Lucrările Institutului de Speologie din Cluj

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Lucrările Institutului de Speologie din Cluj

Material Information

Title:
Lucrările Institutului de Speologie din Cluj
Alternate Title:
Travaux de L'Institut de Spélogie de Cluj
Publisher:
L'Institut de Spélogie de Cluj
Publication Date:
Language:
French
German
Romanian

Subjects

Subjects / Keywords:
Regional Speleology ( local )
Genre:
Monograph
serial ( sobekcm )

Notes

Restriction:
Open Access
Original Location:
Emil Racovita Institute of Speleology Collection
Original Version:
Vol. III, no. 49-52 (1926-1927)

Record Information

Source Institution:
University of South Florida Library
Holding Location:
University of South Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
K26-02179 ( USFLDC DOI )
k26.2179 ( USFLDC Handle )
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50 5() E. G. RACOVITZA OBSERVATIONS SUR LA GLACIRE NATURELLE DITE GHETARUL DELA SCRISOARA

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UULLE'l'IN DE L1l SOCIƒ'l'ƒ DES SCIENCES DE CLUJ, Tome Ill, 2me partie, pages 75-108. 31 janvier 1927. OBSERVATIONS SUR LA GLACIRE NATUREJJLE Dl'rE ,GHE'fARUL DE LA SCARieOARA" par Emile G. Racovitza Directeur de l'Institut de SpŽologie de Cluj. Reue le 14 dŽcembre 1926, S o rn rn aire: Introduction (p. 75). Historique (p. 76).Situation (p. 77). Topographie gŽnŽrale (p. 78). Le gouffre (p. 78). La grande salle (p. 81). La galerie (p. 83) L'Žglise (p. 83) Colonnes ou stalagmites de glace (p. 84). Stalactites et crotes de glace (p. 97), Massifs et glace du plancher (p. 98). Lac de l'entrŽe (p. 101) -Givre et argile grise (p. 101) -La tempŽrature (p. 102) Faune ct flore (p. 103) Racontars et hypothses (p. 104).Cor.clusions (p 104) Cinq fois j'ai visitŽ le Ghetar de ( 1 ): les 15 et 16 VIII 1921, le 5 X 1921, le 12 VI 1922 et le 28 VI 1923; j'ai pu ainsi rassembler un certain nombre d'observations et constater les modifications que l'influence des saisons provoque dans la caverne Ces observations sont certainement insuffisantes pour servir de base ˆ un mŽmoire dŽfinitif; elles sont encore trop peu nombreuses et elles manquent de donnŽes fournies par des mesures de prŽcision . Si je me dŽcide ˆ les publier, c'est pour attirer l'attention sur cette trs remarquable formation karstique et pour ŽnumŽrer une partie au moins des questions que sa structure et son fonctionnement soulvent. DŽcrire simplement ce que j'ai vu, grouper les constatations par problmes, indiquer Žventuellement les voies dans lesquelles il me semble qu'il faille chercher les solutions et suggŽrer que ces Žtudes peuvent avoir une portŽe scienti fique trs gŽnŽrale, tels sont les buts que ce travail se propose. Pour aborder les problmes qui seront PxposŽs plus loin, il faut des observations trs longues faites ˆ toutes les saisons, des Žtudes trs minutieuses pratiquŽes avec l'aide d'instruments de prŽcision. Or les conditions matŽrielles pour exŽcuter des recherches semblables manquent compltement dans rŽgion du Ghetar. Si un chemin de fer (tortillard) vous transport e (sans h!ite aucune) jusqu'ˆ lu petite ville de Cmpeni, il faut louer (trs cher) une charrette (1) Prononcez; Ghetzar de Scˆrisch o ara,

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76 E. G. RACOVI1ZA pour arriver {moulu) ˆ Gh‰rda, aprs un parcours de 27 km . sur une route (dŽfoncŽe) qui longe la pittoresque vallŽe de mare. Ensuite plus rien de carrossable ; on enfourche {au prix fort) un petit cheval de montagne au pied sr et au harnachement itnprovisŽ, tandis que les bagages, ligotŽs de faon inadŽquate, s'agitent dŽsespŽrŽment sur les ŽquidŽs de charge. On gl'impe dans cet Žquipage pendant deux heures, le long d'abruptes sentiers, it travers de beaux paysages boisŽs, jusqu'ˆ la maison du garde forestier de prs laquelle est le Ghctat. Pour se loger, une grange sŽparŽe de la porcherie par une cloison non Žtanche; aucune ressource alimentaire, pas mmc de l'cau en automne. On comprend que dans ces conditions un sŽjour prolongŽ et des Žtudes scientifiques de longl.le haleine sont impossibles. Pour facilitet aux touristes la visite de cette trs belle rŽgion et pour permettre aux naturalistes d'y sŽjourner pour leurs recherches dans des conditions suffisantes, je m'elforce d'obtenir la construction d'une maison de garde et d'une maison de touristes ˆ Ces deux constructions sont commencŽes; je compte que le prŽsent travail aidera ˆ susciter les concours nŽcessaires ˆ leur achvement et installation. HISTORIQUE. Le Ghetar de est situŽ dans une rŽgion habitŽe, ˆ proximitŽ d'un sentier trs frŽquentŽ par la population autochtone de la rŽgion, les Moti {Motzi) ; il a d tre connu de tout temps pour ainsi dire. La neige, qui persiste en ŽtŽ dans le gouffre d'entrŽe, est d'ailleurs exploitŽe souvent par les habitants de la rŽgion, privŽs d'eau sur le plateau karstique de dans les annŽes de sŽcheresse. De nombreuses relations d'excursions le mentionnent depuis une centaine d'annŽes; il n'y a pas lieu d'en tenir compte dŽ:t.ns ce travail prŽliminaire. Par contre plusieurs travaux ˆ caractre scientifique seront mentionnŽs plus loin. ScHMIDL (1863) publia une description succinte, accompagnŽe d'un plan et de deux coupes que je reproduis en les complŽtant (fig. 1) La rŽputation de savant consciencieux de ce gŽographe est si bien Žtablie, que je me suis dispensŽ de vŽrifier les mesures qu'il donne des diverses T.'Žgions de la grotte; je les ai adoptŽes en transformant seulement les Klafter et Fuss en mtres. PETERS (1861, p. 435-437) a visitŽ le Ghetar le 15 aotit 1858; il en donne une description fort sommaire, car il dŽclare laisser ce soin ˆ ScHMIDL, mais il ajoute quelques observations qu'il est utile de rŽsumer ici. L'‰ge du calcaire est jurassique; les couches sont inclinŽes ˆ l' W et SW et leur disposition est suffisamment claire pour indiquer qu'il s'agit d'un "durchsetzenden Schlott" et non d'une ,gewohnliche Kesselbildung". Le plancher de la grotte est formŽ de ,Gletschereis"; il est colorŽ

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LE GHETAR DE SCAR1$0rlliA 77 en jaune sale comme son "Aufsatz" que l'on immŽdiatement cprilme le rŽsidu transformŽ d'anciennes masses de neige [c' est une cr1em. KG. R]. Les stalagmites de glace ont smtout la forme de massue, la rŽgion renflŽe, en gŽnŽral pourvue d'une cavitŽ cupuliformc, situŽe en haut et formŽe de cristaux coniques hexagonaux ayant jusqu'ˆ 3 cm d'Žpaissem et dirigŽs sous un angle aigu vers l'axe de la massue. La surface des stalagmites est lisse, non recouverte de couches de glace en formation et compltement sche, quoique le s glaces de l'entrŽe sc trouvent en pŽriode de dŽgel. Les stalagmites sont entirement en glace, mais les stalactites ne sont souvent que des enveloppes trs grandes de stalactites calcaires trs petites. PETERS a vu sm les parois des Eiskrystallbildungen (c 'est-ˆ-dire du givre) ayant l'aspect de gigantesques choux-fleurs, mme des petits gŽodes de glace; cependant la forme pr Žd ominante es t celle des cristaux de la neige mais avec des diamtres de ii ˆ 10 centimtres :: ur une paissem d'i t peine 110 millimtre. La masse de glace qui forme le planche1 du d™me e st sŽparŽe des parois rocheuses pm une fente (KlŸfle) ayant jusqu'ˆ 1 m. de largeur Son Žpaisseur an hmd atteint 2 m. ct sa structmc est granuleuse comme celle de la glat!c des stalagmit es. Dans la fente et les anfra ctuositŽs des pa1ois rocheuse :; se dŽpose une poussire (Mulm) grise jauntl'c, riche en carbonate de fet ct de magnŽsie, alternant souvent avec les lamelles stalagmitiques et enrobant aussi des ossements de Chauves-souds qui ne se distinguent pas de ceux des espc es actuellement habitant le Bihar (sic!). II se peut que ces restes proviennent d'individus actuels ŽgarŽs, mais il est aussi trs possible der Dom selbst ais gewŸhnliche Tropfsteinhohle von Fledermii.usen bcwohnt war, bevor die lledingungen zur dauernden Vcreisung eintraten" [hypothse toute gratuite d 'ailleur'l. K G. H.]. SITUATION. Le Ghetar est situ Ž tout pr s du bord du plateau de (ait. env. 1200 m) entamŽ par le ve1s ant gauche de la vallŽe de Gh‰rda saca (ait. env. 8-0 m.). II faut parcourir seulement une faible distance  I'W pom a voit vue sur l a vallŽe pou1 apercevoir son versant trtJS inclinŽ mais rŽgnliet ct pour constater 41ut niveau du Ghetar deux thalwegs affluents de la Ghftrda saci't: pfu anl Dobre!?tilor et p‰rliul Turcii, prennent leur origine pour diverge ensuile. Le versant. est donc drain Ž par des courants superficiels, mais nous verrons plus tard q1'il existe au pied du versant, plus en aval, un fort drain age souterrain. Cette situation, tout pr s du bord de la vallŽ e n'est pas cxeptionnclle ; je pourrais cite1 de trs nombreux cas sembl a bles, dans le Bihar et mme le voisinage im1nŽdiat. Je n'insiste pas, car l'explication est

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78 E. G. RACOT'JTZA facile ˆ trouver. Ces appareils souterrains ont ŽtŽ forŽs par les mmes agents qui ont creusŽs les vallŽes en bordure desquelles ils se et ils sont nŽeessairement nombreux dans le rayon d'action de ces forces; ceux qui se trouvaient situŽs trop prs du thalweg ont ŽtŽ dŽtruits ˆ mesure que la vallŽe s'Žlargissait, mais les autres ont persistŽ, ,suspendus" pour ainsi dire aux flancs des vallŽes et soustraits en partie nux causes actuelles qui modifient ces dernires. Quoiqu'il en soit, une situation comme celle du est trŽs souvent l'indice d'un grand ‰ge gŽologique et cette prŽsomption est fortifiŽe par des considŽrations qui seront exposŽes plus loin et par une dŽduction tirŽe Žgalement de sa situation. Le Ghetar est flanquŽ au sud par une vaste doline peu profonde et par d'autres dŽpressions de moindres dimensions; il est situŽ avec ces dŽpressions sur une sorte de colline plate, de petit plateau, dont le point culminant est le bord du (env. 1200 m. d'ait.). Une seule colline, dans les environs immŽdiats, e:;t plus haute (ait. 1316 m.), mais elle est sŽparŽe du plateau du Ghetar par une dŽpression karstique ˆ drainage souterrain. Il est clair que cette topographie exclut toute pos sibilitŽ de creusement d'un puissant cavernement. Manifestement, le Ghetar est actuellement situŽ dans un paysage qui est tellement dill'Žrent de celui qui l'a vu na”tre que celte transformation a d demander un temps trs long. ToPOGRAPHIE GƒNƒRALE (fig. 1). Le Ghetar est constituŽ par un gouffre ˆ parois verticales, au fond duquel s'ouvre une vaste caverne composŽe d'une grande salle suivie d'un couloir qui mne ˆ une salle terminale plus petite, qu on nomme ,hi'serica" (l'Žglise). Tout le plancher de la cavel'lle est forlllŽ par de la glace massive dont on ignore l'Žpaisseur. Nous allons dŽcrire rapidement ces diverses rŽgions et mentionner leurs particularitŽs les plus intŽressantes. LE GOUl'FHE. Sa forme est sensiblement circulaire; ses parois sont partout abruptes sinon nrticales, le diamtre est d'env. 57 m. et la profondeur d'env. 4B. La paroi ouest est une falaise verticale montrant ˆ nu les gros hunes calcaires inclinŽs dans lesquels est creusŽe la caverne. Au pied de la falaise est une voŸte de 9,5 m. env. de hauteur qui donne accs aux souterrains et au-dessus de la votlle s'ammorcent deux grandes diaclases, les ,lignes directrices" de la formation de la Le reste des parois du gouffre prŽsente des corniches ou mŽplats sur l esq uels pous se u ne abondˆnte vŽg Žta tion dont la distribution est intŽressante. Comme l'a dŽjˆ signalŽ BonzA (1918), on trouve sur les paJ'ois du gouffre, cn ŽtŽ ct en pleine floraison, une flore prinlani  r depuis longtemps dŽfleurie ˆ l'extŽrieur,

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LE GHETAR DE SCARlfiOARA 79 La regiOn supŽrieure du gouffre est soumise aux variations de tempŽrature dues soit ˆ l'insolation soit au vent ; par contre, la rŽgion infŽrieure est soumise surtout ˆ l'influence des masses de glace. Pendant la belle saison, sur une nappe d'air trs froid, flotte une couche d'air tempŽrŽ, couche plus ou moins Žpaisse suivant la tempŽrature extŽrieure. Entre les deux couches est une zone de mŽlange par diffusion, que j'ai estimŽe le 28. V 23 ne pas dŽpasser 0 m. 50 de hauteur. Sur les parois du quart infŽrieur de hauteur du gouffre, les vŽgŽtaux supŽrieurs manquent ; le froid y est trop considŽrable et probablement l'Žclairement y est trop faible. Sur les trois quarts supŽrieurs, les Fm. 1. - Croquis schŽmatique du Ghetar de Sc‰ri!iioara d'nprs ScmUDL et nos annotations; longueur totale : 160 rn environ. v= grand massif conique; u =massif g Ž minŽ en forme de t =massif de l'Žglise en fonne de coul Že ; r = ŽlargissPment de la rimaye, le gouffre de SciDUDr . PhanŽrogames se disposent par zones ˆ floraison plus ou moins retardŽe, depuis le pourtour de l'orifice qui n'offre pas de diffŽrence aprŽciable avec l'extŽrieur immŽdiat, jusqu'ˆ la limite infŽrieure, en retard de plusieurs mois sur l'extŽrieur. Les plantes du gouffre sont en gŽnŽral plus vigoureuses que les ŽpigŽes probablement parce qu'elles n'ont pas ˆ souffrir de la sŽcheresse. La paroi nord est la plus humide et ruisselle dans les saisons pluvieuses; un vaste tapis de Mousses de roches inondŽes s'est formŽ au niveau de la zone froide, tandis qu'au-dessus, les PhanŽrogames prennent un beau dŽveloppement. Je donne ˆ titre de renseignement la liste des PP-11nŽrogames recueillies par BoRzA (1918 ) les 6 et 7 juillet.

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82 E G. RACOVJTZA Lors de la visite de ScHMLDL en 1857, la salle, le lac, les massifs, ainsi que le gouffre, avaient exactement le mme aspect que maintenant, et ia. mme chose peut se constater pour les autres rŽgions de la grotte. Il ne semble donc point qu'il y ait eu depuis 70 ans de modification, sauf sur un point. ScHMIDL signale ˆ gauche du massif conique, (:lt contre la paroi, un ab”me {fig. 1, r), que la carte figure comme un <>riflee nettement dŽlimitŽ. L'eau de fonte s'Žcoulerait par ce puits .que l'auteur a sondŽ avec une corde de 19 m. sans atteindre le fond. Aprs son dŽpart de la rŽgion, le brigadier forestier H. Kulmer y serait descendu, sur des Žchelles en bois attachŽes l'une ˆ l'autre, jusqu'ˆ 76 m. sans voir le fond. Mais Kulmer dŽclare avoir fait d'autres remarques qui sont rapporlŽes de la faon suivante: ;,So viel er unter diesen U m standen, an der schwankenden Leiter in der Luft hangend, sehen konnte, (:lrweitert sich der Abgrund nach unten zu, sehr bedeutend und zwar in der Ric:htung der oberen Hohle, deren untere !:!:tage er demnach bildet mit welcher ein anderer Abgrund in der letzten gleich erwahnenden Halle offenbar eben so kommuniziert. Die Wande fand H Kulmer auch in dem Abgrunde bis hinab mit Eis Ÿberzogen, und isl der Ansicht, dass der ganze Boden zwischen beiden Etagen also in einer Dicl von mehr ais 40 Klft; a us Eis bestehe ... ". Nous discuterons plus loin les assertions dŽ Kulmer et les objections de ScHMIDL; pour l'instant constatons que si "l'ab”me existe toujours ˆ la mme placŽ, il n'a pas les caractres dŽcrits et figurŽs par ScHMIDL. En eftet, en suivant ˆ partir de l'entrŽe la paroi de gauche, on voit ; appara”tre, entre la glace et la paroi rocheuse, une fente qui s'Žlargit
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LE GH ET Ail DE SCARI$0ARA 83 :actuellement, ce qui est certain c'est que la rimaye existait et que l'auteur a mal interprtŽ ce qu'il a vu. Ce qui est certain aussi, c'est qu'on 'J_)eut sonder dans l'ab”me de la rimaye une trs grande profondeur sans rencontrer de fond ; ˆ en juger d'aprs la chute des pierres, une profondeur de 100 m. et plus, est dans les choses possibles. Sur le plan (fig. 1.) j'ai figurŽ schŽmatiquement l'extension de la rimaye. Les parois et le plafond de la Salle, comme du reste de la grotte, -sont nues, sans incrustations calcaires mais, en pŽriode de formation de :glace, ils sont recouverts d'une sorte de givre et ornŽs par place de !:talactites de glace. La roche parait luisante et d'un gris clair, teinte q ui est due ˆ une mince couche argileuse, probablement le rŽsidu de .)a dissolution lente du calcaire. L'eau qui mouille les parois ne doit pas tre seulement de l'eau de percolation, mais aussi trs frŽquemment de l'eau de condensation ; l'atmosphre est en ell'et saturŽe d'eau comme 1 le montrent nos observations, et la formation du "givre" montre Žga' lement que le processus de condensation, si rarement observŽ dans les normales, doit agir trs frŽquemment dans cette glacire naturelle. L'argile grise est lavŽe par le ruissellement et l'Žgouttement; ame11Že ainsi sur le plancher, elle recouvre d'une couche trs mince la sur-face de la glace ,ancienne" dans toute la grotte, et elle tapisse mme le fond du lac de LA GALERIE. Au nord de la Salle est un vaste portail, large d'env. 13 m., donnant accs ˆ une galerie d'env. 51 m. de longueur qui d'abord est large de 23 m. et haute de 8 m. env. mais qui vers le milieu se rŽtrŽcit et devient plus basse. Sous le portail d'entrŽe, il y a un ressaut d'env. 2 m., ce qui fait que le plancher de glace de la Ga lerie est plus bas que celui de la Salle. A droite du portail, dans le vlafond de la Galerie, est creusŽ un d™me trs large qui possde au sommet une cheminŽe Žtroite par laquelle on voit le jour. Par cette -cheminŽe, des pierres et des troncs d'arbres tombent dans la grotte et forment un gros amas d 'Žboulis. Par la m™me voie s'effectue un Žgouttement actif qui provoque la formation de colonnes de glace au dŽbut du printemps et, plus tard, de plusieurs flaques d'eau. Au l)out de la Galerie, le plancher de glace s'abaisse par un ressaut trs fortement inclinŽ qui produit une dŽiŸvellation d'env. 5 m., et l'on pŽnŽtre dans une salle arrondie d'em .:30 m. de diamtre, qui termine la grotte. Cette salle est ornŽe des belles co lonnes de glace qui ont fait la rŽputation du Ghetar; les gens du pays la nomment: Biserica (l'ƒglise). aussi la rŽgion la plus obscure
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84 E. G. JU.CUV ITZ.4 ScHMIDL a visitŽ le Ghetar en septembre et voici le rŽsumŽ de la. description qu'il donne de l'ƒglise. Les parois ne sont que partiellement incrustŽes et partiellement recouvertes de glace ; des corniches et du plafond pendent des stalactites qui sont revtues compltement de glace, ce qui leur donne souvent des dimensions Žnormes. Le long des marches creusŽes dans la pente de glace de l'entrŽe,. sont quatre colonnes de glace de 2,9 m. ˆ 3,2 m. de hauteur, douze colonnes plus petites s'allignent plus loin, puis vient un petit vallon d'env. 4 m. de large et, au delˆ de celui-ci, est un massif de glace plus. grand sur lequel et autour duquel se groupent 6 grandes et env. 5(} petites stalagmites de glace. Ces stalagmites ont la forme de massue,. l'extrŽmitŽ Žlargie est creusŽe au-dessus en forme d'Žcuelle, souvent si profondŽment qu'on peut y introduire une petite bougie (sir). La sta-lagmite la plus haute (env. 3 m.) se trouve au milieu du groupe. A droite et au-dessus de ce massif, est un second massif de glace, plus compact, ˆ quatre pointes, mais seulement de 1,30 m. de hauteuret, au-dessus de ce groupe, la paroi rocheuse rouge est tapissŽe pardes bandes de glace transparente, en partie dŽtachŽes de leur supporL A gauche sont disposŽs encore deux massifs surmontŽs de massues. de glace. Le plancher de l'Žglise s'incline progressivement vers le fond o s'ouvre un petit puits qui communique probablement avec l'ab”mede la grande Salle. Cette description de ScHMIDL cadre trs bien avec l'Žtat actuel del'ƒglise en automne; il est certain que depuis 70 ans il n'est survenu aucun changement essentiel dans la topographie de la grotte ni dans la disposition des massifs de glace. Mais, c0mme nous le verrons, cette pŽrennitŽ n'est pas due ˆ la persistance ,statique" d'Žtats figŽs dans. l'immo-bilitŽ, mais ˆ une Žvolution ,dynamique" d'activitŽs intenses, qui se renouvellent annuellement avec un rythme et des formes semblables. * Maintenant que nous connaissons le Ghetar dans ses divE-rses parties et les divers dŽtails de structure qui le caractŽrisent, nous pouvons aborder un examen plus approfondi de certaines questions qui concernent son histoire et qui me semblent fort intŽressantes. LEs CoLONNES ou STALAGMITES DE GLACE. (Pl. II ˆ lV). Ces formations sont dues, comme les stalagmites calcaires, ˆ un Žgouttement pŽrenne. L'eau superficielle absorbŽe dans sol, arrive par percolation jusqu'au plafond de la caverne o, trouvant une fissure, elle tombe surle plancher sous forme de gouttes plus ou moins espacŽes. La voi&

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LE GHE1'All DE SGA111$0ARA 85 une fois Žtablie, persiste sans modification apprŽciable pen-dant un temps trs long. On conna”t la lenteur de formation des stalagmites calcaires et l'on n'ignore pas les dimensions considŽrables que .peuvent atteindre ces formations; on en dŽduit avec juste raison que l'Žgouttement doit nŽcessairement se faire ˆ la mme place, pendant des sicles, sans autres changements que des variations dans la rapiditŽ de chute et dans la concentration des sels dissous. Il en est de mrme pour le plafond du Ghetar. Des voies de per-colation et d'Žgouttement fonctionnent sans changement notable peut-tre -depuis des centaines d'annŽes, en tous cas certainement depuis la visite -de ScHtMJDL; sous ces orifices d'Žgouttement pour ainsi dire permanents, se reforment, toujours aux mmes endroits, les mmes colonnes ou massifs de glace, mais plus ou moins dŽveloppŽs suivant que les prŽcipitations de rannŽe ont ŽtŽ plus ou moins abondantes en pŽriode de .formation. On verra plus loin que les colonnes fondent en automne partiellement ou totalement, qu'elles se cassent, qu'elles se couchent sur le sol ou bien qu'elles sont dŽtruites par le vandalisme des touristes; l'annŽe suivante pourtant, on retrouve sur leur ancien emplacement, soU\ent ,greiTŽes sur les dŽbris des anciennes, de nouvelles colonnes qui les remplacent exactement. Comme poue les autres phŽnomnes, on constate pour les colonnes de glace aussi, une naissance, une vie et une mort, histoire: dont l'Žtude est toujours intŽressante et profitable; mais avant de rŽsumer mes observations sur ce sujet, il est indispensable de s'informer sur la :structure de la glace des stalagmites, d'o les observations qui suivent. Le 16. Vlll. 21 (Pl. II) les stalagmites de glace Žtaient ˆ peu prs -dans l'Žtat oil les a vu ScHMIDL en septembre. Les colonnes Žtaient subcylindriques avec, pour la plupart, une tendance prononcŽe ˆ la forme de massue. Ptesque toutes Žtaient groupŽes dans les massifs dŽcrits par ScHMJDL, c'est-ˆ-dire: deux massifs, un ˆ droite et l'autre ˆ gauche de l'entrŽe du thalweg mŽdian, leur grand axe sur une mme Jigne perpendiculaire ˆ l'axe du thalweg; plus loin, un grand massif ˆ -droite du thalweg et deux ˆ gauche, tous ˆ grand axe parallle au thaiweg. En outre, quelques colonnes isolŽes et plusieurs autres ayant la forme de champignons, gros chapeau difforme et pied court. Aucune de ces colonnes ne se terminent en pointe plus ou moins conique comme c'est Je cas chez les stalagmites calcaires; sommet est soit largement convexe, soit le plus souvent lŽgŽrement concave, mais dans tous les cas creusŽ par une cavitŽ ˆ fond conique, ˆ margelle arrondie et ˆ bord aminci, saillant et lŽgŽrement repliŽ en dedans (v. fig. 5, x et 8); la profondeur en Mait trs variable. C'est dans ces

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86 E. G. RACOVITZA ,cupules apicales" que tombent les Žgouttements du plafond; ce sont. ces Žgouttements d'ailleurs qui sont la cause de la formation de la. colonne comme de la cupule. Les cupules Žtaient toutes vides malgrŽ la chute assez frŽquenteqes gouttes, car l'eau percolait ˆ mesure dans la 111asse de la colonnedont les paroi_s Žtaient pourtant ,sches w, dŽpourvues de suintement sur toute leur hauteur. La glace qui forme les colonnes n'est donc pas de la glace ,ordinaire", compacte et impermŽable; elle doit avoir une structure spŽciale qui la rend permŽable et absorbante comme du tissu spongieux; et c'est ce qui se passe en effet. Lorsqu'on examine la surface de la stt!lagmite avec attention, on. remarque qu'elle n'est pas unie mais ornŽe d'un rŽseau refringent dont les lignes ondulŽes, ˆ double contour, dŽlimitent des ,aires" transparen-tes (Pl. IV et fig. 3). Si l'on fait fondre lentement un fragment de la. FIG. 2. Coupe schŽmatique du sommet d'une colonne de glace .Žtanche", montrant l'aspect de la cupule apicale remplie d'ean (e), la disposition des couches. de prismes et celle de la rŽgion cylindrique centrale ct transparente (v). paroi on a l'explication de cet aspect. Chaque aire est la base dl'un cristal de glace plus ou moins conique dont la pointe est dirigŽe vers le centre de la colonne. Les ,aires", qu bases des cristaux, ont des bords plus ou moins: onduleux avec angles plus ou moins arrondis; en rŽalitŽ, considŽrŽe& dans leur ensemble, ces bases paraissent tendre ve1s, ou provenir de,. la forme hexagonale. On dirait que leur forme actuelle rŽsulte du plissement, ˆ la suite rie compression tangentielle, d'une structure antŽrieure rŽgulirement hexagonale. Bien entendu, ce que je dis lˆ est pour me faire mieux comprendre et non pour me prononcer sur leur mode de formation. Les ondulations des bords de ces bases ont des angles rentrants ou sortants, en gŽnŽral trs largement arrondis, mais frŽquemment aussi tr& saillants; ˆ ces angles correspondent naturellement des plis sur les face& l_atŽnlles du cristal; le rŽsultat de ces dispositions est une sorte de ,.pyramide" trs allongŽe, ˆ faces trs compliquŽes, dont les saillants

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LE GHETA.R DE SC.4Rl$0ARA correspondent aux rentrants des voisines et vice versa (fig. 3). Cela forme une masse composŽe d'ŽlŽments parfaitement orientŽs et trs solidement articulŽs, mais non une matire Dcompacte", car les faces des cristaux en contact ne sont pas soudŽes; entre elles est un espace qui peut tre occupŽ par l'eau ou par l'air suivant les circonstances. Au dŽbut du printemps, quand la tempŽrature de la grotte est basse et l'Žgouttement du plafond abondant, les intervalles entre les cristaux capillaires et pleins d'eau ,interstitielle". La paroi de la colonne parait alors transparente et sans structure; elle est de plus Žtanche, l'eau Žtant retenue dans les fentes par la force considŽrable de l'attraction capillaire. ce qui fait que la cupule apicale est pleine d'eau, comme nous le verrons plus loin. Fm. 3 Figure schŽmatique destinŽe ˆ faire comprendre la disposition et l'articulation des cristaux de glace dans la paroi des colonnes. Si la tempŽrature baisse ˆ plusieurs degrŽs sous zŽro, l'eau interstitielle gle Žgalement et la glace parait transformŽe en une masse sans structure. ˆ cassure concho•dale. En automne, la tempŽrature de la grotte monte au-dessus de zŽro, l'Žgouttement est faible et le rŽsultat est que les ,pyramides" commen cent ˆ fondre sur leurs faces, les intervalles entre elles augmentent jusqu 'ˆ dŽpasser les dimensions capillaires l'eau maintenant soumise ˆ la seule force de gravitŽ s'en Žcoule et est remplacŽe par l'air, la paro i de la colonne n est plus transparente mais translucide blanchˆtre et a compltement perdu son Ž tanch ŽitŽ; la cupule apicale se vide et l'eau qu'on y verse dispara”t comme dans une Žponge. Quand les cupules apicales commencent il se vider, c'est-ˆ-dire quand l'ŽtanchŽitŽ de la paroi faiblit, aussit™t deviennent visibles  la su rfa ce des stalagtites, les bases intriquŽes des ,p y1amides; en automne. leurs bords forment des sillons bien marquŽs, tandis que leur face libre est lŽgrement bombŽe. La paroi de toutes les stalagmites de glace est donc formŽe parces ,pyramides" ayant des largeurs trs variables et qui se disposent

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88 E. G. RACOVITZA en denx ou trois couches (fig 4) pŽriphŽriques et con c en t riques d -' en v 2 cm. d'Žpaisseur chacune ; sur le fragment d'une grande colonne il rn 'a mme semblŽ voir quatre couches concentriques. Le centre de la colonne est formŽ Žgalement de grains ou cristaux, mais ˆ structure pyramidale moins nette et ˆ disposition irrŽgulire, non rayonnante La structure que je viens de d Ž crire diffre notablement, du moins en apparence, des autres sttuctures connues de l'eau con g elŽe: g l ace s de stalactite, de rivire, de glacier, de banquise, de neige, de ver g las, de givre etc. Inutile d'insister sur le trs grand intŽrt qu'il y aurait ˆ l'Žtudier minutieusement avec tous les moyens techniques dont nous disposons actuellement et en la suivant depuis sa formation, dans toutes ses transformations. Je me propose d entreprendre cette Žtude avec la collaboration de spŽcialistes, car de semblables recherches demandent le concours de cristallographes, de physiciens et de chimistes, lorsque la maison du Fw. 4. Coupe sch Ž matique ˆ travers la paroi d'uoo colonne de glace, mon trant la disposition de trois couches concent r iques d Ž\ prismes parfaitement orient Ž s (:r., y et z ) autour d'un c y lin d re central v form Ž de .. g rains* i r r Ž gul ire ment agglom Ž r Ž s Ghetar permettra 1 installation d'un laboratoire temporaire ; en attendant voyons ˆ la lumire des faits connus, comment nous pouvons nous expliquer les ph Ž nomnes dŽcrits plr s haut. Les cristaux de glace qui forment les colonnes sont q ualifiŽs par PETERS de hexagon a l-konischen lndividuen" or il est impossible q u e ces cristaux soient de vraies ,pyramides", car ils ne pourraient former des couches concentriques dans des parois qui limitent des formes cylindriques ou renflŽes en massues c omme celles des stal a gmites; seuls des gŽodes plus ou moins sph Žr iqu es peuvent  tre constitu Ž s par des pyramides ou des coniques D'a ill eurs, lorsque l'eau se congle librement" les cristaux qui en rŽsultent sont toujours des ,prismes hexagonaux dont les bas e s sont paraUlr:s ˆ la surface de con,qŽlation ou autrement dit : dont l a xe opt i que prin c ipal est perp en diculaire sur c e tte s urfacP. C e s prismes s e comportent comme des individus un i que s comme de s cr i staux s impl es mais en rŽalitŽ ils s ont formŽs par un empila ge de mince s pl aq uettes h e xa g onale s, de dimensio ns variables dans le sens nl'!s axes optique s secondairt>s mais toujours

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LE GHETAR JJE SCAJUSOAUA 89 trs rŽduites dans la direction de l'axe optique principal, plaquettes qui constituent la vŽritable unitŽ cristalline de l'eau et dont la prŽsence dans les ,prismes'" est dŽcŽlŽe sous forme de "stries dP Forel" quand, par suite de circonstances favorables, les bords des plaquettes forment des crtes rŽfringentes sur les faces des prismes. Les observations sommaires que j'ai pu faire au Ghetar confirment les donnŽes exposŽes plus haut; la glace des colonnes est formŽe non de cristaux pyramidaux mais de cristaux prismatiques dŽformŽs d'env. 2 cm. de hauteur. La base ,pŽriphŽrique" de ces cristaux est bien dŽveloppŽe et souvent trs large, mais la base ,centrale" est plus on moins rŽduite; elle l'est quelques fois tellement que le cristal semble tre une pyramide. Cet aspect ,pyramidal" est d'autant plus prononcŽ que la courbure de la paroi est plus forte. Quand aux stries de Fore], elles sont hien visibles en automne sur les grands cristaux f n train de fondre. Si J'on refroidit une solution diluŽe de Chlorure de Sodium, il se forme des cristaux d'eau'pure, tandis que les ,eaux mres" se concentrent de plus en plus, restant liquides jusqu 'ˆ ce que le refroidissement a atteint un certaine tempŽrature critique, qui pour le sel de cuisine est -22¡C, et une concentration qui est exactement 23,5% NaCl et 75,50/oHa O. L'eau de percolation des grottes n'est pas de l'eau pure; -c'est une solution aqueuse de Cl, de divers sels minŽraux (surtout calciques) et de combinaisons (surtout humique). Si les cristaux, qui forment le8 colonnes, sont formŽ8 d'eau presque pure (plaquettes de H 2 0 sŽparŽes par des pellicules d'eaux mres excessivement le liquide inter:;titiel qui occupe l'espace capillaire entre les prismes est une solution dont la concentration doit tre assez grande ; il est donc fort probable que la solution ,interstitielle" doit conserver -l'Žtat liquide ˆ des tempŽratures relativement basses. Tous les phŽnomnes dŽcrits: stries de Forel, variation de largeur
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90 E. G. RACOV11'ZA que l'accroissement pŽriphŽrique des col.o.nnes se fait par superposition de plaquettes dont la largeur : &ugmente paralllement avec l'augmentation du diamtre de ces colonnes. La structure de la rŽgion .centrale doit tre sous l'influence de la cupule apicale et se former par modification d'un Žtat antŽrieijr semblable ˆ celui de la rŽgion pŽriphŽrique, modifiation qui commence seulement lors de l'apparition de la cupule. Mais mme ˆ supposer que les choses se passent ainsi, cele ne nous donnerait point la solution de la difficile Žnigme que prŽsente la formation de couches concentriques de mme Žpaisseur, toutes .composŽes de cristaux ayant la mme orientation et la mme longueur, et cela comme suite de l'Žtalement, ˆ la surface de la colonne, de minces filmes d'eau, ou ˆ la suite d'enrobement, dans de la glace d'eau de suintement et de percolation, de stal11ctites parfaitement coniques et de draperies de formes variŽes, comme c'est toujours le cas pour les grandes colonnes. Parler de remaniements molŽculaires, de cristallisations successives, etc., c'est facile, mais ces raisons purement verbales me semblent tout-ˆ-fait insuffisantes .ƒtudions maintenant l'Žvolution des colonnes ou stalagmites: Le 5. X. 21, cinquante jours aprs la premire visite en cette annŽe de particulire sŽcheresse, les colonnes ont beaucoup fondu ; il en est de tombŽes qui ont certainement diminuŽ de moitiŽ Toutes ont leur rŽseau superficiel trs visible et formant sillon, tandis que la base des prismes et nettement boinbŽe. Les cristaux se dŽtachent facilement et l'on voit trs nettement que leurs intervalles sont plein d'air; seulement vers la base de la colonne on observe des inclusions intersticielles liquides Les cupules terminales, qui avaient la forme de c™nes renversŽs ou d'entonnoirs sans tube, ont subi une transformation considŽrable ; : l'Žgouttement du plafond les a creusŽes au centre, de sorte que les colonnes sont pourvues le long de leur grand axe d'un tube (fig 5) qui les traverse jusqu'ˆ la base. Ce tube central n'est pas un cylindre rŽgulier ; il prŽsente des rŽgions Žlargies ou rŽtrŽcies et, par place, des. crtes recourbŽes vers le bas. Mais les Žgouttements faibles ne percent pas la cupule, comme c'est le cas pour les trs petits stalagmites {fig. 5, x) souvent greffŽs sur les gros. Les colonnes ainsi amincies et creusŽes en leur milieu, finissent par se coucher sans se rompre; des fragments allongŽs de leur : parois. ,plient", sans se fendiller, avec un crissement trs caractŽristique. H arrive ainsi que des colonnes se couchent sur leurs voisines et se soudent avec elles. C'est de cette faon que naissent, comme on 1& verra, les ,massifs" ou ces "apophyses horizontales r Ž unissant deu x colonnes, dont on ne peut s'expliquer, ˆ premi  re vue, la formation

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LE GHET AR DE SCARI$0ARA 91 Dans le massif de gauche, ˆ l'entrŽe du thalweg, une grande colonne s'est couchŽe sur sa voisine; prenons-en note car nous verrons ce qu'il en est advenu l'annŽe suivante. Comme lors de la premire visite, et malgrŽ la fonte considŽrable des colonnes (jusqu' ˆ plus de moitiŽ), le nombre des formes en massue dŽpasse de beaucoup celu i des formes irrŽguli  rement cylindriques. Les stalagmites basses et trapues en forme de champignon n ont pas changŽ de forme et tr  s peu de dimension. FI G 5. Forme typique que prennent les col o nn e s de glace en automne, vers l'il fin de la p Ž riode de o nte (5. x. 1921). z = cupule apicale transform Ž e en un entonnoir pourvu d'un tube q ui arrive jusqu'ˆ l a base de la colonne; x= petite sta l a gmite greJTŽe sur la grande et dont la cupule apicale a Ž tŽ transform Ž e Ž galement en entonnoir, mais d Ž pourvu de tube. Le 12 VI. 22 (PI. III, fig. 6) l'aspect des stalagtites de glace est trs modifiŽ. Mentionnon::; d'abord que sous la cheminŽe de l'entrŽe de la Galerie, il existe maintenant un groupe de stalagmites de glace ayant exactement la forme et la structure de celles de l'Žglise, mais beaucoup plus petites: 20 ˆ 80 cm Elle reposent soit sur les Žboulis soit sur les branches d arbres; dans ce dernier cas, la branche est recouverte d'un manchon de glace sur lequel est soudŽe la colonne. Ces colonnes naissent comme les autres pendant la pŽriode de formation mais elles fondent trs rapidement, de sorte qu en ŽtŽ elles ont compl  tement disparu Les colonnes de l ƒglise se sont refaites sur les anciens emplacements, mais les unes sont restŽes petites tandis que d'autres ont pris des dimensions considŽrables. Les massifs ont beaucoup augmentŽ de. volume mais leur forme et leur orientation sont restŽes les mmes.

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92 E. G. RACOVJZ'ZA Les colonnes principales, celles ŽrigŽes sur l 'emplacement d es .anciennes grandes colonnes, sont trs hautes, jusqu'ˆ 3 m. et plus. Mais il est de petites stalagmites que je n'avais pas vu l'an dernier; ii est possible qu elles disparaissent tr  s t™t, ou qu elles ne .se forment pas dans les annŽes de sŽcheresse. Il doit, en effet, exister des systmes qui fonctionnent a:vec un minimum de press i on h y d rostaB Fw. 6. -Deux colonnes du typ e .jui n 19 22. form Že s sur les re s tes de l eur s devancires de 19'21. A= colonne plus courte, formŽe sur le s o mmet de la colonne B 1921 couchŽe sur ce qui restait de A 1921; B =colonne 19 22 plus grande, fixe sur la courbure de sa devancire B 1921, mais exactement:ˆ l'apl o mb de sa hase. tique, donc tous les ans, et d'autres qui se mettent su ccess ivement en activitŽ av ec l 'a ugmentation de cette pression, donc irrŽgulirement et non annuellement. La colonne qui l 'a n dernier s'Žtait couchŽe, sans se rompre sm le ft ˆ moitiŽ fondu d'une colonne voisine, formant ainsi une sorte de "banc", existe toujours (fig 6), mais sur les deux e x trŽmitŽs du banc s'Žrige nt maintenant deux colonnes nouvelles, d a t a nt de cett e ann Že, et remplaant exactement les anci e nnes pui sque leur fts repo sent parfait e m en t d' a plomb sur le s anciens socles; l'une d 'e lle atteint 2,5 m. d e hauteur. Sous la colonn e couchŽe de l 'ann Že dernire, pendent -des stalactites de glace transparente et sans structure visible.

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LE GHETA11 DE SCAW.SOA11.4. Mais toutes les hautes colonnes ne sont pas des nŽoformations; il en est qui sont des ,restaurations" : sur des vestiges de stalagmites de 1921 restŽs debout, se sont ŽdifiŽes les colonnes de 1922. Quoiqu'il en soit, les colonnes neuves ou les restaurŽes sont d autant plus en forme de massue qu'elles sont plus hautes. sont de plus transparentes comme du verre et laissent voir la bougie au travers; nous savons maintenant pourquoi : les interstices de leurs cristaux sont remplis d'eau. La structure de leurs parois est invisible, mais il sufl•t d'en fondre un petit fragment pour faire appara”tre les prismes habituels. Il va sans dire que ces colonnes n ont pas de tube central, mais leur cupule apicale est vide, ce q u i montre que le processus des interstices des cristaux a dŽjˆ dŽbutŽ et qu'un commencement de percolation s effectue ˆ travers leur masse. Ma dernire visite date du VL {Pl. III fi g r>) l)uoique plus tardive dans la saison que celle de J'annŽe dernire, elle m'a permi de constater a u point de vue de l'()volution de la glace dans la grotte, des stades plu s prŽcoces; l'hiver fut t r s neigeux et Je printemps trs tardif donc, comme consŽquence, grotte plus l ongtemps fro i de et beaucour> plus hum ide. Pr1:s du p r emier re ss aut du pl a ncher ˆ l'entr Ž e de l a Galerie, se dressent deux colonnes qui n'existaient pas les autres an nŽf\s mais, sous la cheminŽe, le petit groupe de colonnes de l'annŽe dernire s'est reconstituŽ sur les Žboulis et sur les mmes branches d atbres. Dans toutes les formations de glace que nous connaissons sont ˆ leur place habituelle, mais quel changement dans l' aspect! Les colonnes, a u lieu d avoir la forme de chandeliers" comme en aot 1!)21, .ou la forme de massues symŽtriques comme en juin 1922, o n t l a forme de ,spectres" drapŽs ; elles sont trs massives, ˆ surface irrŽgulire, et. coinpltement asymŽtriques, tous leurs sommets Žtant dŽversŽs, en eJTet du m  me c™tŽ, qui est celui de l'entrŽe de la g rotte. Je reproduis (fig. 7) un croquis du massif de gauche de l'entrŽe du thalweg mŽdian, tel qu'il se prŽsentait en Hl23. Il semble que cette figure reprŽ s ente quelque chose de to ut it fait diffŽrent que l a fig. G. Or les colonnes marqu Ž es A et B dans les deux figures sont les mmes ; quand au ,banc", ˆ la colonne couchŽe de i921, elle est compltement emp‰tŽe par des formations variŽes de glace et fait corps avec le massif, mais j'ai parfaitement pu en reconna”tre le contour tr s fortement estompŽ Cette histoire nous permet de comprendre comment se forment et comment Ž voluent les "massifs" et les colonnes qui les surmontent, ou du moins, une des possibilitŽs de cette formation et Žvolution car on ne

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'94 E. G. RACOVITZ.1 peut exclure Ÿ priOri l'ŽventualitŽ de modes diffŽrents. (Juoiqu'il en soit, la visite de 1923 m'a fourn: d'autres indications dont je puis abrŽger l'exposŽ en me servant de croquis (fig. 7 ˆ 9 et Pl. III). Les formes ,spectrales" A et B sont les plus caractŽristiques pour les grandes colonnes de massif; la forme trapue (fig. 8) est celk adoptŽe A. ) ( _/), FIG. 7. RŽgion mŽdiane du rnas::;if gauche de J'entrŽe du thalweg) reprŽ;;;enlŽ sur la photo planche III, figure 5. Les colonnes A et B ont la forme ,spectrale" pour l'annŽe 1923, au dŽbut de la pŽriode de fonte (28. VI. 23). et B 1923 se sont formŽes sur les restes de leur devancires A et B 192:J (fig. 6). E, F, D et C stalagtites qui, ˆ cause de leurs faibles dimensions, fondent com pitement en automne, mais qui dans l'ordre ŽnumŽrŽ reprŽsentent des stades sucees sifs de la formation et de l'accroissement des stalagmites. par les bornes isolŽes ŽrigŽes entre les massifs, les formes C ˆ F et fig. 9 sont des galbes de ,jeunesse" des st1lagmites, qui peuvent d'ailleurs s'arrter ˆ ce stade si l'Žgouttement cesse, mais qui ont bien des chances de rapidement dispara”tre en pŽriode de fonte. Les petites stalagtites C ˆ F sont symŽtriques. Les plus petites (D ˆ F} sont compltement transparentes et leurs parois ne montre aucune structure, ce qui n'est certainement qu'une simple apparence.

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LE GliETAll JJE SCAl/1.)0.4/lA La sŽrie E, F et D montre comment dŽbute la formation des C'Olonns, du moins comment s'effectue un des modes d'Ždification s'il en est plusieurs, ce qui ˆ priori est possible. Le dŽbut est une petite borne ovo•de (!<.:) qui, ds qu'elle est assez large, sert de support ˆ un second ,uf" plus large que le premier (F); puis se forme un troisime ,uf" qui dŽpasse aussi son prŽdŽ,!esseur en diamtre (D), et ainsi de suite. La augmente ainsi en et prend de plus en plus la forme .de massue. Au bord des parties renflŽes, qui par consŽquent sur !l Fw. 8. Slalagtite isolŽe, de forme basse et trapue (Champignon), form Že sous 'lm Žgouttement abondant tombant de trs haut ct manifestement constituŽe en majeure partie par l'emp‰tement de trs nombreuses stalactites. Ces Žtaient trs volumineux le 28. VI. :!3 et seuls pourvus de cupule apicale; ils Žtai en! trs im-o .IuŽs en aot et surtout octobre 192 L (voit Planche IY, fig. 7.). plombent, se forment des stalactites qui viennent Žlargir la base de la colonne et l'emp‰tent de plus en plus, mais irrŽgulirement. suivant la pente momentanŽe qui guide l'eau tombant du plafond. La borne de la fig. 8 .reprŽsente un Žtat avancŽ de ce stade, car elle est dŽjˆ pourvue de :Cupule apicale et elle possde une forme tendant vers la ,spectrale ". Il n'est donc pas difficile de s'expliquer l'aspect et l'asymŽtrie de la forme ,spectrale" qui est la forme des Žgouttements trs abondants ; ce que je rn 'explique moins c'est la raison pour laquelle toutes les .stalagmites spectrales ont lem sommet dŽversŽ dans la mme direction :{jui:est celle de l'entrŽe de la grotte. On dirait que ce sommet est ,attirŽ
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9f} E G. ll.4.CO V 11'ZA. extŽrieure pŽntre jusqu'au fond. Bien entendu ce que je di;=; lˆ n'est qu'une simple mŽtaphore; l'orientation stricte de l'asymŽtrie doit avoirdautres causes que, pour l'instant, je ne vois que sous forme d'hypothses sans preuves, aussi je m'abstiens de les exposer. Une .jeune" colonnE', plusieurs rŽgions ovo•des superposŽes, mais n'ayant pas encore de cupule apicale, possde un aspect que j'ai essayŽ de rendre par un croquis (fig. 9). Le sommet et !es rŽgions Fw. 9. Stalagtile jeune i1 trois renflements. v= regiOn Žlargie ˆ structureapparente (surface chagrinŽe); u = r"gion rŽtrcie transparente; t =calottes internes de glace buleuse. renflŽes laissent voir la structure de la glace, c'est-ˆ-dire les aires irrŽgulirement hexagonales que nous connaissons bien et qui dŽmontrent que la paroi est dŽjˆ formŽe de prismes disposŽs concentriquement; la surface de ces rŽgions renflŽes parait donc finement chagrinŽe. Entre ces rŽgions renflŽes ˆ structure apparente, sont des rŽgions ŽtranglŽes compltement transparentes mais, en Žclairant leur surface convenablement, on voit qu'elle est Žgalement chagrinŽe. En effet, ces rŽgions transparentes ont la mme structure que les autres mais elles ont les interstices de leurs prismes gorgŽs d'eau, tandis que dans

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LE GHET AR DE SCARI$0ARA. 97 es rŽglons ˆ structure apparente, l'eau commence ˆ s'Žvaporer dans la rŽgion pŽriphŽrique des A travers la glace transparente des regwns rŽtrŽcies, on aperoit des sortes de calottes coniques formŽes par une glace buleuse blanche (fig. 9, x) ayant l'aspect de la glace qui constitue toute la masse ds grandes colonnes; ces dernires n'ont pas de zones hyalines. Une dill'Žrentiation se produit donc dans la s!alagtite ds qu'elle a atteint une certaine laille ; dans les rŽgions Žlargies, les interstices deviennent supercapillaires ct se vident, tandis que ce phŽnomne est retard!) dans les rŽgions rŽtrŽcies ; puis dans la rŽgion centrale apparaissent des zones de glac\l buleuse qui finir011t pli.r se joindre et par former dans l'axe des grandes colonnes une masse continue. Les cupules apicales se forment seulement lorsque la stalagmite est grande et lorsque son sommet s'est Žlargi, c'est-it-dire lorsqu'elles ont pins ou moins acquis la forme de massue; les petites stalagmites ˆ sommet oval:tirc et mme les grandes formŽs ,spectrales" n'en ont point. A celle dernire visite de 1923, les cupules no sont pas vides eommc aux visites prŽcŽdentes; toutes sont it moitiŽ remplies d'eau. Lelll' contom est elliptique et leur forme est indiquŽe par la coupe schŽmatique publiŽe fig. 2. Les bords sont surplombants, la paroi forme, vms le milieu de sa hauteur, un angle sortant dont le sommet'correspond au niveau de l'eau; le fond est plat ct parfaitement horimntal. Si la structure de la glace Žtait bien apparente dans les parois de la cnpule, par contre la glace qui formait le fond Žtait parfaitement t1ansparentc, car imbibŽe d'eau. Le centre du stalagtite se prŽsentait donc comme occupŽ par un cylindre transparent, ˆ surface parfaitement dŽlimitŽe et s'Žtendant sur toute la hauteur de la colonne. LES STALACTITES ET LES CROTES DE GLACE.Ce sont des formations trs ŽphŽmres; nous n'en avons vu aucune en aot et octobre 1921. Le 12. VI. 22 de nombrEUses stalactites, isolŽes ou par groupes, pendent au plafond de la grande salle, beaucoup gisent sur le sol, car la fonte est trs active. Le 28. VI. 23, aux mmes endroits que l'annŽe der. nire, pendent des stalactites mais de dimensions plus considŽrables. La structure de ces stalactites ne diffre en rien de celle des stalactites qui se forment en surface, en hiver, au bord des toits. La paroi du fond de l'ƒglise Žtait compltement dŽpourvue de glace en am”t et octobre 1921, mais. en juin 1922 et 1923 elle Žtait compltement tapissŽe de crotes de glace plus ou moins Žpaisses; je n'ai observŽ qu•t cet endroit de ces vasles enduits de glace.

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. a. tiAovl'tzA MASSIFS ET GLACE DU PLANCHER. Trois massifs de glace quables sont ˆ signaler: dans la grande salle le massif conique de gauche, celui gŽminŽ du fond et, dans l'ƒglise, le massif en forme de coulŽe de lu paroi de droite (fig. 1, v, u et t). Ces massifs sont permanents, mais ils augmentent au dŽbut de l'annŽe et diminuent en automne sans changer de forme car ces vicissitudes n'intŽressent que les couches superficiellrs On u v que ScHMIDL en 1857 les a vu tels qu'ils sont encore actuellement, et avec des dimensions semblables. J'ai dit que le plancher de toute la grotte c :; t entirement form Ž par de la glace compacte et d'une seule ,coulŽe", glace qui remplit la grande Salle d'une nappe horizontale, qui se continue avec un ressaut de 2 m. dans la Galerie qu'elle comble Žgalement en formant un planctler uni, mais faiblement inclinŽ vers le fond et qui, par une pente firternent oblique de plus de 5 m. de dŽnivŽlation, s'Žtale dan s l'ƒglise pour en former toul le plancher. Cette disposition du plancher est encore telle que l'a vue ScHMIDL et c'est bien extraordinaire. Le profii d'un glaCier est fonction du profil de son lit et, s'il est plus ou moins constant pendant une longue pŽriode, c'est que le s accidents du profil se reforment constamment plus ou moins semblables car le glacier coule, mais la glace du Ghetar ne coule pas, et elle est tr s Žpais.se; d'autre part elle s emble soustraite compltement aux variations climatŽriques actuelles qui sont trs considŽrables. Il faut donc conclure que les accidents invariables du profil de son plancher s ont dus ˆ de s ,causes historiques" et qu'ils sont ˆ l'abri des atteintes des ,causes actuelles" en un mot: que nous avons affaire ˆ de la glace fossile, et c'est bien ˆ cette conclusion que nous amŽnera la suite de cette Žtude. Quoiqu'il en soit, en aot et octobre 1921, ma s sifs et plancher s e montrrent formŽs uniquement de "vieille glace" c'est-ˆ-dire d'une glace tran::;lucide mais non transparente, buleuse, formŽe de grains ou cristaux semblables ˆ ceux qui forment les parois des colonnes mais plus irrŽguliers, de dimensions plus inŽgales et moins allongŽs. Tout le plancher est recouvert d'une couche continue, mince, d'argile grise mŽlang Ž e par place ˆ des d Ž bris vŽgŽtaux ; cette couche diminue d'Žpaisseur vers le fond de la grotte, mais recouvre Žgalement la surface des massifs et le fond des lacs et flaques d'eau. On a vu que cette argile est le rŽsidu de la dissolution du calcaire des parois par l'eau de percolation et surtout de condensation; nous reviendrons plus loin sur cette question. Rappelons au:-;si que le plancher de glace ne touche la paroi qu'en quelques endroit:;, l ˆ ot'l se sont formŽs de s coul Ž e s ou des massifs de glace; partout ailleurs il existe une ,rimay e" plu s ou moins large.

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LE GlfET{lR DE SCARI$0ARA 99 La ˆescription qu'on vient de lire ne s'applique parfaitement qu'ˆ l'Žtat de la grotte en automne. Au dŽbut de l'annŽe et immŽdi atement aprs la pŽriode de formation de la glace, l'on constate des faits nouveaux et trs intŽressants. Le 12. VI. 22 les massifs ont augmentŽ de volume sans changer de forrr.e, la paroi du fond de l'Žglise, nue en automne, est carapaonnŽe de glace, et la rimaye est plus Žtroite sur tout son parcours. Le plancher, dans toute la grotte, est recouvert d'une couche de glace transparente comme du verre, de 8 ˆ 10 cm. d'Žpaisseur qui ne montre aucune structure apparente. ExaminŽe de prs, elle est semblable ˆ la glace qui se forme, en surface, sur les flaques d'eau, mais plus pure, sans bulles ou autres impuretŽs ; son Žtude est d'ailleurs encore ˆ faire. Cette conche continue est plus Žpaisse dans la Salle que dans la Galerie et plus mince encore sur le plancher de l'ƒglise; elle couvre Žgalement les massifs et est cause de cette augmentation de leur volume que j'ai mentionnŽe. La surface de la ,jeune" glace est mouillŽe par une trs mince couche d'eau liquide Au tr.avers, par transparence, on aperoit la couche d'argile grise ŽtalŽe, avec ses dŽbris de toutes sortes, ˆ la surface de la vieille glace; j'y reconnais mme un de mes Žtuis ˆ tubes que j'avais perdu l'annŽe dernire. Le 28. VI. 23 il est manifeste que les suintements ont ŽtŽ plus abondants dans la grotte que l'annŽe dernire. Les massifs me semblent encore plus volumineux, la paroi du fond de l'ƒglise est compltement couverte de glace, mais la rimaye me semble de mme largeur que l'an dernier en tout cas peu rŽtrŽcie. La couche de ,jeune glace" surtout dans la grande Salle, est plus dŽveloppŽe car elle mesure de 10 ˆ 15 cm. d'Žpaisseur; sur la grande pente de l'entrŽe de l'ƒglise, elle est toujours trs mince. Dans la grande Salle, par place, la surface de la jeune glace est creusŽe de ,gomsa (fig. 10), de 1 ou 2 cm. de profondeur, ˆ fond plat et bords largement arrondis et a pla Lis; les bords forment ˆ la surface de la glace un rŽseau ˆ mailles vagueme nt hexaou Les gours sont en gŽnŽral pleins d'eau; presque tout le plancher est d'ailleurs couvert d'une nappe d'eau plus ou moins profonde. Bien entendu cette ,jeune glace" est tout aussi transparente que celle observŽe l'annŽe dernire. au travers, dans la vieille glace, une fente de 2 cm. de latgeur fente qui part de la grande Salle et qui s'Žtend au loin dans la Galerie ; la jeune glace forme une couche parfaitement continue par dessus, elle s'est donc aprs )a fente, que je ne mc souviŽns d'avoir vue l'annŽe dernire.

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1ou E. G. llACOVI1'ZA De ce qui prŽcde il rŽsulte que, tous les ans, il se forme une couche de ,jeune glace" transparente sur la ,glace ancienne grise couverte de son enduit d'argile; en automne, cette jeune g l ace dispara”t compltement comme disparaissent au :-; s i les de glace, le re vtement de glace de la paroi du fond et la plupart des Les eaux de fonte s'Žcoulent par la rimaye, en l Žlargissant surtout dans les rŽgions plus dŽcli\'es m3.is le bord de la s e reconstitue  chaque printemps. F w. 10. Structure de la jeune g l ace a nnuelle qui re c o uvr e au p r iul c111ps le pbncher form Ž d e gl ac e ancienne de l a grande Salle. P = plan schŽm a t i( jU C d e s .gours qui ornent l a s urface. G = coup e sc h Ž mai
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LE GHET AR DE SCARI$0ARA i01 LE LAC DE L'gNTRƒE. Le 16. vm. 21 ce lac, dont la" cuvette est entirement creusŽe dans la glace et que ScHMIDL a dŽcrit, avait 20 cm. de profondeur. Le fond Žtait couvert de l'argile grise qui recouvre partout l'ancienne glace et en plus de pienes et dŽbris vŽgŽtaux divers. Je n'y ai pas observŽ de faune macroscopique mais le fond et les dŽbris immergŽs Žtaient teints en vert par une abondante vŽgŽtation d'Algues infŽrieutes. Mme Žtat le G. X. 21 ; la tempŽrature de l'eau est de 008 C. Le 12. VI. 22, le lac avait augmentŽ de surface et diminuŽ de profondeur, mais de faon trs spŽciale. La masse d'eau que nous avions trouvŽe liquide en octobre 1921 ainsi que le fond argileux et la vŽgŽtation d'algues, Žtaient compltement gelŽs. A travers une couche de glace de 10 ˆ 15 cm., on apercevait distinctement la vase grise et les dŽbris recouverts de leur vŽgŽtation parfaitement verte et certainement encore vivante. Au dessus de l'ancien lac, compltement gelŽ, s'Žtendait une nappe d'eau de 5 ˆ 6 cm. de profondeur, dŽpourvue de vŽgŽtation et ne contenant que de tr!> petits Oligochtes et NŽmatodes. Le 28. VI. 23, le lac Žtait dans l'Žtat dŽcrit plus haut, seulement plus fortement gelŽ; il n'y avait plus qu'une trs mince couche d'eau liquide ˆ sa surface LE GIVRE ET L'AnGILE GRISE. Les parois rocheuses de la grande Salle et de la Galerie par'iissent grises et luisantes ; on n'y trouve pas trace d'tre vivant et l'aspect est trs diffŽrent de celui que prŽsentent les parois des grottes ordinaites. Les parois brillent parcequ'elles sont dŽllempŽes, mais celte humiditŽ n'est pas de celles dues aux &nintements habituels des parois de cavemes; elle est produite pat un enduit continu ct fort mince d'argile gl'ise imbibŽe d'eau. Qne cette argile ne soit autre chose que le rŽsidu de la dissolution de la roche calcaire, cela est certain, mais qu'elle forme un enduit dŽtrempŽ continu el uniforme, reste. ˆ expliquer, cal' le suintement ne prend jamais, ni ne peut ce caractre d'uniformitŽ et de continuitŽ dans toute une vaste grotte. Je pense avoir trouvŽ cette explication dans le phŽnomne de condensation, rate dans les grottes ordinaires, mais pour ainsi dire normal dans le Ghetar. D'&bord l'atmosphre du Ghetar doit t"tre constamment saturŽe de vapeur d'eau; nous avons trouvŽ le 16. VIII. 21, 100% pour l'humiditŽ relative (therm. sec. 008 C, therm. hum. 0¡8 C.) et le 5. X. 21, 98% (therm. sec. 008 C., therm. hum. 0¡7 C.). Puis le 28. VI. 23, toutes les parois de bas en haut Žtaient recouvertes de givre ˆ petits cristaux massifs et cela sm 3 ˆ 4 mm. d'Žpaisseur. Ce givre tombe sur le sol o il forme une lŽgte couche neigeuse.

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102 E. G. RACOVJTZA Pour qu'il y ait formation de givre, il .faut taul:l atmosphre ˆ tempŽrature infŽrieure ˆ 00, trs humide et contenant en suspension des gouttelettes d'eau ˆ l'Žtat de surfusion; ces conditions, demandŽes par la thŽorie actuellement admise (et peut-tre un peu simpliste) de la formation du givre, existent au dŽbut de l'annŽe dans le Ghetar. Quoiqu'il en soit, c'est un phŽnomne de "condensation" au contact de la paroi; l'eau est tirŽe de l'atmosphre et non de la roche, et l'on conoit que cette condensation puisse se faire uniformŽment et su toutes les parois de la grotte. On peut se demander si le givre est la seule source d'humiditŽ des parois et, dans ce cas, pourquoi l'enduit d'argile ne sche pas pendant l'ŽtŽ, quand la tempŽrature de la grotte est au-dessus de oo ct que le givre ne peut plus se former. Une solution certaine ne peut tre donnŽe  cette question, faute d'observations prŽcises mais il me semble qu'on peut proposer comme rŽponse d'abord, que l'atmosphre du Ghetar est trs probablement saturŽe de vapeur d'eau toute l'annŽe et que par consŽquent, si une Žvaporatio!l est possible, elle doit tre trŽs lente. Ensuite je crois que la condensation sur les parois, mais sous forme liquide, peut avoir lieu mme quand il fait trop chaud pŸur qu'il se dŽpose du givrE\. J'ai observŽ dans certaines grottes, dans le voisinage de l'entJŽe, de grandes Žtendues de parois compltement sches mais uniformŽment couvertes de petites gouttelettes d'eau; des brindilles, ou des papillons, fixŽs ˆ ces parois, Žtaient Žgalement couvert:; de semblables gouttelettes. Il s'agissait lˆ, sans erreur possible, d'un phŽnomne de condensation et non de suintement. Les circonstances dans lesquelles se produit le phŽnomne n'ont pas ŽtŽ ŽtudiŽes, mais il est probable que celte condensation liquide s'effectue rŽgulirement dans le Ghetar et qu'elle entretient l'humiditŽ des parois au point de les faire s'Žgoutter et de rŽpandre par ce moyen l'argile grbe dans toute la grotte. LA TEMPƒll.ATURE. .Je n'ai malheureusement qu'un petitnombre de donnŽes thermomŽtriques. Le 15. VIIJ. 21 l'air au fond de l'Žglise a 102 C.; le 16. VJIJ. 21 l'air au fond du gouffre a 102 C. et au fond de l'Žglise oos C.; le 5. X. 21, au fond de l'Žglise, l'air est ˆ oos C tandis que l'eau d'une flaque est ˆ 003, mais l'eau du lac de l'entrŽe est ˆ 0¡t3 C.; le 12. VI. 22 l'air au fond de l'Žglise est  007 C., et sous la voŸte d'entrŽe de la grotte ˆ 102 C.; le 28. VI. 23 l'air a fond de l'Žglise oscile entre 001 et 002 C. MalgrŽ le petit nombre de ces observations, on peut en d Žduhc un cettain nombre de constations intŽressantes. La tempŽratme du Ghetar, comme celle de toutes les grottes d'ailleurs, est variable, mais les variations ont une faible amplitt.Jde de

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ttt GilEt AR DE SCARI$OARA juin ˆ octobre, environ 10 C. De juin ˆ octobre la tempŽrature est constamment positive et se maintient aux environs de + l o. Elle doit se maintenir ˆ ce chiffre tant que la tempŽrature extŽrieure ne descend pas plus bas; lorsque l'air extŽrieur est plus froid, il doit nŽcessairPment se dŽverser par le goullre et chasser l'air plus chaud de la grotte. Les tempŽratures trouvŽes en octobre doivent donc s'interprter de cette manire. La tempŽrature hivernale influence donc direct(\ment ct immŽdiatement la tempŽrature dans le Ghetar, mais cette influence cesse ds que la tempŽratu1e extŽrieure minima dŽpasse + 1 o C. Ce qui se passe avec le lac est trŽs remarquable. L'eau contenue duns cette cuvette de glace est ˆ 0¡8 C., ce qui n'est pas Žtonnant puisque le soleil peut dire<:tement, en ŽtŽ, chaull'er l'argile et les dŽtritus ŽtalŽs sur le fond. Mais comment se fait-il que ce lac ne s'approfondisse pas par fusion de la glace ,ancienne" qui en constitue tout le fond? On pounait croite que sa profondeur augmente en ŽlŽ pour tre ramenŽe en hive1 au niveau antŽrieur mais, comme on l'a vu plus haut les choses ne sc passent pas ainsi. Le for1d proprement dit, celui qui est couvert d 'argile et situŽ ˆ 20 cm. environ au-dessous du niveau du plancher de la Salle, ce fond se maintient  la mme hauteur. Si cc n'Žtait pas le cas, on trouverait au fond du lac une stratification de couches de glace alternant avec des couches d'urgile, or cc n'est pas ce que l'on constate. Il se passe donc avec le lac C<3 qui se passe avec tout le plancher de la grotte: sur le fond c1eusŽ dans la glace ancienne et invariable, se forme en hiver un couche de jeune glace qui fond en ŽtŽ. FAUNA et FLORE. Il va sans dire que le Ghetar prŽsente de mauvaises conditions d'existence dans sa partie souterraine. Les parois, ˆ. cause de leur enduit dŽtrempŽ et de la frŽquence du givre. ne sont pas habitables et le lJlancher ne l'est pas non plus. Pourtant sur des fragments ligneux nous avons trouvŽ des Champignons et sur la paroi du fond de l'ƒglise, qui a un rŽgime spŽcial, comme on l'a vu, nous avons trouvŽ des AraignŽe:; et le Pholeuon proserpinae glaciale J EANN. assez abondant. Bien entendu, ces animaux :;ont introuvables quand leur habitat est tapissŽ de glace, mais en automne, lorsque la paroi montre la roche ˆ nu, on voit les ColŽoptres circuler avec une lenteur inhabituelle sur les parties de la paroi couvertes d'argile rouge‰tre; cette paroi suinte en effet et se comporte, et se corrode, comme les parois des grottes ordinaires. N ous avons mme vu des Pholeuon circuler !;llr la glace, ca1 la basse tempŽrature, pourvu qu'elle ne soit pas de fa<:.on permanente sous oo C., n'emp che pas la colonisation et la formation de faunes et flores spŽciales.

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i04 k. a .RA.covitiA J'ignore ce que deviennent les animaux pendant la pŽriode de congŽlation, c'est-ˆ-dire de novembre jusque peut-tre en mai, ni comment se fait leur dŽveloppement, ni o s e tiennent les larves. Jttudier sŽrieusement cette biologie serait du plus grand intŽr t, et tout aussi intŽres sa nte serait la biologie des vŽgŽtaux et animaux qui peuplent le lac de l'entrŽe. Nous n'avons pas vu de Chauves-Souris dan s la grotte. ScHMJDL prŽtend que Die Vorhalle dient allerdings noch jetzt diesen Thieren zum Aufenthalte" ce que nous n'avons pas remarquŽ. IL dŽclate avoir trouvŽ des ossements de Chauves-Souris dans l'argil e des rimaye s de l'Žglise, ce qu'il explique par des individu s ŽgarŽs, morts dans l'Žglise "ausser es ware eine Tropfsteingrotte und als solche der Aufenthalt von Chiropteren gewesen, e he die dauernde begann". Telle que je me figure l'histoire du Ghetar, cette dernire h ypothse nous renvoit il des pŽriodes gŽologiques trs Ž loignŽe s et ces ossemr.nts, d'ailleur s non dŽterminŽs, pourra ien t ne plus appartenir aux espces actuelles. HACONTARS ct HYPO THSES S c:Hl\IID L dŽclare qne la glace commence it fondre en aollt, ce qui est parfa itement ine xact puisque dŽjit en juin la t empŽra ture de la grotte est audessus de
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LE GJIETAR DE SCAlll$0ARA 105 J'ai longuement discutŽ du Ghetar avec les Mo\i qui vivent dans les environs et, outre une amusante collection d'histoires et de lŽgendes, j'ai notŽ les dires suivants qui me semblent dignes de crŽance: De grandes quantitŽs de neiga s'accumulent dans le gouffre par les hivers trs neigeux, mais sans jamais le remplir; l'entrŽe de la grotte se montre toujours dŽgagŽe compltement et l'on voit ˆ travers que la neige ne pŽnŽtre pas dans la salle. Si l'on ne frŽquente pas la grotte en hiver, ce n'e st pas parcequ'f'lle est inaccessible, c'est par crainte des avalanches. Il n'y a jamais de vŽritable inondation dans la grotte; le lac prend plus ou moins d'extension et l'eau s'Žtale quelques fois sur presque tout le plancher de la Salle, mais on peut toujours faire le tour de cette salle ˆ pied sec. Nous avons vn (p. 82) que le brigadier forestier Kulmann, qui prŽtend tre descendu iL 75 m. de profondeur dans la partie Žlargie de la rimaye de la grande Salle, estime l'Žpaisseur de la glace ˆ plus de 76 m .. ScHMIDL dit avoir mesurŽ cette Žpaisseur dans les rimayes de l'ƒglise et l'avoir trouvŽe de O,H3 ˆ 1,26 m. sur les cotŽs et d'env. 3,16 m. dans le .,puits". Il ne croit pas au r-hiffre indiquŽ par Kulmann pour l'Žpaisseur du plancher de glace de la Salle, mais il n'indique pas les raisons de ce scepticisme. En somme nous n'avons aueune donnŽe certaine sur la quantitŽ de glace ,anci enne" qne le Ghetar cache dans ses flancs. Il faudrait effectuer des sondages et aussi une descente dans l'ab”meQ de la grande Salle, mais ce sont des opŽrations trs coteuses, qui demandent une prŽparation sŽrieuse ct un outillage encombrant; je compte nŽanmoins les entreprendre quand j'en aurai les moyens. C'est aussi Ja seule manire de vŽrifier l'assertion de Kulmann que, sous le plancher de 76 m. d'Žpaisseur de la grande Salle il existe un Žtage infŽrieur formŽ par une salle vide", disposition tout ˆ fait invraisemblable et impossible ˆ concilier avec ce que nous connaissons maintenant de prŽcis sur le Ghetar. Pour qu'une si grande caverne ,vide" puisse exister au fond, il faudrait que l'eau de ruissellement et l'air froid tl'Ouvent une voie d'Žcoulement trs facile, mais dans ce cas il n'y aurait plus de .glacire" possible. Il est prpbable que l'assertion de Kulmann repose sur une mauvaise interprŽtation de ce qu'il a vu dans de trs pŽnibles conditions d'ailleurs. Il est descendu dans l 'Žlargissement d'une rimaye continue, en s'imaginant qu'il explorait un .puits", et il a dŸ prendre la rŽgi0n infŽrieure, peut-tre Žlargie, de la rimaye, pour une salle. Quoiqu'il en soit, il est certain que l'Žpaisseur de la glace doit tre trs considŽrable, de la valeur de plusieurs dizaines de mtres, notamment dans la grande salle,

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106 E. G. RAC0Vl1'ZA Les habitants du pays sont unanimes ˆ prŽtendre que les ,eaux" du Ghetar s'Žcoulent dans la rivire Gh‰rda sacli, au lieu dit Cotetul par un groupe de rŽsurgences qui seront dŽcrites dans Biospeologica (ƒnumŽration des grottes visitŽes, 7mc sŽrie) et qui sourdent environ 400 m. plus bas en altitude. Cette assertion ne repose que sŸr des dŽductions ,topographiques"; le Ghetar est situŽ comme nous l'avons vu, au sommet du versant gauche. de la vallŽe de Gh‰rda sadi. et les ,sources" de se trouvent au-dessous, au niveau de la rivire. La croyance des indignes n'est pas justifiŽe. D'abord les ,eaux" du Ghetar, d'aprs ce que nous en savons de positif, ne reprŽsentent pas un volume suffisant pour alimenter les ,sources" considŽrables de Ces ,eaux" doivent filtrer, percoler, et non couler, car autrement il n'y aurait pas de glacire; s'il n'est pas nŽcessaire qu'une glacire soit contenue dans une caverne -impermŽable, il fat nŽanmoins que le fond ne puisse pas communiquer avec l'extŽrieur largement et facilement. Enfin la tempŽrature des exsurgences de est de 702, 707 et 708 C. ce qui exclut toute provenance ,directe" des enux de fonte du Ghetar; cette tempŽrature est la tempŽrature normale des massifs de la rŽgion. S'il existe rŽellement une ,source" alimentŽe par le Ghetar il faut la chercher parmi les exsurgences des environs ˆ tempŽrature anormalement basse, s'il en existe. D 'autre part il se peut fort bien que les ,eaux" du Ghetar s'Žvacuent seulement par percolation et se mlent aux infiltrations en prenant petit ˆ petit la tempŽrature du massif et en contribuant ˆ grossir des sources actuellement non repŽrŽes et, peut-tre, mme celles de La topographie de la rŽgion ne nous permet pas d'expliquer la situation et la structure du Ghetar (voir p. 77); cette caverne est certainement un fossile, le tŽmoin d'une ancienne morphologie trs dill'Žrente de l'actuelle. A quelle Žpoque s'effectua l'Žvidement principal, je ne sais, mais c'est en tous cas avant le creusement des jeunes vallŽes qni actuellement dŽcoupent Je plateau de Je crois de plus, que ce n'est pas seulement le contenant qui est tr  s ancien mais aussi le contenu ; je pense en effet que la glace grise qui forme le plancher de la grotte, n'est pas de la glace actuelle mais de la glace fossile. observations sont sommaires, j'en conviens, mais .1e pense suffisantes pour rendre trs probable la conclusion suivante: tous les changements que l'on observe dans la grotte au cours d'une annŽe s e passent avec l'eau d'infiltration annuelle et ses dŽrivŽs, mais J e bloc massif de glace "ancienne" est ˆ l'abri des variations. Ce 11 fonctionnement"

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LE GflET AR DE SCAR1$0ARA 107 si CUI'ieux de la grotte dŽpend du climat et, pour qu'il y ait modification du cycle actuel, il faudrait que le climat change d'abord. Si le climat actel ne peut expliquer la prŽsence de la masse de glace grise dans le Ghetar de Scliri!iioara, c'est que cette glace est Je produit d'un climat antŽrieur pendant lequel les glaces avaient une trs grande extension dans la rŽgion. Il me semble que mon opinion est raisonnable, mais je ne la donne que comme une hypothse de travail qui mŽrite vŽrification. Si je termine ici cette note, ce n'est pas parcequ'il ne reste plus de racontats ˆ discuter, d'hypothses ˆ exposer et m(me de faits inŽdits ˆ rapporter, c'est parce que je crois que le but que je me prop6sais est atteint. Il me sPmble avoir dŽmontrŽ le trs grand intŽrt scientifique que prŽsente le Ghetar de Sans compter le dŽchiffrement des passionnantes Žnigmes que prŽsente l'histoire du Ghetar, de nombreux problmes intŽressant toutes les branches de l'histoire naturelle pourraient tre approfondis ˆ cette occasion, au moyen d'observations pŽriodiques ou continues et par l'organisation d'expŽriences. Les cavemes ofl rent pour ces rechercl:es des facilitŽs particulires, pu.isque ce sont des espaces tertestres que l'on peut facilement fermer aux importuns et des lieux naturellement ,abritŽs" qu'il est facile de transformer en ,laboratoires". Il est d'autant plus remarquable que, sauf quelq ucs timides essais non rŽussis, des grottes n'aient jamais ŽtŽ sŽrieusement installŽes pour cet usage pour lequel pourtant elles semblent si bien qualifiŽes. En Žveillant donc i'intŽrl des MŽtŽorologistes; Cristallographes, Physiciens, GŽologues, Physiologistes, Biologistes, etc., sans compter celui des Touristes ŽclairŽs, sur le Ghetar de je compte avoir le concours de leur influence pour terminer la maison d'habitation dont j'ai parlŽ au dŽbut de ce mŽmoire, et leur collaboration pour l'Žtude scientifique, sŽrieuse et suivie, des intŽressants phŽnomnes qui s'observent dans cette caverne et des multiples Žnigmes que recellent ses flancs.

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108 E. G. RACOVITZA Auteurs citŽs. HHS. BoRzA AL. Ghetarul de la [ Convorbiri flliintifice, Oriifllie, anul II, no 8-9, 7 p.]. 1861. PETERs K. F. Geologische und mineralogische Studien aus dem sŸdi::istlichen Ungarn, insbesondere aus der Umgegend von RŽzbˆnya, [Sitzungs-Ber. Akad . Wiss. Wien, Math.-Naturwiss. Classe, Bd 43, Abt. 1, p. 385-463, 2 cartes]. 1863. ScHMIDL A. A. Das Bihar-Gebirge an der Grenze von Ungarn und SiebenbŸrgen. [Wien, Verl. Fˆ'rster und Bartelmus, 442 p., 6 fig., 4 cartes et profils]. Explication des Planches. P 1 anche 1. FIGURE 1. EntrŽe de la grotte prise de la paroi opposŽe et ˆ mi-hauteur du gouffre. A gauche, premier plan, Doronicttm Columnae en fleur et touffes de Luzula silvatica. A droite, parois suintantes couvertes de Mousses. Au fond, sous la vote, le .lac" rempli de dŽbris vŽgŽtaux et minŽraux. [Photo Jeanne}, 15 Vlll. 21.]. FrauRE 2. Fond du gouffre pris de la ,Salle". A gauche, c™ne d'Žboulis; ˆ droite, c™ne de neiges persistantes; au premier plan, sous ln vote, le ,lac". [Photo Jeanne!, 15. Vlll 21]. P 1 anche 11. FIGURE 3. ƒ;\Iise. Grand massif de glace situŽ ˆ gauche de l'entrŽe du thalweg, en pŽriode de fonte (aot). Les colonnes en forme de massue sont ˆ moitiŽ fondues ct leurs dŽbris jonchent le sol entirement recouvert d'une mince couche d'argile. [Photo Jeanne!, 15. Vlll. 9"1]. FIGURE 4. ƒglise. Grand massif de glace situŽ ˆ droite de l'entrŽe du thalweg, en pŽriode de fonte (aot). Au premier plan une rangŽe de bornes en forme de champignon. Au fond, ˆ deux colonnes gŽminŽes tublaires ˆ grande cupule apicale en for:(Ile d'entonnoir, [Photo Racovitza, 15. Vlll. 21), P 1 anche Ill. FwmtE 5 . ƒglise, Grand massif de glace situŽ ˆ gauche de l'tm trŽe du thalweg, au dŽbut de la pŽriode de fonte (juin). Les grandes colonnes ont la forme .spectrale", les petites sont moniliformes; au fond, des stalagtites ,jeunes ˆ un, deux ou trois renflements. [Photo Racovitza, 28. VI. 23]. FIGURE 6. ƒglise. Massif de glace situŽ ˆ droite du thliweg, dans le fond aval, en pŽriode de formation (mai). Les colonnes sont transparentes et les ,jeunes" stalagmites nombreuses [Photo Jeanne), 30. V. 22]. P 1 anche IV .FwmtE 7. ƒglise, Stalagmite en forme de champignon, emp‰tŽe par des stalactites, en pŽriode de fonte (aot); on remarque ˆ la surface ,les aires onduleuses" ,-'est-ˆ-dire les bases pŽriphŽriques des prismes dont est fonnŽe la paroi. [Photo Racovitza, 15. Vlll, 21 ]. FIGURE B. ƒglise. Base d'un massif au dŽbut de la pŽriode de fonte. Au premier plan, vieille glace montrant une surface ˆ .aires onduleuses" bien indiquŽes; au fond, stalagmite jeune ˆ deux renflements. [Photo Jeannel 1 30. V. 22.).

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Bull. Soc. Sc. Cluj, T. lU (2c paetie). Planche I FiounE 1. Entr Že de la grotte prise de la paroi opposŽe et ˆ mi-hauteur du gouiTre.' A gauche, premier plan, Dorcmicum Columnae en fleur et touffes de Luzula silvatica. A droite, parois suintantes couvertes de Mousses. Au fond, sous la vole, le .lac" rempli de dŽbris vŽgŽtaux et minŽraux !Photo Jeanne], 15 VIII. 21.)_ Fwum: 2. Fond du goufl re pris de la .Sa lle ". A gauche c™ne d'Žboulis; ˆ droite, c™ne de neiges persistantes ; au premier plan, sous; la vote, le .lac [Pholo Jeanne), 15. VIII 21).

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Bull. Soc. Sc. Cluj, T. ffi pat'tie). l'lam:he rr FrGutm 3. ƒglise. Grand massif de glace situŽ ˆ gauche de l'entrŽe du thalweg, en pŽriode de fonte (aot). Les colonnes en forme de massue sont ˆ moitiŽ fon dues et leurs dŽbris jonchent le sol entirement recouvert d'une mince couche d'argile. [Photo .Jeanne!, 15. Vlll. :H]. Fwutm 4. Grand massif de glace situ Ž ˆ droite de l'entrŽe du thalweg, en pŽriode de fonte ( aol). Au premier plan une rang Ž e de bornes en forme de champignon. Au fond, ˆ gauche, deux colonnes gŽmin Ž es tubulaires  grande cupule api cale en forme [Photo Racovitza, 15. VIII. 21].

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Bull. Soc. Sc. T. III (2e partie) P lan f he III f! 'IGuRE 5 ƒglise. Grand massif de glace situŽ ˆ gauche de l'entrŽe du thalweg au d Ž but de la pŽriode de fonte (juin) Les grandes colonnes ont la forme "sp er tr a l e ", les petites sont moniliformes ; au fond, des st a lagtites "jeunes" ˆ un, deux ou t rois r e nflements. (Photo Racovitza, 28. VI. 23]. FrouRE 6. ƒ glis e Massif d e g l a ce situ Ž ˆ droite du th a l we g, d ans l e fond a v a l, en p Ž riode de formation (mai). Les colonnes sont transparentes et les ,j e un e s stalag mites nombreuses [Photo Jeanne!, 30. V. 2:!).

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Bull. Soc. Sc. Cluj, T. ITI (2e pat'tie}. Planche IV 7. ƒglise. Stalagmite en forme de champignon, emp‰tŽe par des stalactites, en per1ode de fonte (aot); on remarque ˆ la surface les aires onduleuses" c'est-ˆ-dire les bases pŽriphŽriques des prismes dont est la paroi. (Photo Racovitza, 15. Vlll, 21 ]. FiounE 8. ƒglise. Base d'un massif au dŽbut de la pŽriode de fonte. Au premier plan, vieille glace montrant une surface ˆ .aires onduleuses" bien indiquŽes; au fond, stalagmite jeune ˆ deux renflements. fPhoto .J e anne), 30. V. 22.].



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51 R. JEANNEL UN SILPHIDE CAVERNICOLE NOUVEAU DE DALMATIE 51

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1!:1(rait du /Jitlfelin de la SociŽte" 'JIIlomologirtne rte / 'rano:c, 1927. Un Silphide cavernicole nouveau de Dalmatie [CoL.] par le D" H . IEAi'iXEL. Haplotropidius Cadeki, n. sp. Types: grotte du mont K o ra11:1 {leg. I. CADEt.:) Long. 5,5 ˆ Ÿ mm - Aspect gŽnŽral de 1'// .1/m itwii J ii Il., mais un peu plus petit, a\ec les Žlytres moins renflŽs et moins con

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Seance du 13 avril 19'21. H5 vexes. Le pronotum a la mme forme un peu tt:msverse, la ponctuation dEs Žlytres rst semblable; mais la carne mŽsosternale est bien moins dŽveloppŽe, plus basse ct surtout plus courte, atrophiŽe en arrire. Son bord postŽrieur, qui atteint l'apophyse du chez H. J/arianii, tombe bien les cavitŽs coxales chez H. Cadeki ct est de plus trs aminci, irrŽgulier, souvent dcBticulŽ. Dalmatie centrale : avens sur le mont Korana ct Je mont Badanji, situŽs ˆ J'ouest du mont Dinar:1, entre celui-ci et la de Bustisnica (l. ADEK). Cc nouvel 1-Jap/otroplius prendrait place, dans le tableau des espces du genre que donnŽ dans ma Monogr:1phie des Bathysciinae ( .trclt. Zool. e.rp., 63, p. 368), :1 c™tŽ de //. Marianii, dont il {'St facile de le distinguer par la !orme rŽduite de sa carne mŽsostcrnale. Comme chez //. Jlarianii, la forme transverse de son pronotum est en quelque sorte intermŽdiaire entre celle des deux //. Taxi et H. pubescens, ct la qucsti(lll sc pose par consŽquent de savoir s'il existe bien quatre espces distinctes d'Ilaplotropidius. En d'ailleurs, cette question ne me semble avoir qu'une importance trs relative. Il n'est pas douteux que dans ce genre, comme dans bien d'autres (Apluzobius, Charonites, etc.) les formes cavernicoles actuelles dŽrivent toutes d'une seule souche. L'important est le degrŽ des rapports plus ou moins Žtroits que ces formes actuelles montrent entre elles, car c'est ainsi qu'on peut arriver ˆ reconstituer l'histoire Žvolutive de la lignŽe. L'organe copulateur m‰le est identique chez tous les Ilap/ot1opidius connus. La sculpture des Žlytres est trs variable selon les individus. Peut-tre la ponctuation est-elle souvent plus forte chez H. pubescms, mais il n'est certainement pas possible de trou ver lˆ un caractre spŽcifique constant. En fait les Hap/otropidius iiTrPnt seulement par des caractres Žvolutifs. D'une part, on trouve l'//. Taxi, avec sa race subin{latus, localisŽ sur le l\losor c'est-ˆ-dire sur un chainon Dinariquc en bordure de l'Adriatique. Le l\losor .est certainement isolŽ depuis longtemps, de profondes dŽpressions, de la chaine Dinarique princi pale o habitent les autres Haplotropidius. Aussi est-il n11turel que l'//. Taxi s'Žcarte davantage des autres. La largeur de la base de son pronoturn, sa mŽsostcrnalc entire, sont des caractres archa•ques qui sc sont conservŽs dans une lignŽe isolŽe depuis longtemps: Cet isolement justifie la s.Sparation de l'H. Taxi comme espce hien individualisŽe.

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H6 Bulletin de la SociŽtŽ entomologique de France. Les autres llaplotropidius vivent loin de l'Adriatique, sut la cha”ne Dinarique proprement dite et un cha”non parallle, le Svilaja planina. Il en existe au nord (Cadelci : Dinara), au centre (pubescens: Troglav, Prolog, Svilaja), au sud (Jlarianii : Plasa planina, en HerzŽgovine). Ce sont les deux formes du nord et du sud de la chaine dont le pronotum ˆ la forme la plus proche de celle de la souche primitive; la lorme du centre (pubescens) est au contraire plus ŽvoluŽe. On pourrait les tenir toutes trois pour des races gŽographiques d'une espce unique. Mais leurs caractres diffŽrentiels, acquis sous l'action de l'isolement gŽographique sont certainement bien fixŽs. Il est prŽfŽrable, ˆ mon avis, de les inscrire comme trois espces, d'autant plus que chez elles apparaissent dŽjˆ des formes gŽographiques isolŽes qu'il faut cnregistnr comme sous-espces. Il suffira de remarquer que ces trois espces de la cha”ne Dinarique principale sont phylŽtiquement plus unies entre elles qu'elles ne le sont ˆ l'H. Taxi du Mosor. TYPOGRAPHIE FimnNDIDOT ET ete. PAitfS.



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52 52 P. A. CHAPPUIS FREILEBENDE SSSWASSER-COPEPODEN AUS NORDAMERIKA. 2. HARPACTICIDEN

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Sonderabdruck aus dem Zoolog. Anzeiger. Bd. LXXIV, Heft 11/12, 5. 12. 27. Freilebende SŸBwasser-Copepoden aus Nordamerika. 2. Harpacticiden. Von P. A. Chappuis. Akademiscbe Verlagsgesellscbaft m. b. H., Leipzig.

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lm FrŸhjahr 1925 und im Sommer 1926 sandte mir mein Bruder, Rerr Marcel Chappuis, zwei Moosproben, die er in der naheren Umgebung von New York gesammelt hatte, und die sich bei naherer Untersuchung als Copepoden enthaltend erwiesen. Die erste Probe stammt aus einem Talchen bei South Orange, New-Jersey, und wurde am 1 2. April 1925 gesammelt. Der Fundort selbst liegt an einem waldigen Rang, der sich gegen Westen senkt. Der Rang ist mit Jun gwald bewachsen, nur Laubholz, also in dieser Jahreszeit nicht sehr schattig, im Gegenteil, der Boden ist trocken und steinig. Zum Teil tritt der gewachsene Fels zu Tage und just an sol chen Stellen sickert e in bil3chen W asser zwischen den Fel ssc hichten hervor, und wo clas Wasser Ÿber den Felsen rinnt wachst Ÿppiges Moos. Die zweite Probe stammt aus dem Park bei Pelham-Bay, einem offentlichen Park l;lei New York. In der ersten Probe fanden sich nur zwei Rarp act i c idenarlen: Vigui e 1 e lla paludosa Mrz. und MoraTia am e ricana n. sp.; in d er zweiten hingegen fanden sich 6 Rarpacticiden und zwei Cyclo

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303 piden. Diese letzteren wurden schon von Kiefer m dieser Zeitschrift besprochen.t l. Oanthotamptus illinoisensis Forbes. (Fig. l-5.) Diese Art scheint eine grol3e Verbreitung zu haben, denn Forbe s fand sie in Illinois, Pear se mehrere Male zwischen Faden von Vmwheria sessilis in den Quellen im Norden von Fig. 1-5. Conthocainpt11s illinoisensis Forbes :Fig. 1. FŸnftes Heinpaar Fig. 2. Endopoit zweites Beinpaar :Fig. 3 . Endopodit viertes Beinpaar Fig. 4. Endglied des Exopoditen \iertes Beinllaar Fig. 5. Nebenast der zweiten Antenne. Nebraska; Herrik meldet ihr Vorkommen in versumpften 'Vasser-. graben bei Minneapolis, Minnesota, und endlich fand sie sich im Moos aus dem Park von Pelham-Bay, New York. Da Forbes Beschreibung nicht ganz mit meinen Befunde11 Ÿbereinstimmt, und zudem grol3ere Mangel aufweist, soll hier eine. vollstandige Neubeschreibung folgen. Die Unterschiede zwischen der Beschreibnng Forbcs und der vorliegenden Art beruhen gewil3 nur auf.ungenaue Bcobachtnngen des amerikanischen Antors, was sehr begreiflich ist, wenn man bedenkt, daBO. illinoisen.sis im Jahre 1876 von ihm beschrieben wurde. 1 Kief er, F., Freilebende SŸBwasser-Copepoden aus Nordamerika. lCyclo, piden. (Zoo!. Anz. LXXII, S. 262-268).

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304 GroBe der ohne Furkalborsten 1 1 mm und 1,7 mm mit den Borsten; das d' ist gleich groB. Es ist dies ne ben C. sbphylinus der groBte bis jetzt bekannte Canthocamptus. Der Cephalothorax endet nach vorne in ein spitzes, bauchwarts gebogenes dreieckiges Rostrum; die hinteren Ecken der Vorderleibssegmente sind abgerundet aber nicht verlangert; die Hinten-ander sind glatt. Abdomen: Eine Chitinspange deutet die Stelle an, wo clas erste und zweite Segment des zusammengewachsen sind. Am Hinterrand des 1., 2. und 3. Abdominalsegmentes finden sich lateral zwei Ÿbereinanderliegende Dornenreihen; die obere dieser Reihen setzt sich beim 2. und 3. Segment a'!.lCh ventral ununterbrochen fort. Am Hinterrancl des letzten Segmentes findon sich ventral zwei Ÿbereinanclerliegende und seitlioh eine einfache Dornenreihe. Beim d' findet sich am Segment eine einfache, ununterbrochene ventrale Dornenreihe, die schwach lateral Ÿbergreift. Das letzte Segment ist gleich wie beim AuBer diesen Dorucnreihen finclen sioh, wie zum Beispiel auch bei C. staphylimts oder C. northwnbricus Ÿbcrall noch parallele Reihen feinster Dornen; an den Thoraxsegmenten sind sie seltener als an den Abdominalsegmenten, wo sie deutlich bemerkbar sind. Das Analoperkulum tragt am freien Rande eine groBe Zahl kleiner Dornen. Die Furka ist in heiclen Geschlechtern ungefahr von gleicher Form. Diejenige clos ist mu brciter und weniger stark bedornt wie die des (j'. Die ersten Antennen, sind lang, achtgliedrig, erreichen zurŸckgeschlagen bcinahe das Eude des 1. Chephalothora.xsegmentes. Der Sinneslwlbeu des 4. Gliedes ist auffallend kurz er erreicht mu das Eude des 6. Antenn en gliedes. Beim d' ist das -!., den Sinneskolben tragen.de Glied ziemlich stark aufgetrieben, das 7. tragt an der Basis, ahnlich wie C. crassus einen Chitindorn. Die zweite Antenne ist dreigliedrig, der AuBenast (Fig. 5) emgliedrig mit vier Borsten. Die Mundextremitaten zeigen nichts besonderes. Beinpaare : Das erste Beinpaar ist in beiden Geschlechtern gleich gebaut. Endopodit wie Exopodit dreigliedrig; letzterer so lang wie das 1. Glied sejnes Endopoditen. Beborstung gleich wie bei C. northumbricu.s. Der Exopodit des zweitn Beinpaares ist in beiden Geschlechtern gleich. Er besteht a us drei Gliedern ; das erste tragt an der auBeren distalen Ecke einen Dorn; das zweite einen Dorn an der

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305 aul3eren und eine Borste an der inneren distalen Ecke; am dritten Glied finden sich drei Aul3enranddornen, eine Innenrandborste und apical ein langer Dorn und eine Borste. Der Endopodit (Fig. 2) ist beim c! und zweigliedrig, bei beiden tragt das erste Glied einen Dorn an der inneren distalen Ecke; Beim tragt das zweite zwei Innenrandborsten, zwei apicale Borsten und einen bereits dem Aul3enrand angeh™renden Dorn. GegenŸberder unteren Innenrandborste, ein bil3chen mehr distal, findet sich am Aul3enrand ein Chitinzahn, als letzte Andeutung der frŸheren Gliedergrenze. Beim c! ist das zweite Glied mehr zugespitzt, und es fehlt ihm der dem Aul3enrand angeh™rende Dorn. Aul3erdem findet sich auf der Aul3enseite im letzten Viertel eine kleine Einkerbung, in welche der AusfŸhrungsgang einer DrŸse zu mŸnden scheint. Auch beim c! findet sich der beim erwahnte Chitinzahn. Der Exopodit des dritten Beinpaares c! und ist dem des zweiten gleich, mit dem Unterschiede nur dal3 am letzten Gliede eine zweite Innenrandborste auftritt und dal3 beim c! der Dorn an der aul3eren distalen Ecke des zweiten Gliedes sehr stark entwicke}t ist. Der Endopodit dieses Beinpaares ist beim im Gegensatz desjenigen des zweiten Beinpaares noch dreigliedrig; die zwei Gliedmal3en sind sich aber sonst sehr ahnlich, nur das dritte Glied weist eine Innenrandborste mehr auf. Beim c! ist der Endopodit nach dem Ÿhlichen Schema gebaut: das erste Glied tragt einen Dorn an der inneren distalen Ecke ; die dornartige V erlangerung des zweiten Gliedes erreicht das Ende der langsten Borste des dritten Gliedes. Seine Spitze ist mit einem deutlich sichtbaren doppelten Wiederhacken bewehrt ; das dritte Glied konisch mit zwei ungleich langen befiederten Borsten. Das vierte Beinpaar ist in beiden GE:lschlechtern ungefahr gleich gebaut, der einzige Unterschied liegt darin, dal3 der apicale und der subapicale Dorn des Endgliedes des Exopoditen beim c! gegeneinander gekrŸmmt sind (Fig. 4) und so eine Art Schere bilden. Sonst ist der Exopodit dem des dritten gleich. Der Endopodit (Fig. 3) ist zweigliedrig, mit einer Innenborste am ersten Glied; drei Innenrand, und eine apicale Borste und ein apicaler Dorn am zweiten Glied. Das fŸnfte Beinpaar (Fig. l) ist groG beim tragt das langliche Basalglied sechs dicke, das langlich ovale Endglied fŸnf kurze Borsten und einige kleinere Dornen. Beim c! ist das Balsaglied schwach ausgebildct und tragt drei dicke Dornen, das Endglied, weniger lang als dasjenige des tragt fŸnf kurze Borsten. In 7.ool. Anzeiger. Bd. LXXIV. 20

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306 beiden Geschlechtern ist die mittlere der fŸnf Borsten des Endgliedes unbewimpert. Fundort: Park bei Pulham-Bay, New York. †ber die Verwandtschaftsverhaltnisse clieser Art konnen wir uns uoch nicht mit Sicherheit aussprechen, clenn elie Harpacticidenfatma Norclamerikas ist noch zu wenig bekannt. Ein Verglcich jecloch mit enropaischen Arten zeigt, claJ3 clieses Tier teils mit O. north1trnbricus, teils mit O. crassus viel Ahnlichkeiten aufweist. Vielleicht kann uns clas Studium cler nordamerikanischen Arten auch Anfschlnf3 Ÿber die Beziehnngen clieser zwei europaischen Arten geben, elie vermutlich noch mit ancleren in eine gemeinsame Grnppe zusammenzufassen sind. 2. Oanthocarnptus minutus rninnesotensis Herrik. Obwohl elie Beschreibung Herriks sehr summarisch ist, konnen wir leicht die Zugehorigkeit des O. minnesotensis zu O. minutus Claus feststellen, clenn neben cler Dreigliedigkeit der pocliten der drei msten Beinpaare erwahnt er noch folgencle Merkmale: >>The caudal stylets are very short, qnadrate in outline and weil armed with spines. The fifth foot of the female has four long and two short spines on the inner lamina, and the terminal joint has five unequal spines. In the male the fifth foot has two spines on the lamina and six on the second joint, one being a small bristle. The male antenna is of pecnliar form. The teeth of the anal plate are large and emarginate.<< Auch die beigegebenen Figuren zeigen eine gewisse †bereinstimmung mit O. 'f!tnutus. In dem mir vorliegenclen Material aus dem Park bei PelhamBay fanden sich mm einige Exemplare einer schr nah mit O. minutus verwanˆten Art, elie zweifellos mit cler Hcrrik vorgelegenen iclentisch ist. Die Unterschiecle zwischen O. minutus und O. rninnesotensis sind aber so gering, daJ3 die Aufstellung einer besonderen Art nicht angezeigt erscheint. Die subsp. minnesotensis unterscheiclet sich von O. minutus Claus (nach Schmeil) clnrch folgende Merkmale: Am ersten Beinpaar ist in bciden Geschlechtern am ersten Glied des Endopocliten eine Innenrandborste zn finclen. Das Enclgliecl des Exopocliten des vierten Beinpaares ist ein wenig langer als das zweite Gliecl; es tragt sie ben gut entwickelte Dmnen und

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307 Borsten statt nur sechs. Beim ci hat das Endglied des Endopoditen des vierten Beinpaares nur drei Borsten anstatt vier. Der Unterschied in der Bewehrung des Innenrandes des Endopoditen des ersten Beinpaares konnte auf einem Irrtum Schmeils beruhen, denn diese Borste bricht leicht ab, und ich habe bei O. minutus a u s SŸdfrankreich, Ungarn und SiebenbŸrgen das Fehlen dieser Borste nicht bemerkt. Auch bei Sars fehlt sie nicht. Ein groBer Unterschied zwischen dem O. minutus nach Schmeil und nach Sars findet sich aber in der Ausbildung des Endgliedes des Exopoditen des vierten Beinpaares. Bei Schmeil ist dieses Glied viel kŸrzer als das vorhergehende und tragt sechs Borsten und Dornen. Bei Sars ist es ein biBchen langer als das zweite Glied und tragt sieben Anhange. Die europaischen Exemplare, die ich untersuchen konnte, stimmen mit der Schmeilschen Beschreibung Ÿberein, sie stammten alle aus sŸdlichen oder sŸdosteuropaischen Gegenden Offenbar haben die skandinavischen Individuen mehr Ahnlichkeit mit den amerikanischen als ihre sŸd-, mittelund osteuropaischen Artgenossen. Das leichte Erkennungsmerkmal fŸr O. minutus, die doppelspitzigen Zahne des Analoperkulums tragt vielleicht die Schuld, daB nicht frŸher schon diese Unterschiede zwischen der Sarschen und der Schmeilschen Beschreibung festgestellt worden sind, denn die meisten Autoren begnŸgen sich leider mit der Feststellung nur eines Merkmals und dehnen, haben sie einmal das Tier bestimmt, ihren Vergleich nicht auf alle GliedmaBen aus. Der ebenerwahnte Unterschied jedocli. so klein er an und fŸr sich ist, kann uns einen Wink fŸr die Abstammung der Arten geben, die der minutus-reihe angehoren. Denn weder O. minutus noch O. Vejdowskyi oder die folgende neue amerikanische Species ist die Stammart, aus welcher sich die vielen Arten dieser Reihe entwickelt haben. 3. Oanthocamptus newyorkensis n. sp. (Fig. 6-ll.) Allgemeine Gestalt ahnlich wie O. minutus Claus, mit welcher Art diese neue Species sehr nahe verwandt ist. Im folgenden werden deshalb nur die von O. minutus abweichenden Merkmale angegeben. Abdomen: Die Dornenreihen des Segmenthinterrandes finden sich nicht am Ende, sondern im unteren Drittel der Segmente; beim fehlt am ersten Segment die obere kurze Dornenreihe. Am letzten Segment hingegen ist die bei O. minutus nur laterale Dornen20*

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308 reihe auch ventral ausgebildet. In beiden Geschlechtern ist das Analoperkulum unbewehrt. Die Furka ist etwas langer, beim sitzen die Furkalborsten dem Ende der Furka auf. Beinpaare: Endopodit des zweiten Beinpaares d' (Fig. 8) ohne Borste am Basalglied; beim d' ist das zweite Glied breiter als bei G. minutus, beim ist die innere Apicalborste des Endgliedes Fig. 611. Canthocamptus newymkensis n. sp. Fig. 6. Endopodit drittes Beinpaar Fig. 7. Endopodit viertes Beinpaar Fig. 8. Endopodit zweites Beinpaar d'. Fig. 9. Endopodit viertes Beinpaar d'.Fig. 10. FŸnfter 1<'uB Fig. 11. FŸnfter FuB d' kŸrzer. Am dritten Beinpaar d' endet die dornartige Apophyse des zweiten Gliedes des Endopoditen in zwei breiten, star ken Widerhaken; beim (Fig. 6) ist der Endopodit demjenigen des zweiten Beinpaares gleich, nur mit einer Borste mehr am AuBenrand des Endgliedes und einer Borste am Basalglied. Am vierten Beinpaar tragt der Exopodit am dritten Gliede in bei den Geschlechtern die normale Dornenzahl am AuBenrande, ist also gleich gebaut

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309 wie beim dritten Beinpaar. Der Endopodit tragt beim (Fig. 7) vier, beim 3 (Fig. 9) drei Borsten, also eine Borste weniger als bei C. minutus. Basalglied des fŸnften Beinpaares (Fig. 10) mit nur fŸnf Borsten, Endglied ebenfalls mit fŸnf. Beim 3 (Fig. 11) sind die zwei Dornen des Basalgliedes kŸrzer und starker ausgebildet. Fundort: Park bei Pelham-Bay. 4. Canthocamptus pygmaeus Sars. Von dieser in Europa weit verbreiteten Art wurden nur wenige ' Exemplare gefunden, die in allen mit den altweltlichen Artgenossen Ÿbereinstimmen. 15 ;\ Fig. 12-15. Moraria americana n. sp. Fig. 12. FŸnfter FuB 13. FŸnfter FuB cr.Fig. 14. Endopodit viertes Beinpaar Fig. 15. Endopodit viertes Beinpaar cr. 5. Mor aria americana n. sp. (Fig. 12--15.) Weibchen: Korper eher Cantlwcamptus als Moraria ahnlich; Hinterrander aller Korpersegmente glattrandig. Die Abdominalsegmente haben an ihrem Hinterrande eine ventrale Dornenreihe, die lateral Ÿbergreift. AuBerdem finden sich auf den letzten Chephalothoraxund samtlichen Abdominalsegmenten dorsal und lateral zerstreut noch einige Reihen kleinster Dornchen, die nur

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310 bei sehr starker Vergr™Berung zu sehen sind. Rostrum lang, mit ventralwarts gebogener Spitze. Analoperkulum groB, der freie Rand k.reisbogenf™rmig. Furka verhaltnismaJ3ig kurz, nur so lang, wie das letzte Abdominalsegment. AuBere Furkalborste auffallencl kurz, etwa nur zweimal so lang wie die Furka. Erste Antenne siebengliedrig, der Sinneskolben des vierten Gliedes erreicht die Mitte des Endgliedes. Die Exopodite der vier ersten Beinpaare wie bei M. Duthiei Scott. Das Endglied des Endopoditen des etsten Beinpaares tragt vier Anhange : an der AuBenseite, Ÿber einem kleinen Dorn, subapical einen langen ge bogenen Stachel, apical eine sehr lange und eine kleine Borste, und an dem Innenrande eine starke Borste. Die Endopodite der folgenden Beinpaare (Fig. 14) sind ebenfalls zweigliedrig und einander ahnlich: Das erste Glied tragt an der distalen Innenecke einen gut entwickelten Dorn, das zweite Glied apical zwei Borsten und einen Dorn und beim dritten und vierten Beinpaar auBerdem noch eine Innenrandborste. Das fŸnfte Beinpaar (Fig. 12) Oanthocamptus ahnlich, tragt an seinem stark vorgezogenen, das zweite Glied fast Ÿberragenden inneren Teile sechs Borsten ; das langlich ovale Endglied tragt fŸnf Borsten. Das Mannchen ist ein wenig kleiner; die K™rperornamentik, das erste Beinpaar und die Exopoditen sind wie beim Der Endopodit des zweiten Beinpaares zweigliedrig; das erste Glicd triigt am AuBenrand einen dicken Dorn, und einen schwacheren an der inneren distalen Ecke. Das zweite Glied schlank, mit zwei apic a len Borsten. Der Endopodit des dritten Beinpaares ahnlich wie bei den anderen Momria, derjenig e des vierten Beinpaares (Fig. 15) tragt an der inneren distalen Ecke des ersten Gliedes einen Dorn; am zweiten Gliede nur eine groBe, befiederte Innenrandborste und apical den bei den meisten Mora ric t vorkommenden zapfenzieherahnlichen Dorn AuBerdem findet si ch auf der unteren Flache des Glied e s e in dornartiger Auswuchs. Das fŸnfte B e inpaar (Fig.13) mit zwei dicken Dornen am w e nig vorgezog e n e n inneren Teile des Basalgliedes. Das zweite Gliecl mit fŸnf Borsten wovon die mittlere apical und stark entwickelt ist. Fundort: Moosrasen in einem Talchen bei West-Orange, New Jers e y. M o1 a ria affinis n. sp. (Fig. 16 20.) K™rp e r, Ornamentik und Furka wi e bei d e r vorh e rg e h e nd beschriebenen Art. Analoperculum groB, stark vorgezogen je

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311 doch keine Spitze bildend. Erste Antenne achtgliedrig, bei einigen Exemplaren war die Teilung zwischen den letzten zwei Gliedern nicht deutlich sichtbar. Der Sinneskolben des vierten Gliedes klein, in der Mitte verdickt. Am Endglied des Endopoditen des ersten Beinpaares ist die Innenrandborste schwacher ausgebildet als bei M. arnericana . Exopodite der vier ersten Beinpaare wie bei Fig. 16-20. liioraria atfinis n. sp. Fig. 16. Endopodit zweites Beinpaar Fig. 17. Endopodit zweites Beinpaar (S. Fig. 18. Endopodit viertes Beinpaar (S.Fig. 19. FŸnfter FuB Fig. 20. FŸnfter FuB (S. M. Duthiei Scott. Endopodite des zweiten (Fig. 16) bis vierten Beinpaares gleich gebaut: das erste Glied mit einer Borste an der inneren distalen Ecke, das zweite Glied mit drei grol3eren distalen Borsten und einigen (zwei bis drei) kleinen Dornen am Aul3enrande. FŸnftes Beinpaar (Fig. 19) breit, die Innenseite des Basalgliedes wenig vorgezogen mit sieben Dornen und Borsten. Das beinahe lueisrunde zweite Glied mit fŸnf Borsten.

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312 Das cJ unterscheidet sich vom in folgenden Merkmalen: Die erste Antenne ist prehensil, der Sinneskolben gr™Ber, aber auch in der Mitte verdickt. Endopodit des zweiten Beinpaares (Fig. 17), wie bei M. americana, mit einen dicken Dorn auf der AuBenseite und einer Borste an der Innenseite des Grundgliedes und an dem zweiten, schmaleren Gliede zwei ungleich lange apicale Borsten. Endopodit des dritten Beinpaares zweigliedrig. Das erste Glied mit einer Borste; beim zweiten Glied, auf halber Rohe ein dornartiger Auswuchs, der die Hingste der zwei apicalen Borsten Ÿberragt. Beim Endopodit des vierten Beinpaares (Fig. 18) finden sich an der inneren und auBeren distalen Ecke des ersten Gliedes je ein Dorn; der auBere ist schwach ausgebildet und kann bisweilen fehlen. Am zweiten Gliede am Innenrande drei apicalwarts langer werdende Borsten und apical der zapfenzieherformige Dorn. Das fŸnfte Beinpaar (Fig. 20) mit einem schwach vorgezogenen Grundglied, das zwei dicke Dornen tragt und langlichem Endglied das fŸnf Borsten tragt. Fundort: Park bei Pelham-Bay New York. Die zwei hier neu beschriebenen Moraria-Arten sind untereinander gewiB nah verwandt. Dies wird durch die groBe Ahnlichkeit in der Ausbildung des Korpers 'und seiner Ornamentik, der Furka, Analoperkulum und Beinpaare, angedeutet. Unterschiede finden sich hauptsachlich in der Gliederzahl der ersten Antennen, cler Ausbildung des Endopoditen de s vierten Beinpaares cJ und des fŸnften Beinpaares Diese Unterschiede sind groB genug um Moraria americana und Moraria affinis als selbstandige Arten gelten zu lass e n. Die Nachstverwandten unserr neuen Arten scheinen die zwei nordischen Arten M. Duthiei und M. similis zu sein. Epactophan e s Richardi m1t s c i cola Richters. Es fanden sich von dieser weitverbreiteten Form nur zwei im Moos aus dem Park bei Pelham-Bay vor; sie unterschieden sich in nichts von ihren europaischen Artgenossen. Viquierella paludo s a Mrazek. Die in der Moo s probe von West-Orange vorgefundenen 6" und stimmen in allen Merkmalen mit der Beschreibnng Mrazeks Ÿberein. Da ich das Material im lebenden Zustande unten.uchen

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313 konnte, so es mir m™glich, die schon von Mienkiewicz 1 gemachte Beobachtung zu wiederholen, daJ3 auch diese Art ein pulsierendes Organ in der MaxillendrŸse besitzt. Die Bemerkung Brehms in KŸclnthals Handbuch der Zoologie (Bd. III, S. 453): <.Sonderbarerweise kommt dieser Apparat nur der einen Art der Gattung Viguierella zu, wahrend die andere Art, Viguierella paludosa Mrazek, seiner entbehrt ... > ist also hinfallig. 2 1 Mienkiewi cz, G., Weitere Untersuchungen Ÿl>er die Harpacticiden der Wigryseen (C H.. rl. 1. Station hydrobiologique de Wigry T. l 1923.) 2 lch bPnŸtze die GeiPgenheit, um einen zweiten lrrtum Br eh ms richtigzustellen. Die Fortsetzung des ouen zitierten Satzes !autet: ,, .... was um so mehr auffiiJlt, ais di<.>ses sonderbare Organ bei der dur<:h ihr hohes phylogenetisches Alter ausgezeichneten Gattung Balh!fTiella unter den Malacostraca (Syncarida) Diese Auffassung ist nicht richtig, denn das pulsative Organ liegt bei Vi,quierelln. im Coelomsackchen, wahrenddem es bei Bathynella am Ende des AusfŸhrungsganges des Nephridialkanals liegt. Diese zwei seltsamen, pulsativen Organe sind weder analog noch bomolog und konnen gar nicht miteinander verglichen werden, da sie ganz verschiedenen Ursprungs und verschieden gebaut sind.



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LUCRRILE INSTITUTULUI DE SPEOLOGIE DIN CLUJ TRAVAUX DE L'INSTITUT DE SPƒOLOGIE DE CLUJ

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.., LUORARILE INSrril'Ul'ULUI l)E DIN OLUJ rr lt A V AU X D E L' IN S rr I'r U rr D E S P 0 L 0 G I E DE CLUJ TOl\-:IUL III. (NRE 4952) CLUJ DF. L'INSTITUT DE SPƒOLOGIE STRADA MIKO, No 5, CL U J, (R 0 U 111 AN 1 F.) Pre\ul (Prix) 30 lei aur (francs or) 1928,

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Table des Matires d u t o rn e Ill. (393 pages, 366 figures). NumŽro 49. R. JEANNEL. Monographie des Trechinae. Morphologie comparŽe et distribution gŽographique d'un gl'oupe de ColŽoptres. Premire Livraison. (L'Abeille, Paris, t. 32, p. 221-550, 336 fig.Paru le 1 juin 1 926). NumŽro 50 E. G. fucovnzA. Observations sur la Glacire naturelle dite ,Ghetarul dela Scaril;;oara". (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. 3, 2¡ partie, p. 75-108, 10 fig., pl. [-lV. Paru le 28 janvier 1927). NumŽro 51. R .TEANNEL. Un Silphide cavernicole de Dalmatie [Col.]. (Bull. Soc. entomol. France, Paris, 1927, n¡ 7, p. 114-116. Paru le 20 mai 1927). NumŽro 52. P. A. CHAPPUis. Freilehende SŸsswasser-Copepoden aus Nordamerilm. 2. Harpacticiden. (Zoolog. Bd. 74, Heft 1112. p. o02-313, 20 fig. Paru le 5 dŽcembre 1927). Index. E. G. RAcoviTZA. Index des espces ct des groupes supŽrieurs, dŽcrits ou nouveaux (5 pages).

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A V A N T P R 0 P 0 S. Il me semble convenable de rappeler aussi en tte de ce volume, que les TRA\TAUX DE L'INSTITUT DE ne sont presqu'entirement qu'une collection, mŽthodiqLiement rŽunie par volumes, de tirages-ˆ-part de travaux dbjˆ publiŽs dans d'autres revues, et qu'ils sont destinŽs a rendre lrs services que l'un attend des Collections de travaiL), des cHandapparate" comme disent les Allemands. Si sur ce point, c'est que je tiens ˆ ce que notre publication ne soit pas rangŽe dans la catŽgorie des pŽriodiques times qui encombrent de leur pullulement dŽsordonnŽ la bibliographie actuelle de toutes les sciences et surtout celle des biologiques et zoologiques. Pourquoi il serait injuste de faire semblable confusion, et pourquoi nous croyons, nu contraire, avoir fait oeuvre c utile en prenant l'initnilive de celte Ždition, je l 'ai suffisamment expliquŽ dans l'Avant-propos du premier volume pour ne plus y revenir ici. Le nombre des travaux rŽunis dans ce troisime volume est rŽduit ˆ quatre (n¡ 8 49 ˆ 52) parce que le premier mŽmoire, ˆ lui seul, compte 330 pages. Ce mŽmoire esl la p1emire (les trois parties d'une monographie que JEANNEL consacre aux Trechinae et qui reprŽsente une vingtaine d'annŽes de recherches sm ce groupe si no:nbreux de ColŽoptres rŽpandus dans le monde entier. Les Trechinae forment une sous-famille parfaitement dŽlimitŽe el chomo gne ; les nombreuses espces qui la composent peuplent tous les continents;. les colleC!lions des grands musŽes mondiaux contiennent un grand nombre d'exemplaires; voilˆ des conditions de choix pour vŽrifier si les recherches faites sur les clignŽes homognes" donnent les rŽsultats satisfaisants que promet la doctrine si Žnergiquement pr™nŽe par les fondateurs de BJOSPEOLOGICA. S'il est exact que, dans la pŽriode scientifique actuelle, seules les Žtudes biologiques (au sens large) compmŽes effectuŽes ˆ cl'intŽrieur des lignŽes homognes" peuvent fournir des rŽsultats fŽconds et moins exposŽs aux tra”trises des causes d'erreur, la monographie de J EANNEL devrait rŽpondre ˆ ces espŽrances ; il semble bien qu'il en est ainsi ˆ en juger par les conclusions de cette premire partie. Je ne puis, ni ne veux, analyser ici toul ce (rue la Monographie de JFANNEL apporte de neuf en anatomie comparŽe, morpholo6ie gŽnŽrale, taxonomie, biogŽographie et phylogŽnie des ColŽoptres. Qu'il me suffise de mentionner seulement qu lques points. Gr‰ce ˆ l'application mŽthodique des doctrines de BIOSPEOLOGJCA, il est dŽmontrŽ, en morphologie gŽnŽ1ale, que l'on peut retrouver le dactylos des CJUslacŽs chez les ColŽoptres, mais tout-ˆ-fait rudimentaire ct que l'on peut (pour la premire fois) conna”tre

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VIII l'exacte signification des ongles, qui ne sont autres que l! s homologues spŽcialisŽs des Žpines de la rangŽe distale du propodos des CrustacŽs. Il est dŽmontrŽ en phylogŽnie, eonfirmant ainsi une gŽnŽralisation dŽjˆ formulŽe qui devra tre ŽrigŽe en loi gŽnŽrale, que les T1echinae tl'Oglobies sont toujours des relictes, surtout trs anciens, qui montrent aussi bien des spŽcialisations orthogŽnŽtiques trs ŽvoluŽes, que des caractres palŽogŽniques, el mme larvaires, trs primitifs, donc hautement intŽressants. Il est proposŽ, en palŽobiogŽographie, unP. histoire, sans solution de continuitŽ, des Trechinae, depuis le dŽbut du secondairt>, une naration cohŽrente qui fixe la patrie de leurs lignŽes composantes sur les anciens continents de Gondwana et d'Angara el qui dŽcrit l! urs mig1 a ti ons, leurs dispersions el subdivisions en lignŽes secondaires, rm rapport avec la naissance, la surrection, la submersion, la fr11gmentation el la glaciation, en un mol uvee l'Žvolution, des terres et des massifs montagneux. ll e't trs naturel que l'exposŽ de ,d'inventeur reflte une assurance, el souvent une certitude, que le lecteur impartial ne peul compltement partager, mme lorsque ce lecteur est comme moi un des plus anciens et des plus fervents protagonistes de la mŽthode des lignŽes homognes. Un matŽriel plus abondant, et une phylogŽnie plus dŽtaillŽr, appot teront certainement des modifications ˆ cette cHistoire des Trechinae de JEANNEL; elle offre nŽanmoins un bon exemple de l'efficacitŽ de la mŽthode r1u'il a suivie, par l'aisance avec laquelle dans son exposŽ se superpost>nt les phŽnomnes morphologiriues et palŽogŽographiques, par l'aspect cohŽrent qu'y prennent les successions de ces phŽnomnes dans le teJllps et dans l'espace. Ces rŽsultats trs satisfaisants pour l'espr:t ne peuvent tre obtenus par l 'Žlude de la biopalŽogŽographie des trs grands groupes hŽtŽrognes, errement qui se pratique eucore hŽlas! gŽnŽralement. S e u 1 e s l es h i s t o i re s d Ž tai ll Ž c s du plu s g ra n d n o mhre possible de lignŽes homogues peuvent procurer le s 111 at Ž r i a u x n Ž c e s s a i re s a u x g Ž n Ž r a 1 i s a t i o n s b i o g Ž o g r ap h i q u e s f Ž c o n d e s e t f o u ru i r ˆ c e t t e d i s c i p 1 i n e 1 e s b ases rigoureusement scientifiques qui lui manquent actuellement. Le mŽmoi1 e n¡ 50, d”t ˆ RACOVITZA, donne la description d'un trs intŽressant c monument carslique, ainsi que des curieux phŽnomnes c glaqui s'y passent. Il s'agit du cGhet ar de Scl!.ri!?oara:t, qui est une vaste caverne contenant une glacire naturelle, depuis longtemps connue des touristes mais qui mŽrite d'attirer Žgalement l'attention des naturalistes. L'auteur soutient, en effet, lfUe la caverne est occupŽe par un trs puissant massif de glace fossile. ce qui pour la latitude du lieu est un fait unique jusqu'ˆ p1 Žsent. Sur le plancher de niveau invariable formŽ par la glace an c i e n n e, il se forme une couverture de glace a n n u e ll e qui se constitue au printemps et qui dispara”t plus ou moins compltement dans le cours de l'annŽe. Celte formation temporaire prend les aspects les plus divers, celle de magnifiques colonnes entres autres. La structure si compliquŽe de ces translucides piliers de plus de 3 m. de hauteur, l'Žvolution curieuse que suhissrnl les agencemPnts des ( rislaux dont leur paroi est formŽe, leur naissance, comme lem dŽcroissement el leur mn t'li, offrent des problmes qui sont loin d'tre rŽsolus. D'autres formations, conune le givre, les couches

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IX de glace transparente, les stalactites etc., demandent encore bien des Žtudes dŽtaillŽes et surtout exŽcutŽes avec des appareils et instruments de prŽcision qui onl manquŽ ˆ l'auteur. Ces Žtudes seront d'ailleurs relativement facile dans l'avenir puisque RACOVJTZA, comme prŽsident du Club de touristes Fr!i(ia munlean!i (la fraternitŽ montagnarde), a rŽussi ˆ faire Ždifier un refuge confortable, ˆ cet endroit aussi ŽloignŽ des centres habitables que difficilement accessible. La morale de cette petite histoire s'Žnonce ainsi: te Naturaliste qui veut aboutir doit avoir souvent plusieurs cordes ˆ son arc La description par JEANNEL d'un Bathysciinae cavernicole nouveau de Dalma lie forme le cahier n¡ 51, et le fascicule n¡ 52 et dernier est d”t ˆ CHAPPUIS qui y dŽcrit un certain nombre de CopŽpodes muscicoles des ƒtals-Unis. Ce n est rtu'un paragraphe isolŽ d'une vaste enqute que mon collaborateur actuel ˆ la Direction de l'Institut de SpŽologie a entrepris sur les Harpacticides en gŽnŽral et ˆ laquelle l'a entra”nŽ l'Žlude des formes cavernicoles et la nŽcessitŽ de dŽterminer avec prŽcision la phylogŽnie des diverses lignŽes de ces dernires. Encore un des effets de la cmŽlhode des lignŽes homognes qui n'est pas fait pour dŽplaire ˆ son sectateur inpŽnitent. L'apparition du quatrime volume de ces TRAVAUX peut lre promise pour 1929 a,ec d'autant plus d'assurance que presrrue lout son contenu esl dŽjˆ sous presse. E. G. RACOVITZA.



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INDEX INDEX DES ESPCES DƒCRITES 'ft:av. lnst. SpŽol. 1'. lii. Index.

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TRAVAUX DE L'INSTITUT DE SPƒOLOGIE DE CLUJ TOME Ill. INDEX DEH ESPCES DƒORJrES par E. G. Uacovitza Le volume est composŽ de quatre travaux (NumŽros 49 d 52) parus dan1 diverses revues et ayant gardŽ leur pagination originelle. Deux indi.cations sont donc nŽcessaires pour chaque renvoi de l'Index. 1. Un chiffre arabe, en caractres gras, indiquant le numŽrD du mŽmoire. 2. -Un chiffre arabe, en caractres courants, indiquant les pages. L'index mentionne toutes les esr1ce1 nouvelles, et les dŽcrite1, ˆ. l'exclusion des espces simplement citŽes sans commentaires; il indique aussi les catŽgories taxonomiques supŽrieures nouvelle1 ou de diagnoses Les description8 accompagnŽes de figures sont signalŽes par l'abri!via.tion: fig. COPF:PODA affinis n. sp. (Moraria), 52. 310 (fig.). americana n. sp. (Moraria), 52. 309 (fig.). illinoisensis (Canthocamptus), 52. 303 (fig.). minnesotensis (Canthocamptus minutus), 52. 306. muscicola (Epactophanes Richardi), 52. 312. newyorkensis (Canthocamptus), 52. 307 (fig.). paludosa (Viguierella), 52. 313. pyg-maeus (Canthocamptus), 52. 309. UOT,F:OPTERA Aepini nov. tribus, 49. 440 (fig.). Aepomorphus nov. genus, 41. U7 (fig.). Aepopsis (genus), 49. -i52. Aepus (genus), 49. 462. affinis (Plocamotrechus), 49. 536. t\fricanus n. sp. (Perileptus s. etr.); 49. 421 (fig.). Alluaudi (Plocamotrechus), 49. 543 (fig.). Alluaudi n. sp, (Trechodes), 49. -iQ5 (fig.). ambiguus (Trechus?), 49. 548. Amblystogenium (genus), 49. 520. Andrewesi (Neoblemua), 49. 480 (fig.).

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4 I ND E X anta:rŽtic:a (Temnostega}, 4.9. 458 (fig.). Apoplotl'‘chus (g.‘iiifs), 49. '437. areolatus (Perileptus s. str.), 49. 409 (fig.). . aterrimus (Trechus?), 49. 547. Audouini (Aepomorphus), 49 451 (fig ). Babaulti n. sp. (Trechodes), 49. 497 (fig.). Bakeri n. sp. (Trechodes) 49. 491 (fig ). baldiensis (Trechobembix) 49. 501 (fig.). Bedoci (Neoblemus), 49 436 (fig.). bipartitus (Trechodes), 49. 493 (fig.). 49. 494. n oin. nov . : (Plo.c.amoliŽcl†s)," 49. 53:i (fig.). n .. sp. (1'h i iiossophUus), 49. . 519 †•g:). Ca deki .. 114, Came'ol) (Perileptus s. -. str, ), .. 49. 427 (fig;). oa:ulieps .. 490 (fig,) ceylanicus (Perileptus s. str.), 49. -41:6 (fig,) : Championi (Neoblemus), 49. 434. constiicticeps (Perileptus Pyrrhotachys), 49. 429 (fig.). Cyphotrechodes nov. genus 49. 480. dentic™llis (Perileptus s. str ), 49. 426 (fig.). gahaŽcus -il. sp. (Aeptis), 49. 468. (fig.). (Cyphotrechodes), 49. 482 (fig.). gracilicornis (Aepus) 49. 4 68 (fig ) gravis (Plocamotrechus), 94. 53 8 (fig ). hesperidum (Perileptus s. str.), 49 423. . humidus (Perileptus s. str.), 49 : {19. imaicus (Periteptus s. str }, 49 425 (f i g.). indicus : { P eril e ptu s s : str.}, 49. 417 (fig:). {ˆponiŽus (Perfleptu s !!. s tr;)\ ' 4 9. 414 (fig ). (Plo:ca:motrechu!!!);: 49. 54 0 (fig.). Kehy‘nsis n. sp. (Trechodelf), 4 9 498 (fig.). kilimanus (Plocamotrechus), 49 54 2 (fig.). kilimanus n. sp (Trechodes), 4'1. 498 (fig.). laetulus (Treclius?), 49. 5'50. (Trechodes), 49. 500. longioornis : (Thalassophilus), 49. 515 (fig.). Macleayi (Paratrechodes), 49 5 0 2 .. ffig.) . madecassus (Perileptus s. str.}, 49. 419 (fig.). marinus (Aepus), 49. 4G6 (fig). n. sp. 94 499 (fig ). .. n. sp. s. 1:1tr ) 49 416. .. Neoblemus (genus) 49. 432 nigritulus (Perileptus s. str.), 49 412 (fig.). pa.cifiŽull}. (Aml;llystogenium),. 49 524 (fig.). Paratreohodes l).pv : genus, 49. r)OO. parilis (Plocamotrechq!3), ; 531 : (fig ) . Perileptini nov. tribus, 49. 3!J7 (fig.). Per†eptOdes nov. : genus, 49. t30. Perileptus (.genus), 49. 402. pilifer n. sp. (Perileptodes}, 49 : 431 (fig.); platypterus (Perileptus s. str.). 49. 423' : (fig.) Plocamotrechus nov. genus, 49. 525. promontorii (Perileptus Pyrrhotachys) 49 428 (fig ). pusillus (Perileptus s. str.}, 49. 41 7 J1itlde s iae 1 n : -s p. (Plocaniotrechqs) : 4!1. 537 (fig.). Hobini (Aej10psis), 49 ; 454 (fig:). robustus (Perilepfs s .. 'Btr.}, 49. 415' '(tig.). rfipes 49 535 (fig.).

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INDEX 5 rutilus (Perileptus s. str.), 49 .i21 (fig.). scit!Jlus (Trechus?), 49. 549. sccalioides (Trechodes), 49. 492. sexpunctatus (Sporades), 49. 505 (fig.). solutilis (Trechosia), 49. 545 (fig.). Sporades (genus), 49. 504. Stierlini (Perileptus s. str.), 49. 420 (fig.). strigipennis (Apoplotrechus), 49. 43!) (fig.). tabulae (Plocamotrechus), 49. 533 (fig ). Temnostega (genus), 49. 456. testaceus (Pcrileptus Pyrrhotachis), 49. 42!J (fig.). testaceus (Thalassobius), 49. 461 (fig.). Thalassobius (genus), 49. 459 Iig.). Thalassophilus (genus), 49. 510. Trechobembix nov. genus, 49. 506. Trechodes (genus), 49. 484. Trechodini nov. tribus, 49. .!69 (fig ). Trechosia (nov. genus), 49. 544. vivax (Plocamotrechus), 49. 537. Whitei (Thalassophilus), 4q, 518 (fig.). Wollastoni (Perileptus s. str.), 49. 413. LARVAE COLEOP'I'EUOUUM antarctica (Temnostega), 49. 385 (fig.) Anubis (Duvalius pseudoparoecus), 49. 39:3 (fig.). Bolivati (Iberotrechus), 49. 386 (fig). llreuili (Trechus), 49. 386. Breuilianus Pataphaenops), 49. 395 (fig.). Brujasi (Duvalius), 49. 389. cardioderus (? Trechus), 4q, 388 (fig.). caussi co la (Speott echu s Mayeti), 49. 395. Chappuisi (Duvalius). 49. 391 (fig.). cognatus (Duvalius), 49. 389 (fig). convexicollis (Duvalius), 49. 389 dilatatus (Duvalius), 49. 394.
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' f \ 1 f 'Jt.r, r /' , r . i ' AftCHIUfS:Df ZOLO&If fKPfRIMfHIALf & &fHfRALf 1 ' JI t ' j ' mstoi re Morphologie ... Histologie ƒvolution animaux F ' ondŽes HENRI nE LAcAzE-DuTHIERs ': ; 1 Contin'†,Žes par G. PRuvoT et E.-G. RAcoviTZ , ta: ; 0. FA<;tE 'iŽt E.-G. ... 1 Zoo.9gie gŽnŽ1ale, 1872 par LACJ\ZE'-DUTHIER.s, _comptent 10 V:$!1lumes pUbliŽs sont ventf;) la Lib;rairie H. b/;l Soudier 1.7 4, Paris (6¡). i 'li .: f 1 1/.,. ) .: Ces sont /&e. faon Tomes 1 ˆ 10: t_re Sene, tomes 1 }jJ' ,. ,.. t lltˆ -et Wbis. J ' ...:..::.:. J 21 ˆ -1 ', 1 hJ{). .. /fj / -1 0 .. 7 1 1 '' 'i fi 31 + ,, i 1 .-' 41 50 : 'r 5IIJ 0 Jt '.L ,' f ˆ {. j, 68': ˆ : 6S de , . Le pri;x:. de l'abonneme"!t pour. un ,t_ˆl u 1 me 1 pour et, d 226 francs P Olll' .. Chaque ;volume comprend environ 40 de < texte illl1.strŽ es nombrE(us es Aigwes de hors-texte oo .Jioir et en , Ii compose d'un rrombte varjable de fascicules, ,ne contena,ll.t qu'un SE:lui ,mŽmoire, plus quelqUes fqilles de Notes et Revue : Les fa$ci cules comme ceux des Notes et' Reroe, ven:dus pˆrtir rdu 38'. ".( ;,; B'OSPEOLO GICA . ,_ j' \ /) '\ r\1 J .,. c. naturelle .. Tome 1 I il x). Un volume de 710 pacg(is; avec figures dans texte .,t; 42 planc'hes hO:rst '!" Li \ p. 1{)() tef{ "' " \ :' 7 (.. i ; . t 'lr:, Tome II XI ˆ XIX).1909-l,\Hh 1'f"; pn,voluf!le in-80 toile -de 1074 1 pa.ges, _. avc ,'. 104 \ d!U,is Je et .., J7 planches 't. ;, ( _l. OO fr; Ill {N¡ 9 XX ˆ XXIX) 7 in:-80 caz; i ' toile de 805 pa:ges, le et o6 planc4_es ' ,. Prix: 100 fr . Tome IV ˆ XL). 1913-1919. -:Un volume brochŽ d e 8 t2 pages, 11Ve 1 e 197 figures dans.le hors-texte . t' ,ot .. r ,, .. ;' r Prtx: JOO fr. Tome V (Nos X;bl ˆ 1 L); 1p7 80 brochŽ de. ?ages, 1206 fi gures 1 -.. .,. 1 ., : PrJ..X; 100 fr. se MVt;Jn't du, change. .,; 1 1 '. l ; 1 "''' r ln vente ˆ ia H. L'g SOUDIE.Jt, 17 4 Boalevˆrd S aint-Germˆln, Pans VIe 1 '



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LUCRRILE INSTITUTULUI DE SPEOLOGIE DIN CLUJ TRAVAUX DE L'INSTITUT DE SPOLOGIE DE CLUJ

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.., LUORARILE INSrril'Ul'ULUI l)E DIN OLUJ rr lt A V AU X D E L' IN S rr I'r U rr D E S P 0 L 0 G I E DE CLUJ TOl\-:IUL III. (NRE 49-52) CLUJ DF. L'INSTITUT DE SPOLOGIE STRADA MIKO, No 5, CL U J, (R 0 U 111 AN 1 F.) Pre\ul (Prix) 30 lei aur (francs or) 1928,

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Table des Matires d u t o rn e Ill. (393 pages, 366 figures). Numro 49. R. JEANNEL. Monographie des Trechinae. Morphologie compare et distribution gographique d'un gl'oupe de Coloptres. Premire Livraison. (L'Abeille, Paris, t. 32, p. 221-550, 336 fig.-Paru le 1 juin 1 926). Numro 50 E. G. fucovnzA. Observations sur la Glacire naturelle dite ,Ghetarul dela Scaril;;oara". (Bull. Soc. Sciences, Cluj, t. 3, 2 partie, p. 75-108, 10 fig., pl. [-lV. -Paru le 28 janvier 1927). Numro 51. R .TEANNEL. Un Silphide cavernicole de Dalmatie [Col.]. (Bull. Soc. entomol. France, Paris, 1927, n 7, p. 114-116. -Paru le 20 mai 1927). Numro 52. P. A. CHAPPUis. Freilehende Ssswasser-Copepoden aus Nordamerilm. 2. Harpacticiden. (Zoolog. Bd. 74, Heft 11-12. p. o02-313, 20 fig. -Paru le 5 dcembre 1927). Index. E. G. RAcoviTZA. Index des espces ct des groupes suprieurs, dcrits ou nouveaux (5 pages).

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A V A N T P R 0 P 0 S. Il me semble convenable de rappeler aussi en tte de ce volume, que les TRA\TAUX DE L'INSTITUT DE ne sont presqu'entirement qu'une collection, mthodiqLiement runie par volumes, de tirages--part de travaux dbj publis dans d'autres revues, et qu'ils sont destins a rendre lrs ser vices que l'un attend des Collections de travaiL), des cHandapparate" comme disent les Allemands. Si sur ce point, c'est que je tiens ce que notre publication ne soit pas range dans la catgorie des priodiques times qui encombrent de leur pullulement dsordonn la bibliographie ac tuelle de toutes les sciences et surtout celle des biologiques et zoologiques. Pourquoi il serait injuste de faire semblable confusion, et pour quoi nous croyons, nu contraire, avoir fait oeuvre c utile en prenant l'ini tnilive de celte dition, je l 'ai suffisamment expliqu dans l'Avant-propos du premier volume pour ne plus y revenir ici. Le nombre des travaux runis dans ce troisime volume est rduit quatre (n8 49 52) parce que le premier mmoire, lui seul, compte 330 pages. Ce mmoire esl la p1emire (les trois parties d'une monographie que JEANNEL consacre aux Trechinae et qui reprsente une vingtaine d'annes de recherches sm ce groupe si no:nbreux de Coloptres rpandus dans le monde entier. Les Trechinae forment une sous-famille parfaitement dlimite el chomo gne ; les nombreuses espces qui la composent peuplent tous les continents;. les colleC!lions des grands muses mondiaux contiennent un grand nombre d'exemplaires; voil des conditions de choix pour vrifier si les recherches faites sur les clignes homognes" donnent les rsultats satis faisants que promet la doctrine si nergiquement prne par les fondateurs de BJOSPEOLOGICA. S'il est exact que, dans la priode scientifique actuelle, seules les tudes biologiques (au sens large) compmes effectues cl'int rieur des lignes homognes" peuvent fournir des rsultats fconds et moins exposs aux tratrises des causes d'erreur, la monographie de J EANNEL devrait rpondre ces esprances ; il semble bien qu'il en est ainsi en juger par les conclusions de cette premire partie. Je ne puis, ni ne veux, analyser ici toul ce (rue la Monographie de JFANNEL apporte de neuf en anatomie compare, morpholo6ie gnrale, taxo nomie, biogographie et phylognie des Coloptres. Qu'il me suffise de mentionner seulement qu lques points. Grce l'application mthodique des doctrines de BIOSPEOLOGJCA, il est dmontr, en morphologie gnale, que l'on peut retrouver le dactylos des CJUslacs chez les Coloptres, mais tout--fait rudimentaire ct que l'on peut (pour la premire fois) connatre

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VIII l'exacte signification des ongles, qui ne sont autres que l! s homologues spcialiss des pines de la range distale du propodos des Crustacs. Il est dmontr en phylognie, eonfirmant ainsi une gnralisation dj formule qui devra tre rige en loi gnrale, que les T1echinae tl'Oglobies sont toujours des relictes, surtout trs anciens, qui montrent aussi bien des spcialisations orthogntiques trs volues, que des caractres palogniques, el mme larvaires, trs primitifs, donc hautement intressants. Il est propos, en palobiogographie, unP. histoire, sans solution de continuit, des Trechinae, depuis le dbut du secondairt>, une naration cohrente qui fixe la patrie de leurs lignes composantes sur les anciens continents de Gondwana et d'An gara el qui dcrit l! urs mig1 a ti ons, leurs dispersions el subdivisions en lignes secondaires, rm rapport avec la naissance, la surrection, la submersion, la fr11gmentation el la glaciation, en un mol uvee l'volution, des terres et des massifs montagneux. ll e't trs naturel que l'expos de ,d'inventeur reflte une assurance, el souvent une certitude, que le lecteur impartial ne peul compltement partager, mme lorsque ce lecteur est comme moi un des plus anciens et des plus fervents protagonistes de la mthode des lignes homognes. Un matriel plus abondant, et une phylognie plus dtaillr, appot teront certai nement des modifications cette cHistoire des Trechinae de JEANNEL; elle offre nanmoins un bon exemple de l'efficacit de la mthode r1u'il a suivie, par l'aisance avec laquelle dans son expos se superpost>nt les phnomnes mor phologiriues et palogographiques, par l'aspect cohrent qu'y prennent les successions de ces phnomnes dans le teJllps et dans l'espace. Ces rsultats trs satisfaisants pour l'espr:t ne peuvent tre obtenus par l'lude de la biopalogographie des trs grands groupes htrognes, errement qui se pratique eucore hlas! gnralement. S e u 1 e s l es h i s t o i re s d tai ll c s du plu s g ra n d n o mhre possible de lignes homogues peuvent procurer les 111 at r i a u x n c e s s a i re s a u x g n r a 1 i s a t i o n s b i o g o g r a p h i q u e s f c o n d e s e t f o u ru i r c e t t e d i s c i p 1 i n e 1 e s b ases rigoureusement scientifiques qui lui manquent actuellement. Le mmoi1 e n 50, dt RACOVITZA, donne la description d'un trs intressant c monument carslique, ainsi que des curieux phnomnes c glaqui s'y passent. Il s'agit du cGhetar de Scl!.ri!?oara:t, qui est une vaste caverne contenant une glacire naturelle, depuis longtemps connue des touristes mais qui mrite d'attirer galement l'attention des naturalistes. L'au teur soutient, en effet, lfUe la caverne est occupe par un trs puissant massif de glace fossile. ce qui pour la latitude du lieu est un fait unique jusqu' p1 sent. Sur le plancher de niveau invariable form par la glace an c i e n n e, il se forme une couverture de glace a n n u e ll e qui se cons titue au printemps et qui disparat plus ou moins compltement dans le cours de l'anne. Celte formation temporaire prend les aspects les plus divers, celle de magnifiques colonnes entres autres. La structure si complique de ces translucides piliers de plus de 3 m. de hauteur, l'volution curieuse que suhissrnl les agencemPnts des ( rislaux dont leur paroi est forme, leur naissance, comme lem dcroissement el leur mn t'li, offrent des problmes qui sont loin d'tre rsolus. D'autres formations, conune le givre, les couches

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IX de glace transparente, les stalactites etc., demandent encore bien des tudes dtailles et surtout excutes avec des appareils et instruments de prcision qui onl manqu l'auteur. Ces tudes seront d'ailleurs relativement facile dans l'avenir puisque RACOVJTZA, comme prsident du Club de touristes Fr!i(ia munlean!i (la fraternit montagnarde), a russi faire difier un re fuge confortable, cet endroit aussi loign des centres habitables que diffi cilement accessible. La morale de cette petite histoire s'nonce ainsi: te Naturaliste qui veut aboutir doit avoir souvent plusieurs cordes son arc La description par JEANNEL d'un Bathysciinae cavernicole nouveau de Dalma lie forme le cahier n 51, et le fascicule n 52 et dernier est dt CHAPPUIS qui y dcrit un certain nombre de Coppodes muscicoles des tals-Unis. Ce n est rtu'un paragraphe isol d'une vaste enqute que mon collaborateur actuel la Direction de l'Institut de Spologie a entrepris sur les Harpacticides en gnral et laquelle l'a entran l'lude des formes cavernicoles et la ncessit de dterminer avec prcision la phylognie des diverses lignes de ces dernires. Encore un des effets de la cmlhode des lignes homognes qui n'est pas fait pour dplaire son sectateur in pnitent. L'apparition du quatrime volume de ces TRAVAUX peut lre promise pour 1929 a,ec d'autant plus d'assurance que presrrue lout son contenu esl dj sous presse. E. G. RACOVITZA.

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49 49 R. JEANNEL MONOGRAPHIE DES TRECHINAE. MORPHOLOGIE COMPARE ET DISTRIBUTION GOGRAPHIQUE D'UN GROUPE DE COLOPTRES. PREMIRE PARTIE.

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MONOGRAPHIE DES TRECHI.NAE Morphologie compare et distribution gographique d'un groupe de Coloptres. (PnEMInE LIVIlAISaN) P.\1\ LE Dr Ren JEANNEL Proresseur la Facult des Sciences cl Sous-Directeur de l'Inslilul de Spologie de Cluj (Roumanie). SOMMAIRE PmiFACE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224 INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228 HISTORIQUE ET DIBI-IOGI\AI'JJIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 1 Rgion palarctique (p 232).-Amrique du Nord (p. 237). -Amrique du Sud (p. 23!)) -Afrique tropicale el australe, les Mascareignes el Crozet (p. 241 ). -Rgion Orientale (p. 242}. -Australie ct les du Pacifique (p. 243). GENRES ET ESI'CF.S UCRJTS A TORT API'ARTENANT AUX TnECHINAE., ...... . 245 PAl-ONTOLOGIE................................................. ........ . 'l50 PREMIRE PARTIE. -MORPHOLOGIE COMPARE CARACTRES GNRAUX ...................... .......... . . . . . . . . . . 252 Taille (p. 252). -Forme gnrale (p. 254) -Microsculpture (p. 256). -el coloration (p. 258). -Pubescence (p. 25g ) -Les SOleS (p. 260). . . . . . 263 Crne.......................... . .................... ..... .......... 263 Topographie crnienne (p. 2 6g). Homologies du crne de l'adulte avec l a tte larvaire (p. 273). -Evolution du cr:1ne chez les Trecllinae (p. 277). Les yeux.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 278 A ppendiees cphaliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2!!2 Antennes (p 282). -Labre (p. 284) Mandibules (p. 285). Maxilles (p. 293). -Pices labiales (p. 298). THORAX......................................... ......................... 307 Prothorax (p. 3o7 ). Evolution du prothorax (p. 3 1 1 ). -Msothorax (p. 3J3 ). -Mtathorax (p. 3I5). L'ABEILLE, XXXII, lor Juin 1920. i5

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222 R. JEANNEL ELYTI\ES .......................... : . . . . . . . . . . . . . . . . . 317 Articulation basale (P,. 3I8). -Epipleure (p. 318). Disque (p. 3Ig). -Topographie de l'elytre (p. il21 ). Chtotaxie (p. 323). Evolution de la srie ombilique (p. 324). AILE MEMBRANEUSE ............ .... .. ........... ... ...... . . . . . . 329 Rgression de l'aile chez les Trec!tinae (p. 33, ) Conditions dterminant l'aptrisme (p. 333). -Aptrisme chez les espces insulaires (p. 335). PATTES............................................. ............... . . 338 Hanches (p. 34o).-Trochanter (p. 342).-Fmur (p. 342) -: Tibia (p. 3441. -Tarse (p. 349) -Articulations (p. 3!J3). Phylognie de la patte.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 AsDpMEN.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359 AnMURE GNITALE 3I ARMURE GNITALE MALE,.................................................... 363 Segment gnital (p. 364). -Paramre (p. 364). Pnis (p. 365). Sac ill.terne (p. 36g). DEUXIME PARTIE. -SYSTMATIQUE PoSITION SYSTMATIQUE DU GROUPE .......... . . . . . . . . . . . . . . . . 371 DIAGNOSE DE LA SOUS-FAMILLE Trecftinae, ..... ........... . . . . . . . . . 372 LEs LARVES DEs Trechinae . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 375 Systmatique des larves ......... ...... . . . . . . . . . . . . . . 383 Trib. Perileplini (p. 383). -Trib. Aepini (p. 383); Gen. Aepopsis (p. 383). Geo. Temnostega (p. 385); Tri b. 1'rechodini (p. 385); Gen. Amblystogenium (p. 385). -Trib. llomaloderini (p. 386); Gen. lberotrechus (p. 386) -Trib. 1'rechini (p. 380); Gen. Trechus (p. 38); Gen. Duvalius (p. 388); Gen. Speotrechus (p. 3(15); Gen. Trechopsis (p. 3g5); Gen. Paraphaenops (p. 395); Gen. Neaphaenops (p. 390). DIVISIONS DE LA SOUS-IiAMILt. E .... ..... ........ ...... ........ ... , . . 3gf) 1. -Trib. Perileptini. DIAGNOSE.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 397 CHOROLOGIE ........................................ : . . . . . . . . . 3g9 TABLEAU DES GENRES................... ...... . ............................ 4ol 1 Gcn. Perileptus .... _...................... ..... ............ . . . . . 4o2 Diagnose (p. 4o2) Chorologie (p. 4o! 1). Tahlean des espces (p. 4o5). Subgen. PERIU:PTus, s. str. (p. 4o9) : 1. areolatus (p. 4o:J); 2. nigrilulus (p. 412); 3. lVollasloni (p. 4I3); 4-japonicus (p. 414): 5 rpbusltzs (p. 4I5); 6. melas, n. sp. (p. 416); 7 ceylanicus (p 416); 8. pusillns, (p. 417); 9 indicus (p. 4t7}i 10. madecnssus (p. 419); 11. humidus (p. 419}; 12. Stierlini (p 42o): I3. rutilas (p. 421); 14. africanus, n. sp. et var. Babaulti, nov. et Alluaudi, nov. (p. 421); 15. hesperidum, tp. 422); 16. plal!fplerus (p. '123); 17. imaictzs (p. 425); 18. denti collis (p. 426); 19. Cameronz (p. 427). Subgeo. PYRROTAr:nYs (p. 428); 20. promootorii (p. 428); 21. constricticeps (p 429); 22. testaceus (p. 4ag) !! Gen. Perileptodes, n. gen ............ : . . . . . . . . . . . . . . . 43o Diagnose (p. 43o). -1. pilifer, n. sp. (p. 43I). 3 Gen. Neoblemus...................................................... 432 Diagnose (p. 433) -1. Championi (p. lt34); 2. Bedoci [p. 436); 3. Andrrwesi (p. 43). 4 Gen. Apoplotrechus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 437 Diagnose (p. 438). -1. strigipennis (p. 43g).

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MONOGRAPHIE DES TREClliNAE 223 11. -Trih. Aepini. DIAGNOSE.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . qqo CHOROLOGIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . qq 1 TABLEAU DES GENil ES qq 5. Gen. Aepomorphus, n gen............................... ... . . . . qq7 Diagnose (p. ftltS).-1. Audouini (p. 45I). Gen. Aepopsis ............................... . . . . . . . . . . . q 52 Diagnose (p. q52). -1. Robini (p. q5q). 7. Temnostega. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . lj G Diagnose (p. lt5). -1. antarctica (p. q!JS). 8. Gcn. Thalassobius.................................................... q5g Diagnose (p. q5!)). -1. leslaceus (p. q 1 ). \J Gcn. Aepus.............................. . . . . . . . . . . . . . lj6z Diagnose (p. q(h). 1. mwinus (p. q); 2. gallaecus, n. sp. (p. qSJ; 3. grucilicol'llis (p. qS). III. -Trih. Trechodini. DIAGNOSE ............................................................... CHOROLOGIE .......................................................... 'I'AilLEAU IlES GENI\ES, . , , , .... , , , , ...... ... ... .. ... , , , .. 10. Gen. Cyphotrechodes, n. gco ......................................... Diagnose (p. lt8o). -1. gibbtiJennis (p. q82). 1 1. Gen. Trechodes ..................................................... Dingnnse (p. ltHit). -Tahlean ries espces (p. q88). -1. caulinp. (p. !ton); 2. Bnkeri, n. sp. (p. qg1); 3 seralioides (p. lt!)2); ft. bipartilus (p. qg3); 5. bi tine/us (p. !tot!); 6. A lluaudi, n. sp. (p. ljg5); 7 Babaulli, n. sp. (p. tl97); 8. /dlimanus, n. sp. (p. qgS); g. /cenyensis, o. sp. (p. qg8); 10. llfar./zalli, n. sp. (p. qgg); 11, lebiuderus (p. 5oo). 12. Gco. Paratrecbodes, o. gco .......................................... Diagnose (p. 5oo). -1. Maclcnyi (p. 5o2). ,3. Geo. Sporades . . . . ........................ .................... Diagnose (p. 5oq). -1. sexpnnctatus (p. 5o5). Jl1. Gen. Trechobembi:r, n. gcn ........................................... Diagnose (p. 5o6). -1. baldiensis et subsp. Carteri, nov. (p. 5oS). 15. Gcn. Thalassophilus............ . . . . . . . . .................... Diagnose (p. 510).-1. longicornis (p. 515); 2. Wlzilei (p. 518); 3. Breuili, n. sp. (p. 51!)). 1 Gcn. Amblystogenium ............................................... Diagnose (p. 5zo). 1. pacificum (p. 52ft) 17. Gen. Plocamotrechus, n. ......................................... Diagnose (p. 525). -Tahtcnu des espces (p. 528). -1. parilis (p. 531); 2. Bo!temani, nom. nov. (p. 539.); 3. labulae (p. 533); q. rujlpes (p. 53rJ); 5. afjinis (p. 536); 6. Vl'vax (p. 537); 7 rltodesiae, o. sp. (p. 537); 8. gravis (p. 538); \) kenyensis (p. 5qo); 10. kilimanus (p. 542); 11. Alluaudi (p. 5lt3). 1 8. Gcn. Trechosia, n. gen .............................................. Diagnose (p. 5/tlt) -1. solulilis (p. 5q5). S1EC1ES INCEI\TAE sr.:ms : 1. alerrimus (p. ri47); 2. ambiguns (p. !"iqS); 3. sei tutus (p. 54g); q. laelufus (p. 55o). 5oo 5o4 !"io !"iiO

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224 R. JEANNEL PRFACE Cette Monographie fait partie de l'ensemble de mes recherches sur la faune cavernicole. Pour bien comprendre 1 'histoire des espces il est en effet ncessaire d'tudier dans le dtail toutes les lignes lucicoles des groupes auxquels elles appartiennent. C'est. ce que j'ai fait dj pour les Bathysciinae, dont la Monographie ;> vient de paratre dans les Archives de Zoologie exprimentale (Bios peol. L, 1924), et ce que j'entreprends maintenant pour les Trechinae qui sont abondamment reprsents dans la faune de 1 'Europe. Assez facile pour les Bathysciinae, dont on ne connaissait que 558 espces, toutes palarctiques, une telle tude tait bien plus ardue chez les Trechinae qui sont bien plus nombreux et surtout rpartis dans le monde entier, sous toutes les latitudes et jusqu'aux altitudes les plus leves. Mais combien la difficult matrielle de leur tude s'est trouve compense par la richesse et la varit des rsultats! Au point de vue systmatique, c'est la premire fois qu'on aura tent la rvision totale d'un groupe homogne de Coloptres distribus dans le monde entier. Bien entendu, je veux parler d'une faite non seulement dans le but de dcrire les formes connues, mais surtout avec le souci de rechercher leurs affinits, d'lucider leur filiation, d'tablir en somme l'histoire naturelle de leurs lignes. Cette tude systmatique, je 1 'ai pousse aussi fond qu'il m'a t possible, selon les mthodes nouvelles que je prco nise depuis longtemps. J'ai examin avec le mme soin tous les caractres des espces, runi des milliers de prparations microscopiques de leurs pices buccales et de leurs appareils copulateurs, et je me suis attach suivre, pour chaque organe, ses diverses volu tions orthogntiques. Cet norme travail, longtemps ingrat, a fini par porter ses fruits. Apprenant connatre la valeur des diffrents caractres, dis ti nguer les caractres vraiment palogntiques n de ceux produits par des volutions rcentes, j'ai pu d'abord poser les bases d'une classification des Trechinae, toute nouvelle, mais ayant 1 'avantage de bien tablir leurs rapports phylogniques. Les dents des mandibules, qu'aucun Entomologiste ne s'est jusqu'

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 225 prsent jamais souci d'examiner, les tibias antrieurs, la chtotaxie de l 'lytre, l'organe copulateur, m'ont fourni des caractres de premier ordre. Par contre, la forme gnrale du corps, 1 'aspect extrieur auquel tous les auteurs ont attach tant d'importance, n'ont en ralit qu'une valeur trs secondaire et se montrent excessivement variables d'une espce l'autre. En possession d'un matriel ainsi revis, il est devenu. possible d'en tirer des gnralisations fructueuses. Les Cavernicoles se sont montrs tre des survivants de faunes disparues. Ce sont lous de trs vieilles lignes, ayant subi des ultravolutions orthogntiques; mais sous leurs caractres volutifs -avancs se cachent de nombreux caractres archaques qui donnent de merveilleuses indications sur le type primitif d'o sont drivs les organes des Lucicoles. Bien plus, les types aphnopsiens des cavernes des Pyrnes et de Bulgarie (Pheggomisetes), prsentent clans leur organisation, l'tat adulte, de nombreux caractres lar vaires, et ces types aphnopsiens sont particulirement prcieux pour des recherches de morphologie compare. J'ai donc utilis tout d'abord l'tude morphologique dtaille que je devais faire des Trechinae, pour aborder certains des problmes plus gnraux de la morphologie compare des Insectes. Ce n 'est pas en s'adressant des types quelconques, arbitrairement choisis t't l, dans des groupes trs divers, qu'il sera jamais possible d'arriver la solution de ces problmes. On s'expose trop de cette faon comparer des objets non comparables, homologuer des parties d' origine tout fait diffrente. Il est absolument ncessaire, pour saisir les homologies des organes, de les suivre dans des sries volutives continues et c'est malheureusement ce que ne font aucuns des Mor phologistes qui ont crit sur les Que d'encre a-t-on gaspill, rien que sur la patte des Insectes! On compare la patte d'un Hanneton celle d'un Scolopendre, d'un Cam pode, ou encore d'une Araigne, voire mme d'un Pantopode; et sur ce matriel htroclite, C. BRNER croit reconnatre, tort ri 'ailleurs, 1 'existence d'une articulation principale toujours homo logue, le genou, et prtend pouvoir identifier d'une manire gn rale toutes les parties si variables de l 'appendice. L'tude de la patte dans une ligne homogne, comme celle des Trechinae, montrera la vanit de ce (( puzzle morphologique n. Je ne prtends certes pas donner dans les chapitres suivants la solution dfinitive du problme phylognique pos par la patte des Insectes. Il faudra pour l'obtenir des tudes multiplies sur 1 'volution de cet organe dans des lignes

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226 R. JEANNEL homognes div ci ses. Mais je crois pouvoir tablir avec certitude ce qu'eEt la palle d'un Trechus par rapport celle d'un Crustac marcheur, affirmer 1 'existence de son article terminal, le dactylos, ;, l'tat d'organe rudimentaire, compren9.re comment se sont forms les ongles et entrevoir enfin qu'un article moyen de 1 'appendice, le carpos, a d involuer et disparatre dans l'a.rliculation du genou. Ces rsultats valent pour les Adephaga; il est possible qu'on ne puisse pas les tendre pleinement tous les Coloptres, au moins en ce qui concerne leurs larves. Je me garderai en tous cas de les gnraliser tous les Insectes, car il faudra pour cela des tudes spciales dans chaque groupe, conduites d'aprs la mme mthode. Ce qui est vrai pour la palle 1 'est encore pour les pices buccales, en part.iculier pour les mandibules, pour les rgions du crne, pour la topographie de l'lytre, pour l'volution de l'organe copulateur. La morphologie compare de ces organes dans le groupe des Trechinae mettra en lumire des faits solidement tablis; mais la porte gnrale de ces faits ne pourra tre dfinitivement apprcie que lorsque des tudes similaires, sur d'autres lignes d'Insectes, seront venues montrer d'autres volutions analogues mais diffrentes, rendant compte de la diffrenciation des types actuels. L'tude systmatique doit dmic tre basee sur la morphologie compare des organes et aboutir une connaissance prcise de la phylognie des espces actuelles . Quand on travaille, comme c'est le cas des Trechinae, avec un groupe trs riche en espces diversement spcialises, et surtout trs abondamment recueilli dans. les collections, on dispose alors d'un matriel de premier ordre permettant des reconstitutions historiques du peuplement de la terre. Il est clair que, dans cet ordre d'ides, les rsultats seront d'aut:wt. plus prcis qu'on aura plus de jalons interprter; et c'est une des grandes supriorits du matriel entomologique sur n'importe quel :wtre, que sa facilit de conservation et la possibilit de le runir ct de pouvoir l'examiner en quantit considrable. J'ai pu tudier les Trechus d'Europe en si grand nombre et de provenances si varies, qu'il est bien sr qu'il ne doit gure exister encore d'espces inconnues; celles-ci ne seront jamais, en tous cas, des types trs diffrents de ceux que nous connaissons et leur dcou verte ne viendra certainement apporter aucun fait important nouveau pour l'histoire de la faune de l'Europe. Il n'en est pas de mme, hien entendu, pour les Trechinae exotiques, dont bien des espces restent certainement dcouvrir. On entrevoit que les sommets de 1 'Himalaya se montreront presque aussi riches en Trec hus que l!!s

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 227 Alpes; il y a tout litm de penser encore que la Cordillre des Andes doit hberger des Trechisibus alpins. Nous sommes videmment bien moins renseigns sur la faune des chanes montagneuses e l'Asie et de l'hmisphre austral que sur celle de nos montagnes d'Europe; mais cependant les collections peu peu accumules par les eKplorations lointaines sont parfaitement suffisantes pour donner une ide des divers groupes peuplant le monde entier. On constatera que les Trechinae de l'hmisphre austral sont d'une lout autre origine que ceux qui peuplent l'hmisphre septentrional et ont une histoire gologique et aussi une volution toutes diff rentes. Les premiers constituent des lignes trs anciennes, dont l'histoire remonte au moins iusque dans le dbut du Secondaire, tandis que la faune des Trcchus de l'hmisphre nord, originaire du continent de l'Angara, s'est disperse et a volu depuis la fin du Secondaire et pendant toute la dure du TertiaiFe. Cette diversit de l'histoire des lignes du groupe ajoute encore son intrt. On sait depuis longtemps que les Coloptres sont fort anciens et leurs premiers restes fossiles, connus dans le Trias, se prsentent avec tous les caractres volutifs des espces actuelles. La distribution actuelle de certaines espces, comme par exemple celle des Pyrrhotachys dont il sera question ici, implique que ces espces n'ont pas vari depuis cette poque ancienne. Les souches des Trechirw.e, qui sont des plus primitifs parmi les Adephaga, remontent dans e Primaire; et, en effet, la distribution actuelle de leurs survivants dans l'hmisphre austral s'accorde d'une faon remarquable avec l'histoire gologique du continent de Gondwana. L'histoire des Perileptini et surtout des Trec1wdini, sera particulirement instructive cet gard. D'autre part les Trechine de l'hmisphre nord et spcialement ceux de la rgion palarctique sont originaires de l'Angara. Avec la richesse incroyable de matriaux dont on dispose, il sera possible de mivre pas pas leur hi'sloire pendant le Tertiaire. On les verra tout d'abord peupler les massifs anciens de l'Europe jouant le rle d'asiles; puis se rpandre de l dans les jeunes chanes du systme alpin ds leur surrection. On pourra suivre les tapes du peuplement des chanes montagneuses, massif par massif, et d'autre part reconstituer 1 'historique du peuplement des cavernes. Il sera possible enfin de reconnatre l'influence du Glaciaire et les remaniements dans la composition des faunes Tertiaires qui se sont produits cette poque rPcente. Est-il possible d'avoir en mains un plus magnifique sujet d'tudes,

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228 R. JEANNEL qu'un tel groupe dont la dispersion peut tre suivie depms le Trias jusqu'au Quaternaire dans le monde entier et dQnt l'histoire des lignes aborde presque tous les grands problmes de la Biogographie? Celui qui 1 'entreprend ne peut s'empcher aussi de craindre que l'uvre accomplir n'ait t au-dessus de ses forces! Cluj, le 6 fvrier 1925, JNTHODUCTION II y a plus de quinze annes que j'tudie les Trechinae et c'est par dizaines de milliers que se chiffre le nombre des exemplaires qui me sont passs sous les yeux. La plupart des granos Muses de l'Europe ont bien voulu me confier leurs matriaux. Qu'il me soit donc permis, tout d'abord, de remercier de leur libralit MM. V. APFELBECK, du Muse de Sarajevo; G.-J. Annow, du British Museum; C. BoLIVAR y PIELTAIN, u Museo de Ciencias nalurales de Madrid; 1. DunEscu, du Muse Ro)al d'Ilistoire naturelle de Sofia; E. CsiKI, u Muse national Hongrois; R. GEsTno, ou Museo civico i Storia naturale di Genova; H. du Zoologisches Museum von Hamburg; W. BonN, du Deutches entomologisches l\Iuseum von Berlin; II. KuNTZEN, du Zoologisches .Museum der Universitls von Berlin; P LESNE, du Musum d'Histoire naturelle de Paris; E. IIANDSCHlN, du Naturhistorisches .Museum von Base!; K. I-IENRlKSEN, du Muse Zoologique de Copenhague; K. 1-IoLnnAus, u Nalurhistorisches Museum von Wien; J. nENDERGER, u Musum de Prague; G. SVERIN, du Muse Royal d'Histoire naturelle de Belgique; n. KnoGERUS, du Muse Zoologique d'Helsingfors. C'est aussi pour moi un devoir de remercier tous les Entomologistes qui ont bien voulu s'aoresser moi pour la dtermination de leurs collections, m'ont largement communiqu leurs rcoltes et m'en ont souvent abandonn une part. Ce sont : en France : 1\IM. Ch. ALLUAUD, A. AnGon-VALLON, G. BABAULT, L. BEDEL, I-1. BETTINGER, I-1. BREUIL, A. CnonAuT, J. R. DESPAX, A. GROUVELLE, Ch. LAHAUSSOIS, A. MAGDELAINE, A. M-

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MONOGRAP!l!E DES TRECHINAE 229 QUIGNON, H. NonMAND, P. de PEYEHIMHOFF, J. SAINTE CLAmE-DEVILLE; eu Espagne : M. H. ZARIQUIEY; eu Angleterre : MM. 1-I.-E. ANDREWES, G.-C. CHAMPION; en Allemagne : M. G. ENDEHLEIN; en Autriche : MM. J. Bn.EIT, J. MEscHNIGG, A. MEssA, E. MoczARSKI, A. WrNKLEn; en Tchco-Slovaquie : MM. F. RAMnousEK, J. RounAL; en Finlande : MM. J. SAIILBEnc, E. BERGROTH, R. KnocEnus; en Houmanie : M. Fr. NETOLITZKY; en Italie : MM. A. DonEno, F. CAPRA, L. BoLDOHI, C. MANCINI, J. MLLEH, E. PnETNEn, G. RAVASINI, L. RoccA, F. SoLA:m, II. SPRINGEit; en Amrique : MM. A. FENYs, E.-C. VAN DYKE; en Australie : M. Th. SLOANE. Qu'ils veuillent bien tous accepter ici le tmoignage de ma reconnaissance. L'aide gnreuse que j ai trouve partout m a permis d'examiner et d 'tudier en nature la presque totalit des espces connues et, de plus, de disposer d'une trs grande quantit d 'espces nouvelles. Ch. ALLUAUD m'a libralement fait part de ses belles rcoltes clans \,;marieR, 1 orientale et Madagascar. L 'abb II. BREUIL, au cours de ses explorations prhistoriques en Espagne, a recueilli pour moi un grand nombre d 'espces cavernicoles. A. DonEno et ses collgues italiens m'ont encore gnreusement confi le soin de dcrire moi-mme tous les Trcchus nouveaux que leurs explorations ont dcouverts .Je tiens enfin remercier tout spcialement MM. 11.-E. ANDREWES, E.-C. DYKE et Th. SLOANE qui m'ont procur des matriaux exotiqm'S trs prcieux, qu'il m'aurait certainement t impossiblE' de connatre sans leur obligeance. M. I-1.-E. ANDREWES, qui reoit de l' r nde tous les Carabiq ues que les Instituts scientifiques de ce pays peuvent runir, m a confi pour les publier toutes les espces 11.-: Trcchinac qu'on lui envoie. Grce M. E.-C. VA:-> DYKE, j'ai pu connatre les Trcclms de l'Amrique du Nord et, enfin, sans 1 'aide de M. Th. SLOANE, il m 'aurait t impossible de me procurer ceux de l'Australie et de la Tasmanie. Je lui sais gr de n'avoir pas craint d'exposer ces prcieuses espces un aussi long voyage et de m'avoir ainsi donn la possibilit de dbrouiller leurs trs remarquables affinits. Qu'aurait pu tre l 'tude des Tl"ccllinac de l'hmisphre austral, sans la connaissance des espces australiennes!

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230 R. JEANNEL Il ne suffisait pas e disposer e matriaux considrables pour entreprendre la revision des Trechinae. Etant donn la trop frquente insuffisance notoire des descriptions des vieux auteurs, il tait utile d'examiner des types. J'ai trouv a u Musum de Paris les vieux types des espces sudamricaines dcrites par BnuLL et par SoLmR, ainsi que ceux plus rcents de RAFFHAY, FAIRMAIRE, BEDEL et autres. Le Muse de Vienne m'a fait connatre ceux e bien des espces douteuses de 1 'Europe centrale, le Mmc e Budapest ceux des nombreuses espces trop superficiellement dcrites par E. REITTEn. Le British Museum, enfin, m'a communiqu des co-types de WoLLASTON qui m 'ont facilit beaucoup ma tche lorsqu'il s'est agi de s'orienter au milieu des espces des l es Atlantides. Mais cc qu'il importait le plus de voir, c'tait surtout les types de PuTZEYS, auteur d'un grand nombre d'espces du Chili, et aussi ceux de CuAunom. La collection Putzeys, appartenant la Socit entomologique de Belgique, est dpose au Muse Royal de Bruxelles, dont le conservateur, M G. SvEHIN, a trs obligeamment mis ma disposition toutes les espces que je lui ai demandes. Grce lu[, j'ai pu reviser les Trechisibus du Chili ct identifier, par comparaison avec les types, les importants matriaux dont je disposais d'autre part. J 'ni pu aussi connatre le trs curieux Amblyslogenium de l'le Crozet, dj dcrit par PuTZEYS sous le nom de Trechus paci ficus Quant aux types de CHAunom, ils me sont rests inconnus. Deux voyages Rennes, faits spcialement dans l'esprance de les voir chez M. Ren nERTnn, leur dtenteur actuel, sont rests infructueux. Certes, il est regrettable que les collections de types conserves dans des Muses, mme particuliers, ne soient pas plus accessibles ceux qui viennent demander la faveur de les consulter dans un intrt gnral. Mais il ne faut pas attacher des types plus d 'importance qu'ils n'en doivent avoir. Si leur examen peut parfois tre utile, il ne doit pas pour cela devenir indispensable. Combien de types d'espces d'Insectes sont aujourd'hui d truits, sans que les tudes systmatiques soient pour cela entraves P J'ai donc agi comme si les types de CnAunom n'existaient plus, et je crois, d'ailleurs, tre parfaitement arriv sans eux identifier les espces du Caucase dcrites par cet auteur.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 231 HISTOH I QUE ET DIBLIOGRAPIIIE Les premires espces connues furent dcrites comme Carabus, par les anciens auteurs, LINN, FAnmcws, DuFTSCIIMIDT. C'est CLAIII.VILLE (18o6) qui cra le genre Trechus; mais il y comprenait mls les vritables Trechus avec des Acupalpus. DEJEAN (1831) est le premier auteur qui ait spar d'une faon prcise les espces constituant le genre Trechus, et on peut dire son Species avec les 1 g espes de Trechus qu'il renferme, est la premire en dale des monographies sur ce genre. Quoique la plus ancienne, elle est d'ailleurs bien loin d'tre la plus mauvaise. Plus lard paraissent les ouvrages de HEER (1838), PuTzEYS (1847), FAmet LABOULBi' (185!1), ScnAUM (186o); mais la premire Monographie spcialement consacre aux Trechus est celle de PANDELL (1867). L' ,, Etude .Monographique n de PANDELL traite de 66 espces, sous forme de tableau dichotomique. Son principal mrite est de dfinir avec assez de prcision les espces pyrnennes. L'auteur y fait usage pour la premire fois. des caractres tirs de la direction des lignes orbitaires et de la longueur du mtasternum compare celle du pilier de la hanche postrieure. On verra d'ailleurs que ce dernier caractre n'a aucune valeur taxonomique. Trois annes plus tard parat la seule .Monographie qui ait jamais t crite sur les Trcchus du monde entier, la ,, Trechorum oculalorum .Monographia >> de PuTZEYS (1870). C'est uue suite de 142 descriptions d'espces, assez dtailles, il est vrai, pour l'poque, mais numres sans aucun ordre, sans aucun tableau synoptique, ni Je moindre essai de groupements. Aussi J'ouvrage n'a-t-il en ralit de ,, monographie >> que le nom. II n'en est pas moins fondamental, car il renferme les descriptions d'un grand nombre d'espces exo l!lues et particulirement de l'Amrique du Sud. Depuis le travai l de PuTZEYS, qui d'ailleurs ne traite que des 'l'rechus oculs, il n'est pas paru d'autres tudes d'ensemble sur les Trechinac. Les seuls ouvrages sur ce groupe de Carabiques sont des faunes locales, souvent excellentes comme celles de BmmL, GANGLHAUEn, APFELBEC.K, etc., mais toujours limites certaines parties de la rgion palarctique. Toutes les espces ocules et pigmentes taient ranges dans le genre Trcchus, les espces cavernicoles, dpigmentes l#t aveugles, constituant les genres Anophthalmus el

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232 R. Aphaenops. C'est sur la lgitimit de cette distinction que s'levrent tout d'abord des discussions et les avis des diffrents auteurs ont t longtemps diviss sur ce sujet de premire importance. Il n'y a plus lieu aujourd'hui d'entrer dans le dtail de cette polmique qui n'a plus gure d'intrt. Il suffira d'en rappeler brivement les tapes principales. Tout d'abord on dcouvrit des espces microphtalmes, semblant tablir un passage entre les Trechus et les Anophthalmus, et d'autres espces aveugles semblant relier ces derniers aux Aphaenops. ABEILLE DE PERRIN (1872) qui est le premier signaler ce fait, er, conclut la non validit des trois genres cl, chose trange, croit trouver clans ces observations des arguments contre le transformisme auquel il ne semble pas s'tre ralli. L'unit elu genre Trechus, renfermant toutes les espces ocules 'et aveugles, finit par prvaloir, car aucun auteur ne se livre la moindre tude anatomique des extraordinaires espces cavernicoles dont les dcouvertes s'accumulent. Ce n'est qu'en Igo4 que GANGLDAUEH finit enfin par entrevoir le polyphyltisme rel des Caver nicoles, lorsqu'il spare les Duvalius, Anophthalmus et Aphaenops cl 'aprs des caractres tirs de la srie ombilique et de la forme des sillons frontaux. Mais c'est J. MLLER (Igi3) que nwir.nt le mrite d'avoir le premier distingu les diffrentes lignes de Trechinae cavernicoles peuplant les grottes de 1 'Europe mditerranenne. Les groupements qu'il a proposs sont de valeur parfois ingale, mais ils sont justement dfinis et ont coup sr le mrite d'avoir prouv dfinitive ment que les espces cavernicoles ne sont pas des Trechus adapts, mais des survivants cl 'autres lignes parallles, dont les anctres oculs sont teints. Les faunes et tudes rgionales, dans lesquelles on pourra trouver des indications sur la taxonomie et la distribution gographique des Trechinae sont fort nombreuses. Comme ces tudes ont toujours t faites indpendamment dans les diverses parties du monde, j'en donnerai la liste par rgions gographiques. Cette faon de faire aura 1 'avantage de mieux montrer la progression de nos connaissances sur les Trechus des diverses contres. I 0 RGIO"' Je 11e J'ais figurr.r dans l'Index qui va suivre que les ouvrages ayan! une certaine parle gnrale; les descriptions d'espces isoles seront

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 233 seulement releves l'occasion des citations d'espces, dans la partie systmatique de ce travail. I872. ABEILLE DE PEHRIN (E.). Etudes sur les Coloptres cavernicoles de l'Arige (Marseille, Olive, 4r p.) . r go4. APFELBECK (V.). Die Kaferfauna der Balkanhalbinsel. 1, Caraboidea (Berlin, Friedliinder und Sohn, 422 p.). rgo8-24. BARTHE (E.). Faune franco-rhnane. II, Carabidae (Hors texte des Miscellanea entomologica, XVI-XXVI, 536 p.). r883. BATES (H. W.). Geodephagous Coleoptera of .lapan. (Trans. entom. Soc. London, r883, p. :w5-2go, pl. xm). r88g. BAum (F.). Catalogo dei Coleotteri del Piemonte (Torino, Bertolero, r88g, 226 p.). [Extr. des Annali della R. Acad. d'Agric. di Torino, XXXII]. r88r. BEDEL (L.). Faune des Coloptres du Bassin de la Seine. Carnivora. (Ann. Soc. ent. Fr., hors srie, 36o p., une pl.). r8go. BEDEL (1.). Catalogue raisonn des Coloptres de Tunisie, 1. (Paris, lmprim. Nat., r8go, r3o p.). I8g5-Igi4. BEDEL (1.). Catalogue raisonn des Coloptres du Nord de l'Afrique. 1, Caraboidea (L'Abeille, Paris, hors texte, 32o p.). 1875. BEDEL (1.) et E. SrMON. Liste gnrale des Articuls cavernicoles de l'Europe (Journal de Zoologie, Paris, IV, p. rro-q8). rgoo. BonEMEYER (E. von). Quer durch Klein-Asien in den Bulghar Dagh. (Emmendingen, Druck-und Verlags-Akt. Ges., rgoo, r6g p.). r8g8. BouRGEOIS (.J.). Catalogue des Coloptres de la chane des Vosges et des rgions limitrophes (Colmar, Decker, I8g8, 792 p.). [Extr. du Bull. Soc. His/ .. nat. Colmar, r8g7-g8.]. I871. BnANCSIK (C.). Die Kiifer der Steiermark (Graz, P. Gieslar, I87r, II4 p.). I()02. BnuYANT (C.) et A. EusEBIO. Faune de l'Auvergne. II, Monographie des Carabiques et des Cicindlides (Paris, Klincksieck, rgo2, 260 p., II pl.). rgo8. CAILLOL (H.). Catalogue des Coloptres de Provence, rr partie. (Ann. Soc. Sc. nat. Provence, 1, rgo7, 521 p.). J8u8. CHAMPION (G.-C.). A list of the Cicindelidae, Carabi-Iae aid Staphylinidae collected by M .T .-.T. \Val ker in the region of the straits of Gibraltar. (Trans. ent. Soc. London, I8g8, p. 65-Io3). I846. CHAUDOIR (M. de) et M. H. HocHHUTH. Enumration des CarJ.biques et Hydrocanthares recuellis pendant un Voyage au Caucase. (Kiew, Wallner, r846, 268 p.). I8o6. CLAIRVILLE (.l. de). Entomologie Helvtique, ou Catalogue des Insectes Coloptres de la Suisse. 1. (Zrich, Orell, r8o6, r4g p., I6 pl.). rgo5-o8. CsrKr (E.). Magyarorszag Bogarfaunaja, 1. (Budapest, rgo5-o8, 546 p.). r8o8. DANIEL (.T. et K.). Coleopteren Studien, Il. (Mnchen, Wolf und Sohn, I8o8, 88 p.).

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2;l4. R. JEANNEL I83 1. DEJEAN (Comte P.). Species gnral des Coloptres, V. (Paris, Mquignon-Marvis, I83I, 883 p.). I834. DEJEAN (Comte P.). Iconographie et Histoire naturelle des d'Europe, IV. (Paris, Mquignon-Marvis, I834, 486 p., pl. I73223). r8I2. DuFTSCHMIDT. (G.). Fauna Austriae, JI. (Linz und Leipzig, Akad. Buchhandl., I8I2, 3u p.). EscALERA (M. de la). Los Cole6pteros de Marruecos (Trab. Mus. nac. Cienc. nat. Madrid, Zool. II, 553 p.). I854. FAIRMAIRE (L.) et A. LABOULBNE. Faune entomologique franaise, l. (Paris, Deyrolle, I854, 665 p.). I886. FAUVEL (A.). Essai sur l'entomologie de la Haute-Auvergne. (Rev. d'Entom., Caen, V, p. 265-3I6). 188I-91. FowLER (W.-W.). The Coleoptera of the British Islands (London, I88I-9I, 5 vol., 18o pl.). r 887-90. GALLOIS (J .) Catalogue des Coloptres de (Bull. Soc. Et. Scient., Angers, I887, I889 et I89o). I892. GANGLBAUER (L.). Die Ki-ifer von Mitteleuropa, 1. Caraboidea (Wien, C. Gerold's Sohn, I892, 557 p.). 1904. GANGLBAUER (L.). Nova aus Judicarien (M.nch. Kol. Zs., Il, p. 186-2oo). 19o5. GAVOY (L.). Catalogue des Insectes Coloptres trouvs jusqu.' ce jour dans le dpartement de l'Aude (Carcassonne, Gebelle, Bonnafous et C1", I905, 316 p.). [Extr. du Bull. Soc. Et. scient. Aude, XVI.]. 1910. GERHARDT (.J.). Verzeichniss der Kiifer Schlesiens, Dritte Aufl. (Berlin, J. Springer, IgiO, l131 p.). r895. GRILL (C.) ; Catalogus Coleopterorum Scandinaviae, Daniae et Feniliae (Stockholm, Entom. Fr., I896, l126 p.). 1902. HALBERT (W. F.) and J. N . JoHNSON. A list of the beetles of Ireland (Dublin, 1902, 292 p.). [Extr. des Proceed. Roy. 1rish Acad., sr. Ill, vol. VI, 1900-I902.] 1896. HAMANN. (0.). Europaische Hhlenfauna (lena, Costenoble, I896, 296 p., 5 pl.). 1919. HANnscinN (E.). Beitrage zur Kenntnis der wirbellosen terrestrischen Nivalfauna der schweizerischen Hochgebirge (Liestal, Ldin und co, 19I9, I5:l p.). 1837. HEER (0.). Die IOifer der Schweiz, mit besonderer Bercksichtigung ihrer geographischen Verbreitung (Neufchtel, 1837). 1838. HEER (0.). Fauna Coleopterorum Helvetica (Turici, Orelli, etc., I8381842, 664 p.). 1886. HERV (E.). Catalogue des du Finistre et plus spcialement de l'arrondissement de Morlaix (Morlaix, 1886, 132 p.). 188o. HEYDEN (1. von). Catalog der Coleopteren von Sibirien, mit Ein schluss derjenigen der Turanischen Lander, Turkestans und der Chinesischen Grenzgebiete (Berlin, Nicolai, 188o-8r, 224 p.).

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236 R. JEANNEL tgo4. MAYET (V.). Coloptres des Albres (Narbonne, tgo4, t32 p.). [Extr. des Miscellanea entomol. VIII-XII ] J 85. MocQUERYs (K). Enumration des Insectes Coloptres de la SeineInfrieure (Caen, A. Harde!, t857, ao8 p.). [Extr. du Bull. Soc. Linn. Normandie, II, t857.] 18gg. MoRLEY (Cl.). The Coleoptera of Suffolk. (Plymouth, J.-H. Keys, 18gg, XIV et u3 p.). 1845. MoTSCHOULSKY (V. von). Insectes de la Sibrie rapports d'un voyage fait en 1839 et t8l,o. (Mm. Acad. Saint-Ptersbourg, 1845, XIII, fA74 p., 10 pl.). r845 MoTSCHOULSKY (V. von). Die Kiifer Husslands. (Bull. Soc. Nat. Mos cou, XVIII, 72 p., 1 carte). 1913. MLLER (.J.). Beitriige zur Kenntnis der Hohlenfauna der Ostalpen und der Balkanhalbinsel. II, Revision der blinden Trechus-Arlen (Denkschr. mat. nat. m. /(. Akad. Wiss. Wien, xc, p. 1 I-I :t4). r853. MuRRAY (A.). Catalog. of the Coleoptera of Scotland (Edimburg, 1853). 1886 ERTZEN (E. von). Verzeichnis der Coleopteren Gricchenlands und Cretas. (B_erliner ent. Zs XXX, p. t8g-:t93). 1867. PANDEI.L (L.). Etude monographique sur le genre Trechus (espces europennes) (Matr. pour la faune franaise, a cahier, Paris, 1867, p. 131-1t). [In Grenier, Catal. Coleopt de France. ] 1923. PASQUET (0.). Coloptres de la Manche (Mm. Soc. Sc. nat. et math. de Cherbourg, XXXIV, 332 p 1 carte). 1912. PETnr (K.). Siebenbrgens Kiiferfauna. (Siebenburgischen Ver. /r Natnrw. zn Hermannstadt, 1912 376 p.). 1923. PoRTA (A.). Fauna Coleopterorum Ilalica I, Adephl'f ga (Piacenza, l'ipogr: Piac., 1[,23, p.). r847. PuTZEYS (.J.) Trechorum Europaeorum Conspectus. (Stettiner ent. Ztg., VIII, p. 3o2-3r5). 1870 PuTZEYS (.J.). Trechorum oculatorum Monographia. (Stettiner ertt Ztg., XXXI, p. 7-48, 145-2ol, pl. I.). 1870. PuTZEYS (.J.). Note sur le genre Perileptus Schaum. (Stettiner ertt Ztg., XXXI, p. 36:)-3()!,). rgo3. REITTEn (K). Uebersicht der Arten der Carabiciden-Gattung Trechtzs Clairv. mit Augen, a us dem Kaukasus, Russisc h-Armenien Ul)d Transcaspien. (Wiener ent. Ztg., XXII, p. 1 7) 1908 Rli:ITTER (K). Fauna Germanica. Die Kafer des Deutschen Reiches. J. (Stuttgart, Lutz, 1908, 2!,8 p. 4o pl.). 1875. SAnLBERG (J.). Enumeratio Coleopterorum Carnivororum Fenniae. (Helsingfors, 1875, aoo p.). 188o. SAHLBERG (J.). Bidrag till nordvestra Sibiriens Insektfauna, Coleop. tera, I. (/(ongl. svensk. Akad. Handl, XVII no 4, 115 P. une pl.).

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238 R. JEANNEL aprs W. Kmny (1837, Fauna boreali-americana, Insecti, 325 p.) dcrivit sous le nom de Trechus un certain nombre d'espces que LECO:'
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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 1882. HoRN (G .-II.). Synoptic tables of Coleoptera. (Bull. Brooklyn en tom. Soc., V, p. 48). 18g2. HoHN (G.-H.). ll.andom studies in N. American Coleoptera. (Trans. Amer. entom. Soc., Philadelphia, XIX, p. 4o-48). 188o. HussARD (H.-G.). Description of a new Anophthalmus of Mammoth caves. (Amer. Entom., III, p. 52). 1920. JEANNEL (R.). Notes sur les Trechini. -II. Les Anophthalmes de l'Amrique du Nord. (Bull. Soc. ent. Fr., 1920, p. 152-154). 1920. JEANNEL (R.). Sur quelques Trecllinae du British Museum. (Ann. Mag. nat. llist., sr. g, V, p. g8-1r2). r848. LEcONTE (.J.-L.). A descriptive catalogue of the geodephagous Coleop tera inhabiting the lJ. S. east. of the Rocky mountains. (Ann. Lye. Nat. Hist., New-York, IV, p. q3-48o). r883. LECONTE (.1.-L.). et G.-H. IloRN. Classification of the Coleoptera of North America. (Smithson. !lliscell. Coll., 5o7, J883, 567 p.). 1920. LENGG (Ch.-\V.). Catalogue of the Coleoptera of America, North o[ Mexico. (Mount Vernon, J. D. Shermann, 1920, (no p.). r843. MANNEHHE!M (C.-G. von). Beitrag zur Kiiferfauna der Aleutischen Inseln, der lnsel Sitka und Neu-Californiens. (Bull. Soc. Nat. Moscou, XVI, p. q5-3r4). 1845. MoTscnouLsKY (V. von). Observations sur le Muse entomologique de l'Universit Impriale de Moscou. (Bull. Soc. Nat. Moscou, XVIII, p. 332-388, 3 pl.) 0 1862. MoTscnouLSKY (V. von). Etudes entomologiques, XI. (Dresde, F. Tho mass, 1862, 55 p.). r886. PACKAno (A.-S.). The cave fauna of North America, with remarks on the anatomy of the brain and origin of the blind species. (Nat. Acad. of Sciences, IV, r56 p., 27 pl.). 1870. PuTZEYs (.T.). Trechorum oculatorum Monographia. (Stettiner ent. Zlg., XXXI, p. -48, r43-2oi). 1901. ScHAEFFEn (Ch.). Synopsis of the species of Trechus, with the description of a new species. (B11ll. Amer. Il/us. nat. Hist., XIV, p. 209-212, pl. XXVIII). rgl5. SciiAEFFEH (Ch.). New Coleoptera and miscellaneous notes. (Joum. New-Yorl,; entom. Soc., XXIII, p. 4?-55). 3 AMRIQUE nu Sun. C'est encore DEmAN (I83I) qui fit connatre la premire espce de 1 'Amrique australe, sous le nom de T. antarcticus. Puis vinrent les rsultats des grandes expditions de circumnavigation, Voyage de la Coquille (GuRIN-MNVILLE, I83o), Voyage de Dumont-d'Urville (BLANCHAnn, I853) et plus tard la Mission du Cap Horn, ou croisire

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240 R. JEANNEL de la Romanche (FAIRI\IAIRE, 1888) et celle de la Belgica (RoussEAU, rgo6). J'aurai enfin dcrire dans cette Monographie quelques espces de Trcchisilms recueillies par Ch. DARWIN, pendant le Voyage du Beagle, ct d'autres provenant de la Mission antarctique Italienne, de 1882. La faune du Chili et de la Cordillre des Andes est surtout connue par les explorations d'A. d'Orbigny (BnuLL, J842) et de Gay (SoLIEH, J8!,g) et surtout par les chasses de GERMAIN. Les nombreux Trechus recueillis par cet auteur ont t rpandus dans les collections et parvinrent n PUTZEYS qui les drivit toutes (r870), sans savoir que GEnl\IATN lui-mme l'avait dj fait dans une revue chilienne (1855). Il rn 'a donc fallu reprendre les vieux noms de ayant la priorit et il en rsulte malheureusement que les espces de Trechisibus ont une synonymie assez longue. J 853. BLANCHARD (E.). Voyage de M. Dumont d'Urville (Voyage au ple Sud), Insectes. (l'aris, J,%3, !122 p.). 18! 12. BnuLL (A.). Voyage d'A. d'Orbigny dans l'Amrique mridionale, Insectes Carabiques. (Paris, Bertrand, r837-l1 3, 32 pl.). 1!)18. CHAMPION (G.-C.). The Coleoptcra of the Falkland islands. (Ann. May. nat. Hist., sr. IX, I, p. 167-186). 183 r. DEJEAN (Comte P.). Species gnral des Coloptres, V. (Paris, Mquignon-Marvis, r83r, 883 p.). 1 v 1 2. ENDERLEIN (G .) Die J nsckten des Antarkto-Archiplata Gebietes (Feuerland, Falkland Inseln und Sd Georgiens). [1\ungl. Svenska Vet.-Akad. 1 Jamll ., XLVUI, no 3, 170 p., 4 pl.). J885. FAIRMAIRE (L.). Liste de Coloptres recueillis la Terre de Feu par la mission de la Romanche. (A nn. Soc. ent. Fr., 1885, p. 33-6:>.). 1888. FAIRMAIHJl (L.). Mission scientifique du Cap Horn, VI, Zoologie, Insectes Coloptres. (Paris, Gauthier-Villars, r888, 62 p., 2 pl.). r 855. GERMAIN (P"h.). Descripcion de Coleopleros de di versas especies que no se hallan en la ohra del seiior Gay. (Anales de la Univers. de Chile, r855, p. 386-4o7). 183o. GumN-MNEV!LLE (F.). Voyage de Duperrey (Voyage de la Coquille). Entomologie. (Pu ris, Bertrand, r 820-32, 3 r g p., 2 r pl.). 1()20 .JEANi'
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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 24.1 1874. REED (E.-C .). Catalogo de los Coleopteros de Chile, I. (Anales Uni vers. de Chile, 1874). 1900. RoussEAU (E.). Diagnoses d'Insectes recueillis par l'expdition an tarctique belge. Carabidae. (rinn. Soc. ent. Belgique, XLIV, p. 108). 1906. RoussEAU (E.). Expdition antarctique Belge. Hsultats du voyage du S. Y. Belgica en 1897-99 H:apports scientifiques, Insectes, Carabidae. (Anvers, Burchmann, 1go6, p. 19-23, pl. 1). 184g. SoLIER (A.). Gay, Historia fis ica y polit ica di Chili. IV, Coleoptera. 4 AFRIQUE TROPICALE ET AUSTRALE; ILES MASCAREIGNES ET CROZET. On n'a jamais trouv aucun reprsentant du groupe des Trechinae en Afrique occidentale. Mais on en connat un certain nombre d'Abyssinie par les explorations d'A. HAFFRAY et de M. de RoTnscmLn, d'Afrique orientale par celles d'Y. SJSTEDT, Ch. ALLUAUD et R. et de G. BABAULT, d'Afrique australe par les chasses d'A. RAFFRAY et de L. PRINGUEY, de Madagascar enfin, par celles de Ch. ALLUAUD. Quant l'le Crozet, dans les mers Antarctiques, il est trs remar 11uable qu'elle hberge deux espces de Trechinae, qui sont d'ailleurs les seuls Carabiques de sa faune. L'une de ses espces tait dj connue de PuTZEYs (187o); mais la faune de l'le a surtout t explore par la Deutsche Sdpolar Expedition (G. ENDERLEIN, 1gog) 1915. ALLUAUD (Ch.). Contributions l'tude des Carabiques d'Afrique et de Madagascar. VIII. Observations sur quelques types de Carabiques de Madagascar dcrits par Fairmaire. (Bull. Soc. ent. Fr., 1!)15, p. fig. 1). 1916 ALLUAUD (Ch.). Coloptres des lies Mascareignes et Seychelles. Cicin delidae et Carabidae (Ann. Soc ent. Fr. Ig1, p. 37-90). 1917 ALLUAUD (Ch.). Les Carabiques de la faune alpine des hautes mon tagnes de l'Afrique orientale. (Atm. Soc. ent. Fr. 1917, p. 73-1 16). 1!)12. ALLUAUD (Ch.). Collections recueillies par M. M. de Rothschild dans l'Afrique orientale. Coloptres Carabiques: Diagnoses prlimi naires. (Bull Mus. Hist. nat., Paris, 1!)18, p. 493 lt97). 1922. ALLUAUD (Ch.). Voyage de M. le baron M. de Rothschild en Ethiopie ct en Afrique Orientale. Coloptres Carabiques. ( Paris, lmp. Nat. 1922, p. 483-519, pl. le 39 et 4o). 18!18 BoHE!IfAN (C.-H.). Insecla Caffraria, a .J. A. 'Vahlberg c ollecta. Coleop tera. (IIolmiae, Fritze etc 1848, 626 p 2 pl.).

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242 R. JEANNEL 1876. CHAUDOIR (M. de). Catalogue des Cicindltes et des Carabiques re cueillis par M. A. Raffray en Abyssinie, avec la description des espces nouvelles. (Gurin, Rev. et llfag. de Zoo!., Paris, XXXIX, p. 32g-3g3). 1866. CoQUEREL (Ch.). Faune de Bourbon (ile de la Hunion). Coloptres. (Ann. Soc. ent. Fr., 1866, p. 2g3-34o) . 1 gog. ENDERLEIN (G .) Deutsche Sdpolar Expedition, herausgegeben von E. von Drygalski. X, Zoologie. 2. Die Insekten des antarktischen Gebietes. (Berlin, G. Reimer, I!JO(), p. 367-528, pl. XL-LXIII). 18g8. FAmMAIRE (1.). Matriaux pour la faune coloptrique de la rgion malgache, 7 note. (Ann. Soc. ent. Belg., XLII, p. 463-4gg). lgo3. FAIRliiAIRE (L.). l')iatriaux pour la faune coloptrique malgache, 15" note. (Rev. d'Entom., Caen, p. 13-!,6). 1913, JEANNEL (R.). Trois nouveaux Trechus des hautes montagnes de l'Afrique Orientale. (Bull. Soc. ent. Fr., l()o3, p. 87-go). lg25. JEANNEL (R.), apud Ch. ALLUAun. Note sur les Coloptres Carnivores (Adephaga) des Iles du Cap Vert, d'aprs les rcoltes de L. Fea en 18g8. (Ann. civ. St. nat. Genova, LII, p. 64-g2). 18g6. PRINGUEY (L.). Descriptive catalogue of the Coleoptera of South Africa. Carabidae. (Trans. S. Afr. phil. Soc., VII, p. 135-623, pl. 1-x). 18g8. PRINGUEY (L.). Descriptive catalogue of the Coleoptera of South Africa Carabidae. First supplement (Trans. S. Afr. Mus., X, p. 3r4-374, une pl.). 1 go8. PRINGUEY (1.). Seventh contribution to Lhe S. African Coleopterous Fauna. (Ann. S. Afr. Mus., V, p. 271-%4). r87o. PuTZEYS (J.). Trechorum oculatorum Monographia. (Stettiner ent. Ztg., XXXI, p. 7-48, r43-2or). 1870. PuTZEYS (J.). Note sur le genre Perileptus Schaum. (Stet-tiner ent. Ztg., XXXI, p. 362-364). r885. RAFFRAY (A.). Note sur la dispersion gographique des Coloptres en Abyssinie et descriptions d'espces nouvelles. (Ann. Soc. ent. Fr., r885, p. 2g3-326, pl. vr). 5 RGlO;"; ORIENTALE. On ne connaissait peu prs rien des Trechinae de la Rgion orientale lorsque, grce l'extrme obligeance de M. H.-E. ANDREWEs, j'ai pu tudier les riches collections runies par MM. S.-N. CBATTERJEE et M .CAMEROi'l, du Forest Research lnstitute, Dehra Dun, dans l'Inde, ainsi que les chasses fructueuses MM. H. STEVENs, H.-G. CHAMPION dans l'Himalaya, et celles de M. le prof. C.-F. BAK!':R aux les Philippines. Mon travail de 1923 s'est donc

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE trouv tre, non une revisiOn, mais un premier essai sur la faune des Trechus orientaux. 1922. ANnREWES (II.-E.). Notes on Lhe types of Oriental Carabidae in the Stcltin Museum. (Trans. enlom. Soc. London, 1922, p. 18g2. BATES (H.-W.). Viaggio di L. Fea in Birmania e regioni vicine. XLIV, List of the Carabidae. (Ann. lllus. civ. Star. nat. Genova, XXXII, p. 2!)7-298). 1920. JEANNEL (R.). Sur quelques Trechinae du British Museum. (Ann. !Il ag. nat. Hist., sr. g, V, p. g8-1 12). 1923. JEANNEL (R.). Les Trechinae de la Rgion Orientale. (Ann. M<..g. nat. Ilist., sr. g, XII, p. 3g3-435, 18 fig.). 1857. NmTNEn (.J.). Descriptions of new Ceylon Coleoptera. (Ann. l\lag. nat. Hist., sr. 2, XIX, p. 274-388). 1870. PuTZEYS (J .) Trechorum oculatorum Monographia. (Stettiner ent. Ztg., XXXI, p. 7-48, 143-2o1). 1870. PuTzEYs (J.). Note sur le genre Perileptus Schaum. (Stettiner ent. Ztg., XXXI, p. 362-364). 6 AusTRALIE ET ILEs nu PACIFIQUE. Les Trechinae de l'Australie et de la Tasmanie ont t assez tudis depuis quelques annes et le travail de Th. SLOANE (1920) en prsente une revision ott figurent toutes les espces actuellement connues. Mal heureusement presque aucune de ces espces n'existe dans les Muses d'Europe. Il rn 'aurait t impossible de les connatre sam> l'aide obligeante de M. Th. SLOANE, qui n'a pas hsit m'envoyer types et m'a gnreusement abandonn des doubles de beaucoup d'espces. On sait bien aujourd'hui que les groupes de Trechinae peuplant l'Australie et la Tasmanie (Trechodini, Homaloderini) ne montrent aucune tendance coloniser les grottes. Il existe cependant une faune cavernicole dans cette partie du monde; mais ce sont des Bembidiinae du groupe des 1\Jerizodini qui remplacent dans cette faune -les Trechini d'Europe. M. Th. SLOANE a bien voulu me faire connatre une de ces espces cavernicoles de Tasmanie, Idacarabus troglodytes Lea; j'en donne ci-contre quelques dessins (fig. x-6) qui feront ressortir les diffrences fondamentales mais aussi les curieuses convergences de ces Mrizodini des cavernes avec des aphnopsiens palarctiques, comme, par exemple, le Pseudaphaenops tauricus Winkl. de

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244 R. JEANNEL Crime, qui a peu prs le mme aspect gnral. La languette et les palpes maxillaires montrent les caractres particuliers aux Merizo dini; les yeux existent, quoique rduits; mais la forme du corps, la dpigmentation, les sillons frontaux incomplets rendent 1 'Insecte trs ', 1 .\ 1', .'Il. ,i ',\. i l \ 1 1 "' ,\ 1 .. ,\: . :. \ \ \ t '!\ : : : : :1 .\' ', 1 \ \ \ '\ 1 '1 : l '' ... \ \ \: \ 1 . ', \) 1 1 :),:11'{ "" 1 .- ' \ \ '1 ,!::. '., \ 1 ; ., .<; . .:', H .'i' .. .. !' ''-/-:;1 ... : 3. 2.. FIG. 1-6. Idacarabus troglodytes Lea ( Merizodini), de manie. Fig. 1. Femelle, x 12.-Fig 2. Profil.-Fig. 3. Apex des lytres.-Fig. ft. Dent du menton, languette et paraglosses, x 120. Fig 5. Palpe maxillaire droit. -:Fig. 6. Tibia et tarse droits. compar11ble aux Trechini aphnopsiens. L'insecte est de grande taille (env. 6 mm.). La faune de la Nouvelle-Zlande a t considrablement tudie par Th. BROUN qui en a dcrit plusieurs milliers d'espces de ,Colop tres Il est curieux qu'il ait eu faire avec un certain nombre de (Oopterus), mais n'ait jamais rencontr un Trechus Ceux-ci existent cependant. Le British Museum m'en a communiqu une remarquable espce (JEANNEL, 1920), que j'ai dcrite sous le .nom de Trechus maori, mais qui devra plutt tre rapproche des Duvalius cavernicoles d'Europe. Il est surprenant combien l'espce

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE no-zlandaise, malgr certains caractres spciaux, ressemble au Duvalius biolwvensis de Dalmatie. 1878 B .. \TES (H.-W.). New genera and species of Carabidae from Tasmania. (Cistula entomol., 1878, p. 3q-326) 1891. BLACKBURN (T .) Notes on Australian Coleoptera with descriptions of new species, IX. (Proc Linn. Soc N. S ll' .. Zes, sr. 2, V, p. n5-7go). r8g5. BLACKBURN (T.). Notes on Australian Coleoptera, with descriptions of new species. XV. (Proc. Linn. Soc. N. S. Wales IX, p. 85-108). rgo1. BLACKBUI\N (T .) Further notes on Australian Coleoptera, with descriptions of new genera and species. XXIX. (Tmns. Roy. Soc. South Austmlia, rgo1, p. go-r3r). r882. FAUVEL (A. ) Les Coloptres de la Nouvelle-Caldonie et dpendances, avec descriptions, notes et synonymies nouvelles. Trechini. (Rev d'Entomol., Caen, I, p. 1920 JEANNEL (R.). Sur quelques Trechinae du British Museum. III. Espces No Zlandaises. (Atm. Mag. nat. Hist., sr. (), V, p. r r 1-112). r873. MACLEAY (W.). The Insects of Gayndah. (Trans. Entom. Soc. N. S Wules, Il, p. 79 et p. 23g). [Plusieurs espces dcrites comme Trechus n'appartiennent pas aux Trechinae.] PuTZEYs (J ). Deux nouveaux Trechus. Additions la Monographie des Trechus. (Stettiner mt. Ztg., XXXV, p. r8g6. SLOANE (Th.-G.). On t.he Australian Bembidiides referable to the genus Tachys with the description of a new allied genus Pyrrotachys. (Proc. Linn. Soc. N. S lVale s, XXI, p. 355 -3n). r oo3 SLOANE (Th.-G .) Studies in Australian entomology, XII. (Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XXVIII, p. I()I x. SLOANE (Th.G .). Cwabiclae from Dorrigo, N. S. Wales. (Proc. Linn. Soc. N. S. Wa/es, XXXV, I!)ro, p 823-8t.3). 1()20. SLOANE (Th.-G.). The Carabiclae of Tasmania. (Proc Linn. Soc N S. Wales, XLV, p. r J3-q8). rg23. SLOANE (Th.-G .). Studies in Au s tralian entomology XVIII. New genera and species of Carabidae. (Pl'Dc. Linn. Soc. N S. Wales, XLVIII p. q-3g). GENRES ET ESPCES DitCRITS A TORT COMME APPARTENANT AUX TRECHINAE Gen. Oopterus Gurin-Mneville, x84r, Rev. zoo!., Paris, p. 12:i; type :O. clivinoide s Gurin-Mn ev ill e r84r, l. c., p r23. -L 'O. clivinoidcs habite les les Aukland, dans le sud de la Nouvelle-Zlande

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246 R. JEANNEL et me parat, d'aprs l'examen du type, appartenir au groupe des Har palinae. Quant aux nombreuses espces de Nouvelle-Zlande, dcrites par WmTE, BATES et surtout Th. BROUN (Man. of N. Zeal. Coleopt.), elles appartiennent un tout autre genre encore indit (type : O. rolun dicollis White) qui devra prendre place dans le groupe des Merizo dini, c'est--dire dans la sous-famille des (Th. SLOANE, 1920, Carab. of Tasmania, in Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XLV, p. 139. -JEANNEL, 1922, Treh. France, in Ann. Soc. ent. F'r., 1921, p. 164.) Gen. Merizodus Solier, 1S49, Gay, 1-Iist. fis. pol. Chili, Zool. IV, p. 185; type :M. angusticollis Solier, 1849, l. c., p. 186:-Ce genre a servi de type pour la tribu des Merizodini Sloane, appartenant aux Bcmbidiinae. Ses espces prsentent par convergence, de curieuses ressemblances avec le Trechisibus antarcticus Dej.; en ralit elles sont assez troitement allies aux faux Oopterus (type : O. rotundi collis White) de la Nouvelle-Zlande. Je connais au moins deux es pces : M. angusticollis Sol., du Chili et M. soledad in us Gur. ( = Maceyi Ba tes) des les Falkland et de la Terre de Feu. Gen. Dormeyeria G. Enderlein, 1912, Kungl. Svenska Vet.-Ak. 1-Iandl., XLVIII, no 3, p. w; type : T. Au.dou.ini Gur. -L'espce que G. ENDERLEIN a dtermine (( Tre.chus Audouini Gur. est en ralit le Merizodu.s soledadinus Gur., des les Falkland. Il en rsulte que Dormeyria G. End. est synonyme de Merizodus Sol. Le vritable Trechus Au.clouini Gur. est tout autre chose que l'espce figure par G. ENDERLEIN (pl. I, fig. 4) et sera pris, dans cette monographie, pour type du genre nouveau Aepomorphu.s, dans la tribu des Aepini. Gen. Thalassotrechus Van Dyke, 1918, Entom. News, XXIX, p. 3o3; type : Trec hus Barbarae Horn. -Ge genre est fond pour deux espces de Californie, vivant au bord de la mer, dans la zone intercotydale, Th. Barbarae Horn et Th. nigripennis Van Dyke. L'examen de co-types m'a montr que le genre ne prsente aucune affinit avec les Trechinae, mais appartient en ralit au groupe des Pogo ninae. Gen. Anatrechus Casey, 1918, Mem. on the Coleopt., VIII, p. 4II; type : Trechu.s Barbarae Horn. Description parue peu de temps aprs la prcdente; le nom d'Analrechus Cas. tombe en synonymi0 de '1'halassotrechu.s Van Dyke.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE Gen. Trechicus Leconte, 1853, Trans. Amer. phil. Soc., X, p. 386; type : T. umbripennis Lee., 1853, l. c., p. 386.-Dcrit comme" voisin des Trcchus, en ralit identique Perigona Lap. Le T. umbripennis n'est pas autre chose que le Perigona nigriceps Dej., espce cosmo poli te, d'ailleurs dcrite de l'Amrique du Nord. Gen. Nestra Motschoulsky, 1861, Bull. Soc. Nat. Moscou, IV, p. 5o6; type : N. ruficollis Motsch., 1851, l. c., p. 5o6. -Synonyme de Perigona Lap. (FAUVEL, 1903, Rev. d'Entom., XXII, p. 223). Le genre avait t cr pour trois espces indiennes. Gen. Spathinus Nietner, 1868, Ann. Mag. Nat. Hist., II, p. 429; type : S. nigriceps Nietn., 1868, l. c., p. 42g. Encore identique Perigona Lap.; le S. nigriceps Nietn. est mme prcisment le Perigona nigriceps Dej., type du genre. Gen. Tach ynotus Motschoulsky, 1861, Bull. Soc. Nat. Moscou, XXXIV, p. wo; type : T. castaneus Motsch., 1861, l. c., p. 100. Cet Insecte provient de Colombo. La description que donne MoTscnouLSKY n'numre que de vagues caractres gnraux communs une foule de Carabiqes; rien ne permet d'affirmer qu'il doive s'agir d'une espce appartenant aux Trechinae. Peut-tre s'agit-il encore d'un Perigona? Blemus aenescens Leconte, 1848, Ann. Lye. nat. IIist. New-York, IV, p. 473; type : Georgia, Amr. du Nord. Appartient au genre Micratopus Cas. (Bembidiinae). Aepus testaceus Leconte, 1848, Ann. Lye. Nat. Hist. New-York, IV, p. 413; type : Columbia, Pensylvanie. Appartient au genre Phi lodes Lee. (Harpalinae) [LENGG. Cat. Col. Amr., p. 74] Trechus ater Macleay, 1873, Trans. Entom. Soc. N. S. Wales, II, p. 1 14; type : Gayndah, Australie. Appartient aux Harpalinae, probablement dans le genre Thenarotes (SLOANE, 1920, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, 145). Trechus atriceps Macleay, 1873, Trans. Entom. Soc. N. S. Wales, II, p. II3; type : Gayndah, Australie. ----Appartient au genre Thenarotes (Harpalinae) [BLACKBURN, 18g6, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XIX, p. 28]. Trechus Barbarae Horn, 1892, Trans. Amer. entom. Soc. Philad., XIX, p. 41 (type : Santa Barbara, Californie); = Thalassotrechus Rar barae (Horn) [ Pogoninae].

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248 R. JEANNEL Trechus bisulcatus Nicola, 1922, Dissert. Col. Hal., p. 26;=Tachys bisulcatus (Nic.) [ Bembidiinae]. Trechus braziliensis Fr. Sahlberg, 184/l, Act. Soc. Fenn., II, p. 513 (type : Brsil);= Tachys? (PuTZEYs, 1870, Stett. ent. Ztg, XXXI, p. 196). Trechus concolor Macleay, 1873, Trans. Entom. Soc. N. S. Wales. Il, p. 114 (type : Gayndah, A11Stralie) . Appartient aux Harpalinae (SLOANE, 1920, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XLV, p. 145). Trechus conjunctus Say, 1823, Trans. Amer. phil. Soc. II, p. go (type : Mexique);= Stenoloph'!s conjunctus Say (Harpalinae). Trechus convexus Macleay, 1825, Annul. Javan., London, p. 117 (type :Java). -Non identifi; mais n'appartient pasaux Trechinae. Trechus fasciatus Boheman, 1858, K. Svenska Freg. Eugeni'3s Res., Coleoptera, p. 17 (type : 1Ie Oahu, Honolulu). -Non identifi; n'est certainement pas un Trechus; peut-tre un Tachys; Trechus fasciatus Motschoulsky, I851, Bull. Soc. Nat. Moscou, IV, p. 586 (type :Indes orient.).-Probablement un Perigona ressemblant au P. ruficollis Motsch., de Ceylan (JEANNEL, 1923, Ann. Mag. nat. Hist. (g), XII, p. 3g4). Trechus fimicola Wollaston, I854, Ins. Mader., p. 63 (type : Madre);= Perigona nigriceps Dej. (Perigoninae). Trechus flavipes Kirby, 1837, Faun. boreali-amer., Ins., p: 47 (type : Amr. du Nord);= Stenocellus rupestris Say (Harpalinae). Trechus immunis Kirby, 1837, Faun. boreali-amer., Ins., p. 48 (type : Amr. du Nord);=Acupalpus carus Lee. (Harpalinae). Trechus Jansonianus Wollaston, 1858, Ann. Mag. nat. Hist., I, p. 19 (type : Madre);= Perigona Jansoniana Woll. (Perigoninae). Trechus laevigatus Boheman, 1858, K: Svenska Freg. Eugenies Res., Coleoptera, p. 17; type : Buenos-Ayres. Non identifi; parat appartenir au groupe des T.achys. Trechus latipennis Sturm, 1825, Ins., VI, p. g5, pl. 152, fig. c C (type : Tyrol);= Tachys bisulcalus Nic. (Bembidiinae).

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 249 Trechus litura Perroud et Montrousicr, J864, Ann. Soc. Linn. Lyon XI, p. 72 (type : Canal a, Nouvelle-Caldonie);= Perigona litura Perr. (Perigoninae). Trechus minutissimus Fr. Sahlberg, J844, Act. Soc. Fenn., II, p. 5d) (type : Brsil).-Appartient vraisemblablement au groupe des Tachys (Bembidiinae). Trechus minyops Wollaston, 1862, Ann. Mag nat. Hisl., X, p. 287 (type :Madre). -Espce microphtalme, antennes moniliformes; ses palpes avec << the almost aciculed last joint ,, me font penser qu'elle doit appartenir aux Bembidiinae. Trechus oblongulus Mannerheim, 1862, Bull. Soc. Nat. Moscou, XXV, p. 299 (type : Alaska);=Amerizus oblongulus Mann. (Bembidiinae). Trechus pallidus SLephens, 1828, Ill Bril. Entom., I, p. 169 (type : Angleterre);= Acupalpus? (I-larpalinae). Trechus pallipes Stephens, 1828, Ill. Brit. Entom. I p. 168 ; (type : Angleterre);= Acupalpus? (Harpalinae ). Trechus parvulus Sturm, 1826, Deutsch!. Ins., VI, p. 77; = A cupalpas dorsalis F. (Harpalinae). Trechus ruficollis Stephens, 1828, 111. Brit. Entom., I, p. 168 (type : Angleterre); = Telraplalypus similis Dej. (Ilarpalinae). Trechus ruficrus Kirby, 1837, Faun. boreali-amer., Ins., p. 47 (type : Amr du Nord); = Trichocellus ruficrus Ki rb. (Harpalinae). Trechus rufilabris Mncleay, 1873, Trans. Enl. Soc. N. S. Wales, II, p. II4 (type : Gayndah, Australie);= Perigona sp. (Perigoninae). Trechus rupestris Say, 1823, Trans. Amer. phil. Soc., II, p gr (type : Amr. du Nord) ; = Stenocellus rupestris Say (I-larpalinae). Trechus similis Kirby, 1837, Faun. borea li -amer., Ins., p. !,8 (type : Amr. du Nord); = Triliarthrus atrimedius Say (Harpalinae). Trechus soledadinus Gurin-Mnevillc, 1832, Voy. de la Coquille, Entom., II, p. 6o (type : baie de la Soledad, les Falkland);= Merizodus sol edadinus Gur. (13emb idiinac M erizodini). T r echus spectabilis Mannerheim, 18G2, Bull. Soc. Nat. Moscou, XXV, p. 298 (type : Alaska); = Amerizus speclabili. Mann (Bcmbi diinae).

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250 R. JEANNEL Trechus tibialis Kirby, r837, Fauna boreali-amer., ln s., p. 46 (type : Amr. du Nord);= Tacliycellus libialis Kirh. (l-la.rpalinae). Trechus verbasci Sturm, r825, Deutsch. ln s., VI;= Bradycellus verbasci Dufls. (l-larpalinae). Trechus vittatus Gralls, r 8G8, Mem. Map, g eolog., p. 3g, pl. I fig 4 (type : Portug al);= Acupalpus d01salis F (Harpalinae ) PALONTOLOGI E Quelques Trechinae sont dcrits comme fossiles tertiaires; mais il n'y a pas grand chose retenir de leur tude. La plqpart n'ont d 'ailleurs t baptiss Trechus qu' cause de vagues apparences produites par 1 'crasement du fossile. Chaque fois qu'un Entomologiste entreprend de contrler les dterminations d'I nsectes, et surtout de Coloptres fossiles, il est dconcert par 1 'audace des identifications des Palontologistes. C eux-ci, qui n'ont en gnral aucune exp rience de 1 'Entomologie systmatique, attribuent sans hsiter leurs empreintes tel ou tel genre ou espce, alors que le meilleur spcia liste aurait souvent des doutes sur l'ordre mme auquel l'Insecte peut appartenir 1 Quoi qu'il en soit, les espces cites comme Trechinae fossiles sont les suivante s : OLIGOCNE. Trechus? quadristriatus Schrank (minulus F ) de l'ambre de la Baltique, Oligocne infrieur (1-IELM, r8g6, Sclu. Gcs. Dantzig, IX, p. 224). -Le facies de cette espce est si caractristique qu'i l semble bien qu'on puisse faire tat de cette indication. II est vrai qu'il pourrait tout aussi bien s'agir du T. obtusus Er. En tous cas, que ce soit 1 'une ou 1 'autre des Jeux espces, on peut retenir que les Trechus de la ligne du T. quadristrialus existaient dj en Europe 1 Oligocne infrieur. Trechoides fasciatus Motschoulsky, de l'ambre de la Baltique, Oli gocne infrieur (MoTscnouLSKY, r856, Et. entom., V, p. 26). -Cette espce aurait l'aspect d'un Trechus, mais avec les lytres tronqus. La tte, le pronotum et les lytres portent de longs poils sur les parties

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 251 latrales (probablement les soies normales) et les lytres ont une fascie fonce sur leur milieu. Il semble que cet chantillon soit trs dterminable. Il est fort probable qu'il doive tre rapport soit au Trechoblemus micros Herbst, soit au Lasiolrechus discus F. Ces deux espces ont la coloration indique par MoTSCHOULSKY et possdent des soies tactiles de trs grande longueur. Trechus capito Forster, de Brunstatt, Alsace, Oligocne moyen (FRsTER, 1891, Abh. geol. Spezialk. Elsass, Ill, p. 355, pl. XI, fig. 6). La description de FonsTEn. est assez prcise et indique des carac tres (dcoloration, absence d'yeux, mandibules saillantes, joues coll vexes, pronotum trs troit) qui semblaient tre ceux d'une espce anophtalme. FtmsTER dit mme Es erinnert in seinem ganzen Ha bitus an die Unterabtheilung Anophlhalmus St. Vivement intress, je suis all Strasbourg voir ce fossile, con serv dans les collections du Service de la carte gologique d'Alsace. Hlas! j'ai constat que loin d'tre un Anophthalme, le T. capilo ne pouvait mme pas tre un C oloptre, mais peut-tre un vague dbris ayant appartenu un Pentatomide! Ce que FnsTEH a pris pour un Trechus n est vraisemblablement que le reste du scutellum d'un Hmiptre. MIOCNE. Trechus fractus Wickham, de Florissant, Colorado, Miocne (WICKIIAM, 1912, Bull. St. Univ. Iowa, Lab Nat. Hist., VI, n 3, p. 6, pl. III, fig. 1). -Cet chantillon se trouve au Museum de l'Universit du Colorado. Il est en assez mauvais tat de conservation et l'auteur trouve qu'il ressemble un Plalynus de forme grle, ou encore un Anophlhalmus! En ralit, d'aprs le dessin qui en est donn, la seule chose qu'on puisse dire est qu' il s 'agit probablement d'un Carabique. Les segments abdominaux, tels qu'ils sont figurs n'ont certainement pas la forme de ceux des Trechinae. Trechinites Clairvillei Heer et T oblongus Heer, de Oeningen, duch de Bade, Miocne suprieur (HEER, 1862, Verh. Hol l. Maatsch. Wet., XVI, p. 3!1, pl. 1, fig. 25 et 26). -Je n ai pas pu me faire une opinion au sujet de ces deux espces. PLIOC:i!:NE. Trechus praeglacialis Lesne, de Castle Eden, comt de Durham, Pliocne moyen (LEs:-.E, 1920, Bull. Mus. Ilist. nat., p. 388, fig. )

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252 R. JEANNEL Un dbris d'lytre indiquant qu'il s'agit d'une espce teinte, voisine duT. amplicollis Fairm. Il en sera fait tat daris ce travail. QUATERNAIRE. Trechus ri vula r is Gyll., de Hosbach, Bavire, Pleislocue infrieur (FLACH, 1884, Verh. Wrzb. 11. f., XVIII, p. 291, pl. VIII, fig. 11). -Espce subarctique qui s'avance actuellement jusqu'en Silsie, mais n 'existe plus en Bavire. Trechus montanellus Gemm. et Har., de Ludwikov, Galicie, tourhires du Pleistocne (A. Lomnicki!, in Mus. Lemberg).-Un lytre. L'espce n'existe plus actuellement que dans les Sudtes. la HauteTatra et les monts Bescides PnEi\IInE PAIHIE.-MORPHOLOGIE COMPARE CARACTRES GNRAUX Taille -Les Trechinae sont des Carabiques de taille; la grande majorit des espces a de 3 h millimtres de longueur, mais la plus petite (Aqms marinus) ne mesure gure que 2 millimtres rL la plus grande (Plocamolrechus gravis) atteint 11 millimtres. Il est hien probable que la souche primitive des Trechinae a d prsenter une taille suprieure celle des espces actuelles. C'est en el'fet parmi les lignes lucicoles les plus archaques de austral que les espces sont de plus grande taille. Les Tlechus australiens sont relativement plus grands que ceux d'Europe. Les Plocamolrechus, ligne certainement trs vieille, mesurent de 5 11 millimtres de longueur. Chez les Perileplini, tribu d'origine gondwanienne, dont la plupart des reprsentants actuels sont trs petits, il n'existe de grandes espces que dans leur ancien centre de dispersion (Neoblemus, dans l'Inde, Apoplotrechus, Madagascar). Il est plus logique d'admettre que ces grandes espces de souche trs ancienne ont gard leur taille primitive, plutt que de suppose1 f{U'ellcs soient atteintes de giganti!lme nogntique.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 253 li est intressant d'examiner l'effet que les diverses spcialisa lions ont pu produire sur la taille des Trechinae. Le milieu souterrain a-t-il produit une augmentation de taille chez les Cavernicoles? On sait que c'est l une question que beaucoup de Biologistes se sont pose et qui n'a gure reu jusqu' prsent de solution catgorique. Comme chez les Balhysciinae (JEANNEL, Rev. Bathysc., p. 66), on peut constater chez les Trechinae qu'en gnral les Cavernicoles sont de plus grande taille que les Lucicoles. Toutefois cette diffrence de taille est loin d'tre aussi constante que dans le groupe des Bathys ciinae et il est facile de se rendre compte, chez les Trechinae, qu'elle ne 'signifie aucunement que la taille des Cavernicoles se soit accrue sous l'influence du milieu des cavernes. On constate bien dans l'ensemble que les Balhysciinae cavernicoles sont de taille beaucoup plus grande que les l ucicoles, mais cela peut tenir ce que les souches de ces Cavernicoles, qui toutes ont disparu de la faune pige, taient elles-mmes de grande laille. Chez les Trechinae, il est frquent qu les souches piges directes de certains Cavernicoles existent encore dans la faune actuelle et on peut constater qu'aucune importante augmentation de taille n'est survenue dans les grottes. Les Treclms navaricus (6 6,5 mm.) cavernicole n'est gure plus grand que le T. Bonvouloiri (6 mm.) lucicole. Dans le groupe des races du Tlechus fulvus, certaines formes cavernicoles, comme T. troglodytes et T. Verneri sont de mme petite taille que la forme lucicole aile, T. primigenius. Aussi est-on en droit de penser que si dans l'ensemble la taille des espces de .Duvalites cavernicoles d'Italie est suprieure celle des Duvalius pigs des Alpes mridionales (D. Longhi, D. baldensis), c'est parce que les espces deve nues cavernicoles taent dj de grande taille avant d'tre rlgues dans les cavernes. Il en est vraisemblablement de mme pour les Trechinae cavernicoles gants (Aplwenopidius Treulandi, Neotrechus llilfi, Neoduvalius Langhofjeri), dont les souches sont inconnues (1), el pour tous les grands Bathysciinae cavernicoles de la pninsule Ba!canique. C'est encore une affirmation maintes fois rpte que les Endogs, vivant dans les fenfes du sol, ont acquis une taille trs petite et une forme troite et allonge. Les Trechinae n'apportent aucune preuve (r) Peut-tre s'agit-il de lignes qui ont prsent elu gigantisme avant de s'teindre et dont quelques survivants ont t conservs dans le milieu des cavernes. L'ADEILLE. XXXII, ler Juin 1926. 17

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254 R. JEANNEL 1 'appui de cette assertion. Il existe chez eux certains genres endogs trs spcialiss, comme Orolrechus et surtout Geolrechus, dont toutes les espces vivent sous ies grosses pierres enfonces ct dans les fentes du taules sont aveugles et ont des lytres plutt globuleux, avec des denticulations sur les bords. Ces Trechinae endogs sont, il est vrai, parfois trs petits (Geolrechus Trophoniu:;), mais la plupart snnt de taille moyen11e. Rien n'indique chez eux une rduction adaptative de la taille et on doit simplement conclure
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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 255 noter que chez eux les caractres ornementaux, sculpture el coloralion, sont particulirement dvelopps. En dehors e ces exceptions, les Trcchinae lucicoles onl tous l'habitus gnral bien connu des Treclms, petits Carabiques pronolum subcordiforme, assez troit, mais non pdoncul. On les reconnat d'ailleurs toujours au premier coup d'il la forme trs caractristique de leurs sillons frontaux. Toutefois, chez beaucoup de genres volus, le facies des espces se modifie du fait de leur degr d'volution. Les diverses orthognses des organes seront traites en dtail dans les pages suivantes; il est cependant intressant de les considrer d'abord en bloc. La modification Je forme gnrale la plus frquente, et la premire en dale, est celle qui rsulle de l'atrophie des ailes. Corrlativement avec la perte de la fonction du vol, le mtathorax se raccourcit et par suite aussi tout 1 'arrire-corps; les lytres, pl us courts, deviennent ovales et convexes, leurs paules s'eiTacent. En mme Lemps le prothorax devient proportionnellement plus grand et les yeux diniinuent de grosseur. Le facies Je l'Insecte se modifie ainsi lolalemenl el on observe souvent dans une mme espce des indi;idus ails et aptres tout fait diffrents d'aspect (Trechus obtusus). Celle volution rgressive de l 'arrire-orps et la rgression des yeux commence en corrlation avec la perle de la fonction du vol. Il est remarquable qu'elle continue sa marche, par orthognse, bien apr'l que les ailes ont tout fait disparu. On peul le constater chez beau coup d'espces montagnardes dont les lytres tendent devenir orbiculaires. Trechus oblusus en fournit encore un exemple avec sa petite race nenati du plateau Central, ultravolue par rapport aux 1'. olusus aptres rpandus en Europe. Chez beaucoup de vieilles lignes, on voit survenir un certain nombre de modifications qu'on a coutume de mellre sur le compte d'adaptations la vie souterraine, mais qui sont en ralit le fait d'orthognses indpendantes. Les tguments deviennent dpigmenls, les yeux s'atrophient et disparaissent, le corps s'allonge et le pronotum se rtrcit, les appendices augmentent de longueur. C'est le cas de toutes les espces souterraines, lapidicoles ou terriraies. Enfin ces caractres volutifs sont exagrs et aboutissent une sorte de facies myrmcode chez un certain nombre de genres sp cialiss la vie libre sur les parois stalagmites des grottes. Ainsi donc il est possible de distinguer quatre types diffrente;, d'aprs la forme gnrale : 1 o Type ail, pigment, trs gros yeux, avec le pronotum petit.

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256 R. JEANNEL les lytres amples, base transverse, paules trs saillantes, le mlasternum grand; 2" Type aptre, r-igment, petits yeux, avec le pronotum grand, les lytres courts et ovales, paules effaces, le mtasternum court; 3 Type anophtalme, dpigment, aveugle; la forme gnrale l'appelle celle des prcdents, mais est plus grle; les lytres sont allongs; 4o Type aphnopsien, dpigment, aveugle, mais ultravolu, FIG. 7. Partie moyenne du 4 interstrie de l'lytre de Dua/ius Simoni Ab . x 700. Imprgnation au nitrate d'argent (Cajal) du rseau cellulaire et de deux piliers squelettiques des d'aspect myrmcode. Les sillons frontaux sont incomplets, le pronotum est trs rtrci, 1 'arrire-corps souvent ovode, les appendices wnt dmesurment allongs. Nous verrons que, par bien des points de leur organisation, ces types aphnopsiens, ultravolus_, sont en mme temps trs archa ques et ont gard des souches anciennes, bien des caractres primitifs qu'il faut se garder de confondre avec des caractres volutifs. Microsculpture. -Les tguments sont alutacs, c'est--dire cou-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 257 verts d'un fin rse(!.u polygonal en creux chez beaucoup d'espces lucicoles ou cavernicoles. Lorsque ce rseau est bien dvelopp, il peut donner aux tguments un aspect mat. Son existence parat tre en rapport avec l'humidit du milieu. Ce rseau est form par le contour des cuticules des cellules pi dermiques. En gnral les petits polygones ainsi dlimits sont assez rguliers, aussi longs que larges. Chez les Cavernicoles et en parti <:ulier chez les Aphaenops ils se soulvent du ct anal pour former de petite cailles et entre ces cailles apparaissent et l quelques / ... / -. ( '-.,_,/ .,. -v i ... v J v ... ) .. : /, :..oi / .. /v .. .. "'( ._,, ,.... v ... y_ / . \. ...,.. .. : v : ,. 'V" 8. .9. FJG. 8. Fra gm ent de la surface dorsale d'un lytre d'Aphaenops Cerberus Dieck. ( x 700). cailles pidermiqu e s et trois cOnes nerveux. FIG. 9 Fragment de la gouttire margin ale de l'lytre droit du Trechus distigma Kicsw., dans la rgion apicale ( x 700). Frange d'cailles cilies,. FIG. 10. Une caille cilie de la gouttire marginale de l lytre du Trechus distigma Kiesw. ( x 3.800) petits cnes rfringents qui sont des terminaisons nerveuses (fig. 8). Les lytres de certains Cavernicoles (Duvalius) montrent une modification curieuse de ces polygones (fig 7). On les voit en effet fortement tirs en travers sur les interstries mais non sur l'emplacement des stries, o les cellules, auxquelles ils correspondent, ont donn naissance aux piliers de soutien constituant la ponctuation de la strie. Il n'est pas possible de dire quoi peut correspondre cette disposition particulire des polygones cutans qui ne exister que chez certaines lignes de Cavernicoles (JEANNEL, 1925, Morpho!. de l'Elytre des A dephaga, in Arch. Zo?l. exp.,_ t 64, p.

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258 R. JEANNEL Pigment et coloration. La grande majorit des espces lucicoles prsentent dans leurs tguments un pigment bruntre qui leur donne leur coloration brun de poix ou noire. Des taches ples, rougetres ou testaces, existent snr les lytres, 1rs rarement en Europe, presque toujours dans les les Atlantides et en Australie. Ces taches sont produites par des espaces dpigments et non par des pigments colors. Enfin le reflet iris bleutre qu'on observe chez quelqueR espces lucicoles, comme Trechus amplicollis ou T. micans par exemple, est produit par un phnomne d'interfrence de la lumire traversant les lames minces de la chitine au-dessus d'un fond noir. La question se pose de savoir si les souches des Cavernicoles se sont dpigmentes dans le milieu souterrain ou si elles taient dj dpigmentes avant de coloniser les grottes. Il est des cas o la dpigmentation semble bien survenir sous I 'influence du milieu souterrain. Un des meilleurs exemples en est certainement celui de la petite ligne du Trechus Bonvouloiri, dans les Pyrnes occidentales : T. Bonvouloiri, lucicole, est fortement pigment; T. Bordei, subcavernicole, est tantt pigment, tantt d pigment dans la mme station; T. navaricus enfin, cavernicole confin, est totalement dpigment. Il semble donc que le milieu souterrain provoque la dpigmentation; mais il ne faudrait pas conclure de l que toujours la dpigmentation des Trechinae ait t acquise dans les grottes, qu'elle soit toujours un caractre d'adaptation la vie souterraine. Bien au contraire, de nombreux faits prouvent sans aucun doute qu'elle survient indpendamment de l'action du milieu souterrain. On l'observe chez des espces ailes vivant en pleine lumire et il semble qu'elle a d se produire chez les souches anciennes des Cavernicoles avant leur pntration dans les grottes, par une volution orthogntique peut-tre en relation avec l'hygrophilie croissante qui les a forcs s'enfoncer sous terre. Tous les Perileptus orientaux sont ails, vivant sur les plages enso leilles des torrents; il sont tous totalement dpigments, sauf ceux des les Philippines. Trechoblemus micros est une espce aile el dpigmente; il en est de mme du Trechus fulvus primigenius, ail et gros yeux, dont la dpigmentation est la mme que chez le8 races cavernicoles de la mme espce. Dans l'Afrique australe, le Plocamotrechus rufipes, toujours ail, est reprsent par des individus tantt pigments, tantt dpigments, toujours lucicoles. Certains Duvalius yeux trs rduits, comme D. cognatus, se trouvent dans les monts Bihar aussi bien sous les petites pierres en surface, que sous les grosses pierres enfonces ou mme au fond des grottes,

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iv!ONOGRAPIIIE DES TRECHINAE 259 et leur dpigmentation est toujours aussi complte que celle des espces strictement cavernicoles. T. micros, T. fulvus, D. cognalus sont des degrs divers des espces en train de coloniser le sous-sol. On constate nettement chez eux que la dpigmentation prcde leur pntration dans le domaine souterrain. Pubescence. Il semble exister prem1ere vue, sur les tguments des Trcchinac, comme d'ailleurs chez tous les Carahiques, deux sortes de poils. Les uns sont de petits poils formant parfois une pubescence gnrale; ils paraissent disposs sans ordre, mais leur rpartition est cependant bien dfinie et leur nombre est constant, car leur position est dlennine certainement par le nombre et la laille des cellules hypod:.'rmiques. En plus de celle pubescence gnrale, qui manque d'ailleurs souvent, sc trouvent de grandes snies, des macrochtes, qui eux existent toujours. Ces grandes soies sont en petit nombre, toujours en position bien dfinie; et la << ch lotaxie n, c'est--dire les ca{actres fournis par leur nombre, leur position, leur forme, fournit d'excellentes indications taxonomiques. li existe Lous les passages entre les petits poils courts ct nombreux des espces pubescentes et les grandes soies peu nombreuses et trs spcialises. En ralit, les grandes soies ne sont pas autre chose que certains poils qui se sont perfectionns en augmentant de taille dans des enroits dtermins. La pubescence n'existe que chez un assez petit nombre de lignes de Trcchinac; il semble cependa11t que les souches primitives aient t toutes pubescentes, car on retrouve toujours en certaines places, chez les espces glabres, des restes de petits poils visibles seulement de trs forts grossissements et qui sont comme un souvenir de la pubescence primiTive. Il est rare qu'on ne puisse dceler ces vestiges sur la face antrieure des tibias antrieurs ou encore dans la gouttire marginale des lytres (fig. g). Les Perilcplini sont tous pubescents et ils prsentent mme, 1 'exception dr l'A poplotrcclms, le caractre assez extraordinaire d'avoir les yeux pubescents. Les Trechini sont eu gnral glabres, mais certains genres comme Trcchoblcmus, Lasiotrcchus, sont pubescents et beaucoup de srrics phyltiques de Cavernicoles prsentent cc mme caractre. En somme, la des Trcchinac est un caractre palogntique. Elle est en voie de disparition chez les Cavernicoles et a plus gL'nralement disparu chez les Lucicoles. C'est sur les

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260 R. JEANNEL antrieurs que cette pubescence primitive semble rsister le plus la rgression; aussi les caractres chtotaxiques fournis par cet organe sont-ils particulirement prcieux pour la systmatique. Les soies. C est un fait remarquable qu' il existe trs souvent beaucoup plus de grandes soies spcialises chez les Cavernicoles, 1 1 : Il -1: ::< ... .. r :..... 1 ............ ,.: ::r::::.-_-\<::: .. ... ... 0 --' i '\i .... -:: --B. A \ 1 .D. c. FIG tL Differents types de soies d'un Aphacnops Cerberus Dieck ( x 700). -A., pelil poil simple du front. -B., poil plus grand de la rgion gnale. C., soie discale du 3" inters trie de l'lytre.-D., fuuel de la srie ombilique. comme les Aplwcnops ou les Phcggomisclcs, que chez les Trechus lucicoles. Certains Vuvalius (D. Lconhardi) ont aussi parfois un nombre lev de soies sur les l ytres ct on observe mme quelques cas semblables, titre exceptionuel, chez des Lucicoles archaques, comme l'Amblyslogeniwn de l'tle Crozet ou encore les Trechiama du Japon. En ralit, il ne s'agit jamais de soies surnumraires, noformes; mais ces espces [t soies nombreuses sont, au contraire, des formes archaques, prsentant une chtolaxie primitive. Tout ce qu'on observe chez les Cavernicoles archaques indique bien que tout d'abord un assez grand nombre de soies a d sc diffrencier dans

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MONOGRAPIIIE DES TRECIJINAE 261 la pubescence primitive et que la spcialisation de ces soies a peu peu fait diminuer leur nombre jusqu' celui, bien fixe, des Treclms lucicoles. Les espces soies nombreuses se montreront toujours plus voisines du type ancestral c1ue celles chlotaxie rduite, Il sera d'ailleurs frappant que les soies plus nombreuses des espces de type aphnopsien sont toujours parfaitement homologues des soies des larves de Trechinae et ne sont que des organes larvaires persistant chez l'adullc, ayant ainsi u11c haute signification palogntique. Aucun meilleur exemple ne pourrait en tre donn .:. ..... ::: ::::_:}i{L ... : ... : ..... ::::/; FIG. 12. Insertion de deux fouets de la srie ombilique de l'Aphaenops Cerberus Dieck ( x ?00) (imprgation par le nitrate d'argent). A gauche le premier fouel externe numral, droite le fouet interne de l'lytre gauche. que celui des soies frontales des Phcguomiseles dont il sera question plus loin. L'lude de la disposition ct de l'volution des soies ne pourra tre faite avec fruit que dans le cours de celle tude morphologique, 1 'occasion des dif1erents organes qui les portent. Il suffira dont ici de rsumer brivement leuts groupements principaux. La tte porte toujours des soies, et celles de la partie dorsale du front, soies sus-orbitai res, sont particulirement intressantes, tant pour la comprhension de la topographie du crne qu' cause des applications systmaTiques de leurs caractres. Le pronolum a touJours deux soies de chaque ct, loges sur

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262 R. JEANNEL lu gouttire marginale. Ces deux soies sont homologues de celles que les larves portent au mme endroit. On les voit varier chez l 'adulte suivaut les changements e forme du pronotum, ou mme L lytre prsente une chtotaxie complique que j ai dj tudie eu dtail (JEANNEL, 1926, Morphologie de l'lytre des Adephaga, Arch. Zool. exp., t. 66, p. 1g). Je reviendrai son sujet plus spcialement, en examinant l'lytre des Trechinae. Rappelons pour l'instant qu'on y distingue des soies discales, alignes en ranges sur les interstries impairs ou interstries-nervures, et une srie ombilique de fouets le long de la gouttire marginale. La face ventrale du corps ne prsente pas de soies, sauf des soie'> gnales et deux soies au bord postrieur du dernier segment visible de l 'abdomen. Il existe aussi des soies sur les pattes, o elles sont mme souvent trs spcialises pour constituer de vritables pines ou perons. On verra qu'il est souvent assez difficile de bien les distinguer de la pubescence, car leur disposition a t profondment remanie au cours de la longue volution qui a abouti au type actuel de patte d'Insecte. Il sera cependant possible de reconnatre, au milieu de la pubescence, des restes des ranges primitives de phanres qui ont n'abord arm rgulirement les articles de 1 'appendice ancestral. Mais ces ranges primitives ne se sont pas galement conserves sur les divers articles de la patte adulte. On en trouvera des vestiges sur les hanches, trochanters et fmurs; elles sont mieux conserves sur le tibia, mais trs volues sur le tarse o elles ne sont plus rP-prsentes que par les deux ongles. Je ne puis insister ici sur ces intressantes questions de phylognie qui seront envisages plus loin avec dtail. On n'avait jamais remarqu avant mon Etude de l'lytre des Adephaga (JEANNEL, 1926, l. c., p. 19 ) qu'il existe sur les tguments des Carabiques deux types bien diffrents de grandes soies. On les trouve tous deux chez les Trechinae. Les unes sont les (( fouets constituant la srie ombilique de l'lytre. Les autres sont distribues sur les diverses parties du corps et forment sur 1 'lytre les -ranges discales. Ces dernires, ou grandes soies simples, ont absolument la mme structure que les petits poils de la pubescence gnrale, mme lorsqu'elles sont trs grandes (fig. 11 C). La soie est relativement rigide, d 'autant plus paisse qu'elle est plus -longue, et sa base s 'articule par une membrane basale souleve en forme de cupule, dans un

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE cadre ehiliueux dont le diamtre est toujours moindre que le double de celui de la base de la soie. Les fouets de la srie ombilique, au contraire, sont toujours trs fins, onduleux, flagelliformes, mme lorsqu'ils sont aussi longs que les soies simples. Leur base est implante au centre d'une trs large membrane, et le diamtre du cadre chitineux br:tsal est bien plus grand que le double de celui de la soie (fig. JI D). Il esl certain que ces fouets doivent avoir une fonction spciale. On en trouve de semblables disEmins au milieu des soies simples sur les diverses parties du corps des Orthoptres .. Mais chez les Adephaga, ils sont strictement localiss sur le bord marginal de l'lytre o ils constituent la cc srie omiJilique J'ai indiqu (1925, Z. c., p. 20) que des diffrences histologiques importantes distinguent les fouets des Aphaenops de leurs soies simples. En traitant rJes lytres d'.4phaenops par l 'azotate d'argent suivant la mthode de Ramon y Cajal (fig. 12), on voit qu'il existe il l a base du fouet une large nappe protoplasmique qui sc colore comme la terminaison nerveuse. De plus, on trouve dans cette masse protoplasmique trois filaments intensment colors, qui semblent partir de la base du fouet ct se terminent brusquement la priphrie. Rien de semblable n'existe la base des soies simples. Il faudra des recherches cytologiques sur du matriel hien fix, pour dcider en fin de compte s'i l s'agit l en ralit d'lments nerveux particuliers ou simplement de cellules glandulaires. TTE La tte est insre claus l'axe du prothorax. Elle est robuste, en gnral arrondie, et est caractrise principalement pai la prsence de forts sillons frontaux arqus en dehors et carts des yeux. Elle comprend le crne et les appendices cphaliques. Le Crne. Le crtwe est form par trois grands sclrites souds ensemble, 1 'picrne, l'pistome el la gula, et, de plus, par son endosquelette, le tentorium. L'picrne enveloppe toutes les faces dorsale et latrales, ainsi qu'une grande partie de la face ventrale de la tte (fig. I3 et Il1).

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264 ./l.. JEANNEL Pour le dcrire commodment, on a coutume de le diviser en rgions qui n'ont aucunement la valeur d'entits squelettiques. On appelle front ou vertex la partie mdiane et dorsale de l'picrne, qui chez les 1'rechinae se trouve comprise entre les sillons frontaux. Les joues sont les larges voussures latrales tendues depuis le sillon frontal en haut jusqu'B. la suture picranio-gulaire eh bas; leur partie antrieure FIG. 13 ct 14. Tte du Trechus ruben s F. Fig. 13. Face dorsale. :....__ Fig. 14. Face ventrale. porte l'il et l'espace qui sc trouve entre le nord postrieur de l 'il et le sillon qui spare en arrire, sur la face latrale, la joue de la rgion collaire, reoit le nom de tempe. La partie basale rtrcie de l'picrne enfin forme le cou, en gnral pais, dont la partie dorsale est parfois dnomme occiput. Du ct dorsal, le bord antrieur de l'picrne se continue par l'pistome, dont il est spar par une suture toujours assez e ffac e Du ct ventral les bords de J'picrne sont souds une pice mdiane en forme de T, la pice basilaire. L 'pistome ou clypus est trapzode, prs de trois fois aussi large CJUe long. Sa grande base es t soude au front; sa petite base porte le labre et ses cts, obliques, sont en rapport avec la partie dorsale de la base des mandibules. En gnral assez unie, la surface

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MONO GRAPHIE DES TRECHINAE 265 de l'pistome forme une large voussure mdiane limite latralement par de profondes fossettes constituant 1 'origine des sillons frontaux. Quatre pores sti gres se trouvent prs du bord antrieur, les deux pores externes sur les angles antrieurs. La plupart des Perileptini montrent un type d'pistome assez E:xtraordinaire (fig. 1 6 ). Chez eux un profond sillon transverse arqu, Fic. 15 Tte du Perikptus areolatus Creutzer -FIG. 16 Tte du Du11alius Redrenbacheri Friv. concavit antrieure spare une partie antrieure quadrangulaire d'une partie postrieure en forme de gros bourrelet transverse el, arqu; deux gros tubercules ornent la partie antrieure. J'avais cru jusqu' ce jour que ces deux parties reprsentaient deux sclrites et que l'antrieure seule tait l'pistome, port sur un postpistomc distinct du front. En ralit une tude plus approfondie des sutures et de leurs rapports avec le tentorium me prouve qu'il n'existe pas plus de postpistome individualis chez les Perileptini que chez les Trechus et qu'il s'agit chez les premiers de la mme pice, mais bizarrement sculpte par des caractres ornementaux. La pice basilaire est constitue par une partie basale, allonge et subparallle, la gula, continue en avant par une partie antrieure transverse, le prbasilaire, qui porte le labium et ferme latralement

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266 R. JEANNEL les chancrures maxillaires du II est des cas, comme chez les Melolontha, o le prbasilaire forme une pice indpendante de la gula; mais chez les Trechinae, comme chez la majorit des Co loptres, les deux pices sont intimment soudes. Beaucoup d'auteurs appellent le prbasilaire (( submentum et j'avais adopt ce terme dans ma Revision des Bathysciina. Il vaut mieux cependant rserver le nom de submentum la pice basale du labium, parfois distincte du (( mentum et reprsentant les cardas des pices labiales. FIG. 17. Tte de l'Aphaenops Leschenaulti Duv. -FIG. 18. Tte de l'Aphaenops Jeann. La gula est toujours glabre, mme chez les espces les plus pubescentes. Par contre, le prbasilaire porte toujours des soies. Il existe toujours une soie angulaire, sur 1 'angle antrieur et une range transverse de 2 12 soies verticalement dresses vers le bas et formant une sorte de (( herse n (fig. u'l). Le nombre des soies de la herse est constant dans chaque genre. L'orifice basal du crne est plac dans un plan frontal. Son pourtour est form par le bord basal de l'picrne et celui de la gula. L'orifice buccal du crne s'ouvre galement dans un plan frontal; il est trs vaste, car il reoit les insertions de pices buccales volumi neuses. Du ct dorsal, il est form par le labre port sur 1

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 267 Latralement, il comprend la bordure de la fosse mandibulaire et de l'P.chancrure maxillaire. La fosse mandibulaire est limite par la partie latrale de l 'pistome et le bord antrieur de l'picrne, entre lesquels l'extrmit de la cte du tentorium po ne 1 'articulation dore E.ale de la mandibule. Cette fosse mandibulaire est spare de l'chancrure maxillaire par une expansion lamelleuse du bord de l'picrne, que j'appelle lame maxillaire ll, doni l'extrmit antrieure du bord basal forme une cavit articulaire qui reoit le condyle ventral de la mandibule (fig. 44). L'chancrure maxillaire est profonde, et empite sur la face ventrale 'du crne; elle reoit le cardo de la maxille dont elle pouse la forme. Sa partie profondP est constitue par l'extrmit antrieure du pilier du tentorium portant l'articulation d11 cardo; sa paroi externe et dorsale est forme par la lame maxillaire de l'picrne, sa paroi interne et ventrale par les cts du prbasilaire Pt du labium. Sur la ligne mdiane et ventrale, enfin, le large orifice buccal est ferm par le labium et les pices labiales. Il va de soi ce large orifice buccal du crne ne correspond pas la bouche, qui P.st trs petite ei limite dans les parties molles de la base de l'pipharyl?-x et de la languette. TENTORIUM ou ENDOCRANE. -Lorsqu'on fait une coupe transversai1: ab m.' ad m'. pt. L . m. FIG. 19. Coupe frontale de la tte de l'Aphaenops Cerberus Dieck, passant en avant du cerveau. -sf., sillons frontaux; l., labium; p.t., piliers du tento rium; m., cardo de la maxille; ph., pharynx, dans la loge tergale du tento rium; ada., muscle adducteur des antennes; aba., muscle abducteur des antennes; abmd., muscle abducteur des mandibules; admd., muscle digas trique adducteur des mandibules; a hm., muscle abducteur des maxilles; adm., muscle adducteur des maxilles; ml., muscles labiaux. rie la tte passant vers le milieu du labium, c'est--dire prs de l'orifice buccal (fig. 19), on voit que la cavit 'cphalique est en

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268 ll. JEANNEL sorte cloisonne par le tentorium en quatre loges : une loge pharyngienne, deux grandes loges latrales et une petite loge ventrale, musculaires. Ces loges ne sont (.railleurs nullement fermes et communiquent largement en arrire et en avant du tentorium, qui n'est, en ralit, qu'un systme d'apodines, donnant insertion des muscles puissants. Le tentorium est donc un systme de quatre apodmes plus .admd. 20. F11;. 20 et 21. Tte de l'Anophthalmus hirtus St., sectionne en long dans le plan horizontal. Fig. 20. Secteur -Fig 21. Secteur ventral. -adm., muscle adducteur des maxilles; admd., muscle digaELrique adducteur des mandibules. moins lamelleux, qui se sont souds par leurs sommets et ont pris une disposition en X. Les deux apoclmes ventraux, ou piliers n du tentorium, sont des invaginations de la suture picranio-gulaire (fig. 19); les deux apodmes dorsaux, ou ailes n du tentorium correspondent au fond de la partie antrieure des sillons frontaux, o ils dterminent une cte n toujours bien visible par transparence chez les espces dpigmentes (fig. 16 et 17). La longueur de cett'O cte est variable suivant les groupes et il existe toujours, dans le sillon hon tai, une fossette au niveau de son extrmit postrieure.

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MONOGRAPlliE DES TRECHINAE 269 Il est clair que 1 'insertion de ces apodmes indique des limites de sclrites primitifs du crne. L partie antrieure des sillons frontau.'< correspond donc une suture et nous plus loin de quelles pices elle reprsente 1 '_union . En a,vant, se trouve un autre systme c)e pices endosquelett.ique:; spares du tentorium par le pharynx; on peut le nommer << endosquelelte buccal Ce sont des pices galement disposes en forme de X, d<;mt. les dorS!J.les .constituent l'pipharynx t les ventrales, d _pendant du labium, forment un cadre autour du pha.rynx. Elles seront tudies plus. loin, l'occasion du et du labium. Topographie cranienne. -Aihsi constitu, le crne prsente des am. . ... .... .... -....... FIG. 22 et 23. Topographie du crne. Les points marquent l'insertion des soies. aph., aire pharyngienn; ac., aire crbrale; aa., aire antennaire; am., aire mandibulaire; t., trait proculaire. Fig. 22. Crne du Duvalius Redten bacheri Friv.-Fig. 23. Crne du Pheggomisetes Buresch.i Kn. . 23. voussures spares par des sillons, de position constante, mais variant dans leur forme. On s'est toujours attach dcrire les variations de forme de la tte des Carabiques sans chercher en approfondir la signification. On croit gnralement que la fusion des sclrites l mentaires de l'picrne des Carabiques est telle qu'il. est impossible dceler les anciennes Et cependant a-t-on jamais:cherch quelle disposition rpondent les sillons frontaux? Est-ii L'ABEILLE, XXXII, 1er Juin 192.6. 18

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270 R. JEANNEL bien sr qu'il n'existe aucun autre vestige de sutures? La position des soies, enfin, ne peut-elle pas donner cl 'utiles indications topographiques? D'autre part l'tude des rapports des organes internes avec les voussures du crne ne c:loit-elle pas permettre de dfinir des rgions topographiques, dont les variations de forme au cours de J'volution des espces seront plus facilement expliquables P A. Biivi:'ostrieure de 1 'pistome est toujours visible la face

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MONOGR.APHIE DES TRECHINAE 271 dorsale, s'tendant transversalement d'un condyle mandibulaire 1 'autre. Le cou est spar par un vague sillon circulaire de 1 'picrne, concidant latralement avec les sillons frontaux et toujours plus ou moinl:! mdiqu la face dorsale, en arrire de la. voussure recouvrant les ganglions crbrodes. Les formes douces de ce sillon et l'absence de tout paississement de la chitine son niveau indiquent bien qu'il s'agit encore d'un model du crne et non d'une suture. Si on examine avec quelque attention l'emplacement de l'il chet. .lrs espces dpigmentes et aveugles, on constate qu'il existe toujours, en avant des traces oculaires, un petit trait bruntre, transverse, arqu, concavit postrieure. Ce << trait proculaire n'est pas une cicatrice marquant la place de 1 'il disparu, car il se trouve toujoun en avant des vestiges de l'il dont il reprsente l'ancien rebord antrieur (fig. 24 et 25). On le voit se perdre peu peu sur la surface dorsale des joues en se dirigeant un peu obliquement en arrire, dans la clirection de la soie sus-orbitaire antrieure. La surface du est toujours plus ou moins dprime son niveau et il est facile de voir que sa prolongation dorsale spare les champs d'insertion muscles antennaires et des muscles mandibulaires. Il est certain, comme nous allons le voir que ce trait pr oculaire est le vestige d'une suture. Si maintenant on pousse un peu cette analyse topographique, en s'aidant de quelques dissections faciles du contenu de la bote cranienne, il est facile de constater que ces diverses sutures et sillons limitent des aires convexes rpondant chacune des organes dtermins. Ces aires sont les suivantes : 1" Aire pharyngienne, comprenant la partie moyenne de l'pistome et la partie antrieure du vertex entre les ctes du tentorium. Cette aire est allonge, subrectangula.ire et recouvre le pharynx log daus le canal pharyngien du tentorium. Sa limite postrieure est indique IL peu prs par le niveau des fossettes qui occupent le milieu des Billons frontaux. Deux soies de l'pistome se trouvent sur l'aire pharyngienne. 2" Aire crbrale, .immdiatement en arrire de la prcdente l't comprise entre les parties non tentoriales des sillons frontaux. Cette aire recouvre les ganglions crbrodes. Sa limite postrieure est vague, mais il est presque toujours possible rle voir qu'elle correspond la chute d'une voussure mdiane lgre sur le sillon collai re . Chez les formes aphnopsiennes (fig. 23 et 24)! le trs grand dve-

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272 R. JEANNEL 1oppement des ganglions crbrodes se traduit par un largissement de l'aire crbrale; les sillons frontaux se trouvent repousss en dehors de ce fait et prennent une forme arque, concavit interne. Il 11 existe pas de pores stifres sur 1 'aire crbrale. li existe toutefois une exception curieuse : Je Paraphacnops Breuilianus, des grottes de la Mola de Cati, en Catalogne, porte toujours u11c grande soie im, paire mdiane sur la partie postrieure de J'aire crbrale. Celte soie exi s te encore chez Je Duvalius bulga. ricus; mais il n est pas rare de trouver u11e petite fossette cet endroit (Trec hus fulvus). Les deux aires prcdentes sont des aires viscrales; les suivantes, au contraire, correspondent des surfaces d'insertions musculaires. 3 Aires mandibulaires, occupant toute la partie latrale, dorsale et ventrale de 1 'picrne, en arrire du trait proculaire. L'norme masse des muscles de la mandibule et surtout le gros muscle digastrique adducteur (fig. 20 et 2 1), vient prendre ses insertions sur cette vaste surface. Cette aire atteint le bord basal de la tte; du ct ventral, elle s 'tend jusqu'au voisinage de la suture picranio-gulaire, du ct dorsal jusqu' J'aire crbrale el, en arrire de celle-ci, la ligne mdiane o les deux aires mandibulaires se juxtaposent dans la rgion du cou. Le prolongement dorsal du trait proculaire les spare enfin en avant des aires antennaires. On voit que le sillon frontal coupe en deux 1 'aire mandilmlaire. Il ne correspond aucune apodme; il est un simple fqss de la paroi du crne, produit par la traction des muscles les plus externes dont l 'aire d'insertion s'est spcialise, formant ia .large fosse des joues. Deux pores sti[rcs se trouvent d'habitude sur 1 'aire mandibulaire; l'un, dorsal, est le pore sus-orbitaire postrieur, plac prs du sillon frontal, non loin du bord interne de l'aire; J'autre est ventral, c est le pore gnal, qui se trouve sur la marge infrieure de l'picrne. Mais il arrive souvent chez les Cavernicoles que les soies sont en plus grand nombre; les Aphaenops ont souvent 3 ou 4 pores dorsaux et 2 pores ventraux (fig . 24 et 26); Pheggomisetes a 5 pores dorsaux et 4 ventraux (fig. 23). Nous verrons plus loin que cette multiplicit des pores stigres chez ces Cavernicoles doit tre interprte comme un caractre primitif. /1 Aires antennaircs, situes en avant du trait proculaire. Tandis que les muscles mandibulaires sont longs, cc qui augmente leur pouvoir de contraction ct par suite leur force, les muscles de 1 'antenne :3ont courts et large s, panouis au pourtour de son insertion, de faou h obtenir des mouvements dans lous les sens. Seuls les muscles lvateurs de 1 'antenne. ont une certaine longueur, aussi 1 'aire anle'n-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 273 naire s'insinue-t-elle obliquement en arrire; la face dorsale du crrie, entre les aires et crbrale . Cette extension, semble d'autant plus longue que les antennes sont elles-mmes plus longues et, par consquent, plus lourdes (fig : 22 et 2.4). Le pore sus-orbitaire antrieur est plac sur l'aire antennaire. En gnral sa position est difficile dterminer, ar on le voit seulement situ dans la direction du trait proculaire, entre les deux faisceaux iles muscles antennaires et mandibulaires. Mais il est des cas, comme chez Pheggomisetes (fig. 23), o la prolongation dorsaie du trait proculaire est particulirement _nette et laisse sans aucun doute le pore stigre en avant d'.elle. 6 Aire collaire, rpondant seulement au bord basal du crne occup par les iusertions des muscles inoteu rs de la tte. 7 Aire gulair, constltue par la gula sur laquelle s'insrent les :muscles labiaux. 8 Il faut ajouter, pour terminer, que, mme chez les espces anophtalmes, il existe toujours une petite aire oculaire, libre d'insertions musculaires, la place de ril disparu.
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274 R. JEANNEL est encore indique par le contour de 1 'aire crbrale et on voit chez les Aphaenops (fig. 23 et 24) que la ligne dcrite par celte suture n'est gure diffrente par sa forme de celle des larves. Il est remarquer que l'emplacement de cette suture correspond peu prs l:t ... .. . ---a.m 25. FIG. zr. et 25. Topographie du crne chez Aphaenops Jeanncli Ab.-Fig. 24. Face dorsale.-Fig. 25. Face gauche. (Mmes lettres qu' la figure prcdente.) partie non tentoriale du sillon frontal des Aphaenops, mais non la partie postrieure du sillon frontal complet el arqu en dehors des Anophtalmes, qui, lui, a t produit secondairement par une spcialisation des muscles mandibulaires (fig. 22). La comparaison des aires musculaires des Aphaenops avec celles des larves de Trechinae montre encore des analogies remarquables. Dans les deux cas les aires mandibulaires viennent eu contact sur la ligne mdiane en arrire des ganglions crbrodes. On voit mme parfois chez les Aphaenops, 1 'intersection des deux aires, un petit trait longitudinal et mdian bruntre qui est peut-tre une trace de la suture picraniale larvaire. La forme allonge de la tte des Aphaenops esl encore une forme larvaire, primitive, bien plus qu'une forme

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 275 adaptatrice. On ne peut pas, d'ailleurs, ne pas tre frapp de la ressemblance tonnante que la tte des Aphaenops pubescents, comme A. vasconicus (fig. 18), ou encore A. prsente avec celle des larves. Le nombre et la position des soies des formes aphnopsienncs sont encore bien intressants comparer avec ceux des larves. Les formes aphnopsiennes ont toujours un plus grand nombre de macrochtes cphaliques que les autres Trcchinar., ct il parat hien difficile mettre que 1 'adaptation au milieu souterrain ait pu produire ainsi des organes nouveaux. En ralit les nombreux macrochtes des Aphaenops sont les macrochtes larvaires qui persistent, alors que chez les autres Trechinae certains d'entre eux seulement se sont con servs. La soie susorbitaire antrieure est la soie de 1 'aire antennaire des larves; les soies susorbitaires postrieures ont la mme disposition que le:' soiS dorsales de l'aire mandibulaire des larves. Les soies ventrales larvaires, au nombre de quatre de chaquo ct, disparaissent en gnral sauf une chez l 'adulte, mais chez les Aphaenops il en persiste deux (fig. 25), ou mme elles persistent toutes les quatre chez Pheggomiseles. Quant au basilaire des Trechinae adultes, il drive certainement de l'hypostome larvaire, mais avec d'importantes modifications rsultant tle 1 'volution des maxilles et des pices labiales. Le prbasilai re se forme la place des lobes internes de l 'hypostome qui se soudent en une pice unique. La profonde chancrure maxillaire des adultes est produite par une invagination de la 1 igne d'union de 1 'hypostome i't J'picrne et celle in vagi nation entrane dans la profondeur le sci rite maxillaire, qui tait marginal chez la larve (fig. 1::>o) ct est repr sent chez 1 'adulte par la partie articulaire du pilier du tenlorium. De plus, on voit chez l'adulte que l'insertion des muscles du cardo de la maxille s'tend sur tout l'apodme longitudinal correspondant la suture picranio-gulaire, jusqu' la base du crne. Cela indique que cet apodme reprsente encore les restes du somite maxillaire et est homologue du sclritc maxillaire marginal des larves, ou plutt cl 'une partie de 1 'hypostome comprenant cc sci rite ct qui reprsente le somite maxillaire. D ailleurs, 1 hypostome larvaire a certainement subi une volution rgressive en rapport avec le faible dveloppement des pices labiales. La gula n'existe pas chez la larve et est repr sente par 1 'angle portant les piliers du tentorium et la suture gulaire. Tl est vident que c est dans celle suture qu'il faut situer la place du somite labial qui a d forcment atteindre le pourtour de la base du Crnc.

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276 R. JEANNEL De cette tude comparative de la tte des larves avec celle des adultes, i l rsulte donc des constatations trs importantes. D'abord, il est parfaitement possible d'tablir avec prcision les homologies du crne de l'adulle avec le crne larvaire. Ces homolo gies sont rsumes dans le t abl eau suivant : 1 -LAI\VE ADULTE Nasal Labre Lnhre --------Epislome Aire pharyngienne Epislome Epistome 1\[anubrium Postpistome Aire anlennaire Aire anlennaire Frontal Aire crehrale Aire crbrale Epicrne Epicr:ine A ire mandibulaire Aire mandihulaire ------.-Sclrite maxillaire Pilier du Lentorium Tentorium Hyposlome Ilyposlorne l'rbasilaire Pilier+ suture gu laire Gu la Basilaire ------------!\Ienlum l\fentum 1\[entum+suhmcntum Labium D'autre part, il est de se rendre compte de l 'origine des diverses parties du crne. On admet gnralement que la tte d'un Coloptre est forme par la fusion de six somites primitifs : trois proraux (oculaire, antennaire et postantennaire) ct trois pastoraux (mandibulaire, maxillaire et labial). A la face dorsale du crne, 1 'aire crbrale correspond une zoue o les wmites sont inlimment fusionns ; mais sur les faces lat rales ct ventrale, on peut aisment reconnatre ce qui revient n chacun d eux. Somitc oculaire. Aire oculaire. Somitc antcnnairc. Aire antennairc, =frontal larvaire. Somile postaulennaire. -Disparu. Somite mandibulaire. Aire mandibulaire,= picrne larvaire, auquel il faut rattacher uu petit sclrite formant la bordure de la fosse mandibulaire en avant des antennes (fig. lrlr) maxillaire. Pili ? r du tcntorium ct suture picranio-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 277 gulairo, =partie externe de l'hypostome larvaire (sclrrile maxillaire +pilier du tcntorium). Somite. labial. --Prbasilaire el gula, =partie ml-diane de l'hypostome larvaire. Enfin, un point de vue moins gnral, bi cil ries caractres de la tte des Trcchinac du type aphnopsien ne sont nullement des adaptations nogntiques, mais sont des caractres larvaires. La forme allonge de la tte, l'absence de sillons frontaux, le nombre lev cl mme la position des soies sont autant de caractres palogntiques que l'on retrouve chez les larves. Ces comtatations jettent un jour tout nouveau sur 1 'volution des formes de la tte chez les Trcchinac souterrains. Evolution du crne chez les Trechinae. -La forme du crne la plus primitive est celle des formes aphnopsicnnes se rapprochant le plus du crne larvaire ct plus particulirement celle des Aphaenops pubescents du groupe de l'A. Elllcrsi (fig. 18). Leur crne, parallle, s'est allong comme toutes les autres parties du corps, mais on retrouve chez eux une disposition des aires topographiques du crne identique celle des larves. Les sillons frontaux 11 'existent qu'en avant, dtermins par les ctes -du tcntorium et les bords de la voussure de l'aire crbrale; mais ils cessent en arrire du vertex, car il n'existe pas de fosse gnale spcialise dans la surface d'insertion des muscles mandibulaires. Les soies craniennes, nombreuses comme chez les larves, sont disposes en ranges le long du bord des aires musculaires. La tte des formes aphnopsiennes n'est donc pas une tte sillons frontaux cfTacs n comme on a coutume de le dire, mais une tte sillons frontaux non dPvelopprs )), Ses modifications nogntiques rsultent surtout rle l'norme accroissciilen t de volume des ganglions crhrodes. L'arrowlissemcnt ries cts Lie la tte chez Aphaenops Leschcnaulli (fig. q) parat bien rsulter du refoulement latral des organes par les ganglions crhrodcs. D'autre part, l'largissPment de 1 'aire crbrale dforme la partie postrieure du sillon frontal ct aligne en rouronnc autour de l'aire les 12 soies dorsales du Pheggomisctcs (flg. 23). Tous les 'autres Trcchinae, de form;.-non aphnopsicnne, ont trs probahlt>meut dtl avoir it l'origine la 1111\me l'orme de tte que lH wuche primitive del' Aplwrnops: mais chez CIL\ une spcialisation des museles mandibulaires a produit une dformation de leur surface d'insertion sur le crnc. Chez ces Imectes carnivores, mandibules

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278 R. JEANJVEL trs ac ti v es, les faisceaux externes du muscle mandibulaire jouent peut-tre un rle spcial dans 1 'adduction des mandibules. En tous cas leur effort de contraction semble avoir attir, invagin la partie basale des joues sur laquelle ils s'insrent et produit la forte voussure des tempes et, par consquent, la partie postrieure du sillon frontal. Cette volution des aires mandibulaires est naturellement incompatible avec un allongement de la tte; elle en produit au contraire l'elargissement. Elle a, de plus, entran en dehors le pore sm:orbitaire postrieur que l'on voit se dplacer plus ou moins en dehors le long du sillon frontal, en s'cartant de l'aire crbrale (fig. 22). On peut remarquer encore que la convexit des aires mandibulaires est toujours bien plus forte chez les espces anophtalmes (fig. 16) que chez les espces ocules (fig. I3). Cette apparenie corrlation s'explique parce que les premires sont ultravolues et que chez elles la dformation orlhogntique des joues a atteint un plus haut degr; mais cela est tout fait indpendant de 1 'atrophie des yeux. Les yeux. Les yeux existent chez l'immense majorit des Trechinae, trs dvelopps chez les formes lucicoles, atrophis chez les espces plus ou moins souterraines, et cc n'est que chez un petit nombre de formes extrmement volues qu'ils ont totalement disparu, ne laissant qu'une trace imperceptible. Toutes les espces dites anophtalmes >> possdent en effet des yeux, mais excessivement petits, en gnral non pigments et rduits 1 'tat d'une petite tache blanchtre sur laquelle on ne reconnat plus aucun vestige des facettes. Les formes ailes sont naturellement celles qui ont les plus gros yeux et les formes aptres nous montrent toutes les transitions possibles depuis les grands yeux con vexes et saillants complets des formes ailes juqu' 1 'aire oculaire absolument lisse et sans aucun vestige de facette des Aphaenops. Au cours de cette rgression, l'il diminue d'abord de taille et ce n'est que lorsqu' il est rduit peine la cinquantime partie de sa surface primitive qu'il s'aplatit et se dpigmente. Il y a donc lieu de considrer sparment la diminution de taille de 1 'il et sa dpigmentation. La diminution de taille des yeux apparat ds le dbut de la perte de la fonction du vol. On voit en effet cette diminution des yeux se

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 279 faire corrlativement avec la rduction des ailes, le raccourcissement du mtasternum et l'arrondissement des lytres chez les espces comme Tlechus obtusus par exemple o il existe concurremment des formes macroptres, brachyptres et aptres. Il est facile d'observer que cette diminution de taille de 1 'il correspond une diminution du nombre des facettes et que c'est toujours la partie postrieure de l'il qui entre en rgression. Chez un Trec hus ob tu sus ai l 1 'il est form de 4oo 45o facettes; ---26. FIG. 26 29. Rgression orlhognlique de l'il des Trechinae.-Fig. 26. Trcchus quadristriatus Schrank. Fig. 27. Treclws latus Pulz. Fig. 28. Duva!ius subterraneus Mill.-Fig. 29 Duvalius cognatus Friv. <::e nombre tombe I8o chez les individus aptres de la ml\me espce. Un Duvalius endog mais ocul, comme D. sllb/erraneus, n'a plus qu'une quarantaine d'ommatidies, pigmentes, compltes et fonctionnelles. Ce n'est que lorsque le nombre des facettes n 'est plus que d'une vingtaine que la dpigmentation sc produit et qu'on peut dire alors que l'espce est aveugle n, car ses yeux atrophis, sans pigment, nerf optique dgnr, ne lui permettent alors certaincm2nt plus de voir. Les ommatidies qui disparaissent les premires sont celles des rgions postrieure, suprieure et infrieure de 1 'il; celles qui per-

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280 R. JEANNEL sislent les dernires sont les plus antrieures, celles qui se trouvent immdiatement au bord antrieur de l'il, contre le trait proc u laire (fig. 26 29). II en rsulte que la diminution. de 1 'il sc mesure parfaitement par la proportion entre le diamtre antro-postrieur de 1 'il, nomme sa longueur' et la distance qui spare le bord postrieur de .l'il du sillon frontal sur les cts de la tte. Chez les formes gros yeux l'il est plus. long que la tempe; il est aussi long que la tempe ou plus court que la tempe chez les espces alpines yeux rduits, aussi long que le tiers, le quart ou le cinquime de la tempe chez les espces souterraines encore ocules, mais microphtalmes. On sait que malgr sa complication, l'il des Coloptres et en particulier celui des Carabiques, est un organe trs imparfait, qui voit trs mal. Des observations sur 1 'A nt hia venator, grand Carnassier trs actif du Sahara, m'ont montr (Bull. "Soc. ent. Fr. 1907, p. 292) que la vue ne sert gure l'A nt hia que pour 1 ui faire percevoir 1 'existence .d'une proie en mouvement dans ses environs et mme que les sensations visuelles qu'il prouve paraissent le tromper plutt que i'aider, lorsqu'il s'agit de saisir cette proie qui s'enfuit. Cet il compos de l'lnscte, qui voit certainement bien mieux les mouvements que les formes, est par consquent bien mieux adapt fournir des sensations utiles pendant le vol. Aussi peut-on comprendre que, ds que 1 'Insecte a perdu la facult de voler, toute la region postrieure de fil devenue inutile, entre en rgression. Seule persiste la rgion antrieure utilise pour la poursuite des proies la course. Il me semble que c'est ainsi qu'il faut s'expliquer la diminution de grandeur de l'il chez les espces lucicol es aptres, particulirement chez les Trechus alpins Mais il est vident que cette expli cation ne suffit pas pour rendre compte de 1 'atrophie totale de 1 'il des espces souterraines. D'ailleurs la !
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D.ES 'l'RACHJNAE 281 midit du milieu. Quoi qu'il en soit, la rgression orthogntique de l'il des Trechi11ae commen d'abord suivant les mmes lois que la diminution de taille de l'il des espces lucicoles ne volaut plus. Les ommatidies postrieures, peut-tre parce qu'elles sont moins utiles, disparaissent les premires, les aulricures continuant fonctionner, toujours compltes, saillantes eL pigmentes. Mais lorsque ces ommatidies ne sout plus qu'au nombre d'une vingtaine (fig. 29) elles s'aplatissent, deviennent confuses et leur pigment migre la priphrie de l'il o il forme d'abord une aurole pigmentaire dans la bordure du crne, puis il disparat totalement. A ce stade l'il est reprsent par une petite tache blanchtr vaguement bossele et celle Lache disparat mme entirement chez les espces les plus volues, ne laissant qu'une petite surface lisse peine discernable ou encore une aire strie comme che? Aphaenops Leschenaulli. En a van L de l'aire oculaire sc voi L alors le trait proculaire qui n'est pas, comme nous l'avons vu, Je vestige de l'il, mais qui marque en ralit la trace d'une importante suture du crne. La dpigmentation de 1 'il n'est pas toujours coiTlative de la dpigmentation des tguments. Cela va de soi, car le pigment oculaire est de nature diffrente de celle du pigment cutan. D'abortl c'est un fait d'observation que beaucoup d'Insectes des pays sont dpigments et conservent des yeux extrmement dvelopps. Chez eux la dpigmentation des tguments est fonction de ler xrophilie et il est clair qu'elle n'a rien voir avec la dpigmentation des espces souterraines. Les Perileplus d'Afrique et de la rgion orieutale, les Plocamolreclms de 1 'Afrique australe, les Trechus quadristrialus ails des parties les plus chaudes de la rgion mditerranenne sont dans ce cas. Chez toutes ces espces dpigmentes les yeux sont grands et riches en pigment. La dpigmentation des tguments des formes volution souterraine prcde de beaucoup celle de l'il, comme nous l'avons vu. Le Trec/ms rubens, le T. fulvus primigenius sont mme des exemples d'espces dpigmentes chez lesquelles l'il n'a pas encore commenc de regression. Il est vrai qu'elles sont ailes. La disparition de l'il ne s'accompagne pas de prodclion compensatrice de nouveaux organes sensoriels. Les Aphacnops ont u11 pltu; grand nomhre de soies susorbitaires que les autres Trechinae, mais leurs soies supplmentaires sont des organes larvaires qui persistent chez eux et rien ne dit que celle persif'tance soit en rapport avec la perte de la vision, car on ne l'observe chez aucun autre type non aphPnopsicn, ml'mc lorsque la ccit est complte.

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282 R. JEANNEL Tout au plus peut-on observer que les soies tactiles sont particulirement dveloppes chez les espces aveugles ou yeux rduits. Mais il ne s'agit pas encore de corrlation troite entre l'atrophie de l'il et l'allongement des soies, car on voit par exemple les soies dmesurment allonges chez les Trechoblemus micros, ails et gros yeux, mais vivant dans les grottes ou les catacombes (JEANNEL, 1908, Biospeol. X, p. 271). Les appendices cphaliques. Antennes. -Chez les Trechinae lucicoles. les antennes sont simples, cylindriques, filiformes assez longues, puisqu'elles dpassent toujours la base des lytres, et atteignent en gnral leur cinquime ou leur quart basal. Les onze articles sont peu prs de mme longueur. Le premier est toujours pais et un peu coud, le!! articles II VII sont un peu paissis au sommet, les quatre derniers toujours plus ovalaires que les autres. Tous les articles sont pubescents, mme ceux de la base; le premier article porte deux grandes soies, une dorsale et une ventrale et enfin les articles III X ont chacun une couronne apicale de 5 6 soies plus redresses que lu pubescence gnrale. Il n'existe pas d'autres organes sensoriels sur l'antenne des Tre chinae que les poils et de petits boutons hyalins qui couvrent le sommet du dernier article. Les antennes sont trs peu variables chez les lucicoles. Tout au plus peut-on signaler que certains genres, comme Perileptus, Cnides, Thalassophilus ont des antennes particulirement longues, et que chez les Trechus alpins, comme T. pyrenaeus (fig. 3I) ou encore T. sutu ralis, les articles se raccourcissent et deviennent sub-sphriques. Chez les Trechinae souterrains on assiste un allongement de l'antenne qui porte presque toujours sur l'ensemble des articles 1 'exception du premier. Les antennes des Duvalius atteignent ainsi les deux tiers de la longueur du corps; celles des Aphaenops arrivent dpasser la longueur du corps et on peut dire que cet allongement ries antennes est proportionnel celui des palpes et des pattes, sauf chez les Aphaenops pubeseents des zones d'inondation des rivires souterraines, comme A. Ehlersi (fig. 33) dont les derniers articles des antennes sont peu allongs. De tous les Trechinae des cavernes, les seuls qui prsentent un

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1\WNOGRAPI/JE DES TREC!l!NAE 2R3 type vraiment spcial d'anfennes sont les Aphaenopsis de Bosnie FIG. 30 3'-. Dirrrcnls lypcs x GO. -Fig. 30. Trech11s qlladri striatus Schrnnk. Fig. 31. Treclws pyrenae us Dej. Fi g. 32. Aphaenopsis Apfelbecki Mll.-Fig. 33. Aphaenops Ehlersi Ab. Fig. 3' A phae nops Leschenardti Duv. Chez eux l es antennes trs longues sonl aussi trs paisses ( fig 3 2) le deuxime article n'a pas pris part l'allongement de 1 'appeu-

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R. JEANNEL dice et est rest trs court; tous les articles enfin sont cylindriques, trs paissis depuis la base. Labre. -Beaucoup d 'auteurs ont considr le labre comme homolo g ue des anlennule s d e s Crustacs. li semble prouv maintenant qu'il sc dveloppe aux dpens 'un bourgeon impair, en avant de FIG. 3!'i 37. Tro i s types d e labres, x 150. 35. Face inte rne ou slernale du labre d e J'Aphae n o p s Cerberus Dieck. Fi g 3 G Fa dorsale du labre du Perileptus areo/ a w s C r eutzer. -Fig. 37. Face d orsale du l abre d e l Ibero trechus B o lilari J ea nn la bouche embryonnaire ct qu'il ne correspond nullcmcnl une paire d 'appendices Toutefois il constitue une vritable pice buccale, aussi son lude ne peut-elle pas tre spar e de celle es aulreg pe ces articule s qui entourent la bouche. Le labre des Trechinae, comme celui de tous les Carabiques, a la forme d'une lame quadrangulaire, conslilu e par un repli des tguments en avant d e la houchc. Sa face dorsa l e ou externe est chitinise sa face ventrale ou interne est membraneuse el conslilue le plafond

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MONOGRAPIIJE DES TRECHINAE 285 buccal, sans prsenter de lames saillantes (labre membraneux) comme il s'en tmuve chez d'autres Coloptres comme les Balhysciinae par exemple (JEAN:\EL, 19II, Rev. Bathysc., p. 16, fig. x). La face dorsale du labre porte six soies, dont les deux externes sont les plus longues. Le bord libre est form par un gros bourrelet chitinis qui s'avance plus ou moins sur le milieu de la face ventrale, vers un nodule basal en rapport avec le cadre buccal, au bord dorsal de 1 'orifice de la bouche. D'autre part la base du labre porte deux tiges chitinises dont les extrmits viennent se mcllre en rapport avec celles des apophyses labiales, la face dorsale du pharynx. Ces tiges, qui reprsentent 1 'pi pharynx, forment avec les apophyses du labium ce que j'appelle 1 'endosquelette buccal, qui maintient bante 1 'entre {lu pharynx et assure la cohsion des pices pri buccales. Les angles antrieurs du labre portent lille srie de soies recour bes en dedans, courtes cl paisses. La face interne membraneuse enfin est strie finement et parseme d'organes gustatifs (fig. 36). La forme du labre varie un peu, suivant les groupes. Chez les Perileptini il est trs rtrci la base ct son bord libre porte un tubercule mdian (fig. 36). ,(hez la grande majorit des genres le labre est court et large (fig. 35) avec son bord libre largement chancr, plus large que la base. II existe enfin quelques genres (Iberot.rechus, Aphaenops) dont le labre est rectangulaire (fig. 37), avec le bord libre de mme largeur que la base, subrectiligne, vaguement bitubercul, mais non chancr. Ces caractres peuvent servir dfinir des genres. Mandibules. Les mandibules des Trcchinae ont la forme de pyramides triangulaires, lill peu aplaties, prsentant tmis faces, dorsale, externe et ventrale, trois artes ou bords, dont l'un, intcruc est le bord masticateur, une base et enfin uil sommet ou pointe, plus ou moins incurve. Les mandibules, dont 1 'tude est en gnral n!>glige, prsentent cependant Ull trs grand intrt pour la phylognie. Aussi me semble-t-il ncessaire d'entrer dans quelques dtails leur sujet. La maudibule des Trcchinac adultes est plus complique que celle es larves (.TtH'i;'L, 1920, Biospeol. XLII, p. 5IIt, fig. 4), mais on y distingue facilement les mmes parties. La face ventrale est la plus large, s'tendant du bord masticateur au bord externe (fig. 43); elle est largement concave et trs unie. La face dorsale est spare de la face externe par une arte dorsale qui occupe les deux tiers basaux de la mandibule; elle est peu convext' L' ADEILLE. XXXII, 1' Juin 19

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286 R. JEANNEL ct unie. La face externe au contraire est profondment excave et porte en avant, vers le milieu de la longueur de la mandibule, une forte soie, caractristique du petit groupe de sous-familles des Carabidae, auquel les Trechinae appartiennent. JI exisle mme deux soies mandibulaires chez certains Aphaenops. Cette soie existe sur la mandibule larvaire et est sans doute 1 'homologue des soies dJ stipe maxillaire. FIG. 38 et 39. Mandibules de Trcchinae tridentatac, race tergale, x 150 Fig. 38. Mandibules de l'Aepopsis Robini Lab.-Fig. 39. Mandibule droile du Tasmanorites ni lens Putz. -r., rlinacle; p.m. deni prmolaire. La base forme la partie articulaire; elle a trois bords et par consquent trois angles. L'angle interne correspond la base de la mola, l'angle ventral exteme au condyle ventral, l'angle dorsal externe au condyle dorsal. Sur le bord dorsal, prs de la mola se trouve l'insertion du gros tendon lamelleux du muscle adducteur, tandis que le muscle abducteur, moins robuste, s'insre sur le bord externe, entre les condyles, mais plus prs du condyle ventral que u dorsal. Le condyle dorsal est improprement appel (( condyle car 1l est plutt une cavit articulaire recevant le vritable condyle form par la tte de la cte ilu te11Lorium. L'articulation dorsale de la mandihule se trouve donc porte par le sommet de l'apodme unissant le frontal 1 'pistome, c'est--dire par une rgion du crne

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 287 appart,enant au somite antennaire. 'Ce fait indique que cette articulation dorsale doit tre secondaire et ne correspond pas du tout 1 'emplacement de la base primitive de l'appendice mandibulaire. Le condyle ventral au contraire a la forme d'un vritable condyle; il est saillant, en forme de tte convexe, toujours fortement chitinis, et FIG. 40 42. Mandibules de Trechinae bidentatae, face tergale, ;< 110. Fig. 40. Mandibule gauche du Dualius Simoni Ab. Fig. 41.' Mandibule droite du Dualius Netolitzkyi Mll. Fig. 42. Mandibule droite de l'Aphaenops Ehlersi Ab. est reu dans une cavit articulaire forme par l'angle du petit sclr.ite pranten:q.aire avec la pointe antrieure de la lame labiale du crne (fig. 44). Ces pices drivent certainement du somite mandibulaire et il y a tout lieu de penser que le condyle ventral de la mandibule reprsente la base primitive de l'appendice mandibulaire. La pointe de la mandibule, que ertains auteurs ont nomm u terebra a la forme d'une longue dent aigu et incurve. Elle esl. robuste et fortement chitinise. Assez courte et obtuse chez les espces lucicoles (fig. I3), elle s'allonge chez les cavernicoles r:t arrive mme se transformer en une vritable faux chez les Aphaenops pubescents vivant dans la zone d'inondation des rivires souterraines (fig. 18 et A2). Les deux pointes sont dissemblables; la

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288 R. JEANNEL gauche est toujours pl'us large que la droite et vient se placer au-dessus d'elle lorsque les rnandibules sont croises en adduction. Le bord masticateur, concave dans l'ensemble, prsente une srie d 'organes particulirement intressants. D'abord sa partie basale, tranchante et saillaute, constitue la mola qui occupe environ le .tiers basal e sa longueur. La mola est trs rduite sur la mandibule larvaire, mais elle forme chez l'adulle comme un puissant scateur. Sa surface dorsale porte une range de poils sensoriels souvent rpartis en deux groupes, 1 'un basal, l'autre apical. En avant de la mola et la base de la terebra, se trouve toujours une forte dent qu'on appelle d'ordinaire (( dent accessoire ))' mais qu'il est certainement prfrable de nommer (( dent interne >> ou (( rtinacle )), Nous verrons plus loin que, tandis que la dent principale ou terebra correspond la galea des maxilles, le rtinacle correspond la lacinia. Les rtinacles des deux mandibules sont toujours dissemblables. Le gauche est souvent simple, parfois bitubetcul (Hg. 4o) et est spar de la base saillante du bord masticateur de la terebra par une profonde encoche; le rtinacle droit est toujours plus grand, plus saillant, quadrangulaire, fortement bitubercul (fig. !11) ou mme tritubercul (fig. 42) et vient se loger, en adduction, dans la profonde encoche sparant la base de la terebra du rtinacle du ct gauche. JI existe enfin toute une srie de genres de Trechinae, tous remarquables par les caractres archaques de leur organisation et aussi de leur distribution gographique, chez lesquels on voit une autre dent indpendante entre le rlinacle ct la mola. Cette dent, dont 1 'origine est iffrl'nte de celle du rtinacle, peut recevoir le nom de ,, prmola ou de ,, dent prmolaire )) On la retrouve sur certaines mandibules trs archaques, comme celle des larves de Bathy.>ciinae (fig. 47), sous la forme d'un tubercule plus ou moins individualis, situ entre la mola et le rtinacle membraneux qui reprsente la lacinia. La prmola existe aussi chez les Myriapodes (fig. 45) et il est bien probable qu'on la reconnatra encore chez bien des groupes l'Insectes, lorsqu'on tudiera davantage les homologies des diffrentes parties de leur mandibule. Quoi qu'il en soit, il faut retenir seulement ici que tous les genres de Trechinae archai'f!ues originaires du continent de Gondwana, possdent une prmola bien individualise et qu'il est possible, grce ce caractre, de rpartir les genres de la sousfamille dans deux grands groupes, savoir : les Trechinae lridentatae, prmola distincte (fig. 38 et 3g) et les Trechinae bidenlatae, man. dibule sans prmola (fig. 4o, !11 et 1!2).

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 289 Voyons maintenant quelles parties de l'appendice primitif peuvent rpondre les diffrentes rgions de la mandibule que nous vmons de dcrire chez les Trechinae. J.-B. SMITH (1892) a montr clairement qu'il est facile de recon-: :; .. :.::: .. 1 .:. . \:\>:: . 43. sel. rn. l. .. l' a.. m. .. . 1 1 ., .,...,. FIG. '. Face sternale de la mandibule droile du Ab. FIG. 44. Vue latrale de l'insertion de la mandibule gauche du DuPalius Simotti Ab. -sclm., sclrile mandibulaire; c., cte du tentorium; a., cavil articulaire de l'antenne; sf., sjllon frontal; o., il, avec le trait proculaire; l., la bium; aa., aire anlennaire; am., aire mandibulaire. nattre dans la mandibule d'un Copris les parties essentielles d'un appendice buccal typique d'Insecte. La base de la mandibule reprsente un stipe et le bord masticateur est form par la soudure et la spcialisation de la subgalea (mola), de la lacinia (prostheca ou dents accessoires) et de la galea (lerebra). Il n'existe naturellement pas trace du palpe qu'on ne trouve que sur les mandibules des Crus tacs. A. BEHLESE (1), utilisant les recherches de F. SrLVESTRI sur les Myria podes et les Thysanoures, a pouss un peu plus loin l'tude de ces homologies. Il remarque que, comme celle des Myriapodes (fig. 45), 1. A. BERLES Il. Gli Inselli, I, p. 126.

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290 R. JEANNEL la mandibule des Thysanoures (Machilis, fig. !16) est nettement forme de deux parties, basale et prmandibule, tandis que la mndibule des Ptrygotes, uni-articule, correspond d'aprs lui la prmandibule des premires. Chez les Thysanoures, qu'il nomme Diplognalhi, la mandibule s'articule par un condyle unique (Monocondyli de VERIIOEFF e), alors que chez les Ptrygotes (Monognalhi), il existe 8 ld. 0 c FIG. ft5. Mandibule .du Callipus foetidissnus Sav. (Myriapode) (d'aprs BERLEH). -FIG. t.6. Mandibule d'un 111achilis (Thysanoure) (d'aprs BER!.ESE). -FIG. 4.7. Mandibule droite, face tergale, de la larve du Speocharis Escalerai Jeann. (Bathysciinae).-FIG. 4.8. Rtinacle et dent prmolaire de la mandibule gauche du mme -g., galea; la., Iacinia; p., lame pectine; a., rlinacle; p.m., dent prmolaire ou prmola; m., mola; l., Iobef; seo., subcoxa; co., coxa; st., flipe; sg., subgalea; am., muscle adducteur de la mandibule; c., condyles articulairef deux condyles (Dicondyli de VEnnoEFF), et il conclut que lu partie basale de la mandibule des Ptrygotes a disparu en se fusionnant avec le bord du crne et que leur double articulation mandibulaire est le fait d'une spcialisation secondaire. E. BuGNIO:'>I ("), dans l e Handbuch fr Entomologie, ne fait qu'une 2. H. V. VJmnoEFF. Ueber Yergleichencle Mor -phologie des Kopfes nieclerer Inseklen [Abh. K. Leop Car. Al.:. Nalf. Ilalle, vol. 8t1 (rgo6)]. 3. E. lluGNION. Ilandlmch cler 1\Iorphologie cler wirbel10scu Tiere. Hexapoda. IV, p. 4r5-634 (1921).

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JVlONOGRAPHIE IYES TRECHINAE 291 bien vague allusion ces homologies auxquelles il ne parat gure attaher d'importance. En ralit les homologies supposes par BERLESE ne me semblent pas touL fait exactes . La mandibule des Trechinae et, par suite, celle des Coloptres, ne correspond pas seulement la prmandi!mle comme le dit BERLESE, mais elle renferme aussi les vestiges des pices basales qui ne sont donc Hullement fusionnes avec le crne. D'autre part, ces pices basales, trs dveloppes chez les Myriapodes et les Thysanoures, ne reprsentent par le cardo et Je stipe des maxilles, mais le cardo seulement, car le stipe pren'd certainement part la formation de la prmandibule, comme celle de la mandibule des Insectes Ptrygotes. Sur la mandibule d'une larve de Bathysciinae (fig. 47) ou d'un imago de Trechinae (fig. 5o) il est facile de reconnatre que la partie basale de la face dorsale est bien forme par la subgafea; c'est sur ce sclrite en effei que le muscle adducteur (fig. 4g). Le condyle dorsal est certainement homologue du condyle prmandibulaire des Myriapodes (fig. 45 c.); il vient, chez les Coloptres, s'articuler avec la tte cle la cte du ienlorium, apodme dpendant du somite antennaire, ce qui indique bien que cette articulation n'est nullement primitive. D'accord avec BERLESE, cette articulation dorsale a d se dvelopper secondairement entrt la base de la subgalea et le bord du crne. Mais il ne semble pas possible de croire avec BERLESE que le stipe ne prenne aucune part la formation de la mandibule des Ptrygotes et qu'il soit disparu dans la bordure cranienne. La face externe des mandibules porte trs frquemment une ou plusieurs soies chez les larves ou mme les imagos. Que peuvent tre ces soies sinon les mmes que celles qui se trouvent d'une fon si constante sur le stipe des maxillesil On voit mme parfois chez les larves de Ba!hys ciinae (fig. lJ7) la soie la plus antrieure s'insrer sur un gros tubercule qui semble bien reprsenter le palpigre du stipe. D'autre p art le gros condyle ventral, toujours saillant et trs chitinis, s'articule avec une rgion rlu crne rpondant videmment la partie antrieure dforme du somite mandibulaire. Son articulation parat hien tre 1 'articulation primitive de 1 'appendic e et reprsenter 1 'articulation monocondylienne de la mandibule des Thysanoures. C'est donc le condyle ventral de la mandibule .des Ptrygotes qui doit correspondre la hasimandihule d e s Myriapode s ct ries Thysanoure s et celte derni r e n e doit tre form e que par l e t:ardo, car il n'y a aucune raison pour que le stipe ne soit pas

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292 R. JEANNEL compris dans la prmandibule, comme il l'est certainement dans ln mandibule des Ptrygotes. Quant au petit sclrite allong bordant le crne au ct externe de la fosse mandibulaire (fig. 64 sel. m.) il ne reprsente pas 'e vestige de la basimandibule, comme le pense BERLESE, mais bien le s g. 50. FIG. lt!J eL 50. Homologies des parties de la maxille eL de la mandibule des Coloptres. (Mmes leLLres qu' la figure prcdente.) somite mandibulaire et peut-tre aussi le wmile postantennaire, dont on doit ncessairement retrouver des traces en cet endroit, entre le somite antenuaire et l'articulation mandibulaire. Les homologies des diverses parties du bord masticateur de ia mandibule sont maintenant faciles tablir. La mola se forme certainement aux dpens du bord interne de la subgalca, pice du stipe qui n'a pas d'autre rle dans la maxille que celui de porter les lobes, galea et lacinia. La dent prmolaire des larves de Bathysciinae et celle des Trechinae tridcntatac correspond manifestement la prmola des .Myria-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 293 podes (fig. 45 pm.); elle semble constituer une diffrenciation de la partie basale de la lacinia. Les lames pectines et dentes qui sa trouvent en avant de la prmola des Myriapodes sont clairement homologues de la partie apicale de la lacinia; elles correspondent au rtinacle membraneux des larves de Bathysciinae, 1 'expansion lamelleuse cilie des imagos du mme groupe (JEANNEL, Igii, Rev Bathysc., p. 18, fig. xi), au rtinacle des larves de Trechinae (JEANNEL, 1920, Biospcol. XLII, p. 5I5, fig. la dent interne ou rtinacle des Trechinae adultes et d'autres nombreux Coloptres. C 'est enfin. la galea qui forme la dent principale ou terebra des mandibules des Coloptres, dent qui varie beaucoup de forme suivant les diffrents :rgimes alimentaires. Elle est souvent multitubercule, ou encore multifide; chez les Trechinae, comme chez tous les Carnivores, elle est longue, acre et simple, pour constituer un puissant organe de prhension. Le tableau suivant rsumera les homologies des diverses parties de la mandibule des Trcchinae avec celles d'une maxille, telles que les comprenait BERLESE et telles que je crois qu'il faut les tablir : MAXILLE --1 -d'aprs J F:ANNEL. rl'aprr.s RF.RJ.F.SF.. Cardo Condyle ventrn l l Bo rdu re du Stipe+ palpigre Corps, fac e s externe crne e t ventrale -----Subgalca Face dorsale + mola Corps de la mandibule + mola 1 0 0 partie basale Prmola Pr mo la ,actma ( pnrtie npicale Rtin acle Lames pectines ou dents internes Galea Terebra Dent apicale Palpe o. 0 Maxilles Les maxilles des Trechinac sont loin de prsenter le mme intrt que l es mandibules. Elles sont de forme trs constante dans tout le groupe et ne varient gure que par l eur allongement et la forme du palpe.

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294 R. JEANNEL Le cardo est ovode et log dans la profonde fosse maxillaire limite du ct ventral par le labium et du ct dorsal par la large plaque maxillaire vase du crne (fig. Iq). Il est articul par un condyle avec la partie antrieure du pilier du tentorium et porte, en FIG. 51 et 52. Maxille gauche, face sternale, de deux Trechinae. -Fig. 51. Aepopsis Robini Lab., x 150. Fig. 52. Duvalius Simoni Ab., X 110. arrire de son articulation, un uncus recourb en dehors, sur lequel s'insrent les muscles abducteurs de la maxille. Le stipe est assez cort, surtout chez les Perileptus. Il est distinctement form de trois sclrites. Le sCirite basal, triangulaire, occupe la base de la face ventrale du stipe; H s'articule largement avec le. cardo et porte des soies en nombre variable, mais dont 1 'une, insre vers la base, est toujours trs dveloppe. En dehors le sclrite basal est uni au palpigre, large, enveloppant la face externe et dorsale du stipe et pourvu du ct dorsl d'un petit rebord lamelleux reposant sur la plaque maxillaire du crne. Le palpigre porte toujours une grande soie en arrire de 1 'insertion du palpe.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 295 Du ct interne enfin se trouve le troisime sclrite du stipe, la subgalea, qui a la forme d'une lame triangulaire formant le ct interne de la face ventrale du stipe. L'angle basal de la subgalea s'avance jusque sur le cardo; son bord distal porte la lacinia et galea, son bord externe s'articule avec le sclrite basal et le palpigre, dterminant une forte suture subrectiligne qui coupe obliquement la face ventrale du stipe. La subgalea n'a pas d'autre rle que FIG. 53 55. Maxille gauche, face s Lernale, de Bembidiwe. -Fig. 53. Maxille du Tachys bisulcatus Nic., x '150. -Fig M.. Palpe du Pterocyrtus globosus SI. X HO. -Fig 55. Palpe du soledadinus Gur. (= Oopterus M.aeeyi Bales), x 1'10. de soutenir les lobes de la maxille; aussi est-elle fortement chiti nise sur ses bords de faon constituer une sorte de cadre triangulaire dont le centre est mince el transparent. C'est sur le montant externe de ce cadre que s'insre le muscle adducteur des maxilles, qui croise les cts membraneux de la bouche pour aller s' pauouir en arrire el en dedans sur le corps u tentorium (fig. 20 et 21). Les deux lobes de la maxille sont de mme longueur, tous deux bien dvelopps. C'est eux surtout qui s'allongent chez les espces cavernicoles. Le lobe interne ou lacinia, qui n'tait reprsent chez la larve des

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2% R. JEANNEL Trechinae que par un simple petit tubercule stigre (JEANNEI,, 19:>.0, Biospeol. XLII, p. 5I5, fig. 5), est au contraire bien dvelopp chez 'imago. li a la forme d'une grande lame falciforme dont la pointe, fortement chitinise, est recourbe en dedans, le bord externe est pais et le bord interne, concave et aminci, porte des sries d'pines et de soies. Sur le bord masticateur mme,. se trouve un rang de 8 fl JO grosses pines incurves, dcroissant de taille de l'apex vers la base. Entre ces pines, mais un peu du ct dorsal, sc trouve un autre rang d'pines droites et la face dorsale enfin porte une srie de soies longues et recourbes vers la base. Cette armature du bord masticateur se perd peu peu sur la partie basale largie de la lacinia qui est hrisse de nombreuses soies longues et diriges en avant. Le lobe externe ou galea est plac contre la lacinia, mais son ct dorsal. II est palpiforme, biarticul. L'article basal est trs long et 1 'article apical relativement trs court, peine plus long que h tiers du premier. Cette proportion des articles de la galea, trs caractristique de la maxille des Trechinae, diffre beaucoup de celle qu'ou observe chez les Bembidiinae, dont les deux articles de la galea sont peu prs de mme longueur (fig. 53). Le palpe maxillaire est assez variable de forme et ses variations fournissent d'excellents caractres gnriques (1). On peut considrer comme type moyen le palpe des Trechus ou des Duvalius, qu'on retrouve d'ailleurs dans la plupart des genres. Ce palpe est form de quatre articles. Le premier est trs petit, fortement arqu en dehors; le deuxime est le plus long, il est aplati dans le sens dorso-ventral, avec le bord externe pais et convexe, le bord interne tranchant et concave; quelques poils rares se trouvent parfois sur son bord interne et son extrmit apicale. Le troisime, ou article, est largi au sommet; il est en gnral glabre, mais porte cependant quelques poils chez Trechus quadrislrialus, Trechoblemus micros, les Aphaenops pyrnens et surtout chez les Anophtalmes amricains (fig. 56 6o). Le dernier article, enfin, est peu prs de mme longueur que le prcdent; il est de forme conique, aussi pais ou presque aussi pais sa base que le sommet du prcdent et graduellement attnu au sommet, qui est arrondi, membraneux, couvert d'organes sensoriels. Le dernier article est toujours glabre. 1. Pour les homologies des articles de la maxille avec reux des appendices locomoteurs, voir plus loin, au chapitre des Caractres larvaires.

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MONOGRAPHIE DES TRECIIINAE 29? La prsence de quelques poils, souvent rudimentaires, sur l'avantdernier article, fait supposer que le palpe des Trechinae a d tre pubescent. Il est probable qu'il drive d'un palpe primitif dont la forme devail tre celle qui existe encore chez les Homalodera et autres genres de l'Amrique antarctique (fig. f>7), mais qui devait prsenter la mme pubescence que celui des Merizodini (fig. 56 et 55). Cette FIG. 5G GO. Palpe maxillaire chez divers Trechinae. -Fig. 5G. Perileptus areolatus Creulzer. Fig. 57. Ilomalodera dentimaculata Sol. Fig. 58. Trechoblemus micros Herbsl. Fig. 59. Neaphaenops Tellkampfi Er. Fig. GO. Aphaenops Eh/ersi Ab. pubescence a disparu chez les Trcchinae, ne laissant que de rares vestiges; elle a, au contraire, persist cl s'est spcialise chez lei! Bembidiini (fig. f>3) dont l'avant-dernier article a pris un dvelop pement prpondrant. Le palpe des Tre:chinae s'est modifi suivant deux directions vo lulives bien diffrentes. Chez certains genres, comme Perileplus, Trcchodes, le dernier article a diminu de taille, devenant cylindrique, petit, court et grle, tandis que l'avant-dernier s'est, au contraire, paissi vers le milieu (fig. 56). Ce palpe, appel palpe subul n, c"e

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298 R. JEANNEL qui signifie termin par une alne tend ressembler au palpe des Bembidiini et pour cette raison les Perileptus taient rangs prs des Tachys par les ancieus auteurs. Mais il existe tellement d'autres caractres sparant les Perileplus des Tac11ys, qu'il est clair qu'il ne faut pas donner trop d'importance l'analogie de forme de leurs palpes. Il s'agit l de convergence et mme de convergence trs superficielle, car il n 'existe, au fond, gure de similitude entre le palpe glabre des Perileptus et le palpe pubescent des Tachys. Chez tous les Trechinae palpe maxillaire non subul, le dernier article reste grand, conique et pais. Il s'allonge mme beaucoup parfois (Trechobembix) ou peut encore s'paissir et devenir fusiforme, comme chez Aphaenops Ehlersi (fig. 6o). D'ailleurs, au cours de l'volution des espces, les diffrents articles du palpe s'allongent de faons diverses, suivant les genres. Chez Trechobembix le dernier article seul s'est allong. Chez Neaphaenops Tellkamppi, cavernicole amricain pices buccales trs dlies, 1 'allongement a port sur le deuxime t't le troisime articles, tandis que le dernier est rest court (fig. 5g). Le palpe des Aphaenops pyrnens, par contre (fig. 6o), montre un accroissement de longueur des deux derniers articles, contrastant avec la brivet relative du deuxime. Ces modalits diffrentes de 1 'volution des appendices indiquent bien qu'il s'agit de lignes diffrentes. Pices labiales. -Elles comprennent le labium, les palpes labiaux d la languette avec les paraglosses. Dans cette troisime paire d 'appenclices, le labium reprsente les deux cardos et stipes souds en une pice unique, la languette est forme pnr les deux lobes internes souds, les paraglosses correspondent aux lobes externes; les palpes, enfin, sont ports sur des pal pigres indpendants (1). Il n'existe pas trace sur le labium de suture indiquant la place d'un submentum, comme on en trouve, par exemple, chez les Bat.hys ciinae (JEANNEL, Igii, p. 21, fig. xvm). Le labium des Trechinae est constitu comme chez tous les Carabiques par une large plaque bilo be, dprime dans sa partie mdiane et profondment chancre son bord antrieur. II repose par sa base sur le bord antrieur de la pice prbasilaire sur laquelle il est en gnral articul, mobile. Il n'est pas rare cependant, et cela surtout chez les sries phyltiques de Cavernicoles (Neaphaenops, Orotrechus, Geolrechus, Aphaenops, etc.), 1. Pour les homologies de ces pices, voir plus loin, au chapitre des larvaires.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 299 que le labium se soude entirement au prbasilaire, sans qu'il restP. aucune trace de suture. Les parlies latrales du labium forment des lobes lamelleux, particulirement explans et arrondis chez les Trechinac; ces lobes recouvrent le ct ventral du cardo et du stipe des maxilles. En avant ils sont limits, sur les bords de 1 'chancrure mdiane, par deux FIG. 61 ct 62. Labium des Trcchinae, face sternale. ol organe sensoriel labial. Fig. 61. Perileptus areolatus Creutzer. Fig 62. Trechoblcmus micros 1-Ierbst. saillies anguleuses appeles pilobes >>. Ceux-ci varient de forme dans les difTrents groupes de Carabiques. Chez les Trechinae, ils sont assez saillants, spiniformes et fortement chitiniss. L'chancrure antrieure du labium est large ct profonde, encadrant l'insertion des palpes labiaux. Le fond de l'chancrure porte toujours une dent, dite dent du menton de [orme trs caractristique dans chaque genre. Celle dent peut tre double ou bifide (fig. 62), son chancrure tant le dernier vestige de la soudure des deux pices symtriques qui forment le labium. Trs allonge, comme chez Ncaphaenops Telllwmpfi, elle peut avoir la forme d'une longue tige h sommet bifide. Trs souvent,.. la fusion des deux pointes de la dent

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300 R. JEANNEL ne laisse apercevoir que deux vagues petits tubercules apicaux, ou encore a produit une dent large, tronque, bord antrieur bianguJeux, comme celle des Plocamotrechus. Il existe enfin un certain nombre de genres chez lesquels la dent du menton est simple (fig. 61), par fusion complte de ses deux parties lmentaires et elle FIG. 63. Labium, face sternale, du Tachys bisulcatus Nic. (Bembidiinae). o.l., organe sensoriel labial. FIG. 64.. Languette du Merizodus soledadinus Gur., x 150.-FIG. 65. Languette de I'Oopterus carinatus Br., de Nouvelle-Zlande, x 65. peut mme dans certains cas (Apoplotrechus, Geotrechus, Aphaenops) s'allonger et s'effiler en forme de longue pine mdiane. Le corps du labium, c'est--dire sa rgion centrale, prsente des renforcements chitineux qui en constituent la charpente. D'abord,, immdiatement en arrire de 1 'chancrure, se trouve un paississement transverse, en arrire duquel s'implantent deux soies. De chaque ct, cet paississement transverse aboutit, la base des pilobes, une sorte de nud, d'o partent diffrentes traves chitineuses. L'une se dirige en avant et forme l'armature de l'pilobe (fig. 62); une deuxime, arque, dirige en dehors, atteint 1 'angle basal du labium

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MONOGRAPHIE DES TRECHJNAE 301 en limitant la surface des lobes (fig. 6 r et 62); une troisime trave, dirige en dedans et en arrire et toujours partie intgrante de la plaque labiale, se termine sur l'anueau de l'organe labial dont il sera question ci-dessous. Ces traves sont en ralit des paississements de la paroi dorsale de la plaque labiale, sur laquelle elles limitent des aires; mais leur nud d'union sert, en outre, de point de dpart une pice dorsale (fig. 6g), qui s'lve au-dessus de la paroi dorsale et vient contourner les cts du pharynx, pour se terminer, sur la paroi dorsale de ce dernier, au contact de J!extrmit infrieure de l'pipharynx. Cette << pice dorsale >> du labium forme donc un cadre rigide soutenant le pharynx; elle fait certainement partie du labium dont elle n'est qu'une apophyse. Mais il existe, en avant d'elle, sur la paroi pharyngienne, de petits nodules chitineux, qui, eux, sont peut-tre le vestige de l'hypopharynx (r). On a vu ci-dessus qu'une des traves de la charpente du labium vient se terminer sur l'encadrement d'un organe particulier que j'ai nomm organe labial Cet organe est bien probablement un organe auditif, autant qu'on peut en juger sans une tude histologique. On sait d 'ailleurs que des organes chordotonaux ont t signals par GRABER sur les palpes et sur le labium d'une larve aquatique de Coloptre. En tous cas, il est inexplicable que l'organe labial des Carabiques n'ait jamais t signal. Il semble cependant exister dans les groupes les plus divers. On le trouve chez les Tachys, les Ptrobus, Dellomerus et Pogonus, ainsi que chez Perigona, la mme place que chez les Trechinae; chez les Bembidium sa place est diffrente, on le voit plus en dehors, la base des lobes. Il parat manquer dans certains cas, comme chez Ocys, Scotodipnus et chez les Merizodini (Merizodus, Oopterus, Plerocyrtus ) mais alors des groupes de petits boutons sensoriels marquent sa place. C'est chez les Tachys qu'il atteint son plus grand dveloppement, ma connaissance; il apparait alors, mme faible grossissement, comme deux grands ocelles prs elu bord basal du labium (fig. 63). L'organe labial du Tachys bisulcatus (fig. 66), a la forme d"une grande fentre arrondie, dont le cadre paissi est travers par quelques filaments nerveux, termins par de petits cnes hyalins saillants dans la lumire de la fentre. Une membrane translucide parat tendue dans ( r ) E. BuGNION, dans le Handbuch fr Entomologie ( rg21 p. 429) affirme qu'il n'existe pas d'hypopharynx chez les Coloptres. J'ai cependant montr (1911, Rev. Bathysc., p. 21, fig xvm xxn) que les Bathysciinae possdent un hypopharynx dvelopp. JJABEILLE, XXXTT, 1 Juin 1926. 20

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302 R. JEANNEL le fond de la fentre et des cordons de cellules allonges en partent pour se diriger obliquement vers l e tgument externe et gagner surtout la membrane articulaire unissant la base du labium la pice prbasilaire. De plus, une tige chitineuse droite et rigide traverse obliquement la fentre pour aboutir galement la membrane articulaire. On retrouve un organe semblable sur le labium de la majorit des espces de Trechinae; mais la fentre est toujours bien plus petite et il n'existe pas de tige chitineuse (fig. 67). Lorsque l'organe est assez m. 68. FIG. 66 68. Organe sensoriel gauche du labium. m., membrane articulaire uniEsant la base du labium la pice prbaEilaire.-Fig. 66. chez Tachys bisulcatus Nic Fig. 67. chez Aphaenopsis Apfelbecki Mll. Fig. 68. chez Apoplotreclws strigipennis Fairm. (Perileptini). grand, avec un cadre chitineux paissi, on voit les cordons cellulaires diriger vers la membrane articulaire; mais dans bien des cas, chez les Trechus par exemple, l'organe se prsente seulement sous la forme d mte tache arrondie, translucide et ponctue, la ponctuation tant forme par les cordons de cellules aboutissant directement au tgument au-dessus de l'organe. Chez les Perileptini, l'organe labial est un peu diffrent. II est situ tout contre le bord basal elu labium et fait mme saillie sou:! la membrane articulaire. Chez A poplotrechus (fig. 68) il a la forme d'une tige creuse en gouttire du ct dorsal, saillant obliquement sous la membrane articulaire et dformant mme le bord du prbasi-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE Jaire. Du sommet de cette gouttire part un faisceau de filaments qui s'panouit sur la face interne de la membrane articulaire. La dispo sition est peu prs la mme chez les Perileptus, sauf que les deux organes sont runis dans un large paississement du bord basal du labium (fig. 6r). 1,. ,,, .. Il' 1 1 lill ,. 1 Il p .. 1 h . ,li. 1 ,, ... l .. J.d. FIG. 69. Orifice buccal de I'Anophthalmus spectabilis Jos., vu par le ct tergal aprs ablation du labre. o., orifice buccal; p., palpigre labial; cb., cadre buccal; p., paroi dorsale du pharynx avec des organes gustatifs; ad., apophyse dorsale du labium, entourant le pharynx. Les palpes labiaux paraissent quadriarticuls, mais ils sont en ralit forms de trois articles et ports sur un grand palpigre. Le palpigre est allong, sans articulation sa base, qui est longuement effile en biseau et seulement fixe dans les parties molles de la face dorsale du labium, par des muscles. La base des palpigres, applique contre la face ventrale de la languette et des paraglosses, se trouve en rapport direct avec la bouche. Deux longs muscles en partent pour

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R. JEANNEL aller s'insrer la partie antrieure de la gula sur une crte apodmatique mdiane. Le premier article du palpe labial est petit et court, et a la mme forme courbe que celui du palpe maxillaire. Les deux autres articles sont grands et prsentent les mmes variations de forme que les deux derniers articles du palpe de la maxille. Le deuxime article est renfl, volumineux et le dernier est petit, cylindrique, grle et court chez les espces palpes subuls (fig. 61); le deuxime est peu pais et le dernier est conique, pais, aussi long que le prcdent chez les espces palpes non subuls (fig. 62). Toujours le deuxime ou avant-dernier article porte quelques soies, au nombre de 7 8 chez les Perileptini, de 3 ou 4 chez tous les autres Trechinae. Par sa pubescence, le palpe labial des Perileptini rappelle donc encore celui des Bembidiini (fig. 63). La languette et les paraglosses forment le bord ventral de l'orifice buccal, dont les cts et le bord dorsal sont constitus par la base des paraglosses insre sur une pice chitineuse transverse, le cadre buccal, en rapport, comme les apophyses dorsales du labium, ave la terminaison de l'pipharynx (fig. 69 et 76). Ces pices prsentent chez les Trechinae une forme trs spciale et fournissent les caractres les plus constants de la sous-famille. Il n'exite, en effet, pas d'autre groupe de Carabiques dont les paraglosses soient longs et grles et en mme temps les soies de la languette nombreuses. La languette des Bembidiini porte deux grandes soies mdianes et parfois aussi deux. petites; les paraglosses sont toujours courts, trs larges et membraneux (fig. 63). Il en est de mme chez les Merizodini (fig. 64 et 65), quoique leurs paraglosses soient moins larges, mais linaires et droits. Quant aux Palrobini et Pogonini, que beaucoup d'auteurs plaaient jadis parmi les Trechinae, leur languette trs saillante, fortement corne et arme seulement de !feux soies mdianes, est encore plus diffrente de celle des Trechinae, que ne le sont celles des Bembidium et des .i'rferizodini. Les paraglosses des Trechinae sont toujours allongs, dpassant amplement le bord antrieur de la languette; ils sont hyalins, finement cilis, et leurs cils, sur la face dorsale, sont disposs sur une ligne qui se continue la base du paraglosse, sur le bord latral de l'orifice buccal (fig. 69 et 76). Le bord libre de la languette porte toujours deux grandes soies mdianes insres sur la face ventrale et, de plus, une range de soies marginales plus petites, presque toujours au nombre de six, parfois de quatre, ou encore de huit, mais toujours au moins au nombre de quatre. Cette disposition est absolument carac-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 305 tristique, mais il existe, malgr cela, de grandes variations de forme de la l;mguette dans les diverses lignes des Trechinae; les figures 70 78 en montrent quelques-uns des types les plus remarquables. Les paraglosses sont particulirement larges et la languette a une forme spatule, analogue, d'ailleurs, celle des Merizodini, chez les Homalodera et Trchisibus sudamricains. Ce sont l, d'ailleurs, des 7ft. r;, ,, ; ', ,, . '''\ 75.) .... FIG. 70 75. Divers types de languette chez les Trechinae.-Fig. 70.Homalodera centrimaculata Fig. 71. Homalodera limbata Sol. Fig 72. Trechisibus parPicollis Putz. Fig. 73. Trechimorphus diemenensis Ba tes. -Fig . 74. Aepopsis Robini Lab. Fig. 75. Tropidotrechus Victoriae Blackb. types trs archaques et il existe mme un Homalodera, H : centro maculata (fig. 70), chez lequel les petites soies marginales sont en trs grand nombre, ce qui indique un stade peu avanc de spcia lisation. Chez la plupart des Trechinae la languette a pris la forme n'un cusson tantt ovalaire, tantt carr, dont le bord libre est parfois droit et transverse, plus souvent convexe et saillant. Beaucoup d'es
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306 R. JEANNEL s'accompagner, dans certains cas, chez les Cavernicoles, de la formation d'un tubercule pdoncul (fig. n ) ou mme d'une sorte de stylet (fig. 78). Le nombre des petites soies est en gnral de trois de chaque ct. Mais i l est des espces qui en ont quatre, ce qui doit tre .interprt comme u n caractre palogntique, car la spcialisation entrane la diminution du nombre des soies. Avec ses soies nom-FJG. 7 6 78. Div e rs ty p e s de l a nguette chez les Trech i na e F i g 76. Snoni Ab.-Fig. 77. Aphaenops Leschenaulti Duv. Fig. 78. Aphaenopsis Apfelbecki Mll. breuses, la languette des Trechinae est archaque par rapport celle des Bembidiinae et celle d'un Homalodera est un stade volutif bien moins avanc que celle d'un Aepm, par exemple. D 'ailleurs, il n est pas rare de trouver des variations ataviques dans Je nombre des soies; une espce normalement trois soies prsente parfois une quatrime soie plus ou moins rduite d'un seul ct. Ajoutons que les soies et parfois aussi les paraglosses participenl d'habitude l'allongement gnral des appendices chez les Caverni coles. Cela n'est cependant pas l a rgle et cet allongement n est pas toujours corrlatif. On peut le voir en comparant les

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MONOGR.;1PHIE DES TRECHINAE 307 dmesurs d'un Aphaenops Leschenaulli (fig. 77) ceux, trs courts! de I'Aphaenopsis Apfelbecl (fig. 78) rJUi contrastent avec l'unique soie mdiane trs longue et porte sur un long style produit par l'allongement du sommet de la languette. THORAX Prothorax. -Le prothorax est assez constant dans sa forme gn rale chez la grande majorit des Trechinae. JI a la forme qu'on observe eps. epm.' ap s FIG. 7\J el 80. Prol horax du Duvalius Simuni Ah Fig. -i\J. Face tergale, pronotum. Fig. 80. Face sternalc. . pisterne; epm., pimre; ap., apophyse inlercoxale; s., prosternum. habituellement chez les (arabiques cl ce sont, en gnral, de petites diffrences dans son contour qui caractrisent l e mieux les diverses espces. Mais il existe aussi des genres exotiques, dont le pronotum diffre passablement c celu i des Trechini palarctiques et, d'autre part, c ltcz ces derniers, 1 'volution orlhogntiquc des 1 ignes souterraines produit des changements importants dans la forme du prothorax qu'il sera intressant d'tudier avec quelques dtails. La face du prothorax, ou pronotum, constitue une sork d'cu, un peu en forme de cur dont la pointe serait tronque. Tout l e pronotum est constitu par un seul sclrite dont l es parties latrale-s replies du ct ventral, forment. les pipleurrs prothoraciques

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308 R. JEANNEL (fig. 79 et So). Le pronotum prsente un bord antrieur, deux bord-, latraux et une base. Le bord antrieur forme la partie dorsale tle l'orifice collaire el ses angles, plus ou moins saillants, correspondent la partie la plus antrieure de la gouttire marginale. Les cts du prouutum, eu gnral tranchants et explans, sont longs par la gouttire marginale aus laquelle se trouvent deux pores sligres, I'ur1 vers le tiers antrieur, 1 'autre prs de 1 'angle postrieur. Toujours arqus dans leur partie antrieure, les cts sont rtrcis, sinus dans la partie basale, lorsque le pronotum est plus ou moins cordiforme (fig. 79). La base, de forme variable, est saillante au-dessus du msonotum. En gnral, sa partie mdiane forme une sorte de petit pdoncule articulaire trs court; mais ce pdoncule est trs dvelopp chez les Trechodes, les Oxylrechus et mme chez I'Epaphius secalis d'Europe. La surface du pronotum prsente toujours quatre aires convexes, spares par des sillons plus ou moins nets. D'abord, il existe toujours un sillon mdian, trs superficiel chez les Trechini, profond e t comme creus en coup ae gouge ct limit par deux fines carinules chez les Perileplini. Celte ligne mdiane n correspond 1 'insertion d'un apodme mdian dorsal sparant deux vastes champs d'insertions musculaires. Elle n'atteint jamais le bord antrieur, mais elle se prolonge en arrire jusqu' la base, quoiqu'elle soit trs souvent efface et difficile voir dans la partie basale. De la partie antrieure de la ligne mdiane partent les deux branches d'un sillon formant un V trs ouvert en avant et s'effaant pen peu sur les cts. Ce sillon n'est pas apodrr..atique et est form seulement par le soulvement de 1 'aire antrieure qu'il dlimite, aire qui correspond la partie articulaire u pronotum. En arrire, enfin, devant la base, se trouve un profond sillon transverse, arqu, concavit postrieure, s'tendant d'un angle postrieur 1 'autre et sparant une surface basale du pronolum, articule avec le msonolum. Chez beaucoup d'espces, qu'il faut considrer comme primitives (fig. 82 et 83), ce sillon est rgulier, se continue latralement sans interruption par la gouttire marginale et dtoure les aires musculaires places en avant de lui et qui sont convexes el bombes. Un tel sillon basal transverse couliuu, fossettes basales, s'observe chez beaucoup d'espces ailes (Homafodera, Trechus quadrislria.lus, Plocamolrechus,. etc.), mais aussi chez groupes entiers d'espres aptres (Treclws du groupr de T. quadrislrialus, de T. oiJlusiuscllllls, ctr.). Dans beaucoup d'autres lignes, par contre, la vous:mre des aires musculaires s'abaisse, 'ahorrJ divi

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M.ONOGRAPll/E DES TRECHINAE 309 se en deux par une dpression longitudinale correspondant l'intervalle entre les muscles intersegmentaires en dedans et les muscles coxaux en dehors (fig. 83), puis le sillon basal transverse s'efface et se perd peu peu latraleme'nt claus de profondes fossetles qui se creusent la partie postrieure de la dpression longitudinale dont il vient d'tre question (fig. 85). Toujours le pronotum sans fossettes basales est large la base, non cordiforme, tandis que l'apparition des fossettes basales s'accompagne d'un rtrcissement de la partie basale du pronotum. Aussi trouve-t-on des fossettes basales chez toutes les formes anophtalmes et existent-elles mme encore 1 'tat de vestige chez les formes aphnopsiennes (fig. 86). Ces diffrents sillons dlimitent donc des champs ou aires diverses sur la surface du pronotum : Gouttire marginale, constitue par un simple repli saillant des cts du pronotum. Aire collaire, en avant du sillon transverse antrieur, rpondant l'articulation de la tte. Aires latrales, de chaque ct de la ligne mdiane et entre les deux sillons transverses. Ces aires latrales sont des aires musculaires. Leur partie externe donne insertion divers muscles de la hanche, leur partie interne recouvre les muscles longitudinaux rtracteurs de la tte et du pronotum. Aire basale, on surfacP. hasale, rn arrire du sillon hasal transverse. C'est une aire articulaire, dont la surface est sou veut irrPgulire, parfois rugueuse, souvent ride ou encore couverte de fovoles allonges. Ses parties laliales se perdent dans les fossettes basales. Les deux soies du pronotum sont places sur la gouttire marginale. On retrouve ces deux soies -chez la larve, sur le bord du scutum, 1 'antrieure vers le cinquime antrieur, la postrieure bien avant l'angle basal (JEANNEL, 1920, Biospeol., XLII, p. 5q, fig. 6). beaucoup d'espces appartenant de vieilles lignes, cu particulier chez les Gcotrcchus (fig. 86) ei les Aphacnops, on retrouve ces deu'k snies absolument la mme place flUe chez la larve. Mais, en gnral, elles se trouvent un peu plus en arrire, l'antrieure vers le quart ou le tiers antrieur, la postrieure toul prs de 1 'angle postrieur (fig. 79). II n'est pas surprenant de trouver ainsi des caractres chtotaxiques larvaires sur Te pronotum des Aphacnops, puisque nous en avons dj signals sur le crne. Mais ces ressemblances chtolaxiques semblent indiquer que J e pronotum de 1 'adulte correspond celui de la larve; il serait donc un prscutum seu l e t les autres pices tergales lmentaires du pronotum, atrophies, doivent tre comprises dans la

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310 R. JEANNEL membrane articulaire pro-msonotale. On voit d'ailleurs, chez Duvalius Simoni, au bord postrieur de 1 'aire basale, une petite pice marginale transverse, juxtapose au bord basal, qui est peut-tre l e vestige du postscutum. Du ct ventral, le prothorax se montre form par plusieurs scl ,rites, entre les bords des pipleures prothoraciques; ce sont le pro-a p. FIG. 81. Cavits coxales du prosternum, chez Duyalius Snoni Ab. eps., pisterne; epm., pimre; pr., prosternum; ap., apophyse intercoxale du prosternum; t., trochantin. sternum, les pisternes et les pimres, entourant les cavits coxale.; (fig. 8o et 88). Le prosternum est large, bomb, ct sa partie postrieure forme une grosse apophyse prosternale sparant les hanches. Cette apophyse est trs saillante (fig. 81); elle est constitue par une haute lame sagit tale, dont la base s'largit pour former la partie interne du cadre coxal et le sommet s'tale entre les hanches pour constituer la partie visible de 1 'apophyse, large, sommet arrondi, non reborde. Cette apophyse est naturellement plus comprime latralement, plus troite et plus leve chez les espces pronotum rtrci (fig. 88) que ehez les autres. Les pisternes prothoraciques sont grands, entirement indpendants du prosternum; leur bord interne n'atteint pas la bordure de la cavit coxale (fig. 81). En arrire d'eux se trouvent les pimre!S (fig. 8o et 88) bien plus petits, qui ferment en arrire la cavit coxale et forment le bord postrieur du prothorax sur ses faces latrales. Aucune soie n'existe la face ventrale du prothorax.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 311 Les cavits coxales antrieures sont ouvertes en arrire, l 'extrmit interne de l'pimre tant seulement juxtapose, mais non soude au prosternum en arrire c l'orifice articulaire (fig. 81). L'orifice interne de la cavit coxale est simple. On sait que cet orifice est double chez certaines Carabiq ucs (Lbiides, Chlaeniides, Dryptides, etc.), que Th.-G. (1920, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XLV, p. 120) groupe sous le nom de Caraidae biperjoratae, par opposition aux uuiperjoratae. D'autre part les cavits coxales antrieures sont ouvertes chez la plupart des Carabiques et il n'existe qu'un petit nombre de types, comme les Scarites, les Omophron, dont les cavits coxales soient fermes en arrire (Th.-G. SLOANE, 1920, p. 1 16). EvoLUTION nu PROTHORAx. Les types les plus archaques de prothorax sont certainement prsents par les espces ailes, comme les llomalodera (fig. 83) ou encore le Trcchus quadrislriatus (fig. 82). Chez eux le pronotum est large, non rtrci la base; il n'existe pas de fossettes basales et le sillon basal transverse est entier, linaire. Dans un certain nombre de genres ails, surtout dans la faune tropicale, on voit se produire une pdonculisation de la base du prothorax. C'est le cas de l' Epaphius sccalis d'Europe, des Oxytrcchus sudamricains, des Cyphotrechodcs, Trcclwdcs (fig. 8.1) et Pamtrechodcs cl' Australie, de 1 'Inde et cl' Afrique orientale. Peut-tre cette ponculisation de la base du pronotum est-elle en rapport avec une faon particulire de tenir les lytres carts pendant le vol il En tous cas elle n'a rien de commun avec le rtrcissement de la base du pronotum qu'on voit survenir chez toutes les lignes souterraines, aussi bien chez les Carabiqucs que chez les Bathysciinae et qui est certainement produit par les fmurs antrieurs trs allongs et comprimant les parties latrales du corps (JEANNEL, 19II, p. 67). Chez les Duvalius ct autres genrfls de Trcchinac souterrains, la base du pronotum se rtrcit et se soulve, sous la pression des fmurs et il existe mme des formes aphnopsiennes, comme les Trichaphacnops et les Pheggomisctcs, dont la base du pronotum, ainsi comprime, a projet en arrire ses angles postrieurs, qui ont pris la forme de vritables pines saillantes en arrire et en dehors. Mais ce n'est videmmenf pas l'action des pattes qui suffit expliquer les changements de forme du prothorax chez les formes aphnopsiennes. Il se produit en outre un allongement du segment, dont le rebord. latral s'efface, et qui tend prendre un aspect dolioli-

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312 R. JEANNEL forme (fig. 86 87). L'effacement du rebord latral entrane la disparition des pores stifres, la soie postrieure disparaissant la premire (Orotrechus, Anophthalmus pubens), puis la soie antrieure lorsque le rebord marginal est tout fait effac (Aphaenops Lesche-FIG. 8 2 85. Diff rentE t y p es de pronotum c h e z Tre chinae -Fig. 82. Trechus obtus us Er. F i g 83. llomalodera limbata Sol. Fig 84. Treclwdcs Babaulti Jeann.Fig 85. Geotrcchus Orpheus Dieck. naulti, fig. 87). Le rtrcissement du prothorax entrane encore chez les Aphaenops des changements de forme de l'apophyse prosternale, qui s'lve et devient trs saillante (fig. 88), mais sans. que les carac tres des cavits coxales soient modifis en aucune faon. Les genres endogs enfin et en particulier les Geotrechus pyrnens montrent de curieuses modifications de forme de leur prothorax. Le rebord latral s efface, comme chez les Aphaenops, mais les angles au contraire se dveloppent et prennent la forme de denticules (fig. 85); les angles antrieurs deviennent aigus ct saillants, des dents et des crnelures apparaissent autour de l'angle postrieur, ces caractres sc dveloppent en mme temps que des denticulations

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MONOGRAPifiE DES TRECHINAE 31.3 en scie sur le bord humral tranchant rles lytres. Un petit Duvalius endog de Transylvnnie, JJ. sacLosus, possde aussi des angles antrieurs spiniformes et on peut sc demander si ces ornemental ions des cts du corps ne sont pns en rapport avec l es murs fouisseuses de ces Insectes. FIG. 86 SH. Prothorax de I'Aphaenops Leschenr111lti Du v ., face dorsale (fig.86), face gauche (fig 87) el face Elernale (fig 88), x '. Msothorax -Les lHeecs tergales du msothorax apparaissent entre les racines des deux 1qylres pour former le sculcl.lum ou cusson, qui est assez petit, triangulaire, peu prs aussi long que large dans sa part.ie Chez les l'ormes aphnopsiennes, dont le msothorax est fortement pdoncul (fig. go), la base des lytres resle en rapport avec celle du prouotum ct il ne se forme pas cl,! pdoncule msonotal comme on en trouve chez les Rathysciinac du type An;L,.ohcrpon. Du ct ventral le msothorax est articul par un collier articulaire. Le msosternum est large, non carn (fig. 8g) et porte une apophyse mdiane postrieure, qui spare les hanches intermdiaires et se juxtapoRe par sa pointe une apophyse mdiane correspondante du mtasternnm. li est remarquable que cette apophyse est plus troite che1. les formes ailes que che1. les formes anophtalmes et aphnopsiennes dont cependant le corps est rtrci. De plus chez ces dernires l'apophyse msosternale se complique d'une saillie latrale Bur laquelle vient hu ter une sorte rie cran ri' arrt qui se dveloppe la face interne des hanches et limite leur adduction tout en aug-

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314 R JEANNEL me11tant leur surface d 'appui (fig. go). Ce dveloppement de l 'a pophyse msoslcrnale est certainement en corrlation avec ] 'allongement Jes paltes el l'augmentation de leur puissance. Les pisternes sont souds au msostemum, mais leur ligne de suture est visible en entier chez les T1echus et les formes anophtalmes, efface en avant chez les Aphaenops, pdon-. eps 2.. _.epm :t 89. FIG. 89 ct 90. Msosternum ct mlastcrnum. -Fig. 89. l!omalodera denti maculata Sol. Fig. 90. Aph acnops Leschcnaul t i Duv. -s2. m t'sos l.crnum; eps2., pislcrnc msos le rnal ; cpm2. pimrc msoslernal; s3. mlaslernum; eps3., pis lerne epm3. pimre mlasl. ernal; hp., hanches pos Lricures. cul. L'angle postrieur de l'pisterne n'atteint pas le bord de la cavit coxale. Les pimres troits et allongs, obliques, s'effilent en dedans et en arrire dans la direction des hanches intermd iaires, mais leur poi11te r es te spare du bord de la cavit coxale par l es deux pointes u mtasternum et du msosternum. Le bord postrieur ct externe de l'pimt' s'articule avec Je bord de l'p isterne mtathoracique suivant une ligne trs oblique en arrire et en dedans. Les deux cavits coxa l es intermdiaires communiquent largement l'une avec l'autre, en dessous des apophyses intercoxa les (fig. g1);

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M.ONOGRAPHI E DES TRECHINAE 315 Th.-G. SLOANE (1920, p. 117) indique mme que cette disposition est constaute chez tous les Carabiques, 1 exception des Ozaenini. Chez les Trechinac la cavit coxale intermdiaire e s t entirement steruale, comme chez tous l es autres Carabidae conjunctae de SLOANE, c 'est--dire que le pourtour de cette cavit coxale est form par msosternum et le mtasternum, venant en contact son ct externe cl laissant en dehors 1 'pisteme et l' pimrc msothoraciques (fig. 91). Chez les Carabida e disjunclae e SLOAi'lE, par contre, la cavit coxale 1 1 FIG. 91. Cavit (s cox a le s i nt e rmdiaires chez S im oni Ab. Les deux cavi t s communique n t e n deosouo des apophyo e s inle r c ox a les du msoslcrnum c l du m!.aslernum arliculcE e nsemble intermdiaire est sterno-pimrale, 1 pi mre msolhoracique atteignant le bord de la cavit" coxale entre le msostcrnum et le mtasterHum (1). Mtathorax. Les pices tergales du mtathorax sont bien dveloppes, chitiuises et pigmentes chez les esp ces ailes (fig. 92 ) On y distingue nettement cl 'avant en arrire un acrotergite, reprsent par une plaque mdiane translucide sur le bord antrieur elu mtanotum, deux protergites larges cl bombs, spars 1 'un de l'autr sur la ligne mdiane par une rainure o s'engagent l es bords suturaux des lytre s, deux msotergites insinurs sous l es prcdents et libres sur les cts, enfin u n mtatergitc ayant la forme d'une barre ( 1 ) Les Carabidac clisjunclac comprennent les O zacnini, llfigadopini, Scarilini, Pamborini el Carabini.

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: 316 R. JEANNEL transverse, au bord postrieur du mtanotum. Les parties externes du mtatergite sont en rapport avec un sclrite latral qui porte le gros stigmate mtathoracique. Ces pices du mtanotum sont moins dveloppes et surtout moins fortement chitinises, non pigmentes chez les espces aptres; elles --a.. --p 92. FIG. 92 et 93. Pices tergales du mso-el mtathorax el face dorsale de l'abdomen. --' Fig. 92. chez une espce aile, Trec/tru; qztadristrialU8 Schrank. -Fig. 93 chez une espce aphnopsienne, Apltaenops Ccrberzts Dieck. -a., acro tergite; p., protergite; ms., mfotergite; mt. mtatergite; sl., stigmate mta thoracique; r., rudiment de l'aile de l'Apltaenops. gardent cependant encore leur forme primitive, mme chez les espces de montagne, comme Trech"us disligma par exemple, dont l'aile est rduite l'tat d'un tout petit moignon. Ce n'est que chez les formes anophtalmes et aphnopsiennes (fig. g3) que survient une rductioH considrable du mtanotum, s'accompagnant de la disparition du sclrite stigmatique, mais non. de celle du moignon alaire. J'aurai

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 317 revenir plus loin, propos des ailes, sur ces diverses rgressions corrlatives de la perte de la fonction du vol. Le mtasternum (fig. 8g) est large, ample chez les formes ailes ; sa surface et ses grands apodmes donnent .insertion aux plus puissants muscles de 1 aiie. Il cminue de longueur lorsque 1 'aile ne fonctionne plus et atteint son maximum de raccourcissement chez les Aphacnops (fig. go). L. PANDELL (1867, p. I34), puis J. PurzEYS (1870, p. I3) out utilis le caractre tir de sa longueur sur la ligne mdiane, proportionnellement celle de la hanche postrieure, pour caractriser les espces du genre Trcchus. Mais il est clair qu'il s 'agil l d'un caractre sans grande valeur, tout au plus bon valuer le degr d 'aptrisme des individus, car dans beaucoup d espces l'tat de l'aile est trs variable Sur la ligne mdiane, le mtaslernum forme en avant une apophyse intercoxale antrieure (fig. 8g, go et g1) qui est particulirement dveloppe chez les Aphaenops dont les hanches intermuiaires trs allonges, oblongues, sc trouvent couches dans la cavit coxale. En arrire, le mtasternum forme galement une intcrcoxale postrieure, large, lamelleuse, recouvrant le bord interne des hanches postrieures. Les pisternes mtathoraciques sont de larges pices de forme losangique, articules aux bords externes du mtasternum. Le long du bord postrieur des pisternes se trouvent enfin de petits sclrites linaires, les pimres mtathoraciqucs, dont l'extrmit externe est en rapport avec le sci rite stigmatique du mtanotum ct 1 'extrmit interne vient fermer en dehors la cavit coxale postrieure. Les cavits coxales postrieures eu forme de larges fentes transverses sont largement conlluentes sur la ligne mdiane. Elles sont bordes en avant par le bord postrieur du mtasternum, en dehors par l'extrmit interne de l'pimre mtathoracique, en arrire par le bord antrieur du premier segment ventral de 1 'abdomen dont la partie mdiane est saillante sous la pointe de l'apophyse postrieure du mtasternum. ELYTRE L'lytre comprend un pdoncule basal articulaire, une large surface dorsale, le disque, dont les bords internes s 'accolent l'un il 1 'autre la suture, et enfin une partie externe replie du ct ventral, l'piplcure. L' ADEIJ,f.E. XXXII, 1 o ,Juin 1026. 21

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318 R. JEANNEL Articulation basale. -Le pdoncule basal deux apophyses saillantes au-dessus d'une surface articulaire divise en deux champs. L'apophyse la plus saillante, place du ct costal e l'lytre correspond la << tte articulaire )) de l aile membraneuse; l'autre apophyse, de forme arrondie, est le (( cotyle >> (fig. g/1). -1 !': .-: .,,. :-:: 0 -_1 :. J.i 0 (,) ;: 0 .-. _;, : :: 0 1: ., 0 s a p. ---(}" sj-0 ---s. FIG. !lt.. Extrmit basale de l'lytre droit, face sternale, du Treclws distigma Kiesw., x 150. -e ., pipleure; s.ap. surface articulaire postrieure; p., piliers squelettiques de la base; o., pore stigre basal; sj., striole juxtascutel!aire; s., pilier squelettique dP la 1 strie. La tte articulaire reprsente un tronc casto-radial. Chez les Trechus elle renferme les deux nerfs de l'pipleure et s'articule par l'intermdiaire d'un petit sclrite avec la partie protergale du msothorax. Le cotyle au contraire recouvre 1 'articulation msotergale de 1 'lytre et correspond la base du champ de nervures cubito-anales. Les gros piliers squelettiques qui se voient dans cette partie de J,l base de 1 'lytre (fig. g4) renferment ces troncs primitifs de nervures qui sont reprsentes par le tronc nerveux cuhito-anal. JI n'existe pas de squame sous la hase e 1 'lytre des Trechinac; 011 sait d'ailleurs que cet organe, chez les Adephaga, ne s'observe gure que sur l'lytre des grandes espces aquatiques. Epipleure. -L'pipleure commence au niveau du pdoncule

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 319 basal, s'largit considrablement dans la rgion humrale et recouvre par son bord libre les parties latrales des pices sternales du thorax (pimres et pisternes). II s'attnue peu peu en arrire et cesse au ct externe de la carne apicale. L'pipleure ne porte jamais de soies, mais est parfois pubescent. Disque. -Le pli saillant qui forme la limite entre le disque et 1 'pi pleure est le bord ou bord marginal. Il est clair qu'il conviendrait de 1 'appeler << bord antrieur >> par homologie avec le bord antrieur des ailes que l'on dcrit toujours tendues perpendiculairement l'axe du corps; mais 1 'usage a prvalu de dcrire l'lytre dans sa position de repos et d'appeler bord externe et borel interne ceux qu'on devrait nommer antrieur et postrieur. Le bord externe s'tend depuis la racine de 1 'lytre jusque prs du sommet. II se dcompose en bord basal, ou prhumral, du pdoncule l'paule, et bord marginal, de l'paule la terminaison de l'pipleure. Le bord basal peut tre perpendiculaire la ligne mdiane, lorsque les paules sont trs saillantes chez les espces ailes; il devient d'autant plus oblique que les paules sont plus effaces par suite de l'atrophie des organes du vol. Le bord externe est saillant, tranchant, ex plan et. un pu relev, de faon qu'il existe en dedans de lui, du ct du disque, une u gouttire marginale >> toujours bien indique. basale de cette gouttire commence en gnral par un petit crochet au niveau de la racine de la cinquime strie; rarement elle se continue im travers de la base de 1 'lytre par une strie transverse jusqu la racine de la striole juxtascutellaire (Tre chodes, Thalassophilus). Comme le bord basal, la gouttire basale s'inflchit plus ou moins en dedans l'paule, de faon que la << crosse >> basale de la gouttire est d'autant plus ferme que les paules sont plus saillantes. L'extrmit apicale de la gouttire marginale cesse la partie postrieure de 1 'pi pleure, sur le bord apical qui est toujours plus Ol! moins chancr ce niveau, au ct externe d'une saillie apicale d> constitue par la rflexion en avant

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320 R. JEANNEL de la strie longeant le bord apical. .Cette strie rcurrente, toujours profondment canalicule, se dirige daus la direction de l'extrmit postrieure de la cinquime strie du disque, mais suivant les cas elle cesse brusquement par une fossette ou un crochet, ou bien se continue sans interruption avec cette cinquime strie (Plocamotrechus, Trechus), ou encore se porte en dedans vers la troisime strie (ThaLassophilus, T1echoblemus). La disposition et la forme de celle strie rcurrente apicale nous donnera d'excellents caractres taxonomiques. Le bord apical de l'lytre s'tend de la terminaison de l'pipleure (angle apical) l'angle suturai. Il est large chez les Trechinae et est long par la strie apicale qui est la continuation de l'extrmit postrieure de la premire strie u disque ou strie. suturale. La suture des lytres est forme par les bords des deux lytres adapts l'un l'autre comme tenon et mortaise. Les bords suturaux ne sont jamais souds chez les Cavernicoles, comme cela s'observe chez les Bathysciinac. Seuls les A epi ni ont des lytres souds et cette disposition est en rapport avec a constitution sous les lytres d'une chambre respiratoire ncessaire ces Insectes submarins. La base de la suture est en rapport avec la pointe du scutellum .Mais entre cette base et le pdoncule articulaire se trouve encorP. une partie du bord interne de l'lytre en rapport avec le ct du scutellum rt CJU forme la rgion juxtascutellaire. Sur le diSCJUe de l'lytre s e trouvent des stries que l'on compte de dedans en dehors, la premire strie tant la strie suturale. Ces stries sont au nombre de huit, sans compter la striole laire. La premire et la deuxtme strie commer;cent prs de la hase de la striole juxtascutellaire au niveau du pore stifre basal. Il n'est pas rare (Trechodes) que la premire strie soit fusionne la ha::.e avec la striole juxtascutellaire; elle prend alors une forme particulire en s'inflchissant en dedans et se rapprochant de la suture prs de la hase. La premire strie, l'apex, se continue par la strie apicale; la deuxime strie dcrit ordinairement une crosse convexe en dehors, sur la partie apicale de l'lytre, et aboutit la strie api cale. Les troisime et quatrime stries s'unissent en gnral la base, toujours l'apex, entre la crosse de la deuxime strie et ld carne apicale. La troisime strie, ou parfois le quatrime interstrie porte une srie de soies, en gnral deux, rarement trois ou plus. La cinquime strie commence l'origine basale de la gouttire marginale. et se continue plus ou moins distinctement l'apex par la

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 321 strie rcurrente apicale; elle porte rarement des soies (Paratrechus). La sixime et ra septime stries commencent isolment dans la crosse de la gouttire marginale et se runissent l'apex sur l'extrmit antrieure de la carne apicale. La huitime strie enfin porte la srie ombilique; elle est confondue avec la gouttire marginale qans la rgion humrale, s'en carte un peu dans sa partie moyenne et apicale et vient se terminer au ct externe de la carne apicale. Les interstries se comptent comme les stries; le premier interstrie spare la suture de la premire strie, le neuvime interstrie se trouve donc en dehors de la liuiime strie et se confond avec la gouttire marginale. Il n'existe jamais de ctes saillantes sur les interstries des Trechinae. Topographie de l'lytre. Une tude rcente de la morpho logie de l'lytre des Adephaga (1), base sur l'innervation, m'a conduit en tablir la topographie de la fon suivante, que je me contente ici de rsumer (fig. g5) : J:innervation montre que la plus grande partie du disque de l'lytre reprsente un champ de nervures cubito-anal. La petite rgion juxtascutellaire et sa striole correspondent un champ axillaire; le bord suturai est form par la premire nervure anale; la limite ex{erne du champ cubilo-anat se trouve au niveau du sixime interstrie, c'est--dire entre la 5" et la 6" strie. On constate que cet interstrie prsente d'a.illeurs un certain nombre de caractres en rapport avec ce fait qu'il est une frontire entre les deux grands champs principaux de 1 'aile. Il commence la base, dans le crochet basal de la gouttire marginale; il aboutit 1 'apex sur le dos de la carne apicale et la 5" strie qui le borde en dedans se continue par la strie rcurrente jusqu' la strie apicale, ce qui montre bien que cette 5" strie est la strie marginale externe du champ cubital. La disposition des stries l'apex rpond donc chez les Trechinae un tat assez primitif et la carne apicale, si bien marque chez eux, correspond la limite entre le champ cubito-anal et le champ radial. L'pipleure et les neuvime, huitime et septime interstries reptf;. sentent le champ raaial de l'lytre. Tandis que le champ cubito-anal porte des soies simples, le champ radial porte des soies d'un autre type, les fouets, constituant la srie ombilique. (r) R. JEANNEL, Morphologie de l'lytre des Adephaga (Arch. Zool. exp. et gn., t : 64, p. r-84, pl. 1 et n).

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322 R. JEANNEL Les premier, troisime, ciiH}uime ct septime de J'lytre reprsentent donc respectivement les nervures An1, Cu2, Cu,, a,. -. + : Cu 1. . : ": ... : 1 : .. : .. : . -r FrG 95 Top ographie de l'lytre droit d'un Trechus. r., nerf radial; m., nerf mdian; cu1 et cu!, nerf cubital; a" a1 ct a3 nerf anal; c a., car ne apicale; t., triangle apica l; f., fosF.ette du Treclwsia marquant l e d c ro chement du champ radial ; '1, 2 3, 4 e t c. = inte r s lrics. Les lign e s de croix dtourent les champs radial, mdian. cubital et anal. M2 et Je neuviCme interstrie est un interstrie complexe o se trouvent. les traces des nervures 1\L et R. La rgion moyenne du ueuvime interstrie, comme la regwn des cellules radiales de J'aile membraneuse, est une rgion de moindre rsistance o l es systmes de nervures mdianes et radiales se sont

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 323 entremles. Le champ radial a subi comme un dcrochement en dedans ce niveau; la carne apicale est une rgion pince par suite de ce dcrochement et dans cette rgion pince la partie apicale du champ mdian a disparu. Les interstries pairs correspondent aux espaces sparant les nervures, aussi ne portentils jamais de soies, au moins d'une faon primiti ve. Le repli de 1 'p-i pleure est secondaire par rapport l a spcialisation des champs de l'aile. L'arte de l'angle didre qu'il dtermine recoupe les champs de l'aile et les nervures. FIG. !Hi \18. Sommet de l'lytre gauche des Trcchinac.-Fig. \J6. Thalassophilus longicornis St., retour de la rcurr e nte sur la 3 strie. -Fig. 97. Plocamo trechus parilis Pr., strie rcurrente en anse continue, faisant retour sur la 5 strie. Fig. \J8. Trcchus fuluus Dej. Les stries enfin sont des formations secondaires, c'est--dire dveloppes lorsque 1 'lytre tait dj spcialis la fonction d 'tui; elles correspondent des rangr.s oc piliers squelettiques unissant l es deux faces de I'fytre (ponctuation cs stries). L eur disposition a t dtermine dans les grandes lignes par les nervures prexistantes, mais ells ont t remanies, tendant vers une disposition rgulire qui se superpose 1 'irrgularit de la rpartition des nervures primitives. Ces remaniements sont surtout sensibles chez le!> Trechinae dans le trace continu de la huitime strie. Chtotaxie de l l y t r e Ce wnt les interstries impairs, ou in-

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R. JEANNEL terstries-nervures qui sont parcourus par des nerfs, chez les Ade phaga, et qui portent donc des soies. Lorsque l'lytre est uniformment pubescent (Perileptus), un fin rseau de nerfs se distribuent sous toute la surface, mais les grandes soies se spcialisent seulement au voisinage des gros troncs nerveux, sur les interstries impairs. Chez les Trechinae les soies de 1 'lytre peuvent tre groups en quatre groupes, dont les trois premiers appartiennent au cham p cubito-anal, le quatrieme au champ radial. Ce sont : 1 o Groupe basal, constitu par une seule soie la base des 1re et 2" stries. Cette soie basale reoit son innervation du nerf An1 et appartient donc au premier interstrie. C'est donc une soie anale. 2 Soies discales, constituant en gnral une << srie discale de deux soies sur le troisime interstrie. Rarement ces soies sont en plus grand nombre; elles peuvent cependant tre au nombre d'une dizaine chez des genres archaques (Plocamotrechus, Aphaenops). llne deuxime srie discale, sur le cinquime interstrie, existe encore plus rarement. Ces 'soies discales sont donc innerves par les deux nerfs Cu2 et Cu1 En position primitive, elles sont sur le 3" interstrie. Mais leur volution normale les fait se dplacer en dehors et s'accoler la 3" strie dans laquelle elles s'encastrent. Trs souvent leur porc d'insertion arrive franchir la troisime strie pour passer dans le quatrime interstrie. 3 Groupe apical, form par trois soies de la partie apicale du champ cubital, qui prennent une disposition trs constante et de grande valeur taxonomique. ,(es trois soies forment chez les Trechinae ce que j'appellerai le triangle apical Ce trois soies du troisime interstrie, innerves par le nerf Cu2 dont 1 'une se loge la terminaison de la 2" strie, sur la strie apicale (pore apical interne), l'autre en dehors, contre la strie rcurrente (pore apical externe), la troisime sur la crosse de la 2" strie (pore apical antrieur) (voir fig. g6 g8). 4o Srie ombilique, constitue par un groupe humral de !1 fouets et un groupe apical galement. de 4 fouets, tous chelonns le long de la 8" strie. Tandis que les soies du champ cubito-anal sont simples, de type normal, celles de la srie ombilique, innerves par les branches du nerf radial, ont une autre structurP et je leur ai donn le Hom de fouets (voir plus haut, p. 262). Evolution de la srie ombilique. -L. GANGLBAUER, dans une tude systmatique des Trechinae cavernicoles, a signal le premier que

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MONOGRAPHIE DE$ TRECHINAE dtez les Dtwalius, les pores humraux de la srie ombilique se trouvQnt rgulirement aligns le long de ]a gouttire marginale, tandis que chez les Anophthalmus et les Aphaenops ces quatre pores ne sont plus aligns, mais sont dplacs de faon irrgulire et variable. li avait conclu que chez ces Cavernicoles trs volus la srie ombilique s'tait (( dsagrge certains pores stifres ayant t plus ou moins rejets en dedans, vers le disque de l'lytre (fig. 99 101). ; 1 1 ; 1 1 : ---...... : -... __ .... / 1 . ,l-' ........ --j :Il : .. ; '1 .. 1 1 .. ---: 1 1 . .... 1 ,'/'', : c ; ', r : : : ; i \ : : _: : \ / t '" .. : o : r , l r : : : ' i !r : / ll : 1 1 \ 1\ 1 1 :. ' 0 t ' ., ''-. ...... :_:_ .... i ... !.-L. FIG. 99 101. Groupe humral de la srie ombilique des Trechinae.-Fig. 99. Aphaenops Pluto Dieck. Fig. 100. Anophthalmus Mariae Schatzm. Fiig 10L Dupalius cogna!us Friv. Intrigu par ce dplacement des pores humraux des Trechinae cavernicoles, je me suis attacli examiner minutieusement leurs rapports avec les stries. Ces rapports sont difficiles saisir, car les stries externes sont toujours effaces et mal discernables l'paule; cependant en examinant de grandes sries d'exemplaires, je suis arriv la certitude que la srie ombilique appartient au 9" interstrie, mais que le premier pore de la srie ombilique rgulire d'mi Tl'echus ou d'un Duvalius se trouve toujours vers 1 'origine de l:i 7" strie et que le pore refoul en dedans des sries ombiliques irrquell que soit sa place, est toujours ce mme premier pore plus ou moins dplac en, arrire, le long de la 7" strie. De plus,

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326 R. JEANNEL j'avais reconnu que 1 'cartement relatif des 2", 3c el 4" pores (pores externes) ainsi que celui des pores du groupe apical, tenait ce que la 8" strie, contre laquelle ils se trouvent, est plus ou moins carte de la marginale chez les cavernicoles et que ces pores s'espacent le long de cette strie. L'tude de l'innervation de la srie ombilique est venue prouver qu'on s'est totalement mpris sur cette prtendue migration des porero; r ., : 1 /' 1 02.. / _:;? '/ / ... : . . . / : : : 1 . ' .,. : 1 J 0 \ 'il 1 1 1 1 : 10/t. 1 1 \ \ 0 .. . \ . 11( 1 : 1 .. i_': -. J. _; __ ,_i_t .. L '-.J ... .:.' ... l._t._ J .:... FIG. 102 1011. Groupe humral de la Erie ombilique des Trecltinae -Fig. 102. Duvalius Carminatii Dod.-Fig. 103. Typltlotrcchus Bilimeki SI. -Fig. 104.. Pscudanopldltalmus Menetriesi Mols c h. stiires ct que l'volution de ces organes avait t sUivie rebours. Ce n 'est pas la srie ombilique rgulire d'un Trechus qui est pri mitive, mais celle de l'Aphaenops! Il ne s'agil pas du tout d'une dsagrgation volutive de la srie ombilique, mais, au contraire, de la formation d'une srie rgulire, par u agrgation sur le bord marginal de soies dissmines sur le disque. Cette agrgation se trouve ralise chez les Lucicoles, comme chez l'immense majorit des Adephaga actuels, mais les vieux relictes des cavernes, avec leurs caractres archaques dissimuls sous des formes trs volues, nous donnent une fois de plus l'indication du type primitif d'o sont dri vs les organes des Lucicoles. Le mode d in nervation des i vers fouets en donne bien la preuve. Le 2" fouet (premier fouet externe des sries non agrges) est fixe,

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MONOGRAPHIE DES TRECHJNAE 327 comme coll l'angle humral, parpe qu'il se trouve prcisment au point prcis o le nerf M2 passe de l'pi pleure dans le 9" interstrie. Il n'a donc pas eu changer de place si les pores se dplacent du disque vers la gouttire marginale; il est certain, par contre, qu'il devrait tre dplac comme les autres, vers le disque, si les pores se dplaaient de la priphrie vers le centre. Sa fixit ne s'explique si l'volution est centrifuge. Le fouet interne des Aphaenops reoit son nerf du M2, dans Je 7" interstrie (fig. 95). On pourrait videmment supposer, dans l'hypothse de migration centripte, que ce fouet ait entratn son nerf avec lui. Mais alors que penser du Duvalius, dont le premier fouet est dan;:; la gouttire et dont le nerf M, s'avance cependant dans le 7" interstrie, o il n'a aucune soie innerver l Ce nerf du 7" interstrie du Duvq.lius est comme un souvenir de soies qui ont exist jadis sur cette in tervalle. D'autres Adephaga srie ombilique trs nombreuse et non agr ge, comme le Brachynillus Varendorffi des grottes de 1 'Afrique orientale ou encore les Zoiphium, montrent bien galement que la srie ombilique rgulire, agrge dans la gouttire marginale, est produite par spcialisation des fouets du champ radial, qui migrent sur la bordure de l'lytre et s'y alignent. Il n'est pas indiffrent dL' rappeler ce propos que les soies discales semblent participer la mme tendance. Celles du 3 interstrie se logent, en dehors, contre la 3" strie; celles du groupe apical se portent vers le bord apical. li semble doric bien qu'il s'agisse l d'un phnomne trs gnral et qu'on puisse avancer que les se dveloppent par diffrenciation de certains poils du disque de l'lytre, et que l'exercice de leur fonc tion leur donne une tendance se dplacer vers le bord marginaL Mais ce n'est pas tout. Il s'est certainement pass, chez les Aphaenops (fig. 99 et 105 112)' quelque chose de plus qui a empch 1 'agrgation des fouets dans la gouttire marginale. Leur srie ombi lique non agrge n'est pas seulement le fait d'un tat primitir; elle porte aussi les indices .d'une volution particulire. Quoique les stries soient trs difficiles discerner sur leurs lytres, on que, malgr le rtrcissement considrable du corps au niveau des paules, les 9" et s interstries sont trs largis et que les 7", 6", 5" et parfois 4" interstries sont, au contraire, amincis, com prims entre les interstries externes hypertrophis et les premiers de forme normale. Il rsulte de ce largissement des deux interstries externes que le fo1,.1et du 7" interstrie est rapproch du milieu de la largeur de 1 'lytre et que les soies discales du 3" inter strie sont bien plus rapproches de la suture que d'habitude." Ces soies

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328 R. JEANNEL discales sont mme colles la 2" strie, alors que leur volution nor male chez les autres Trechinae les porte contre la 3" strie. Cet lar gissement du g et du 8" interstries, rejetant en dedns la srie ombilique, contribue beaucoup lui donner son aspect irrgulier; il est bien probable qu'il s'agit l d'une disposition adaptative. 105. fj 'f ./" . r 0 r lj f r;' 1 f IOJ. 0 f \ l 1 ,e 1. 1 r 1 \ r r :! 1'. 1 . a' 1 1 1 ,. : 1. ....... -.---.. --" .. ,, ... : .... --0 .t 1 \ : 1 1 <>) ': l 1 \ 1 / 1 1' l 1 1 \ '' 1 1 \ 1.: : '. '-.. :__ .. 1 .. ,. __:. ... 1 0 -............ ' '' '' ' '\ 1' ' 1 : :: : 1 ........ ... --1 .... 1 1 -................ ..;... .. :..0 'i 0 1 ; \ .. \ 1 1 : \ \ : 1 ; ------.. : ........... FJc.105 112. Groupe humral de la srie ombilique non agrge des Aphaenops. Fig. 105. A. Cerberus Dieck et A. crypticola Lind. Fig. 106. A. Tire sias La Br. Fig. 107. A. bucephalus Dieck.-Fig. 108. A. Leschenaulti Duv. et A. Jeanneli Ab. Fig. 109. A. Ehlersi Ab . Fig. 110. A. Pandellei Lind. et A. vasconicus Fig. 111. A. Minos Lind. Fig. 112. A. Chaudoiri Bris. Ces deux interstries externes recouvrent la range des stigmates abdominaux et "on peut se demander si leur agrandissement chez ces Aphaenops strictement stnhygrobies et d'apparence physogastres, n'est pas li la production sous les lytres d'une chambre respira toire, rgularisant la saturation en eau de l'air respir. Peut-tre mme la fonction inconnue des fouets est-elle pls ou moins directe-ment en rapport avec la respiration.

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jHONOGRAPJfiE DES TRECHINAE 329 L'volution de l a srie ombilique des fouets des Trechinae f ait donc selon les rgles sui vantes. Des fouets se spcialisent dans le domaine des nerfs mdian et radial, sur le 7 et le g interstries, savoir : un fouet sur le 7" interstrie (nerf M2), 3 fouets sur la partie proximale du g interstrie (nerf M1), 4 fouets sur la partie distale du g interstrie (nerf R). L'volution normale de ces fouets les fait se dplacer vers la borcime de 1 'lytre et sc placer dans la gouttire marginale. Ceux du domaine du radial forment le groupe apical, les quatre fouets du domaine du mdiau s'agrgent dans le groupe humral. Ces deux groupements sont dtermins par le fait que les nerfs passent de l'pipleure dans le disque ces deux endroits et que les fouets se rassemblent ces deux points de passage. Cette volution nous fait passer elu type Anophllwlmus (fig. 1oo) au type Duvalius et Trec/ms (fig. IOJ); elle rpond 1 << agrgation n de la srie omhil irpte. Chez les cavernicoles d'apparence physogastre, comme les Aphae nops, 1 'largissement des interslries externes contrecarre la migration des fouets vers l a priphrie el est cause que le groupe humral reste pars sur la moiti exteme du disque cie 1 'lytre (fig. gg). L 'AILE MEMBRANEUSE L'aile membraneuse des Trechinae ne s'carte pas du type gnral hien connu chez les Adcphaga (1). Elle se prsente avec les caract6.ristiques habituelles des ailes des Coloptres de petite taille, par consquent de faible masse, chez lesquels les nervures sont toujours peu dveloppes (2). Les Perilcplus (fig. IJ 4), qui sont de trs petite taille, n'ont presque pas trace de nervures en dehors du tronc costo-( 1 ) A. n'OncHYM'iT, La nervation alaire ries Coloptres (Ann. Soc. enl. Fr., 1 920, p. 1 -5o, 3o fig. et pl. 1-m). A peru de la nervation alaire rles Coloptres (Ann. Soc. enl. Belg., 1921, p. 256-278, fig. l-r5) 1\.-J.-W. Abbildungen von Flgelgeader cler Coleopleren (EnL 1\litleil., XII, 1923, p. 7In5, 792 fig. ) Das Fliigelgeader cler Kafer (Enl. Milleil., XIII, p. 45-63, 3 fig.). (2) L'aile du Trec/ms quadrislriatus Schrank est figure par K.-1.-W. BERNETKEMPERS (1. c., 1923, p. 73, fig. 3o). Le dessin qu'il en donne est bien peu conforme la ralit. L'aile des Treclws est loin rl 'avoir la forme gnrale qu'il lui attribue el il semble qu'il ne serail gure prudent de faire tal des 792 figures d'ailes diverses qu'il a publies pour tenter une lude comparative exacte de cet organe chez les Coloptres.

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330 R. JEANNEL radial; mais les nervures sont plus apparentes chez les espces dpa,;sant 3 mm. de longueur. Le sommet de l'aile est trs arrondi chez les Perileplini et le:;; Trechodini (fig. IIA et n3), c'est--dire dans les deux tribus d'origine gondwanienne. Par contre il est anguleux chez les I-loma 114. FIG. 113 ct 114. Ailes des Treehinae. Fig. U3. Trechodes kilimamts Jeann. (Treehodini). -Fig 1 H. Perileptus areolatus Creutzer (Perileptini). loderini (fig. IIG) et surtout chez les Trechini (Trechus (juadrislrialus, fig. II 6). II est probable que ces caractres indiquent des rapports phylogniques rels. Le tronc costo-radial, toujours bien dvelopp, aboutit un ptrostigma, plus ou moins chitinis, qui se trouve vers le milieu du borel costal de l'aile et non vers son tiers apical comme l'a figur K.-J.-W. BEnNET KEMPERS (1. c., 1923, fig. 3o). Le tronc mdian est galement bien dvelopp, comme d'ailleurs chez tous les Coloptres. Entre son extrmit apicale el le plrosligma se voient 1 'oblongum et les cel lules radiales ou discodales, correspondant la zone des plis trans-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 331 verf;es de l 'aile. Les nervures du champ cubito-anal sont incompltes et plus ou moins effaces. En somme, comme on peut le voir par les figures ci-jointes, l'aile a une structure trs constante dans la sous-famille des Trechinae Pl ne prsente pas de caractristiques bien remarquables. Ce qui est plus intressant, c'est de voir comment elle s'atrophie chez les espces qui ne volent plus. ::.: ... FIG. 115. Aile de llomalodera /imbala Sol. (Homaloderini). Il existe des groupes de Trechinae chez lesquels 1 'aile existe tl l'tat fonctionnel d'une manire constante. C'est le cas, par exemple, des Perileplini ct des Trechodes. Mais l a plupart du temps il exist dans chaque groupe rie nombreuses espces aptres ct d'autres ailes et on trouve mme des espces trs variables comprenant la fois des individus ails, brachyptres ou aptres (Trechus obtusus Er., Trechisibus polit.us Brull, Plocamolrechus parilis Pr.). Il est donc possible de se rendre compte de la manire dont se fait l'atrophie des ailes chez les Trechinae. Nous examinerons ensuite dans quelles conditions cette rgression survient. Rgression de l aile chez les Trechinae. -Les ailes des formes brachyptres, comme T. rufulus (fig. 1 18), T. obtusus (fig. 1 q) montrent que l es parties de l'aile les premires s'atrophier sont la rgion api cale, au-del du ptrostigma, et toute la moiti postrieure, cubito anale. Par contre le tronc casto-radial reste entier, sans manifester tout d'abord la moindre tendance se raccourcir. En somme il semble que ce soient les parties replies au repos qui s'atrophient les premires; et cette atrophie doit s'accomplir assez vite, car on trouve beau-

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332 R. JEANNEL coup d'individus brachyptres aile rduite la longueur du tronc costo-radial, sans persistance d'aucun plis, mais jamais avec des ailes encore plies, un stade intermdiaire entre celui-ci et la forme entire et fonctionnelle. La rudimentation du moignon d'aile doit se faire ensuite trs lenlPment et il est remarquable qu'elle ne semble pas tre arrive, chez aucune espce, la disparition totale de tout vestige. Le moignon 116. FIG. 116 120. Aile des Trechini. Fig. 116. Trechw; quadristriatw; Schrank, macroptre.Fig. 117. Trechus obtw;us Er., brachyptre, de Saint-MartinVsubie.-Fig. 118. Trechw; rufulw; Dej., des de Biskra.Fig. 119. Moignon alaire du Trechus distigma Kiesw., aptre ( x 150). Fig. 120. Vestig-e alaire et stigmate mtathoracique droits de l' Aphaenops Gerber us Dieck. alaire existe encore chez les espces de montagne, comme T. distigma (fig. IIg), avec encore un vague nodule chitineux basal reprsPntant le tronc costo-radial. On peut le trouver aussi chez les Aphae nops, mais alors trs petit, ayant la forme d'une petite languette hyaline et vaguement cilie, insre sur le bord du stigmate mtathoracique (fig. g3 et 120). En mme temps que l'aile, les pices tergales du mtathorax entrent aussi en rgression. Il n'y a gure de diffrences entre Je mtanolum d'une espce aile ou brachyptre et celui d'une espce

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iv!ONOGRAPHIE DES TRECHINAE aptre, comme T. disligma, d6nt l 'aile est dj tout fait rudimentaire. Mais c'est r-he1. les types anophtalmes et aphnopsiens que l'on voit se rduire et disparatre les diverses pices mtanotales. Ce fait indique vraisemblablement que l'aptrisme des Anophtalmes doit tre dP. date bien plus ancienne que celui des espces de montagne. Si la rgression es pices tergales du mtasternum est ainsi tardive, par contre le raccourcissement des pices sternales du mme segment thoracique est "trs prcoce. On a vu plus haut que la surface interne du mtasternum donne insertion aux muscles des ailes. La perte de la fonction du vol retentit donc, avant toute atrophie de 1 'aile, sur le dveloppement de ces muscles ct par consquent sur leur surface d'insertion qui diminue d'ampleur. Aussi la longueur du mtasternum se montre-t-elle trs variable dans la mme espce, suivant les individus, lorsque cette espce est reprsente par des formes ailes plus ou moins dveloppes (T. obtusus). Le raccourcissement du mtasternum est d'ailleurs une des modifications corrlatives survenant avec la perte de la fonction du vol. En mme temps les yeux diminuent de taille, les antennes se raccourcissent, ce qui semble tenir ce que les organes des sens n'ont. plus fonctionner pendant le vol. D'autre part les tguments se pigmentent, les lytres se raccourcissent, leurs angles humraux s 'arron. llisseut et la base du pronotum, qui tait arque chez les formes ailes, devient rectiligne. Tous ces derniers changements de forme sont videmment le contrecoup du raccourcissement du mlasternum et de l'immobilisation des lytres qui n'ont plus s'ouvrir. Conditions dterminant l'aptrisme. --On peut observer tout d'abord que l'aptrisme se produit indpendamment de l'habitat, suivant les espces. Des deux espces voisines et toutes deux largement rpandues en Europe, Trechus quadristriatus et T. oblusus, la premire est toujours aile, sauf dans l'le d'Elbe, la deuxime est aile dans les rgions mridionales., aptre dans les rgions septentrionales et cependant les. deux espces vivent souvent mles la mme altitude, dans les mmes localits. A Saint-Martin-Vsubie, dans les Alpes-Maritimes, par exemple, T. quadristriatus ail et T. obtusus brachyptre se prennent sous les mmes pierres. Beaucoup d'espces de plaine, largement distribues, sont ailes; mais on voit l 'aptrisme survenir assez souvent chez elles, indpendamment de l'altitude. Trechus obtusus est ail dans le nord dA l'Afrique, aptre clans les plaines de 1 'Allemagne; T. subnotalus est L'ABEILLE, XXXII, l" Juin 1926. 22

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334 R. JEANNEL soit ail, soit aptre dans les mmes localits peu leves de la GrcR ou de la :Macdoine. La latitude el, par suite, les conditions de climat ne semblent pas davantage jouer un rle dcisif dans la production de l'aptrisme. Il existe, .il est vrai, une majorit d 'espces ailes clans les rgions quatoriales, mais cela tient sans doute ce que la faune tropicale des Trechinae n'est pas forme par les mmes lignes r1ue la faune des rgions lem prcs palarctiques. On constate, en effet, que l'espce qui s'avance le plus loin vers le suri, en Algrie, clans les oasis sahariennes, T. rufulus, est aptre ct que des espces arctiques, comme T. ntbens, T. quadrislriatus, sont ailes. T. oblusus est aptre aux les Fiir-Oer ct en Islande; mais le T. rubens d'Islande et le T. quadrislrialus en Ecosse el en Finlande sont ails. En ralit l 'aptrismc chez les formes de plaine se prsente comm0 um orthognse, qui survient chez certaines lignes, indpendamment des conditions de vic ct. particulirement elu climat. Certaines espces, comme T. quadristriatus, T. nigrinus ne montrent aucune tendance 1t la disparition Jes ailes. D'autres, au contraire, sont plus facilement frappes cl'aptrismc, surtout lorsqu'elles ont migr loin de leur centre de dispersion primitif. ll est facile, en effet, de consta ter que les formes ailes, chez les espces polymorphes, sc trouvent toujours sur le centre de dispersion de l'espce, tandis que les colo nies migres sont devenues aptres. T. obl.nsus, originaire de l'asile iuro-maurilauieu, Jont il sera. qu0stion plus loin 1t propos de la dispersion des espces du genre TTechus, est ail Jans le n'orel de l'Afrique et en Espagne, en Sicile et en Sardaigne, mais est aptre dans 1 'Europe moyenne et septentrionale. T. fulvus, qui a la mme origine est reprsent par une forme aile en Espagne. T. subnolatus, espce d'origine genne, a une forme aile en Grce, mais le T. Fairmairei de Provence et d'Italie, qui en est driv, est aptre. T. auslriacus, autre espce genne, est ail dans l'Europe orientale, trs souvent aptre dans l'Europe centrale o il est immigr. li semble donc bien, chez les espces Je plaine, true l 'aptrisme survienne souvent sur place, sans qu'il y ait eu changement d'habitat (T. rufnlus, T. subnotatus, souvent aptre en Grce), mais qu'il soit plus facilement dtermin chez les colonies ayant migr au loin. ll comprend d'ailleurs trs bien qu'ayant chang d'habitat par migration, les espces ne trouvent plus les conditions ncessaires leur optimum de croissance et CJUC i 'aptrisme soit un phnomne ana loguc la notnie souvent produite par des changements gogra phi qucs. Si les espces de plaine sont souvent ailes, par contre, c'est une

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MONOGRAPHIE DES TRECHJNAE 335 rP.glc que les c::;pces de montagne soient aptres. Il existe bien quelt on peul affirmer, c11 rgle gnral e, que toutes l es formes de monlagne sont aptres. On a souvent suppos que 1 'atrophie des ailes des de montagne serail un effel du uon usage, chez des animaux lroitrmcnL localiss dans 1 'habitat restreint constitu par les sommets des montagnes el ayant perdu 1 'habitude de voler. li faudrait plutt considrer, mon avis, que les espces de montagne toul au moius en Europe, descendent de souches immigres, venues des vieux asi les voisins prnanl la deuxime moiti du Tertiaire. Peul-tre laient-clles djit aptres, lorsqu'elles ont colonis l es massif:-; montagneux? pcul-lrc y avait-il aussi parmi elles quelques espces Mais n'est-il pas que cette migration a d leur faire subir des changements de condition de vie plus importants encore que cettx produits par migration chez les espces de plainer L'optimum de croissance a d certaineme11t tre perdu dans les montagnes hien plus suement que dans les plaines. Tous les Trechinne qu'on re11contre dans les grottes ne sont pas forcment aptre..;. JI est des espces ailes qui pntrent volontiers dans les cavernes, comme T. olusus en Espagne et Algrie, T. ausll'ia cus, dans lc:s caves de Vienne, dans les grottes de Serbie ou de Dohrowlja et surtout comme 'J'recholemus micros rgulirement cavernicole clans le nord de la France et la Belgique. Mais l es vritables troglobies, de type anophtalme ou aphnopsien sont toujours aptres. Il est certain J'ailleurs qu' ils avaient perdu leurs ailes bien avant de coloniser le domai11e souterrain. L'aptrisme chez eux fait par lie de 1 'ensemble des modifications volutives, perte de l'il, dpigmentation, stnhydrobiose, produites par orthognse chez des lignes sniles. Condamnes disparatre de la faune extrieure f'nuse de leur trop trofte spcialisation, ces lignes ont trouv un refuge dans le sousso l o el les sc trouvent aujourd'hui confines. Apt risme chez l e s esp c e s in s ulai res.-C'est uue opinion gnralement reue que 1 'aptrisme est un caractre frquent chez les espces insulaires et on n longuement discut l'action que l e non usage ou la ( 1 ) Un exemple remarquable csl fourni par la colonie d e T. quadristrialus qui s c trouve I.Ooo m. sur les sommets du Svrljisl
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331) R. JEANNEL slection avaient dt1 exercer dans les les, sur l'aile des Insectes, exposs prir du fait des vents marins. Qu'il existe dans les faunes insulaires un pourcentage lev de formes aptres, le fait est incontestable el DARWIN l'a signal depuis longtemps dans L'Origine des Espces n, d 'aprs les slalisliques de WoLLASTON sur la faune de Madre. Mais il n'est pas prouv que les conditions d'existence dans les les soient la cause de 1 'aptrisme de leurs Insectes. Il est ncessaire, pour se faire une opinion prcise, non de considrer des statistiques gnrales, mais d'examiner sparment l'histoire de chaque groupe et de voir si vraimeut les lignes perdent leurs ailes lorsqu'elles sont isoles dans les les. Les Trechinae ne montrent rien de semblable, comme on le verra, el il semble bien que s'il existe beaucoup d'espces aptres dans les faunes insulaires, cela tienne surtout au grand nombre de relictes anciens qui entrent dans leur composition. Tous les Trechus de Madre sont aptres (8 espces), mais par contre, ceux des les Canaries (8 espces) sont ails, 1 'exception des espces de Tnriffe, vivani haule Certaines espces aptres de Madre paraissent spciales aux altitudes leves, mais d'autres, comme T. custos et T. WollJstoni, se rencontrent jusqu'au bord de la mer. Voici donc j un fait qui montre que la prtendue loi d'aplrisme s'applique aux les Madre, mais pas du tout aux Cana ries. Il s'agit cependant dans les deux archipels d'espces non importes, ayant toutes peu prs la mme anciennet. L'tude phylognique des Trechus nous montrera que les les Canaries ont reu, par le Maroc, ieurs espces ailes, de la ligne du T. obtusus, qui est encore ail dans le nord de 1 Afrique, el leurs espces aptres (Tnriffe) de la ligne du T. tinuitanus aptre, tandis que les les Madre ont reu leurs Trechus par 1 'Espagne de la ligne du T. tingi tanus; ce qui explique qu'ils soient tous aptres, comme leurs proche parents immdiats. Si les Trechus de Madre sont aptres, c'est bien probablement parce que leurs souches primitives l'taient dj ou avait>nt au moins tendance le devenir. Les Trechus des Canaries provenant d'une souche aile, sont res ls ai ls, malgr leur isolement qui remonte une date assez ancienne. Le T. quadristriatus est ail aux les Balares, mais il est possible qu'il y soit d'importation rcente. Par contre il est aptre dans l'le d'Elbe et celle station est mme la seule que je connaisse o l0 T. quadristriatus se trouve aptre. La Corse hberge une espce de montagne, T. Varendorffi, qui est naturellement aptre comme ses proches parents des Pyrnes ou de la Sierra Nevada. Mais il existe aussi en Corse une espce sp-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 337 ciale, vivant bas!ie altitude, qui se retrouve d 'ailleurs en Sardaigne. Cette espce, T. tyrrhenicus, descend du 1'. oblusus, ail dans le nord de l Afrique, ainsi qu'en Sicile. Les nombreux individus duT. tyrrhe nicus de Sardaigne que j ai pu voir sont ails, ceux de Corse sont aptres. Il est possible cl 'ailleurs que ces diffrences entre les deux les ne soient pas absolues et qu'on dcouvre en Corse des colonies ailes. Mais ce qui est intressant constater, c'est que leT. obtusus migr vers le nord en Sardaigne et en Corse n'y a pas prsent dl;l tendance l'aptrisme plus marque que dans son migration parallle, sur le continent, par l'Espagne, ven; la France et le nord de l'Europe. Cphalonie a un Trechus aptre, T. cephalonicus, qui appartient une ligne d espces balcaniques toutes aptres. Rien n'indique donc qu'il soit devenu aptre du fait de son isolement dans une le. On le trouve d 'ailleurs sous les mmes pierres que le T. nigrinus ail. Chypre a un Trechus aptre localis une certaine altitude sur le mont Olympe. Mais on y trouve aussi uue espce de plaine, T. Saul cyi, qui est aile et exist galement aile en Syri e. La colonie isole dans l'le de Chypre n'a pas perdu ses ailes. La Crte nourrit des formes ailes : T. crucifer (toujours ail dans la rgion genne), T. subnolatus dont la varit aile se trouve aussi bien en Crte et dans les Cyclades qu'en Grce ou en Macdoine. Dans les les du nord de 1 'Europe, on trove aussi bien les espces ailes qu'aptres rpandues dans toute la zone subarctique : T. rubens ail en Islande, T obtusus aptre aux les Fii -Oer, T quadristriatus ail aux les Shetland. Mais dans aucune de ces les il n existe de Trechus endmiques. Terre-Neuve a une race particulire du T. micans amricain, aptre, comme la race continentale. Aux Philippines, l'le Luzon renferme un Treclms aptre; mais il s'agit vraisemblablement d'une espce montagnarde, dont tous les proches parent::; de 1 'Himalaya wut d 'ailleurs aptres. Les les .Juan Fernandez, dans le Pacifique, ont un Trechisibus aptre, T. femoralis, qui se retrouve au Chili L'espce est trs souvent aptre, rarement aile au Chili, aussi 1 'aptrisme des individus de .Juan Fernandez ne peut-il pas tre invoqu comme un exemple d'aptrisme insulaire. Toutes les espces des les antarctiques enfin sont aptres, tant aux les Crozet (Temnostega, Amblystogenium) qu'aux les Falkland, la Terre de Feu et dans s es archipels (Tr e chisibus ) Mais ici encore les proche parents continentaux wnt presque tous aptres et on ne

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338 R. JEANNEL peut pas dire qu'aucune de espces ait d perdre ses ailes parce qu'elle habite une le. En somme l'lude des Trechinae ne montre r1u'un seul exemple qui puisse tre interprt comme un cas d'aptrisme produit par l'isolement dans une le, c'est celui du T. quadrislrialus aptre dans l'le d'Elbe. D'autres exemples, comme celui des les Atlanlides ou du T. tyrrhenicus corso-sarde prouvent au contraire avec vidence que le seul fait d'habiter des les n'a aucune action sur la rgression des ailes. Les espces insulaires se montrent ailes ou aptres selon que leurs proche parents continentaux sont ails ou aptres, et il semble bien que s'.il existe dans les faunes insulaires un pourcentage lev d'espces aptres, c'est bien parce que l'isolement dans les les a prserv de la destruction beaucoup d'espces relicles rJU seraient aussi bien aptres si elles avaient survcu sur le continent. LES PATTES Les pattes des Trechinac ne prsentent aucune diffrence notable avec celles des autres {:arabiques. Elles sont d'ailleurs peu variables dans le groupe lui-mme des Trechinae, sauf en ce qui concerne les tibias et les tarses antrieurs . Il convient cependant de les tudier avec quelques dtails car la question des des divers arti cles de la patte des Insectes est toujours pose sans avoir reu une solution satisfaisante. Les homologies des parties de la patte des Insectes avec celles des Crustacs, proposes par C. BnNER (1), sont tout fait hypothtiques et d'ailleurs absolument Pour dcrire commodment la patte d\m Insecte, il tout d'abord de l'orienter, chose dont bien peu d'auteurs se so11t soucis jusqu'ici. J'adopterai donc les rgles d'orientation ct la nomenclature pratique propose par E.-G. RAcoviTZA (2) dans ses tudes sur les Isopodes. La patte sera suppose place perpendiculairement aux cts du (r) C. BonNEn, Handbuch cler Morphologie cler wirbellosen Thiere, Brl. IV, Arthropoda, p. 6t,g-6g4, fig. r-57 (G. Fischer, lena, rg2I) (2) E.-G. RACOVITZA, Notes sur les Isopodes. 10. Orientation de l'Isopode et essais de nomenclature pratique des bords et faces rie son corps ct de ses appendices. r 1. Morphologie et phylognie des priopodes et de leurs phanres (Arch. Zool, exp., Paris, t. 6r, rg23, Notes ct Revue n 4, p. 75 122, fig. r35-r5r).

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 339 corps : 1 'axe des hanches perpendiculaire au corps et en direction dorsa-ventrale, l'axe du rmur faisant un angle droit avec celui dP. la hanche et dirig par consquent transversalement en dehors, l'axe du tibia prolong par le tarse enfin faisant encore un angle droit avec celui du fmur et dirig ainsi dans Je sens dorsa-ventral. FIG. 121. Patte antrieure droite, face antrieure, du mle de Trechus rufulus Dej, x 40.-Fig 122. Sommet du tibia et tarse du mme, x 75. FIG. 123. Onychium et 4 art.iclc du tarse antrieur droit, face antrieure, de I'Aphaenops Cerberus Dicck, x 280. Cette position est peu de chose prs la position naturelle des pattes intermdiaires; il est facile d'y ramener les pattes en faisant pivoter un peu la hanche pour que le fmur se place perpendiculairement la ligne mdiane. pattes postrieures il faudra supposer la hanche redresse de manire que sa face ven trale devienne antrieure. En somme les pattes des trois paires seront automatiquement orientes lorsqu'on aura plac les faces aplanies des fmurs dans un plan transversal perpendiculaire la ligne mdiane du corps. Ainsi orientes les diffrentes parties de la patte auront deux

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3t,O R. JEANNEL faces que j'appellerai antrieure et postrieure, correspondant aux faces que E.-G. RAcoviTZA nomme rostrale ct caudale chez les Cru::>tacs. Les deux autres faces ou bords seront les faces tergale en dessus, sternale en dessous. Dans la position que nous avons donne la patte, il est clair que les deux bords tergal et sternal du fmur seront dorsal et ventral et que les faces tergale et sternale du tibia et du tarse seront des faces externe et interne. Hanches. On a vu ci-dessus que les hanches antrieures sont spares l'une de l'autre par une apophyse intercoxale du prossternum (fig. 81) et que par contre les hanches intermdiaires et postrieures (fig. g 1) ne sont pas spares l'une de l'autre, mais seulement recouvertes par les apophy:-;es intercoxales du msosternum et du mtasternum. Les hanches antrieures sont renfles, coniques, peu saillantes; leur orifice basal est trs largement ouvert et porte au ct tergal un petit sclrite, le trochantin, qui est renferm dans la cavit coxale, entirement cach sous la suture sterno-pimrale, au point o cette suture forme le bord externe de la cavit coxale. Les hanches intermdiaires ont peu prs la mme forme. Trs basses et sphriques chez les Homalodera (fig. 8g), elles sont plus 1millantes chez les Trechus ou mme coniques chez les Aphaenops (fig. go). Leur face sternale porte un petit cran d'arrt qui bute sur la partie latrale de l'apophyse intercoxale du msosternum et limite ainsi les mouvements de ce ct. Le trochantin existe, court et lamelleux (fig. 126 et 126), entirement cach dans la cavit coxale. Aux pattes postrieures, les hanches sont triangulaires, transverses, insres par une large surface basale transverse, dans la cavit coxale postrieure tendue obliquement sur le bord postrieur du mtasternum (fig. 8g et go). Plus larges que hautes chez les Tre chus, elles s'allongent en mme temps que le mtasternum rtrcit, pour devenir plus hautes que larges chez les Aphaenops. On appelle piliers les parties internes saillantes des hanches postrieures portant l'articulation trochantrienne. Certains auteurs (PANDELL, PuTZEYs) sc sont servi de la comparaison de la hauteur du pilier avec la longueur du mtasternum sur la ligne mdiane, pour mesurer cette dernire suivant les espces. Or la longueur du mtasternum varie, comme on l'a vu, suivant le degr d'aptrisme des individus et le pilier de la hanche lui-mme s'allonge, de sorte que cette comparaison ne peut donner que des rsultats trs variables et sans valeur taxonomique.

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MONOGRAPHIE DES TRECHJNAE Le bord postrieur de la partie sternale et basale de la hanche postrieure forme une longue saillie apodmatique (fig. 127); il n'existe pas de trochantin, sinon une vague trace reprsente par un petit nodule terminant l'extrmit tergale de l'articulation basale. FIG. 124 el 125. Palle intermdiaire du Trechus Bordei Peyer, x 40. Fig. 124. Palle gauche, face antrieure. Fig. 125. Palle droite, face postrieure. FIG. 126. Base de la palle intermdiaire droite, face antrieure, de I'Aphaenops Cerberus Dieck, montrant le lrochanlin el les soies de la hanche. Les hanches ne portent en gnral aucune soie. Il en existe cependant aux hanches intermdiaires et postrieures chez les formes aphnopsiennes et ces soies sont certainement les soies larvaires, qui, elles-mmes, se prsentent comme un reste de 1 appareil stal primitif de 1 'article. Comme celle d'une larve de Trec/ms (fig. 156), la hanche intermdiaire d'un Aphaenops (fig. 126) porte quatre soies dont deux sont alignes sur l'arte antrieure, deux sont situes sur la face sternale. Il en est peu prs de mme aux hanches postrieures.

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342 R. JEANNEL Trochanters. -Aux deux paires antrieures les trochanters sont courts, vaguement triangulaires, avec un petit pdoncule basal troit et coud, articul avec le sommet de la hanche; leur partie apicale largie est obliquement tronque et le bord apical tronqu s'articule avec un bord basal similaire du fmur. Leur bord convexe, qui est le bord sternal ou ventral, porte toujours une forte soie dresse perpendiculairement, et cette soie correspond encore la grande soie perpendiculaire qui se trouve toujours la partie apicale du bord ventral du trochanter des larves (fig. I56). Les trochanters postrieurs sont bien plus dvelopps que les autres. Leur bord ventral s'est dilat en une grosse saillie elliptique qui s'applique contre le bord ventral du fmur et en atteint parfois presque le milieu (fig. 1 27); son sommet est arrondi, mousse. Ces gros trochanters postrieurs saillants renferment un gros muscle flchisseur du fmur. Ils portent trs souvent chez d'autres groupes d'Insectes, des caractres sexuels secondaires, mais ils ne diffrent jamais d'un sexe l'autre chez les Trechinae. Leur bord ventral porte toujours une soie place vers le milieu de sa longueur. La dilatation des trochanters postrieurs n'est pas en corrlation avec 1 'allongement des pattes. Elle est bien plus dveloppe chez Trechus Jucicoles que chez les espces du type anophtalme ct ce sont les types aphnopsiens, comme Aphaenops et Pheggomiseles qui ont les trochanters postrieurs les plus petits. Chez ces derniers. ils sont peine deux fois aussi longs que larges et cela indique que non seulement les trochanters postrieurs ne sont pas allongs en corrlation avec le fmur, mais encore que les souches des formes aphnopsiennes devaient avoir ces organes trs peu volus. Le grand dveloppement des trochanters postrieurs des Trechus est certainement une modification nogntique. Fmurs. Les fmurs des trois paires sont peu prs semblables, sauf que les antrieurs sont plus courts et plus renfls, les postrieurs plus allongs. Ils sont larges, aplatis dans le sens antropostrieur et prsentent par suite deux bords convexes. 1 'un dorsal, l'autre ventral, et deux faces, antrieure et postrieure. L'extrmit apicale est un peu arque du ct ventral et le bord ventral de cette partie apicale arque est aplati et mme sillonn pour recevoir la base du tibia lorsque cet article est flchi. Epais ct renfls chez les espces aptres, les fmurs sont grles et trs allongs chez les espces anophtalmes et surtout chez les espces aphnopsiennes. Quelques lignes d'espces aptres, comme celle du T. subcordalus du Caucase ou encore celle du T. ochrealus

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 343 dans les Alpes, les ont particulirement pais et renfls Il existe mme des diffrences sexuelles assez frquentes cet gard, le'l FIG. 127. Patte postrieure gauche, face antrieure, du Trechus Bordei Peyer., x 40. fmurs des mles tant plus renfl s que ceux des femelles. Chez T. ochreatus mme, le renflement des fmurs postrieurs chez l es mles s'accompagne d'une grosse tubros it arrondie de la rgion mdiane du bord ventral. Les fmurs portent toujours quelques soies et il est facile de

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av. R. JEANNEL constater que ces soies sont les vestiges des ranges de soies qui se trouvaient certainement sur les articles de la patte de l'Insecte primitif, comme sur ceux des Crustacs. E.-G. RACOVITZA (1923, Z. c.) a montr que chaque article de la patte d'un Isopode a prsent au debut cinq ranges de soies, savoir : une range distale, transversale, sur le bord distal, et quatre ranges longitudinales correspondant quatre crl.es ou artes fondamentales, qui sont : tergale ou dorsale, sternale ou ventrale, rostrale ou antrieure, caudale ou postrieure. On retrouve absolument la mme disposition sur les articles des pattes des larves d'Insectes et mme sur ceux l'adulte. Au fmur des Trechinae il n'existe plus trace de la range dis tale. Mais on trouve des restes trs nets des ranges longitudinales. La range sternale est reprsente par de grandes soies alignes sur le bord ventral du fmur antrieur (fig. 121) et qui existent toujours, plus ou moins dvdoppes chez les Carabiques, sur la crte postrieure du bord ventral du fmur (Sphodrides). Aux fmurs intermdiaires et postrieurs, ces soies de la range sternale sont aussi un peu reportes sur la face postrieure (fig. 12!1 et 127). Les fmurs intermdiaires montrent de plus deux alignements de trs courtes soies le long du bord dorsal, l'un du ct antrieur, 1 'autre du ct postrieur de ce bord. Il semble bien s'agir des deux ranges rostrale et caudale (antrieure et postrieure) et peut-tre mme aussi de la tergale (fig. 1 26). Tibias. Les tibias antrieurs sont assez diffrents de ceux des deux autres raires, surtout en raison de l 'existence d'un organe sp cial, d'une sorte de peigne concave de leur face stJernale ou interne, qui sert d'ailleurs rellement l 'Insecte peigner ses antennes. J'ai pu voir en effet des Trec hus saisir la base d'une antenne dans le'3 deux chancrures de leurs tibias antrieurs rapproches l'une de l'autre et peigner ainsi l'antenne clans toute sa longueur en tendant les pattes en avant et retirant la tte en arrire. Ce peigne est constitu par une profonde chancrure qui coupe obliquement le bord sternal du tibia trs largi clans sa partie apicale (fig. 121 et 132). Le bord tranchant de l'chancrure est frang d'une range cl 'pines gales et rgulires qui se continue jusque sur le bord apical et antrieur du tibia; le talon saillant de l'chancrure est arm d'une grosse pine rigide un peu tordue et d'une sorte de fouet ondul (fig. 132). L'organe pectin s'est certainement dvelopp de trs bonne heure chez les Carabiques primitifs. Il est parfaitement fix cl 'ailleurs et ne montre aucune variation chez les Trechinae.

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MONOGRAPHIE DES TRECIHNAE 345 Chez les espces pattes courtes, comme les Perileptus ou les A epus par exemple, le talon du peigne se trouve vers le milieu de b longueur du tibia, de faon que l'organe pectin en occupe toute la moiti apicale. Chez les espces pattes plus longues, et surtout chez celles de type anophtalme et aphnopsien, le peigne n'occupe que la partie apicale du tibia et c'est donc la partie basale de l'article qui s'est considrablement allonge. FIG. 128 130. Sommet du tibia antrieur droit, face antrieure, x 60. Fig. 128. Apoplotrechus strigipennis Fairm. ( Perileptini).-Fig.129. P/ocamo lrechus Alluaudi Jeann. Fig. 130. Thalassophilus longicornis St. (Trechodini). La face dorsale des tibias antrieurs, qui se trouve tre la face externe de par la position naturelle des pattes, est souvent d'un sillon longitudinal dont la prsence ou l'absence pourra fournir de bons caractres. D'autre part, dans un certain nombre de lignes, comme par exemple chez les Plocamolrechus (fig. 129), l'extrmit distale de la face externe est obliquement tronque, de faon que h partie apicale du tibia parat coude en dedans.

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346 R. JEANNEL Les tibias intermdiaires ct postrieurs sont cy lindriques, un peu paissis 1 'apex et prsentent parfois une arte antrieure portant. range d'pines (fig. 124). Leur extrmit apicale articule avec le tarse, est garnie d'une couronne. de phanres d'importance in gale, dont les plus grandes constituent les perons. Encore mieux que les fmurs, les tibias montrent les traces des quatre ranges longitudinales primitives de soies. Il semblerait aussi FIG. 131. Armature apicale du tibia intermdiaire chez Trec/ms Bordci Peyer., x 80.-A. Tibia gauche, face antrieure; B. Tibia droit, face postrieure. premire vue que les perons apicaux reprsentent la range dis tale transverse; mais nous verrons plus loin que d'importantes rai sons font penser que 1 'articulation tibia-tarsienne doit tre secondaire et que les perons apicaux des tibias ont d tre forms par les ranges longitudinales ou mme la pubescence diffuse, absolument de la mme manire que le grand peron du talon du peigne des tibias antrieurs. Je me borne donc pour 1 'instant les dcrire sans prjuger de leur signification. La plupart des Trechinac ne prsentent, au tibia antrieur, qu'un seul peron au ct postro-interne du bord dislal (fig. 1?.1, 122

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 34? et 132); mais les espces de la tribu Perileptini prsentent un deuxime peron externe (fig. 128), ce qui constitue videmment un FIG. 132. Patte antrieure gauche de la femelle de Trech1113 Bordei Peyer., x 150, -A. sommet du tibia, face postrieure; B. tarse, face poEtrieure. tat plus primitif. Thalassophilus (fig. r3o) de la tribu Trec1wdini semble aussi avoir un peron externe aux tibias antrieurs, mais

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31.8 R. JEANNEL il est facile de constater que cet peron n'est pas autre chose que lu pl us distale des soies de la range longitudinale postrieure. Aux pattes intermdiaires et postrieures, par coutre, les peron'; sont toujours bien plus dvelopps (fig. I?. el I3I). li existe une couroune de soies, les unes trs petites ct gales, d'autres plus grandes et ingales. La plus grande se trouve au ct interne ou sternal; une autre assez grande est implante non loin, sur le bord antro-intcrne. Ces deux phanres internes sont les deux perons intemes, toujours trs dvelopps et jouant un rle important dans la locomotion. En plus des deux grands perons internes, il s'en trouve d'autres plus petits, au nombre de cinq ou six, groups sur les bords antro-interne et postro-externe. On serait tent tout d'abord de voir dans ces perons des phanres d'une range distale transverse. Mais 11ous verrons qu'il n'est pas possible de les tenir pour tels. Hien da11s leur structure et leur disposition 11e s'oppose d'ailleurs considrer les plus grands comme des phanres des ranges longitudinales adaptes des fo11clions sp ciales et de tenir les franges de petites soies gales et rgulirement alignes pour des vestiges de la pubescence gnrale du tibia. Ces petites soies ne sont d'ailleurs pas distinctes sur le tibia des Aphaenops pubescence genrale trs dveloppe. Les ranges iongitudinales sont compltes et toujours bien dveloppes aux tibias in-termdiaires et postrieurs, o elles comprenuent chacune de six dix phanres alignes (en gnral sept). Il existe une forte range antrieure de grosses soies pineuses et certaines soies de cette range se sont spcialises, se dplaant vers le ct dorsal (ou externe) pour constituer le s trois ou quatre longues pines dresses hrissant la face externe des tibias. Les ranges tergale et sternale sont aussi formes par des pines rgulirement alignes et la range postrieure est reprsente par un mme nombre de soies plus longues mais bien plus fines. Aux tibias antrieurs la formation du peigne a profondment troubl la rgularit des ranges longitudinales. L'organe pectin luimme est form par la range sternale, dont une soie spcialise est devenue l'peron talonnier, et dont l'extrmit distale s'est inflchie sur le bord dis'tal antrieur du tibia. La range postrieure est aussi bien reconnaissable (fig. 132), mais les ranges antrieure et tergale font presque toujours dfaut. Quelques espces cependant, comme A poplolrechus strigipennis (fig. J 28), les Plocamotrechus (fig. J 29) ct les Thalassophilus (fig. 1 3o) JPOrlent de petits poils rgulirement aligns sur la face antrieure et

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kJONOGRAPHI.E DES TRECHJNAE mme pan01s aussi (1'halassophilus) dans le sillon longitudinal externe. 11 est possible que ces alignements reprsentent des ranges primitives, mais on peut se demander aussi s'il ne s'agit pas d'un alignement secondaire de poils d une pubescence primitivement diffuse. Les espces aphnopsiennes, qui se montrent si conservatrices dans leur chtotax1e, n 'ont pas trace des deux ranges tergale et antrieure, et leurs tibias antrieurs sont couverts d'une pubescence diffuse au milieu de laquelle se distinguent seulement les deux ranges de soies sternale et postrieure. Ce type de pubescence doit etre primitif. La pubescence diffuse de la face antrieure des tibias antrieurs u'est conserve chez la plupart des Trechini cavernicoles et aussi chez quelques lignes lucicoles, comme celles des Perileptus (Perileptini), Aepus (Aepini), Trechisibus (Homaloderini). Mais en gnral la pubescence a disparu chez les lucicoles pour donner le type de tibias glabres, sans ranges de soies antrieures ou externes, tels qu'on le trouve chez les Trechus. Ces tibias glabres des Trechus drivent certainement d'un type primitivement pubescent, car il est toujours possible d'y dceler la prsence de quelques vestiges de poils microscopiques, lorsqu'on les examine de trs forts grossissements (fig. 122). Tarse. Le tarse est toujours form de cinq articles, prsentant une lace un peu aplatie tourne du ct sternal. Le premier article est toujours plus long que les suivants; le cinquime article ou onychium est galement allonge et porte deux ongles gaux. Il est facile d'observer qu'il doit exister sur les articles du tarse deux sortes de phanres. Les unes existent toujours et sont constitues par deux ranges de soies ou d 'pines, absolument symtriques et occupant les deux bords de la face sternale; les autres existent chez tous les Trechinae, mais manquent chez beaucoup de Carahiques, ce sont des poiis disposs sans ordre bien dfini sur les faces antrieure, tergale et postrieure des articles. Il ne semble pas que ces derniers reprsentent des ranges dissocies, mais ils paraissent plutt faire partie d'une pubescence diffuse comme celle des tibias antrieurs, dont il a t question ci-dessus. Il est difficile de dire quoi correspondent les deux ranges de la face sternale. Elles sont entirement semblables chez les femelles, mais diffrentes chez les mles, par suite du dveloppement asymtrique de caractres sexuels sur les deux premiers articles du tarse antrieur. Peut-tre donc la range du ct antrieur est-elle la vri-L'ABEILLE. XXXII, ter Juin 1026. 23

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350 R. JEANNEL table range sternale et l'autre la range posterieure. II est possible encore que les deux ranges soient produites par un ddoublement de la range sternale seule ou mme encore qu'elles ne soient qu'une spcialisation secondaire de poils de la pubescence diffuse. 11 semble exister, au premier article des tarses antrieurs des femelles (fig. et aux quatre premiers articles des tarses intermdiaires et postrieurs, comme une courom1e apicale de soies. Mais je ne crois pas que ces soies apicales constituent de vritables ranges distales transverses. La symtrie de ces soies distales est parfaite; leur forme est la mme que celle des soies stern ales; enfin il n'en existe Jamais du ct sternal entre les deux ranges longitudinales. Je pense donc qu'il s'agit seulement de la partie distale des deux ranges longitudinales se prolongeant sur les faces latrales des articles, comme on a vu la range sternale du tibia antrieur se prolonger sur le bord distal antrieur. Ce fait est trs important, car il indique dj que les articles du tarse ne doivent pas correspondre des articles primitifs de ia patte ancestrale. Chez certaines espces (fig. I32) les soies des deux ranges ster nales prennent des formes assez compliques chez les femelles. On voit aussi que toujours, chez les Trechinae des deux sexes, les deux soies distales du quatrime article sont insres sur deux tubercules saillants. Dans beaucoup de lignes ces deux tubercules se soudent en un seul, pour former une apophyse sous-tarsale tendue sous 'onychium (Aphaenops, fig. 123) et cette apophyse arrive parfois ta prendre un dveloppement considrable chez certaines lignes. Dans le groupe des Aepini, on verra que les Aepomorphus chiliens ont ainsi leurs tarses une longue expansion sous-tarsale du quatrime article, qui arrive constituer un vritable organe de prhension. Les deux ongles sont rigoureusement gaux. Ils sont unis par des ligaments un nodule chitjneux ovode sur lequel s'insre le tendon unique du muscle long flchisseur du tarse. Les deux ongles sont donc coupls et ne .peuvent pas tre mus sparment. Le nodule auquel les deux ongles sont rattachs est certainement autre chose qu'une simple chitinisation d'un tendon (fig. 1 33). II est libre dans une sorte de cupule forme par la partie distale de l'onychium et est recouvert du ct sternal par un large lobe membraneux arrondi, Sa partie proximale reoit 1 'insertion du tendon flchisseur; sa face sternale est rattache au bord distal et sternal de l'onychium par deux ligaments lastiques; sa face tergale donne insertion deux membranes 1 'unissant aux ongles et sa partie distale saillante enfin est effile et termine par une phanre hyaline en forme de lanire,

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iiWNOGRAPJIIE DES TRECHINAE 351 trs courte chez les Trechinae, mais souvent trs longue chez d'autres groupes d'Insectes ( r ) Ce nodule ungual des Coloptres est certainement homologue du pulville des Hymnoptres. Je pense qu'il doit re pr sen ter 1 'article terminal de l'appendice primitif de 1 'Insecte. Chez les mles les articles proximaux du tarse antrieur sont FIG. 133. Onychium du Treclws Borrlei Peyer., x 280. -A. face s ternale; B. Face latrale; C. Nodule ungual isol, vu par la face sternale, avec sa phanre unique, les insertions des lames fibreuse et lastique et du tendon long flchisseur du tarse. d i lals et dents en dedans. Cette dilatation ne porte que sur le premier arlirlc chez le Microtrechus des monts Alleghany et chez les Neotrechus et Orotrechus cavernicoles de la chane Dinarique. Presque toujours les deux premiers articles sont di latps el leur bord antrieur ( 1 ) Par exemple la lanire tactile du tarse des Balhysciinae (TEANNEL, Ign, Rcv. Bathysc., lliospeol. XIX, p. 36, fig. 3o).

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352 R. JEANNEL forme une saillie anguleuse bien prononce. Cette dilatation est en gnral assez faible chez les lfomaloderini australiens; elle peut au FIG 134.. Tarse antrieur mle droit, face ant rieure, du Trec ho psis Lapiei Peyer x 150. contraire exceptionnellement porter s u r l es quatre pre m iers articles, comme chez Tasmanorites nite ns

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MONOGRAPIIIE DES TRECIIINAE 353 Sur le bord antrieur des articles dilats des mles (fig. I34) se voient toujours les soies normales de la range longitudinale, repor tes sur la face tergale de la saillie de l'article. En outre, des organes adhsifs particuliers, au nombre d'une douzaine au maximum, se sont dvelopps sur le bord. Ce sont de longues tiges hyalines, diriges perpendiculairement 1 'axe du tarse, de longueur ingale, croissant de la base vers le ct distal. Leur extrmit est largie en un pet cne dont la hase obliquement tronque est forme par une surface adhsive. La forme de ces phanres est trs constante dans chaque groupe de Carabiques. On peut constater (GANGLBAUER, 1892, Kii.f. Mitteleur., 1, p. 2!1) que celles des Trechinae rappellent beaucoup par leur structure celle des Harpalinae (Ophonus). La dilatation des articles du tarse antrieur chez les mles des Trechinae ne porte que sur la moiti de 1 'article se trouvant du ct antrieur; l'autre moiti resle absolument semblable ce qui est chez la femelle. Chez la plupart des Carabiques les deux cts des articles sont dilats et il existe par suite deux rangs de phanres adhsives. Mais on retrouve cependant une demi-dilatation antrieure, semblable celle des Trechinac, chez les Bemb"idiinae. Les articulations. --Les articulations sterno-coxales sont videmment secondaires, car un ou plusieurs des articles primitifs de 1 'appendice ont certainement disparu cet endroit. Le trochantin eu constitue le vestige. Les hanches antrieures et intermdiaires s'articulent dans leurs cavits coxales respectives comme des rotules pivotant dans tous les sens. On a vu t que 1 'adduction des hanches intermdiaire:; est limite par un cran d'arrt qui bute sur l'apophyse intercoxale. Les hanches postrieures, en mison de leur forme transverse, pivotent seulement sur un axe horizoulal et transverse. Le trochanter est articul dans la hanche comme un tenon dans une mortaise, de faon que les mouvements sont limits ceux de Jlexion et d'extension, dans le plan tergo-sternal de la patte. L'articulation est trs simple, la hase du trochanter embote dans la mortaise coxale. Les muscles du trochanter s'insrent sur son bord basal sans interposition de tendons chitiniss. L'articulation trochantro-fmorale est une arthrodie ne permettant gure de mouvements aux pattes antrieures et intermdiaires. Elle s'est tordue et dforme aux pattes postrieures de faon que des mouvements de flexion du fmur sont devenus secondairement pos sibles.

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354 R. JEANNEL L'articulation fmoro-tibiale, ou genou, est la plus complexe de toutes. On verra d'ailleurs plus loin qu'elle ne doit pas correspondre une articulation primitive, mais en ralit deux, car un des articles de J'appendice ancestral doit y tre involu. e. ..Jt. c FIG. bis. _-\rticulation du genou de la.patte intermdiaire de Trec/tus Bordei Peyer. -A. face postrieure.-B .. la mme dsarticule; e., extenseur insr sm l'olcrne ; fl., long flchisseur du tarse ; s., Ecirile tendineux du flchisseur du tibia. C., sclrile tendineux du flchisseur, vu par sa face sternale x 280. B. L'extrmit distale du fmur porte deux condyles, 1 'un antrieur, 1 'autre postrieur, tous deux semblables. Ces deux condyles sont spars 1 'un de 1 'autre, sans venir en contact claus l'intrieur de l'extrmit du fmur; mais leur ensemble forme uue sorte de poulie iucomplte sur laquelle s'encastre el joue la articulaire du tibia, maiutenue Cil place par deux larges expansions lamelleuses, antrieure et postrieure, du fmur. La base articulaire du tibia est con forme un peu comme l'piphyse suprieure d'un cubitus de Mam mifre. L'articulation est une vritable trochle comparable au coude de ces derniers. Sur l' olcrne n du tibia de 1 'Insecte, du ct tergal, s'insre le muscle extenseur; du ct sternal, sous une vritable apophyse coronode n, entre deux lames saillantes qui guident la flexion, s'insre le muscle flchisseur, ou plutt un tendon qui

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 355 rattache le tibia un nodule chitineux allong (fig. I34 bis C.) i::iur lequel s'insre le muscle flchisseur. Ce nodule chitineux est un vritable ssamode dont la prsence est trs constante. On l'aperoit par transparence, dans le fmur (fig. I34 bis A.) et sa partie distale fait saillie sous la membrane articulaire dans sa rgion sternale, c'est--dire du ct de la flexion. Il est allong, plus long que large chez les Trechinae; mais il sc prsente chez d'autres Carabiques som; d'autres formes. Celui des Sphodrides en particulier (Laemostenus) est large, et a la forme d'une lame subcarre, amincie et dprime dans son milieu. Comme l'tude de la pal te des larves rn 'a conduit considrer le genou comme une articulation complexe o un des articles primitif est involu, j'ai pens tout d'abord que ce petit sclrite pourrait f're un vestige de l'article involu, un vritable article rudimentaire. Je l'ai donc examin avec soin chez les Insectes les plus divers : Coloptres (Aphaenops, Harpalus, Trechus, Laemostenus, Blaps, Als), Hmiptres (Velia, larves de Rduvides), Orlho!Jtres (Dolicho poda). Il se prsente toujours peu prs de la mme manire, quoique plus ou moins dvelopp. Il est rduit chez les Aphaenops, dont les pattes sont d'ailleurs excessivement grles; mais il est cependant une espce de Trechus chez laquelle il apparat avec des caractres assez singuliers. Chez Trechus Bordei (des Pyrnes), il semble, de profil, tre frang de quelques soies du ct slernal (fig. I34 bis B.). Vu de face, fort grossissement (C), cette frange se montre tre double et constitue par deux expansions membraneuses multifides. S'agit-il de phanres rudimentaires? La chose semble douteuse; mais il faudra certainement porter attention la structure de ce sclrite dans des lignes diverses d'Insectes. Si l'on venait dcouvrir quelque espce chez laquelle ce petit sclrile se montrerait pourvu de phanres, c'est -dire avec les caractres d'un article rudimentaire, ce serait une confirmation clatante de l'interprtation phylognique de la patte qui sera prsente ci-aprs. L'articulation tibia-tarsienne et les articulations tarsiennes sont trs simples, sans diffrenciation des parties articules, dont la dis tale est seulement embote dans la partie proximale. Les deux ongles,, unis ensemble par un ligament et d'autre part unis au nodule ungual sont flchis par un mouvement de coulisse de ce nodule, tir par le long flchisseur du tarse. Le mouvement antagoniste d'extension rsulte du jeu d'une membrane lastique rattachant !P. nodule ungual au bord distal el slernal de l'onychium.

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356 R. JEANNEL Le muscle long flchisseur du tarse a son insertion basale sur le bord tergal du fmur. Son long tendon traverse. l'articulation du genou, reoit des faisceaux musculaires dans le tibia, el eulile tous les articles du tarse sans -y prendre aucune insertiou, soit musculaire, soit tendineuse. Phylognie de la patte -J ai dj trait celte question dans un mmoire spcial (1); je me bornerai donc ici la rsumer. Il y a toul lieu de croire que la patte des Insectes drive du mme type primitif que celle des Crustacs. Elle a donc d tre constitue primitivement par une hampe (sympoditc) de trois art.icles : praecoxa, coxa, basis, el par deux rames de cinq articles : ischium, mros, carpos, propodos et dactylos, dont la rame externe seule (endopodite) a form la rgion distale de la palle. C'est donc huit articles (trois u sympodite, cinq de l 'endopoitc) l(UC l'appendice segmcutaire des souches primitives des Insectes a d avoir. Le hasis, support primitif es rames, doit se retrouver chez 1 'Insecte pour les mmes raisons que chez les Crustacs marcheurs, comme le s Asellus, dont on peut tenir les articles du priopoe comme identifis avec certitude (R.>\.COVITZA, l. c., p. go). 'l peut donc affirmer que le basis est reprsent chez l'Insecte par la hanche. Coxa et praecoxa, trs involus chez 1 Isopode, le sont aussi chez le Coloptre, et le petit sclrite appel trochantin, qui sc trouve cach dans les cavits coxales, est vraiscmhlahlemcnt un vestige du coxa. Le trochanter est donc un ischium ct le fmur un mros. Tout cela est d'ailleurs admis sans conteste par tous les l\lorphologistcs La patte des larves de Trcchinae, comme celle de tous les Adcphaga, est d'un type trs primitif. J'ai montr (1925) que ses six articles sont entirement homologues ceux d'un priopode d'Asellus. Le dactylos est reprsent par l'ongle unique des Trcchinae (ou l'ongle antrieur seul es pattes biongulef; comme celles des Ncbria). Les articles de la patte larvaire des Adcplwga doivent tre nomms : hanche, trochanter, fmur, mdius, tibia et tarse, correspondant respectivement aux hasis, ischium, mros, carpos, propodos ct dactylos d'un ; l scllus Le (( mdius est l'article correspondant au qn'il est Hccs:,;airc !l'ajouter dans ln llOmCJlclaturc des parties de la patte des Insectes. La comparaison de la patte six urliclcs des larves de Trcchinae () R. JEANNm., 1925, Sur les homologies des articles de la palle des Inscclcs (Arch. Zoo!. exp., Paris, t. 61., [\;oies ct Hcvuc, p. 37 55)

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 357 avec celle cinq articles des larves de Bathysciinae m'a donn de nombreux et importants indices permettant d'affirmer que le mdim; (ou carpos) a disparu chez ces dernires dans 1 'articulation du genou. Par. tous les dtails de sa structure, le genou larvaire des Bathysciinae se montre n'tre quel 'bauche du genou trs spcialis lies Coloptres adultes, toujours du mme type que celui des Trcchus qui a t dcrit ci-dessus. Il faut donc conclure que le carpos a disparu dans le genou des Coloptres adultes, comme dans celui des larves de Balhysciinae. Le dveloppement ontognique de la patte des Trechinae, avec son carpos prsent chez la larve, mais involu chez l'adulte, est une rptition de l'volution phylognique que la morphologie compare des larves de Coloptres fait rccon11atre (1). Tibia ct tarse de la patte adulte des Trechinae correspondent donc aux seuls propodos ct dactylos. Le dactylos n'est pas reprsent par le tarse, comme on pourrait le supposer. Le article terminal de l'appendice, a des caractres particuliers sur lesquels RAcoviTZA ( 1923) a maintes fois attir l'attention. Il se termine toujours par une phanre unique ou des phanres alignes en range longitudinale. Aussi ne peut-on comprendre que ces phanres aient pu sc modifier pour devenir les deux ongles parfaitement symtriques, qui terminent le tarse. J'ai montr (Ig25) que sur la patte d'un Trechus adulte, le est cependant parfaitement reconnaissable. Il est reprsent par le nodule ungual, dcrit ci-dessus, pourv d'une phanre terminale unique et recevant l'insertion du tendon du muscle long flchisseur du tarse. L'onychium appartient au propodos, et les deux ongles sont deux Ppines distales et tergales du propodos, bien reconnaissables chez les larves, qui se sont substitues au dactylos pour former la terminaison de l'appendice. Le dactylos, avec sa phanre terminale unique, a t incapable chez J'Insecte de s'adapter la fonction de griffe locomotrice terrestre. Les deux pines tergales du bout distal du propodos se sont tendues au-dessus de lui pour venir jouer ce rle sa place. Il en est rsult que ces pines ont pris un dveloppe ment prpondrant et sont devenues les ongles, tandis que Je dac. tylos, renonant sa fonction locomotrice, subissait une volution rgressive. Il est devenu un organe rudimentaire, n'existant plus que pour son insertion musculaire, mais ayant cependant gard aussi r. On verra plus loin, propos des pic es labiales des larves des Tl"echina e qu'une semblable involution du rarpos pa rail s'tre produite aussi dans le palpe labial.

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358 R. JEANNEL son rle de support des organes sensitifs terminaux de la patte. JI porte frquemment de grandes << lanires tactiles >> (Bathysciinae) ct parfois aussi des organes trs diffrenCis des Hymnoptres). lnvolu chez les Insectes au point de vue de sa fonction mcanique de griffe, le dactylos est par contre spcialis comme organe sen sitif. C'est certainement pour cela qu'on le retrouve toujours chez tous les groupes. Puisque le dactylos est reprsent sur la patte adulte d'un Trechus par le nodule ungual, et que le sommet de 1 'onychium se montre tre celui du propodos, puisque d'autre part le carpos a disparu dans 1 'articulation du genou, il rsulte que le tibia et tous les articles du tarse sont forms par le propodos. Cette opinion s'accorde d'ailleurs avec le fait que le tibia et tarse ont en gnral la mme allure de variation et que beaucoup d'auteurs parlent de << tibio-tarse chez les Insectes primitifs. Rien dans les articulations tarsiennes, ni dans la disposion des phanres, n'indique que les articles du tarse pourraient tre des articles primitifs; ils n'ont d'ailleurs pas de musculature propre. Les perons apicaux du tibi:l sembleraient par reprsenter une range distale transverse, c'est--dire marquer la partie distale d'un article primitif; mais il faut videmment les tenir plutt pour une spcialisation secondaire des phanres des ranges longitudinales l'extrmit distale du premier segment de fragmentation du pro podos. Cette premire fragmentation du propodos, sparant un tibia et un tarse inarticul, a d tre trs prcoce; aussi les phanres distales du tibia sont-elles trs spcialises et ont-elles 1 'apparence de range distale transverse. Bien des Insectes primitifs sont encore ce stade (larves d'Hmiptres). Un deuxime stade de fragmentation du pro: podos a divis le tarse en deux, sparant un << basitarse d'un tarse. J_.'article basal du tarse est en effet un peu plus spcialis dans ses phanres que les suivants. Enfin c'est l'article apical de ce tarse biarticul qui s'est fragment son tour et il semble que chaque fragmentation ait toujours port sur 1 'article terminal de la patte. Certains tarses de quatre articles, comme celui des Apteraphaenops montrent un dbut de fragmentation de l'onychium, qui aboutira la production d'un tarse de cinq articles, lorsqu'elle sera dfinitive. 1! est possible enfin que la rgression secondaire de 1 'article basal du tarse ramne le tarse de cinq articles n'en avoir plus que quatre. Cette volution ne se produit pas chez les Adephaga, mais c'est de cette manire que s'est constitu sans doute le tarse antrieur ttra-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 359 mre des femelle::; des Balhysciinae, certainement en tous cas celui des mles des Balhysciinae Theleomorphi, car les espces du groupe des Boldoria montrent toutes les tapes de celle involution de l'article basal du tarse des mles 1924, Monogr. des Bathysc., speol. L, p. So). 1 .a patte adulte des Trechinae est donc constitue en ralit par un trochantin, une hanche, un trochanter, un fmur, un tibio-tarse Pl un nodule ungual, qui correspondent respectivement aux coxa basis, ischium, mro::;, propodos et dactylos, le mdius ou carpo:; ayant disparu dans 1 'articulation du genou, entre le fmur et le tibia. ABDOMEN L'abdomen montre du ct ventral six segments, dont le:s deux premiers sont souds et le sixime est trs court, entirement cach.! h cinquime. Le deuxime est trs dvelopp et forme l ni seul la moiti de la surface ventrale de 1 'abdomen. Ces six segments ventraux. sont les sternites lV, V, VI, VII, VIII et IX, et on sait que chez la plupart des Coloptres les trois premiers sternitcR sont involus danl' la cavit coxale des hanches postrieures. La face tergale de l'abdomen montre qu'il en est bien ainsi chez lci5 Trechinae. On compte huit tergites chez les espces ailes, comme T. quadrislrialus, dont ce::; pices sont chitinises et colores. dernier tergite est entirement cach dans le pygidium qui, en ra lit, n'est pas le segment terminal, mais est l'avant-dernier; en anut du pygidium sc voient six tergites membraneux, mais colors ans leur partie mdiane. JI existe donc deux tergites de plus que
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360 R. JEANNEL sence indique que la partie basale du revtement dorsal de leur abdomen doit tre constitu par le tergite I, qui existerait donc encore chez eux. Quoiqu'ils possdent encore une paire de stigmates de plus que les Trechus, les Aphaenops out cl 'ailleurs ces organes trs peu dve-1. Ill v. IV v VI 0 VI 0 VIl VIl VIII 136 FIG. 135. Face ventrale de l'abdomen du DuPalius Snoni Ab., mle. L'armure gnitale se voit par transparence. FIG. 136. Coupe sagittale schmatique de l'abdomen d'un Apltaenops. lopps. Ils n'ont plus d'appareils d 'occlusion el en particulier le stigmate mtathoracique, d'habitude si dvelopp (fig. 92 st.), est rduit chez les Aphaenops au mme tal que les stigmates abdominaux, c'est--dire uu simple petit cadre arrondi dans lequel dbouche la trache (fig. g3). II est naturel que 1 'appareil stigmatique se soit rduit chez des espces qui ne volent plus depuis trs longtemps .Mais il est probable galemeut r1ue le fait de vivre claus uue atmosphre satun)c d'humidit permet, chez les Stnhygrobies des cavernes, ulle respiration cutane uyant pour ef'J'et de diminuer la respiration trachenne. Les traches sout trs peu dveloppes chez les Aphaenops et trs difficiles tt voir, alors fJU'clles apparaissent au premier exameu chez

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 361 les Trec hus. Elles renferment toujours trs peu d'air et pnrassent avoir un fonctionnement trs restreint. Il est possible que la respi ration cutane soit principale chez eux et doive se faire surtout par la face dorsale amincie de l'abdomen, sous les lytres constituant uiJe 'ritable chambre respiratoire. Ainsi s'expliquerait la fausse physogastrie si remarquable des Cavemicoles et aussi leur stnhygrobiose, c'est--dire leur absence totale de rsistance la moindre diminution u degr hygromtriqu de l'atmosphre, qui pour eux doit toujours tre saturation. ARMURE GNITALE FEMELLE On :tdmet gnralement que l'armure gnitale femelle des Colop tres est constitue par les urites X ct XI, c'est--dire par les deux demiers des segments primitifs de l'abdomen. J'ai dj montr que che1. les Balhyscii:nac, il n'y a pas trace de l'uritc XI (Rev. Bnthysc., liwspeol. XIX, p. 5I); les Trcchinae ne paraissent pas davantage en montrer de vestiges. Il y a d'ailleurs lieu e croire que cet urite XI, totalement disparu chez les mles, doit l'tre aussi chez la femelle. Chez tons les Carabiques, 1 'armure gnitale femelle a la forme d'un vritable anneau abdominal, muni du 'ct ventral de deux pe tites pices termines par un ongle. On retrouve la mme disposi tion chez les Trechinae. Du ct tergal s'f'tend un vritable tergite, plus court que le lergite IX, mais de mme forme (fig. r37 et I38). C'est, videmment, de par sa position, le tergite X. Ses parties latrales sont en connexion directe avec le bord des pices stemales, dont la base se prseule donc comme reprsentant le slernite X (fig. I3g). Chacune des deux pices stemalcs se montre forme de deux parties chez les Aphaenops (fig. r3g), un sclrite basal et un ongle. Chez les Trec hus et les Duvalius (fig. r lp ct r 42), le sdrite basal est lui-mme divis en deux, et cette division semble d'ailleurs tre la rgle chez les Carabiques. Le fait que chez les Aphaenops il n'existe qu'un seul sclrite basal prouve bien qu'il s'agit d'un ddoublement secondaire chez les Trcchus. Les deux pices basales de ces demiers reprsentent de chaque ct un clemi-sternilc X et il n'y a aucune

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362 R. JEANNEL raison pour supposer, comme le fait A. BERLESE (Gii Insetti, I, p. 268, fig. 3o6) que la partie proximale de ce sclrite soit le sternite X et sa partie distale le sternite Xl. D'ailleurs, c est sur cette partie distale que s'insre nettement l'ongle des Trechinae et cet ongle est bien certainement un style dpendant du sternite X. / VIII. IX. -u . )( ,.-\' ... )) .. : 1111'. x ./, '' 139 ... st. FIG. 137 139. Armure gnitale femelle de l'Aphaenops Cerberus Dieck. VIII, IX et X, 8, 9 et 10 urites; st., styles de J'urite X. -Fig. 1 37. Face dorsale Fig. 138. Face gauche. Fig. 139. Style et slernil.e de l'urit.e X, vus par la face ven traie. 138 Le sclrite basal, u sternite X, porte des soies sur son bord postrieur chez les Duvalus ; Il est glabre chez les Aphaenops. L'ongle est allong et pourvu d'une seule petite soie chez les Aphaenops. II est court, large, triangulaire, aplati et tordu, concave du ct tergal et externe chez les Trec hus et Duvalius. II porte chez ces derniers une grosse soie rigide en forme d'pine et deux autres soies plus petites, sur sa face tergale. II existe quelques diffrences dans la forme de 1 'ongle, entre les divers groupes de Trechinae; mais ces diffrences sont faibles et ne peuvent gure tre utilises en systmatique.

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MONOGRAP!JJR DES TRECHJNAE 363 La poche copulatrice ne porte aucune chitinisation. Je n'ai en particulier jamais trouv trace d'annu7us receptaculi, comme il s'en trouve 1 'abouchement de l'oviducte chez les Carabus ou encore chez les Microlestes. FIG. 11,0 143. Armure gnitale femelle du Duvalius Simoni Ab. Fig. 140. Urile X, contour du tergile el les deux slernites avec leur ongle (slylr), vue ventrale, x 75.-Fig. !Id. Slernile X et ongle gauche, face ventrale, x 150. Fig. 142. Stcrnite X el ongle droits, face dorsale. Fig. 143. Ongle, droit face dorsale, x 280. ARMURE GNITALE MALE Elle est forme par l'urite X ou segment gnital et par l 'organe copulateur qui est une spcialisation de la partie terminale du jaculateur. L'organe copulateur est lui-mme constitu par un lobe mdian, ou pnis, renfermant la terminaison du canal ja-

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364 R. JliANNEL culateur, ou sac interne, et flanqu par deux styles dont l'ensemble forme le paramre. Segment gnital. Il a la forme d'un anneau triangulaire continu, cach dans l'abdomen et entourant l'anus et l'organe copulateur (fig. I44 et IlJ5). Son bord tergal, transverse, ne porte pas trace de pubescence et est accol au bord postrieur du dernier segment dorsal (tcrgite IX), qui est lui-mme nettement divis en deux sci-FIG. 1ft!, et 14.5. Armure gnitale mle, vue dorsale. Fig. 1H. chez les Trechini, D1Ha/ius Simoni Ab.-Fig. H5. chez les Treclwdini, Thalassophi/us longicornis SL. -IX., drrnier segment abdominal; sg., segment gnital; e., canal jaculateur. rites symtriques. Des deux cts de ce bord tergal partent deux branches, qui s'unissent en avant pour former un cadre triangulaire et sont parfois prolonges en avant ( la partie sternale du segment), par une sorte de manubrium donnant insertion aux muscles copulateurs (fig. 145). La position de repos asymtrique de l'organe copulateur, qui semble couch sur sa face droite, dtermine en gnral une forte asymtrie du segment gnital (fig. IlJ4 et I45). Le paramre. L paramre est constitu par eux styles

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 365 sur Je ct e J 'orifice basal du pnis qui est ventral lorsque l'organe copulateur est dans sa position d'activit, mais qui a t dorsal avant que l'organe copulateur ait subi l'volution dont il sera question plus loin. Ces styles sont aplatis, lamelleux, assez courts et sont arms de soies sur leur extrmit apicale. Ces soies sont en gnral au nombre de quatre. Les deux styles, unis l'un l'autre, s'articulent avec un renfle ment chitineux du bord concave de la base du pnis. Il n'existe pas trace du tegmen, qui est reprsent seulement par la membrane continuant la base des styles sur la face convexe du pnis. Presque toujours, le style droit est un peu plus long que le gauche. Les styles et surtout leur armature de soies, prsentent des carac tres spcifiques trs importants chez les Balhysciinae. Il n'en est pas du tout de mme chez les TrechinOie o ils varient fort peu. Ils sont plus longs et plus effils lorsque 1 'organe copulateur est plus allong, mais il est trs rare que les soies prsentent des dispositions particulires ou soient en nombre suprieur quatre. Le pnis. Il existe deux types bien distincts de pnis, ou lobe mdian (D. SnARP el F. Mum), chez les Trechinae. L'un est particulier aux Trecho_dini, 1 'autre se retrouve dans les quatre autre'> tribus. Je ne m'attacherai pas en dcrire ici les diverses orthog: nses avec dtail, car ce sera fait propoR de chacune de ces tribus. Je vais seulement insister sur les volutions anciennes qui ont abouti la constitution de ces deux types. Si on compare 1 'organe copulateur des Carabiques celui des Ba.lhysciinae par exemple, on s'aperoit que sa disposition, au moment de son activit, c'est--dire lorsqu'il est projet hors de l'abdomen, est tout fait inverse de celle de ces derniers. Chez les Bathysciinae 1 'insertion des styles et l 'orifice basal sont dorsaux, l'orifice apical est ventral; chez les Carabiques au contraire, l'insertion des styles et l'orifice basal sont tourns du ct ventral et l'orifice apical est dorsal. Or il y a tout lieu de penser que la disposition de l'organe copulateur des Blhysciinae est primitive et par consquent que celui des .Carabiques s'est retourn, pivotant de r8o0 autour de sou axe longitudinal, de faon que sa face primitivement ventrale devient dorsale pendant la copulation. Etudiant l'volution de l'organe copulateur chez les Silphidae (r), (1) R. JEANNEL, 1922, Biospeol. XLVII. Silphidae Catopinae (a srie) avec une tude phylognique et pnlogogrnphique de In sous-famille (Arch. Zool. exp., Paris, t. 61, p. 1-gS, fig. 1-117). L'ABEILLE, ler Juin 1026. 24

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366 R. JEANNEL J a1 dj pu suivre dans le groupe des Plomaphagini (l. c., p. 20) une curieuse volution de l'orifice apical du pnis qui migre sur la face dorsale en coupant le bord gauche de l'organe. On suit assez bien les phases de cette migration en comparanl les types les plus archaques existant encore dans 1 'Amrique du Sud et on voit comment l'orifice apical du pnis a peu peu chang de place pour e. e. t. FIG. 146. Schma de l'volution de l'organe copulateur mlfl des Trechinae, vue dorsale. A. L'organe Lei qu'il a d tre orient l'origine, en position sym trique avec l'insertion des styles du ct dorsal. B. Position do l'organe l'tal do repos; l'organe ost tourn de 90 vers la gaucho. C. Position d'activit; achve sa rotation de 'IR0 el se trouve alors invers, avec l'insertion des styles ventrale; les traches sont enlrocrois
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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 36? qui est complet, mme dans la position de repos, lorsque l'organe copulateur est rtract dans l'abdomen. Un retournement de 1 'organe copulateur tout fait analogue celui des Silpha est la rgle chez les Carabiques; mais ici il s'est fait en deux temps. Dans sa position de repos, 1 'organe copulateur est couch dans l'abdomen sur son ct primitivement gauche, ayant par consquent subi une rotation de goo; ce n'est qu'au moment de la copulation, pendant son vagination, que 1 'organe copulateur des Carabiques tourne encore d'un quart de tour et achve sa rotation de 180 qui le place alors .en position homologue de celle du Silpha. Les figures I46 B et C montrent les deux tapes de cette volution et comment la disposition des troncs trachens indique hien qu'il en a t ainsi. Quelle a pu tre la cause de ce retournement de l'organe copulateur mle? li n'est certainement pas possible de le dire avec certi tude. Il est cependant probable que cette cause a d tre d'ordre canique. Il est fort possible que les anctres des Carabiques se soient accoupls tout d'abord par simple rapprochement bout bout, le mle et la femelle tourns en directions opposes, comme cela se passe en core chez les Hmiptres. L'organe copulateur se dvaginait alors en ligne droite. On peut alors imaginer qu'un changement d'habitudes, le mle venant se placer sur la femelle, dans le mme sens qu'elle, soit arriv produire une courbure de l'organe copulateur et aussi sa torsion et wn retournement, pour que le pnis se prsente dans le:; voies gnitales femelles dans sa mme position primitive. Il semblerait alors que ce retournement de 1 'organe mle ait t souvent nces saire, mais pas toujours, puisqu'il existe beaucoup de lignes de co loptres chez lesquelles on n'en observe aucun exemple. L'organe copulateur mle des Trechinae est donc retourn. Pour fe dcrire, on le supposera plac dans sa position d'activit, c'est--dire avec son bord concave et 1 'insertion des styles tourns du ct ven tral, chacun des styles dirigs l'un droite, l'autre gauche. Dans celte position, il a subi une rotation de 180 autour de son axe et son ct ventral est alors celui qui tait primitivement dorsal et est par consquent homologue du ct dorsal de l'organe copulateur non retourn des Bathysciinae, par exemple. Ce.i pos, examinons les deux types d'organe copulateur existant chez les Trechinae. Le pnis des Trechodini est une simple gouttire ventrale, largement ouverte du ct dorsal (fig. It'15). Le sac interne est nu du ct dorsal et la base de la gouttire pnienne forme deux lobes sail lants de part et d'autre du canal jaculateur. Cette gouttire ventrale

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368 R. JEANNEL est toujours un peu asymtrique; son bord droit est plus lev que le gauche et cela tient videmmeni ce qu'elle repose sur son ct droit dans 1 'abdomen, en position de repos. Il semble que cette gouttire pnienne soit constitue par deux moitis, 1 'une droite et 1 'autre gauche, soudes par le bord ventral. Il existe en eiTet un curieux petit genre de Tasmanie, Cyphotrechodes, dont une de ces moitis, la droite, s'est seule dveloppe (fig. 260 et 261). Le pnis du Cyphotrechodes est pour cette raison tout fai t rudimentaire, rduit l'tat d'un simple mandrin accol au sac interne. Il s'agit certainement d'un type archaque, d'un essai mal sp cialis, comme i l a d s 'en produire l'origine de l'volution des sou ches primitives, et qui a pu survivre comme bien d'autres dans la faune tasmanienne. Chez les Trechodini, pnis incomplet, le sac interne n'est doue pas protg sur la face dorsale. Chez Cyphotrechodes et les Trechodes, il reste membraneux; mais sa face dorsale nue se chitinise chez les Plocamotrechus et cette chitinisation dorsale, que j'appelle ligule n est videmment homologue des ligules dpendant de la gane pnienuc qu'on observe en particulier chez les Silphidae. En tous cas on n ob serve aucune tendance, dans aucu n genre de la tribu, la fermeture du pnis et surtout la constitution d'un bulbe basal. Chez les quatre autres tribus, Perileplini, Aepini, Homaloderini el Trechini, l e pnis egt au contraire tubuleux, parfaitement clos du ct dorsal et prsente alors uri orifice basal et un orifice apical. ( e lube est toujours arqu du ct ventral. Sa paroi dorsale est mince e_t hyali ne, son bord ventral concave est paissi et renforc par UJl arc chitineux s'tendant depuis la nodosit basale articule avec les styles jusqu' la pointe apicale de l 'organe. La partie bagale, inflchie, est en gnral bulbeuse, renfle, parfois sphrique et l'orifice basa l regarde du ct ventral, ou mme en arrire, vers le ct apical, lorsque le bulbe basal est trs renfl (Trechus du groupe de T. olu siusculus). Trs souvent le bord convexe du bulbe basal est garni d 'une sorte d'aileron sagittal sur lequel s 'insrent des muscles. Le pnis est trs souvent asymtrique et cette asymtrie semble tre le fait de cc que l'organe est couch sur son ct droit dans 1 'abdomen, en position de repos. Le plus souvent la pointe est effile t tordue gauche. On comprend aisment que cette torsion gauche (en position d'activit) est en ral it une torsion vers le ct tergal lorsque l'organe est au repos couch sur son ct droit et qu'elle soit par la branche tergale transverse du segment gnital (fig. 1 t'l5). Il en est de mme de 1 'nplalissem:.:nt transversal du som-

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MONOGRAPHIE DES TRECHJNAE 369 met du pnis rtu'on observe dans certains cas, comme par exemple chez la race balcanicus du T. cardioderus. Mais il existe aussi parfois des inflexions droite de la pointe du pnis; celles-ci s'accompagnent toujours d'un aplatissement dorsa ventral de la partie apicale de l'organe et de sa torsion autour de son axe longitudinal. Une des espces qui montrent le mieux ce phnomne est certainement l'Anophlhalmus Schmidli (fig. I46 D.) Il s'agit en quelque sorte d'un ultra-volution du pnis dont la partie apicale se tord sur son axe pour achever en position de repos un retournement complet de 180, alors que la partie basale n'est encore tourne que de goo. Il est clair que dj tordu sur lui-mme, le pnis de 1 'Anophlhalmus Schmidti n'aura plus se retourner comme les autres d'un quart de tour pendant la dvagination. Sa partie apicale a dj acquis en position de repos son orientation dfinitive. Enfin, le pnis et surtout sa pointe acquirent chez les diverse" P-spces les formes les plus varies ayant produit la sgrgation des espces. En rgle gnrale, c'est la base de l'organe qui fournit des caractres de filiation, tandis que sa partie apicale varie considrablement d'une espce l'autre. On la voit s'allonger ou se raccourcir, se tordre ou rester droite, s'paissir ou s'amincir, prsenter des ren flements ou des crochets apicaux de formes diverses. Il est aussi des cas oit la pointe du pnis subit une curieuse volu-1 ion orthogntique tout fait analogue celle que j'ai siguale chez les Balhysciinae (1). Comme chez ces derniers (l. c., p. 16), on voit le pnis se tordre en S dans le plan sagillal ou mme subir un vritable crasement de sa partie apicale, arrivant produire des types trs extraordinaires, comme ceux du T. Priapus (fig. I 208) et surtout des T. croalicus (fig r2or) ct T. jezerensis (fig. 1206). Il s'agit l certainement d'ultra-volutions orlhogntiqucs dont la cause nous chappe el qui sont arrives produire des formes de pnis en apparence incompatibles avec son fonctionnement. 11 semble en effet que chez ces espces la copulation ne puisse plus tre opre par le pnis, mais seulement par l'vagination du sac interne. Sac interne. -Chez les Trechinae, le sac interne est constitu par une dilatation ampullaire du canal jaculateur, vaginable et en gnral pourvue de phanres, localise dans la partie apicale du pnis. (r) R .JEANNEL, IgJ4. Biospeol. L. Monographie des Bathysciinae (An:h. Zool. exp., Paris, t. 63, p. I-436, fig. I-4g8).

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370 R. JEANNEL Il n'existe pas de valvule entre le canal jaculateur el le sac interne qui d'ailleurs diffrent peu de calibre. Aussi n existe-t-il pas d'armature basale comme on en trouve l'abouchement du canal jaculaleur chez les Balhysciinae. L'absence d'armature basale dans le sac interne des Trechinae est certainement cause que ses caractres ne permettent gure de dfinir les genres comme cela se passe chez les Balhysciine. Ou sait quels prcieux caractres de filiation J'armature basale du sac fournil chez ces derniers. Les phanres du sac des Trechinae, toujours trs rapproches de l'orifice apical et entirement vaginables, ont subi de ce fait des adaptations trs variables, qui font qu'elles diffrent beaucoup d'une r.spce l'autre. Il n'est pas rare que le sac interne des Trechinae ne renferme aucune phanre et soit seulement tapiss par e petites c:J.illes nombreuses et toutes semblables. Le plus souvent, il se diffrencie dans l e sac une phanre lamelleuse sur la face ventrale, mais qui tend se dplacer vers la face droite, c'est--dire du ct qui est en position ventrale lorsque 1 'organe copulateur est couch sur le ct droit dans 1 'abdomen, en position de repos. L'armature du sac est souvent asymtrique et son volution ne peut sc comprendre autrement que rgie par la position couche de l'organe au repos. A son tat le plus simple, la phanre unique constitue uu cuillcron, concavit souvent tourne gauche (donc en haut au repos), insr du ct basal et avec son extrmit libre vaginale, arrondie, tourne du ct apical. Une telle phanre est la rgle chez les Cavernicoles de type anophtalme d'Europe. Souvent elle se dforme, s 'allonge ou se tor sur elle-mme, suivant les espces. Elle peut mme parfois s effiler en un vritable stylet toujours saillant hors e 1 orifice apical. Cette phanre est toujours trs voisiuc de 1 orifice apical dans lequel sa partie apicale se projette lorsqu'on l 'examine par sa face dorsale. Aussi certains auteurs (E. KNmscn) la prennentils pour une << ligula En vrit, les vritables ligules sont des dpendances de la gaine pnienne, comme celles CJU'on trouve chez les Silphildcs et il est inadmissible d'appliquer ce terme une phanre dpendant du sac interne. Je l'applique par contre la chitinisation dorsale du sac nu Trcchoclini, car cette chitinisation correspond certainement la partie des pnis ferms qui vient former les << ligules n on languette, fermant l'orifice apical chez les Anophlhalmu.s pat exemple. Dans les sacs intemes phanres multiples, 1 'armature se complique par l'apparition de pices sur la face gauche, donc du ct dorsal du sac, en position de repos. Cc sont tantt des pices allonges. et

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MONOGRAPHI E DES TRECHINAE 371 .hyalines, tantt des chanes de dents qui se soudent et se fusionnent. pour constituer de grandes phanres allonges. On voit aussi dans certain cas (T. striatulus) se produire une diffrenciation des cailles formant le revtement gnral du sac et apparatre soit des sortes d carapaces sur la paroi dorsale, soit des groupes de dents ou d'pines sur la face gauche; C'est certainement chez les Trechus, et surtout chez les lignes ce genre originaires du massif de Bohme que 1 'armature du sac interne atteint son maximum de complication (Trechus latus, T sil vicola, T. constrictus, etc.). Mais il existe aussi des sacs trs volus dans les autres tribus que celle des Trechini et c'est en particulier le cas chez es Plocamotrechus. DEUXIME PAnTn:.-SYSTMATIQUE Position systma t ique du groupe. -Les Trechinae ont presque toujours t runis aux Pogonus et Pa trobus pour former avec eux une tribu ou sous-famille qu'on nommait < < Pogonini n ou encore Pogoninae lls n 'ont en ralit que de vagues analogies avec les Pogonus et cc n'est qu' cause de la prsence de sillons frontaux assez d,elopps chez ces derniers qu'on a pu proposer ce rapprochement. Pogonus, Patrobus, Deltomerus sont d 'ailleurs trois types de Gara biques fort diffrents et il sera ncessaire d'en faire de srieuses revisions afin de pouvoir fixer dfinitivement leurs affinits. La srie ombilique de leurs lytres est trs variable et les Patrobus seuls prsentent un nombre de fouets comparable celui trs bien fix des Tre chinae. Tels que je les comprends, les Trechinae constituent un groupe tr:'i homogne, d'ailleurs trs archaque dans la famille des Carabidae, et c'est avec les Bembicliinae qu'ils ont certainement le plus d'affinits. Comme les Bembidiinae, ils ont les cavits coxales intermdiaires fermes en dehors, les cavits coxales antrieures fermes, mais sans soudure de 1 'pi mre prothoraciquc au prosternum. Le front porte deux soies susorbitaires (bisetosae), ou davantage chez espces aphnopsiennes; la maudibule a une soie sur sa face externe. Les lytres ne sont pas tronqus; ils portent une srie ombilique toujours

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372 R. JEANNEL forme de 4 fouets humraux et 4 fouets apicaux; le groupe apical tle soies constitue un triangle apical n, parfois incomplet, mais toujours bien spar du 7" interstrie par une strie rcurrente (.JEANNEL, 1926, Morphol. de l'Elytre, Arch Zool. exp., t. 63, p. 34). Cet ensemble de caractres qu sont communs aux Bembidiinae et n ux Trechinae, en font un petit groupe bien isol de tous les autres Ca rabiques. Certains des caractres que je viens d'numrer se retrouvent, il est vrai, isolment dans d'autres groupes; mais c'est par leur ensemble, joint un facis gnrl particulier, que Trechinae et Bembidiinae se trouvent bien groups. Parmi les Bembidiinae, il faut ranger, comme tribu spciale, le: 3 Merizodini (Th. SLOANE, 1920, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XLV, p. I3g), comprenant les genres Merizodus Sol. (syn : Dormeyeria G. End.), Brachydema SI., Percodermus SI., Plerocyrlus SI., Jdaca rabus Lea (dont une espce cavernicole est figure dans ce travail, fig. 1-6) et l es espces no-zlandaises dcrites tort par Th. BRouN dans le genre Oopterus Gur. Tous ces genres, habitant l'Amrique australe et l'Australie rappellent beaucoup les Trechinae et ont la mme forme de palpes qu'eux. Mais leurs sillons frontaux, la pubescence des palpes, la structure de la languette et des paraglosses, celle de l'organe copulateur, sont autant de caractres qni les cartent des Trechinae et les font, par contre, se ranger parmi les Bembidiinae. C'est d'ailleurs en donnant une brve diagnose de la sous-famille Trechinae qu'il sera l e mieux possible de mettre en relief les carac trPs diffrentiels qui les isolent. Diagnose de la sous-famille T rechinae. Tte avec des sillons frontaux nets, sparant le vertex d'une large surface latrale du front au dessus des yeux. Ces sillons frontaux commencent en avant sur les cts de l'pistome et s 'tendent en arrire F:ur la partie dorsale de la tte o l 'espace qui les spare est plus petit ou pas plus large que l espace sparant chaque sillon de l'il. Les sillons s'arrtent sur la region dorsale de la tte chez les Cavernicoles de type aphnopsien. Chez tous les autres Trechinae, i l s s'arrondissent en arrire, passent sur les cts de la tte, en arrire des yeux dont il-s sont spars par l es tempes, et gagnent la face ventrale pour aboutir prs de la pice gulaire. Cette forme des sillons frontaux, arrondis et Pcctrts des yeux sur la face dorsale de la tte, est absolument caract-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 373 ristique des Trechinae ct ne se retrouve chez aucun autre type des Carabiques. Mandibules saillantes, avec un pore stigre sur la face externe. Le bord masticateur comprend : la pointe, ou trbra, qui est simple et arque en dedans; un petit rtinacle, peu saillant, simple ou double gauche, double ou tritubercul droite; une dent prmolaire che7. les quatre tribus Perileptini, Aepini, Trechodini et Homaloderini; une mola basale enfin, assez longue, occupant en gnral le tiers basal du bord masticateur. Cette mola est tranchante et cilie. Aucun auteur n'a jamais port attention la dent prmolaire; elle fournit cependant des indications prcieuses pour dfinir les grandes lignes principales des Trechinae. II est remarquable qu'elle existe chez les quatre tribus originaires du continent de Gondwana ct de 1 'Autarctis, qu'elle fasse dfaut par contre chez les Trechini originaires de l'Angara, c'estdire e l'hmisphre nord. II est certain qu'elle doit exister encore dans bien d'autres groupes de Carabiques. II serait coup sr trs intressant et trs fructueux de la rechercher, car il n'est pas douteux qu'elle donnera d'utiles renseignements pour expliquer leur phylognie. Maxilles stipe assez grle. L'article apical elu lobe externe est assez court, plus court que la moiti de 1 'article basal. Ce caractre distingue nettement la mnxille des Trechinae de celle des Bembidiinae Pl nnssi des Pogoninae. Chez tous ceux-ci les deux articles du lobe externe sont peu prP-s de mme longueur (fig. 53). Palpes maxillaires dernier article aussi long ou presque aussi long que l'avant-dernier. Ce dernier article a la mme forme chez les Merizodini, mais il est extrmement petit, subul >> chez tous les autres Bembidiinae. L'avant-dernier article du palpe maxillaire Trechinae est glabre, tout au plu!5 arm parfois de quelques petits poils (Trechus quadristrialus, Neaphaenops Telllwmpfi). Ce mme article est, au contraire, garni d'une pubescence fournie chez tous !Ps Bembidiinae (fig. 53), mme cluiz les 1\fcrizodini (fig. 5, 54 et 55). Labium avec un organe sensitif double, toujours rduit, contigu au bord basal chez les Perileptini, plac vers le milieu du disque dans les autres tribus. Languette peu chitinise, tou,iours arme de deux grandes soies sur le milieu de son bord libre, avec 3 ou 4 petites soies marginales dl! chaque ct .Ces petites soies nombreuses du bord libre de la languette sont encore absolument caractristiques des Trechinae. Je ne connais pas d'autres Carabiques qui les prsentent, tout au moins pareillement disposes en range sur le bord libre transverse et large de

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374 R. JEANNEL la languette. La languette des Bembidiinae ne porte qu'une seule petite soie de chaque ct (fig. 6r>) ou pas du tout. Paraglosses longs, arqus, hyalins et cilis. Ceux des Bembidiinae sont au contraire courts et larges, droits, lamelleux (fig. 63 et 66). Antennes pubescentes depuis la base. Elytres huit stries, plus nue striole juxtascutellaire. La strie suturale se rflchit l'apex le long du bord apical et forme une crosse qui se recourbe vers la terminaison de la 3" ou plus souveut de la 5" strie. La partie rcurrente de cette crosse, ou << strie rcurrente ;, longe le borel interne de la carne apicale en gnral saillante, qui la spare des derniers pores apicaux de la srie ombilique. D'autre part, la deuxime strie, parallle la suture, s'en carte l'apex pour former une petite crosse concavit interne. Cavits coxales antrieures incompltement fermes en arrire. Ca vits coxales intermdiaires fermes en dehors. Segments abdominaux au nombre de six, dont les deux premiers sont souds, le dernier ou sixime cach dans le cinquime. Tibias antrieurs avec un organe pectin bien dvelopp sur le bord sternal. Tarses de cinq articles dont les deux premiers (les quatre premiers chez Tasmnoriles nitens, le premier seul chez Microtrechus, Neotrcchus et Orotrechus) sont dilats et dents en dedans chez les mles. Cette dilatation asymtrique des articles ne se retrouve gure, semble-t-il, que chez les Bcmidiinac. Les articles dilats portent, du ct de la dilatation seulement, un rang d'une douzaine d'organes adhsifs longs, grles, sommet scuriforme. Le quatrime article des tarses porte son bord stcrnal et distal deux tubercules armes de phanres, qui se soudent souvent pour constituer une grande expansion sous-tarsale, tendue sous 1onychium. Organe copulateur invers comme chez les Carabiques. Le pnis a la forme d'une gouttire ventrale, .ouverte sur toute l'tendue de la face dorsale, chez les Trcchodini; sa base forme alors deux lobes basaux saillants de part et d'autre du canal jaculateur. Chez tous les autres Trcchinac le pnis est ferm, tubuleux, avec un orifice basal et un orifice apical; sa base est renfle en bulbe, de faon que l'orifice basal regarde du ct ventral et postrieur. L'organe copulateur des Bembidiinae est d'un autre type, qui est d'ailleurs intermdiaire. Je ne 1 'ai examin que chez quelques espces (Bcmbidium, Tachys, Mcrizodus, Pterocyrlus), mais chez toutes il est tubuleux dans sa partie apicale, ouvert dans sa partie basale. L'orifice basal se prolonge du ct dorsal, de faon que le bulbe basal n'est pas clos et qu'il existe deux lobes basaux saillants, comme chez les Trcchodini. La partie ba-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 375 sale est d'autre part toujours tordue sur son axe chez les Bembidiinac et les styles sont trs ingaux. La partie basale est droite chez les Tre chinae, non tordue, seulement arque du ct ventral et les styles ne diffrent que trs peu de forme et de longueur. Les styles sont toujours termins par quatre soies ou plus chez les Trechinae; le nombre des soies est toujours plus rduit sur ceux des Bembidiinae. CuTOTAxm. Il existe en gnral deux soies sus-orbitaires; mais les genres du type aphnopsien (Aphaenops, Trichaphaenops, Pheg gomisetes) en ont un plus grand nombre qui sont des soies larvaires subsistant chez l'imago. Deux soies prothoraciques de chaque ct, l'une au quart ou au tiers antrieur, dans la gouttire marginale, 1 'autre prs de 1 'angle postrieur. Elytres avec une soie basale sur l'origine des premire et deuxime stries, des soies discales, un groupe apical et une srie ombilique. Les soies discales occupent la plupart du temps le quatrime interstrie et sont loges contre la troisime strie; elles sont en gnral au nombre de deux, rarement trois, parfois cependant six sept (Amblystogenium, Aphaenops). Le groupe apical est presque toujours complet (sauf chez les Peri leplus, les Epaphius). Il comprend typiquement une soie antrieure dans le troisime interstrie, sur la convexit de la crosse de la deuxime strie, une soie externe contre la carne apicale, une soie interne contre le bord apical. Ces trois soies constituent un (( triangle apical Srie ombilique de huit fouets, quatre humraux, quatre api caux. Lorsqu'elle est agrge, les quatre fouets humraux sont rgulirement aligns 1 paule, le premier se trouvant la racine de la septime strie; les quatre fouets apicaux sont groups deux par deux, deux vers le quart apical de la gouttire marginale, deux oontre le bord externe de la carne anicale. LES LARVES DES TRECHINAE. Je n'aurai pas m'tendre ici sur les caractres des larves de Trechinae, car leur lude a dj t rcemment l'objet d'un mmoire spcial : I!):!O. JEANNEL (R.) 13iospeologica XLII. Les larves des Trechini (Arch. Zool exp., Paris, t. 5g, p. 5og-542, 62 fig.).

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376 R. JEANNEL A la bibliographie Spciale sur les Trechinae qu'on trouvera dans 1 'Index accompagnant ce mmoire, il faut ajouter les travaux sui vants qui, pour la plupart, ont paru tout rcemment : 1924. BoLDORI (R.-1.). Contributo alla conoscenza della fauna cavernicola lombarda. Larva del Duvalius CarminaUi subsp. humeralis Dod. (Roll. Soc. entom. Ital., LVI, p. r45-I48, 2 fig .). 1!)23. BoLIVAR Y PIELTAIN (C.). Descripci6n de la larva de un Trechus marino (Bol. Re.,.l Soc. Esp. Hist. nat., XXIII, p. 56-5g, 6 fig.). 1!)24. DuntcH (E.). Die Larve von Anophthalmus (Duvalites) hungaricus Cs. (Ann. Mus. nat. Hungar., XX, p. 162-165, 3 fig.). I!)Ig. EMDEN (Fr. van) Versuch einer Aufstellung von Gattungsbestimmungslabellen der Carabidenlarvcn (Supplem. entom Berlin, n 8, p. I-33, l1!) fig.). Igog ENDERLEIN (G.). Die Insekten des anlarklischcn Gcbietcs (Deutsche Sdpolar Exped., herausg. von E Dr:ygalski, Bd X, Zoo!. II, p. 37I ct 374, pl. XLIV). [Berlin, G. Reimer, I!)O!).] Caractres. Les larves des Trechinae (fig. 147 et I48) sont des larves grles, peu chitinises, prsentant les caractres gnraux des larves de Carabiques. Les sclrites portent des macrochtes et de plus sont pubescents partir d'un certain ge. Tte (fig. ILig et 1 5o) plus longue que large, cts subparallles; l 'pistome non dprim, les ctes du tentorium trs obliques et par suite les aires antennaires troites et la rgion ensiforme allonge. Sillons cervicaux peu marqus; suture picrniale occupant le sixime de la longueur de la tte; sutures frontales double courbure peu accentue. Nasal saillant, en gnral trilob ou anguleux et crnel. Ocelles rduits ou absents; lorsqu 'ils existent, ils sont reprsents par une tache pigmentaire rniforme transverse et une o u deux taches plus petites en arrire de la tache rniforme. Antennes (fig. 161) article III bilob, l'apex pourvu d'organes srnsoriels trs dvelopps. Mandibules grles, falciformes (fig. 162), avec un rtinacle simple et crochu. Maxilles et pices labiales particulirement grles et allonges, les maxilles toujours bien plus longues que les mandibules. Palpes maxillaires de cinq articles, palpe_, labiaux le plus souvent de quatre articles (fig. I53). Pattes (fig. I56) hanches plus longues que le trochanter. Fmur avec deux ranges de soies, antrieure et po-strieure. Mdius court et pais, avec quelques soies en ranges longitudinales antrieure el:

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 377 postrieure. Tibia grle, plus long que le mdius, sans ranges lon-147. FIG. H7 ct 148. Larves des Trechinae, x 30.-Fig. 14.7. Larve lucicole du T. rufulus Dej. Fig. 148. Larve cavernicole du DuPalius Lespesi Fairm. gitudinales de soies. Tarse constitu par un ongle unique, grle, avec une soie sur le bord sternal.

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3?8 R. JEANNEL Tube anal grle et long, aussi long que les cerques qui portent un petit nombre de macrochtes (fig. x55). En somme, le caractre le plus remarquable des latves de Tre chinae est le nombre des articles de leurs palpes, qui est le mme que chez l'adulte. .sel. m6. cond mx. me .scl.m x '"' / m6 .,$cl a.. su/Ir. ... a a ..... a ens ... a cr. .. .p.t Ec. sut g ....... .. 0 .... ,. i .. .. 14-9. FIG. 1!.9 el 150. Topographie crnienne d'une l a rve de Trechus. Fig. 1!.9, face dorsale. Fig. 150, face ventrale.-Es., pislome; n., nasal; m., manubrium; scl.mb., sclrile mandibulaire; s.nm.b., sillon naso-mandibulaire; s.ph., sillon pharyngien; a .ph., aire pharyngienne; a.ens., aire ensiforme; c.t., cte tenlo riale; cond.d., condyle du tenlorium.-Fr., frontal; a.a., aire anlennaire; a.cr., aire crebrale ; a.fp., aire frontale postrieure; sut.f. suture front ale.-Ec., picrne; scl.a. sclrite anlennaire; a.mb aire mandibulaire; v., vertex ; c ., cou; j., joue; s.e. sillon cervical; suU:. suture picrniale.Hy., hypo s tom e ; scl.mx., sclrile maxillaire ; cond. mx., condyle maxillaire ; f.mb., fosse mandibulaire ; pl., pleuroslom e ; sut. h., suture hypo s tomiale ; sut./! .. suture I!'Ulaire: me., mentum ct subment.um. 15 0 Aux maxilles, le stipe larvaire correspond au stipe de l'adulte et est un basis, le cardo reprsentant un coxa, avec des vestiges du praecoxa son bord basal chez l'adulte. Le basal du palpe maxillaire larvaire correspond au palpigre englob dans le stipe de l'adulte; c'est un ischium (premier article de l'endopodite). Le prbasal larvaire (mros) est trs dvelopp, tandis qu'il est rduit chez l'adulte. Les trois articles apicaux du palpe larvaire des Trechinae correspondent enfin aux trois grands articles normaux du palpe adulte et sont les carpos, propodos et dactylos. On retrouve les mmes homologies dans l es pices labia l es. Mentum et stipes labiaux de la larve des Trechinae correspondent au

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 379 labium des adultes (1) et sont le coxa et le basis, c'est--dire les deux sympodites sonds ensemble. C'est en effet le basis qui doit porter les lobes l'appendice labial (languette et paraglosses), comme il les porte la maxille. Le palpe de quatre articles chez la larve des Trechinae est donc homologue du palpe de quatre articles de 1 'adulte et il est bien probable que le basal larvaire (fig. I53, 1 Z) correspond iL P. F1c. 151. Rom met de l'antenne droite de la larve du Trcchus rufulus Dej., x 160. scl.l., sclrile annulaire; v., vsicule hyaline; o.r., organe renfl; sty. style. Fu;. 152. Mandibule gauche de la larve de Treclws rufulus Dej., x 80.-cond d., condyle dorsal; cond v., condyle ventral; p.e ;pnicille; r rtinacle;a., terebra. F1c. 153. Face ventrale du labium et de la maxille gauche de la larve de Trechus rufulus Dej., x 80.-hy., hypostome; scl.mx., sclrite maxillaire; ca., cardo; sti., stipe; c.v., cils masticateurs; l.i., lob e interne; l.c., lobe externe; P., palpe; b., basal; p.b., prbasal.-Sm., submentum; m., mentum; s.l ., stipe labial; l. basal du palpe labi a l. 5 /l.U palpigre, le prbasal (2 Z) au petit article globuleux de l'adulte, comme cela est pour la maxille ; ces deux articles seraient alors l'ischium et le meros. Mais restent les deux articles apicaux du labial; ils correspondent trois articles primitifs; carpos, propodos et dactylos. L'apical est vraisemblablement le dactylos; il est bien probable aussi que l'avant-dernier soit le propodos et ce serait alors (1) On sait qu'il existe chez l es Rathysciinae adultes une suture transverse sur le labium montrant qu' il est form de deux articles.

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380 R. JEANNEL encore le carpos qui aurait disparu sur le palpe labial, comme il u disparu dans la patte locomotrice Cette interprtation est hypothtique, mais elle est bien vraisem blable. Il est facile de constater en effet que l'avant-dernier article des palpes a toujours des caractres communs aux deux paires d 'ap pendices. Quand il est pubescent aux palpes maxillaires, .il l 'est ga-FIG 1M. Thorax et premiers segments dorsaux de l'abdomen d e Trechus Breuili Jeann., x 32.-Pr. pronotum; Ms., msonotum; Mt., mtanotum; lA. 1 cr segment abdomina l; ste., pice semilunaire sternale; p .s., praescutum; sc., scutum; st.r., stigmate rudimr.ntaire du mtathorax; st stigmates abdominaux, eppl., pipleure. FIG.155. Derniers segments dorsaux de l'abdomen du mme, x 32.-z., telson; c., cerque; t.a., tube anal. FIG 156. Palle post rieure gauche, face postrieure, du m me, x 45.-h hanche; tr., tro chanter; f fmur; m., mdius; ti, tibia; o. ongle ou tarse. lement aux palpes labiaux (Bembidiinae, fig. 53 et 63). Sa forme est aussi toujours assez comparable; aussi y a-t-il de grandes chances pour que ce soit bien le carpos qui manque dans le palpe labial. Les maxilles et labium des larves des 1'rechina e, avec leur mme nombre d'articles que chez l'imago, doivent tre tenus pour archaques. C'est par une volution spciale que l es derniers articles du palpe se soudent chez !es larves des Carabiques, pour n'apparatre

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 381 qn'au nombre de trois aux palpes maxillaires, deux aux palpes labiaux. Les trois articles apicaux de chaque palpe se fusionnent er.t un seul et la larve des Aepopsis (fig. I5g), dans le groupe des Trech nae, nous montre cette fusion rcemment ralise aux palpes labiaux (les articles sont reconnaissables leur diffrence de calibre, quoique souds), mais non encore commence aux palpes maxillaires. Il s'agit videmment d'une adaptation spciale des pices buccales de la larve, FIG. 157. Migration de l'il chez la larve du Drwalius Chappuisi, vue latrale gauche de la tte. comportant de plus, chez les Carabiques, la rgression des lobes la maxille, qui sont extrmement rduits. Les Trechinae sont les seuls de tous les Carabiques, et peut-tre nussi de tous les Coloptres, chez lesquels cette fusion volutive des articles npicaux des palpes larvaires commence peine s'baucher. La rgression de 1 'il chez les larves de Trechinae est intres examiner. Il n'y a pas de paralllisme absolu dans cette rgression chez lii. larve et chez 1 'imago. De nombreux exemples en font la preuve. On voit des Trechus cavernicoles, encore pourvus d'yeux fonctionnels l'tat adulte, avoir une larve sans ocelles (T. Breuili), alors que d'autres espces chez lesquelles l'il de 1 'adulte est plus rduit (T. Piel-L'ABEILLE, XXXII, 1"' Juin 1026. 25

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3S2 R. JEANNEL tai ni), ont des larves avec des ocelles. Les Duvalius endogs, D. Mal laszi et D. Chappuisi, ont les yeux adulles galement rduits une petite aire blanchtre sans pigment; cependant la larve du second a encore des ocelles avec cornules et pigment, celle du premier p 'a plus trace d'ocelles. La manire dont l'ocelle des larves disparat est galement fort curieuse et le D. Chappuisi en donne un bel exemple. J'ai pu examiner dix larves de cette espce, toutes recueillies dans le mme endroit, dans le mme talus argileux sous une source, avec des imagos venant d'clore. Il est donc absolument certain que ces dix larves provenaient de la mme colonie. Leurs yeux sont constitus par deux cornule.;;, l'une antrieure plus grande et rniforme, l'autre postrieure plus petite et arrondie. Or sur les dix exemplaires recueillis (fig. 157), deux ont les amas pigmentaires correspondant aux deux cornules leur place normale, tandis que chez les huit autres, le pigment quittant les cornules a migr vers la rgion postrieure de la tte sous l'hypoderme. Dans cette migration de la partie pigmentaire de 1 'ocelle, il est remarquer que les deux amas de pigment gardent toujours leur forme et leurs rapports, qu'ils ne sont pas rduits de taille, mme lorsque la migration est forte, enfin que la migration des deux ocelles est rigoureusement parallle, chaque individu ayant ses amas pigmentaires exactement au mme niveau de chaque ct. Les cornules restent naturellement en place en arrire des antennes et apparaissent comme si elles avaient t vides de l'il qui a gliss le long des cts de la tte, entre les insertions des deux faisceaux sternal et tergal du grand muscle adducteur des mandibules. Sur les huit exemplaires il ainsi migr, trois l'ont au tiers antrieur des cts de la tte, trois vers le milieu du ct, deux enfin tout fait en arrire, dans le cou, ce qui constitue un dplacement considrable 1 La symtrie bilatrale parfaite des diffrents degrs de celte migration prouve qu'il s'agit bien d'un phnomne biologique et non d'une a Itration posl-mortem de ces fragiles animaux. C'est tout rcemment que j'ai dcouvert cet trange phnomne. II sera intressant de rechercher quels rapports les masses pigmentaire.;; migres ont conserv avec le nerf optique. On sait que l'ocelle d'une larve de Coloptre est form par une cornule, ou lentille cornenne, paississement transparent de la chitine, recouvrant une couche de grandes cellules hypodermiques transparentes, qui secrtent la cornule et constituent une sorte de corps

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 383 vitr. Sous ce corps vitr se trouvent des cellules rtiniennes, bourres de pigment, termines du ct distal par des btonnets et en connexion avec les ramifications du nerf optique par leur ct proximal. Ce sont vraisemblablement ces cellules rtiniennes qui constituent les masses de pigment migres de notre Duvalius. Mais comment et pourquoi se dtachent-elles de l'hypoderme? Est-ce le nerf optique en s'atrophiant qui les attireil Il semble bien en effet qu'elles doivent tre maintenues par quelque chose pour migrer avec une symtrie parfaite de chaque ct. Mais alors comment le nerf optique peut-il les entraner jusque dans le cou, c'est--dire bien en arrire de l'aire ensiforme sous laquelle se trouve le ganglion crbrode? On peut se demander encore si les amas pigmentaires ne se sont pas dtachs une mue d'autant plus prcoce qu'on les trouve plus prs de la base de la tte. Celle-ci aurait alors continu grandir aux mues suivantes, sans entraner, dans sa croissance en longueur, les amas pigmentaires librs. Systmatique des larves. Depuis ma revision des larves connues de Trechinae en 1920, quelques types nouveaux trs remarquables ont t dcrits et j'en ai d'autre part recueilli moi-mme un certain nombre au cours de mes explorations en Transylvanie. Il y a donc intrt donner de nouveau ici un catalogue raisonn de toutes les larves de la actuellement connues. Trib. PERILEPTINI Aucune larve de Perileptus n'est encore connue. Il semble pourtant qu'avec un peu de patience il serait possible de dcouvrir celle du P. areolatus, qui doit vivre avec l'adulte sous les pierres des plages, au bord des torrents. Sa connaissance serait intressante, car il est probable qu'elle diffrera du type habituel des larves de Tre chini. Trih. AEP/NI Aepopsis Robini Lab. Sa larve a t de nouveau dcrite rcemment par C. BoLIVAR (1923), d'aprs des exemplaires recueillis par

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ast. R. JEANNEL M. E. Rioja, Marin, prov. de Pontevedra (Espagne). Cette descrip tion comble trs heureusement les lacunes de celles de Ch. CoQUERF.L, J.-O. \VEsTwoon, A. LABOULBNE et E. PEHRis, sur l esquelles j 'ava i s attir l'attention dans mon travai l rle 0 1 5 8 0 0 160 161 16 3. FIG. 158. Bord antrieur du .nasal de la larve de l'Aepopsis Robini Lab. Fig. 159. Palpe labial du mme (d'aprs C. Bor.IVA n).-Fig. 160. Crne de la larve du Temnostega an taret ica End., face dorsale (d'aprs G. END ERLEIN).Fig. 16'1. Bord antrieur du nasal du mme. FIG. 162. Bord anlriPur du nasal de la larve de l'Amblystogenium pacificum Pulz (d'aprs G. ENDERLEIN). Fig. 163. Bord anl>rieur du nasal de la larve de l'lbcrotreclws BoliPari J eann. C. BoLIVAH montre que la larve de l'Aepopsis prsente les carac tres gnraux de celles des Trechini, mais que son nasal n'est pas trilob (fig. I58) et que surtout ses palpes labiaux s 'cartent du type gnral en ce que 1 es trois articles apicaux sont fusionns en un seul; l a trace des articles souds est visible la diffrence brusque de calibre (fig. I5g). Les figures donnes par C. BoLIVAR montrent que cette larve a l'aspect des larves cavernicoles. Les appendices sont grles et allongs, elle n'a pas trace d'ocelles. L'adulte est cependant ocuM. II est probable que la structure biarticule des palpes labiaux

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 385 et la forme arrondie et denticule, peine saillante, du nasal se retrouveront chez les larves d'Aepus. Le caractre palpaire ne semble cependant pas caractriser la tribu A.epini, car on ne le retrouve pas chez le Temnostcga. Deux larves de Trechinae sont counues depuis longtemps et m'ont chapp lorsque j'ai rit ma revision. Ce sont celles des deux genres de 1 'le Crozet. Elles ont t dcrites par G. ENDERLEIN (1909) d'aprs des dbris de ttes recueillis parE. Richters dans des mousses rapportes par la Deutsche Sdpolar Expedition. Leur identification est certaine, car les deux espces auxquelles elles se refrent sont les seuls Carabiques existant 1 'le Crozet. Temnostega antarctica End. Une tte entire, avec ses appenclices. La figure donne par G. ENDERLEIN (pl. XLIV, fig. 6o) indique des caractres bien tranges (fig. 160). Les pices buccales sont exactement celles des larves de Trechus et on compte en particulier trs nettement le nombre particulier des articles des palpes, que G. ENDERLEIN a d'ailleurs figurs sans en souponner 1 'intrt. La tte serait plus large que longue, subrectangulaire; mais le nasal est reprsent ovec une structure si invraisemblable qu'il semble bien que l'objet ait d tre cras dans la prparation microscopique. Les ctes du tentorium et les sutures, frontale et picrniale, ne sont pas figures. Le bord du nasal serait arrondi, peu saillant, multidenticul (fig. 161), trs comparable en somme celui de I'Aepopsis. Cette larve n'a pas d'ocelles. TIih. TRECHOO/NI Amblystogenium pacificum Putz (murcipenne End.) Un fragment de tte, comportant le nasal et une antenne, recueilli par E. Richters dans des mousses rapportes de 1 'le Crozet par la Deutschc Sdpolar Expedition. Les dimensions de ce dbris indiquent qu'il ne peut provenir que de l'A.mblystogenium, cc qui a permis d'identifier le prcdent au Temnostega. L'antenne, figure par G. ENnERLEIN (pl. XLIV, fig. 61), est identique celle d'une larve de Tredms. Le nasal, par contre (pl. XLIV, fig. 66) a une denticulation trs spciale reproduite ci-contre (fig. 162). Son bord est trs fortement trilob; les lobes sont spars les uns

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386 R. JEANNEL des autres par de profondes chancrures et leur sommet est multitubercul. Trib. HOMALOOERINI lberotrechus Bolivari Jeann. -Il est remarquable d'observer que l 'Jberotrechus Bolivari, dont j'ai dcrit la larve (1920, p. 521, fig. 9-12), a les mandibules pourvues de dents prmolaires l'tat adulte et doit prendre place dans la tribu des Homaloderini. Le nasal de la larve prsente une forme particulire qui se rapproche beaucoup de celle des Aepopsis et Temnostega, qui sont aussi des types de Trechinae tridentatae (mandibules avec une dent prmolaire). La figure 163, ci-jointe, montre en effet que le nasal de la larve de 1 'lberotrechus est peu saillant, arrondi et non trilob, multitubercul. Cette larve vit avec 1 'adulte, sous les pierres au bord d'un ruis seau souterrain, dans la cueva del Pis, El Soto, part. de Villa carriedo, prov. de Santander, Espagne [ Biosp. 543] (C. Bolivar). Trib. TRECHIN/ Les types larvaires connus de cette tribu sont assez nombreux dj. En voici la liste. Gen. Trechus Clain. Il n'y a pas de caractres qui permettent de distinguer les larves des Trechus de celles des Duvalius. Le nasal est toujours nettement trilob et denticul; les cts de la tte sont un peu rtrcis en arrire au niveau du cou. La convexit externe de la partie antrieure de la suture frontale est toujours faible. II existe en gnral des ocelles, mais ils peuvent faire dfaut chez les types cavernicoles dont les pices buccales el les pattes sonl aussi allonges que chez les larves de Duvalius. 1. Trechus Breuili Jeann. (JEANNEL, 1920, p. 527, fig. 6-8 et 36-41). -Larve cavernicole, sans ocelles. L'adulte a cependant des yeux assez grands, quoique rduits. Le nasal a une forme assez sp7

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 387 ciale; le lobe mdian est aigu el les lobes latraux sont peine crnels. Larve recueillie avec l'imago dans la cueva del Cerro de la Pileta, Benaojan, prov. de Malaga, Espagne [Biosp. 383] (li. Breuil). 2. Trechus Pieltaini Jeann. (JEANNEL, 1920, p. 626, fig. 31-35). Larve cavernicole, avec les pices buccales aussi allonges que che?. la prcdente; mais les ocelles existent. L'imago a cependant des -yeux bien plus rduits que le T. Breuili. Nasal troit, finement et rgulirement denticul; ses cts trs obliques Recueillie avec l'imago, dans des dbris ligneux de la grande caverne de Mairuelegorreta, prov. de klava, Espagne [Biosp. 792] (C. B olivar). 3. Trechus quadristriatus Schrank (A. l36vrNG, 1917, Entom. Meddel., IV, p. 1!11, fig. 3, 9 et 14; JEANNEL, 1920, p 622, fig. 13-q).Larve non cavernicole, sclrites plus colors que chez les prc dentes; les pices Luccales plus courtes Ocelles bien dvelopps. Nasal lobes bien spars, sans denticules dans 1 'chancrure naso-mandibulaire; les dents externes plus grosses que les mdianes. L'exemplaire que j'ai pu tudier provient de Copenhague. C'est un des types d'A. BviNG, qui m'a t procur par M. K. Henriksen. 4. Trechus rufulus Dej. 1920, p. 253, fig. 1-6 et 18-26).Larve (fig. x4 7) prsentant les mmes caractres gnraux que celle dn T. quadristriatus. Ocelles dvelopps. Le nasal est semblable celui de la prcdente, mais porte des denticules dans 1 'chancrure naso-mandibulaire. Cette larve vit dans le vestibule d'une grotte, dans la pnombre. Je l'ai recueillie en plusieurs exemplaires, avec l'adulte, dans des dbris vgtaux trs humides de la groUe des Beni-Add, An-Fezza, prs Tlemcen, Algrie [Biosp. 227]. Mais c'est videmment l une localit exceptionnelle, car l'espce est rpandue dans toute l 'Algrie jusque dans les oasis. Ces larves n'avaient d 'ailleurs aucun caractre d'adaptation souterraine. 5. Trechus disti g m a Kiesw. (JEANNEL, 1920, p. 525, fig 26-3o). Larve du mme type que les deu x prcdentes. La partie antrieure des branches de la suture frontale sont trs peu arques. Le nasal

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388 R. JEANNEL porte des denticulations toutes gales, qui se prolongent dans 1 'chancrure naso-mandibulaire. Ocelles trs dvelopps. Cependant le pigment du groupe postrieur manque chez 1 'exemplaire de Compagnaga lecia. J'ai recueilli cette larve avec 1 'adulte, dans les feuilles du fon clair des avens se trouvant 1 'entre des deux grolles suivantes des Basses-Pyrnes : grotte d 'Istaurdy, prs d' Ahusquy [ Biosp. 55o]; grotte Compagnaga lecia, Cihigue, prs de Tardets-Sorholus [ Biosp. 607 J. 6. ?Trechus cardioderus Putz. -Une larve recueillie dans le talus humide de l'entre de la grotte de Ponorici, prs de Pui, jud. Hunedoara, Transylvanie [ Biosp. g35] (R. Jeanne!, 20 VI-1921J). Trechus cardioderus et Duvalius Budai vivent ensemble cet endroit. Il est probable cependant que la larve recueillie appartienne bien au Trechus. C'est une larve chitine assez colore, pices buccales courtes. Les branches de la suture frontale ont la mme forme que celles du Trechus rufulus (JEANNEL, 1920, p. 524, fig. 21) et cette forme est assez diffrente de celle des Duvalius connus de Transylvanie, dont j'ai reproduit plus loin les deux types (fig. 164 et 166). Le nasal est trs saillant (fig. 1 74); ses lobes latraux OJlt leur'> cts perpendiculaires au bord mandibulaire des cts du nasal. Le lobe mdian est arrondi, trs finement denticul, el chaque lobe latral porte trois ou quatre grosses crnelures arrondies. Cette larve a des ocelles; mais ils sont rduits et leur pigment a quitt l'emplacement des cornules, pour se porter un peu en dedans et en arrire. Cette rgression des ocelles laisse donc quelques doutes sur 1 'identit de cette larve. On peut se demander s'il ne s'agit pas de celle du Duvalius. Toutefois il est plus vraisemblable de rencontrer une larve de Tre:chus ocul perdant ses ocelles qu'une larve de Duvalius cavernicole les ayant encore. D'autre part les caractres gnraux, la forme saillante du nasal, la courbure de la suture frontale semblent plutt indiquer qu'il s'agit bien d'un Trechus. Gen. Ouoa/ius Del. Les larves de ce genre sont en gnral sans ocelles. Cependant les ocelles existent, reprsents par une corne, souvent mme avec

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 389 du pigment, chez les larves de certaines espces non des monts Bihar, en Transylvanie. 1. Duvalius Lespesi Fairm. (JEANNEL, 1920, p. 534, fig. 52 57). -Larve cavernicole, sans ocelles (fig. 148). Les dents externes du nasal sont plus grandes que les dents mdianes et sont au nombre de quatre ou cinq. Un exemplaire recueilli avec 1 'imago dans la grotte des Trois Cloches, Penne, dpart. du Tarn, France [Biosp. 469] (R. Jeannel). 2. Duvalius convexicollis Peyer. (PEYERIMIIOFF, 1906, Bull. Soc. enl. Fr., p. 109, fig. 1 -2; JEANNEL, 1920, p. 533).-Larve cavernicole, sans ocelles, semblable la prcdente, sauf que les lobes latraux du nasal 11 'ont que trois dents plus saillantes. Grotte du Pertuis de Mailles, cant. d'Annot, dpart. des Basses Alpes, France (P. de Peyerimhoff). 3. Duvalius diniensis Peyer. (PEYERIMIIOFF, 1906, Bull. Soc. eni. Fr., p. 111, fig. 3-4; JEANNEL, 1920, p. G33). -Identique la pr edente, mais les lobes latraux du nasal ont six dents. Grotte de Coussan, prs de Digne, Basses-Alpes (P. de Peye rimhoff). 4. Duvalius Brujasi Dev. (PEYERIMIIOFF, 1906, Bull. Soc. enlr. Fr., p. ur, fig. fi; JEANNEL, 1920, p. 534).-Larve encore trs semblable aux prcdentes, sans ocelles. Les denticules du nasal sont rguliers, semblables sur les trois lobes et trs effacs. Grotte Baume Granet, Roquefort, Alpes-Maritimes (P. de Peyc rimhofr). 5. Duvalius hungaricus Csiki (Dumcn, i92l1, p. 162, fig. 1-3). -Cette larve est cavernicole, sans ocelles. L'imago a cependant de.;; yeux encore r:igments. Les caractres gnraux sont ceux des larves des Duvalius franais. Nasal denticules latraux plus grands que les mdians, au nombre de cinq de chaque ct. Convexit antrieure des bran. ches de la suture frontale presque aussi accuse que chez D. Rcdtcnbachcri (fig. 165). Cette larve semble se distinguer de toutes les autres connues par une brivet exceptionnelle du tube anal qui est bien plus court que les cerques. Grotte d' Aggtelek, comitat de Giimr, Hongrie (E. Dudich). 6. Duvalius cognatus Friv. -Plusieurs exemplaires recueillis

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390 R. JEANNEL sous les pierres enfonces, dans diverses localits des monts Bihar, en Transylvanie, en mme temps que les D. cogntus adultes : sources du Somes (21 VI-1922); piatra Bogii et plateau de Padis, au-dessus de Pietroasa (16 VI-192.2); source du Cris, prs de Bilza fRezbnya] (6 VI-1922); environs du Ghetzar de Scrisoara (2 VI1922). Ces larves, toutes identiques, ont des ocelles bien dvelopps. On FIG. 164. Face dorsale du crne de la larve du Duvalius cognatus Friv., de Padis, x 75. Fig 165. Face dorsale du crne de ln larve du Duvulius paroccus Gyleki Br., de Padis, x 75. pourrait donc penser tout d'abord qu'elles appartiennent l'une des espces de Trechus des monts Bihar et plus probablement au T. latus Putz. Mais plusieurs raisons me font penser qu'il s'agit du D. co gnatus, espce presque aussi commune et aussi largement rpandue que le Trechus latus. Ces larves sont en effet trs analogues celles du Duvalius Chappuisi cites plus loin, identifies, celles-l, avec certitude, et qui ont aussi des ocelles. Le nasal et les courbures du sillon frontal sont en particulier absolument identiques. D'autre part Trechus latus ne vit gure sous les pierres profondment enfonces, o les larves en ques tion ont t recueillies. Les larves de Trechus devraient tre cher ches plutt dans les dbris vgtaux et 1 'humus, o 1 'adulte abonde.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 391 Que la larve du Duvalius cognalus ait des ocelles, cela ne iiiaurait tonner, puisque les yeux de l'imago sont particulirement dve lopps et que celle du D. Chappuisi, dont l'imago est aveugle, est en train de les perdre. La larve du b. cognalus prsente les mmes caractres adaptati[:> que les larves cavernicoles; mais ses ocelles sont reprsents par deux cornes, l 'une antrieure rniforme, l'autre postrieure arrondie, toutes deux avec une masse de pigment de forme (fig. 1 64). La partie antrieure des branches de la suture frontale sont peu arques, obliques. Le nasal (fig. 166) est nettement trilob, avec les lobes latraux troits et orns de gros denticules (trois ou quatre). Cts de la tte avec deux fortes carnes colores. Les autres caractres wnt ceux des larves connues. Le tube anal est aussi long que les cerques. 7 Duvalius Chappu isi Jeanne!. Dix exemplaires recueillis sur le Vrf. Dmbul prs de Zlatna, Transylvanie, l e 27 VI-1924 (R. Jeanne!) Ces larves ont t prises dans un talus d'argile, sous un abreuvoir amnag prs d'une source trs froide. Avec elles abondaient les imago, parfois venant d'clore. Aucun Trechus n'a tz 1 ecneill i dans cette station. Les conditions de capture de ces larves fout qu'il n'est pas douteux qu'elles sc rfrent au D. Chappuisi, espce voisine du D. laevi galus Bok .Elles sont identiques celles du D cognatus et ont la mme forme du nasal et de la suture froutale Mais elles prsentent le curieux phnomne indiqu ci-dessus, consistant en ce que le pigment de leurs ocelles migre chez certains individus plus ou moins loin en arrire, jusque dans la rgion collaire (fig. I57)Le tube anal est aussi long que les cerques. 8. Duvalius Mallaszi Csiki. Une larve recueillie sous une pierre enfonce du mont Detunata, prs de Bucsum, Transylvanie (R. Jeanne!, 26 V-1922). La larve de cette espce a tous les caractres de celle du D. cognalus, sauf qu' elle n a pas trace d'ocelles, ni mme de cornules. De plus les lobes latraux du nasal wnt plus larges et portent quatre crnelures arrondies plus grosses et plus larges (fig. 167 ) Le tube anal est aussi long que les cerques. 9 Duvalius Redtenbacheri Friv. Deux larves, l'une jeune et l'autre ge, trouves sous les pierres humides, dans la grotte pes-

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392 R. JEANNEL terea de la Igritza, prs Pestere, dans le Bihar septentrional (R. Jeanne!, 12 IV-1924). Larve cavernicole, sans trace d'ocelles, tguments trs minces et peu colors, avec les pices buccales aussi allonges que chez D. Lespesi (fig. 148). La suture frontale prsente la mme forte courbure de ses branches que chez D. paroecus (fig. 166). Nasal trs saillant, denticulation aigu et rgulire. Le lobe mdian se trouve sur un plan .infrieur (sternal) par rapport aux lobes latraux et ceux-ci sont runis par une crte denticule sur la face tergale du lobe mdian (fig. 169). Le tube anal est court, pas plus long que la moiti des cerqucs chez la larve ge; il est par contre aussi long que les cerques chez la larve. jeune. Cela indiquerait peut-tre que ce caractre n'a pas grande valeur. 10. Duvalius paroecus Gyleki Breit. -Plusieurs larves recueillies sur le plateau de Padis, Bihar central, sous de grosses pierres enfonces, en mme temps que les larves du D. cognlus (R. Jeanne!, 16 VI-1922). Cette larve n'a pas trace d'ocelles. Elle ressemble cefle du D. Mallaszi et a la mme forme du nasal (fig. 170). II semble cependant que ses lobes latraux ne portent que trois grosses crnelures arrondies, au lieu de quatre. Mais elle se distingue facilement la forte courbure des branches antrieures de la suture frontale, qui sont toujours parallles sur une certaine partie de lem trajet (fig. 165). Le tube anal est aussi long que les cerques. 11. Duvalius paroecus Dryops Bok. Un exemplaire recueilli dans la doline Coiba mic, Casa de Piatre, prs de Scrisoara, dans le sud du Bihar (R. Jeanne!, 2 Vl-22). Cette larve pourrait appartenir au Duvalius Scrisorae Kn., qui se prend au mme endroit. Mais son identit complte avec la larve du D. paroecus Gyleki, me fait croire qu'il s'agit bien du D. Dryops, qui n'est qu'une race de la mme espce, peine diffrente du D. Gyleki. 12. Duvalius pseudoparoecus Cs. Un exemplaire g, trouv le 21 VII-1924, dans la grotte pesterea la Gros, sur le mont Bedeleului, env. de Trascu, Transylvanie [Biosp. 991] (R. Jeanne!). Larve cavernicole, sans trace d'ocelles, appendices trs allongs.

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MONOGRAPIIIE DES TRECHINAE 393 Les cerques sont exceptionnellement longs, aussi Je tube anal est-il plus court qu'eux. Nasal (fig. 171) lobes latraux peu saillants, _pourvus de six sept crnelures irrgulires, plus fortes que les denticules du lobe mdian. Branches de la suture frontale arques comme chez D. paroecus. I3. Duvalius pseudoparoecus Anubis Bok. -Une larve jeune /6 6 16 f /68. 173. 174. 1 1S. FIG. 166 176. Bord antrieur du nasal chez diverses larves de Trechini -Fig.166.Duvalius cognat11s Friv.-Fig. 167. Duvalius Mallas;i Cs.-Fig. 168 DuPalts laepigatus Bok.-Fig. 169 Duvalius Redtenbacherr : Friv. Fig. 1 iO. Duvali11s paroecus Gyleki Br. -Fig. 1 7 1 Drwalius pseudoparoccus Cs. Fig. 1 72. Ducalius Anubis Bok Fig. 1 i3. Duvalius &iladyi Cs. Fig. 17ft. Trec/tus cardiode rus Pulz.-Fig. 175. Paraphaenops Breuilianrrs Jeann. -Fig. 1 i6. Anopltthalmus Carminai ii humerali s Dod. (ce dernier d'aprs BoLnonl.) l'lcneillie dans une petite grotte dite (( pesterea de la Colsu Deacului H, prs de Vale, jud. Turda-Aries, Transylvanie (R. Jeanne), 2 VIII-1926). Je n'ai pas recueill i ce Duvalius l'tat d 'imago dans cette grotte, mais je l'ai trouv dans une autre grotte trs voisine, s'ouvrant dans le mme rocher, la (( pesterea de la Cuploriu Caluserului )),

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394 R. JEANNEL La lave du D. Anubis semble diffrer de celle du D. pseudopa roedus par la denticulation du nasal (fig. 172); le lobe mdian est peine denticul et les lobes latraux ont moins de crnelures (quatre). La suture frontale a la mme forme que chez D. paroecus (fig. 166); le tube anal est aussi long que les cerques. Ces diffrences sont peu importantes d'ailleurs et peuvent ne tenir qu' la diffrence d'ge des deux larves. 14. Duvalius Sziladyi Cs., ou dilattus Bok.-Une larve ge re cueillie dans une petite grotte dite pesterea de la Ta Rmetzi [Remete], jud. Turda-Aries, Transylvanie [Biosp. wo3] (R. Jeanne!, 22 VII-1924). Cette grotte se trouve gale distance de celles o vivent les deux races Sziladyi et dilatatus du D. pseudoparoecus, dans les mmes montagnes. N'ayant pas trouv 1 'imago avec elle, je ne puis 1 'identifier avec certitude. Tous ses caractres sont ceux de la larve du D. Anubis, le nasal en particulier a la mme denticulation (fig. q3). 16. Duvalius Raymondi Delar. (JEANNEL, 1920, p. 532, fig. 48-51). -Cette larve prsente certains caractres qui la distinguent nettement de toutes celles de Duvalius connues. Les cts de la tte sont parallles, non rtrcis au niveau du cou. Le nasal n'est pas trilob, mais est anguleux, rgufirement denticul sur toute 1 'tendue de son bord saillant. Suture frontale de mme courbure que chez Duva lius paroecus. cerques sont trs allongs, deux fois aussi longs que le tube anal. Pas d'ocelles. Grotte des Fes, prs d'Hyres, dpartement du Var, France (Ch. Fagniez). 16. Duvalius Carminatii humeralis Dod. (BoLDORI, 1924, p. I45, fig.). -Larve trs curieuse par la forme tout fait exceptionnelle de son nasal (fig. 176). Sa partie mdiane forme une saillie troite, quadrangulaire, cts concaves, sommet tronqu droit, portant deux petits tubercules. Pas trace de denticulation. A part cette structure inusite du nasal, cette larve a toutes les caractristiques de celles des Duvalius. Les cts de la tte sont rtrcis en arrire; les branches de la suture frontale sont peu arrondies en avant. Pices buccales allonges; pas trace d'ocelles. Les cerqes sont un peu plus longs que le tube anal. Grotte Buco del Frate prov. di Bergama, Italie.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE Geu. Speotrechus Jeann. z. Speotrechus Mayeti caussicola J eann. (JEANNEL, 1920, p. 536, fig. 58-61). -La tte a la mme forme parallle que chez la larve du Dut>alius Raymondi; mais 1 pistome est particulirement troit et allong. Branches de la suture frontale peu arques en avant. Saillie du nasal troite, anguleuse; ses parties latrales avec des denticules plus grands que ceux de la partie mdiane. Pas trace d'ocelles. Cerques longs, aussi longs que le tube anal. Grotte de la Poujade, prs de Millau, dpart. de l'Aveyron, France [ Biosp. L9i] (R. Jeannel). Un exemplaire recueilli avec l'imago dans dr,s dbris vgtaux trs humides, dans le fond de la grotte. Gen. Trechopsi s Peyer. 1. Trechopsis Lapiei Peyer. (JEANNEL, 1920, p. 529, fig. 42-47). -Larve diiTrant seulement des autres types connus par la forme du nasal. Celui-ci est trs saillant, anguleux, aigu et bord de nombreux denticules aigus s'empilant sur la face dorsale de la pointe mdiane saillante. Les cts de la tte sont rtrcis en arrire; les branches de la sulure frontale bien arques; les cerques peine plus longs que le tube anal. Des deux exemplaires connus, l'un, g, a des ocelles rduits, l'autre, jeune, n'en a point. Ce qu'on a vu de la variation de cet organe chez les Duvalus en train de le perdre, confirme bien qu'il doit exister ou manquer suivant individus et peut-tre aussi sui v:mt leur ge. Ces larves ont t recueillies par P. de Peyerimhoff dans diffrents tesserefts du djebel Hazer, dans le Djurjura, Algrie. Gcn. Paraphaenops Jeann. 1. Paraphaenops Breuilianus Jeann. Trois exemplaires tro uvs en compagnie des imagos dans la cova Jerret [ Biosp. 853] et la cova Cambra [Biosp. 854], sur la Mola de Cati, prs de Tortosa, Espagne (R. Jeanne!, IV-1g2o).

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396 R. JEANNEL Cette larve est la premire connue d'un type aphnopsien des cavernes. On aurait pu s'attendre lui trouver des caractres extraordinaires, mais en ralit elle ne diffre pas essentiellement des autres types dj connus. Elle est, i l est vrai, trs modifie dans ses caractres adaptatifs; ses appendices et surtout ses pattes, sont trs allongs, les tguments sont minces et transparents, arms de trs longs macrochtes; mais tous ses caractres sont ceux des larves dcrites ci-dessus, surtout ceux de la larve du Duvalius Raymondi. Les cts de la tte sont parallles; les branches de la suture frontale trs arques. Pas trace d'ocelles. Nasal anguleux, trs saillant, denticules nombreux, se serrant davantage sur la partie mdiane saillante (fig. 175). Cerques et tube anal de mme longueur. Gen. Neaphaenops Jeann. r. Neaphaenops Tellkampfi Er. (H. G. HuBBARD, 1886, ap. PACKARD, The cave fau na of N. Amer., p. 77, fig. xvm, pl. XX, fig. 6; JEANNEL, 1920, p. 537, fig. 62). -Cette larve se fait remarquer par la brivet de ses mandibules, compares aux palpes maxillaires trs allongs. L'pistome et le nasal rappellent ceux du Speotrechus par leur saillie anguleuse. Pas trace d'ocelles. 'Cerques peu allongs, aussi longs qm' Je tube anal. Un seul exemplaire recueilli au Hebe spring n, c 'est--dire une dizaine de kilomtres de 1 'entre, dans Mammoth Cave, Kentucky, Etats-Unis d 'Amrique. DIVISIONS DE LA SOUS-FAMILLE Les genres des Trechinae se groupent dans cinq tribus, dont quatre sont originaires des anciens continents austraux du Secondaire et ont les mandibules pourvues d'une dent prmolaire (Tridentatae), l'autre a eu son centre de dispersion sur 1 'Angara et n a pHs de dent prmolaire (Bidentatae ) Ces cinq tribus se distinguent de la faon suivante : I. Trechinae tridentatae, c'est--dire avec une dent prmolaire aux mandibules, entre la mola et le rLinacle A. Denls des mandibules (rLinacle el dent prmolaire) trs sail-

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MONOGRAPHIE DES TRECIIINAE Jantes et trs aigus. Tibias antrieurs avec un peron externe. r o Palpes labiaux avec plus de lt soies -sur 1 'avant-dernier article. Epistome Lubercul. Yeux pubescents. Organe sensoriel du labium accol sa base. Insectes terrestres 397 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1. Trib. PERILEPTINI. 2 Palpes labiaux avec /1 soies sur 1 'avant -derni er article. Epistome non Lubercul. Yeux non pubescents Organe sensoriel du labium plac sur le disque, comme chez les suivants. Insectes submarins ............ II Tri b. AEPINr. B. Dents des mandibules obtuses. Tibias antrieurs sans pe ron externe. Palpes labiaux avec /1 soies. I0 Organe copulateur pnis incomplet, en forme de gout tire ouverte du ct dorsal. Pas de bulbe basal, la base avec deux apophyses latrales .... III. Trib. TRCHODINJ. !1 Organe copulateur pnis ferm dorsalement, le bulbe basal complet. . . . . . . . . . . IV. Tri b. HoMALODERINJ. 11. Trechinae bidentatae, c'est--dire sans dent prmolaire aux man dibules. Palpes labiaux avec 4 soies. Tibias antrieurs sans peron externe. Organe copulateur pnis ferm, l e bulbe basal complet. ......................... V. Trib. TRECHINr. l. -'l'rib. PERILEPTINI, nov. Trechinae tridentatae, dents mandibulaires aigus et trs saillantes, rpandus sur les restes du continent gondwanien australo-indoafricano-malgache et dans la rgion palarctique. Taille en gnral trs petite. Tguments presque toujours dpigments pubescents. Tte large et dprime, les yeux gros et trs saillants, pubescents. L 'pistome avec un bourrelet transverse. Sillons frontaux complets, mais de forme toujours particulire, tantt troits, bords par deux fines carnes, comme creuss en coup de gouge, tantt larges, mais nets, fond lisse et brillant, unis 1 'un 1 'autre par une dpression galement lisse et brillante de la rgion antrieure du vertex (Neoblemus ) Pronotum dprim, r trci la base, la ligne mdiane avec un sillon canalicul de mme forme que les sillons frontaux, parfois trs largi en arrire (Neoblemus); les angles postrieurs L'ABEILLE XXXII, lor Juin 1926 26

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398 R. JEANNEL presque toujours avec une petite carne bissectrice Elytres trs al longs, parallles, troits, sans carne apicale, ni strie rcurrente api cale. Srie ombilique agrge; soies discales trs rduites, souvent absentes; pas de groupe apical. Tibias antrieurs de forme variable, mais avec un peron externe qui manque chez tous les autres Tre china, sauf les Aepini. Le 4 article des tarses avec une forte expan sion ventrale sous l'onychium. Labre en forme d'Y, trs rtrci la base, largi et bilob en avant, souvent avec un tubercule saillant sur le milieu concave de son bord antrieur. Mandibules fortes, dent prmolaire grande et aigu, acre; le rtinacle gauche grand et aigu, simple, le droit double, galement saillant et acr (fig r84). Palpes maxillaires avant-dernier article renfl la base, dernier article petit, grle, cylindrique, bien plus troit et plus court que l'avant-dernier. Cette forme de palpe rappelle un peu celle des Bembidiini, mais l'avant-dernier article est glabre, le dernier est bien moins subul. Palpes labiaux avec 6 8 soies sur 1 'avant-dernier article, trs renfl. Prbasilaire avec des soies nombreuses formant une herse Labium libre, dent mdiane toujours simple; les organes labiaux transverses, placs sur le bord basal du labium, sous la membrane articulaire 1 'unissant au prbasilaire. Languette peu saillante, avec 3 petites soies sur le bord libre de chaque ct, les paraglosses grles. Organe copulateur peu chitinis, surtout sur sa face dorsale, mais complet, avec un bulbe basal ferm et trs renfl, le sommet simple, sans lobes dhiscents Le sac interne ne prsente pas d'a u tre armature que quelque s dents cailleuses ou de petits nodules. En somme, certains caractres sparent nettement les Perileptini des autres Trechinae et en font un groupe bien isol, car ces caractres les cartent aussi bien des Bembidiinae, dont on a voulu souvent le s rapprocher cause de la forme de leurs palpes. Seuls de tous les 1 r e china les Perileptini ont les yeux pube s cents, l'pistome tubercul, les organes sen s oriels du labium pla c s sous le bord basal les palpes labiaux hrisss de plus de 4 soi e s, les lytres sans groupe apical d e soles. La pubescence des palpes labiaux rappelle bien, il est vrai, celle des Bembidium, mais chez ces derniers les yeux sont glabres, l'pistome est simple, l'organe labial et l ape x des lytres sont constitus comme chez les Tre chus. Les P e ril e ptini sont de petits Insec t es r ipicoles, viv ant a u bord d e s torrents, dans Je gravier et sous les pierres des plages. Leur dpig-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 399 mentation presque rgulire (1) est remarquable, car elle fournit un exemple frappant d absence de pigment cutan chez des espces vivant dans des endroits ensoleills. On ne chez eux aucune tendance volutive vers une vie obscuricole et leurs yeux, en particulier, restent trs grands et trs dvelopps chez les espces les plus compltement dpigmentes. Beaucoup d espces possdent des caractres ornementaux trs cu rieux, constitus par des spcialisations de la ponctuation et de la sculpture, des plages brillantes et polies (Neoblemus), ou encore des tubercules ou des carnes. Le plus remarquable cet gard est certainement 1 'Apoplotrechus, de Madagascar, dont les diffrentes parties du corps prsentent des modifications ornementales trs dveloppes. Le haut degr d'volution des caractres ornementaux des Perileptini s'accorde avec leurs caractres archaques (simplicit de 1 'organe copulateur et des caractres chtotaxiques), en ce sens qu'ils sont l'aboutissant de la trs longue volution de lignes trs anciennes CuoRoLOGIE. Les Perileptini ont une vaste distribution, n existent pas dans les Amriques (fig. 177). L'Europe est habite par une seule espce, P. ar e olatus, largement rpandue, mais c'est dans 1 'Inde que le groupe est le plus richement reprsent, diverses et divers genres se trouvant ensemble dans les mmes localits. L'Inde a t un centre de dispersion important, d o sont parties d'une part les souches des espces japonaises, d autre part celle du P. areolatus qui a colonis 1 'Europe et a mme gagn les les Canaries, ct les le3 du Cap Vert oit s e sont diffrencies des espces reprsentatives. La distribution actuelle des espces du sous-genre Pyrrhotachys donne une preuve de la grande anciennet du groupe. Ce sous-genr comprend trois espces dont 1 'une habite 1 est de l'Australie, une autre le Cap de Bonne-Esprance, la twisime l'Abyssinie (cf. la carte, fig. 177). Ces trois espces sont si voisines qu' il est assez difficile de les distinguer et qu'on ne les aurait certainement jamais spares si leurs habitats n'avaient pas t am;si diffrents. Nous retrouverons distribution analogue pour le genre Trechodes ; e lle implique que le type Pyrrhotachys existait dj, tel qu'il est aujourd'hui, avant le mor cellement du continent de Gondwana, c est--dire avant le Jurassique. Ce fait donne donc un exemple remarquable de permanence d'une espce, pre sque sans variations, depuis le dbut du Secondaire. (1) Seuls les Perileptus de la rgion palarctique et ceux des Iles Philippines sont pigments.

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400 R. JEANNEL Les Perileptus s. str. manquent en Australie et en Afrique australe, mais sont abondamment reprsnts par des ,lignes diverses dans l'Inde o s'est certainement trouv leur centre de dispersion, pendant le Secondaire. Une de leurs lignes (sectio Ill), celle du P. indicus, a une distribution indo-africano-malgache, indiquant qu'elle a d se disperser sur la Lmurie, au Crtac. II est remarquable que cette FIG. 177. Carte de la distribution des Perileptini.-Les points noirs indiquent les stations connues; la grisaille J'aire' de distribution probable.-Les croix marquent les quatre stations connues des Pyrrotachys. ligne atteint vers l'ouest, l'archipel du Cap Vert (P. hesperidum). D'autres lignes de Perileptus s. str., parties de l'Inde, se sont dis perses vers l'est, jusqu'au Japon, a ux Philippines, Clbes, et ver:; le sud Sumatra et Java. Cette dispersion a d se faire au et au Nogne, alors qu'un continent malais, reli au sud-est de 1 'Asie, se trouvait spar de la Nouvelle-Guine et de 1 'Australie. Aucun Peri leptus en effet ne franchit la ligne de Weber. Mais en

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 401 se trouve un genre spcial, Perileptodes, dont la diffrenciation remonte par consquent au Jurassique. Une ligne enfin, celle du P. areolalus, bien vraisemblablement aussi originaire de l'Inde, s'est largement distribue dans presque toute la rgion palarctique. P. areolalus se rattache bien plus directement aux P. japonicus et P. robuslus de la rgion Orientale qu'aux: espces thiopiennes. Ce n'est videmment qu'au Nogne que P. areo lalus a pu parvenir en Europe aprs la constitution du continent eura siatique. Il s'est rpandu dans la rgion mditerranenne aussi bien en Europe que dans le nord de l'Afrique, s'est install dans toutes les les de la Mditerrane (Crte, Sicile, Corse, Sardaigne, Balares) et a mme pu gagner les Ues de l'Atlantique. Il est devenu le P. nigrilulus aux Canaries et a atteint mme l'archipel du Cap Vert (P. Wollastoni). Il est remarquable qu'il n'y ait pas de Perileptus connu de C'est l un argument de plus en faveur de la dualit d'origine de la faune des les Atlantides. Les Perileptus sont arrivs aux Canaries par le Maroc alors que Madre devait dj tre isol des Canaries et peut-trf: aussi de la pninsule Ibrique. La prsence d'une forme reprsenta tive du P. areolatus dans les les du Cap Vert est aussi trs intressante. Cet archipel possde une espce de Perileptus (P. hesperidum) appartenant la faune crtace indo-africano-malgache. Mais pendant le Ter tiaire il a reu aussi le P. Wollastoni qui est un reste de la faune de l'Atlantide, affinits palarctiques. TABLEAU DES GENI\ES. 1 Tibias antrieurs sans carnes ni sillons sur la face externe. Petite taille, infrieure 3,5 mm......................... 2. Tibias anLrieurs sillonns ou carns sur la face externe. Grande taille, suprieure 4 mm.. . . . . . . . . . . . 3. 2. Cts du pronotum carns et pourvus d'une gouttire mar ginale entire. GoutLire marginale des lytres c ntinue par une crosse basale jusqu' l'origine de la 5" strie. Pores sti fres de la 3" strie trs petits ou nuls. Sillons frontaux en coup de gouge; pistome avec un bourrelet transverse ...... . . . . . .. . . . . . . . . . . . . r. Gen. Perileptus Schaum. Cts du pronotum sans carne ni gouttire marginale, lisses. Gouttire marginale des lytres efface en avant ds la rgion

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402 R. JEANNEL posthumrale. Pores stifres de la 3" strie fovols. Sillons frontaux en coup de gouge; pistome simple. (Nouvelle Guine). . . . . . . . . . . . . . . . 2. Gen. Pcrileptodcs, nov. 3. Forme dprime et troite des Perileptus. Sillons frontaux largis et unis 1 'un 1 'autre sur le vertex pour former une large dpression lisse et brillante en forme d 'H. Tibias ant rieurs sillonns sur la face externe. Elytres paules normales. (Inde, Tonkin).................. 3. Gen. Neoblemus Jeann. Forme paisse et trs convexe, le pronotum ample, convexe, non rtrci la base. Sillons frontaux troits et rguliers, carts 1 'un de 1 'autre, sans anastomose sur le vertex. Tibias antrieurs avec une forte carne saillante sur la face externe. Epaules des lytres anguleuses, avec une forte carne sur le 5" interstrie, dessinant une ogive par sa rencontre avec. le re-bord marginal l'paule. (Madagascar). 4. Gen, Apoplotrechus Ali. 1. Gen. PERILEPTUS Schaum. Perileptus, Schaum, 186o, Nalurg. lns. Deutsch!., 1, p. 663; type :P. areo latus Creutzer. Putzeys, 1870, Ste tt. ent. Ztg., XXXI, p. 362 (revision). Ganglbauer, 1892, Kf. Mitleleur., 1, p. I85. -Bede!, Cat. rais. Col. N. Af1., 1, p. 82. Jacobson, KiU. H.ussl., p. 296. Jeanne!, 1922, Trech. France, p. 3!p. -1!)23, Trech. Rg. l'ent., p. 3g6. -Nietner, 1857, Ann. Mag. Nat. Rist. XX, p. 276; type : O. ceylanicus N!etn. [proccup par Ochthephilus Mulsant et Rey, 1856]. -Blemus, L. de Castelnau, 1 84o, Hist. nat. Col., l, p. I55 [nec Blemus Stephens, I83o]. Dawson, 1854, Geod. Brit., p. 172. Bede!, Fne. Col. Bassin Seine, 1, p. 38. Subgen. Pyrrhotachys Sloane. Pyrrhotachys, Sloane, 18g6, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XXI, p. 374; type : P. constriciceps SI. DIAGNOSE. -Sillons frontaux complets, troits, profonds, en coup de gouge. Yeux velus. Epistome avec un bourrelet transverse. Labre pdoncul, en forme d'Y. Palpes maxillaires subuls. Dent du mento11 simple. Postmentum avec une range de I5 16 soies au bord antrieur; labium libre. Palpes labiaux avant-dernier article hriss d'une dizaine de longues soies recourbes. Pas de carne apicale de la. 5 strie des lytres. Tibi&s antrieurs pubescents, sans sillon externe ni

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 403 carne. 4" article des tarses avec une forte expansion sous-tarsale. In sectes pubescents, de petite taille, ails. Lobe mdian de l'organe copulateur complet, bulbe basal ferm et coud, l'orifice basal tourn en arrire; ses parois hyalines, membraneuses, le bord ventral seul rigide et trs chitinis. Styles arms de !1 soies. Sac interne sans autre armature que deux petits nodules dans la partie basale. Petite taille (2 3,5 mm.) Forme troite, allonge, en gnral pa rallle et dprime. Ails. Tguments en gnral rticuls, toujours ponctus et pubescents, la pubescence dresse, plus ou moins longue. Tte robuste, transverse, dprime. Yeux velus, saillants et trs convexes. Sillons frontaux complets, rguliers, troits, comme creuss par un coup de gouge; les tempes trs petites, d'ordinaire Lrs obliques ou transverses. Front ponctuation grosse et plus espace que celle du pronotum, sans dpression lisse en avant. Epistome saillant, en forme de bourrelet transverse, avec un petit tuber cule mdian plus ou moins saillant, surtout chez les mles. Labre troit, trs rtrci la base et trs chancr sur son bord libre, un peu en forme d'Y, parfois avec de petits tubercules sur le bord antrieur concave. Mandibules robustes. Maxilles lobe interne arm d'un petit nombre de dents sur le bord masticateur. L'avantdernier article des palpes maxillaires un peu scuriforme, plus large la base qu' l'apex, glabre; le dernier article bien plus troit que l 'avant-dernier, grle, cylindrique, pas plus long que les deux tiers de l'avant-dernier. Prbasilaire avec un rang transverse de quinze seize grandes soies dresses sur son bord antrieur. Labium libre, pilobes peu saillants, sa dent mdiane simple et largement arrondie. Palpes labiaux avant-dernier article pyriforme, hriss d'une dizaine de soies recourbes, le dernier article petit, grle, cylindrique, bien plus troit et plus court que le prcdent. Lan guette subcarre, les deux grandes soies mdianes insres sur la face ventrale, les six petites soies sur le bord apical. Paraglosses et peu arqus. Antennes longues et paisses, atteignant environ le milieu des lytres, les articles cylindriques, le III aussi long que le IV, le dernier plus long que 1 'avant-dernier. Pronotum aussi large que la tte, plus ou moins rtrci la base, les cts peu arqus, la gouttire marginale trs troite, la base en gnral saillante, avec ses parties latrales tronques obliquement ou chancres. Disque plan, la ligne mdiane marque d'un fin cana licule, l'impression basale tanffit rugueuse (Perileplus s. str.), tantt

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404 R. JEANNEL lisse et unie (Pyrrhotachys). Fossettes basales peu profondes; un pli longitudinal sur la bissectrice des angles postrieurs. Pdoncule msothoracique dli, troit, alutnc. Scutellum trs petit. Elytres presque toujours parallles 'et dprims (sauf chez P. Cameroni), allongs, les paules anguleuses et saillantes, la base transverse, les cts parallles, le sommet obtusment arrondi. Gouttire marginale trs troite, formant la base une fine crosse aboutissant hr racine de la cinquime strie. Striole juxtascutellaire trs petite. Stries superficielles, marques de gros points peu profonds; la strie suturale ne se rflchit pas 1 'apex le long du bord apical; le<; stries 2, 3 et 4 s'effacent avant le sommet et il n'existe pas trace de carne apicale. Interstries plans et ponctus. Apophyse intercoxale du prosternum plane, non reborde; celle du msosternum bilobe. Mtasternum trs grand, trois fois aussi long que le pilier des hanches postrieures. Pattes courtes. Tibias antrieurs arqus en dedans, paissis im sommet, pubescents, sillbn longitudinal externe, la dent talonnire situe vers le milieu. Les poils des faces externe et antrieure sont vaguement aligns selon la longueur. Tarses trs courts, leurs articles 3 et 4 aussi longs que larges, 1 'onychium deux fois aussi long que large, le 4 avec une forte expansion ventrale dpassant le sommet de 1 'onychium. Chez les mles les deux premiers articles du tarse antrieur sont dilats et dents en dedans. Chtotaxie. -Lignes orbitaires divergentes. Un groupe de 3 ou 4 soies prs de 1 'angle antrieur du pronotum; pore prothoracique postrieur simple, plac sur l'angle. Srie ombilique normale. Pores discaux des lytres sur la troisime strie, souvent trs petits et non discernables dans la pubescence de l'lytre; le premier pore se trouve vers le cinquime basal, le deuxime aprs le milieu. Un seul pore apical plac dans le prolongement de la troisime strie. Organe copulateur trs petit et trs simple, sans variations spci fiques importantes. Le lobe mdian est pais, arqu, symtrique; ses parois sont membraneuses et hyalines, trs molles, et sa rigidit est maintenue par un fort paississement chitineux de son bord ventral. Bulbe basal ferm, complet, 1 'orifice basal tourn du ct ventral et en arrire. Extrmit apicale toujours paisse, avec un petit bec mousse et large. Styles courts, larges, arms de quatre soies. Sac interne inerme, sans autre armature que deux petits nodules chitineux symtriques dans sa partie basale. Les Perileptus sont des insectes ripicoles, vivant au bord des eaux

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE courantes sur les plages de graviers o on les trouve parfois en nombre sous les pierres reposant dans les graviers humides. Leurs mtamorphoses sont inconnues. Le genre se divise en deux sous-genres bien caractriss. Les Pyrrhotachys sont des ]Jcrilcptus dpigments, trs aplatis, trs parallles, ponctuation trs fine et uniforme, mme sur la base du pronotum qui n'est nullement rugueuse. Les stries des lytres sont trs effaces, 1 'organe copulateur est trs simple. On a vu plus haut que la distribution actuelle des trois espces connues de ce sous-genre, implique qu'elles sont restes sans varier depuis le dbut du Secondaire jusqu' nos jours. Elles sont des survivantes de la fflune gondwanienne. Les Pcrileptus s. str. sont plus volus. Leur forme est moins plate, moins parallle et leur sculpture est plus diffrencie. La base du pronotum est rugueuse, les stries des lytres sont plus fortes t.t ponctues. Ce sous-genre est originaire de l'Inde, 1 'poque (Cr tac) o elle tait encore unie Madagascar Les espces se sont disperses dans la deuxime moiti du Tertiaire, d'une part en Malaisie et au Japon, d 'autre part dans la rgion palarctique. TABLEAU DES EsPCEs. 1. Pronotum base rugueuse, le disque plus ou moins convexe, avec 1m s illon lon gitudina l mdian large, net et profond. Insectes allongs, mais plus ou moins convexes, la ponctuation du pronotum nette et espace, les stries des lytres bien traces, en gnral fortement ponctues (I. Subgen. PERI-LEPTUS s. str.).......................................... 2. -Pronotum trs plan, base trs finement ponctue, comme le disque; sillon longitudinal mdian fin et superficiel. Base obliquement tronque en ligne droite, entre Je pdon c ule et les angles postrieurs; ceux-ci obtus et mousses. Insectes testacs, trs dprims et parallles, la ponctuation du pronotum trs fine, les stries des lytres trs s uperficielles et effaces (Il. Subgen. P YRRfJ(JTA CHYS SI.) ................ 1g. 2. Tempes nettement convexes, d'abord parallles en arrire des yeux, puis rtrcies en arrire en ligne courbe; les yeux rela tivement petits, peine trois fois aussi longs que les tempes. Base du pronolum sens iblement rectiligne. (Sectio !.) . . . 3 -Tempes trans verses, se rtr c is sant fortement en arrire ds le bord postrieur des yeux. . . . . . . . . . . . . . 5.

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406 R. JEANNEL 3. Cts du pronotum fortement arrondis en avant, profondment sinus en arrire. Elytres amples et larges. Ponctua tion du pronotum nette, forte et parse. Sommet du pnis arrondi. Long. 2,6 2,8 mm. (Rgion palarctique.) ...... . . . . . 1. areolatus Cr. a. Noir de poix avec le disque de la tte, la base du pronotum et une grande tache discale sur .les lytres d'un testac rougetre. Pattes ples. var. areolal us s. str. Entirement noir de poix, avec les pattes ples (Espagne) ............................ var. niger Heyden. Cts du pronotum peu a rrondis en avant, faiblement sinus en arrire. Elytres parallles, stries moins nettement ponc tues. Ponctuation du pronotum moins nette et plus serre. 4. 4. Noir de poix, avec la bordure apicale des lytres plus ou moins rougetre et les pattes ples. Base du pronolum nettement rtrcie, peine aussi large que les trois quarts du som met. Sommet du pnis prolong par une petite pointe arrondie. Long. 2,6 mm. (Iles Canaries.)........ 2. nigritulus Woll. Testac brillant uniforme. Base du pronotum peu rtrcie, plus large que les trois quarts du sommet; le pronotum parait par suite plus allong. Yeux bien saillants. Long. 2,8 mm. C:Hes du Cap Vert)........................ 3. Wollastoni Jeann. 5. Pronotum subcordiforme, ses cts arrondis en avant, leur plus grande largeur vers le quart ou le tiers antrieur; les angles antrieurs effacs. du pronotum en gnral peu rtrcie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6. -Pronotum trapzode, ses cts rtrcis en ligne peu CQnvexe ds les angles antrieurs qui sont trs saillants en dehors. Base du pronotum trs rtrcie .......................... 16. 6. Angles postrieurs du pronotum grands, droits, non saillants en dehors; la base aussi large que les deux liers du sommet, ses parties latrales presque perpendiculaires la ligne mdiane. (Sectio Il.) .......................... .. 7. Angles postrieurs du pronotum petits, obtus ou aigus, sail lants en dehors; les parties latrales de la base trs obliques ou chancres entre l'angle ct le pdoncule. (Secl'io Ill.).... 8. 7. Tte bruntre sur le disque, lytres testacs concolores. Y eux trs grands, atteignant presque les sillons frontaux en arrire; tempes trs rduites. Elytres stries rgulires, ponctues, bien traces. Long. 2,6 2,8 mm. (Japon, Hong-Kong, le Clbes.) . . . . . . . . . . . . . . . . . 4. japonieus Ba tes. Tte testace, lytres testacs avec 1 'apex et le bord externe noirtres. Yeux trois fois aussi longs que les tempes qui sont

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 407 grandes et convexes. Elytres stries superficielles, lgrement ponctues. Long. 3,5 mm. (Himalaya)........ 5. robustus Jeann. 8. Stries des lytres ponctuation superficielle et efface. . . g. Stries des lytres ponctuation forte, grosse et nette, tout au moins sur le disque ............................... . . 10. g. Petit et dprim, testac. Yeux peu saillants, mais cinq fois aussi que les tempes. Pronotum cts peu arqus, base peu rtrcie, les angles postrieurs obtus. Epaules trs saillantes. Ponctuation du vertex trs forte. Long. 2 mm. (Soudan)................................... J3. rutilus Schaum. Grle et allong, dprim; testac. Yeux saillants, trois ou quatre fois aussi longs que les tempes. Pronotum cts bien arrondis, sinus en arrire, la base trs rtrcie, les angles postrieurs vifs et saillants. Long. 2,5 3 mm. (Himalaya.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . g. indiens Jeann. 10. Cts du pronotum trs arrondis, rtrcis et si nus en arrire, la base troite, les angles postrieurs vifs et bien saillants .. 11. Ct du pronotum faiblement arrondis, faiblement sinus en arrire; la base peu rtrcie, les angles postrieurs peu sail-lants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13. 11. Entirement noir bronz. Ponctuation du pronotum trs forte et trs serre. Tempes obliques, un peu convexes. Pronotum large, lytres assez convexes, cts arqus. Long. 2,8 mm. (Iles Philippines)............................... 6. melas, n. sp. Testac. Ponctuation du pronotum plus parse et plus fine. Tempes transverses, non convexes. Pronotum moins large, lytres plus dprims et plus parallles. . . . . . . . . . 12. 12. Pronotum bien convexe. Elytres sans reflets bronzs. Long. 2,5 3 mm. (Inde, Ceylan)........... 7 ceylanicns Nietn. -Pronotum peu convexe. Elytres reflets bronzs. Long. 2,2 2,3 mm. (Tonkin)........................... 8. pusillus Jeann. r3. Surface du pronotum lisse et brillante entre les points. . . 14. Surface du pronotum alutace, mate, entre les points. . . 15. r4. Yeux trs peu saillants, trois fois aussi longs que les tempes qui sont obliques. Elytres peu dprims sur le disque. Testac. Long. 2 mm. (Haute-Egypte, Sina). . . 1 :>.. Stierlini Putz. Yeux trs saillants, quatre fois aussi longs que les tempes, qui sont transverses. Elytres dprims sur le disque. Allong et grle. Testac. Long. 2,2 2,6 mm. (Madagascar) ....... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ro. n1adecassus Fairm. 15. Base du pronotum plus large gue les deux tiers du sommet. Yeux trs saillants, quatre fois aussi longs que les tempes qui

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408 R. JEANNEL sont trans, erses. Peu dprim. Testac rougetre avec le sommet des lytres enfum. Long. 2,6 2,8 mm. (Iles du Cap Vert) ..................................... r5. hcspcridum Jeann. -du pronotum pas plus large que les deux tiers du sommet. Yeux trs saillants, quatre fois aussi longs que les tempes qui lgrement convexes. Peu dprim ........ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . r4. africanus, n. sp. a. Petite taille (2 mm.). Testac rougetre uniforme (Uganda} ........................ subsp. Alluaudi, nov. -Grande taille ( 2,5 2,8 mm)..................... b. b. Testac rougetre, avec le des lytres en-fum (Tana river) .............. subsp. ajricanus, s. str. -Noir de poix, les pattes et les antennes bruntres (Tana river) ....................... var. Babaulti, nov. r6. Elytres ovalaires, convexes, pubescence dresse, rgulirement aligne sur les interstries. Testac ple trs brillant, avec une tache noirtre sur la partie postrieure du disque des lytres. Base du pronotum trs troite, pdoncule, moins large que la moiti du bord antrieur, ses parties latrale s ni chancres ni obliques, les angles postrieurs droits, mousss, non saillants en dehors. (Sectio V.) Long. 2,6 mm. (Himalaya). . . . . . . . . . . . . . . . . rg. Cameroui Jeann. -Elytres parallles, dprims, pubescence dispose sans ordre. Coloration rougetre ou bruntre uniforme. Base du pronotum parties latrales obliques et profondment chancres entre le pdoncule et les angles postrieurs qui sont dentiformes, saillants en dehors. (Seclio IV.) . . . . . . . 17. 17. Elytres trs aplatis, avec les pores stifres discaux distincts sur la 3 strie. Front dprim e n avant; angles postrieurs du pronotum presque droits. Long. 2,8 mm. (Sumatra, Java). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . r6. platypterus Jeann. Elytres dprims sur le disque, con vexes latralement; les pores s tifres discaux indistincts. Front non dprim e n avant; angles postrieurs du pronotum trs aigus et trs sail-lants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18. 18. Prono.tum plus ample, cts plus arrondis, base plus troite. Elytres deux fois aussi longs que larges, stries moins profondes et interstries plans. Long. 2,5 2,8 mm. (Himalaya) ................................. '7 imaicusJeann. Pronotum plus petit, cts peu arqus, .base plus large. Elytres plus longs el plus convexes, plus de deux foi s aussi longs que larges, un peu largis aprs le milie u ; les stries plus profondes et les interstries convexes. Long. 2,8 3 mm. (Yun-Nan)........ ......................... r8. dcnticollis Jeann.

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MONOGRAPHIE DES TRECHJNAE 19. Pronotum un peu plus large que long, plus rtrci la base, le sillon longitudinal mdian reprsent par deux traits paral lles trs fins, entre lesquels les tguments sont alutacs, comme sur le reste du disque; ponctuation du pronotum trs fine, mais espace. Stries des lytres visibles. Long. 2,8 mm. 409 (Le Cap). . . . . . . . . . . . . . . . . . 20, promontorii Pt. -Pronotum aussi long que large, peu rtrci la oase, le sil-lon longitudinal mdian troit, superficiel, lisse, dessinant une ligne brillante sur le disque dont les tguments sont alu tacs de part et d'autre du sillon. Ponctuation du pronotum excessivement fine et serre. . . . . . . . . . . . . . . 20. 20. Pronotum brillant, un peu moins dprim. Stries des lytres discernables. Long. 2,8 3 mm. (Abyssinie).. 22. test.aceus Putz. -Pronotum mat, plus finement alutac, ,out fait plan. Stries des lytres totalement effaces. Long. 3 mm. (Australie). 2 1. constricticeps SI. Le P. ltumidus Coqu., de la Runion, manque dans ce tableau. Il parait devoir plac auprs du P. madecassus, mais, d'aprs sa description, il aurait le pronotum plus long que large. Subgen. PERILEPTUS, s. str. Sectio !. 1. Perileptus (s. str.) areolatus Creutze1. Carabus areolatus, Creutzer, qgg, Ent. Vers., p. 115, pl. n, fig. 19; type : Autriche. -Elaphrus areolatus, Duftschmidt, 1812, Faun. Austr., II, p. 220. -Bembidion areolatum, Sturm, 1825, Deutschl. Ins., VI, p. 155. Dejean, J831, Spec. V, p. 37; leon. IV, pl. 207, fig. 2. -Lacordaire, 1835, Faun. Paris., p. 270. -Rambur, 1837, Faun. Andal., I, p. !38. Heer, 1838, Faun. Relv., p. 123. Lucas, 1846, Expl. Alg., II, p. 78. -Redtenbacher, 18!19, Faun. austr., p. 106. -Lymnaeum areolatum, Brull, 1835, Rist. nat. Ins., V, p. q8. Stephens, 183g, Man. Brit. Col., p. T!echus areolatus, J. Duval, 18S2, Ann. Soc. ent. Fr., p. 225. Fairmaire et Laboulbne, J854, Faune ent. fran., I, p. r5I. -Blemus areo latus, Lap. de Castelnau, 184o, Rist. nat. Col., I, p. 156. Bedel, Fne Col. Bassin Seine, I, p. 38. -Perileptus areolatus, Schaum, 186o, Naturg. Ins. Deutschl., I, p. 664. Putzeys, 1870, Stett. ent. Ztg., XXXI, p. 362 Seidlitz, 1891, Faun. Balt., 2" d., p. Faun. Transylv., p. 70.-Ganglbauer, 18g2, Kaf. Mitteleur., I, p. 18fl. Apfelbeck, 1go4, KiHerf. Balk.

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410 R. JEANNEL Halb., I, p. 125. Reitter, 1!)08, Fauna Germ., I, p. 126. Bedel, Cat. rais. Col. N. Afr., I, p. 82. Barthe, Car. gallo-rhn., p. 35o. Jeanne!, 1!)22, Trech. France, p 166.Porta, 1923, Faun Col. Ital., I, p. 1 Ilt. Lymnaeum depre ssum, Stephens, 183o, Ill. Brit. Ent. Il, p. 3; type : Lancashire. -Blemus acuticollis, L. Dufour, I843 Exc. ent. Mont. d'Os sau, p. 28; type : Pyrnes. -Perileptus areolatus, var. apicalis Porta, 1923, Fauna Col. Hal. I, p. 114; type : Turin. b. var. niger, Heyden, 188o, Deutsche ent. Zs ., XXIV, p. 286; type : Asturies. Fig. q8 186. -Long. 2,6 2,8 mm. La coloration fonce de 1 80 FIG. 178 182. Perileptus areolatus Cr.-Fig. 178. Femelle, de Silsie, x 28.Fig. 179 Labre et pistome, face tergale Fig. 180 Pices labiales, face sternale.-Fig. 181. Maxille gauche, face sternale.-Fig. 182. Patte antrieure droile, face antrieure. celte espce la rend trs facile reconnatre. De plus elle prsente une forme spciale des tempes qui sont convexes, parallles en avant. La base du pronotum est rectiligne et les angles postrieurs sont droits, comme chez les P. japonius et P. robustus. Le premier pore

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 411 discal des lytres est plac vers le cinquime basal de la troisime sirie, c'est--dire bien plus prs de la base que chez les espces orientales et africaines. Organe copulateur (fig. 186) petit, court, trs peu chitinis sauf sur le bord ventral. La base est arque et lgrement renfle; le sommet est pais, arrondi, mousse. Sac interne inerme. CrroROLOGIE. P. areolatus est rpandu dans toute l'Europe tem pre, l'est de l'Asie et le nord de l'Afrique. C'est un Insecte ri pi-183. FIG. 183 186. Peri/eptllll areolatus Cr. Fig. 183. Tte, x 40. Fig. 184. Mandibules, face tergale, X 110. Fig. 185. Apex de l'lytre gauche. Fig. 186. Organe copulateur mle, x 150. cole, souvent trs commun au bord des eaux courantes sur les plages de graviers, o on le trouve sous les pierres reposant dans le gravier sableux dtremp. Il se prend parfois en abondance dans les dtritus d'inondation ou encore le soir, au vol, attir par la lumire. P. areola.tus est cit dans la plupart des catalogues rgionaux traitant de la faune d'Europe et de celle du nord de l'Afrique. Comme l'espce est facile identifier, il est possible de faire tat de ces citations pour dlimiter son aire gographique.

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412 R. JEANNEL Dans le nord, J'espce existe dans les les Britanniques (Duddon .sands, in Furness, Lancashire, d'aprs w.-E. SHARP, 1908) et Iii pninsule Scandinave (EmcsoN, GRILL); J. SAHLBEHG ne la cite de Finlande, mais elle atteint en Sibrie la rgion du fleuve Irtysch (L. von HEYDEN) et elle se trouve en Transcaucasie (CnAUDOIR). Dans le sud elle est rpandue en Algrie et en Tunisie, jusqu'aux confins du Sahara (L. BEDEL) et est cite du Maroc (EsALERA). On la trouve enfin indique de la plupart des les de la Mditerrane, Balares (TENENBAUM), Corse (J. SAINTE CLAIRE-DEVILLE), Crte (OERTZEN), Corfou, etc. Les deux varits de coloration dcrites ne semblent pas spciales des rgions gographiques dtermines. La var. niger sc trouve surtout en Espagne, mais mle des individus de coloration nor. male; elle se trouve "d'ailleurs aussi, quoique rare, dans d'autres rgions (France, Italie). Il en est de mme de la var. a.pic.alis, dcrite d'Italie et qui se rencontre un peu partout. Les exemplaires que j'ai tudis viennent des localits suivantes : France. Haute-Garonne : Toulouse (R. Jeanne)); Saint-Gaudens, bords de la Garonne (J. Bepmalel); Pyrnes-Orientales : Le Vernet (A. Grou velle l); Isre : Grande-Chartreuse (A. Grou velle!); Alpes Maritimes : Nice, bords du Paillon (R. J.); canal de la Siagne, Cannes (A. Grou velle!). Espagne. Madrid (C. Bolivar!). Autriche. Vienne (E. Reiller!). -Styrie : environs de Graz (Dr Pe necke!). -Tchco-Slovaquie. Moravie : Paskau (E. Reillerl). -Roumanie. Transylvanie : Cmpeni, bords de l'Aries, dans les monts Bihar (R. J.). Grce. Macdoine : Florina (A. Magdelaine!); bords du lac Arzdran (P. Denier!). Corfou (A. Winklerl). Algrie. Alger : massif des Mouzaa (P. de Peyerimhoffl); djebel Bou Zegza (R. J.). Maroc : Tetouan (Walker); Tifnut (Escalera); Haute Rzaya, dans le Grand Atlas (Ch. Alluaud !) ; oued Massa, dans le Sous (Ch. Al luaud). 2. Perileptus (s. sir.) nigritulus Wollaslon . P. J863, Ann. Mag. nat. Hist., (3) XI, p. :nG; type: Tnenffe (Bnt. Mus.). 1864. Cat. Canar. Col., p. G5. I865. Coi.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE Atlant., p 56 -Putzeys, 1870, Stelt. ent. Ztg., XXXI, p. 362. -Bede], Cat. rais. C:ol. N. Afr., 1, p. 83 Fig. r87. -Long. 2,6 mm. Diffrent du P. areolalus par sa forme plus troite ct plus parallle, son pronotum cts peu arrondis en avant, fortement rtrcis en arrire, disque plus fortement et plus densment ponctu. Coloration noir de poix, les lytres avec la bordure apicale plus u moins rougetre. Organe copulateur (fig. 187) analogue celui du P. areolatus, mais sa pointe forme un petit bec aplati, sommet a.rrondi. CHOROLOGIE. Cette espce reprsente le P. areolalus dans l'archipel des Canaries. El!c n'est pas connue de Madre. Iles Canaries. 1les Gomera ct Tnriffe, au bord des cours d'eaux (Wollaston!). -Gran Canaria (Ch. Alluaud!). 3. Perileptus (s. str.) Wollastoni Jeanncl. P. 1Vollastoni Jeanne], 1()25, ap. Ch. Alluaud, Ann. Mus. civ. St. nat. Genova, 111, p. go; type : le S. Nicolo (Mus. Gnes). Cetle espce est proche parente des P. areolalus et P. nigritulus, et c'est vraisemblablement elle que (r867, Col. Hesperidum, p. 28) a cit de l'le San Anto, archipel du Cap Vert, sous le nom de P. areolalus. Toutefois le Perileplus de San Anto, vu par \VoLLASTON, semble avoir la mme coloration que le P. areolatus, puisque l'auteur anglais n'en dit rien. Il est donc possible encore qu'il se rapporte une autre espce que celles des les San Nicolo et San Iago que j'ai pu voir. Long. 2,8 mm. Entirement testac brillant, la tte et le pronotum lisses et brillants entre les points pilifres. Y eux peu saillants, peine trois fois aussi longs que les tempes; celles-ci convexes, avec leurs parties antrieures parallles en arrire des yeux, comme chez P. areo lalus; vertex peine ponctu. Pronotum allong, dprim, cts peu arrondis, non sinus avant les angles postrieurs qui sont grands, droits et vifs. Base large, presque aussi large que les trois quarts du sommet, ses parties latrales droites et un peu obliques. Elytres parallles, dprims; les paules saillantes, en angle droit, mais arrondies. L' AnEILLE, XXXII, ior Juin 1920. 27

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R. JEANNEL Stries superficielles, assez bien traces, ponctuation trs superfi cielle, comme chez l'espce europenne. Chtotaxie normale; les pores discaux des lytres visibles. L'organe copulateur est identique celui elu P. nigritulus. Espce rappelant davantage le P. nigritulus des les Canaries, par sa forme gnrale allonge, dprime et parallle. Mais chez ce dernier le pronotum est plus rtrci la base, son disque est alutac et plus densment ponctu, l a coloration est noire uniforme. CnoROLOGm. -L espce reprsente la ligne elu P. areolaius dans l'archipel des les du Cap Vert et se trouve tre ainsi un survivant trs intressant de la faune tertiaire de l'ancien continent de 1 'Atlantide. On verra plus loin qu'il existe encore clans le mme archipel une autre espce du mme genre, P. hesperidum, qui est au contraire apparente la ligne des espces de l'Afrique tropicale. Iles dn Cap l'erl : le San Nicolo, basse altitude (L. Feal, in Mus. Gnes et coll. Jeanne!). -WoLLASTON cite un Perilcplus recueilli au boni des eaux, haule alt ilude, prs de Catano, dans 1 'le San Anto, appartenant au mme groupe septentrional d'les que l'le San Nicolo. Sectio Il. 4. Perileptus (s. str.) japonicus Dates. P. japonicus, llates, 1873, Trans cnt. Soc. London, p. 2g3; type : Hiogo. .Jeanne], 1920, Ann Mag. nat. llist. (g), V, p. 108 -1923 } Trech. Rg. Orient., p. 3g7. Fig. 188 et 18g. Long. 2,6 2,8 mm. Cette espce prsente peu prs la mme forme de la base du pronotum que l es trois pr cdentes, mais elle se distingue par sa coloration testace et la formt' oblique de ses lempes. Les yeux sont normes et les tempes rduites un trs petit intervall e transverse entre le bord postrieur de l 'il et le sillon du cou. La forme gnrale est moins dprime que chez P. areolatus; les lytres sont moins parallles et leurs paules moins saillantes. Stries entires, ponctuation forte, les stries externes superficielles. Les pores discaux sont peine distincts sur la troi sime strie des lytres.

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MONOGRAPHIE DRS TRECHINAE 415 CHOROLOGIE. -Cette espce, commune au Japon, existe aussi dans l a rgion orientale .lapon. Nippon septentrional :Niigata (G. Lewis!). Nippon mridional : Kob-Hiogo (G. Lewis!); mont Daisen ou Oyama (G. Lewis!). /le Clbes (Wallace!, in Bril. Mus.). Chine :le de Hong-Kong (coll. Wnlker!, in Bril. Mus.). -. < .. ': -_:.....-----18 7 F1 G. 18 Perilcpllls ni gritullls Woll., som meL du pems, face gauche, x 150. FJG. 18 8 cL '189. Perilcptlls japonic11s BaLes Fig. 1 88. Mle de Kob, x 28. Fig. 189. Tlc, x '. 5. Perileptus (s. slr.) robustus Jeanne!. P. robttstus, Jeanne!, qp3, Trech. H.g. Orient., p. 3g8, fig. r; type W. Almora, Banikhet (Brit. Mus .) Fig. 190. -Long. 3,[) mm. Celle espce est la plus grande du genre. Elle est remarquable par sa forme robuste et paisse et son pronotum ample et long, peine transverse, base large et rectiligne. La forme des angles postrieurs de son pronolum l a rapproche du P. japonicus. Les lytres ont toujours leur partie apicale plus ou moins noirtre.

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1,16 R. JEANNEL CnoROLOGIE. ,ce Perileptus se trouve vers 1.200 mtres d'altitude, sur le versant mridional de l'Himalaya. Inde, Himalaya. Garhwal : Siuni Gad (H.-G. Champion!). Kumaon : West Almora, Ranikhet et Diva (H.-G. Champion!). Sectio Ill. 5. Perileptus (s. sLr.) melas, n. sp. J>. melas, n. sp.; type : Mindanao (coll. H.-E. Andrewes). Long. 2,8 mm. Espce voisine du P. ceylanicus, mais reconnaissable premire vue sa coloration noir bronz brillant, avec la base de la tte un peu rougetre, les antennes, les pattes et le dessous du corps bruntres, le premier arlicle des antennes testac bruntre. Yeux trois fois aussi longs que les tempes, celles-ci obliques et un peu convexes. Epistome tubercul. Front convexe entre les sillons frontaux. Pronotum un peu plus large que la tt!te, nettement transvrse, sa plus grande largeur vers le tiers antrieur; les cts sont bien arrondis, comme chez P. ceylanicus; la base est peine plus large que les deux tiers du bord antrieur, peu saillante et en courbe rf>gulire, comme chez P. ceylanicus. Angles postrieurs petits, dentiformes, aigus, vifs et saillants. Disque bien moins convexe que P. ceylanicus et P. pus ill us, ponctuation trs forte et dense; sillon longitudinal limit par deux traits parallles. Elytres parallles, dprims, moins de deux fois aussi longs que larges. Stries superficielles, entires, ponctuation forte, rgulire ct superficielle. Chlotaxie normale, sauf que les pores discaux sont indistincts. Cette espce est remarquable par sa coloration analogue celle du P. nigrilulus des Canaries. CHOROLOGIE. -Iles Philippines : Mindanao, le de la partie mridionale de l'archipel (coll. Bottcherl, in coll. 11.-E. Andrewes), une seule femelle; mont Makiling, dans l'le de Luzon (C.-F. Baker!), une femelle. 7. Perileptus (s. sir .) ceylanicus Nietner. Ochthephilus ceylanicus, Nietner, I85, Ann. Mag. nat. Hist. (2) XIX, p. 276; Lype : Ceylan (Mus. Stettin.). Pulzeys, 1870, Stellin. cnt. Ztg., XXXI, p. 363.-.Teanncl, 1!)23, Trech. Rg. Orient., p .. f1oi, fig. 3.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 417 Fig. 191. -Long. 2,5 mm. Ce J>erileplus se fait remarquer par la forte courbure des cts ct la convexit du disque de son pronotum. Les lytres sont courts, parallles, dprims, stries superficielles; .la ponctuation des stries est grosse, irrgulire et trs peu profonde. Les pores discaux sont distincts. CnoROLOGm. -L'espce habite la presqu'le indienne et Ceylan. Inde. Gov. of Bombay : Poonah, uue femelle (G. Bryant!, in coll. 11.-E. Andrewes). -Ceylan (Nietner) 8. Perileptus (s. slr.) pusillus Jeanne!. P. pusillus, Jeanne}, 1()23, Trech. Rg Orient., p 4o2, fig 4; type : Ho.1 Binh (coll. Jeanne}). Fig. 198 ct 199. -Long. 2,2 2,3 mm. Ce petit Perileplus est trs voisin du P. ceylanicus, dont il sc distingue surtout par la forme moins convexe de sun pronotum ct le reflet bronz de ses lytres. Organe copulateur (fig. 199) bien plus grand et plus allong que chez le P. areolatus. Le bulbe basal est fortement repli du ct ventral, 1 'extrmit apicale est paisse, et termine par un petit bec arrondi saillant. Sac interne inerme. Il est probable que lorsque le P. ccylanicus sera mieux connu, on sera conduit lui rattacher l e P. pusillus comme race gographique. Les deux formes appartiennent peut-tre une mme espce largement rpandue dans 1 'Inde pninsulaire, et la pninsule Indo-Chinoise. CnonoLoGm. -Tonkin : Hoa Binh, dans les monts Sip-SongChau-Ta, dix exemplaires reus par l\1. J.-M. Bedoc dans un lot de Coloptres ripicoles (coll. Jeannel). 9 Perileptus (s slr.) indicus Jeanne!. P. indicus, .Jeunnel, qp3, Trech Rg. Orient. p. 3gg, fig. 2; type : W Almora (Brit. 1\lus. ). Fig. 192. -Long. 2,5 3 mm. Espce dprime, troite et parallle, testace avec la tte et l e dessous du corps plus foncs, les antennes rembrunies partir du troisime article. Le pronotum est

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418 R. JEANNEL peu transverse, trs rtrci la base; les angles postrieurs sont droits ou obtus, vifs et saillants; base saillante parties latrales nettement chancres et obliques. Les stries des lytres sont trs superficielles, mais entires, non effaces aux extrmits; leur ponctuation est .grosse et irrgulire. Les pores discaux sont bien distincts. FIG. [ 90 '[ 92. Genre Perileptu.s. -Fig. 190. P. robustus J eann., X 28. Fig. 191. P. ceylanicu.s Nietn., de Poonah, x 28.-Fig. 192 : P. indic us Jeann., de \V. Almora, x 28. Cette espce rappelle assez le P. madecassus, mais elle est plus dprime et son pronotum est plus rtrci la base. CHoROLOGIE. -P. indicus est largement rpandu dans la zone pi ne du versant mridional de 1 'Himalaya. Inde, Himalaya. Dehra Dun : Chakrata (M. Cameron 1). Kumaon, West Almora : Diva, Tanakpur et Ranikhet (11.-G. Champion!). -Sikkim, Darji ling : Gielle Khola, Tista valley (Il. Stevens!). Eastern Duars (II. Stevens!). -Assam : Someswari river, prs de Siju, dans les monts Garo bills (S. Kemp et B. Chopra!, in coll. H.-E. Andrewes).

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MONOGRAPHI E DES TRECHINAE !t19 1 o. Perileptus (s. slr. ) madecassus Fairmaire. P. madecassus, Fairmaire, 18g8, Ann. Soc. ent. Belg., p. 463; type : Madagascar.-Alluaud, 1915, Bull. Soc. ent. Fr., p. 286. Fig. Ig3. -Long. 2,2 2,6 mm. Coloration testace brillante, les tguments sont lisses, non alutacs sur la tte et le pronotum. Y eux trs gros, quatre fois aussi longs que les fempes. Pronotum transverse, base plus large que les deux tiers du sommet; la ponctuation du pronotum est forte, parse, profonde. Stries des lytres rgulires, non effaces la base et au sommet. Pores discaux des lytres bien distincts P. madecassus est troitement apparent aux espces indiennes. Ses stries des lytres entires, avec les pores discaux distincts sur la troisime strie, sa forme allonge, ses lytres amples, le rapprochent du P. indicus. CnonoLoGm. Espce particulire Madagascar. Madagascar : Digo-Suarez (Ch. Alluaud !) ; bords de la nv1ere Taras-y et de la rivire Mandrar, dans l'extrme sud de l'le (Ch. Alluaul). 1 I. Perileptus (s. str.) humidus Coquerel. P. humidu,s, Coquerel, 1 866, Ann. Soc. ent. Fr., p. 312; type : La Runion Alluaud 1916 Ann. Soc. ent. Fr p. 58. CoQUEREL a dcrit ce PerilepLus dans les terme:; suivants : 11 Dprim, allong, d'un fauve bruntre plus fonc sur les l-ytres; pattes et antennes testaces, les premiers articles de ce llesci d'un testac plus clair; couvert d'un lger duvet tomenteux jauntre plus pais sur les lytres. Tte finement ponctue, de chaque ct un sillon recourb profond, partant de la base des antennes et s'tendant jusque derrire les -yeux, la partie qu'il circonscrit saillante. Prothorax cordiforme, plus long que large, angles postrieurs droits [la surface] finement ponctue. Elytres dprims, un peu largis sur leur milieu, les quatre stries in.ternes assez bien marques, les

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420 R. JEANNEL autres effaces, intervalles couverts d'une ponctuation trs fine. Dessous du corps plus clair qu'en dessus. Long. 3 mm. n Les angles postrieurs du pronotum droits n, les lytres non parallles, stries internes bien marques, donneut penser qu'.j) s'agit bien d'un Perileptus s. str., et non d'un Pyrrhotachys. II est probable, comme le suppose ALLUAUD (Z. c., p. 5g) que P. humidus est trs voisin de P. madecassus. II semble en diffrer par sa taille plus grande, son pronotum plus allong, angles postriems moins obtus, par ses stries externes plus superficielles. Le P. humidus aurait donc aussi .des affinits avec les espces indiennes. CHOROLOGIE. -Iles Mascarignes. La Runion : bords du ruisseau de la Ravine Sche, dans la plaine des Palmistes (Coquerel). 12. Perileptus (s. st1.) Stierlini Putzeys. P. Stierlini, Putzeys, r87o, Stettin. ent. Ztg., XXXI, p. 363; type : cc Algrie >> (erron). Bede!, Cat. Col. N. Afr., I, p. 83 .-Peyerimhoff, 1907, L'Abeille, XXXI, p. 6. F1a. 193 196 Genre Perileptus.-Fig. 193. P. madecassus Fairm., de Diego Suarez, x 28.-Fig. 194 P. Stierlini Putz., du Sina, x 28.-Fig. 195. P. Alluaudi Jeann., de l'Uganda, x 28.-Fig. 196. Organe copulateur du P. Alluaudi, x 150. 197. P. rutilus Schaum, de Roseires. Fig. 1 gt.. -Long. 2 mm. Testac ple. Cette petite espce a les stries des lytres trs fortement ponctues, mais tout fait effaces

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MONOGRAPHIE DES TRECIIINAE 421 l'apex ct sur les cts. Yeux peu saillants, trois fois aussi longs,
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422 R. JEANNEL avec la forme typique, prsente une coloration noir de poix uniforme, avec les pattes et les antennes bruntres. Yeux trs saillants, quatre fois aussi longs que les tempes; celles-ci transverses, peine convexes. Tguments du vertex et du pronotum nettement alutacs, mats, entre les points pilifres; ceux-ci assez petits et pars sur le pronotum. Pronotum peu prs aussi long que large, cts peu arqus, peu rtrcis la base, celle-ci toutefois pas plus large que les deux tiers du sommet. Angles postrieurs obtus, vifs, non saillants. Cts de la base obliquement tronqus entre les angles et Je pdoncule. Elytres troits, parallles, peu dprims, les paules saillantes, les stries fortement ponctues sur le disque, effaces sur les cts et l'apex. Pores stigres discaux indistincts. Organe copulateur (fig. 196) assez allong, avec un bulbe basal renfl et la partie apicale termine par un petit bec mousse. Sac interne avec deux petits nodules plus allongs que chez P. areo latus. Ce Perileptus est troitement alli au P. indicus dont il diffre par sa forme moins dprime et sa ponctuation des stries plus forte et aussi au P. madecassus, dont il se distingue surtout par ses tguments alutacs. CHOROLOGIE. -P. africanus ne m'est encore connu que de 1 'Afrique orientale et de 1 'Uganda. II doit cependant avoir une bien plus large distribution. On verra ci-aprs que le P. hesperidum des les du Cap Vert en est extrmement voisin et ce fait laisse supposer que le P. africanus doit tre rpandu dans toute l'Afrique tropicale, aussi bien clans sa partie occidentale que dans la partie orientale. a. Subsp. africanus, s. str. -Afrique orienlale : Tana river, dans Je Kenya protectorate, nombreux exemplaires (G. Babaultl). b. Var. Babaulti Jeann. -Afrique orientale : Tana river, un exemplaire recueilli avec la forme typique (G. Babaultl). c. Subsp. Alluaudi Jeann. -Afrique orientale, Uganda : bords de la rivire Waki, au nord-ouest de l'Albert Nyanza, dans l'Unyoro, deux exemplaires (Ch. Alluaud!). 15. Pcrileptus ( s. sir.) hesperidum Jeannel. P. hesperidum .Jeanne], 1!)25, ap. Ch. Alluaud, l\lus. civ. St. nat. Genova, LII, p. ur ; type : le S. lago (Mus. Gnes).

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 423 Long. 2,6 2,8 mm. Mme coloration que chez P. africanus typique; brun testac brillant, avec la bordure apicale des lytres enfume. Mmes caractres que chez P. africanus, mais avec les tempes plus transverses, ce qui fait paratre les -yeux un peu plus saillants et la base du pronotum un peu moins rtrcie, un peu plus large que les deux tiers du sommet. Les tguments du vertex et du pronotum sont alutacs. Mme forme gnrale, mme striation des lytres. J e n 'ai vu que des femelles. D'ailleurs il est bien probable que l'organe copulateur ne donnera pas plus de caractres diffrentiels chez cette espce que chez les autres Perileptus. P. hesperidum est extrmement voisin du P. africanus, de l'Afrique orientale et se rattache donc une ligne d'espces indo-africano-malgache, c'est--dire d'ge Secondaire. Dans l'archipel du Cap Vert, P. hesperidum appartient une [aune ancienne, d'origine gondwanienne, tanois que le P. Wollastoni dcrit plus haut reprsente la ligne du P. areolatus venue de la rgion palarctique par 1 'Atlantide tertiaire. Iles du Cap Vert : environs de Vi Il a da Praia, dans 1 'le San Iago, du groupe mridional, plusieurs exemplaires (L. Fea !) ; le San Nico lo, du groupe septentrional, plusieurs exemplaires (L. Feal). Sectio IV. 16. Perileptus (s. slr.) platypterus Jeanne!. P. platypterus, Jeanne!, 1923, Trech. Rg. Orient. p. 4o3, fig. 5; type : Tji Salak (coll. Jeanne!) Fig. 200. -Long. 2,8 mm. Trs dprim et assez large. Rougetre brillant uniforme, les antennes et les palles ples. Tguments non alutacs. Antennes robustes el courtes, ne dpassant gure le quart basal des l-ytres. Yeux trs gros et trs saillants, les tempes planes et diriges transversalement. Front fortement dprim en avant, entre les sillons frontaux; la ponctuation de la tte trs fine ct parse. Pronotum transverse, trapzode, trs rtrci la base; la plus grande largeur sc mesure vers le quart antrieur. Base du

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244 R. JEANNEL pronotum peu saillante, non chancre clans ses parties l atrales, les angles postrieurs droits, presque aigus, vifs, Ull pw saillants en dehors. Disque du pronotum dprim, ponctuation assez dense; le sillon longitudinal mdian est large, trs largi en arrire; fos" seltes basales profondes, prolonges en avant sur les parties latrales du disque. E l ytres trs dprims, larges, peine plus d'une fois et. demie aussi longs que larges; les paules saillantes, les cts parallles. Stries indiques par des lignes de gros points profonds; les 200. 2.01 F1c. 198 201. Genre Pcrilcptus. -Fig. 1!J8. P. pusillus Jeann., x 28. Fig. 'l!J!J. Organe copulateur du P. pusillus, x 150. Fig. 200. P. pla typtcrus Jeann., de Java, x 28. Fig. !!01. P. naicus Jeann., de W. Almora, x 28. cinq stries internes seules marques, mais effaces la base et au srJmrnet. lHtcrstries tout fait plans. Les pores discaux de la troisime strie sont nettement discernables. Espce curieuse par ses caractres synthtiques. Par la forme de son pronotum elle est intermdiaire entre les espces des sections IU et IV; sa forme trs dprime rappelle celle des Pyrrhotachys et la dpression plane de son front entre l es sillons est comme une bauche de l a structure si particulire du front des Neoblemus. CuoRoLOGIE. -Sumatra : Baligh, u n exemplaire (E. l\Iodigliani!1

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MONOGRAPHIE DES, TRECHINAE in Mus. Gnes). -Java, une femelle tiquete << Tji Salak, Wynknepsbaae, Grelak Je suppose. q1,1'elle doit provenir des monts Salak, au sud:ouest de w/ Bali, 1 'est de Java, plusieurs exem plaires (Beccaril, in Mus. Gnes). 1 7 Perileptus (s. str.) imaicus Jeannel. P. imaicus, Jeanne!, Trech. Rg. Orient., p. 4o5, fig. 6; type W. Almora (Brit. Mus.). Fig. 201. -Long . 2,5 2,8 mm. Espce bien diffrente de celles de la section prcdente par sa forme plus convexe, plus cylindrique, son pronotum trapzode an'gles antrieurs trs sail lants et base trs rtrcie, sa coloration rougetre br.illant, avec la tte fonce, la partie apicale et les cts des lytres noirtres, la poi-trine et l'abdomen bruntres, les antennes brunes partir du troi sime article, les pattes testaces. Tguments non alutacs; pubescence rare, mais forme de poils trs longs, dresss, ingaux. Antennes longues, atteignant le milieu des lytres, grles, les articles apicaux non paissis. Yeux trois fois aussi longs que les tempes qui sont obliques et un peu convexes. Pronotum trs trans verse, la plus grande largeur se mesure vers le cinquime antrieur; base trs saillante, parties latrales profondment chancres, les angles postrieurs spini_ formes. Disque convexe, bossu, sillon longitudinal mdian troit et rguHer; fossettes basales trs profondes, tendues sur les cts du disque. El ytres convexes latralement, dprims sur le disque, subparallles et courts, peine deux fois aussi longs que targes, un peu largis aprs le milieu. Stries super ficielles, marques par des rangs de gros points effacs la base et au sommet; les stries externes sont bien visibles. Pores discaux d' la troisime strie indistincts. CaoROLOGIE. -Ce Perileptus est rpandu dans la zone subalpinl! du versant mridional de l'Himalaya. Inde, Himalaya. Garhwal : Sinni Gad, 1.200 mtres d altitude (H.-G. Champion!). -Dehra Dun : Chakrata, Sa.iya (M. Cameront); Chakrata, Binai Gad (S.-N. Chatterjee!). Kumaon, West Almra : Diva, Upper Gumti valley (H.-G. Champion!) . Sikkim, Darjiling : Gopaldhara (H. Stevens!); Rongni river (H. Stevens!). Eastern Duars (H. Stevens i).

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426 R. JEANNEL r 8. Perileptus (s. sLr.) denticollis Jeannel. P. denticollis, Jeanne!, 1923, Trech. Rg. Orient., p. !,o6; lype : Yun Nan (coll. .Teannl). Fig. 202 204. -Long. 2,8 3 mm. Trs votsm du prcdent, mais plus grand, avec le pronotum plus petit, les lytres plus longs FIG. 202 205. Genre Perileptus. -Fig. 202. P. denticollis Jeann., du YunNan, x 28. Fig. 203. Pices labiales du mme, face sternale, x 150. Fig. 204. Organe copulateur du mme, x 150. Fig. 205. P. Cameroni Jeann., de Kaligad, x 28. et plus convexes, les stries plus fortement ponctues. Rougetre bri!lant, comme P. imaicus, mais les lytres peine plus foncs sur leurs bords. Pubescence rare, longue et dresse. Front rugueux le long des sillons, sa partie mdiane bien convexe. Y eux quatre fois aussi longs que les tempes. Pronotum de mme forme que chez lj. imaicus mais plus petit, nettement plus troit que la base des lytres. Elytres plus de deux fois aussi longs que larges, convexes, largis aprs le milieu. Stries superficielles, toutes visibles, ponctuation forte et profonde; interstries convexes. Pores discaux de la troisime strie non discernables.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 427 CnoROLOGIE. -Yun Nan, quatre exemplaires envoys par des miss.ionnaires A.. Grouvelle. Sectio V. 19. Perileptus (s. slr.) Cameroni Jeannet. P. Cameroni, Jeannel, 1923, Trech. Rg. Orient., p. 4o, fig. 7; type: Kaligad (Brit. Mus.). Fig. 200. -Long. 2,6 mm. Bien diffrent de toutes les autres espc du genre. Convexe, allong, les lytres ovalaires. Testac brillant, les lytres avec une fascie bruntre mal limite sur la moiti postrieure du disque, les pattes ples. Tguments lisses et trs bril lants. Pubescence blanchtre, trs fine et trs parse sur la tte et le pronotum, forme sur les ytres par des rangs de poils plus gros, dresss et recourbs en arrire, trs rgulirement aligns en sries longitudinales sur les interstries. A.ntennes atteignant peine le tiers basal des lytres, paisses, les articles apicaux largis. Tte presque lisse, le front convexe entre les sillons, 1 'pistome uni, sans tubercule. Yeux trs gros; tempes planes, obliques, trs courtes. Pronoturo convexe, plus large que la tte, angles antrieurs trs saillants, les cts bien arrondis, la trs rtrcie, pdoncule dans son sixime basal; base recti ligne, angles postrieurs droits, nullement saillants. Disque trs convexe; base rugueuse, fossettes basales arrondies, petites, non pro longes en avant sur les cts du disque. Elytres ovales et convexes, une [ois et demie aussi longs que larges, la plus grande largeur au milieu, le sommet attnu, ls paules effaees. Stries rgulires, 3. ponctuation forte et rgulire; la strie suturale est plus forte, non parallle la suture dont elle s'carte vers le milieu. lnterstries lg. reroent convexes, presque lisses. Les pores discaux sont peine dis tincts. Des ailes propres au vol. .CnoROLOGIE. --:-Inde, Himalaya. Dehra Dun : Kaligad, plusieurs exemplaires (M. Cameron 1).

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428 R JEANNEL Subgen. PYRRHOTACHYS Sionne. 20. Perileptus (Pyrrhotachys) promontorii Pringuey. P promontorii, Pringuey, r8g6, Trans. S Afr. phil. Soc., VII, p. 5go; type : Grahamstown (S. Afr. Museum). Fig. 20j. -Long. mm. Allong, parallle ct trs dprim. Testac uniforme. Pubescence excessivement fine, courte et serre. 2.08. FIG. 206 210. Sous-genre Pyrrlwtachys. -Fig 206 P. tes ta ceus Putz., de Djibouti, x 28. -Fig. 207. P promontorii Pr., du Cap, x 28.-Fig. 208. P. constricticeps SI., d'Australie, x 28. -Fig. 209. Labium du mme, face sternale, x 150. -Fig. 210 Tibia an t rieur e l tarse droits du mme, x 60. Tte ponctuation fine, les yeux saillants, quatre fois aussi longs que les tempes qu' sont obliques. Vertex trs peu convexe, ponctuation trs parse; pistome avec un tubercule m dian trs p etit. Antennes long u es e t robus t es Pronotum un peu plus large que long, peu rtrci la base, les cts lgrement arrondis, les angles pos-

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MONOGRAPIIIE DES TREC!l!NAE tr:.urs droits, u n peu saillants en dehors, la base obliquement tronque latralement. Disque trs peu convexe, ponctuation trs fine, alutac et mat entre les points; le sillon mdian trs superficiel est reprsent par deux traits fins, lgrement divergents en arrire, entre lesquels le tgument est alutac et mat. Fossettes basales trs petites. Elytres parallles, trs dprims, les paules anguleuses, les cts presque droits; stries fines, superficielles, mais discernables, leur ponctuation trs fine. Pores discaux distincts. CnoRoLOGIE. -Colonie du Cap : Grahamstown, dans le sud de la Cafrerie (Pringuey); Durban, dans le Natal (Pringueyl). 2 r. Perileptus (Pyrrhotachys) constricticeps Sloane. Pyrrhotachys constrictipes, Sloane, r8g6, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XXI, p. 375; type : N. S. Wales (coll. Sloane). -constricticeps (nom. emend.), Sloane, rgo3, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XXVIII, p. 583. Fig. 208 210. -Long. 3 mm. Trs voisin du prcdent. Les yeux sont plus gros et plus saillants, cinq fois aussi longs que les tempes; le vertex est presque lisse. Disque du pronotum tout fait plan, ponctuation imperceptible au milieu du rseau alutac trs serr qui le fait paratre mat. Sillon mdian troit, rgulier, fond lisse et brillant, s'effaant la base. Elytres stries trs fines et trs superficielles. Pores discaux distincts. C'HOROLOGIE. -Australie. New South Wales (T.-G. Sloane). -North Queensland : bords de la rivire Normanby, dans les Kings plains, prs de C ooktown (T. G. Sloane !) 2 2 Perileptus (Pyrrhotachys) testaceus Putzeys. P. testaceus, Putzeys, 187o, Stettin ent. Ztg., XXXI, p. 363; type : Algrie )) (erron). -testaceus Chaudoir, 1876, Rev. Mag. Zoo!., XXXIX, p. 38r; type: Hamacen (coll. R .Oberthr). Bede!, Cat. rais. Col. N. Afr., I, p. -melanopygus, Fairmaire, 1892, Rev. d'Entom., XI, p. 87; type : Obock (Mus. Paris). Fig. 206. -Long. 3 mm. Extrmement voisin du P. constricticeps L'ABEILLE, XXXII, 1er Juin 1920. 28

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430 R. JEANNEL dont il est trs difficile de le distinguer. Le pronotum est un peu moins dprim, moins finement alutac et par suite d 'aspect plus brillant; les stries des lytres sont un peu plus nettes. Organe copulateur allong, base brusquement coude angle droit, semblable celui du P. Alluaudi (fig. 196). CHoRoLOGIE. -Abyssinie : hauts plateaux de l'Hamacen (A. Raf fray) -Cte des Somalis : Obock (Dr Gaujan); Djibouti, jardins d'Ambouli (>Ch. Alluaud!, H. Coutirel). 2. Gen. PERILEPTODES, nov. Type : P pilifer, n. sp DIAGNOSE. -Sillons frontaux complets, profonds sur le vertex, comme ceux des Trechus. Yeux velus. Epistome simple. Palpes maxillaires et labium comme chez Peril eptus, mais l 'avant-dernier article des palpes labiaux avec seulement 5 6 soies recourb es. Bord apical de la languette avec 2 grandes soies et 4 petites. Cts du pronotum non rebords. Elytres strie suturale diffrencie, sans retour apical de. cette strie, ni carne apicale. Tibias antrieurs pubescents, sans sillon longitudinal ni c arne. Expansion sous tarsale du 4" article des tarses bien dveloppe. Tarses antrieurs des mles simples. Pubescent. Petite taille Organe copulateur semblable celui des Perileptus. Aspect extrieur d'un petit Perileptus du groupe IV, mais avec le prothorax fortement pdoncul. Tguments brillants, non alutacs, hrisRs de poils peu nombreux, longs et dresss, un peu onduls. Ail. Tte robuste, transverse, dprime les yeux volumineux, trs saillants, conve x es, velus. Sillons frontaux complets arrondis, approfondis sur le disque, non en coup de gouge comme ceux des Peri leptus. Front ponctu. Epitosme sans bourrelet transverse. Pices buccales Eemblables c elles des Perileptus ; la dent du menton simple. conique, saillante. Les grandes soies d e la languette sont insres sur la face ventrale e t il n'existe que quatre petites soies sur son bord libre. Antenne s longues comme chez l es Peril eptus. Pronotum trapzode, tr s rtrci la base sans trace de rebord ni

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MONOGRAPIIIE DES TRECHINAE 431 de gouttire marginale, de sorte qu'aucune limite n'existe entre ie disque du pronotum et les pipleures prothoraciques (fig. 212). Sillon longitudinal mdian large, profond, irrgulier; surface basal rugueuse; fossettes basales nettes. Pdoncule msothoracique trs troit. El ytres ovalaires, prsentant leur plus grande largeur aprs le milieu, les cts convexes, mais le disque dprim, plan. Epaules anguleuses, saillantes; base perpendiculaire la ligne mdiane; cts arqus et sommet attnu. Gouttire marginale trs troite, tout fait efface en avant et n'atteignant pas les paules. Strie suturale forte et profonde, se rapprochant e la suture 1 'apex; les autres stries il peine traces, indiques vaguement par des rangs de gros points su perficiels. Ponctuation des interstries rduite une file longitudinale de petits points aciculs sur chacun d'eux. Apophyse intercoxale du prosternum trs troite, celle du msosternum vaguement bilobe. Mtasternum trs grand. Pattes grles. Les tibias antrieurs sont grles, arqus en dedans, sans sillon longitudinal ni carne, et portent trois rangs de g 10 soies longues et recourbes sur les faces antrieure, externe et postrieure. Tibias postrieurs avec 4 rangs e soies, leur bord apical avec un peigne particulirement long. Tarses courts, les articles 3 et 4 aussi longs que larges. Tarses antrieurs mles simples, absolument semblables i1 ceux des femelles. Chtotaxie. Mmes caractres que chez Perileplus. Les pores discaux des lytres sont trs grands, fovols. Organe copulateur mle trs peu volu, comme chez les Perileplus. Les styles latraux ne portent que deux soies. Perileptodes pilifer, n. sp. Type : Kapakapa (coll. Jeanne)). Fig. 211 216. -Long. 2,2 mm. Noir de poix brillant avec le vertex, le disque des lytres rougetres, la base des antennes, les palpes et les pattes testaces. Pubescence trs longue. Yeux quatre fois aussi longs que les tempes qui sont obliques et peu convexes. Pronotum deux fois aussi large en avant qu' la base, sa plus grande largeur au niveau des angles antrieurs qui forment deux grosses bosses saillantes. Cts rtrcis presque en ligne droite en arrire; les angles postrieurs spiniformes, saillants, les cts de la base pro-

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432 R. JEANNEL fondment chancrs. Elytres deux fois et demie aussi longs que larges. Organe copulateur (fig. 216) allong, avec la partie hasale coude angle droit, le bulbe basal bien renll; partie apicale termine par un petit bec mousse. 2.1/. FIG. 211 216. Perileptodes pilifer Jeann, de Nouvelle-Guine. Fig. 211 Mle, x 28. -Fig. 212. Face latrale du pronolum, x 30. -Fig. 213. Sommet. du tibia el tarse postrieurs droits, x 60. -Fig. 214. Labium, face sternale, x 150. -Fig. 215. Palpe maxillaire gauche, x 150. -Fig. 216. Organe copulateur mle, x 150. CnoROLOGIE. -Nouvelle Guine britannique : Kapakapa, sur l:t cte orientale du golfe Papou (L. Loria!), deux exemplaires. 3. Gen. NEOBLEMUS Jeannel. Neoblenws, .Jeanne!, Ig23, Trech. Rg. Orient., p. t.og; type : N. Champiani, .Jeanne!. Les espces de ce genre ont l'aspect gnral des Perileptus, mais sont bien reconnaissables leur grande taille, la forme trs parti-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE culire du vertex et leurs tibias antrieurs sillonns sur la face externe. DIAGNOSE. -Long. 4 4,5 mm. Tguments brillants, non rti culs, ponctus et pubescents; le pronotum est glabre chez certaines espces. Pubescence assez longue et dresse. Tte trs robuste, transverse, dprime. Yeux velus, plus ou moins gros, mais saillants. Epistome formant une saillie transverse, de forme elliptique, nettement limite en arrire par un sillon. Sillons frontaux complets, larges et lisses, unis par une large dpression tranverse du vertex galement lisse et brillante; les sillons frontaux et leur anastomose mdiane forment ainsi sur la tte une dpression lisse en forme d'H, nettement dlimite sur ses bords par un trait qui dtoure les joues en dehors, le postpistome en avant, une saillie triangulaire mdiane du vertex en arrire. Front ponctu en dehors des sillons, avec de longs poils dresss dont ceux qui se trouvent le long de la partie postrieure des sillons sont dirigs en dedans et en arrire. Labre et pices buccales comme chez Perilcptus. Dent du menton simple, mais largement tronque. Antennes trs longues. Pronotum subcordiforme, rtrci la base, le disque plan, ln gouttire marginale trs large, spare du disque par une strie; le sillon mdian de forme variable, la base rugueuse. La gouttire marginale cesse en arrire avant la base ct les angles postrieurs sont aigus et vifs; bord basal presque rectiligne. Pdoncule msothoracique trs troit; cusson trs petit. Elytres parallles, semblables ceux des Perileptus. Apophyse prosternale allonge, non reborde. 1\ftasternum long; des ailes propres au vol. Pates grles et courtes. Les tibias antrieurs assez grles, droits, avec un profond sillon externe qui s'inflchit vers Je bord interne la base (fig. 220 et 223); face anterieure du tibia presque glabre, face postro-externe pubescente. Tibias postrieurs avec des perons internes et une frange pectine bien dveloppe au bord apical. Tarses courts, les articles 3 et 4 aussi longs que larges, l'expansion soustarsale du 4" article bien dveloppe, comme chez Perileptus. Les deux premiers articles du tarse antrieur sont lgrement dilats et dents dedans chez les mles. Chtotaxie normale. Le pore sus-orbitaire postrieur est remplac par la houppe de poils dirigs en dedans el en arrire qui se trouve sur la partie postrieure des joues. Un seul pore prothoracique antrieur. Pores des lytres normaux. Organe copulateur semblable celui des Perileptus, mais trangl

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R. JEANNEL dans sa partie moyenne coude. Styles latraux courts, arms de 2 ou 3 soies. Ce petit genre est spcial la rgion Orientale. TABLEAU DEs EsPCEs. 1. Yeux petits, bien plus courts que les tempes; celles-ci trs bombes. Pronotum pubescent, gouttire marginale moins large en avant, pes cts moins arqus, sa base plus large, le sillon, longitudinal mdian du disque limit par deux stries parallles. Sillon externe des tibias antrieurs superficiel. Long. 4,6 mm. (Himalaya).................. 3. Andrcwcsi Jeann. Yeux bien plus gros, plus longs que les tempes, celles-ci peine convexes, obliques. Pronotum glabre et lisse, brillant, gouttire marginale trs large; les cts plus arqus, la base plus troite; sillon longitudinal mdian du disque limit par deux lignes de points qui divergent assez fortement en arrire. Sillon externe des tibias antrieurs profond . . . . . . . . 2. 2. Saillie mdiane du vertex lisse et glabre; tempes planes. Pronotum une fois et quart aussi large que long, ses cts peu arrondis en avant. Long. 3,8 4,2 mm. (Himalaya) ................ . . . . . . . . . . . 1. Championi Jeann. Saillie mdiane du vertex pubescente et ponctue; tempes un peu convexes. Pronotum presque une fois et demie aussi large que long, ses cts bien arrondis en avant. Long. 4 4,5 .mm. (Tonkin).............................. 2. Bedoci Jeann. 1. Neoblemus Championi Jeanne!. N. Championi, Jeanne!, 1923, Trech. Rg. Orient., p. 4II; type Diva (Brit. Mus.). Long. 3,8 4,2. mm. Dprim, parallle. Brun rougetre brillant, avec les joues, la partie externe, apicale et suturale des lytres, le mtasternum et parfois aussi le disque du pronotum bruntres; pattes testaces. Tte transverse, robuste, les yeux un peu plus longs que le$ tempes qui sont obliques et presque planes. Saillie mdiane du vertex glabre. Pronotum transverse, une fois et quart aussi large que long, trs rtrci la base qui n'est gure plus large que la moiti du bord antrieur; celui-ci rectiligne. Cts peu arrondis en avant, brusque-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE t.35 ment sinus vers le cinquime basal, puis parallles avant les angles postrieurs qui sont saillants, un peu aigus, vifs. Disque trs plan, brillant, le sillon mdian profond et peine plus large en arrire qu'en avant; surface basale trs rugueuse; fossettes basales peu pro rondes, ne s'tendant pas en avant sur le disque. Gouttire marginale trs large en avant, peu peu rtrcie en arrire. Elytres plans, deux Z20. FIG. 217 221. Neoblemus Bedoci Jeann., de Hoa Binh, Tonkin.-Fig. 217. Mle, x 29.-Fig. 218. Labium, face sternale, x 80.-Fig. 219. Palpe droit, x 80. Fig. 220. Face exterile du tibia antrieur droit, x 60. Fig. 221. Organe copulateur mle, x 80. fois aussi longs que larges, les stries rgulires, superficielles, mais bien visibles, marques de lignes de points un peu plus gros que ceux qui couvrent les interstries. Sillon externe des tibias antrieurs trs profond. Organe copulateur analogue celui du N. Bedoci (fig. 221), ma1s plus petit, moins renfl dans sa partie apicale, avec le bec plus court. Styles arms de 2 soies. CHOROLOGIE. -Espce distribue dans la zone subalpine d'une grande partie du versant mridional de 1 'Himalaya.

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q_g6 R. JEANNEL Inde, llimalaya. -Dehra Dun : 1\fussoorie, Mossy Fal l s (M. Cameron!) . -Kumaon, W. Almora : Diva et Upper Gumti Valley (1-1.-G. Champion!). -Sikkim, Darjiling : Gopalclhara et Namsoo (H. Stevens!). -Eastern Duars (H. Stevens!). 2. Neoblemus Bedoci J eannel. N. Bedoci, Jeanne!, 1923, Trech. Rg. Orienl., p. !,12, fig. 8; type: Hoa Binh (coll. Jeanne!). Fig. 217 221. -Long. 4 4,5 mm. Espce voisine de la prcdente, ayaut le mme aspect gnral, mais avec la tte plus robuste, plus transverse, les tempes plus convexes, la saillie du vertex ponctue, le pronotum plus large, cts plus arrondis en avant, le sillon longitudinal mdian du pronotum plus largi en arrire, les fossettes basales plus profondes et prolonges en avant par une dpression oblique s'tendant sur les parties latrales elu dr:syue, les lytres plu:> allongs, ponctuation des stries un peu plus fine. Organe copulateur (fig. 221 ) allong, partie apicale trs renfle, termine par un petit bec bien saillant. Styles arms de 3 soies. CHOROLOGIE. -Tonkin : Hoa-Binh, dans les monts Sip-Song Chau-Ta, nombreux exemplaires reus par M. J.-M. Bedoc. 3 Neoblemus Andrewesi Jeanne!. N. Andrewesi, Jeanne!, 1923, Trech. Rg. Orient.,_ p. !,13, fig. g; type Dehra Dun (Brit. Mus.). Fig. 222 et 223. -Long. 4,6 mm. Bien diffrent des prcdents par ses trs petits yeux et son pronotum pubescent. Testac rougetre brillant uniforme, avec les pattes ples. Tte volumineuse, transverse, dprime, un peu plus large que le pronotum, les yeux saHiants, les tempes prs de deux fois aussi longues que les yeux, trs convexes, bombes, presque anguleuses. Prouot.um pubescent, les poils des parties latrales dirigs en dedans ou en arrire. Cts peu arrondit; en avant, brusquement sinus au cinquime basal, divergents en arrire avant les 11ngles postrieurs qui sont aigus, vifs et saillants. Sommet et bord basal presque rectilignes. Disque plan, sillon mdian

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 437 limit par deux stries parallles, la surface basale moins rugueuse que chez les espces prcdentes, les fossettes basales petites et profondes, la gouttire marginale moins largie en avant. Elytres plus de deux fois aussi longs que larges; les stries nettes et superficielles, sans ponctuation distincte. Sillon externe des tibias antrieurs superficiels. Mle inconnu. .223. FIG. 222 et 223. Ncoblcmus Andrenesi Jeann., de Dehra-Dun, Inde.-Fig. 222. Femelle, x 20.-Fig. 223. Face externe du tibia antrieur droit, x 60-CHOROLOGIE. -Inde, Himalaya. Dehra Dun : R. Song, une femelle (S.-N. Chatterjee!). -Kumaon : Haldwani division, une femelle (11.-G. Champion!). 4. Gen. APOPLOTRECHUS Alluaud. Apoplotrechus, Alluaud, I[JI5, Bull. Soc. ent. Fr., P-286, fig. r; type A. strigipennis Fairmaire.

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438 R. JEANNEL L'unique espce du genre est trs remarquable par sa grande taille, sa forme paisse, ses antennes trs courtes et un certain nombre dr caractres trs extraordinaires. DIAGNOSE. -Sillon frontaux, pistome, labre, pices buccales du mme type que chez Perileptus; la dent du menton particulirement longue et aigu. Yeux glabres. Antennes filiformes, courtes et grles. Pronotum trs large, non rtrci la base qui est pdoncule. Elytres parallles, mais trs convexes, stries entires et ponctues, avec une forte carne en dedans de la racine de la 5" strie, s'unissant angle aigu avec l'origine de la gouttire humrale. Pas de carne apicale ni de retour de la strie suturale le long du bord apical. Tibias antrieurs pubescents, mais avec une forte carne saillante sur la face externe et sur le bord interne, la face ventrale tubercule. 4" article des tarses avec une expansion membraneuse sous l'onychium. Tte et pronotum glabres, lytres pubescents. Grande taille; ail. Forme gnrale paisse. Coloration testace bruntre, les tguments alutacs, trs brillants, comme vern1s. Tte et pronotum glabres, lytres pubescence rare. Tte petite, dprime, sillons frontaux nrts, profonds et troits, complets, rgulirement arrondis et trs carts 1 'un de l'autre sur le vertex; les joues et le vertex convexes et lisses . Yeux trs grands, trs saillants, glabres, rniformes, les tempes rduites un tout petit in tervalle entre le bord postrieur de l'il et le sillon. Epistome tubercul. Labre rtrci la base, fortement bilob. Antennes trs courtes, dpassant peine la base du pronotum, fines, les articles cylindriques. Mandibules longues, grles et acres. Palpes subuls, comme chez Perileptus; l'avant-dernier article des palpes labiaux porte une douzaine de grandes soies recourbes. Labium libre, pilobes peu saillants, la dent mdiane simple, trs aigu. Languette carre; para-glosses trs grles (fig. 226). Pronotum trs large, transverse, convexe, non rtrci la base; les cts rgulirement arrondis, peine sinus en arrire, la base plus large que Je sommet, lobe au milieu, avec les parties latrales rectilignes, les angles postrieurs aigus, vifs, saillants, marqus d'une forte carne bissectrice saillante. Gouttire marginale trs troite. Sillon mdian trs profond, large et sulciforme en avant, linaire en arrire et brusquement largi en fourche sur le lobe basal dont la surface est dprime. Pas de fossettes latrales, mais une impression

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 439 transverse, rapproche du bord baRal et s'tendant pre sque jusqu'aux angles postrieurs. Pdoncule msothoracique assez troit. Elytres parallles, convexes, pais, environ une fois et demie aussi longs que larges, les paules anguleuses en avant, le bord humral dessine le ct ogive d ont l'autre ct est form par une forte carne du 5" inlerstrie (fig. 224). Striole juxtascutellaire bien dveloppe. Gouttire margi nale troite et rgulire. Toutes les stries entires, profondes, gales, fortement ponctues et de plus colores en brun; simples a u sommet, sans crosses ni anastomoses; pas de carne apicale Interstries con vexes, finement ponctus el pubescents, le 8" .interslrie plus large que les autres. Des ailes. Mtasternum allong. Face ventrale de l'abdomen pu bescente Pattes courtes et grles. Les tibias antrieurs allongs, un peu arqus, pubescents, sans sillons, mais avec de fortes carnes externe et interne el une autre bien plus faible dorsale, les poils aligns entre les carnes dorsale et externe; face ventrale ingale, tubercule (fig. 225) Tibias intermdiaires et postrieurs pubescents et carns Tarses courts, les deux premiers articles dilats chez les mles, le qua trime article avec une petite expansion membraneuse sous l'onychium. Chtotaxie. Deux pores susorbitaires en lignes divergentes. Pronolum avec u n pore situ vers le milieu des cts, un deuxime plus petit sur l'angle postrieur, au ct externe de la carne angu laire. Srie ombilique rgulire, pas de soies discales ni apicales. Organe copulateur inconnu. L'unique du genre habile Madagascar. Apoplotrechus strigipennis Fairmaire. Perileptus strigipennis, F airmaire, lgo3, Hev. d 'Enl., XXII, p . 17; type : Madagascar (coll. Aubert, in Mus Paris). -Apoplotrechus strigipennis, Alluaud, 1915, B'ull. Soc. enl. Fr., p 286, fig. 1. Fig. 224 226. -Long. 4,8 mm. Brun testac ple trs brillant en dessus, mat et plus fonc en dessous, les carnes, les si llons et les f.tries noirtres. Tguments fortement alutacs. Tte bien plus troite que le pronotum, les ye ux sept huit fois aussi longs que les tempes Pronolum presque aussi larg e que les lytr es, sa plus grande largeur au milieu.

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R. JEANNEL CHOROLOGIE. Madagascar : Belumb (Perrier de la Bathie, in Mus. Paris); Ampasimpolaka, sur la rivire Mandrar, dans l'extrme sud de l'le (Ch. Alluaud!, mars 1goo). FIG. 22' 226. Apoplotrechus strigipennis Fairm ., de Madagascar.-Fig. 224. Femelle, x 18.-Fig. 225. Face externe du tibia antrieur droit, x 60. Fig. 226. Labium, face sternale, x 80. II. Tl'ib. AEPINI, nov. Trechinae tridenta.lae dents mandibulaires aigus et trs sail lantes, vivant sur les ctes du Chili et de 1 'Europe occidentale, ainsi qu'aux les Crozet, au sud de l 'ocan Indien .Murs submarines. Taille variable, en gnral trs petite. Insectes dpigments, avec les yeux rduits, les tempes trs renfles et convexes. Tte toujours volumineuse, sillons frontaux complets ou incomplets (Aepomorphus) Pronotum toujours petit, rtrci la base, sans impression ba sale transverse. Elytres ovales, lobe apical cuhito-anal trs large; la srie ombilique agrge, le groupe apical incomplet chez les espces

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 44f sud-amricaines, complet chez celles de l'Europe. Tibias antrieurs pubescents, sans sillon externe. Pices buccales : Labre transverse, trs court et chancr. Mandibules dent prmolaire longue et aigu, le rtinacle gauche simple, aigu, le droit double, dents galement trs aigus (fig. 234 et 243). Palpes variables, les palpes labiaux avec 4 soies. Prbasilaire avec deux soies angulaires seulement chez les espces du Chili et d'Europe. Labium pilobes saillants, 1 'organe labial bien dvelopp, circulaire, trs cart du bord basal. Languette saillante, petites soies latrales peu dveloppes, tendant disparatre. Organe copulateur petit, grle, mais complet, avec un bulbe basal ferm et sa partie a1)il'ale sans lobes distincts. Sac interne ftrmature tri>s peu volue. Tous les Aepini connus sont dpigments, comme les espces de Trcchini souterraines. Il est probable que cette dpigmentation est en rapport dans une certaine mesure avec l'habitat submarin. On n en effet depuis longtemps constat que les Insectes des rivages de la mer perdent facilement leur pigment et ce caractre est mis e11 gnral sur le compte de la salure. Toutefois il faut noter que les Aepini prsentent d'autres caractres qui les font ressembler aux Trechini cavernicoles, en particulier l'arrondissement considrable des joues et le rtrcissement de l'avant-corps. Comme la dpigmenta-tion, ces caractres rsultent peut-tre d'une volution orthogntique analogue celle qu'ont subie les Trechini des cavernes. Une adaptation remarquable des Aepini est celle montre par leur appareil respiratoire. Des sacs ariens se sont dvelopps sur les dernires traches de l'abdomen, tout au moins chez les espces d'Europe, afin de retenir une rserve d'air respirable pendant l'immersion sous le fait des mares. L'largissement du lobe apical des lytres et mme son atrophie chez Aepopsis sont manifestement en relation avec cette fonction respiratoire. Je reviendrai plus loin ce sujet. Les tarses prsentent enfin toujours une expansion ventrale du quatrime article assez dveloppe; cette expansion est mme norme chez 1 'A pomorphus de 1 'Amrique antarctique et semble devoir tre utilise comme organe de prhension, servant l'Insecte se cram ponner solidement aux algues, lorsqu'il est submerg. CnoROLOGIE. La distribution actuelle des Apini est particulirement remarquable (fig. 227). On les trouve en effet rpartis d'une

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442 R. JEANNEL part sur les ctes antarctiques et pacifiques de l'Amrique du Sud, aux les Crozet, dans les mers antarctiques au sud de 1 'ocan Indien, d'autre part sur les ctes atlantiques de l'Europe et du nord de l'Afrique Les affinits des deux groupes amricain et europen sont mme assez troites pour qu 'on puisse rapprocher l'Aepopsis europen de l'Aepomorphus antarctique et les Aepus du Thalassobius chilien. FIG. 22?. Carle de la distribution des Aepini. -La zone pointill e indique l'extension de l' Archhlnis, la rin du Crtac. Cette faon dont quatre des genres constituant la tribu sont appa rents empche absolument d'admettre que Aepini europens ct A epini sudamricains soient deux lignes distinctes se ressemblant par convergence du fait du mme habitat submarin. Il est clair qu'il ne s'agit que d'une seule ligne bien homogne, dont le centre de dispersion s'est trouv dans le sud du continent amricain. Ce son t en effet les genres de cette contre qui se montrent les plus archa ques et d'autre part semblent bien tre drivs d'une souche commune avec les Homaloderini. Au contraire, en Europe, les Aepus et Aepopsis sont tout fait isols et les quelques ressemblances que prsentent les premiers avec les Perileptus ne peuvent pas tre tenues

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE pour autre chose que de vagues convergences. La petite taille, les tguments pubescents et ponctus, 1 'aplatissement du corps sont le fait d'un genre de vie analogue, sous les pierres au bord des eaux, mais la structure des pices buccales et surtout des palpes et de l'organe labial, montre bien que les Aepus n 'ont en ralit aucun rapport ph)llognique troit avec les Perileptus. Le fait que les ; 1epus et Aepopsis appartiennent bien une mme ligne que les Thalassobius et Aepomorphus sudamricains amne donc se demander comment leur souche originaire des rgions antarctiques de l'Amrique du Sud a pu se rpandre sur les ctes atlantiques de l'Europe. Il ne semble pas possible de supposer que cette migration ait pu se faire le long des rivages de 1 'Ocan Atlantique. S'il en tait ainsi, ce ne serait que pendant le Tertiaire que les Aepini auraient pu se rpandre, aprs la rupture des communications continentales entre l 'Amrique du Sud et l'Afrique; il aurait fallu qu' ils contournassent tout l 'Atlantique nord par les ctes orientales de l Amrique du Nord el les ponts nord-atlantiques. II serait bien trange qu'au cours de ce long priple, ils n aient laiss nulle part des tmoins de leur migration et n 'aient point persist tout au moins sur les eles tempres de 1 'Amrique du Nord. Or la faune submarine de 1 'Atlantique est assez bien connue pour qu'on soit certain qu' il n '-y existe pas d Aepus ailleurs qu'en Europe. Il faut donc admettre que les souches antarctiques des Aepus et Aepopsis se sont rpandues par les etes du Pacifique, le long du continent sud-amricain, alors que ce dernier tait spar de l' Amrique du Nord et uni encore au nord de l Afrique De semblables 1 :ondilions palogographiques se sont prsentes pendant le Jurassique ou encore pendant la fin du Crtac, lorsque le continent africano-brsilien (Archhlnis de Jhering), spar de l'Amrique centrale par des mers couvrant la Bolivie, 1 'Equateur el le Vnzuela, dveloppait une ligne de rivages continus depuis le sud du Chili jusqu'en Mauritanie (voir fig 2 2 7 ) Plus lard, pendant le Tertiaire, el surtout au Miocne lorsque se sont rpandues les espces lusitaniennes, les Aepus et Aepopsis isols de leur souche primitive par la rupture du continent africano-brsi lien, ont pu se rpandre le long des etes atlantiques, jusque dans les les Britanniques et en Norvge, comme bien d autres espces et: en particulier le Trechus fulvus (JEA!"NEL, rg2o, Trab. Mus. nac Cienc. nat., Madrid, Zoo!., 4r, p. 20). L'Aepopsis n a pas dpass les Iles Britanniques (fig. 228) el s 'e:>t

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R JEANNEL dispers sans variations sur les etes atlantiques, depuis le Maroc jusqu'en Ecosse. Par contre les Aepus, ont atteint la Norvge et la localisation de leurs colonies, a produit l'isolement de deux espces FIG. 228. Carle de la distribution des Aepus el Aepopsis sur les ctes de l'Europe. L a li gne de croix dtoure l'air e de l'Aepopsis Robini. Les lignes inter rompues dtourent l es deux aires distin c tes de I'Aepus marinus dans le n ord el des Aepus gracilicornis e t gallaecus, dans l e sud. primitives, 1 'une septentrionale, sur les ctes des massifs armoricain, britannique et norvgien, l'autre mridionale sur la partie de l Atlantide unissant l es les Madre la Galice L'effondrement rcent de l'Atlantide a spar enfin du continent les Aepus de Madre e t leur i solement dans une le a eu pour rsultat une diff renciation plus grande de leurs caractres extrieurs; mais leur organe copu-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE Jateur indique bien qu'ils ont bien rlus d'affinits avec l'A. gal laecus du nord-ouest de l'Espagne, qu'avec l'A. marinus septentrional. La prsence d'un reprsentant de la tribu des Aepni dans l'archipel des Crozet est encore trs remarquable. C'est avec l'Aepomorphus que le Temnostcga antarctica a certainement d'troites affinits et il n'est pas douteux que les deux genres descendent d'une souc.he commune. Le Temnostega a-t-il aussi des murs submarines, comme les Apus d'Europe? On ne le sait. Mais le fait est qu'il a t dcouvert sur le rivage de la mer et que tous ses caractres morphologiques rappellent trangement ceux des Aepopsis. Si l'on jette les -yeux sur la carte de la distribution des Aepini (fig. 227), on y trouvera indique la position des les Crozet, dans l'ocan Antarctique, au -sud de Madagascar. Le lecteur voudra bien lui-mme marquer cet endroit d'un point noir, qui manque sur cette carte, parce que je n'ai eu connaissance du Temnostega qu'au cours de 1 'impression de cette Monographie. Cette correction faite, il sera frapp de voir les Aepini jalonner d'une faon si parfaite le pourtour de l' Archhlnis de Jhering. Sans doute les les Crozet ont-elles t englobes dans ce continent du Secondaire, et c'est le long de ses rivages mridionaux, aujourd'hui totalement disparus, que la souche commune du Temnostega et de l'Aepomorphus a d sc disperser, de la mme manire que les souches des Aepus et des Aepopsis se sont rpandues du Chili jusque sur les ctes occidentales de 1 'Europe. La curieuse distribution actuelle des Aepini ne s'explique donc que par une migration le long des ctes du continent africano-br silien, qui a amen les souches des genres europens depuis l'Antarctique sud-amricain jusque qu'en Europe, pendant le Secondaire. L'normit de la distance ainsi parcourue ne doit pas surprendre, car on sait avec quelle facHit les espces littorales se propagent le long des rivages marins. Elles trouvent de proche en proche des conditions d'existence toujours les mmes et l'habitat littoral est certainement celui sur lequel les diffrences de latitude et de climat ont le moins d'action. D'autre part on voit quel intrt la distribution des esrces ter restres submarines peut avoir pour la solution des grands problmes palogographiques, car elles jalonnent les anciennes lignes de rivage avec la prcision des formations stratigraphiques. L. FAGE (!gog, A1ch. Zool. exp. (4) IX, N. et R., p. 83) a dj montr la parent troite du Desidiopsis Racovitzai [Aran.] des trottoirs littoraux de J/ ABEILLE. XXXII, 1 Juin 1920. 29

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446 R. JEANNEL Banyuls-sur-Mer avec les Desis de Nouvelle-Zlande, d'Australie et du Cap. Mais on ne connat rien de l'histoire des Aepophilus [H: mi pt.] et Micralymma [ Staphyl.] vivant avec les Aepus sur les plages de la Manche, ni de celle des Thalassotrechus, petits Pogonides submarins de la Californie. II est bien probable que l'tude phylognique des diffrents groupes auxquels ces espces appartiennent apportera des faits nouveaux de grande valeur pour la reconstitution des anciens continents. TABLEAU DES GENRES. 1. Dent labiale simple. Palpes maxillaires pais, dernier article conique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 Dent labiale double ou bifide. Palpes maxillaires dernier article subcylindrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4. 2. Grande taille (5 6 mm.). Sillons frontaux incomplets. Elytres non atrophis au sommet. Tibias antrieurs glabres; tarses trs courts onychium trs grand (Iles Falkland, dtroit de Magellan).. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. . .. .. 5. Gen. Aepomorphus, nov. Petite taille (2,6 3,5 mm .. ). Sillons frontaux c omplets. Elytres sommet atrophi, aminci. . . . . . . . . . . . 3. 3. Bord apical des lytres transverse, 1 'angle sutura! non dhis cent. Antennes trs courtes. Tibias pubescents, tarses Lrs courts, onychium normal. Long 3,5 mm. (Iles Crozet). .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 7 Gen. Temnostcga End Lobes apicaux des lytres arrondis et lobs. Antenn es trs longues. Tibias pubescents; tarses trs courts, onychium normal (Iles Britanniques, France, Espagne, Maroc). G. Gen Aepopsis Jeann. 4. Tguments glabres et lisses, brillants. Elytres convexes, avec les stries internes nettement traces. Sillons frontaux complets; tibias pubesce nts; lytres non atrophis (Chili) ..... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8. Gen. Thalassobius Sol. Tguments pubescents, ponctus et alutacs, mats. Elytres dprims, sans stries nettes. Sillons frontaux comp l ets; tibias pubescents; lytres non atrophis (Norvge, Iles Britanniques, France, Espagne Madre).................... 9 Gen. Aepus Sam Aepopsis se rapproche nettement de l 'Aepomorphus par la structure de ses pices buccales et aussi par la forme de son organe copulateur. Mais Aepomorphus, malgr certains caractres adaptatifs, comme ceux de ses tarses, apparat comme plus archaque, avec ses palpes pais, ses lytres entiers, munis de soies discales sur le cin-

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MONOGRAPHIE lJES TRECHINAE quime interstrie, ses sillons frontaux incomplets, sa grande Laille, etc. Aepopsis, dtach de la mme souche, a subi une specia lisation adaptative considrable au cours de sa longue migration. La taille s'est rduite, ce qui est un avantage pendant l'immersion, car une provision d'air bien moindre est ncessaire. L'appareil respiratoire a subi des adaptations particulires, dont le contrecoup a t de produire 1 'atrophie de 1 'apex des lytres. Aepus, d'autre part, prsente bien plus d'affinits avec le Thalas :;obius chilien qu'avec l'Aepopsis vivant avec lui. Thalassobius n'est en somme qu'un grand Aepus bien moins volu : ses tguments sont glabres, ses lytres portent encore les stries normales, la ch totaxie est normale, sans rduction du groupe apical, de la languette ou des styles comme cela est survenu chez Aepus. Ce dernier est donc bien plus spcialis, comme l'Aepopsis, et il est remarquable de constater que ses espces ont acquis, par convergence, de vagues ressemblances avec les Perileptus habitant les plages au bord des torrents. 5. Gen. AEPOMORPHUS, nov. Type : Treclms Audouini Gurin. G. ENDEHLEIN (rgr2, Kungl. Vet .. 41c llandl., 48, p. 10, fig. r) a cr u11 genre nouveau, Dormeyeria G. End., dans lequel il range des Insectes des les Falkland, qu'il rapporte aux Trechus Audouini Gur. et T. soledadinus Gur. T. rl.udouini est mme dsign comme type du geme nouveau. Le genre /Jormeyeria est fond sur des caractres rarticuliers du labium et de la languette et la figure que donne G. EN DEHLEIN, d'aprs son D. Audouini, montre clairement qu'il s'agit, non pas de l'espce dcrite par GuRIN-MNEVILLE sous le nom de Trechus Audouini, dont j'ai le type sous les yeux, mais bien d'un Merizodus, c'est--dire d'un genre de la tribu des Merizodini (Bembidiinae) (voir fig. 55 et 64). J'ai vu le type du Trechus soledadinus Gur., au Musum d'Histoire naturelle de Paris. JI est certain que c'est la mme espce qui a t redcrite par BATES sous le nom de Merizodus Maceyi et que espce doit donc s'appeler Merizodus soledadinus (Gurin), x83o [Syn. :M. Ma.ceyi Bates, r871]. Quant au D. Audouini de G. ENDERLEIN, j'e crois bien que ce ne doit ras tre autre chose qu'un individu

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448 R. JEANNEL immature de la mme espce, M. soledadinus; en tous cas il n'y a nucun doute qu'il s'agisse bien d'un Merizodus. Le nom de Dormeyeria G. Enderlein (1912, type : D Audouini G. End. nec Audouini Gur.) doit donc disparatre et tre tenu pour synonyme de Merizodus Solier (I84g, type : M. angusticollis Sol.), qui n'appartient pas au groupe des Trechinae. DIAGNOSE. -Sillons frontaux incomplets, semblables ceux des Neoduvalius palarctiques. Mandibules robustes dent prmolaire trs dvelopre, les dents fortes et aigus, la mola relativement courte. Palpes non wbuls, le dernier article trs pais, peine attnu au sommet qui est mousse. Labium libre; languette saillante, anguleuse. Tte trs grosse, pronotum troit, lytres ovales, dprims, forte carne apicale, le lobe apical trs large Tibias antrieurs face externe convexe, sans sillon, l'extrmit apicale paisse, arque, gla bre. Tarses courts, le quatrime article avec une trs forte expansion ventrale ; deux articles dilats au tarse antrieur, chez les mles. Organe copulateur peu volu, grle, arqu, le sac interne arm d'pines. Grande taille (5 6 mm.). Forme allonge, trs dprime, la tte volumineuse, les yeux petits, le pronotum trs rtrci, les lytres ova laires Coloration testace. Tguments glabres, fortement alutacs. L'aspect gnral est celui d'un gigantesque Aepopsis. Tte orbiculaire, dprime, plus large que le pronotum; les yeux trs petits et saillants, les joues trs convexes, glabres. Sillons frontaux parallles, larges superficiels, s'arrtant en arrire dans de profondes fossettes mdianes du vertex Cou trs rtrci. Antennes lon gues et paisses, articles ovalaires. Labre large et court, transverse, trois fois aussi large que long, son bord libre chancr. Mandibules robustes, paisses obtuses, peu arques, les dents fortes et saillantes, aigus; le rtinacle droit carr, bitubercul, le gauche simple; la dent prmolaire trs dveloppe, un peu crochue; la mola courte et cilie. Palpes maxillaires glabres, l'avant-dernier article rgulirement paissi a'u sommet, le dernier article pais, conique, mais trs obtus et mousse au sommet. Labium libre; pas de herse sur le prbasilaire. Epilobes courts et petits; dent mdiane simple, large et arrondie; palpes labiaux courts et pais, sem blables aux pal pes maxill a ires ; l'avant-dernier articl e porte quatre soies. Languette saillante, anguleuse ses soies norma l es; paragloss es grles et longs, peu arqus.

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MONOGRAPHIE DES TREClllNAE Pronotum subcordiforme, bien plus troit la base qu'au sommet; les angles trs arrondis. d'impression basale transverse ni de fos settes basales; le sillon mdian et la gouttire marginale atteignent Id base. El ytres dprims, ovalaires, paules trs arrondies; la gouttire marginale est troite et rgulire. Stries trs effaces; les interstries internes sont larges et les externes sont comprims, atrophis. Striole juxta-scutellaire petite. Apex avec une forte carne apicale trs refoule en dehors contre 1 'extrmit postrieure du champ radial. La partie apicale du champ cubito-anal forme un large lobe apical !mbcarr. Elytres souds; pas d'ailes membraneuses. Pattes assez courtes. Les tibias antrieurs sont pais au sommet, arqus en dedans; la face externe est convexe, sans sillon longitudinal. Les faces externe et antrieure sont glabres, mais rugueuses, comme celles de toutes les espces qui ont perdu leur pubescence normale. Tarses trs courts, onychium trs grand; les quatre premiers articles, peine plus longs que larges, sont aussi longs ensemble que 1 'onyr-hium. Le quatrime article de tous les tarses porte une trs grosse expansion ventrale lamelleuse s'cartant 65 de l'axe du tarse et dont la pointe dpasse le sommet de l'onychium. Chez aucun autre genre connu cette expansion sous-tarsale n'atteint un tel dveloppement. Onychium trs grand, renfl en massue au sommet. Chtotaxie. -Lignes orbitaires divergentes en avant. Pore prothoracique antrieur au quart antrieur, pore postrieur nettement avant l'angle postrieur, dans la gouttire marginale. Srie ombilique rgulire. Deux pores discaux sur le 3" interstrie; un rore apical supplmentaire vers la termiuaison du 5" interstrie. Groupe apical complet : le pore antrieur est bien dvelopp, sur la crosse de la 2 strie, le pore interne est trs petit, le pore externe fait parfois dfaut. Abdomeu avec deux soies sur le disque de chaque segment ventral. Organe copulateur gr!e, arqu, le bulbe basal complet, le som met effil, mousse ct obtus. Styles larges, arms de quatre soies dont l'une est reporte sur le bord ventral. Sac interne arm d'pines trs et peu chitinises. Ce genre est fond pour une seule espce, A. Audouini Gur., qui est trs remarquable par sou facis de gigantesque Aepu.s. On ne sait malheureusement l'ien sur son genre de vie. Il y a cependant lieu de prsumer que les Aepomol'plws, comme les autre:: genres de la tribu, doivent tre des Insectes submarins. On retrouve chez eux la mme des yeux trs rduits, l'largissement des interstries

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450 R. JEANNEL internes et du lobe apical (1) des lytres, la soudure de ces derniers, de fortes expansions sous-tarsales constituant vraisemblablement un organe de prhension, permettant 1 'Insecte de Ee fixer solidement, aux algues. Les Aepomorphus sont sp.ciaux aux ctes des rgions antarctiques FIG. 229 233. Aepomorplws Auclouini Gur., de la Terre de Feu.Fig. 229. Ml e x 18 Fig 230. L a bium, face sternale, x 80.-Fig. 231. Palpe maxillaire droit, x 80.-Fig. 232. Tibia antrieur et tarse droit, face antrieure, x t,o.-Fig. 233. Sommet du tibia et tarse postrieurs droits, fa ce antrieure, x t.O. de l 'Amrique du Sud el des les votsmes. A. Audouini a t plusieurs fois recueilli aux les Falkland et au dtroit de Magellan. Le Trec hus quadriceps Putz., que 1 'auteur dit tre trs voisin du (1) Cette morlification des lytres parat hien tre eu rapport avec une fonction respiratoire. Ces Insectes, qui restent submergs penrlant des heures, accumulent une provision d'air sous leurs lytres qui sont souds par le !Jorrl sutural. !J'autre part, le large lobe apical semble tre e11 corrlation avec 1 'existenre des sacs ariens, dvelopps aux dpens des traches du der11ier segment abdominal. Le mauvais tat de conservaliou des Aepomorphus que j'ai pu examiner ne rn 'a pas permis de faire des recherches sur leur a,ppareil respiratoire et de voir s'il s possdent des sacs ariens. !\fais la soudure de leurs lytres et leur l arge lobe apical donnent tout lieu de le supposer.

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kiONOGRAPHIE DES TRECJIINAE '1'. Audouini, ne doit cependant pas appartenir au genre Aepomor phus. Ses lytres stris-ponctus et pubescents, et ses tibias antrieurs sillonns l'cu cartent certainement. D'ailleurs leT. quadriceps aurait t trouv dans les Pampas n du Chili et il ne semble gure ressembler l 'A. Audouini que par sa coloration. T. quadriceps parat ne pouvoir tre rang dans aucun des genres de Trechinae connus. FIG. 23' 236. Aepomorphus Audouini Gur., de la Terre de Feu.-Fig. 23.,. Mandibules, face tergale, x 80. -Fig. 235. Apex de l'lytre gauche, x Fig. 236. Organe copulateur mle, x 80. Aepomorphus Audouini Gurin. Trechus ;ludouini Gurin-l\Inevilc, I83o, Voy. de la Coquille, Insectes, p. 6o, pl. 1, fig. Ill; type : les Malouines [Falkland] (Mus. Paris). Put zeys, 1870, Stelt. cnt. Ztg., XXXI, p. 22.-Fainnaire, I885, Ann. Soc. ent. Fr., p. Lp. -Fairmairc, 1888, Miss. sc. Cap Horn, VI, Ins. (Di), p. 21. -testaceus Blanchard, 1853, Voy. au Ple Sud, IV, p. 45, pl. m, fig. 1S; type : les Malouines Paris). Fig. 229 236. Long. 5 6 mm. Testac bruntre mat. Yeux saillants, plus courts que les tempes. Pronotum trs rtrci la base,

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452 R. JEANNEL plus troit que la tte, sans fossettes basales, la base rectiligne. Ely .. tres avec des traces trs superficielles des trois premires stries. Organe copulateur (fig. 236) allong,. grle, rgulirement arqu. Bulbe basal court et large, avec un grand aileron mdian. Sommet effil en tjge subcylindrique, arque et mousse. Sac interne avec des pines trs petites dans la partie apicale, sans autre armature. CHOROLOGIE. -Amrique antarctique. Iles Falkland : baie de J q Soledad (Dumont d Urville!, une femelle, in Mus. Paris). -Terre de Feu : Port-Famine, sur le dtroit de Magellan (Jacquinotl, x84x; T de Montravel!, x84 x; un mle et trois femelles, in Mus. Paris). 6. Gen. AEPOPSIS Jeanne!. Aepopsis .Jeanne!, 1022, Trech. France, Ann. Soc. ent. Fr., 1!)2I, p. 168 et 32 1; type : A. Robini La b. Larve : C. Bolivar, 1923, Bol. Soc. esp. Hist. nat., XXIII, p. 56, fig. 1-6. DIAGNOSE. -Sillons frontaux complets. Mandibules ro bustes, peu arques, dent prmolaire trs dveloppe, les dents aigus. Palpes maxillaims avant-dernier article court ct renfl, le dernier conique. Labium en partie soud, dent simple, la languette peu saillante, soies normales. Tte trs grosse; pronotum rtrci, lytres ovales, sommet atrophi. Tibias antrieurs courts et pais, sans sillon externe, pubescents. Tarses courts, expansion du quatrime article bien dveloppe. Deux articles dilats au tarse antrieur mle. Organe copulateur grle, le sac interne arm d 'pines. Petite taille (2,6 mm.). Forme plus robuste que chez les Aepus. Testac ple, les tguments glabres et brillants, non alutacs, ni ponctus. Tte trs grosse, arrondie, dprime, plus large que l e pronotum. Yeux assez grands, peu saillants, l es tempes peu prs trois fois aussi longues que les yeux, hrisses de quelques poils. Antennes longues et paisses, atteignant presque le milieu des lytres, leurs articles moyens ovalaires, presque deux fois aussi longs que larges. Sillons frontaux complets, rgulirement arrondis, profonds. Mandibules robustes, semblables celles du Thalassobius (fig. 2lt3); les dents saillantes el anguleuses, le r tinacl e droit bitubercul, le gauche simple, la dent prmolaire longue et aigu, h

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 453 mola allonge. Palpes maxillaires avant-dernier article court et trs pais, le dernier conique, aussi long que le prcdent. Labium en partie soud, les pilobes grands et saillants, la dent mdiane simple, arrondie, saillante. Languette bord libre arrondi, peu convexe, les soies mdianes trs grandes, les soies latrales courtes, au nombre de deux de chaque ct; paraglosses longs, grles, subdroits. Pronotum Lien rtrci la base, ses cts presque droits, non sinus, les angles antrieurs saillants, les postrieurs presque droits, peine mousss, la base rectiligne. Gouttire marginale assez large; disque peu convexe, sillon mdian trs superficiel. La base porte une trs lgre impression transverse; pas de fossettes basales. Elytres paules trs effaces; leur sommet est aminci, sparment arrondi, de faon que l'angle suturai n'existe pas. Pas de carne apkale, mais une profonde chancrure spare le bord arrondi du lobe apical de la terminaison du champ radial. Gouttire marginale assez large, surtout aux paules. Pas de striole juxtascutellaire; le disque ingal, sans stries, seulement soulev au niveau des trois premiers interstries qui apparaissent ainsi trs larges. Abdomen dpassant amplement le sommet des lytres; les deux ou trois derniers segments dorsaux sont visibles au del des lobes apicaux des lytres. Pattes courtes; les tibias antrieurs courts, paissis et arqus au sommet, leur face externe convexe, sans trace de sillon longitudinal, les faces antrieure ct externe pubescentes. Tarses trs r.ourts, les ar ticles plus courts ou peine plus longs que larges, l'onychium plus r.ourt que les quatre articles prcdents. Quatrime article avec une expansion ventrale en forme d'pine, droite, dirige sous l'onychium. Tarses antrieurs avec les deux premiers articles paissis, mais non dents chez les mles. Chtotaxie. -Lignes orbitaires parallles ou peine divergentes en avant. Pore prothoracique antrieur vers le quart antrieur, pore postrieur bien avant l'angle postrieur, plac sur le bord marginal vers le sixime basal des cts. Srie ombilique rgulire. Srie dis cale de deux grosses soies vers la place de la 3" strie. Groupe apical reprsent par la soie antrieure et une soie interne ou marginale, trs grande, insre sur le sommet du lobe apical. Organe copulateur assez grand, fortement arqu, le bulbe basal complet, renfl; le sommet attnu, tordu sur son axe de faon que la face dorsale est tourne du ct gauche; la pointe arrondie, mousse. Sac interne arm cl 'un gros paquet d'pines allonges dans la rgioll apicale. Styles normaux, arms de quatre soies dont deux sont diriges du ct dorsal, deux du ct ventra 1, comme chez 1 'A. marin us.

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R. JEANNEL Avec sa dent du menton simple, ses palpes trs pais, le large lobe apical de ses lytres et mme la forme de son organe copulateur sommet mousse et arrondi, l'Aepopsis Robini sc rapproche certainement davantage de l'Aepomorphus Audouini antarctique que de l'Aepus marinus vivant ct de lui. L'Aepopsis est donc un ancien relicte des faunes du Secondaire, existant encore sur les ctes atlan tiques de l'Europe et du nord de l'Afrique. Le genre 11 'est pas connu des les Atlantides; mais sa prsence au Maroc indique qu'il serait possible qu'on le dcouvre un jour sur les ctes des les Canaries. L'unique espce ronnue a les mmes murs que les Aepus (voir plus loin) et est toujours bien plus commune et plus. largement r pandue. Aepopsis Robini Laboulbne. Aepus Robini Laboulbne, 18!1o, Ann. Soc. ent. Fr., p. 35; type Dieppe. -Fainnaire et Laboulbne, I85t1 Faune ent. fran., l, p. 1Sr. -Bede!, Faune Col. Bassin Seine, 1, p. 3o et I5:L -Barthe, Car. gallo-rhn., p. 34g. Aepopsis Robini Jeanne), 1022, Trechinae France, p. 322. -C. Bolivar, Ig23, Bol. Soc. Rist. nat., XXII, p. 455. Larve : C. Bolivar, Ig23, 1. c., XXIII, p. 56, fig. r-6. Fig. 237 241. -Long. 2,5 mm. Facile distinguer des Aepus la forme de ses lytres, dont l 'apex aminci forme deux lobes trs arrondis, largement dhiscents du ct de la suture et laissant dcouvert les derniers segments abdominaux. Tguments glabres eL brillants. Organe copulateur fortement coud au tiers basal qui est peu aminci. Le sommet est paissi et se termine par un lobe droit et arrondi, nullement recourb du ct dorsal. Les pines du sac interne sont nombreuses et trs chitiniscs. CnoRoLOGIE. L'espce est largement rpandue, toujours abondante l o elle sc trouve. Elle vit, comme les Aepus, sur les plages maritimes, sous les pierres dcouvertes mare basse et aussi dans les anfractuosits des rochers. La plupart des ofiservalions biologiques faites sur les Aepus (voir plus loin) onl t faites surtout sur l'A. Ro bini, Lien plus que sur l'A. marinus. C'est en particulier sur l'A. Robini qu'on a dcouvert l'existence des sacs ariens ans l'extrmit

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MONOGRAPHI DES TRECHINAE 4.55 apicale de l'abdomen (MIALL, I8g5, Natural history of aquatic insects). L'A. Robini est connu des localits suivantes : Iles Britanniques. Irlande (d'aprs JoHNSON et HALDERT) : Owembey River, Cork Harbour, comt de Cork; Dingle, comt de Kerry. -Grande-Bretagne (d'aprs W.-W. FoWLER) : estuaire du Forth, notamment Aberdour, comt de Cheshire; estuaire de la Tweed, comt de FIG. 237 241. Aepopsis Robini Lab., de Brest. Fig. 237. Mle, x 28. -Fig. 238. Labium, face slernale, x 110.-Fig. 239. Maxille gauche, face sternale, x 110. -Fig. 2'. Tibia antrieur et larse droits, face ant rieure, x 60. -Fig. 24.1. Organe copulateur mle, x 110. Flint; littoral du Northumberland; le de Wight, Ventnor; We;;mouth, comt de Dorset; cte sud du Devonshire et du Cornwall 1.-I-l. Keys). France. Seine-Infrieure : Dieppe (Ch. Robin). Calvados : Luc sur-Mer, Arromanches (A. Fauve!). f\lanche : SaintVaast-laHougue (A. Fauvel); Barfleur (J. Sainte-Claire-Deville); Gatteville, Cherbourg et Siouville (A. Fauve!). -lies Anglo-normandes : Jersey, plage de Saintc-Brelade (J. Sainte-Claire-Deville). -Finistre. Cte nord : Dourduff-en-Mer, Plouzoch, Garantec et Roscoff (E. Herv!). Cte ouest : anse des gardes-marines, Brest (A. Fauvel !) ; Brest (J. Sainte-Claire-Deville). Cte sud : Beg-Meil, prs de Fouesnant (J. Sainte-Oaire-Deville).-.Morbihan :le d' Arz (L. Bede!). -Loire

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456 R. JEANNEL Infrieure : La Bernerie (Ch. Brisout !) ; Pornic (Dominique); Le Croi sic (de Wouilt). -Vende : le de Noirmoutiers (A. Fauvel). Charente-Infrieure : le de R (Bonnaire, A. Fauvel!). Espagne. Santai].der (E. Rioja!). Gijon (E. Rioja). -Pontevedra : Marin, sur la ria de Pontevedra, cte de Galice (E. Rioja!). Maroc : Tanger (Vaucher). Comme on le voit, 1 'aire de distribution de 1 'Aepopsis est bien plus tendue vers le sud que celle des Aepus, puisqu'on Je trouve au Maroc; mais, par contre, A. Robini s'tend beaucoup moins vers le nord, puisqu'il n'existe pas en Norvge o l'A. marinus seul est signal. 7 Gen. TEMNOSTEGA Enderlein. Temnostega Enderlein, roo5, Zool. Anz., XXVIII, p. 71!); type : T. antarc tica Enderl. rgog, Deutsche Sdpolar Exp., X, Zool. 2, p. 370. G .ENDERLEIN avait propos de sparer Temnostega dans une tribu spciale, Temnostegini End. (rgog), cause de ses lytres courts, de sa languette saillante soies ingales (fig. 3o5) et du nombre des soies du prbasilaire. JI est clair que ces caractres n'ont abso lument aucune valeur. L'Aepopsis Robini a des lytres encore plu>5 P.courts que ceux de Temnostega et personne ne songe le sparer des Aepus. La forme de la languette de Temnostega n'est gure diffrente de celle de l'Aepomorphns et aussi de certains Trechini australiens qui seront dcrits ultrieurement; enfin le nombre des soies du prbasilaire est trs variable suivant les genres, comme on peut s'en rendre compte dj dans le groupe des Trechodini. DIAGNOSE. -Sillons frontaux complets, du type Trechus. Yeux trs petits, glabres. Labre transverse, chancr. Palpes maxillaires un peu subuls; le dernier article conique, grle, aussi long que I 'avant-dernier. Dent du menton simple. Prbasilaire avec un rang de sept huit soies. Labium libre. Languette saillante, anguleuse, les deux soies mdianes longues, ainsi que la soie latrale externe; les deux latrales internes petites. Pronotum du type Aepus. Elytres sans strie basale transverse, la carne apicale saillante; srie discale de

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 45? trois pores sur la troisime strie. Tibias antrieurs non sillonns, pubescents. Petite taille; glabre, non pigment; tguments lisses. Aspect gnral d'un Aepopsis. Pas d'ailes. Tte forte, arrondie. Sillons frontaux profonds, arqus, complets; le cou peu rtrci. Yeux trs petits, bien plus courts que les tempes, qui sont convexes et pubescentes. Antennes particulirement courtes, paisses, les articles moyens peine plus longs que larges, le dernier article plus long que l'avant-dernier. Epistome soud, sans tubercules. Labre transverse, profondment chancr. Mandibules longues, rtinacle et dent prmolaire trs aigus (fig. 241 b). Palpes maxillaires (fig. 24I c) pais, mais longs; l'avant-dernier article paissi, avec le bord interne convexe, le bord externe concave; dernier article aussi long que l'avant-dernier, conique, grle, plus troit la base que le sommet du prcdent. Labium libre, pilobes saillants, le prbasilaire avec un rang transverse de 7 (ou 8) soies; dent du menton simple, anguleuse, peu saillante. Languette saillante, anguleuse (fig. 24I d), les deux soies mdianes grandes, ainsi qu les deux lat rales externes; les quatre latrales internes trs petites. Paraglosses normaux. Pronotum allong, un peu plus long que large, rtrci la base; celle-ci transverse, non lobe. Disque dprim. Pas d'impressiou basale; pas de rebord basal. Pdoncule msothoracique court. Elytres ovales, paules trs arrondies, le sommet tronqu, laissant nu le& trois derniers segments de l'abdomen, le bord apical de chaque lytre transverse. Pas de strie basale transverse. Stries dveloppes, la troisime forte, le troisime intervalle trs large. Carne apicale forte. Le retour de la strie suturale parat se faire vers l'extrmit de la cinquime strie. Pattes grles, les tibias antrieurs pubescents. Le quatrime article des tarses prsente une forte expansion sous-tarsale. Chtotaxie. Il existe deux pores susorbitaires et les joues portent quelques petits poils. G. ENnERLEIN (1gog, pl. XLI, fig. 16) figure quatre pores sur le centre du labium, comme pour Amblystogcnium (fig. 1 4). Il n'existe que deux pores seulement et G. ENDERLEIN a pris pour des pores stigres les deux organes sensoriels du labium. Pores prothoraciques antrieurs normaux. Elytres : srie ombilique rgulire; srie discale forme par trois pores sur la 3" strie. Il existe donc un pore surnumraire. Un seul pore apical sur le bord apical. Organe copulateur (fig. 241 e) trs grle, trs long et trs arqu.

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458 R. JEANNEL Le bulbe basal ferm, avec un aileron sagittal; la partie apicale du pnis comprime, aplatie. Sac interne arm d'pines fines et nombreuses. Styles arms de 2 soies. Temnostega prsente donc de nombreux caractres qui le rapprochent de l'Aepomorphus et de I'Aepopsis. Comme eux, il a la dent labiale simple, la languette saillante, 1 'apex des lytres largement tronqu, l'apex du pnis simple. Mais il diffre par la forme de ses palpes qui rappellent davantage ceux du Thalassobius et des Aepus. Temnostega antarctica Enderlein. T. antarctica Enderlein, rgo5, Zool. Anz., XXVIII, p. 7'.AO, fig. 3 et 4; type : Possession island. rgog, Deutsche Sdpolar Exp., X, Zool. '.A, p. 37r, pl. .xL, fig. 2 et'pl. xr.r, fig. r3, r5, r6, rn, 21 et '.A2. Larve.-G. Enderlein, rgon, 1. c., p. 37r, pl. XLIV, fig. 6o. 2'tl c 2.1tld 2.'tl e Fig. 2'11 a 241 c. Temnostega antarctica End.-Fig. 241 a. Femelle X 20. -Fig. 21,1 b. Mandibule gauche, face dorsale, X 65. Fig. 21,1 c. Palpe maxillaire droit, X 65. Fig. 241 d. Languette et dent labiale, face ventrale.-Fig. 241 e. Organe copulateur, face gauche, X 150. Fig. 24r a 24x e. -Long. 3,5 mm. Testac brillant, avec la tte et le pronotum rembrunis, les pattes ples. Grle, allong, peu convexe.

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MONOGRAPHIE DES TREClliNAE 459 Tte arrondie, les yeux non saillants, plus courts que la moiti de la longueur des tempes. Antennes dpassant peine la base des lytres. Pronotum un peu plus long que large, sa base plus troite que le sommet, les cts arrondis en avant, non sinus en arrire, les angles postrieurs trs obtus, mousses, non saillants en dehors, la base faiblement sa.illante. Disque peu convexe, la gouttire marginale rgulire. Elytres ovales, dprims, non largis aprs le milieu, les paules tout fait arrondies. CHOROLOGIE. -Archipel des Crozet. Possession island : baie de Nol, dc. 1901, 9 exemplaires (E. Vanh;,rren, in Mus. Hambourg!) [E. von Drygalski, Deutsche Sdpolar Exp.). 8. Gen. THALASSOBIUS Solier. Thalassobius Solier t84g, Gay, Hist. lis. pol. de Chile, Zool., IV, p. t56; type : Th. testaceus Sol. -Aepus, subgen. Thalassobius, Jeanne}, 192:1, Trech. France, p. 32o. DIAGNOSE. -Tguments glabres. Sillons frontaux complets. Mall dibules robustes, dents aigus, la prmolaire trs dveloppe. non subuls. Labium libre, dent double; languette saillante, angttlruse. Tte trs grosse; pronotum rtrci; lytres ovales, carne api cale forte, le lobe apical large. Tibias antrieurs courts, arqus, pais sis au sommet, la face externe convexe, sans sillon, pubescente. Tarses courts, l'on-ychium plus court que les quatre premiers articles, le quatrime article avec une expansion sous-tarsale grle. Deux ar ticles dilats aux tarses antrieurs des mles. Organe copulateur trs grle, arqu, le sac interne arm de dents peu nombreuses. Petite taille (2,8 mm.). Allong, subparallle, un peu convexe. Tes tac br.illant, glabre, les tguments non alutacs. Tte robuste, arrondie, plus large que le pronotum. Yeux petits, saillants, bien plus courts que les tempes qui sont trs convexes et hrisses de poils. Sillons frontaux profonds, rguliers, complets, bien arrondis. Vertex avec une grosse fossette sur la ligne mdiane. Antennes longues et paisses, avec les articles ovalaires.

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t.60 R. JEANNEL Labre transverse, bord antrieur chancr .Manpibules robustes, peu arques, dents fortes et aigus; le rtinacle droit large et saillant, bitubercul, le gauche simple; la dent prmolaire longue, sail lante, pointue; mola relativement longue. Palpes maxillaires sembla bles ceux de 1'Aepomorphus, mais avec le dernier article plus attnu au sommet. Labium libre; les pilobes grands, pais, mousses, rappelant ceux des Bembidiinae; dent mdiane double. Palpes labiaux avant-dernier article trs renfl, arm de quatre soies, le dernier article conique, allong, attnu au sommet. Languette saillante, bord libre arrondi, ses soies en nombre normal, mais les quatre plus externes trs courtes. Paraglosses longs et grles, arqus. Pronotum nettement rtrci la base, ses angles postrieurs tout fait arrondis, la base convexe. Pas d'impression basale, ni de fossettes basales; le sillon mdian et la gouttire marginale, yui est large, atteignent le bord basal. Elytres ovales, paules arrondies, le disque assez convexe. Striole bien dveloppe; les Ir, 2" et 3 stries sont fortes, pro fondes, lisses, la 4" et la 5" strie sont peine visibles. Carne api cale bien dveloppe; lobe apical large, les deux lytres sparment arrondis au sommet, comme chez les Aepus. Gouttire marginale large et rgulire. Pattes assez longues, surtout les postrieures. Tibias antrieurs ar qus en dedans, paissis au sommet, la face externe convexe, san':l longitudinal, les faces antrieure et externe pubescentes. Tarses mais avec l' onychium plus court que les quatre articles prcdents ensemble; le premier article est trs court, peine plus long que le deuxime aux tarses postrieurs. Le quatrime article porte une expansion sous-tarsale grle, filiforme. Tarses antrieurs mles avec les deux premiers articles dilat!! et dents en dedans. Chtotaxie. Lignes orbitaires fortement divergentes. Pore prothoracique antrieur vers le tiers antrieur des cts; pore postrieur sur le bord externe de la gouttire, avant l'angle postrieur. Srie ombilique agrge, normale. Trois pores discaux dont 1 'antrieur est sur la 3 strie, le 2" sur le 4" .interstrie, le 3" sur le 3 interstrie, contre la 3" strie. Groupe apical incomplet, le pore externe fait dfaut. Organe copulateur mle trs petit et trs grle, allong. Le bulbe Lasal est complet, arqu du ct ventral, sans aileron mdian. Le sommet est fortement paissi, dissymtrique, tordu du ct gauche; la pointe est large, mousse, un peu anguleuse. Sac interne arm de dents peu nombreuses, trs courtes, dissmines dans la rgion apicq)e.

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MONOGRAPHIE DES TRECHJNAE 461 Ce genre a des affinits manifestement troites avec les Aepus palarctiques. Il se distingue surtout par ses tguments glabres, la forme de son pronolum et du dernier article des palpes maxillaires. Mai s il prsente, par contre, l a mme armature des mandibules et le mme type d'organe copulateur. l'tl 243. FIG. 21.2 21,5, Thalassobius testaceus SoL, de San Carlos, Chili.-Fig. 242. Mle, x 28.-Fig. 243. Mandibule droite, face tergale, x 110.-Fig. 244. Labium, face sternale, x 110. -Fig. 245. Pnis, face gauche, x 150. Thalassobius testace us Solier Thalassobius testacicus Solier, 18!,g Gay, Hist. fis. pol. de Chile, Zool., IV, p. I57, pl. n fig. II; type: S. Carlos (Mus. Paris).-Reed, 187lt, Proc. Zool. Soc. London, p. 65. Jeannel, 1922, Trechinae France, p 3:!0. Fig. 242 245. -Long. 2,8 mm. Aspect gnral de l 'Ae pus marinus, mais bien plus grand, plus convexe, absolument glabre entre les soies, sauf sur les tempes o se trouvent de chaque ct une dizaine de poils dirigs en avant. Les yeux, quoique trs petits, sont un peu plus grands que chez l'Aepus. Les angles postrieurs du pro-L'ABEILLE, XXXII, tor Juin 1026. 30

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462 R. JEANNEL notum sont tout fait arrondis et les lytres portent des stries internes profondes et entires. Organe copulateur trs grle et trs allong, sommet pais, tordu gauche et tout fait obtus. CnonoLoGm. -Chili, province de Valdivia : San Carlos, sous les pierres du bord de la mer (C. Gay!, I845, plusieurs exemplaires, in Mus. Paris, types). C. REED (1. c., p. 65) suppose que la localit de San Carlos doit se trouver aux environs de Valdivia. 9 Gen. AEPUS Samouelle. Aepus Samouelle, 181g, Ent. Comp, p. I4g; type : A. ftllvescens Sam.=A. marinus Strm. -Lacordaire, I854, Gen. Col., I, p. 37. Jacquelin du Val, 1857, Gen. Col. Eur., I, p. 22.-Laboulbne, I84g, Ann. Soc. ent. Fr., p. 31. Bedel, Faune Col. Bassin Seine I, p. 39 et I52. -Jeanne!, 1922, Trechinae France, p. 319. -Aepys Curtis, I823, Brit. Ent., V, p. 203. -Aessus Stephens, 1829, Syst. Cat. Biologie. Laboulbne, I84g, 1. c. p 23. Coquerel, I85o, Ann. Soc. ent. Fr., p. 529.-Henneguy, Igo!1 Les Insectes, p. IO!,. Larve Coquerel, I85o, 1. c p. 52g pl. XVI, fig. 3. Jeanne), 1920, Les Larves des Trechini, Biospeol. XLII, p. 52o. DIAGNOSE. -Sillons frontaux complets. Mandibules robustes, dents aigus, la prmolaire trs dveloppe. Palpes dernier article subcylindrique, grle. Labium libre dent bifide, languette non saillante. Tte trs grosse; pronotum rtrci; lytres allongs, dprims. Tout le corps couvert de poils dissmins. Apex des lytres normal, avec une carne apicale et un lobe apical laorge, portant les soies apicales. Tibias antrieurs courts et pais, arqus, pubescents, la face externe convexe et sans sillon. Tarses courts, expansion soustarsale grle; les tarses antrieurs avec deux articles dilats chez les mles. Organe copulateur grle, Je sac interne arm d'pines. Trs petite taille (2,2 2,4 mm.). Allong, parallle; testac ple, mat, les tguments ponctus et pubescents, fortement alutacs entre les points, comme chez les Perileptus Tte robuste, arrondie, pas plus large que le pronotum. Yeux trs petits, un peu saillants, les tempes convexes, hrisses de po.ils. Sillons frontaux complets, profonds, rgulirement arqus. Antennes longues et paisses, articles ovales.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 463 Labre transverse, bord libre chancr. Mandibules robustes, peu arques, absolument semblables celles du Thalassobius (fig. 243); le rtinacle est grand et saillant, bitubercul droite, simple, en forme de grande dent aigu gauche; dent prmolaire longue et pointue; mola longue. Palpes maxillaires avant-dernier article renfl au sommet, le dernier article grle, bien plus troit que le sommet du prcdent, subcylindrique sommet mousse. Labium libre; les pilobes grands et pais, la dent mdiane sillonne et bifide. Languette subcarre, bord libre trs peu convexe, arm de deux grandes soies mdianes et de deux petites soies seulement de chaque ci. Paraglosses grles et presque droits. Pronotum aussi large que la tte, bien rtrci la base, ses angles postrieurs droits, la base rectiligne ou peine convexe. Pas d'impression basale transverse ni de fossettes basales. Gouttire marginale trs troite; disque subplan, sillon mdian superficiel, un peu en coup de gouge comme chez les Perileptus. Elytres allongs, dprims, subparallles, les paules accuses, mais arrondies, la gouttire marginale troite, la carne apicale nette, le lobe apical trs large. Les sommets des deux lytres sont sparment arrondis. Pas de striole juxtascutellaire; le disque des lytres, ingal, montre la trace trs vague des trois premires stries trs car tes les unes des autres. Palles courtes, semblables celles du Thalassobius. Tibias antrieurs courts et pais, pubescents, sans sillon. Tarses trs courts. Chtotaxie. Lignes orbitaires divergentes en avant. Pores prothoraciques placs comme chez Thalassobius. Srie ombilique agrge, rgulire. Deux soies discales sur la troisime strie. Groupe apical form par une grande soie antrieure trs carte de la suture et une grande soie interne, sur le bord apical. Organe copulateur trs voisin de celui du Thalassobius. Le bulbe basal est complet, incurv, le sommet est paissi, tordu du ct gauche, mais termin en pointe aigu et releve. Styles courts et larges, arms de deux ou de quatre soies. Sac interne arm d 'pines assez nombreuses dans la rgion apicale. Le genre comprend trois espces vivant sur les plages maritimes, sous les pierres compltement submerges mare haute. Leur appareil respiratoire prsente une disposition adaptative spciale, en rapport avec ce genre de vie. Les stigmates du dernier segment abdominal s'ouvrent sur de vastes dilatations trachennes, des (( sacs ariens o s 'accumule une rserve d'air. Ces sacs ont t dcrits

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464 R. JEANNEL chez 1 'Aepopsis Robini (MIALL, Natural history of aquatic insects, I8g5), mais ils existent aussi chez les Aepus. On sait que ces Insectes, qui restent normalement immergs pendant la dure des mares, peuvent tre maintenus plusieurs jours sous 1 'eau sans prir. Leur rsistance l'asphyxie vient de ce qu'ils restent immobiles lorsqu'ils sont submergs, dans un tat de ralentissement des changes respiratoires qui leur permet de vivre trs longtemps aux dpens de 1 'air contenu dans leurs traches. Le genr,e est rpandu sur les ctes atlantiques de 1 'Europe, depuis la Norvge jusqu 1 'archipel de Madre. TABLEAU DES EsPCES. 1. Yeux plus petits, les tempes cinq fois aussi longues que les yeux. Antennes trs longues, dpassant amplement le milieu des lytres. Pronotum plus rtrci la base, ses cts longuement sinus, ses angles postrieurs droits, mais trs mousss, la base rectiligne. Forme gnrale plus grle. Long. 2,2 mm. (Madre).................................. 3. gracilicornis Woll. Yeux plus grands, les tempes environ trois fois aussi longues que les yeux. Antennes plus courtes, n'atteignant qu' peine le milieu des lytres. Pronotum moins rtrci la base, ses cts sinus avant la base. Forme plus robuste. . . . . . 2. 2. Angles postrieurs du pronotum droits, mais vifs, la base rec tiligne. Long. 2,2 2,4 mm. (Norvge, Iles Britanniques, nord de la France)........................... 1. marinus Strm. Angles postrieurs du pronotum aigus, vifs, dentiformes, les cts de la base chancrs entre 1 'angle et le pdoncule mso thoracique, comme chez les Perileptus. Long. 2,2 2,3 mm. (cte Cantabrique) . . . . . . . . . . . . 2. gallaecus, n. sp. D'importantes diffrences de l'organe copulateur sparent encore ces trois espces. L'A. gallaecus ressemble assez l'A. marinus par ses caractres externes; il ne s'en distingue gure en effet que par la forme des angles postrieurs de son pronotum et on pourrait penser au premier abord qu'il ne soit qu'une simple race gographique particulire aux ctes de Galice. Mais son organe copulateur est beaucoup plus voisin de celui de l 'A. gracilicornis de Madre que de celui de l'A. marinus et il est clair qu'il faut attacher hien plus d'importance ce caractre qu'aux variations de la forme extrieure.

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JVIONOGRAPHIE DE TRECIIINAE 465 La souche primitive des A epus a d donner naissance deux espces pendant le dbut du Tertiaire, 1 'une dans le nord, sur les ctes de 1 'Atlantique nord, de la mer du Nord et de la Manche, 1 'autre sur les ctes de 1 'Espagne et des continents qui reliaient alors 1 'Es-J..J,-6. FIG. 246 250. Aepus marinus Strm, de Barfleur.-Fig. 246. Mle, x 28. -Fig. 247 Maxille gauche, face slernalc, x 110.-Fig. 248. Labium, face sternale, x 110. Fig. 249. Tibia antrieur droit, face antrieure, X 80. -Fig. 250. Organe copulateur, X 110. 249 pagne l'archipel de Madre. L'isolement de Madre a produit la scis sion de cette espce mridionale et une forte diffrenciation des carac tres extrieurs de la forme insulaire, qui a pour rsultat qu'au premier abord l'A. gracilicornis parat trs diffrent des espces continentales. Mais le type de son organe copulateur le rattache nettement l'espce de Galice. L'absence d'Aepus dans les les Canaries est certainement en relation avec leur absence en Afrique. Nous verrons que les Trechus des les Atlantides montrent oien la dualit d'origine des faunes des deux archipels. Ceux de Madre sont apparents aux espces continen-

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466 Il. JEANNEL tales .d'Espagne, ceux des Canaries aux espces du nord de 1 'Afrique. La distribution des A epus nous confirme qu'une barrire s'est tablie entre Madre et les Canaries bien avant leur isolement de la pninsule ibrique pour Madre et du nord de 1 'Afrique pour les Canaries. ( /" ............. ..... .-' ) \ ) \ 1 1 !. .. 2. 51 Z51.. .2.53. FIG. 251 255. Genre Aepus. -Fig. 251. Pronolum de l'A. gracilicornis Woll., de Madre, x 60.-Fig. 252. Pronolum de l'A. gallaecus Jeann., de Galice. Fig. 253. Pronotum de l'A. marinus Slr., de Barl'leur. Fig. 25ft. Organe copulateur de, l'A. gallaecus, x 110.-Fig. 255. Organe copulateur de l'A. gracilicornis, X 110. r. Aepus marinus Strm. Cmabus marinus Strm, q88, Norsk. Selsk. Skrift, II, p. 385; type : Ber gen. -Aepus marinus, Bedel, Faune. Col. Bassin Seine, 1, p. 3g et I53. Barthe, Car. gallo-rhn. p. 3!1g.-Jeanne!, 1922, Trechinae France, p. 321. Aepus fulvescens Samouelle, 1819, Ent. Comp., p. IL!!); type : Devonshire. -Audouin, 183t., Nouv. Arch. Museum, Paris, III, p. 177. -Fairmaire et Laboulbne, 185/i, Faun ent. fran., 1, p. 151. Fig. 246 250 et 253. -Long. 2,2 2,4 mm. Testac ple, mat, les tguments fortement alutacs. Yeux saillants, les tempes convexes, trois fois aussi longues que les yeux. Tte trs robuste. Pronotum peu rtrci en arrire, gouttire marginale assez large, ses cts peine sinus avant les angles postrieurs; ceux-ci toujours vifs. Elytres sub parallles, un peu plus de deux fois aussi longs que larges. Organe copulateur allong, plus grand et plus arqu que chez les deux autres espces; le bulbe basal est plus inflchi du ct ventral.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 467 Le bec apical est plus long, plus effil, seulement inflchi du ct dorsal et non brusquement coud. Les styles portent quatre soies, do .nt deux sont diriges du ct dorsal, deux du ct ventral. Sac interne arm de dents pineuses fines et troites. CnoROLOGIE. Cette espce se trouve sur les ctes de la Norvge, des les Britanniques et du nord de la France. Sa station la plus septentrionale connue est celle de 1 'le Hitteren, prs Trondhjem, en Norvge; la plus mridionale est Fouesnant, sur la sud du Finis tre. On la trouve sur tout le littoral de la Grande-Bretagne et de l'Irlande; elle n'est pas connue des ctes de Belgique, de Hollande ni du Danemark. Les citations de l'A. marinus de Pornic et Noir moutiers, dans la LOire-Infrieure et la Vende (lEANNEL, Trech. Fra.nce, p. 321) duivent tre rapportes l'Aepopsis HoT1ini (1\. FAUVEL, Rev. d'Entom., I885, p. Ig3). A. marinus vit sur les plages maritimes, sous les pierres dcou vertes mare basse. Il est assez localis et se prend en compagnie de l'Aepopsis Robini et aussi des Aepophilus Bonnairei Sign. [Hmipt.] et Micralymma marinum St rom [ Staphyl.]. Les localits o sa prsence a t signale avec certitude sont les suivantes : Norvge : environs de Bergen (Str.':im, types); le de Svan prs de Flor, lat. 6I03o' (Lysholm); le d'Hitteren, lat. 63o', prs de Trondhjem (Lysholm); cte du Jaderen, lat. 58o', au sud de Stavanger (Helliesen); Lerwik, dans l'le Stold, lat. 5g045' (Th. Munster). Iles Britanniques, Irlande (d'aprs JorrNSON et HALBERT) : Foyle distr., comt de Don egal; Strangford Lough, comt de Dawn; Ba IIinakill, comt de Galway; Clogher Heed, omt de Louth; North Bull, Dollymount, comt de Dublin; Glandore, comt de Cork. -GrandeBretagne (d'aprs W.-W. FowLER) :baie de la Clyde; le de Bate; le de Arran; estuaire du Forth, Dalmen-y et Aberdour; estuaire de la Tweed, Berwick, comt de Northumberland; ctes du Northumberland; ctes du Durham; le de Wight; Weymour, sur la cte du Dorset; estuaire du Sheldon (G.-C. Champion) et estuaire de la rivire Yeame, cte sud du Devonshire; cte sud du Cornwall (J.-H. Keys); Watermouth, cte nord du Devonshire; ctes du Somerset; cte sud du pays de Galles. France. Calvados : entre Luc et L-yons-sur-mer (A. Fauvell). Manche : Saint-Vaast-la-Hougue et le de Tatihou (A. Fauvel); phare de Barfleur (A. Fauvell, J. Sainte-Oaire-Deville). Finistre, cte nord : Carantec (E. Herv); Morlaix (E. Herv); Roscoff (J. Sainte-

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t.68 R. JEANNEL Claire-Deville). Cte sud : Beg-Meil, prs de Fouesnant (J. Sainte Cla.ire-Deville). Je dois ces prcisions sur la distribution de 1 A epus marin us l'obligeance de M. J. Sainte-Claire-Deville. 2. Aepus gallaecus, n. sp Type : Marin (coll. R Jeanne! et Mus. Madrid) -Aepus marinus, C. Bolivar, 1()23, Bol. Soc. esp. Hist. nat., XXII, p. 655. Fig. 252 et 254. -Long. 2,2 2,3 mm. Aspect extrieur du pr cdent, mais facile reconnatre cependant la forme particulire des angles postrieurs de son pronotum. Les cts de la base sont pro fondment chancrs entre l'angle postrieur et la partie mdiane articule avec le pdoncule msothoracique, comme chez beaucoup de Perile]Xus orientaux. En raison de cette chancrure la partie mdiane de la base est saillante et les angles postrieurs sont aigus, vifs, den tiformes. Les cts du pronotum sont peu sinus, la base large, la gouttire marginale bien dveloppe. Forme gnrale, yeux et antennes comme chez l'A. marinus. Organe copulateur plus petit que chez A marinus, peu arqu du ct ventral. La pointe apicale est brusquement coude du ct dorsal, formant un angle droit. Sac interne arm de dents pineuses fines et troites. Styles arms de trois soies seulement. CHoROLOGIE. -Espagne, cte de Galice : Marin, sur la ria de Pon tevedra (E. Rioja!). 3. Aepus gracilicornis Wollaston. A. gracilicornis Woll a ston, 186o, Ann. Mag. n at. Hist. V p. 218; type : Madre (Brit. Mus. ); ibidem Append., p. 11.-I865, Col. Atlant. p 56. -Bede!, Cat. Col. Afr. Nord, 1, p 82. -Jeanne!, 1922, Trechinae France, p 320. Fig. 251 et 255. -Long. 2,2 mm. Plus grle et plus allong que les deux prcdents. Antennes paisses, mais bien plus longues, dpassant amplement le milieu des lytres les articles plus allongs, deux fois et demie aussi longs que larges, au lieu d'une fois et demie. Yeux trs petits, ponctiformes, peine saillants, les tempes cinq fois

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 469 aussi longues que les -yeux. Pronotum plus rtrci la base, les cts longuement sinus, la gouttire marginale trs troite, les angles postrieurs droits, mais mousss, la base rectiligne. El-ytres troits et parallles. Organe copulateur trs petit, comme chez A. gallaecus, peu arqu. La pointe apicale est large, tordue; son bec est coud angle droit comme chez A. gallaecus, mais il est fusionn avec l'extrmit api cale dilate du lobe mdian, de sorte que tout le sommet est obtus. Sac interne arm d'pines et de dents squameuses assez larges. St-yles arms de deux soies seulement. La rduction du nombre des soies est donc plus grande chez l'espce de Madre que chez l'espce de Galice; mais cette rduction est certainement un des caractres qui ont entran la sparation des deux espces primitives, septentrionale (marinas) et mridionale (ibro-madrienne). Il est curieux de plus de constater que l'espce de Madre a un organe copulateur dont le sommet ressemble beaucoup par sa dformation celui du Thalassobius chilien. CnoROLOGIE. -Archipel de Madre : San Vicente, dans l'le de Madre (A. Fau vell); le de Madre (Wollaston!). III. Trib. TRECHODINI, nov. Trechnae tridentatae, dents mandibulaires obtuses, rpandus sur les restes du continent de Gondwana australo-indo-africano-malgache et dans la rgion palarctique. Taille trs variable, de 3 r 2 mm. Tguments pigments, glabres. Les -yeux toujours trs grands, les tempes courtes et effaces. Sillons frontaux complets, rarement creuss en coup de gouge (Tre chodes), comme chez les Perileptus, plus souvent larges, ingaux, superficiels. Epistome sans bourrelet saillant. Pronotum de forme variable; dans la ligne des Trechodes sa base est lobe, formant une sorte de pdoncule; chez les Thalassophilus et les genres de la srie phyltique de Plocamolrechus, la base est normale, comme chez les Trechus. La surface basale prsente alors, chez les Plocamotrechus, une strie transverse arque, nette et profonde, unissant les extrmits basales des gouttires latrales; fossettes basales obsoltes.

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470 R. JEANNEL Elytres avec des caractres particuliers suivant les diverses lignes. Dans celle de Trechodes, il existe presque toujours une strie basale transverse et un bourrelet basal allant de l'paule l'cusson; les stries sont effaces, sauf la suturale qui est pince contre la suture la base, lorsqu 'il n'y a pas de striole juxtascutellaire; 1 'apex porte une carne apicale, mais le groupe apical de soies est incomplet. Chez Thalassophilus, on trouve le mme bourrelet basal, un groupe apical incomplet, mais aussi une strie rcurrente apicale dirige sur la troisime strie. Dans la srie phyltique de Plocamotreclws 1 'lytre ne porte pas de strie basale transverse; d'autre part, la carne apicale est trs basse ct la strie rcurrente apicale, nette ct profonde, se continue en avant, sans dviation ni interruption, avec la cinquime strie et forme ainsi une anse continue trs rgulire sur le sommet de 1 'lytre. Cette dispo sition trs caraclristique a disparu, il est vrai, chez Trechosia dont les stries ont subi une spcialisation ornementale particulire. II est curieux, d'autre part, qu'on la retrouve chez certains Trechus d' Abys sinie (T. biparlilus Raffr.). Chez tous les Trechodini la srie ombilique est agrge; des so!es discales existent sur le troisime interstrie, parfois en trs grand nombre (Amblyslogenium). Tibias antrieurs glabres sur la face antrieure, sillonns ou non sur la face externe. Labre transverse, bord libre chancr. Mandibules (fig. 3oi et 3I2) dent prmolaire prsente, plus ou moins saillante; les rti nacles obtus, le droit double, le gauche simple. Palpes maxillaires subuls chez les Trechodes comme ceux des Perileptus, non subuls, avec le dernier article pais et conique chez les autres genres. Prbasilaire muni de soies nombreuses (de 6 12). Labium libre, dent mdiane toujours simple, anguleuse chez les Trechodes et genres voi sins, tronque chez les Plocamolrechus, un peu chancre chez 1 'Amblyslogenium. Palpes labiaux avant-dernier article muni de quatre soies. Languette subcarre ou ovale, jamais trs saillante ni conique, arme de deux grandes soies mdianes et de trois petties soies e chaque ct. Paraglosses grles. L'organe labial est plac, comme chez les Trechini, sur le disque du labium, loin rlu hord basal. Organe copulateur trs diffrent de celui de tous les autres Tre chinae. Le lohe mdian est trs peu volu, Iton tubuleux, ct est constitu par une sorte de gouttire ventrale dans laquelle repose le sac interne, nu du ct dorsal. Cette gouttire se montre forme de deux pices, 1 'une droite, 1 'autre gauche, incompltement soudes par le bord ventral. Leurs deux extrmits basales sont libres ct ne se sont

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 471 pas fusionnes, de sorte qu'il n'existe pas de bulbe basal et que l'orifice basal est vaste et terminal. Du ct dorsal les deux bords de la gouttire, qui forme le pnis, ne se rejoignent pas; le sac est nu cet endroit et en gnral fortement chitinis sur sa face dorsale non recouverte par le pnis. Les styles sont petits, ingaux, termins par un nombre variable de soies. Le sac interne n'a souvent pas d'armature copulatrice ou parfois seulement quelques dents (Thalassophilus); mais l'armature est trs dveloppe chez les Plocamotrechus. Ce type trs archaque d'organe copulateur mle montre parfaitement comment le pnis tubuleux des Carabiques s'est constitu par la fusion de deux pices symtriques lmentaires. Chez les Trechodini, un trange petit genre de Tasmanie, Cyphotrechodes (fig. 261) reprsente un stade trs primitif o seule la pice droite s'est dveloppe. Chez lui le sac interne est entirement nu, seulement soutenu par une tige ventrale correspondant la moiti droite du pnis. r:ypholrechodes est, coup sr, de tous les Carabiclae connus, celui dont l'organe copulateur mle est le plus rudimentaire. Le type incomplet d'organe copulateur des Trechodini ne paratt d'ailleurs pas tre un stade volutif d'o soient drivs les organes pnis ferm des autres Trechinae. Aucun ne montre la moindre tendance la constitution d'un bulbe basal et, d'autre part, aucun pnis ferm des autres tribus ne laisse voir la moindre trace de soudure des deux pices. Les Trechodini se sont spars de la souche commune des Trechinae alors que le pnis tait encore 1 'tat d'bauche; cet organe a subi chez eux un arrt de dveloppement qui a maintenu l'indpendance des deux pices symtriques primitives, mais il a pr sent malgr cela des spcialisations de sa partie apicale, tout fait analogues celles qui s'observent chez les Trechini. Ce sont donc principalement les caractres de leur organe copulateur qui isolent les Trechodini des autres Trechinae. Mais des caractres externes permettent aussi toujours de les reconnatre, quoique ces caractres ne leur soient pas absolument spciaux. La forme lobe ou pdoncule du pronotum des genres de la srie de Trechodes se retrouvent chez les Oxytrechus amricains, mais les lytres de ces derniers n'ont pas de bourrelet basal. Le bourrelet basal des Trechodes se retrouve chez les Tropidolrechus et Pogonoschema [ Homaloderini] amtraliens, mais le fncis de ces derniers est tout autre. La strie rcurrente en anse continue des Plocamotrechus enfin existe aussi chez le Trechus bipartilus d'Abyssinie, mais ce Trechus n'a pas de dent prmolaire aux mandibules. Comme toujours les

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472 R. JEANNEL caractres externes ornementaux n'ont pas la constance absolue des vritables caractres de filiation tirs de conformations anatomiques; on les voit reproduits isolment dans des lignes bien diffrentes. Il est frappant que ces apparitions parallles du mme caractre se fassent trs souvent dans la mme rgion gographique, ou sur les frontires des aires de rpartition des deux lignes qui le prsentent. Les lytres type Plocamotrechus du Trechus bipartitus d'Abyssinie en sont un bel exemple, car l'Abyssinie, peuple de Tre chus typiques, comme T. aethiopicus, pourrait aussi bien hberger des Plocamotrechus, puisque ce genre est abondamment reprsent sur les hautes montagnes de l'Afrique orientale. Or, il n'y a pas de doute que le Trechus bipartitus, mandibules sans dent prmolaire et pnis ferm, appartienne une toute autre ligne que les Plo camotrechus, malgr sa strie rcurrente en anse continue. On pourrait dire que la mme disposition de la strie rcurrente des lytres se soit produite par convergence, dans deux lignes diffrentes, sous l'influence de conditions gographiques identiques: mais on ne saisit gure par quel mcanisme cela aurait pu se faire. N'est-il pas plus vraisemblable que ces caractres identiques soient en ralit des carac tres communs, hrits par disjonction mendlienne? Il suffirait d'admettre que des croisements aient jadis t possibles entre des Ploca motrechus et des Trechus et que le caractre de la strie rcurrente en anse soit dominant par rapport la strie rcurrente interrompue rces sive des Trechus; i l aurait pu ainsi se former autrefois des espces de Trechus possdant des lytres type Plocamotrechus. Cette hypothse, qui n'a certes rien d'invraisemblable, permettrait de comprendre bien des cas embarrassants qui rendent bien difficile la recherche ,Pes vritables filiations. C'est ainsi qu'elle pourrait expliquer pourquoi les Oxytrechus sudamricains, de la tribu des Homalo derini, ont absolument la mme forme du pronotum que les Tre chodes; il est bien probable en effet, tant donne leur distribution actuelle, que les souches des Trechodes ont d exister au Crtac sur toute 1 'Archhlenis et par consquent dans la mme aire gographique que celle des Oxytrechus. Mais ce n'est pas le lieu, ici, de m'tendre davantage ce .sujet et je me propose de le faire plus longuement dans une tude gnrale de l'volution des Trechinae. CHoRoLOGIE. La distribution des Trechodini rappelle beaucoup celle des Peri'leptini. Ils sont en effet rpartis sur les restes du continent gondwanien australo-indo-africano-malgache et une de leurs espces s'est rpandue dans la rgion palarctique (fig. 256).

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 473 Les Trechodini se groupent dans deux grandes lignes dont la distribution mrite d'tre tudie sparment, car elle montre que chacune de ces lignes a une histoire bien particulire. Les Trechodes ont une rpartition semblable celle des Perileplus du sous-genre Pyrrholachys, mais cette rpartition est encore plus -, '/. v. :t" ,.._ .. FiG. 256. Carte de la distribution des Trechodini.-Distribution gondwanienne indoafricano-australo-rnalgache, avec un genre (Thalassophilus) migr en Europe o la limite nord de son aire a t remanie par le Glaciaire. expressive, car on connat un bien plus grand nombre d'espces de Trechdes jalonnant leur aire gographique. Cinq espces habitent l'Afrique orientale depuis l'Abyssinie, jusqu'au Cap, une espce se trouve Madagascar, une autre en Birmanie, une dans l'le de Luzon, trois dans l'est de l'Australie et le petit genre proche parent Cypho trechodes, enfin, vit dans la Tasmanie. Tous habitent les rgions montagneuses, mais basse altitude, sauf le T. lebioderus d'Abyssinie qui se trouve 2.3oo mtres. Le T. Bakeri des les Philippines est plus nettement alli aux

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474 R. JEANNEL espces australiennes qu' celle de Birmanie, ce qui indique qu'il n'est pas un immigrant tertiaire venu d'Asie comme le Perileptus qui se trouve avec lui, mais qu'il est un relicte du continent de Gondwana jurassique, avant son morcellement. Il est Lien plus surprenant encore de constater que le T. Alluaudi de Madagascar n'a aucune affiuil avec le T. cauliops de BirmanieJ pas plus d'ailleurs qu'avec les espces africaines, mais qu'il est tr!;i proche parent des trois espces australiennes, avec lesquelles il a de nombreux caractres communs. Ce fait donne la preuve que le Trechodes de Madagascar n'est pas une espce lmurienne c'est -dire crtacique, mais qu'elle est, comme le T. Bakeri, un relicte bien plus ancien. On pense gnralement que l'Australie a d se sparer de Madagascar avant le dbut du Jurassique; il faudrait donc attribuer la souche du T. A lluaudi un ge aussi ancien 1 La ligne des Trechodes aurait donc une anciennet considrable; mais cela ne suffit encore pas expliquer la rpartition des espces. La souche commune des Trechodes australiens et malgaches aurait t largement distribue sur un immense continent allant de l'est dP. l'Australie jusqu' Madagascar, c'est--dire sur une distance aussi grande que celle qui spare 1 'Espagne de 1 'Indo-Chine. Comment comprendre qu'une mme espce ait pu avoir une telle extension, mme dans des conditions de climat homogne et comment se figurer la cause des diffrences importantes existant entre notre espce malgache et celles de l'Afrique qui n'taient alors pas encore Les diffrences entre le T. Alluaudi et les espces africaines sont si nettes et ses affinits avec les Trechodes australiens sont si troites qu'il semble que l'isolement d'avec l'Afrique ait d tre prcoce et que les rapports gographiques de Madagascar avec 1 'Australie aient d se prolonger bien aprs et rester immd:ats. On peut supposer, il est vrai, que l'isolement de la souche du T. Alluaudi malgache de celle des espces africaines ait pu tre le fait de conditions particulires autres que l'existence d'une barrire marine; mais la thorie des ponts continentaux ne rend que bien difficilement compte des liens de parent troits unissant le Trechodes malgache ceux de 1 'Australie. Par contre, la thorie des translations continentales d'A. WEGENER ferait tomber cette difficult rsidant dans la distance norme sparant les deux les, puisque d'aprs cette thorie, Madagascar, reli 1 'Australie par un continent antarctique, n'aurait gure t plus loign du sud-est australien, au Jurassique, que ne 1 'est actuellement 1 'Espagne de 1 'Asie Mineure. En somme, le genre Trec ho des, dont 1 'homognit est in contes-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 475 table et les affinits relatives des espces nettement discernables, pr sente des particularits dans sa distl'ibution gographique qui s'expliquent mal par nos connaissances palogographiques ac tuelles. La parent troite de l 'espce malgache avec celles d'Australie et les diffrences qu'elle prsente au contraire avec les espces afri caines, d'une part, et celle de Birmanie, d'autre part, ne cadrent pas avec ce que l'on sait de l'histoire du morcellement du continent de Gondwana. Les Trechodes, comme d'ailleurs d'autres groupes d'animaux, tendent faire admettre que .Madagascar a t isol trs tt de 1 'Afrique, et a gard par la suite, pendant longtemps, des connexions encore trs directes avec 1 'Australie. Il semble d'ailleurs que ce soit de l'Australie que sont parties les souches des Trechodes. En Australie et Tasmanie se trouvent encore des types divers de la mme ligne (Paraechodes, Cyphotrechodes, Trechobembix). Les Trechodes seuls se sont rpandus sur tout le continent australo-indo-africano-malgache, avant son morcellement, c'est--dire au moins ds le dbut du Jurassique. Les africains ont t isols de bonne heure et l'espce malgache venue directement du sud de l'Australie n'a pas d'affinits directes avec celles de l'Inde qui sont venues probablement la mme poque directement de l'Australie jusqu'en Birmanie. L'espce des Philippines a d venir aussi de l'Australie, mais un peu plus tard, lorsque le morcellement du Gondwana sparait dj de l'Inde un continent anstralo-malais (Jurassique). Les affinits trs nettes du T. Bakeri de Luzon avec les espces australiennes semblent le prouver et feraient croire que la grande transgression marine crtace n'a pas totalement les les Philippines. La ligne des Trechodes est encore reprsente en Nouvelle-Caldonie par le genre Sporades. On sait que la Nouvelle-Caldonie fut rattache au nord-est de l'Australie pendant tout le Secondaire et n'a pu en recevoir sa faune qu' l'Eocne. Enfin c'est de la mme ligne des Trechodes, ou tout au moins d'une ligne trs voisine, qu'a d se dtacher le genre Thalassophilus palarctique. On ne lui connat, il est vrai, aucun proche parent direct dans la faune australe, mais ses mandibules dents prmo laires, son pnis incomplet, sans bulbe basal, le bourrelet basal de ses lytres indiqent qu'il a des affinits certaines avec les Trechodes. C'est au Nogne, aprs la constitution du continent eurasiatique qu'il a d se rpandre en Europe, comme le Perileptus areolatus. Tm,ltefois son aire de rpartition diffre par bien des points de cellt'

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476 R. JEANNEL du Perileptus. La limite nord de son aire gographique concide assez exactement avec la bordure des terrains erratiques, ce qui peul s'expliquer par un refoulement de 1 espce pendant le Glaciaire; mais on comprend moins bien pourquoi elle semble faire dfaut non seulement dans le nord de 1 Afrique et dans les les Mditerranennes (sauf FIG. 257. Carte d e la distribution des Plocamotrechus et Amblystogenium. la Corse), mais aussi dans les pninsules mridionales de 1 'Europe. Thalassophilus n'est pas connu du sud de l'Italie; il n 'existe pas en Espagne, sauf dans l es monts Cantabriques et dans une groUe des environs d 'A licante. Dans 1 'tat actuel de nos connaissances cette distribution reste nigmatique. L'hypothse la plus vraisemblable est qu'il a d avoir au Tertiaire une distribution plus tendue dans la rgion mditerranenne et qu'une spcialisation rcente l'a ainsi localis dans l'Europe tempre Peut-tre est-il seulement plus rare

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 477 dans les contres mridionales ct les recherches futures en feront-elles connatre de nouvelles stations P La srie phyltique de Plocamolrechus est bien diffrente de celle des Trechodes; ses reprsentants sont des espces de grande taille, pronotum de forme spciale, dent labiale tronque et strie rcurrente des lytres en forme d'anse continue. Sa distribution est trs intressante (fig. 257), car elle montre qu'il s'agit d'un groupe d'origine nettement antarctique. Amblyslogenium habile sous le 47 latitude sud, en pleine zone antarctique, dans l'archipel des Crozet, o il est, avec Temnoslega, 1 'un des deux seuls Carabiques existant actuellement. Amblyslogenium est trs troitement apparent aux Plocamolrechus qui vivent dans toute l'Afrique australe et sur les hauts sommets des montagnes de l' A.rique orientale, mais ne sont pas connus de Madagascar. On ue sait rien de prcis sur la dure des connexions entre 1 'Afrique australe et l'Antarctide. S'il a exist pendant le Secondaire une (( Archinotis antarctique, faisant communiquer le sud de l'Amrique avec 1 'Australie travers 1 'Atlantique et 1 'Ocan Indien) ce continent tait certainement spar par des mers du sud de 1 'Afrique ainsi que des les Marion, Crozet et Kerguelen. D'autre part il semble prouv
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478 R. JEANNEL ne saurait en avoir de meilleure preuve que celle qui est donne par la lecture de ce que G. ENDERLEIN a pu crire dans son travail propos des Trcchinae des les Crozet (1. c., p. 36g). On voit donc qu' il n est gure possible jusqu' prsent de faire tat des distributions d espces connues pour tablir des reconstitutiom; palogographiques des continents africano-antarctiques. La distribution des PlocamoLrcchus n 'en est que plus intressante examiner. S'il est confirm qu'aucune espce du genre ne se trouve Madagascar, comme cela est bien probable, il faudra admettre que 1 'Afrique a t prolonge vers le sud jusqu 'aux les Crozet, alors que la sparation de Madagascar par le dtroit de Mozambique tait dj un fait accompli. D 'autre part l'avance jusque sous l'quateur de 1 'aire gographique des PlocamoLrcchus se superpose J'aire des Treclwcles, mais ne signifie aucunement que les deux genres aient cu la mi\mc histoire. Les Trcchodcs sont dans 1 'Afrique orientale, comme Madagascar, en Australie ou en Asie des restes de l'ancienne faune u continent de Gondwana; les Jl[ocamoLrechus semblent tre bien moins anciens. l...oin de vivre basse altitude dans l Afrique orientale, ils sont relgus dans les rgions alpines suprieures des hautes montagnes ct ont ainsi les caractre s d'espces refoules prs des neiges aprs le Glaciaire. II semble qu'originaires des rgions africano-antarctique.s, ils se suient rpandus dans toute l'Afrique tropicale, pendant le Tertiaire, car ils n 'ont pas pu passer Madagascar. Cette di spersion a d se faire la faveur d'un climat plus froid que le climat. actuel. Le rchauffement postglaciaire e 1 Afrique les a c h a sss des basses altitudes de la zone tropicale ct les a refouls d'une part prs des neiges ter nelles des hauts sommets r1uatoriaux, d 'autre part dans le sud de l'Afrique o ils sont largement distribus. TABLEAU DES GENRES. r. Elytres a v e c un e slrie basale transverse continue, unissant la goullire hum rale la racine de la slrie juxtas c utellaire. . 2 Elytres sans strie basale continue. Palpes non su buls; sillons frontaux non en coup d e g ouge ; tarse s antrieurs mles toujour s a v ec deux articles dilats . . . . . . . . . 6. :>.. Palpes subuls, l'a vant-dernier article plus troit au sommet que dans sa partie mdiane, le dernier article cylindrique, bien plus troit el plus court que le prcdent. . . . . . . 3.

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MONOGRAPHIE !JES TRECHJNAE 419 Palpes non subuls, l'avant-dernier article graduellement paissi au sommet, le dernier article conique, au moins aussi long que le prcdent. Tarses antrieurs mles avec deux articles dilats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5. 3. Subcy lindrique, le pronotum subglobuleux rebord latral effac, les lytres trs convexes, gibbeux la base. Sillons frontaux non en coup de gouge. Base du pronotum reborde en entier. Striole juxtascutellaire indpendante de la strie suturale. Tarses antrieurs mles avec deux articles dilats. Trs petite taille (2,8 mm.). (Australie, Tasmanie.) ....... : 1 o. Gen. Cyphotrechodes, nov. Dprim, le pronotum subcordiforme, avec un lobe basal m-dian saillant, les lytres amples et plans. Strie suturale continuant directement la striole juxtascutellaire. . . . . . . 4. 4. Sillons frontaux en coup de gouge. Lobe mdian de la base du pronotum trs saillant, le rebord basal continu sur toute la base. Tarses antrieurs mles avec deux articles dilats. Petite taille (3,5 4 mm.). (Birmanie, tl es Philippines, Australie, Madagascar, Afrique australe et orientale.) .......... 1 1. Gen. Trechodes Blackb. ,_ Sillons frontaux non en coup de gouge. Lobe mdian de la base du pronotum peu saillant, le rbord basal interrompu sur le lobe mdian. Tarses antrieurs mles avec un seul ar ticle dilat. Petite taille (3,5 mm.). (Nouvelle-Caldonie.) .... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I3. Gen. Sporades Fau v 5. Base du pronotum. avec un lobe mdian un peu saillant, non rebord, la gouttire marginale prolonge seulement sur les parties latrales de la base. Elytres amples, presque lisses; le retour de la strie suturale l'apex vers l'extrmit de la 5" strie. Tibias antrieurs glabres. Dent du menton simple, dernier article des palpes maxillaires un peu plus court que le prcdent. Taille moyenne (4 mm.). (Australie, Tasmanie.) .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 12. Geu. Paratrechodes, nov. -Base du pronotum sans trace de lobe mdian, nullement re borde. Elytres allongs, stries profondes; le retour de la strie suturale l'apex vers l'extrmit ,de la 3" strie. Tibias antrieurs pubescents. Dent du menton sillonne, un peu bifide, dernier article du palpe maxillaire plus long que le prcdent. Taille moyenne (4 4,5 mm.). (Europe.) ....... . . . ... . . . . . . . . . . . . J5. Gen. Thalassophilus Woll. 6. Pronotum bord basal lob aU: milieu, les parties latrales profondment chancres et dprimes; le bord basal rehord en entier. Stries des lytres ponctuation forte et profnde.

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4 80 R. JEANNEL Facies des Bembidium. Petite taille (3,5 mm.). (Australie, Tasmanie.) ................. :. . . . . 14. Gen. Trechobembix, nov. Pronotum sans lobe basal, sans rebord basal. Stries des lytres lisses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7. 7. Tibias antrieurs trs paissis au sommet, sans trace de sillon longitudinal externe. Srie discale de 5 pores stifres sur la 3" strie de l'lytre; des pores surnumraires sur Je 3" inter valle. Disposition apicale des stries comme chez Plocamotrechus. Taille de 7 mm. (Archipel des Crozet.) ............... : ............................... 16. Gen. Amblystogenium Eu.l. Tibias antrieurs non paissis au sommet, avec un sillon lon gitudinal externe net. Srie discale de 2 pores stifres sur la 3 strie des lytres; pas de pores surnumraires sur les intervalles ....... .. . . . . ... . . . . . . . . .. . . . . . 8. 8. Sillons frontaux superficiels sur le vertex. Impression basale transverse du pronotum sulciforme, nette et lisse, continue d'un angle l'autre. Extrmit apicale de la 5" strie se continuant sans s'attnuer, toujours profonde et nette, par Je retour apical de la strie suturale, de faon dcrire une anse apicale 11. Toutes les stries en gnral visibles, entires. Taille de 5 11 mm. (Afrique australe et orientale.) ............. .' . . . . . : . . . . . . . . . . . 17 Gen. Plocamotrechus, riov. Sillons frontaux profonds sur le vertex. Base du pronotum sans impression transverse continue, non dprime sur la ligne mdiane, les parties latrales avec de larges fossettes superficielles rugueuses : Les trois premires stries profondes, quoique effaces l'apex! les autres stries totalement absentes, sauf la s qui est trs profonde, fortement carte de la gout tire marginale. Pas d'anse apicale; l'extrmit apicale des stries est fortement inflchie en dedans. Taille de 5 mm. (Afrique austr.ale.) ...................... 18. Gen. Trechosia, nov. 1 o. Gen. CYPHOTRECHODES, nov. Type : Trechodes gibbipennis Blackburn. DIAGNOSE. -Sillons frontaux complets, normaux, semblables ceux des Trechus. Yeux glabres. Labre transverse. Palpes maxillaires Dent du simple. Prhasilaire avec une range verse de quatre soies. Labium et. palpes l .abiaux comme .chez Trechodes. Pronotum subglobuleux. Elytres lisses avec une seule strie (suturale); un bourrelet basal en arrire duquel la gouttire marginale se continue sans interruption avec la racine de la striole

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MONOGRAPHIE.DES TRECHINAE juxtascutellaire par une strie basale transverse; la rgion basale du disque gibbeux. Pas de carne apicale ni de retour de la strie sutu rale. Tibias antrieurs glabres sur les faces antrieure et extenie, sans sillon longitudinal externe. Expansion sous-tarsale du quatrime article dveloppe. Deux articles dilats aux tarses antrieurs mles. Insectes glabres et brillants. Organe copulateur mle trs archaque, trs peu dvelopp; le sac interne est nu et le' lobe mdian reprsent par une tige stylod sur sa face ventrale. Petite taille. Glabre et pigment, l'aspect gnral rappelant assez celui des Dyschirius: Il semble exister des ailes propres au vol: Tte plus longue que large, convexe. Yeux glabres et volumineux, peu saillants. Sillons frontaux du type normal, non en coup de gouge comme ceux des Perileptus ou des Trechodes; le cou trs peu rtrci. Pices buccales semblables celles des Trec'f!.odes. Pronotum subglobuleux, un peu transverse, trs convexe., les bords trs effacs, non saillants. Angles antrieurs et postrieurs total .ement effacs; base troite, arrondie latralement. Disq11e trs convexe, glabre, la ligne mdiane trs fine; pas de fossettes basales. Ecusson trs petit. Pdoncule msothoracique dli, troit, fortement alutac (?organe stridulatoire). Elytres oblongs, trs con vexes, paules arrondies mais saillantes, la base 1ransverse, le'5 cts subparallles, le sorrimet largement arrondi. Gouttire marginale largie en arrire, inflchie aux paules vers la base qu'elle traverse, perpendiculairement la ligne mdiane, pour se continuer sans interruption )a striole juxtascutellaire. En avant de cette strie basale transverse, le rebord basal de l'lytre forme un bour relet saillant. Strie suturale forte, commenant au cinquime basal, en dehors de la striole juxtascutellaire, d'abord carte de la suture, puis s en rapprochant au sommet Pas trace d'autres stries; le disque est lisse et brillant, fortement gibbeux dans le quart basal, en avant d'une. profonde fossette oblique qui occupe la place du premier pore discal. Pas de carne apiale. Pattes courtes. Fmurs peu renfls. Tibias glabres sur les faces antrieure et externe, sans trace de sillon ,longitudinal externe. Echancrure du bord interne bien dveloppe. Tibias intermdiaires et postrieurs avc un rang rgulier de soies sur chacune des quatre faces, quatre perons gaux sur le bord apical et un trs petit peigne au bord interne. Tarses courts ; les deux premiers articles normalement dilates aux tarses antrieurs des mles .

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482 R JEANNEL Chtotaxie. -Deux pores susorbitaires. Porcs prothoraciques normaux, les pores postrieurs indiquent la place des angles postrieurs tout fait effacs. Srie ombilique rgulire, forme do c1uatre gros pores humraux clans la gouttire marginale, deux pores aprs le milieu et deux pores vers le sommet. Deux pores discaux, le premier transform en grande fosselte oblique. Groupe apical reprsent par deux petits porcs (apical et antapical) sur 1 'emplacement de 1 'apex de la troisime strie. Organe copulateur trs remarquable par son tat rudimentaire. Le sac interne est nu, non envelopp par un lobe mdian chitinis. Seule la moiti droite de celui-ci s'est dveloppe, formant une tige aplatie, fortement chitinise, applique contre la partie droite de la face ventrale elu sac interne. Compar au lobe mdian des Trechodes (fig. 267), celui elu Cyplwlrechodes ne correspond qu' la moiti droite du premier, la moiti gauche ayant subi un arrt total de dveloppement. Les styles latraux sont normalement dvelopps et le sac interne, libre et non envelopp par sa gaine chitineuse, porte des dents et cailles nombreuses dans sa partie moyenne qui constitue une vsicule vaginable. Ce genre esl cree pour une espce de Tasmanie et d'Australie, trs remarquable par le haut degr cl 'volution de ses caractres externes, en opposition avec 1 'tat tout fait archaque de son organe copulateur. Cyphotrechodes gibbipennis Blackburn. Trechodes gibbipennis Blackburn, I!JOI, Tram:. Roy. Soc. S. Austr., p. 1 IJ; type : Lake district, Tasmanie. Sloane, T!J20, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XLV, p. 15o. Fig. 258 26r. -Long. 2,8 mm. Noir brillant, les pattes ct les pices buccales rougetres, les antennes brunes. Tte un peu plus longue que large, les yeux gmnds, peu sail lants, environ six fois longs que les tempes. Anll'nnes attei gnant le qtwrt hal'al des lytres. Prouutum lgrement plus large que long, plus large que la ttr, trs convexe, ln base aussi large que le sommet, !'aillnnte, tronque ohliquemcnt de part et d'autre elu pdoncule, les angles postr'ieurs peine indiqus. Pas de gouttire marginale le long des cts qui sont marqus seulement par

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE un fin liser; base reborde dans toute sa largeur. Elytres assez amples, environ une fois et demie aussi longs que larges, la plus grande largeur vers le milieu. Epaules arrondies; base perpendicu laire la ligne mdiane. marginale trs troite aux paules, largie en arrire. Disque avec une grande fovole oblique Z59. l..60. FIG. 258 261. Cyphotrechodes gibbipennis Blackb, des monts Grampians, Australie. Fig. 258. J\Ile, x '18. Fig. 259. Le mme, de profil. Fig. 260. Organe copulateur mle, face ventrale, x 1'10, montrant la rduc tion de la gouttire pniale. -Fig. 2Gt: Le mme, face gauche. au niveau du pore discal antrieur; le pore discal postrieur gros et arrondi. Organe copulateur mle trs peu arqu, la pointe du lobe un peu lancole au sommet. Quatre soies la terminaison des styles. CHOROLOGIE. -Tasmanie : montagnes du Lake district (Blackburn). Australie : monts Grampians, dans le Victoria (E. Fischeri).

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484 R, JEANNEL II. Gen. TRECHODES Blackburn. Trechodes Blackburn, rgor, Trans. Roy. Soc. S. Austr., p. IIg; type : T. secalioides Blackb. DrAGxosE. -Sillons frontaux complets, troits, en coup de gouge. Yeux glabres, trs gros et trs convexes, trs saillants, souvent subhmisphriques. Labre transverse. Palpes maxillaires su buls. Dent du menton simple. Prbasilaire avec une range transverse de quatre soies son Lord antrieur; labium libre. Palpes labiaux avant-dernier article hriss de sept huit soies. Pronotum base lobe dans sa partie mdiane, le bord du IoLe mdian finement rebord. Elytres avec une profonde strie basale transverse unissant la gouttire humrale la base de la strie juxtascutellaire, elle-mme continue sans interruption par la strie suturale. Strie suturale rflchie le long du borel apical et se continuant avec la terminaison de la huitime strie; carne apicale peu sail lante. Disque des lytres lisse, non gibbeux la base, sans autres stries nettes que la strie suturale. Tibias antrieurs glabres, avec un sillon longitudinal sur la face externe. Insectes glabres et brillants, ails. Organe copulateur mle trs allong; le lobe mdian est nettement form de deux parties, droite et gauche, soudes par le Lord ventral et enveloppant le sac interne. Le sommet de la partie droite est toujours indpendant et bien plus court que celui de la partie gauche, ce dernier constituant la pointe de l'organe copulateur. Taille variable, de 3 4 mm. Aspect gnral de certains Tachys. Peu convexe, assez large, les yeux trs saillants, le pronotum pdoncul sa base. Tguments glabres sur la face dorsale, pubescents sur l'abdomen; tte, pronotum et lytres fortement alutacs chez les espces africaines, lisses chez celles cl' Asie, d'Australie et de Mada gascar. Coloration variable, toujours brillante, souvent avec des fascies claires ou fonces sur les lytres. Tle robuste, transverse, dprime sur le disque; les sillons frontaux complets, arrondis, rguliers, troits, brusquement creuss en

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MONOGRAPHIE DES. TRECHINAE coup de gouge comme ceux des Perileptus (fig. 262). Yeux glabres, subglobuleux, trs saillants, presque pdonculs chez les espces asiatiques. Tempes courtes et trs obliques; cou bien rtrci. Antennes longues et grles, atteignant presque le milieu des lytres, leurs articles cylindriques, quatre cinq fois aussi longs que larges. Epistome tubercul chez les espces africaines. Labre transverse, cts subparallles, le bord libre profondment chancr. Mandibules robustes, pointe arque, la dent prmolaire bien dveloppe des deux cts. Palpes maxillaires avantdernier article scuriforme, allong, moins pais au sommet qu'au milieu (fig. 266), le dernier article petit, grle, allong, cylindrique aussi long que les deux tiers du prcdent et bien plus troit que lui sa base. Labium libre, le postmentum avec quatre soies sur le bord antrieur; les pilobes mousses, la dent du menton simple et arrondie (fig. 266). Languette bord libre arrondi, les paraglosses grles (fig. 266). Palpes labiaux avant-dernier article piriforme, hriss de quatre cinq soies, le dernier article cylindrique, grle et court. Pronotum plus ou moins transverse, peu convexe, peu prs aussi large au niveau des angles postrieurs qu'au sommet; les cts arrondis en avant, les angles postrieurs obtus, effacs, surmonts, comme chez les Perileplus, d'une petite carne bissectrice saillante. Base lobe dans son tiers mdian. Le lobe mdian est trs accus et convexe chez les espces australiennes dont les parties latrales de la base sont presque perpendiculaires la ligne mdiane (fig. 264); il est moins saillant et tronqu chez les formes asiatiques (fig. 262), saillant, mais moins nettement limit chez les espces africaines (fig. 273 278), dont les parties latrales de la base sont obliques. Disque peu convexe, les fossettes basales obsoltes. Gout tire marginale nette, profonde, rgulire, prolonge sur la base, dont le lobe mdian est toujours rebord. Pdoncule mesothoracique dli, mat, fortement granuleux. Elytres oblongs, peu convexes, environ d'un quart ou d'un tiers plus longs que larges, les angles humraux accuss, les cts peu arqus, Je bord basal presque perpendiculaire la ligne m diane. La gouttire marginale se prolonge en travers de la base par une strie basale qui vient continuer sans interruption a,ec la base de la striole juxtascutellaire. Une seule strie, suturale, qui con. ti nue la striole juxtascutellaire (fig. 262); celle-ci s carte brusquement de la suture an. niveau ott elle se continue par la strie suturale. Apex de l'lytre avec une carne apicale plus ou moins

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486 R. JEANNEL efface; la strie suturale se continue sans interruption sur le bord apical par la termina1sou de la huitime strie qui n'est distincte qui:' dans le tiers apical seulement. Bord posthumral de l'lytre dent chez les espces d'Asie (fig. 262), crnel chez celles d'Afrique, simple chez celles d Australie et de Madagascar. Mtasternum ample. Pattes courtes et grles, les tibias antrieurs glabres, avec un sillon longitudinal net. Tarses courts, le quatrime article avec une petite expansiOn membraneuse ventrale Tarses antrieurs mles avec les deux premiers articles fortement dilats en dedans. Fmurs uu peu paissis chez les mles. Chtotaxie. Lignes orbitaires convergentes ou parallles. Pores prothoraciques simples, normaux. Srie ombilique normale, les quatre pores humraux un peu espacs sur l 'emplacement de la hui time strie, en dedans de la gouttire, le pore 6 un peu plus cart du 3 que le 3 du 2 Groupe postrieur de la srie ombilique sur la huitime strie qui est visible seulement son niveau. Pores dis caux et apicaux normaux. Organe copulateur incompltement volu (fig. 267 271). Le lobe mdian a la forme d'une longue gouttire chitineuse ventrale, dans laquelle repose le sac interne. A la base les deux cts de la gouttire, arque du ct ventral, forment deux lobes anguleux, symtriques, de part ct d'outre du sac interne; il n 'exisle donc pas de bulbe basal ferm, ni proprement parler d'orifice basal du lobe mdian. Le sac est nu sur le ct dorsal peine cach par l'en roulement des bords dorsaux de la gouttire, non souds 1 'un 1 'autre; sa paroi dorsale chitinise forme un lobe apical saillant (on ligule) au-dessus de l'orifice apical du sac interne. Styles trs petits, courts, grles termins par deux soies. Sac interne arm de groupei> d'pines ou de dents peu diffrencies. Tout l'organe copulateur est allong, effil, trs long. La comparaison de l'organe copulateur des Trechodes avec celui du Cyphotrechodes (fig. 260 et 261) montre que le lobe mdian est form de deux pices, une droite et une gauche. La pice droite existe seule chez Cyphotrechodes ; les deux pices existent, soudes par le bord ventral, mais encore bien individualises et ingale ment dveloppes chez Trechodes. Les genres Plocamotrechus et Thalassophilus montreront des stades un peu plus volus o Je lobe mdian sera devenu tubuleux, mais que le bulbe basal se soit cependant form. Ce n'est que chez les Trechini que nous verrons ce dernier prendre son entier dveloppement.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 48'i Le genre Trechodes est trs homogne et ses espces prsentent un facies trs particulier qui les fait reconnatre au premier abord. Ce facies rsulte de ce que leurs caractres ornementaux externes sont trs volus, contrastant avec l tat archaque de l'organe copulateur. Les Trechodes sont en effet des relictes de trs vieilles faunes. On les trouve rpartis sur les restes de 1 'ancien continent gondwanien australo-indo-africano-malgache, dont le morcellement date du Jurassique. J'ai insist plus haut (p. 473) sur l'intrt que prsentent les affinits des espces de Trechodes entre elles. Le T. Bal>:eri des Philippines ne montre gure de caractres communs avec le T. cau liops de Birmanie, et se rapproche plutt des espces d'Australie. Mais il est plus inattendu de constater les troites affinits du T. Alluaudi de Madagascar avec les espces australiennes. La non rticulation des tguments, la largeur exceptionnelle du pronotum et la forme du pdoncule prothoracique, 1 'absence de crnulation sur les bords posthumraux des lytres rapprochent troitement le T. Alluaudi des T. secalioides et T. biparlitus d'Australie, et l'cartent nu contraire des nombreuses espces habitant l'Afrique orientale et australe. On est oblig de conclure de cette constatation que, pour les Trechodes, le dtroit de Mozambique constituait dj une barrire alors que Madagascar tait encore unie ft 1 'Australie. Les Trechodes vivent busse alt.itude, dans les montagnes (de 1.000 I.5oo m.), o ils semblent frquenter le bord des eaux courantes, comme les Bembidium et les Tachys. En Afrique, o ils peuplent l'Afrique australe, 1 'Afrique orieu tale et l'Abyssinie, ils ne s'lvent gure une altitude bien considrable dans les montagnes, sauf en Abyssinie (2.3oo m.). A ce point de vue ils diffrent des Plocamolrechus dont il sera question plus loin ct qui prsentent une aire de distribution analogue en Afrique. Ceux-ci en effet vivent faible altitude en Afrique australe, mais se trouvent relgus en haut de la zone alpine des plus haut.s sommets de 1 'Afrique orientale et de 1 'Abyssinie. Ces diffrences tiennent certainement ce que Trechodes et Plocamotrechus n'ont pas la mme histoire. Les Trechodes sont des restes de la vieille faune tropicale des dbris du continent de Gondwana, tandis que les Plocamotrechus, originaires des rgions tempres antarctiques, ont d se rpandre vers le nord au Tertiaire et tre rlgus dans la faune alpine des hauts sommets de l'Afrique orientale aprs le Glaciaire.

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488 R. JEANNEL TABLEAU DES EsPCEs. 1 Tte, pronotm et lytres lisses, brillants, non alutacs. Pro. notum fortement transverse, gouttire marginale large. (Es pces d'Asie, d'Australie et de Madagascar ) ..... .... ....... 2. Tte, pronotum et lytres mats, fortement alutacs. Pronotum peu tranverse, gouttire marginale trs fine. Pdon cule prothoracique toujours long et saillant; la partie du pronotum qui se trouve en arrire de la ligne unissant les deux angles postrieurs, rprsente au moins le quart dEl la longueur du pronotum. (Espces africaines.).............. 6 :J. Pdoncule prothoracique long, saillant troit, les cts de la base trs obliques; la du pronotum qui se trouve en arrire de la ligne unissant les deux angles postrieurs reprsente le tiers de la longueur du pronotum. Joues non exca-.. ves, vertex lisse, yeux non pdonculs. Elytres sans dent posthmiale sur le bord marginal; suture non saillante. Rougetre trs brillant, les lytres avec une large fascie noire transverse mdiane; antennes brunes, pattes testaces. Long. 3,5 mm. (Iles Philippines.) ..... .-............... 2. Bakeri, n. sp. ,__ Pdoncule msothoracique court et large, les cts de la base presque .perpendiculaires la ligne .mdiane;. la partie du pro notum se trouvant en arrire de la ligne unissant deux angles postrie,urs reprsente cinquime cJc la du l ronotun1 : . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . 3. ,.. . .. 3. Joues concaves en avant, entre les sillons frontaux et le rebord an'teimaire, de gros plis longitudinaux lisses; vertex excav. Yex subhmisphriques, trs saillants, presque p. do:riculs. Elytres strie suturale trs profonde, la sutur saillante, le disque parfaitement lisse et brillant; bord margi nal avec une dent en arrire des paules. Brun de poix trs brillant, avec les antennes rougetres, les pices buccales et les pattes testaces rougetres. Long. 3-,6 mm. (Birmanie.) . . . . . . . . . . .. . .-..... . . . . . . 1. cauliops Ba tes. Joues ni excaves ni rugueuses, vertex uni. Yeux gros, sail-. lants, mais nullement' pdonculs. Elytres sut pre non sail)ante, la strie suturale moins profonde; bo!d marginal de!J-t posthumrale, _abs<;>lument lis _s .................. : .. : .-4 4. Pronotum convexe. Elytres oblongs, un pe\1 largis aprs le., milieu, attnus au sommet. Pronotum trs transverse,' cts trs arrondis. Noir de poix brillant.z. la tte, les antennes, le

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MONOGRAPHIE DES.TRECHINAE 489 dessous du corps et le sommet des lytres rougetres, les pattes testaces. Long. 4 mm . (Madagascar.).... 6. Alluaudi, n. sp. -Pronotum subdprim. Elytres courts, parallles, sub, tron-qus au sommet. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5. 5 . Noir de poix brillant, avec les pices buccales, le labre, l'pistome et les antennes rougetres, les pattes testaces. Yeux peu saillants, les tempes obliques. Pronotum transverse, mais rtrci la base qui est nettement plus troite que le som-met. Long. 3,5 nm. (Australie.) ........ .... 3. secalioides 13lackb. Tte, pronotum, base et cts des lytres rougetres; apex et dessous bruntre, lytres noir de poix brillant, pattes testa ces. Yeux trs saillants, trs gros, les tempes transverses. Pronotum trs large, trs transverse, non rtrci la base; celle-ci aussi large (au niveau des angles postrieurs) que le sommet. Long. 3,5 mm. (Australie.)................... 4. bipartitus Mael. Tte, pronotum, base et cts des lytres rougetres; apex et disque des lytres noirs; antennes et pattes testaces. Long. 3,5 mm. (Australie mrid.)...................... 5. bitinctus SI. 6 .. Tempes transverses, diriges perpendiculairement la ligne mdiane; les yeux trs gros et trs saillants. Pronotum court, trs transverse, la base (au niveau des angles postrieurs) presque aussi large que le sommet. Roux brillant, les lytres avec une vague fascie mdiane noirtre, en arrire de laquelle se trouve une plage ple. Long. 3,8 mm. (Afrique orientale.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7. Babaulti, Tempes obliques et convexes; les yeux bien moins saillants .. 7. Noir de poix brillant, la partie antrieure de la tte et le dessous du corps rougetres, la base des antennes et les pattes testaces. Yeux trois fois aussi longs que les tempes. Prono-tum cts bien arrondis, les angles postrieurs effacs. n. sp. 7 Elytres peu convexes, parallles et courts. Long. 3,5 mm. (Afrique .-.................... 8. kilimanus; n. sp. -,Rox brillant, les pices buccales, l'pistoine, la base des antennes les pttes testaces, les lytres avec une vague fascie mdiane noirtre, en arrire de laquelle se trouve une plage blanchtre . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . 8. 8. Prono.tum petit et troit, cts trs peu largis en avant, la base (au niveau des angles postrieurs) r)eine moins large que le sommet. Coloration plus sombre. Elytres courts et parallles. Long. 3,5 mm. (Afrique orientale.) g .. kenyensis, n; sp. -Pronotum large et transver;:;e, cts lrgis en avant, la base nettement plus troite que le sommet. Coloration ple. Elytres plus larges et plus amples. . . . . . . . . . . . . . . . 'n

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490 R. JEANNEL g. Elytres larges et parallles, sommet obtusment arrondi. Long. 3,8 mm. (Abyssinie.)............... 1 1 Jebimlerns Chaucl. Elytres ovulaires, sommet attnu, la plus grande largeur vers le milieu. Long. 3,8 mm. (Afrique australe.) ......... . . . 1 u. 1\larshalli, n sp. 1. Trechodes cauliops Baies. Trechus cauliops Bates, 18g2, Ann. Mus. civ. SL. nat. Genova, XXXII, p. 2g8; type : Karin Ghec (Mus. Gnes). .Jeanne!, 1!)23, Trech. fleg. Orient., p. !115, fig. 10. \ \ \ ; \ ,\ FIG. 262 265. Genre Trechodes. -Fig. 262. T. cauliops Bates, de Birmanie, x 18. Fig. 263. Apex de l'lytre gauche du T. cauliops. -Fig. 264. T. bipartitus Mael., d'Australie, x 18. Fig. 265 Palpe maxillaire droit et pices labiales, face sternale, du T. kilimanus J eann., x 80. Fig. 262, 263 et 271. Long. 3,6 mm. Brun de poix trs bril lant, les antennes rougetres, les pices buccales et les pattes testa ces rougetres. Tguments lisses, n o n alutacs. Tte transverse, avec le front trs dprim, les sillons frontaux troits et rguliers, linaires, le vertex et les joues en avant des yeux, entre le sillon frontal et le rebord sus-antennaire, excavs et couverts de rides lisse::;.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 491 Yeux subglobuleux, trs saillants, les tempes longues et obliques Epistome non tubercul. Pronolum fortement transverse, la base aussi large que le som met, les cts bien arrondis en avant, les angles postrieurs obtus et dents; lobe mdian de la base large, tronqu, peu saillant. Disque du pronotum assez convexe, trs brillant la ligne mdiane efface, les fossettes basalc.s visibles; gouttire marginale trs large, rugueuse. Elytres peu convexes, parallles, les angles humraux trs arrondis, le bord marginal avec une petite dent saillante en arrire, dans la rgion posthumrale. Gouttire marginale large. Suture saillante, tectiorme, la strie suturale trs profonde. Disque trs lisse, les pores discaux gros et profonds. Organe copulateur (fig. 27 I) trs allong. Lobe mdian en forme de gouttire large, peu effile au sommet. CnoROLOGIE. -Birmanie. Karin : Asciuii Ghec, alt. I.35o m. env. (L. Fea !) plusieurs exemplaires, in Mus. Gnes et coll. Jeannel. 2. Trechodes Bakeri, n. sp. Type :une femelle, du mont Makiling (coll H.-E. Andrewes). Fig. 266. Long 3, 5 mm. Rougetre brillant, avec une large fascie transverse noire, occupant plus du tiers moyen des lytres, les antennes et les pices buccales bruntres, les pattes testaces. Tguments lisses, non alutacs. Tte transverse, dprime, le front et le vertex non excavs, sans rides longitudinales. Sillons frontaux assez profonds, bien arrondis. Yeux gros, trs convexes, trs saillants, mais non pdonculs ; les tempes obliques et convexes. Cou bien rtrci. Pronotum trs trans verse, court, plus large que la tte, mais plus troit que les lytres. Sommet trs large, tronqu; cts trs arrondis en avant, convergents en arrire, non sinus avant les angles postrieurs; ceux-ci trs effacs. Base avec un lobe mdian troit et trs saillant, tronqu; les parties latrales de la base trs obliques; la partie u pronotum qui se trouve en arrire de la ligne unissant les deux angles postrieurs reprsente le tiers de la longueur du pronotum. Disque du pronotum

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492 R. JEANNEL assez convexe, la ligne mdiane profonde. Gouttire marginale large sur les cts, plus large que le rebord basal. Pdoncule msothoracique trs rlrci. Elytres assez convexes, larges, subparallles, env.iron d'un tiers plus longs que larges, le sommet obtusment arrondi. Gouttire marginale trs rtrcie aux paules. Bord marginal lisse, sans crnelures ni dent dans la rgion posthumrale. Pattes grles; antennes relativement trs longues. Chtotaxie normale. Mle inconnu. FIG. 266. Trechodcs Bakcri Jeann, des iles Philippines, x 18. Cette espce ne prsente donc aucun des caractres si particuliers (yeux pdonculs, front excav el pliss, paules dentes, suture saillante, etc.) que 1 'on observe chez l e T. cauliops de Birmanie. Elle semble avoir plus e rapports avec les espces australiennes, autant qu'on puisse en juger sans connatre le mle. En tous cas le T. Baheri se distingue nettement par la forme de son pronotum dont l e lobe basal est plus long que chez aucune autre espce connue. CnonoLoam. -Iles Philippines. Luzon : mont Makiling, une seule femelle (C.-F. Baker!). 3. Trechodes secalioides Blackburn. Bembidium secalioides Blackburn, 18!)1, Proc. Linn. Soc. N. S. 'V ales, p. 786; lype :Queensland.-I!JOI, Trans. Roy. Soc S. Austr p 119

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE Long. 3,5 mm. Noir de poix brillant, avec les pices buccales, le labre, l'pistome, les anteHHes, la bordure du pronotum et des lytres rougetres, les pattes testaces. Tguments lisses, non alu tacs. Tte dprime, le front et le vertex non excavs, sans rides. Yeux grands, quatre fois longs que les tempes qui sont obliques et convexes. Epistome 11on tubercul. Pronotum pEu convexe, trs transverse, plus d'une fois et demie aussi large que long, la base nettement plus troite que le sommet, les cts bien arrondis en avant, rtrcis en arrire, les angles pos trieurs trs obtus, le lobe mdian de la base peu saillant, les par ties latrales de la base obliques. La partie du pronotum se trouvant aprs la ligne unissant les angles postrieurs reprsente le cinquime de la longueur du pronotum. Gouttire marginale peu large, rgu lire, non largie au niveau des angles postrieurs. Impression basale faible, lisse; fossettes basales obsoltes. Elytres oblongs, dprims, une fois et demie aussi longs que larges, la base transverse, les paules saillantes, les cts peu arqus. Bord marginal lisse da11s la rgion posthumrale. Goullire marginale troite et rgulire. Disque lisse, sans autre strie que la suturale. Chtotaxie normale. Le mle m est inconnu. CuoROLOGIE. Est de l'Australie. Queensland Brisbane (Th. Sloane 1), 4 femelles. 4. Trechodes bipartitus l\laclcay. Bembidium bipartitum Macleay, 1873, Trans. entom. Soc. N. S. Wales, II, p. 12o; type : Gayndah. Sloane, I[)2o, Proc. Linn. Soc. N. S. vVales, XLV, p IL,4. Fig. 26!1 et 268. -Long. 3,5 mm. Tte, pronotum, pices buc cales et antennes rougetttre clair, pattes testaces, lytres noir de poix brilant avec la bordure pttle. Tguments lisses, non alutacs. Tte plus dprime et plus large que chez l'espce prcdente, les yeux plus saillants, les tempes transverses. Epistome non tuhercul. Pronotum trs large, presque deux fois aussi large que long, la base aussi large que le sommet. Elytres comme chez T. secalioides. L'ADEILLE, X..'\:XU, l" Juln 1026. 32

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R. JEANNEL Pattes robustes; chez le mle les fmurs sont renfls. Chtotaxie normale. Organe copulateur mle (fig. 268) trs allong, lgrement recourb en S. Le lobe mdian est dvelopp en une large gouttire, vase ;, la base, graduellement attnue au sommet. Le bec est effil en une longue tige grle, un peu incurve du ct dorsal et termin par un 210 27f. 272. FIG. 267 272. Organes copulateurs des Treclwdes et Paratreehodes, x 90.Fig. 2G7. T. Alluaudi Jeann., de Madagascar. Fig. 2GB. T. Mael., d'Australie.-Fig. 269. T.1Jabaulti Jeann de l 'A rrique orientale Fig. 270. T kilimanus Jeann., du Kilimandjaro. Fig. 271. T. cauliops Baies, de Birmanie. Fig. 272. Paratrechodes Macleayi SI., d'Australie. large bouton aplati; le ligule du sac interne est court, large et arrondi son extrmit. Styles trs petits. CrroRoLoGm. -Nord-est de l'Aus.tralie : Queensland : Gayndah, district Mackenzie, dans le Burnett (Macleay); Kings plains, prs de Cooktown, district Banks, nord du Queensland (Th. Slqanel), plusieurs exemplaires. 5. Trechodes bitinctus Sloane. Trechus bitinctus Sloane, If)23, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XLVIII, p. type : Adelaide (Brit. Mus.)

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 495 Long. 3,5 mm. Tte, pronotum, base et cts des lytres (jusqu'au niveau du 2" pore discal) rougetres clairs, apex et disque des lytres (jusqu'au niveau du 1 pore discal) noirs reflets verdtres; dessous du corps rougetre, antennes et pattes testaces. Tte comme chez T. bipartitus. Pronotum trs large, la base un peu plus large que le sommet. Elytres de mme forme que chez T. bipartitus. Chtotaxie normale. D'aprs 1 'auteur, ce Trechodes ne diffrerait du T. biparttus que par sa coloration. L'organe copulateur n'est pas dcrit. CHOROLOGIE. -Sud de l'Australie : Adlade river (H. W.-Brown, in coll. Sloane), trois exemplaires. 6. Trechodes Alluaudi, n. sp. Type : Fort-Dauphin, un mle (coll. .Teannel). Fig. 267 et 276. Long. 4 mm. Noir de poix brillant; la tte, les antennes, le dessous du corps et l'apex des lytres rougetres, les pattes testaces. Tguments lisses, non alutacs. Tte peu prs aussi longue (sans les mandibules) que large, dprime, les sillons frontaux rguliers et bien arqus, le front et le vertex sans dpressions ni rides. Yeux grands, modrment saillants, environ trois fois aussi longs que les tempes; celles-ci obliques ct convexes. Epistome sans tubercules. Pronotum trs transverse, plus d'une [ois et demie aussi large que long, les cts bien arqus en avant, rtrcis en arrire, avec une petite encoche avant les angles postrieurs; ceux-ci obtus, mais dents. Base presque aussi large que le sommet, son lobe mdian peu saillant, les parties latrales lgrement chancres; la partie du ptonotum qui se trouve en arrire de. la ligne unissant les angles postrieurs, reprsente le cinquime de la longueur du pronotum, comme chez les espces australiennes. Disque assez convexe, 1 'impression basale faible, les fossettes obsoltes. Gouttire marginale troite et rgulire. Elytres oblongs, relativement convexes, la base transverse, les paules arrondies, la gouttire marginale assez large. Disque lisse, sans autre strie que la suturale et la partie postrieure de la huitime. Pattes robustes, les fmurs renfls et les deux premiers articles du tarse antrieur bien dilats chez les mles. Chtotaxie normale.

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496 R. JEANNEL Organe copulateur mle (fig. 267) allong, droit, graduellement aminci au sommet, mais non effil en tige grle comme chez T. bipartitus. Le bec se termine par un petit bouton; le ligule est ample, assez long, seulement un peu plus court que la pointe du pnis; son extrmit est arrondie. Styles latraux trs courts et pais. z 75 276. l71-Z7B. FIG. 273 278. Genre Trechode8. -Fig. 273. T. Marshalli Jeann., de Salis bury, x 18. Fig. 274. Apex de l'lytre gauche du mme. Fig. 275. T. Babaulli J cann., de Tana river, x 18. -Fig. 276. T. Alluaudi J eann., de Madagascar, x 18. ,..--Fig. 277. T. kilimanus Jeann., du Kilimandjaro, x 18. Fig. 278. T. kenyensis Jeann., de Nyr, x 18. AFFINITS. -Cette espce est fort intressante en ce qu'elle diffre beaucoup des espces africaines et prsente au contraire des affin'its trs nettes avec les trois espces d'Australie. Les espces de Trechodes qui peuplent 1 'Afrique australe et orientale forment un groupe trs homogne. Chez tous, les tguments sont fortement alu tacs, mats, le pronotum est troit, avec la partie basale pdoncule bien plus longue que chez les espces australiennes, l'pistome porte des tubercules, le bord posthumral des lytres est crnel. T. Alluaudi ne montre aucun de ces caractres et est, au contraire, du mme type que les T. secalioides et T. bipartitus. Ses tguments sont lisses et brillants, son pronotum trs large, pdoncule court, son

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MONOGRAPHIEDES-TRECHINAE pistome est lisse et le bord posthumral de ses lytres sans dent ni crnelures. Son systme de coloration est le mme que celui du T. secalioides. On peut donc affirmer que T. Alluaudi es"t un lment australien de plus ajouter la faune malgache. CnoROLOGIE. -Madagascar : forts des environs de Fort-Dauphin, dans l'extrme sud de l'le, un mle (Ch. Alluaud!). 7. Trechodes n. sp. Types : deux exemplaires de Tana river (coll. Jeannel). Fig. 269 et 275. -Long. 3,5 mm. Roux brillant, les pices buc cales, l 'pistome et une fascie transverse subapicale sur les lytres plus ples, la base des antennes et les pattes testaces. Tguments alu tacs, mats. Tte transverse, les yeux trs gros, cinq fois aussi longs que les tempes, celles-ci transverses. Epistome tubercul. Pronotum court et transverse, trs petit, ses cts arrondis en avant, la base aussi larg que le sommet, les angles postrieurs obtus, mais nettement dents, le lobe basal trs saillant, comme chez T, kilimanus. Gouttire marginale trs troite; disque peu convexe, ligne mdiane fine et lisse sans dpression basale accentue. Elytres oblongs, peu convexes, de mme forme que ceux du T. ki limanus. Chtotaxie normale. Organe mle allong, la partie apicale coude du ct ventral et dvie vers la gauche (fig. 26g), le bec termin par un crochet dorsal asymtrique, tordu gauche; ligule de mme longueur que chez T. lilimanus, arrondi au sommet. Styles trs petits. CnoROLOGIE. -Afrique orientale anglaise. Kenya protectorate : Tana river, au sud-est du mont Kenya, plusieurs exemplaires (G. Babault !) ; Blue Post hotel, sur la rivire Tchania, dans le pays Kikuyu, ait. I526 m. (Ch. Alluaud et R. Jeannel). Uganda : bords d la rivire Wimi, dans la zone infrieure des monts Ruwenzori, versant ouest (Ch. Alluaudl).

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498 R. JEANNEL 8. Trechodes kilimanus, n. sp. Types : cinq exemplaires du Kilimandjaro (coll. Jeanne!). Fig. 266, 270 et 277 -Long. 3,5 mm. Noir de poix avec la partie antrieure de la tte el le dessous rougetre, les antennes brunes, leur premier article et les pattes testacs. Tguments alutacs, mats. Tte troite, assez convexe, les yeux trois fois aussi longs que les tempes, qui sont obliques et convexes. Epistome avec deux petits tu bercules saillants sur le bord antrieur. Pronotum petit, troit, transverse, les cts arrondis en avant, la base un peu plus troite que le sommet, les angles postrieurs trs effacs, non dents, le lobe mdian de la base troit et trs saillant. La partie du pronotum qui se trouve en arrire de la ligne unissant les deux angles postrieurs, reprsente environ le tiers de la longueur du pronotum. Gouttire marginale troite et rgulire; disque con vexe, 1 'impression basale et les fossettes peu profondes. Elytres oblongs, assez convexes, les paules bien saillantes, la base transverse, le sommet obtusment arrondi. Gouttire marginale troite et rgulire; bord marginal crnel finement aprs les paules. Stries comme chez T. secalioides. Pattes courtes, les fmurs paissis chez les mles. Chtotaxie normale. Organe copulateur allong, rgulier. Le bec se termine par un petit bouton arrondi; le ligule est assez long, arrondi 1 'extrmit (fig. 270). Celte espce diffre de toutes les autres espces africaines connues par sa coloration rappelant celle du T. secalioides. CnoROLoGm. -Afrique orientale anglaise. Tanganyika territory : zone des cultures du Kilimandjaro, versant sud, ait. I.5oo m., 5 exemplaires (Ch. Alluaud!). Kenya protectorate : Bura, dans les monts Tata, ait. 1.100 m.; un individu (Ch. Alluaud !). 9 Trechodes kenyensis, n sp. Type : une femelle de Nyr (Mus. Pari!"). Fig. 278. -Long. 3,5 mm. Voisin du T. Babaulti, dont il a in coloration et la forme gnrale. Mais la tte est plus allonge, les yeux sont moins saillants, seulement trois fois aussi longs que les

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 499 tempes qui sont obliques et convexes. Le pronotum est bien moins large, ses cts sont peu arrondis en avant, la goutire marginale est plus large. Base du pronotum aussi large que le sommet, les a ngles postrieurs obtus, mais fortement dents. Disque trs convexe. Elytres semblables ceux du T. Babaulti. Mle inconnu. CHoROLOGIE. -Afrique orientale anglaise. Kenya protectorate : hords de la rivire Muringato, dans les environs de Nyr, altitude 2.ooo m., une femelle (Ch. Alluaudl). ro. Trechodes Marshalli, n. sp. Types : plusieurs exemplaires de Salisbury (Brit. Mus. et coll. Jeannel). Fig. 273 et 274. Long. 3,5 mm. Mme coloration que chez le prcdent. Tguments alutacs, mats. Tte non transverse, le vertex convexe, l'pistome avec deux tuber cules saillants sur le bord antrieur. Yeux trois fois aussi longs que les tempes qui sont obliques et convexes. Sillons frontaux plus pro fonds que chez T. Babaulti, le front trs finement alutac. Pronotum petit, transverse, rtrci cu arrire, la base (au niveau des angles postrieurs) nettement plus troite que le sommet. Cts bien arrondis en avant; angles postrieurs tout fait effacs, non dents. Lobe mdian de la base du prcinotum trs saillant, comme chez les autres espces africaines; les parties latrales trs obliques diriges dans le prolongement des cts, de faon que la position de l'angle postrieur n est gure indique que par son pore stigre. Disque du pronotum assez convexe, la ligne mdiane efface, l 'im pression basale et les fossettes peine indiques. Elytres oblongs, assez convexes, les paules saillantes, mais arron dies, le sommet plus attnu, moins obtusment arrondi que chez les prcdents. Il existe une vague trace de la 2 strie sur le disque. Ch totaxie normale. L'organe copulateur mle m 'est inconnu. CHOROLOGIE. -Afrique australe. Rhodesia : Salisbury, dans le Mashonaland, plusieurs exemplaires (G.-A. Marshall!, in Brit. Mus.). Natal : embouchure de l'Umkomaas river, une femelle (G.-A Mar shall!, in Brit. Mus.)

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500 R. JEANNEL 1 '. Trechodes lebioderus Chaudoir. Perileptus lebiodems Chaudoir, 1876, Rev. Mag. Zool., p. 5L.; type :Hamacen (P coll. H. Oberthr). Long. 3,5 mm. Mme coloration que chez les deux prcdents. Tte assez plate, tempes obliques et convexes, les yeux quatre fois aussi longs que les tempes, le vertex dprim. Pronotum de mme forme que chez T. Marshalli (fig. 273). Elytres amples, cts paral lles, le sommet largement et obtusment arrondi. De vagues traces de la 2" strie, pas plus apparentes que chez les espces prcdentes. Chtotaxie normale. Cette espce semble troitement allie au T. lnyensis et surtout au T. Marshalli et toutes trois paraissent drives d'une souche commune. Sans connatre leurs organes copulateurs mles, il n'est cepen pas possible d'affirmer cette parent immdiate. Mais si la connaismn ce des mles montre qu'il n'existe aucune diffrence sexuelle entre les trois Trechodes que je prsente ici comme trois espces, il faudra certainement les considrer comme trois races gographiques d'une espce unique largement rpartie de 1 'Afrique australe 1 'Abyssinie, mais avec des colonies rlgues sur les hautes montagnes dans le nord de son aire gographique. CnAuDOIR assigne son Pcrileplus lebioderus des traces visibles de la 2" et de la 3 strie. En ralit, l'exemplaire que j'ai pu voir a ces stries aussi effaces que chez les autres espces africaines. CHOROLOGIE. -Abyssinie : hauts plateaux de 1 'Hamacen, altitude 2.3oo m., m1e femelle (A. Raffray); Gamale Gudda, dans I'Arussi Galla, une femelle (V. Boltego!, in Mus. Gnes). 12. Gcn. PARATRECHODES, nov. Type : Trechus Macleayi Sloane. DIAGNOSE. Sillons frontaux complets, profonds, du type Trechus et semblables ceux du Sporades, non en coup de gouge. Yeux glabres. Labre transverse, peu chancr. Palpes maxillaires avantdernier article subconique, un peu arqu en dehors, pas plus large au milieu qu'au sommet; le dernier article conique, presque aussi

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 501 long que le prcdent, peine plus troit que lui la base. Dent du. menton simple, arrondie. Pronotum subcarr, sans lobe basal saillant, sans rebord continu le long du bord basal. Elytres amples, avec une strie basale transverse unissant la gouttire humrale la striole juxtascutellaire. Strie suturale complte, indpendante de la striole juxtascutellaire, les autres stries plus ou moins effaces. Retour de la strie suturale, au sommet, vers la terminaison de la 5" strie, en dedans d'une carne apicale nette. Tibias antrieurs glabres, avec un sillon longitudinal externe profond. Deux articles bien dilats aux tarses antrieurs mles. Organe copulateur du mme type que chez Trechodes. Style" courts. Petite taille. Glabre; aspect gnral d'un Trechus pdoncule trs troit et lytres amples. Des ailes. Tte robuste, dprime, sillons frontaux trs profonds, bien arqus, rapprochs l'un de l'autre sur le disque; front et vertex lisses. Cou troit. Yeux trs gros, trs saillants. Mandibules dent prmolaire distincte. Palpes maxillaires (fig. 28o) avant-dernier article subconique, prsentant sa plus grande largeur au sommet, son bord interne convexe, son bord externe concave; dernier article conique, presque aussi long que l'avant dernier, un peu plus troit la bas que le sommet du prcdent. Dent du menton simple; labium comme Trechodes. Pronotum assez ample, dprim, transverse, avec les angles postrieurs accentus, presque droits, la partie mdiane de la base ne formant pas de lobe saillant, seulement un peu convexe. Gouttire marginale large, largie aux angles postrieurs, et s'tendant sur les cts de la base, mais non sur sa partie mdiane. Fossettes basales superficielles, dprimant les cts de la base. Pdoncule msothoracique bien rtrci. Elytres amples, dprims, b. base transverse, les paules anguleuses, les cts subparallles. le sommet obtusment arrondi. La gouttire humrale est prolonge en travers ife la base par une strie transverse qui s'in[]chit en arrire de dehors en dedans et d'avant en arrire, pour aboutir la racine de la striole juxtascutellaire. Cette strie transverse et la striole sont trs profondment creuses, tandis que les stries internes de 1 'lytre sont superficielles. Il t>xiste une strie suturale entire, indpendante ife la striole juxtascutellaire et de plus la 2" rt la 3" stries, effaces en avant ct au sommet, bien distinctes sur le disque. La 3" strie commence exactement sur le pore discal antrieur. A l'apex, il existe une

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502 R. JEANNEL carne apicale saillante, en dedans de laquelle se trouve le retour de la strie suturale dans la direction de la 5" strie dont on peut trouver de trs vagues traces. Pattes grles, les fmurs antrieurs pais, renfls. Tibias antrieurs glabres sur les faces antrieure et externe, avec un profond sillon longitudinal externe. Tarses antrieurs mles avec les deux premiers ar ticles trs fortement dilats et lobs en dedans. Chtotaxie. ,_ Mmes caractres que chez Trechodes. Organe copulateur mle (fig. 282) trs grand, allong, subdroit. Le lobe mdian forme une gouttire ventrale dans laquelle repose un large sac interne dont toute la moiti dor:ale est nu. La base de la gouttire n'est pas arque du ct ventral comme chez les Tre chodes; la pointe est forme par une large lame apkale concavit dorsale ,dissymtrique et sommet lgrement tordu. Styles trs petits. Sac interne avec une armature diffrencie; il existe une pice apicale dorsale, stylode, recourbe, et une pice basale ventrale en forme de spatule. Paratrechodes Macleayi Sloane. Trechus lllacleayi Sloane, I!)2o, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, XLV, p. r5o; type : Cleveland (S. Austr. Mus.). Fig. 279 283. -Long. 4 mm. Brun de poix bronz, reflets iriss, le pronotum, la base, les cts et l'apex des lytres lgrement rougetres, les antennes noirtres, leur base et les pattes testaces. Dprim, les lytres amples. Tguments mats, alutacs sur la tte-, lisses et brillants sur le pronotum et les lytres. Yeux volumineux, saillants, cinq fois aussi longs que les tempes qui sont transverses et subplanes. Sillons frontaux trs profonds. Epistome sans tubercules. Pronotum un peu plus large que la tte, mais plus troit que lytres, transverse, avec la base aussi large que le sommet; cts peu arrondis, non sinus en arrire; angles postrieurs grands, expia ns, obtus; base convexe en arrire, sa partie moyenne peine sail lante. Gouttire marginale trs largie au niveau des angles post rieurs. Disque peu convexe. Elytres dprims, amples, les paules anguleuses, mais arrondies, les cts un peu largis aprs le milieu. Les trois premires stries seules visibles, les autres obsoltes.

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MONOGRAPHI E DES TRECHJNAE 503 Organe copulateur subdroit. Bord droit de la gouttire plus ample que le bord gauche; lobes de la base troits et aigus. Sommet vas en une sorte de cuilleron concave, bord tranchant, dont l'apex, fortement dissymtrique, est repli et tordu du ct dorsal. Pice apicale du sac interne (fig. 283) recourbe du ct dorsal; pice basale 219. -< -" '1.,-\ 'J l __l -= --r .28 3 ... _ FIG. 279 283. Paratrechodes Macleayi SI., de Powlell river, .-\ustralie.-Fig. 279. Mle, x 18. Fig 280. Palpe maxillaire gauche, x 85. Fig. 28'1. Apex de l'lytre gauche, x -Fig 282. Organe copulateur mle, x 90. Fig. 283. Sac interne, x 110. bord droit plus ample et plus aminci que le gauche, son sommet arrondi. CHOROLOGIE. -L espce existe en Tasmanie et dans le sud-est de l 'Australie Tasmanie : Cleveland (A. Simson, in S. Austr. Mus.). -Australie. Victoria : monts Grampians (E. Fischer, teste Th Sloane); Powlett river, district Mornington (Th. Sloane !)

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504 R. JEANNEL !3. Gen. SPORADES Fauvel. Sporades Fauvel, 1882, Rev. d'Entom., Caen, 1, p. 234; type :S. sexpunc talus Fauvel. DIAG:"iOSE. -Sillons frontaux complets, profonds, semblables ceux des Trcchus, non en coup de gouge. Yeux glabres. Pices buecales comme chez les Trcchodes. Labre transverse, palpes subul.,, dent du menton simple. Pronotum subcarr, sans lobe basal saillant, sans rebord continu le long du bord basal. Elytres avec une strie basale transverse unissant la gouttire humrale la strie suturaie. Une seule strie, suturale, les autres effaces. Pas de carne apicale nette. Tibias antrieurs glabres, avec un sillon longitudinal externe profond. Tarses antrieurs mles avec un seul article dilat. Organe copulateur du mme type que chez Trechodes, mais avec le sommet du lobe mdian vas en pavillon. Styles trs grands. Petite taille. Glabre et pigment; l'aspect est celui d'un Trechus rlytres amples. Des ailes. Tte petite, sillons frontaux trs profonds, bien arqus, peu rapprochs l'un e 1 'autre sur le disque; front et vertex lisses, le front avec de petites rides longitudinales en avant des yeux. Cou trs r trci. Epistome sans tubercules. Palpes maxillaires (fig. 286) avant dernier artile scuriforme, plus pais au milieu qu'au sommet; le dernier article cylindrique, trs grle et peine aussi long que les deux tiers du prcdent. Dent du menton simple, large, arrondie (fig. 286); languette bord libre arrondi; saillant, paraglosses grles. Pronotum petit, dprim, subcarr, avec les angles postrieurs bien marqus, presque droits. La partie mdiane de la base est trs lgrement saillante en arrire, sans toutefois former de lobe. Gouttire marginale peine prolonge au del des angles postrieurs sur les parties latrales de la base, mais ne s'tendant pas sur tout le bord basal. Impressions basales effaces. Ecusson petit. Elytres trs amples, dprims, parallles, base transverse; les paules saillantes, le sommet obtusment arrondi. La gouttire humrale se prolonge transversalement sur la base, par une strie basale, perpendiculaire la ligne mdiane et qui se con tinue par la racine de la strie suturale. Pas de striole juxtascutellaire; la strie suturale, trs rapproche de la suture la base, s'en carte

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 505 sur le disque. Des traces peu visibles des 2" et 3 stries. Pas de carne apicale nette, ni de retour visible de la strie suturale sur l'extrmit d'une strie; la terminaison e la strie suturale se continue par la gouttire apicale. Pattes assez grles. Tibias antrieurs roits, glabres sur les faces antrieure et externe; le sillon externe profond. Expansion soustarsale du 4 article trs rduite. Chez les mles le premier article I!St seul u n peu dilat en dedans. Chtotaxie. La disposition des soies est la mme que chez Trechodes. Organe copulateur mle du mme type que chez Trechodes, mais avec le sommet termin en un large pavillon vas (fig. 288). Le lobe mdian forme une gouttire ventrale dans laquelle repose le sac interne; cette gouttire est brusquement coude et vase dans son tiers apical. Styles latraux bien plus grands que chez les Trechodes, arms de 2 soies courtes et paisses. Sac interne sans armature diffrencie. Ce petit genre, spcial la Nouvelle-Caldonie, est certainement trs voisin e Trechodes, mais il ne montre pas la mme spcialisa tion des caractres externes ornementaux. Sporades sexpunctatus Fauve!. S sexpunctatus Fauve\ 1882 Rev. d'Entom., Cae n I, p. 235; type : Yahou (coll A Fauvel) Fig. 284 288. -Long. 3,5 mm. Brun de poix brillant, un peu bronz sur les lytre s, les antennes brunes, leurs deux premiers articles, les pices buccales, les pattes, le rebord marginal du proet des lytres testacs. Glabre; tguments non alutacs. Tte petite, les yeux saillants, environ trois fois aussi longs que les tempes, qui sont obliques et convexes Sillons frontaux peu ar qus. Antennes fines, lrs longues, dpassant le tiers basal des Pronotum petit, transverse, aussi large la base qu'au sommet, les cts peu arqus, non si nus en. arrire, les angles postrieurs obtus, presque vifs, non dents. Disque dprim. Gouttire marginale trs troite en avant, un peu largie en arrire; fossettes basales trs superficielles. Elytres bien plus larges que le pronotum, une fois et demie aussi .'.longs que larges, dprims; la base transverse, les paules saillantes

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/ 506 R. JEANNEL en angle arrondi; les cts peu arqus, non largis aprs le milieu. Gouttire marginale large. Des traces des 2" et 3" stries. Organe copulateur relativement petit (fig. 288). Le pavillon apical occupe prs du tiers de la longueur de l'organe et est coud 45 du ct ventraL La soie dorsale des styles est plus courte et plus paisse que la ventrale. FIG. 28' 288. Sporades sexpunctatus Fauv., de Nouvelle-Caldonie. Fig. 28' Mle, x 18. -Fig. 285. Dent labiale et languette, x 80. -Fig. 286. Palpe maxillaire droit, x 80. -Fig. 287. Sommet du tibia et tarse antrieurs droits, face externe, x 60.-Fig. 288. Organe copulateur, x 140. CHoRoLOGIE. -Nouvelle-Caldonie : Yahou, au bord d'un ruis seau, un exemplaire (Deplanche, in colL Fauvel); Coule Boulari, -mont Dore, un mle (Delaunay!, in coll. Fleutiaux). r4. Gen. tRECHOBEMBIX, nov. Type : Trechus baldiensis Blackburn. DIAGNOSE. Sillons frontaux complets, du type Trechus. Yeux glabres. Labre carr, bord antrieur convexe. Palpes maxillaires it

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 507 avant-dernier article conique, le dernier gros, plus long que le prcdent et reine plus troit que lui la base. Dent du mentou siinple, arrondie. Prouotum subcarr, ses angles postrieurs saillants, la base lobe au milieu, prolondment chancre, amincie et dprime dans les parties latrales. ovodes, sans strie basale transverse, la gouttire humrale s'arrte au niveau de la 4c strie. Striole juxtascutellaire distincte. Stries des lytres dveloppes, grosse ponctuation. Pas de carne apicale ni de retour de la strie suturale. 'fibias antrieurs glabres, avec un sillon longitudinal externe. Tarses antrieurs mles avec les deux premiers articles dilats. Organe du mme type que chez les Trechodes. Petite taille. Aspect extrieur d'un Bembidium. Coloration brillante, bicolore. Tguments lisses, non alutacs, glabres. Des ailes. Tte petite, sillons frontaux profonds, semblables ceux des Trechus. Yeux gros, saillants, les tempes trs courtes, le cou pais. Epistome sans tubercules. Labre carr, bord libre convexe. Antennes longues et grles. Mandibules dent prmolaire distincte_. Palpes maxillaires avant-dernier article court, pais, graduelfemen_ t paissi de la base au sommet, le dernier article de prs d'un quart plus long que le prcdent, conique, pais, peine plus troit sa base que le sommet du prcdent. Labium libre, pilobes arrondis, la dent du menton simple, grande, arrondie. Palpes labiaux dernier article aussi long que l'avant-dernier, celui-ci hriss de quelques soies. Languette bord antrieur peu convexe, peu saillant. Pronotum ample, transverse, sa base aussi large que le sommet, les cts non sinus en arrire, la base avec un lobe mdian arrondi et, de chaque ct, de profondes chancrures fortement dprimes par les fossettes basales qui sont grandes et allonges. Disque modrment convexe, ligne mdiane obsolte, sans .impression basale transverse. Gouttire marginale troite, rgulire, prolonge sur toute la base. Elytres ovodes, convexes, paules arrondies, le sommet attnu. Gouttire humrale commenant au niveau de la racine de la 4 strie; pas de strie basale transverse. Striole jusxtascutellaire nette, courte, cessant sur la suture. Stries fortes, grosse ponctuation rgulire et profonde, s'effaant la base et au sommet. Pas de carne apicale; strie suturale s'efface avant l'angle suturai; la deuxime s'carte beaucoup de la sutll:e au sommet (fig. 293)). Pattes assez grles, les fmurs renfls, les tibias grles, droits, les tibias antrieurs glabres sur les faces antrieure et externe, profonsillonns en dehors. Tarses postrieurs trs grles. Tarses an-

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508 R. JEANNEL trieurs avec les deux premiers articles dilats et dents en dedans ehez les mles. Chtotaxie comme chez les prcdents. Organe copulateur mle trs allong, du mme type que chez Trechodes. Les lobes basaux sont aigus et divergents. La gouttire est ample, fortement dissymtrique, tordue du ct gauche. Le sommet est effil et termin par un petit bec repli du ct dorsal. Styles courts, mais larges, arms de 4 longues soies. Sac interne avec une pice chitineuse en forme de filament plusieurs fois repli. Ce petit genre habite le sud de l'Australie et la Tasmanie. Il constitue une ligne apparente aux Trechodes, mais bien diffrente par la structure de ses palpes et ses caractres externes. Trechobembix baldiensis Blackburn. Trehus baldiensis Blackburn, I8g5, Proc. Linn. Soc. N. S. Wales, IX, p. 88; type :mount Baldi, Victoria(? Brit. .Mus.).-1901, Trans. Roy. Soc. S. Austr., p. u7.-Sloane, 1g:w, Proc. Linn. Soc. N. S. 'Vales, XLV, p. I5o. b. Subsp. Carteri, nov.; Cooks river, N. S. Wales (coll. .Jeanne!). Fig. 289 294. -Long. 3,5 3,8 mm. Noir ardois, brillant, avec le bord antrieur du pronotum, la marge et l'apex des lytres, les pices buccales rougetres, les antenns brunes, avec le premier article et la base des autres testacs rougetres, les pattes testaces. Yeux saillants, les tempes transverses et excessivement courtes. Antennes atteignant le milieu des lytres. Pronotum transverse, presque d'un tiers plus large que long, la base aussi large que le sommet, les cts arrondis en avant, nullement sinus en arrire, les angles postrieurs subdroits, mousss, pais, non rebords. Fossettes basales trs grandes. Elytres amples, convexes, ovodes, six stries visibles, marques de gros points trs rgulirement aligns, s'effaant la base et au sommet, les stries externes effaces. Organe copulateur droit, graduellement attnu au sommet; celui-ci fortement dissymtrique, tordu gauche, le bord gauche de la gouttire fortement abaiss par rapport au droit. Sommet termin en petit bec crochu, repli du ct dorsal. Les exemplaires des env'irons de Sydney et ceux du sud du Vic-

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 509 toria constituent deux races bien distinctes. Je n'ai pas vu d'exem plaires de Tasmanie, mais il est probable qu'ils prsenteront aussi des caractres particuliers. FIG. 289 294. Treclwbembix boldiensis Carteri Jeann., de Cook river, Australie. Fig. 289, Mle, x 18. Fig. 290. Palpe maxillaire droit, face ster nale, x 110. Fig. 291. Labium, face sternale, x 110. -Fig. 292. Tibia antrieur droit, face antrieure, x 60.-Fig. 293. Apex de l'lytre gauche. -Fig. 294. Organe copulateur, x 80. 1 Yeux plus saillants tempes plus petites. Pronotum cts plus arrondis en avant. Elytres plus amples, de faon que le pro notum semble plus petit; stries plus rgulires, ponctuation plus fine, plus nette, moins profonde; les interstries tout fait plans. Long. 3,8 mm. (Victoria.).... subsp. baldiensis Blackb. Yeux moins saillants, tempes un peu plus grandes. Pronotum cts moins arrondis. Elytres moins grands, les stries un peu moins rgulires, ponctuation plus grosse, plus profonde, un peu ingale; les interstries lgrement convexes Long. 3,5 mm. (N. S. Wales)............... ............... subsp. Carteri, nov. CHOROLOGIE. -Espce rpartie dans le sud-est de 1 Australie et eu Tasmanie. a. Subsp. baldiensis Blackb. -Australie. Victoria : mount Baldi rABEILL!i, XXXII, l" Juin 1926. 33

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510 R. JEANNEL (T. Blackburn); Powlett river, sur la cte du dtroit de Bass, district Mornington (Th. Sloanel). -Tasmanie : Cleveland, Great Lake (Simson, teste Th. Sloane). b. Subsp. Carteri, nov. -Australie. New South Wales : Cooks river, dans les environs e Sydney (H.-J. Carter!). Ons. -Comme il a t dit plus haut, je ne sais pas si les Trechobembix de Tasmanie ne constituent pas une troisime race gographique. r5. Gen. THALASSOPHILUS Wollaston. Thalassophilus Wollaston, r854, lns. Madcr., p. 71; type: Th. Whitei Woll. Ganglbauer, 1892, Kf. Mitleleur., 1, p. r86. Reitter, rgo8 Faun. Germ., 1, p. 126. -Jacobson, Kiif. Russ!., p. 296. -Jeanne!, 1922, Trech. France, p. 2gS . DIAGNOSE. -Sillons frontaux normaux, du type Trechus. Yeux glabres, non saillants, trs petits, pas plus longs que les tempes qui sont grandes et bombes. Labre transverse, chancr. Palpes maxillaires comme chez Trechobembix, le dernier article conique, plus long que l'avant-dernier. Dent du menton simple, mais sillonne, un peu chancre. Pronotum de mme forme que chez les Trechus, la base nullement lobe. Elytres avec une strie basale transverse unissant la gouttire humrale la striole juxtascutellaire; les stries normales, le retour de la suturale sur la troisime strie; carne api cale forte. Tibias antrieurs avec un sillon longitudinal externe et un rang e poils sur la face antrieure, un autre dans le sillon. Tarses antrieurs mles avec les deux premiers articles dilats. Organe copulateur mle du mme type que chez Trechobembix, les styles arms de six soies. Long. 4 4,5 mm. Aspect gnral des Trechus cavernicoles, la trs grosse, l es antennes robustes et trs longues. Tguments glabres, non alutacs, dpigments, la tte plus fonce par suite cl 'une paisseur plus grande de la chitine. Des ailes propres au vol. Tt e volumineuse, arrondie, les sillons frontaux complets, trs profonds en avant. Yeux trs petits, arrondis, non saillants, pas plus longs que les tempes qui sont largemen t bombes; cou pais. An tennes trs robustes et trs longues, articles cylindriques. Epis tome sans tube rcules. Labre transverse, chancr. Palpes maxillaires avant-dernier article court, graduellement paissi. Mandibules

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 511 (Hg. 3oi) dent prmolaire obtuse gauche, grande et bitubercule droite, o elle est plus dveloppe que le rtinacle. Ce dernier fait pour ainsi dire dfaut gauche. 1\lola trs courte. Palpes maxil laires avant-dernier article court, graduellement paissi de la base au sommet, le dernier article conique, de prs d'un quart plus long que le prcdent, peine plus troit sa base que le sommet du prcdent. Labium libre, pilobes aigus, la dent du menton entire, courte, obtuse, sillonne au milieu et par suite paraissant un peu bifide. Prbasilaire avec un rang transverse de huit soies. Languette bord libre peine convexe. Pronotum de forme normale, la base transverse, un peu lobe au milieu, les angles postrieurs accentus. Fossettes basales grandes et r .ugueuse; pas de rebord basal. Elytres allongs, base transverse, les paules anguleuses; le disque dprim. La gouttire humrale se continue en travers de la base, par une strie transverse qui aboutit la racine de la striole juxtascutellaire; celle-ci trs petite et trs courte. Stries des lytres normales, effaces en dehors. Carne apicale saillante; le retour de la strie suturale, profondment creus, forme une crosse vers la terminaison de la 3 strie. Extrmit apicale de la 2" strie en crosse bien arrondie (fig. 296). Pattes grles et longues. Le tibia antrieur porte un s'illon longitudinal externe, se s faces antrieure et externe montrent chacune un rang trs rgulier de longues soies; le rang externe se trouve dans le sillon. Tarses antrieurs mles avec les deux premiers arti cles dilats et lobs en dedam; ; pas
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512 R. JEANNEL Lorsque j'ai rdig mon travail sur les Trechinae de France (Ann. Soc. ent. Fr., 1921 p. 296), je n'avais pas vu la forme si particulire de la base de l'organe copulateur des Tlwlassophilus. Aussi ce genre tait-il plac parmi les Trechini, mais tout fait .isol, en raison de ses tranges caractres externes. En ralit l'organe copulateur incomplet des Thalassophilus indique bien que c'est parmi les Trechodini qu'Hs doivent prendre place; ils en montrent d'ailleurs bien d'autres caractres, comme les longues antennes cylindriques, la strie basale !rans verse des lytres, la forme parti. cuiierc des palpes, la dent du mentrm simple. CHOROLOGIE. -Thalassophilus1 largement distribu en et dans les les Canaries, est donc un reprsentant palarctique du groupe gondwanien des Trechodini, comme les Perileptus areolatus et P. nigritulus, dont la distribution est la mme, reprsentent 1 'autre groupe galement gondwanien des Perileptini. Son arrive dans la rgion palarctique, comme celle des Perileptus, doit tre le fait d'une migration tertiaire, ayant peut-tre accompagn celle de la faune de Vertbrs dite malaise Il est remarquer qu' l'encontre de Perileptus, le genre Thalas sophilus n'existe plus en dehors de la rgion palarctique. Le genre dont, il se rapproche le plus est Trechobembix; mais il s'agit l de parent lointaine et il semble bien qu'il ne subsiste aucun survivant de sa ligne dans les territoires gondwaniens. Dans la rgion palarctique, la distribution des Thalassophilus n'est pas aussi tendue que celle des Perileptus. On les trouve cependant dans toute 1 'Europe centrale et occidentale, dans les les Britanniques, Madre et dans les les Canaries, mais ils semblent manquer dans 1 'Afrique du nord et dans la faune pige de 1 'Espagne. Cette vaste aire de rpartition mrite d'ailleurs d'tre tudie avec quelques dtails. On connat trois formes de Thalassophilus qui sont ici considP. res comme trois espces, mais que l'on pourrait aussi bien tenir pour trois races d'une seule espce. Deux sont lucicoles, Th. longi cornis d'Europe et Th. Whitei des Canaries et de Madre; elles diffrent par des caractres volutifs plus dvelopps chez le premier que chez le second. La troisime espce est cavernicole dans les environs d'Alicante, en Espagne, et prsente des caractres qui la rattachent au Th. Whitei. Malgr leur nom, les Thalassophilus ne sont pas des insectes marins. On les trouve au bord des eaux douces, dans les marais,

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 513 sous les pierres enfonces, ou dans les dbris vgtaux. Leurs murs sont souterraines, aussi sont-ils rares, sauf parfois dans les dtritus d'inondation. Th. longicornis habite l'Europe centrale et orientale o il prsente une vaste aire de distribution. Comme il est une espce facile reconnatre, cite dans un grand nombre de Catalogues rgionaux, il est ais de dfinir avec un peu de prcision les limites de son nire gographique. Dans l'est, il atteint l'Asie Mineure, o E. von BonoMEYER l'a recueilli Sabandja, le Caucase, d'o il est cit de Lenkoran (M. de CnAunom) et le sud de la Russie, en Crime (Th. Kokujewi) et dans les gouvernements de Chersson et de Charkov (Th. ponUcus). Il manque dans la plus grande partie de l'Europe septentrionale, la frontire nord de son aire de distribution correspondant assez bien la bordure de la calotte glaciaire pleistocne. G. JAconsoN ne l'indique pas de Russie, ni L. von HEYDEN de Sibrie; il est inconnu en Finlande (J. SABLDERG) ainsi qu'en Scandinavie (G. TnoMSON, J.-B. ERICSON et E. SANDlN, C. GRILL). On le rencontre par contre en Galicie, en Silsie (J. GERHARDT) et E. RElTTER l'indique du sud de l'Allemagne, mais non du nord. Enfin on le trouve dans les Iles Britanniques, dans le Lancashire (J.-F. STEPBENs). La frontire mridionale de son aire gographique est encore intressante examiner, car on constate que l'espce ne se trouve pas dans les pninsules mditerranennes. Dans la pninsule balcanique, il existe en Bulgarie, en Serbie, en Bosnie, en ThessaFe (V. APFELDECK, E. von ERTZEN) mais n est pas connu de Grce, ni de Crte, ni des les Ioniennes. En Ital.ie, A PonTA le cite, d 'aprs les divers auteurs, de Ventie, du Pimont, de l'Emilie, du Lazio, mais il semble n'avoir vu aucun exemplaire du sud de la puinsule. J. SAINTE-CLAIRE-DEVILLE le cite de Corse, d'aprs un seul exemplaire pris par Raymond. Th. longicornis est cit dans un grand nombre des Catalogues de Coloptres de France. L. BEDEL le donne du bassin de la Seine, dans l'Aube et la Somme, E. Moc QUERYS de la Seine-Infrieure, mais on ne le trouve pas dans les Catalogues de la Manche (0. PAsQUET) et du Finistre (M. HERv) Il est cit des Vosges par J. BouRGEOls, d 'Auvergne par C. BRUYANT, de Provence par Il. CAILLOL, de l'Aude par L. GA VOY, de l'Hrault et des Albres par V. MAYET, du Languedoc par 1\t MARQUET, mais il est inconnu d'Espagne et du Portugal, du littoral Gantabrique. II n'est pas connu du nord de 1 'Afrique. Th. Breuili est une forme cavernicole localise dans une grotte

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514 R. JEANNEL des environs d'Alicante. La forme de son pronotum le rapproche du Th. Whitei des les Canaries et Madre, de sorte qu'il est permis (le penser que Th. Breuili est un survivant modifi par la vie souterraine, de la ligne de Thalassophilus nord africains qui ont colo nis les iles Canaries. Cette distribution actuelle des Thalassophilus inlique donc que leurs souches ont d se rpanlre en Europe pendant le Nogne, venant du sud-est. Les Thalassophilus ont d s'installer alors dans toute l'Europe mditerranenne, y compris l'Espagne et dans le nord de l'Afrique, car c'est par cette voie qu'ils ont pu coloniser aussi Madre et les les Canaries. Le Th. Whitei canarien, caractres volutifs peu dvelopps, est un type archaque, se prsentant comme un relicte de cette faune Tertiaire. Le a chass les Thalassophilus le l'Europe septentrionale et les a refouls en Europe centrale clans les limites nord de leur distribution actuelle. D'autre part, peut-tre une date plu8 rcente, postglaciaire, ils semblent avoir disparu non seulement de leur patrie d'origine, mais aussi elu nord de l'Afrique et des pninsules mditerranennes. D'ailleurs divers indices font penser que les Thalassophilus sont en voie de disparition. Leurs murs sont souterraines et ils ont acquis des caractres volutifs en relation avec cette spcialisation. Lour volution a march plus en. Europe (Th. longicornis) que dans les archipels atlantiques (Th. Whitei), et le Th. Breuili, d'Espagne, est une forme cavernicole' de la ligne du Th. Whitei, mais un peu plus volue que le Th. longicornis. TABLEAU DES EsPcEs. I. Pronotum bien rtrci la base qui n'est pas plus large que les trois quarts du sommet. Antennes trs longues, dpass.ant le milieu des lytres. Yeux petits, aussi longs que les deux tiers des tempes. Crochet apical de l'organe copulateur trs long. Long. 4 mm. (Europe centr. et occ.).. 1. longicornis Sturm. Pronotum transverse, peu rtri la base qui est peu prs aussi large que le sommet. . . . . . . . . . . . . . . . ::1. 2. Antennes courtes, ne dpassant pas le milieu des lytres, les articles apicaux deux fois aussi longs que larges. Yeux aussi longs que les tempes. Crochet apical de l'organe copulateur plus court. Long. 3,5 mm. (Canaries, Madre.).... 2. Whitei Woll. Antennes longues, dpassant le milieu des lytres, les articles

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MONOGRAPHI E DES TRECHINAE 5'15 apicaux quatre fois aussi longs que larges. Yeux trs petits, pas plus longs que la moiti des tempes. Forme trs robuste; grande taille, pattes allonges. Long. 4,5 mm. (Alicante) .... . . . . . . . . . . . . . . .. , . . . . . . 3. Breuili, n. sp. Thalassophilus longicornis Sturm. Trechus longicornis Sturm, 1825, Deutsch!. Ins., VI, p. 83, pl. 151, fig a A; type : P Autriche.-Brull, 1835, Ilist. nat. Ins., V, p. 177.-Heer, 1838, Faun. Helv., p. 119. Putzeys, 1847, Stett. ent. Ztg., p. 3o4. Dawson, 1854, Geod. Britann., p. 167.-Fairmaire et Laboulbne, 1854, Faune ent. fran., I, p. 1!18. Schaum, 186o, Naturg. Ins. Deutsch!., I, p. 637. Pandell, 1867, Mat. Faune fran., p. 137. Putzeys, 187o, Stett. ent. Ztg., XXXI, p. 15. Bedel, Faune Bass. Seine, I, p. 4o et 152. -Blemus longicornis Stephens, 183o. Ill. BI"it. Ent., I, p. 172. -Thalassophilus lonIJcornis Seidlitz, 1891, Fauna Transilv., p. 70. Ganglbauer, 1892, Kii.f. Mitteleur., I, p. 186. Apfelbeck, 1904, Kiif. Balk. Halb., I, p. 125. Reitter, 1908, Fauna Germ., I, p. 126. Barthe, Car. gallo-rhn., p. 35I.-Jeannel, 1922, Trech. France, p. 2g6.-Porta, 1923, Fauna Col. Ital., I, p. 114, Trechus liUoralis Dejean, 18:h, Spec. V, p. 7; leon. IV, pl. 203, fig. 4; type :midi de la France. -Trechus ponticus Motschoulsky, 1845, Bull. Soc. Nat. Moscou, XVIII, p. 27; type : Chersson. -Treclws Kokujewi, Tchitch rine, 1898, Wiener ent. Ztg., XVll, p. !)2; type : Crime. Le T. ponticus Motsch. serait un Badister, d'aprs PuTzEYS (1870, l. c., p. 2oo); mais il est plac par G. hcoBsON (Kaf. Russl., p. 297) dans le genre Thalassophilus (avec doute, il est vrai), et il est bien probable qu'il doit tre identique au Th. longicornis. Quant au T. Kokujewi, encore dcrit du sud de Jar Russie par TcHITCHRINE, son identit avec le Th. longicornis a t tablie par E. REITTER (Cat. C ol., 1906, p. 47) et j'ai d'ailleurs sous les yeux des Thalassophilus de Crime, absolument conformes au Th. longicornis. Fig. 295 299 et 3oi. Long. 3,8 4 mm. Testac brillant, avec la tte fonce, bruntre, les antennes, les pices buccales et les pattes ples. Allong, parallle, dprim. Tte volumineuse, les sillons frontaux profonds, peu divergents en avant; les yeux petits, arrondis, peu saillants, nttement plus eourts que les tempes. Antennes longues et paisses, atteignant le tiers apical des lytres, leurs articles apicaux prs de quatre fois aussi longs que larges.

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516 R. JEANNEL Pronotum plus ou moins transverse, nettement rtrci la base, ses cts arrondis en avant, un peu sinus en arrire; base un peu saillante, en courbe convexe; angles postrieurs subdroils, faiblement dnts. Gouttire marginale rgulire. Disque dprim, 1 'impression basale profonde, les fosEettes basales larges et profondes, rugueuses. Elytres allongs, dprims, parallles; le bord basal transverse, les paules saillantes, les cts peine arqus, largis aprs le milieu. Disque avec les trois premires stries entires, trs profondes 300. FIG. 295 299. Thalassophilus longicornis St., d'Antibes. Fig. 295. Femelle, x 18. Fig. 296. Apex de l'lytre gauche. Fig. 297. Palpe maxillaire droit, face sternale, x 80. Fig. 298. Labium, face slernale, x 80. Fig. 299. Organe copulateur, x 80. Fig. 300. Th. Whitei Woll., des Canaries, sommet de l'organe copulateur. et presque lisses, les 4 et 5" stries superficielles, vaguement ponc -tues, effaces la base et au sommet. Pattes longues et grles. Organe copulateur (fig. 299) trs grand, sa base coude angle presque droit et trangle la partie coude; la partie moyenne paisse, le sommet graduellement attnu et termin par un crochet dorsal dont la pointe replie est assez longue. Sac interne arm de cinq six dents courtes, paisses, triangulaires, trs chitinises, parses sur la paroi dorsale.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 517 CHOROLOGIE. La distribution de cette espce a-yant t dcrite, en dtail ci-dessus, je me bornerai citer surtout les provenances des exemplaires que j'ai pu examiner : Iles Brilanniques : Broughton, Lancashire (Curtis. teste Stephens). France (1). Aube :Tro-yes (G. Le Grand!). Rhne : L-yon (Ch. Brisoult). Vaucluse :Avignon (teh. Fagniez!); La Bonde (Ch. Fagniez!). Savoie : Albertville (coll. Sharpl; in Brit. Mus.). Drme : Crest FJG. 301. Mandibules, face tergale, du Thalassophilus longicornis St., x 80. (A. Argod!). Basses-Alpes bords de la Blone, Digne (P. de Pe-yerimhoff!). Alpes-Maritimes : Nice (J. Sainte-Claire-Deville 1); Antibes, inondations (A. Grouvelle!). Haule-Garonne : Toulouse (R. Jeannel). Arige : grotte du Tuc d' Audoubert [ Biosp. 464], dans les dtritus de la rivire souterraine (R. Jeannel). Espagne. Oviedo : Ribadesella, sur Je littoral Cantabrique (coll. Sharp!, in Brit. Mus.). Italie. Pimont, Vntie, Frioul, Emilie, Lazio (teste A. Porta). Vntie Julienne : Monfalcone (M. Bernhauer!). Autriche. Nieder-Oesterreich : Vienne, Praler (Redtenbach!, in Mus. Vienne); Stockerau (J. Breit !) Pologne. Galicie : Jaroslav (Fr. Netolitzk-y !) ; Bolechow (Fr. Netolitzk-y 1). Roumanie. Bucovine : Cernautzi [ Cernowitz ] (Fr. Netolizky!) Trans-ylvanie : Cmpeni, dans les monts Bihar, bords de l'Aries (R. Jeannel). 1. BARTHE, dans sa Faune des Carabiques gallo-rhnans, p. donne une longue liste de stations franaises du Th. longicornis.

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518 R. JEANNEL llussie. Crime : monts Jala (A. Winkler !) Bulgarie : Kazanlik (Fr. Netolitzky !) ; Chipka Balkan (Fr. Neto litzky!). Yougo-Slavie. Bosnie : Ilidze, prs de Sarajevo (V. Apfelbeckl, in Mus. Vienne). 2 Thalassophilus Whitei Wollaston. Thalassopllilus ll'llilri \Vollaslon, I85t1 lm. 1\Iadcr., p 71, pl. 11, fig. 5; type : Porto Santo (.lkit. l\lus.). 1857, Cat. Madcr. Col., p. 21. -186t1, Cal. Canar. Col., p. 6!1. I865_, Col. Atlant., p. 55 -Trechus littoralis : > 13rull [nec Dejcan), I838, in Webb et .Bcrth. (Col.), p. 58. Fig. 3oo. -Long. 3,5 mm. Mme coloration que le prcdent; mme forme gnrale. Tte volumineuse, arrondie; les ) 'eux grands, non saillants, dtuisi longs que les tempes. Antennes paisses, atteignant peine le milif'u des lytres, leurs articles apicaux environ deux fois aussi longs que larges. Pronotum transverse, d'un cinquime. plus large que long, sa base peu prs aussi large que le sommet; cts bien arrondis eu avant, plus fortement sinus avant les angles postrieurs que chez Th. longicornis, les angles postrieurs plus saillants en dehors. Disque dprim, la gouttire marginale troite, l'impression basale et les fossettes basales profondes et rugueuses. Elytres de mme forme que chez Th. longicoruis, prsentant la mme striation; les paules un peu moins saillantes, plus arrondies. Organe copulateur semblable celui du prcdent, mais le crochet apical est plus court, moins repli (fig. 3oo ) CnoROLOGIE. -L'espce est connue de la plupart des les des deux archipels de Madre et des Canaries, toujours trs rare, au bord des torrents. Archipel de Madre Madre : Funchal (M. Rousset, teste Wollaston); Madre (M. Noualhier!). Ile de Porto-Santo : Ribeiro de Serra de Fora (T.-V. Wollaston). Iles Canari e s. Gran Canaria, au bord des ruis s eaux du versant sud de l'tle et du cratre de Bandama (T. -V. Wollaston!); Gran

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 519 Canaria (Ch. Alluaud!). Tenerife : environs de Santa Cruz et de Las Mercedes (T.-V. Wollaston!); Y cod el Allo (D' Crotch, teste Woll.). Palma (T.-V. Wollaston). Gomera (D' Crotch, teste Woll.). 3 Thalassophilus Breuili, n. sp. Type : cu eva de las Calaveras, 2 femelles (coll. Jeanne!). Fig. 3o2 3o5.-Long. 4,5 mm. Forme gnrale plus robuste, avec t -: 1;; / / Fig. 302 305.-Thalassophilus Breuili, n. sp -Fig. 302. Femel!P., X 16. Fig. 303 Base de l'lytre gauche, X 40.-Fig. 30'.. Apex de l'lytre gau che, X 40.-Fig. 305. Tibia antrieur droit, face antrieure, X 65. les pattes plus longues que chez Th. longicornis. Coloration relativement fonce, la tte el le pronotum fortement rembrunis. Tte trs grosse, avec l es yeux trs petits, pas plus long que la moiti des tempes. Antennes longues, comme chez Th. longicorni s, dpassant le milieu des les articles apicaux quatre fois aussi longs que larges. Pronotum trs transverse, court, de prs d 'un quart plus large

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520 R. JEANNEL que long, sa base peu prs aussi large que le sommet. Cts trs arrondis en avant, peu sinus en arrire, les angles postrieurs peu saillants en dehors. Base du pronotum comme chez les prc dents. Elytres trs dprims, assez larges, parallles; les stries particulirement profondes; les stries externes visibles. Pattes grles et longues. Organe copulateur mle inconnu. Avec son pronotum trs peu rtrci la base, ce Thalassophilus parat se rapprocher davantage du Th. White que du Th. longi cornis. Malheureusement je n'ai pas vu de mles. Les caractres de l'organe copulateur permettront sans doute de mieux prciser ses affinits. CnoROLOGIE. Cette espce est cavernicole. Espagne. Prov. d'Alicante : cueva de las Calaveras, Benidoleig, part. de Denia [ Bios.p 533], deux femelles (H. Breuil!) 16. Gen. AMBLYSTOGENIUM Enderlein. Amblystogenium Enderlein, lgo5, Zool. Anz., XXVIII, p. 718, fig. 1 et 2 ; Lype : A. murcipenne End. (=Trechus pacijicus Putz.) -I!)Og, Deutsche Sdpolar Exp., X, Zoo!. 2, p 372. G ENnERLEIN a fond ce genre sur la forme tronque de la dent du menton et la forme transverse du pronotum. En ralit seul, le premier de ces deux caractres a quelque valeur, mais il en existe bien d 'autres qui distinguent le genre Amblystogenium et le rapprochent d'ailleurs des Plocamotrechus africains. DIAG:'iOSE. -Sillons frontaux complets, du type Trechus. Yeux saillants, glabres. Labre transverse, chancr. Palpes maxillaires pais, non subuls; le dernier article conique, pais, aussi long que l'avant-dernier. Dent du menton-largement tronque et chancre, par suite bifide, ou plutt bianguleuse. Prbasilaire avec six soies. Languette saillante, arrondie, ses soies latrales gales. Pronotum du type Trechus. Elytres sans strie basale transverse; les stries toutes entires et lisses; la cinquime forme l'apex une crosse convexit externe et se continue, profonde et rgulire, sans interruption, avec le retour apical de la strie suturale. Tibias antrieurs pais,

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 521 glabres sur les faces antrieure et externe, sans trace de sillon longitudinal externe. Deux articles dilats aux tarses antrieurs mles. Organe copulateur court et trs pais, en gouttire ouverte daus la partie basale, les deux lobes apicaux distincts. Styles courts, quatre soies. Sac interne avec une grande pice ventrale. Grande taille (7 mm.). Robuste, glabre, pigment, la tte et FIG. 306. Amblystogenium pacificum Putz., mle de l'le Crozet (cotype de PuTZEYs, in Mus Bruxelles), x 18. pronotum lisses, les lytres alutacs. Aspect extrieur d'un grand 1 rechus. Aptre. Tte grande, transverse, dprime; les sillons frontaux complets, lisses, carts 1 'un de l'autre sur le disque, approfondis en avant. Yeux saillants, un peu plus longs que les tempes. Antennes courtes

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522 R. JEANNEL et paisses. Epistome soud, sans tubercules. Labre transverse d chancr. Mandibules dent prmolaire bien dveloppe, au moins droite. Palpes maxillaires avant-dernier article court et pa!:i, graduellement paissi au sommet, ses deux bords concaves; dernier article conique, pais, aussi 1ong que 1 'avant-dernier et peu prs aussi pais sa base que lui au sommet. Labium libre, pilobes trs aigus; dent du menton large, subcarre, son bord largement chancr, ses angles vifs; prbasilaire avec six soies. Palpes labiaux dernier article relativement pais (fig. 3o7). Languette saillante, arrondie, soies normales; paraglosses normaux. Pronotum transverse, base rectiligne, non lobe. Impression basale nette, linaire, lisse, sulciforme, comme celle des Plocamo trechus, fossettes trs petites. Elytres ovales, paules tout fait effaces, le sommet obtusment arrondi. Gouttire marginale commenant en face de la racine de la quatrime strie. Striole juxtascutellaire dveloppe;. pas de strie basale transverse. Toutes les stries sont visibles, nettes, lisses. La cinquime strie forme une crosse apicale, convexe en dehors, et se prolonge par le retour apical de la strie suturale, toujours profonde et nette, pour former ainsi une anse continue sur la rgion apicale. Cette disposition est particulire Amblystogenium et Plocamo trechus. Carne apicale saillante, trs allonge. Pattes robustes, longues; fmurs pais. Tibias antrieurs (fig. 3o8) paissis dans la moiti apicale, avec une troncature apicale externe, comme chez Plocamotrechus. Faces antrieure et externe glabres; pas trace de sillon externe. Tibias postrieurs avec quatre rangs longitudinaux de soies (fig. 3og), le sommet avec quatre perons et un peigne. Tarses courts et pais (fig. 3og); pas d'expansion sous-tarsale du quatrime article. Les deux premiers articles du tarse antrieur largement dilats, presque bilobs chez les mles (fig. 3o8). Chtotaxie. -Pores susorbitaires et prothoraciques normaux. Srie ombilique rgulire. Srie discale forme de cinq pores espa cs le long de la 3" strie; de plus il existe deux pores sur le 3" interstrie, l'un au quart apical, 1 'autre prs du sommet. Groupe apical form de deux pores, 1 'un sur. la crosse de la 2" strie, 1 'autre au bord apical. Organe copulateur mle1 court et trs pais. Le lobe mdian n'a pas de bulbe basal, mais sa partie basale en gouttire, est largement ouverte du ct dorsal; la base forme deux lobes anguleux. Sommet aigu, effil; la face dorsale du sac interne forme un large ligule sommet arrondi.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 523 Styles courts, arms de quatre longues soies. Sac interne avec une grande tige chitineuse aplatie ventrale (fig. 3 u). En somme Amblystogenium possde les principaux caractres que nous retrouverons chez les Plocamotrechus d'Afrique australe el FIG. 30? 310. Amblystogenium pacificum Putz., de l'le Crozet. Fig. 307. Labium, face stern ale, x 60. Fig. 308. Tibia antrieur et tarse droits, du mle, face externe, x 40. Fig 309. Tarse intermdiaire droit, x 40. Fig. 310. Fente ana-gnitale, face sternale, x 40. orientale, mme forme de l'organe copulateur, de la dent du menton, de l'anse apicale de la cinquime strie, mme grande taille, mme forme de la tte et du pronotum, etc. Il n'en diffre en ralit que par l 'absence de sillons sur les tibias antrieurs, l effacement total des paules rsultant d'un aptrisme trs ancien et le grand nombre des soies des lytres. Ces deux derniers caractres sont d'ailleurs trs probablement le rsultat d'un long isolement dans les les. Les affinits troites de l 'Amblystogenium avec les Plocamotrechus, spciaux l'Afrique australe et aux hauts sommets de

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524 R. JEANNEL l'Afrique orientale, tablissent donc qu'il a exist des connexions continentales entre les les Crozet et 1 'Afrique australe, sur lesquelles je reviendrai propos de la horologie des Plocamotrechus. Amblystogenium pacificum PQLzeys. Trechus pacificus Putzeys, 1870, Stelt. ent. Ztg., XXXI, p. 2!1; type : ile Croiset, ocan Pacifique n, 3 exemplaires (coll. Chaudoir); cotypes : mme provenance (Mus. Bruxelles). -Amblystogenium murcipenne Enderlein, Igo5, Zool. Anz., XXVIII, p. 718, fig. 1 et 2; types: Possession island (Mus. Berlin). -1gog, Deutsche Sdpolar Exp., X, Zool. 2, p. 373, pl. xL, fig. r, pl. XLI, fig. 121 Ift, J7, 18 et :!3. Larve.-Enderlein, 1gog, l. c., p. 374, pl. XLIV, fig. 61 et 66. J'ai sous les yeux un des cotypes de PuTZEYS, qui m'a t corn-Ftc. 311. Organe copulateur de l'Amblystogenium pacificum Pulz., de l'le Crozet; a., pice copulatrice; x 55. muniqu par le Muse de Bruxelles. Il est tiquet (( T. pacificus Chaud., le Croisette (sic), ocan Pacifique >> et provient de la collection Chaudoir. Son examen ne peut laisser aucun doute sur tit de l'Amblystogenium murcipenne. avec le T. pacificus Putz. dont G. ENDERLEIN n'a pas souponn l'existence. Fig. 3o6 3II. -Long. 7 mm. Robuste et peu convexe; bruntre trs brillant sur la tte et le pronotum qui sont lisses, mat sur

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MONOGRAPHIE DES 'l'RECJJJNAE 525 les lytres qui sont fortement alutacs; antennes et pattes rougetres. Tte grosse, dprime, transverse, le cou trs pais, les yeux petits, mais trs saillants, peine plus longs que les tempes qui sont peu convexes et un peu obliques. Pronotum plus large que long, rtrci la base qui est un peu plus troite que le sommet; cts bien arrondis en avant, peine sinus avant les angles postrieurs; ceux-ci obtus, non saillants; base rectiligne. Disque dprim, sillon mdian profond et rid en travers; gouttire marginale large et rgulire. Elytres ovales, trs troits la base, les paules tout fait effales cts rgulirement arqus. Gouttire marginale sans erosse humrale, en raison de l'effacement des paules, troite el rgulire. Sommets des lytres sparment arrondis, 1 'angle suturai un peu dhiscent. Toutes les stries entires, non effaces au sommet, la 3" et la 4", la 6" et la 7" unies eusemble au sommet. Pattes trs robustes, longues, mais paisses. Organe copulateur pais; Ea partie basale rtrcie et inflchie du cl ventral; son sommet droit, attnu et termin par un petit ren11ement. CHoROLOGIE. -Archipel des Crozet. Possession island : baie de Nol, dcembre 1901, trois exemplaires (E. Vanlloffen) [E. von Drygalsky, Deutsche Sdpolar Exp. ] Iles Crozet (coll. Putzeys!, in Mus. Bruxelles). r7. Gen. PLOCAMOTRECHUS, nov. Type : Trechus pallipes Boheman. DIAGNOSE. Sillons fmntaux complets, du type Trechus, mais superficiels. Yeux glabres, bien dvelopps. Labre transverse, chancr. Palpes maxillaires non subuls. Dent du menton grande, large, tronque. Postmentum avec six soies. Labium libre. Languette peu saillante, soies normales. Pronotum du type Trechus, l'impression basale transverse toujours linaire, sulciforme, profonde et lisse. Elytres sans strie basale transverse, les stries en gnral entires, lisses, la cinquime formant une anse apicale continue avec le retour de la strie suturale (sauf chez P. tabulae). Tibias antrieurs glabres, L'ABEILLE, XXXII, 1er Juin 1026. 34

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526 R. JEANNEL avec un profond sillon longitulinal externe, 1 'angle apical externe tronqu. Deux articles dilats aux tarses antrieurs mles. Organe copulateur comme chez Je prcdent, le sac interne avec une armature complique. Grande taille (de 4,5 II mm.). Aspect gnral des Trechus. Robustes, glabres, pigments. Tte robuste, transverse, les sillons frontaux complets, souvent trs superficiels sur le vertex. Cou pais. Yeux grands, saillants; FIG. 1112. Mandibules face tergale, du Plocam ot rechus k enyensis .Teann.,x 80. tempes convexes. Epistome soud, sa suture peine visible. Antf'nnes courtes et paisses, atteignant au plus le quart basal des ly tres. Labre transverse, trs court. Mandibules lent prmolaire absente gauche, mais bien dveloppe droite, anguleuse, acre; les rtinacles obtus (fig 312); mola assez longue, occupant plus du quart du bord masticateur. Palpes maxillaires pais, l'avant-dernier article graduellement paissi au sommet, le dernier article pais, conique, aussi long que le prcdent, aussi large la base que lui nu sommet. Labium libre, pilobes aigus, la dent du menlon grande, large, tronque, biangulaire, semblable celle de I'Amblystogenium. Prbasilaire avec un rang transverse de 6 soies. Languette bord libre convexe, un peu saillant, ses soies normales. Pronotum ample, toujours transve rse, la base non lobe au milieu, au contraire profondment chancre. chez les espces de 1 'Afrique orientale. Gouttire marginale large. Ligne mdiane pro fonde; impression basale en forme de sillon troit, net et profond,

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MONOGRAPHIE DES TRECJJ INAE 527 lisse, dcrivant un V largement ouvert en arrire; les extrmits externes de ce sillon aboutissent, l'angle postrieur. Pas de fossettes basales. Pdoncule msothoracique court et pais. Elytres amples, base transverse, les paules accentues. La gouttire humral!: commencP. par un crochet au niveau cle la racine de la 4 strie. Le:; stries nettes, entires, fines et lisses; interstries plans. La 5 strie, toujours profonde, se continue, sans interruption ni attnuation, avec le retour : . 0 : ...... J7J. 31S. FIG. 313 315. Genre Plocamolrechus -Fig 313. L a b i um et pa l p e maxillaire droit, face sternale, du P. kenye nsis J e ann., x 60. Fig 311.. Apex de l'lytre gauch e du P. Bohemani J e ann ., x 30. Fig. 315. Sommet du tibi a antrieur droit du mme, x 60. de la strie suturale, pour former une anse sur toute la rgion apicale. Par exception, cette anse est irrgulire chez P. tabuwe, espce aptre, lytres rduits. Pas de carne apicale nette. Mtast ernum long chez toutes les espces aile s. Pattes robustes, les fmurs renfls. Tibias antrieurs droits, longs, non paissis au sommet, glabres sur les faces antrieure et externe, avec un sillon longitudinal externe, en gnral profond. Angle apical externe du tibia antrieur tronqu (fig. 3I5). Tibias intermdiaires et postrieurs avec 4 rangs de soies. Tarses courts et pais, sans expansion sous-tarsale du 4 article. Tarses antrieurs avec les deux premiers articles largement dilats en dedans chez les m l es Chtotaxie. -Lignes orbitaires convergentes en avant. Pores pro-

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528 R. JEANNEL thoraciques normaux. Srie ombilique rgulire. Srie discale de 2 pores, l'un au cinquime basal, l'autre aprs le milieu. Groupe apical normal, de 3 pores, l'un sur la crosse de la 2 strie, les deux autres dans le sillon apical (fig. 3I4). Par exception, chez P. labulae, il n'existe qu'un seul pore discal, vers le milieu de la 3" strie. Organe copulateur mle court et pais, largement ouvert la base qui est tronque (fig. 3q), les lobes basaux petits el du ct ventral, de faon qu'un large orifice basal s'est constitu au dpens de la partie dorsale de la gouttire. Face dorsale du sac inlerne trs chitinise, formant un large ligule arrondi. Styles courts, arms de 4 soies. Sac interne arm de pices articules et replies trs compliques. Cnon.oLGIE. -J'ai dj insist ci-dessus sur les troites affinites qui existent entre les Plocamolrechus cl l'Amblyslogenium des les Crozet. En Afrique les Plocamolrechus sont rpartis dans l'Afrique australe o ils se trouvent basse altitude et dans 1 Afrique orieutale, o ils sont rlgus sur les trs hauts sommets des montagnes. JI n'existe pas de J>locamolreclms en Abyssinie. On sait qu'au dbut du Tertiaire, le morcellement des restes du continent de Gondwana n'tait pas achev; l'Afrique australe et peuttre encore Madagascar, se prolongeaient vers le sud par de vastes continents occupant l'emplacement des les Marion ct PrinceEdouard, des Crozet et des Kerguelen. Pendant la premire moiti du Tertiaire un climat tempr a rgn sur ces terres et les Ploca molrechus sont des survivants de la faune qui les peuplaient. En Afrique ils se sont tendus jusque dans l'Afrique orientale dont le climat s'est fortement tempr d'abord au Miocne, puis pendant le Glaciaire. Le rgime tropical actuel les en a chass6s, ou les a rlgus dans la faune alpine suprieure des plus hautes montagnes. D'autre part l'Amblyslogenium est un des rares survivants, dans les iles Antarctiques, de cette faune tertiaire que le climat polaire actuel a fait presque entirement disparatre. TABLEAU nEs EsPCES. 1 Base du pronotum rectiligne ou saillante en arrire. (Espces de l'Afrique australe.) ..................................... 2. -Ba!'e du pronotum concave, largement chancre en ligne courbe d un angle postrieur l'autre (Espces alpines d e l'Afrique orientale .) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8.

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MONOGRAPHIE DES. TRECHINAE Elytres courts et trs convexes, paules effaces; les stries plus ou moins effaoes. Un seul pore vers le mileu de la 3" strie. Yeux petits, peine plus longs que les tempes. Pronotum transverse, base large, un peu saillante, angles post rieurs obtus et mousss. Brun de poix plus fonc sur la tte 529 et le pronotum. Aptre. Long. 4,5 mm. (Le Cap.) .. 3. tabulae Pr Elytres amples et dprims, paules saillantes, les stries entires et nettes. Deux pores sur la 3" strie, 1 'un vers le 'cinquime basal, 1 'autre aprs le milieu ...................... 3. 3. Base du pronotum saillante en arrire, ses parties latrales obliques, les angles postrieurs obtus et mousss. . . . . 4. Base du pronotu)ll rectiligne, les angles postrieurs obtus, mais vifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 4. Cts du pronotum peu arqus, non si nus en arrire, la base aussi large que le sommet: Yeux environ deux fois aussi longs que les tempes. Elytres amples, largis en arrire, stries externes bien visibles. Brun de poix avec la marge du pronotum et des lytres rougetre. Brachyptre ou ail. Long. 5 mm. (Le Cap.)........................................ parilis Pr. Cts du pronotum bien arrondis en avant, nettement sinus en arrire, la base aussi large que le sommet, les angles post rieurs saillants en dehors. Yeux une fois et demie aussi longs que les tempes. Elytres elliptiques, attnus au sommet, stries externes bien visibles. Mme coloration . Aptre. Long. 5 mm. (Le Cap.)........................ 2. Bohemani, nom. nov 5. Trs grande taille, dpassant 10 mm. Pronotum transverse, trs large, cts trs arrondis en avant, rtrcis en ligne droite en arrire, les angles postrieurs vifs, non saillants en dehors. Yeux aussi longs que les tempes. Elytres paules ar rondies, toutes les stries bien visibles, la 6 et la 7" strie en tires. Noir de poix brillant, un peu iris, avec la marge du pronotum et des lytres rougetre. Long. 10 lo,5 mm. (Le Cap.). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8. graYis Pr. Taille infrieure 7 mm. Angles postrieurs du pronotum plus ou moins saillants en dehors. Yeux toujours plus longs que les tempes :. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6. 6. Tte plus longue (sans les mandibules) que large. Tempes con vexes, obliques, faisant avec le un angle trs ouvert. Pronotum peu transverse, peine d'un cinquime plus large que long, ses cts bien arrondis, sinus en arrire, les angles pos trieurs trs saillants en dehors. Elytres oblongs, allongs, parallles, paules bien saillantes, les stries toutes entires, les 6 et 7" nettes, anastomoses au sommet. Testac rougetre,

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530 R. JEANNEL avec les pattes ples. Aptre. Long. 5,5 mm. (Rhodesia.) ..... . ....................... 7 rhodesiae, n. sp. Tte fortement transverse, les tempes transverses, faisant un angle obtus, mais trs ferm, avec les cts du cou. Yeux deux fois aussi longs que les tempes. Pronotum trs transverse, de plus d'un tiers plus large que long, ses cts bien arrondis, faiblement sinus en arrire, les angles postrieurs peine sail lants en dehors. Elytres plus larges, moins parallles. . . . 7. 7. Elytres avec six stries visibles, la septime efface. Brun de poix avec la marge du pronotum et des lytres rougelltre. Ail. Long. 7 mm. (Transvaal.)....................... 4. rufipes Boh. -Elytrrs avec sept stries visibles, la septime efface au sommet. Roux ferrugineux avec les pattes ples. Long. 6,5 mm. (Le Cap.)........................................ 5. affinis Pr. Elytres avec sept stries, la 6 et la 7 entires ct runies au som met. Testac rougetre avec 1 'apex des lytres enfum, les pattes ples. Long. 7 mm. (Bechuanaland, Natal.). 6. vivax Pr. (1 ) 8. Pronotum trs peu convexe, les cts peu arrondis, la base aussi large que le sommet, les angles postrieurs vifs et aigus. Tte petite, les yeux un peu plus longs que les tempes. Elytres peu convexes, troits la base, largis en arrire, les paules saillantes, quoique effaces, les stries toutes visibles, mais superficielles. Aptre. Long. 5 5,5 mm. (mont Kenya.) ..... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . g. kcnyensis Jcann. a. Brun de poix, avec la marge du pronotum et des lytres rougetres, les antennes et les pattes testaces. (Ait. de 4.ooo 4,5oo m.) ........ var. kenyensis typique. Noir ardois avec les antennes et les pattes bruntre fonc. (Ait. de !,.6oo m.) ............ var. allipes .Teann. Pronotum trs convexe, les cts trs arrondis. Elytres con vexes, larges la base, non largis en arrire, les paules bien plus saillantes, les stries profondes, toutes visibles. . . . . g. g. Base du pronotum plus troite que le sommet, les angles pos trieurs droits, mousss. Yeux grands, presque deux fois aussi longs que les tempes. Elytres moins convexes. Brun de poix avec la marge du pronotum et des lytres rougetre, les an tennes et les pattes testaces. Aptre. Tguments faiblement alutacs. Long. 5,7 8 mm. (Kilimandjaro, vers 2.8oo m. d'ait.) .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 10. kilimanus Jcann. (1) Les P. uiuax el P. atfinis devront probablement tre runis au P. rujipes. Il doit s'agir d'une seule espce grande dispersion, dont beaucoup d'exemplaires ne se pigmentent pas. Je n'ai malheureusement pas vu assez de matriaux pour savoir s'il existe des races gographiques.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 531 Base du pronotum non rtrcie, aussi large que le sommet, les angles postrieurs aigus, vifs, saillants en dehors et en arrire. Yeux pe1ne plus longs que les tempes. Elytres trs convexes. Brun rougetre uniforme les antennes et les pattes ples. Tguments fortement alutacs, mats. Aptre Long 6 mm. (Ruwenzori, vers 2 .Boo m. d 'alt.). . . . . . . 1 1. A.lluaudi Jeann. r. Plocamotrechus parilis Pringuey. Trechus parilis Pringuey, I!)08, Ann. S Afr. Mus., V, p. 291; type Capetown (S. Afr. Mus.) Fig. 3x6 et 3J7. __:_ Ail ou brachyptre; bien reconnaissable la 318 ,._ 320. FIG. 316 Genre Plocamotrechus. -Fig 316. P. purilis P r l x 14. -Fig. 317. Organe copulateur du P. parilis. x 60 -Fig 318. P. Boltemani Jeann., x 14. -Fig 319. Sac interne de l'organe copulateur, !ace latrale gauche, du P. Bolwmani, x 70. -Fig 320. Apex de l'organe copulateur du mme. forme de son pronotum qui rappelle celle du Trechus quadristriatus d'Europe. Long. 5 mm. Brun de poix fonc, avec la marge du pronotum et

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532 R. JEANNEL des lytres rougetres, les antennes, les pices buccales et les pattes testaces. Tte petite, les yeux trs gros, saillants, deux fois aussi longs que les tempes, les antennes atteignant le quart basal des lytres. Pronotum un peu transverse, cts trs peu arqus, non sinus en arrire, la base aussi large que le sommet, saillante, les angles postrieurs obtus, effacs, trs mousss. Disque peu convexe, gout tire marginale large et rgulire. Elytres amples, larges et longs, largis en arrire, la base trans verse, les paules saillantes; toutes les stries entires, mais la 7" moins profondment trace que les autres. Mtasternum trs long, surtout chez les individus. macroptres. courtes. Chtotaxie normale. Organe copulateur (fig. 317) court et pais, non arqu; le bec termin par un crochet recourb du ct dorsal, le lobe apical droit long, arrondi, saillant. Styles courts, trs attnus au sommet, les soies insres en bouquet sur la pointe, non tales. Sac interne avec une srie de quatre grosses pices articules semblables celles du T. Bohemani (fig. 31g). VARIATIO:'>Is. Le dveloppement des ailes est variable chez cett0 espce et on observe les mmes variations corrlatives dans la grosseur rles yeux, la longueur des lytres, le dveloppemenl du mta sternum que chez les Trechus ob.tusus d'Europe et Trechisibus aeneus du Chili. Les individus brachyptres ont toujours les yeux moins gros, les lytres moins amples ,le mtaslernum plus court. CnoROLOGIE. -Afrique australe. Colonie du Cap : environs de Capetown (A. Raffray !, in Mm. Paris; coll. Marshall!, in Brit. Mus.). 2. Plocamotrechus Bohemani, nom. nov. Tiechus pallipes Boheman, 1848, Ins Caffr., I, p. 226; type : (( Caffraria meridionalis -Pringuey, 1896, Trans. S. Afr. phil. Soc., VII, p. 58g. Le nom de Trechus pallipes Boheman, 1868, doit tre chang, car il avait t dj occup par Trechus pallipes Stephens, 183o (Hl. Brit. Ent., 1, p. 168), qui est probablement un Acupalpus . Fig. 314,. 3I8, 31g et 32o. Long. 5 mm. Aptre. Trs voisin du

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MONOGRAPHIE DES TRECH!NAE 533 prcdent dont il diffre surtout par la forme de son pronotum . Mme coloration. Y enx une fois et demie aussi longs que les tempes. Pronotum transverse, mais avec les cts bien arrondis, nettemeut sinus en arrire, la base saillant, avec les parties latrales obliquement tronques, les angles postrieurs grands, obtus, mousss, mais. saillants Pn dehors; base aussi large ou large que le sommet. Gouttire marginale large et rgulire. Elytres convexes, ovulaires, plus courts et plus arrondis que chez le prcdent, les paules plus arrondies et bien moins saillantes Toutes les stries visibles Chtotaxie normale. Organe copulateur semblable celui du P. parilis, mais le bec forme un petit crochet saillan"t au cct ventral (fig. 32o). Mme armalure du sac interne (fig. 3rg). CHOROLOGIE. -Afrique australe. Colonie du Cap : environs de Capetown (A. Raffray !, in Mus. Paris; coll. Marshall!, in Brit. Mus.). 3. Plocamotrechus tabulae Pringuf'y. Trechus tabulae Pringuey, 18g8, Trans. S. Afr. . X, p. 368; type : montagne de la Table (S. Afr. Fig. 32I 323. Long. 6,5 mm. Aptre. Bien diffrent des prcdents par ses lytres courts, trs convexes et par ses caractres chtotaxiques. Brun de poix, plus fonc sur la tte et le pronotum, antennes rougetres, pattes testaces rougetres. Tte et pronotum mats, alutacs. L'avant-corps est presque aussi long que 1 'arrire-corps. Tte trs grosse, robuste, non transverse, avec les sillons frontaux trs superficiels et larges sur le disque. Yeux petits, peine plus longs que les tempes, celles-ci convexes, nullement transverses. Antennes courtes, dpassant peine la base des lytres. Pronotum peu transverse, un peu plus large que la tte, ses cts peu arrondis, non sinus en arrire, la base un peu plus troite que le sommet, saillante, avec les parties latrales obliquement tronques; angles postrieurs obtus, mousss, uon saillants. Disque assez fortement convexe, la gouttire marginale troite el rgulire. Elytres ovales, trs courts et trs convexes, les paules effaces, les stries toutes visibles, mais superficielles, un peu irrgulires dans la partie apicale. La 5 strie s'efface en arrire, de sorte que l'anse api-

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534. R. JEANNEL cale qu'elle forme avec le retour de la strie suturale est, par excep tion, interrompue par une partie o la strie est trs superficielle. Pattes robustes. Mtasternum trs court. Chtotaxie aberrante. Les soies cphaliques et prothoraciques sont normales, mais il n'existe qu'un seul pore discal sur la 3" strie des lytres, vers son milieu. De plus, le pore apical externe, seul reprsentant du groupe apical, se trouve une certaine distance du bord apical. . .. 325 . 322 FIG. 32"1 325. Genre Plocamotreclw.s. -Fig. 1321. P. tabulae Pr., du Cap, x tt. -Fig. 322. Le mme de profil.-Fig 323 Organe copulateur du P. tabulae, du Cap, x 55. -Fig. 32ft. Sommet de l'organe copulateur du P. rufipes Pr., du Transvaal, x 55. -F.ig. 325. Sac interne du mme, x 55. Ces deux caractres chtotaxiques sont exceptionnels chez les Plocamotrechus. Ils sont certainement en corrlation avec la rduction con sidrable de 1 'arrire-corps de cette espce dont 1 'aptrisme doit tre fort ancien. Organe copulateur (fig. 323) trs court et trs pais, rappelant beaucoup celui du P. parilis, mais avec la partie basale coude angle droit et le sommet termin en bec recourb du ct dorsal, plus aminci que celui du P. parilis. Styles latraux larges, irrguliers, avec une grosse nodosit basale et les soies longues et tales. Sac

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 535 interne avec une armature analogue celle des P. parilis et P. Rohemani (fig. 31 g). Cette espce est remarquable par 1 'volution rgressive consid rable de son arrire-corps ct en particulier de ses lytres, en corr lation avec son aptrisme. Malgr son aspect gnral exceptionnel qui en rsulte, elle est troitement allie aux P. parilis et P. Bohemani. On trouve, en effet, chez P. tabulae la mme forme de la base du pronotum, la mme structure de l'organe copulateur et une armature du sac interne du mme type que chez ces deux espces. D'ailleurs les trois espces habitent les environs du Cap, P. parilis et P. Rohemani rpandus basse altitude, P. tabulae, localis dans la montagne de la Table . "cnoROLOGIE. -Afrique australe. Colonie du Cap : montagne de la Table, prs de Capetown, sur le bord de 1 'Ocan Atlantique (A. Raf fray 1). La montagne de la Table a 1.o8o m. d'altitude. 4. Plocamotrechus rufipes Boheman. Trechus rufipes Boheman, r848, Ins. Caffr., I, p. 226; type : Caffraria interior n.-Pringuey, r8g6, Trans. S. Afr. phil. Soc., VII, p. 58g. Fig. 324 326. Long. 7 mm. Aspect du P. Bohemani, mais plus grand, avec la base du pronotum rectiligne et les lytres plus allon gs. Ail. Mme que les prcdents, mais parfois dpigment. Yeux saillants, deux fois aussi longs que les tempes, qui sont transverses; tte large, transverse. Pronotum trs transverse, de il lus d'un tiers plus' large que long, ses cts bien arwndis et trs faiblement sinus avant les angles postrieurs; ceux-ci obtus, mous ss, peine saillants en dehors; la base rectiligne, un peu plus large que le sommet. Gouttire marginale large et rgulire. Elytres grands, larges, longs ct subpaillles; les paules sail lantes; toutes les stries entires, sauf la 7" dont il n'existe que des traces. Chtotaxie normale. Organe copulateur plus allong que chez les prcdents, sa pointe termine par un bec en forme de sabot (fig. 324)). Armature du sac interne constitue par une srie de pices lamelleuses ou linaires, moins dveloppes que chez les prcdents (fig. 325). L'unique exemplaire que j'ai pu examiner est un mle de colora-

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536 R. JEANNEL tion testace rougetre uniforme, mais ne semblant cependant pas tre immature. Il est probable que chez cette espce, il se trouve des individus qui restent dpigments ct d 'autres bien colors. CnonoLOGIE. -Afrique australe. Transvaal, un mle (E. Simon!). Il est probable que les deux Plocamotrechus suivants devront tre runis au P. rufipes, qui seraiL dans ce cas une espce vaste distribution dans toute 1 Afrique australe. Fig. 326 et 327. Genre Plocamotrechus. -Fig. 326. P. rufipes Pr., du Transvaal x 14. Fig. 327. P. rhodesiae Jeann., de Salisbury, x H. 5. Plocamotrechus affinis Pringuey. Trechus affinis Pringuey, r8g6, Trans. S. Afr. phil. Soc., VII, p. 58g; type : Stellenbosch (S. Afr. Mus.). Long. 6,5 mm. De mme forme que le P. rufipes, mais roux ferrugineux avec les pattes ples. La 7" strie des lytres est bien visible, Beulement efface au sommet. Je ne connais pas ce Plocamotrechus qui semble n'tre qu'une varit dpigmente du P. rufipes. CnonoLocm. -Afrique austra.le. Colonie du Cap Stellenbosch, prs de C;.tpetown (L. Pringuey).

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MONOGRAPIIJE DES TRECHINAE 537 6. Plocamotrechus vivax Pringuey. Trechus vivax Pringuey, 18g6, Trans. S. Afr. phil. Soc., VII, p. 5go; type : Natal (S. Afr. Mus.). Long. 7 mm. Mmes caractres externes que chez P. rufipes, mail! testace rougetre avec le sommet des lytres enfum et les pattes ples. La 7" strie est aussi fortement trace que la 6e. Comme le prcdent, ce Plocamotrechus devra vraisemblablement tre runi au P. rujipes, dont il ne doit tre qu'une varit peu distincte. CnoROLOGIE. -Afrique australe. Natal : Frere (L. Pringuey). -Bechuanaland : Ramutsa, dans le pays Bangwaketsi, sur la frontire u Transvaal (L. Pringuey). Ces deux localits sont trs distantes l'une de 1 'autre et il serait bien invraisemblable que le mme P. vivax habite le Natal et le Bechuanaland, tandis qu'une autre espce trs voisine, P. rujipes, se 1 rouverait au Transvaal. Il est bien probable qu'il ne s'agit l que d'une seule espce, variable par sa coloration et 1 'effacement de la 7" strie, et rpandue dans toute 1 'Afrique australe. 7 Plocamotrechus rhodesiae, n sp. Type : Salisbury (coll. Jeanne!). Fig. 327. Long. 5,5 mm. Forme gnrale des prcdents, mais moins large, plus allong et plus parallle. Aptre. Testac rougetre avec les pattes, les antennes rougetres. Tte troite, plus longue (sans les mandibules) que large, les yeux trs grands, saillants, plus de deux fois aussi longs que les tempes qui sont convexes et peu obliques, non transverses. Antennes courtes, n'atteignant pas le quart basal des lytres. Pronotum peine transverse, environ li 'un cinquime plus large que long, ses cts bien arrondis et longuement sinus en arrire; les angles postrieurs bien saillants en dehors, la base rectiligne, un peu plus troite que le sommet. Gouttire marginale large et rgulire. E l ytres oblongs, parallles, moins largis que chez P. rujipes, les =1ngles humraux saillants, mais arrondis; la gouttire marginale

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538 R. JEANNEL large, mme l'paule. Toutes les stries entires, la t peine plus superficielle que la 6. Chtotaxie normale. Le seul exemplaire connu de cette espce est une femelle. P. rhodesae diffre nettement du P. rufipes par sa petite taille, sa forme troite et plus parallle, les proportions de sa tte, de son pronotum et de ses lytres. Il est bien probable que P.es caractres spciaux de l'organe copulateur aideront encore le distinguer. Il habite, enfin, une rgion trs loigne de celle o vit le P. rufipes. CHoROLOGIE. -Afrique australe. Sud-Rhodesia : Salisbury, dans le Mashonaland, une femelle (coll. J eanne!). 8. Plocamotrechus gravis Pringuey. Treclms gravis Pringuey 18g8, Trans. S. Afr. Mus., X, p. 368; type Uitenhage (S. Afr. Mus.). Fig. 328. Long. 10 Io,5 mm. Cette espce est donc remarquable par sa taille gigantesque pour un Trchide. Noir de poix bril lant, un peu iris, avec la marge du pronotum et des lytres rou gelUre, les antennes et les pattes testaces rougetres. Probablement ail. Tte petite, courte et transverse, les sillons frontaux larges et peu profonds sur le disque, les yeux peu prs aussi longs que les tempes qui sont convexes, nullement transverses. Pronotum trs transverse, de plus d'un quart plus large que long, ses cts trs fortement arrondis en avant, rtrcis presque en ligne droite en arrire, non sinus avant les angles postrieurs qui sont obtus, vifs, non saillants en dehors; base rectiligne, presque aussi large que le sommet. Gouttire marginale large et rgulire. Elytres amples, larges, paules saillantes mais arrondies; la surface modrment convexe. Toutes les stries entires et profondes. Chtotaxie normale. Le mle m'est inconnu. Malgr sa taille extraordinairement' grande, cette espce rappelle beaucoup le P. rufipes par tous ses caractres. CHOROLOGIE. -Afrique australe. Colonie du Cap : U.itenhage, non loin de Port-Elisabeth (L. Pringuey); j'en ai vu plusieurs individus sans indication prcise de localit, appartenant au British Museum.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 539 1 ' 1 1 r' F1o Plocamotreclws gravis Pr., du Cap, X H.

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540 R. JEANNEL D Plocamotrechus kenyensis Jeanne!. Trechus kenyensis Jeanne!, Igi3, Bull. Soc. enl. Fr., p. 88; type : mont Knya, 4.IOo m. (coll. .Jeanne!). Alluaud, 1917, Ann. Soc. enl. Fr., LXXXVI, p. 91. IJ. Var. alripes Jeanne!. T. kenyensis, var. atlipes .ieannel, 1913, 1. c. p. 8o; type : mont Knya, t,.Goo m. (coll. Jeanne!). Fig. 3I 2, 3!3, 33I et 332. -Long. G G,G mm. Aptre. Brun de poix, avec la marge du pronotum et des lytres rougetre, les antennes et les pattes testaces (forme typique), ou noir uniforme avec les antennes et les pattes bruntre fonc (var. atripes). Peu convexe, grle, avec les lytres largis l'Il arrire. Tguments alutacs, IW'LS. Tte petite, non transverse, les sillons frontaux peu profonds, les yeux petits, peu saillants, peine plus longs que les tempes. Antennes courtes, atteignant peine le cinquime basal des lytres, paisses, avec les articles vn x peine plus 'longs que larges. Pronotum peu convexe, non rtrci en arrire, un peu transverse, les cts peu arrondis, non sinus en arrire, les angles postrieurs vifs, aigus, saillants en arrire, mais non en dehors; base aussi large que le sommet, largement concave d'un angle 1 'autre. Disque peu convexe, la gouttire marginale troite. Elytres peu convexes, allongs, troits la base, largis en arri, les paules effaces, parfois un peu sai l lantes, les stries toutes visibles, mais peu profondes, l'anse de la 5e strie nette et profonde. La 4 strie dcrit le plus souvent une crosse basale pour s'unir la 3 strie. Pattes grles, mais courtes. Chtotaxie normale; le premier pore discal est cependant un pen moins rapproch de la base que chez les espces de 1 'Afrique australe. Organe copulateur (fig. 332) trs grand, allong et pais, droit; la partie basale trs petite et coude presque angle droit du ct ventral. Sommet effil en un grand hec droit, termin par un renflement en forme de sabot. Sommet du ligule enroul en cornet. Styles petits, effils au sommet, les quatre soies insres en bouquet. Sac interne avec deux pices ventrales allonges, 1 'une plus eourte, largie et tronque du ct apical, l'autre plus longue, situe

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 5U droite, recourbe la base, comprime et amincie en lame sagit tale dans sa partie apicale (fig. 332 a). Cette armature du sac interne est assez diffrente de celle des es pces de 1 'Afrique australe. La forme chancre de la base du pronotum et la position du premier pore discal de l'lytre s'ajoutent au caractre sexuel pour bien isoler le P. kenyensis des espces australes FIG. 329 332. Genre Plocamotrechw;. -Fig. 329. P. Alluaudi J eann., mle, du Ruwenzori, x H.. -Fig. 330. P. kilimanw; Jeann., femelle, du kilimand jaro, x H.. -Fig. 331. P. kenyensis Jeann., mle, du Knya, x 14. Fig. 332. Organe copulateur de P. kenyensis; a., pice copulatrice; x 55. et le rapprocher, au contraire, des deux autres espces habitant, comme lui, les hautes montagnes de l'Afrique orientale. CnoROLOGIE. -Afrique orientale anglaise. Kenya Protectorate mont Knya, zone alpine, dans la rgion des Senecio gants, entre 4.ooo et 4.5oo m. d'ait., sous les pierres et les troncs des Sneons morts (Ch. Alluaud et R. Jeannel). La varit atripes est une varit mlanique qui a t trouve la L'ABEILLE, XXXII, lor Juin 1926, 36

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542 R. JEANNEL limite suprieure de la vgtation, vers !1.6oo m. d'ait., un seul exemplaire (Ch. Alluaud et 1\. Jeannel). Le P. kcnyensis est de tous les Trcchinae celui qui vit l'altitude la plus leve. II est aussi, de tous les de l'Afrique orientale, celui qui s'lve la plus haute altitude sur les montagnes (ALLUAUD, I917 J. C., p. IIO). ro. Plocamotrechus kilimanus Jeannet. Trechus kilimanus .Jeannel, r !)I 3, Bull. Soc. ent. Fr., p. 87; lype : Bis markhgel, Kilimandjaro (coll. R. Jeannel).-Alluaud, rgq, Ann. Soc. ent. Fr., LXXXVI, p. 01. Fig. 33o. -Long. 5,7 8 mm. Aptre. Robuste, pais, convexe. Brun de poix, avec la marge des lytres et du pronotum rougetres, les antennes et les pattes testaces. Tguments fortement alutacs, mats. Tte transverse, avec les sillons frontaux superficiels, les yeux grands et saillants, deux fois aussi longs que les tempes; antennes trs courtes, articles vu x ovalaires, peine plus longs que larges. Pronotum transverse, large, cts bien arrondis en avant, rtrcis en ligne presque droite et non sinus en arrire, les angles postrieurs droits, mousss; base un peu plus troite que le sommet, profondment chancre. Disque convexe, la gouttire marginale troite. Elytres ovales, peu convexes, les paules effaces, les stries plus profondes que chez P. kenycnsis. Pattes robustes. Chtotaxie normale. Le premier pore discal se trouve vers le cinquime basal de la 3" strie. Le mle est beaucoup plus grand que la femelle. Organe copulateur semblable celui du T. kcnyensis, allong comme lui, mais avec la pointe plus courte et un peu tordue, le renflement apical un peu inflchi. Mme armature du sac interne. CuoRoLor.m. -Afrique orientale anglaise. Tanganyika Territory : mont Kilimandjaro, Bismarkhgel; dans les forts suprieures sur le versant sud-est, ait. 2.8oo m. (Ch. Alluaud et R. Jeanne!), une femelle; mont Kilimandjaro, Kifinica, hauteur dans les prairies alpines, non loin du Bismarkhgel, alt. 2.8oo m. env., une femelle (Ch. Alluand!,

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 543 1908); mont Kilimandjaro, au dessus de Kiboscho, forts vers :.Looo m. (Y. Sjiistedt!). 1 1. Plocamotrechus Alluaudi Jeanne!. Treclms Alluaucli .Jeanne!, 1[)13, Bull. Soc. c11t. Fr., p. 88; type : Nakitawa (coll. Jcannel cl Mus. Paris). Alluaud, I()Ij, Ann. Soc. ent. Fr., LXXXVI, p. 92. Fig. 32g. -Long. 6 mm. Aptre. H.olmsle, pais, lrs convexe. Brun rougetre fonc, avec les antc11nes cl les palles rougetres. Tguments fortement alutacs. Tte arrondie, les yeux petits, uon saillanls, peine plus longs que les tempes; antcunes trs courtes, dpassant peine la base du pronotum, les arlicles vn x pais, ovalaircs, un peu plus longs que larges. Pronotum grand, trs convexe, un peu plus large que long, ses cts bien arrondis des angles antrieurs jusqu'aux postrieurs; angles postrieurs petits, aigus, dentiformes, saillants en dehors et en arrire; base chancre, aussi large que le sommet. Disque trs convexe, la gouttire marginale troite, la surface ride en travers le long du sillon mdian. Elytres trs convexes, allongs, non largis en arrire; les paules arrondies, mais saillantes, les stries fortes ct profondes, toutes en tires. Pattes longues et robustes, les fmurs trs renfls. Chlotaxie normale. Le premier pore lliscal est plac comme chez P. J..enyensis, un peu plus en arrire que chez P. llimanus. Organe copulateur bien moins allong ct moins grand que chez P. henycnsis. La partie basale coudr, qui reprsentait chez P. kenyensis le septime de la longueur totale e l'organe, en reprsente chez P. Alluaudi le quart. Extrmit apicale de mme forme, droite, termine par un renflement en forme de sabot, mais bien plus courte et plus paisse. Styles plus larges, avec les soies tales. Sac interne arm de deux pices chitineuses places comme chez P. mais la partie basale de la pice recourbe est bien plus P-paisse ct irrgulire, tordue et replie; la pice apicale est bien plus grle, non paissie ni tronque au sommet. CnonoLOGIE. -Afrique orientale anglaise. Uganda : monts Ruwenzori, forts froides au-dessus de l'abri de Nakitawa, sur le ver-L'ABEILLE, XXXII, lor Juin 1020, 35

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R. JEANNEL sant oriental, ait. 2.8o m. env., deux exemplaires (Ch. Alluaud!, janv. 1909). r8. Gen. TRECHOSI A nov. Type : 1'reclws solutilis Pringuey. DIAGNOSE. -Sillons frontaux complets, du type Trcchus, mais subparallles et trs profonds sur le vertex. Yeux glabres, gros, saillants. Labre trnsverse, chancr. Palpes maxillaires non subuls, dernier article trs grand, un peu fusiforme. Pices labiales comme chez Plocamolrechus. Pronotum du type Trechus, mais la base sans sillon transverse net. Elytres sans strie basale transverse, sans anse apicale, ni retour de la strie suturale sur 1 'apex, les stries externes totalement effaces, les trois premires profondes, la 3 commenant brusquement au pore discal antrieur, fortement inflchie en dedans l'apex. Tibias antrieurs glabres et sillonns, l'angle apical externe tronqu. Deux articles di la ts aux tarses antrieurs des mles. Organe copulateur du mme type que chez Plocamolrcchus Taille moyenne. Glabre. Aspect gnral particulier, l'avant-corps troit, les lytres larges, attnus au sommet. Tte robuste, sillons frontaux subparallles en avant, trs profo'nds et peu carts sur le vertex. Cou plus troil que chez les Plo camotrcchus; yeux trs saillants ct trs gros. Antennes courtes et paisses. Epistome soud; labre transverse, court, bord libre chancr. Mandibule comme chez Plocamolrechus. Palpes maxillaires semblabies ceux des Plocamotre:chus, mais plus grles, ie dernier article plus long que ravant-dernier, aussi pais que lui et un peu fusi forme. Labium libre, la dent du menton tronque, comme chez Plo camolrechus. Quatre soies seulement sur le hord antrieur du pr basilaire, les soies angulaires externes trs petites. Languette bord antrieur peu convexe, ses soies normales. Pronotm trs convexe, r trci la Lase; celle-ci sans lobe sail Iailt, rectiligne. Gouttire -marginale trs troite; la surface basale sans impression transverse sulciforme, nullement dprime sur la ligne mdiane, mais avec des fossettes basales large s, trs p e u pro fondes, indcises, un peu rugueuses. Eiytres un peu ov?ides, attnus au somrrict, la base transverse, la gouttire humrale fine, commenant sur I'erriplacement de la

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MONOGRAP//IE DES TREClllNL1E racine de la t1c strie (qui n'est pas visible). Les stries de forme trs particulire. Striole juxtascutellaire longue, occupant presque le quart basal du bord suturai. Strie suturale entire, profonde; 2 strie profonde, efface au sommet o elle se perd sans dcrire de crosse; 3" strie profonde, nelle, commenant brusquement au pore discal antrieur, fortement inflchie en dedans au sommet, efface avant l'apex. Pas trace des 6c, r,c, fi" et 7" stries; mais la sc est entire, forte cl trs profonde, trs carte de la goullire marginalg (fig. 336). Un tubercule saillant se trouve en dehors de la sc strie, son tiers basal, contre la gouttire marginale. Pattes robustes, comme celles des Plocamolrcclws, les tibias antrieurs glabres sur les faces antrieure et externe, avec un sillon longitudinal externe et l'angle apical externe tronqu. Tarses antrieurs mles avec les deux premiers articles dilats et dents en dedans; tarses postrieurs assez grles. Chtotaxie normale. Ligues orbitaires convergentes en avant. Pores prothoraciques normaux. Srie ombilique rgulire, les porcs elu groupe humral rgulirement espacs, le premier sur la racine de la sc strie, dans la gouttire humrale, les autres sur Je ge inter valle, c'est--dire entre la goullire marginale et la sc strie reporte anormalement eu dedans. Deux pores discaux sur la 3c strie, le premier vers Je cinquime basal de J'lytre, l'autre aprs Je milieu. Deux porcs apicaux, do.nt l'antrieur est assez loin du bord apical, sur la fin de la 2" strie. Organe copulateur du mme type que chez Plocamolreclws. Tou tefois les styles latraux sont trs larges, lamelleux et termins par neuf soies tales en ventail. Armature du sac interne forme de pices chitineuses allonges. Ce genre est donc surtout caractris par sa morphologie externe. La disposition des stries des lytres, J'cartement de la huitime et certains caractres chtotaxiques des pices buccales et copulatrices le distinguent nellement des autres genres de la tribu. La structure de son organe copulateur ct la forme de la dent de son labium indiquent toutefois clairement sa parent assez troite avec Plocamotrechus. Trechosia solutilis Pringuey. Trcclws solutilis Pringucy, roo8, Ann. S. Afr. . V, p. 2gr; type: Salisbury (S. Afr. 1\Ius.).

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5'.6 R. JEANNEL Fig. 336. Long. 5 mm. Convexe. Noir de poix, avec les antennes brunes base rougetre, les pattes testaces rougetres. Tguments alutacs sur le pronotum, lisses sur la tte et les lytres. Ail. Tte petite, avec les yeux trs grands, quatre cinq fois aussi longs que les tempes qui sont trs obliques; antennes atteignant r ) ,. \ F1c. 333 et 33t,. Trechosia Pr.,de Salisbury, Afrique Fig.333 Mle, x 14 Fig. 331,, Base et apex de J'lytre gauche. peine le cinquime basal des lytres, paisses au sommet, les articles vn x ovalaires, presque deux fois aussi longs que larges. Pronotum un peu plus large que long, trs convexe, ses cts trs arrondis en avant, non si nus en arrire, la base rectiligne, les angles postrieurs obtus, mousss. Disque trs convexe, la ligne mdiane fine, la gouttire marginale trs troite. Elyt res oblongs, uu peu ovodes, convexes, la base transverse, l e sommet attnu, l es paules saillantes Stries fortes, interstries pl ans. Pas traces des stries entre la troisime et la huitime.

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 547 Organe copulateur (fig. 336) volumineux, allong, la parlic basale coude, paisse et reprsentant plus rlu cinquime de la longueur totale de l'organe. Sommet droit, effil, peine paissi la pointe. Sac interne avec une grande pice chitineuse allonge, en forme de baguette (fig. 336 a.) dans la partie apicale. 335. FIG. 335 et 336. Treclwsia solutilis Pr .. de Salisbury. Fig. 335. Labium el palpe maxillaire droit, face slernale, x 60.-Fig. 336. Organe copulateur; a., pice copulatrice; x 60. CHOHOLOGIE. -Afrique australe. Sud-Rhodesia : Salisbury, dans le Mashonaland, plusieurs exemplaires (coll. Marshall!, in Brit. Mus.). SPEC/ES INCERTAE SED/S Les quatre espces suivantes, toul es de 1 'Afrique australe, me sont inconnues. Il est bien probable qu' elles appartiennen-t la tribu des Trcchodini, mais leurs descriplions sont si insuffisantes qu'il n'est pas possible de savoir dans quels genres il faudra les ranger. Trec hus (?) aterrimus Pringucy. Trechus aterrinws Pringuey, 18\)G, Trans. S. Arr. phil. Soc., VII, p. 588; type : Capelown (S. Afr. Black shining; palpi infmcalc and tarsi pale flavescent; longitudinal grooves of the head and supra orbital puncture very conspi-

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548 R. JEANNEL cuo.us; basal joint. of the antennae redP.ish, other. black; prothorax cordiform, longer than: broad; elytra elongate, parallel ,. broader than the protho:rax. at the base by nearly one ,third; .smooth and. having on each side tluee discodal striae, not sinuate at tip, the outer onl3 is the shortest of the three, and three punctures on the third. interval, the first one is as the top of the third stria, an the median .and posterior one in the centre of the interval; the first and seconP. striae do not reach further than the supra apical puncture. Length 3,5 mm.; width 2 mm. Easily recognised from the other South African species on a account of is more slender facies, which is not unlike. that of a small Abacetus . HAB. : Cape Colony 0Capetown). Il ne s'agit certainem-ent pas .d'un Plocamotrechus. La petite taille, les sillons frontaux profonds, l'existence de trois stries seulement sur les lytres, les tibias antrieurs sans troncature apicale externe (dont I 'auteur parle ailleurs, dans un tableau synoptique) sont autant : de caractrs qui empchent de penser .que 1 doive se placer dans ce genre. Il est probable que le r: aterrimus deviendra le type d'un genre nouveau, peut-tre voisin de Trechosia, dont il a la coloration, les sillons frontaux profonds,, ,la forme allonge du pronotum, mais diffrant par sa, petite qui est celle des Tre chodes, et par une autre disposition des stries. En particulier les stries ne sont pas inflchies en dedans 1 'apex. Trec hus (?) ambiguus Pringuey. Trechus ambiguus Pringuey, r8g6, Trans. S. Afr. phil. Soc., VII, p. 58o; type : Stellenbosch (S. Afr. Mus.). Piceous black, shining; :antennae and palpi black; head and prothorax smooth, truncate at pex aHd base, ampliated Iaterally in the anterior part, narrowed toward the base, with .. the, posterior angles projecting; elytra elongto-ovate, smooth,. broader at, the .base than the prothorax at its widest part, and having on each side, ; pa.rallel and close to the ,suture, three :striae,. : the ,:first one only rea ches near:the .. apex, and,the second is. a Httle l.onger th,an

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MONOGRAPHIE DES TRECHINAE 549 under side ano legs piceous. Anterior tibiae not truncate diagonally on the outher apical side. Length 5 mm.; width 2 mm. HAB. : Cape Colony (Stellenliosch) The example I have captured are ail immature, and .it is from stirmise orily tlit: 1 have describe them as piceous lHack; as a matter of fact they are of a livid colour, but the striation of the elytra, as weil as the grooves on the head and prothorax, are very weil defined; Dans le Synopsis of Species n qui prcde cette diagnose, PRINGUEY indique un autre caractre : the third stria sinuate apically >>. Il est possible que cette espce appartienne au genre Trechosia Son pronolum rtrci la bas e sa troisime strie ( ( sinuate api cally n (ce qui signifie probablement inflchie en dedans l'apex n). sa taille rappellent le Trcchosia s olulilis Trec hus (?) scitulus Pringuey. Trecnu's scitulus Pringuey, 18o6, Trans. S Afr. phil. Soc. V II, p 611; type : Oudtshoorn (S. Afr. Mus.) Black, shining; antennae, palpi and tibiae rufescent; prothorax as broad as long, a little ampliate in the anterior part and sinuate above the base; elytra ovale, a little dep r essed near the base, convex behind, and having on each side five striae, the first t wo of whiche alone reach from base to ap e x, the third and fourth b egin at or near the anterior puncture, and the firth is hardly disti:ac t ; the third stri a has two deep punclures, one at a short distance from the base, the other in the median part; under side piceous black. Length 5 mm., width 2,5 mm. HAn. : Cape Colony (Oudtshoorn) This inte r esting species is very different from the other South African ones; the penultimate joint of the maxillary p a lpi is rou ch more thickened and the ultimate one shorter, and the disposilion of the dorsal striae as weil as the two dorsal punctures is similar to that of sorne species of Bembidium. Ailleurs, dans s a d es cription du T rechus tabulac (18g8, Trans. S. Afr. Mus., X, p. 3 6g), PRINGUEY dit que ce dernier e st (( clos ely allied to T. scitulus, which i t should follow >>. Il sembl e r a it d'a prs c e l a que le T. scitulus s oit un Plocamotrechus.

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550 R. JEANNEL Trechus ('?) laetulus Pringuey. Trechus laelulus Pringuey, 18g8, Trans. S. Afr. Mus., X, p. 368; type : Paarl (S. Afr. Mus. ). Reddish brown, shining; palpi, the two basal joints of antennae and the legs flavescents; head smooth, deeply grooved latcrally; prothorax cordi!orm, slightly broader than long, lateral basal impres sion deep, one deep basal puncture on each sicle of the median longitudinal groove; elytra oblongo-ovate, slightly iridescent, epre ssc and having on euc h sidc five s trinc wh'i c h do not rea c h the apical part and become gradually shortcr; outwarly the firth stria is the shortest of ail and not curve, but al the very apical part of the elylron there is us slight indical iou of the prolongation of the stria; the third inlerval has two conspicuous punctures, a subbasal and a median one; the anterior tibiae are not truncate diagonally. Length 3,G mm.; width 1 I / 3 mm. Belongs of the samc group as T. ate rrimus It i s much more de pressed, smaller and remark.ably Tachys-lik.e in shape. HAB. : (ape Colony : Paarl. Toulouse Ls Fuiues DoucoouRK, imp r. SI-Rome, 39. -lQ2G -G

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50 5(). E. G. RACOVITZA OBSERVATIONS SUR LA GLACIRE NATURELLE DITE GHETARUL DELA SCRISOARA

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UULLE'l'IN DE L1l SOCI'l' DES SCIENCES DE CLUJ, Tome Ill, 2me partie, pages 75-108. 31 janvier 1927. OBSERVATIONS SUR LA GLACIRE NATUREJJLE Dl'rE ,GHE'fARUL DE LA SCARieOARA" par Emile G. Racovitza Directeur de l'Institut de Spologie de Cluj. Reue le 14 dcembre 1926, S o rn rn aire: Introduction (p. 75). Historique (p. 76).-Situation (p. 77). Topographie gnrale (p. 78). -Le gouffre (p. 78). La grande salle (p. 81). La galerie (p. 83) L'glise (p. 83) Colonnes ou stalagmites de glace (p. 84). Stalactites et crotes de glace (p. 97), -Massifs et glace du plancher (p. 98). Lac de l'entre (p. 101) -Givre et argile grise (p. 101) -La temprature (p. 102) Faune ct flore (p. 103) Racontars et hypothses (p. 104).-Cor.clusions (p 104) Cinq fois j'ai visit le Ghetar de (1): les 15 et 16 VIII 1921, le 5 X 1921, le 12 VI 1922 et le 28 VI 1923; j'ai pu ainsi ras sembler un certain nombre d'observations et constater les modifications que l'influence des saisons provoque dans la caverne Ces observations sont certainement insuffisantes pour servir de base un mmoire dfi nitif; elles sont encore trop peu nombreuses et elles manquent de donnes fournies par des mesures de prcision . Si je me dcide les pu blier, c'est pour attirer l'attention sur cette trs remarquable formation karstique et pour numrer une partie au moins des questions que sa structure et son fonctionnement soulvent. Dcrire simplement ce que j'ai vu, grouper les constatations par problmes, indiquer ventuellement les voies dans lesquelles il me semble qu'il faille chercher les solutions et suggrer que ces tudes peuvent avoir une porte scienti fique trs gnrale, tels sont les buts que ce travail se propose. Pour aborder les problmes qui seront Pxposs plus loin, il faut des observations trs longues faites toutes les saisons, des tudes trs minutieuses pratiques avec l'aide d'instruments de prcision. Or les con ditions matrielles pour excuter des recherches semblables manquent compltement dans rgion du Ghetar. Si un chemin de fer (tortillard) vous transport e (sans h!ite aucune) jusqu' lu petite ville de Cmpeni, il faut louer (trs cher) une charrette (1) Prononcez; Ghetzar de Scrisch o ara,

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76 E. G. RACOVI1ZA pour arriver {moulu) Ghrda, aprs un parcours de 27 km . sur une route (dfonce) qui longe la pittoresque valle de mare. En suite plus rien de carrossable ; on enfourche {au prix fort) un petit cheval de montagne au pied sr et au harnachement itnprovis, tandis que les bagages, ligots de faon inadquate, s'agitent dsesprment sur les quids de charge. On gl'impe dans cet quipage pendant deux heures, le long d'abruptes sentiers, it travers de beaux paysages boiss, jusqu' la maison du garde forestier de prs laquelle est le Ghctat. Pour se loger, une grange spare de la porcherie par une cloison non tanche; aucune ressource alimentaire, pas mmc de l'cau en automne. On comprend que dans ces conditions un sjour prolong et des tudes scientifiques de longl.le haleine sont impossibles. Pour facilitet aux touristes la visite de cette trs belle rgion et pour permettre aux naturalistes d'y sjourner pour leurs recherches dans des conditions suffisantes, je m'elforce d'obtenir la construction d'une maison de garde et d'une maison de touristes Ces deux constructions sont commences; je compte que le prsent travail aidera susciter les concours ncessaires leur achvement et installation. HISTORIQUE. Le Ghetar de est situ dans une r gion habite, proximit d'un sentier trs frquent par la population autochtone de la rgion, les Moti {Motzi) ; il a d tre connu de tout temps pour ainsi dire. La neige, qui persiste en t dans le gouffre d'entre, est d'ailleurs exploite souvent par les habitants de la rgion, privs d'eau sur le plateau karstique de dans les annes de scheresse. De nombreuses relations d'excursions le mentionnent depuis une centaine d'annes; il n'y a pas lieu d'en tenir compte d:t.ns ce travail prliminaire. Par contre plusieurs travaux caractre scientifique seront mentionns plus loin. ScHMIDL (1863) publia une description succinte, accompagne d'un plan et de deux coupes que je reproduis en les compltant (fig. 1) La rputation de savant consciencieux de ce gographe est si bien tablie, que je me suis dispens de vrifier les mesures qu'il donne des diverses T.'gions de la grotte; je les ai adoptes en transformant seulement les Klafter et Fuss en mtres. PETERS (1861, p. 435-437) a visit le Ghetar le 15 aotit 1858; il en donne une description fort sommaire, car il dclare laisser ce soin ScHMIDL, mais il ajoute quelques observations qu'il est utile de rsumer ici. L'ge du calcaire est jurassique; les couches sont inclines l' W et SW et leur disposition est suffisamment claire pour indiquer qu'il s'agit d'un "durchsetzenden Schlott" et non d'une ,gewohnliche Kesselbildung". Le plancher de la grotte est form de ,Gletschereis"; il est color

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LE GHETAR DE SCAR1$0rlliA 77 en jaune sale comme son "Aufsatz" que l'on immdiatement cprilme le rsidu transform d'anciennes masses de neige [c'est une cr1em. KG. R]. Les stalagmites de glace ont smtout la forme de massue, la rgion renfle, _en gnral pourvue d'une cavit cupuliformc, situe en haut et forme de cristaux coniques hexagonaux ayant jusqu' 3 cm d'paissem et dirigs sous un angle aigu vers l'axe de la massue. La surface des stalagmites est lisse, non recouverte de couches de glace en formation et compltement sche, quoique le s glaces de l'entre sc trouvent en priode de dgel. Les stalagmites sont entirement en glace, mais les stalactites ne sont souvent que des enveloppes trs grandes de stalactites calcaires trs petites. PETERS a vu sm les parois des Eiskrystallbildungen (c 'est--dire du givre) ayant l'aspect de gigantesques choux-fleurs, mme des petits godes de glace; cependant la forme prd ominante es t celle des cristaux de la neige mais avec des diamtres de ii 10 centimtres ::ur une paissem d'i t peine 110 millimtre. La masse de glace qui forme le planche1 du dme est spare des parois rocheuses pm une fente (Klfle) ayant jusqu' 1 m. de largeur. Son paisseur an hmd atteint 2 m. ct sa structmc est granuleuse comme celle de la glat!c des stalagmit es. Dans la fente et les anfra c tuosits des pa1ois rocheuse:; se dpose une poussire (Mulm) grise jauntl'c, riche en carbonate de fet ct de magnsie, alternant souvent avec les lamelles stalagmitiques et enrobant aussi des ossements de Chauves-souds qui ne se distinguent pas de ceux des espces actuellement habitant le Bihar (sic!). II se peut que ces restes proviennent d'individus actuels gars, mais il est aussi trs possible der Dom selbst ais gewhnliche Tropfsteinhohle von Fledermii.usen bcwohnt war, bevor die lledingungen zur dauernden Vcreisung eintraten" [hypothse toute gratuite d 'ailleur'l. K G. H.]. SITUATION. Le Ghetar est situ tout prs du bord du plateau de (ait. env. 1200 m) entam par le ve1sant gauche de la valle de Ghrda saca (ait. env. 8m.). II faut parcourir seulement une faible distance I'W pom a voit vue sur l a valle pou1 apercevoir son versant trtJS inclin mais rgnliet ct pour constater 41ut niveau du Ghetar deux thalwegs affluents de la Ghftrda saci't: pfu anl Dobre!?tilor et prliul Turcii, prennent leur origine pour diverge ensuile. Le versant. est donc drain par des courants superficiels, mais nous verrons plus tard q'il existe au pied du versant, plus en aval, un fort drain age souterrain. Cette situation, tout prs du bord de la vall e n'est pas cxeption nclle ; je pourrais cite1 de trs nombreux cas sembl a bles, dans le Bihar et mme le voisinage im1ndiat. Je n'insiste pas, car l'explication est

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78 E. G. RACOT'JTZA facile trouver. Ces appareils souterrains ont t fors par les mmes agents qui ont creuss les valles en bordure desquelles ils se et ils sont neessairement nombreux dans le rayon d'action de ces forces; ceux qui se trouvaient situs trop prs du thalweg ont t dtruits mesure que la valle s'largissait, mais les autres ont persist, ,suspendus" pour ainsi dire aux flancs des valles et soustraits en partie nux causes actuelles qui modifient ces dernires. Quoiqu'il en soit, une situation comme celle du est trs souvent l'indice d'un grand ge gologique et cette prsomption est for tifie par des considrations qui seront exposes plus loin et par une dduction tire galement de sa situation. Le Ghetar est flanqu au sud par une vaste doline peu profonde et par d'autres dpressions de moindres dimensions; il est situ avec ces dpressions sur une sorte de colline plate, de petit plateau, dont le point culminant est le bord du (env. 1200 m. d'ait.). Une seule colline, dans les environs immdiats, e:;t plus haute (ait. 1316 m.), mais elle est spare du plateau du Ghetar par une dpression karstique drainage souterrain. Il est clair que cette topographie exclut toute pos sibilit de creusement d'un puissant cavernement. Manifestement, le Ghetar est actuellement situ dans un paysage qui est tellement dill'rent de celui qui l'a vu natre que celte transformation a d demander un temps trs long. ToPOGRAPHIE GNRALE (fig. 1). Le Ghetar est constitu par un gouffre parois verticales, au fond duquel s'ouvre une vaste caverne com pose d'une grande salle suivie d'un couloir qui mne une salle termi nale plus petite, qu on nomme ,hi'serica" (l'glise). Tout le plancher de la cavel'lle est forlll par de la glace massive dont on ignore l'paisseur. Nous allons dcrire rapidement ces diverses rgions et mentionner leurs particularits les plus intressantes. LE GOUl'FHE. -Sa forme est sensiblement circulaire; ses parois sont partout abruptes sinon nrticales, le diamtre est d'env. 57 m. et la profondeur d'env. 4B. La paroi ouest est une falaise verticale montrant nu les gros hunes calcaires inclins dans lesquels est creuse la ca verne. Au pied de la falaise est une vote de 9,5 m. env. de hauteur qui donne accs aux souterrains et au-dessus de la votlle s'ammorcent deux grandes diaclases, les ,lignes directrices" de la formation de la Le reste des parois du gouffre prsente des corniches ou mplats sur lesq uels pousse u ne abondnte vgtation dont la distribution est intressante. Comme l'a dj signal BonzA (1918), on trouve sur les paJ'ois du gouffre, cn t ct en pleine floraison, une flore prinlani r depuis longtemps dfleurie l'extrieur,

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LE GHETAR DE SCARlfiOARA 79 La regiOn suprieure du gouffre est soumise aux variations de temprature dues soit l'insolation soit au vent ; par contre, la rgion infrieure est soumise surtout l'influence des masses de glace. Pendant la belle saison, sur une nappe d'air trs froid, flotte une couche d'air tempr, couche plus ou moins paisse suivant la temprature extrieure. Entre les deux couches est une zone de mlange par diffusion, que j'ai estime le 28. V 23 ne pas dpasser 0 m. 50 de hauteur. Sur les parois du quart infrieur de hauteur du gouffre, les vg taux suprieurs manquent ; le froid y est trop considrable et proba blement l'clairement y est trop faible. Sur les trois quarts suprieurs, les Fm. 1. Croquis schmatique du Ghetar de Scri!iioara d'nprs ScmUDL et nos annotations; longueur totale : 160 rn. environ. v= grand massif conique; u =massif g min en forme de t =massif de l'glise en fonne de coul e ; r = largissPment de la rimaye, le gouffre de SciDUDr . Phanrogames se disposent par zones floraison plus ou moins retar de, depuis le pourtour de l'orifice qui n'offre pas de diffrence apr ciable avec l'extrieur immdiat, jusqu' la limite infrieure, en retard de plusieurs mois sur l'extrieur. Les plantes du gouffre sont en gnral plus vigoureuses que les piges probablement parce qu'elles n'ont pas souffrir de la sche resse. La paroi nord est la plus humide et ruisselle dans les saisons pluvieuses; un vaste tapis de Mousses de roches inondes s'est form au niveau de la zone froide, tandis qu'au-dessus, les Phanrogames prennent un beau dveloppement. Je donne titre de renseignement la liste des PP-11nrogames re cueillies par BoRzA (1918 ) les 6 et 7 juillet.

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82 E G. RACOVJTZA Lors de la visite de ScHMLDL en 1857, la salle, le lac, les mas sifs, ainsi que le gouffre, avaient exactement le mme aspect que main tenant, et ia. mme chose peut se constater pour les autres rgions de la grotte. Il ne semble donc point qu'il y ait eu depuis '70 ans de modification, sauf sur un point. ScHMIDL signale gauche du massif conique, (:lt contre la paroi, un abme {fig. 1, r), que la carte figure comme un <>riflee nettement dlimit. L'eau de fonte s'coulerait par ce puits .que l'auteur a sond avec une corde de 19 m. sans atteindre le fond. Aprs son dpart de la rgion, le brigadier forestier H. Kulmer y serait descendu, sur des chelles en bois attaches l'une l'autre, jusqu' 76 m. sans voir le fond. Mais Kulmer dclare avoir fait d'autres remarques qui sont rapporles de la faon suivante: ;,So viel er unter diesen U m standen, an der schwankenden Leiter in der Luft hangend, sehen konnte, (:lrweitert sich der Abgrund nach unten zu, sehr bedeutend und zwar in der Ric:htung der oberen Hohle, deren untere !:!:tage er demnach bildet mit welcher ein anderer Abgrund in der letzten gleich erwahnenden Halle offenbar eben so kommuniziert. Die Wande fand H Kulmer auch in dem Abgrunde bis hinab mit Eis berzogen, und isl der Ansicht, dass der ganze Boden zwischen beiden Etagen also in einer Dicl von mehr ais 40 Klft; a us Eis bestehe ... ". Nous discuterons plus loin les assertions d Kulmer et les objec tions de ScHMIDL; pour l'instant constatons que si "l'abme existe toujours la mme plac, il n'a pas les caractres dcrits et figurs par ScHMIDL. En eftet, en suivant partir de l'entre la paroi de gauche, on voit ; apparatre, entre la glace et la paroi rocheuse, une fente qui s'largit
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LE GH ET Ail DE SCARI$0ARA 83 :actuellement, ce qui est certain c'est que la rimaye existait et que l'auteur a mal interprt ce qu'il a vu. Ce qui est certain aussi, c'est qu'on 'J_)eut sonder dans l'abme de la rimaye une trs grande profondeur sans rencontrer de fond ; en juger d'aprs la chute des pierres, une profondeur de 100 m. et plus, est dans les choses possibles. Sur le plan (fig. 1.) j'ai figur schmatiquement l'extension de la rimaye. Les parois et le plafond de la Salle, comme du reste de la grotte, -sont nues, sans incrustations calcaires mais, en priode de formation de :glace, ils sont recouverts d'une sorte de givre et orns par place de !:talactites de glace. La roche parait luisante et d'un gris clair, teinte qui est due une mince couche argileuse, probablement le rsidu de .)a dissolution lente du calcaire. L'eau qui mouille les parois ne doit pas tre seulement de l'eau de percolation, mais aussi trs frquemment de l'eau de condensation ; l'atmosphre est en ell'et sature d'eau comme 1le montrent nos observations, et la formation du "givre" montre ga 'lement que le processus de condensation, si rarement observ dans les normales, doit agir trs frquemment dans cette glacire naturelle. L'argile grise est lave par le ruissellement et l'gouttement; ame-11e ainsi sur le plancher, elle recouvre 'd'une couche trs mince la sur -face de la glace ,ancienne" dans toute la grotte, et elle tapisse mme le fond du lac de LA GALERIE. Au nord de la Salle est un vaste portail, large d'env. 13 m., donnant accs une galerie d'env. 51 m. de longueur qui d'abord est large de 23 m. et haute de 8 m. env. mais qui vers le milieu se rtrcit et devient plus basse. Sous le portail d'entre, il y a un ressaut d'env. 2 m., ce qui fait que le plancher de glace de la Ga lerie est plus bas que celui de la Salle. A droite du portail, dans le vlafond de la Galerie, est creus un dme trs large qui possde au sommet une chemine troite par laquelle on voit le jour. Par cette -chemine, des pierres et des troncs d'arbres tombent dans la grotte et forment un gros amas d 'boulis. Par la mme voie s'effectue un gouttement actif qui provoque la formation de colonnes de glace au dbut -du printemps et, plus tard, de plusieurs flaques d'eau. Au l)out de la Galerie, le plancher de glace s'abaisse par un ressaut trs fortement inclin qui produit une di vellation d'env. 5 m., et l'on pntre dans une salle arrondie d'em .:30 m. de diamtre, qui termine la grotte. Cette salle est orne des belles co lonnes de glace qui ont fait la rputation du Ghetar; les gens du pays la nomment: Biserica (l'glise). aussi la rgion la plus obscure
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84 E. G. JU.CUV ITZ.4 ScHMIDL a visit le Ghetar en septembre et voici le rsum de la. description qu'il donne de l'glise. Les parois ne sont que partiellement incrustes et partiellement recouvertes de glace ; des corniches et du plafond pendent des stalactites qui sont revtues compltement de glace, ce qui leur donne sou vent des dimensions normes. Le long des marches creuses dans la pente de glace de l'entre,. sont quatre colonnes de glace de 2,9 m. 3,2 m. de hauteur, douze colonnes plus petites s'allignent plus loin, puis vient un petit vallon d'env. 4 m. de large et, au del de celui-ci, est un massif de glace plus. grand sur lequel et autour duquel se groupent 6 grandes et env. 5(} petites stalagmites de glace. Ces stalagmites ont la forme de massue,. l'extrmit largie est creuse au-dessus en forme d'cuelle, souvent si profondment qu'on peut y introduire une petite bougie (sir). La stalagmite la plus haute (env. 3 m.) se trouve au milieu du groupe. A droite et au-dessus de ce massif, est un second massif de glace, plus compact, quatre pointes, mais seulement de 1,30 m. de hauteur et, au-dessus de ce groupe, la paroi rocheuse rouge est tapisse par des bandes de glace transparente, en partie dtaches de leur supporL A gauche sont disposs encore deux massifs surmonts de massues. de glace. Le plancher de l'glise s'incline progressivement vers le fond o s'ouvre un petit puits qui communique probablement avec l'abme de la grande Salle. Cette description de ScHMIDL cadre trs bien avec l'tat actuel del'glise en automne; il est certain que depuis 70 ans il n'est survenu aucun changement essentiel dans la topographie de la grotte ni dans la disposition des massifs de glace. Mais, c0mme nous le verrons, cette prennit n'est pas due la persistance ,statique" d'tats figs dans. l'immo-bilit, mais une volution ,dynamique" d'activits intenses, qui se renouvellent annuellement avec un rythme et des formes semblables. * Maintenant que nous connaissons le Ghetar dans ses divE-rses par ties et les divers dtails de structure qui le caractrisent, nous pouvons aborder un examen plus approfondi de certaines questions qui concer nent son histoire et qui me semblent fort intressantes. LEs CoLONNES ou STALAGMITES DE GLACE. (Pl. II lV). Ces for mations sont dues, comme les stalagmites calcaires, un gouttement prenne. L'eau superficielle absorbe dans sol, arrive par percolation jusqu'au plafond de la caverne o, trouvant une fissure, elle tombe sur le plancher sous forme de gouttes plus ou moins espaces. La voi&

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LE GHE1'All DE SGA111$0ARA 85 une fois tablie, persiste sans modification apprciable pen -dant un temps trs long. On connat la lenteur de formation des stalagmites calcaires et l'on n'ignore pas les dimensions considrables que .peuvent atteindre ces formations; on en dduit avec juste raison que l'gouttement doit ncessairement se faire la mme place, pendant des sicles, sans autres changements que des variations dans la rapidit de chute et dans la concentration des sels dissous. Il en est de mrme pour le plafond du Ghetar. Des voies de per-colation et d'gouttement fonctionnent sans changement notable peut-tre -depuis des centaines d'annes, en tous cas certainement depuis la visite -de ScHtMJDL; sous ces orifices d'gouttement pour ainsi dire permanents, se reforment, toujours aux mmes endroits, les mmes colonnes ou massifs de glace, mais plus ou moins dvelopps suivant que les pr cipitations de ranne ont t plus ou moins abondantes en priode de .formation. On verra plus loin que les colonnes fondent en automne par tiellement ou totalement, qu'elles se cassent, qu'elles se couchent sur le sol ou bien qu'elles sont dtruites par le vandalisme des touristes; l'anne suivante pourtant, on retrouve sur leur ancien emplacement, soU\ent ,greiTes sur les dbris des anciennes, de nouvelles colonnes qui les remplacent exactement. Comme poue les autres phnomnes, on constate pour les colonnes de glace aussi, une naissance, une vie et une mort, histoire: dont l'tude est toujours intressante et profitable; mais avant de rsumer mes observations sur ce sujet, il est indispensable de s'informer sur la :structure de la glace des stalagmites, d'o les observations qui suivent. Le 16. Vlll. 21 (Pl. II) les stalagmites de glace taient peu prs -dans l'tat oil les a vu ScHMIDL en septembre. Les colonnes taient subcylindriques avec, pour la plupart, une tendance prononce la forme de massue. Ptesque toutes taient groupes dans les massifs dcrits par ScHMJDL, c'est--dire: deux massifs, un droite et l'autre gauche de l'entre du thalweg mdian, leur grand axe sur une mme Jigne perpendiculaire l'axe du thalweg; plus loin, un grand massif -droite du thalweg et deux gauche, tous grand axe parallle au thai weg. En outre, quelques colonnes isoles et plusieurs autres ayant la forme de champignons, gros chapeau difforme et pied court. Aucune de ces colonnes ne se terminent en pointe plus ou moins conique comme c'est Je cas chez les stalagmites calcaires; sommet est soit largement convexe, soit le plus souvent lgrement concave, mais dans tous les cas creus par une cavit fond conique, margelle arrondie et bord aminci, saillant et lgrement repli en dedans (v. fig. 5, x et 8); la profondeur en Mait trs variable. C'est dans ces

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86 E. G. RACOVITZA ,cupules apicales" que tombent les gouttements du plafond; ce sont. ces gouttements d'ailleurs qui sont la cause de la formation de la. colonne comme de la cupule. Les cupules taient toutes vides malgr la chute assez frquente qes gouttes, car l'eau percolait mesure dans la 111asse de la colonne dont les paroi_s taient pourtant ,sches w, dpourvues de suintement sur toute leur hauteur. La glace qui forme les colonnes n'est donc pas de la glace ,ordinaire", compacte et impermable; elle doit avoir une structure spciale qui la rend permable et absorbante comme du tissu spongieux; et c'est ce qui se passe en effet. Lorsqu'on examine la surface de la stt!lagmite avec attention, on. remarque qu'elle n'est pas unie mais orne d'un rseau refringent dont les lignes ondules, double contour, dlimitent des ,aires" transparentes (Pl. IV et fig. 3). Si l'on fait fondre lentement un fragment de la. FIG. 2. -Coupe schmatique du sommet d'une colonne de glace .tanche", montrant l'aspect de la cupule apicale remplie d'ean (e), la disposition des couches. de prismes et celle de la rgion cylindrique centrale ct transparente (v). paroi on a l'explication de cet aspect. Chaque aire est la base dl'un cristal de glace plus ou moins conique dont la pointe est dirige vers le centre de la colonne. Les ,aires", qu bases des cristaux, ont des bords plus ou moins: onduleux avec angles plus ou moins arrondis; en ralit, considre& dans leur ensemble, ces bases paraissent tendre ve1s, ou provenir de,. la forme hexagonale. On dirait que leur forme actuelle rsulte du plis sement, la suite rie compression tangentielle, d'une structure antrieure rgulirement hexagonale. Bien entendu, ce que je dis l est pour me faire mieux comprendre et non pour me prononcer sur leur mode de formation. Les ondulations des bords de ces bases ont des angles rentrants ou sortants, en gnral trs largement arrondis, mais frquemment aussi tr& saillants; ces angles correspondent naturellement des plis sur les face& l_atnlles du cristal; le rsultat de ces dispositions est une sorte de ,.pyramide" trs allonge, faces trs compliques, dont les saillants

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LE GHETA.R DE SC.4Rl$0ARA correspondent aux rentrants des voisines et vice versa (fig. 3). Cela forme une masse compose d'lments parfaitement orients et trs solidement articuls, mais non une matire Dcompacte", car les faces des cristaux en contact ne sont pas soudes; entre elles est un espace qui peut tre occup par l'eau ou par l'air suivant les circonstances. Au dbut du printemps, quand la temprature de la grotte est basse et l'gouttement du plafond abondant, les intervalles entre les cristaux capillaires et pleins d'eau ,interstitielle". La paroi de la colonne parait alors transparente et sans structure; elle est de plus tanche, l'eau tant retenue dans les fentes par la force considrable de l'attraction capillaire. ce qui fait que la cupule apicale est pleine d'eau, comme nous le verrons plus loin. Fm. 3 -Figure schmatique destine faire comprendre la disposition et l'articulation des cristaux de glace dans la paroi des colonnes. Si la temprature baisse plusieurs degrs sous zro, l'eau inter stitielle gle galement et la glace parait transforme en une masse sans structure. cassure conchodale. En automne, la temprature de la grotte monte au-dessus de zro, l'gouttement est faible et le rsultat est que les ,pyramides" commencent fondre sur leurs faces, les intervalles entre elles augmentent jusqu' dpasser les dimensions capillaires l'eau maintenant soumise la seule force de gravit s'en coule et est remplace par l'air, la paro i de la colonne n est plus transparente mais translucide blanchtre et a compltement perdu son tanch it; la cupule apicale se vide et l'eau qu'on y verse disparat comme dans une ponge. Quand les cupules apicales commencent il se vider, c'est--dire quand l'tanchit de la paroi faiblit, aussitt deviennent visibles la su rfa ce des stalagtites, les bases intriques des ,py1amides; en automne. leurs bords forment des sillons bien marqus, tandis que leur face libre est lgrement bombe. La paroi de toutes les stalagmites de glace est donc forme parces ,pyramides" ayant des largeurs trs variables et qui se disposent

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88 E. G. RACOVITZA en denx ou trois couches (fig 4) priphriques et con c en t riques d-'en v 2 cm. d'paisseur chacune ; sur le fragment d'une grande colonne il rn 'a mme sembl voir quatre couches concentriques. Le centre de la colonne est form galement de grains ou cristaux, mais structure pyramidale moins nette et disposition irrgulire, non rayonnante La structure que je viens de d crire diffre notablement, du moins en apparence, des autres sttuctures connues de l'eau con g ele: g l ace s de stalactite, de rivire, de glacier, de banquise, de neige, de ver g las, de givre etc. Inutile d'insister sur le trs grand intrt qu'il y aurait l'tudier minutieusement avec tous les moyens techniques dont nous disposons actuellement et en la suivant depuis sa formation, dans toutes ses transformations. Je me propose d entreprendre cette tude avec la collaboration de spcialistes, car de semblables recherches demandent le concours de cristallographes, de physiciens et de chimistes, lorsque la maison du Fw. 4. Coupe sch matique travers la paroi d'uoo colonne de glace, mon trant la disposition de trois couches concent r iques d\ prismes parfaitement orient s (:r., y et z ) autour d'un c y lin dre central v form de .. g rains* i r r gul ire ment agglom r s Ghetar permettra 1 installation d'un laboratoire temporaire ; en attendant voyons la lumire des faits connus, comment nous pouvons nous ex pliquer les ph nomnes dcrits plr s haut. Les cristaux de glace qui forment les colonnes sont q ualifis par PETERS de hexagon a l-konischen lndividuen" or il est impossible q u e ces cristaux soient de vraies ,pyramides", car ils ne pourraient former des couches concentriques dans des parois qui limitent des formes cy lindriques ou renfles en massues c omme celles des stal a gmites; seuls des godes plus ou moins sphriques peuvent tre constitu s par des pyramides ou des coniques D'ailleurs, lorsque l'eau se congle librement" les cristaux qui en rsultent sont toujours des ,prismes hexagonaux dont les bas e s sont paraUlr:s la surface de con,qlation ou autrement dit : dont l a xe opt i que princ ipal est perp en diculaire sur c e tte s urfacP. C e s prismes s e comportent comme des individus un i que s comme de s cri staux s impl es mais en ralit ils sont forms par un empila ge de mince s pl aq uettes h e xa g onale s, de dimensions variables dans le sens nl'!s axes optique s secondairt>s mais toujours

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LE GHETAR JJE SCAJUSOAUA 89 trs rduites dans la direction de l'axe optique principal, plaquettes qui constituent la vritable unit cristalline de l'eau et dont la prsence dans les ,prismes'" est dcle sous forme de "stries dP Forel" quand, par suite de circonstances favorables, les bords des plaquettes forment des crtes rfringentes sur les faces des prismes. Les observations sommaires que j'ai pu faire au Ghetar confir ment les donnes exposes plus haut; la glace des colonnes est forme non de cristaux pyramidaux mais de cristaux prismatiques dforms d'env. 2 cm. de hauteur. La base ,priphrique" de ces cristaux est bien dveloppe et souvent trs large, mais la base ,centrale" est plus on moins rduite; elle l'est quelques fois tellement que le cristal semble tre une pyramide. Cet aspect ,pyramidal" est d'autant plus prononc que la courbure de la paroi est plus forte. Quand aux stries de Fore], elles sont hien visibles en automne sur les grands cristaux f n train de fondre. Si J'on refroidit une solution dilue de Chlorure de Sodium, il se forme des cristaux d'eau'pure, tandis que les ,eaux mres" se concentrent de plus en plus, restant liquides jusqu' ce que le refroidissement a at teint un certaine temprature critique, qui pour le sel de cuisine est -22C, et une concentration qui est exactement 23,5% NaCl et 75,50/oHa O. L'eau de percolation des grottes n'est pas de l'eau pure; -c'est une solution aqueuse de Cl, de divers sels minraux (surtout calciques) et de combinaisons (surtout humique). Si les cris taux, qui forment le8 colonnes, sont form d'eau presque pure (plaquet tes de H20 spares par des pellicules d'eaux mres excessivement le liquide inter:;titiel qui occupe l'espace capillaire entre les prismes est une solution dont la concentration doit tre assez grande ; il est donc fort probable que la solution ,interstitielle" doit conserver -l'tat liquide des tempratures relativement basses. Tous les phnomnes dcrits: stries de Forel, variation de largeur
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90 E. G. RACOV11'ZA que l'accroissement priphrique des col.o.nnes se fait par superposition de plaquettes dont la largeur : &ugmente paralllement avec l'augmen tation du diamtre de ces colonnes. La structure de la rgion .cen trale doit tre sous l'influence de la cupule apicale et se former par modification d'un tat antrieijr semblable celui de la rgion priph rique, modifiation qui commence seulement lors de l'apparition de la cupule. Mais mme supposer que les choses se passent ainsi, cele ne nous donnerait point la solution de la difficile nigme que prsente la formation de couches concentriques de mme paisseur, toutes .com poses de cristaux ayant la mme orientation et la mme longueur, et cela comme suite de l'talement, la surface de la colonne, de minces filmes d'eau, ou la suite d'enrobement, dans de la glace d'eau de suin tement et de percolation, de stal11ctites parfaitement coniques et de draperies de formes varies, comme c'est toujours le cas pour les gran des colonnes. Parler de remaniements molculaires, de cristallisations successives, etc., c'est facile, mais ces raisons purement verbales me semblent tout--fait insuffisantes .tudions maintenant l'volution des colonnes ou stalagmites: Le 5. X. 21, cinquante jours aprs la premire visite en cette anne de particulire scheresse, les colonnes ont beaucoup fondu ; il en est de tombes qui ont certainement diminu de moiti Toutes ont leur rseau superficiel trs visible et formant sillon, tandis que la base des prismes et nettement boinbe. Les cristaux se dtachent fa cilement et l'on voit trs nettement que leurs intervalles sont plein d'air; seulement vers la base de la colonne on observe des inclusions intersticielles liquides Les cupules terminales, qui avaient la forme de cnes renverss ou d'entonnoirs sans tube, ont subi une transformation considrable ; : l'gouttement du plafond les a creuses au centre, de sorte que les colonnes sont pourvues le long de leur grand axe d'un tube (fig 5) qui les traverse jusqu' la base. Ce tube central n'est pas un cylindre rgulier ; il prsente des rgions largies ou rtrcies et, par place, des. crtes recourbes vers le bas. Mais les gouttements faibles ne percent pas la cupule, comme c'est le cas pour les trs petits stalagmites {fig. 5, x) souvent greffs sur les gros. Les colonnes ainsi amincies et creuses en leur milieu, finissent par se coucher sans se rompre; des fragments allongs de leur : parois. ,plient", sans se fendiller, avec un crissement trs caractristique. H arrive ainsi que des colonnes se couchent sur leurs voisines et se soudent avec elles. C'est de cette faon que naissent, comme on 1& verra, les ,massifs" ou ces "apophyses horizontales r unissant deu x colonnes, dont on ne peut s'expliquer, premi re vue, la formation

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LE GHET AR DE SCARI$0ARA 91 Dans le massif de gauche, l'entre du thalweg, une grande co lonne s'est couche sur sa voisine; prenons-en note car nous verrons ce qu'il en est advenu l'anne suivante. Comme lors de la premire visite, et malgr la fonte considrable des colonnes (jusqu' plus de moiti), le nombre des formes en massue dpasse de beaucoup celu i des formes irrguli rement cylindriques. Les stalagmites basses et trapues en forme de champignon n ont pas chang de forme et tr s peu de dimension. FIG 5. Forme typique que prennent les colo nn e s de glace en automne, vers l'il fin de la p riode de o nte (5. x. 1921). z = cupule apicale transform e en un entonnoir pourvu d'un tube q ui arrive jusqu' l a base de la colonne; x= petite sta l a gmite greJTe sur la grande et dont la cupule apicale a t transform e galement en entonnoir, mais d pourvu de tube. Le 12 VI. 22 (PI. III, fig. 6) l'aspect des stalagtites de glace est trs modifi. Mentionnon::; d'abord que sous la chemine de l'entre de la Galerie, il existe maintenant un groupe de stalagmites de glace ayant exactement la forme et la structure de celles de l'glise, mais beaucoup plus petites: 20 80 cm Elle reposent soit sur les boulis soit sur les branches d 'arbres; dans ce dernier cas, la branche est recouverte d'un manchon de glace sur lequel est soude la colonne. Ces colonnes nais sent comme les autres pendant la priode de formation mais elles fondent trs rapidement, de sorte qu en t elles ont compl tement disparu Les colonnes de l glise se sont refaites sur les anciens emplace ments, mais les unes sont restes petites tandis que d'autres ont pris des dimensions considrables. Les massifs ont beaucoup augment de. volume mais leur forme et leur orientation sont restes les mmes.

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92 E. G. RACOVJZ'ZA Les colonnes principales, celles riges sur l 'emplacement d es .anciennes grandes colonnes, sont trs hautes, jusqu' 3 m. et plus. Mais il est de petites stalagmites que je n'avais pas vu l'an dernier; ii est possible qu elles disparaissent tr s tt, ou qu elles ne .se forment pas dans les annes de scheresse. Il doit, en effet, exister des systmes qui fonctionnent a:vec un minimum de press i on h y d rosta-B Fw. 6. --Deux colonnes du typ e .juin 19 22. form e s sur les res tes de leurs devancires de 19'21. A= colonne plus courte, forme sur le s o mmet de la colonne B 1921 couche sur ce qui restait de A 1921; B =colonne 1922, plus grande, fixe sur la courbure de sa devancire B 1921, mais exactement: l'apl o mb de sa hase. tique, donc tous les ans, et d'autres qui se mettent success ivement en activit av ec l'augmentation de cette pression, donc irrgulirement et non annuellement. La colonne qui l'an dernier s'tait couche, sans se rompre sm le ft moiti fondu d'une colonne voisine, formant ainsi une sorte de "banc", existe toujours (fig 6), mais sur les deux e x trmits du banc s'rige nt maintenant deux colonnes nouvelles, d a t ant de cette anne, et remplaant exactement les anci e nnes puisque leur fts repo sent parfait e ment d'a plomb sur le s anciens socles; l'une d'elle atteint 2,5 m. d e hauteur. Sous la colonn e couche de l'anne dernire, pendent -des stalactites de glace transparente et sans structure visible.

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LE GHETA11 DE SCAW.SOA11.4. Mais toutes les hautes colonnes ne sont pas des noformations; il en est qui sont des ,restaurations" : sur des vestiges de stalagmites de 1921 rests debout, se sont difies les colonnes de 1922. Quoiqu'il en soit, les colonnes neuves ou les restaures sont d autant plus en forme de massue qu'elles sont plus hautes. sont de plus transparentes comme du verre et laissent voir la bougie au travers; nous savons maintenant pourquoi : les interstices de leurs cristaux sont remplis d'eau. La structure de leurs parois est in visible, mais il suflt d'en fondre un petit fragment pour faire apparatre les prismes habituels. Il va sans dire que ces colonnes n ont pas de tube central, mais leur cupule apicale est vide, ce q u i montre que le processus des interstices des cristaux a dj d but et qu'un commencement de percolation s effectue travers leur masse. Ma dernire visite date du VL {Pl. III fig r>). l)uoique plus tardive dans la saison que celle de J'anne dernire, elle m'a permi de constater a u point de vue de l'()volution de la glace dans la grotte, des stades plu s prcoces; l'hiver fut t r s neigeux et Je printemps trs tar dif donc, comme consquence, grotte plus l ongtemps fro i de et beaucour> plus hum ide. Pr1:s du p r emier re ss aut du pla ncher l'entr e de l a Galerie, se dressent deux colonnes qui n'existaient pas les autres an nf\s mais, sous la chemine, le petit groupe de colonnes de l'anne dernire s'est reconstitu sur les boulis et sur les mmes branches d atbres. Dans toutes les formations de glace que nous connaissons sont leur place habituelle, mais quel changement dans l' aspect! Les colonnes, a u lieu d avoir la forme de chandeliers" comme en aot 1!)21, .ou la forme de massues symtriques comme en juin 1922, o n t l a forme de ,spectres" draps ; elles sont trs massives, surface irrgulire, et. coinpltement asymtriques, tous leurs sommets tant dverss, en eJTet, du m me ct, qui est celui de l'entre de la g rotte. Je reproduis (fig. 7) un croquis du massif de gauche de l'entre du thalweg mdian, tel qu'il se prsentait en Hl23. Il semble que cette figure repr s ente quelque chose de tout it fait diffrent que l a fig. G. Or les colonnes marqu es A et B dans les deux figures sont les mmes ; quand au ,banc", la colonne couche de i921, elle est compltement empte par des formations varies de glace et fait corps avec le massif, mais j'ai parfaitement pu en reconnatre le contour tr s fortement estomp Cette histoire nous permet de comprendre comment se forment et comment voluent les "massifs" et les colonnes qui les surmontent, ou du moins, une des possibilits de cette formation et volution car on ne

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'94 E. G. RACOVITZ.1 peut exclure priOri l'ventualit de modes diffrents. (Juoiqu'il en soit, la visite de 1923 m'a fourn: d'autres indications dont je puis abrger l'expos en me servant de croquis (fig. 7 9 et Pl. III). Les formes ,spectrales" A et B sont les plus caractristiques pour les grandes colonnes de massif; la forme trapue (fig. 8) est celk adopte A. ) ( _/), FIG. 7. Rgion mdiane du rnas::;if gauche de J'entre du thalweg) repr;;;enl sur la photo planche III, figure 5. Les colonnes A et B ont la forme ,spectrale" pour l'anne 1923, au dbut de la priode de fonte (28. VI. 23). et B 1923 se sont formes sur les restes de leur devancires A et B 192:J (fig. 6). E, F, D et C stalagtites qui, cause de leurs faibles dimensions, fondent com pitement en automne, mais qui dans l'ordre numr reprsentent des stades sucees sifs de la formation et de l'accroissement des stalagmites. par les bornes isoles riges entre les massifs, les formes C F et fig. 9 sont des galbes de ,jeunesse" des st1lagmites, qui peuvent d'ailleurs s'arrter ce stade si l'gouttement cesse, mais qui ont bien des chances de rapidement disparatre en priode de fonte. Les petites stalagtites C F sont symtriques. Les plus petites (D F} sont compltement transparentes et leurs parois ne montre aucune structure, ce qui n'est certainement qu'une simple apparence.

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LE GliETAll JJE SCAl/1.)0.4/lA La srie E, F et D montre comment dbute la formation des C'Olonns, du moins comment s'effectue un des modes d'dification s'il en est plusieurs, ce qui priori est possible. Le dbut est une petite borne ovode (!<.:) qui, ds qu'elle est assez large, sert de support un second ,uf" plus large que le premier (F); puis se forme un troisime ,uf" qui dpasse aussi son prd,!esseur en diamtre (D), et ainsi de suite. La augmente ainsi en et prend de plus en plus la forme .de massue. Au bord des parties renfles, qui par consquent sur !l Fw. 8. Slalagtite isole, de forme basse et trapue (Champignon), forme sous 'lm gouttement abondant tombant de trs haut ct manifestement constitue en majeure partie par l'emptement de trs nombreuses stalactites. Ces taient trs volumineux le 28. VI. :!3 et seuls pourvus de cupule apicale; ils tai en! trs im-o .Ius en aot et surtout octobre 192 L (voit Planche IY, fig. 7.). plombent, se forment des stalactites qui viennent largir la base de la colonne et l'emptent de plus en plus, mais irrgulirement. suivant la pente momentane qui guide l'eau tombant du plafond. La borne de la fig. 8 .reprsente un tat avanc de ce stade, car elle est dj pourvue de :Cupule apicale et elle possde une forme tendant vers la ,spectrale". Il n'est donc pas difficile de s'expliquer l'aspect et l'asymtrie de la forme ,spectrale"qui est la forme des gouttements trs abondants ; ce que je rn 'explique moins c'est la raison pour laquelle toutes les .stalagmites spectrales ont lem sommet dvers dans la mme direction :{jui:est celle de l'entre de la grotte. On dirait que ce sommet est ,attir
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9f} E G. ll.4.CO V 11'ZA. extrieure pntre jusqu'au fond. Bien entendu ce que je di;=; l n'est qu'une simple mtaphore; l'orientation stricte de l'asymtrie doit avoirdautres causes que, pour l'instant, je ne vois que sous forme d'hypothses sans preuves, aussi je m'abstiens de les exposer. Une .jeune" colonnE', plusieurs rgions ovodes superposes, mais n'ayant pas encore de cupule apicale, possde un aspect que j'ai essay de rendre par un croquis (fig. 9). Le sommet et !es rgions Fw. 9. Stalagtile jeune i1 trois renflements. v= regiOn largie structure apparente (surface chagrine); u = r"gion rtrcie transparente; t =calottes internes de glace buleuse. renfles laissent voir la structure de la glace, c'est--dire les aires irrgulirement hexagonales que nous connaissons bien et qui dmontrent que la paroi est dj forme de prismes disposs concentriquement; la surface de ces rgions renfles parait donc finement chagrine. Entre ces rgions renfles structure apparente, sont des rgions trangles compltement transparentes mais, en clairant leur surface convenablement, on voit qu'elle est galement chagrine. En effet, ces rgions transparentes ont la mme structure que les autres mais elles ont les interstices de leurs prismes gorgs d'eau, tandis que dans

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LE GHET AR DE SCARI$0ARA. 97 es rglons structure apparente, l'eau commence s'vaporer dans la rgion priphrique des A travers la glace transparente des regwns rtrcies, on aperoit des sortes de calottes coniques formes par une glace buleuse blanche (fig. 9, x) ayant l'aspect de la glace qui constitue toute la masse ds grandes colonnes; ces dernires n'ont pas de zones hyalines. Une dill'rentiation se produit donc dans la s!alagtite ds qu'elle a atteint une certaine laille ; dans les rgions largies, les interstices deviennent supercapillaires ct se vident, tandis que ce phnomne est retard!) dans les rgions rtrcies ; puis dans la rgion centrale apparaissent des zones de glac\l buleuse qui finir011t pli.r se joindre et par former dans l'axe des grandes colonnes une masse continue. Les cupules apicales se forment seulement lorsque la stalagmite est grande et lorsque son sommet s'est largi, c'est-it-dire lorsqu'elles ont pins ou moins acquis la forme de massue; les petites stalagmites sommet oval:tirc et mme les grandes forms ,spectrales" n'en ont point. A celle dernire visite de 1923, les cupules no sont pas vides eommc aux visites prcdentes; toutes sont it moiti remplies d'eau. Lelll' contom est elliptique et leur forme est indique par la coupe schmatique publie fig. 2. Les bords sont surplombants, la paroi forme, vms le milieu de sa hauteur, un angle sortant dont le sommet' correspond au niveau de l'eau; le fond est plat ct parfaitement horimntal. Si la structure de la glace tait bien apparente dans les parois de la cnpule, par contre la glace qui formait le fond tait parfaitement t1ansparentc, car imbibe d'eau. Le centre du stalagtite se prsentait donc comme occup par un cylindre transparent, surface parfaitement dlimite et s'tendant sur toute la hauteur de la colonne. LES STALACTITES ET LES CROTES DE GLACE.-Ce sont des formations trs phmres; nous n'en avons vu aucune en aot et octobre 1921. Le 12. VI. 22 de nombrEUses stalactites, isoles ou par groupes, pendent au plafond de la grande salle, beaucoup gisent sur le sol, car la fonte est trs active. Le 28. VI. 23, aux mmes endroits que l'anne der. nire, pendent des stalactites mais de dimensions plus considrables. La structure de ces stalactites ne diffre en rien de celle des sta lactites qui se forment en surface, en hiver, au bord des toits. La paroi du fond de l'glise tait compltement dpourvue de glace en amt et octobre 1921, mais. en juin 1922 et 1923 elle tait compltement tapisse de crotes de glace plus ou moins paisses; je n'ai observ qut cet endroit de ces vasles enduits de glace.

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. a. tiAovl'tzA MASSIFS ET GLACE DU PLANCHER. Trois massifs de glace quables sont signaler: dans la grande salle le massif conique de gauche, celui gmin du fond et, dans l'glise, le massif en forme de coule de lu paroi de droite (fig. 1, v, u et t). Ces massifs sont permanents, mais ils augmentent au dbut de l'anne et diminuent en automne sans changer de forme car ces vicissitudes n'intressent que les couches superficiellrs On u v que ScHMIDL en 1857 les a vu tels qu'ils sont encore actu ellement, et avec des dimensions semblables. J'ai dit que le plancher de toute la grotte c:;t entirement form par de la glace compacte et d'une seule ,coule", glace qui remplit la grande Salle d'une nappe horizontale, qui se continue avec un ressaut de 2 m. dans la Galerie qu'elle comble galement en formant un planctler uni, mais faiblement inclin vers le fond et qui, par une pente firternent oblique de plus de 5 m. de dnivlation, s'tale dans l'glise pour en former toul le plancher. Cette disposition du plancher est encore telle que l'a vue ScHMIDL et c'est bien extraordinaire. Le profii d'un glaCier est fonction du profil de son lit et, s'il est plus ou moins constant pendant une longue priode, c'est que le s accidents du profil se reforment constamment plus ou moins semblables car le glacier coule, mais la glace du Ghetar ne coule pas, et elle est trs pais.se; d'autre part elle s emble soustraite compltement aux variations climatriques actuelles qui sont trs considrables. Il faut donc conclure que les accidents invariables du profil de son plancher s ont dus de s ,causes historiques" et qu'ils sont l'abri des atteintes des ,causes actuelles" en un mot: que nous avons affaire de la glace fossile, et c'est bien cette conclusion que nous amnera la suite de cette tude. Quoiqu'il en soit, en aot et octobre 1921, mas sifs et plancher s e montrrent forms uniquement de "vieille glace" c'est--dire d'une glace tran::;lucide mais non transparente, buleuse, forme de grains ou cristaux semblables ceux qui forment les parois des colonnes mais plus irrguliers, de dimensions plus ingales et moins allongs. Tout le plancher est recouvert d'une couche continue, mince, d'argile grise mlang e par place des d bris vgtaux ; cette couche diminue d'paisseur vers le fond de la grotte, mais recouvre galement la surface des massifs et le fond des lacs et flaques d'eau. On a vu que cette argile est le rsidu de la dissolution du calcaire des parois par l'eau de percolation et surtout de condensation; nous reviendrons plus loin sur cette question. Rappelons au:-;si que le plancher de glace ne touche la paroi qu'en quelques endroit:;, l ot'l se sont forms de s coul e s ou des massifs de glace; partout ailleurs il existe une ,rimaye" plu s ou moins large.

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LE GlfET{lR DE SCARI$0ARA 99 La escription qu'on vient de lire ne s'applique parfaitement qu' l'tat de la grotte en automne. Au dbut de l'anne et immdi atement aprs la priode de formation de la glace, l'on constate des faits nouveaux et trs intressants. Le 12. VI. 22 les massifs ont augment de volume sans changer de forrr.e, la paroi du fond de l'glise, nue en automne, est carapaon ne de glace, et la rimaye est plus troite sur tout son parcours. Le plancher, dans toute la grotte, est recouvert d'une couche de glace transparente comme du verre, de 8 10 cm. d'paisseur qui ne montre aucune structure apparente. Examine de prs, elle est sem blable la glace qui se forme, en surface, sur les flaques d'eau, mais plus pure, sans bulles ou autres impurets ; son tude est d'ailleurs encore faire. Cette conche continue est plus paisse dans la Salle que dans la Galerie et plus mince encore sur le plancher de l'glise; elle couvre galement les massifs et est cause de cette augmentation de leur volume que j'ai mentionne. La surface de la ,jeune" glace est mouille par une trs mince couche d'eau liquide Au tr.avers, par transparence, on aperoit la couche d'argile grise tale, avec ses dbris de toutes sortes, la surface de la vieille glace; j'y reconnais mme un de mes tuis tubes que j'avais perdu l'anne dernire. Le 28. VI. 23 il est manifeste que les suintements ont t plus abondants dans la grotte que l'anne dernire. Les massifs me semblent encore plus volumineux, la paroi du fond de l'glise est compltement couverte de glace, mais la rimaye me semble de mme largeur que l'an dernier en tout cas peu rtrcie. La couche de ,jeune glace" sur tout dans la grande Salle, est plus dveloppe car elle mesure de 10 15 cm. d'paisseur; sur la grande pente de l'entre de l'glise, elle est toujours trs mince. Dans la grande Salle, par place, la surface de la jeune glace est creuse de ,gomsa (fig. 10), de 1 ou 2 cm. de profondeur, fond plat et bords largement arrondis et a pla Lis; les bords forment la surface de la glace un rseau mailles vagueme 'nt hexa ou Les gours sont en gnral pleins d'eau; presque tout le plancher est d'ailleurs couvert d'une nappe d'eau plus ou moins profonde. Bien entendu cette ,jeune glace" est tout aussi transparente que celle observe l'anne dernire. au travers, dans la vieille glace, une fente de 2 cm. de latgeur fente qui part de la grande Salle et qui s'tend au loin dans la Galerie ; la jeune glace forme une couche parfaitement continue par dessus, elle s'est donc aprs )a fente, que je ne mc souvins d'avoir vue l'anne dernire.

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1ou E. G. llACOVI1'ZA De ce qui prcde il rsulte que, tous les ans, il se forme une couche de ,jeune glace" transparente sur la ,glace ancienne grise couverte de son enduit d'argile; en automne, cette jeune g l ace disparat compltement comme disparaissent au:-;s i les de glace, le re vtement de glace de la paroi du fond et la plupart des Les eaux de fonte s'coulent par la rimaye, en l largissant surtout dans les rgions plus dcli\'es m3.is le bord de la s e reconstitue chaque printemps. F w. 10. Structure de la jeune g l ace a nnuelle qui rec o uvr e au p r iulc111ps le pbncher form d e glac e ancienne de l a grande Salle. P = plan schm a ti(jUC d e s .gours qui ornent l a s urface. G = coup e sc h mai
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LE GHET AR DE SCARI$0ARA i01 LE LAC DE L'gNTRE. Le 16. vm. 21 ce lac, dont la" cuvette est entirement creuse dans la glace et que ScHMIDL a dcrit, avait 20 cm. de profondeur. Le fond tait couvert de l'argile grise qui recouvre partout l'ancienne glace et en plus de pienes et dbris vgtaux di vers. Je n'y ai pas observ de faune macroscopique mais le fond et les dbris immergs taient teints en vert par une abondante vgtation d'Algues infrieutes. Mme tat le G. X. 21 ; la temprature de l'eau est de 008 C. Le 12. VI. 22, le lac avait augment de surface et diminu de profondeur, mais de faon trs spciale. La masse d'eau que nous avions trouve liquide en octobre 1921 ainsi que le fond argileux et la vg tation d'algues, taient compltement gels. A travers une couche de glace de 10 15 cm., on apercevait distinctement la vase grise et les dbris recouverts de leur vgtation parfaitement verte et cer tainement encore vivante. Au dessus de l'ancien lac, compltement gel, s'tendait une nappe d'eau de 5 6 cm. de profondeur, dpour vue de vgtation et ne contenant que de tr!> petits Oligochtes et Nmatodes. Le 28. VI. 23, le lac tait dans l'tat dcrit plus haut, seulement plus fortement gel; il n'y avait plus qu'une trs mince couche d'eau liquide sa surface LE GIVRE ET L'AnGILE GRISE. -Les parois rocheuses de la grande Salle et de la Galerie par'iissent grises et luisantes ; on n'y trouve pas trace d'tre vivant et l'aspect est trs diffrent de celui que prsentent les parois des grottes ordinaites. Les parois brillent parcequ'elles sont dllempes, mais celte humidit n'est pas de celles dues aux &nintements habituels des parois de cavemes; elle est produite pat un enduit continu ct fort mince d'argile gl'ise imbibe d'eau. Qne cette argile ne soit autre chose que le rsidu de la dissolution de la roche calcaire, cela est certain, mais qu'elle forme un enduit dtremp continu el uniforme, reste. expliquer, cal' le suintement ne prend jamais, ni ne peut ce caractre d'uniformit et de continuit dans toute une vaste grotte. Je pense avoir trouv cette explication dans le phnomne de condensation, rate dans les grottes ordinaires, mais pour ainsi dire normal dans le Ghetar. D'&bord l'atmosphre du Ghetar doit t"tre constamment sature de vapeur d'eau; nous avons trouv le 16. VIII. 21, 100% pour l'humidit relative (therm. sec. 008 C, therm. hum. 0 C.) et le 5. X. 21, 98% (therm. sec. 008 C., therm. hum. 0 C.). Puis le 28. VI. 23, toutes les parois de bas en haut taient recouvertes de givre petits cristaux massifs et cela sm 3 4 mm. d'paisseur. Ce givre tombe sur le sol o il forme une lgte couche neigeuse.

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102 E. G. RACOVJTZA Pour qu'il y ait formation de givre, il .faut taul:l atmosphre temprature infrieure 00, trs humide et contenant en suspension des gouttelettes d'eau l'tat de surfusion; ces conditions, demandes par la thorie actuellement admise (et peut-tre un peu simpliste) de la formation du givre, existent au dbut de l'anne dans le Ghetar. Quoiqu'il en soit, c'est un phnomne de "condensation" au contact de la paroi; l'eau est tire de l'atmosphre et non de la roche, et l'on conoit que cette condensation puisse se faire uniformment et su toutes les parois de la grotte. On peut se demander si le givre est la seule source d'humidit des parois et, dans ce cas, pourquoi l'enduit d'argile ne sche pas pen dant l't, quand la temprature de la grotte est au-dessus de oo ct que le givre ne peut plus se former. Une solution certaine ne peut tre donne cette question, faute d'observations prcises mais il me semble qu'on peut proposer comme rponse d'abord, que l'atmosphre du Ghetar est trs probablement sature de vapeur d'eau toute l'anne et que par consquent, si une vaporatio!l est possible, elle doit tre trs lente. Ensuite je crois que la condensation sur les parois, mais sous forme liquide, peut avoir lieu mme quand il fait trop chaud pur qu'il se dpose du givrE\. J'ai observ dans certaines grottes, dans le voisinage de l'entJe, de grandes tendues de parois compltement sches mais uniformment couvertes de petites gouttelettes d'eau; des brindilles, ou des papillons, fixs ces parois, taient galement couvert:; de sembla bles gouttelettes. Il s'agissait l, sans erreur possible, d'un phnomne de condensation et non de suintement. Les circonstances dans lesquelles se produit le phnomne n'ont pas t tudies, mais il est probable que celte condensation liquide s'effectue rgulirement dans le Ghetar et qu'elle entretient l'humidit des parois au point de les faire s'goutter et de rpandre par ce moyen l'argile grbe. dans toute la grotte. LA TEMPll.ATURE. -.Je n'ai malheureusement qu'un petitnombre de donnes thermomtriques. Le 15. VIIJ. 21 l'air au fond de l'glise a 102 C.; le 16. VJIJ. 21 l'air au fond du gouffre a 102 C. et au fond de l'glise oos C.; le 5. X. 21, au fond de l'glise, l'air est oos C tandis que l'eau d'une flaque est 003, mais l'eau du lac de l'entre est 0t3 C.; le 12. VI. 22 l'air au fond de l'glise est 007 C., et sous la vote d'entre de la grotte 102 C.; le 28. VI. 23 l'air a fond de l'glise oscile entre ,001 et 002 C. Malgr le petit nombre de ces observations, on peut en d duhc un cettain nombre de constations intressantes. La tempratme du Ghetar, comme celle de toutes les grottes d'ailleurs, est variable, mais les variations ont une faible amplitt.Jde de

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ttt GilEt AR DE SCARI$OARA juin octobre, environ 10 C. De juin octobre la temprature est constamment positive et se maintient aux environs de + l o. Elle doit se maintenir ce chiffre tant que la temprature extrieure ne descend pas plus bas; lorsque l'air extrieur est plus froid, il doit ncessairPment se dverser par le goullre et chasser l'air plus chaud de la grotte. Les tempratures trouves en octobre doivent donc s'interprter de cette manire. La temprature hivernale influence donc direct(\ment ct im mdiatement la temprature dans le Ghetar, mais cette influence cesse ds que la tempratu1e extrieure minima dpasse + 1 o C. Ce qui se passe avec le lac est trs remarquable. L'eau contenue duns cette cuvette de glace est 0 C., ce qui n'est pas tonnant puisque le soleil peut dire<:tement, en t, chaull'er l'argile et les dtritus tals sur le fond. Mais comment se fait-il que ce lac ne s'approfondisse pas par fusion de la glace ,ancienne" qui en constitue tout le fond? On pounait croite que sa profondeur augmente en l pour tre ra mene en hive1 au niveau antrieur mais, comme on l'a vu plus haut les choses ne sc passent pas ainsi. Le for1d proprement dit, celui qui est couvert d 'argile et situ 20 cm. environ au-dessous du niveau du plancher de la Salle, ce fond se maintient la mme hauteur. Si cc n'tait pas le cas, on trouverait au fond du lac une stratification de couches de glace alternant avec des couches d'urgile, or cc n'est pas ce que l'on constate. Il se passe donc avec le lac C<3 qui se passe avec tout le plancher de la grotte: sur le fond c1eus dans la glace ancienne et invariable, se forme en hiver un couche de jeune glace qui fond en t. FAUNA et FLORE. -Il va sans dire que le Ghetar prsente de mauvaises conditions d'existence dans sa partie souterraine. Les parois, cause de leur enduit dtremp et de la frquence du givre. ne sont pas habitables et le lJlancher ne l'est pas non plus. Pourtant sur des fragments ligneux nous avons trouv des Champignons et sur la paroi du fond de l'glise, qui a un rgime spcial, comme on l'a vu, nous avons trouv des Araigne:; et le Pholeuon proserpinae glaciale J EANN. assez abondant. Bien entendu, ces animaux :;ont introuvables quand leur habitat est tapiss de glace, mais en automne, lorsque la paroi montre la roche nu, on voit les Coloptres circuler avec une lenteur in habituelle sur les parties de la paroi couvertes d'argile rougetre; cette paroi suinte en effet et se comporte, et se corrode, comme les parois des grottes ordinaires. N ous avons mme vu des Pholeuon circuler !;llr la glace, ca1 la basse temprature, pourvu qu'elle ne soit pas de fa<:.on permanente sous oo C., n'emp che pas la colonisation et la formation de faunes et flores spciales.

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i04 k. a .RA.covitiA J'ignore ce que deviennent les animaux pendant la priode de conglation, c'est--dire de novembre jusque peut-tre en mai, ni comment se fait leur dveloppement, ni o s e tiennent les larves. Jttudier srieusement cette biologie serait du plus grand intr t, et tout aussi intressante serait la biologie des vgtaux et animaux qui peuplent le lac de l'entre. Nous n'avons pas vu de Chauves-Souris dan s la grotte. ScHMJDL prtend que Die Vorhalle dient allerdings noch jetzt diesen Thieren zum Aufenthalte" ce que nous n'avons pas remarqu. IL dclate avoir trouv des ossements de Chauves-Souris dans l'argil e des rimaye s de l'glise, ce qu'il explique par des individu s gars, morts dans l'glise "ausser es ware eine Tropfsteingrotte und als solche der Aufenthalt von Chiropteren gewesen, e he die dauernde begann". Telle que je me figure l'histoire du Ghetar, cette dernire h ypothse nous renvoit il des priodes gologiques trs loigne s et ces ossemr.nts, d'ailleur s non dtermins, pourraien t ne plus appartenir aux espces actuelles. HACONTARS ct HYPOTHSES -Sc:Hl\IIDL dclare qne la glace com mence it fondre en aollt, ce qui est parfa itement inexact puisque djit en juin la temprature de la grotte est audessus de
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LE GJIETAR DE SCAlll$0ARA 105 J'ai longuement discut du Ghetar avec les Mo\i qui vivent dans les environs et, outre une amusante collection d'histoires et de lgendes, j'ai not les dires suivants qui me semblent dignes de crance: De grandes quantits de neiga s'accumulent dans le gouffre par les hivers trs neigeux, mais sans jamais le remplir; l'entre de la grotte se montre toujours dgage compltement et l'on voit travers que la neige ne pntre pas dans la salle. Si l'on ne frquente pas la grotte en hiver, ce n'e st pas parcequ'f'lle est inaccessible, c'est par crainte des avalanches. Il n'y a jamais de vritable inondation dans la grotte; le lac prend plus ou moins d'extension et l'eau s'tale quelques fois sur presque tout le plancher de la Salle, mais on peut toujours faire le tour de cette salle pied sec. Nous avons vn (p. 82) que le brigadier forestier Kulmann, qui prtend tre descendu iL 75 m. de profondeur dans la partie largie de la rimaye de la grande Salle, estime l'paisseur de la glace plus de 76 m .. ScHMIDL dit avoir mesur cette paisseur dans les rimayes de l'glise et l'avoir trouve de O,H3 1,26 m. sur les cots et d'env. 3,16 m. dans le .,puits". Il ne croit pas au r-hiffre indiqu par Kulmann pour l'paisseur du plancher de glace de la Salle, mais il n'indique pas les raisons de ce scepticisme. En somme nous n'avons aueune donne certaine sur la quantit de glace ,ancienne" qne le Ghetar cache dans ses flancs. Il faudrait effectuer des sondages et aussi une descente dans l'abmeQ de la grande Salle, mais ce sont des oprations trs coteuses, qui demandent une prparation srieuse ct un outillage encombrant; je compte nanmoins les entreprendre quand j'en aurai les moyens. C'est aussi Ja seule manire de vrifier l'assertion de Kulmann que, sous le plancher de 76 m. d'paisseur de la grande Salle il existe un tage infrieur form par une salle vide", disposition tout fait invraisemblable et impossible concilier avec ce que nous connaissons maintenant de prcis sur le Ghetar. Pour qu'une si grande caverne ,vide" puisse exister au fond, il faudrait que l'eau de ruissellement et l'air froid tl'Ouvent une voie d'coulement trs facile, mais dans ce cas il n'y aurait plus de .glacire" possible. Il est prpbable que l'assertion de Kulmann repose sur une mauvaise interprtation de ce qu'il a vu dans de trs pnibles conditions d'ailleurs. Il est descendu dans l 'largissement d'une rimaye continue, en s'imaginant qu'il explorait un .puits", et il a d prendre la rgi0n infrieure, peut-tre largie, de la rimaye, pour une salle. Quoiqu'il en soit, il est certain que l'paisseur de la glace doit tre trs considrable, de la valeur de plusieurs dizaines de mtres, notam ment dans la grande salle,

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106 E. G. RAC0Vl1'ZA Les habitants du pays sont unanimes prtendre que les ,eaux" du Ghetar s'coulent dans la rivire Ghrda sacli, au lieu dit Cotetul par un groupe de rsurgences qui seront dcrites dans Biospeologica (numration des grottes visites, 7mc srie) et qui sourdent environ 400 m. plus bas en altitude. Cette assertion ne repose que sr des dductions ,topographiques"; le Ghetar est situ comme nous l'avons vu, au sommet du versant gauche. de la valle de Ghrda sadi. et les ,sources" de se trouvent au-dessous, au niveau de la rivire. La croyance des indignes n'est pas justifie. D'abord les ,eaux" du Ghetar, d'aprs ce que nous en savons de positif, ne reprsentent pas un volume suffisant pour alimenter les ,sources" considrables de Ces ,eaux" doivent filtrer, percoler, et non couler, car autrement il n'y aurait pas de glacire; s'il n'est pas ncessaire qu'une glacire soit contenue dans une caverne -impermable, il fat nanmoins que le fond ne puisse pas communiquer avec l'extrieur largement et facilement. Enfin la temprature des exsurgences de est de 702, 707 et 708 C. ce qui exclut toute provenance ,directe" des enux de fonte du Ghetar; cette temprature est la temprature normale des massifs de la rgion. S'il existe rellement une ,source" alimente par le Ghetar il faut la chercher parmi les exsurgences des environs temprature anormalement basse, s'il en existe. D 'autre part il se peut fort bien que les ,eaux" du Ghetar s'vacuent seulement par percolation et se mlent aux infiltrations en prenant petit petit la temprature du massif et en contribuant grossir des sources actuelle ment non repres et, peut-tre, mme celles de La topographie de la rgion ne nous permet pas d'expliquer la situation et la structure du Ghetar (voir p. 77); cette caverne est certainement un fossile, le tmoin d'une ancienne morphologie trs dill'rente de l'actuelle. A quelle poque s'effectua l'videment principal, je ne sais, mais c'est en tous cas avant le creusement des jeunes valles qni actuellement dcoupent Je plateau de Je crois de plus, que ce n'est pas seulement le contenant qui est tr s ancien mais aussi le contenu ; je pense en effet que la glace grise qui forme le plancher de la grotte, n'est pas de la glace actuelle mais de la glace fossile. observations sont sommaires, j'en conviens, mais .1e pense suffisantes pour rendre trs probable la conclusion suivante: tous les changements que l'on observe dans la grotte au cours d'une anne s e passent avec l'eau d'infiltration annuelle et ses drivs, mais J e bloc massif de glace "ancienne" est l'abri des variations. Ce 11fonctionnement"

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LE GflET AR DE SCAR1$0ARA 107 si CUI'ieux de la grotte dpend du climat et, pour qu'il y ait modification du cycle actuel, il faudrait que le climat change d'abord. Si le climat actel ne peut expliquer la prsence de la masse de glace grise dans le Ghetar de Scliri!iioara, c'est que cette glace est Je produit d'un climat antrieur pendant lequel les glaces avaient une trs grande extension dans la rgion. Il me semble que mon opinion est raisonnable, mais je ne la donne que comme une hypothse de travail qui mrite vrification. Si je termine ici cette note, ce n'est pas parcequ'il ne reste plus de racontats discuter, d'hypothses exposer et m(me de faits indits rapporter, c'est parce que je crois que le but que je me pro p6sais est atteint. Il me sPmble avoir dmontr le trs grand intrt scientifique que prsente le Ghetar de Sans compter le dchiffrement des passionnantes nigmes que prsente l'histoire du Ghetar, de nombreux problmes intressant toutes les branches de l'histoire naturelle pourraient tre approfondis cette occasion, au moyen d'observations priodiques ou continues et par l'organisation d'expriences. Les cavemes ofl' rent pour ces rechercl:es des facilits particulires, pu.isque ce sont des espaces tertestres que l'on peut facilement fermer aux importuns et des lieux naturellement ,abrits" qu'il est facile de trans former en ,laboratoires". Il est d'autant plus remarquable que, sauf quel q ucs timides essais non russis, des grottes n'aient jamais t srieuse ment installes pour cet usage pour lequel pourtant elles semblent si bien qualifies. En veillant donc i'intrl des Mtorologistes; Cristallographes, Physiciens, Gologues, Physiologistes, Biologistes, etc., sans compter celui des Touristes clairs, sur le Ghetar de je compte avoir le concours de leur influence pour terminer la maison d'habitation dont j'ai parl au dbut de ce mmoire, et leur collaboration pour l'tude scientifique, srieuse et suivie, des intressants phnomnes qui s'observent dans cette caverne et des multiples nigmes que recellent ses flancs.

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108 E. G. RACOVITZA Auteurs cits. HHS. BoRzA AL. Ghetarul de la [ Convorbiri flliintifice, Oriifllie, anul II, no 8-9, 7 p.]. 1861. PETERs K. F. Geologische und mineralogische Studien aus dem sdi::istlichen Ungarn, insbesondere aus der Umgegend von Rzbnya, [Sitzungs-Ber. Akad . Wiss. Wien, Math.-Naturwiss. Classe, Bd 43, Abt. 1, p. 385-463, 2 cartes]. 1863. -ScHMIDL A. A. Das Bihar-Gebirge an der Grenze von Ungarn und Siebenbrgen. [Wien, Verl. F'rster und Bartelmus, 442 p., 6 fig., 4 cartes et profils]. Explication des Planches. P 1 anche 1. FIGURE 1. Entre de la grotte prise de la paroi oppose et mi-hauteur du gouffre. A gauche, premier plan, Doronicttm Columnae en fleur et touffes de Lu zula silvatica. A droite, parois suintantes couvertes de Mousses. Au fond, sous la vote, le .lac" rempli de dbris vgtaux et minraux. [Photo Jeanne}, 15 Vlll. 21.]. FrauRE 2. Fond du gouffre pris de la ,Salle". A gauche, cne d'boulis; droite, cne de neiges persistantes; au premier plan, sous ln vote, le ,lac". [Photo Jeanne!, 15. Vlll 21]. P 1 anche 11. FIGURE 3. ;\Iise. Grand massif de glace situ gauche de l'entre du thalweg, en priode de fonte (aot). Les colonnes en forme de massue sont moiti fondues ct leurs dbris jonchent le sol entirement recouvert d'une mince couche d'argile. [Photo Jeanne!, 15. Vlll. 9"1]. FIGURE 4. glise. Grand massif de glace situ droite de l'entre du thalweg, en priode de fonte (aot). Au premier plan une range de bornes en forme de cham pignon. Au fond, deux colonnes gmines tublaires grande cupule api cale en for:(Ile d'entonnoir, [Photo Racovitza, 15. Vlll. 21), P 1 anche Ill. FwmtE 5 . glise, Grand massif de glace situ gauche de l'tm tre du thalweg, au dbut de la priode de fonte (juin). Les grandes colonnes ont la forme .spectrale", les petites sont moniliformes; au fond, des stalagtites ,jeunes un, deux ou trois renflements. [Photo Racovitza, 28. VI. 23]. FIGURE 6. glise. Massif de glace situ droite du thliweg, dans le fond aval, en priode de formation (mai). Les colonnes sont transparentes et les ,jeunes" stalag mites nombreuses [Photo Jeanne), 30. V. 22]. P 1 anche IV .FwmtE 7. glise, Stalagmite en forme de champignon, empte par des stalac tites, en priode de fonte (aot); on remarque la surface ,les aires onduleuses" ,-'est--dire les bases priphriques des prismes dont est fonne la paroi. [Photo Racovitza, 15. Vlll, 21 ]. FIGURE B. glise. Base d'un massif au dbut de la priode de fonte. Au premier plan, vieille glace montrant une surface .aires onduleuses" bien indiques; au fond, stalagmite jeune deux renflements. [Photo Jeannel1 30. V. 22.).

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Bull. Soc. Sc. Cluj, T. lU (2c paetie). Planche I FiounE 1. Entr e de la grotte prise de la paroi oppose et mi-hauteur du gouiTre.' A gauche, premier plan, Dorcmicum Columnae en fleur et touffes de Lu zula silvatica. A droite, parois suintantes couvertes de Mousses. Au fond, sous la vole, le .lac" rempli de dbris vgtaux et minraux !Photo Jeanne], 15 VIII. 21.)_ Fwum: 2. Fond du goufl re pris de la .Salle ". A gauche cne d'boulis; droite, cne de neiges persistantes ; au premier plan, sous; la vote, le .lac [Pholo Jeanne), 15. VIII 21).

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Bull. Soc. Sc. Cluj, T. ffi pat'tie). l'lam:he rr FrGutm 3. glise. Grand massif de glace situ gauche de l'entre du thalweg, en priode de fonte (aot). Les colonnes en forme de massue sont moiti fon dues et leurs dbris jonchent le sol entirement recouvert d'une mince couche d'argile. [Photo .Jeanne!, 15. Vlll. :H]. Fwutm 4. Grand massif de glace situ droite de l'entre du thalweg, en priode de fonte ( aol). Au premier plan une rang e de bornes en forme de cham pignon. Au fond, gauche, deux colonnes gmin es tubulaires grande cupule api cale en forme [Photo Racovitza, 15. VIII. 21].

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Bull. Soc. Sc. T. III (2e partie) P lan f he III f!'IGuRE 5 glise. Grand massif de glace situ gauche de l'entre du thalweg au d but de la priode de fonte (juin) Les grandes colonnes ont la forme "spertra l e ", les petites sont moniliformes ; au fond, des sta lagtites "jeunes" un, deux ou t rois r e nflements. (Photo Racovitza, 28. VI. 23]. FrouRE 6. glis e Massif d e g l a ce situ droite du tha lweg, d ans l e fond a v al, en p riode de formation (mai). Les colonnes sont transparentes et les ,je un e s stalag mites nombreuses [Photo Jeanne!, 30. V. 2:!).

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Bull. Soc. Sc. Cluj, T. ITI (2e pat'tie}. Planche IV 7. glise. Stalagmite en forme de champignon, empte par des stalactites, en per1ode de fonte (aot); on remarque la surface les aires onduleuses" c'est--dire les bases priphriques des prismes dont est la paroi. (Photo Racovitza, 15. Vlll, 21 ]. FiounE 8. glise. Base d'un massif au dbut de la priode de fonte. Au premier plan, vieille glace montrant une surface .aires onduleuses" bien indiques; au fond, stalagmite jeune deux renflements. fPhoto .Je anne), 30. V. 22.].

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51 R. JEANNEL UN SILPHIDE CAVERNICOLE NOUVEAU DE DALMATIE 51

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1!:1(rait du /Jitlfelin de la Socite" 'JIIlomologirtne rte / 'rano:c, 1927. Un Silphide cavernicole nouveau de Dalmatie [CoL.] par le D" H . IEAi'iXEL. Haplotropidius Cadeki, n. sp. -Types: grotte du mont K ora11:1 {leg. I. CADEt.:). Long. 5,5 mm. Aspect gnral de 1'// .1/mitwii J ii Il., mais un peu plus petit, a\ec les lytres moins renfls et moins con-

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Seance du 13 avril 19'21. H5 vexes. Le pronotum a la mme forme un peu tt:msverse, la ponctua tion dEs lytres rst semblable; mais la carne msosternale est bien moins dveloppe, plus basse ct surtout plus courte, atrophie en arrire. Son bord postrieur, qui atteint l'apophyse du chez H. J/arianii, tombe bien les cavits coxales chez H. Cadeki ct est de plus trs aminci, irrgulier, souvent dcBticul. Dalmatie centrale : avens sur le mont Korana ct Je mont Badanji, situs J'ouest du mont Dinar:1, entre celui-ci et la de Bustis nica (l. ADEK). Cc nouvel 1-Jap/otroplius prendrait place, dans le tableau des espces du genre que donn dans ma Monogr:1phie des Bathys ciinae ( .trclt. Zool. e.rp., 63, p. 368), :1 ct de //. Marianii, dont il {'St facile de le distinguer par la !orme rduite de sa carne msostcrnale. Comme chez //. Jlarianii, la forme transverse de son pronotum est en quelque sorte intermdiaire entre celle des deux //. Taxi et H. pubescens, ct la qucsti(lll sc pose par consquent de savoir s'il existe bien quatre espces distinctes d'Ilaplotropidius. En d'ailleurs, cette question ne me semble avoir qu'une importance trs relative. Il n'est pas douteux que dans ce genre, comme dans bien d'autres (Apluzobius, Charonites, etc.) les formes cavernicoles actuelles drivent toutes d'une seule souche. L'important est le degr des rapports plus ou moins troits que ces formes actuelles montrent entre elles, car c'est ainsi qu'on peut arriver reconstituer l'histoire volutive de la ligne. L'organe copulateur mle est identique chez tous les Ilap/ot1opidius connus. La sculpture des lytres est trs variable selon les individus. Peut-tre la ponctuation est-elle souvent plus forte chez H. pubescms, mais il n'est certainement pas possible de trou ver l un caractre spcifique constant. En fait les Hap/otropidius iiTrPnt seulement par des caractres volutifs. D'une part, on trouve l'//. Taxi, avec sa race subin{latus, localis sur le l\losor c'est--dire sur un chainon Dinariquc en bordure de l'Adriatique. Le l\losor .est certainement isol depuis long temps, de profondes dpressions, de la chaine Dinarique princi pale o habitent les autres Haplotropidius. Aussi est-il n11turel que l'//. Taxi s'carte davantage des autres. La largeur de la base de son pronoturn, sa msostcrnalc entire, sont des caractres archaques qui sc sont conservs dans une ligne isole depuis long temps: Cet isolement justifie la s.Sparation de l'H. Taxi comme espce hien individualise.

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H6 Bulletin de la Socit entomologique de France. Les autres llaplotropidius vivent loin de l'Adriatique, sut la chane Dinarique proprement dite et un chanon parallle, le Svilaja planina. Il en existe au nord (Cadelci : Dinara), au centre (pubescens: Troglav, Prolog, Svilaja), au sud (Jlarianii : Plasa planina, en Herzgovine). Ce sont les deux formes du nord et du sud de la chaine dont le pro notum la forme la plus proche de celle de la souche primitive; la lorme du centre (pubescens) est au contraire plus volue. On pourrait les tenir toutes trois pour des races gographiques d'une espce uni que. Mais leurs caractres diffrentiels, acquis sous l'action de l'isole ment gographique sont certainement bien fixs. Il est prfrable, mon avis, de les inscrire comme trois espces, d'autant plus que chez elles apparaissent dj des formes gographiques isoles qu'il faut cnregistnr comme sous-espces. Il suffira de remarquer que ces trois espces de la chane Dinarique principale sont phyltiquement plus unies entre elles qu'elles ne le sont l'H. Taxi du Mosor. TYPOGRAPHIE FimnNDIDOT ET ete. PAitfS.

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52 52 P. A. CHAPPUIS FREILEBENDE SSSWASSER-COPEPODEN AUS NORDAMERIKA. 2. HARPACTICIDEN

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Sonderabdruck aus dem Zoolog. Anzeiger. Bd. LXXIV, Heft 11/12, 5. 12. 27. Freilebende SBwasser-Copepoden aus Nordamerika. 2. Harpacticiden. Von P. A. Chappuis. Akademiscbe Verlagsgesellscbaft m. b. H., Leipzig.

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lm Frhjahr 1925 und im Sommer 1926 sandte mir mein Bruder, Rerr Marcel Chappuis, zwei Moosproben, die er in der naheren Umgebung von New York gesammelt hatte, und die sich bei naherer Untersuchung als Copepoden enthaltend erwiesen. Die erste Probe stammt aus einem Talchen bei South Orange, New-Jersey, und wurde am 12. April 1925 gesammelt. Der Fundort selbst liegt an einem waldigen Rang, der sich gegen Westen senkt. Der Rang ist mit Jungwald bewachsen, nur Laubholz,. also in dieser Jahreszeit nicht sehr schattig, im Gegenteil, der Boden ist trocken und steinig. Zum Teil tritt der gewachsene Fels zu Tage und just an sol chen Stellen sickert ein bil3chen W asser zwischen den Felsschichten hervor, und wo clas Wasser ber den Felsen rinnt wachst ppiges Moos. Die zweite Probe stammt aus dem Park bei Pelham-Bay, einem offentlichen Park l;lei New York. In der ersten Probe fanden sich nur zwei Rarpacti cidenarlen: Vigui e 1ella paludosa Mrz. und MoraTia ame ricana n. sp.; in der zweiten hingegen fanden sich 6 Rarpacticiden und zwei Cyclo-

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303 piden. Diese letzteren wurden schon von Kiefer m dieser Zeitschrift besprochen.t l. Oanthotamptus illinoisensis Forbes. (Fig. l-5.) Diese Art scheint eine grol3e Verbreitung zu haben, denn Forbes fand sie in Illinois, Pearse mehrere Male zwischen Faden von Vmwheria sessilis in den Quellen im Norden von Fig. 1-5. Conthocainpt11s illinoisensis Forbes. :Fig. 1. Fnftes Heinpaar Fig. 2. Endopoit zweites Beinpaar -:Fig. 3 . Endopodit viertes Beinpaar Fig. 4. Endglied des Exopoditen \iertes Bein llaar -Fig. 5. Nebenast der zweiten Antenne. Nebraska; Herrik meldet ihr Vorkommen in versumpften 'Vasser-. graben bei Minneapolis, Minnesota, und endlich fand sie sich im Moos aus dem Park von Pelham-Bay, New York. Da Forbes Beschreibung nicht ganz mit meinen Befunde11 bereinstimmt, und zudem grol3ere Mangel aufweist, soll hier eine. vollstandige Neubeschreibung folgen. Die Unterschiede zwischen der Beschreibnng Forbcs und der vorliegenden Art beruhen gewil3 nur auf.ungenaue Bcobachtnngen des amerikanischen Antors, was sehr begreiflich ist, wenn man bedenkt, daBO. illinoisen.sis im Jahre 1876 von ihm beschrieben wurde. 1 Kief er, F., Freilebende SBwasser-Copepoden aus Nordamerika. lCyclo, piden. (Zoo!. Anz. LXXII, S. 262-268).

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304 GroBe der ohne Furkalborsten 1 1 mm und 1,7 mm mit den Borsten; das d' ist gleich groB. Es ist dies ne ben C. sbphylinus der groBte bis jetzt bekannte Canthocamptus. Der Cephalothorax endet nach vorne in ein spitzes, bauchwarts gebogenes dreieckiges Rostrum; die hinteren Ecken der Vorderleibssegmente sind abgerundet aber nicht verlangert; die Hinten-ander sind glatt. Abdomen: Eine Chitinspange deutet die Stelle an, wo clas erste und zweite Segment des zusammengewachsen sind. Am Hinterrand des 1., 2. und 3. Abdominalsegmentes finden sich lateral zwei bereinanderliegende Dornenreihen; die obere dieser Reihen setzt sich beim 2. und 3. Segment a'!.lCh ventral ununterbrochen fort. Am Hinterrancl des letzten Segmentes findon sich ventral zwei bereinanclerliegende und seitlioh eine einfache Dornenreihe. Beim d' findet sich am Segment eine einfache, ununterbrochene ventrale Dornenreihe, die schwach lateral bergreift. Das letzte Segment ist gleich wie beim AuBer diesen Dorucnreihen finclen sioh, wie zum Beispiel auch bei C. staphylimts oder C. northwnbricus bcrall noch parallele Reihen feinster Dornen; an den Thoraxsegmenten sind sie seltener als an den Abdominalsegmenten, wo sie deutlich bemerkbar sind. Das Analoperkulum tragt am freien Rande eine groBe Zahl kleiner Dornen. Die Furka ist in heiclen Geschlechtern ungefahr von gleicher Form. Diejenige clos ist mu brciter und weniger stark bedornt wie die des (j'. Die ersten Antennen, sind lang, achtgliedrig, erreichen zurckgeschlagen bcinahe das Eude des 1. Chephalothora.xseg mentes. Der Sinneslwlbeu des 4. Gliedes ist auffallend kurz, er erreicht mu das Eude des 6. Antennengliedes. Beim d' ist das -!., den Sinneskolben tragen.de Glied ziemlich stark aufgetrieben, das 7. tragt an der Basis, ahnlich wie C. crassus einen Chitindorn. Die zweite Antenne ist dreigliedrig, der AuBenast (Fig. 5) emgliedrig mit vier Borsten. Die Mundextremitaten zeigen nichts besonderes. Beinpaare: Das erste Beinpaar ist in beiden Geschlechtern gleich gebaut. Endopodit wie Exopodit dreigliedrig; letzterer so lang wie das 1. Glied sejnes Endopoditen. Beborstung gleich wie bei C. northumbricu.s. Der Exopodit des zweitn Beinpaares ist in beiden Geschlechtern gleich. Er besteht a us drei Gliedern ; das erste tragt an der auBeren distalen Ecke einen Dorn; das zweite einen Dorn an der

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305 aul3eren und eine Borste an der inneren distalen Ecke; am dritten Glied finden sich drei Aul3enranddornen, eine Innenrandborste und apical ein langer Dorn und eine Borste. Der Endopodit (Fig. 2) ist beim c! und zweigliedrig, bei beiden tragt das erste Glied einen Dorn an der inneren distalen Ecke; Beim tragt das zweite zwei Innenrandborsten, zwei apicale Borsten und einen bereits dem Aul3enrand angehrenden Dorn. Gegenberder unteren Innenrandborste, ein bil3chen mehr distal, findet sich am Aul3enrand ein Chitinzahn, als letzte Andeutung der frheren Gliedergrenze. Beim c! ist das zweite Glied mehr zugespitzt, und es fehlt ihm der dem Aul3enrand angehrende Dorn. Aul3erdem findet sich auf der Aul3enseite im letzten Viertel eine kleine Einkerbung, in welche der Ausfhrungsgang einer Drse zu mnden scheint. Auch beim c! findet sich der beim erwahnte Chitinzahn. Der Exopodit des dritten Beinpaares c! und ist dem des zweiten gleich, mit dem Unterschiede nur, dal3 am letzten Gliede eine zweite Innenrandborste auftritt und dal3 beim c! der Dorn an der aul3eren distalen Ecke des zweiten Gliedes sehr stark entwicke}t ist. Der Endopodit dieses Beinpaares ist beim im Gegensatz desjenigen des zweiten Beinpaares noch dreigliedrig; die zwei Gliedmal3en sind sich aber sonst sehr ahnlich, nur das dritte Glied weist eine Innenrandborste mehr auf. Beim c! ist der Endopodit nach dem hlichen Schema gebaut: das erste Glied tragt einen Dorn an der inneren distalen Ecke; die dornartige V erlangerung des zweiten Gliedes erreicht das Ende der langsten Borste des dritten Gliedes. Seine Spitze ist mit einem deutlich sichtbaren doppelten Wiederhacken bewehrt; das dritte Glied konisch mit zwei ungleich langen befiederten Borsten. Das vierte Beinpaar ist in beiden GE:lschlechtern ungefahr gleich gebaut, der einzige Unterschied liegt darin, dal3 der apicale und der subapicale Dorn des Endgliedes des Exopoditen beim c! gegeneinander gekrmmt sind (Fig. 4) und so eine Art Schere bilden. Sonst ist der Exopodit dem des dritten gleich. Der Endopodit (Fig. 3) ist zweigliedrig, mit einer Innenborste am ersten Glied; drei Innenrand, und eine apicale Borste und ein apicaler Dorn am zweiten Glied. Das fnfte Beinpaar (Fig. l) ist groG, beim tragt das lang liche Basalglied sechs dicke, das langlich ovale Endglied fnf kurze Borsten und einige kleinere Dornen. Beim c! ist das Balsaglied schwach ausgebildct und tragt drei dicke Dornen, das Endglied, weniger lang als dasjenige des tragt fnf kurze Borsten. In 7.ool. Anzeiger. Bd. LXXIV. 20

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306 beiden Geschlechtern ist die mittlere der fnf Borsten des Endgliedes unbewimpert. Fundort: Park bei Pulham-Bay, New York. ber die Verwandtschaftsverhaltnisse clieser Art konnen wir uns uoch nicht mit Sicherheit aussprechen, clenn elie Harpacticidenfatma Norclamerikas ist noch zu wenig bekannt. Ein Verglcich jecloch mit enropaischen Arten zeigt, claJ3 clieses Tier teils mit O. north1trnbricus, teils mit O. crassus viel Ahnlichkeiten aufweist. Vielleicht kann uns clas Studium cler nordamerikanischen Arten auch Anfschlnf3 ber die Beziehnngen clieser zwei europaischen Arten geben, elie vermutlich noch mit ancleren in eine gemeinsame Grnppe zusammenzufassen sind. 2. Oanthocarnptus minutus rninnesotensis Herrik. Obwohl elie Beschreibung Herriks sehr summarisch ist, konnen wir leicht die Zugehorigkeit des O. minnesotensis zu O. minutus Claus feststellen, clenn neben cler Dreigliedigkeit der pocliten der drei msten Beinpaare erwahnt er noch folgencle Merkmale: >>The caudal stylets are very short, qnadrate in outline and weil armed with spines. The fifth foot of the female has four long and two short spines on the inner lamina, and the terminal joint has five unequal spines. In the male the fifth foot has two spines on the lamina and six on the second joint, one being a small bristle. The male antenna is of pecnliar form. The teeth of the anal plate are large and emarginate.<< Auch die beigegebenen Figuren zeigen eine gewisse bereinstimmung mit O. 'f!tnutus. In dem mir vorliegenclen Material aus dem Park bei PelhamBay fanden sich mm einige Exemplare einer schr nah mit O. minutus verwanten Art, elie zweifellos mit cler Hcrrik vorgelegenen iclentisch ist. Die Unterschiecle zwischen O. minutus und O. rninne sotensis sind aber so gering, daJ3 die Aufstellung einer besonderen Art nicht angezeigt erscheint. Die subsp. minnesotensis unterscheiclet sich von O. minutus Claus (nach Schmeil) clnrch folgende Merkmale: Am ersten Beinpaar ist in bciden Geschlechtern am ersten Glied des Endopocliten eine Innenrandborste zn finclen. Das Encl gliecl des Exopocliten des vierten Beinpaares ist ein wenig langer als das zweite Gliecl; es tragt sie ben gut entwickelte Dmnen und

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307 Borsten statt nur sechs. Beim ci hat das Endglied des Endopoditen des vierten Beinpaares nur drei Borsten anstatt vier. Der Unterschied in der Bewehrung des Innenrandes des Endopoditen des ersten Beinpaares konnte auf einem Irrtum Schmeils beruhen, denn diese Borste bricht leicht ab, und ich habe bei O. minutus a u s Sdfrankreich, Ungarn und Siebenbrgen das Fehlen dieser Borste nicht bemerkt. Auch bei Sars fehlt sie nicht. Ein groBer Unterschied zwischen dem O. minutus nach Schmeil und nach Sars findet sich aber in der Ausbildung des Endgliedes des Exopoditen des vierten Beinpaares. Bei Schmeil ist dieses Glied viel krzer als das vorhergehende und tragt sechs Borsten und Dornen. Bei Sars ist es ein biBchen langer als das zweite Glied und tragt sieben Anhange. Die europaischen Exemplare, die ich untersuchen konnte, stimmen mit der Schmeilschen Beschreibung berein, sie stammten alle aus sdlichen oder sdosteuropaischen Gegenden Offenbar haben die skandinavischen Individuen mehr Ahnlichkeit mit den amerikanischen als ihre sd-, mittel-und osteuropaischen Artgenossen. Das leichte Erkennungsmerkmal fr O. minutus, die doppel spitzigen Zahne des Analoperkulums tragt vielleicht die Schuld, daB nicht frher schon diese Unterschiede zwischen der Sarschen und der Schmeilschen Beschreibung festgestellt worden sind, denn die meisten Autoren begngen sich leider mit der Feststellung nur eines Merkmals und dehnen, haben sie einmal das Tier bestimmt, ihren Vergleich nicht auf alle GliedmaBen aus. Der ebenerwahnte Unterschied jedocli. so klein er an und fr sich ist, kann uns einen Wink fr die Abstammung der Arten geben, die der minutus-reihe angehoren. Denn weder O. minutus noch O. Vejdows kyi oder die folgende neue amerikanische Species ist die Stammart, aus welcher sich die vielen Arten dieser Reihe entwickelt haben. 3. Oanthocamptus newyorkensis n. sp. (Fig. 6-ll.) Allgemeine Gestalt ahnlich wie O. minutus Claus, mit welcher Art diese neue Species sehr nahe verwandt ist. Im folgenden werden deshalb nur die von O. minutus abweichenden Merkmale angegeben. Abdomen: Die Dornenreihen des Segmenthinterrandes finden sich nicht am Ende, sondern im unteren Drittel der Segmente; beim fehlt am ersten Segment die obere kurze Dornenreihe. Am letzten Segment hingegen ist die bei O. minutus nur laterale Dornen-20*

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308 reihe auch ventral ausgebildet. In beiden Geschlechtern ist das Analoperkulum unbewehrt. Die Furka ist etwas langer, beim sitzen die Furkalborsten dem Ende der Furka auf. Beinpaare: Endopodit des zweiten Beinpaares d' (Fig. 8) ohne Borste am Basalglied; beim d' ist das zweite Glied breiter als bei G. minutus, beim ist die innere Apicalborste des Endgliedes Fig. 6-11. Canthocamptus newymkensis n. sp. Fig. 6. Endopodit drittes Beinpaar Fig. 7. Endopodit viertes Beinpaar Fig. 8. Endopodit zweites Beinpaar d'.-Fig. 9. Endopodit viertes Beinpaar d'.Fig. 10. Fnfter 1<'uB -Fig. 11. Fnfter FuB d' krzer. Am dritten Beinpaar d' endet die dornartige Apophyse des zweiten Gliedes des Endopoditen in zwei breiten, star ken Widerhaken; beim (Fig. 6) ist der Endopodit demjenigen des zweiten Beinpaares gleich, nur mit einer Borste mehr am AuBenrand des Endgliedes und einer Borste am Basalglied. Am vierten Beinpaar tragt der Exopodit am dritten Gliede in bei den Geschlechtern die normale Dornenzahl am AuBenrande, ist also gleich gebaut

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309 wie beim dritten Beinpaar. Der Endopodit tragt beim (Fig. 7) vier, beim 3 (Fig. 9) drei Borsten, also eine Borste weniger als bei C. minutus. Basalglied des fnften Beinpaares (Fig. 10) mit nur fnf Borsten, Endglied ebenfalls mit fnf. Beim 3 (Fig. 11) sind die zwei Dornen des Basalgliedes krzer und starker ausgebildet. Fundort: Park bei Pelham-Bay. 4. Canthocamptus pygmaeus Sars. Von dieser in Europa weit verbreiteten Art wurden nur wenige 'Exemplare gefunden, die in allen mit den altweltlichen Artgenossen bereinstimmen. 15 ;\ Fig. 12-15. Moraria americana n. sp. Fig. 12. Fnfter FuB 13. Fnfter FuB cr.-Fig. 14. Endopodit viertes Beinpaar Fig. 15. Endopodit viertes Beinpaar cr. 5. Mor aria americana n. sp. (Fig. 12--15.) Weibchen: Korper eher Cantlwcamptus als Moraria ahnlich; Hinterrander aller Korpersegmente glattrandig. Die Abdominal segmente haben an ihrem Hinterrande eine ventrale Dornenreihe, die lateral bergreift. AuBerdem finden sich auf den letzten Chephalothorax-und samtlichen Abdominalsegmenten dorsal und lateral zerstreut noch einige Reihen kleinster Dornchen, die nur

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310 bei sehr starker VergrBerung zu sehen sind. Rostrum lang, mit ventralwarts gebogener Spitze. Analoperkulum groB, der freie Rand k.reisbogenfrmig. Furka verhaltnismaJ3ig kurz, nur so lang, wie das letzte Abdominalsegment. AuBere Furkalborste auffallencl kurz, etwa nur zweimal so lang wie die Furka. Erste Antenne siebengliedrig, der Sinneskolben des vierten Gliedes erreicht die Mitte des Endgliedes. Die Exopodite der vier ersten Beinpaare wie bei M. Duthiei Scott. Das Endglied des Endopoditen des etsten Beinpaares tragt vier Anhange : an der AuBenseite, ber einem kleinen Dorn, subapical einen langen ge bogenen Stachel, apical eine sehr lange und eine kleine Borste, und an dem Innenrande eine starke Borste. Die Endopodite der folgenden Beinpaare (Fig. 14) sind ebenfalls zweigliedrig und einander ahnlich: Das erste Glied tragt an der distalen Innenecke einen gut entwickelten Dorn, das zweite Glied apical zwei Borsten und einen Dorn und beim dritten und vierten Beinpaar auBerdem noch eine Innenrandborste. Das fnfte Beinpaar (Fig. 12) Oanthocamptus ahnlich, tragt an seinem stark vorgezogenen, das zweite Glied fast berragenden inneren Teile sechs Borsten; das langlich ovale Endglied tragt fnf Borsten. Das Mannchen ist ein wenig kleiner; die Krperornamentik, das erste Beinpaar und die Exopoditen sind wie beim Der Endopodit des zweiten Beinpaares zweigliedrig; das erste Glicd triigt am AuBenrand einen dicken Dorn, und einen schwacheren an der inneren distalen Ecke. Das zweite Glied schlank, mit zwei apic alen Borsten. Der Endopodit des dritten Beinpaares ahnlich wie bei den anderen Momria, derjenig e des vierten Beinpaares (Fig. 15) tragt an der inneren distalen Ecke des ersten Gliedes einen Dorn; am zweiten Gliede nur eine groBe, befiederte Innenrandborste und apical den bei den meisten Morarict vorkommenden zapfen zieherahnlichen Dorn. AuBerdem findet si ch auf der unteren Flache des Glied e s ein dornartiger Auswuchs. Das fnfte B einpaar (Fig.13) mit zwei dicken Dornen am w e nig vorgezog e n e n inneren Teile des Basalgliedes. Das zweite Gliecl mit fnf Borsten, wovon die mittlere apical und stark entwickelt ist. Fundort: Moosrasen in einem Talchen bei West-Orange, New Jerse y. M o1aria affinis n. sp. (Fig. 1620.) Krper, Ornamentik und Furka wi e bei d e r vorherge h end beschriebenen Art. Analoperculum groB, stark vorgezogen je-

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311 doch keine Spitze bildend. Erste Antenne achtgliedrig, bei einigen Exemplaren war die Teilung zwischen den letzten zwei Gliedern nicht deutlich sichtbar. Der Sinneskolben des vierten Gliedes klein, in der Mitte verdickt. Am Endglied des Endopoditen des ersten Beinpaares ist die Innenrandborste schwacher ausgebildet als bei M. arnericana . Exopodite der vier ersten Beinpaare wie bei Fig. 16-20. liioraria atfinis n. sp. Fig. 16. Endopodit zweites Beinpaar Fig. 17. Endopodit zweites Beinpaar (S. -Fig. 18. Endopodit viertes Beinpaar (S.-Fig. 19. Fnfter FuB Fig. 20. Fnfter FuB (S. M. Duthiei Scott. Endopodite des zweiten (Fig. 16) bis vierten Beinpaares gleich gebaut: das erste Glied mit einer Borste an der inneren distalen Ecke, das zweite Glied mit drei grol3eren distalen Borsten und einigen (zwei bis drei) kleinen Dornen am Aul3en rande. Fnftes Beinpaar (Fig. 19) breit, die Innenseite des Basal gliedes wenig vorgezogen mit sieben Dornen und Borsten. Das beinahe lueisrunde zweite Glied mit fnf Borsten.

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312 Das cJ unterscheidet sich vom in folgenden Merkmalen: Die erste Antenne ist prehensil, der Sinneskolben grBer, aber auch in der Mitte verdickt. Endopodit des zweiten Beinpaares (Fig. 17), wie bei M. americana, mit einen dicken Dorn auf der AuBenseite und einer Borste an der Innenseite des Grundgliedes und an dem zweiten, schmaleren Gliede zwei ungleich lange apicale Borsten. Endopodit des dritten Beinpaares zweigliedrig. Das erste Glied mit einer Borste; beim zweiten Glied, auf halber Rohe ein dornartiger Auswuchs, der die Hingste der zwei apicalen Borsten berragt. Beim Endopodit des vierten Beinpaares (Fig. 18) finden sich an der inneren und auBeren distalen Ecke des ersten Gliedes je ein Dorn; der auBere ist schwach ausgebildet und kann bis weilen fehlen. Am zweiten Gliede am Innenrande drei apicalwarts langer werdende Borsten und apical der zapfenzieherformige Dorn. Das fnfte Beinpaar (Fig. 20) mit einem schwach vorge zogenen Grundglied, das zwei dicke Dornen tragt und langlichem Endglied das fnf Borsten tragt. Fundort: Park bei Pelham-Bay, New York. Die zwei hier neu beschriebenen Moraria-Arten sind untereinander gewiB nah verwandt. Dies wird durch die groBe Ahnlichkeit in der Ausbildung des Korpers 'und seiner Ornamentik, der Furka, Analoperkulum und Beinpaare, angedeutet. Unterschiede finden sich hauptsachlich in der Gliederzahl der ersten Antennen, cler Ausbildung des Endopoditen de s vierten Beinpaares cJ und des fnften Beinpaares Diese Unterschiede sind groB genug um Moraria americana und Moraria affinis als selbstandige Arten gelten zu lass e n. Die Nachstverwandten unserr neuen Arten scheinen die zwei nordischen Arten M. Duthiei und M. similis zu sein. Epactophane s Richardi m1ts c icola Richters. Es fanden sich von dieser weitverbreiteten Form nur zwei im Moos aus dem Park bei Pelham-Bay vor; sie unterschieden sich in nichts von ihren europaischen Artgenossen. Viquierella paludos a Mrazek. Die in der Moo sprobe von West-Orange vorgefundenen 6" und stimmen in allen Merkmalen mit der Beschreibnng Mrazeks berein. Da ich das Material im lebenden Zustande unten.uchen

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313 konnte, so es mir mglich, die schon von Mienkiewicz1 gemachte Beobachtung zu wiederholen, daJ3 auch diese Art ein pul sierendes Organ in der Maxillendrse besitzt. Die Bemerkung Brehms in Kclnthals Handbuch der Zoologie (Bd. III, S. 453): <.Sonderbarerweise kommt dieser Apparat nur der einen Art der Gattung Viguierella zu, wahrend die andere Art, Viguierella paludosa Mrazek, seiner entbehrt ... > ist also hinfallig. 2 1 Mienkiewicz, G., Weitere Untersuchungen l>er die Harpacticiden der Wigryseen (C. H.. rl. 1. Station hydrobiologique de Wigry T. l 1923.) 2 lch bPntze die GeiPgenheit, um einen zweiten lrrtum Br eh ms richtig zustellen. Die Fortsetzung des ouen zitierten Satzes !autet: ,, .... was um so mehr auffiiJlt, ais di<.>ses sonderbare Organ bei der dur<:h ihr hohes phylogene tisches Alter ausgezeichneten Gattung Balh!fTiella unter den Malacostraca (Syn carida) Diese Auffassung ist nicht richtig, denn das pulsative Organ liegt bei Vi,quierelln. im Coelomsackchen, wahrenddem es bei Bathynella am Ende des Ausfhrungsganges des Nephridialkanals liegt. Diese zwei selt samen, pulsativen Organe sind weder analog noch bomolog und konnen gar nicht miteinander verglichen werden, da sie ganz verschiedenen Ursprungs und verschieden gebaut sind.

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INDEX INDEX DES ESPCES DCRITES 'ft:av. lnst. Spol. -1'. lii. -Index.

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TRAVAUX DE L'INSTITUT DE SPOLOGIE DE CLUJ TOME Ill. INDEX DEH ESPCES DORJrES par E. G. Uacovitza Le volume est compos de quatre travaux (Numros 49 d 52) parus dan1 diverses revues et ayant gard leur pagination originelle. Deux indi. cations sont donc ncessaires pour chaque renvoi de l'Index. 1. -Un chiffre arabe, en caractres gras, indiquant le numrD du mmoire. 2. --Un chiffre arabe, en caractres courants, indiquant les pages. L'index mentionne toutes les esr1ce1 nouvelles, et les dcrite1, l'exclusion des espces simplement cites sans commentaires; il indique aussi les catgories taxonomiques suprieures nouvelle1 ou de diagnoses Les description8 accompagnes de figures sont signales par l'abri!via.tion: fig. COPF:PODA affinis n. sp. (Moraria), 52. 310 (fig.). americana n. sp. (Moraria), 52. 309 (fig.). illinoisensis (Canthocamptus), 52. 303 (fig.). minnesotensis (Canthocamptus minutus), 52. 306. muscicola (Epactophanes Richardi), 52. 312. newyorkensis (Canthocamptus), 52. 307 (fig.). paludosa (Viguierella), 52. 313. pyg-maeus (Canthocamptus), 52. 309. UOT,F:OPTERA Aepini nov. tribus, 49. 440 (fig.). Aepomorphus nov. genus, 41. U7 (fig.). Aepopsis (genus), 49. -i52. Aepus (genus), 49. 462. affinis (Plocamotrechus), 49. 536. t\fricanus n. sp. (Perileptus s. etr.); 49. 421 (fig.). Alluaudi (Plocamotrechus), 49. 543 (fig.). Alluaudi n. sp, (Trechodes), 49. -iQ5 (fig.). ambiguus (Trechus?), 49. 548. Amblystogenium (genus), 49. 520. Andrewesi (Neoblemua), 49. 480 (fig.).

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4 I ND E X anta:rtic:a (Temnostega}, 4.9. 458 (fig.). Apoplotl'chus (g.iiifs), 49. '437. areolatus (Perileptus s. str.), 49. 409 (fig.). . aterrimus (Trechus?), 49. 547. Audouini (Aepomorphus), 49. 451 (fig .). Babaulti n. sp. (Trechodes), 49. 497 (fig.). Bakeri n. sp. (Trechodes) 49. 491 (fig .). baldiensis (Trechobembix) 49. 501 (fig.). Bedoci (Neoblemus), 49. 436 (fig.). bipartitus (Trechodes), 49. 493 (fig.). 49. 494. n oin. -nov. : (Plo.c.amolicls)," 49. 53:i (fig.). n .. sp. (1'h i iiossophUus), 49. 519 g:). Ca .deki .. 114, Came'ol) (Perileptus. s.-. str, .), .. 49. 427' (fig;). oa:ulieps ... 490 (fig,) ceylanicus (Perileptus s. str.), 49. -41:6 (fig,) : Championi (Neoblemus), 49. 434. constiicticeps (Perileptus Pyrrhotachys), 49. 429 (fig.). Cyphotrechodes nov. genus, 49. 480. denticllis (Perileptus s. str.), 49. 426 (fig.). gahacus --il. sp. (Aeptis), 49. 468. (fig.). (Cyphotrechodes), 49. 482. (fig.). gracilicornis (Aepus) 49. 468 (fig ) gravis (Plocamotrechus), 94. 538 (fig .). hesperidum (Perileptus s. str.), 49. 423. . humidus (Perileptus s. str.), 49: {19. imaicus (Periteptus s. str.},. 49. 425. (f i g.). indicus: { Perileptus s : str.}, 49. 417 (fig:). {ponius (Perfleptus !!. s tr;)\'49. 414 (fig ). (Plo:ca:motrechu!!!);: 49. 54. 0 (fig.). Kehynsis n. sp. (Trechodelf), 9 498 (fig.). kilimanus (Plocamotrechus), 49. 542 (fig.). kilimanus n. sp. (Trechodes), 4'1. 498 (fig.). laetulus (Treclius?), 49. 5'50. (Trechodes), 49. 500. longioornis : (Thalassophilus), 49. 515 (fig.). Macleayi (Paratrechodes), 49. 5 0 2 ..ffig.) . madecassus (Perileptus s. str.}, 49. 419 (fig.). marinus (Aepus), 49. 4G6 (fig). n. sp. 94. 499 (fig .)., .. n. sp. s. 1:1tr. ) 49. 416. .. Neoblemus (genus) 49. 432, nigritulus (Perileptus s. str.), 49. 412 (fig.). pa.cifiull}. (Aml;llystogenium),. 49. 524 (fig.). Paratreohodes l).pv: genus, 49. r)OO. parilis (Plocamotrechq!3), ; 531: (fig ) . Perileptini nov. tribus, 49. 3!J7 (fig.). PereptOdes nov. : genus, 49. t30. Perileptus (.genus), 49. 402. pilifer n. sp. (Perileptodes}, 49. :431 (fig.); platypterus (Perileptus. s. str.). 49. 423' : (fig.) Plocamotrechus nov. genus, 49. 525. promontorii (Perileptus Pyrrhotachys) 49. 428 (fig .). pusillus (Perileptus s. str.}, 49. 417 J1itlde siae 1 n : -sp. (Plocaniotrechqs) : 4!1. 537 (fig.). Hobini (Aej10psis), 49; 454 (fig:). robustus (Perilepfs s ... 'Btr.}, 49. 415' '(tig.). rfipes .49. 535 (fig.).

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INDEX 5 rutilus (Perileptus s. str.), 49 .i21 (fig.). scit!Jlus (Trechus?), 49. 549. sccalioides (Trechodes), 49. 492. sexpunctatus (Sporades), 49. 505 (fig.). solutilis (Trechosia), 49. 545 (fig.). Sporades (genus), 49. 504. Stierlini (Perileptus s. str.), 49. 420 (fig.). strigipennis (Apoplotrechus), 49. 43!) (fig.). tabulae (Plocamotrechus), 49. 533 (fig .). Temnostega (genus), 49. 456. testaceus (Pcrileptus Pyrrhotachis), 49. 42!J (fig.). testaceus (Thalassobius), 49. 461 (fig.). Thalassobius (genus), 49. 459 Iig.). Thalassophilus (genus), 49. 510. Trechobembix nov. genus, 49. 506. Trechodes (genus), 49. 484. Trechodini nov. tribus, 49. .!69 (fig .). Trechosia (nov. genus), 49. 544. vivax (Plocamotrechus), 49. 537. Whitei (Thalassophilus), 4q, 518 (fig.). Wollastoni (Perileptus s. str.), 49. 413. LARVAE COLEOP'I'EUOUUM antarctica (Temnostega), 49. 385 (fig.) Anubis (Duvalius pseudoparoecus), 49. 39:3 (fig.). Bolivati (Iberotrechus), 49. 386 (fig). llreuili (Trechus), _49. 386. Breuilianus Pataphaenops), 49. 395 (fig.). Brujasi (Duvalius), 49. 389. cardioderus (? Trechus), 4q, 388 (fig.). caussicola (Speott echu s Mayeti), 49. 395. Chappuisi (Duvalius). 49. 391 (fig.). cognatus (Duvalius), 49. 389 (fig). convexicollis (Duvalius), 49. 389 dilatatus (Duvalius), 49. 394.
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' f \ 1 f 'Jt.r,r /' , r . i . AftCHIUfS:Df ZOLO&If fKPfRIMfHIALf & &fHfRALf 1 ' JI t '' j ' 'mstoi're Morphologie ... Histologie volution animaux F ' ondes 'HENRI' nE LAcAzE-DuTHIERs ': ; Contin',es par G. PRuvoT et E.-G. RAcoviTZ , ta:, ;0. FA<;tE 'it E.-G. ...- 1 Zoo.9gie gnale, 1872 par LACJ\ZE'-DUTHIER.s,. _comptent 10 V:$!1lumes pUblis sont ventf;) la Lib;rairie H. b/;l Soudier 1.7 4, Paris (6). i 'li -.: f 1 1/.,. ) .: ' Ces sont /&e. faon Tomes 1 10: t_re Sene, tomes 1 }jJ' ,. ,.. . t llt --et Wbis. J ' ...:..::.:. J 21 --', 1 hJ{). .. /fj / -1 0 .. 7 1 1 '' 'i fi -31 +,, i 1 .--'41 50 :'r 5IIJ0 'Jt '.L,' f {. j, 68': :6S de , . Le .pri;x:. de l'abonneme"!t pour. un ,t_lu1me,1 pour et, d 226 francs P Olll' .. Chaque ;volume comprend environ 40 de < texte illl1.str.es nombrE(us,es Aigwes de hors-texte oo .Jioir et en ,Ii. compose d'un rrombte varjable de fascicules, ,ne contena,ll.t qu'un SE:lui ,mmoire, plus quelqUes fqilles de Notes et Revue : Les, 'fa$ci. cules comme ceux des Notes et' Reroe, ven:dus prtir rdu 38'.. . ".( ;,; B'OSPEOLO.GICA . ,_ j' \ /) '\ r\1 J .,.c. naturelle .. Tome 1 I ilx). Un volume de 710 pacg(is; avec figures dans texte .,t;42planc'hes hO:rs-t '!" Li \ p. 1{)() tef{ "' \ :' 7 (-.. i ; . t 'lr:, Tome II XI XIX).1909-l,\Hh1'f"-; pn,voluf!le in-80 toile -de 10741pa.ges, _.avc,'.104. \d!U,is Je et .., J7 planches 't. ;, ( _l. OO fr; Ill {N9 XX XXIX)7 in:-80 caz;i ' toile de 805 'pa:ges, le et o6 planc4_es ,. Prix: 100 fr . Tome IV XL). 1913-1919. -:-Un volume broch d e 8 t2 pages, 11Ve1e 197 figures dans.le hors-texte. t' ,ot .. r,, ... ;'. r Prtx: JOO fr. Tome V (Nos X;bl 1 L); 1p-780 broch de. ?ages, 1206 fi. gures 1 -.. .,. 1 ., : PrJ..X; 100 fr. se MVt;Jn't, du, change. .,; -1 1 '. l ; 1 "''' r ln vente ia H. L'g SOUDIE.Jt, 17 4 Boalevrd S aint-Germln, Pans VIe 1 '


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