sane et-Loire, par Gu iLLEBEAU de Bourg et du Plantay et parJ.BouRGEOIS de Haute-Alsace soient des Ch. paskMiensis. En tous cas les citations, par G. KRAATZ, de Darmstadt, de Halle, de Bautzen et d'Erlangen en Allemagne, se rapportent certainement au Ch. paskoPiensis comme en tmoigne la description que cet auteur donne des trochanters postrieurs mles de son espce. J'ai vu des Ch. paskoPiensis des localits suivantes : France. Calvados : Cabourg (H. Marmottan); Seine : Fontenay-aux Roses (L. Bedel); Jura: Dle (A. Hustache). -Allemagne. Hessen: Darmstadt (coll. Eppelsheim, in Mus. Vienne); Berlin (0. Caliz, in coll. Reitter). --Tchco-SloPaquie. Bohme : Brandeis am Elb (E. Skalitzky); Moravie: Paskau (E. Reitter, types).--Autriche. Promenade du Prater, Vienne (L. Ganglbauer) ; env. de Vienne (A. Winkler). -Pologne Galicie (coll. Reitter). -Roumanie. Transylvanie : Sibiu [Nagy-Szeben] (coll. Fuss, in coll. Reitter); Cincul mare [Gross Schenk] (J Obenberger). DIAGNOSE. Long. 4,5 5 mm. Ail, robuste, pais et convexe. Coloration plus fonce que chez le prcdent, bruntre brillant, avec la tte, le disque du pronotum, la moiti apicale des lytres et la poitrine noirtres; les antennes rembruniesau sommet. Ponctuation et pubescence comme chez Ch. spadicea. Antennes plus courtes et surtout plus paisses, surtout chez le mle; l'article 8 peine plus long que large, les articles 9 et 10 seulement une fois et demie aussi longs que larges. Pronotum (fig. 26) un peu transverse, plus convexe que chez Ch. spadicea et plus rtrci en arrire, les cts peu explans en arrire, la plus grande largeur avant le milieu, les angles postrieurs effacs, mais un peu plus marqus. lytres plus

PAGE 124

REVISION DES CHOLEVA courts, plus renfls chez le mle, non dprims sur la suture, stries fortes, rgulires, nettement ponctues, les interstries convexes, l'extrmit apicale arrondie dans les deux sexes. Pattes plus courtes et moins robustes, surtout chez le mle. Caractres sexuels mles.-La forme gnrale du corps et' les sont semblables dans les deux sexes. Pattes pas plus robustes chez le mle que chez la femelle. Tarses ant rieurs mles dilats, mais plus troits que le sommet du tibia. Tibias interpas plus arqus chez le mle que chez la femelle. Fmurs post rieurs inermes; 'trochanters postrieurs mles (fig. 67) en forme de lame allonge, coude en arrire angle obtus vers le milieu de sa longueur, lgrement. largie et amincie au sommet, celui-ci obliquement tronqu. segments ventraux de l'abdomen sans fossettes ni sillons. Organe C)pulateur mle (fig. 65) court, grle, rglirement arqu du ct ventral, non aplati comme chez Ch. spadicea; le sommet forme un angle arrondi, sans bec saill ant. Ligules grands, larges, arrondis au sommet.. Sac interne avec une grande dent dorsale occupant la moi Li apicale de la longueur du sac; cette dent est large dans la plus grande partie de sa longueur, brusquement rtrcie et djete gauche son sommet (fig. 66). La pare basale du sac _porte une armature copulatrice diffrencie (fig. 3): deux longs bourrelets ventraux, de coupe triangulaire, forms par la soudure d'un certain nombre d'lments et accols l'un l'autre sur la ligne mdiane comme les mors d'un, tau; en dehors de l'extrmit apicale des bourrelets, deux grosses dents CO!llposes. Styles latraux pais, subdroits, lgrement comprims latralement et un peu inflchis au sommet. Segment gnital femelle (fig. 59) peu spcialis, comme chez Ch. spadicea. Le tergite est large, plus large que long, son bord libre est peu sail lant. Le sternite et les styles sont semblables ceux du Ch. spadicea. Choleva (Cholevopsis) punctata Ch. Brisout. CholePa punctata CH. BRISOUT, 1866, Ann. Soc. ent. Fr., p. 364; type : Heinosa. -S. DE UHAGoN, 1890, An. Soc. esp. Hist. nat., XIX, p. 28. CHOROLOGIE. -Espagne : Reinosa, dans les monts Cantabriques (La Brlerie); Puerto de Navacerrada, dans la sierra de Guadarrama (Martinez y Saez).

PAGE 125

52 R. JEANNEL DIAGNOSE.Long. 5,5 mm. Aspect extrieur du Ch. spadicea, mais plus large. Brun testac assez clair uniforme. Ponctuation semblable celle du Ch. spadicea, les points profonds, gros, assez serrs sur lepronotum, gros et rpeux sur les lytres. Pubescence fine, rare, de couleur cendrejauntre (les descriptions ne disent pas qu'elle soit dresse). Antennes allonges, robustes, paissies au sommet chez le mle; l'article 8 de moiti plus long que large, peine plus troit que ses voisins, les articles 9 et 10 peu prs de mme longueur, environ de moiti plus longs que larges. Pronotum transverse, presque aussi large que les lytres, prsentant sa plus grande largeur avant le milieu, les cts.'bien arrondis, largement explans et relevs en arrire. lytres renfls, ovales, attnus au sommet, les stries nettement ponctues, les dorsales plus profond-es que les stries latrales, l'apex arrondi. Pattes longues et grles. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs premier article un peu plus troit que le sommet du tibia. Fmurs postrieurs inermes. Tro chanters postrieurs en forme de lame allonge, largie et obliquement tronque au sommet, l'angle externe saillant eL aigu, le bord postrieur incurv. Cinquime segment ventral de l'abdomen avec une lgre dpression mdiane en arrire de laquelle le bord libre est lgrement chancr. Femelle inconnue. Je ne connais pas cette espce, 111;ais les deux bonnes descriptions de CH. BRISOUT et de S. DE UHAGON indiquent nettement qu'il s'agit d'une espce voisine de Ch. spadicea, dont les trochanters postrieurs mles rappellent ceux du Ch. paskor;iensis. Quoique ni Cu. BRISOUT ni S. DE UnAGON ne parlent de la pubescence du Ch. punctata autrement que pour dire qu'elle est ((fine et rare, il semble bien que cette espce soit troitement allie au Ch. pasl:cor;iensis. Choleva (Cholevopsis) major Fairmaire. (Fig. 29, 60 eL 61.) Clwlepa major FAIRMAIRE, 1892, Ann. Soc. ent. Belg., p. 144; type : Akbs. -CholefJa palaestina Pic, 1899, Bull. Soc. Hist. nat. Autun, p. 204; type : Jrusalem. -CholefJa Bathseba J. SAHLBERG, 1907, Oefv. Finska Forhandl. L, p. 46; type : Jude. La confrontation des descriptions montre clairement qu'elles con cernent toutes trois la mme espce, assez variable de taille et de colo-

PAGE 126

REVISION DES CHOLEVA 53 ration. D'ailleurs, l'exemplaire que j'ai sous les yeux vient de Jrusalem et est de trs grande taille et presque entirement testac rougetre comme le Ch. major. Certainement Pre, puis J. SAHLBERG ont redcrit des exem plaires dent la colorati on pigmentaire tait bien dveloppe. CHOROLOGIE. L'espce existe en Syrie : Akbs (coll. Fairmaire) et en Palestine: Jrusalem (coll. Reitter, in Mus. Budapest); montagne des Oliviers, prs 'de Hierosolyma, en Jude (J. Sahlberg). L'exem plaire dcrit par Pic a t pris au vol, le soir, Jrusalem. DIAGNOSE. Long. 6 8 mm. Allong, ovale, assez pais, mais peu convexe. Ail; Testac rougetre avec la moiti postrieure des lytres en gnral noirtre, parfois aussi l'cusson et le milieu du pronotum un peu rembrunis; antennes ples moiti apicale rembrunie. Ponctuation forte et profonde, plus forte sur le vertex que sur le front, serre sur le pronotum, plus espace mais aussi forte et un peu irrgulire sur les lytres. Pubes cence dore assez courte sur le pronotum, plus longue et dresse sur les lytres. Antennes grles, atteignant presque le milieu du corps, trs peu paissies au sommet; l'article 8 est semblable au 9, peine un peu moins paissi au sommet, quatr fois aussi long que large, aussi long que le 9 et peine plus court que le 7; article 9 peine plus long que le 10. Pronotum trs peu convexe, subcarr (fig. 29), faiblement transverse; les cts peu arqus, arrondis en avant, explans et assez fortement soulevs en arrire; angles postrieurs effacs mais indiqus;le disque avec une impres sion longitudinale sur la ligne mdiane. lytres elliptiques, plus larges que le pronotum leur base, prs de deux fois et demie aussi longs que larges, les cts arrondis, le sommet attnu, les stries nettes et fortement ponc tues, les pipleures trs larges. Pattes grles. Diffrences sexuelles. Elles semblent peu importantes. L'angle apical des lytres de la femelle est arrondi. Caractres sexuels mles. D'aprs FAIRMAIRE et J. SAHLBERG les tarses antrieurs des mles sont largement dilats, les tibias interm diaires rgulirement arqus, les trochanters postrieurs courts et acumins. L'organe copulateur mle est large la base, subparallle, rtrci dans sa partie apicale et termin en pointe allonge; les styles latraux sont plus longs que le lobe mdian. Segment gnital femelle (fig. 60) du mme type que chez Ch. spadicea;

PAGE 127

sr. R.' JEANNEL le tergite est grand, large, avec le bord libre saillant et hriss de nombreux poils; le sternite n'est pas chitinis et les styles sont rduits (fig. 61). Par son aspect extrieur et la forme de son tergite gnital femelle cette remarquable espce se montre bien appartenir au groupe des CholeCJopsis, mais il est probable qu'elle doit reprsenter une ligne spciale venue directement d'Asie. GROUPE Ill Choleva dorsigera Marseul. (Fig. 19, 68 71 et 76.} CholeCJa dorsigera MARSEUL, 1864, L'Abeille, 1, p. xu; type : Beyrouth (Mus. Paris). SAuLcY, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 426. -REITTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 43. -CholeCJa amplicollis BAunr, 1864, Berl. ent. Zs., p. 226; type : Chypre. CnoROLOGIE. -L'aire de distribution de cette espce s'tend la Palestine, la Syrie, l'ile de Chypre et la Gree. Je la connais des localits suivantes : Palestine : Jrusalem (Saulcy, Ch: Delagrange). -Syrie : Beyrouth (teste Marseul; Appel, in Mus. Vienne); Akbs {Ch. Delagrange).-Ile de Chypre (teste Baudi). -Grce: Attique (coll. Reitter) ; mont Parnasse (coll. Hauser, in Mus. Vienne). D'aprs F. de SAuLCY, ce CholeCJa serait myrmcophile et vivrait la faon des Catopomorphus dans les nids de Messor barbarus F. Toutefois, E. W ASMANN ne fait pas mention de cette espce dans son Catalogue des Arthropodes myrmcophiles. DIAGNOSE. Long. 5,5 mm. Ovalaire, large, peu convexe, non attnu en arrire. Ail. Roux testac brillant, avec la tte noirtre, le disque du pronotum, l'extrmit apicale des lytres et le dessous du corps rem brunis, les antennes, les pices buccales et les pattes rougetres. Ponctua tion trs fine et serre, trs superficielle sur le pronotum, un peu rperise sur les lytres. Pubescence dore, trs courte, couche, rare; les lytres sont souvent recouverts d'un enduit blanchtre comme chez Jes Catops. Tte forte, plus courte que large. Anteimes courtes, paisses, dpassant peine la racine des lytres, les articles du funicule courts, sauf le 3 qui

PAGE 128

REVISION DES CHOLETiA 55 est hien plus long que ses voisins, la massue largie, aplatie. L'article 8 est aussi. long que large chez le mle, un peu transverse chez la femelle; le 9 est trapzode, largi au sommet, un peu plus long que large, le 10 de mme forme, mais plus court, aussi long que large, le 11 peine plus long que le prcdent, ovalaire. Pronotum trs large (fig. 30), au moins des
PAGE 129

56 R. JEANNEL d'une cuiller peu concave, ovale, manche presque aussi long que la cuiller mme. Pleurites rgul1ers, angle apical arrondi, mais troit-. 68. 1(1. 72. 73. Fic. 68 71.-Ch. dorsigera, d'Abks.-Fic. 68. Sommet de J'organe copu lateui mle, vue dorso-latrale, X 56. Fig. 69. Le mme, face ventrale. -Fic. 70. Dent ventrale du sac interne, face ventraiE', X100.-Fic. 71. Trochan tE'r postrieur droit du mle, x t,o. Ftc. 72 75.-Ch. Marsculi, n. sp., d Adana. -FJG. 72. Sommet de l'organe copulateur mle, vue dorso-latrale, X 56. -Fic. 73. Le mme, face ventrale. -Ftc. 74. Dent ventrale du sac interne, face ventrale, X 60. -F1c. 75. Trochanter postrieur droit du mle, x '. Sternite non chitinis; styles trs longs (fig 76 et 78), dpassant amplement le bord libre du tergite; une seule soie terminale insre sur un trs petit bouton stigre. Choleva Marseuli, n. sp. (Fig. 18, 30, 72 75, 77 et 78.) Type : un mle d'Adana (coll. Reitter, in Mus. Budapest). CHOROLOGIE. -La distribution de cette espce parait diffrer de crll.e de la prcdente. Les deux seuls exemplaires que je connaisse pro-

PAGE 130

REVISION DES CHOLEVA 57 viennent, en effet, l'und' Adana, en Cilicie (coll. Reitter), l'autre de Coma na, jud. Vlasca, Roumanie (A. Montandon), dans la valle du Danube . Il est bien probable que l'espce se retrouvera entre ces deux stations trs loignes l'une de l'autre, c'est--dire en Anatolie, en Thrace et en Bulgarie. Il est vraisemblable galement que le Ch. Marsenli doit avoir les mmes murs que le Ch. dorsigera. DIAGNOSE. -Long. 5, 5 mm. Elliptique, large, peu convexe, attnu en arrire. Ail. Roux testac brillant avec la tte, le disque du pronotum, la moiti apicale des lytres, le dessous du corps noirtres, les antennes et les pattes rougetres. Ponctuation comme chez Ch. dorsigera, mais plus forte sur les lytres. Pubescence dore, courte, rare et couche sur le pro notum et la base des lytres, mais plus longue et hrisse sur la partie apicale des lytres. Tte courte et large. Antennes un peu plus allonges, atteignant presque le quart basal des lytres, avec les articles de la massue trs aplatis. Article 8 un peu plus long que large chez le mle, aussi long que large chez la femelle; le 9 triangulaire, de moiti plus long que large, le 10 peine plus court ql)e le 9, le 11 peine plus long que le 10. Pronotum trs transverse, (fig. 30), trs peu convexe, de mme forme que chez Ch. dorsigera; chez le mle les cts sont encore plus explans en arrire, mais la plus grande largeur se mesure vers le quart postrieur, aussi bien chez la femelle que chez le mle. lytres ovodes, peu convexes, trs attnus en arrire et comprims latralement dans leur partie post rieure, les stries nettes et bien traces. Pattes courtes. Diffrences sexuelles. --Des deux individus que j'ai sous les yeux, le mle (d'Adana) est plus large et plus court que la femelle (de Roumanie); peut-tre ne s'agit-il pas seulement de diffrences sexuelles, mais de varia tions gographiques. Chez le mle le pronotum est presque deux fois aussi large que long et l'angle apical des lytres est arrondi. Chez la femelle le pronotum, encore trs largi, est environ des trois quarts plus large que long et l'angle apical des lytres est saillant et dent. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs trs dilats, plus larges que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires normalement arqus. F murs inermes. Trochanters postrieurs (fig. 75) petits, mais effils et acumins au sommet. Pas de fossettes sur les segments ventraux de l'abdomen. Organe copulateur mle (fig. 72) allong, assez grle, arqu du ct

PAGE 131

58 R. JEANNEL ventral 'la base, inflchi du ct dorsal dans sa partie apicale. Sommet graduellement attnu en une longue lame triangulaire, concave du ct ventral et termine par un petit bec recourb (fig. 73). Ligules trs miOces 80. Frc. 76 85. Organes copulateurs femelles des x 56. -FIG. 76. Ch. dfJrsigera, de l'Attique, tergite cL pleurites, fal!e dorsale. -FIG. 77. Ch. Marsertli, n. sp., de Valachie, tergitt>, face dorsale. Frc. 78. Styles du mme, face ventrale. Frr.. 79. Ch. Emgei, de Cphalonie, tergite t>t pleurites, far.e dorsalA. Frr.. 80. Rtyles du mme, face ventrale. Frc. 81. Ch. cribrata. du Liban, tergite et pleurites, face dorsale. Frc. 1!2. Ch. agilis, de Moravie, tergite et pleurites, far.e dorsale. -FIG. 83. Styles du mme, face ventrale. Frc. Ch. septentrionis, n. sp., de Trimsi, tergite et plau ri!Ps, face dorsale. Frc. 85. Ch. jailensis, n. sp. du Jalla, tergit.e, facP. dor sale. 81. et allongs. Styles latraux longs, pais la base, attnus au sommet, tordus comme le lobe mdian. La dent ventrale (fig. 74) est petite, triangulaire, pointe aigu. Le sac interne (fig. 18) porte une dent dorsale assez dveloppe et un gros paquet ventral d'pines nombreuses dans la rgion apicale. L'armature copulatrice est constitue par un gros pli longitudinal et ventral dans la rgion basale; ce pli est surmont par une chane de dents (une douzaine)

PAGE 132

REVISION.DES CHOLEVA 59 dont la .base s'tend en travers sur l sommP.t du pli; une chane-longitu dinale de dents diriges vers la Qasc, sur chaque face Segme!lt gnital femelle semblable celui du Ch. dorsigera., mais Je tergite (fig. 77) est plus allong t plus elliptique. Cette espce, qui ressemble beaucoup premire vue au Ck dorsigera, est cependant facile reconnatre la forme attnue, comprime latralement du sommet des .ljtres et sa pubescence dresse. De plus la ponctuation est plus forte sur les lytres dont les stries sont aussi mieux marques_. L'angle suturai des femelles est dent. Enfin, les caractres sexuels sont trs diffrents. GROUPE I V Choleva Emgei Reitter . (Fig. 79 at 86 89.) Choleva Emgei REITTER, 1834, Verh. naLf. Ver. Brnn, XXIII, p. 43; type : Attique [Mus. Budapest). -1887, Deutsche ent.. Zs., p. 507. -1899, Wiener ent. Ztg., XVIII,_ p. 52. CHOROLOGIE. -La distribution de cette espce est assez remarquable. Elle se trouve, en effet, en Grce: Attique (J. Emge, in coll. Reitter); Cphalonie (E. Moczarski) et est cite de Crte par E. von ERTZEN, d'Anatolie par JACOBSON. D'autre part, elle a t rencontre en Basse Autriche, Edlitz (L. Bach, in coll. Reitter), une femelle. DIAGNOSE. -Long. 4,2 4,5 mm. Elliptique, convexe, assez pais. Ail. Brun de poix mat, avec la bordure du pronotum et les pipleures rousstres, la base des lytres souvent rougetre, les pattes testaces bruntres, les antennes rembrunies dans leur moiti apicale. Ponctuation fine et superficielle sur le pronotum, forte et rpeuse, vaguement aligne en travers sur les lytres. Pubescence dore, courte et couche, rare. Tte courte. Antennes atteignant le quart basal des lytres, fortement paissies au sommet, les articles 8, 9 et 10 subcarrs, le 8 aussi long que large, le 9 aussi long que le 10, tous deux pais, peine plus longs que larges, un peu plus longs que le 8, le 11 ovode, un peu plus long que le 10. Pronotum faiblement transverse, aussi large que la base des lytres, sa plus grande largeur vers le milieu chez le mle, aprs le milieu chez la femelle, les cts peu arrondis, non explans en arrire, les angles tout

PAGE 133

60 R. JEANNEL fait effacs, le disque modrment convexe, avec une fossette trs super ficielle sur le milieu. lytres ovales, convexes, renfls vers le milieu, peu attnus au sommet, les stries visibles, mais peu profondes, la strie sutu rale forte, nette, carte de la suture; angle suturai arrondi dans les deux sexes. Pattes relativement grles . 92. 87. .9/. 818. FIG. 86 89. -Ch. Emgei, de Cphalonie. -FIG. 86. Organe copulateur mle, vue dorso-latrale, x 56. -FIG. 87. Sommet du mme, face ventrah -FIG. 88. Dent ventrale du sac intern?, face ventrale, X 100. -FIG, 89. Trochanter postrieur droit du mle, X 1,0, FIG. 90 93. -Ch. Bcdeli, n. sp., de Brousse. -FIG. !JO. Sommet de l'organe eopulateur mle, vue dorso-latrale, X 56. -FIG, 91. Le mme, face ven trale. -FIG. 92. Dent ventrale du sa<; interne, X 100. -FIG, 93. Hanches postrieures el trochanter postrieur droit du mle, X 40. Diffrences sexuelles. Les mles sont plus allongs que les femelles, leur pronotum est moins transverse et sa plus grande largeur se mesure ver.s le milieu. Caractres sexuels mles. -Tarses antrieurs larges, le premier article ovale, court, aussi large que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires rgulirement arqus, non couds. Fmurs et hanches postrieurs inermes. Trochanters postrieurs ovalaires, pointe lgrement acumine (fig. 89). Pas de fossettes sur les segments ventraux de l'abdomen.

PAGE 134

REViSION DES CHOLEVA Gt Organe copulateur mle (fig. 86) peu arqu dans sa partie apicale, troit et allong, le sommet graduellement rtrci et termin par un petit bec carr (fig. 87). Ligules courts et arrondis. Sac interne avec trois bandes longitudinales d'pines nombreuses disposes comme chez Ch. agilis, mais plus grosses; la dent (fig. 88) ventrale, trs chitinise, paisse, vague ment tritubercule et mousse. Styles latraux dpassant peine le sommet du lobe mdian, larges la base, effils au sommet. Segment gnital femelle (fig. 79) trs court; le tergite ?ourt, transverse,. assez fortement concave, son bord libre arrondi, peu saillant, pubescent. Pleurites larges. Sternite nullement chitinis; styles (fig. 80) trs rduits. Variations. L'exemplaire femelle recueilli par L. Bach en Basse Autriche (coll. Reitter) parat bien appartenir la mme espce que les exemplaires de l'Attique et de Cphalonie que j'ai examins. Il en diffre cependant par sa taille plus petite (2 mm.), sa coloration noi1 de poix, ses cts du pronotum moins arrondis. Il est possible que ces diffrences soient individuelles. Choleva cl'ibrata Saulcy. Chole"a cribrata SAuLcY, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 427; types: J ru salem. -Chole"a hirtula REITTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 41; type : Liban [Mus. Paris]. Il est clair que Reitter s'est laiss tromper par la pubescence dresse .. sur les lytres de cette espce. Il a plac son Ch. hirtula prs de Ch. spadicea et n'a pas reconnu dans les exemplaires du Liban qu'il a dcrits l'espce de Sauicy, qu'il cite d'ailleurs dans le mme travail sans la connatre et en la plaant dans le groupe du Ch. agilis. CHOROLOGIE. -Ch. cribrata habite la Syrie et la Palestine. Syrie : Liban (teste E. Reitter); Beyrouth (Appl, in Mus. Vienne).-Palestine : Jrusalem, dans les dtritus vgtaux, l'entre des cavernes royales (F. de Saulcy, deux femelles in coll. Reitter, Mus. de Budapest). DIAGNOSE.Long. 4,5 mm. Forme gnrale du Ch. agilis, mais avec le pronotum un peu plns troit. Brun testac, avec le disque du pronotum et la tte un peu rembrunis; antennes ples, rembrunies au sommet. Ponc tuation forte, les points gros et serrs sur le 'pronotum, surtout la base o ils sont plus gros et bien plus serrs que ceux des lytres; ponctuation des lytres forte et rpeuse. Pu. bescence dore, courte et couche sur le pro notum, plus longue et redresse sur les lytres.

PAGE 135

62 R. JEANNEL Antennes grles, dpassant un peu le quart basal des lytres, leur sommet paissi; l'article 8 est petit, un peu plus lo:Q.g que large; article 9 conique, pais, de moiti plus long que large, 10 plus pais que le 9, pas plus long que large, 11 u.o peu plus long que le 10. Pronotum peu trans. verse, d'un quart plus large que long, les cts arqus rgulirement, leur plus grande largeur un peu aprs le milieu, les angles postrieurs non relevs, effacs mais indiqus chez la femelle, le disque peu convexe, lgrement impressionn sur la ligne mdiane. :i;:Iytres ovodes, convexes, renfls chez la femelle, les stries tout fait effaces, sauf la qui est bien visible surtout en arri re, carte de la suture vers le milieu. Angle suturai des lytres fortement dent chez la femelle. Pattes grles. Cette description est faite d'aprs deux femelles. F. de SAULCY, qui a eu sous les yeux des mles, leur assigne les caractres sexuels suivants : antrieu"rs dilats. Trochanters postrieurs modrment et arrondis en dedans, prolongs l'extrmit en pointe saillante. Seg ments abdominaux sans fossettes. Angle suturai des lytres arrondis. Ces caractres rapprochent viderrunent le Ch. cribrata du Ch. Emgei Reitt. Segnient gnital femelle (fig. 81) assez renfl. Le tergite est plus long que large, assez concave, son bord libre est arrondi, saillant et pubes cent. Pleurites larges et longs, bien chitiniss. non chitinis; styles rduits. La forme du tergite semble indiquer que le mle doit avoir une dent apicale assez dveloppe sur son sac interne. D'autre part, les pleurites chitiniss sur leur bord dorsal et la pubescence du tergite rappro chent encore Ch. cribrata du Ch. Emgei et l'loignent des espces du groupe de Ch. agilis. Choleva agilis Illiger . (Fig. 4, 31, 82 e t 83, 94 101.) Ptomapllagus agilis ILLIGER, 1798, Verz. Kar. Preuss., p. 88; type: Prusse. Catops agilis, ERICHSON, 1839, Kli.f. Mark Brandenb., I, p. 234. --STURM, 1839, Deutsch!. Fauna, Ins., XIV, p. 7. -KRAATZ, 1852, Stett. ent. Ztg., XIII, p. 405. -MuRRAY, 1856, Ann . Mag. nat. Hist XVIII, p. 23. -Clwleva agilis, FAIRMAIRE ET LABOULBNE, 1854, Faune ent. fran., I, p 300. -REITTER, 1884, Verh natf. Ver. B1nn, XXIII, p. 43. -1885, Naturg. Ins. Deutsch!., III, p. 231. -GANGLBAUER, 1899, KliJ. Mitteleur., III, p. 119 ...:_ REITTER, 1 9 09, Fauna Germ., KiH. II, p. 2.12.-JEANNEL, 1923, Bollet. Soc. ent. Ital., LV, p. 35. -Choleva testacea LATREILLE, 1807, Gen Crust. Ins., Il, p. 28. -Choleva gausapata STEPHENS, 1830, . Brit. Ent., III, -.

PAGE 136

REVISION DES CHOLEVA 63 p. 14; type : London.--Ch. gomphosata STEPHENs, 1829, Syst. Cat., p. 74. -CholePa Lederiana REITTER, 1899, Deutsche ent. Zs., p. 177; type : Alta central (coll. Reitter, in Mus. Budapest). -CholePa adusta REITTER, 1896, Wiener ent. Ztg., XV, p. 227; type: Amasia (coll. Reitter, in Mus. Budapest). Le Ch. gausapata Stephens ( =gomphosata, nom. fals.), caractris seulement par une pubescence plus serre, n'est pas distinct du Ch. agilis cit d'ailleurs aussi d'Anglterre par STEPHENS. J'ai sous les yeux les quatre types du Ch. Lederiana Reitt, un mle et trois femelles; il n'existe certainement pas la moindre diffrence qui permette de le sparer du Ch. agilis. Le mle prsente les mmes caractres sexuels que l'espce d'Europe et son organe copulateur est identique (fig. 94 et 99). Quant au Ch. adusta Reitt., dont j'ai galement pu exa miner le type (une femelle), il ne diffre du Ch. agilis que par sa coloration, ce qui est certainement insuffisant pour justifier sa sparation comme CHOROLOGIE. Le Ch. agilis est considr comme rpandu dans toute l'Europe moyenne et septentrionale et au Caucase (L. Ganglbauer). En ralit, sa distribution est bien plus vaste. On le trouve cit dans les diverses Faunes et dans les Catalogues rgionaux d'Angleterre (i. F. Stephens), de Scandinavie (G. Thomson, 1. B. Ericson et E. Sandin), du Danemark (H. O. Holstebro), de Cour lande (G. Seidlitz), de Silsie ( J. Gerhardt), des Vosges ( J. Bourgeois et P. Scherdlin), de l'Aube (G. Le Grand), de Sane-et-Loire (Viturat), de la Seine-Infrieure (E. Mocquerys), du Finistre (M. Herv), de la' Cte-d'Or (Rouget), de Maine-et-Loire (Gallois), de l'Ain (Guillebeau), du Gers (E. Delherm de Larcenne), des Landes (Gobert), de Provence (H. CailJol), du Pimont (F. Baudi), de Styrie (C. Brancsik), de Roumanie: Comana (A. C. Montandon), de Crte (E. von Oertzen), du .Caucase : Elisabeth thal (H. Leder); enfin JACOBSON indique sa prsence en Russie, dans les gouvernements de Novgorod, de Courlande, de Jarosslaw, de la et de Tiflis. tant donn les caractres trs particuliers de cette espce facile reconnatre, il est probable que la plupart de ces citations sont exactes. Toutefois celles de Scandinavie et du nord de la Russie doivent peut-tre se rfrer au Ch. septentrionis et, d'autre part, il est vraisemblable que Ch. agilis n'existe pas au Caucase et que les indications de H. Leder de Jacobson concernent l'espce de Crime, dcrite plus loin sous le nom de Ch. iailensis.

PAGE 137

G4. R. JEANNEL En somme, le Ch. agilis a une trs grande aire de distribution. Il atteint, l'ouest, les Pyrnes et les les Britanniques; dans le nord, il est probable qu'il atteint au moins le sud de la Scandinavie; l'est, il doit se trouver dans une grande partie de l'Asie centrale, puisqu'il est connu de l'Alta central {Ch. Lederiana). Au sud, son aire gographique comprend l'Anatolie (Ch. adusta), la Valachie1 la pninsule Balcanique, les les de Crte et de Cphalonie, mais il n'est pas connu de l'Italie pninsulaire. Ajoutons qu'il n'a jamais t trouv en Transylvanie, ce qui semble extraordinaire au premier abord. Les exemplaires que j'ai tudis viennent des localits suivantes : Angleterre (coll. Chevrolat). France. Calvados : Caen (H. Brisout de Barneville); Cabourg (H. Marmottan). Seine : Paris (Ch. Brisout de Barneville); Fontenay-aux-Roses (L. Bedel). Marne : canal de l'Ourq, Livry (L. Bede!). Seine-et-Marne : Fontainebleau (G. Poujade; Lagny (A. Hustache). Aisne: Cond-sur-Aisne (G. de Buffvent). Meuse: Verdun (Saubinet). Indre-et-Loire ; env. d Tours (coll. Reitter). Loir-et-Cher : Vendme (A. Mquignon); fort de Frteval (A. Mquignon). Jura: Dle (A. Hustache). Rhne : chteau d'Yvours, prs de Lyon (G. Srullaz). Isre : Grenoble (E. de Perrin). Alsace : Mechl ( J. Bourgeois). Autriche: env. de Vienne (G. Strauss; E. Reitter). -Hongrie: Szt Kereszt barlang, dans les monts Pilis, corn. Esztergom (E. Csiki); Mecsek >> (Frivaldszky, in Mus. Budapest). Italie. Lombardia : monte Baldo (K. Holdhaus, in Mus. Vienne). Istria : env. de Trieste (J. de KrekichStrassoldo).-Yougo-Slaeiie. Croatie: Ludbreg, valle de la Drave, prs Varazdin (V. Apfelbeck). Bosnie : Zepce (J. Breit). Anatolie: Amasia (coll. Reitter).-Mongolie: Alta central (H. Leder, in coll. Reitter). Ch . agilis est toujours rare; on le trouve en gnral sous les feuilles mortes. D'aprs L. F ALCOZ (1914, p. 130) il se trouve dans les terriers de Taupes, Vendme, Loir-et-Cher (A. Mquignon) ou dans ceux des La pins Soissons, Aisne (Buffvent) et en Autriche (Frankenberger). Ce n'est pas une espce qui pntre habituellement dans los grottes; je ne l'y ai, en effet, jamais trouve; mais il est remarquer qu'elle a t trouve les cavernes en Hongrie. Ce fait est rapprocher de son absence en Transylvanie. On sait, en effet, que les espces lucifuges deviennent souvent cavernicoles sur les limites de leurs aires de rpartition. DIAGNOSE. Long. 4,5 5 mm. Ovalaire allong, assez pais, con vexe, pas plus attnu en arrire qu'en avant. Ail. Entirement noir de

PAGE 138

REVISION DES CHOLEVA 65 poix ou avec les lytres et souvent les cts du pronotum et la poitrine brun rougetre, les pattes et les pices buccales rougetres, les antennes de mme couleur mais rembrunies au sommet. Ponctuation fine et super ficielle sur le pronotum, plus forte et rpeuse sur les lytres. Pubescence dore, courte et couche. FIG. % 101. -Ch. agilis. -FIG. 9r.. Organe copulateur mle d'un individu de Vienne, vue dorso-latrale, x 56. -FIG. 95. Sommet du mme, face ven' traie.-FIG. 96. Dent ventrale du sac interne du mme, face ventrale, x 100. -FIG. 97. Trochanter postrieur droit. d'un mle de Vienne, x 4.0.-FIG. gg_ Tibia intermdiaire droit du mme, x 110. -FIG. 99. Sommet de l'organe copulateur d'un lllle de l'Alta central (Ch. Lederiana), vue dorEo-lat rale, x 56. FIG. 100. Dent ventrale du sac interne du mme, x 100. FIG. 101. Trochanter droit du mme, x ltO. Antennes attignant le quart basal des lytres, trs paissies au som met, non aplaties; l'article 8 subcarr, presque aussi large que le 9, mais plus court, le 9 un peu plus long que large, le 10 aussi long que large. Pronotum (fig. 31) peine plus troit que les lytres, de prs de moiti plus large que long, sa plus grande largeur bien aprs le milieu, les cts arrondis, non relevs en arrire, les angles effacs, le disque peu convexe. Elytres allongs, ovales, convexes, avec les stries bien traces, la suturale forte, nette, carte de la suture vers le milieu. Pattes assez grles. L" ABEILLE, XXXII, 15 dcembre 1023.

PAGE 139

66 R. JEANNEL Diffrences sexuelles. Les mles sont plus troits et allongs, leurs lytres sont moins renfls, presque trois fois aussi longs que larges, tandis qu'ils sont peine deux fois et demie aussi longs que larges chez les femelles : Les antennes sont un peu plus longues chez les mles. L'angle suturai des lytres est arrondi dans les deux sexes. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs largement dilats. Tibias intermdiaires (fig. 98) brusquement couds vers le milieu, comprims dans la moiti basale, paissis dans la moiti apicale. Fmurs inermes. Trochanters postrieurs courts et larges (fig. 97), leur sommet un peu acumin, le milieu du bord postrieur avec une forte dent lisse, recourbe en deh
PAGE 140

ll.EVISION DES CliOLEVA d'ailleurs, n'est pas constante, il n'y a aucune diffrence de forme ou de sculpture entre cet exemplaire et les Ch. agilis typiques; son segment gnital ne prsente aucun caractre particulier. Choleva Bedeli, n. sp. (Fig. 90 93.) Anatolie : Brousse, un mle (J. Pavel). DIAGNOSE. -Long. 5,5 mm. Elliptique allong, peu convexe; de mme forme que chez Ch. agilis. Ail. Brun de poix, avec les bords latraux et postrieur du pronotum rousstres, les lytres d'un brun rouge fonc mat, les antennes, les pices buccales et les pattes rougetres. Ponctuation fine et superficielle sur le pronotum, rpeuse et serre sur les lytres. Pubescence jauntre courte et couche, mais assez fournie. lytres avec un lger enduit pulvrulent blanchtre. Tte courte et transverse. Antennes courtes, dpassant peine la hase du pronotum, la massue paissie mais non aplatie. Article 8 petit, peine plus long que large, le 9 peu prs de mme longueur que le 10, tous deux peine plus longs que larges, le 11 ovode, nettement plus long que le 10. Pronotum de la mme forme que chez Ch. agilis, peu convexe, aussi large que les lytres, d'un tiers plus large que long; les cts sont arron dis, peu explans en arrire, la plus grande largeur se mesure vers le milieu; angles trs effacs et arrondis. lytres allongs, assez attnus au sommet, les stries peu visibles, sauf la suturale qui est profonde, nette, carte de la suture vers le milieu; angle suturai arrondi. Pattes relative ment fortes. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs largement dilats, le premier article plus large que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires rgulirement arqus. Fmurs postrieurs larges, mais inermes. Trochan ters postrieurs ovodes, avec !e sommet prolong en pointe lgrement arque en arrire (fig. 93). Hanches postrieures avec un petit appendice cylindrique lisse, pointe mousse, dirig en arrire (fig. 93). Pas de fessettes sur 1es segments ventraux de l'abdomen. Organe copulateur mle (fig. 90) rgulirement arqu du ct ven tral, le sommet graduellement attnu et termin par un petit hec mousse (fig. 91). Ligules petits et trs peu chitiniss. Sac interne avec trois bandes lOngitudinales d'pines nombreuses, comme chez Ch. agilis, la dent api-

PAGE 141

68 R. JEANNEL cale excessivement rduite (fig. 92). Styles latraux longs, trs larges et aplatis la base, .comprims et incurvs en dedans dans le tiers apical. Cette espce est remarquable par l'existence d'appendices sexuels sur la hanche postrieure des mles et aussi par !a rduction de la dent du sac interne, si caractristique chez tous les Choleva jailensis, n. sp. (Fig. 32 et es.) :, Crime : monts J ala, deux femelles (E. Moczarski). DIAGNOSE. -Long. 4,8 5 mm. Ail. Ovale et pais comme chez Ch. agilis, mais plus renfl et plus. co;;vexe. Brun de poix uniforme ou avec les cts du pronotum et la base des lytres un peu plus ple, l'apex des lytres rembruni; pattes et rougetres, celles-ci non rem brunies au sommet. Ponctuation du pronotum semblable celle de Ch. agi lis, fine, superficielle et serre; sur !es lytres les points rpeux sont plus gros et nettement moins serrs. Pt!hescencA dore, courte et couche. Antennes plus grles, moiris paissies au sommet que chez Ch. agilis; l'article 9 est de moiti plus long que large, le 10 un peu plus long que large. Pronotum trs t ransverse (fig. 32), des deux tiers plus large que long, donc bien plus large que chez Ch. agilis. Angle suturai des lytres arrondi, non dent chez la femelle. Segment gnital femelle tout fait du mme type que chez Ch. agilis. Le tergite (fig. 85) diffre cependant par sa forme un peu plus allonge, moins triangulaire, ses cts tant parallles dns leur partie apicale; le bord libre est transverse, comme chez Ch. agilis, trs peu arrondi, non pubescent. Il est bien probable que des caractres sexuels mles particu liers doivent correspondre ces diffrences releves sur des femelles. Choleva septentrionis, n. sp (Fig. 84.) : Tromso, dans l'extrme nord (Herman Otto). Il semble que cette espce doive remplacer le Ch. agilis dans les rgions arctiques. Je n'en connais malheureusement pas le mle, mais les carac tres spciaux la femelle indiquent bien qu'il s'agit d'une espce dis tincte. DIAGNOSE,-Long. 5 mm. Ail. Forme gcra!e du.Ch. agilis; mma

PAGE 142

REVISION DES CHOLEVA 69 coloration, sauf que les antennes sont en entier rougetres, non rembrunies au sommet. Ponctuation aussi fine et superficielle sur le pronotum que chez Ch. agilis, mais bien plus parse. Pubescence dore, courte et cou che, rare. Yeux nettement plus petits que chez Ch. agilis; le diamtre postrieur de-l'il est plus court que l'espace sparant l'il de l'insertion antennaire; il est sensiblement de mme longueur que cet espace chez Ch. agilis. Mmes proportions des articles des antennes que chez Ch. agilis; mme forme du pronotum et des lytres sauf que ces derniers sont peut tre un peu plus renfls. L'angle suturai des lytres est saillant et forte ment dent chez la femelle. Tibias postrieurs lgrement arqus en dedans. Segment g:oital femelle (fig. 84) prsentant les mmes caractres que chez Ch. agilis; mais le tergite est plus grand, plus bomb, son bord libre est saillant et fortement arqu. Ce Cholefla diffre donc surtout des Ch. agilis par sa ponctuation parse sur le pronotum, ses petits yeux, l'angle suturai des lytres dent chez la femelle et par la forme du tergite de son segment gnital. Le mle doit possder des caractres sexuels particuliers. Choleva lateritia Mntris. Catops lateritius MNTRIS, 1849, Mm. Ac. Sc. St-Ptersb., 6e srie, VI, p. 52; type : Novaia Alexandrowskaia. -Cholera lateritia, MuRRA'f, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., XVIII, p. 24. Territoire Transcaspien : No\vo Alexandrowsk, sur les rives du Kara-Su, de la mer Caspienne. Cette espce est trs insuffisamment dcrite dans les termes suivants : (( Ovale oblong, d'un roux ferrugineux ple, revtu d'une courte pubes cence grise. Antennes grles de la longueur de la moiti du corps. Pro thorax transverse, subdprim, largi par derrire, angles obtus, cts subrflchis. lytres trs densment pointills, substris, strie suturale profonde. Long. 4,6 mm. (( Voisin de Ch. agilis, mais proportionnellement plus troit, le pro thorax beaucoup moins large et plus dprim, antennes beaucoup plus longues Ce Cholefla place certainement dans le groupe du Ch. agilis.

PAGE 143

70 R JEANNEL Choleva Matthiesseni Reitter. (Fig. 102 106.) ClwleCJa Matthiesseni REITTER, 1914, Wiener ent. Ztg., XXXIII, p. 263; type : Kutscha [Mus. Budapest]. Le seul exemplaire connu est un mle provenant de Kutscha, dans le Tian-Shan chinois (Matthiessen, in coll. Reitter). .105. /02. FIG. 102 106. -Ch. Matthicsseni, de Kutscha. FIG. 102. Organe copula teur mle, vue dorso-latrale, x 56. -FJG, 103. Sommet du mme, face ventrale -FIG. 104. Dent ventrale du sac interne, vcntrale,X 100. -FIG. 105. Sac interne vagin, montrant les pines dorsales et une bande longitudinale ventrale, face latrale gauche, x 56. FIG. 106. Trochanter postrieur droit du mle, X 4 O. DIAGNOSE. -Long. 5,2 mm. Ovale allong, peu convexe, le prono tum transverse, mais un peu plus troit que les lytres. Ail. Brun de poix fonc avec la base des lytres un peu rougetre; pattes rougetre brillant, avec les fmurs noirtres; antennes rougetres sommet rembruni. Ponctuation excessivement fine, superficielle et trs serre sur le pronotum, rpeuse mais trs fine et serre sur les lytres. Pubescence dore, courte et couche; lytres avec un enduit pulvrulent blanchtre. Antennes atteignant peine le quart basal lytres, peu paissies au sommet, l'article 8 un peu plus long que large, troit; le 9 et le 10 de

PAGE 144

REVISION DES CHOLEVA 71 mme longueur, de moiti plus longs que larges. Pronotum transverse, de plus de moiti plus large que long, le disque assez convexe, impressionn sur la ligne mdiane, les cts arrondis, avec leur plus grande largeur aprs le milieu, les angles postrieurs tout fait effacs, un peu relevs. Elytres amples, peu convexes, les stries peine visibles, la suturale efface la base; angle sutural arrondi. Pattes grles. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs largement dilats, plus larges que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires assez fortement arqus, mais ni comprims la base, ni anguleux au milieu, ni paissis au sommet. Fmurs inermes. Trochanters postrieurs courts, pais, som met mousse (fig. 106). Pas de fossettes sur les segments ventraux de l'abdomen. Organe copulateur mle (fig. 102) peu arqu, le sommet graduelle ment rtrci et termin par un petit bec arrondi, non inflchi. Ligules grands et arrondis. Sac interne avec trois bandes longitudinales d'pines, comme chez Ch. agilis, mais plus grosses. Dent apicale en forme d'caille convexe, vaguement semi-circulaire, dont le bord libre est fortement chitinis et arm d'une dent mdiane, flanque de quelques petits denti cules (fig. 104). Styles latraux robustes et longs, irrguliers, couds en dedans leur tiers apical, comprims latralement et largement largis au sommet. Choleva sibirica, nom. nov. CholeCJa pallida PoPPius, 1903, Oefv. Finska Forhandl., XLVI, p. 2; types: bouches de la Lna (Mus. d'Helsingfors), deux mles. -1910, Mm. Ac. Sc. St-Ptersbourg, 86 srie, XVIII, 9, p. 10, pl. lA, fig. 10. Le nom de CholeCJa pallida Poppius est proccup par CholeCJa pallida Mntris (GEMMINGER et HAROLD, 1868, Catal. Col., II, p. 729.) CHOROLOGIE. Cette espce prsente une distribution remarquable. Elle est spciale la zone des toundras de la Sibrie orientale. Poppius l'a dcouverte Kumaksur et Bulkur, prs des bouches de la Lena (72 lat. N.) et l'a signale depuis de l'le Nouvelle-Sibrie, dans l ocan Arctique. DIAGNOSE. Long. 4 mm. Allong, modrment convexe. Testac uniforme, mat. Ponctuation fine, superficielle sur la tte, peu serre sur le pronotum, rpeuse et encore moins serre sur les lytres. Pubescence dore, courte, couche, peu dense.

PAGE 145

72 R. JEANNEL Yeux petits et peu saillants. Antennes dpassant peine la base du pronotum, faiblement paissies au sommet, l'article 7 un peu plus long que large, le 8 allong, le dernier un peu plus long que l'avant-dernier. Pronotum court, deux fois aussi large que long, un peu plus troit que les lytres leur partie la plus large; la plus grande largeur se mesure vers le milieu, les cts sont bien plus rtrcis en avant qu'en arrire. Angles postrieurs tout fait arrondis, disque peu convexe, faiblement impres sionn prs des angles postrieurs (probablement les cts soulevs dans leur partie basale). lytres ovodes, allongs, peu convexes, leur plus grande largeur un peu avant Ie"milieu; les stries fines et superficielles; la ponctuation est plus forte prs du sommet. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs dilats, tarses inter mdiaires simples. Tibias intermdiaires simples. L'auteur dit que cette espce est voisine des Ch. agilis et Emgei, mais que son pronotum est bien plus transverse, plus fortement rtrci encore en avant et que la ponctuation tant sur.le pronotum que sur les lytres est plus fine et moins serre. Par la finesse de sa ponctuation, Ch. sibirica se rapproche certainement davantage encore du Ch. Matthies seni du Tian-Shan. La description originale ne donne aucun renseignement sur la forme des trochanters, ni sur l'organe copulateur naturellement. Choleva bosnica Ganglbauer: Ch. bosnica GANGLBAUER, 1899, Kf. Mitteleur., III, p. 118; type : Bosnie [Mus. Vienne]. Le seul exemplaire connu est une femelle qui provient de la collection L. Miller. J'ai pu l'examiner et constater, comme l'avait d'ailleurs fait GANGLBAUER, qu'il s'agit vraisemblablement d'une espce du groupe de Ch. agilis, mais trs extraordinaire par sa taille gigantesque et sa pubes cence hrisse. Long. 7 mm. Forme gnrale allonge, peu renfle. Noir de poix avec le bord du pronotum rougetre, les pipleures des lytres bruntres, les antennes et les pattes testaces rougetres. Ponctuation fine et peu serre sur le pronotum, plus forte et plus dense sur les cts et !a base, fine, rpeuse et peu serre sur les lytres. Pubescence dore, fine et couche sur le pronotum, forte, longue et dresse sur les lytres.

PAGE 146

REVISION DES CHOLEVA ?3 Antennes allonges, peu paissies au sommet, l'article 8 une fois et demie aussi long que large, le 9 deux fois plus long.que le 8. Pronotum aussi large que les lytres, deux fois aussi large que long, sa plus grande largeur au milieu, les cts plus fortement rtrcis en avant qu'en arrire, les angles postrieurs trs largement arrondis, le disque peu convexe. lytres allongs, non renfls, les stiies peu profondes, mais nettes, l'angle apical dent, mais peu saillant. Choleva Barnevillei Tournier. (Fig. 5, 33, 107 110.) Chole(Ja Barne(Jillei TouRNIER, 1872, 1\fitth. Schw. ent. Ges., p. 436; type : Algrie.-PEYERUIHOFF, 1917, Ann. Soc. ent. Fr., p. 131.-Clwle(Ja Anceyi REITTER, 1887, Deutsche ent. Zs., XXXI, p. 507; type:<< mont Berrouaghia [Mus. Budapest]. Cette espce est spciale aux massifs montagneux du Nord de l'Afri que. Algrie. Dp. d'Oran : Teniet-el-Had (L. Bedel, H. Marmottan). Dp. d'Alger :massifs des Mouzaa, un exemplaire recueilli haute alti tude (P. de Peyerimhoff}; Berrouaghia, au sud d'Aumale (coll. Reitter). J'ai sous les yeux le type du Ch. Anceyi Reitt. (un mle), et les exem plaires de Teniet-el-Had. DIAGNOSE. Long. 4,5 mm. Elliptique allong, ail. Entirement brun testac avec la partie mdiane du pronotum lgrement rembrunie. Ponctuation forte et serre sur le pronotum, les points rpeux, un peu aligns en travers; ponctuation des lytres trs forte, rpeuse, comme chez Ch. spadicea. Pubescence dore assez rare, dresse mais courte sur les lytres. Antennes allonges, atteignant presque le milieu du corps, trs pais sies au sommet. Articles du funicule grles et allongs, artic!e 8 court, conique, assez paissi au environ une fois et quart aussi long que large; article 9 trs paissi, plus pais que le 7, de moiti plus long que large; article 10 aussi pais que le 9, peine plus long que large; article 11 pyriforme, plus long et plus large que le prcdent. Pronotum de forme trs particulire (fig. 33), rgulirement convexe, trs ample, aussi large que les lytres, presque de moiti plus large que long, la base et le som met peu prs de mme largeur, la plus grande largeur au milieu, les cts trs rgulirement et fortement arrondis, les angles postrieurs tota-

PAGE 147

74 R. JEANNEL lement effacs, non explans ni relevs. lytres elliptiques allongs, assez convexes, les stries profondes et bien tracs, l'extrmit apicale arrondie. Pattes grles et longues. Femelle inconnue. Caractres sexuels mles. -Le premier article des tarses antrieurs est un peu large que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires assez for-/09. 107. /08. FIG. 107 110.-Ch. Barnevillei du dj. Berrouaghia.-FIG. 107. Organe copulateur mle vue dorso-latral!', X56.-FIG. 108. Sommet du mme, face ventrale. -FIG. 109. Dent du sac interne, face ventrale, x 100. -FIG. 110. Trochanter postrieur droit du mle, X 40. tement arqus. Fmurs postrieurs grles et inermes. Trochanters pos trieurs un peu acumins, comme ceux du Ch. spadicea (fig. 110). Pas de fossettes sur les segments ventraux de l'abdomen. Organe copulateur mle grle, modrment arqu (fig . 107). Le som met est graduellement rtrci et aplati et se termine par une pointe mousse. Ligules courts, sommet arrondi. Styles latraux subcylindriques, ne dpassant pas le sommet du lobe mdian, leur partie apicale renfle en massue et peine incurve en dedans. Sac interne (fig. 5) avec une grosse dent apicale et ventrale, pointe multifide (fig. 109) et dont la base est peu chitinise; quelques petits replis transverses chitiniss sur les cts de la rgion apicale. Partie basale

PAGE 148

REVISION DES CHOLEVA 75 du sac interne avec trois bandes longitudinales d'pines nombreuses, une bande dorsale et deux latro-ventrales; pines bien plus longues dans le cul-de-sac basal que dans la rgion moyenne. GROUPE Y Choleva oblonga Latreille. (Fig. 6, 34, 111 117, 118 120). Cholel'a oblonga LATREILLE, 1807, Gen. Crust. Ins., II, p. 27; type : nord de la France. -GANGLBAUER, 1899, Kaf. Mitteleur., Iii, p. 117. -REITTER, 1909, Fauna germ., Kaf.1 II, p. 231. -JE ANNEL, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 71. -JEANNEL, 1923, Bollet. Soc. ent. Ital., LV, p. 35. -Cholepa intermedia KRAATZ, 1852, Stett. ent. Ztg., p. 401; type : Allemagne.-1858, Berl. ent. Zs., p. 29.-REITTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 42. -1885, Naturg. Ins. Deutschl., III, p. 227. -SEIDLITZ, 1891, Fauna Trans., Spec., p. 338.-BRITTEN, 1918, Ent. Monthly Mag., LIV, p. 31.-Ch. angus tata (pars), ERICHSON, 1839, Kiif. Mark Brand., 1, p. 233. -Ch. angustata var. intermedia, MuRRAY, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., XVIII, p. 16. CHOROLOGIE. -Ch. oblonga est une espce commune, rpandue dans toute l'Europe moyenne. Elle se trouve dans les iles Britanniques, d'o H. BRITTEN la cite d'Oxford, de l'le Sheppey l'embouchure dela Tamise, du Cumberland et de la presqu'le de Campbeltown, dans le sud-ouest de l'cosse. JAcoBSON (1910, p. 607) cite le Ch. oblonga de Sude et de Cour lande; on le trouve aussi au Danemark (H. O. Holstebro) et en Finlande (J. SAHLBERG, 1911, Meddel. Soc. Faun. FI. Fenn., XXXVII, p. 48). A l'est l'aire de distribution de l'espce ne parat pas dpasser les Carpathes, l'ouest les Pyrnes; au sud enfin elle s'tend sur toute la pninsule balcanique et l'Italie, et est reprsente par une race spciale dans les Apennins. .. L. F ALcoz (1914, p. 129) cite le Ch. oblonga comme pholophile avec la Taupe, le Lapin, le Hamster; HESELHAUS (1915, p. 264) le regarde comme un hte accidentel des terriers. H. BRITTEN (1917, p. 33), en Angleterre, le considre cependant comme infod au Lapin, dans les terriers duquel ill' a trouv maintes fois une grande profondeur, en plein hiver. Ajoutons que Ch. oblonga pntre parfois dans les cavernes du sud de la France, dans les Pyrnes (grotte de Captes) et en Provence(grottes de la Sainte-Baume).

PAGE 149

76 R. JEANNEL Les nombreux exemplaires que j'ai pu examiner proviennent des localits suivantes : France. Calvados : Caen (H. Brisout de Barneville); monts d'Eraisne (Dubourgais). Seine : Paris (P. Lesne); Clamart (L. Bede1); Villejuif (L. Bede!); Hautes-Bruyres (Jeanne!); Fontenay-aux-Roses (L. Bedel). Seine-et-Oise : Saint-Germain (A. Grouvelle); Rueil (H. Brisout); Chatou (H. Brisout); Marly (H. Brisout); parc de Saint-Cloud (M. Royer); Bouray (G. Hardy); Conflans (Dr A. Chobaut). Seine-et-Marne: Fontainebleau (L. Bede!). Aisne : Germaine (L. Bede!). Marne: pernay (H. Venet). Sarthe : Le Mans (S. de Marseul). Loiret : Orlans (L Fairmaire). Indre-etLoire: Perrusson (A. Mquignon); Grand-Pressigny (Ch. Franois). Maine et-Loire : Grandlieu (L. Bede!, H. Marmottan). Deux-Svres : Romans (J. Chatanay). Vienne : Morthemer (L. Mesmin). Haute-Vienne: SaintBrabant (L. Mesmin). Allier : Cosnes-sur-L'il (J. Bourgeois). Puy-de Dme : Clermont-Ferrand (H. Venet). Haute-Loire : Le Puy (H. Venet). Gers : Samatan ( J. Clermont). Arige : grotte de Ca ptes [Biospeol. n 208] (R. Jeanne!). Pyrnes-Orientales : Amlie-les-Bains (G. Hardy). Ain : Le Plantay (A. Grouvelle). 'Rhne : Lyon (Sauvinet); chteau d'Yvours, prs de Lyon (G. Srullaz). Vaucluse : Avignon (Dr A. Chobaut). Bouches du-Rhne: Camargue (L. Puel, Ch. Fagniez). Italie. Gnes (P. Bensa). Piemonte : Roneo Canavese, massif du Gran Paradiso, prov. di Torino (A. Solari). Toscana : Angliari, prov. di Arezzo (A. Andreini). Camp ania: V allo della Lucania, prov. di Salerno (A. Solari). Apulia : monte Gargano (K. Holdhaus, in Mus. ,Vienne). Allemagne. Prov Rhnanes : Jlich, dans les Ardennes (A. Puton). Prusse occident. : Rosenberg (E. Reitter, Mus. Vienne). Sude (coll. Chevrolat) Tchco-SloCJaquie. Bohme: Brandeis am-Elb (J. Obenberger). Moravie Paskau (E. Reitter). -Autriche. Basse Autriche : env. de Vienne (G. Strauss, Wingelmller, A. Winkler); Wahring, Vienne (Skalitzky); Sto c kerau (A. Winkler); March e gg, dans le Marchfeld (Mus. Vienne) ; Neusiedler See (Mus. Vienne). -Hongrie: Godollo (E. Csiki); Sziget Szt Miklos, prs de Budapest (Biro). -Roumanie: Transylvanie : pesterea de sub piatra Barisorului Petroasa, jud. Hunedoara (J. Roth) Banat : Baile Herculane (Wingelmuller). -Yougo -SlaCJie. Carniole (E. Reitter). Croatie: Fusine (A. Winkle,r). Albanie : Mitrovica, vilayet de Kosovo (Budapest Ak. Balk. Exp., 1917). -Grce (coll. Reitter); mont Parnasse (E. Moczarski).

PAGE 150

REVISION DES CHOLEVA 77 DIAGNOSE. -Taille variable de 5 6 mm. Allong, elliptique. Ail. Coloration toujours assez ple, bruntre peu brillant, avec la tte noir tre, les antennes et les pattes rougetres. Ponctuation relativement peu serre sur le pronotum, superficielle sur le disque, rpeuse sur les cts et la base; sur les lytres elle est assez forte, rpeuse et bien moins dense que Ch. cistelodes par exemple. Pubescence dore, fine et couche sur FIG. 111 117. -Ch. oblonga. -FIG. 111. Organe copulateur d'un mle de la Prusse occidentale, vue dorso-latrale, x 56. FIG. 112. Sommet du mme, face ventrale. -FIG. 113. Dent ventrale du sac interne, face ventrale, X 100. FIG. 1 H. Trochanter postrieur droit d'un mle d'Albanie, x q0. -FIG. 115. Bord apical du mme. -FIG. 116. Trochanter postrieur d'un mle du Ch. de l'Emilia, x 40. -FIG. 117. Bord apical du mme .l/7. ././ 2 ... ././ .1.1.1. ./.1 s. le pronotum, plus longue, plus fournie et entremle de petits poils dresss sur les lytres. Antennes atteignant le tiers basal des lytres, peu paissies au sommet, le funicule pais, l'article 8 cylindrique, deux fois aussi long que large chez le mle, peine plus long que large chez la femelle, le 9 conique, presque deux fois aussi long que large chez le mle, une fois et demie seu lement chez la femelle, le 10 plus court que le 9, le 11 pyriforme, peine plus long que le 10. Pronotum peine transverse (fig. 34), sa plus grande largeur avant le milieu, les cts bien arrondis en avant, rtrcis oblique-

PAGE 151

78 R. JEANNEL ment en arrire et soulevs lgrement dans leur moiti postrieure, les angles postrieurs largement arrondis. lytres elliptiques, environ deux fois et demie plus longs que larges, les stries bien marques, la suturale entire, sensiblement parallle la suture, l'angle apical arrondi dans les deux sexes. Pattes longues et robustes. r;l '" ,' J2S. -. --,/ 126 .122. FIG. 118 126. "--Organes copulateurs femelles des x 56. -Fic. 118. Ch. oblonga, des Pyrnes, tergite et pleurites, face dorsale. -FIG. 119. Ch. oblonga, de roscane, tergitfl et pleurites, face dorsale. -FIG. 120. Sler nite et styles des deux exemplaires prcdents, face ventrale. -FIG. 121. Ch. n. sp. de Syra, tergite et face dorsale. -FIG. 122. Styles du mme, face ventrale. -FIG. 123. Ch. Doderoi, de Laconi, tergite et pleurites, face dorsale. -FIG. 124. Stemite du mme, face ventrale. -FIG. 125. Ch. oresitrnpha, de la Rodna, tergite et pleurites, face dorsale. -FIG. 126. Styles du mme, face ventrale. Diffrences sexuelles. -Les femelles sont plus convexes; le pronotum, qui est trs peu convexe chez les mles, est chez elles bien plus bo:rnb; les antennes des femelles sont plus paissies au sommet; leurs trochanters, postrieurs sont ovodes et se terminent par une pointe conique, mousse, non aplatie comme chez les femelles de Ch. cisteloJes. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs largement dilats.

PAGE 152

REVISION DES CHOLEVA 79 Tibias intermdiaires normaux, fmurs inermes. Trocha.nters postrieurs en forme de gouge ou plutt enrouls en forme de cornets (fig. 114 et 115), c'est--dire largis en une lame recourbe en forme de demi-cylindre dont la face convexe est tourne en dessous; Je bord libre est tronqu, tran chant et J'angle apical externe prolong en. pointe plus ou moins longue suivant les individus. Troisime et quatrime segments ventraux de l'abdomen avec chacun une petite dpression mdiane trs superficielle. Organe copulateur mle (fig. 111) de taille et de proportions assez variables, plus ou moins pais, le sommet graduellement rtrci en pointe mousse lgrement recourbe du ct ventral et termine par un crochet. Ligules larges et courts. Sac interne (fig. 6) sans autre armature que quatre bandes longitudinales d'cailles dont les deux latrales se continuent par deux bandelettes de renforcement apicales et dorsales, et une grosse dent apicale (fig. 113); celle-ci est porte sur une sorte de cuilleron concave, elle est aplatie dans le sens dorso-ventral et s'largit au sommet en une sorte de crte transverse denticule. Styles latraux longs, rguliers, peu comprims, assez fortement arqus en dedans au sommet. Segment gnital femelle (fig. 118) assez faiblement chitinis, les sci rites bords nets, graduellement Tergite allong, un peu en de raquette, son bord libre rgulirement arrondi et hriss de poils dont deux plus longs de chaque ct. Sternite un peu chitinis (fig. 120); styles assez dvelopps. VARIATIONS. -L'espce est fort variable. La pubescence est en gn ral plus fournie chez les individus du nord; ceux de la rgion mditerra nenne sont souvent plus petits et la forme de leurs antennes est variable, les individus de Grce que j'ai vus ont les apicaux des antennes plus courts. Il existe enfin en Italie une remarquable race gographique qui parait isole. Ch. ob/onga, subsp. Menozzii J eannel. Ch. oblonga subsp. Menozzii, hANNEL, 1923, Bollet. Soc. ent. Ital., LV, p. 35; type : Spilamberto. Italie. Deux mles et deux femelles de Spilamberto, prov. di Modena, au pied du versant nord de l'Apennino Etrusco (C. Menozzi, IV-1914) [coll. A. Dodero et R. Jeanne!].

PAGE 153

R. JEANNEL DIAGNOSE. -Mmes caractres gnraux que chez Ch. oblonga typique, mme structure de J'organe copulateur mle, mais diffrent surtout par la forme des trochanters postrieurs du mle (fig. 116 et 117) qui ne sont pas enrouls en forme de cornet, mais seulement largis en une sOJte de palette mince, aplatie, triangulaire et peine convexe (fig. 117); l'angle apical externe est arrondi, non prolong en pointe. D'autre part, les ttoisime et quatrime segments ventraux e l'abdomen sont peine dprims sut la ligne mdiane; les mles sont plus allon gs et plus troits que ceux de la forme typique et leurs antennes sont un peu plus grles, avec les articles apicaux proportionnellement un pen plus longs. L'identit absolue de l'organe copulateur mle avec celui des Ch. oblonga typiques, le fait que les trochanters postrieurs mles du Ch. Mino::.zii ont en ralit l a mme forme que ceux des Ch. oblonga, mais n'en dilft ent smtout que par leur courbure, enfin la ponctuation, la pubes cence, le contout du pronotum, etc., semblables chez les deux formes, monttent hien que le Ch. Minozzii oit tre tenu pout une race locale diff rencie du Ch. oblonga. pilifera Reitter. C/wleva pilifera REtTTER, 1884, V(JJh. natf. Vt'J', Brnn, XXII!, p. 42; L,vpe : Lenkoran [Mus. Paris]. Le seul exemplaire connu est une femelle tiquete: Caspi M. Gebiet: Liryk (H. Ledet) (premire coll. Heitter). DtAGNOsE.Long. 5 mm. Forme gnrale ct coloration comme chez Ch. oblonga. Ail. Ponctuation aussi peu serre, mais un peu plus forte, surlouL sut la tte et le pronotnm, que chez Ch. oblonga. Pubescence dore fine eL couche, avec de petites soies re
PAGE 154

REVISION DES CHOLEVA 81 Mmes caractres sexuels que chez les femelles de Ch. oblonga. Comme on le voit, ce CholefJa parat tre trs voisin du Ch. oblonga et ne diffrer que par sa ponctuation plus forte sur le pronotum, la lon gueur de l'article 8 des antennes et la petitesse du pronotum chez la femelle. Il faudra cependant connatre le mle pour dcider s'il s'agit bien d'une espce distincte ou seulement d'une race gographique du Ch. oblonga. Choleva villosa, n. sp. (Fig. 35, 121 eL 122.) Grce : une feme!le de Syra, archipel des Cyclades, (A. Schatzmayr, in coll. A. Dodero). DIAGNOSE. Long. 5 mm. Oblongue, assez convexe, galement peu attnue en avant et en arrire, les lytres peu renfls. Brun de poix avec les angles du proriotum et les lytres brun rougetre, les antennes et les pattes rougetres. Ponctuation fine sur le pronotum, peu serre sur les ly tres, comme chez. Ch. oblonga. Pubescence dore, dense et couche sur le pronotum, plus longue, encore plus fournie et entremle de petits poils dresss sur les lytres, semblable celle des exemplaires trs pubescents du Ch .. oblonga. Antennes robustes, atteignant peine le quart basal des lytres, paissies au sommet, l'article 8 conique, peine plus long que large, le 9 de mme forme, mais plus grand, le 10 peu prs aussi large que long. Pronotum transverse, d'un tiers plus large que long (fig. 35), sa plus grande largeur au milieu, les cts rgulirement et fortement arrondis du sommet la base, un peu soulevs prs des angles postrieurs, ceux-ci largement arrondis, le disque modrment convexe. lytres allongs, suture dprime, les .stries bien visibles, la suturale entire et parallle l a suture; angle suturai arrondi. Pattes assez gr:es. Segment gnital (fig. 121) bien diffrent de celui du Ch. oblonga; il est renfl, subglobuleux et les pleurites ne sont pas distincts du tergite. Celui-ci forme une sorte de valve dorsale saillante, carne sur la ligne mdiane, bord libre arrondi et hriss de poils. Les angles apicaux des pleurites sont larges et incurvs.Sternitechitinis comme chez Ch. oblonga; styles plus courts et plus larges, sans bouton apical (fig. 122). Cette espce rappelle le Ch. oblonga par sa forme gnrale, sa ponctua tion et sa pubescence, mais elle a un pronotum bien plus large, presque L'ADF.IJ.LE, XXXII, 15 dcembre IU23, 0

PAGE 155

82 R. JEANNEL aussi large que les lytres, cts bien plus rgulirement arrondis et ses antennes sont plus courtes et plus paisses. La forme des pleurites du segment gnital me fait supposer que le sac interne du mle doit tre pourvu de dents vaginables en tous sens, dans le genrede celles du Ch. oresitropha. GROUPE VI Choleva nivalis Kraatz. Fig. 7, 37, 127 131, 133 et 13t..) Cholea ni<.Jalis KRAATZ, 1856, Stett. ont. Ztg. XVIL p. 238; type: Riesen gebirge. -REI'fTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 42. 1885, Naturg. Ins. Deutsch!., III, p. 228. 1887, Deutsche ent. Zs., p. 279. -GANGLBAUEn, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 117. -REITTER, 1909, Fauna Germ., Kaf., II, p. 231.-? var. Pozi Robal, 1916, Ent. Mitt.heil., V, p. 185; type : Styrie. CHOROLOGIE. -Ch. nialis est cit du Danemark par H. O. HoLSTEBROE, mais il ne s'agit certainement pas de l'espce qui nous occupe ici Le Ch. nialis est connu des localits suivantes : Tchco-Sloaquie. Bohme : Elbengrund, dans les Riesengebirge (Skalitzky, in coll. J. Breit).-Allemagne. Silsie: Melzergrund, Brunnen berg, Silberrander, Klein-Teich (teste Gerhardt); Wernesdorf, prs de Landeshut (teste Gerhardt); Altvater Geb. (Dr Lokay, teste Gerhardt); Glatzer Schneeberg (R. Pinker, in Mus. Vienne). -Pologne. Galicie : monts Bescides (E. Reitter). Roumanie. Transylvanie : Piatra Craiului (Konigstein), extrmit orientale du massif des Fogaras (Mus. Vienne). Serbie : Murtenica planina, sur la du sandjak de Novibazar, en Serbie occidentale, un mle ( R. J eanne!). L'espce n'est pas connue des Carpathes orientales, o elle doit pro bablement exister. Ce Cholea est toujours trs rare. D'aprs J. GERHARDT il se trouverait au pied des myrtilles, sous les dbris vgtaux et sous les pierres, entre 400 et 1300 m. DIAGNOSE. Long. 5,5 6,5 mm. Elliptique allong, assez pais. Ail. Brun de poix peu brillant avec le bord postrieur du pronotum et la racine des lytres toujours un peu moins foncs; pattes rougetres, anten nes testaces rougetres concolores. Ponctuation excessivement fine et

PAGE 156

REVISION DES CHOLEVA 83 serre sur le pronotum, presque imperceptible sur le disque, trs fine et serre, un peu rpeuse sur les lytres. Pubescence dore, courte et cou che sur le pronotum, plus longue et entremle de poils dresss sur les lytres. /28. /3./. /27. FIG. 127 131. -Ch. ni!>alis, des monts Bescides. -FIG. 127. Sommet de l'organe copulateur mle, face dorsale, x 56. -FIG. 128. Le mme, face ventrale, x 56.-FIG. 129. Dent ventrale du sac interne, face ventrale, X 100. -FIG. 130. Trochanter postrieur droit du mle, x 40. -FIG. 131. Sommet de l'antenne droite du mle, x 40. FIG. 132. -Ch. Brei, n. sp., du mont Rose; sommet de l'antenne droite du m!e,x40. Antennes atteignant presque le milieu des lytres, peu paissies au sommet, les articles du funicule longs, l'article 3 cinq six fois aussi long que large, le 6 quatre article 8 subcylindrique, deux fois aussi long que large, 9 pais, conique, deux fois aussi long que large, 10 un peu plus court que le 9. Pronotum bien transverse (fig. 37), sa plus grande largeur un peu avant le milieu, les cts bien arrondis en avant, largement soulevs dans tous leurs deux tiers postrieurs chez le mle, les angles postrieurs marqus, mais arrondis, le disque peu convexe, souvent impressionn au milieu et avec deux dpressions latrales produites par le soulvement

PAGE 157

R. JEANNEL des cts. lytres ovales, assez convexes, ren fis dans les deux sexes, les stries bien marques, la suturale entire; angle apical arrondi dans les deux sexes. Pattes relativement longues et grles. Diffrences sexuelles. Les femelles diffrent par leur plus grande tai1le, leur pronotum plus large, cts peine soulevs, leurs antennes un peu plus paissies au sommet. Caractres sexuels mles. -Tarses antrieurs largement dilats, plus larges que le sommet du tibia. intermdiaires et fmurs normaux. Trochanters postrieurs (fig. 130) longs et troits, prolongs en longue tige aplatie, code angle obtus en arrire et termine par un bord apical tronqu, aminci et tranchant. Segments vent1aux de !'abdomen impressionns sur la ligne mdiane de faon variable. Chez les exemplaires des Riesengebirge et de Piatra Craiului, les segments 2, 3 et 5 portent chacun une petite impression lon gitudinale, bien visible surtout sur les segments 2 et 3; au contraire, chez un m1e des Bescides (coll. Reitter) il existe sur les segments 2, 3, 4 t 5 des fossettes arrondies, celle du segment 2 tant la plus petite, celle du 5 la plus grande. C'est par erreur que Ganglbauer assigne au Ch. n;alis des segments ventraux non impressionns chez le mle. Organe copulateur mle grand, peu arqu (fig. 127), large au sommet; celui-ci esL prolong par deux grandes cornes aplaties, concaves ans leur ensemble du ct ventral et lgrement inflchies en dedans la pointe (fig. 128). Ligules arrondis, trs minces. Styles latraux trs attnus au sommet, non comprims latralement, subdroits et renfls en massue l'extrmit. Sac interne (fig. 7) avec une dent apicale ventrale (fig. 129) en forme d'Y irrgulier, la tige impaire apicale, paisse, dentiforme, denticule sut son bord droit et inflchie du mme ct. Cul-de-sac basal tapiss d 'cailles; les deux plis bordant le sillon ventral sont couverts d'pines augmentant progressivement de taille et de nombre de la base vers la rgion moyenne et formant un gros faisceau de longues pines serres. Latralement deux gros paquets d'pines dans la rgion moyenne et, sur la face dorsale, un autre paquet situ dans la: rgion apicale et se conti. nuant vers la rgion moyenne en se ddoublant (fig. 7). Lorsque le sac est vagin toutes ces nombreuses pines longues et semblables forment un vritable hrisson. Segment gnital femelle. L'unique femelle que j'ai examine pro vient. de Silsie. Elle semb1e bien correspondre par ses caractres externes

PAGE 158

llh'VISION DES CllOLiii'A 85 aux mles typiques du Ch. nillalis, mais. la forme de son tergite gnital, nullement en corrlation avec celle de la dent du sac interne du mle me donne des doutes sur son identi fieation. On s'attendrait trouver chez Ch. n.illalis un tergite semblable ce1ui du Ch. Breiti (fig. 135) dcrit plus loin. .138 .136. .. o FI<;. it J!,O. -On;aucs copulateurs femelles des Cho!tca, x ;)li.-Fir.. 133. Ch. ni<'alis, de Silsi e, L e rgit.e et pleur!tns, fare dorsal e.-Fi!;. 'l:J! . S!emitc et styles, face ventrale. Fir.. '135. Ch. Breiti, du moul Rose, lcrgile ct. fare rlorsale Fir.. 136. Styles, face nulrale. Fic;. 1:17. Ch. Reillr.ri, de l a valea Vida, lcrgite el plemil es, fare dorsale. -FI!;. J:l8. Siyles du mmc, face venlr,1le.-F1r.. Ch. du IPq;il e ot pleurites, face dorsnle. -FI<;. !1.0. Styles d11 mw, face \'enlrale. Le segment gnital de l'exemplaire femelle de Silsie (ftg. 13.'3) est a!!ong; le tergite est troit, parallle, trs long, quatre fois aussi long que large, creus en gouttire; son bord apical est arrondi ct pubescent. Pleurites angle apical saillant, la base renfle. Stemito assez fortement ehitinis (ftg. 134), ce qui, par contre, semblerait bien en corrlation avec la forme large dn bec de l'ccdeagus; styles grles, hien dvelopps.

PAGE 159

86 R. JEANNEL Choleva biharica Fleisher. CholeCJa biharica FLEISCHER, 1888, Verh: natf. Ver. Brnn, :XXVII, p. 87; type : Spinus [Hagymadfalva] (coll. Fleischer). -GANGLBAUER, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 118.-FLEISCHER, 1912. Wienor ent. Ztg., XXXI, p. 170 .. FLEISCHER (1912) a dcrit comme mle du Ch. biharca J'espce cite plus loin sous le nom de Ch. Retter. En ralit, le Ch. est trs voisin du Ch. niCJalis et n'en diffre surtout que par sa grande taille et sa pubescence longue et hrisse. CHOROLOGIE. -Ch. biharica habite les monts Bihar, enTra:risylvanie. 11 est dcrit de Spinus, dans le nord-ouest du massif et j'ai pu en trois exemplaires recueillis dans le Bihar mridional. Roumanie. Monts Bihar : environs du Ghetzar de Scarisoa:ra, jud . Turda-Aries, n mle et une femelle(R. Jeanriel); Casa de Piatre, comm. de Scarisoara, une femelle (A . Winkler). 1 Ce CholeCJa est trs rare et ne se trouve que profondment dans le sol, sous les grosses pierres. Ds qu'il est dcouvert, il s'enfuit avec une grande rapidit. DIAGNOSE. Long. 7 mm. Forme paisse, renfle, avec les lytres largement dprims sur la suture . Ail., Brun de poix peu brillant, avec la tte noirtre, les pattes et les antennes rougetres concolores. Ponc tuation fine et serre sur le pronotum; un peu rpeuse, mais trs fine sur les lytres. Pubescence trs courte sur le pronotum et la base des lytres, mais double sur les cts et la moiti apicale de ces derniers par de longs poils dresss comme ceux du Ch. spadicea. . Antennes atteignant peine le quart basal des lytres, trs peu paissies au sommet, l'article 8 subcylindrique, deux fois aussi long que large et aussi long que le 9, le 9 conique, une fois et demie aussi long que large, le 10 un peu plus court que le 9. Pronotum peine trans verse, bien plus troit que les lytres t fortement rtrci en arrire, la plus grande largeur vers le les cts bien arrondis, soulevs dans leur moiti postrieure dans les deux sexes, les angles postrieurs largement arrondis, le disque peu convexe. lytres trs renfls, avec }es stries bien marques, la suturale entire. Diffrences sexuelles. :-Elles sont peu accuses. Le proriotmn des mles est n peu plus rtrci la base. Les lytres des femelles sont un peu plus renfls et leur angle suturai est peine dent.

PAGE 160

REVISION DES CHOLEVA 87 Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs premier article allong, parallle, aussi large que le tibia. Tibias intermdiaires et fmurs normaux. -Trochanters pQstrieurs semblables ceux .du Ch. nivaiis (fig. 130). Segments ventraux 2 5 de l'abdomen avec chacun tme pro fonde fossette mdiane arrondie. Organe copulateur mle absolument semblable celui du Ch. nif/alis (fig. 127), mais plus fortement arqu la base et un peu plus .court. Segment gnital femelle de mme forme que chez Ch. Breiti (fig. 135). ; le tergite est peine plus long que large, largement concave, finement pubescent sl!r son bord libre; les styles sont courts et coniques. Choleva Breiti J eannel. (Fig. 38, 39, 132, 135 et CholefJa Breiti JEANNEL, 1923, Bollet . Soc. ent. Ital., LV, p. 36; type : Alagna Doder?] CHOROLOGIE. -:-:-Ce Choleva a d se dtacher de la souche du Ch. nivalis pendant le Tertiaire. Il est spcial la chaine des Alpes. France. Alpes-Maritimes : Saint-Martin-Vsubie, un mle (A. Grou velle, in Mus. Paris);: Italie. Piemonte: Alagna, dans le massif du monte Rosa (A. Dodero, VIII-1916); Colle Moud, prs de Rima, versant sud du monte Rosa (J.Breit), un Val Pesio, versantnord du col de Tende,prov. di Cuneo (A. Dodero), une femelle. Veneto: monte dans les Alpes de Vn tie (J. Breit), un mle. _:___Autriche : Reisalpe, dans les Alpes de Basse Autriche (coll. J. Breit), une femelle. DIAGNOSE. _,.. Cette espce ressemble assez au Ch. nivalis et prsente les mmes caractres sexuels que lui; il en diffre principalement par cer tains caractres externes. Long. 5,5 6 mm: Forme gnrale plus allonge que chez Ch. avec le pronotufu beaucoup plus large. Mme coloration et mme sculp ture. Pubescence trs fine, courte et couche, les poils dresss trs rares et trs petits. Antennes grles, mais relativement courtes, ne dpassant pas le tiers basal des lytres, plus au sommet chez !es mles (fig. 131 et 132); l'article 8 est peine une fois et demie aussi long que large, !e 9 conique et pais, une fois et demie aussi long que large. Pronotum trs transverse, d'un tiers plus large que long chez le mle (fig. 38), de moiti

PAGE 161

88 R. JEANNEL plus la'rge que long chez la femelle (fig. 39), la plus grande largeur au milieu. Les cts du pronotum sont bien arrondis, surtout ch'ez la femelle et largement soulevs dans leur moiti bsale; disque assez convexe. lytres allongs, peu renfls, rgulirement convexes, les stries bien marques, l'angle apical arrondi dans les deux sexes. Pattes longues et grles. Caractres sexuels mles. Tar.ses et trochanters identiques ceux du _Ch. niCJalis. Les segments ventraux ne portent que de lgres traces des impressions mdianes, seulement sur le quatrime et le cinquime seg ments. Organe copulateur mle semblable celui du Ch. niCJalis, mais un peu plus court et plus arqu dans sa partie basale. Le sommet du lobe mdian, la dent et l'armature du sac interne sont semblables. Segment gnital femelle (fig. 135) bien plus court que celui de Ch. niCJalis. Les pleurites sont bien plus trapus, leurangle apical est trs peu saillant. Le tergite dpasse beaucoup les pleurites, il_est court, large, peine une fois et demie aussi long que large, parallle et creus en gouttire ; bord libre arrondi et pubescent. Sternite sclrifi; styles courts, pais, triangulaires, carns (fig. 136)". La forme courte et large du tergite est bien en rapport avec celle de la dent du sac interne du mle. Choleva Doderoi Breit . , . (Fig. 8, 42, 123 et 124, 141 144.) Clwleva Doderoi, BREIT, 1903, Soc. entom., XVII, : p. 169; type: Laconi (coll. Ag. Dodero et J. Breit). -FIORI, 1903, Riv. Col. Ital., 1, p. CHOROLOGIE. : Laconi, assez nombreux individus recueil. lis dans fentes des rochers prs d'une casc_ade, avec des LesteCJa (A. Dans le reste de l'le, l'espce _parait rare; M. A. Dodero n'en a trouv que des exemplaires isols Macomer, Seui, Aritzo, Gairo, Dorgali, Sassari, Banari, et en possde un exemplaire pris Genoni, par Lostia. DIAGNOSE. Long. 5 mm. Forme gnrale courte et relativement paisse. Ail. Brun de poix peu brillant, avec les lytres bruntresples, les pattes testaces bruntres, les antennes fortement rembrunies dans leur moiti apicale. Ponctuation fine, trs serre sur !e pronotum, trs

PAGE 162

REVISION DES CHOLEVA 89 fine et aligne assez rgulirement en tra':'"ers sur les lytres. Pubescence dore, trs courte et dense, couche; quelques petits poils dresss l'apex des lytres. Tte saillante, trs convexe. Antennes atteignant le tiers basal des lytres, trs paissies au sommet, surtout chez les femelles, dont les arti cles apicaux sont trois fois plus pais que ceux du funicule; articles du 14.3'. /!!-2. FIG. 141 H4. -Cil. Doduoi, de Sardaigne. FIC. 1-H. Organe copulateur mle, face dorso-latr a le, x 56. -FJG. 142. Sommet du mme f ace ventrale. FIG. 143 Dent ventrale du sac interne, face ventrale, x 100. -FiG. H4. Trochanter post rieur droit du mle, X 40. funicule assez pais, les 3 et 4 cependant trois ou quatre fois aussi longs que larges, les 5 et 6 deux fois et demie; article 8 subcarr, peine plus long que large, 9 peine plus long que 10, tous deux peine plus longs que larges, 11 un peu plus grand que 10. Pronotum (fig. 42) lgrement transverse, peu convexe, subcarr, les cts peu arqus, avec leur plus grande largeur au milieu, !es angles postrieurs bien marqus dans !es deux sexes, obtus, lgrement relevs, peine plus mousss chez les mles que chez les femelles. lytres ovales, convexes, pas plus de deux fois aussi longs que larges, les stries bien traces, la suturale entire, presque parallle la suture dans les deux tiers antrieurs. Angle suturai

PAGE 163

90 R. JEANNEL arrondi chez le mle, plus ou moins saillant, mais non dent chez les fem elles. Pattes relativement courtes et grles, dans les deux sexes. Caractres sexuels mles. Le mle possde la mme forme gnrale que les femelles, mais ses angles postrieurs du pronotum sont un peu plus arrondis, ses antennes plus grles. Tarses antrieurs mles trs peu dilats, bien plus troits que le. sommet du tibia, le premier article allong. Tibias intermdiaires sub droits. Fmurs inermes. Trochanters postrieurs allongs, effils en pointe droite (fig. 144). Segments ventraux de l'abdomen avec une impression mdiane linaire lisse et brillante. Organe copulateur mle (fig. 141) peu arqu, les pices basales assez longues, le sommet lgrement inflchi du ct dorsal et termin par deux larges pointes mousses et aplaties, arrondies en croissant. Ligules longs et troits. Sac interne avec une armature analogue celle du Ch. nivalis, la dent apicale (fig. 143) forte, trs chitinise, large la base et brusquement effile en pointe recourbe du ct ventral. Styles latraux longs, attnus au sommet, arrondis en dedans leur extrmit apicale. Segme-nt gnital femelle (fig. 123) pais, trs sclrifi. Le tergite est allong, troit, profondment creus en gouttire; son bord libre est peu arrondi, pubescent. Pleurites renfls la base, fortement chitiniss, leur angle apical vif, leur bord ventral pais. Sternite constitu par un sclrite quadrangulaire (fig. 124) tendu entre les deux bords ventraux des pleu rites. Les styles, cachs derrire le sternite et seulement visibles par trans parence sur l'individu examin, paraissent bien dvelopps. Ici encore la forte sclrification du sternite est en corrlation avec la forme .large et bifide du sommet de l'deagus. GROUPE YI/ Choleva oresitropha Ganglbauer. (Fg. 9, 36,125 a t 126,145 150.) Choie-va oresitropha GANGLBAUER, 1896, Ann. k.k. naturh. Hofmus. Wien, XI, p. 180 ; type: Ro
PAGE 164

REVISION DES CHOLEVA 91 DIAGNOSE. Long. 4,5 5 m:u't. troit allong, subparallle, peu convexe, galement peu attnu en avant et en arrire. Ail .. Rougetre brillant, avec la tte fonce, les lytres bruntres. Ponctuation trs fine et trs superficielle sur le pronotum, fine et non rpeuse sur les interstries des lytres, stries marques de points plus gr _os. Pubescence dore trs courte, mais dresse. Antennes paisses mais longues, atteignant presque le des ly tres chez les mles, le funicule pais, les articles 3 et 4 plus gros et plus longs que le 5, les articles 6 et 7 peu prs gaux, plus courts que le 5, peu prs de moiti plus longs que larges, le 8 petit, conique, peine plus long que large, le,9 et le 10 gaux, pais, peine plus longs que larges, le 11 pyriforme pius long et plus gros que le 10. Pronotum transverse (fig. 36), aussi large que les lytres, trapzode et trs peu convexe, le bord ant rieur trs large et. profondment chancr pour recevoir la carne occipi tale, les cts peu arqus, subparallles du milieu l a base, avec leur plus grande largeur vers le milieu, les angles postrieurs indiqus, mais arrondis au sommet: lytres elliptiques allongs, trs peu convexes, les stries visibles, peu profondes, ponr.tues, la strie suturale rapproche de la sutre et prsque parallle celle-ci; angle suturai arrondi dans les deux sexes. Pattes robustes. Diffrences sexuelles. Les mles sont plus troits, plus allongs et leurs antennes sont plus longues; les lytres des femelles ne sont pas plus renfls que chez les mles, mais tout le corps est plus large dans son ensemble. Les pattes sont plus robustes chez les mles. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs premier article ova laire, court, aussi large que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires pais, mais peu arqus. Fmurs inermes. Trochanters postrieurs trs longs, presque aussi longs que le tiers des fmurs, en forme de tige graduel lement amincie et recourbe en arrire (fig. 150); la base du bord ant rieur le trochanter forme un angle saillant surmont d'unE_) petite apophyse engrene dans le bord postrieur du fmur. Organe copulateur mle (fig. 145 147) assez pais, fortement arqu du ct ventral la base; le sommet forme une longue pointe triangulaire Jroite et comprime latralement. Ligules courts et chitiniss. Styles lat l'aux courts, attnus au sommet, leur extrmit lgrement incurve en dehors . Sac interne (fig. 9) avec une armature trs particulire. La dent apicale ventrale (fig. 149) a la forme d'un cuilleron concave dont le bord

PAGE 165

92 R. JEANNEL libre est surmont d'une forte pine aigu (chez un des individus examins cette pine sernh!e avoir t dcapite par usure, fig. 148). La partie api cale du sac (fig. 9) porte quatre grosses dents composes, triangulaires, aigus, vaginables en tous sens (fig. 147). Le cul-de-sac basal du sac interne ne porte aucune phanre, il est dprim en un profond sillon HIS. /48. /4/J. Fw. HS 150.-Ch. oresitropha des m untzii Rodnei.-FIG. 1'15. Organe copu lateUI' mle, face dorso-latrale, x 56. -FIG. 146. Sommet du mme, face ventrale.-FIG. 147. Sommet du mme, face latrale gauche, le sac interne .\vagin. -FrG. HS et 1!.9. Dent. ventrale du sac interne, face ventrale, x 100. La pointe est enleve, peut-tre par usure, chez l'un des exemplaires examins. FIG. 150. T1ochanter postrieur droit du mlP., x t,.O . ventral qui se prolonge dans la rgion moyenne. A ce niveau les crtes bordant le sillon portent deux paires de grandes phanres en forme de formes par l'accolement d'un grand nombre d'pines. Segment gnital femelle (fig. 125) trs renfl la base, les pleurites bombs, extrmit apicale recourbe en dedans, comme pour mieux s'accrocher aux dents vagines du sac interne (comparer avec la fig.147). Tergite petit, subcarr, plan, son bord libre arrondi et pubescent, la membrane qui l'unit aux bords des pleurites trs lche. Sternite non chiti nis; styles courts et rduits (fig. 126). Ce Cholera, assez isol par l'ensemble de ses caractres, se rattache

PAGE 166

REVISION DES CHOLEVA 93 cependant au Ch. niralis par la forme de ses trochanters chez le mle et par l'armature de son sac interne (voir page 14). Il est trs remarquable par sa forme gnrale, son pronotum trapzode, par ses caractres sexuels et la structure de son organe copulateur. GROUPE VI// Choleva Reitteri Petri .. (Fig. H, 4.0, 13? et 138, 151 15-\.) ClwlePa Reitteri PETRI, 1915, Wiener ent. Ztg., XXXIV, p. 346; type Kerzer Gebirge, Fogaras (coll. Petri). CHOROLOGIE. -Ch. Reitteri habite les monts Bihar et les Alpes de Transylvanie. J'en ai vu galement un exemplaire d'Herzgovine. C'est donc certainement une espce d'origine balcanique qui a peupl secondairement les Carpathes mridionales et le Bihar. Dans l'Italie pninsulaire, il est remplac par une espce trs voisine, certainement de mme souche, qui sera dcrite ci-aprs. J'ai pu tudier des Ch. Reitteri provenant des localits suivantes : Roumanie. Monts Bihat': Valea Vida [Vize volgy] dans le nord-ouest u Bihar (E. Bokor, in Mus. Budapest), mle et femelle. Banat: Lunca Negru, massif du Retyezat, jud. Hunedoara (Pave!, in Mus. Budapest), mle et femelle.-Yougo-Slarie Bosnie: I3je1asnica planina (0. Leonhard, 1897), un mle. DIAGNOSE. Long. 5,5 6 mm. Ail. Brun de poix peu brillant avec la tte noirtre, les pattes et les antennes rougetres, le bord postrieur du pronotum et les lytres plus ou moins bruntres. Ponctuation fine et serre sur le pronotum, un peu rpeuse, mais trs ftne sur les lytres, comme chez Ch. nirals. Pubescence dore, courte et couche sur le pronotum, entremle sur les lytres de poils dres ss parfois assez courts, nombreux, hrisss. Antennes atteignant peine le tiers basal des lytres, trs peu pais sies au sommet, surtout chez les mles, l'article 8 subcylindrique, presque deux fois aussi long que large, plus court que le 9, le 9 conique, deux fois aussi long que large, le 10 un peu plus court que le 9. Pronotum peine transverse (fig. 40), aussi long que large, de mme forme que chez Ch. niralis, sa plus grande largeur, un peu avant le milieu, les cts

PAGE 167

94 R. JEANNEL arrondis, soulevs dans leur moiti postrieure chez les mles, les angles postrieurs largement arrondis, le disque peu eonvexe. lytres e forme variable suivant le sexe, les stries bien marques, la suturale entire. .155. 1.51. FIG. 151 15ft. -Ch. Rcittai, de la valea Vida, monts Bihar. -FIG. 151. Organe copulateur mle, face dorso-latrale, X 56. FIG. 152. Somme! du mme, face ventrale. -Ftc. 153. Dent vent.rale du sac internP, facP. ven trale, X 100 FIG. 154. Trochanter post rieur droit du mle, x 40. FIG. 155. -Ch. SQ/arii, n. sp., du monte Sacro, sommet de l'organe copulateur mle, face ventrale, x 56. DiiTrences sexuelles. --Les cts du pronotum sont peine soulevs en arrire chez les femelles, leurs lytres sont largement dprims dans la rgion suturale, l angle suturai est saillant, plus ou moins dent suivant les individus, les antennes sont plus paissies au sommet. Caractres sexuels mles. -Tarses antrieurs premier article allong parallle, aussi large que le sommet du tibia Tibias intermdiaires et fmurs normaux. Trochanters postrieurs (fig. 154) allongs eiTiis en longue pointe aigu, recourbe en arrire. Segments ventraux de l'abdo-

PAGE 168

REVISION DES CHOLEVA 95 men en gnral sans impressions mdianes, parfois cependant avec une trs petite fossette sur le cinquime segment. Organe copulateur mle (fig. 151) peu arqu, les pices basales larges, le sommet aplati en forme de lame triangulaire, large, concave du ct Yentral dans sa partie mdiane, plane et tranchante sur les bords o se voient quelques organes sensoriels (fig. 152); la pointe est arrondie et se termine par un petit tubercule mdian. Ligules troits, aigus, trs minces. Styles latraux longs, assez robustes, attnus au sommet, non compri ms et termins en massue. Sac interne (fig. 14) assez semblable celui du Ch. ni"alis. La dent apicale est forte (fig. 153), en forme d'Y dont les branches paires sont apla ties et concaves, la branche impaire, apicale, en forme de dent aigu et lgrement inflchie du ct ventral. Le cul-de-sac basal est creus d'une large gouttire ventrale tapisse d'pines cailleuses (fig. 14); la rgion moyenne porte un large revtement d'pines sur les faces latrales et Yentrales, comme chez Ch. ni"alis, mais de plus, vers le milieu de la longueur du sac, les faces latrales portent chacune une grossa phanre en forme de crochet recourb vers la base, aplati son extrmit en spa tule dont le bord est denticul. cartes l'une de l'autre sur la figure 14, reprsentant u n sac interne dont la paroi dorsale a t incise, ces spa tules sont normalement en contact l 'une avec l'autre par leur surface plane. La rgion apicale du sac interne prsente une bauche de dent dorsale. Segment gnital femelle (fig. 137) de mme forme que celui de Ch. ni"alis; mais le tergite est plus court, moins profondment creus en gouttire et surtout plus rtrci dans sa partie basale. Le sternite n'est pas sclrifi; les styles sont allongs, trs rtrcis au sommet, bien dve lopps (fig. 138). Choleva Solarii Jeanne!. (Fig. fd et 155.) Choba Solarii, J EANNEL, 1923, Ballet. Soc. ent. Ital., LV, p. 38; types : trois mles et une femelle de Valla della Lucania (A. et F. Solari). CnoROLOGIE. Cette espce, troitement apparente au Ch. Reitteri de Bosnie et de Transylvanie, est localise dans la pninsule italienne. Les exemplaires que j'ai pu voir proviennent des localits suivantes : Italie. Toscana : monte Prato Magno, prov. di Arezzo (A. And1eini),

PAGE 169

96 R. JEANNEL mle et femelle. Lazio : mont Cavo, dans les :rnonti Albani, prs de Rome (A. Dodero), deux mes; Filettino, au pied du monte Viglio, prov. de Roma (A. Dodero), une femelle. Campa:r:tia : monte Sacro-, S. Biase, V allo della Lucania, prov. di Salerno (A. et F. Solari), mles et femelle. Calabria : Santa Eufemia, Aspromonte, dans la prov. di Reggio (Paga netti-Hmml(:lr), deux femelles. La collection Reitter renferme un mle de cette espce, sous le nom de Ch. leucophthalma Fiori et tiquet cc Italie, Pirazzoli (ex Fiori ?). Malgr cela le Cholet.Ja que je dcris ici ne peut. pas tre identifi au Ch. leucophthalma Fiori. Ce drnier, en effet, dcrit exclusivement sur des femelles, doit tre tenu pour synonyme du Ch. Sturmi Ch. Bris. pour des qui seront exposes plus loin. DIAGNOSE.Long, 5,5 6 mm. Forme alionge, oblongue comme chez Ch. oblonga Latr. Ail. Brun de poix avec les angles postrieurs du pronotum et les lytres bruntres, les pattes rougetres, les antennes un peu rembrunies au sommet. Poncttion trs fine et serre, comme chez Ch. nit.Jalis et Ch. Reitteri, Pubscence dore, courte et couche sur le pronotum, duble sur les elytres-p:ar des rangs trs rguliers de longs poils dresss,'un sur le milieu d chaque interstrie; les rangs des interstries pairs sont plus dvelopps que ceux -des interstries impairs. Antennes grles; peu paissies au S'Ommet chez les mles, dpassant un peu le tiers basal des lytres; l'article 8 cylindrique, deux fois aussi long que large chez les mles, l'article 9 conique, allong, plus de deux fois aussi long que Pronotum peine transverse (fig. 41) sembla,ble 4 celui de Ch. nit.Jalis, la plus grande largeur un peu avant le milieu, les cts arrondis en avant, soulevs da.ns leur :rnoiti postrieure chez les mles, les angles postrieurs arrondis; le disque peu convexe. lytres elliptiques, peu convexes, les stries bien traces, la suturale entire, presque parallle la suture. Pattes grles. Diffrences sexuelles. -Les femelles diffrent peu du mle; elles sont cependant un peu plus grosses, plus paisses, leurs lytres sont un peu plus renfls, avec l'angle suturai arrondi comme chez le mle, leurs anten nes sont plus paissies au somniet et ont leurs articles proportionnellement plus courts. Caractres sexuels mles. -Tarses antrieurs larges, premier arti cle ovalaire, plus large que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires et fmurs Trochanters postrieurs ceux du Ch. Reitteri (fig. 154), mais un peu plus ovodes labase et avec leur pointe un

PAGE 170

REVISION DES CHOLEVA 97 peu moins longue. Segments ventraux de l'abdomen simples, sauf le cinquime qui porte une trs petite fossette mdiane arrondie. Organe copulateur mle semblable celui du Ch. Reitteri, sauf que le sommet forme une lame plus large et plus courte (fig. 155). La dent du sac interne parat diffrer en outre parce que sa partie basale n'est pas constitue par deux branches indpendantes, mais par un cuilleron con cave. Sac interne semblable celui du Ch. Reitteri. Mme forme des pices du segment gnital femelle que chez Ch. Reitteri. En somme, Ch. Solarii ne diffre que fort peu du Ch. Reit!eri (1) par la structure de son organe copulateur mle; mais il est trs distinct par sa morphologie externe et en particulier par la disposition trs remarquable de la pubescence sur ses lytres. GROUPE IX Choleva cisteloides Frolich. (Fig. 1, 10 12, 20 24, 45, 156 159, 164 el169.) Luperus cisteloides FRoLICH, 1799, Naturforsch. 28, p. 25, pl. I, fig. 15; type : Allemagne. -Catops cisteloides KRAATZ, 1851, Stett. ent. Ztg., XIII, p. 404. -MuRRAY, 1856, Ann. Mag. nat. 1-list., XVIII, p. 17 (pars). -Clwlea cisteloides, FAIRMAIRE et LABOULBNE, 1854, Faune ent. fran., I, p. 299 (pars). REITTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 42 (pars). -1885, Naturg. Ins. Deutsch!., III, p. 230 (pars). -SEIDLITZ, 1889, Deutsche cnt. Zs., p. 152 (pars). -GANGLBAUER, 1899, Kf. Mitteleur., III, p. 116 (pars). -J EANNEL, 1922, Arch. Zool. exp. et gn., 61, p. 73, fig. 39, 86, 87, !)3 et 94. 1923, Bollet. Soc. ent. Ital., LV, p. 40. -Catops castaneus, STURM, 1839, Deutsch!. Fn. Ins., XIV, p. 9, pl. 273, fig. A; type : Allemagne. Cholea humeralis BRULL, 1832, Exp. scient More, III, p. 162; type : Arcadie. -? Cistela agilis FABRICIUs, 1792, Syst. Eleutb., II, p. 20. Ch cisteloides var. dacica JEANNEL, 1922, Arch. Zool. exp. et gn., 61, p. 75; : type : Rev. En 1856, A. MuRRAY, dans sa Monographie, crit n'avoir pas pu iden tifier le Ch. humeralis de BRULL, dont le type, conserv au Musum de (1) Dans sa description originale (Boll, Soc. ent. Ital., 1923, p. 30), Ch. Solarii est compar au Ch. biharica cc; mais c'est u Ch. Reitteri qu'il faut lire. L'ABEILLE, XXXII, 15 dcembre 1923. 7

PAGE 171

98 R. JEANNEL Paris, avait t mang par les anthrnes. Or, l'pingle qui portait y a prs d'un sicle le type de BRULL existe toujours dans l'ancienne collec tion du Musum. J'ai pu l'examiner et constater avec surprise qu'une patte postrieure. du CholeCJa restait encore colle par le vert-de-gris l'pingle. Cet heureux dbris est celui d'un mle et le trochanter est encore attach la base du fmur! Il est donc facile de constater que ce trochanter postrieur mle est sans aucun doute celui d'un Ch. cisteloides, ce qui, d'ailleurs, s'accorde fort bien avec les termes de la brve description que BRULL a donne de son Ch. humeralis. CHOROLOGIE. -Ch. cisteloides est cit dans presque tous les cata logues rgionax de l'Europe, mais il n'est pas possib le de faire tat de ces citations qui dsignent la plupart du temps aussi bien le vrai Ch. cis teloides que les Ch. angustata, Ch. glauca ou Ch. bicolor. D'aprs les matriaux considrables que j'ai pu runir, il m'est cependant possible de dlimiter son aire de rpartition avec assez de prcision. Ch. cisteloides est rpandu dans toute l'Europe moyenne et occiden tale, o il est commun. Dans nord, il atteint la Finlande (teste Seidlitz), la pninsule Scandinave, le Danem,ark (teste Holstebroe), mais il n'existe pas dans les iles Britanniques. A l'ouest, il s'avance en France jusqu'au mridien de Paris qui marque avec assez de prcision la limite de son extension, sauf au niveau de la valle de la Loire, o le Ch. cisteloides s'avance jusqu' l'ocan Atlantique et dans les Pyrnes o il atteint le dpartement du Gers. Il empite mme sur le versant mridional des Pyrnes (Catalogne, pays Basque) qu'il semble avoir d contourner le long des rivages catalans. A l'est, il parat s'tendre en Russie, car il est bien probable que c'est au Ch. cisteloides qu'il faut rapporter les citations de Moscou, Petrograd, Archangelsk par JAcoBSON (1910, p. 607). Au sud enfin, on le trouve en Italie, dans la pninsule Balcanique, jusqu'en Grce et dans les les Ioniennes. J'en ai dtermin des exemplaires des nombreuses localits suivantes : France. Seine : Paris, IVe arr. (L. Bedel). Seine-et-Oise : Bouray (Ch. Brisout de Barneville); Saint-Germain (L. Bedel, H. Brisout); Rueil (H. Brisout); Saint-Cloud (G. Hardy); Triel (H. Brisout). Seine-et-Marne : Fontainebleau (L. Bedel, G. Hardy). Aube : Bouy-sur-Orvin (Ch. Fagniez). Yonne : Avallon (L. Bedel). Aisne : Soissons (G. de Buffvent). Marne: montagne de Reims (H. Venet); Saint-tienne-du-Temple (A. Mquignon).

PAGE 172

llEPISION DES CHOLEPA 99 Haute-Marne: Champigny-les-Langres (G. Poujade, L. Fairmaire). Meuse: Clermont-en-Argonne (L. Bede!). Vosges (coll. Chevrolat). Jura : Dle (A. Hustache). Morbihan (coll. Bourgeois). Maine-et-Loire : Grandlieu (H. Marmottan). Sarthe : Le Mans (S. de Marseul). Indre-et-Loire : Grand-Pressigny (Ph. Franois); Perrusson (A. Mquignon). Loir-et-Cher : Romilly (coll. J. Bourgeois). Loiret : Or!ans (coll. Marseul). Gers : Sama tan (J. Clermont); Gers (coll. J. Breit). Aude: Rivel (Ch. Fagniez); grotte du cimetire de Sallles [Biospeol., n 726]. Hrault : Saint-Guilhem-le Dsert (H. Lavagne). Gard : grotte de Sa.int-Genis-de-Comolas (Dr A. Chobaut); Pont-Saint-Esprit (A. Magdelaine). Lozre : Florac, causse Mjean Puel, Ch. Fagniez). Rhne: Lyon(Saubinet); chteau d'Yvours, prs de Lyon (G. Srullaz). Drme : Avignon (L. Puel). Vaucluse : La Bonde (Ch. Fagniez); mont Luberon, un mle pris dans une fourmilire du genre Formica (Ch. Fagniez); grotte de Felician, dans le mont Luberon (Ch. Fagniez). Bouches-du-Rhne: Aix-en-Provence (E. Tisson); monta gne de la Sainte-Baume (A. Chobaut). Var: Toulon (E. Abeille de Perrin); Hyres (A. Grouvelle). Alpes-Maritimes : Beuil, une femelle de trs petite taille (A. Dodero). Espgne. Pyrnes : minas de Canal, prov. de Lerida [Biospeol n 451] (R. Jeanne!); cueva del Manantial, dans la peia de Gorbea, prov. de Vitoria [Biospeol. n 956] (R. Jeanne!). Allemagne. Franconie : Erlangen (Dr Rosenhauer, in Mus. Vienne). -Bohme: J ohanP.isbad, dans le Riesengebirge (Skalitzky). Moravie : Paskau (E. Reitter); Rothwasser (Wingelmller). Silsie : Melstch (Mus. Vienne).-Pologne. Galicie: monts Bescides (E. Reitter); Lw6w [Lemberg] (coll. Purkyn). -Autriche. Nieder-sterreich : env. de Vienne (L. Mader, H. Strauss, Wingelmller); Modling (A. Winkler); Wienerwald (L. Mader); Baden (A. Winkler); Kranichberg (L. Ganglbauer); Ulrichskirchen (J. Spurny). Styrie [Steiermark] : Koralpe (Dr Krauss, Wingelmller). Carinthie [IGi.rnten] : Petzen Gebirg (L. Ganglbauer); Eggerloch, prs de Villach (A. Winkler). Roumanie. Transylvanie; monts Bihar : Vad Crisului [Rev], gorges du Cris (R. Jeanne!); pesterea de la lgritza (J. Breit) [Rospeol., n 1056]; pesterea lui Zichy (Bir6) [Biospeol., no 1055]; pesterea de la Fnatze [Biospeol., n 1101]; pesterea de sub piatra Barisorului, Petroasa, jud. Hunedoara (J. Roth). Hongrie: Budapest (E. Dudich); Pecs [Fnfkirchen] corn. Baranya (Frivaldszky).

PAGE 173

100 R. JEANNEL Italie. Veneto : Premariacco, prs Cividale, pro v. di V di ne (A. Andreini). !stria : mon te Maggiore (A. Winkler). Emilia : Spilamberto, prov. di Modena (C. Minozzi); Corpineti, prov. di Reggio nel l'Emilia (C. Minozzi); grotta di S. Maria, monte Vallestro (C. Minozzi). Umbria: Gubbio, prov. di Peruggia (A.et F.Solari).Apulia:Lago S. Gio vanni,dans le monte Gargano (K. Holdhaus). -Y ougo-SlaPie. Croatie : Sljemen planina, prs de Zagreb (V. Apfelbeck); Dalmatie (Mus. Prague). Albanie : Mitrovica, Kosovo planina (Budapest Ak. Balk. Exp.), nombreux exemplaires. -Grce. Thessalie : mont Pelion (E. Moczarski). Corfou (A. Winkler); Cphalonie (A. Winkler). Ploponse : Arcadie (Exp. More, in Mus. Paris). Ch. cisteloides est de beaucoup l'espce la plus commune et la plus rpandue de tout le genre. On le trouve dans les dbris vgtaux, les mousses humides; on le prend parfois au vol, ou dans les sablires, ou sur le.; mms des maisons pendant les journes chaudes. C'est un hte frquent des terriers de Taupes, de Lapins, de Hamsters (L. F ALcoz, 1914, p. 129; IIESELIIAUs, 1915, p. 26!1); nous avons vu qu'on le trouve aussi parfois rlans les fourmilires. Il pntre enfin trs souvent dans les grottes, o on le trouve soit l'entre, dans les mousses, soit dans les salles obscures (Pyrnes, Cvennes, Provence, Italie, monts Bihar). DIAGNOSE. -Long. 4,5 5,2 mm. Elliptique, peu allong, galement arrondi en avant et en arrire. Ail. Brun de poix, avec la moiti basale des lytres souvent bruntre, les pattes rougetres, les antennes fortement rembrunies. Ponctuation fine et superficielle, serre sur le pronotum, plus forte, rpeuse et moins serre sur les lytres. Pubescence dorE, courte et couche. AnLennes atteignant le quart basal des lytres, paissies au sommet, les articles apicaux un peu comprims; les articles du funicule peu allon gs, le 8 environ une fois et demie aussi long que large chez les mles, le 9 largi, environ deux fois aussi long que large. Pronotum (fig. 45) plus large que la tte, plus troit que les lytres, un peu plus large que long, sa plus grande largeur vers le milieu, les cts bien arrondis, trs peu sou levs en arrire, les angles postrieurs largement arrondis, le disque assez convexe. lytres deux fois anssi longs que larges chez les mles, convexes, les stties bien traces, l'angle apical arrondi dans les deux sexes. Pattes longues, robustes chez les mles. Di!l'rences sexuelles. Les femelles sont un peu plus trapues, plus convexes, avec le pronotum un peu plus large, les lytres relativement

PAGE 174

REVISION DES CHOLEVA 101 plus courts, les antennes plus courtes et plus paissies, les pattes plus courtes et plus grles. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs largement dilats nettement plus larges que le sommet du tibia, le premier article ovalaie. Tibias intermdiaires et fmurs normaux T1ochanters postrieurs lan cols, courts, aplatis (fig. 159), avec le bord postrieur angu!eux et FIG. 156 159. -Ch. cis teloies, de Fonlainebleau. -Fu;. 156. Orgnne copulateur mle, vue rlorso-latrale, x 56. -FIG. 157. Sommet du mme, f ace ventrale. --FIG. 158. Dent. ventrale du sac interne, face vrntrale, x 100 FIG. 159. Trochanter postrieur droit du mle, x t.O. FIG. 160 163.-Ch bicolor, n. sp., de Cracovie.-FrG. 160. Sommet d e l'or gane copulateur mle, vue dorso-latr a le, x 56. -FIG. 161. Le mm e, fa cd FIG. 162. ventra le elu sac interne, ventral<', x !llO. -FIG. Tror.hanter postrieur dr
PAGE 175

102 R. JEANNEL angle obtus avec celui du lobe mdian. Ligules arrondis, courts, peu chi tiniss. Styles latraux trs comprims latralement dans leur partie api cale, non renfls en massue au sommet. Sac interne (fig. 10 12) bien diffrenci. La dent apicale et ventrale (fig. 158) est en forme d'Y assez grle, les branches paires, basales, grles et fortement divergentes, la tige impaire apicale en pointe aigu et lg rement inflchie du ct ventral. A la base de la dent sont deux paquets d'pines peu nombreuses. Du ct dorsal se trouve une autre dent apicale vaginable, allonge, contourne au sommet, avec quelques pines prs de sa base. Le cul-de-sac basal prsente un profond sillon mdian ventral entre deux grosses crtes saillantes (fig. 11) et est en entier parsem de petites cailles dissmines. Dans la rgion moyenne ces deux crtes saillantes se continuent par deux rangs de fortes dents triangulaires, accoles ensemble et constituant deux gros bourrelets composs, se jux taposant l'un l'autre sur la ligne mdiane comme les deux mors d'un tau. Les figures 10 et 12 reprsentent toutes ces phanres en place dans le sac interne au repos et pendant son retournement. Segment gnital (fig. 164) court et large; le tergite est mince, allong, lamelleux, non creus en go'uttire; il est plus long que large, avec ses cts un peu concaves, son bord libre largement arrondi et pubescent. Pleurites courts et trs renfls la base, bossels. Sternite reprsent par un petit sclrite rectangulaire (fig. 165); styles courts et larges, pourvus de deux soies apicales, les pleurosternites assez fortement saillants de chaque ct de leurs parties basales. VARIATIONS. -L'espce est assez variable au point de vue de la taille, de la coloration et mme des proportions des articles des antennes. Les exemplaires de Dalmatie ont souvent le pronotum particulirement petit. Ceux de Provence sont remarquables par leurs antennes courtes et paisses. J'ai nomm var. dacica une forme spciale aux monts Bihar; elle se distingue pal' le grand dveloppement des fossettes sur les segments abdo minaux. Le deuxime segment est impressionn et les fossettes des trois suivants se confondent dans une large gouttire dprimant le milieu de presque tout l'abdomen. On retrouve cette conformation chez tous les Ch. cisteloides des monts Bihar, mais aussi souvent chez ceux de Silsie, de Moravie et de Galicie. Il ne s'agit certainement pas d'une race gogra phique isole, mais d'un dveloppement du caractre sexuel plus fr quent dans ces rgions.

PAGE 176

REVISION DES CHOLEVA 103 Enfin une exemplaire femelle des environs de Vienne (G. est remarquable par la largeur exceptionnelle de son pronotum qui rappelle celle du Ch. Breiti. Mais les caractres gnitaux de ce Choleva sont exactement ceux du Ch. cisteloides. Choleva bicolor, n. sp. (Fig. 46, 160 163, 168 et 169.) Types: une srie d'exemplaires de Galicie (coll. Reitter, in Mus. Buda pest). CHOROLOGIE. Cette espce prsente une distribution discontinue dans toute l'Europe centrale et occidentale. Je la connais juqu' prsent des localits suivantes : France. Allier : Cosne-sur-L'il (J. Bourgeois, in Mus. Paris), un mle. -Autriche : Nieder-sterreich : Wechselgebirge (L. Mader), un mle. Nord de la Styrie (Dr Krauss), une femelle. -Pologne. Galicie : Cracovie (coll. Reitter), plusieurs exemplaires. DIAGNOSE. -Long. 5 mm. Aspect gnral du Ch. cisteloides, mais un peu plus allong; mme ponctuation et mme pubescence. Coloration toujours assez particulire; tte et pronotum noir de poix, lytres avec toute la partie basale brun rougetre, le tiers apical noir de poix, les deux colorations bien tranches et ne se fondant pas par gradations insensibles comme chez les Ch. cisteloides; pattes rougetres, antennes rembrunies. Antennes grles, atteignant le tiers basal des lytres, les articles apicaux paissis mais non comprims, plus longs que chez Ch. cisteloides; l'article 8 est deux fois aussi long que large, le 9 plus de deux fois aussi long que large. Pronotum peu transverse, peu convexe (fig. 46), plus petit que chez Ch. cisteloides, avec ses cts moins arrondis.; la plus grande largeur peine avant le milieu. lytres plus longs, convexes, plus de deux fois aussi longs que larges chez les mles, les stries bien marques, l'angle suturai arrondi dans les deux sexes. Pattes longues et robustes chez les mles. Mmes diffrences sexuelles que chez Ch. cisteloides, mais le pronotum n est gure plus convexe chez les femelles que chez les mles. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs nettement plus l arges que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires et fmurs normaux. Tro chanters postriurs (fig. 163) petits, troits, allongs, effils en pointe,

PAGE 177

104 R. JEANNEL le bord postrieur ni anguleux ni tranchant. Segments ventraux de l'abdo men avec les mmes fossettes que chez Ch. cisteloides, mais bien plus superficielles. Organe copulateur mle (fig. 160) analogue celui du Ch. cisteloides, ./6(1.. L L67. L69. L68. .171 FIG. 164 171. -Organes copulateurs femelles des Choleva, X 56. FIG. 161. Ch. cisteloides, du Bihar, lergite et pleurites, face dorsale. -FIG. 165. Styles du mme, face ventrale.-FIG. 166. Ch. angustata, de la grotb de Lherm, tergite et pleurites, face dorsale.-FIG. 167. Styles, face ventrale.-FIG. 168. Ch. bicolor, n. sp., de Galicie, tergile et pleurites, face dorsalP. -FIG. 169. Styles, face ventrale.-FIG. 170. Ch. gla.uca, du Tyrol mr. tergit.e et pleu rites, face .dorsalP.-FIG. 1?1. Styles du mme, face ventrale. mais le sommet est moins renfl, graduellement aminci et aplati et termin par un bec troit, aplati, mousse et arrondi l'extrmit, dirig dans l'axe du lobe mdian. Ligules longs, troits, peu chitiniss (fig. 161) .Sac interne avec la mme armature que chez Ch. cisteloides, mais la dent (fig. 162) est plus paisse, plus grande, non arque du ct ventral la pointe. Styles latraux longs, irrguliers, assez comprims dans leurpartie apicale et renfls en massue leur extrmit. Segment gnital femelle (fig. 168) large et court; les pleurites sont

PAGE 178

REVISION DES CHOLEVA 105 amples, convexes et leur angle apical atteint le niveau de la pointe du tergite. Celui-ci est troit la base, largi dans sa partie apica,le, en lame triangulaire, lancole, non concave. Cette lame prsente des angles lat raux saillants, recouverts par les bords des pleurites; le bord apical est anguleux et ne porte pas trace de pubescence. Sternite reprsent par un tout petit sclrite triangulaire. Styles en forme de cisailles, chitiniss, sans soies leur sommet (fi.g. 169). Cette espce est bien distincte par ses caractres sexuels, mais elle est aussi facile reconnatre premire vue par sa. coloration. Choleva glauca Britten. (Fig. 170 175.) CholefJa glauca BRITTEN, 1918, Ent. Monthly Mag., LIV, p. 31, fig. 2; type : Cumberland. -1EANNEL, 1923, Ballet. Soc. ent. Ital., LV, p. 40. CHOROLOGIE. --Cette espce a t dcrite d'Angleterre, o H. Britten l'a trouve dans les nids de taupes du comt de Cumberland. J'en ai vu des exemplaires parfaitement conformes la description de H. BRITTEN et provenant des localits suivantes de l'Europe continentale : France: Lorraine (coll. Reitter).-France (ancienne coll. Mus. Paris), un mle. -Allemagne. Prov. Rhnanes : J lich (A. Puton), un mle. Italie. Alpes mridionales : monte Pari, dans le massif de J udicaria (0. Reiss, J. Breit), plusieurs exemplaires; grotte di Oliero, en amont de Bassano, valle de la Brenta (A. Dodero), un mle.-Tchco-Sloaquie. Moravie : Paskau (E. Reitter). -Roumanie : Maramures [Maramaros], Carpathes de Transylvanie (0. Brenske, in coll. Reitter); grotte corobana Mndrutzului, Scarisoara, Bihar mridional [Biospeol. n 1087]. -Y ougo-Slaie. Bosnie (E. Reitter). Comme on le voit, l'espce parat avoir une distribution assez vaste, mais discontinue; sa prsence dans "les massifs de refuge des Alpes mri dionales est remarquer. DIAGNOSE. Long. 4,5 5 mm. Aspect extrieur du Ch. cisteloides, mais grle et allong, comme le Ch. bicolor. Ail. Mmes colorations et pubescence que chez Ch. cisteloides, ponctuation plus fine sur les lytres. Antennes grles, atteignant presque le tiers basal des lytres, peu paissies au sommet chez les mles, les articles apicaux non comprims; article 8 allong deux fois aussi long que large, 9 conique, deux fois aussi

PAGE 179

106 R . JEANNEL long que large au sommet chez les mles. Pronotum petit, su,bcarr chez les mles, peine plus large que long, plus troit que les lytres, sa plus grande largeur trs peu avant le milieu; les cts en avant, plus fortement rtrcis en arrire que chez les espces prcdentes, les angles postrieurs plus nettement marqus, mme chez les mles, anguleux et mousss au sommet; disque peu convexe. lytres elliptiques allongs, un peu plus de deux fois aussi longs que larges chez les mles, les stries superficielles, l'angle suturai arrondi dans les deux sexes. Pattes longues et grles. En somme, par ses caractres extrieurs le Ch. glauca se distingue assez facilement sa forme grle, ses antennes fmes, son pronotum troit, bien rtrci en arrire avec les angles postrieurs mieux marqus. Diffrences sexuelles. Les femelles ont le mme pronotum troit et peu convexe, bien rtrci en a,rrire que les mles, mais leurs antennes sont plus paissies au sommet, leurs lytres plus convexes et plus renfls. Caractres sexuels mles.-Tarses antrieurs plus larges que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires et fmurs normaux. Trochanters post rieurs (fig. 175) petits, troits, attnus en pointe, leur bord postrieul' presque droit et arm prs du sommet d'une dent cylindrique, droite, dirige en arrire. Quatrime et cinquime segments ventraux de l'abdo men avec une grande fossette mdiane lisse, celle du quatrime de forme un peu triangulaire. Pas trace de fossette sur le troisime segment qui est toujours bien convexe sur la ligne mdiane. Organe copulateur mle (fig. 172) assez petit, peu pais, arqu, son sommet un peu bossu 'et attnu en pointe troite, un peu comme celle du Ch. bicolor. Ligules longs et peu chitiniss. Sac interne avec la mme armature que chez Ch. cisteloides, mais la dent (fig. 174) est plus longue et plus robuste. Styles latraux largement comprims dans leur moiti api cale, non renfls en massue au sommet. Segment gnital femelle (fig. 170) qe forme trs particulire. Les pleu rites sont trs bombs dans leur partie moyenne et rtrcis la base, leurs angles apicaux sont fortement un peu tordus en dehors. Le tergite est long, saillant, trs sclrifi. A la base il est assez profondment excav et carn latralement, ayant un peu la forme d'un fond de bateau plat; dans sa partie apicale il est largi en lame spatule, plane, bord libre rgulirement arrondi, pais et sans pubescence. Sternitenon sclrifi; styles assez grles, soies rduites (fig. pi). La diffrenciation du segment gnital femelle de cette espce,

PAGE 180

REVISION DES CHOLEVA 107 eomme d'ailleurs celle du Ch. bicolor prcdemment dcrit, est trs remar qua le. Les femelles du Ch. gla'uca paraissent premire vue pratiquement indterminables et impossibles distinguer de celles du Ch. cistelaides et surtout du Ch. angustata par les seuls caractres extrieurs; mais 177. FIG. t 72 I 75.-Ch. glauca, de Lorraine. -Fu;. 172. Organe copulateur mlP, face dorso-Jattale, x 5G. -FIG. t 73. Sommet du face ventralP. -FIG. 17' Dent ventrale du sac interne, face ventrale, x 100. -FIG. 175. Trochanter postrieut droit du mle, X '. FIG. 176 179. -Ch. angus ta ln, de la grotte cln Lherm, Pyrnes. -FIG, 17G. Organe copulateur mle, face dorso-latrale, x 5G. -FIG. 177. Sommet du face ventrale. -FIG. 178. Dent ventrale elu sac interne, face ven trale. -FIG. 179. Trochanter postrieur droit du mle, x 40. un simple coup d'il sur le segment gnital, attir hors du pygidium J aide d'un fin crochet, permet de les identifier sans hsitation. Ces formes diverses du tergite femelle chez ces espces du groupe de Ch. cisteloides ne semblent pas tre en corrlation avec la spcialisation de la dent du sac interne, comme chez les autres CholeCJa.

PAGE 181

108 R. JEANNEL Choleva angustata Fabricius. (Fig. 166 eL 167, 176 :117!!.) Cistela angustata FABRJcrus, 1781, Spec. Ins., 1, p. 148; type : Anglia n. -CholeCJa angnstata var. 2, ERICHSON, 1839, Kaf. Mark Brand., 1, p. 234. -CholeCJa angustata, BRI'l'TEN, 1922, Ent. Monthly Mag., LVIII, p. 107. -JEANNEL, 1922, Arch. Zoo!. exp., 61, p. 75, fig. 88 et 95 98. -CholeCJa cisteloides auct. (MuRRAY, REITTER, GANGLBAUER). -Ch. cisteloides BRITTEN, 1918, Ent. Monthly Mag., LIV, p. 31 (nec Frlich). -CholeCJa pyrenaica, JEANNJ,L, 1922, Bull. Soc. ent. Fr., p. 25; type : grotte de Lherm. -1. c., p. 49. CHOROLOGIE, -Cette espce prsente une distribution continue dans l'ouest et le sud de la France et les les Britanniques, mais est repr sente aussi dans l'Europe centrale par des colonies sporadiques. Je la connais des provenances suivantes : Iles Britanniques : Cumberland, Oxfordshire, dans les terriers de Taupes (H. Britten). France. Calvados : monts d'Eraisne (Dubourgais). Seine-Infrieure : Dieppe (A. Grouvelle). Seine : Saint-Maur (H. Venet). Seine-et Oise : Saint-Germain (H. Brisout de Barneville); Rueil (H. Brisout); Bouray (coll. Chevrolat). Morbihan (coll. J. Bourgeois). Maine-etLoire: Angers (H. Venet). Indre-et-Loire: Tours (E. Tisson); Perrusson (A. Mquignon). Sarthe: La Chapelle-Gaugain (G. Hardy). Loir-et-Cher: Vendme (A. Mquignon). Loiret : Orlans (L. Fairmaire, A. Mquignon). Nivre: Saint-Honor (G. Hardy). Allier: Vichy (A. Grouvelle, C. Morel). Haute-Vienne : Saint-Barbant (L. Mesmin). Basses-Pyrnes : grotte de Chateau-Pignon [Biospeol., n 644] (A. Hustache); grotte de Btharram (A. H ustache); Pau (Ph. Franois). Hautes-Pyrnes : grotte de Caste! Mouly [Biospeol., n (334] (R. J eanne!); pic du Midi de Bigorre (coll. A. Mquignon). Haute-Garonne : Toulouse (R. Jeanne!); Poudac gran, Arbas [Biospeol. n 805] (R. Jeanne!). Arige : Cazavet, prs de Saint Girons (A. Dodero); grotte de Lherm [Biospeol. n 158] (R. Jeanne!) ; grotte de Sainte-Hlne [Biospeol. n 416] (R. J eanne!); grotte de Lavelanet [Biospeol. n 626] (R. Jeanne!); grotte de Moulis [Biospeol. n 1047] ( R. Jeanne!); grotte d'Aubert [Biospeol. n 1048] (R. Jeannel); ruisseau souterrain d' Aulot [Biospeol. n 978] ( R. J eanne!). Belgique : Bruxelles (coll. Marseul). -Suisse : Ble (Knecht).

PAGE 182

REVISION DES CHOLEVA 109 Allemagne. Bavire : Reichenhall, valle du Saalach (Skalitzky). Roumanie : Transylvanie (Kimakovicz, in Mus. Vienne). Banat : Baile Herculane, mont Domogled (R. Jeanne!). -Grce. Macdoine : Flo rina, un mle (A. Magdelaine). Enfin le Musum de Paris possde un exemplaire immature tiquet: A lgrie: Laghouat (coll. H. Marmottan). Il me semble bien peu vraisem blable que ce Choleva se trouve ainsi dans le Sud Algrien et, jusqu' preuve du contraire, je pense qu'il doit s'agir d'une erreur d'tiquette. DIAGNOSE. Long. 4,8 5 mm. Aspect extrieur du Ch. cisteloides, i\lmes coloration, ponctuation et pubescence. Ail. Antennes grles, atteignant presque le tiers basal des lytres, les articles apicaux peu paissis, le 8 deux fois plus long que large chez le mle, une fois et demie chez la femelle, le 9 conique, allong, deux fois aussi long que large chez le mle. Pronotum plus petit que chez Ch. ciste laides, plus troit que la base des lytres, ses cts rtrcis en arrire, les angles postrieurs trs effacs, le disque assez convexe. lytres et pattes semblables ceux de Ch. cisteloides. Diffrences sexuelles comme chez les espces voisines. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs plus larges que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires et fmurs normaux. Trochanters postrieurs lancols, comme ceux du Ch. cisteloides, mais le bord post rieur arm vers son milieu d'une grosse dent lisse crochue, recourbe en dehors (fig. 179); hanche postrieure avec une lame externe s'insinuant entre l'extrmit basale du fmur et le trochanter. Une lame semblable existe chez les Ch. oresitropha et Ch. glauca. Segments ventraux 3 5 avec une dpression longitudinale continue, mdiane, lisse, commenant mme sur le bord postrieur du deuxime segment. Organe copulateur mle (fig. 176) trs arqu, surtout dans sa partie basale, le sommet brusquement rtrci en un long bec droit, large, aplati en forme de bec de canard. Ligules courts et arrondis. Sac interne avec la mme armature que chez Ch. cisteloides; la dent (fig. 178) paisse, robuste, assez longue, avc sa pointe inflchie du ct ventral. Styles latraux pais, peine comprims, renfls en massue leur extrmit. Segment gnital femelle (fig. 166) bien diffrent de celui des espces voisines. Les pleurites sont allongs, peu renfls, avec l'extrmit apicale arrondie. Le tergite est peu saillant, troit, allong, parallle, profond ment excav en gouttire. Son bord libre est arrondi et pubescent., comme chez Ch. cisteloides. Sternite faiblement chitinis ; styles ovodes, assez

PAGE 183

HO R. JEANNEL courts, effils au sommet et termins par deux soies; les trois soies n or males se trouvent sur leur face externe, comme chez Ch. cisteloides. La forme du tergite, bien diffrente de celle des trois espces prc dentes, permet donc encore d'identifier facilement les femelles qui ne sont gure reconnaissables par leurs caractres extrieurs. Choleva obscuripes Reitter. (Fig. H, 180 184.) CholeCJa obscuripes, REITTER, 1888, Wiener ent. Ztg., VII, p. 151; type : un mle de Abago, Caucase (teste Reitter). CHOROLOGIE. -L'unique exemplaire que j'ai vu est tiquet : << Cau case occidental, Amuco (Starck) >> [coll. Reitter, in Mus. Budapest]. DIAGNOSE. Long. 5,5 mm. troit, allong, parallle, ail. Brun de poix avec les lytres rougetres, les pattes et les antennes plus ou moins rembrunies, les fmurs bruntres. Ponctuation fine, superficielle et serre. Pubescence dore, courte et couche, rare, avec quelques poils dresss plus longs, paraissant aligns en sries longitudinales dcrit est trs frott). Antennes grles, atteignant le tiers basal des lytres, peu paissies au sommet, l'article 8 allong, deux fois aussi long que large, le 9 troit, deux fois et demie aussi long que large. Pronotum (fig. 44) transverse, une fois et quart aussi large que long, sa plus grande largeur un peu avant le milieu, les cts trs peu arqus, non soulevs en arrire, le disque peu convexe, les angles postrieurs arrondis. lytres allongs, troits, plus de deux fois et demie aussi longs que larges, les stries bien marques, la suturale entire, parallle la suture, l'angle suturai arrondi. Pattes lon gues et trs robustes. Femelle inconnue. Caractres sexuels mles. Tarses antrieurs premier article large et court, ovalaire, plus large que sommet du tibia. Tibias intermdiaires et fmurs normaux. Trochanters postrieurs (fig. 184) petits, mais troits et termins en pointe lgrement recourbe en arrire son extrmit. Quatrime et cinquime segments ventraux de l'abdomen impressionns sur la ligne mdiane, le quatrime peine sur son bord libre, le cinquime portant une grande fossette arrondie, lisse. Organe copulateur mle (fig. 180) robuste, pais, fortement arqu, les

PAGE 184

REVISION DES CIIOLEVA ur pices basales allonges, le corps du lobe mdian-de coupe quadrangula,ire, aplati dorsalement, le sommet brusquement pinc latralement, formant un" long bec droit et aigu, didre, arte dorsale et mdiane. Ligules courts, tronqus, fortement chitiniss. Styles lattaux (fig. 182) comprims et trs largis dans leur tiers apical, inflchis du ctj sommet. A Al. ...L .185. J87. FIG. 180 184. Ch. obscuripes, du Caucase central. -FIG. 180. Organe copu lateur mle, face dorso-lat.rale, x 56. FIG. 181. Sommet du mme, face ventrale. -FIG. 182. Sommet du style latral gauche, face externe, x 56. -FIG. 183. Dent du sac interne, face latro-ventrale, x 100. -FIG. 184. Trochanter postrieur droit du mle, x 40. FIG. 185 187 -Ch. du Caucase. -FIG. 185. Sommet de l'organe copulateur mle, face dorso-latrale, x 56. -FIG. 186. Dent ventrale du sar. interne, fac e latro-ventrale, x 100. -FIG. 187. Trochanter postrieur droit du mle, x 40. ..186 . Sac interne semblable celui du Ch. Zolotare"i (fig. 13). La dent apicale (fig. 183) est forte, paisse, irrgulire, largie et bifide la base, termine par une extrmit cylindro-conique, effile et recourbe du ct ventral au sommet. Un gros paquet d'pines trs serres se trouve la base de la dent (fig. 13). La rgion basale du sac porte deux gros bourre lets longitudinaux et ventraux, comme chez Ch. cisteloides.

PAGE 185

112 R. JEANNEL Choleva Zolotarevi Reitter. (Fig. 13' 43, 139 at 140, 185 187.) CholeCJa ZolotareCJi REITTER, 1909, Wiener ent. Ztg., XXVIII, p. 55; type : une femelle de Kasbek [Mus. Budapest]. CHOROLOGIE: Caucase central: Kasbek (A. Zolotarev, in coll. Reitter); Caucase (H. Leder, in coll. Reitter), un mle et une femelle. Ce CholMa est trs voisin du Ch. obscuripes; il est mme trs possible qu'il n'en soit pas spcifiquement distinct et qu'il s'agisse alors d'une espce variations pcilandriques, le mle d' obscuripes tant la forme dymre, celui que je rapporte au ZolotarMi une forme thlomor phe. Il est en effet remarquable que ce dernier ait tout fait l'aspect extrieur de la femelle et que ses caractres sexuels et en particulier ceux de l'deagus soient en quelque sorte une rduction de ceux du Ch. obscu ripes. Mais il faudrait savoir si une forme particulire de femelles ne cor respond pas au Ch. obscuripes. DIAGNOSE. Long. 4,8 mm. Bien moins allong et plus convexe que Ch. obscuripcs; mme coloration, mme ponctuation et pubescence. Antennes plus paissies au sommet, l'article 8 est peine une fois et demie aussi long que large, le 9 pais, conique, peine deux fois aussi long que large. Pronotum d'un tiers plus large que long (fig. 43), plus convexe que chez Ch. obscuripes, les cts plus arrondis, la plus grande largeur au milieu. lytres elliptiques, peine deux fois et demie aussi longs que lar ges, les stries nettes, l'angle suturai arrondi dans les deux sexes. Pattes grles dans les deux sexes. Diffrences sexuelles. Mle et femelle ont la mme forme gnrale et la mme structure des antennes. Caractres sexuels mles identiques ceux du Ch. obscuripes, sauf que la pointe des trochanters postrieurs n'est pas inflchie en arrire (fig. 187). Organe copulateur mle semblable celui du Ch. obscuripes, mais plus petit, plus court, le bec moins long, moins robuste (fig. 185); dent apicale de mme forme gnrale, mais son extrmit apicale compri me latralement (fig. 186). Comme on le voit, il est possible que ces diffrences sexuelles soient individuelles; mais pour en dcider il faudrait pouvoir examiner d'autres matriaux. Segment gnital femelle (fig. 139) court et trs large. Le tergite est

PAGE 186

REVISION DES CHOLEVA 113 transverse, peu concave, son bord libre rgulirement arrondi et pubes cent. Pleurites amples, renfls la base, leur bord apical largement arrondi. Sternite non sclrifi. Styles larges et plats, fortement chitiniss, en forme de cisailles; leur bord externe arrondi, pais et convexe, leur bord interne droit et aplati; pas de bouton stigre leur extrmit ni trace de sOies. GROUPE X Choleva Sturmi Ch. Brisout. (Fig. 188 191, 192 et 193.) Cholei'a Sturmi CH. BRISOUT, 1863, Mat. Cat. Grenier, p. 7; types: Europe centrale. -SEIDLITZ, 1891, Fauna Trans., Spec., p. 338. 1889, ,Deutsche r:mt. Zs., p. 152.-GANGLBAUER, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 116.-REITTER, 1909, Fauna Germ., II; p. 231.-hANNEL, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 80, fig. 103 105. 1923, BoBet. Soc.,ent. Ital., L V, p. 41. -Cholei'a angustala ERICHSON, 1839, Kiif. Mark Brandenb., I, p. 233 (pars). -REITTER, -:l884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 1.2. 1885, Naturg. Ins. Deutsch!., I II, p. 229. -Cholei'a arguta REY, 1889, L'change, n 49, p. 4; type : =arniole. -? Clwlei'a leucophthalma FIORI, 1899, Atti Soc. Nat. Modena, XXXI, p. 160; type : monte Majella. Il est clair que CH. BRISOUT a confondu sous le nom de Ch: Sturmi les deux espces dcrites ici sous les noms de Ch. Sturmi et de Ch. Fagniezi. Il ne dsigne pas la proverfance de ses types et dit seulement que son ospce a t confondue par STURlll avec l'angustata (elongata Payk.), ;uis ajoute plus loin qu'on la trouve rarement aux environs de Paris et qu' elle a t prise Collioure (Pyrnes-Orientales), par Ch. Delarouze. Un peut donc, dans ces conditions, considrer que les types du Ch. Sturmi ;,ont ces exemplaires de l'Europe centrale que Sturm a confondus avec son u ngustata, d'autant plus que c'est eux que Ch. Brisout faisait allusion en nommant son espce Ch. Sturmi. Cette -interprtation aura l'avantage d'viter toute confusion dans l' avenir, car en tenant pour types dl!-Ch. Sturmi les individus cits par Ch. BRISOUT des environs de Paris (comme j'avais cru pouvoir le faire Lout d'abord) on reste embarrass du fait que les deux espcess Ch. Sturmi et Fagniezi coexistent autour de Paris; la dissection de, types deviendrait donc ncessaire. Ch. arguta Rey dsigne d'insignifiantes variations individuelles du L'ABEILLE, XXXII, 15 dcembre 1923, 8

PAGE 187

114 R. JEANNEL Ch. Sturmi. Quant au Ch. leucophthalma Fiori, je crois qu'il doit tre aussi tenu pour synonyme du Ch. Stzzrmi, mais c'est l encore un petit procs qu'il faut instruire. La description de FIORI est faite sur trois femelles, trouves sous de grosses pierres sur le monte Majella, dans les Abruzzes. Leurs caractres spciaux taient la petitesse des yeux, blancs et dprims, le pronotum troit, l'existence de poils dresss sur les cts et l'apex des lytres,!' angle suturai dent ( angulo suturale emergente sotto forma d.i appendice spiniforme ), la longueur exceptionnelle des pines des tibias. L'espce est compare au Ch. ni(Jalis et au Ch. oblonga, mais il n'est pas question dans la note de FIORI du Ch. Sturmi. Il semble que dans la suite on ait identifi au Ch. leucophthalma de FIORI les mles de l'espce que j'ai dcrite ci-dessus sous le nom de Ch. Solarii; la collection Reitter renferme mme un mle du Ch. Solarii, provenant vraisemblablement de Fiori lui-mme et tiquet << leucoph thalma >>. Mais cette identification est videmment errone. Chez l'espce j'ai nomme Solarii, l'angle suturai est arrondi chez les femelles et la pubescence esse trs particulire est bien diffente des poils dresss sur les cts et l'apex des lytres dont parle FIORI. D'autre part, aucuns des caractres numrs par FroRI n'cartent son Ch. leucophthalma des femelles du Ch. Sturmi, car il est bien vident queh longueur inusite des pines tibiales indique qu'il a dcrit des immatures et que les yeux blancs et dprims de ses types sont le fait de leur tat de dessication. "' J'ajouterai enfin que j'ai vu des Ch. Sturmi du monte Majella (coll. Dodero) et toutes ces raisons font penser que les types du Ch. leucoph thalma Fiori ne devaient tre que des femelles immatures du Ch. Sturmi. CHOROLOGIE.'-Ch. Sturmi est connu en France dans l'est du bassin de la Seine et d'autre part est rpandu en Europe centrale, dans la pnin sule Balcanique et dans l'Italie pninsulaire, jusqu'en Sicile. JAconsoN (1910, p. 607) le cite en outre du Portugal, de Sardaigne et de Tiflis, mais ces indications ne concernent certainement pas le Ch. Sturmi. L. FALcoz (1914, p. 129) le cite comme trouv dans les nids de Taupes et de Hamsters en Hollande : Littard (Heselhaus) et en Allemagne : Brunswick (Haars), Helmstedt (Gerhard). li aurait aussi t recueilli dans la Somme avec la Formica rufa (Carpentier et Deloby). D'autre part il pntre parfois dans les grottes, en Carniole et en Italie.

PAGE 188

R.EP1SION DES CHOLEVA Je connais le Ch. Sturmi, dtermin par examen de l'deagus, des Ipcalits suivantes : France. Aisne: Soissons (A. Magdelaine).-Allemagne. Wurtemberg: Heilbronn (E. Scriba). Franconie : Aschaffenburg (Flach). -+-Danemark : ile Seeland (coll. J. Brait).-Tchco-Slovaquie. Moravie: Paskau (E. Reit tr); Mahrisch.-Ostrau (E. Reitter). -Autriche. Basse-Autriche : env. de Vienne .(A. Winkler);_ Don-Auen (A. Otto); Marchfeld (J. Brait); Kirch berg, am Wechsegelbirge (L. Ganglbauer). Styrie : env. de Graz (Dr Pe ncke). -Yougo-Slavie. Carniole : grotte Ajdovsca jama; prs ; de Brnndl (Paganetti-Hmmler); Grosskalenberg, au nord de Laibach (Qspan). Croatie : Perusic (F: Tax). Bosnie : Hrustovo (V. Apfelbeck); zpce ( J. Brait) . Herzgovine : Valez planina (0." Krariss). -Grce : env: Volo,: en Thessalie "(E. Moczarski). -Italie. Carso : Karnica, dans le Trnowaner Wald, prs de Grz (A. Winkler)"; Luegg, prs de Postojna [Adelsberg] (Dr Peneclie). !stria : Pola (Mus. Prague); Tublje, Materia grotta di 7 porte, prs de Montello, prov. dii Treviso (A. Dodero). Piemonte : Roneo Canavese, dans le massif du Gfan Paradiso, -prov. di Torino (A. et F. Solari) .Emilia : grotta della M:uscina, prs Albinea (C. Minozzi). Abruzzo : mori te Amaro, massif du monte Majella (coll. k Dodero). Apulia: Lago-8. Giovanni, dai}.s le monte G11rgano (K. Holdhaus)_. Campania: V allo della Lucania, S: Biase (A. et. F;J Solari). Sicilia : Ficuzza (A. Dodero); Sicile (coll. Fairmaire, in Mus. D ') "ar1s DiAGNOSE. -Long. 5 6 mm. Elliptique llong, troit, assz coiivrxe. Ail. Brun de poix avec les cts du prontum la base pronotuin brunt;e, souvent en entier bruntre la tte fonc, pattes' et antennes testaces rougetres. Ponctuation fine, serre et un peu rpeuse suf le trs fine sur les lytres. Pubescence dore, court et avec quelques petites soies dresses trs courtes sur les cts J'apex des lytres. Antennes assez variables; dpassant peine le quart basal des lytres, c'est--dire relativement courtes, pus"'ou moins paissies au sommet selon les individus. 8 _ne fois et demie aussi long que large, le'9 une f9is et deinle deux ois aussi long que large chez les mles. Prbnotum lgrement (fig. 47), sa plus grande largeur le rn11ien, les cts bien arrondis, 'retris en arrire chez les mles et un peu soulevs postrieurs; ceux-ci trs disque assez convexe: trs 'ailongs, environ deux fois et demie aussi longs que

PAGE 189

116 R. JEANNEL larges, attnus au sommet, les stries superficielles, mais bien visibles. Pattes longues et grles. Diffrences sexuelles. -Les femelles sont plus convexes, un peu plus larges, leurs antennes sont bien plus courtes, ne dpassant pas le cin quime basal des lytres, et plus paisses, l'article 8 n'est gure que d'un quart long que large. Leur prothorax est plus large, pius convexe, moins rtrci en arrire; leurs lytres sont bien moins attnus au sommet et l'angle sutura] est saillant, fortement dent. Caractres sexuels mles. -Tarses antriems bien plus larges que le sommet du tibia. Tibias intermdiaires normaux. Fmurs postrieurs trs largis, leur bord postrieur tranchant et {nuni d'une large dent mousse vers le tiers basal (fig. 191). Trochanters postrieurs trs longs, attnus en pointe droite et aigu. Segments ventraux de l'abdomen avec une impression longitudinale plus ou moins forte allant du premier au cin quime segment. Organe copulateur mle (fig. 188) trs grand, allong, brusquement arqu dans sa partie basale, le sommet rtrci en une lame quadrilatre lgrement bilobe (fig. 189); la dimension des lobes est un peu variable suivant les individus (voir fig. 1S9 et Arch. Zool. exp. 61, p. 81, fig. 104). Ligules courts, larges et arrondis. Styles latraux trs longs, dpassant le sommet du lobe mdian, pais la base, couds brusquement leur tiers apical, puis largement creuss en gouttires concaves en dedans pour abriter la pointe du lobe mdian; au del de cette pointe, les sommets des styles-latraux viennent normalement en contact l'un avec l'autre. Sac interne semblable par son armature copulatrice celui du Ch. Fagniezi (fig. 15). La dent apicale ventrale (fig. 190) est trs grande, tordue en Set termine par une partie apicale triangulaire, ayant un peu le profil d'un sabot, mais tranchante sm' son bord ventral,convexe et arrondie sur son bord dorsal qui vient s'appliquer dans la concavit du tergite de la femelle. Du ct dorsal dela partie apicale du sac se trouve une bandelette de renforcement et une petite dent dorsale, plate et peu dveloppe. Deux larges bandes longitudinales d'pines s'tendent dans la partie vagina ble du sac, comme chez Ch. elongata (fig. 17). Cul-de-sac basal du sae avec une vaste gouttire ventrale tapisse d'cailles; les crtes qui bordent la gouttire portent leur extrmit apicale, vers le tiers moyen du sac, chacune deux grosses dents de coupe triangulaire, avec la pointe dirige vers le ct apical et qui s'accolent normalement les unes aux autres pour former une sorte de valvule ehitineuse.

PAGE 190

REVISION DES CHOLEVA 117 Segment gnital femelle (fig: 192) pleurites larges et bien plus courts que le tergite; leur extrmit apicale arrondie. Tergite long, environ trois fois aussi long que large, un peu arqu du ct ventral, faiblement creus 190. FIG. 188 191.-Ch. Sturmi.-FIG. 188. Sommet de l'organe copulateur d'un mle de la grotta della Muscina, Emilia, face dorsolatrale, x 56.-Fir.. 189. Sommet de l'organe copulateur d'un mle de Paskau, face ventrale, x 56. -FIG. 190. Dent du sac interne du mme, face latrale gauche, x 100. FIG. 191. Trochanter et base du fmur postrieurs droits d'un mle de Graz, x 40. en gouttire et largi son extrmit; bord libre trs convexe, presque anguleux et hriss de poils nombreux. Sternite non sclrifi; styles courts et larges, termins par une seule soie. Choleva Fagniezi Jeanne!. (Fig. 15, 47, 191t et 195, 200 206.) C/wleva Fagniezi JEANNEL, 1922, Bull. Soc. ent. Fr., p. 26; typo: La Bonc:o. -1922, Arch. Zoo!. exp, ot gn. 61, p. 78, fig. 9;) ct !J!) 102. -Ch. angustata BnrrTEN, 1918, Ent. Monthly Mag., LIV, p. 30 Fabricius). CHOROLOGIE. -Ce Chole(Ja est rpandu en France, l'ouest du mri-

PAGE 191

118 R. JEANNEL dien de Paris et dans le sud-est; il existe aussi dans les les Britanniques et dans quelques stations isoles en Europe centrale. BRITTEN l'a observ en Angleterre dans les :{!ids de Taupes des comts de Cumberland et d'Oxford et l'a vu de Sheppey island, l'embouchure de la Tam,ise. Frc. 192 199. Organes copulateurs des CholePa, X 56. -F1r.. 192. Ch. Sturmi, de l' Ajdovca jama, targite et pleurites, face dorsale.-FIG. 193. Styles, face ventrale.-FIG. 194. Ch. Fagniezi de la du Tuc d'Au daubert, tergite et pleurites, face dorsale.-FIG. 195. Styles, face ventrale. Frc. 196. Ch. Uhagoni, de la cueva de Valle, tergite et pleurites, face dor sale. -FIG. 197. Styles, face ventrale. Fir.. 198. Ch. spinipennis, de Vienne, tergite et pleurites, face dorsale. Frc. 199. Styles, face ventrale. En Europe continentale l'espce est reprsente par un certain nombre de races gographiques qui seront dcrites .ci-dessous et dont j'ai pu exa miner des reprsentants pris dans les localits suivantes : Race gallica. -France nord-ouest. Seine : Paris (A. Puton); bois de Boulogne (H. Brisout, H. Venet); bois de Vincennes (H. Brisout); Fon tenay-aux-Roses (L. Bedel). Seine-et-Oise : Saint-Germain (H. Brisout,

PAGE 192

REVISION DES CHOLEVA 119 L. Fairmaire); fort de Marly ( H. Brisout, coll. Reitter); Poissy ( H. Brisout); Bouray (L. Bedel); Itteville (L. Bedel); Conflans (L. Bedel); Livry (Ch. Lveill). Seine-et-Marne : Fontainebleau (L. Bede!); fort de Snart (L. Fairmaire). Maine-et-Loire : Grandlieu (H. Marmottan). Race bre()istylis. France, rgion pyrnenne. Basses-Pyrnes : grotte d'Istaurdy (A. Dodero). Gers : Samatan (J. Clermont). Arige : un exemplaire pris au vol (Ch. Fagniez); grotte de Moulis [Biospeol. n 294] (R. Jeanne\); grotte du Tuc d'Audoubert [Biospeol. n 624] (R. Jeanne\); grotte de Camouseil, prs d'Ornolac (A. Dodero). Pyrnes Orientales : La Preste (A. Grouvelle). Race Fagniezi. France, sud-est. Vaucluse: La Bonde (Ch. Fagniez); mont Ventoux (Dr A. Chobaut, Ch. Fagniez). Bouches-du-Rhne: Aix-en Provence (E. Abeille de Perrin, E. Tisson); Marseille (E. Abeille de Perrin, A. Grouvelle); Saint-Julien (Ch. Fagniez). Var : Toulon (coll. Fairmaire). A rdche: Le Teil (coll. L. Bedel). Lozre: col de Galereste (Ch. Fagniez). Hrault : Bize (A. Magdelaine). Race gracilicornis. Yongo-Sla()ie. Croatie : Ludbreg, prs de Vmozdin (V. Apfelbeck), un mle. J'ai enfin sons les yeux un mle, tiquet<< Rab stein )) (coll. Purkyn). rappelant la race gracilicornis par la longueur des styles, mais diffrant par ses antennes plus courtes. Je ne sais malheureusement pas o se l rouve la localit d'o il provient et ne puis que supposer qu'elle est peutLre en Tchco-Slovaquie ou en Pologne DIAGNOSE.-Long. 5,5 6 mm. Mmes caractres extrieurs que chez Ch. Sturmi dont il est presque impossible de le distinguer sans examen des .;aractres sexuels. Antennes dpassant peine le quart basal des lytres, trs variables ile forme, tantt paissies au sommet, tantt. grles chez les mles. Chez les exemplaires typiques, de Provence, les antennes ont les mmes propori ions que chez Ch. Sturmi, c'est--dire que l'article 8 est court, peine une fois et'demie aussi long que large, bien plus court que le 9 (fig. 206); chez J'exemplaire de Ludbreg, au contraire, l'article 8 est allong, deux fois ;mssi long que large, aussi long que le 9 (fig. 205). Tous les intermdiaires J ailleurs, mais en gnral les iildividus des Pyrnes ont !es
PAGE 193

120 R. JEANNEL cependant en gnral plus soulevs dans la partie basale. lytres trs longs avc l'angle apical dent chez les femelles. Caractres sexuels mles analogues ceux du Ch. Sturmi. Les fmurs postrieurs sont trs paissis, tranchants leur bord postrieur qui est plus largement anguleux au tiers basal. Trochan Lei s postrieurs semblables FIG. 200 206. -Ch. -FIG. 200. Sommet de l'organe co1'ulateur mle de la race gracilicornis, nov., de Ludbreg, face dorso-lalrale, X 56. -FIG. 201. Sommet. de l'organe copulateur mle de la ra brevistylis, TIOI'., de la grotte de Moulis, face dorso-latrale, x 56. FIG. 202. Le mme, face ventrale. -F1c. 203. Dent ventrale du sac interne du mme, face lalrale gauche, x 75. -FJG. 201,. Base du fmur et trochanter postrieurs droits d'un mle de la grotte de Moulis, x 4 O. -F1G. 205. Articles 7, 8, 9 et 10 des antennes du mle chez la race gracilicornis, nov., de Ludbreg, x r,o.-FIG. 206. Les mmes articles chez la forme typique, de La Bonde. mais peut-tre un peu plus courts (fig. 204). Segments ventraux de l'ab domen sillonns sur la ligne mdiane, l'impression longitudinale n 'occu pant gure que les segments 3 5 et toujours plus superficielle que ehez Ch. Sturmi. Elle fait mme souvent dfaut chez les individus du midi de !a France. Organe copulateur mle (fig. 200 et 201) encore plus grand et plus

PAGE 194

REVISION DES CHOLEVA 121 allong que chez Ch. Sturmi, brusquement arqu du ct ventral la base, lgrement inflchi du ct dorsal dans le tiers apical. Pices basales rela tivement courtes; somm,et aplati en une forte lame quadrilatre dont les angles apicaux se prolongent par deux cornes arrondies en croissant (fig. 200); chacune de ces deux cornes est carne sur sa face dorsale. Ligules troits, peu chitiniss. Styles latraux trs grands, en gnral bien plus longs que le lobe mdian, la base, amincis vers le milieu couds au tiers apical puis largement largis en forme de palettes ovalaires, concaves en dedans pour recevoir les cornes apicales du lobe :mdian. La form.e de cette partie apicale des styles latraux est assez variable. Dans les Pyrnes elle est plus courte (fig. 201), dpassant peine le sommet du lobe mdian et est largement largie la pointe. Chez tous les individus que j'ai pu examiner d'autres rgions, les styles ont au contraire la forme indique par la fig. 200, qui est peu prs celle des styles du Ch. Sturmi. Sac interne (fig. 15) avec la mme armature que chez Ch. Sturmi. La dent apicale (fig. 203) est longue, grle, presque droite, peine tordue en S. Segment gnital femelle (fig. 194) volumineux, avec les pleurites trs dvelopps, presque aussi longs que le tergite, leur extrmit apicale arrondie. Tergite quatre fois aussi long que large, profondment creus en gouttire et assez arqu du ct ventral, ses cts parallles, son extr mit non largie, son bord libre arrondi et pubescent. Sternite non chiti nis; styles courts, mais plus effils au sommet, avec un bouton stigre hien dvelopp; une seule soie terminale. L'allongement notable du tergite gnital femelle est videmment en corrlation avec la f01me droite et trs longue de la dent du sac interne. VARIATIONS.-Comme on l'a vu par la description prcdente, il y a lieu de distinguer dans l'espce Ch. Fagnie::.i un certain nombre de races gographiques. a) Choleoa Fagniezi, forma Race provenale (type : La Bond,e). Antennes paisses che z le mle, dont l'article 8 est court, peine une fois et demie aussi long que large et nettement plus court que le 9 (fig. 206); les styles latraux de l'deagns sont longs, attnus au sommet.

PAGE 195

122 R. JEANNEL b} Choleoa Fagniezi, race breoistylis, nov. Race pyrnenne (type : grotte de Moulis). paisses comme chez la fo,rme typique, mais les styles latraux sont courts, largis au sommet et ne dpassent pas le niveau de la pointe des cornes du lobe mdian (fig. 201). c) Choleoa Fagniezi, race gal/ica, nov. Race du .nord de la France (type : bois de Boulogne). Antennes grles chez le mle, mais avec l'article 8 un peu plus court que le 9; les styles latraux sont longs, attnus au sommet; ils dpassent amplement la pointe des cornes du lobe mdian. Forme gnrale plus grle, plus troite que chez les autres races; coloration toujours ple. d) Choleoa Fagniezi, race gracilicornis, nov. Race croate (type : Ludberg). Antennes trs grles, l'article 8 .trois fois aussi long que large, aussi long que le 9 chez le mle (fig. 205); les styles latraux sont trs longs et se terminent par une massue trs allonge, attnue au sommet, dpassant amplement la pointe des cornes du lobe mdian (fig. 200). Choleva Uhagoni J eannel. (Fig. 196 et 197 ) Clwlecm U!tago1i i JEANNEL, 1922, Arch Zoo!. exp., 61, p. 82; type: cueva de Valle, une femelle (coll. Biospeolcigica). -CltoleCJa Sturmi UHAGoN, 1890, An. Soc. esp: 1-list. nat., XIX, p. 28. CHOROLOGIE. Cette espce est spciale la pninsule ibrique. Le type provient de la cueva de Valle, prs Rasines, prov. de Santander [Biospeol. n 308]. Je rapportE: la mme espce deux exemplaires, mle et femelle, dcrits par S. DE UnAGo:N sous le nom de Ch. Sturmi et dcouverts dans une fourmilire l'Escorial (Zapater, in Mus. Madrid). J AconsoN (1910, p. 607) cite le Ch. Sturmi du Portugal; il est bien probable qu'il s'agit encore du Ch:. Uhagoni. DIAGNOSE. Long. 6,5 mm. Elliptique allong. Ail. Brun de poix fonc, mat sur les lytres qui sont couverts d'un enduit pulvrulent blan-

PAGE 196

REVISION DES CHOLEVA 123 fhtre; antennes brunes, pattes rougetres. Ponctuation trs fine et trs smre. Pubescence dore, fine et courte, couche, un peu plus longue et lgrement red!'E.sse sur les lytres o se voient aussi de petits poils dresss assez nombreux. Antennes grles, dpassant le quart basal des lytres, les articles du funicule allongs, ceux de la massue coniques, troits la base, paissis au sommet, le 8 deux fois aussi long que large, cylindrique, plus court que le 9; celui-ci trois fois aussi long que large au sommet. Pronotum peine transverse, sa plus grande largeur nettement avant le milieu, les cts rtrcis en arrire, peu soulevs, les angles postrieurs arrondis, le disque peu conYCXe. lytres un peu renfls, mais allongs, fortement dprims sur le disque, trs dclives et attnus au sommet, les stries bien visibles, l'angle sntural dent. Pattes longues et grles. DifTrences sexuelles.-D'aprs S. de UHAGON, le mle est plus troit et plus allong, son pronotum est plus arrondi en avant, l'angle suturai de ses lytres est arrondi. Caractres sexuels mles. S. de Un AGON indique les caractres Yants qui montrent bien que l'espce doit se placer prs du Ch. Sturmi: Tarses antrieurs mles plus larges que le sommet du tibia. Fmurs postrieurs avec une petite dent au tiers basal d4--bord postrieur. Seg ments abdominaux 2 4 avec une lgre impressjon longitudinale sur Je milieu. Trochanters postrieurs semblables dans Ies deux sexes, non pro l ongs en longue pointe aigu chez le mle, comme chez Ch. Sturmi. Segment gnital femelle (fig. 196) analogue celu; du Ch. Fagniezi, mais le tergite est bien plus long et plus troit, trs arqu du ct ventral, trs profondment creus en gouttire; le sommet n'est pas largi, son hord libre est arrondi et pubescent. Styles semblables ceux du Ch. Fagniezi. Il est probable que la dent du sac interne est trs dveloppe. Ch. Uhagoni difTre donc nettement des Ch. Sturmi et Ch. Fagniezi par ses antennes particulirement grles et allonges, sa forme allonge, sa ponctuation trs fine et enfin par la f01me des trochanters du mle eL celle dn segment gnital femelle. Nul doute qu'il ne prsente aussi un t ype spcial d'organe copulateur.

PAGE 197

124 R. JEANNEL Choleva spinip_ennis Reitter. (Fig. 198 et 199, 207 212.) Choleva sptmpennis REITTER, 1890, Deutsche ent. Zs., p. 167; type : une femelle de Weisskirchen [Mus. Budapest]. -GANGLBAUER, 1899, Kiif. Mittelcur., III, p. 116. -SEMENov, 1899, Bull. Nat. Moscou, p. 114. -GANGLBAUER, 1902, Verh. zool.-bot. Ges. Wien, LII, p. 210. CHOROLOGIE. Cette espce parat spciale l'Europe centrale. Je l'ai vue des localits suivantes : Autriche. Basse-Autriche : Deutsch-Altenburg (Mus. Vienne); Mar chegg, dans le Marchfe!d (coll. Kaufmann, in Mus. Vienne). -TchcoSlol.laquie. Moravie: Weisskirchen (R. Weber, in coll. Reitter; C. Schuler, in Mus. Vienne). -Russie : Moscou (coll. Reitter). D'aprs JAconsoN (1910, p. 607). elle existerait en Russie dans les gouvernements dePtrograd, Jarosslaw, Novgorod, Wladimir et peut-tre aussi de Kiew. DIAGNOSE. Long. 6 6,5 mm. Grande taille. Elliptique allong, convexe. Ail, mais paraissant braehyptre. Entirement bru,ntre peu brillant, la tte, le disque du pronotum et la partie apicale des lytres un peu rembrunis, les antennes et les pattes rougetres. Ponctuation Jlne et serre. Pubescence fine, dore, courte et couche, avec de nombreux petits poils dresss sur les lytres. Antennes atteignant le tiers basal des lytres, grles, peu paissies au sommet, l'article 8 cylindrique deux fois et demie aussi long que large chez le mle, seulement deux fois chez la femelle, article 9 conique, deux fois et demie aussi long que large, un peu plus long que le 8. Pronotum peine plus large que long, presque aussi large que les lytres, sa plus grande largeur nettement avant le milieu, les cts rtrcis en arrire ct troitement soulevs dans leur pa,rtie basale, les angles postrieurs mar qus, mais arrondis, le disque peu convexe. lytres trs troits, allongs, mme chez les femelles, l'extrmit apicale largement tronque et laissant le pygidium dcouvert; stries profondes. Pattes longues et robustes. Diffrences sexuelles. -Les femelles sont. peine plus renfles que les mles, leurs antennes sont un peu plus courtes et les cts de leur pronotum un peu moins fortement arrondis en avant. L'extrmit apicale des lytres est largement. ct obtusement tronque, avec le bord apical un peu convexe chez les mles (fig. 207); par contre, chez les femelles ce bord

PAGE 198

REVISION DES CIIOLEVA 125 apical est concave et dent l'angle suturai et l'angle externe (fig. 208); la dent externe est plus forte et plus large que la dent suturale. Caractres sexuels mles. -Pattes plus robustes que celles des femelles, les tibias surtout sont plus pais. Tarses antriems trs dilats, le premier article allong, mais p1us large que le sommet du tibia. Fmurs 21/. 209. Fic:. 207 212. -Ch. sp inipcn111:, d e s environs de Vienne. FIG. 207. Extrmitt> apic a le des l ytre s chez le mle, x 20. -FIG 208. Extrmit apicale drs lytre s r.hez la femellr, x 20. -Fw. 209. S ommet de l'organe copulateur mle, face d o i sal e x 56. FIG. 2 1 0. Le m me, fa c e veniiale. FIG. 211. Dent vrntrale du sac interne, face latrale gnu c he, X100.-FrG. 212. Base du fmur e l trochanter postriems droits du ml e, x t.O. postrieurs largement aplatis, leur bonJ postrieur tranchant, arm d'une tient troite, aigu, recombe en dehors, si tue vers le Liers basal (fig. 212). Trochanters postrieurs de mme forme que chez Ch. Sturmi, effils en pointe, mais celle-ci trs lgrement incurve en arrire. Segments ven lranx de l'abdomen avec une impression linaire fine et superficielle sur toute la longueur de la ligne mdiane. Organe copulateur m!e (fig. 209) trs grand, trs allong, arqu dans sa partie basale, mais droit dans toute sa moiti apicale. Le sommet est

PAGE 199

126 R. JEANNEL aplati on une lame trs mince, lgrement djete du ct gauche et ayant un peu la forme d'un fer de lance (fig. 210). Ligules petits et troits. Styles latrauxtrs larges la base, graduellement rtrcis au sommet, nullement couds, mais comprims et excavs en gouttire sur leur bord interne au niveau des expansions latrales saillantes du fer de lance form par le sommet du lobe mdian; la partie apicale est aplatie et dpasse peine le niveau du la pointe du lobe mdian. Sac interne paraissant avoir la mme armature que les Ch. Sturmi et Ch. Fagniezi; la dent apicale (fig. 211) de mme forme que chez Ch. Sturmi, tordue en S. Segment gnital femelle (fig. 198) court et large, avec les membranes d'union des sclrites trs lches . Les pleurites sont bien plus courts que le tergite; celui-ci est peu allong, peu arqu du ct ventral et peu excav en gouttire; sa base est brusquement dilate en forme de lame pentagonale, sa partie apicale est un peu largie comme chez Ch. Sturmi; le bord libre est trs saillant, presque anguleux, pubescent. Sternite non chitinis; styles assez longs, pleuro-sternites particulirement sclrifis. Il est possible que la dilatation basale du tergite femelle soit corrla tive de la forme bizarre de l'deagus. Cette belle espce est trs facile reconnaitre ses caractres sexuels secondaires, surtout ceux de l'apex des lytres qui sont aussi exception nels chez le mle que chez la femelle. Choleva Jeanneli Britten. (Fig. 48, 213 216, 225 et 226.) Choleva Jeanneli BRITTEN, 1922, Ent. Monthly Mag., LVIII, p. 108; type : Angleterre. -Ch. Sturmi BRITTEN, 1918, Ent. Monthly Mag., LIV, p. 30, fig. 1 (nec Ch. Brisout). CHOROLOGIE. -L'espce est dcrite d'Angleterre o elle a t recueillie dans des nids de Taupe. Je lui rapporte sans aucun doute des exemplaires provenant de diverses rgions de l'Europe continentale. Angleterre: Cumberland (H. Britten); Oxford (C. Walker). -France. Seine : env. de Paris (H. Brisout de Barneville, in coll. Soc. ent. France). Haute-Vienne: Les Bourielles (L. Mesmin), un mle. -Allemagne. Prov. Rhnanes : Jlich, dans les Ardennes (A. Puton), mle et femelle. -Yougo-Slavie : Carniole (coll. Reitter), deux mles et une femelle. DIAGNOSE. Long. 5 6 mm. Elliptique, allong. Ail. Coloration

PAGE 200

REVISION DES C!TOLEVA 12? assez ple, comme celle du Ch. Fagniezi gallica; Ponctuation trs fine, superficielle et serre. Pubescence dore, trs fine, courte et couche, avec de rares petits poils dresss sur les lytres. Antennes atteignant presque le tiers basal des lytres, grles chez le mle, paissies chez la femelle; l'article 8 lgrement renfl au sommet, deux fois aussi long que large, le 9 conique, deux fois aussi long que large. Pronotum un peu plus large que long (fig. 48), aussi large que les lytres chez le mle, sa plus grande largeur bien avant le milieu, les cts hien arrondis en avant, rlrcis en arrire, peine soulevs, les angles postrieurs marqus, mais trs arrondis, le disque assez convexe, surtout en avant. lytres troits et parallles, attnus au sommet dans les deux sexes, los stries superficielles. Pattes longues. DiiTrences sexuelles. Chez la femelle, les antennes sont plus courtes, le pronotum est un peu moins largi en avant, plus rgu1irement arrondi, les lytres sont plus renfls, l'angle suturai est dent. Caractres sexuels mles. -Pattes tt's robustes, avec les tibias trs pais. Tarses antrieurs trs dilats, leur premier article ovalaire, pl us largA IJHA le sommet du tibia. Fmurs postrieurs aplatis, avec le bord postrieur tranchant, arm d'une dent saillante en dehors, place au tiers basal. Trochanters postrieurs courts, attnus en pointe mousse (fig. 216). Segments ventraux de l'abdomen 2 5 avec une impression superficielle allonge sur la ligne mdiane. Organe copulateur m!e (fig. 213) grand, allong, plus ou moins arqu du ct ventral dans sa partie basale, le sorrunet rgulier, large, convexe, avec le bord apical aminci et rtt'ci en ogive; la pointe est un peu moins aigu qu'elle ne l'est sur la figure donne par H. Britten. Ligules courts, assez chitiniss. Styles latraux rguliers, larges la base, non couds ni comprims latralement, seulement un peu inflchis au sommet et termi ns par une spatule largie et excave du ct interne. La pointe deE sty:es dpasse peine celle du lobo mdian. Sac interne paraissant avoir la mme armature que chez Ch. Sturmi; la dent apicale (fig. 215) arque du ct ventral, paisse et conique dans sa partie distale. Segment gnital femelle (fig. 225) ayant assez la mme forme que chez Ch. Fagniezi. Le tergite est quatre fois aussi long que large, bien arqu du et. ventral, creus en gouttire; sa partie basale est largie, ses cts sont eoucaves, son sommet est un peu largi, saillant, arrondi, pubescent. La rgion sternale est faiblement chitinise, mais sans sclrite diffrenci; les

PAGE 201

128 R. JEAJ."NEL styles courts et larges, aplatis, trs chitiniss, avec une seule soie termi nale (fig. 226). Le pourtour de l'orifice vaginal est garni de sclrites trs fortement chitiniss. Les caractres spciaux du segment gnital semblent bien, comme on le voit, justifier l'identification au Ch. J eanneli de l'exemplaire femelle 2/<5. 2FI-. 213. FIG. 213 216. -Ch. Jeanneli, de Carniole. -F1 G. 213. Sommet de l'organe copulateur mle, face dorso-lat.urale, x 56. -Fw. 2tr.. Le mme, faee ven trale. -FIG. 215. Dent ventrale du sac interne, facP. latrale gauchP., x 100. -FIG. 216. Base du fmur et trochanter postrieurs droits du mle x !,O. dcrit ici; ses caractres sexuels ne s'accordent avec ceux d'aucune des autres espces connues. Il semble que les individus britanniques se distinguent par l'extrmit de l'organe copulateur mle plus acre. Les exemplaires de France que j'ai pu examiner sont assez difl"rents de ceux de Carniole par leur forme gnrale bien plus robuste, leur pronotum plus ample et surtout par la forme de leur organe bien moins arqu et plus long. II est trs probable qu'il y aura lieu de distinguer des races gogra phiques dans cette espce, comme il en chez Ch. Fagniezi.

PAGE 202

REVISION DES CHOLEVA 129 GROUPE Xl Choleva elongata Paykull. (Fig, 16 et 17, r,g, 217 220, 227 et 228.) Catops elongatus PA YKULL, 1798, Fauna Suee., 1, p. 345; type : Scandinavie.-GYLLENHALL, 1808, Ins. Suee., I p. 281.-Chole(Ja elongata SEIDLITZ, 1891, Fauna Balt., d. 2, p. 321. 1889, Deutsche ent. Zs., p. 152.-GANGLBAUER, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 115. -REITTER, 1909, Fauna Germ., 1\iif., TT, p. 231. hANNEL, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 82, fig. 106. -P!omaphagus rufescens ILLIGER, 1798, Kug. Verz. Kaf. Preuss., p. 87. -Catops angustatus STURM, 1839, Deutsch!. Faun., Ins., XIV, p. 5, pl. CCLXXII, fig. l\1.-KnAATz, 1851, Stett. ent. Ztg., XII, p. 284; 1852, I. c., XIII, p. 401. -Chole(Ja anguslata THOMSON, 1862, Skand. Col., IV, p. 58. Mu RRA Y, 1856, Ann. Mag. nat. 1-Iist., XVII-I, p. 14, fig. 3.-Ch. BnrsouT, 1863, Cat, Grenier, Mag., p. 8. --Clwle(Ja lucidicollis REITTER, 1887, Deutsche ent. Zs .. p. 278; type : Prusse occidentale (Mus. Budapest). 1896, Wiener ent. Ztg., XV, p. 282. CnoROLOGIE. -Ch. elongata est rpandu dans l'Europe septentrionale e t centrale. A l'ouest, il atteint le bassin de la Seine, mais n'existe pas en AngleteiTe; dans le nord, il se trouve en Scandinavie et en Finlande (teste Seidlitz); JAcoBSON (1910, p. 607) le cite de Courlande et de Russie: Moscou, Kiew, Charkow, Tomsk; au sud, enfin, il ne parat pas dpasser les Alpes. On le trouve surtout dans les nids de Taupes (L. F ALcoz, 1914, p. 129; HuBENTHAL, 1915, Deutsche ent. Zs., p. 416). J'en ai vu des exemplaires des provenances suivantes : France : Lagny, dpart. de Seine-et-Marne (A. Magdelaine). -Allemagne: Hessen (Mus. Vienne); West-Preussen: Rosenberg (Mus. Vienne); West Preussen (coll. Reitter). -Danemark: le de Seeland (coll. Breit). i\lggenhahl-bei-Dantzig (coll. J eanne!). -Tyrol autrichien : Axams, prs Innsbruck (coll. Obenberger). DIAGNOSE. -Long. 5 5,5 mm. Allong, trs troit, peu convexe. Ail. Tte et pronotum noir de poix brillant, celui-ci avec le pourtour rousstre; lytres bruntres, plus foncs l'apex, les pattes et les antennes testaces rougetres. Ponctuation fine, superficielle, espace sur le pronotum, serre sur les lytres. Pubescence dore, courte et couche, avec de petits poils dresss sur la moiti apicale des lytres. Antennes atteignant le tiers basal des lytres, robustes, peu paissies L'ABEILLE, XXXII, 15 dcembre 1023. Il

PAGE 203

130 R. JEANNEL au sommet, l'article 8 cylindrique, trois fois aussi long que large et peine plus court que le 9 chez le mle, seulement deux fois aussi long que large chez la femelle; article 9 conique, deux fois et demie aussi long que large dans les deux sexes. Pronotum (fig. 49) peu transverse, nettement plus troit que les lytres dans les deux sexes, sa plus grande largeur vers le quart antrieur, les cts trs arrondis en avant, trs rtrcis en arrire presque en ligne droite et peine soulevs prs des angles postrieurs, ceux-ci bien marqus, mais mousss, le disque convexe, surtout en avant. lytres trs troits, trois fois aussi longs que larges chez les mles, non attnus au sommet, les stries superficielles, mais bien visibles. Pattes longues. Diffrences sexuelles. -La femelle est peine plus large que le mle; ses antennes sont plus paissies, ses pattes plus grles; l'angle suturai des lytres est dent. Le pronotum a la mme form,e caractristique que chez le mle. Caractres sexuels mles. -Pattes trs robustes, avec les tibias pais, les intermdiaires un peu arqus. Tarses antrieurs trs dilats, le premier article ovalaire, plus large que le sommet du tibia. Fmurs postrieurs inermes. Trochanters postrieurs (fig. :2:20) courts, effils en pointe courte et aigu. Segments ventraux de l'abdomen non impressionns. Organe copulateur mle (fig. 217) grle, allong, trs arqu du ct ventral dans sa partie basale, comprim latralement dans sa rgion m.oyenne, lgrement inflchi du ct dorsal et aplati dorso-ventralement dans sa partie apicale; celle-ci large, graduellement rtrcie et termine par une toute petite lame quadrilatre, aussi longue que large, replie 45 du ct dorsal. Ligules longs et troits. Styles latraux accols contre le lobe mdian dans sa partie moyenne et peu distants l'un de l'autre dans cette rgion; dans leur moiti apicale ils sont brusquement couds en dehors, puis comprims, aplatis et un peu tordus sur eux-mmes; leur sommet, non renfl, ne dpasse pas le niveau de la pointe du lobe mdian. Sac interne (fig. 16) avec quatre larges bandes longitudinales d'pines vaginables, s'tendant sur les deux tiers apicaux du sac (fig. 17); la rgion apicale porte une bandelt.tte de renforcement et une petite dent dorsale. Dent ventrale 219) petite, aigu, droite, porte sur une partie basale largie en forme de cuilleron, pas plus longue que large dans son ensem,ble. Cul-de-sac basal du sac interne avec deux bourrelets chitineux longitudinaux et ventraux, occupant les crtes qui bordent le sillon

PAGE 204

REVISION DES CHOLEVA 131 ventral; ces deux bourrelets sont de coupe triangulaire et s'adaptent nor malement l'un l'autre sur la ligne mdiane comme les mors d'un tau. Segment gnital femelle (fig. 227) peu chitinis. Les pleurites sont plus courts que le tergite; celui-ci a la mme forme que chez Ch. Sturmi, mais est hien plus court; il est peine deux fois aussi long que large, rtrci la 22.1. FIG. 217 220.-Ch. elongata, de Prusse occidentale.-FIG. 217. Organe copulateur mle, race dorso-latrale, x 56. -F1c. 218. Sommet du race ventrale.-FIG. 219. Dent du sac interne, ventrale,X100.-FIG. 220. Trochanter postrieur droit du mle, x 40. F1c. 221 224. -Ch. libanotica Reitt. (ex. H. Venet). -FIG. 221. Sommet de l'organe copulateur mle, race dorsale, x 56. -FIG. 222. Le mme, race ventralP. -FIG. 223." Dent du sac interne, facP. ventrale, x 100. -FIG, 224. postrieur droit du mle, x 'O. base, largi au sommet, peu arqu du ct ventral et peu profondment excav en gouttire; son bord libre est arrondi et pubescent. Sternite membraneux; styles particulirement longs, avec deux soies terminales (fig. 228). Cette espce est facile reconnatre au premier abord, sa forme gn rale ttoite et allonge et surtout celle trs particulire de son pronotum. Les exemplaires de la Prusse occidentale que j'ai examins sont tous de petite taille et remarquablement troits et allongs.

PAGE 205

132 R. JEANNEL Choleva libanotica Reitter. (Fig, 50, 221 224.) Choleva libanotica REITTER, 1884, Verh. natf. Ver. Brnn, XXIII, p. 43; type : Liban [coll. Ch. Brisout]. Syrie : Liban (E. Abeille de Perrin, in Mus. Paris), une femelle. -M. H. Venet m'a donn un mle de cette espce, tiquet :